dimanche 17 décembre 2017

L'Humeur du Centriste. Bayrou est-il vraiment devenu un groupie de Macron?!

Bayrou-Macron, le père et le fils?
A entendre le discours de clôture du congrès du Mouvement démocrate qu’il a prononcé – et que l’on peinait à imaginer réel – ce dimanche, François Bayrou est devenu un fan inconditionnel du nouveau président de la république.
Les superlatifs employés et les compliments adressés étaient à peine croyables.

Et pas une critique!

Bon, bien sûr, le président du MoDem expliquait en creux qu’il était une sorte de père spirituel du jeune Emmanuel, dont on rappelle que la traduction veut dire «Dieu est avec nous» et dont la fête est célébrée le 25 décembre en même temps que la naissance de Jésus…

Mais aussi celui qui a toujours cru que la victoire des forces centrales était possible et qui a gardé la maison et l’a empêché de disparaître jusqu’à ce que la prédiction se réalise.

Le Père, le Fils, la Bonne nouvelle (Evangile) de la victoire du Centre qui crée une nouvelle Alliance (Nouveau testament) entre La république en marche et le Mouvement démocrate avec ces quelques 350 apôtres-députés, voilà une épopée bien biblique pour celui qui met toujours sa foi en évidence!

Ici, on retrouve un peu plus le fond de la pensée de François Bayrou.

Car, oui, sans Macron pas de victoire en 2017.

Mais sans Bayrou, quelque part dans les étoiles, pas de Macron…

Pour autant, voire ce père autant féliciter son fils sans vraiment tout ramener à lui à chaque phrase est à porter à son crédit de sincérité… actuelle.

D’autant que, chose extrêmement rare, le président du MoDem a reconnu s’être trompé sur Emmanuel Macron et l’avoir un peu malmené avant de se rallier à sa candidature.

Ainsi, même le Père n’est pas omniscient, quel chambardement au paradis centriste!

Mais l’adoubement sans réserve du père au fils n’est peut-être pas aussi céleste que cela, c’est-à-dire sans arrière-pensées.

Revenons donc sur terre.

François Bayrou n’a pas abandonné son sceptre de chef du Centre à Emmanuel Macron.

Tout juste lui a-t-il donné sa légitimité de héraut de l’espace central et, peut-être bientôt, de l’axe central qui est en train de naître avec Juppé à droite et Valls à gauche.

Le gardien de l’Arche d’alliance centriste, c’est toujours lui et il n’a cessé de le rappeler depuis que Macron est à l’Elysée.

Et cela lui donne une légitimité sans pareille puisque le Centre est bien, selon sa vision, le noyau dur de l’espace central et le MoDem celui de l’axe central.

Et sans noyau dur, pas d’éléments gravitationnels.

Du coup, les félicitations à Macron sont aussi de l’autocongratulation et le Fils procède bien du Père et non le contraire.

Aujourd’hui, François Bayrou et ses quarante-trois députés ne servent peut-être pas à grand-chose dans l’épopée macronesque.

Mais demain?

Alors, il sera bon ton de rappeler des propos aussi dithyrambiques que certains, à l’esprit toujours mal tourné, pourraient qualifier de flagorneurs.

Mais, jusqu’à preuve du contraire, goûtons ce moment rare de béatitude centriste et invitons les hérétiques de l’UDI en pleine capilotade à rejoindre le festin des dieux sur l’Olympe du Centre triomphant.

A flagorneries, flagorneries et demi!



Centristement votre.



Le Centriste




samedi 16 décembre 2017

Actualités du Centre. Bayrou veut «défendre l’unité de la majorité»

François Bayrou
Edouard Philippe a affirmé que le MoDem était «utile» à la majorité et qu’en voulant créer une force central, François Bayrou avait été un précurseur.
De manière très étonnante, il a déclaré être sur le même positionnement partisan que ce dernier, c’est-à-dire, «ni de droite, ni de gauche», donc centriste, lui qui avait toujours expliqué qu’il était un homme de droite.
Le Premier ministre, venu saluer une composante de la majorité présidentielle lors de son congrès qui fête, à la fois, ses dix ans d’existence et son improbable résurrection, a tenté de donner une importance que le Mouvement démocrate n’a pas, n’ayant aucun moyen de pression sur celle-ci (LREM ayant une majorité absolue à l’Assemblée nationale) et n’ayant des députés que par le fait du prince, en l’occurrence Emmanuel Macron.
D’où un discours de quarante minutes alors qu’il ne devait parler qu’un quart d’heure…
Mais c’est vrai que les sautes d’humeur de la formation centriste et de son président peuvent faire tache comme le serait leur départ de la majorité macroniste.
Et ça tombe plutôt bien puisque Bayrou a indiqué qu’une de ses ambitions actuelles était de « défendre l’unité de la majorité».
«Je suis pour que la majorité constitue une maison commune, a-t-il poursuivi, que se bâtisse une organisation qui nous permettra tous ensemble de préparer les échéances électorales qui viennent».
Selon le maire de Pau, il existe une «complémentarité» entre le MoDem et LREM et celle-ci est une «donnée essentielle» même si cela ne semble pas évident à tous les observateurs de la vie politique.
François Bayrou, par ailleurs, s’est à nouveau présenter comme le grand ordonnateur du «nouveau projet social pour le pays» car il y a, à côté de l’efficience économique, une «exigence de justice» qu’il veut porter et qu’il ne sent pas comme une évidence chez ses partenaires de LREM.
«Pas un projet d'assistance, de distribution d'argent uniquement. Mais un projet d'émancipation» a-t-il précisé.
«Nous ne sommes pas les seuls dans la majorité à avoir cette marque de fabrique mais c’est notre identité et c’est pourquoi nous avons une responsabilité particulière», a-t-il affirmé.
Car ce projet social pourrait démontrer l’utilité du MoDem dont parle Edouard Philippe mais aussi être un motif d’éloignement stratégique si celui-ci ne recevait pas toute l’attention du président de la république, du gouvernement et de La république enmarche…


Actualités du Centre. Morin et Les centristes constatent la mort de l’UDI… sans (encore) la quitter!

le parti Les centristes
A l’issue de son conseil national qui s’est tenu ce 16 décembre à Paris, Les centristes, parti dirigé par Hervé Morin et membre de l’UDI a publié un communiqué dans lequel il constate la mort de l’UDI que vient de quitter le Parti radical mais ne parle pas encore de partir officiellement de la confédération tout en appelant de ses vœux la constitution d’un grand parti de centre-droit.
Voilà qui est une nouvelle pierre dans le jardin de Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI et de l’autre dernière composante encore membre, la FED (Force européenne démocrate) qui tente par tous les moyens de ne pas couler avec le naufrage de la formation créée par Jean-Louis Borloo en 2012.
Dans le texte publié, Les centristes s’en prennent d’ailleurs à Lagarde sans aucune délicatesse:
«Nous avions participé avec enthousiasme à la création de l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI). Aujourd’hui, force est de constater que l’UDI que nous avions voulu avec Jean-Louis Borloo est devenue une formation politique dont l’expression est quasi inexistante avec une ligne politique changeante et une gouvernance trop solitaire. Au cours des dernières années, l’UDI n’a jamais su peser suffisamment dans le débat sinon à travers des coups médiatiques sans lendemain. Et ses idées ne sont plus entendues.»
Et de constater dans la foulée que «Le récent départ du Parti Radical Valoisien pourtant principal moteur de la construction de l’UDI en est le témoignage le plus significatif. Il a préféré le regroupement avec le PRG au maintien dans l’UDI.»
Du coup, il faut reconstruire:
«La recomposition du paysage politique est dominée par la division voire l’implosion des partis de gouvernement traditionnels. Le Centre est en partie occupé par le parti du Président de la République. Nombreux sont les élus DVD, centristes ou républicains qui s’interrogent dans un paysage politique dont ils comprennent bien qu’il est loin d’être stabilisé.Il nous semble indispensable de répondre aux besoins de la France des territoires, celles des villages, des bourgs et des quartiers car aujourd’hui plus que jamais Paris doit s’appuyer sur les forces vives de la France des territoires. Il faut arrêter enfin d’opposer les Métropoles aux autres territoires. Nous devons imaginer ensemble la France de 2030. La transition numérique et écologique, l’esprit de liberté et de solidarité, ainsi qu’un engagement européen retrouvé doivent être les fers de lance de notre politique.»
En conséquence, il faut «Construire un vaste mouvement de centre droit, girondin, participatif et audacieux.»
Mais pas avec Jean-Christophe Lagarde et ses troupes, en tout cas, pas seulement avec lui et surtout pas avec lui comme chef:
«Pas question pour autant de nous isoler et de rester entre nous.  Nous voulons au contraire participer à la constitution d’une force qui s’appuiera sur un renouvellement profond de notre pensée politique : Innovation des territoires, expérimentation de politiques nouvelles, big society, société du care, impact des technologies et du digital sur la société et l’humanité, élaboration d’un pacte girondin sont autant de pistes sur lesquelles il faut travailler.»
Voici la motion adoptée par le conseil national de Les centristes et déposée par plusieurs fédérations qui parlent de «s’affranchir de l’UDI»:
«Nous voulons un mouvement qui soit porteur de nos valeurs humanistes et républicaines, de nos valeurs de liberté, de responsabilité, de partage, de notre foi dans l’Europe et dans l’importance des territoires pour le développement de la France.
Nous voulons un mouvement qui prenne le temps de l’écoute, de la réflexion, du débat et de la proposition.
Nous voulons un mouvement qui assume son ancrage au centre droit, qui soit clair dans ses alliances, qui croit au principe des grandes coalitions pour transformer profondément un pays.
Nous voulons un mouvement issu de nos territoires qui implique, respecte et responsabilise ses adhérents, qui crée le statut de sympathisant pour mieux s’ouvrir vers les autres, qui remet au cœur de sa gouvernance les fédérations locales.
Pour bâtir et construire ce vaste projet, il nous faut nous affranchir de l’UDI pour être libres: libres dans notre expression, libres dans nos mouvements, libres dans nos choix et dans nos alliances.
Dépassons-nous. Dépassons nos clivages et faisons-nous confiance les uns les autres.»


vendredi 15 décembre 2017

Actualités du Centre. MoDem ou comment éviter l’éphémère résurrection

François Bayrou
Alors que le congrès du Mouvement démocrate s’ouvre samedi 16 décembre et que François Bayrou, seul candidat à sa succession, en sera encore le président pour les années à venir malgré une volonté de certains de voir une nouvelle génération prendre le pouvoir, une question existentielle se pose à la formation centriste.
Ressuscitée uniquement grâce à la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle et au soutien improbable que Bayrou lui accorda à un moment-clé de la campagne électorale, le MoDem doit éviter que sa première expérience au pouvoir depuis sa création en 2007 ne soit sa dernière et qu’un phénomène éphémère.
Car, aujourd’hui, rien ne garantit qu’il pourra survivre à la fin de la présidence Macron, voire même ne pas se déliter pendant celle-ci.
Pour éviter que survienne une possible disparition ou un retour à la coquille vide, le parti de François Bayrou doit exister par lui-même et montrer qu’il n’est pas un simple appendice à La république en marche, voire une anomalie politique qui ne doit son existence qu’au fait du prince, en l’occurrence d’Emmanuel Macron.
On l’a bien vu dans les tentatives de se porter à la gauche de la majorité présidentielle en regrettant, par exemple, l’absence d’un projet social.
De même, sur des sujets comme la laïcité ou l’environnement, il tente de faire entendre une petite musique originale.
Néanmoins, l’exercice n’est pas aussi simple que cela.
D’une part, parce qu’on l’a vu, le MoDem n’existe à l’Assemblée nationale que parce Ma cron l’a bien voulu et qu’il suffirait sans doute qu’il ne le veuille plus pour que le parti centriste soit laminé lors de prochaines élections.
Il faut donc montrer qu’on est indépendant mais pas trop…
Et, d’autre part, parce que le gouvernement n’a pas besoin de lui pour avoir une majorité à l’Assemblée nationale, LREM ayant la majorité absolue à elle seule.
Du coup, il est bien difficile de faire pression sur l’exécutif pour acquérir un pouvoir sur celui-ci.
La situation dans laquelle se trouve le Mouvement démocrate est, à bien des égards, assez unique et la façon de résoudre la problématique de son existence à moyen et long terme n’a pas de précédent qui permettrait à sa direction de savoir comment et quoi faire.
De ce point de vue, ce congrès sera l’occasion de voir si des solutions ont été d’ores et déjà envisagées et lesquelles dans les discours et les attitudes, surtout dans les propos de François Bayrou.