samedi 28 mai 2011

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Autonomie, intérêt, altruisme et empathie au cœur du projet du Centrisme du XXI° siècle


Le Centrisme est un humanisme politique. Il part donc de l’être humain, de sa prééminence évidente dans une société d’humains construite par des humains pour des humains et dont le but est d’assurer la Vie bonne qui regroupe, à la fois, le vivre bien ensemble, le vivre bien individuel et la réalisation de soi.
Ce respect de l’humain et la volonté de lui permettre de vivre la meilleure vie possible dans la liberté, le respect, la solidarité et la tolérance passe par la transformation de l’individu en personne.
Cette transformation se réalise en respectant la différence ontologique de chaque individu par un lien social et des droits lui assurant sa liberté et en lui demandant, en retour, d’être une personne responsable.
Toute cette architecture, qui se réalise dans le cadre du juste équilibre, part d’une vision de l’être humain portée par le Centrisme.
D’abord, à l’inverse du libéralisme, le Centrisme estime que l’intérêt n’est pas l’unique moteur de l’individu. Car nous ne sommes pas seulement mus par la seule recherche de la maximisation de notre bien être et celui de nos proches. Nous sommes également des êtres altruistes et empathiques.
Cette affirmation pouvait passer pour naïve il y a quelques années et elle l’était pour les fondateurs du libéralisme. Mais les recherches en sciences sociales en psychologie et en biologie ont confirmé ces capacités que chacun de nous possède et qui nous porte à aider les autres et à partager leurs émotions. Et, ce, dès notre naissance et non par le seul apprentissage social. Notre nature et notre confrontation à l’autre, nous poussent à cette solidarité envers nos semblables.
Ensuite, le Centrisme n’en déduit pas, pour autant, que l’individu n’est qu’un membre d’une communauté. Il l’est, bien évidemment, et il doit même son existence à cette communauté car il ne naît pas autonome, il le devient. Or, pour être libre, il faut d’abord être autonome.
Mais, une fois acquis cette autonomie, il doit bénéficier de la plus grande liberté possible qui va lui permettre de se réaliser et de devenir un être humain responsable, responsable de sa vie, responsable de ses actes, responsable de ses choix.
De ce point de vue, la montée de l’individualisme dans la société démocratique n’est que la résultante de ce processus. Elle lui pose des défis énormes et met à mal la solidité du lien social mais elle doit être comprise pour ce qu’elle est, une conséquence de l’approfondissement du processus démocratique.
Pour autant, elle n’est pas vouée à n’être qu’une tare de celle-ci. Bien au contraire, elle en est une étape essentielle si elle est bien gérée par la société. Revenir en arrière dans ce domaine serait limiter ce processus alors que si on l’appréhende correctement, elle devient une chance extraordinaire pour la communauté.
Ainsi, l’autonomie grandissante de la personne ne peut être conçue que si elle s’accompagne de la responsabilité de ses actes et de son imprégnation de vertu républicaine.
Si nous réclamons plus de liberté, c’est que nous nous sentons capables d’en assumer les conséquences, toutes les conséquences individuelles et sociales. La société doit donc nous donner le cadre et les outils pour la vivre et l’assumer. C’est sa plus belle mission.
Et plus un être est autonome et responsable, moins il est dépendant matériellement de la société et plus il est capable d’apporter un plus à la société tout en recherchant son intérêt. Plus l’individu peut se réaliser, plus il a une expérience, une compétence et une vision de la vie qui enrichit la société. Plus les différences se manifestent, plus elles ouvrent des possibles dont la collectivité est ensuite bénéficiaire.
Mais, dans le même temps, il convient de créer un environnement adapté pour que nos capacités altruistes et empathiques puissent s’exprimer et non qu’elles soient bridées, voire dévalorisées, comme c’est trop souvent le cas.
Pour ce faire, il ne faut pas opposer l’individu autonome et la communauté solidaire mais affermir les liens indissolubles qui les lient, non pas pour enchaîner le premier ou pour paralyser la seconde. Au contraire, les acquis de l’individu libre et responsable ne peuvent qu’enrichir la communauté dont il est membre et développer les solidarités.
Pour beaucoup, cette relation est loin d’être évidente et le discours qui la porte peut paraître puéril. Il n’en est rien. Car, et c’est le fondement même de la vision humaniste du monde développée par le Centrisme, cette relation ne peut exister que dans le cadre de valeurs fortes portées sans faiblesse par la société, ce qui n’est pas le cas actuellement où tout est devenu dans ce domaine, à la fois, d’un relativisme destructeur et d’une confusion foisonnante.
Or il faut affirmer sans la moindre hésitation qu’il n’y a, pour une société humaine, qu’un métafondement, un métabien et quatre métavaleurs qui seuls permettent à celle-ci de tendre vers sa meilleure organisation possible que l’on peut appeler l’organisation optimum de la société réelle.
Le métafondment c’est la vie, le métabien c’est la protection et la préservation de la vie (la vie humaine avant tout dans une société d’humains).
Les métavaleurs sont la liberté, le respect, la solidarité et la tolérance. Toutes les autres valeurs ne peuvent qu’en découler.
Toute société qui met l’être humain (le métasujet) au centre de ses préoccupations ne peut faire l’impasse là-dessus. Et le fonctionnement d’une société équilibrée se fonde sur ce métafondement, ce métabien et ces métavaleurs.
En inventant tous les jours des pseudo-valeurs dans un catalogue sans fin, en promouvant des principes qui n’ont rien d’essentiels, on noie sous un fatras de futilités le socle du pacte social qui nous fait avancer ensemble tout en nous permettant de nous émanciper dans la responsabilité, dans l’altruisme et dans l’empathie.
Il est temps de se projeter dans la réalité du présent et la construction de l’avenir en reconnaissant que nous ne les bâtirons qu’en saisissant les bienfaits de l’évolution naturelle et culturelle des sociétés démocratiques.
C’est le combat du Centrisme du juste équilibre, le Centrisme du XXI° siècle.

Actualités du Centre – Jean-Marie Bockel (Gauche moderne), «veut retrouver le souffle de 2007» dans la majorité présidentielle


Dans une interview au site Le Point.fr, Jean-Marie Bockel, le président de la Gauche moderne, estime que la création de l’Alliance républicaine, sociale et écologiste dont son parti va devenir adhérent ce samedi, a pour but de faire gagner l’actuelle majorité présidentielle et permettre de «retrouver le souffle de 2007» quand il avait rejoint Nicolas Sarkozy en étant nommé au gouvernement. Extraits.
Pourquoi, en tant qu'ancien socialiste et alors que vous gardez toujours "une sensibilité de gauche", tenez-vous à rester dans une alliance avec la majorité, contrairement à Jean Arthuis?
Je respecte Jean Arthuis et j'approuve son idée de dire qu'il serait bon de faire une alliance avec Bayrou, et je dis pourquoi pas avec Villepin, d'ailleurs. Mais il faut être clair et dire où on se situe. Samedi sera le dernier acte de la création de la confédération des centres, qui, contrairement à ce qui a été dit, n'est pas simplement une réédition de l'UDF. Elle va fédérer différentes sensibilités, comme celle d'Hervé de Charrette par exemple, qui incarne le centre droit, et la mienne, qui est de centre gauche. Nous nous retrouvons autour de valeurs communes, comme celle du refus d'un parti unique. Bayrou, par opposition, c'est le «splendide isolement». Pour moi, la seule alternative qu'il a, c'est de rejoindre soit la majorité soit le Parti socialiste, que je connais très bien, et qui n'a pas changé. On ne peut pas prendre notre indépendance et se bercer de l'illusion qu'on va gouverner seul... À partir de là, ça sera à Jean Arthuis de se positionner par rapport à nous.
Mais François Bayrou n'était pas si loin d'accéder au second tour en 2007...
Oui, mais il y a un monde entre être «pas loin» et être réellement au pouvoir. A La Gauche moderne, ce dont nous rêvons, c'est d'une grande coalition, avec des personnalités de droite, de gauche, du centre... Si nous l'avions faite en 2007, nous aurions pu peser davantage sur un certain nombre de réformes. Mais pour ma part, j'assume le bilan de la majorité à laquelle j'appartiens. Je considère qu'en 2007 le pays s'enfonçait dans le déclin. Depuis, de bonnes décisions ont été prises. Il y a eu une dynamique. Certes, il y a eu la «droitisation» du gouvernement et la fin de l'ouverture. Mais la France s'est illustrée par sa gestion de la crise. Ce que nous voulons, c'est retrouver cet esprit de 2007. On ne veut pas perdre ce souffle de modernisation. Voilà le sens de notre engagement.
Jean-Louis Borloo devra-t-il, selon vous, renoncer à une candidature si Marine Le Pen continue sa poussée dans les sondages?
À chaque jour suffit sa peine. Tout le monde a à l'esprit le risque d'un 21 avril, c'est sûr, mais on ne va pas se paralyser à cause de ça. La majorité a d'autres raisons de perdre. D'autre part, les sondages montrent que beaucoup d'électeurs ne sont pas encore déterminés. Alors, ne nous rendons pas prisonniers du raisonnement «c'est ça ou le chaos».