mardi 12 mars 2024

Présidentielles USA 2024. Agrégateurs de sondages – Stabilité dans l’écart entre Biden et Trump


Voici, ce 12 mars 2024, les résultats des quatre agrégateurs de sondages concernant la présidentielle américaine du 5 novembre prochain que nous avons sélectionnés.

Les quatre agrégateurs actualisés continuent à placer le candidat républicain et populiste extrémiste Trump en tête.

Cependant, si deux agrégateurs montrent une stabilité, un troisième montre une très légère réduction de l’écart en faveur du candidat centriste Joe Biden tandis qu’un quatrième montre une légère progression de l’écart en faveur de Trump.

Les quatre agrégateurs montrent un écart qui est sous les deux points.

Donald Trump demeure donc en tête avec un écart qui oscille, pour les quatre agrégateurs, entre 1,2 (=) et 1,7 (-0,1) point, écart qui entre évidemment dans les marges d’erreur.

 

► Résultats des agrégateurs de sondages Biden versus Trump

 

Agrégateur

 

Joe Biden

 

Donald Trump

 

Ecart

 

Real Clear Politics

 

45,7% (-0,1)

 

47,4% (-0,2)

 

Trump 1,7 (-0,1)

 

The Hill

 

44,5% (+0,3)

 

46,1% (+0,5)

 

Trump 1,6 (+0,2)

 

Race to the WH

 

43,8% (+0,1)

 

45,5% (+0,1)

 

Trump 1,7 (=)

 

270 to win

 

42,4% (=)

 

43,6% (=)

 

Trump 1,2 (=)

*NA: non actualisé / ND: non disponible

(Un agrégateur de sondage est une moyenne des derniers sondages publiés / 270 to win prend en compte les cinq derniers sondages / Real Clear Politics prend en compte les sondages publiés les 30 jours précédents / The Hill prend en compte les sondages publiés les 3 derniers jours / Race to the WH prend en compte les sondages publiés sur les 5 derniers jours)

 

Remarque importante: Tous ces agrégateurs prennent en compte tous les sondages publiés.
Or certains d’entre eux sont publiés par des instituts dont le sérieux prêtent à discussion et d’autres par des instituts qui sont affiliés à des partis et qui ont tendance à faire des corrections, des redressements et des pondérations en faveur du candidat qu’ils soutiennent.
Il convient donc de les prendre pour des informations utiles mais qui ne donnent pas une vision «scientifique» de l’opinion.
Néanmoins, les résultats des sondages nationaux sont généralement plus exacts que ceux réalisés dans chaque Etat, notamment les «swing states», les Etats-clés qui font basculer l’élection d’un côté ou de l’autre de par le système électoral américain, car les panels ne sont souvent pas assez représentatifs en qualité ou en quantité et les redressements sujets à caution.
Tous ces biais font que nous avons préféré publier avant tout des agrégateurs que chaque sondage qui est publié même si, dans un deuxième temps, nous comptons en publier certains qui nous semblerons sérieux ainsi que ceux qui analysent quotidiennement l’état de l’opinion et qui n’ont pas encore été mis en route.

 

 

Propos centristes. France – «Très souvent les mots, les postures, ce sont les mêmes qu'au moment de Munich» / «Nous n’abandonnerons pas l’Ukraine et n’excluons aucune option» / «Briser le tabou de la prostitution des mineurs» / Fin de vie / Elections européennes / Hommage aux victimes du terrorisme…


Voici une sélection, ce 12 mars 2024, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France. 

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Guerre de Poutine contre l’Ukraine] Unité autour du soutien à l'Ukraine, renforcement de l'Europe de la défense, réduction de nos dépendances énergétiques, politique industrielle assumée. Deux ans après le Sommet de Versailles, nous tenons notre agenda.

> [Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme – 11 mars] Je rends hommage à toutes les victimes du terrorisme, à nos compatriotes qui sont tombés et leurs familles endeuillées. À ceux qui se reconstruisent et à leurs proches qui les accompagnent. À leurs côtés, toujours.

> [Projet de loi sur la fin de vie] Accompagner la fin de vie. Je m'y suis engagé : nous allons présenter une loi de fraternité qui concilie l’autonomie de l’individu et la solidarité de la Nation. Nous voulons ouvrir la possibilité de demander une aide à mourir dans des conditions strictes : - Être majeur. - Être capable d’un discernement plein et entier. Sont exclus de cette aide les patients atteints de maladies psychiatriques ou de maladies neurodégénératives qui altèrent le discernement, comme Alzheimer. - Souffrir d’une maladie incurable, avec un pronostic vital engagé à court ou moyen terme et des souffrances réfractaires. Nous avons consulté les patients, les familles, les équipes soignantes, la société, pour constater que la loi Claeys-Leonetti, qui fixe le cadre légal actuel, avait conduit à beaucoup d’avancées mais ne permettait pas de répondre à des situations humainement très difficiles. On peut penser aux cas de patients atteints d’un cancer au stade terminal qui, pour certains, sont obligés d’aller à l’étranger pour être accompagnés.         Il fallait aller plus loin, en faisant preuve d’une exigence éthique. Pour préparer ce texte de loi, nous nous sommes appuyés sur l’avis du Comité consultatif national d'éthique et sur les travaux de la Convention citoyenne qui a mené un immense travail, empreint de respect et de gravité, auquel je veux rendre hommage. Une réflexion transpartisane a été engagée. Le projet de loi sera composé d’une première partie sur les soins d’accompagnement, d’une deuxième sur le droit des patients et des aidants et d’une troisième sur l’aide à mourir. Une stratégie décennale sur les soins palliatifs et l'accompagnement de la douleur. La priorité : que dès le diagnostic et le début du traitement, la douleur soit accompagnée avec humanité. Nous consacrons actuellement 1,6 milliards d’euros aux soins d’accompagnement. Nous allons investir 1 milliard de plus. Il nous faut continuer de déployer des équipes mobiles qui aident les services hospitaliers à mieux prendre en charge la douleur. Il s’agit aussi de doter d’une unité de soins palliatifs les 21 départements qui en sont encore dépourvus. Il est primordial d’améliorer la prise en charge de la douleur notamment des nourrissons et des enfants. Nous le ferons aussi avec cette loi et cette stratégie décennale. Nous allons aussi mettre en place un continuum avec la médecine de ville et investir sur l'accompagnement à domicile appuyé par les réseaux de soins. J’insiste sur l’importance des actions que nous allons déployer sur les soins palliatifs avant même que la loi soit promulguée. Avec ce texte et la stratégie décennale en préparation, nous allons remettre les soins palliatifs au cœur de l’accompagnement. Ce sera une vraie révolution d’humanité et de fraternité. Nous avancerons de la manière la plus transparente possible. C'est un texte sur lequel il faut avoir l'humilité de cheminer, de bouger, accepter que ses convictions puissent être bousculées.

 

► Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste] 

Gabriel Attal Premier ministre, chargé de la Planification écologique et énergétique
> [Discours lors du débat à l’Assemblée nationale sur le soutien de la France à l’Ukraine]
Il y a un peu plus de 2 ans, dans une offensive cynique, brutale et destructrice, la Russie a attaqué l’Ukraine. Seule responsable du conflit, la Russie a attaqué froidement une Nation libre et démocratique, qui ne la menaçait pas, qui ne l’attaquait pas – et ce en violation de toutes les règles du droit international et de la Charte des Nations Unies. Ce constat, ces faits – puisque ce sont des faits objectifs – l’écrasante majorité d’entre nous les partage. Ce constat, ces faits, comme toutes les évolutions, nous les avons partagés avec le Parlement et avec les forces politiques, régulièrement, dans la plus grande transparence possible depuis le début du conflit.
Par deux fois, des débats sur le fondement de l’article 50-1 de la Constitution se sont tenus dans cet hémicycle. Deux comités de liaison se sont réunis depuis le début du deuxième quinquennat du Président de la République. Et la semaine dernière encore, le Président de la République a une nouvelle fois reçu les chefs de partis politiques pour échanger sur la situation et sur nos positions. Aujourd’hui, conformément à l’engagement du Président de la République, notre débat illustre cette volonté de transparence et d’association de la représentation nationale. Une transparence que nous vous devons, car c’est un impératif démocratique. Une transparence qui passe par l’affirmation claire des positions de l’exécutif. Je vais m’y employer avec mes ministres. Une transparence qui passe par le vote. Nous le devons à tous nos concitoyens français, qui doivent savoir, sans ambiguïté possible, la position de chacun sur le soutien à l’Ukraine et la condamnation de la Russie.
Mesdames et Messieurs les députés, si la Russie a lancé une offensive massive et coordonnée sur l’Ukraine, le 24 février 2022, je crois qu’il est utile, pour la comprendre, de revenir aux origines du conflit. Certains, en Russie, nostalgiques de l’Empire ou de l’hégémonie soviétique sur l’Europe de l’Est, n’ont jamais accepté l’éclatement de l’URSS et l’indépendance de l’Ukraine. Menés par Vladimir Poutine, ces impérialistes ne supportent pas que d’anciennes républiques soviétiques, et l’Ukraine en particulier, puissent prendre leur destin en main. Puissent choisir souverainement leurs alliances. Puissent faire le choix de la démocratie.
Il y a 10 ans, en février 2014, un vent de liberté part de la place Maïdan, souffle sur l’Ukraine et elle tourne son regard vers l’Europe. Il ne s’agissait pas alors pour l’Ukraine de se rapprocher de l’OTAN mais de signer un accord d’association avec l’Union européenne. La Russie ne l’accepte pas et dès le 28 février 2014, des troupes russes entrent en Crimée, l’occupent et l’annexent en violation de toutes les règles internationales. Certains, y compris dans cet hémicycle, avaient alors nié cette annexion et accepté la parodie de référendum organisée par le Kremlin. Huit ans plus tard, le 24 février 2022, malgré les efforts sans précédent déployés par le Président de la République pour éviter la guerre, le Kremlin lance son autoproclamée « opération spéciale » contre l’Ukraine. Moscou misait sur une guerre éclair et pensait faire tomber Kiev en quelques jours. Il n’en a rien été. La résistance du peuple ukrainien a été et reste exceptionnelle. La détermination des armées ukrainiennes impressionne. Ils n’ont pas cédé. Ils se sont battus et se battent pour chaque village, pour chaque maison, pour chaque mètre de leur territoire. Ils ont refusé de céder à la loi du plus fort. Refusé de plier face à la brutalité et au cynisme.
Avec vous, avec vous tous, je l’espère : je veux leur rendre hommage. Avec vous, je veux rendre hommage au peuple ukrainien et à sa résistance exceptionnelle, depuis plus de 2 ans, contre l’agresseur russe. Elle nous oblige. Face à la résistance ukrainienne, la Russie n’a reculé devant rien. Aucune exaction. Aucune violence. Aucun crime. Depuis 2 ans, les civils ukrainiens sont ciblés par des frappes russes. Encore ces dernières semaines, à Kiev ou à Kharkiv, des drones et des bombardements russes ciblent délibérément des quartiers résidentiels, tuent familles et enfants, sans états d’âme et sans distinction. La liste des exemples est longue, glaçante. Et il y a 10 jours encore, c’est à Odessa, qu’un drone russe a frappé un immeuble, faisant 12 morts et parmi eux 5 enfants.
Depuis le début du conflit, on estime que 10 000 civils sont morts sous les frappes de la Russie. Depuis 2 ans, la Russie pratique une politique de la terre brûlée, qu’elle avait étrennée précédemment en Syrie et en Tchétchénie. Des quartiers et des villes entières sont rasées : Marioupol, Marinka entièrement rasée en mars 2023, et aujourd’hui Bakhmout ou Avdviika.
Depuis 2 ans, les découvertes macabres se sont multipliées. A Boutcha, à Izium, des massacres innommables se sont tenus. La Russie a commis des crimes de guerre barbares et laissé derrière elle des charniers monstrueux. Elle devra en répondre. Nous en prenons l’engagement.
Depuis 2 ans, les exactions insoutenables se multiplient. Des exactions qui visent les plus jeunes. Et l’on sait que plusieurs milliers d’enfants ukrainiens ont été enlevés et conduits dans des camps militaires pour, je cite, les « rééduquer ».
Je vous l’ai dit : en Ukraine, la Russie a franchi toutes les limites. Pas une horreur ne l’arrête. Pas un massacre ne la rebute.
Mesdames et Messieurs les députés, Vladimir Poutine a attaqué l’Ukraine, mais c’est bien plus largement à toutes nos valeurs qu’il a déclaré la guerre. Par cette attaque, il a voulu changer l’ordre du monde pour imposer sa loi. Pour imposer la loi du plus fort, où n’importe quelle puissance en quête d’affirmation pourrait soumettre une Nation libre, soit par le chantage soit par les armes. Par cette attaque, le Kremlin a voulu ébranler nos valeurs, montrer la faiblesse des démocraties. Ne nous y trompons pas, c’est bien la liberté et le pluralisme qu’il remet en cause. C’est bien nos modes de vie et nos valeurs qu’il agresse et qu’il veut faire tomber.
Pour nous, tourner le dos à l’Ukraine, ce serait tourner le dos à nos valeurs. Ce serait trahir la confiance de nos alliés et faire acte de faiblesse. Ce ne serait certainement pas la paix, mais la porte ouverte à de nouveaux conflits, de nouvelles blessures et de nouvelles guerres.
Alors, depuis la première seconde, au côté du Président de la République, nous sommes extrêmement fermes : nous sommes aux côtés de l’Ukraine. Nous l’aiderons autant qu’il le faudra.
En lançant cette offensive, Vladimir Poutine pensait diviser l’Europe. Il avait tort. Dès les premières heures du conflit, notamment sous l’impulsion du Président de la République, l’Europe a réagi. L’Europe a fait front et pris des sanctions fortes en un temps record. Depuis, malgré nos différences, malgré le chantage russe à l’énergie, à la sécurité alimentaire, malgré la désinformation et les menaces, le Kremlin n’est pas parvenu à faire plier l’Union européenne. Il n’est pas parvenu à diviser l’Europe. Le contraire est arrivé. A l’épreuve de cette guerre, l’Europe s’est transformée. Elle s’est renforcée. Il a fait comprendre à chacun que notre destin collectif pouvait vaciller d’un instant à l’autre, que nous devions compter sur nous-mêmes et que nous ne pouvions pas nous en remettre au bon vouloir d’autres puissances.
En 2 ans, sur la base de l’agenda de Versailles, la souveraineté de l’Europe a fait des pas de géants. Souveraineté industrielle, avec un engagement sans précédent de l’Union européenne à sortir de toutes ses vulnérabilités stratégiques. Je pense aux semi-conducteurs, aux matières premières critiques. Souveraineté énergétique avec la fin de la dépendance de certains pays d’Europe au gaz russe. Souveraineté stratégique avec l’adoption d’une boussole commune qui constitue le premier livre blanc de la défense européenne.
Le résultat est clair : nous sommes plus unis qu’avant. Plus forts qu’avant. Plus indépendants qu’avant. L’Europe puissance se construit, avance et protège la France et les Français. Vladimir Poutine n’y croyait pas ; nous lui apportons la démonstration du contraire.
En lançant sa guerre, Vladimir Poutine pensait aussi diviser l’OTAN. Une fois de plus, il avait tort. L’OTAN s’est renforcée et des pays dont l’adhésion était impensable il y a deux ans encore, la Suède et la Finlande, ont aujourd’hui rejoint l’Alliance.
Mesdames et Messieurs les députés, sous l’impulsion du Président de la République, nous avons apporté un soutien massif, infaillible et déterminé à l’Ukraine.
Un soutien politique, d’abord. La France est depuis les premiers jours aux avant-postes de la communauté internationale, pour organiser et mobiliser le soutien à l’Ukraine. Elle se tient à l’écoute de son allié et de ses demandes – et nous tentons d’y répondre au mieux. Ces dernières semaines encore, c’est d’ailleurs à Paris et à l’initiative du Président de la République que s’est tenue une conférence de soutien à l’Ukraine, qui a réuni 27 Chefs d’Etat et de Gouvernements ou leurs représentants.
Notre soutien est humanitaire, ensuite. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères aura l’occasion d’y revenir plus en détail. Nous avons fourni plus de 210 tonnes de matériel et de médicaments, mené plus de 50 opérations d’urgence, répondant aux priorités fixées par Kiev : envois médicaux et évacuations sanitaires, appui à la sécurité civile ukrainienne, envois de semences agricoles et de produits alimentaires. Sous la coordination de la Cellule interministérielle de crise, nous avons pu accueillir en France 100 000 réfugiés ukrainiens et scolariser près de 18 000 enfants. Nous n’aurions pas pu réussir sans la mobilisation et la solidarité des Français, dont la réaction a été à la hauteur de l’Histoire. Nous n’aurions pas pu réussir, non plus, et je veux les remercier et leur rendre hommage, sans l’engagement exceptionnel des collectivités locales, qui ont multiplié les initiatives, collecté les dons et ont rendu possible l’accueil des réfugiés ukrainiens.
Notre soutien, bien sûr, est également un soutien militaire. Nous avons répondu présents. Les faits et les chiffres sont là. Les faits et les chiffres le prouvent. Nous avons livré des équipements à l’Ukraine, en respectant toujours les trois mêmes critères : livrer ce dont l’Ukraine a besoin, sans fragiliser nos propres armées, et en faisant tout pour éviter l’escalade. Depuis le début du conflit, nous avons livré pour plus de 2,6 milliards d’euros d’équipements militaires à l’Ukraine. Toujours avec la même perspective : répondre avant tout aux besoins opérationnels des Ukrainiens sur le terrain, en proposant des équipements complets, en permettant aux Ukrainiens de se former à leur emploi et en veillant à leur maintien en condition opérationnelle.
J’ajoute que la France n’a qu’une parole et ce que nous nous sommes engagés à livrer aux Ukrainiens, nous l’avons effectivement livré. De plus, nous avons participé de manière particulièrement active aux mécanismes européens mis en place pour fournir des équipements à l’Ukraine. Nous sommes ainsi le deuxième contributeur à la Facilité européenne pour la Paix, avec plus d’1,2 milliard d’euros engagés entre le début de la guerre et la fin de l’année 2023. Au total, en 2022 et en 2023, de manière bilatérale et à travers l’Europe, la France a donc apporté une aide militaire à l’Ukraine à hauteur de 3,8 milliards d’euros.
Concrètement, dès les premières heures de l’offensive, nous avons livré des matériels déterminants pour permettre à l’Ukraine de se défendre et de résister : des missiles antichars, des missiles antiaériens, des équipements de protection et de l’armement individuel.  Nous avons ensuite livré des équipements décisifs plus lourds et plus complexes pour renforcer la défense aérienne ukrainienne, avec les systèmes de missiles sol-air CROTALE. Nous avons aussi contribué à renforcer son artillerie avec des canons CAESAR et des lance-roquettes unitaires.  Nous avons fourni, aussi, les armements nécessaires à l’Ukraine pour reprendre les territoires perdus comme des VAB, des blindés légers. Comme les missiles SCALP, déterminants pour des frappes dans la profondeur.
Nous allons poursuivre ces livraisons, qui sont indispensables à l’Ukraine. Le Président de la République a demandé aux industriels d’accélérer leur passage dans une économie de guerre et d’augmenter leurs capacités à produire. Dans les prochains mois, nous livrerons à l’Ukraine 150 drones, 100 munitions téléopérées, 6 canons CAESAR et 12 autres seront financés par la France. Nous produirons jusqu’à 3000 obus par mois au profit de l’Ukraine. Nous allons livrer près de 600 bombes A2SM, à raison d’une cinquantaine par mois, ainsi qu’une quarantaine de missiles SCALP. Enfin, comme l’a confirmé le Président de la République, lors de sa visite en République tchèque, la France participera au financement de l’achat d’obus en masse proposé par nos alliés Tchèques.
Je veux enfin dire un mot de ceux qui diffusent de fausses informations sur nos livraisons d’armes. Une vente de porte-hélicoptères Mistral avait été annulée par le Président François Hollande en 2015. Une décision d’ailleurs dénoncée à l’époque par l’extrême-droite. Mais une décision confirmée par le Président de la République. Dire l’inverse, c’est un mensonge éhonté. C’est de la désinformation. C’est une diversion grossière, qui en dit long sur les intentions de ses auteurs.
Mesdames et Messieurs les députés, j’ai évoqué notre soutien politique, humanitaire et militaire. Mais notre soutien s’est également incarné au niveau européen. Je le disais, la réaction de l’Europe a été immédiate et puissante. Nous avons d’abord agi pour sanctionner la Russie. Nous en sommes à 13 paquets de sanctions, tous adoptés à l’unanimité des États, qui frappent l’économie russe au cœur et l’affaiblissent de manière profonde et structurelle.
Nous avons dans le même temps décidé d’actions fortes pour soutenir l’Ukraine. Une aide qui concerne tous les domaines : protection temporaire octroyée aux réfugiés ukrainiens, aide économique, aide humanitaire, aide militaire. Ce sont au total plus de 85 milliards d’euros d’aide que les 27 ont apportés à l’Ukraine jusqu’à présent. Ce soutien, je veux le dire, il se poursuit résolument. Le mois dernier, le Conseil européen a décidé d’une nouvelle aide pour l’Ukraine à hauteur de 50 milliards d’euros. Une aide essentielle, qui permettra au pays de tenir pour son fonctionnement quotidien, mais aussi de mener les investissements et les réformes nécessaires pour son redressement.
Nous voulons également aller plus loin dans le soutien militaire de l’Union à l’Ukraine. En acceptant de livrer des armes, l’Europe a procédé à une véritable révolution copernicienne. Jamais, nous n’aurions pu l’envisager, il y a quelques années. Et les ennemis de l’Europe comptaient là-dessus, ils y voyaient une preuve de son impuissance. Les choses ont changé et grâce à la Facilité européenne pour la paix, ce sont d’ores et déjà pour 7,1 milliards d’euros d’armement qui ont été engagés pour l’Ukraine. Nous voulons maintenant franchir une nouvelle étape, réformer cet instrument pour en faire un véritable outil de production militaire européen. C’est l’objet des négociations en cours qui doivent aboutir à l’occasion du Conseil européen des 21 et 22 mars. Enfin, le soutien à l’Ukraine, c’est reconnaître qu’elle se bat tous les jours pour nos valeurs et fait partie de la famille européenne.
Mesdames et Messieurs les députés, si nous avons tenu à ce que ce débat et ce vote puissent se tenir, aujourd’hui, c’est parce que nous sommes à un moment de bascule dans le conflit. Nous le savons, cette guerre s’inscrit dans la durée. Une guerre de position se joue désormais et, pour la Russie, le temps est désormais un allié. Elle compte sur la lassitude des alliés de l’Ukraine. Elle compte sur des échéances électorales prochaines, aux Etats-Unis comme en Europe. Elle compte sur l’efficacité, au long-terme, de son travail de sape et de désinformation.
Dans le même temps, la Russie durcit sa position. Elle la durcit sur son territoire national, en renforçant plus encore la chape de plomb qui pèse sur la société russe. Alors que nous sommes à quelques jours de l’élection présidentielle en Russie – si je peux parler d’élection – je voudrais ici avoir une pensée pour Alexeï Navalny. Avec la mort tragique en prison de cet opposant, qui porte la marque de la responsabilité du Kremlin, avec l’interdiction de tout candidat des oppositions de participer à la prochaine élection présidentielle, je crois que le message est clair, et qu’il s’impose à tous: le régime russe est un régime autoritaire, déterminé à combattre nos valeurs et nos intérêts.
Sur le terrain, en Ukraine, la Russie durcit également sa position, multipliant les attaques et les exactions. Parce que les forces russes ont repris la ville d’Avdiivka, à un coût exorbitant pour elles, elles veulent faire croire qu’elles ont repris l’initiative. La Russie durcit également sa position en devenant un acteur méthodique de la déstabilisation du monde, en Syrie, dans le Caucase, en Asie centrale ou en Afrique, notamment grâce à ses faux-nez et ses mercenaires. Nous ne l’avons que trop vu au Sahel. Elle durcit aussi ses attaques dans le champ de l’information, n’hésitant pas à propager des fausses nouvelles, à tenter de diviser les peuples.
La France n’y fait pas exception. Elle est une cible de choix pour la Russie, qui n’hésite pas à intervenir dans notre pays pour tenter de semer la discorde. La Russie durcit sa position dans le cyberespace, en multipliant les cyberattaques. Elle durcit sa position en se lançant dans une militarisation de l’espace, pouvant mettre en danger nos satellites, en dépit de toutes les règles et de toutes les conventions internationales.
Nous sommes donc dans un moment décisif. La Russie est une menace, non seulement pour l’Ukraine. Mais aussi directement pour nous, pour l’Europe, pour la France, pour le peuple français. Face à une puissance impérialiste, révisionniste, qui menace et qui ne croit qu’à la force, il n’y pas de raccourci. Il n’y a que la détermination politique et la posture stratégique qui comptent, pour la tenir en respect. Et la première ligne de défense, c’est en Ukraine qu’elle se situe. Le reste, ce sont des mots. Les mots légers de ceux qui ne veulent pas voir leurs responsabilités, et croient que les choses rentreront dans l’ordre toutes seules, sans effort. Les mots coupables de ceux qu’aveuglent des affinités anciennes avec une Russie agressive et régressive. 
Je le répète : la Russie ne peut, ni ne doit gagner. Que voudrait dire, concrètement, pour les Français, une victoire de la Russie? Je ne parle pas seulement ici d’arguments moraux, de l’abandon d’une démocratie et de la trahison de nos valeurs. Je parle de conséquences concrètes, qui pèseront sur la vie des Français. Une victoire de la Russie, c’est la fin d’un ordre international fondé sur le droit et un blanc-seing donné à toutes les puissances animées d’instincts révisionnistes. Une victoire de la Russie, c’est le signal qu’attendent les régimes autoritaires pour sonner la fin de l’Histoire des démocraties libérales. Une victoire de la Russie, c’est le danger constant des appétits insatiables, une sécurité européenne affaiblie, des cyberattaques qui se multiplient jusqu’à pouvoir empêcher nos services publics de fonctionner. Une victoire de la Russie, c’est le risque de nouveaux conflits, plus proches encore, plus menaçants encore, et de la prolifération à quelques centaines de kilomètres de nos frontières. Une victoire de la Russie, c’est la plus grande vague migratoire de l’Histoire sur le continent européen. Des millions de réfugiés ukrainiens et des pays voisins, qui craindraient pour leur sécurité et se déplaceraient sur le continent européen. Une victoire de la Russie, c’est un danger direct pour notre sécurité alimentaire. La Russie et l’Ukraine sont les deux plus grands producteurs de céréales au monde. Si la Russie prenait le contrôle des céréales ukrainiennes, elle serait libre de faire monter les prix comme bon lui semble en réponse à nos sanctions, menaçant directement nos agriculteurs et le pouvoir d’achat des Français. Une victoire de la Russie, c’est aussi le risque de la panne énergétique généralisée. Nous avons réussi à tenir face au chantage gazier de la Russie, mais si elle se trouvait en position de force après l’avoir emporté sur l’Ukraine, elle serait en mesure de déstabiliser davantage encore le marché avec à la clé des factures d’énergies et des prix à la pompe qui explosent plus encore.
Je le dis clairement : la guerre a évidemment un impact sur la vie quotidienne des Français, mais une victoire de la Russie, ce serait un cataclysme pour le pouvoir d’achat des Français. Une inflation alimentaire puissance 10. Une explosion des prix de l’énergie, puissance 10. La liste est encore longue. Je pourrais continuer longtemps à énumérer, un à un, les risques concrets, tangibles, directs d’une victoire de la Russie pour la vie quotidienne des Français. Dans un monde où la Russie gagnerait, les Français vivraient moins bien, avec des aliments plus chers, de l’énergie plus coûteuse, une insécurité croissante.
A nouveau, évidemment, cette guerre a un coût pour la vie quotidienne. Mais ce coût serait décuplé sans commune mesure si la Russie l’emportait sur l’Ukraine. Le succès de l’Ukraine, c’est aussi l’intérêt des Français.
Alors, Mesdames et Messieurs les députés, nous devons réagir. C’est pourquoi le Président de la République a appelé ces dernières semaines à un sursaut, un sursaut collectif pour aider l’Ukraine et pour éviter le scénario du pire. La Russie ne peut ni ne doit gagner la guerre. Alors, dans un esprit de lucidité, en veillant à refuser toute escalade, nous prenons nos responsabilités.
Mesdames et Messieurs les députés, c’est le sens de l’accord de sécurité conclu entre le Président de la République et le Président Zelensky, à Paris, le 16 février dernier. Cet accord bilatéral, sur lequel nous vous demandons de vous prononcer, ce sont des engagements mutuels entre la France et l’Ukraine. C’est d’abord un engagement politique très fort de la France à renforcer structurellement et sur le long-terme les capacités de l’Ukraine sur tous les plans, militaire, économique et également pour la reconstruction du pays.
L’objectif est d’accroître la capacité de l’Ukraine à résister, d’accroître sa capacité de résilience, et de décourager tout acte d’agression dans l’avenir. Cet accord fait suite aux engagements pris par les pays du G7 dans une déclaration adoptée le 12 juillet 2023, en marge du Sommet de l’OTAN de Vilnius. Il s’inscrit donc dans une logique collective. En plus des pays du G7, 25 pays ont adhéré à cette démarche. Avec la France, ce sont déjà 7 pays qui ont conclu des accords similaires : l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Canada, l’Italie, les Pays-Bas et le Danemark. C’est donc bien sur un élan de solidarité internationale, que nous vous demandons de vous prononcer.
Quel est l’engagement des pays signataires d’un accord de ce type ? En cas de nouvelle agression russe contre l’Ukraine, il s’agit de lui fournir une assistance rapide notamment en matière de sécurité, d’équipements militaires et d’assistance économique. En matière d’aide militaire, cet accord prévoit pour l’année 2024 jusqu’à 3 milliards d’euros de soutien militaire additionnel. C’est pratiquement une fois et demi ce que nous avons fourni en 2023 et près de deux fois plus qu’en 2022.
Par votre vote, nous vous demandons d’affirmer que la France est un partenaire militaire fiable de l’Ukraine. Un partenaire capable de créer l’initiative – je pense notamment à la livraison de chars légers. Un partenaire capable de livrer des capacités qui font la différence sur le terrain – je pense notamment à nos canons Caesar ou aux missiles longue portée SCALP. En contrepartie de ces engagements financiers importants, l’Ukraine s’engage pour sa part à poursuivre sa trajectoire ambitieuse de réformes. Cela implique la poursuite des efforts importants initiés par les autorités ukrainiennes en matière de lutte anti-corruption, de réforme judiciaire, de consolidation de l’Etat de droit, de décentralisation, de modernisation de son secteur de la défense ou encore de transformation de son agriculture vers les standards européens.
Cet accord est un acte fort. Il réaffirme le soutien de la France à l’Ukraine dans la durée, et s’il n’est juridiquement pas soumis à la ratification du Parlement, le Président de la République a souhaité qu’il vous soit présenté, que vous puissiez en débattre et que vous puissiez voter. Car derrière cet accord, ce n’est pas seulement l’avenir de l’Ukraine, c’est aussi la défense de nos intérêts et de notre sécurité qui est en jeu. Cet accord les défend. Cet accord les protège. Et j’appelle à l’esprit de responsabilité de chacun au moment de le voter.
Mesdames et Messieurs les députés, au-delà de cet accord, qui fera l’objet de votre vote, la France prend ses responsabilités, aussi, en mobilisant la communauté internationale. Lors de la réunion qui s’est tenue à Paris le 26 février, avec les chefs d’Etat, de Gouvernement des 27 États et leurs représentants, de nouveaux engagements ont été pris. Collectivement, unis, nous avons décidé de continuer à renforcer notre soutien à l’Ukraine. Collectivement, unis, nous avons choisi de renforcer nos efforts pour fournir à l’armée ukrainienne les munitions dont elle a besoin. Collectivement, unis, nous avons décidé de renforcer la défense anti-aérienne et les capacités de frappes dans la profondeur des forces ukrainiennes. Une 9e coalition internationale sera créée en ce sens.
Enfin, de nouveaux axes d’efforts ont été identifiés et proposés, sur lesquels chacun pourra s’engager comme il le souhaite et autant qu’il le souhaite. Il s’agit de renforcer la défense cyber et les capacités de déminage ukrainiennes, d’être en mesure de coproduire de l’armement en Ukraine, d’assurer la défense des pays directement menacés par l’offensive russe comme la Moldavie, et d’être en capacité de soutenir l’Ukraine pour qu’elle puisse continuer de sécuriser sa frontière avec la Biélorussie.
Ces engagements ont porté leur fruit. Loin des caricatures des partisans de la défaite permanente et du déclin, la France a donné un élan nouveau au soutien à l’Ukraine. Lors de la conférence ministérielle de suivi organisée la semaine dernière sous l’égide du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministre des Armées des dizaines d’États partenaires ont accepté de se saisir de nos réflexions, de s’engager et même de prendre la tête des travaux sur certains chantiers.  Grâce à la volonté du Président de la République et à l’engagement de mon Gouvernement, la France est à l’initiative. Elle est moteur.
Nos travaux ont poussé nos partenaires à se poser les bonnes questions, à prendre la mesure de la menace et à avancer ensemble. Nous avons posé toutes les options sur la table, sans logique d’escalade, mais sans faux-semblants. Cela a permis un électrochoc salutaire, a donné un coup d’accélérateur à la réaction internationale. Nous avons assumé notre rôle. Les travaux sont lancés. Nous proposons et nos partenaires sont libres de participer, d’avancer et de contribuer.
Enfin, je veux le dire clairement ici : dans un moment aussi grave, dans une situation aussi complexe, il n’y a pas de place pour l’instrumentalisation. Le message du Président de la République a été très clair : nous n’abandonnerons pas l’Ukraine et nous n’excluons, par principe, aucune option. Nous nous inscrivons dans un cadre réfléchi, pour réaffirmer notre soutien à l’Ukraine, mais sans faire la guerre à la Russie, et en refusant toute logique d’escalade. Nous ne nous fixons pas de limites face à une Russie qui, elle, n’en fixe aucune. Nous continuerons, comme nous le faisons depuis le début du conflit, à faire évoluer notre soutien, à l’adapter aux besoins des Ukrainiens.
En deux ans, beaucoup d’évolutions que l’on croyait impensables ont eu lieu. La Suède et la Finlande qui rejoignent l’OTAN : impensable, et pourtant c’est fait.L’Europe capable de prendre des sanctions fortes en quelques heures, impensable, et pourtant, c’est fait. L’Europe qui se mobilise, qui fournit des armes : impensable, et pourtant c’est fait. Il y a une différence entre le soutien militaire et la co-belligérance. Nous pratiquons cette différence, tous les jours avec nos partenaires et alliés. Une dynamique est en train de se lancer sur les chantiers ouverts à Paris, afin de faire plus, mieux et si besoin différemment pour soutenir l’Ukraine dans la durée.
Mesdames et Messieurs les députés, ces propos sont fermes, je le sais. Mais je veux ici rappeler qu’aucun pays plus que la France n’a œuvré au dialogue avec la Russie, n’a œuvré pour ramener ses dirigeants à la raison. Que ce soit dans les négociations du format dit « Normandie » avec l’Allemagne dès 2014, sous l’égide du Président François Hollande et repris par le Président de la République. Que ce soit par toutes les initiatives françaises de ces dernières années lors des rencontres entre le Président de la République et le Président Poutine : à Versailles, à Saint-Pétersbourg, à Osaka ou à Brégançon. Que ce soit dans l’organisation, à l’initiative du Président de la République, de ce qui s’est avéré être la seule rencontre entre les Présidents Zelensky et Poutine, en décembre 2019. C’était en France, à l’Elysée.  Que ce soit dans les mois, les semaines et les jours qui ont précédé l’éclatement du conflit, où le Président de la République a tout tenté, jusqu’à se rendre à Moscou, pour éviter la guerre.
A toutes les étapes, notre engagement pour l’Ukraine a été constant en faveur de sa souveraineté et du respect de son intégrité territoriale – sans volonté d’ostraciser la Russie. C’est la raison pour laquelle la position de la France en faveur de la paix est inchangée. Notre objectif reste celui d’une solution négociée, qui respecte les droits de l’Ukraine et nos intérêts de sécurité. C’est la seule solution qui permette d’obtenir des garanties crédibles de la part de la Russie pour s’assurer qu’elle ne retournera à l’assaut ni de l’Ukraine ni d’un autre pays européen.
Mesdames et Messieurs les députés, dans quelques instants, vous voterez. Vous voterez sur notre accord bilatéral de sécurité avec l’Ukraine. Vous voterez sur notre soutien à l’Ukraine.

Vous voterez sur notre capacité à défendre nos intérêts et nos valeurs. C’est bien cela l’objet de ce vote : l’accord bilatéral de sécurité entre la France et l’Ukraine, comme 7 pays l’ont déjà fait. Et c’est bien sur cet accord que vous êtes appelés à vous prononcer.
Au moment de ce vote, les Français nous regardent. Des Français qui s’inquiètent de la situation. Des Français que la Russie menace. Des Français qui tiennent à nos valeurs, à notre liberté, à notre démocratie – et qui ont parfaitement compris quels dangers les guettaient si la Russie l’emportait. Évidemment, l’Ukraine nous regarde. Elle attend la confirmation et le signal de notre unité derrière elle. Nos partenaires nous regardent aussi. Ils ont répondu à notre appel, sont prêts à s’engager davantage pour l’Ukraine et attendent de nous de montrer l’exemple.
Et je le dis : la Russie aussi nous regarde. Elle qui veut imposer la loi du plus fort.
Elle qui veut nous diviser.
Elle qui veut mettre à bas nos principes et nos valeurs.
Alors, ce vote est important. Je respecte évidemment, institutionnellement, de façon républicaine, le vote de chacune et de chacun ici. C’est pour cela que nous soumettons cet accord au vote. Mais je vais vous dire la conviction qui est la mienne, ma conviction : voter contre, c’est remettre en cause le travail et les efforts accomplis par la France et ses alliés depuis deux ans. Voter contre, c’est donner à Vladimir Poutine tous les arguments et un signal qu’il espère et qu’il attend. Voter contre, c’est affirmer que les règles internationales peuvent être bafouées sans conséquence ou réponse claire de notre part. Voter contre, c’est signifier à nos alliés que la France tourne le dos à ses engagements et à son Histoire.
S’abstenir, c’est fuir. Fuir ses responsabilités devant l’Histoire. Trahir ce qui nous est de plus cher depuis le 18 juin 1940 : l’esprit français de résistance.
Alors, aujourd’hui, je vous appelle à dire que nous soutenons l’Ukraine sans « mais » et avec détermination. Si l’Ukraine perd, nous perdons nous aussi. Nous ne laisserons pas la Russie gagner. La France ne peut s’effacer devant ses responsabilités.
Alors, je le dis ici, en tant que Premier ministre de la France, au nom du Gouvernement de la France, à la tribune de l’Assemblée nationale de la France. Je le dis du plus profond de mon cœur, qui résonne et qui bat pour la valeur de liberté des peuples. Je le dis du plus profond de mes tripes qui se nouent autour de l’intérêt des Français : Slava Ukraini !

> [Projet de loi sur la fin de vie] La mort ne peut pas être un sujet tabou, silencieux. Malgré des avancées considérables ces dernières années, certains de nos concitoyens se trouvent parfois impuissants face à la maladie et la douleur.

Voilà pourquoi, conformément à son engagement de 2022, le président de la République a annoncé une nouvelle étape dans le modèle français de la fin de vie. Parce que la mort fait partie de la vie. Parce que chacun doit avoir le droit de mourir dans la dignité.
Cette dignité passe d'abord par un meilleur accès aux soins d'accompagnement partout sur notre territoire. Le texte le prévoira et nous présenterons dans les prochaines semaines une stratégie décennale pour les soins palliatifs. Mais parfois, ces soins ne suffisent plus. Parfois, malgré l’engagement et le dévouement de nos soignants, la vie n’est plus vraiment la vie.
Le texte que nous proposons prévoit donc une aide à mourir, encadrée par des conditions strictes, des critères précis et une décision revenant à l’équipe médicale. Cette loi est attendue de longue date par nombre de nos concitoyens. Elle constitue, je le crois profondément, un progrès pour notre pays.
Avec mon Gouvernement, je porterai ce texte qui pourra être examiné en séance publique à l’Assemblée nationale à compter du 27 mai. À nos concitoyens qui sont confrontés à cette situation, nous devons un débat apaisé, éclairé, respectueux des positions de chacun, tout comme le débat public l'a été grâce au Comité consultatif national d'éthique et à la Convention citoyenne.

> [Discours lors de la Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme – 11 mars] Une détonation.

Un coup. Des coups. Des cris. Des hurlements. Des mouvements de foule. L’incertitude. La confusion. Les sirènes des secours. Les instructions des forces de l’ordre. Les larmes. La douleur. Le choc. Et puis le silence. Le silence qui semble entourer, envahir, étouffer ces lieux où tout a basculé.
Ce silence, toutes les victimes d’attentats le ressentent. Tous leurs proches le ressentent. Il arrive, invariable, pesant. Il arrive alors que la souffrance est encore là, que la crainte est encore présente, que les souvenirs se mêlent, reviennent, s’effacent, se mélangent et frappent la mémoire comme une nouvelle blessure.
Ce silence, je ne peux pas m’y résoudre. Je ne peux pas l’accepter. Je ne veux pas l’accepter. Et autour du Président de la République, avec mon Gouvernement, je veux le dire à toutes celles et ceux qui ont été victimes d’un attentat, à toutes celles et ceux qui ont perdu un proche, à toutes celles et ceux dont le destin a été frappé à jamais par le terrorisme ; je veux leur dire : la République se tiendra toujours à vos côtés.
Pour vous reconstruire, pour vous accompagner, la France sera toujours à vos côtés. C’est notre devoir et notre honneur. Nous n’y manquerons pas. Nous n’y manquerons jamais.
Mesdames et Messieurs, revenir à Arras, près de 6 mois après l’attentat terroriste qui a emporté Dominique Bernard, grièvement blessé plusieurs de ses collègues, et meurtri la France toute entière, c’est un symbole fort. Revenir à Arras, pour saluer la mémoire de tous les morts, les souffrances de tous les blessés, la douleur de toutes les familles, c’est un symbole puissant. Celui de ce lien, qui rassemble toutes celles et ceux qui ont souffert du terrorisme, partout sur notre territoire, depuis les terrasses, les salles de spectacles ou de rédaction de Paris jusqu’au pont Bir Hakeim, depuis la Préfecture de police jusqu’à un centre commercial de l’Aude, depuis le marché de Noël de Strasbourg jusqu’à une église de Normandie, depuis la Promenade des Anglais, le parvis de la gare Saint-Charles, jusqu’au centre-ville de Romans-sur-Isère, à une école juive de Toulouse, un collège à Conflans-Sainte-Honorine, un commissariat de Rambouillet, une cité scolaire dans cette ville d’Arras.
Jusqu’à tant d’autres endroits encore. Un terrorisme qui peut frapper sur notre territoire, comme il peut prendre les vies de nos concitoyens à travers le monde. Quelques jours avant le drame d’Arras, le 7 octobre, c’est en Israël que l’attaque terroriste barbare du Hamas a emporté la vie de 42 de nos concitoyens. Le propre du terrorisme, c’est qu’il peut frapper n’importe où. Emporter n’importe qui. C’est qu’il peut cibler et viser ; tout comme il peut chercher à anéantir, détruire et tuer indistinctement. Et de cette effroyable incertitude, de cette injustice fondamentale naît un lien indéfectible entre les victimes.
Une communauté de souffrances mais aussi d’espoir. Celui de se reconstruire. Celui d’avancer. Celui de retrouver le goût de la vie, mais sans jamais rien oublier.
Oublier. Comment cela serait-il possible quand on a connu l’horreur, quand on a été tenu en joue par la haine, quand on a vu la mort en face. Oublier. Comment pourrait-on seulement oublier, alors qu’au contraire, chacun doit savoir, chacun doit connaître encore un jour, un mois, un an, des décennies plus tard, comment des femmes et des hommes sont tombés parce qu’ils étaient libres. Comment certains ont cru pouvoir faire céder notre société et ployer nos valeurs.
Comment la barbarie a tenté d’imposer son joug, sans jamais nous faire renoncer. Oui, nous devons transmettre de génération en génération, la mémoire de ces attentats. Alors, nous nous y engageons. Nous nous y engageons pleinement. Sur décision du Président de la République, ce 11 mars, triste anniversaire de l’attentat de la gare d’Attocha à Madrid, est devenu la journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme. Ce 11 mars 2004, il y a 20 ans jour pour jour, le terrorisme islamiste a frappé l’Europe massivement pour la première fois. Cette date reste comme une cassure pour notre continent. Nous avons compris que, nous aussi, nous étions des cibles. Nous l’avons compris durement, si durement. Alors ce 11 mars, toute la France fait corps, partage la mémoire et se souvient de toutes celles et ceux qui sont morts sous les coups ou sous les balles. Elle s’incline devant tous ceux qui ont perdu la vie, ceux qui souffrent dans leur chair et dans leur esprit, parce qu’ils étaient les visages de la France et de notre art de vivre. Parce qu’ils vivaient d’insouciance, de culture, de savoir. Parce qu’ils vivaient libres et chérissaient cette liberté.

Toutes les victimes du terrorisme sont des hérauts de la liberté. Et pour eux, nous ne devons jamais oublier. Jamais renoncer. Nous faisons vivre la mémoire en garantissant aux jeunes générations qu’elles connaissent le destin de ceux qui ont croisé la haine et la barbarie sur leur chemin. C’est le sens du musée mémorial du terrorisme, que le Président de la République s’est engagé à ériger. La promesse sera tenue et le musée ouvrira ses portes en 2027.
Transmettre, faire savoir, c’est également notre volonté dans les écoles, pour que la jeunesse sache ce que les victimes ont enduré, ce à quoi le fanatisme peut conduire et pour continuer à enseigner la liberté. Ce combat, nous l’avons en partage. Nous l’avons en commun. Il est le mien, comme Premier ministre, comme ancien ministre de la Jeunesse puis de l’Éducation nationale – et je sais que la concorde dans notre société se bâtit d’abord dans notre jeunesse. Ce combat, il anime chacune et chacun d’entre vous – vous qui donnez, notamment grâce à la mobilisation, corps et âme, pour partager le lourd fardeau et la terrible histoire des victimes.
Ce combat, il animait notamment Samuel Sandler, père et grand-père de victimes de l’attentat de l’école Ozar-Hatorah, qui nous a quittés cette année. Je veux ici, avec vous, lui rendre hommage. Alors pour lui, pour ses enfants et petits-enfants, comme pour toutes les victimes : nous dirons dans les écoles ce qui s’est passé. Nous dirons la vérité, telle qu’elle est, sans crainte, sans censure, sans atténuation. Nous nommerons l’innommable. Nous dénoncerons la haine. Mais, surtout, nous apprendrons, nous transmettrons l’amour de la liberté, la soif d’égalité et le besoin de fraternité.
Je le crois fermement : la victoire de l’école sonnera le glas de l’obscurantisme. De tous les obscurantismes. De l’obscurantisme islamiste, qui veut mettre à bas notre école, pour ses valeurs. Nous luttons, et nous vaincrons. Ici, à Arras, comme quelques années plus tôt à Conflans-Sainte-Honorine contre Samuel Paty, c’est à l’école que le terrorisme s’en est pris. Ce choix n’a rien d’un hasard. L’école, c’est ce qui élève. C’est ce qui donne les clés de la connaissance et du savoir. C’est là que le respect s’inculque et que la liberté se comprend. C’est à l’école que l’on découvre l’évasion, l’ouverture au détour d’une ligne d’un roman, d’un vers d’un poème, d’une réplique de théâtre. C’est là que l’on apprend à connaître notre passé et à en tirer les leçons pour l’avenir, en parcourant une à une les périodes de notre histoire. C’est là que la logique et les raisonnements se forgent, avec le maniement des chiffres. C’est là que l’on remet en cause ses idées reçues au contact des auteurs et des textes de notre philosophie.
Les terroristes détestent l’école, c’est normal : l’école est la meilleure arme pour les combattre. L’école est notre plus grande force pour bâtir un avenir de concorde, de civisme, de paix et de respect. C’est tout ce qu’incarnait Dominique Bernard, mort parce qu’il était professeur, tombé parce qu’il voulait protéger son école, protéger les élèves, et à travers eux tous les élèves de France. C’est tout ce que représentent les femmes et les hommes du lycée Gambetta, que j’ai eu l’honneur de croiser, de rencontrer, d’écouter. Des femmes et des hommes dont le courage impressionne et dont la détermination nous oblige.
Oui, cette détermination nous oblige. Et je veux le dire : cette journée d’hommage, c’est avant tout, et ce doit avant tout être une journée de combat. Combat pour notre éducation et contre l’endoctrinement de la jeunesse – je l’ai dit. Combat pour nos valeurs républicaines, partout où elles sont contestées, partout où elles sont en danger. C’est pourquoi nous nous sommes dotés, pour la première fois, d’une stratégie contre le séparatisme. Une stratégie pour traquer la haine de la République dans chaque école où elle est menacée, dans chaque association où elle est vilipendée, dans chaque prêche où elle est contestée.
C’est une journée de combat, enfin, et bien sûr, pour notre sécurité, grâce à l’engagement exceptionnel de nos forces de l’ordre et de nos services de renseignement. Depuis 2017, grâce à eux, 43 attentats ont été déjoués. Alors, sous l’autorité du Président de la République, nous prenons toutes les mesures pour leur donner les moyens d’agir.
Le budget de nos services antiterroristes a été doublé par rapport à 2015. Nous avons renforcé notre justice et nos capacités d’enquête, en créant le parquet national antiterroriste. Nous avons multiplié les outils à notre disposition, en permettant des visites aux domiciles de ceux que nous soupçonnons, des mesures de contrôles individuels, la fermeture des mosquées radicalisées. Aujourd’hui, comme chaque jour, notre vigilance est maximale, totale, absolue. Le terrorisme peut frapper partout et n’importe quand – alors nous aussi, nous sommes présents partout et tout le temps.
Nous sommes présents, plus encore, pour veiller à la sécurité de tous, à l’orée des Jeux Olympiques et Paralympiques, où le monde entier se pressera à Paris. Mon engagement, comme Premier ministre, c’est de tout faire, de tout donner pour éviter l’irréparable. Avec le ministre de l’Intérieur, c’est un engagement du quotidien. À chaque seconde, la France est aux aguets.
Mesdames et Messieurs, quand la terreur frappe, la France se lève toujours, solidaire, unie, déterminée. Elle se lève, d’abord, les yeux embués. L’émotion suit le choc. Elle est partagée par 68 millions de Français. Cela ne l’atténue pas au contraire, cela la décuple encore. Une émotion qui résonne, à mesure que les noms de femmes et d’hommes, tués, blessés, meurtris, sont révélés.
A mesure que les visages de femmes et d’hommes dont la vie regorgeait de promesses sont dévoilées. A mesure qu’une question revient, comme un écho entêtant : et si cela avait été quelqu’un que j’aime ? Et, si cela avait été moi ? Si j’avais décidé d’aller à ce concert. Si j’avais décidé de prendre cette rue, plutôt qu’une autre. Si je m’étais installé à cette terrasse plutôt que dans le café d’en face. Se poser ces questions est un privilège. Car pour beaucoup, pour les victimes, pour les survivants, la vie ne sera plus jamais comme avant. L’attentat, l’attaque ne dure que quelques instants, mais le terrorisme marque à jamais ses victimes.
Rien ne rendra jamais un être cher. Rien ne pourra totalement rendre la vie d’avant. Alors, puisque la peine est éternelle, nous devons être au rendez-vous à chaque moment, à chaque étape, aux côtés des victimes. Chaque jour, avec elles, les associations accomplissent un travail extraordinaire. Elles les aident, les conseillent et les écoutent. Elles sont une oreille attentive, un appui précieux, une explication importante. Elles sont autant d’épaules sur lesquelles s’appuyer, autant de soutiens dont on ne peut se passer. Je veux leur rendre hommage. Je veux les remercier. Au nom du Gouvernement et, je le crois profondément, au nom de l’ensemble des Français.
Alors, nous devons être à la hauteur de leur engagement. Depuis les attentats de 2015, le Fonds de garantie des victimes a changé de dimension. En 9 ans, plus de 7200 victimes ont été prises en charge, accompagnées, aidées. C’est plus qu’au cours des 30 premières années d’existence du Fonds. Alors, il évolue et se développe pour à garantir aux victimes, non seulement une indemnisation, mais aussi une écoute, une aide, un accompagnement.
Être à vos côtés, c’est le sens du travail quotidien, sous l’autorité du Garde des Sceaux, de la déléguée interministérielle à l’aide aux victimes. Chère Alexandra Louis, je sais votre travail et votre engagement. En devenant Premier ministre, j’ai demandé à ce que partout, toujours et tout le temps, on puisse simplifier la vie des Français. Je le souhaite particulièrement pour vous, pour les victimes du terrorisme. Vous avez affronté l’horreur, il n’est pas question que vous ayez à affronter, ensuite, les lourdeurs ou les lenteurs. Pas question que vous deviez vous lancer dans des démarches kafkaïennes, alors que votre appel est si clair : l’aide, l’accompagnement, le soin.
Le ministre de la Justice a demandé que la délégation interministérielle travaille à bâtir rapidement un point d’entrée unique pour toutes les démarches, toutes les interrogations et toutes les demandes des victimes du terrorisme. Nous leur devons et je souhaite que ce projet avance rapidement. Être à vos côtés, c’est enfin veiller à ce que la Justice soit rendue. Les procès sont des moments nécessaires et éprouvants, difficiles mais parfois libérateurs. Ils obligent les victimes à se replonger dans le drame, à revivre un peu de l’odieuse attaque. Il y a un peu moins de deux semaines, s’est ouvert le procès de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg. C’est un moment délicat, important. Et, je sais tout l’engagement des associations aux côtés des victimes pour les aider à le traverser.
Mesdames et Messieurs, s’il y a une dernière chose que montre cette journée, c’est la force de nos valeurs. C’est la puissance de la République. C’est la détermination de la France. Les terroristes nous attaquent, nous atteignent, nous touchent : ils ne nous feront pas céder. Ils ne nous feront jamais céder. Ne nous leur cèderons rien. Nous ne cèderons rien à leur fanatisme, quel qu’il soit, car nous savons que l’unité le terrassera. Nous ne cèderons rien face à leurs injonctions, car nous nous battrons toujours pour que le progrès l’emporte. Nous ne cèderons rien face à leurs menaces, car rien ne nous arrêtera pour défendre la République, pour protéger les Français. Nous ne cèderons rien et nous n’avons pas peur, car, c’est bien eux, en réalité, que notre liberté terrorise – tant et tant qu’ils veulent la briser. Eux, que notre égalité effraie – tant et tant qu’ils veulent la remettre en cause. Eux, que notre fraternité inquiète – tant et tant qu’ils veulent nous diviser. Ils n’y parviendront pas. Ils n’y parviendront jamais. La France reste et restera le pays des savoirs et de la transmission. Le pays de la culture et de l’irrévérence. La patrie, pour toujours, de la liberté.
Il y a quelques années, le Président de la République avait évoqué notre « art d’être Français ». Cet art d’être Français, c’est ce qui nous rassemble. Et jamais rien ne pourra l’effacer. Vive la République ! Vive la France !

 

Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des Outre-mer
> [Statut de la Corse] Ce soir, avec les représentants politiques corses, nous avons trouvé un large accord institutionnel conforme aux exigences fixées par Emmanuel Macron. Cet accord sera prochainement débattu par l’Assemblée de Corse avant de prendre le chemin des consultations politiques nationales. Cet accord marque la fin du processus de Beauvau.

 

Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités
> [Projet de loi sur la fin de vie] Le socle du modèle français de l’aide à mourir, c’est la demande du patient, que du patient, rien que du patient.

> [Projet de loi sur la fin de vie] Pour les malades les plus vulnérables, pour répondre aux souffrances des patients, nous proposerons aux Français de légaliser l'aide à mourir, sous conditions strictes. Ce sera une loi historique, que nous porterons au Parlement avec humilité, écoute et détermination, aux côtés du Président de la République et du Premier ministre.

> [Projet de loi sur la fin de vie] Le modèle français de l’aide à mourir n'est ni l'euthanasie, ni le suicide assisté. Cette possibilité, sous condition, sera évaluée collégialement, et bien sûr, dans le respect de la seule volonté réitérée du patient dont le pronostic vital est irréversible.
Ce modèle français de la fin de vie repose d’abord sur un plan décennal de soins palliatifs et d’accompagnement. Je m'engage à créer une véritable filière et à accélérer le développement des soins d'accompagnement que demandent nos concitoyens.

> [Projet de loi sur la fin de vie] On a aujourd’hui dans notre pays des situations dans lesquelles des citoyens connaissent le côté incurable de leur maladie et surtout sont dans une situation de souffrance. Il y a un moment où le patient a besoin de se dire que ses jours sont comptés, et ils ont besoin d’avoir une possibilité de se dire qu’il y a quelque chose qui peut répondre à cette situation dramatique. Beaucoup de femmes et d'hommes (...) attendent depuis longtemps des avancées.

 

Nicole Belloubet, ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse
> Je ne compte absolument pas renoncer au choc des savoirs, qui s'appliquera dès la rentrée prochaine, dans tous nos territoires. Je prendrai également en compte la spécificité de chaque territoire, comme celui de la Seine-Saint-Denis, avec une attention sur tous nos personnels.

> [Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme – 11 mars] Les victimes du terrorisme dans notre pays sont les visages de notre République. Nous leur rendons hommage aujourd'hui, avec Gabriel Attal, à Arras, où le professeur Dominique Bernard a été assassiné le 13 octobre dernier. Pour eux, ne nous céderons rien et resterons unis.

> [Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme – 11 mars] Cher professeur, cher Dominique Bernard, nous n’oublions rien de vous. Ni vos idées, ni votre silhouette, ni votre engagement, ni votre sacrifice. Vous nous rappelez ici que les enseignants sont aussi les premiers défenseurs de nos valeurs.

 

Marc Fesneau, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
> Le plan de reconquête de notre souveraineté sur l’élevage, lancé lors du Salon de l’agriculture, est l’un des éléments majeurs de réponse aux difficultés qui touchent toutes nos filières d’élevage. Nous continuerons à pérenniser la souveraineté de la filière laitière en garantissant le juste prix de vente pour les producteurs laitiers.

> Les producteurs d’endives, mais aussi ceux de chicorées, sont confrontés à une possible impasse technique pour le désherbage suite à l’interdiction européenne de la benfluraline. L’action de la France a permis d’assurer des solutions pour la campagne 2024. Pour sécuriser la campagne 2025, le ministère de l’Agriculture est pleinement mobilisé et soutiendra, dans le cadre du PARSADA et en lien avec la filière et les producteurs, les programmes de recherche d’alternatives pour que des herbicides adaptés soient disponibles.

 

Sébastien Lecornu, ministre des Armées
> Cérémonie de levée du drapeau suédois au siège de l’OTAN à Bruxelles. La Suède est un allié, un ami et un partenaire stratégique de la France. Son adhésion à l’OTAN est une excellente nouvelle qui participe à renforcer notre sécurité collective.

> Le saut technologique que représente l’IA est celui qui révolutionnera la manière de faire la guerre. Plus important encore : de l’éviter. En créant une agence ministérielle pour l’IA de défense, nous faisons le choix de prendre notre destin en main, plutôt que de le subir.

 

Sarah El Haïry, ministre déléguée chargée de l’Enfance, de la Jeunesse et des Familles
> [Plan contre la prostitution des mineurs] D’abord sur un constat. La prostitution des mineurs est plurielle. Il en existe de plusieurs sortes, qui ont chacune leurs spécificités. Pour les combattre, il convient donc de bien les identifier afin de pouvoir s’y adapter.
Il y a d’abord ces enfants venus de l’étranger, particulièrement d’Europe de l’Est, d’Afrique du Nord et de l’ouest et d’Asie, victimes de traites humaines extrêmement bien organisées. Pour les pousser à se prostituer, les passeurs et les trafiquants n’hésitent pas à menacer leurs familles sur place. Ce sont ces réseaux que nous devons remonter grâce à l’action de l’Ofmin (Office mineurs), qui lutte contre les violences faites aux enfants.
Ensuite, il y a cette prostitution qui se développe via le numérique. Par les réseaux sociaux classiques, les sites de rencontre, mais surtout par des plateformes comme OnlyFans et MYM, qui encouragent une hypersexualisation des corps et qui dérivent souvent vers des relations tarifées. Il y a aussi tous ceux qui sont issus de la protection de l’enfance, souvent très vulnérables, et même des étudiants qui se prostituent, presque comme si c’était un « job », pour financer leurs études !
Mais j’aimerais aussi parler d’un phénomène nouveau et grandissant, celui des « loverboys ». De simples « petits copains » au départ qui, par leur emprise mentale, voire physique, vont se transformer en proxénètes.

> [Plan contre la prostitution des mineurs] Je veux briser le tabou de la prostitution des mineurs. Et ce, en articulation avec le plan de lutte contre le système prostitutionnel et grâce à la poursuite du premier plan national dédié, mis en place en 2021 sous le gouvernement Jean Castex – je rappelle d’ailleurs que la loi du 21 avril 2021, visant à protéger les mineurs des crimes et délits sexuels et de l’inceste, punit de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende le fait pour un majeur de solliciter auprès d’un mineur la diffusion ou la transmission d’images, vidéos ou représentations du mineur à caractère pornographique.

Aujourd’hui, la prostitution touche surtout des jeunes filles âgées de 15 à 17 ans, avec un point d’entrée de plus en plus jeune, entre 14 et 15 ans pour la moitié d’entre elles, mais qui démarre parfois dès l’âge de 12 ans ! Ma priorité est donc d’alerter et de responsabiliser les parents qui sont souvent à mille lieues d’imaginer que leurs enfants se prostituent.

En ce sens, multiplier des actions d’information comme la campagne « Je gère », diffusée sur le web et à la télévision, qui vise une sensibilisation aux dangers liés à la prostitution des mineurs, est essentiel. Ensuite, je souhaite toucher au maximum le grand public en lançant notamment de nouveaux appels à projets pour développer des maraudes numériques. L’idée étant de développer la prise de contact en ligne avec les mineurs en situation prostitutionnelle. Et bien sûr, déployer de nouvelles structures spécialisées pour accueillir ces publics.
Enfin, il faut mettre en place une véritable chaîne de protection autour de nos jeunes enfants où chacun doit jouer son rôle. Entre autres, grâce aux mallettes numériques pédagogiques à destination des professionnels, qui contiennent toute la documentation et les « outils » essentiels pour pouvoir repérer les premiers signes de prostitution.
Nous nous appuierons plus généralement sur tous les travaux en cours au sein du gouvernement sur les sujets numériques, du rapport de la commission « écrans » lancée par le président de la République au projet de loi visant à sécuriser et réguler l’espace numérique. Car c’est souvent derrière les écrans des smartphones et des ordinateurs de nos enfants que tout démarre…

> [Plan contre la prostitution des mineurs] Il existe déjà des commissions départementales de lutte contre la prostitution qui réunissent de nombreux acteurs. Leurs compétences pourraient être étendues aux mineurs. Nous avons aussi créé des comités départementaux pour la protection de l’enfance qui réunissent les acteurs du secteur comme la police, la justice, les associations, l’Éducation nationale… Dix sont en cours d’expérimentation, et un premier bilan va être fait pour évaluer leur généralisation sur tout le territoire avec les départements volontaires, notamment dans les outre-mer, où la prostitution des mineurs est une réalité tout aussi préoccupante.
Nous avons énormément d’alertes qui remontent de là-bas, mais encore peu de données chiffrées. Une grande étude va justement être prochainement lancée sur ces territoires afin de mesurer l’ampleur du phénomène.

 

Marina Ferrari, secrétaire d’Etat chargée du Numérique
> [Accord avec Orange pour relancer le déploiement de la fibre] Il va permettre de réaccélérer le déploiement en zone Amii [Appel à Manifestation d'Intention d'Investissement], avec deux engagements : raccorder 1 120 000 locaux d’ici fin 2025, dont 140 000 dans les 55 intercommunalités qui étaient en retard par rapport au déploiement.
Aujourd’hui, nous adressons à Orange le message suivant : “Vous n’avez pas honoré vos précédents engagements, cet accord vous imposera de les respecter”.
Nous le contrôlerons en deux phases avec des sanctions si les objectifs ne sont pas atteints. Ce n’est pas seulement ma parole de ministre que j’engage, c’est également ma parole d’élue locale : j’ai constaté ce qui s’est passé dans mon département, notamment en zone Amii : ces dysfonctionnements ne sont pas acceptables.
C’est aussi la parole de l’État, et du président de la République qui a pris des engagements envers les Français que je veux défendre.
Je serai extrêmement vigilante et exigeante. La confiance ne se décrète pas, elle se construit dans la durée et dans le respect de ses engagements.
L’Arcep aura tout son rôle à jouer pour contrôler le déploiement. Orange a déjà été sanctionné l’an dernier à hauteur de 26 millions d’euros : nous pourrons recommencer le cas échéant.

> L’engagement n’a pas changé et il sera tenu : 100 % des Français qui demanderont la fibre auront la fibre. Le texte prévoit notamment des engagements sur les raccordements à la demande : dès l’instant où une personne demandera à être raccordée, l’opérateur aura 6 mois maximum pour donner suite à sa demande. (…)
Il n’y a aucun renoncement de la part de l’État, et je sais que l’UFC pourra se réjouir des mesures sociales qui accompagnent cet accord.
Il y a deux piliers dans les discussions qu’on a conduites avec Orange : un volet réglementaire, qui fait l’objet de l’accord, et un volet politique avec une composante sociale, notamment une tarification adaptée aux ménages les plus modestes.
On a aussi introduit une notion qui, pour moi, est essentielle : les Français qui, aujourd’hui, ne disposent que d’un abonnement téléphonique via le réseau cuivre bénéficieront demain des mêmes tarifs lorsqu’ils accéderont à la téléphonie via la fibre. C’est une avancée non négligeable qui n’avait pas été intégrée dans les accords précédents.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 
> La diplomatie parlementaire porte la voix des peuples qui parlent aux peuples. Depuis mon élection à la présidence de l’Assemblée, je tiens à lui donner une impulsion nouvelle. Je l’ai rappelé cet après-midi lors des Assises organisées par Stéphane Séjourné: nous menons une diplomatie parlementaire ambitieuse fondée sur les valeurs d’humanisme et de démocratie, le respect du droit international et la francophonie.

> [Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme – 11 mars] Pour se souvenir. Pour ne jamais baisser la garde, face au terrorisme, à la barbarie et à la haine. Mes pensées vont à Dominique Bernard, à Samuel Paty, à toutes les victimes et à leurs familles, qui luttent pour se reconstruire. Notre combat pour la République et contre l’obscurantisme ne cessera pas. N’oublions jamais.

 

► Haut-commissariat au Plan 
François Bayrou (Commissaire, président du Mouvement démocrate) 
> [Elections européennes] D'habitude, les élections européennes, c'est de la politique. C'est-à-dire des rapports de force, des discours, des promesses, des critiques. Et c'est classique, on a vécu ça 100 fois. Ce n’est pas du tout la situation aujourd'hui. Aujourd'hui, la situation, elle est, le moins qu'on puisse dire historique, c'est-à-dire que l'essentiel de ce que nous vivons et croyons a été mis en jeu, a été menacé et est menacé tous les jours depuis 2 ans. Le 24 février 2022, quand la Russie de Poutine a attaqué l'Ukraine, presque sans défense, quelque chose a basculé dans le monde. 

> Ce qui se passe, c'est un basculement. C'est un basculement analogue à ce qui s'est passé dans les années 30, au moment où on montait, où on sentait monter d'un côté Hitler, et puis on a découvert après Staline et que ces deux puissances, qui ont été alliées à un moment, ces deux puissances avaient fait basculer le monde dans autre chose. (…)
Ce que nous avons vécu et que je caractérise simplement : ils ont fait basculer le monde du côté de la force brutale, de la force contre le droit. 

> [Elections européennes] Il y aura des propositions, il y aura un programme, mais ce qui compte c'est que nous arrivions à savoir et à comprendre tous ensemble où nous en sommes. Aujourd’hui, qu'est-ce qui est en jeu et quel est le risque ? Et ce que le président de la République a dit, et il l'a dit avec force, c'est que ce qui se passe en Ukraine nous concerne. Nous, Européens et citoyens du monde.

> [Elections européennes] Je ne crois pas que la solution soit de faire du Rassemblement national, le seul sujet de la campagne électorale. D'une certaine manière, c'est lui faire un cadeau. Alors il faut naturellement le placer, placer ses représentants, face à leurs responsabilités. Et Dieu sait que leurs responsabilités dans cette affaire ont été considérables. Le nombre de fois où ils sont venus, pas seulement eux, mais les amis de Mélenchon aussi, ceux de Zemmour, où ils sont venus sur votre plateau dire : mais ce n’est pas vrai que Poutine va attaquer l'Ukraine, mais qu'est-ce qu'il irait faire en Ukraine ? Si vous ressortez les enregistrements de ces interviews, vous allez trouver ces phrases exactement. Ceux qui prétendent qu'il y a un risque n'y connaissent rien. Et bien, ce n’est pas comme ça que les choses se sont passées. Ils ont été de mauvais conseils tous ensemble, tous les anti-européens, ils ont été de mauvais conseils tout le temps.

> [Elections européennes] Le seul courant politique qui ait été constamment, sans jamais varier d'un bout à l'autre, favorable à la construction de l'Europe, c'est ce grand courant central et c'est nous qui l'incarnons et qui en sommes la force principale. J'appartiens au parti, je suis le président du parti qui était le parti de Robert Schuman. On n'a jamais varié sur ce point. Le seul courant qui était compact et solidaire autour de cette idée de construction d'une puissance européenne qui passe aussi par une monnaie.

> «Comment pouvez-vous dire que vous êtes les seuls vrais Européens?» L'expression est excessive, sans doute, mais le seul courant qui n'ait jamais varié sur ce point, en disant, après le 20e siècle que nous avons connu dans l'histoire telle qu'elle est en train de se bâtir… La seule option, si nous voulons survivre et trouver de l'avenir, c'est de bâtir une Union européenne solidaire dans laquelle nous serons ensemble pour faire face aux crises du monde. 

> [Elections européennes] Je pense que ça n'a rien à voir avec une affaire intérieure. C'est une affaire de conscience des citoyens européens et des citoyens français, sur l'immense défi que nous avons devant nous aujourd'hui et qui est un défi de survie. 

> [Guerre de Poutine contre l’Ukraine] Alors commençons par ça. Vous êtes en face d'un dictateur, d'un chef d'État qui ne recule devant rien, qui gouverne à l'intérieur de son pays par l'assassinat. Qui, avec un pays surarmé, se jette sur un pays qui était son voisin et chez qui personne ne pouvait voir une menace de quelque ordre que ce soit… Le sentiment général est qu'il allait s'écrouler en 15 jours. Le sentiment exprimé par tous les leaders. Je me souviens de leaders importants qui disaient mais vous dites que l'Ukraine va résister, ce n’est pas sérieux. 
Les Ukrainiens ont résisté héroïquement. Ils ont résisté au prix de dizaines de milliers de morts. Et qu'est-ce qu'ils défendent les Ukrainiens ? Ils défendent le droit, c'est-à-dire notre liberté, et la liberté du monde ! (…)
Et moi je vous dis, chaque fois que vous êtes devant des cas comme ça : On a très bien connu ça au moment de Munich. 

> Très souvent les mots que j'entends, les postures que je vois, ce sont les mêmes qu'au moment de Munich. 

> [Guerre de Poutine contre l’Ukraine] Emmanuel Macron a dit : ne soyons pas lâche et il a raison, je ne veux pas utiliser des mots qui seraient excessifs et qui donc amoindriraient le propos de gravité que je veux tenir. Je sais que ce qui se joue, c'est la question de savoir si dans le monde, à partir de 2024, nous allons être uniquement sous le règne de la force brutale. Et ils sont nombreux, la force brutale : sous le règne de la force brutale des Russes, sous le règne de la force brutale de la Chine, lorsqu'elle menace Taïwan, sous le règne de la force brutale au Moyen-Orient. Lorsque le Hamas a attaqué le 7 octobre, qu'est-ce qu'il cherchait à faire ? Il cherchait à faire que la barbarie devienne une arme, il attaque pour créer l'effroi, que la barbarie soit une arme et qu'à partir de cette barbarie, des femmes violées, assassinées, éventrées, des enfants, des bébés... À partir de cette barbarie, la réplique, les représailles embrasent tout le Moyen-Orient.

> [Guerre de Poutine contre l’Ukraine] Laisser faire en Ukraine, c'est laisser faire partout. Non, c'est pire que ça. Laisser faire en Ukraine, c'est donner son aval au fait que la force brutale désormais va l'emporter sur le droit partout. 

> Pour moi, ce n’est pas grave d'être seul quand vous défendez la vérité, la liberté ou le droit, ou des choses essentielles. Il arrive qu'on soit seul, et puis après, les événements se déroulent et montrent à tout le monde que vous aviez raison. Le général De Gaulle était seul en 40, seul.

> [Guerre de Poutine contre l’Ukraine] Emmanuel Macron a dit quelque chose de tout à fait essentiel, il a dit : quand vous êtes en face d'un risque comme celui-là, qui est un risque de voir le monde basculer dans la violence, contre le droit, dans la force contre les libertés. Quand vous êtes devant un risque comme ça, vous n'avez pas le droit de dire « je suis contre, mais ». Parce que si vous dites « mais », j'ai dit ça dans un discours l'autre jour, si vous dites « je soutiens l'Ukraine, mais », qu'est-ce que Poutine entend ? Il n’entend pas « je soutiens l'Ukraine », il entend « mais ». Il dit ceux-là, c'est très clair, ils ne feront rien. 

> Ceux qui disent aujourd'hui en France, il faut privilégier la paix, ce n’est pas qu'ils se trompe, c'est qu’ils veulent nous entraîner dans la servitude. Ou plus exactement, je ne veux pas être aussi méchant, ils acceptent de nous entraîner dans la servitude. Ils acceptent que nous refusions de regarder en face ce risque inouï que nous sommes en train de vivre, que nous sommes en train de vivre partout. Il y a une chaîne comme ça, de la force brutale. Qui fabrique les drones russes qui vont tuer les femmes, les familles, les enfants en Ukraine, qui ? C'est l'Iran qui les fabrique ! Qui il y avait derrière l'attaque du Hamas ? C'est l'Iran qui était derrière l'attaque du Hamas. Pourquoi ? Parce que la paix était en train de se négocier entre l'Arabie Saoudite, le Maroc…

> Les Français ont raison de s'inquiéter sur l'évolution du monde. Jamais depuis la guerre, jamais depuis 80 ans, on n'a eu autant de risques accumulés dans les dans l'orage, dans les orages qui viennent, jamais. Donc ils ont raison de se poser des questions avec gravité. C'est pourquoi toutes les histoires politiciennes on s'en fiche ! 

> Il y a dans la vie politique française, plusieurs partis politiques qui ont défendu Poutine jusqu'au bout et au-delà du bout. Et est-ce que ceux-là sont les mieux qualifiés pour nous conduire ? Non ! Très importante la question que vous avez posée à l'instant. L'Arc républicain, cet adjectif républicain dissimule 2 choses, ou en tout cas caractérise 2 choses. La première, c'est la République comme institution. Est-ce que quand on est élu, on est égal avec les autres élus ? Pour moi, la réponse est oui, sans aucun problème. Et donc moi je n'ai pas de problème à faire que tous les courants politiques trouvent leur place dans le jeu démocratique français. Deuxièmement, la République, ce ne sont pas seulement des institutions, ce sont des valeurs. Et est-ce que ces partis-là défendent les valeurs républicaines, celles que nous avons apprises à l'école : la liberté, l'égalité, la fraternité, qui pour moi est la clé de voûte de tout ça.  Les uns privilégient l'égalité, les autres privilégient la liberté et le laisser faire les troisièmes… Mais tous refusent en tout cas, ou les principaux refusent la réalité de la fraternité. Les gens qui ne sont pas de chez nous ou comme nous, ils sont dignes de trouver leur place.

> [Déficit des finances publiques] Mais il s'est passé quelque chose, il s'est passé 2 choses que nous avons vécues ensemble. Il s'est passé le Covid. Et que le Covid nous a plongé, c'est l'expression que j'utilisais à cette époque, dans une économie de guerre. C'est-à-dire, qu'est-ce que c'est qu'une économie de guerre ? C'est si vous voulez que votre nation subsiste, survive, alors qu'elle est menacée d'effondrement et d'écrasement. Eh bien vous faites ce qu'il faut pour qu'elle survive. (…)
On ne peut pas sortir de la situation où on est sans un plan de long terme de retour à l'équilibre. Vous avez rappelé que j'étais Commissaire au Plan, que j'ai voulu que renaisse le Plan, même si c'est évidemment aujourd'hui encore une ébauche de ce que le Plan a été après la guerre. Et il faut le réinventer, parce que le Plan après la guerre, c'était à l'image soviétique et c'est plus du tout ce qu'on peut faire aujourd'hui.
Et donc le il faut un plan de long terme, de retour à l'équilibre. Un plan sur plusieurs années et qui se fonde, et c'est là où l'intuition du Président de la République est juste, pas seulement sur les dépenses, mais sur les recettes, c'est-à-dire sur la progression de la production, la progression des emplois qui est le seul moyen de retrouver l'équilibre. (…)
Je pense que nous avons d'immenses marges de progression et d'efficacité dans tout ce qui est la suradministration française. Mais ça nécessite que nous réinventions l'administration.

> [Réduire les dépenses publiques] Je suis sûr qu'il y a des progrès à faire dans tout ce qui est l'administration publique. Et c'est vrai pour tout ! Je suis un fan absolu de quelqu'un dont personne ne connaît le nom, qui s'appelle Parkinson, qui est un sociologue des administrations britanniques. Si vous trouvez ses livres d'occasion, achetez-les ! Qu'est-ce qu’il dit Parkinson ? Il dit, le principe de l'administration, c'est que quand vous avez un service, il a besoin d'inventer du travail pour justifier son existence. Et très vite après, on s'aperçoit qu’ayant inventé du travail, ils sont pas assez nombreux pour le faire.
Il a une phrase extraordinaire, car tout le reste il faut quelquefois aussi s'aérer l'esprit, il dit : l'administration, ça n'est pas un corps à l’état solide, ça n'est pas encore à l’état liquide, c'est un corps à l’état gazeux. Qu'est-ce que c'est le gaz ? C'est, le principe du gaz, c'est qu’il occupe tout l’espace, et il lui en faut encore plus.

> Oui, je pense qu'il y a une immense réforme de l'action publique à conduire qui soit dirigée en direction du terrain et des initiatives du terrain et de l'imagination du terrain. C'est d'ailleurs le principe de ce que le président a appelé le Conseil national de la Refondation, dont il m'a confié la responsabilité, et tout ceci est à reconstruire.

> Du point de vue de la justice, vous avez entendu Biden dans le formidable discours sur l'état de l'Union qu'il a fait cette semaine. Et il évoque cette piste [de faire contribuer plus les plus riches]. Et il faut simplement avoir à l'esprit que nous sommes dans un monde ouvert. Et que la justice, elle est à construire ou elle est à améliorer. Et je n'ai pas de doute de ce point de vue-là. (…)
Donc de ce point de vue-là, je pense que c'est possible, à condition de vérifier que ça ne va pas nuire à ce qu'on appelle en termes compliqués « l'attractivité de la France ». Et je pense qu'on peut y arriver. Vous voyez, il y a une chose formidable qu'on a faite. Et là, Bruno Le Maire a joué un rôle positif et le président de la République a joué un rôle positif. On a mis en place un impôt minimal pour les multinationales en Europe, à 15%. Si on vous avait dit il y a quelques années que c'était possible, vous ne l'auriez pas cru. Vous auriez cru que c'était des rêves d'Européens enfin idéalistes qui imaginaient qu'on pourrait… Cette nécessité-là, elle a été remplie. C'est-à-dire qu'il n'y a plus aujourd'hui ces multinationales qui, en Europe, trouvaient des États refuges pour ne rien payer et laisser les charges à tous les autres. Désormais, il y a cet impôt minimal. Est-ce qu’on peut améliorer la fiscalité et la fiscalité du capital en particulier ? Est-ce qu'on peut regarder, l'améliorer ? Oui on peut, à condition, et je dis ça à mes amis chaque fois que je leur parle, de ne pas faire ça par surprise, de ne pas faire ça comme un coup, de réfléchir à l'ensemble des conséquences qu’on va déclencher avec des décisions de cet ordre.

> On se trompe en croyant que les problèmes de l'Education nationale vont être résolus par une décision rue de Grenelle ou rue de Varenne, à Matignon ou à l’Elysée. Je ne crois pas - et j'ai écrit beaucoup de livres pour expliquer ça, et j'ai été ministre de l'Education nationale quatre ans et demi, et j'ai aimé passionnément et je crois avoir construit avec les enseignants, un rapport de confiance assez important pour qu’ils m'accordent leur suffrage dans les grandes élections de manière massive. Donc je ne crois pas ça, je crois que l'immense réforme à conduire dans l'Education nationale, c'est faire en sorte que les choses s'améliorent dans chaque classe. Ça n'est pas au ministère que ça se joue, ça se joue dans chaque classe. Et si vous trouvez le ressort pour apprécier le travail que les enseignants font - il y a des enseignants formidables, on a tous à l'esprit des visages qui ont changé notre vie. Il n’y a qu'un problème, c'est que personne ne les connaît, personne ne les repère, mais personne n'étudie leur travail. On marche à l'aveugle avec un système qui a abouti à ce que je dis ça amicalement - les syndicats ont tout mon respect, mais la seule question que les syndicats posent, c'est les moyens. Quelle que soit la question que vous abordez, c'est la question des moyens qui revient sur la table. Or, des moyens à vues humaines, on sera obligé de faire avec ce qu'on a et c'est déjà pas mal si on arrive à le sauvegarder. 

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits] 
Sylvain Maillard (président du groupe à l’Assemblée nationale) 
> [Guerre de Poutine contre l’Ukraine] Notre position sur l’Ukraine a toujours été claire et cohérente depuis deux ans. Aujourd'hui, nous réaffirmons notre soutien et notre engagement envers la stabilité et la sécurité en Europe.


Olivier Dussopt (député)
> [Elections européennes] Les élections européennes sont très importantes, peut être les plus importantes des 10 ou 20 dernières années.

 

Pieyre-Alexandre Anglade (député) 
> [Guerre de Poutine contre l’Ukraine] Il ne fallait pas plus qu’un mot du Président Zelensky saluant la lucidité du Président Emmanuel Macron pour que le RN diffuse les éléments de langage du Kremlin. De quel pays Jordan Bardella est-il le patriote ? Sa soumission est un danger pour l’Europe et pour la France !

> [Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme – 11 mars] En ce jour dédié aux victimes du terrorisme, gardons en mémoire celles et ceux qui ont injustement été emportés. En cette période difficile, je m'associe à la peine des familles et de leurs proches. La Nation ne les oublie pas.

> [Projet de loi sur la fin de vie] La fin de vie est un sujet intime, qui touche à l’histoire de chacun. C’était un sujet attendu et je suis fier que nous portions ce sujet au Parlement. Parce qu’il s’agit d’un sujet personnel —les députés Renaissance auront une liberté totale de vote tout à long du parcours législatif.

> [Projet de loi sur la fin de vie] C’est un texte qui dépasse les clivages politiques, et pour lequel il faut prendre du temps. Chaque député, chaque sénateur aura une position personnelle. C’est pourquoi, l’ensemble des putés Renaissance iront mener des Consultations citoyennes sur le terrain.

> [Elections européennes] Beaucoup de listes seront concurrentes le 9 juin prochain. Une seule a toujours été pour l’Europe : celle de Valérie Hayer. Que ce soit le RN vis à vis de Poutine, ou LFI sur la question ukrainienne : ils ne portent pas de projet pro-Europe mais de repli sur soi ou de sortie.


● MoDem 
Bruno Millienne (député)
> L'ami portugais du Rassemblement national gagne en effet à être connu ! Voici ces principaux faits d'armes :
- En janvier 2020, il proposait qu'une députée née en Guinée-Bissau soit «rendue à son pays»;
- Pendant la crise sanitaire, il proposait d'interner dans les camps les personnes noires et les Roms, estimant que leur hygiène contribuerait à propager le virus... ;
- Il est aussi fermement anti IVG, proposant de retirer leurs ovaires aux femmes qui y auraient recours.
Qui se ressemble s'assemble dit l'adage...


● Parti radical 
> En cette Journée nationale d'hommage aux victimes du terrorisme, le Parti radical salue la mémoire de celles et ceux qui ont été frappés par la tragédie et la violence de ces actes odieux et appelle à la plus grande vigilance face à la menace qui perdure.

 

David Valence (député)
> [Projet de loi sur la fin de vie] Beaucoup de Français ont aujourd’hui davantage peur de leur fin de vie que de la fin de leur vie. Nous devons répondre à la demande d’une aide à mourir. Merci au Président de la République d’engager ce travail d’évolution de nos lois. Le Parlement y prendra toute sa part.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (présidente)
> [Guerre de Poutine contre l’Ukraine] Depuis le début de la guerre, nous, Européens, sommes unis dans le soutien clair à l’Ukraine. Avec une aide militaire, une aide humanitaire et une aide financière. C’est un message très clair envoyé à Vladimir Poutine : nous serons jusqu’au bout aux côtés des Ukrainiens.

> [Guerre de Poutine contre l’Ukraine] Non, l’Ukraine n’a pas à cesser de se défendre ou à hisser le drapeau blanc. Non, l’Ukraine n’a pas à négocier sur l’intégrité de son territoire. La sécurité de l’Ukraine, c’est la sécurité de l’Europe !

> Dans nos sociétés comme au Parlement européen, des forces continuent d’intimider et de porter atteinte aux femmes. Il ne peut plus y avoir de tolérance vis-à-vis de ceux qui violentent les droits, les choix et les corps des femmes.

> Nous devons inscrire le droit à l’IVG dans la Charte européenne des droits fondamentaux. À mon initiative, nous en débattrons jeudi en hémicycle. La cause que nous portons avec Renew Europe depuis 2022 a été ralliée par d’autres bancs. Je m’en réjouis !

> [Journée nationale d’hommages aux victimes du terrorisme] « Parce qu'ils étaient les visages de la France. Parce qu'ils vivaient libres et chérissaient cette liberté.» (Gabriel Attal)
Les victimes du terrorisme ne quitteront jamais nos mémoires. En France comme en Europe, nous ne cesserons jamais de tout faire pour éviter l'irréparable.

> Avec les accords de commerce avec le Chili et la Nouvelle-Zélande, nous incluons le respect des accords de Paris et la réciprocité sur le respect de nos règles. C’est complètement nouveau. Et nous en sommes à l’initiative !

> Il nous faut un fonds commun européen pour nos capacités de défense commune. Nous devons nous réarmer, en Européens !


Bernard Guetta 
> [Guerre de Poutine contre l’Ukraine] Il faut nous donner les moyens d'infliger une défaite sévère et particulièrement humiliante à Vladimir Poutine.

> [Opinion: «Plutôt qu’en avoir peur, il faut faire peur à Poutine»]
On ne comprend d’abord pas. Comment, pourquoi, un chef d’Etat peut-il se faire dénoncer comme « va-t-en guerre » parce qu’il a déclaré que « rien n’était exclu » pour empêcher Vladimir Poutine de l’emporter en Ukraine ?
Tous ceux qui condamnent cette agression auraient au contraire dû applaudir Emmanuel Macron d’avoir fait enfin voir l’aveuglement qu’Américains et Européens avaient choisi en s’époumonant à dire qu’ils n’enverraient pas de troupes au sol pour repousser les troupes russes. Qu’ils aient ou non envisagé cette hypothèse, qu’ils l’aient ou non exclue, pourquoi s’échinaient-ils à rassurer Vladimir Poutine plutôt que de l’inquiéter en laissant planer l’incertitude ? Pourquoi oubliaient-ils ce b-a-ba de l’art de la guerre qui s’appelle l’ambiguïté stratégique et pourquoi reprocher au président français d’avoir su renouer avec elle ?
Il y a deux explications à cela.
La première est qu’à l’exception d’une grande partie des Baltes et des Polonais, les dirigeants occidentaux ont longtemps cru que Vladimir Poutine reviendrait à la Raison après avoir échoué à briser l’Ukraine en quelques jours. Il va devoir chercher un compromis, pensaient-ils. Il proposera de garder la Crimée mais de se retirer du Donbass. Les Ukrainiens accepteront en échange des garanties de sécurité que leur donnerait leur entrée dans l’Alliance atlantique et l’Union européenne. Un accord honorable reste possible, croyaient-ils, et ce n’est pas à nous de le compromettre en faisant monter les enchères, fût-ce en mots.
Parce qu’ils n’avaient pas pris au sérieux l’ambition déclarée de Vladimir Poutine de reconstituer l’Empire russe, les Occidentaux s’étaient bien sûr trompés. C’est dès le printemps 2022, au moment de la débâcle russe, qu’il aurait fallu livrer avions et missiles de longue portée à l’Ukraine plutôt que de laisser l’armée russe bâtir les lignes de défense auxquelles les combattants ukrainiens se sont bientôt heurtés mais maintenant ?
Les regrets ne servent à rien mais il faut que Vladimir Poutine ne puisse désormais plus tabler sur ce qu’il considère comme la couardise d’Européens trop décadents, pense-t-il, pour pouvoir même envisager de relever le défi qu’il leur a lancé. Comme le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, vient de le dire en approuvant Emmanuel Macron : « Il s’agit que Poutine ait peur et non pas que nous ayons peur de Poutine ».
Un enfant le comprendrait mais les gauches, les droites et les extrêmes-droites françaises s’indignent à l’unisson de ce « rien n’est exclu » comme s’il allait précipiter une troisième guerre mondiale. Eh bien non ! Cette évidence n’est pas susceptible de provoquer un échange nucléaire entre la France et la Russie mais de faire prendre conscience au maître du Kremlin que les Européens sont réellement décidés à défendre l’Ukraine et qu’ils le feront même si Donald Trump était élu et tournait définitivement le dos à Kiev.
Cet avertissement, il fallait le donner à Vladimir Poutine. Il fallait le formuler publiquement non pas en prélude à un envoi de troupes mais pour éviter d’avoir à en dépêcher en masse le jour où ayant défait l’Ukraine et reconstitué ses forces, ce Staline aux petit pieds en viendrait à vouloir s’attaquer aux Pays baltes en tablant sur une lâcheté des Européens et une passivité des Etats-Unis. Il fallait renverser la table pour ouvrir les yeux et les oreilles de trop d’assoupis mais pourquoi tant d’émois et de protestations ?
Là encore l’explication n’est que trop claire. La vérité est que beaucoup des responsables politiques européens, en France comme ailleurs, ne sont prêts à soutenir l’Ukraine qu’à la condition que cela ne demande pas de vrais sacrifices et que nous puissions toujours nous sentir en paix et continuer à ne pas voir que Vladimir Poutine nous a déjà déclaré la guerre en tentant de mobiliser les Russes contre nous, en dressant les Africains contre l’Europe et en multipliant les ingérences politiques, les cyberattaques et même les provocations militaires.
« Nous soutenons l’Ukraine mais à la condition que s’ouvrent des négociations immédiates », disent-ils sans comprendre que Poutine souhaite négocier ce qu’il n’a pas déjà conquis et conserver ce qu’il a déjà annexé. « Nous soutenons l’Ukraine, disent-ils, mais… » et c’est ce seul « mais » que Poutine entendait jusqu’à présent, un « mais » sur lequel il ne devra plus pouvoir compter puisque les Européens s’éveillent et qu’enfin « rien n’est exclu ».