Voici une sélection, ce 30 octobre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Le pays doit continuer de se préparer à l'avenir mais on n'est pas en
train de décliner. N'écoutez pas ce qu'on vous dit là-dessus. On a une armée beaucoup
plus forte qu'à 10 ans aujourd'hui. Beaucoup plus forte, plus indépendante,
avec une vraie dissuasion plus forte en Europe. Il y a il y a 10 ans, on ne
produisait pas de véhicule électrique dans notre pays. On en produit, on
produit des gigas factorisés de véhicules électriques. On vendait 5 % de
véhicules électriques à 10 ans, on en vend 40 % et on en produit. On a investi
sur notre avenir, sur les biotechnologies. Et c'est aussi ça. Et donc ne voyait
pas que comme une source d'angoisse parce que la France elle est armée pour ça.
Contrairement à beaucoup d'autres pays. On a de l'énergie pas cher parce qu'on
a réinvesti dans le nucléaire et on surproduit de l'énergie. Donc on peut faire
des data center chez nous. On forme des talents on a mistral. Ce que je veux
dire par là, c'est que on a plein de domaines. Quand on regarde nos armées,
quand on regarde notre technologie, quand on regarde la réindustrialisation,
quand on regarde les véhicules électriques, quand on regarde l'IA, la France a
un formidable avenir. C'est à nous d'être bon, d'investir, d'y croire, de nous
mobiliser, de nous serrer les coudes. Mais je veux que notre jeunesse, elle se
dise, je vais réussir à saisir ce cap et nous, on va l'aider. On doit l'aider.
> Je viens d'apprendre avec émotion qu'un drone à réaction russe vient de s'abattre sur la gare de Dnipro, avec un très lourd bilan. J'adresse au président Zelensky et au peuple ukrainien mes condoléances et notre solidarité. Nous devons, dans ce contexte, aspirer à bien plus qu'un cessez-le-feu localisé comme celui qui vient d'être négocié localement à Olechky. Il est intolérable que la Russie continue d'opposer son refus à toutes les propositions en ce sens, en continuant de miser sur l'escalade et en visant les civils. Nous devons ensemble redoubler d'efforts pour une paix juste et durable et amener la Russie à la table des négociations.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Mobilisation des lycéens / Intervention à l’Assemblée] Depuis plus de 3
semaines, des lycéens, des étudiants nous interrogent sur la place que notre
pays leur prépare. Nous leur devons des réponses et ce débat doit permettre à
chacun de dire lesquelles, très concrètement, il est prêt à construire et qui
est prêt à voter les mesures indispensables. Ces jeunes ont grandi avec
l'épidémie du covid19, l'isolement, un nouveau contexte géopolitique marqué par
des guerres nouvelles, l'éruption de l'intelligence artificielle dans nos vies
et bien sûr, l'anxiété climatique. Ils entendent parler de crise, mais rarement
des opportunités qui s'ouvrent à eux.
Elles existent pourtant. À l'approche de l'élection présidentielle, certains
sentent instinctivement qu'une décision majeure pour leur avenir se prépare
sans avoir le sentiment de pouvoir y prendre part d'une manière ou d'une autre.
Cette inquiétude mérite mieux que des leçons. Elle mérite aussi mieux que les
calculs de celles et ceux qui parfois trouvent un intérêt électoral à
entretenir.
À force de courir derrière la jeunesse pour recueillir sa colère, une partie de
la classe politique finit par lui refuser toute autre perspective, avec
facilité, et parfois même opportunisme, comme si elle avait au fond davantage
besoin de son désarroi que de sa réussite. Certes, des choses ont été faites,
sûrement insuffisantes.
Mais ne mentons pas aux jeunes : jamais la nation n'a investi autant dans
l'Éducation nationale et l'Enseignement supérieur. Ce sont d'ailleurs deux des
rares ministères qui verront encore leur budget augmenter l'année prochaine.
Des efforts ont été faits pour réduire le nombre d'élèves par classe, même s'il
est évident qu'il faut désormais aller plus loin et plus vite, nous y
reviendrons. Et les réformes du baccalauréat comme de Parcoursup ont permis en
leur temps, en son temps, de sortir de situations qui étaient problématiques
pour de nombreux lycéens qui finissaient, je le rappelle, tirés au sort dans
des formations qu'ils n'avaient pas demandées. On l'a oublié parfois un peu
trop vite dans le débat récent.
Cela ne doit pas nous empêcher de faire notre introspection, de corriger les
erreurs et surtout, surtout, d'écouter les jeunes qui ont de toute évidence des
choses à nous dire et des ambitions légitimes pour leur avenir. Nous devons à
cette génération de lui permettre de réaliser ses ambitions. Elle a des
capacités, des idées, une volonté d'agir. Et notre responsabilité est de lui
donner prise précisément sur son avenir.
C'est pourquoi nous avons écouté avec méthode et sans filtre. Plus de 100 000
contributions venues de près de 3 000 lycées ont été recueillies sur la
plateforme du ministère de l'Éducation nationale. Elles enrichissent et
complètent le dialogue avec les organisations représentatives et les élus
lycéens. 71 % des contributions évoquent l'organisation du temps scolaire, 56 %
l'état des bâtiments, 31 % les difficultés de remplacement. Derrière ces
chiffres, il y a des demandes précises auxquelles il faut répondre jusque dans
chaque établissement. Certaines dépendent du Gouvernement ou du Parlement,
Mesdames et Messieurs les députés, d'autres, enfin, des conseils régionaux.
Il y a 3 semaines, devant les Français, j'avais fixé une échéance des décisions
à la fin du mois d'octobre. Nous y sommes précisément. Les mesures que nous
avons annoncées avec les ministres lundi dernier forment une réponse à
l'ensemble de ces attentes. Elles vont du professeur que l'on retrouve devant
sa classe à la place que l'on trouve dans l'Enseignement supérieur, du temps
nécessaire pour déjeuner le midi et à la bourse qui permet de poursuivre ses
études dans de meilleures conditions. Elles prennent au sérieux ce que les
jeunes nous disent de leur quotidien autant que leurs aspirations.
Cette cohérence compte. Un élève qui a confiance dans son avenir est d'abord un
élève qui apprend dans de bonnes conditions. Les revendications des lycéens
sont cohérentes. C'est un tout, au fond, qui se tient. C'est pourquoi nous
plafonnerons les classes de Seconde générale et technologique à 28 élèves dès
2027 dans la moitié des lycées les moins favorisés, puis en 2028 dans tous les
lycées publics de France. Nous créerons 500 postes supplémentaires de
professeurs et poursuivrons l'effort pour que chaque professeur absent soit
remplacé. Des amendements en ce sens seront déposés dans le projet de budget
pour 2027. Les emplois du temps seront revus, une pause déjeuner d'une heure
garantie et la place du contrôle continu réexaminée en profondeur. La santé mentale
continuera à être une priorité grâce à la création de 500 postes de
psychologues, d'infirmiers et d'assistants sociaux dès 2027. Un milliard
d'euros d'investissements de l'État sera consacré aux bâtiments des
universités. Quatre milliards d'euros de prêts à taux préférentiels aideront
les conseillers régionaux à rénover leurs établissements scolaires, avec une
attention toute particulière pour les territoires d'outre-mer. Nous ouvrirons
15 000 places supplémentaires dans le Supérieur en 2028, 10 000 en BTS, 4 000
en IUT, 1 000 dans les formations de santé. Cette répartition est à discuter
désormais avec les partenaires sociaux. Dès la rentrée 2027, les bourses
suivront l'inflation pour ne pas rogner précisément le pouvoir d'achat.
Nous proposons aussi de renforcer dans les instances qui animent leur système
scolaire, de l'établissement au Conseil supérieur de l'Éducation, la
représentation lycéenne, notamment celle de la voie professionnelle. Faire
confiance aux jeunes doit avoir des conséquences en leur donnant une vraie
place dans les enceintes où les décisions qui les concernent sont prises.
Parcoursup sera remplacé pour la campagne 2028, c'est entendu. Mais dès la
campagne 2027, c'est-à-dire celle qui sera accessible aux élèves dès ce mois de
décembre 2026, les critères d'admission devront être compréhensibles et chaque
refus expliqué et motivé.
La transition sera donc organisée pour les prochains bacheliers. L'orientation,
c'est un long processus qui commence dès la 5ème avec la découverte des
métiers. Ce processus doit être plus soutenu au lycée, et ce dès la Seconde. Et
finalement, ce processus doit enjamber le baccalauréat pour viser la réussite
des jeunes dans le Supérieur, s'assurer qu'ils auront des débouchés et, le cas
échéant, leur offrir la possibilité de se réorienter en cours de cursus. Se
tromper de voie à 18 ans ne doit pas condamner la suite d'un parcours.
Mais ce chantier exige une clarification politique. Derrière les critiques de
l'outil Parcoursup, certains veulent, pour l'accès aux études supérieures
universitaires, une sélection plus affirmée. D'autres veulent, au contraire, la
supprimer intégralement. On peut, en effet, dénoncer ensemble un système et
vouloir ensuite deux systèmes profondément opposés.
Il faut maintenant rentrer dans le détail, Mesdames et Messieurs les députés.
C'est l'objet, précisément, de ce débat ce soir. Qu'attendez-vous du système
d'enseignement supérieur français ? Quel rôle voulez-vous lui confier ? Quels
critères d'admission proposez-vous ? Quelle place pour le baccalauréat et le
contrôle continu ? Comment répondre lorsque les demandes dépassent les places
disponibles ? Comment accompagner ensuite les étudiants vers la réussite, y
compris professionnelle ? Pour le Gouvernement, les exigences doivent être
connues et les décisions explicables. Les revenus des parents, le lieu de
résidence ou le manque d'information ne doivent pas décider à la place du
travail et des aspirations d'un jeune.
Ce débat, organisé formellement sur la base de l'article 50-1 de la
Constitution, doit permettre d'identifier une voie de passage au Parlement.
S'il faut une loi, sur quelles règles pouvons-nous réunir une majorité ? Pour
quelle évolution de l'orientation et de l'accès au Supérieur ? Nous venons
chercher des propositions et des engagements précis, pas des slogans ou des
promesses sans fondement sérieux. La méthode pour les semaines qui viennent est
fixée. Dès demain, jeudi, les ministres réuniront les représentants lycéens une
nouvelle fois et les conseils régionaux sur la question des bâtiments. Quelles
urgences ? Quels travaux ? Pour quel calendrier ? Les conseils régionaux ont la
responsabilité des lycées depuis 1983. L'État les accompagnera, mais en respectant
la décentralisation.
Je reverrai avec les ministres les représentants des lycéens et des étudiants
dans moins de 15 jours. Nous ferons le point sur les engagements pris, les
difficultés à lever pour les mettre en œuvre et les décisions suivantes. Nous
établirons, mesure par mesure, ce qui relève du règlement, notamment pour
l'organisation des enseignements et des modalités du contrôle continu, ce qui
exige des crédits votés dès le budget pour l'année prochaine, 2027, et ce qui
nécessiterait une modification de la loi pour l'accès au Supérieur, avec, pour
chaque mesure, un responsable et une échéance précise.
Le comité de réforme associant désormais lycéens et enseignants autour des
ministres présentera de premières recommandations courant novembre, nourries,
je l'espère, de vos propositions opérationnelles ce soir.
Mesdames et Messieurs les députés, ce Gouvernement, vous le savez, je l'ai
répété à de nombreuses reprises, n'est candidat à aucune élection dans aucune
échéance électorale. Il n'a aucune raison, donc, de faire des promesses
intenables. Sa crédibilité se mesurera à l'aune de décisions précises,
finançables et applicables dès la rentrée prochaine. Une grande partie de ces
mesures sera traduite par des amendements gouvernementaux au projet de loi de
finances. Chacun pourra les améliorer et devra assumer ses propositions, leurs
coûts, ses votes, ainsi que la manière de le financer.
Voilà pourquoi, une nouvelle fois, j'ai souhaité ce débat en transparence. Il
n'est pas question de refaire le match de la création de Parcoursup. Son
remplacement est déjà décidé. Maintenant, il faut dire ce que nous voulons
construire. Les questions peuvent sembler techniques ; les réponses engagent
notre conception de l'égalité, du mérite, de la liberté, tout cela confronté au
réel : comment départager les candidats, point d'interrogation. Par une
sélection assumée, point d'interrogation ? En acceptant de revenir au tirage au
sort, point d'interrogation ? Cette sélection doit-elle concerner toutes les
formations ou bien certaines seulement ? Et comment éviter de dévaloriser les
autres ? Là aussi, point d’interrogation. Voulons-nous ou non classer les candidats
ou les orienter plus fortement ? Jusqu'où garantir leur libre choix, point
d'interrogation ? Et quels prérequis pour exiger leur admission ? Gardons-nous
une plateforme nationale commune ? Question posée. Ou acceptons-nous la
multiplication des procédures locales et le risque d'une opacité accrue ?
Quelle place donner aux besoins du pays et de ses métiers sans étouffer les
aspirations individuelles ? Le même dispositif doit-il accueillir les nouveaux
bacheliers, ceux qui se réorientent, mais aussi ceux qui reprennent leurs
études plus tard ? Le baccalauréat doit-il rester le premier grade de
l'enseignement supérieur ou bien devenir seulement le diplôme qui clôt le lycée
? Comment prendre en compte la révolution de l'intelligence artificielle, qui va
détruire des emplois et en créer d'autres ? C'est aussi notre responsabilité de
ne pas former des cohortes entières de jeunes à des métiers qui n'existeront
plus bientôt, et à l'inverse, de nous assurer que les jeunes Français soient
bien formés pour relever les nouveaux défis qui nous attendent.
Et bien sûr, il y a le défi démographique qui est devant nous. Il touche
actuellement l'enseignement scolaire, mais ne manquera pas de toucher les
universités à horizon de 10 ans. Comment nous assurer que nous formerons
suffisamment d'ingénieurs, de soignants, d'artisans ou d'enseignants pour
répondre aux besoins de notre population et faire tourner l'économie de demain
? C'est sur ces choix que nous attendons chaque groupe politique : du concret,
du précis, du sérieux, loin des postures faciles.
Les ministres de l'Enseignement supérieur et de l'Éducation nationale vont
préciser ces engagements. Aux jeunes qui nous écoutent, nous attendons beaucoup
de vous. Vous avez le droit d'attendre beaucoup de nous. À nous de vous donner
des raisons concrètes de croire que vos efforts ouvriront réellement des
portes.
> Depuis plusieurs semaines, les lycéens et les
étudiants nous interrogent sur la place que notre pays leur prépare. Nous leur
devons des réponses concrètes. Nous avons écouté, avec méthode, sans filtre.
Plus de 100 000 contributions, venues de près de 3 000 lycées, ont été
recueillies.
Les mesures annoncées répondent à ces attentes:
- Des classes de seconde plafonnées à 28 élèves dès 2027 dans la moitié des
lycées les moins favorisés, puis en 2028 dans tous les lycées publics.
- 500 postes supplémentaires de professeurs et 500 postes de psychologues,
d’infirmiers et d’assistants sociaux.
- 1 milliard d’euros investis par l’État dans les bâtiments universitaires et 4
milliards de prêts à taux préférentiels aux régions pour rénover les
établissements scolaires.
- Une pause déjeuner d’une heure garantie.
- 15 000 places supplémentaires dans le supérieur en 2027 et 2028.
- Des bourses qui suivront l’inflation dès la rentrée 2027.
Parcoursup sera remplacé pour la campagne 2028. Dès la campagne 2027, les
critères d’admission devront être compréhensibles et chaque refus expliqué et
motivé. Le Parlement doit prendre toute sa part dans la construction du nouveau
système. Nous attendons des propositions et des engagements précis. Aux jeunes
qui nous écoutent : nous attendons beaucoup de vous. Vous avez le droit
d’attendre beaucoup de nous.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Le projet de loi « casseurs-payeurs » poursuit un objectif de
bon sens : les personnes qui se maintiennent dans un attroupement après
sommation ou qui participent à un groupement violent, délits déjà réprimés
pénalement, doivent payer solidairement les dégradations sur le plan civil
liées aux actes de ces groupements ou attroupements. Contrairement à ce que
certains laissent entendre, le texte ne vise que les casseurs et les pilleurs.
Il ne vise en aucun cas les manifestants qui pourront continuer à exprimer
leurs revendications sans entrave. Je me félicite donc de l’adoption du projet
de loi par le Sénat. À l’initiative du Gouvernement, le texte a été complété
par deux mesures administratives visant les profils violents ayant commis de
manière répétée des atteintes aux personnes et aux biens : l’interdiction de
participer à une manifestation déterminée et l’interdiction de paraître dans
des lieux ouverts au public. Ils doivent être écartés pour garantir le droit de
manifester. Je remercie les rapporteurs, qui ont enrichi le projet de loi à
partir des recommandations de leur mission d’information sur l’avenir du
maintien de l’ordre.
> [Ultras dans les manifestations / Intervention à
l’Assemblée] Nous avons constaté samedi, dans une quinzaine de villes, la
constitution de groupes de militants d’ultradroite, des identitaires et des
nationalistes, qui ont offert leurs services aux commerçants en prétendant
protéger les commerces. Évidemment, il ne nous a pas échappé que ces
groupuscules avaient l’intention d’affronter des groupes d’ultragauche, comme
ils en ont l’habitude. Les services de police sont intervenus à de
nombreuses reprises pour empêcher ces rixes et ont interpellé certains
militants : onze à Nice, deux à Rouen.
Comme ministre de l’intérieur, j’ai parfaitement conscience de la dangerosité
de ces groupes d’ultradroite. C’est bien pour cette raison que nous
engageons des procédures de dissolution et que la justice a été saisie de la
constitution de ces groupes de combat, de ces milices. Des suites seront
données. Ces groupuscules font l’objet d’un suivi extrêmement attentif.
Vous avez cité l’exemple de Lyon, où un groupe de militants d’ultradroite s’est
glissé dans une manifestation de la société civile visant à dénoncer les
pillages et, à la fin du rassemblement, est effectivement parti en cortège, en
plein couvre-feu – mais de manière limitée. Le préfet du Rhône a
saisi la justice et des suites seront données à cet événement.
Mais je ne peux pas vous laisser dire que nous laissons faire ces groupuscules.
Ils sont dissous et poursuivis. Des actions judiciaires sont menées.
Croyez-moi, le suivi des mouvances d’ultradroite est une priorité pour le
ministre de l’intérieur que je suis. Je ne pense pas avoir à le démontrer.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Cela fait trois trimestres que la croissance n'est pas au rendez-vous. La
conclusion, c'est qu'en 2026, l'économie française est à l'arrêt sous la
conjonction inédite de chocs externes et internes : la canicule et le détroit
d'Ormuz. Il faut qu'on la redémarre.
> Je le dis et je le répète et je le répéterai jusqu’au bout : on a besoin d’un budget, on a besoin d’un déficit budgétaire à 5 % ou moins. C’est absolument indispensable pour retrouver le chemin de la croissance et rassurer tous les investisseurs et les entreprises sur le fait que la France ne va pas à la crise.
> On est aujourd’hui à l’aube d’une élection présidentielle, les débats doivent avoir lieu dans le calme, il faut qu’on retrouve notre sang-froid.
> Je serai extrêmement exigeant. Si un distributeur bénéficie d’un litre de diesel libéré par le gouvernement, il devra le vendre à prix coutant, promet-il. On va réunir à Bercy les distributeurs dès mardi parce qu’on souhaite suivre de manière très précise le fait que quand on libère un actif, qui appartient aux Français et aux Françaises, qui a été acheté moins cher, il leur bénéficie.
> Avant-hier, en plein débat sur le budget, j’ai
employé une expression malheureuse qui a fait réagir. Je le regrette. Mais
n’oublions pas l’essentiel
Marine Le Pen, absente des débats, s’est emparée de cette phrase en la sortant
de son contexte pour créer une polémique et détourner l’attention des
véritables enjeux.
Ce qui m’empêche de dormir, c’est de voir le pouvoir d’achat des Français
menacé par un conflit à l’autre bout de la planète. C’est de voir les extrêmes
vendre du rêve et des illusions à nos compatriotes.
C’est de voir le parti de Madame Le Pen prêt à abandonner l’Ukraine et à la
jeter dans les bras de Poutine.
Mais ce qui me tient aussi éveillé, c’est notre action concrète pour les
Français : j’ai signé deux décrets pour libérer les stocks stratégiques et
permettre aux Français d’en ressentir les effets à la pompe. Nous avons
également ouvert un nouveau guichet d’aide pour les grands rouleurs.
Je reste pleinement déterminé à agir et à me concentrer sur l’essentiel :
améliorer concrètement la vie des Français.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Les risques liés aux modèles d’IA les plus avancés ne relèvent plus de la
science-fiction : ils constituent un véritable enjeu de paix et de sécurité
internationales. C’est pourquoi nous devons nous doter de règles communes et
des moyens de les faire respecter. Le 23 septembre, la France avait porté ce
sujet au Conseil de sécurité des Nations unies en convoquant pour la première
fois certains géants de la tech. Elle poursuivra sa mobilisation pour une IA
plus transparente, mieux évaluée et dont les acteurs répondent de leurs actes.
Merci au Président finlandais et au Premier ministre norvégien d’avoir organisé
cette réunion importante en faveur du contrôle de l’Intelligence artificielle
de frontière.
> Ce que nous souhaitons, c'est la sécurité pour
Israël, mais c'est aussi la perspective de deux États vivant côte à côte,
reconnus et respectés dans leurs droits, en paix et en sécurité. C'est la
solution à deux États. (…)
Je n'ai ni inquiétude ni espoir, j'ai de la détermination, parce qu'il n'y a
pas d'autre solution que la solution à deux États pour que la paix et la
stabilité puissent être instaurées dans cette région.
> [Violences et pillages lors des manifestations] Ce
qui est certain, c'est que ces images, comme très souvent lorsqu'il se passe
quelque chose dans notre pays, sont récupérées, déformées et amplifiées par
tous ceux qui veulent nuire à l'image de la France à l'étranger. Et c'est le
cas de mouvements qui viennent des États-Unis, parfois d'Israël, parfois
d'Iran, parfois de Russie, bien sûr. Ce qu'on a vu, en l'occurrence, c'est la
multiplication de messages sur les réseaux sociaux qui attribuent à
l'immigration massive ou à l'islam radical les manifestations qui se sont
développées. (…)
Ce sont des rivaux, des compétiteurs, ou tout simplement, je viens de vous le
dire, des mouvements qui viennent des États-Unis, d'Israël, c'est la Russie,
c'est parfois la Chine, qui veulent nous affaiblir, ternir notre image à
l'étranger, qui récupèrent des événements qui se produisent dans notre pays,
qui les déforment et qui racontent leur propre histoire sur la France. (…)
Quand on fait l'analyse de ce qui s'est dit sur les manifestations, les
événements de ces dernières semaines en France, deux tiers des contenus qui
évoquent les questions d'immigration proviennent de l'étranger. Alors qu'on
sait bien que les origines de ce à quoi on a assisté dans d'autres pays sont
tout à fait différentes. Mais c'est comme d'habitude, et il faut en être
conscient, parce que c'est ce qu'il se passe sur les réseaux sociaux : des
récits, des histoires qui ont vocation à nous nuire et qui sont écrites, qui
sont rédigées et diffusées par des adversaires. (…)
Ce que j'ai évoqué, c'est l'amplification, la déformation, aux fins de nous
nuire par des rivaux, des adversaires de ce qui se passe dans notre pays. Face
à ça, nous agissons en ripostant de plus en plus vigoureusement, mais aussi en
développant, en tout cas c'est ce que nous faisons au ministère des Affaires
étrangères, des récits sur la vérité de ce qu'est la France, de ce qu'elle
pense, de ce qu'elle fait à travers le monde. Et évidemment, la destination, ce
sont les audiences étrangères pour contrer ces récits qui nous font beaucoup de
mal à l'étranger. Ensuite, il y a la propagation sur les réseaux sociaux de
contenus illicites qui appellent au pillage, à la violence. Et cela, ça appelle
de la part du gouvernement, c'est la décision qui a été prise hier soir au
Sénat, de pouvoir beaucoup plus rapidement obtenir des plateformes qu'elles
retirent ces contenus. Un appel au pillage, il est retiré. (…)
Vous avez des messages sur les réseaux sociaux qui disent, regardez, la France
est perdue, elle est décadente, etc. Nous ripostons, c'est notamment le rôle du
Quai d'Orsay. Et ensuite, vous avez des messages qui peuvent provenir de la
France, qui appellent au pillage, aux dégradations, aux violences. Ces
contenus-là, ils doivent être retirés d'où qu'ils viennent.
> [Position française face à l’hypothèse de Victor
Orban comme Secrétaire Général de l’ONU / Intervention au Sénat] Le poste de
secrétaire général des Nations Unies n'a pas vocation à être le lot de
consolation d'un dirigeant battu dans les urnes, chassés par son peuple, alors
que Marine Le Pen elle-même était venue faire sa campagne à Budapest en
personne en mars dernier. Et non, la France ne saurait accepter que les Nations
Unies, cette organisation qu'elle a cofondée au service de la paix, du
développement, des droits de l'Homme, puissent être dévitalisée au fond,
paralysée par des grandes puissances qui préféraient avoir les coudées franches
pour imposer la loi du plus fort. D'abord parce que c'est notre vision, vous
l'avez rappelé, de l'ordre international fondé sur les règles, fondé sur le
droit, garantissant la justice et la liberté pour tous les peuples du monde,
mais aussi et sans doute surtout parce que c'est notre intérêt, tant il est
illusoire de penser qu'on pourrait protéger les Françaises et les Français
contre les risques de la guerre, de l'intelligence artificielle, du dérèglement
climatique ou des pandémies, sans la coopération internationale, sans le
multilatéralisme que permettent les Nations Unies.
Et c'est la raison pour laquelle la France ne ménage aucun effort, comme membre
permanent du Conseil de sécurité, pour réformer les Nations Unies, les rendre
toujours plus légitimes, plus représentatives : c'est l'objectif de
l'initiative que je porte pour encadrer le droit de veto des membres permanents
du Conseil de sécurité pour que les populations civiles au Soudan, en Ukraine,
à Gaza ou même en Iran puissent être protégées lorsqu'elles sont prises pour
cibles, par les Nations Unies. Vous voyez, ce que nous attendons du futur
secrétaire général, c'est qu'il puisse réformer les Nations Unies pour mieux
les conforter et certainement pas les discréditer pour mieux les enterrer.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> [BTP / Intervention à l’Assemblée] Les artisans, et plus particulièrement
les artisans du BTP, traversent une période difficile. C’est pourquoi, dans le
cadre des aides apportées face à l’explosion des prix des carburants, le
secteur du BTP a bénéficié de dispositifs de soutien spécifiques concernant le
gazole non routier. Et c’est aussi pourquoi, dans le projet de loi de finances
pour 2027, non seulement nous refusons une nouvelle avalanche de taxes qui
pèseraient sur les artisans et le secteur du BTP, mais nous proposons de
nouveaux dispositifs de soutien. Je pense au prêt à taux zéro, qui permet aux
familles d’acheter un logement et de soutenir ainsi le secteur de la
construction. Je pense évidemment au dispositif Jeanbrun, qui vise à soutenir
le secteur de la construction. Je pense aussi au dispositif de soutien au
secteur du logement social et à son effet d’entraînement sur la construction.
Vous avez évoqué l’enjeu majeur de la simplification. Mon collègue Vincent
Jeanbrun fera des propositions en la matière lors de l’examen du projet de loi
visant à soutenir les secteurs du logement, de la rénovation énergétique, du
BTP et de l’artisanat. En complément des mesures de soutien budgétaires, ce
texte porteur d’une réforme structurelle apportera des réponses au secteur que
vous défendez à juste titre.
> [Optimisation fiscale / Intervention à l’Assemblée]
Quand on demande à l’ensemble du pays de faire des efforts pour redresser les
comptes publics, le fait que les plus fortunés prennent leur part de ces
efforts relève de la décence ordinaire.
Comme beaucoup de travaux l’ont montré, tels ceux de Charles de Courson et
Jean-Paul Mattei, mais aussi le rapport d’information des sénateurs Claude
Raynal et Jean-François Husson, certains mécanismes sont parfois utilisés
abusivement pour contourner l’impôt.
C’est ce qui a conduit à l’instauration de la contribution différentielle sur
les hauts revenus (CDHR), votée dans le projet de loi de finances pour 2025 et
prolongée à la suite d’une initiative de votre groupe, monsieur le député
Turquois. C’est aussi pour lutter contre ces abus que nous proposons au
Parlement de réformer deux dispositifs.
Le premier est le régime de l’apport-cession, dont nous avons déjà débattu dans
le cadre de l’examen du projet de loi de finances. Charles de Courson a
appelé notre attention sur les détournements auxquels il peut donner lieu. Le second
concerne les abus liés au dispositif de location meublée non professionnelle,
dit LMNP. Le débat aura lieu sous peu dans le cadre de l’examen de la première
partie du projet de loi de finances. Nous nous fonderons sur les études qui ont
été menées.
Je précise enfin que le chiffre de 13 000 contribuables que vous avez
évoqué recouvre des situations très hétéroclites. Mais, oui, les dispositifs de
l’apport-cession et de la LMNP restent critiquables, en dépit de l’existence de
la CDHR. Quoi qu’il en soit, nous continuerons à approfondir ce débat et à
lutter contre l’optimisation fiscale abusive. Je sais que nous pourrons y
travailler ensemble.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> C'est fait ! Après son vote à l'Assemblée Nationale, le Sénat vient de
voter l'imprescriptibilité pour les crimes sexuels commis sur les enfants. Plus
jamais un enfant victime d'inceste n'entendra qu'il était trop tard pour
parler. C'est une révolution de l'écoute des enfants. Et c'est une immense
émotion !
> Oui, je défends l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur les enfants. Nous ne pouvons plus demander à un enfant de payer, devenu adulte, le prix du silence que son agresseur lui a imposé. Nous n'avons que des devoirs vis-à-vis de nos enfants. Et le premier d'entre eux, c'est de les protéger.
> « La valise ou le cercueil. » « Islam dehors. » Je condamne avec la plus grande fermeté ces actes anti-musulmans visant la mosquée de Lodève. Quelques jours après l’attentat terroriste raciste de Trappes, j'appelle chacun au sursaut républicain, à l'unité et à la condamnation sans appel de toute incitation à la haine et à l'exclusion de l'autre.
> [Présidentielle] Depuis 18 mois, je plaide pour une primaire du centre et de la droite. Il n'y a pas de fatalité dans cette campagne présidentielle ! Mais une responsabilité : avoir une candidature unique pour ne pas laisser aux Français le choix entre le RN et LFI.
> Oui il y a une libération de la parole raciste et antisémite. Et ce climat est insupportable. Il conduit des Français à s'interroger sur leur avenir en France et celui de leurs enfants. Le sursaut républicain est une nécessité.
> 3 ans que je porte ce combat. Hier soir, le Sénat a adopté l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur les enfants. Pour celles et ceux qui ont grandi avec le poids de l’inceste, de la honte et du silence, c’est une avancée immense : leur garantir toute leur vie l'accès à la justice.
> À ceux qui veulent nous diviser, nous disloquer, À ceux qui hiérarchisent les haines et instrumentalisent les drames, À ceux qui trient les victimes, Nous répondons par l'unité de la République. Un hommage national aux victimes de Trappes et La Verrière sera présidé par le Premier Ministre.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Face aux menaces communes, renforcer les liens entre la France et le
Royaume-Uni Les défis de sécurité ne s'arrêtent pas à nos frontières. Nos
réponses non plus. Du narcotrafic à la criminalité organisée, toutes les
menaces contre nos concitoyens nous imposent de travailler ensemble, de
partager nos expériences et de mieux coordonner nos actions. Travailler
ensemble, c'est justement une habitude avec mon homologue britannique
@danjarvis_mp, ministre d'État chargé de la Sécurité, accueilli au ministère de
l'Intérieur pour poursuivre nos échanges. La France et le Royaume-Uni sont liés
par une histoire commune et une relation particulière. Nous avons aussi
beaucoup à construire pour répondre aux autres menaces qui touchent nos deux
pays. Parce que de part et d'autre de la Manche, notre responsabilité est la
même : vous protéger. Et c'est en renforçant notre coopération que nous
pourrons y arriver.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Grâce à l’action de Sébastien Lecornu et d’Emmanuel Macron sur le
déblocage des stocks stratégiques, le GNR va baisser jusqu’à 20 centimes/litre
jusqu’au 31 janvier, cumulée à 15 centimes d’aide de l'État. Un soutien clé aux
entreprises de travaux forestiers, essentiels à nos forêts.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> Je suis parfaitement conscient que pour les salariés français en ce moment
c'est difficile. Les fins de mois sont compliquées, la hausse des carburants,
vous en avez parlé avec les détroits au Moyen-Orient qui sont bloqués, c'est un
vrai sujet. C'est aussi difficile pour les entreprises d'ailleurs qui passent
une période économique compliquée, donc on voit bien que les salaires, ce sont
des entreprises qui déversent chez elles. Donc voilà, tout ça, ça donne une
équation compliquée. Alors le SMIC, ce n'est pas tabou bien sûr, il faut
pouvoir parler du SMIC. Vous savez que je viens de terminer un premier tour de
consultation, j'ai pu rencontrer les «numéros un» de chaque organisation
syndicale, mais aussi organisation patronale. On a parlé du SMIC, on a parlé
des négociations de branches, on a parlé des négociations dans les entreprises.
(…)
Il n'y a rien qui est décidé. Je le redis, ce n'est pas tabou, donc bien sûr ce
sujet a été évoqué, il faut faire attention aussi au coût du travail. Le SMIC
d'ailleurs aussi vous l'avez dit, c'est pour les gens qui le touchent, donc ça
fait à peu près 14 % des salariés, mais il y a aussi les 86 %
restants. Il faut pouvoir rapprocher tout ça dans sa globalité.
> Il faut créer les conditions d'une dynamisation des salaires, réenclencher la dynamique des salaires, puis on fait attention à l'emploi aussi, vous savez. On est dans une période où l'emploi est quand même compliqué, donc quel est le bon équilibre entre les salaires, l'emploi, la capacité des entreprises, il y a aussi tout ce qui est l'argent public qui est derrière, voilà. Il y a une ligne de crête à trouver. Et j'essaie que chacun des acteurs, les entreprises, les syndicats et l'État se retrouvent sur ce chemin de crête.
> Un SMIC à 1 700 Euros net, ça ferait mal à l'économie, ça ferait mal au social. Vous détruiriez 250 000 emplois, vous alimenteriez l'inflation, et au moment où des jeunes cherchent du boulot, au moment où des demandeurs d'emploi cherchent à rebondir, je pense que ce n'est pas une bonne décision, ni au plan économique, mais même au plan social, je pense qu'il ne faut pas faire ça.
> Le coût du travail, c'est un vrai sujet, on y est attentif. Le mécanisme de régulation du coût du travail dans notre pays, c'est un peu technique, c'est ce qu'on appelle les allégements généraux, c'est un dispositif par lequel on réduit les charges sociales que paient les entreprises, les charges patronales donc c'est un mécanisme puissant, qui coûte d'ailleurs au passage 70 milliards d'Euros en argent public, qui a bien marché, qui marche bien pour les emplois peu rémunérés, proches du SMIC. Je pense que ça encourage bien l'emploi. Autour de ce sujet-là, autour du coût du travail, autour des allégements généraux, on peut avoir des discussions.
> La toile de fond, c'est un effort à faire par tous les acteurs pour redresser les comptes du pays, à la fois les comptes de l'État, les comptes de la Sécurité sociale. Vous savez qu'on a demandé des efforts aux retraités, par exemple, dans le cadre de la Sécurité sociale, il n'est pas anormal qu'on demande aussi des efforts aux entreprises, vous voyez. Il faut aussi le voir comme ça. En ce moment, tous les acteurs socio-économiques de la France doivent être mobilisés pour redresser notre pays. Donc oui, on peut demander des efforts aux salariés, aux retraités, mais en contrepartie, il faut aussi que les entreprises acceptent de faire des efforts. C'est aussi comme ça qu'il faut voir la manière dont on a élaboré le budget et l'effort, la contribution que nous demandons aux entreprises.
> Dans tout ce qui est maladie, ou qu'elle soit d'ailleurs au travail ou dans la société, c'est la prévention qui compte. Il faut déjà éviter les maladies. La meilleure maladie, ou le meilleur arrêt de travail, celui qu'on évite, parce que les gens ne sont pas malades. Ça, c'est sûr, il faut le dire, le répéter et agir. Deuxièmement, quand vous êtes malade, notamment les arrêts longs, qui sont liés à des dépressions nerveuses ou des troubles musculo-squelettiques, vous avez un mal au dos structurel, la meilleure chose à faire, c'est de soigner très intensément la personne, le plus tôt possible, pour lui permettre de revenir au travail, qui d'ailleurs a adapté le poste de travail, parce que c'est l'intérêt de la personne, bien évidemment, que sa santé soit retrouvée, de revenir au travail, c'est l'intérêt de l'entreprise, c'est l'intérêt de la Sécurité sociale. Voilà. Je pense que vous avez raison, c'est ce qu'on demande d'ailleurs aux partenaires sociaux, c'est une réforme structurelle qu'il faut faire. Je pense que là, le moment est venu de changer les paramètres profonds de l'assurance maladie, parce que quand on se compare aux autres pays européens, on protège mieux les arrêts courts, avec les risques d'abus qui vont avec, vous n'avez pas le temps de contrôler, et pas si bien que ça les arrêts longs. Voilà, donc je pense qu'il faut rééquilibrer tout ça, il y a même 3 millions de salariés dans ce pays, les intermittents, tout ce qui est intérim, qui sont mal protégés. Donc il y a des choses à faire, et nous incitons effectivement les partenaires sociaux à revoir en profondeur le système, pour à la fois mieux protéger les salariés, et à la fois que ça coûte moins cher à la Sécurité sociale.
> Manifester oui c'est un droit démocratique mais attention déjà à ceux qui viennent, c'est l'ultragauche ou parfois l'ultradroite maintenant, qui vient perturber les manifestations et le pire c'est les pillards qui viennent tout saccager. Voilà donc il faut remercier les forces de sécurité intérieure qui, notamment samedi dernier, ont fait un travail remarquable. La situation a été à peu près tenue. J'espère que ça sera la même chose samedi prochain.
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes
entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> [Commerçants impactés par les manifestations / Intervention à l’Assemblée]
Aucun commerçant ne sera laissé de côté. Les petits commerces des
centres-villes représentent un lien social auquel tout le monde tient.
Parmi les mesures de soutien qui sont activées, j’évoquerai d’abord l’activité
partielle : le guichet est d’ores et déjà ouvert au ministère du travail,
grâce à mon collègue Farandou. Quant aux reports de charges fiscales et
sociales, il est aussi possible de les demander dès à présent en s’adressant
aux conseillers départementaux aux entreprises en difficulté : leur numéro
de téléphone portable, département par département, est disponible sur le site
du gouvernement.
Un prêt à taux zéro de 50 000 euros sur trois ans, destiné à la
reconstitution des stocks et à la remontée du chiffre d’affaires, pourra être
contracté auprès de BPIFrance, tandis que les banques de réseau proposent des
lignes de trésorerie à un taux de 2,50 %. Le fonds de soutien distribuera
jusqu’à 10 000 euros aux entreprises commerciales dont le chiffre
d’affaires est inférieur à 10 millions d’euros et qui emploient moins de
50 salariés. Un décret sera publié dans les jours qui viennent et l’argent
sera disponible dans les cinq semaines environ qui suivront.
En ce qui concerne les pertes d’exploitation, les assureurs vont anticiper les
procédures et la Médiatrice nationale du crédit sera sollicitée pour des
solutions de financement sur mesure. Enfin, si un commerçant ne peut ouvrir en
raison de difficultés d’achat de produits saisonniers, il pourra recourir au
mandat ad hoc auprès du tribunal de commerce afin d’obtenir un moratoire
et le gel de ses dettes.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Nos enfants doivent être en sécurité, peu importe où ils se trouvent. Je
salue l’adoption au Sénat de notre amendement, qui permet :
- Des contrôles d’honorabilité renforcés pour les personnels et les
intervenants auprès des enfants,
- Un fichier commun des interdictions d’exercer,
- De mieux partager les informations entre l’École, le sport, l’animation et la
culture.
C’est une avancée majeure pour empêcher qu’une personne écartée pour protéger
les enfants puisse retrouver ailleurs un poste à leur contact. À l’École comme
dans tous leurs lieux de vie, nous devons aux enfants la même protection.
> Les lycéens ont besoin de réussir leur année, de préparer leurs examens et de construire leur avenir. Chaque journée de cours compte. Nous avons pris des décisions et le dialogue se poursuit. Il doit permettre aux lycéens d’avancer sans compromettre leur année scolaire.
> La jeunesse doit être au cœur du débat public, parce que c’est son avenir que nous préparons. Face aux bouleversements du monde, les lycéens expriment des inquiétudes profondes. Nous devons les entendre et leur apporter des réponses. Les annonces de lundi ouvrent une nouvelle étape du dialogue, avec de nombreuses réunions prévues dans les prochaines semaines. Notre responsabilité est de transformer cette inquiétude en confiance et en perspectives.
> Nos lycéens doivent pouvoir étudier dans les meilleures conditions, dans des bâtiments adaptés à leurs besoins. Je réunis cet après-midi les représentants des régions, les élus lycéens et les associations lycéennes pour partager les attentes exprimées par les lycéens et définir ensemble les priorités en matière de rénovation. L’État sera au rendez-vous : nous mobilisons 4 milliards d’euros de prêts à taux préférentiels pour soutenir les investissements des régions.
> Pendant trois semaines, les lycéens se sont exprimés sur leur quotidien et nous ont dit leurs attentes sur la plateforme Agora. Ils nous ont parlé de classes moins chargées, des moyens pour rénover les lycées, du besoin de renforcer la démocratie lycéenne, de la pression de Parcoursup, ou encore des modalités du contrôle continu. Avec des classes de seconde plafonnées à 28 élèves, 4 milliards d’euros de prêts pour rénover les lycées, une démocratie lycéenne renouvelée, une transformation complète de Parcoursup et une évolution du contrôle continu, nous apportons des réponses concrètes à chacune de leurs attentes.
> Étudier dans un lycée entretenu, adapté, rénové : c’est une exigence pour nos élèves. Nous avons travaillé avec les régions, les élus lycéens et les associations lycéennes sur les priorités de rénovation du bâti scolaire, à partir des attentes exprimées sur la plateforme Agora. Les lycéens nous ont fait part de leur quotidien concernant leurs conditions matérielles. À nous de faire avancer ensemble les réponses concrètes.
> [Mobilisation des lycéens / Intervention à l’Assemblée]
L’école de la République fait la promesse d’amener
chaque élève au bout de ses potentialités, et de lui offrir ainsi un avenir.
Cela suppose qu’elle lutte contre toute forme d’assignation sociale,
territoriale ou de genre. Cette exigence emporte trois nécessités :
permettre des parcours de formation diversifiés à partir du lycée, pour que les
jeunes puissent s’orienter librement ; les accompagner pour qu’ils
mûrissent leur projet d’orientation, vers la poursuite d’études ou l’insertion
professionnelle ; leur donner accès aux mêmes informations et possibilités
de découverte, car on ne saurait choisir ce que l’on ne connaît pas, ni nourrir
une ambition que l’on n’a pas eu la possibilité d’imaginer.
Il y a donc un continuum, du collège jusqu’à l’université, de l’orientation
jusqu’à l’affectation et la réussite dans le supérieur. J’insiste sur ce
point : s’agissant de Parcoursup, le débat se concentre souvent sur
l’affectation. Or l’enjeu est bien que celle-ci ait été suffisamment préparée
et mûrie en amont, et qu’elle débouche sur un parcours dans lequel l’étudiant
réussit, en aval. Derrière la question – ou le totem – Parcoursup, c’est l’ensemble
de ce processus qui suscite l’inquiétude des lycéens. Les années de lycée ont
toujours été et seront toujours des années de choix, de réflexion personnelle
intense sur son avenir. L’IA vient encore accroître cette sensation de vertige
en promettant, à tort à ou à raison, la disparition de pans entiers d’activités
professionnelles au cours des prochaines années ; et cette perspective
rétroagit sur les inquiétudes des élèves.
En amont de Parcoursup, qui sera évoqué par le ministre de l’enseignement
supérieur, je veux donc parler du processus global d’orientation qui permet à
chaque jeune de découvrir ses aptitudes, ses appétences, de connaître les
formations et de construire progressivement son projet.
Les évolutions apportées ces dernières années ont permis de renforcer
considérablement la liberté de choix et l’attractivité des différentes
spécialités professionnelles, générales ou technologiques.
Il y a, premièrement, une meilleure orientation dès le collège. Le plan
pluriannuel d’éducation à l’orientation organise un parcours progressif jusqu’à
la terminale au sein des établissements ; 88 % des lycées ont ainsi
mis en place les quatre demi-journées annuelles dédiées à l’orientation.
Deuxièmement, les choix sont désormais plus diversifiés dès la fin de la
troisième. Fait rare, je voudrais partager avec vous une bonne nouvelle :
après vingt ans de baisse continue, 37 % des familles – contre
32 % il y a cinq ans – choisissent désormais la voie professionnelle,
preuve que celle-ci n’est plus considérée comme une voie par défaut.
(Exclamations sur les bancs des groupes EcoS et GDR.)
Cette évolution ne doit rien au hasard : sur les 25 000 places
créées depuis 2023 en voie professionnelle, 13 000 l’ont été dans les
métiers de l’industrie.
J’ai commencé par la voie professionnelle car elle est souvent oubliée, y
compris dans les discussions récentes ; j’en viens à la voie générale et
technologique. La réforme du lycée général a remplacé les trois anciennes
séries – S, ES et L – par un bouquet de spécialités.
À la rentrée 2023, près de 300 combinaisons de trois spécialités étaient
suivies en première.
Le champ des possibles s’est considérablement ouvert : les élèves
disposent d’une plus grande liberté dans la construction de leur formation,
avec à la clé des cursus beaucoup moins marqués socialement et de vrais choix
offerts aux élèves. Nul n’ignore que 75 % des enfants de cadres
choisissaient l’ancienne filière S, contre seulement 20 % des enfants
d’ouvriers et d’employés. Le choix des spécialités a considérablement réduit le
déterminisme social des parcours au lycée.
Après la terminale, Parcoursup a rendu l’offre de formations plus visible, avec
25 000 formations postbac. Cette transparence permet à chaque lycéen,
où qu’il vive, d’accéder à une information commune et universelle, et de
connaître toute formation susceptible de l’intéresser.
Troisièmement, pour renforcer l’égalité des chances et favoriser la réussite
des élèves dans l’enseignement supérieur, nous avons développé les cordées de
la réussite : plus de 180 000 élèves en bénéficient, dans plus
d’un tiers des collèges et lycées, en ville comme dans les zones rurales,
notamment dans le cadre du réseau d’éducation prioritaire (REP) et dans les
territoires ruraux éloignés.
Cela suffit-il pour dire que notre système est efficace en matière
d’orientation ?
La réponse est évidemment non : les solutions restent incomplètes.
L’orientation repose sur plusieurs acteurs. L’information a été confiée aux
régions depuis 2018. L’accompagnement repose sur ceux qui connaissent les
élèves, notamment sur les professeurs principaux, au nombre de deux par classe
en voie générale et technologique en terminale et sur les psychologues de
l’éducation nationale, qu’on appelle les PsyEN-EDO – spécialité
« éducation, développement et conseil en orientation scolaire et
professionnelle » –, qui dépendent des centres d’information et
d’orientation (CIO) et dont le nombre s’élève à 4 700 mais aussi sur des
outils numériques, notamment la plateforme Avenir(s) développée par l’Office
national d’information sur les enseignements et les professions (Onisep) il y a
deux ans.
Au lycée professionnel, le dispositif AvenirPro a été généralisé en cette
rentrée pour permettre aux élèves qui souhaitent s’insérer professionnellement
– ils sont nombreux à le souhaiter car cette voie, historiquement, a
été construite pour cela – de le faire en étant accompagnés.
Beaucoup reste à faire. D’abord, seuls 27 % des lycées indiquent que tous
leurs professeurs principaux sont formés aux enjeux de l’orientation ;
l’effort doit donc être poursuivi. Ensuite, seulement 52 % des
établissements informent les familles, et moins encore les associent à la
réflexion en matière d’orientation ; c’est trop peu. Enfin, alors que les
régions sont des acteurs clés de l’information sur l’orientation, seulement
quatorze d’entre elles, sur un total de dix-sept, ont conclu un partenariat
avec l’éducation nationale dans ce domaine.
Des améliorations sont donc nécessaires. La première serait de mieux
accompagner les générations démographiquement les plus nombreuses, celles qui
sont actuellement au lycée. J’ai beaucoup entendu ces dernières semaines qu’il
fallait revenir sur les suppressions de postes programmées dans le projet de
loi de finances, sans que personne précise pourquoi.
Nous avons fait le choix, avec le premier ministre, non seulement de revenir
sur les suppressions prévues dans le second degré, mais de créer
500 postes supplémentaires pour plafonner le nombre d’élèves par classe en
seconde – classe charnière – et limiter la taille des
groupes en première et en terminale, notamment dans les spécialités les plus
choisies.
Le deuxième enjeu est de densifier l’accompagnement à l’orientation. Au lycée,
chaque élève bénéficie théoriquement de cinquante-quatre heures d’accompagnement
par an ; mais ce temps n’a pas le même contenu d’un établissement à un
autre. Il faut consolider les programmes d’orientation, que presque tous les
lycées ont mis en place, pour rendre ces cinquante-quatre heures réellement
efficaces et assurer un accompagnement personnalisé. C’est le sens des
formations que nous lançons et de la nouvelle certification « orientation,
parcours, insertion » que nous avons ouverte à la rentrée 2026 aux
professeurs volontaires. C’est également le sens du renforcement de la place
des psychologues de l’éducation nationale dont nous proposons, pour la deuxième
année consécutive, de renforcer les effectifs ; le premier ministre a
annoncé la création de 200 postes supplémentaires.
Enfin, nous devons regarder en face la question du contrôle continu et les
interrogations qu’il suscite, notamment en lien avec Parcoursup. Le contrôle
continu a été pensé pour ne pas concentrer l’enjeu du baccalauréat sur le
jour J, celui de l’examen ; à l’époque, une consultation à laquelle
avaient répondu plus de 80 000 lycéens avait clairement établi cette
nécessité. En effet, l’ancien système exerçait une pression intense sur les
élèves dans la phase finale. N’oublions pas – on
a tendance à l’occulter actuellement – que le contrôle continu s’est
traduit par l’amélioration des résultats des élèves au baccalauréat.
Beaucoup d’entre eux notent néanmoins qu’il peut aussi renforcer le stress: les
100 000 contributions de lycéens mentionnaient fréquemment la
pression que représentent, dès le début de la première, les évaluations
hebdomadaires qui comptent pour le bac.
Ce n’était pas la logique initiale. Dès 2021, nous avons demandé à tous les
établissements d’établir un projet d’évaluation, puis de les renouveler en
2025. Il est indéniable que le dispositif a été introduit de manière inégale
selon les lycées. Surtout, nous ne pouvons nous satisfaire d’un système qui
ferait de la préparation de l’avenir une pression constante sur le présent.
C’est pourquoi nous ouvrons la question du contrôle continu en vue de la
rentrée 2027 – sans attendre 2028.
Nous l’ouvrons avec calme et sérénité. Nous avons devant nous deux mois de
travail avec les représentants des lycéens et les organisations syndicales. Il
ne s’agit pas de supprimer le contrôle continu, qui permet de ne pas tout jouer
sur une épreuve et qui rend compte de la progression de l’élève, mais de le
réformer afin qu’il ne se fasse pas au détriment de celui-ci. La réflexion est
ouverte : on peut le limiter ou bien prévoir, comme certains le suggèrent,
un droit à l’erreur – je n’ai pas de tabous en la matière. Une chose
est sûre : le dispositif doit être repensé dans la perspective de
Parcoursup.
Avant de passer le relais au ministre de l’enseignement supérieur, Philippe
Baptiste, suivant ainsi l’ordre chronologique du cursus de nos élèves, je
voudrais conclure en évoquant le passé que beaucoup semblent avoir oublié alors
même que tous ici, même les plus jeunes, ont dû le connaître. Nous venons d’un
système où les élèves choisissaient leur filière au bac en fonction de leur
milieu social et poursuivaient leurs études là où leur milieu social les
envoyait, candidatant dans les filières qu’ils connaissaient.
Nous avons désormais des lycéens qui choisissent leur cursus scolaire et
peuvent émettre des vœux cohérents, qui choisissent leurs spécialités en
fonction de leurs goûts et non plus de la connotation sociologique d’une
filière.
C’est une promesse d’ouverture, mais aussi d’exigence. En effet, il ne s’agit
pas de faire croire à chacun qu’il peut effectuer, sans préparation, n’importe
quel cursus scolaire mais de garantir que les spécialités générales ou
professionnelles librement choisies débouchent sur un parcours librement choisi
dans l’enseignement supérieur.
Notre devoir est de faire en sorte que l’orientation donne confiance plutôt
qu’elle n’alimente l’inquiétude, qu’elle permette à chacun de se projeter dans
un avenir choisi plutôt que subi.
> Il ne faut pas avoir peur d'un mouvement social. Il ne faut pas avoir peur des attentes des lycéens. Il faut les entendre, ce n'est pas la même chose, et ensuite, il faut y répondre. D'ailleurs, la meilleure preuve qu'on n'a pas eu peur, c'est qu'on y a répondu de manière très structurée. On a pris le temps d'écouter d'abord. On a consulté directement les lycéens aussi, on a écouté leurs associations, mais ce sont des associations, pas des élus. Donc on a écouté des associations. On a aussi consulté directement les lycéens : 100 000 contributions sur notre plateforme. Et puis maintenant, on répond point par point à toutes leurs questions.
> [Mobilisation des lycéens] Il y a deux choses. La
première, c'est qu'on a répondu d'abord, par un certain nombre de décisions,
aux attentes des lycéens. Ils nous ont dit, par exemple, que le bâti était très
dégradé dans certains lycées. On met 4 milliards d'euros de prêts sur la
table pour les régions. Ils nous ont dit que les classes étaient trop chargées.
Je commence le plafonnement à 28 élèves dans les classes de seconde dès la
rentrée prochaine. Et je vais également plafonner les groupes les plus
importants en première et en terminale. Ils nous ont dit qu'ils avaient besoin
de plus de démocratie lycéenne. Je suis en train de refondre toute la
démocratie lycéenne. Et puis, par ailleurs, ils nous ont dit aussi qu'il y
avait une pression scolaire avec le contrôle continu et Parcoursup. On est en
train de transformer Parcoursup pour le remplacer en 2028. Et puis, j'ouvre le
chantier, parce qu'il y en a qui sont ouverts, sur le contrôle continu. En
réalité, ce qui se passe là, ce n'est pas du tout la fin d'un cycle, c'est le
début d'un cycle de discussions.
> [Mobilisation des lycéens] Quand on parle des 4 milliards d'euros qui
sont mis à disposition des régions, je ne suis pas sûr que les gens réalisent
ce que ça signifie. Au cours des dernières années, il y a eu 1,5 milliard
d'euros de prêts qui ont été utilisés par les régions. Là, on en met
4 milliards, c'est-à-dire quasiment trois fois plus. Cet après-midi, on
réunit justement les régions, les associations lycéennes et les élus lycéens,
parce que, pour le coup, c'est un sujet qui ne relève pas de ma compétence. On
les réunit ensemble, on va partager et diagnostiquer notamment toute la
remontée de la plateforme, qui montre que les aspirations sont très détaillées,
établissement par établissement. Puis, on va définir la méthode de travail
entre les lycéens, les régions et nous, pour faire en sorte que tout le monde
ait en tête ce que cela signifie en termes d'investissements et de
planification.
> [Mobilisation des lycéens] Ce que j'ai dit depuis le début, c'est deux choses. Un : on va plafonner les classes de seconde à 28 élèves dans les 50 % des établissements les moins favorisés à la rentrée 2027, puis dans les 50 % suivants à la rentrée 2028. Deux : on va limiter la taille des groupes les plus importants en première et en terminale. Vous savez qu'il n'y a plus vraiment… enfin il y a une classe mais en réalité, vous êtes 70 % du temps dans des groupes différents. Et donc l'enjeu, c'est qu'il y a des groupes à 9 élèves, et des groupes à 36 élèves. Donc évidemment, on ne va plafonner pas les groupes à 9 élèves, mais, en revanche, pour ceux à 36, on va essayer de les faire diminuer. C'est ça qu'il faut avoir à l'esprit. Ensuite, il ne faut pas mentir aux gens. Si je dis qu'à la rentrée prochaine, il y aura 24 élèves en seconde, je vais devoir créer 20 000 postes de professeurs. Je ne pourrai pas les recruter. Je ne les trouverai pas. (…) Parce que je n'aurai pas 20 000 professeurs dans les concours supplémentaires par rapport aux 15 000 ou aux 20 000 que je recrute déjà pour pouvoir pourvoir aux besoins. Donc on fait quelque chose qui est objectif et rationnel. On a annulé toutes les suppressions de postes qu'on avait envisagées. On crée 500 postes de plus pour être sûrs de pouvoir recruter et pour que les élèves soient moins nombreux, mais qu'ils aient aussi un professeur devant eux.
> [Mobilisation des lycéens] Il y a actuellement un groupe de réflexion sur Parcoursup auquel d'ailleurs participent d'ailleurs deux des trois associations lycéennes. Ils sont coprésident du groupe de travail avec Philippe Baptiste, le ministre de l'Enseignement supérieur, pour voir tout ce qui peut être transformé dès cette année. Il y a la question de la lettre de motivation. Il y a la question de l'explication systématique des refus. Il y a la transparence des algorithmes locaux, c'est-à-dire les algorithmes qui sont utilisés par les formations pour prétrier les élèves avant de les choisir, etc. Tout cela était demandé par les élèves. D'ailleurs, dans la plateforme, ce sont des choses qui ressortent. Tout cela peut donc être traité. Après, pour remplacer Parcoursup, il faut passer par la loi. C'est pour ça qu'on a eu un premier débat hier à l'Assemblée, qui était d'ailleurs assez intéressant sur le fait que beaucoup de gens voulaient abroger mais peu de gens savaient ce qu'ils voulaient mettre à la place. Et ça, ça passe par la loi. Et c'est pour 2028.
> [Mobilisation des lycéens] On engage le
remplacement de Parcoursup pour l'année 2028. Après ça, si les gens qui
arrivent en mai 2027 veulent tout jeter, ils pourront toujours tout jeter. Mais
ça, c'est vrai pour tout. En fait, ils auront du mal. Et quoi qu'il arrive, la
rentrée 2027, elle, elle est préparée par nous et elle ne pourra pas être
modifiée. Et donc tout ce qu'on promet pour la rentrée 2027, notamment au
lycée, trouvera bien à s'appliquer. (…)
Il y a un moment où il faut juste aussi entendre ce que les jeunes veulent nous
dire. Les jeunes nous disent : "J'ai candidaté dans dix formations
différentes. Dans celle où j'avais vraiment le plus envie d'aller, j'ai été
refusé et je ne sais même pas pourquoi." Il faut entendre ça. Et donc leur
donner la possibilité d'avoir accès aux raisons, parce que leur moyenne était
de tant alors que la moyenne… était de tant, etc. enfin ce n'est quand même pas
déplacé. Donc on va y travailler avec tout le monde. Le ministre de
l'Enseignement supérieur pilote d'ailleurs des groupes de travail qui associent
aussi les universités, parce qu'il y a besoin de se mettre autour de la table.
C'est pour ça que les choses ne sont pas simples. Votre question est
intéressante parce qu'à quinze secondes d'intervalle, vous me demandez pourquoi
on ne fait pas les choses tout de suite, puis vous me dites que c'est quasiment
impossible. Quand on est en responsabilité, entre ceux qui vous disent «Je veux
tout, tout de suite» et ceux qui vous disent «C'est impossible», il faut
trouver un chemin. Et ce chemin, c'est celui des deux temps qu'on fait sur
Parcoursup.
> [Mobilisation des lycéens] Manifestement, quand on a des responsabilités, on essaie de trouver des solutions pour répondre aux lycéens. A la fin, je veux juste quand même qu'on revienne aux lycéens, parce que plus personne n'en parle. C'est devenu quasiment un débat d'élection présidentielle, ce truc-là. Enfin repartons des besoins des lycéens. Les lycéens, une fois encore, qu'on a interrogés et par leurs associations légitimes et par leurs élus légitimes, et directement, ce qui est aussi légitime, ils nous ont dit des choses très précises sur Parcoursup, sur les classes trop chargées, sur le stress des horaires, sur le contrôle continu, sur le bâti dégradé, etc. On répond point par point. On a pris le temps de poser les mesures pour qu'elles soient justement chiffrées, documentées, crédibles et tenables. Parce que le pire de la vie politique, c'est quand même quand on promet monts et merveilles et qu'on ne tient rien.
> Il y a aujourd'hui d'abord un certain nombre de mesures qui sont discutées par les uns et les autres au sein du gouvernement. Vous avez vu, j'ai pris un certain nombre de décisions pour les lycéens. Ce qui a été fait sur le carburant, et qui se verra dès ce week-end du 1er novembre, va probablement avoir un effet immédiat. Ce n'est pas probablement mais va avoir un effet immédiat et vraiment sensible sur les prix à la pompe. Il y aura probablement aussi d'autres mesures qui seront portées par les différents ministres du gouvernement et par le Premier ministre. C'est quand même important que tout le monde ait en tête qu'il y a des gens dans ce gouvernement, on a un gouvernement de gens qui sont responsables. C'est-à-dire qu'ils ne vont pas emmener le pays dans le mur, qu'ils ne veulent pas faire de fausses promesses et qu'ils veulent répondre aux attentes des Français. Ensuite, il y a un mouvement social dans un contexte aussi que tout le monde connaît, international, etc. Le prix de l'essence, par définition, ce n'est pas la France qui le détermine. La situation d'Ormuz y a contribué, mais il y a une situation internationale qu'il faut avoir à l'esprit et par rapport à laquelle on fait en sorte d'amener le navire à bon port, une fois encore, en responsabilité, et sans on plus placer les Français dans des situations qui seraient problématiques pour l'avenir.
> [Mobilisation des lycéens] Il y a eu 87 établissements avec des dégradations lourdes, donc qui ont nécessité parfois des fermetures, etc. En revanche, sur le coût global des travaux, on n'a pas encore le montant complet, parce que ce n'est pas chez nous. Ce sont les régions de France qui sont en train de faire des expertises. Au dernier pointage, les Régions de France parlaient de 30 à 40 millions d'euros de dégâts, mais c'était juste avant le début des congés, donc avant les expertises. Donc ça va évidemment être un peu long pour savoir. Enfin en tout cas, cela se chiffre en dizaines de millions d'euros.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> [Mobilisation des lycéens / Intervention à l’Assemblée] Il est des débats
qui, sous une apparence technique, nous obligent à répondre à des questions
profondément politiques. Le débat de ce jour est de ceux-là. Depuis plusieurs
semaines, des lycéens et des étudiants nous interpellent, nous parlent de leurs
inquiétudes, de leurs aspirations, parfois de leur colère, mais surtout de leur
avenir. Nous devons les entendre. Parcoursup est bien plus qu’une simple
plateforme numérique, c’est la promesse – que la République doit à sa jeunesse – de
choisir son avenir plutôt que de le subir.
Pour la tenir, nous devons faire le choix de la lucidité. En 2017, à l’issue de
la procédure sur le portail d’admission postbac (APB), prédécesseur de la
plateforme Parcoursup, près de 4 000 bacheliers restaient sans
proposition d’admission. En 2026, ils n’étaient que 60 – même
si c’est toujours 60 de trop.
Ces chiffres nous rappellent une réalité : l’actuel système d’affectation
n’a pas tout résolu, mais les chiffres sont têtus et dire que c’était mieux
avant relève au mieux de la mauvaise foi, au pire de la manipulation.
Notre pays a choisi, depuis plusieurs décennies, de démocratiser l’enseignement
supérieur. Notre responsabilité politique est de réconcilier cet idéal avec le
réel. Souvenons-nous de la situation qui prévalait dans notre pays avant
2018 : le tirage au sort pouvait décider de l’avenir de certains
bacheliers.
La loi de 2018 a mis fin à cette situation, avec l’ambition de lutter contre
l’assignation à résidence, aussi bien sociale que géographique. Elle a apporté
des avancées que je revendique fermement : une procédure nationale, une
meilleure visibilité des formations, des garanties communes et des dispositifs
d’ouverture sociale. En proposant 11 000 formations en apprentissage,
là où APB n’en proposait presque aucune, elle a facilité l’entrée dans la vie
professionnelle de centaines de milliers de jeunes.
Je pense aussi aux quotas de boursiers, qui ont ouvert massivement les portes
de certaines formations à des jeunes qui, sinon, n’auraient jamais pu y
accéder. Depuis 2018, la plateforme a évolué chaque année, mais nous devons
aussi considérer les limites du système avec lucidité, car il n’a pas tout
résolu.
Les inégalités d’accès à l’information, l’anxiété liée à l’attente, la
difficulté à comprendre les décisions sont autant de limites du système qui
doivent être dépassées. Surtout, il n’a pas résolu le décalage entre les
aspirations des jeunes et les places disponibles. Pourquoi ? Parce que
nous avons demandé à une plateforme de résoudre certains problèmes politiques
que la politique n’avait pas tranchés. C’est pourquoi le gouvernement décide
d’avancer. Après plusieurs semaines de concertation avec les lycéens, les
étudiants, les représentants des personnels et les établissements, le premier
ministre a annoncé, lundi, des engagements clairs et précis : une première
transformation dès 2027, un nouveau système d’affectation en 2028, des places
supplémentaires là où les besoins sont les plus importants, une indexation des
bourses et un effort considérable de 1 milliard d’euros supplémentaire
pour rénover les campus.
Nous sommes prêts à faire évoluer profondément le système : ses
procédures, ses mécanismes d’admission et jusqu’à la forme même de la
plateforme. Notre ambition n’est pas simplement d’en changer le nom, le logo ou
la mise en page, mais de changer ce qui doit l’être.
Dans ce cas, pourquoi ne pas changer radicalement Parcoursup tout de
suite ? Parce que ma première responsabilité de ministre, c’est de
garantir que la prochaine campagne de Parcoursup, qui ouvrira dans quelques
semaines, se déroule dans les meilleures conditions. Je ne céderai à aucun
appel à la démagogie sur ce point.
Plus de 1 million de candidats s’apprêtent à faire des choix importants
pour leur avenir ; ils ont besoin de règles claires, de stabilité et de
confiance.
J’en viens au cœur du débat qui nous réunit. Vous avez été nombreux, sur ces
bancs, à demander la suppression de Parcoursup. Certains la réclament
depuis des années, d’autres ont rejoint cette position plus récemment. Le
gouvernement a entendu la demande : le remplacement de la plateforme est
engagé. Cependant, le remplacement de Parcoursup n’est pas qu’un choix
technique ; il suppose de décider de ce qui lui succédera.
C’est un choix de société, un choix politique. Je tiens, à cet égard, à
remercier les députés Frantz Gumbs et Pierrick Courbon, qui ont contribué à
cette réflexion, dans le cadre de leur mission flash. Désormais, nous devons
évoquer ce que nous voulons construire.
Je voudrais vous soumettre quatre questions essentielles à notre réflexion
collective.
La première, qui est aussi la plus sensible, c’est celle de la sélection. Il
faut avoir le courage de la poser clairement, probablement de manière plus
brutale que nous ne l’avons fait en 2017. J’entends, sur certains bancs, qu’il
ne faudrait aucune sélection à l’entrée à l’université sur d’autres, qu’il
faudrait au contraire renforcer les exigences, le mérite et les prérequis.
Partout, une même ambition, refuser la sélection par l’échec. Au-delà des vœux
pieux, reste la réalité que nous devons regarder en face : pour la
première année de licence de droit, Paris 1 reçoit
20 500 candidatures pour 745 places ; pour le parcours
d’accès spécifique santé (Pass), option sciences et vie de la terre (SVT),
l’université de Dijon reçoit 2 000 candidatures pour quelques
dizaines de places.
Ce ne sont que deux exemples parmi beaucoup d’autres, partout dans le
territoire. Comment départager les candidats si nous refusons la sélection et
le tirage au sort ?
Notre système concilie la prise en compte du mérite académique et un accès de
95 % des lycéens à l’enseignement supérieur, ce qui met la France en tête
des pays de l’OCDE à cet égard. Nous ne pouvons pas, d’un côté, réclamer
davantage d’exigences, et de l’autre, nous indigner à chaque fois qu’un jeune
reçoit une réponse négative. Voulons-nous une sélection assumée ou une absence
totale de sélection ?
Deuxième question : que promettons-nous à notre jeunesse ? Certains
d’entre vous disent qu’une bonne formation doit préparer immédiatement à un
métier. J’entends aussi le discours, assez daté, suivant lequel l’université ne
devrait jamais se préoccuper des attentes du monde économique.
Où placer le curseur entre les besoins objectifs de la nation et des jeunes, et
les aspirations légitimes des étudiants ? Nous avons fait le choix d’un
système équilibré qui offre des places dans des cursus académiques longs et
classiques, mais beaucoup d’autres aussi dans des formations
professionnalisantes, en donnant une large place à l’apprentissage. C’est un
choix politique, sur lequel il nous appartient de débattre.
Troisième question : quelle ambition pour le baccalauréat. Quand
100 % d’une classe d’âge parvient au bac, pouvons-nous attendre des
universités qu’elles fassent réussir autant de jeunes, avec des niveaux aussi
hétérogènes ? Réduire cette question à un problème de place me semble être
un raccourci. Le bac a été pensé pour être une promesse, il ne doit pas devenir
un grand mensonge de la République à sa jeunesse.
Quatrième question : à quoi doit ressembler la prochaine plateforme ?
Beaucoup, parmi vous, dénoncent une plateforme nationale jugée complexe ou
stressante. Nous avons entendu ces critiques et nous avons surtout entendu la
jeunesse s’exprimer au cours de ces dernières semaines. Nous allons faire
évoluer profondément l’outil et le remplacer à la session suivante. Cependant,
doit-on garder le principe d’une plateforme nationale unique ou bien faire une
plateforme par discipline ou par région ? Ou encore abandonner le principe
d’une plateforme et laisser aux étudiants le soin de se débrouiller seuls face
à l’université ou à l’école de leur choix, quitte à revenir – je
l’ai entendu – à des dossiers papier ?
Ces options peuvent être examinées, mais certaines sont dangereuses, car elles
remettraient en cause des avancées réalisées ces dernières années en matière
d’affectation. Ces questions dépassent largement le fonctionnement de l’outil
qu’est cette plateforme numérique. Nous devons définir une vision, une
conception du mérite, de la justice sociale, de la liberté de choix, de
l’excellence et de l’égalité. On ne crée pas des places en supprimant une
plateforme, on n’efface pas les inégalités en changeant un algorithme, on ne
garantit pas une réussite en modifiant une procédure. C’est l’ensemble de
l’équilibre qu’il faut repenser, dans le cadre d’une réforme qui ne pourra pas
se limiter à des évolutions techniques ou réglementaires. Si nous voulons
modifier les principes mêmes de l’accès à l’enseignement supérieur, il est
obligatoire de passer par la loi. Le Parlement devra alors débattre, trancher
et fixer les nouveaux équilibres. Il ne peut se contenter de demander la fin
d’un système, il doit contribuer à définir les principes du suivant. Cette
responsabilité exigeante fait toute la noblesse du travail parlementaire.
Le débat que vous avez souhaité ouvrir est désormais ouvert. Les questions que
je viens de soulever appellent des arbitrages et des priorités qui auront des
conséquences pour des centaines de milliers de jeunes et leurs familles. Nous
pouvons défendre des convictions et des modèles différents, mais notre
responsabilité commune est de ne pas laisser les jeunes seuls face à des
contradictions que nous n’aurions pas eu le courage de résoudre.
Ce débat nous oblige à revenir à l’essentiel. Il nous appartient d’en faire
sortir autre chose que des inquiétudes : une espérance pour notre
jeunesse. C’est ce que nous avons à construire, c’est aussi une nouvelle
promesse d’émancipation.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> [Carburants / Intervention à l’Assemblée] La situation est très dure pour
beaucoup de Français et beaucoup d’entreprises, notamment petites – exploitations
agricoles, pêcheurs, entreprises des secteurs du BTP ou des transports. Depuis
le premier jour de cette crise, nous avons choisi de nous tenir aux côtés des
domaines d’activité les plus touchés ; nous continuerons de le faire. Nous
avons annoncé une prolongation des aides jusqu’à décembre au bénéfice de
l’ensemble des secteurs que je viens de citer et persisterons à les distribuer
autant que cela sera nécessaire : encore une fois, nous ne laisserons pas
tomber les Français qui travaillent.
Nous avons créé des aides à destination des grands rouleurs : une première
en mai-juin dernier, pour 3 millions de Français ; une seconde,
versée en ce moment même, pour 5,5 millions d’entre eux. Nous agissons
dans le respect des contraintes budgétaires, sans laisser tomber les plus
précaires des Français qui travaillent.
Le président de la République a aussi pris une initiative que nous avons
déclinée avec le premier ministre : la libération de 10 millions de
barils. Nous parlons de 10 millions de barils de diesel à un prix trois à
quatre fois inférieur à celui du marché. Dès lundi matin, il en résultera une
baisse des prix à la pompe comprise entre 12 et 18 centimes. Nous
veillerons à contrôler strictement la répercussion de l’intégralité de cette
baisse, pour que personne ne profite de la crise en faisant du gras sur le dos
des Français. Nous veillerons également avec rigueur à ce que l’ensemble des
territoires que vous avez cités, notamment le vôtre, en bénéficient. Où que
l’on vive, cette baisse doit se répercuter sur le prix à la pompe. Cela
s’applique tant aux grands distributeurs et aux majors pétrolières qu’aux
stations indépendantes plus excentrées des territoires ruraux.
La situation est difficile et nous ne laisserons tomber personne.
Anne Le Henanff (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique chargée de l’Intelligence artificielle et du
Numérique)
> [Menaces cyber / Intervention à l’Assemblée] Nous faisons face à un niveau
très élevé de menace cyber, laquelle touche désormais tous les pans de notre
société, vous l’avez dit, du citoyen aux grandes entreprises et aux
administrations. Les récentes attaques contre les installations frigorifiques ont
directement visé notre économie et nos chaînes d’approvisionnement.
La feuille de route des efforts prioritaires en matière de sécurité numérique
de l’État a été rendue publique pour la première fois au printemps dernier.
M. le premier ministre, qui a personnellement demandé une accélération de
la sécurisation des administrations, suit directement l’avancée de cette
feuille de route, qui a pour objectifs prioritaires l’authentification
multifacteurs et le renforcement de la supervision. Les équipes sont à pied
d’œuvre pour améliorer la sécurité de tous nos ministères.
Dans le cadre de France 2030, une enveloppe de 200 millions d’euros a
été mobilisée. Les fonds sont répartis selon trois axes : 76 millions
pour mettre à profit les capacités de l’intelligence artificielle dans le but
de renforcer notre cybersécurité et de développer les technologies de
cryptographie de nouvelle génération ; 63 millions pour renforcer
notre autonomie stratégique en cybersécurité ainsi que la résilience des
systèmes d’information de l’État ; et 61 millions pour soutenir la
montée en puissance des entreprises françaises de cybersécurité.
Sur ces trois axes, les travaux ont bien avancé, à hauteur des trois quarts de
l’enveloppe totale. Vous pourrez le constater dans les prochaines semaines à
propos des actions mobilisant les écosystèmes de recherche et les start-up.
Le projet de loi « résilience » sera inscrit à l’ordre du jour de la
séance publique dès que possible. Toutefois, le risque cyber concerne toutes
les organisations et dépasse le périmètre de la directive NIS 2,
relative à la cybersécurité. Dès aujourd’hui, toutes les organisations doivent
intégrer ce risque et prendre les mesures nécessaires pour se protéger, en
s’appuyant sur notre écosystème cyber, qui est d’excellente qualité.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Mobilisation des lycéens] Le cœur de cette mobilisation de la jeunesse,
c'est une profonde angoisse vis-à-vis de l'avenir. Je ne crois pas qu'il y a
une génération qui ne veut plus faire d'efforts, qui ne veut plus travailler ;
en revanche, il y a une génération qui se demande si, à la force de son travail
et de ses efforts, elle pourra avoir un avenir. Cette élection présidentielle
doit aussi servir à créer un nouvel espoir chez les jeunes.
> Je vois cette tenaille entre la France insoumise et le RN. Et on voit qu’aujourd’hui aucun candidat seul n’est en situation de briser cette tenaille. À la fin, elle aura lieu, cette primaire.
> Cette primaire, c’est l’union qui doit faire la force. La force et l’espoir. Pour avoir un candidat au deuxième tour. Pour éviter aux Français d’avoir à choisir entre la France insoumise et le Rassemblement national.
> Il est temps. Il est temps d’organiser une grande primaire. Pour proposer un nouvel espoir à tous nos compatriotes qui refusent d’avoir à choisir entre LFI et le RN.
> Mistral, c’est la France. La France, c’est
Mistral.
Dans cette course à l’innovation et aux technologies, il y aura des perdants et
des gagnants. Je veux me battre pour que la France soit libre. Libre de
développer ses propres modèles et outils. Arthur Mensch et ses équipes sont en
première ligne dans ce combat. Ils font notre fierté. Merci à lui pour son
accueil aujourd’hui au siège de MistralAI. Nous avons échangé longuement sur
l’avenir de l’IA en France. Avec une conviction : si nous faisons les bons
choix, nous avons encore nos plus belles pages à écrire !
Violette Spillebout (députée)
> [Mobilisation des lycéens / Intervention à l’Assemblée] Avant de commencer
mon intervention, je veux saluer les représentants des lycéens et des étudiants
qui se trouvent dans les tribunes du public. « Notre système va mal, on en
souffre et on a la sensation de ne jamais être écoutés. » Ces mots m’ont
été dits par une lycéenne de ma circonscription, à Lille, pendant les blocages.
Comme tant d’autres, elle demandait qu’on la prenne au sérieux et qu’on agisse.
Je propose de le faire, en nous appuyant sur des faits. 82 % des lycéens
jugent Parcoursup « stressant », quand 29 % seulement le
trouvent « équitable ». Cet été, plus de 32 000 jeunes sans
solution ont dû saisir une commission d’accès. C’est une crise de
confiance !
Néanmoins, tout n’est pas à jeter. Parcoursup a mis fin au tirage au sort et,
comme le rappelait récemment Jean-Michel Blanquer, le taux d’échec en fin de
première année est passé de 60 % en 2017 à 50 % aujourd’hui. C’est un
progrès réel, même s’il demeure largement insuffisant.
Malheureusement, la réalité d’aujourd’hui est cette phrase souvent
entendue : je suis content du résultat, mais j’ai eu tellement peur !
Il faut corriger ce qui fait peur et refondre tout un processus de sélection et
d’orientation. Les présidents d’université l’ont dit : supprimer
Parcoursup sans solution serait une catastrophe. Promettre son abolition sans
alternative serait dangereux.
Cependant le statu quo n’est pas non plus notre ligne.
Dès le 10 octobre, notre président de groupe, Gabriel Attal a défini les
principaux leviers pour réformer Parcoursup : moins de pression du
contrôle continu, davantage d’épreuves terminales, plus de chances pour les
filières professionnelles et d’innovation, davantage d’accompagnement humain.
Messieurs les ministres, si vos annonces de lundi vont dans le bon sens, mes
collègues du groupe Ensemble pour la République et moi-même demandons deux
avancées fondamentales pour l’année 2027 : la transparence et l’équité.
Une véritable transparence signifie expliquer un refus par un rang, des
critères et un seuil, et non par un message type. La décision de sélection doit
rester celle des établissements, qui jugent en conscience, mais leurs outils de
classement doivent être publics, ainsi que la Cour des comptes le demande
depuis 2020.
La sélection doit aussi être équitable. Conscients de l’importance de chaque
évaluation, les professeurs gonflent les notes pour ne pas porter préjudice à
l’orientation de leurs élèves, de sorte que la notation finit par perdre sa
valeur et que certaines formations du supérieur attribuent à chaque dossier un
coefficient en fonction du lycée d’origine, recréant ainsi opacité et
inégalités.
Il faudra répondre à l’attente forte de nos lycéens pour qu’il y ait moins de
discrimination en fonction du lycée d’origine, en réfléchissant avec eux à une
objectivation nationale des résultats.
Attention toutefois à ne pas renoncer à une école exigeante, qui offre une
orientation choisie et mieux accompagnée ainsi que des qualifications et
compétences reconnues.
À la suite d’échanges avec la Conférence des grandes écoles, mon collègue
Sylvain Maillard alerte sur le fait qu’il faudra revoir le calendrier de
Parcoursup au regard des enjeux européens. Je relaie son avertissement. Alors
que certains établissements européens répondent aux candidats dès le mois de
février, Parcoursup ne donne ses premières réponses qu’en juin, ce qui fait
perdre des élèves et des talents à notre pays !
Nous devons aussi envisager la situation au-delà de 2027. Le débat de ce soir
ne porte pas seulement sur une plateforme. Remplacer Parcoursup nous amène à
aborder des questions qui divisent profondément notre pays et notre hémicycle.
En voici quelques-unes : comment réformer notre enseignement supérieur
pour développer les filières qui mènent aux métiers d’avenir ? Comment
évaluer chaque filière et ses débouchés ? Que doit être le baccalauréat de
demain ? Est-ce un examen national qui compte vraiment ou une moyenne de
contrôle continu dont la valeur varie d’un lycée à l’autre ? Comment
articuler les spécialités du lycée avec le premier cycle de l’enseignement
supérieur ? Comment faire face à la transformation des formations et des
métiers avec l’intelligence artificielle ?
Ce sont moins des questions techniques que des choix de société, que nous ne
pourrons trancher en six mois dans un groupe de travail ni même dans le comité
de réforme qui va être mis en place.
Ils appellent un vrai débat démocratique devant les Français, à l’occasion de
la prochaine élection présidentielle.
Monsieur le premier ministre, pouvez-vous nous assurer que les travaux engagés
prépareront ces choix sans les préempter, en y associant largement le
Parlement ? Les députés du groupe Ensemble pour la République ont de
nombreuses propositions à faire tout au long de ce processus !
Le cœur du sujet est l’orientation. On compte aujourd’hui un conseiller
d’orientation pour plus de 1 000 élèves. Les cinquante-quatre heures
annuelles prévues au lycée sont inégalement assurées.
Le second professeur principal de terminale n’existe pas partout.
Résultat : plus d’un candidat sur deux déclare ne pas avoir été accompagné
pendant la phase d’admission. Ceux qui le peuvent paient même un coach privé,
tandis que les autres se débrouillent. Voilà l’injustice !
Nous demandons une refonte complète de l’orientation, menée en association avec
les régions – qui détiennent cette compétence depuis
2018 – pour offrir des conseillers d’orientation en nombre suffisant et un
accompagnement renforcé et personnalisé dès la seconde – mentorat,
tutorat, stages de découverte, interventions de professionnels dans les
classes – ainsi qu’un véritable assistant IA, destiné à faire découvrir à
chaque élève des formations qu’il ignore. Accompagner suppose aussi des
professeurs, c’est une évidence.
Les lycéens nous l’ont dit et nous les avons entendus. Depuis des années, en
présentant des amendements, notre groupe EPR défend, budget après
budget, l’amélioration de la rémunération des enseignants et le maintien de
leur nombre malgré la baisse démographique, avec l’objectif d’avoir un
professeur devant chaque classe et des classes qui ne soient pas surchargées.
Ce n’est pas un sujet annexe à Parcoursup, mais le cœur de sa refondation. Je
demande à M. le premier ministre que les amendements au projet de loi de
finances pour 2027 qu’Anne Genetet et moi avons défendus en commission des
affaires culturelles et de l’éducation la semaine dernière et qui ont été
adoptés soient retenus dans le budget final.
J’en viens aux places dans le post-bac. Les 15 000 places
supplémentaires annoncées devront dans l’avenir donner lieu à une programmation
pluriannuelle intelligente : assumons de fermer les formations qui ne
conduisent pas suffisamment à l’emploi pour renforcer celles qui proposent des
métiers d’avenir !
Avant de conclure, j’aimerais rappeler que l’évolution de Parcoursup, évoquée
ce soir, est loin de satisfaire l’ensemble des revendications de la jeunesse.
Les inquiétudes de nos jeunes ne commencent pas sur Parcoursup. Elles
commencent bien avant, tout au long du parcours scolaire. Les résultats de la
consultation nationale qui ont été publiés font ressortir que les lycéens et
étudiants alertent sur des journées scolaires déséquilibrées, des bâtiments
parfois inadaptés, des classes surchargées, des professeurs absents
insuffisamment remplacés, mais aussi sur la dégradation du climat scolaire, la
violence à l’école et les difficultés de santé mentale.
Nous ne pouvons pas prétendre garantir l’égalité des chances dans
l’enseignement supérieur si nous ne garantissons pas un enseignement serein dès
les premières années de scolarité. Notre responsabilité est de répondre à
l’ensemble des préoccupations de cette génération et de lui redonner confiance
en l’avenir.
La jeunesse nous demande des règles claires, l’égalité des chances et la
possibilité pour chaque étudiant d’être accompagné, aux côtés de ses parents.
La jeunesse veut sa place dans la société ; elle veut être écoutée,
pouvoir apprendre, trouver un travail, fonder une famille et vivre dignement.
La promesse républicaine française, c’est de pouvoir lui donner tout cela. Avec
Gabriel Attal, les députés Ensemble pour la République sont mobilisés pour être
à la hauteur de cette attente.
Emmanuelle Hoffman (députés)
> [Commerçants impactés par les manifestations /
Intervention à l’Assemblée] Les petits commerçants jouent un rôle essentiel
pour la vitalité des centres-villes, le maintien du lien social et le dynamisme
des territoires. À la suite des événements des 17 et 18 octobre, de
nombreux commerçants et professionnels ont été victimes d’actes inacceptables
et ont subi des dégradations matérielles causant des pertes de chiffre
d’affaires et d’exploitation, et parfois des interruptions d’activité. Selon
les premières estimations du gouvernement, près de 3 000 commerces
auraient été touchés par les dégradations et les pillages. Nous leur exprimons
notre pleine solidarité, ainsi qu’à l’ensemble des personnes touchées par ces
événements.
Pour ces petites entreprises, dont les marges financières sont souvent
limitées, les conséquences peuvent être particulièrement lourdes. À l’approche
des fêtes de fin d’année, période essentielle pour de nombreux commerces, il
est indispensable qu’elles puissent bénéficier rapidement des dispositifs de
soutien annoncés par le gouvernement.
Monsieur le ministre du commerce, le gouvernement a présenté plusieurs mesures
en faveur des professionnels concernés. Nous souhaitons connaître précisément
leurs modalités d’application. Quels commerçants pourront bénéficier des aides
annoncées, et dans quel délai ? Comment seront prises en charge les pertes
d’exploitation et les dégradations matérielles ? Quel soutien sera accordé
aux petites entreprises en proie à des difficultés de trésorerie ?
Concernant la sécurité des commerces et des commerçants, comment les mesures
annoncées seront-elles appliquées ? Enfin, comment le gouvernement
entend-il faciliter les démarches et s’assurer que les commerçants concernés
seront rapidement informés et accompagnés ?
Notre attente est simple : que les annonces se traduisent rapidement par
des réponses lisibles, accessibles et efficaces pour les professionnels
concernés. Je vous serai reconnaissante de bien vouloir préciser le calendrier
d’application de ces dispositifs et les moyens prévus pour garantir leur
effectivité, notamment à l’approche des fêtes de fin d’année.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Dans quelques semaines auront
lieu les élections des instances de l’Association des maires de France.
Je lis que les alliés socialistes de
Monsieur Lisnard, Messieurs Laignel et Debat (PS), s’émeuvent publiquement de
ses déclarations outrancières depuis quelques semaines. ↓ Singulière ironie de
la vie politique que de voir ceux qui ont monté des combines d’appareil, pour
s’assurer de leurs postes, découvrir tout à coup le visage de celui avec lequel
ils ont conclu un accord il y a plus de six ans. Chacun a le droit de se
tromper. Mais il est plus grave encore de persister, en connaissance de cause,
en reconduisant un accord. Nous avons désormais -je dis « nous » parce que je
suis élu local depuis plus longtemps que Monsieur Lisnard- un réel problème à
la tête de cette association, reconnue depuis plus d’un siècle pour son
pluralisme et son audience auprès des maires. Pour la première fois de son
histoire, elle est prise en otage par son président. Elle est donc menacée dans
son unité. Le maire de Cannes a décidé d’user et d’abuser de la responsabilité
qui lui avait été confiée, non pour servir l’AMF, mais pour en faire le
marchepied de son ambition personnelle et clivante. Une ambition qui ne peut
être celle de l’AMF et qui offense l’esprit de cette association. C’est donc
aussi, et peut-être d’abord, comme élu municipal rural depuis 1995, maire
durant plus de dix ans et ancien membre du bureau national de l’AMF que je
prends la parole. Comment, tout d’abord, accepter de voir élu président de
l’AMF un candidat à l’élection présidentielle ? C’est une confiscation de la
parole des maires au profit d’un homme qui prétend parler en leur nom pour
défendre des positions que, j’en suis convaincu, beaucoup d’entre eux ne
partagent pas. Comment accepter ensuite de laisser à un candidat à la
présidentielle le soin de présider une association dont les élus vont avoir la lourde
charge de choisir, par leurs parrainages, ceux qui pourront concourir à
l’élection ? Qui peut s’assurer que le président de l’AMF ne pèsera pas de son
poids pour inciter à parrainer tel ou tel, ou à refuser un parrainage, dans une
seule logique : la sienne ? Qui ne voit pas l’insupportable mélange des genres,
le conflit d’intérêts potentiel et le climat de suspicion à venir ? Qui peut
enfin, à gauche, à droite comme au centre, laisser les clés de cette
association pluraliste à un candidat-président qui, comme il l’a montré dans
son département, crée les conditions d’une grande alliance avec le RN ? Qui
peut encore, juste pour sauver son poste dans cette association, détourner les
yeux face à cette manœuvre et ce risque pour la survie même des maires de France
? Dans la vie, il faut choisir, a fortiori quand on prétend diriger le pays. Or
le candidat Lisnard a manifestement décidé de jouer sur tous les tableaux. Lui
qui a d’abord trahi son parti poursuit son jeu de caméléon : modéré et
consensuel à l’AMF, clivant et brutal partout ailleurs. Il fait mine, en
interne, de consensus, pour s’assurer de son élection tout en ne cessant
d’insulter ou de jeter à la vindicte une grande partie des élus de la gauche et
du centre voire de droite, qu’il qualifie de « caste » dans les journaux
nationaux. Qui faut-il croire ? Par conséquent et puisque le candidat Lisnard
refuse de choisir, il est sans doute temps que les élus de bonne volonté,
quelle que soit leur famille politique, fassent, eux, un choix clair. Ceux qui
ont fait un accord -peut-être dans le dos de leurs instances- doivent
maintenant le dénoncer publiquement et en tirer les conséquences. Cette
clarification serait salvatrice. Veulent-ils soutenir un candidat qui veut
déchiqueter nos codes à la tronçonneuse ? Qui manie toutes les outrances ?
Veulent-ils être ceux qui, par leur seul silence, pactisent, banalisent tout,
cèdent à toutes les tentations ? Ce sujet dépasse la seule présidence de l’AMF
: il exige une clarification de l’ensemble de ces accords opportunistes, sans
éthique ni cap, et qui représentent un danger immense pour le pays. Toutes les
convictions politiques peuvent s’entendre et doivent s’exprimer en démocratie.
Monsieur Lisnard a le droit de défendre les siennes. J’ai toujours pensé cela
et d’abord pour mes adversaires. Mais encore faut-il avoir le courage de les
assumer, car on ne peut pas dire tout et son contraire en tenant un discours
devant les Français et l’inverse devant les élus. Au MoDem, nous n’avons
cherché aucun accord, ni même engagé la moindre discussion avec le candidat
Lisnard pour le renouvellement des instances. C’est un choix que nous assumons
et que j'assume pleinement. Je pense qu’il est encore possible de changer la
donne au sein de l’AMF et de la protéger, parce que c’est le bien de tous. Je
salue, à ce moment décisif, l’engagement du maire de Sceaux, dont on ne peut pas dire qu’il soit « suspect
» de soutenir le gouvernement depuis dix ans. Sa candidature à la présidence de
l’AMF, face à celle d’un candidat à la présidentielle, vise à en sauver
l’honneur et l’existence même. C’est la candidature d’un élu indépendant,
travailleur et dévoué uniquement à notre association. Il faut donc le soutenir
! Nous n’avons plus le temps de demander des gages au candidat Lisnard, car ce
seront des promesses électorales sans lendemain. Il faut rompre avec cet accord
toxique pour tous les élus locaux. Pour cela, il faut non seulement choisir un
autre président pour l’AMF, mais il faut aussi que les élus de bonne volonté
s’engagent clairement dans cette élection. À commencer par ceux qui ont noué
cet accord regrettable. Ils ne peuvent pas être de confortables Ponce Pilate.
Désormais, les alliés du candidat Lisnard à l’AMF n’ont plus d’excuses. Ils
savent. Ils ont vu. Et c’est pourquoi il n’est pas trop tard. Ils peuvent
encore redonner sa grandeur à cette association des Maires et en préserver la
vocation. Ils peuvent encore refuser de cautionner l’alliance avec le RN dont
rêve et que prépare le candidat Lisnard. Les élus qui y sont engagés le
méritent. Les maires et leurs conseils municipaux le méritent également. Les Français
qu’ils représentent aussi.
> [Attentat raciste de Trappes] Cette façon d'instrumentaliser en permanence les faits les plus graves,
des faits de terrorisme, des faits d'actes racistes, est quelque chose d'assez
détestable. Ce sont des victimes
que nous devons honorer les unes et les autres, celles du racimse, celles de l'antisémitisme, celles de la
violence en tant que telle.
Moi je ne trie pas dans les victimes du
terrorisme. Une victime du terrorisme est une victime. Sinon, on nourrit une espèce de querelle et une
ambiance dans ce pays qui est une ambiance détestable et dangereuse, parce que
c'est la paix civile qui est en cause.
> [Mobilisation des lycéens] Dire aujourd'hui je vais donner 15, 10, 5 milliards sans avoir la moindre idée de la façon de le financer, c'est prendre son interlocuteur pour un imbécile. Et moi je ne prends pas les lycéens et les étudiants pour des imbéciles.
> [Présidentielle] On a besoin d'un rassemblement, la primaire est une des voies. Mais qu'on pose la question de la nécessité d'un rassemblement qui ne soit pas un rassemblement électoral ou factice, qui soit un rassemblement sur « qu'est-ce qui fait qu'on n'a pas envie de ce duel ? Qu'est-ce qui fait en termes économiques, en termes de rapport au monde, en termes de démocratie et de pratiques démocratiques ?
> [Manifestations] Si vous laissez la loi être faite par les casseurs ou par la force, à ce moment-là, il n'y a plus de démocratie.
Nicolas Turquois (député)
> [Justice fiscale / Intervention à l’Assemblée] La question de
l’endettement et des déficits relève de l’urgence mais c’est aussi une question
de justice : il faut préserver le modèle de solidarité dont les Français
bénéficient sans sacrifier la jeunesse. Les intérêts à régler cette année
approchent les 80 milliards d’euros et asphyxient les politiques à
destination des hôpitaux, des agriculteurs ou de la sécurité civile. Ils
empêchent aussi d’investir pleinement dans l’écologie ou l’éducation. Au sein
du groupe Les Démocrates, nous assumons que le combat contre la dette doive
être érigé en priorité pour remédier à cette situation. Mais l’effort doit être
partagé – c’est essentiel.
Or notre collègue Charles de Courson a récemment remis un rapport sur
l’imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés dans le
cadre d’une commission d’enquête présidée par Jean-Paul Mattei. Ce travail de
grande qualité pointe des situations incompréhensibles pour les Français, à
commencer par celle des 13 000 foyers assujettis à l’impôt sur la
fortune immobilière qui n’ont acquitté aucun impôt sur le revenu en 2024. Cela
ne signifie pas qu’il y a fraude : simplement, certains montages
juridiques permettent de réduire considérablement l’impôt, parfois jusqu’à le
rendre nul. C’est légal, mais pas acceptable, car cela fragilise le
consentement à l’impôt et donc notre contrat républicain.
Monsieur le ministre de l’action et des comptes publics, alors que nous
examinons le projet de loi de finances après le rejet de la deuxième partie du
projet de loi de financement de la sécurité sociale, nous devons rechercher les
économies nécessaires sans multiplier les impôts inapplicables et
contre-productifs et en suivant une logique de justice fiscale. Certaines
pistes sont bien identifiées. Il faut notamment parvenir à mieux connaître le
patrimoine mobilier et immobilier de ces ménages. Se pose aussi la question des
holdings patrimoniales et de leur trésorerie dormante. Notre groupe a formulé
des propositions concrètes à cet égard.
Frantz Gumbs (député)
> [Mobilisation des lycéens / Intervention à l’Assemblée] Depuis
plusieurs semaines, des lycéens se mobilisent partout en France. Au-delà des
débordements que nous regrettons tous, ils nous disent quelque chose de
profond, leur angoisse face à l’avenir.
Avec les députés du groupe Les Démocrates, nous avons pris soin de rencontrer
la jeunesse mobilisée – dans nos permanences, dans les lycées, dans les
universités. Nous avons vu combien Parcoursup était devenu le symbole de cette
angoisse. Avec Pierrick Courbon, j’ai conduit pour la commission des affaires
culturelles et de l’éducation une mission flash sur Parcoursup.
Nous avons auditionné des lycéens, des étudiants, des parents, des enseignants,
des chefs d’établissement, des universitaires, des chercheurs ainsi que
d’autres partenaires. Or la suppression de Parcoursup n’a pas été un sujet
aussi central qu’il paraît l’être aujourd’hui. Notre conclusion tient en une
phrase : Parcoursup n’est ni une machine à broyer la jeunesse ni une
solution miracle. Cela restera vrai, quel que soit le nom de son successeur.
Ce n’est pas une machine à broyer, parce que Parcoursup a introduit des
améliorations par rapport à ses prédécesseurs. Souvenons-nous d’APB !
Quand une filière était trop demandée, on tirait les étudiants au sort. Le
hasard décidait de l’avenir d’un jeune.
Ce n’est plus le cas. Désormais, l’immense majorité des lycéens trouvent une
place, pas toujours celle qu’ils souhaitaient, mais une place tout de même. La
plateforme a aussi ouvert des portes qui restaient fermées. Grâce aux quotas,
près de 19 400 lycéens boursiers ont été admis dans une formation
qu’ils n’auraient pas obtenue sans eux. Derrière ces chiffres, il y a des
visages, des jeunes qui ont trouvé leur voie.
Ce n’est pas non plus une solution miracle. Parcoursup est un outil, une
machine. Il ne crée pas le problème ; il le révèle. Le problème, c’est
l’inadéquation entre l’offre de formation et la demande des jeunes.
Inadéquation en nombre de places, d’abord. Les filières les plus demandées n’en
ont pas assez. En droit, à Paris 1, 19 000 candidats ont été
classés pour 745 places.
Inadéquation géographique, ensuite. Les ultramarins, par exemple, qui
pourraient préférer Montpellier ou Toulouse, car les hivers y sont moins
rigoureux, ne trouvent de place qu’au Havre ou à Lille – de
très belles villes au demeurant.
Nous avons augmenté massivement le nombre de candidats, sans massifier
l’accueil. Ce problème est très difficile à résoudre et je me méfie de ceux qui
prétendent le contraire.
Je pense à cet étudiant que nous avons rencontré, un élève brillant, qui a
obtenu un très bon bac, mais dont les notes de première n’étaient pas à la
hauteur. Or c’est sur ce dossier, arrêté au printemps, que les formations l’ont
jugé. Il n’a pas obtenu de place dans la formation qu’il voulait. Son excellent
bac est arrivé trop tard. Lui-même avoue que c’est dès la première qu’il aurait
dû fournir plus d’efforts. Il a manqué de conseils stratégiques.
L’autre faille, c’est donc l’accompagnement. Quand on laisse l’orientation aux
familles, l’inégalité est totale – tout le monde le sait. L’enfant dont les parents
connaissent l’enseignement supérieur sait quelles filières viser, comment
rédiger ses vœux ; les autres se débrouillent seuls, ou renoncent. Parmi
les lycéens sans réponse positive à la fin de la phase principale, un sur deux
n’a reçu aucun accompagnement pour préparer la phase complémentaire, ainsi que
nous le révèle le questionnaire de la mission flash auquel plus de
1 600 personnes ont répondu.
C’est pourquoi je veux dire un mot des fausses promesses. Certains expliquent
aux lycéens qu’il suffit de supprimer Parcoursup. C’est faux. Ce n’est pas en
supprimant une plateforme que l’on crée une seule place en licence, que l’on
recrute un seul psychologue, que l’on forme un seul professeur.
Beaucoup se joue avant Parcoursup. Sur ce point, le gouvernement a fait des
annonces que je salue, faisant siennes certaines des propositions de notre
rapport : un accompagnement à l’orientation dès la classe de seconde ou
encore une lettre de motivation demandée seulement lorsqu’elle est utile. Ce
sont de vraies avancées et vous pourrez compter sur notre groupe pour veiller à
leur mise en œuvre.
Je partagerai simplement quelques pistes, pour les prolonger. Il faut rendre
pleinement effectives les cinquante-quatre heures annuelles d’orientation
prévues par les textes depuis 2018. Il faut, non pas plus, mais mieux former
les professeurs principaux, à qui l’on confie de nombreuses missions, sans
toujours leur donner les outils nécessaires. Il faut veiller à l’attractivité
des métiers de l’accompagnement – à ce titre, les 500 postes de psychologues,
d’infirmiers et d’assistants de service social sont une très bonne nouvelle.
Accompagnons ces créations de postes d’un travail sur les conditions d’emploi,
pour que chaque poste ouvert trouve preneur.
Beaucoup se joue aussi après Parcoursup, au moment où les formations examinent
les dossiers. C’est là que naît le sentiment d’injustice, d’un refus sans
explication, de critères que personne ne connaît, d’un premier tri fait sur les
seules notes par un algorithme local. Sur ces sujets aussi, le gouvernement a
pris en considération les conclusions de notre mission flash : les
critères d’examen des formations seront publiés et chaque lycéen saura ce que
l’on attend de lui avant de candidater.
Nous voulons mieux accompagner notre jeunesse dans son entrée dans la vie
adulte. Nous voulons une orientation qui ne lui ferme pas trop tôt des portes.
L’égalité des chances ne se joue pas en un clic sur une plateforme. Elle se
construit tout au long du chemin vers l’âge adulte.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Nous attendons de la Bulgarie qu'elle reprenne immédiatement le chemin de
la démocratie, et l'enjeu est plus que jamais crucial. Il y a deux jours à
peine, un nouveau porte-conteneurs a été touché par un drone sous-marin au
large des côtes bulgares, dernier épisode d'une série d'attaques en mer Noire
qui menacent la sécurité de la Bulgarie et de l'ensemble de l'Union européenne.
Dans un tel contexte, les Bulgares ont besoin d'institutions gouvernementales
dignes de confiance et d'élections dont l'équité soit incontestable. Les
Bulgares ont maintes fois démontré leur attachement à l'Europe, et leurs
institutions doivent garantir leur droit fondamental à la liberté de choix.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Un enfant harcelé sur quatre se tourne vers l’IA pour trouver de l’aide.
Un chiffre qui sidère.
> Le temps qui passe ne doit jamais effacer la gravité d’un crime sexuel commis sur un enfant. Le vote du Sénat en faveur de l’imprescriptibilité est une avancée majeure pour les victimes et une mesure que je porte avec conviction.

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