lundi 2 mars 2026

Propos centristes. France – La dissuasion nucléaire de la France est «robuste et efficace» / Coopération militaire renforcée avec l’Allemagne / Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran / Justice: priorité aux victimes et aux usagers / L’antisémitisme «le plus abject» de Mélenchon…


Voici une sélection, ce 2 mars 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Discours sur la dissuasion nucléaire de la France] Mesdames et messieurs, c'est avec gravité que je me tiens aujourd'hui devant vous, au cœur de l'Île Longue, cette cathédrale de notre souveraineté, symbole de l'engagement constant de notre pays pour la dissuasion nucléaire depuis maintenant plus de 65 ans.
Dans quelques jours, le sous-marin nucléaire lanceur d'engin, le Téméraire, qui vous fait face, prendra la mer. Il disparaîtra dans une discrétion absolue et jouera pleinement, depuis les profondeurs, son rôle de gardien ultime de notre liberté d'action, de notre indépendance. Tout cela, nous le devons à l'engagement continu de mes prédécesseurs, de nos armées, depuis le premier essai nucléaire français en 1960, la première alerte opérationnelle des forces aériennes stratégiques en 1964, la première pierre posée ici même, à l'Île longue, en 1965, et encore la première patrouille du SNLE, Le Redoutable, en janvier 1972. Nous le devons aussi au savoir-faire de nos centres de recherche, de nos industriels, au professionnalisme et au dévouement des militaires et des civils qui servent, où qu'ils se trouvent, dans un atelier secret, au fond des mers ou dans le ciel, notre dissuasion nucléaire. J'en suis reconnaissant à chacun.
Pour la dissuasion, notre Nation a consenti un effort financier, scientifique et technologique constant, à tous égards, exceptionnel et sans égal sur le continent. Déjà, trois générations de femmes et d'hommes se sont succédées pour œuvrer à l'édification, à la consolidation, à l'optimisation de ce qui constitue la pierre angulaire de notre stratégie de défense. À l'heure où vacillent les certitudes, où les adversaires s'enhardissent, où les alliances faseyent, la dissuasion est et doit demeurer un intangible français. En tant que président de la République, élu au suffrage universel direct, j'en suis le garant. Je suis venu ici vous redire avec la plus grande force l'attachement de la Nation, mon attachement à la poursuite de cette mission fondamentale.
Notre dissuasion est robuste et efficace. Tous ceux qui auraient l'audace de vouloir s'en prendre à la France savent le prix insoutenable qu'il y aurait pour eux, à payer. Mais intangible ne veut pas dire inerte. En février 2020, il y a six ans déjà, fidèle à la tradition républicaine, j'avais exposé les fondements de notre doctrine nucléaire et de sa place dans le monde. Depuis lors, les choses ont changé. Les six années écoulées pour la France et pour l'Europe pèsent comme des décennies. Et les derniers mois comme des années. Nos concurrents ont évolué, nos partenaires aussi. Le monde se durcit et les dernières heures l'ont encore démontré. C'est donc avec beaucoup de gravité que je viens aujourd'hui annoncer à la Nation une évolution à la hauteur de nos défis nationaux et européens. Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces et nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen, dans le plein respect de notre souveraineté, avec la mise en place progressive de ce que j'appellerai une dissuasion avancée.
Oui, nous vivons actuellement, au plan géopolitique, une période de rupture, pleine de risques, et nos compatriotes en ont pleinement conscience. Cette période justifie un durcissement de notre modèle. La Russie mène à l'Ukraine voisine une guerre lente et cruelle qui constitue, comme l'a identifié notre revue nationale stratégique, un risque majeur pour notre Europe. Cette même Russie assume un révisionnisme, un impérialisme brutal et, déjà forte d'un arsenal nucléaire pléthorique, ne cesse de développer de nouvelles armes. Des missiles nucléaires hypersoniques, d'autres à propulsion nucléaire censés voler sans limite, des torpilles nucléaires, et même un projet particulièrement dangereux pour l'humanité, d'armes nucléaires envoyées dans l'espace.
La Chine, de son côté, s'est engagée dans un rattrapage à marche forcée des Etats-Unis. Elle fabrique plus d'armes aujourd'hui que n'importe quel autre pays. Elle a exposé encore récemment les derniers perfectionnements de sa triade. Nul ne sait quelles seraient les ramifications, directes ou indirectes, nucléaires ou non, d'un conflit qui éclaterait en Extrême-Orient ou ailleurs, elles ne sauraient en tout état de cause être sans conséquences pour nous. La Chine, comme la Russie, développe des systèmes de plus en plus sophistiqués de protection de leur territoire, une
logique qu’épousent d'ailleurs les Américains aussi avec leur projet de Golden Dome.
En Asie, les arsenaux ou les forces stratégiques d'autres Etats possesseurs, comme l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord, sont en pleine expansion. Par ailleurs, nous ne pouvons plus considérer les menaces de manière isolée, car de nouveaux liens sont apparus entre elles. Quel est le prix du soutien massif de la Corée du Nord à la guerre d'agression que mène la Russie ? Quelles sont les ramifications du traité d'alliance entre les deux pays ? Que dire de la dépendance extrême dans laquelle la Russie s’est placée vis-à-vis de la Chine ? De tout cela, nous devons tenir compte. A cela s'ajoute la guerre en cours au Proche et Moyen-Orient, qui porte et portera son lot d'instabilité et d'embrasements possibles à nos frontières, avec un Iran aux capacités nucléaires et balistiques non encore détruites. Sur cela, je reviendrai dans les prochains jours. Quant à nos alliés américains, qui eux-mêmes modernisent leur arsenal, ils jouent depuis 1945 et continueront de jouer un rôle clé dans la défense de l'Europe. Nous leur en savons gré, et au plan de la dissuasion, ils participent directement à notre protection avec la mission nucléaire de l'OTAN. Mais leur récente stratégie nationale de sécurité et de défense manifeste un réagencement des priorités américaines et une incitation forte à ce que l'Europe s'occupe plus directement de sa propre sécurité. Il nous faut entendre cette invitation à prendre davantage en main notre destin, et comme vous le savez, je ne dis pas autre chose depuis le premier jour de mon premier mandat.
Il y a par ailleurs une autre caractéristique, de la période que nous vivons. Dans l'atmosphère d'anomie actuelle, nous assistons à la fois à un renforcement du risque que les conflits franchissent le seuil nucléaire, mais aussi dans le même temps à une intensification de la conflictualité sous ce seuil. Et cela a des implications très directes pour nous. Le risque de franchissement est plus grand d'abord parce que les conflits impliquant des puissances dotées des Etats possesseurs ou proliférants s'accroissent. N'a-t-on pas vu tout récemment des explosions de violences impliquant l'Inde, le Pakistan, l'Iran, Israël ? N'a-t-on pas vu aussi des comportements irresponsables de la Russie en particulier, avec une modification de sa doctrine cousue main pour menacer l'Ukraine, une banalisation du discours sur l'arme, des officiels qui agitent des menaces inconsidérées, des tirs de missiles duaux comme l'Orechnik, à proximité des frontières européennes ? Tout cela est un changement majeur qui rend plus tangible le risque de franchissement.
Dans le même temps, les puissances nucléaires comme la France doivent aussi s'accoutumer à la possibilité de conflits majeurs sous le seuil nucléaire dans leur environnement immédiat. N'a-t-on pas vu ces derniers mois des salves de missiles tomber sur des puissances dotées ou des Etats possesseurs ? L'Europe pourrait un jour se trouver dans une position similaire. Pour gérer ce genre de situation avant qu'elle ne franchisse le seuil nucléaire, il faut des capacités spécifiques. L'alerte avancée pour détecter les menaces, la défense aérienne élargie pour s'en prémunir, la frappe dans la profondeur pour contrer et agir au plan offensif. C'est tout cela qu'on appelle l'épaulement. Pour être forts dans notre dissuasion nucléaire, nous devons être forts dans nos capacités conventionnelles dans toutes leurs dimensions. C'est bien sur ces deux piliers que se fonde notre défense et j'en ai souligné l'importance dès 2020. Mais les dernières années ont bien montré le manque criant de capacités d'épaulement en Europe. Et cette situation n'est pas tenable. Et vous verrez qu'elle occupe une place importante dans mon raisonnement.
Tout cela montre en tout cas que les menaces nucléaires s'accroissent, se diversifient, qu'elles sont davantage connectées entre elles, qu'elles risquent d'être précédées d'épisodes de conflits intenses sous le seuil et que les défenses de nos adversaires potentiels se renforcent. Nous devons donc en tirer les leçons. Car en effet, dans ce monde dangereux et instable, comme vous m'avez déjà entendu le dire à plusieurs reprises, pour être libre, il faut être craint. J'en ai la conviction. Notre pays détient cette arme hors du commun qu'est l'arme nucléaire et il en fait le socle de sa sécurité. La chaîne de commandement est d'une clarté totale et la décision ultime revient au seul président de la République.
Devant la Nation, dans ces temps d'incertitude, je le redis aujourd'hui avec force, en ma qualité de président de la République, je n'hésiterai jamais à prendre les décisions qui seraient indispensables à la protection de nos intérêts vitaux. Si nous devions utiliser notre arsenal, aucun Etat, si puissant soit-il, ne pourrait s'y soustraire. Aucun, si vaste soit-il, ne s'en remettrait. Un seul de nos sous-marins, tel que celui derrière moi, emporte avec lui une puissance de frappe qui équivaut à la somme de toutes les bombes tombées en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est près de mille fois la puissance des premières bombes nucléaires. C'est donc un discours de puissance assumé au service de la paix que je viens vous tenir aujourd'hui. Et cette puissance, vous le savez mieux que quiconque, ne vient pas sans effort. Le maintien de la crédibilité de cet outil est le fruit de décisions importantes prises ces dernières décennies et accélérées ces dernières années. Les trois décennies d'après la guerre froide nous avaient offert cette parenthèse de l'histoire où nous bénéficions de l'affaiblissement de nos adversaires et de l'empathie assurée de nos alliés. En conséquence, nous avions progressivement renoncé à la composante terrestre de notre dissuasion et nos arsenaux avaient décru. Ces temps pourtant si proches semblent déjà lointains.
Dès 2017, j'ai pris acte de la fin des dividendes de la paix. Je me suis employé à assurer le renouvellement de tous nos moyens pour les prochaines décennies. Nos futurs sous-marins stratégiques ont été mis en chantier. Ceux qui assurent avec vaillance une présence permanente à la mer depuis 1972 verront donc la troisième génération prendre la mer. Ici même, à l'Île-Longue.
Les premières découpes de l'acier qui façonnera les coques de ces nouveaux sous-marins ont commencé il y a plusieurs mois à Cherbourg. Je tiens ici à féliciter les acteurs militaires, industriels, scientifiques qui œuvrent à ce succès. Très peu de nations dans notre monde sont capables de construire de tels sous-marins nucléaires, prodiges inégalés de technologies, aussi discrets que performants, capables de frapper en tous points nos agresseurs potentiels. Dans la tradition qui préside au baptême de nos sous-marins, j'ai ainsi aujourd'hui l'insigne honneur de vous annoncer que le futur sous-marin nucléaire lanceur d'engin qui battra pavillon français se nommera l'Invincible et naviguera en 2036.
La même rigueur s'est appliquée au renouvellement intégral des autres domaines de la dissuasion. Nous disposons depuis quelques mois du nouveau missile M51.3 sur nos SNLE et d'une nouvelle tête nucléaire océanique optimisée pour pénétrer toutes les défenses. Notre force aérienne stratégique et la force aéronavale nucléaire ont vu leur missile de croisière nucléaire rénové et nous allons lancer cette année le très ambitieux programme de missiles stratégiques hypersoniques et manœuvrants qui équipera nos avions de combat et le futur porte-avions dans la prochaine décennie.
Notre programme national Tritium a été consolidé, nous assurant de notre capacité à poursuivre la production d'armes nucléaires en totale indépendance et autosuffisance. Notre réarmement, vous le voyez, engagé depuis presque dix ans, porte donc ses fruits. Vous en voyez certains effets ici même et l'effort se poursuivra bien sûr symétriquement sur le volet conventionnel. Et pourtant, le contexte que j'ai évoqué au début de mon propos m'amène à une conclusion claire : nous ne pouvons pas nous satisfaire de la trajectoire actuelle. Je dois à la Nation, pour aujourd'hui mais aussi pour l'avenir, l'assurance absolue que notre dissuasion demeurera crédible et qu'au moment des circonstances extrêmes, elle nous soustraira à tout chantage et toute capitulation.
L'évolution des défenses de nos compétiteurs, l'émergence de puissances régionales, la possibilité de coordination entre adversaires et les risques liés à la prolifération, tout cela après un examen minutieux, m'a conduit à cette conclusion. Un rehaussement de notre arsenal est indispensable.
Il ne s'agit pas ici d'entrer dans une quelconque course aux armements. Cela n'a jamais été notre doctrine. Il serait inutile de prétendre entrer dans une coûteuse surenchère. L'essentiel, comme je le disais, est que tout adversaire ou toute combinaison d'adversaires ne puisse entrevoir la possibilité d'une quelconque frappe à l'encontre de la France sans la certitude de se voir infliger des dommages dont ils ne se relèveraient pas. Il n'est point besoin de symétrie des arsenaux pour cela. Notre doctrine refuse donc l'idée de riposte nucléaire graduée. L'armement nucléaire français est stratégique et exclusivement stratégique car il s'agit bien d'armes d'une toute autre nature que celles dont on pourrait user sur un champ de bataille.
La France, depuis le président François Mitterrand, a ainsi abandonné tout concept d'emploi tactique des armes nucléaires et nous n'y reviendrons pas. Dans cette optique d'asymétrie assumée, la France a toujours envisagé pour son arsenal les seuils strictement cohérents avec l'efficacité opérationnelle de notre dissuasion. Ma responsabilité est d'assurer que notre dissuasion conserve et qu'elle conservera à l'avenir son pouvoir de destruction assuré dans l'environnement dangereux, mouvant et proliférant que je viens de rappeler. C'est pourquoi j'ai ordonné d'augmenter le nombre de têtes nucléaires de notre arsenal. Pour couper court à toute spéculation, nous ne communiquerons plus sur les chiffres de notre arsenal nucléaire, contrairement à ce qui avait pu être le cas par le passé. Pour être libre donc, il faut être craint et, pour être craint, il faut être puissant. Cette augmentation de notre arsenal en témoigne.
Mais pour être puissant, et c'est le deuxième temps de mon propos aujourd'hui, il faut être plus uni. Et c'est d'Europe que je vais vous parler à présent. Notre sécurité ne s'est jamais conçue dans les seules limites de notre territoire, au plan conventionnel comme au plan nucléaire. C'est un fait évident de la géographie qui est là et qu'on ne peut négocier. J'ajouterai d'ailleurs, aujourd'hui plus que jamais : l'indépendance ne peut être la solitude. Dans le domaine nucléaire, cela a été reconnu par tous mes prédécesseurs sans distinction. Mais aujourd'hui, les conditions sont désormais véritablement réunies pour en tirer les conséquences concrètes.
Pour expliquer ce point, permettez-moi de m'attarder un instant sur un élément central de notre doctrine nucléaire, les intérêts vitaux de la Nation. La dissuasion nucléaire française a vocation à dissuader tout État de s'en prendre à nos intérêts vitaux. Quels sont-ils ? Nous ne les avons jamais énoncés précisément. Nous ne les avons jamais énoncés précisément, à dessein. Nos lignes rouges ne sont pas lisibles. Elles ne sauraient l'être. À coup sûr, pourtant, nos intérêts, s'ils couvrent le territoire hexagonal et ultramarin, ne peuvent se confondre avec le seul tracé de nos frontières nationales.
Peut-on envisager que la survie de nos partenaires les plus proches soit mise en jeu sans que cela affecte nos intérêts vitaux ? Ou à l'inverse, qu'une menace extrême en Europe ne concerne que nous-mêmes ? Pour ces raisons fondamentales, les Présidents successifs ont évoqué la dimension européenne des intérêts vitaux de la France. En février 2020, j'avais réitéré l'offre de tous mes prédécesseurs, depuis le Président François Mitterrand, d'un dialogue avec les pays européens qui seraient désireux d'approfondir avec nous cette dimension. J'avais même proposé d'associer ces pays à des exercices de notre dissuasion.
Six ans plus tard, nous sommes dans un autre univers stratégique. Nous devons passer à une toute autre étape et formuler pour notre époque ce dont le général de Gaulle avait déjà l'intuition. Je crois pouvoir affirmer que nos partenaires y sont prêts.
Nous avons d'abord resserré en juillet dernier les liens avec le Royaume-Uni, partenaire majeur et puissance nucléaire indépendante avec laquelle nous reconnaissons depuis 1995 qu'il n'y a pas de situation engageant les intérêts vitaux de l'une sans que ceux de l'autre ne soient affectés. Nous avons renforcé nos coopérations nucléaires bilatérales, affirmé notre solidarité commune avec les Européens et ouvert la possibilité d'une coordination de nos dissuasions respectives. Dès cet hiver, de hauts responsables britanniques ont assisté, pour la première fois depuis l'existence de notre dissuasion, à l'un des exercices de nos forces aériennes stratégiques.
Mais notre ambition doit être plus grande, car c'est la sécurité du continent, la nôtre, qui est en jeu pour l'avenir. Des contacts ont été pris avec un premier groupe d'alliés, à commencer, bien entendu, par notre partenaire essentiel, l'Allemagne. Ils ont répondu favorablement à l'offre de la France.
Aujourd'hui, une nouvelle étape de la dissuasion française peut donc se concrétiser. Nous entrons sur le chemin de ce que j'appellerai la dissuasion avancée. Je préfère le dire tout de suite, il n'y aura aucun partage de la décision ultime, ni de sa planification, ni de sa mise en œuvre. En vertu de notre Constitution, elle appartient au seul président de la République comptable devant le peuple français.
En conséquence, il n'y aura pas non plus de partage de la définition des intérêts vitaux, qui restera d'appréciation souveraine pour notre pays. Et pour cette raison, comme dans les autres alliances nucléaires, y compris lorsqu'elles ont des plans et des procédures, il n'y aura pas de garantie au sens strict du terme. Une garantie rigide, d'ailleurs, serait imprudente. Elle abaisserait le seuil nucléaire et réduirait d'autant l'incertitude de nos adversaires.
Avec la dissuasion avancée, notre doctrine conservera ses fondations originelles, son caractère strictement défensif, le refus de la bataille nucléaire, la rupture totale et assumée entre le conventionnel et le nucléaire. Il en va de même pour l'opportunité d'un avertissement nucléaire unique et non renouvelable. Il sera toujours décidé, à la seule discrétion de la France, pour signifier très concrètement que le conflit vient de changer de nature et que la France entend par ce moyen préserver une ultime chance de rétablir la dissuasion.
La France assumera donc toujours seule, en intégrant à sa réflexion les intérêts de nos alliés, le franchissement délibéré du seuil nucléaire. La dissuasion avancée est une démarche progressive. Elle offre la possibilité pour les partenaires de participer aux exercices de la dissuasion, tout d'abord. Cela pourra impliquer également du signalement, y compris au-delà de nos frontières strictes ou la participation conventionnelle de forces alliées à nos activités nucléaires. Elle pourra enfin prévoir le déploiement de circonstances, d'éléments de forces stratégiques chez nos alliés.
De la même façon que nos sous-marins stratégiques se diluent naturellement dans les océans, garantissant une capacité permanente de frappe, nos forces aériennes stratégiques pourront ainsi se disséminer dans la profondeur du continent européen. Cette dispersion sur le territoire européen, à la manière d'un archipel de forces, compliquera le calcul de nos adversaires et donnera à cette dissuasion avancée beaucoup de valeur pour nous. Elle renforcera notre défense en lui accordant du champ et lui offrira une profondeur stratégique nouvelle, cohérente des enjeux de sécurité en Europe. Sa valeur sera, je le crois, très forte aussi pour les partenaires qui entreront dans cette logique avec nous, et dont le territoire gagnera un lien affirmé avec notre dissuasion.
Il a été clair dès le début, pour nous et pour nos partenaires, que cet effort viendrait en plus de la mission nucléaire de l'OTAN. A laquelle, je le rappelle, nous ne prenons pas part. La dissuasion avancée que nous proposons est un effort distinct qui a sa valeur propre et qui est parfaitement complémentaire de celui de l'OTAN au plan stratégique comme au plan technique. Le travail que nous avons entamé sur ce projet avec les Européens s'est fait en pleine transparence avec les Etats-Unis d'Amérique et en coordination étroite avec le Royaume-Uni.
Que les Alliés, qui nous ont témoigné leur confiance en travaillant intensément à ces futurs partenariats, dans le respect de nos obligations internationales, et tout particulièrement du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, en soient ici, aujourd'hui, remerciés. L'Allemagne sera un partenaire clé de cet effort, naturellement, le plus ambitieux dans l'esprit du traité d'Aix-la-Chapelle. Les premières étapes de la coopération commenceront dès cette année et pourront inclure des visites de sites stratégiques et des exercices conjoints.
Dès à présent, d'autres pays ont accepté ce dialogue et, au-delà de nos partenaires et amis britanniques et allemands déjà évoqués, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark s'y joindront. C'est une véritable convergence stratégique entre nos pays, de nature à donner une réelle profondeur à la défense de notre continent. Les discussions sont aussi ouvertes avec plusieurs autres pays, se poursuivront dans les semaines et les mois à venir.
A l'image de ce que nous avons mis en place avec le Royaume-Uni, des organes d'échange, au niveau politique, vont être créés avec chacun de ces pays, dès les prochains jours. Cela suppose un travail commun sur la menace et le renseignement, des moyens de communication spécifiques, une organisation, mais aussi une compréhension commune des ressorts de l'escalade et de comment y faire face, en particulier dans sa phase conventionnelle.
C'est pourquoi aussi la démarche de la dissuasion avancée, de par sa nature, accroît notre protection et celle de nos partenaires. De la même manière que la France crée pour les adversaires de l'Europe de nouveaux dilemmes stratégiques à travers cette dissuasion avancée, nos partenaires contribuent en retour à la sécurité collective et donc à celle de la France. C'est la nature même de l'épaulement stratégique.
L'expérience des dernières années montre bien qu'il y a au moins trois domaines où notre Europe, si elle devait faire face à une escalade et la gérer sous le seuil nucléaire, bénéficierait de nouveaux moyens collectifs. L'alerte avancée, donc la capacité, par une combinaison de satellites et de radars, de détecter et de suivre les missiles qui pourraient nous viser, la maîtrise de notre ciel avec la défense aérienne élargie et les protections anti-missiles et anti-drones, et enfin les capacités de frappe dans la grande profondeur. En entrant avec nous dans cet épaulement réciproque, les pays partenaires peuvent aider à renforcer les capacités de l'Europe dans ces trois domaines. Ce serait une juste répartition des efforts, et la France y sera donc clairement gagnante.
D'ores et déjà, les projets avancent, et nous continuerons de forcer le pas. Pour ce qui est de l'alerte avancée, d'abord, le programme JEWEL donnera des capacités souveraines aux Européens pour détecter depuis l'espace les missiles qui les viseraient. Pour ce qui est de la défense aérienne, le système SAMP/T NG offrira des performances de premier rang mondial. Déjà, le Danemark et l'Ukraine en ont annoncé l'acquisition. Pour ce qui est de la frappe dans la profondeur, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France, dans le cadre de notre initiative dite ELSA, vont travailler ensemble à des projets de missiles de très longue portée. Cela nous donnera de nouvelles options pour gérer conventionnellement l'escalade, à l'heure où les adversaires déploient technologies et armements nouveaux. À mesure que s'intensifiera le partenariat, d'autres projets, d'autres contributions verront le jour, dans un esprit de complémentarité et de souveraineté européenne.
Voilà donc la nouvelle épaisseur que je souhaite donner à la défense de la France, et la nouvelle cohésion qui en résulterait pour notre continent. Vous le mesurez, c'est une évolution majeure que j'ai souhaité donner à notre dissuasion. Le contexte permettant enfin de mettre sur ces mots de dimension européenne, prononcés par presque tous mes prédécesseurs, une réalité qui bénéficie à la fois à notre pays et à nos alliés.
Mais dans la période troublée que nous vivons, il sera nécessaire aussi de repenser les règles qui régissent la sécurité de notre continent et du monde. C'est tout un cadre qu'il faut recréer, et les Européens devront pouvoir y prendre pleinement leur place et y défendre leurs intérêts. Ils le pourront d'autant plus qu'ils auront su prendre leur part du fardeau, renforcer leur autonomie stratégique et prendre les décisions majeures que je viens d'évoquer. Aujourd'hui, en effet, les accords internationaux de maîtrise des armements sont à la peine. Regardons la situation avec lucidité. Chacun a pris ses libertés. Les Etats-Unis ont mis fin aux traités sur les missiles antibalistiques. Les Etats-Unis et la Russie ont mis fin aux traités sur les forces nucléaires intermédiaires, dont la Russie violait depuis longtemps les dispositions. Le traité New Start, qui encadrait les arsenaux nucléaires américains et russes, a cessé d'exister il y a quelques semaines. La Russie a dératifié le traité d'interdiction sur les essais nucléaires, que les Etats-Unis n'avaient eux jamais ratifiés. Une reprise des essais romprait un moratoire de près de 30 ans. La Chine, quant à elle, en plein rattrapage, ne s'associe à rien. Alors, disons-le franchement, le champ des règles est un champ de ruines. Et l'animosité ambiante se prête assez peu à la confiance qu'il faut pour rebâtir les normes de sécurité collective. C'est pourquoi nous avons raison de durcir notre position et de prendre les décisions que je viens d'annoncer.
Cette anomie, malheureusement, ne vaut pas que pour ceux qui ont déjà l'arme, mais aussi pour ceux qui cherchent à l'acquérir. La conférence d'examen du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires se tiendra en mai, dans un paysage lourd de menaces, avec les progrès inquiétants du programme nord-coréen, la crise iranienne, et aussi les tentations croissantes de tous ceux qui, en Asie, en Europe ou ailleurs, cherchent des alternatives aux garanties de sécurité sur lesquelles ils croyaient pouvoir compter. Tel est l'esprit des temps. Mais la France ne compte pas s'y résoudre.
Dans le domaine de la maîtrise des armements, notre propre bilan est en effet exemplaire. Et je veux aujourd'hui ici le rappeler. Nous avons démantelé la composante terrestre de notre dissuasion et nos installations d'enrichissement à des fins militaires. Nous avons cessé nos essais nucléaires, développé un système performant de simulation et toujours refusé toute course aux armements. La démarche de dissuasion avancée que nous proposons n'est pas escalatoire, et en ce qu'elle accroît le sentiment de sécurité en Europe, elle est résolument bénéfique pour ne pas encourager un jour les risques de prolifération sur notre continent.
Mais c'est surtout de logique que nous devons changer. Oui, les Européens ont pris l'habitude que leur sécurité dépende de règles faites par des tiers, en d'autres temps, faites aussi, parfois à leur insu, souvent à leur dépens. Soyons clairs, l'architecture de sécurité européenne, c'était cela, des accords datant de la période de guerre froide négociés par d'autres que nous, y compris quand ils nous concernaient et qui ont été dénoncés par ceux-là même qui les avaient signés sans aucune concertation, quand bien même ces derniers étaient nos alliés. Notre époque appelle une autre méthode. Nous devons reconstruire un corpus de règles, mais pour ce qui nous concerne, à partir de nos intérêts de sécurité et ceux de notre continent.
Cela passera tout d'abord par un travail que les Européens doivent conduire sur la manière dont doit être organisée la stabilité de notre Europe. J'invite donc les partenaires à se joindre aux premiers travaux que nous avons entamés avec les Allemands et les Britanniques sur ce sujet. Les convergences organisées dans le cadre de la dissuasion avancée y aideront. Lorsque nos intérêts européens seront établis, il sera possible d'aller plus loin et d'ouvrir un cadre de négociation afin de contrôler certaines capacités conventionnelles et leur positionnement. Cette démarche est à préparer dès à présent par l'accroissement de notre indépendance européenne et elle doit viser demain un nouveau cadre de sécurité sur tous ces sujets, en particulier entre Européens et Russes, à tout le moins, et au niveau international, en cherchant à impliquer les Etats-Unis d'Amérique et la Chine, y compris concernant les capacités nucléaires sur une base équitable.
Mais ce que je souhaite plus que tout, vous l'aurez compris, c'est que les Européens reprennent le contrôle de leur propre destin. N'oublions pas, tout ceci étant dit, qu'au-delà de la comptabilité des arsenaux et des architectures de sécurité, il y a une dimension éthique à ce dont nous parlons. L'arme nucléaire a sa charge d’épouvante. Ses questions morales ne se résument pas aux lois d’airain de la stratégie avec ses logiques désincarnées. Il n'est que juste qu'une telle arme continue de susciter une discussion de raison pour en limiter l'usage, l'encadrer et préserver l'objectif à terme d'un monde sans arme nucléaire. Cela doit rester notre horizon.
Il n'est que juste aussi de militer avec persistance en faveur des usages pacifiques de l'énergie atomique. C'est tout l'esprit du TNP. Et la France est en bonne position pour promouvoir à cet égard le nucléaire civil. Après tout, quel autre pays repose sur cette énergie comme nous ? L'énergie nucléaire qui permet de produire 70% de notre électricité. Une énergie décarbonée à bas coût qui rend notre pays attractif. C'est ce qui fait que la France sera pleinement légitime pour organiser à Paris le 10 mars prochain un sommet pour encourager le développement de cette énergie, ses usages et son financement. Je crois aux vertus d'un nucléaire de confiance, aux vertus aussi des innovations dans la matière. Je crois à sa valeur pour faire face aux besoins voraces de nouvelles technologies. Je suis déterminé à aider l'Agence internationale de l'énergie atomique à favoriser avec un encadrement approprié les nouvelles technologies sensibles.
Mesdames et Messieurs, le temps est venu pour moi de conclure. J'aimerais vous inviter un moment à prendre la mesure de cet endroit à nul autre pareil. La base opérationnelle de l'Île-Longue, à l'extrémité du Finistère. L'Île-Longue, qui est tout à la fois la pointe avancée de l'Europe, son cap occidental et sa forteresse. Je vous invite à prendre conscience de tout ce qu'il signifie dans toutes ses dimensions. Masse, puissance, indépendance, donc. Et j'ajouterai solidarité stratégique. Ce que vous avez sous les yeux est un héritage précieux que nous sommes les dépositaires et que nous continuerons à faire vivre avec ténacité. Nous continuerons donc de développer le formidable outil de puissance, expression du génie français, patiemment érigé depuis le début de la Vème République. Je me suis fermement engagé depuis 2017 dans le renouvellement de nos forces stratégiques. Et je m'y emploierai jusqu'au terme du mandat.
La France sera forte d'un feu nucléaire modernisé, puissant, souverain et adapté à nos menaces. Toujours souveraine, elle sera forte aussi de son enracinement dans l'espace européen, de la profondeur stratégique qu'il lui donne, du renforcement des liens entre alliés et des complémentarités nouvelles qu'ils permettent. Le demi-siècle qui vient sera un âge d'armes nucléaires. La France déterminée, libre, confiante, y tiendra tout son rôle. Elle continuera de se fortifier et pour son propre bénéfice elle arrimera ce cap sur l'Atlantique au socle européen. Tel est mon message aujourd'hui, soyons puissants, soyons unis, soyons libres.

> [Déclaration conjointe du Président Macron et du Chancelier Merz sur le renforcement de la coopération de la France et de l’Allemagne en matière de dissuasion en réponse à l’évolution des menaces] Dans l’esprit de leur partenariat étroit, tel que défini à l’article 4 du traité d’Aix-la-Chapelle, la France et l’Allemagne ont décidé de renforcer leur coopération en matière de dissuasion en réponse à l’évolution des menaces.
La France et l’Allemagne ont mis en place un groupe de pilotage nucléaire de haut niveau qui servira de cadre bilatéral pour le dialogue doctrinal et la coordination de la coopération stratégique, notamment pour les consultations relatives à l’articulation optimale de capacités conventionnelles, de défense antimissile et de capacités nucléaires françaises. La France et l’Allemagne se sont engagées à prendre des mesures concrètes dès cette année, notamment la participation de l’Allemagne aux exercices nucléaires français, des visites conjointes sur des sites stratégiques et le développement de capacités conventionnelles avec leurs partenaires européens. La France et l’Allemagne renforceront également leur capacité, en tant qu’Européens, à gérer l’escalade sous le seuil nucléaire, en particulier dans les domaines de l’alerte avancée, de la défense aérienne et des frappes de précision en profondeur.
Cette coopération franco-allemande repose sur la conviction partagée que la dimension nucléaire de la dissuasion demeure un pilier de la sécurité européenne, laquelle s'appuie sur la dissuasion élargie des États-Unis, notamment les armes nucléaires américaines prépositionnées en Europe, et sur les forces nucléaires stratégiques indépendantes de la France et du Royaume-Uni, qui ont un rôle dissuasif propre et contribuent significativement à la sécurité globale de l'Alliance. Cette coopération franco-allemande viendra compléter, et non remplacer, la dissuasion nucléaire de l'OTAN et les accords de partage nucléaire de l'OTAN, auxquels l'Allemagne contribue et continuera de contribuer. La France et l'Allemagne continueront de respecter leurs obligations au titre du droit international, notamment le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
Compte tenu de leur ferme engagement envers l'article 5 du Traité de l'Atlantique Nord et l'article 42, paragraphe 7, du Traité sur l'Union européenne, la coopération franco-allemande vise à renforcer les systèmes de sécurité collective auxquels appartiennent les deux pays. Elle vise à renforcer la sécurité de l'Europe dans son ensemble. Une attention particulière sera portée à la coordination avec les États-Unis, le Royaume-Uni, les autres Alliés et l'OTAN.

> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran / Propos introductifs lors du Conseil de défense et de sécurité nationale (1er mars)]
Les frappes que mènent depuis hier matin les États-Unis et Israël contre l'Iran ont conduit à une escalade régionale sans précédent. Et les attaques de missiles, de drones lancés en réponse par l'Iran d'une manière totalement disproportionnée et indiscriminée ont touché des emprises militaires, de nombreuses cibles civiles chez nos partenaires et alliés de la région.
Dans ce contexte-là, notre priorité, je l'évoquais hier, c'est la sécurité de nos ressortissants, évidemment de nos emprises militaires, diplomatiques, des ressortissants qui vivent ou font séjour dans ces pays partenaires. Et je remercie le ministre et les équipes d'avoir avancé sur la base des instructions d'hier, et nous ferons le point détaillé pays par pays de la situation, à la fois pour protéger et pour pouvoir rapatrier dès que les espaces aériens seront ouverts.
Ensuite, il y a la sécurité et la souveraineté de nos partenaires dans la région. Les Émirats arabes unis sont de très loin les plus touchés et les plus exposés. Le Qatar est aussi très ciblé. Tous les autres pays de la région ont été frappés. Nous avons, aux Émirats arabes unis, un hangar de notre base mitoyenne de la base émirienne qui a été touchée dans une attaque de drone qui a ciblé le port d'Abu Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités. Il n'y a aucun blessé à déplorer. Mais tout cela nous conduit, là aussi, à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être aux côtés de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense et pouvoir adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer.
Nous avons, dès les premières heures, pris nos responsabilités, en effet, pour protéger nos ressortissants nos intérêts et être aux côtés des pays de la région, et nous continuerons de le faire. Et je souhaite que ce Conseil nous permette d'examiner l'ensemble des options, regarder aussi la cinétique des opérations et des frappes, l'évolution en Iran, l'évolution dans la région. Et enfin, nous ferons le point sur la situation nationale, les risques tels que nous les évaluons, et évidemment les conséquences économiques de ce conflit.

> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran / Propos introductifs lors du Conseil de défense et de sécurité nationale (28 février)]
Merci beaucoup d'être là pour ce Conseil de défense, pour qu’on puisse passer en revue à la fois l'analyse de la situation, évidemment, et les actions utiles à prendre, en plus de ce qui a déjà été fait. Les États-Unis d'Amérique et Israël ont décidé de frapper l'Iran ces dernières heures. La France n'a été ni prévenue, ni impliquée, tout comme d'ailleurs l'ensemble des pays de la région et nos alliés. L'Iran a répliqué dans de très nombreux pays, de très nombreux pays amis, où nous avons, dans nombre d'entre eux, des emprises militaires et des ressortissants, avec donc des conséquences sur la stabilité régionale, la paix dans la région et au-delà.
La priorité absolue pour nous est évidemment la sécurité de nos ressortissants dans tous les pays qui sont aujourd'hui frappés. C'est ensuite la sécurité de nos emprises, militaires et diplomatiques dans l'ensemble de ces pays et ceux qui seraient exposés. Et c'est évidemment aussi la sécurité sur le territoire national, nous aurons l'occasion d'y revenir.
Deuxièmement, c'est d'être aux côtés de tous les pays qui sont aujourd'hui touchés par la riposte iranienne ou qui sont menacés par celle-ci dans leur intégrité territoriale, leur souveraineté. J'ai eu l'intégralité de ces pays, ces dernières heures, au téléphone, je vous en rendrai compte, et le ministre des Affaires étrangères sans doute aussi. Et enfin, je souhaite que nous puissions prendre toutes les initiatives utiles pour que le travail diplomatique reprenne ses droits.
Nous avons, d'ores et déjà, appelé à une réunion exceptionnelle du Conseil de sécurité des Nations unies, nous devons multiplier les initiatives pour que la question se règle par la voie diplomatique, car nul ne peut penser que la question du nucléaire iranien, de l'activité balistique, des déstabilisations régionales se régleront simplement par les frappes. Et évidemment aussi les droits légitimes du peuple iranien à se faire entendre, ce qu'il a exprimé ces derniers mois encore en étant terriblement réprimé, c'est de pouvoir décider lui-même de son destin. Et c'est aussi une des choses que nous devons tout faire pour défendre.

> Coup dur pour la flotte fantôme : en Mer du Nord, nos hélicoptères de la Marine nationale ont contribué cette nuit à l’arraisonnement par les forces belges d’un pétrolier sous sanctions internationales. Les Européens sont déterminés à couper les sources de financement de la guerre d’agression de la Russie en Ukraine en faisant respecter les sanctions.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Le Président de la République a fixé notre doctrine de dissuasion pour les années à venir. Elle s’inscrit pleinement dans la continuité de la doctrine historique d’indépendance stratégique voulue par la France depuis l’origine et que nous mettons en œuvre avec constance depuis 2017. Autonomie de décision préservée. Crédibilité renforcée. Format adapté aux menaces de notre temps. Le Gouvernement traduira ces orientations en actes : moyens budgétaires consolidés, capacités modernisées, soutien accru à notre base industrielle et technologique de défense. La dissuasion avancée proposée à nos partenaires européens organise un épaulement stratégique nouveau, qui renforce la sécurité collective tout en maintenant la décision ultime au niveau national. À ceux qui ont parlé trop vite, nous répondons par des faits : continuité stratégique, clarté politique, exécution budgétaire.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)

> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran Au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), où le déroulement du conflit est suivi heure par heure, afin d’éclairer les décisions que le chef des armées est appelé à prendre.

> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Émiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d'Abu Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n'est à déplorer. La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d’heure en heure.

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Derrière la flotte fantôme, il y a un objectif clair: contourner les sanctions pour financer la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine. Notre réponse est tout aussi claire : frapper les ressources financières de la Russie et faire respecter, aux côtés de nos partenaires, les décisions européennes.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Le Moyen-Orient est à nouveau entraîné tout entier dans une dangereuse escalade militaire. Soyons clairs, le régime iranien porte une responsabilité écrasante dans cette situation, du fait de son obstination coupable à se doter des moyens de la déstabilisation et de la menace : par son programme nucléaire, par ses missiles balistiques, par son soutien constant à des groupes terroristes. Par son refus, aussi, d’entrer de bonne foi dans une négociation avec l’Europe, puis avec les États-Unis. Et par la répression sanglante des aspirations légitimes du peuple iranien.
Depuis des décennies, ce régime viole le droit international. Il bafoue les résolutions du Conseil de sécurité encadrant son programme nucléaire et prohibant le soutien à des groupes armés. Il viole sans retenue les droits de l’Homme en tournant, comme encore récemment, ses armes contre son propre peuple.
Il est profondément regrettable que cette situation n’ait pu être réglée dans le cadre des institutions internationales, qui sont les seules susceptibles de créer les fondations d’une paix et d’une stabilité durable. Mais chacun le sait, le veto brandi par certains membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies a paralysé l’action collective, y compris lorsque le recours à la force aurait été nécessaire pour faire respecter le droit.
Malgré cela, l’intervention décidée unilatéralement par Israël et les États-Unis d’Amérique aurait mérité d’être débattue dans les instances collectives prévues à cet effet. Chacun aurait ainsi pu prendre ses responsabilités. Car ce n’est qu’en se confronter au Conseil de sécurité que le recours à la force peut revêtir la légitimité nécessaire.
La réplique inconsidérée et indiscriminée du régime iranien est à l’image de la stratégie qu’il poursuit depuis longtemps : la terreur et le chaos. Hier, un hangar de notre base navale aux Émirats a été touché dans une attaque de drone qui a ciblé le port d’Abou Dabi, avec heureusement des dégâts uniquement matériels et limités. Cette nuit, c’est une base britannique à Chypre, où un drone se serait écrasé. Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu’ils n’avaient pas choisie, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie, la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête, conformément aux accords qui la lient à ses partenaires et au principe de légitime défense collective prévue par le droit international à participer à leur défense.
Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix, avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités comme le peuple libanais refusent d’être entraînés. Il doit mettre immédiatement un terme à ses opérations. Le Liban doit être préservé de l’embrasement régional. La France restera engagée pour la souveraineté et la stabilité de ce pays et organisera dès que possible une conférence internationale de soutien à ses forces armées.
Dans ce contexte très dégradé, notre priorité absolue va à la sécurité des ressortissants français et de nos emprises. J’ai présidé à l’instant une réunion des services de l’État, pleinement mobilisés à cet effet, et en particulier ceux du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, que je veux remercier pour leur engagement sans faille, dans les pays de la région comme ici à Paris.
Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région directement concernés par la situation. À notre connaissance, aucune victime française n’est à déplorer à ce stade. 15 postes diplomatiques, ambassades et consulats, sont pleinement mobilisés pour assurer la sécurité des ressortissants français et leur porter assistance le cas échéant. En soutien à leur action, le centre de crise et de soutien du ministère a mis en place une cellule téléphonique d’urgence, joignable 24h sur 24, 7 jours sur 7. Depuis le début des interventions militaires, près de 5.000 appels ont été reçus et traités à Paris ou dans nos postes. Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre, lorsque c’est possible, ce qui n’est pas le cas dans tous les pays concernés.
Les messages passés à nos compatriotes à l’étranger sont clairs : à tous, consultez régulièrement le site diplomatie.gouv.fr. Les consignes y sont mises à jour quotidiennement. Aux Français de passage, inscrivez-vous sur le Fil d’Ariane. C’est indispensable pour que nous puissions vous informer et vous localiser si nécessaire. En cas d’urgence, contactez les numéros de nos ambassades et consulats ou celui du centre de crise et de soutien, qui s’affichent juste à côté de moi, et qui ont été largement diffusés sur les réseaux sociaux du ministère des affaires étrangères et dans les médias français.
Je sais l’inquiétude de nos compatriotes sur place. Je sais l’angoisse de leurs familles qui attendent leur retour. Avec la ministre Éléonore Caroit et l’ensemble des équipes du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, nous sommes totalement mobilisés pour répondre à ces attentes. Nous n’économiserons aucun effort.
Deuxième priorité : la désescalade. La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d’un engrenage qui entraînerait l’Iran et la région dans une longue période d’instabilité, dont l’issue serait très incertaine et porterait atteinte à nos intérêts. C’est pourquoi l’escalade militaire doit cesser au plus vite. Le régime iranien, qui a désormais perdu son guide, doit mettre fin à ses attaques. Il doit se résoudre à des concessions majeures et à un changement de posture radical pour qu’une solution politique puisse être trouvée, qui rende possible la coexistence pacifique de l’Iran avec son environnement régional et la communauté internationale. Une solution qui prenne en compte les aspirations du peuple iranien à disposer de lui-même, à être respecté dans ses droits, à construire son avenir librement.
L’histoire nous l’enseigne, particulièrement dans cette région : la sécurité et la stabilité collective de long terme ne peuvent être construites à l’écart des principes de la justice et du droit. La France et l’Europe sont prêtes à jouer un rôle de premier pour y parvenir. C’est dans ce sens que la France s’est exprimée depuis 48 heures, par la voix du Président de la République et lors des réunions du Conseil de sécurité des Nations unies, du G7 et de l’Union européenne.

> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Comme l’a rappelé le Président de la République, nous n’avons pas été informés et nous n’avons pas participé aux opérations militaires lancées par les États-Unis et par Israël. Et comme je viens de le dire, ce n’est qu’en se confrontant au Conseil de sécurité que de telles opérations auraient pu revêtir la légitimité du droit international.
S’agissant plus particulièrement de nos partenaires dans la région qui ont été ciblés, visés délibérément par le régime iranien, nous nous tenons prêts à concourir à leur défense en fonction de leurs demandes, de manière proportionnée et conformément au principe de légitime défense collective prévu par le droit international.

> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Nous nous préparons à toute éventualité et nous suivons avec beaucoup d’attention l’évolution de la situation sur place. C’est tout l’objet de la réunion que je viens de présider, associant l’ensemble des services de l’État. S’agissant des espaces aériens, tous ne sont pas fermés. L’espace aérien demeure ouvert au Liban, en Jordanie, en Égypte, en Oman et en Arabie saoudite notamment.

> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Sur la question de la base française aux Émirats, dont l’un des hangars a été touché. Le Président de la République l’a dit hier soir : nous rehaussons notre posture de défense. Et s’agissant de nos partenaires, je viens de répondre à l’instant, en fonction des demandes qui nous sont adressées, dans un esprit de proportionnalité et conformément aux droits internationaux, nous nous tenons prêts à concourir à leur défense. (…)
Il s’agit d’assurer la sécurité de nos emprises, de nos bases, de nos personnels militaires dans la région. De nous tenir prêts également, je le rappelais, à concourir à la défense de nos partenaires dans les conditions évoquées, s’ils en faisaient la demande, de manière proportionnée et conformément au droit international.

> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] La désescalade est nécessaire, puisque la prolongation indéfinie des opérations militaires à l’échelle de cette région pourrait déclencher un engrenage gravissime portant atteinte, menaçant nos propres intérêts et évidemment certains de nos intérêts économiques. C’est pourquoi aujourd’hui tous les efforts doivent être portés, c’est la deuxième priorité que j’évoquais tout à l’heure, vers cette désescalade.

> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Le Président de la République s’est entretenu avec le Premier ministre irakien ainsi qu’avec le président de la région autonome du Kurdistan. Je me suis entretenu pour ma part à deux reprises avec mon collègue irakien. Nous avons exprimé aux autorités irakiennes notre soutien dans leurs efforts pour éviter que l’Irak ne se trouve entraîné d’un côté ou de l’autre de ce conflit, et notre intention de continuer à apporter le soutien et toute la solidarité nécessaire à l’Irak pour préserver sa sécurité mais aussi sa souveraineté.

> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] les pays du Moyen-Orient sont ciblés par des attaques massives et injustifiées de l'Iran. Arabie saoudite, Émirats Arabes Unis, Qatar, Bahreïn, Koweït, Oman, Jordanie sont entrainés dans une guerre qu'ils n'ont pas choisie. En contact étroit avec leurs ministres des Affaires étrangères, j'ai exprimé à chacun d'entre eux la condamnation sans appel, la pleine solidarité et le soutien entier de la France.

> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Coordination avec les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne pour protéger nos ressortissants, défendre nos intérêts et affirmer notre solidarité avec les pays ciblés par des attaques injustifiées de l'Iran.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> La lutte contre les maltraitances franchit une nouvelle étape. Depuis le 1er mars, la plateforme nationale de signalement est opérationnelle avec 21 écoutants formés, mobilisés pour accompagner et orienter les personnes en situation de vulnérabilité. Un dispositif renforcé, accessible via le 31 33, pour mieux protéger les personnes âgées et les personnes en situation de handicap.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> [Mélenchon ironise sur le nom de Raphaël Glucksmann] Qui cela peut-il (encore) faire rire ? Honte à tous ceux qui portent l'étiquette LFI, les acceptent sur leurs listes ou envisagent une alliance au nom de prétendues «circonstances locales». Vous perdrez et vous perdrez dans la honte.

 

● Autres ministres
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)

> Pour la sécurité des Français et par respect pour les victimes, il n’était pas concevable que la Justice libère des prévenus criminels, faute de pouvoir les juger dans les délais fixés par notre droit. C’est pourquoi, devant les principaux cadres du ministère de la Justice, j’ai annoncé notre stratégie pour empêcher ces libérations : un projet de loi dédié à l’audiencement criminel au printemps, ainsi que des moyens exceptionnels immédiats pour juger davantage.

> Face à la criminalité organisée, aux mafias et au narcotrafic, la mobilisation de l’État et de l’ensemble de la société sont indispensables pour protéger nos démocraties.

> Aux victimes, nous devons accompagnement, information, soutien et empathie. Aux usagers, nous devons un service public moderne, fonctionnel, rapide, aussi bien digital qu’humain. C’est tout le sens de la direction des victimes et des usagers que je vais créer au ministère de la Justice dans les prochains mois, et pour laquelle le rapport de préfiguration m’a été rendu.

> La Justice est une Institution, mais c’est aussi un Service public ! J’ai réuni le Top 100 des cadres gestionnaires du ministère : les chefs de cour et les directeurs interrégionaux des services pénitentiaires et de la protection de la jeunesse. Au lendemain de la notification d’un budget très ambitieux pour la Justice, j’ai rappelé les chantiers prioritaires de notre ministère : mettre les victimes, et l’accès au droit, au cœur de notre justice, renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants et poursuivre la modernisation de nos prisons avec plus de fermeté et de dignité.

> Respecter les victimes, c’est aussi doter la Justice de toutes les avancées technologiques pour résoudre les affaires les plus complexes, en particulier les « Cold cases ». C’est ce que nous faisons avec le projet de loi que je porterai prochainement au parlement, qui permettra à la Justice d’avoir recours à la généalogie génétique. Une grande avancée pour les victimes en attente de justice.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] On ne peut que se satisfaire de la disparition de Khamenei, dictateur sanguinaire qui a opprimé son peuple. Il appartient désormais au peuple iranien libre de faire le choix de son destin. 

> Jean-Luc Mélenchon a sombré dans une dérive antisémite évidente.

> Jean-Luc Mélenchon fantasme d’un second tour LFI-RN.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Le Salon de l'Agriculture : des rencontres, des engagements et un trophée
Cette semaine au SIA, je repars avec une conviction renforcée : l'agriculture française mérite bien plus que des discours. « Venir, c'est soutenir » rappelait l’affiche : l'engagement se mesure aux actes.
Des échanges qui marquent
Lundi, j’ai rencontré agriculteurs, producteurs, représentants syndicaux et acteurs locaux en prolongement des discussions que nous avions eues sur le terrain. Des échanges directs, toujours sincères. Le malaise agricole n'est pas un slogan : c'est une réalité quotidienne pour ceux qui nous nourrissent tout en subissant des pressions sans précédent : crise des revenus, concurrence déloyale, crises sanitaires, changements climatiques, poids des normes… Signal d'alarme : pour la première fois, la balance commerciale agricole française n’est plus bénéficiaire.
Dimanche, j'ai remis le Trophée international de l'Enseignement agricole, sans bovins, un crève-cœur pour cette épreuve reine. Un vrai moment de fierté sur le salon et la clôture d’une semaine sous le signe de la jeunesse agricole à l’Assemblée. Nos selfs et restaurants ont mis à l'honneur les productions de 23 lycées agricoles, de l'Ardèche aux Pyrénées-Orientales, en passant par la Manche, la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie, une initiative lancée en 2023 avec 9 établissements, qui grandit chaque année. Mardi, les élèves du lycée d'Aubenas ont découvert l'hémicycle, échangé avec les députés et intégré que cette institution leur appartient autant qu'à nous tous. Ces jeunes innovent et portent des savoir-faire d'exception. Ils incarnent la souveraineté alimentaire de demain. La République doit être à leurs côtés.
Quelles réponses politiques concrètes ?
Les agriculteurs attendent trois choses : des revenus dignes, de la visibilité, des règles du jeu équitables. Ces revendications traduisent un malaise profond auquel nous devons répondre. La loi d'urgence agricole, annoncée en fin mars par le gouvernement, devrait apporter un arsenal de mesures sur la gestion de l’eau, les moyens de production et la prédation. Mais il faudrait commencer par mettre en œuvre les lois adoptées par le parlement, comme la loi de programmation agricole pour laquelle manquent encore des décrets d’application. C’est une question de démocratie et d’efficacité.
Un engagement sociétal qui nous concerne tous
Préserver l'agriculture française, c'est l'affaire de tous : consommateurs, entreprises, collectivités, services de l'État et élus. Déconstruisons une idée reçue : bien manger ne coûte pas plus cher. Un plat cuisiné maison est souvent moins onéreux que son équivalent industriel… Et bien meilleur. C'est aussi une question d'éducation alimentaire : apprendre à nos enfants d'où vient leur nourriture, comment la produire et la préparer, c'est leur transmettre des repères pour toute une vie.
Merci aux agriculteurs, éleveurs, élèves et enseignants pour leur engagement sans faille. La France a besoin de vous.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Khamenei, le régime des mollahs, c'est plus de 40 ans d'une chape de plomb sur tout un peuple. Ce sont des femmes brisées par l'islamisme. Ce sont des étudiants abattus à bout portant dans la rue. Ce sont des manifestants écrasés par des engins blindés. Ce sont des mères rançonnées pour pouvoir récupérer la dépouille de leur enfant. Ce sont des dizaines de milliers de prisonniers politiques. Des dizaines de milliers de morts en quelques semaines. Je ne peux que saluer et me réjouir qu'il ait été mis hors d'état de nuire.

> Matin, midi et soir, on se demande ce que vont faire Donald Trump et les États-Unis sur les questions internationales. Je souhaite que demain, matin, midi et soir, on se demande ce que vont faire la France et l'Europe sur les questions internationales.

> Je suis libéral économiquement. Intransigeant sur les questions de sécurité et d'autorité. Pro-européen. Progressiste sur les questions de société. Les Français n'attendent ni la grande division ni le retour en arrière promis par certains. Un projet d'espoir est possible. Nous avons des atouts extraordinaires. Tout est entre nos mains.

> Je me bats contre le Rassemblement national et la France insoumise. Je me bats contre l'extrême droite et l'extrême gauche. Ils se nourrissent les uns les autres. Ils l'assument et le revendiquent. Pour se retrouver face à face au second tour de l'élection présidentielle.

> En fermant les yeux, quand on écoute Jean-Luc Mélenchon, on peut imaginer que c'est Alain Soral ou Jean-Marie Le Pen qui s'exprime. C'est l'antisémitisme le plus abject, le plus immonde, qui resurgit sous l'impulsion du leader insoumis.

> Je constate que l'ONU est devenue un guichet humanitaire et une ONG climatique. Elle ne permet plus de prévenir, d'éviter les conflits ni de les résoudre. Face à cette guerre mondiale par fragments, nous devons imaginer une nouvelle gouvernance, de nouveaux multilatéralismes pour apaiser le monde.

> Ma génération n'a pas connu l'âge d'or du droit international, la mondialisation heureuse, la chute du mur de Berlin comme une promesse de la fin de l'histoire. Ma génération n'a connu que le monde régi par les rapports de force et la brutalité. Je suis un pragmatique. La responsabilité de ma génération doit être de mettre fin à cette guerre mondiale par fragments.

 

Marc Ferracci (député)
> Transformer le gaspillage en ressource : une industrie solidaire à construire Rien ne se perd quand on s’engage pour l’intérêt général. À l’Hôtel des Arts & Métiers, j’ai rencontré Jonas Caillet et Stéphane Gorce, président de la Société des Ingénieurs Arts & Métiers, qui m’ont présenté le projet Le Blé du Cœur. Cette initiative vise à structurer une filière nationale de revalorisation des résidus de pain pour les transformer en farine utile, solidaire et durable. Une démarche qui illustre parfaitement ce que peut être l’industrie de demain : innovante, responsable et ancrée dans les besoins concrets de la société. Ils m’ont proposé de rejoindre le conseil d’administration de leur association. J’ai accepté avec enthousiasme, convaincu que ces projets, à la croisée de l’économie circulaire, de la solidarité et de la souveraineté alimentaire, doivent être accompagnés et amplifiés. Faire émerger des filières industrielles utiles, c’est aussi cela préparer l’avenir productif de notre pays.

 

Olivia Grégoire (députée)
> A juste titre Gabriel Attal insiste, avec lucidité, sur la nécessité d’admettre que la nostalgie n’est pas une stratégie, et que comme le dit Carney, « nous ne comptons plus uniquement sur la force de nos valeurs, mais également sur la valeur de notre force ». Un avis salutaire.

 

Pieyre-Alexandre Anglade (député) 
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] La fin d’un tyran ! Nous pensons aux iraniens qui luttent depuis si longtemps et avec courage pour leur liberté. Nous sommes à leurs côtés pour qu’ils mettent un terme définitif à l’oppression qu’ils subissent.

 

● MoDem 
Bruno Fuchs (député)

> La vision multilatérale qui prévalait est aujourd’hui clairement remise en cause par la raison du plus fort et les situations de conflits qui se multiplient.
Par ailleurs, sur le terrain, la France se trouve mise en concurrence avec de nouveaux acteurs qui ne jouaient pas, il y a vingt ans, un rôle international aussi important qu’aujourd’hui.
Face à la nouvelle donne diplomatique, la France doit changer d’approche. Et faire appel, parfois, à d’autres méthodes. Là où auparavant le traditionnel jeu d’allers-retours des exécutifs suffisait à mettre de l’huile dans les rouages de nos relations bilatérales, il faut désormais être plus présents, mettre plus de monde sur le terrain, avec des rôles un peu différents.
Dans ce cadre, la diplomatie parlementaire a un rôle majeur à jouer pour déployer la stratégie pensée par le président de la République et le Quai d’Orsay.
Très concrètement, nous intervenons en force additionnelle à l’action de la diplomatie française. 

> Aujourd’hui, nous voyons que l’Europe est attaquée de toutes parts. Il y a donc une urgence absolue à contribuer à faire devenir l’Europe une puissance mondiale.
C’est un sujet central pour la survie de notre modèle démocratique. Voilà pourquoi je souhaite renforcer la coordination entre les divers parlements nationaux. À l’exception de l’APFA (Assemblée parlementaire franco-allemande), ce travail reste encore largement à mener et ce comité permet d’y répondre. 
Nous sommes également mobilisés pour faire progresser le triangle de Weimar, ce cercle de discussion rassemblant la France, la Pologne et l’Allemagne. 
Je rentre justement d’une mission diplomatique à Varsovie, où la Présidente de l’Assemblée nationale française a proposé une première rencontre des trois parlements.
Même si je suis un fédéraliste convaincu, force est de constater que dans le contexte actuel c’est par les nations que nous permettrons de faire avancer l’Europe, pour lui assurer un statut de puissance. À travers ce format inédit, je souhaite renforcer la coordination entre les divers parlements nationaux. Il nous faut partir de la souveraineté des États et voir quelles compétences ils souhaitent mettre en débat. Voilà pourquoi les parlements nationaux doivent avoir toute leur place dans les instances européennes. Ils en ont été un peu dessaisis depuis la création du Parlement européen. Pourtant, les députés nationaux voient les populations, ils sont sur le terrain, avec une légitimité qui n’est pas exactement la même que celle des eurodéputés.

> Avec la commission des Affaires étrangères, je cherche en permanence des approches nouvelles qui permettent d’apporter quelque chose de concret à nos concitoyens. Je cherche aussi à faire des propositions à la diplomatie française pour améliorer nos relations bilatérales. Par exemple, nous menons une action avec le parlement de la République démocratique du Congo (RDC), premier pays francophone au monde. Lorsque je m’y suis rendu, j’ai pu constater, à rebours du discours ambiant, que la France y était fortement attendue, notamment par le biais de l’action économique. (...)
La commission des Affaires étrangères peut aussi venir en appui de la diplomatie française dans des situations délicates, comme ce fut le cas récemment à Madagascar. Après le récent changement de gouvernance, et alors que l’Union africaine avait imposé des sanctions contre l’île, il était alors délicat pour le ministre Jean-Noël Barrot de s’y déplacer. En concertation avec lui, j’ai ainsi été le tout premier à m’y rendre. C’est évidemment un travail que mène au quotidien notre ambassadeur sur place, mais les autorités locales sont sensibles au fait de recevoir un politique et nous avons pu lancer une vraie dynamique favorable à la France.
Madagascar est un enjeu géopolitique majeur pour l’océan Indien et, sans grande surprise, Américains, Russes et Chinois y sont déjà présents. La France se doit évidemment de jouer son rôle. C’est un enjeu important.

> La France assoit son influence dans le monde sur de nombreux vecteurs. Elle a deux grands relais : l’Europe et l’espace francophone. 

La Francophonie doit être, dans le dérèglement mondial actuel, l’acteur central de notre vision du multilatéralisme.
C’est, je pèse mes mots, une évidence stratégique et quasiment vitale pour l’avenir de notre modèle de société et de notre influence. Je pense d’abord en Afrique, continent en plein développement et qui est pris entre les influences russes, turques, chinoises et européennes. Et si l’on peut louer les grands discours régulièrement prononcés par nos chefs d’État, les moyens ne suivent jamais. Il y a donc urgence pour la France de prendre, enfin, ses responsabilités et de contribuer au développement rapide de la francophonie.
À moins d’un an de l’élection présidentielle, il devient possible d’esquisser un bilan de la politique étrangère macroniste. En matière d’influence diplomatique, la France vous paraît-elle plus forte en 2026 qu’en 2017 ? 
Il y a évidemment des points saillants. Le président Macron est parvenu tout au long de son mandat à pousser de grandes inspirations qu’il a pu partager avec ses partenaires.
Il y a eu de vrais succès, comme la reconnaissance du droit à la Palestine d’avoir un État. Je pense aussi à la coalition des volontaires pour l’Ukraine, ou le grand emprunt européen qui a permis le plan de relance consécutif à la période pandémique.
En contrepoint, je dirais que la France a parfois tendance à rassurer dans une vision du monde un peu datée. Ça ne lui permet pas toujours d’affronter au mieux les nouvelles situations complexes. Il nous faut actualiser notre compréhension de l’évolution du monde, puis repenser notre stratégie et enfin lui donner les moyens pour se déployer.
L’augmentation du budget de la défense de plus de six milliards d’euros est évidemment indispensable, mais il ne peut pas s’accompagner, comme c’est aujourd’hui le cas, d’une stagnation du budget alloué à notre diplomatie. La défense et la diplomatie vont ensemble ; c’est un effort simultané qu’il nous faut accomplir.

 

Anne Bergantz (députée)
> [Opinion: « Face à la crise de la natalité, refonder notre politique familiale pour aider le désir d’enfant à se concrétiser »] En tant que vice-présidente de la mission d’information sur les causes et conséquences de la natalité, dont le rapport a été rendu public le 11 février 2026, Anne Bergantz a pris part à plusieurs dizaines d’auditions visant à identifier les raisons du recul des naissances en France, ainsi que des solutions concrètes qui pourraient être mises en place pour limiter l’ampleur de ce phénomène. 
Au début de l’année 2026, un chiffre a été abondamment commenté : pour la première fois, le nombre de décès enregistrés en France au cours de l’année écoulée (651 000) a dépassé celui des naissances (645 000). Dans le même temps, l’indice conjoncturel de fécondité (ICF) s’établissait à 1,56 enfant par femme, son niveau le plus bas depuis la Première Guerre mondiale. 
Comment expliquer ces chiffres, qui nous interpellent collectivement ? Certes, le choix d’avoir un enfant relève d’une décision intime propre à chaque couple. Mais celle-ci est inévitablement influencée par des facteurs économiques, sociaux et culturels propre à chaque époque. Par exemple, la hausse continue des prix de l’immobilier que nous observons depuis les années 2000 rend de plus en plus difficile l’accès à un logement propice à l’accueil d’un enfant. De même, l’âge de naissance du premier enfant se trouve retardé avec une entrée sur le marché du travail plus tardive. En outre, la perte de confiance en l’avenir à une époque où se multiplient les crises (politique, climatique, sanitaire, géopolitique…) peut également conduire à différer, voire à renoncer, à un projet d’enfant. Avoir un enfant est aussi une question de confiance dans l’avenir.
En réponse à ces dynamiques contemporaines, nous devons réinventer une politique familiale ambitieuse, adaptée aux réalités du XXIe siècle. Il ne s’agit pas de rétablir une politique nataliste héritée du passé - qui serait culpabilisante pour les jeunes - mais plutôt de soutenir les parents dans leur désir d’enfant et dans l’exercice de leur parentalité. Et ce, afin de créer les conditions dans lesquelles les enfants peuvent grandir épanouis.
Pour y parvenir, nous devons donc nous doter d’une politique familiale claire, dans laquelle chaque famille sait ce à quoi elle a le droit. Or, depuis la création de la branche Famille de la Sécurité sociale, nous avons accumulé des dizaines de prestations différentes (allocations familiales, complément familial, allocation de rentrée scolaire, prime de naissance...) possédant chacune leurs propres critères d’accès (selon les revenus des parents, l’âge de l’enfant, son rang dans la fratrie, la composition du foyer…). Cette complexité nuit à la lisibilité du système et affaiblit la portée de la solidarité nationale. Il convient donc de regrouper certaines aides et de distinguer nettement ce qui relève de la politique familiale – qui doit reposer sur une logique universelle – et ce qui ressort de la politique sociale, fondée sur la redistribution. 
C’est dans cet esprit que j’ai porté une proposition de loi, adoptée à l’unanimité en commission des affaires sociales le 19 février 2025, visant à simplifier et à réorienter notre politique familiale vers le premier enfant. Ce texte propose d’établir des allocations familiales pleinement universelles, sans modulation liée aux revenus des parents, ni à l’âge de l’enfant, ni à sa place dans la fratrie, afin que chaque enfant ouvre droit aux mêmes prestations. Elle appelle aussi à ouvrir le bénéfice des allocations familiales dès le premier enfant, et non à partir du second comme c’est le cas aujourd’hui. Car si, tout au long des Trente Glorieuses, on considérait que le premier enfant « venait tout seul » et que l’effort public devait porter sur les suivants, il est clair qu’à notre époque, les obstacles se concentrent à la naissance du premier enfant. De plus, près de 4 millions de familles se composent désormais d’un seul enfant et sont actuellement exclues de toute allocation.
Notre politique familiale doit aussi être actualisée dans le champ socio-fiscal. Ainsi, le quotient familial accorde une demi-part fiscale pour chacun des deux premiers enfants, puis une part entière à partir du troisième, ce qui valorise davantage les familles nombreuses. Le cumul des prestations sociales et des avantages fiscaux aboutit ainsi à une courbe en « U » : les ménages les plus modestes et les plus aisés sont, proportionnellement, les mieux accompagnés, tandis que les classes moyennes supportent l’essentiel de l’effort. Un rééquilibrage s’impose, et l’universalité constitue, là encore, un principe structurant.
Autre dimension essentielle de notre réflexion : la conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle, qui constitue une attente majeure des familles. Celle-ci suppose des congés parentaux accessibles, suffisamment rémunérés, d’une durée adaptée et réellement partageables entre les deux parents. L’instauration, à compter de juillet 2026, d’un congé supplémentaire de naissance indemnisé à 70 % du salaire net le premier mois et à 60 % le second, en complément des congés existants, représente une avancée qu’il faut saluer. 
L’aspiration des pères comme des mères à disposer d’un temps de présence plus long auprès de leur enfant dans ses premiers mois est en effet de plus en plus affirmée, et les travaux consacrés aux « 1000 premiers jours » menés par Boris Cyrulnik ont souligné l’importance décisive de cette période pour le développement de l’enfant. Il est à souligner que les femmes sont aujourd’hui plus diplômées que les hommes et ne veulent plus supporter seules le coût de la maternité, il faut donc permettre, sans contraindre, un partage plus égalitaire des congés à l’instar des pays nordiques. Ici aussi il y a un enjeu de simplification de notre modèle puisque nous ne comptons pas moins de cinq congés différents (congé maternité, le congé paternité, le congé de naissance, le nouveau congé supplémentaire de naissance et le congé parental d’éducation). Les entreprises ont ici rôle essentiel à jouer, certaines ayant déjà pris l’initiative de proposer des dispositifs plus favorables que le minimum légal.
Par ailleurs, la question du logement demeure un frein majeur à la constitution ou à l’agrandissement des familles. On estime que ces 25 dernières années, un jeune couple a perdu entre 20 et 30 mètres carrés de pouvoir d’achat immobilier dans les grandes villes, soit l’équivalent de deux chambres ! Il convient donc de faire des familles actives une priorité de la politique du logement, notamment en favorisant l’accession à la résidence principale et en réexaminant les modalités de transmission du capital et patrimoine afin d’encourager les transferts vers les plus jeunes générations par une fiscalité plus incitative.
Enfin, si les causes de la baisse de la natalité sont principalement d’ordre socio-économique, les difficultés liées à la fertilité représentent un drame pour les couples concernés. Une meilleure information sur la préservation de la fertilité doit être diffusée dès le jeune âge adulte (à partir de 25 ans) et les délais d’accès à la procréation médicalement assistée doivent être réduits afin que les femmes et les couples puissent bénéficier, sur le territoire national, d’un accompagnement à la hauteur de leurs attentes.
La baisse de la natalité impose donc de redonner toute sa place à la famille dans notre pacte républicain et d’adapter nos politiques publiques aux nouvelles attentes des familles. Nous disposons de leviers pour agir : pas nécessairement pour inverser la courbe des naissances, car cet objectif demeure improbable, mais au moins pour permettre aux familles qui le souhaitent de concrétiser leur projet parental.
Celle-ci constitue enfin un défi majeur pour le pacte social. Elle nous impose en effet d’anticiper dès à présent les effets du vieillissement de la population, et en particulier sur la solidarité entre les générations. Il en va notamment de l'avenir de notre régime de retraites, qui voit le rapport entre cotisants et bénéficiaires se dégrader inexorablement avec l'évolution de la démographie. 
Plus largement, c'est l’ensemble de notre système de Sécurité sociale, reposant très majoritairement sur les travailleurs, qui se trouve fragilisé ces tendances de fond. Une réflexion urgente doit donc être menée quant au financement de notre modèle social : nous avons le devoir d’engager ce débat dès aujourd’hui, par responsabilité envers les jeunes générations, qui en assumeront durablement les conséquences.

 

● Parti radical
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] La mort annoncée de l’ayatollah Ali Khamenei doit ouvrir la voie à une transition pacifique, démocratique et laïque. L’avenir de l’Iran appartient aux Iraniennes et aux Iraniens, libres et souverains !

> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Le Parti radical exprime son soutien inconditionnel au peuple iranien et appelle à la protection des civils.
Face aux bombardements en cours sur le territoire iranien dans le cadre des opérations conduites par les forces armées des États-Unis et israéliennes, le Parti radical tient à exprimer avec gravité et clarté sa position.
Notre première pensée va au peuple iranien, victime depuis plus de quarante ans d’un régime meurtrier, autoritaire, violent et liberticide.
Nous appelons également à l’extrême prudence et à la sécurité absolue de nos compatriotes et ressortissants français en Iran.
«Le Parti radical exprime son soutien inconditionnel au peuple iranien et à celles et ceux qui, au péril de leur vie, aspirent à la liberté, à la justice et à la démocratie. Nous appelons à ce que toutes les mesures nécessaires soient prises pour assurer la mise en sécurité des populations civiles durant les opérations militaires en cours. La protection des innocents doit constituer une priorité absolue et non négociable. » exprime Maxime Moulazadeh, secrétaire national du Parti radical à la Défense et aux Armées.
Nous réaffirmons que la responsabilité première de la tragédie que traverse aujourd’hui l’Iran incombe au régime en place, dont l’isolement international, les provocations et la répression interne ont conduit le pays dans une impasse dramatique. Le Parti Radical appelle à la capitulation immédiate de ce régime meurtrier, afin d’éviter de nouvelles souffrances au peuple iranien.
« L’avenir de l’Iran appartient à son peuple. Nous formons le souhait ardent qu’à l’issue de cette période tragique puisse naître un Iran libre, démocratique et pacifiée, pleinement intégrée dans la communauté des nations et respectueuse des principes universels qui fondent la dignité humaine. » indique la présidente du Parti radical, Nathalie Delattre.
Fidèle à ses valeurs humanistes, républicaines et laïques, le Parti Radical restera vigilant et mobilisé aux côtés de toutes celles et tous ceux qui œuvrent pour la liberté et la paix.

 

Nathalie Delattre (présidente)
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Solidarité avec le peuple iranien, qui aspire à la liberté et à la dignité. Nous devons être à ses côtés face à l’oppression. Dans ce contexte de tensions extrêmes, la priorité de la France doit rester double : encourager la voie diplomatique pour éviter l’embrasement, et protéger nos ressortissants au Moyen-Orient.

> Lorsqu’un enfant est frappé par la maladie, un handicap ou un accident grave, c’est l’équilibre de toute une famille qui vacille. Le quotidien devient un combat, rythmé par les soins, l’inquiétude et les démarches administratives. Notre rôle est d’éviter d’aggraver l’épreuve.
Je me félicite du large consensus autour de ce texte, qui apporte des réponses concrètes et attendues:
- suspension des remboursements de crédits pour les parents bénéficiaires de l’allocation journalière de présence parentale ;
- extension du droit au logement ;
- solution d’hébergement à proximité des lieux d’hospitalisation ;
- protection renforcée contre le licenciement après un congé de présence parentale;
- allongement du congé lors de l’annonce d’un handicap lourd ou d’une maladie grave ;
- partage de l’allocation en cas de résidence alternée ;
- simplification et accélération des démarches administratives.
J’ai défendu que nous allions plus loin dans la prise en charge des séances d’accompagnement psychologique pour les mineurs atteints d’affections graves, avec un remboursement intégral. J’espère que l’Assemblée nationale l’introduira en seconde lecture.
Avec ce texte, nous affirmons que la maladie ou le handicap d’un enfant ne doit jamais conduire une famille à l’isolement ou à la précarité. Comme le rappelait Léon Bourgeois, « la solidarité n’est pas seulement un sentiment moral, elle est une obligation juridique ».

> [Journée internationale des maladies rares (28 février)] 3 millions de Français vivent avec une maladie rare. Derrière ces chiffres, des familles confrontées à l’incertitude, à la difficulté d’obtenir un diagnostic et à des parcours de soins souvent éprouvants.
Réduire ces délais, mieux coordonner les prises en charge et soutenir la recherche, c’est répondre à une attente légitime et humaine.
Les maladies rares ne doivent pas rester invisibles. Au Sénat, je resterai mobilisée pour que ces réalités trouvent toute leur place dans nos décisions. Aucune famille ne devrait affronter seule l’inconnu.

> Malgré les crises successives, la forme coopérative tient le cap.
La coopération agricole, c’est :
- investir pour moderniser l’outil de production
- mutualiser les moyens pour sécuriser les exploitations
- intégrer les exigences RSE et environnementales
- maintenir la valeur ajoutée et l’emploi sur le territoire.

> Conférence à l’Université Paris II — Assas réunissant Roberto Saviano, Jean-Michel Blanquer et le Professeur Francesco Martucci, pour penser la démocratie contemporaine face à la criminalité organisée.
1. L’indépendance de la magistrature Saviano a rappelé avec force que la lutte contre les réseaux criminels ne peut être efficace que si la magistrature est pleinement indépendante et protégée des pressions politiques et économiques.
Une justice forte et autonome constitue un rempart indispensable contre l’infiltration mafieuse, car les organisations criminelles prospèrent là où les institutions sont affaiblies ou instrumentalisées.
2. Criminalité organisée et actualité internationale Sur le plan international, Saviano a montré combien les phénomènes criminels ont dépassé les frontières nationales pour devenir des enjeux géopolitiques complexes.
Au Venezuela, il a décrit comment certains réseaux criminels interagissent avec l’appareil d’État jusqu’à en devenir des leviers de pouvoir — non pas en défiant l’État, mais en utilisant ses structures et ses ressources pour se renforcer.
Concernant le Mexique et d’autres zones touchées par les cartels, son travail révèle comment certains groupes ont acquis une capacité concurrente à l’État dans des territoires entiers, exploitant corruption et violence pour s’intégrer dans les circuits économiques et sociaux.
Il a également évoqué le basculement stratégique que représente le fentanyl : une drogue de synthèse à coût minimal, car elle ne nécessite plus de cultures, contrairement à la cocaïne ou à l’héroïne, et aux marges colossales.
Aux États-Unis, près de 80 000 décès par an sont liés aux opioïdes de synthèse, principalement le fentanyl — illustration d’une criminalité mondialisée devenue industrielle et prête à intégrer la létalité dans son modèle économique.
3. L’art de l’écriture Son écriture ne se contente pas de décrire : elle met en visibilité des dynamiques que beaucoup voudraient ignorer.
Cette conférence a rappelé avec force que la lutte contre le crime organisé ne se mène pas uniquement sur le terrain des forces de l’ordre ou des tribunaux : elle passe aussi par le renforcement des institutions démocratiques et par la puissance de la parole publique.
La liberté d’expression, la rigueur du droit et la transparence des institutions restent, aujourd’hui plus que jamais, des lignes de front essentielles.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] L'Iran se trouve à un tournant historique.
Nous exhortons les dirigeants de l'UE à contribuer à garantir au peuple iranien le droit de déterminer son propre avenir, libre de toute tyrannie.
Paix et liberté sont indissociables.

> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Nous appelons à la retenue et à la désescalade immédiates dans la région.
La sécurité des citoyens de l'UE et le respect de la vie humaine sont primordiaux.

 

Valérie Hayer (députée, présidente)
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Khamenei est mort, les principaux dirigeants du régime aussi. Pas d’hypocrisie : nous ne regrettons pas leur sort tant ces monstres ont torturé et tué leur peuple durant de trop nombreuses années. Ces éliminations brutales vont-elles précipiter un changement de régime en Iran ? Je le souhaite profondément pour le peuple Iranien. Pour les aider et pour ramener la sécurité dans la région, y compris pour nos ressortissants français, il est indispensable de rétablir le droit international et d’associer l’ensemble des parties prenantes, dont fait partie l’Union européenne. Le plus difficile commence aujourd’hui pour le peuple Iranien. Seule une action internationale concertée pourra apporter une solution durable.

 

Bernard Guetta (député)
> [Opinion: «La parenthèse du droit international s’est refermée dans le ciel iranien»] La mort d’un tyran, ça ne se regrette pas. Ça se fête et il y avait, samedi soir, toutes les raisons de penser au bonheur des Iraniens, aux dizaines de milliers d’opposants, de prisonniers et de manifestants que ce «Guide suprême» avait fait assassiner, aux quelque 1 500 personnes qu’il avait fait pendre la seule année dernière, à Mahsa Amini tabassée à mort pour un voile mal porté, à l’invention du djihadisme par son régime et à toutes les victimes des attentats qu’il avait fomentés à travers le monde et pourtant…D’où vient pourtant ce malaise dont on ne se défait pas ? Tient-il au fait que c’est à un homme qui est tout sauf un démocrate et qui espère en tirer un profit politique que l’on doit d’être débarrassé d’Ali Khamenei? Non, pas du tout, car s’il serait absurde de regretter que l’URSS ait tant contribué à la fin de Hitler, comment regretterait-on que ce soit sous les coups de l’Amérique, même celle de Trump, que ce tyran soit tombé ?
Que craint-on en l’occurrence ?
Est-ce alors qu’il faudrait craindre le «vide politique» créé par cette mort et le « chaos régional» qui pourrait s’ensuivre ? Non, pas plus, car il faudrait à ce compte souhaiter la pérennité des dictatures de Vladimir Poutine ou Xi Jinping. Tout changement brutal est porteur d’instabilité, mais cela ne rend pour autant pas tout statu quo souhaitable et que craint-on en l’occurrence ?
Le régime iranien dispose encore d’armes mais pas en assez grand nombre pour vraiment mettre le Golfe à feu et à sang. Sunnite, la rue arabe ne va, quant à elle, pas se soulever pour défendre une dictature perse, chiite, en perte de vitesse et qui, de surcroît, la bombarde. Il n’est en revanche pas exclu que, dans les frontières de l’Iran, les nostalgiques du Guide tentent de conserver leur pouvoir par la force. Le sang peut couler à flots, mais les différents courants du régime vont tous jouer leur carte et de nouvelles alliances vont se nouer. Les plus durs seront isolés et le chaos créateur prend ainsi le pas sur l’absolu désordre qu’est l’ordre figé par la peur.
Serait-ce donc, autre hypothèse, qu’une aspiration à l’indépendance des minorités ethniques et religieuses des confins de l’Iran puisse bouleverser l’ensemble des frontières proche-orientales ?
Ce n’est pas impossible mais, même si cela se produisait, ce n’est pas la disparition d’Ali Khamenei qu’il faudrait incriminer. Ce serait la fin de l’Empire ottoman sous lequel il n’y avait pas de frontières ; les colonisations française et britannique qui avaient refusé aux Kurdes un foyer national et dessiné des Etats plurinationaux pour mieux assurer leur domination ; la guerre froide qui avait provisoirement permis l’intangibilité de ces frontières artificielles et l’écroulement soviétique qui a réveillé une myriade de conflits gelés au Proche-Orient comme partout – bref, tout le XXe siècle.
Effacer plusieurs mois d’échecs
L’ombre à cette joie est ailleurs. Elle est que ces bombardements et l’élimination du Guide ont définitivement enterré le droit international.
Donald Trump a beau invoquer la « menace imminente » que la République islamique aurait fait peser sur les Etats-Unis, il n’y a aucune raison d’y croire. Il est intervenu parce que ses alliés israélien et saoudien l’en pressaient, que les renseignements israélien et américain faisaient état de cette possibilité de cibler, samedi matin, une réunion des plus hauts dirigeants iraniens autour du Guide et qu’il a souhaité effacer plusieurs mois d’échecs en s’adjugeant la gloire d’avoir fait tomber une indéfendable dictature.
Donald Trump est intervenu en Iran car ça l’arrangeait et Vladimir Poutine peut maintenant feindre de s’insurger contre une « violation cynique » du « droit international » afin de relativiser son agression contre l’Ukraine. Personne ne sera dupe mais le droit du plus fort est désormais aussi bien promu par la Maison Blanche que par le Kremlin. La parenthèse de l’après-guerre s’est refermée dans le ciel iranien et de cela, il n’y aurait aucune raison de se réjouir

 

Christophe Grudler (député)
> [Relations franco-suisse] Chaque jour, des millions de citoyens européens et suisses franchissent la frontière pour travailler, étudier, se faire soigner ou contribuer au dynamisme de nos régions. Cette réalité concrète fait de la relation entre l’Union européenne et la Suisse l’une des plus étroites du continent. Dans un contexte international instable, la signature de ce train d’accords marque une étape décisive : elle consolide notre partenariat, le modernise et lui donne les moyens de perdurer. Concrètement, ces accords bilatéraux III faciliteront la vie des citoyens et des entreprises grâce à des règles plus claires pour voyager, étudier, travailler et coopérer de part et d’autre de la frontière. Le processus démocratique se poursuit au Parlement européen. Nous examinerons attentivement ces accords afin de garantir un cadre équilibré, stable et avantageux pour les deux parties.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> Jean-Luc Mélenchon sombre à nouveau dans un ‘moment Durafour’. Ce n’est pas une sortie de route, c’est une stratégie délibérée qui nourrit l’antisémitisme. Il provoque et récidivera.

> Je ferai toujours barrage à l’extrême le plus dangereux.

 

 


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