Voici une sélection, ce 8 mars 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> [Journée des droits des femmes] Les droits des femmes ne sont jamais
définitivement acquis. Ils sont le fruit de combats de chaque instant, de
conquêtes arrachées par le courage, et d’une vigilance qui ne doit jamais
faiblir. Le 8 mars, comme chaque jour de l’année. Hommage à toutes les femmes
qui, au quotidien, font vivre ce combat. Celles qui s’engagent, qui agissent,
qui élèvent la voix quand il le faut, et qui, par leur courage et leur
engagement, inspirent les générations présentes et à venir. J’ai en ce jour une
pensée particulière pour les femmes qui vivent dans les contextes de guerre et
de conflit que traverse notre monde. Premières victimes des violences, elles
sont aussi, partout, des actrices essentielles de paix, de résistance et de
reconstruction. Certains veulent briser, elles relèvent. Certains veulent
soumettre, elles tiennent debout. La France se tient à leurs côtés. Sans
relâche ni repos. J’adresse un message de solidarité et d’admiration aux femmes
iraniennes. Leur courage force le respect et rappelle au monde entier que la
liberté ne peut jamais être empêchée. Le combat pour les droits des femmes est
un combat universel. Il est celui des femmes comme des hommes et nous engage
tous. Il continuera. Tant que l’égalité ne sera pas une réalité partout, la
France sera là pour agir.
> Je me suis entretenu avec le Président égyptien pour faire le point sur la situation au Moyen-Orient et lui témoigner la solidarité de la France. Nous sommes convenus de l’importance de sécuriser au plus vite le transport maritime en Mer Rouge. La liberté de navigation dans cette zone clé du commerce mondial, notamment pour les ressources énergétique, est essentielle pour l’ensemble de nos économies. J’ai également évoqué avec Président Al-Sissi la situation au Liban. Nous devons agir pour éviter l’escalade à tout prix, revenir au cessez-le-feu, et renforcer la souveraineté de l’État libanais en soutenant les Forces armées libanaises. Nous avons également abordé la situation à Gaza et en Cisjordanie. Les développements en Iran et au Moyen-Orient ne doivent pas ralentir nos efforts pour mettre en œuvre la seconde phase du plan de paix du Président Trump. Nous appelons en particulier à la réouverture totale du point de passage de Rafah, vitale pour l’acheminement de l’aide humanitaire. Face à l'embrasement de la région, nous sommes déterminés à œuvrer à la désescalade et à faire revenir la paix au Moyen-Orient.
> Dans le cadre de mes consultations avec les dirigeants de la région, j'ai eu un échange avec le Président Ilham Aliev, à qui j'ai exprimé notre soutien et notre solidarité après les frappes iraniennes qui ont visé son pays. Je l'ai aussi remercié de l'aide apportée par l'Azerbaïdjan pour faciliter l'évacuation de nos ressortissants. J'ai saisi cette occasion pour redire notre soutien à la dynamique de paix entre l'Arménie et l’Azerbaïdjan et notre souhait de poursuivre notre dialogue bilatéral avec Bakou sur des bases plus solides.
> Je viens de m’entretenir avec l’Émir du Qatar. Je lui ai redit la solidarité totale de la France avec le Qatar face aux attaques inacceptables dont il fait l’objet. J’ai fait part à Cheikh Tamim de notre reconnaissance pour l’efficacité avec laquelle les forces armées qatariennes assurent la sécurité de tous au Qatar, y compris de nos ressortissants. Nous partageons l’importance de sécuriser les approvisionnements énergétiques, ce qui suppose que les tankers puissent circuler en mer Rouge et dans le détroit d’Ormuz. Notre solidarité avec le Qatar est active. Nous avons évoqué le soutien militaire défensif, en particulier dans le domaine aérien, que la France déploie actuellement dans la région au profit du Qatar. La France est un allié fiable et fidèle. Elle continuera d’honorer ses engagements aux côtés du Qatar. Le Qatar et la France partagent une même conviction : par-delà le fracas des armes, une stabilité durable pour tous devra passer par la voie de la désescalade et de la négociation.
> La France est attachée à la stabilité et à la sécurité de l’Irak et de la région autonome du Kurdistan en son sein. Je me suis entretenu avec le Président Nechirvan Barzani pour lui exprimer ma solidarité face aux attaques de ces derniers jours. Nous sommes convenus de poursuivre nos efforts pour éviter une extension du conflit à l’ensemble de la région. Je l'ai remercié de son engagement en ce sens. La France continue de soutenir le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak, y compris du Kurdistan.
> Nos partenaires le savent : ils peuvent compter sur la France. C’est le cas de l’Ukraine qui tient bon malgré des attaques massives de la Russie qui continuent de faire de nombreuses victimes civiles, et que je condamne. La crise au Moyen-Orient ne détournera ni notre attention ni nos efforts. Nous continuerons de soutenir les Ukrainiens dans leur combat pour leur liberté et pour leur souveraineté. Je l’ai redit au président Zelensky avec qui nous venons de faire un point. L’Europe ne peut ni hésiter, ni ralentir : l’effort doit se poursuivre, aussi bien pour l’adoption de nouvelles sanctions que pour le déblocage du soutien financier à l’Ukraine agréé en décembre. La France y prendra sa part et chacun doit être au rendez-vous de ses responsabilités.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> Face à l’escalade en cours au Proche et Moyen Orient, je suis en contact
très régulier avec le Ministre d’Etat émirien aux affaires de défense, Mohamed
al-Mazrouei. La France est au rendez-vous vous de ses engagements : elle se
tient aux côtés de ses partenaires et alliés pour assurer leur sécurité et
protéger les ressortissants et emprises françaises. En soutien de notre
partenaire émirien, notre engagement est strictement défensif. Il vise à
contribuer au retour de la paix et de la stabilité dans la région.
Roland Lescure (ministre de l’Economie,
des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Journée des droits des femmes] 8 mars 2026, nous célébrons les luttes
menées depuis toujours pour les droits des femmes. Les nouvelles législations
permettent aussi d’impulser un changement et font avancer les choses dans notre
pays.
Avec la loi Copé-Zimmermann de 2011, la part des femmes est passée de 10% en
2011 à 46% en 2026 dans les conseils d’administration du CAC40. Avec la loi
Rixain de 2021, les femmes représentent désormais 28% des instances dirigeantes
du CAC40 en 2024 contre 20% en 2021, soit +8 points en trois ans.
Ces exemples concrets du travail de parlementaires et du Gouvernement peuvent
guider des changements plus profonds dans notre société. Il reste tant à faire
pour l’égalité, pour les femmes, pour nous toutes et tous. Continuons ensemble
le travail qui doit se passer à tous les niveaux.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> [Journée des droits des femmes] Aux femmes et aux filles iraniennes : ce 8
Mars, c'est le vôtre. Elles subissent un système de discriminations inscrites
dans la loi. Leur corps est surveillé par la police des mœurs. Une répression
implacable s’abat sur elles lorsqu’elles osent revendiquer leur liberté. Mahsa
Amini en a été la victime. Elle avait 22 ans quand elle morte, assassinée le 16
septembre 2022 pour un voile mal ajusté. Elle a donné un visage à la révolte
populaire. Elle a fait surgir un cri sourd qui a traversé l’Iran et le monde :
« Femme, Vie, Liberté ! ». Ce cri trouve aujourd’hui un nouvel écho. Quand un
peuple prononce le mot « liberté », il ne peut l’oublier. Alors que s'ajoute
aujourd'hui à la répression dans le sang de leur révolte pacifique l'angoisse
insoutenable des bombardements. Alors qu'elles sont privées de communication
avec leurs proches, ici et ailleurs. Nous leur disons toute notre solidarité,
toute notre affection, toute notre admiration.
> Les décisions que nous prenons aujourd’hui auront, dans les décennies à venir, un impact sur notre capacité à peser sur le cours du monde.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des
Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Journée des droits des femmes] Les droits des femmes, c'est aussi leur
santé Longtemps, trop longtemps, les spécificités de la santé des femmes ont
été invisibilisées, minimisées et souvent taboues. Violences, endométriose,
infertilité, précarité menstruelle, fausses couches… Ce sont autant de réalités
peu reconnues, peu prises en charge, peu entendues. Depuis 2017, nous voulons
faire sortir la santé des femmes de l'angle mort des politiques publiques. Et
les choses avancent. Deux exemples sur les violences faites aux femmes.
Les maisons des femmes ont profondément changé la prise en charge. Il n'y en
avait pas en France il y a encore quelques années. En mars 2026, on compte 122
Maisons des femmes en activité ou en projet, dans 97 départements. Ce sont des
lieux essentiels, où les femmes victimes de violences peuvent trouver : une
prise en charge médicale, un accompagnement psychologique et un soutien social
et juridique. Cela répond au besoin, pour se reconstruire d'un accompagnement
global.
Nous avançons aussi sur la soumission chimique. Grâce à la mobilisation de Sandrine
Josso, des progrès concrets sont engagés pour mieux
détecter et documenter ces violences. Dès cette année, dans 3 grandes régions
pilotes, les analyses toxicologiques seront remboursées, même sans dépôt de
plainte. Le principe est simple : faciliter la preuve pour mieux protéger les
victimes. La lutte contre les violences et la santé des femmes ne sont pas des
sujets secondaires.
Nous devons continuer d'avancer. J'aurai l'occasion d'y revenir dans les
prochaines semaines !
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la
Lutte contre les discriminations)
> [Journée des droits des femmes] Nous avons espéré que le sens de
l’histoire était d’avancer vers plus de progrès, de droits, de libertés. Ça ne
va pas de soi. A travers le monde, les filles, les femmes, leurs corps leurs
libertés sont attaqués. L’égalité est un combat que nous devons réaffirmer.
> [Journée des droits des femmes] Depuis les rues de Téhéran, le cri "Femme, Vie, Liberté" a traversé le monde entier. Partout les femmes sont à l'avant-garde des révolutions et font trembler les régimes. Partout les femmes sont les premières attaquées pour la liberté qu'elles incarnent.
> [Journée des droits des femmes] Les femmes sont toujours volontairement les premières à être ciblées
> Le droit international n'est pas mort. Il est nécessaire. Il est une condition de la paix. Et le droit sans la puissance ne tient pas. La France a la puissance. L'Europe a la puissance.
> [Municipales] J’ai toujours dit la même chose : ni RN, ni LFI.
> La France est en capacité d’être dans le rapport de force, mais aussi de réaffirmer la nécessité du droit international.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès
du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education
nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de
l’Apprentissage)
> [Journée des droits des femmes] En cette Journée
internationale des droits des femmes, dans ce moment où la guerre au
Moyen-Orient fait rage, je pense aux femmes iraniennes, afghanes, soudanaises
et à toutes celles qui, partout dans le monde, sont les premières victimes des
violences et des persécutions. Les premières aussi à être privées
d’enseignement lorsque le fanatisme prend le pouvoir. Parce que l’accès à
l’éducation et à la formation est l’un des premiers leviers d’émancipation,
nous avons la responsabilité de garantir à chaque femme et à chaque jeune fille
la liberté d’apprendre, de choisir sa voie et de construire son avenir. Dans
l’enseignement et la formation professionnels comme dans l’apprentissage, nous
devons continuer à lutter contre les stéréotypes et les obstacles qui freinent
encore trop souvent les parcours de nos filles. Permettre à chacune de choisir
librement sa voie, sa vie, d’accéder à l’emploi et de s’épanouir
professionnellement est une priorité. Oui, les lignes bougent et des progrès
majeurs ont été accomplis. Mais soyons lucides : le chemin vers l’égalité
réelle reste encore long. Chacune et chacun d’entre nous a un rôle à jouer pour
faire évoluer les mentalités et donner tout leur sens aux mots « égalité » et «
justice ». L’assignation de genre peut enfermer comme une assignation à
résidence ; parfois, elles se cumulent. Face à cela, nous ne devons rien
lâcher.
Eléonore Caroit (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la
Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> C'est aux Iraniennes et aux Iraniens de choisir leur transition politique.
● Autres ministres
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> La justice criminelle de notre pays fait face à une augmentation massive
du nombre de dossiers qui lui sont confiés. 6 000 de plus pour la seule année
2025, sous le double effet de l’essor des affaires concernant les violences
sexuelles et la criminalité organisée. Conséquence : 6 ans d’attente pour un
jugement pour viol et 8 ans pour un homicide. Ce n’est respectueux ni des
victimes, ni des auteurs supposés, ni de la société. Cela n’a plus de sens. Par
ailleurs, si nous ne faisons rien, la justice criminelle ne sera pas en mesure
de juger tous les dossiers dans les délais légaux et pourrait être contrainte
de relâcher de dangereux criminels. Je ne peux m’y résoudre et agis en
conséquence, pour respecter les victimes et protéger les Français. Aussi, je
présenterai dès le mois d’avril un projet de loi au Parlement consacré à
l’audiencement criminel et au respect des victimes. En parallèle, devant
l’urgence de la situation, j’ai obtenu des moyens supplémentaires, humains et
financiers, pour renforcer rapidement les juridictions concernées : 12 millions
d’euros supplémentaires sont mobilisés pour construire de nouvelles salles
d’audience, tandis que 35 magistrats supplémentaires et 80 personnels de greffe
viendront renforcer 9 cours d‘appel. Enfin, j’ai adressé une circulaire aux
juridictions pour leur demander de rationaliser les audiences criminelles, afin
de réduire les délais d’audiencement et de fluidifier le traitement des
affaires criminelles. Ces mesures ne sont pas une option, mais une nécessité
pour le respect des victimes et la sécurité des Français.
> Présent à Bruxelles pour le Conseil Justice de l’Union européenne, où j’ai tenu à réaffirmer notre devoir d'assurer collectivement l’indépendance et la protection des avocats. Premier État à avoir signé la Convention du Conseil de l’Europe sur la protection de la profession d’avocat, la France est et restera pleinement engagée au soutien de ces acteurs essentiels d’une Justice qui fonctionne. Nous serons toujours à leurs côtés pour les défendre et garantir, à l'échelle européenne, les conditions leur permettant d'exercer leur profession au service du droit.
> Au Conseil Justice de l’Union européenne (JAI), avec mon homologue slovène, nous avons appelé à un engagement plus fort de l'Union européenne face aux sanctions visant la Cour pénale internationale. Les juges français Nicolas Guillou et slovène Beti Hohler ont témoigné des conséquences concrètes de ces mesures sur leur vie quotidienne et professionnelle, mais aussi sur celle de leurs proches. Moyens de paiement annulés, services numériques bloqués, incertitude-même d'être accepté dans un hôpital en cas de grave problème de santé... Cette situation est inacceptable et appelle un réveil de l'Europe : celle-ci ne sera souveraine que de nom si la Justice ne peut être rendue sans crainte. La France restera pleinement engagée au soutien de la Justice pénale internationale et en vue d'une Europe plus forte.
> Au Conseil Justice de l’Union européenne, je me suis entretenu avec mon homologue allemande, Stefanie Hubig, pour faire le point sur la législation envisagée par l'Union européenne en matière de criminalité organisée. Notre ligne partagée est la suivante : parce que la criminalité évolue très vite, les Etats membres de l'Union européenne ne doivent pas se lier les mains avec des règles trop rigides. J'ai également insisté sur une conviction : nos services d'enquête doivent impérativement recevoir les moyens juridiques d'agir, sur le terrain comme dans l'espace numérique. Autre perspective importante : le nouveau régime de société européenne, que nous appelons de nos vœux, pour faciliter la vie économique de nos entreprises à l'échelle européenne.
> En amont du Conseil Justice et affaires intérieures de l’Union européenne (JAI), nous avons organisé, avec le ministre de la Justice espagnol, Félix Bolaños, un petit-déjeuner de travail avec une dizaine de ministres européens sur l'accès aux preuves numériques. Il est urgent de réagir pour que l'Union européenne se dote des moyens techniques et juridiques de protéger ses citoyens contre les crimes perpétrés sur et grâce à Internet.
> Echange important avec Michael Mc Grath, Commissaire européen à la Justice. Je suis revenu sur l'enjeu de la conservation et de l'accès aux données, pour donner à nos polices judiciaires les moyens d'agir contre le crime, avec la pleine coopération des plateforme numériques. Nous avons aussi évoqué le nouveau régime de société européenne (dit 28ème régime) dont la France accompagne la création avec conviction, au bénéfice du dynamisme économique européen.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture,
de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> [Journée des droits des femmes] Une exploitation agricole sur quatre est
aujourd’hui dirigée par une femme. Elles innovent, entreprennent et font vivre
nos campagnes, pourtant, les obstacles restent trop nombreux.
J’ai présenté un plan d’action de 41 mesures pour lever ces freins :
installation, maternité, conditions de travail, représentation.
En ce 8 mars, réaffirmons-le : l’avenir de l’agriculture française se fera avec les femmes.
Philippe Baptiste (ministre de
l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> [Journée des droits des femmes] En ce 8 mars, je veux saluer toutes celles
qui font avancer notre pays dans l’enseignement supérieur, la recherche et
l’espace. Mais je veux aussi le dire clairement : les freins demeurent, les
inégalités aussi. Notre responsabilité est simple : ouvrir davantage,
accompagner mieux, permettre à toutes les ambitions de trouver leur place.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement
et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du
ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique)
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Le rôle de la
France est très clair : nous travaillons à circonscrire le conflit et
éviter autant que possible l’escalade. De fait, nous sommes aux côtés de nos
partenaires stratégiques dans la région, dans une posture défensive, pour
contribuer à leur sécurité et à la protection de leur territoire. C’est le cas
du Koweït, du Qatar, des Émirats arabes unis, de la Jordanie ou de l’Irak. Nous
soutenons aussi nos partenaires de l’Union européenne et en particulier Chypre,
qui a été frappée. La France est également aux côtés du Liban, ce pays ami qui
nous est si proche, où la situation est critique, pour enrayer la guerre et
éviter le pire.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] C’est une guerre que nous n’avons pas choisie. Notre action et les appuis que nous apportons restent entièrement défensifs. Quant aux bases sur notre sol, la France a exigé qu’aucun des avions ravitailleurs qui y stationneraient ne participe à des actions menées en dehors du droit international. Elle en a obtenu la complète garantie.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Le régime iranien a opprimé son peuple, avili les femmes et les minorités. Il a par ailleurs depuis des années développé un programme nucléaire mettant en risque la sécurité de tous et en particulier des États de la région, Israël en tête. L’Iran porte donc la responsabilité première de cette guerre. Pour autant, l’escalade régionale emporte de graves conséquences pour la paix et la sécurité internationales. Depuis les premières heures du conflit, le président de la République est en contact étroit avec chacun de ses homologues européens et les dirigeants dans la région.
> [Sécurisation du détroit d’Ormuz] C’est un nœud logistique essentiel à la circulation des matières premières. Par ce détroit circulent 20 % du pétrole et 20 % du GNL à l’échelle mondiale. Son blocage est un vecteur de déstabilisation évident, susceptible d’impacter l’économie mondiale, avec en premier lieu la hausse des prix de l’énergie. C’est précisément pour cette raison que le président de la République a été à l’origine, il y a quelques jours, d’une initiative collective visant à rétablir la libre circulation dans le détroit d’Ormuz lorsque les conditions seront réunies. Elle pourra s’inspirer de l’opération Aspides, en mer Rouge, à laquelle la France participe depuis 2024 de manière permanente aux côtés de 21 États membres de l’Union européenne. À titre d’exemple, la Marine nationale a escorté près de 150 navires de commerce et participe à des missions de sauvetage des navires endommagés et de leur équipage.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Notre priorité, c’est la sécurité des Français. Tous nos compatriotes qui le souhaitent rentreront. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et les équipes diplomatiques et consulaires suivent chaque situation avec la plus grande attention. Leur engagement depuis le début du conflit est remarquable. La France a par exemple été le premier pays du monde à affréter un avion destiné à rapatrier ses ressortissants. Nous sommes donc bien aux côtés de chaque Français retenu dans la région. Nous veillons à ce que ces retours se fassent dans les meilleures conditions de sécurité possibles. À date, près d’un millier de nos compatriotes ont déjà été rapatriés grâce aux moyens engagés par le quai d’Orsay avec une priorité donnée aux plus vulnérables, aux enfants, aux femmes enceintes. Il y a une logique de priorisation que chacun peut comprendre, mais personne ne sera oublié.
> [Prix des carburants] Nous suivons la
situation avec la plus grande vigilance. Je mesure ce que ces hausses
représentent pour nos compatriotes, notamment les plus fragiles. Je sais aussi
qu’une large majorité de Français n’a pas d’autre choix que de prendre sa
voiture chaque jour et de se rendre à la station-service. Nous étudions tous
les scénarios et suivons la situation en temps réel.
Avec Roland Lescure et Serge Papin, nous avons également reçu les distributeurs
mercredi avec un message simple : les hausses de prix doivent strictement
correspondre aux impacts réels du conflit au Moyen-Orient. Cela vaut par
ailleurs pour tous les acteurs de la chaîne : les distributeurs ne sont
pas les seuls à devoir le garantir. Dans un moment de tension et de grandes
incertitudes, chacun doit être raisonnable. Des contrôles quotidiens seront
réalisés et nous n’hésiterons pas à pointer du doigt les comportements abusifs.
> Il n’y a aucun risque de pénurie à cette heure, ni en gaz ni en pétrole. La France a diversifié ses importations et nous avons des stocks. À titre d’exemple, ce vendredi soir 98 % des stations-service ne faisaient face à aucun déficit d’approvisionnement, ce qui correspond à la situation habituelle.
> Ce qui compte pour contenir les prix de l’énergie, et donc pour ne pas subir, c’est le déblocage du détroit d’Ormuz. Ensuite, contrairement à ce qu’on peut entendre parfois, les crises n’ont jamais enrichi l’État, bien au contraire ! Certains prétendent honteusement que l’État gagnerait aux hausses des prix. C’est évidemment faux, l’impact sur la croissance et la consommation des crises est toujours négatif pour les finances publiques. Les exemples des dernières années, comme le Covid ou la crise énergétique des années 2022 et 2023, l’ont amplement démontré et expliquent encore aujourd’hui notre déficit. J’ajoute qu’il y a quelques jours encore seulement, ironie de l’histoire, certaines oppositions critiquaient la Programmation pluriannuelle pour l’Énergie qui porte pourtant l’accélération de notre sortie des énergies fossiles. L’actualité montre que le Premier ministre a eu raison de le faire…
> Le bouclier tarifaire, déployé pour protéger les Français face à une crise énergétique qui a duré plus de deux ans, a coûté 72 milliards d’euros aux finances publiques. C’était un choix nécessaire mais qui ne peut évidemment pas devenir la norme. La guerre en Iran et ses impacts sur le prix de l’énergie ont débuté il y a seulement quelques jours. La situation n’est en rien comparable.
> [Energie] La meilleure façon d’alléger la facture, c’est d’œuvrer à contenir le conflit ! C’est ce que fait le président de la République. Ensuite, nous avons toujours été au rendez-vous pour protéger les Français. Lors du budget 2026 par exemple, malgré les contraintes, nous avons veillé à ce qu’aucune hausse d’impôts ne vienne impacter le pouvoir d’achat. Mieux que cela, la prime d’activité pour les Français qui travaillent a été augmentée. Et nous devons tenir la cible des 5 % de déficit.
> J’ai toujours été claire : comme citoyenne, je ne mettrai jamais de bulletin LFI dans l’urne. Comme responsable politique, je n’ai jamais appelé à voter pour eux. Leurs dérives antisémites, leurs discours communautaristes et la violence qu’ils véhiculent sont autant d’attaques portées à la République. Mon ambition, c’est de contribuer à mon niveau à construire une alternative au tango mortifère qu’ils dansent avec le Rassemblement national. La décadence morale de l’extrême gauche ne rend pas le populisme d’extrême droite plus souhaitable. Les extrêmes recherchent ce face-à-face et s’alimentent l’un et l’autre. Nous devons rassembler les bonnes volontés, préparer l’union du centre et de la droite pour construire une alternative solide et convaincre les Français.
> Le temps est compté, mais la France ne peut pas attendre. Il y a des urgences qui doivent trouver des réponses. C’est la mission confiée par le Premier ministre à tous les membres du gouvernement. En premier lieu, nous renforcerons notre capacité à protéger les Français via le projet de loi de sécurité du quotidien et celui sur les polices municipales portés par Laurent Nuñez, le projet de loi sur la justice criminelle de Gérald Darmanin qui doit permettre à la justice d’être plus rapide, ou encore la proposition de loi Rodwell-Barnier sur la prévention des risques d’attentat. Nous continuerons aussi à porter une ambition réformatrice, centrée sur la clarification des compétences et des normes, avec les projets de loi de simplification et de décentralisation qui arriveront au Parlement au printemps.
> [Loi agricole annoncé par le Premier ministre] La concertation démarre dès maintenant sous l’autorité d’Annie Genevard. Nous souhaitons que la méthode de compromis portée par le Premier ministre, qui a fait ses preuves avec les textes budgétaires cet hiver, permette à chaque groupe parlementaire de bâtir un texte qui réponde aux difficultés rencontrées par les agriculteurs, l’accès à l’eau ou la prédation, tout en protégeant notre souveraineté agricole, sans rien sacrifier à la santé publique. D’autre part, pour que ce texte soit voté à la fin par le Parlement, et donc qu’il soit utile dans chaque ferme, il ne peut devenir un tract politique. C’est une loi d’urgence, pas le grand soir. Et c’est ce qui avait été demandé par la profession. Nous visons une présentation en Conseil des ministres début avril, puis un début d’examen à l’Assemblée nationale en mai. Cela n’épuisera pas tous les débats, mais nous répondrons au mieux aux urgences avant la présidentielle.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> [Journée des droits des femmes] Nous ne voulons plus être l’avenir de
l’homme. Nous voulons être le présent du monde. Un message que je porte depuis
longtemps et que je défendrai dès demain à l’ONU, au nom de la France et pour
nous toutes. Afghanes invisibilisées. Iraniennes emprisonnées. « Ton corps, mon
choix » scandé dans des lycées américains. Quand les droits des femmes reculent
quelque part, c’est notre affaire, partout. N’attendez pas qu’on vous laisse la
place. Prenez-la !
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
> [Journée des droits des femmes] Journée internationale des droits des
femmes : nos combats et nos avancées. En ce 8 mars, l’ensemble de notre groupe
a une pensée pour les femmes dans le monde, qui voient leurs libertés menacées.
Nos engagements depuis 8 ans sont clairs et constants : nous nous tenons auprès
des femmes et filles oppressées dans le monde et demandons le respect de leur
liberté et de leurs droits.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> [Journée des droits des femmes] Les droits des
femmes n’ont jamais été acquis. Ils ont été conquis. Et ils restent
terriblement fragiles. Face à la montée des extrêmes dans les démocraties et
aux répressions violentes dans les dictatures, ces droits sont directement
attaqués : le droit à l’éducation, le droit de travailler, le droit de disposer
de son corps, le droit à l’avortement. Dans plusieurs régions du monde, ces
libertés fondamentales n’existent plus ; ailleurs elles reculent y compris dans
de grandes démocraties comme les Etats-Unis. Le sommet de l’horreur est sans
doute l’Afghanistan, où les hommes ont désormais légalement le droit de
molester et de violer leurs femmes et où celles-ci n’ont droit à aucun répit,
pas même chanter, lire de la poésie ou même parler, car leurs voix doivent
rester « cachées » (« awrah »). En cette Journée internationale des droits des
femmes, soyons conscientes de notre chance de vivre dans un pays où les droits
progressent et continuons à les faire progresser, mais soyons aussi solidaires
de toutes celles qui, partout dans le monde, se battent pour vivre, pour
étudier, pour être libres. Parce que lorsque les droits des femmes reculent,
c’est toute la société qui recule avec eux. Plus que jamais, nous devons les
défendre. Partout. Tout le temps.
Elisabeth Borne (députée)
> [Journée des droits des femmes] L’égalité entre
les femmes et les hommes est au cœur de la promesse républicaine : celle de
l’émancipation et de l’égalité des chances. Ces dernières années, nous avons
obtenu des avancées majeures mais le combat doit continuer pour que demain
chaque petite fille puisse aller au bout de ses rêves. En ce 8 mars, je veux
aussi dire notre soutien à toutes les femmes qui, partout dans le monde, voient
leurs droits menacés et se battent avec courage pour leur liberté et leur
dignité.
> Personne ne regrette la disparition d’un tyran qui a persécuté son peuple depuis des décennies et étouffe toutes les libertés notamment celles des femmes. L’attaque israélienne et américaine ne s’est pas faite dans le cadre du droit international et nous ne pouvons pas l’approuver. La diplomatie doit reprendre ses droits pour créer les conditions d’une paix durable et que le peuple iranien puisse choisir librement son destin.
> Les demandes populistes du RN et de LFI viennent de deux partis qui ont déposé des motions de censure sur la stratégie qui vise à sortir des énergies fossiles. Nous, nous défendons la réduction de notre dépendance aux hydrocarbures et la capacité à assurer notre souveraineté face aux crises.
> Le droit international a permis d’assurer la paix depuis 1945. Il faut continuer à plaider pour son application, sans aucune naïveté tout en se donnant les moyens de se faire respecter. Il s’agit de la condition de la paix et de la stabilité.
● MoDem
François Bayrou (président)
> Je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle, mais j’ai tout à fait
l’intention d’apporter mon aide, mon jugement et mon soutien à la réponse que
la France doit trouver aux questions qui sont devant elle.
Perrine Goulet (députée)
> Le gouvernement renonce à porter le projet de loi sur la protection de
l’enfance qu’il avait pourtant annoncé devant la représentation nationale. Les
parlementaires demandent au gouvernement de le mettre à l’ordre du jour.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
> [Journée des droits des femmes] «On ne peut pas construire une société
juste sur des injustices», disait Simone Veil. Soyons mobilisés,
collectivement, pour une société où les droits des femmes sont protégés et
respectés. Ces droits sont fragiles et sont toujours la cible des
ultra-conservateurs. Ne l’oublions pas. Nous rendons aujourd’hui hommage à
toutes les femmes, connues ou anonymes, qui ont permis le progrès et des
avancées majeures. Des femmes historiques.
> [Journée des droits des femmes] Femme. Vie. Liberté. Mahsa Amini, tuée par le régime des Mollahs en 2022, est le visage de ce mouvement puissant contre l’oppression et la répression violente de ce pouvoir indicible. Nous sommes aux côtés des Iraniennes. Les droits des femmes ont reculé dans un pays sur quatre selon une étude de l’ONU de 2024. Ils ont reculé. Les droits des femmes ne sont jamais acquis. Ils sont un combat de chaque instant.
> [Journée des droits des femmes] En 1944 (seulement), les Françaises obtenaient le droit de vote. Elles sont reconnues comme les citoyennes qu’elles sont. Cette date est un marqueur dans la lutte pour les droits des femmes. C’est un tournant et le fruit d’une mobilisation forte des femmes. Mais le chemin est encore long. Dans les Parlements nationaux de l'UE, seuls 33,6% des élus étaient des femmes en 2025. Les inégalités demeurent dans de nombreux domaines, y compris dans le monde du travail. En 2024, les femmes gagnaient en moyenne 11,1% de moins que les hommes dans l'UE. Seulement 35,2% des membres des conseils d’administration des grandes entreprises sont des femmes, dans l’UE. Les récentes directives sur la transparence salariale et l’équilibre femme-homme dans les conseils d’administration des entreprises permettront des progrès importants. Mais la mobilisation continue pour atteindre l'égalité entre les femmes et les hommes.
Valérie Hayer (députée, présidente)
> [Journée des droits des femmes] Rien n’est plus fragile que les droits des
femmes. Rien ne donne plus de valeur à un projet politique que celui qui veut
les protéger et les renforcer. Alors nous devons faire bloc. Faire bloc face
aux populistes qui veulent abattre ces droits. Faire bloc face à la réalité du
quotidien où l’égalité entre les femmes et les hommes est encore abstraite. Renew
Europe est de ceux qui s’engagent, plénière après
plénière, textes après texte, pour les droits des femmes. Pour que le 8 mars
soit toute l’année. Fière de cet engagement.
> Bientôt un 28e pays dans l’Union européenne ? L’Islande a annoncé un référendum le 29 août prochain sur son adhésion à l’UE. Dans ce nouveau monde où se redessinent les équilibres géopolitiques, la force du projet européen s’impose à beaucoup de pays qui partagent notre modèle politique démocratique et nos valeurs. L’Islande mais aussi les Balkans, l’Ukraine, la Moldavie… : notre voisinage direct veut rejoindre l’Union européenne pour ne pas subir la domination des États-Unis, de la Russie ou de la Chine. Le temps de la puissance européenne est venu. Une puissance au service de la paix et de la prospérité pour les Français et les Européens. Pour cela, l’élargissement de l’Union européenne ne doit plus être un tabou. Il doit même être accéléré en définissant de nouvelles modalités pour s’adapter aux spécificités de pays qui ne sont pas tous prêts à répondre à nos critères actuels. Et bien sûr, cela exige de penser aussi à un autre fonctionnement institutionnel européen. Alors que certains ont défendu les Brexit, Frexit et autres dans le passé, que d’autres se revendiquent encore souverainistes nationaux, l’exemple islandais vient une nouvelle fois rappeler leur erreur historique. Velkomin til Íslands!
Pascal Canfin (député)
> [Journée des droits des femmes] Ce 8 mars est l’occasion de rappeler que
nous devons chaque jour rester mobilisés pour défendre les droits des femmes.
Continuons à agir pour l’égalité sociale, professionnelle et salariale, et à
lutter contre toutes les formes de violences faites aux femmes. Le combat
continue!
Christophe Grudler (député)
> C'est confirmé : l'Islande organisera en août un référendum pour la
reprise des négociations pour rejoindre l'Union européenne! En tant que membre
de la Délégation pour les relations avec l'Islande, je m'en réjouis Face au
chaos trumpien, l'Islande sait qu'elle peut compter sur l’Union européenne.
> Quatre ans après la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine, l’Europe est à nouveau confrontée aux dangers de ses dépendances. L’escalade au Moyen-Orient doit être un signal d’alarme : notre sécurité énergétique ne peut plus dépendre de l’instabilité géopolitique. Il est inacceptable que nous importions encore 58 % de notre énergie.
Nous devons accélérer l’électrification et déployer massivement nos technologies propres. À court terme, la Commission doit d’urgence réactiver AggregateEU afin d’organiser des achats communs d’énergie et de protéger les consommateurs européens d’une nouvelle flambée des prix.
Grégory Allione (député)
> [Journée des droits des femmes] Il fut un temps
où sauver des vies en tant que sapeur-pompier était légalement interdit aux
femmes en France. Il a fallu le courage de pionnières comme Françoise Mabille,
devenue la première femme sapeur-pompier volontaire, pour faire sauter ce
verrou en 1976. En cette journée du 8 mars et à l'occasion de la sortie de son
autobiographie, je repense à la ténacité qu'il a fallu à ces femmes pour
s'imposer dans un milieu professionnel pensé par et pour des hommes. Si les
portes des casernes se sont ouvertes, le combat pour les droits des femmes est
loin d’être terminé. Au rythme actuel, il faudrait encore 50 ans pour atteindre
l’égalité en Europe. C'est inacceptable. C'est mon combat quotidien au
Parlement européen !
● Propos collectifs
> [Tribune coécrite, entre autres par les députés MoDem Erwan
Balanant, Sandrine Josso, Louise Morel et Maud Petit: « Pour lutter contre
les violences envers les femmes et les enfants, il faut une stratégie globale
soutenue par des moyens suffisants »] La proposition de loi
« intégrale » visant à lutter contre les violences sexistes et
sexuelles commises contre les femmes et les enfants doit être inscrite à
l’ordre du jour et examinée par le Parlement. Nous, parlementaires et
organisations associatives et syndicales engagées, en faisons la demande, au
nom de toutes les femmes et de tous les enfants qui subissent ces violences et
qui attendent, enfin, une protection effective.
La réalité est implacable. En 2025, 167 femmes ont été tuées par leur
conjoint ou ex-conjoint. Dans 81 % des cas, elles avaient déjà déposé une
plainte. Chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences
sexuelles – un toutes les trois minutes. Il ne s’agit pas de faits
divers, mais d’un phénomène massif, structurel et systémique.
Depuis #MeToo, des avancées ont certes été obtenues, mais elles restent
fragmentées, et insuffisamment appliquées – 94 % des plaintes pour viol
sont classées sans suite. Il manque encore aujourd’hui une architecture
d’ensemble, une politique publique cohérente et dotée de moyens à la hauteur de
la tâche.
Franchir une nouvelle étape
L’exemple de l’Espagne le montre : le pays consacre 16 euros par
habitant à cette politique publique, contre 5 euros en France.
Résultat : 39 féminicides en 2025, soit près de quatre fois
moins que dans notre pays. Ce n’est pas un hasard.
Certes, il n’existe pas de solution miracle. Mais il existe une condition
indispensable : une stratégie globale soutenue par des moyens suffisants.
Des moyens pour prévenir, pour enquêter, pour juger, pour former, pour
protéger, pour accompagner les victimes dans la durée et permettre leur
reconstruction. C’est précisément l’objet de la proposition de loi
« intégrale » : issue de 140 mesures élaborées avec plus de
150 associations et syndicats, et cosignée par 114 parlementaires de
huit groupes politiques, elle apporte une réponse cohérente et
transpartisane. Son examen est possible : la présidente de l’Assemblée
nationale, Yaël Braun-Pivet, et le président du Sénat, Gérard Larcher, ont
exprimé leur soutien à son inscription nécessaire et rapide à l’ordre du jour.
En 2017, Emmanuel Macron faisait de l’égalité entre les femmes et les
hommes la grande cause de son premier quinquennat ; en 2022, il
érigeait la protection de l’enfance au même rang. L’inscription de l’IVG dans
la Constitution n’aurait pas été possible sans cet engagement.
C’est à cette même détermination que nous appelons aujourd’hui. Face à
l’ampleur des violences sexistes et sexuelles, nous devons franchir une
nouvelle étape. Il y va de la crédibilité de nos engagements et de la
protection effective des victimes. Les féminicides ne sont pas des
statistiques ; les enfants agressés ne sont pas des chiffres abstraits. Il
est encore temps d’agir. Inscrivons cette loi « intégrale » à l’ordre
du jour.
> Tribune coécrite notamment par les députées Renaissance
Olga Givernet, Nathalie Loiseau, Agnès Pannier-Runacher, Prisca Thevenot: « Femmes victimes de violences sexuelles :
après la violence, l’hôpital doit être le premier refuge »] Chaque 8 mars, les
discours sur l’égalité se multiplient. Mais la réalité, elle, s’écrit dans le
silence des chiffres : en un an, les services de police ont enregistré
272.000 victimes de violences conjugales (extrait du rapport annuel du SSMSI,
« Insécurité et délinquance : bilan 2024 »). Ce chiffre, déjà
vertigineux, n’est que la partie émergée de l’iceberg. Au-delà des faits
signalés, on estime que 217.000 femmes subissent chaque année un viol ou une
tentative de viol en France, selon l'enquête nationale de victimation VRS (Vécu
et Ressenti en matière de Sécurité), pilotée par le SSMSI.
Dans près de la moitié des cas, soit environ 97.000
femmes, l’agresseur est le conjoint ou l’ex-conjoint (synthèse des enquêtes de
victimation relayée par la MIPROF et le ministère chargé de l'Égalité entre les
femmes et les hommes). Pourtant, face à ces crimes commis dans l'intimité,
seule une victime sur six ose aujourd'hui franchir le seuil d'un commissariat.
Beaucoup n’iront jamais jusqu’à la justice, faute de
preuves. Parce qu’elles ont eu peur, honte, ou simplement parce qu’après le
choc, elles n’ont pas su où aller. Pourtant, chaque heure compte : sans
preuves médicales, pas de justice, il n’y a quasiment aucune chance de
condamner l’agresseur.
Nous devons permettre à chaque victime de parler là où
elle se soigne.
C’est pour cela que l’hôpital doit devenir le premier
lieu de justice. Aujourd’hui, plus de 500 établissements en France permettent
déjà de déposer plainte directement sur place. Ce dispositif n’est pas un luxe
administratif : c’est un bouclier vital. Là, entourées de soignants, les
victimes sont écoutées, protégées, et leurs blessures constatées. C’est le
point de départ d’une enquête solide et d’une condamnation possible.
Attendre qu’une femme trouve la force de franchir la
porte d’un commissariat, souvent plusieurs jours après les faits, c’est la
condamner à l’oubli judiciaire. Nous devons supprimer ce « parcours de
l’angoisse » et permettre à chaque victime de parler là où elle se soigne.
Aujourd’hui, 524 établissements de santé permettent déjà ce dépôt de plainte
simplifié. C'est un pas en avant, mais la réalité est criante : cela ne
représente que 17 % des 2.965 hôpitaux et cliniques de notre pays (DREES –
Études et résultats parus le 13 novembre 2025).
Le gouvernement a annoncé à plusieurs reprises la
généralisation de ces dépôts de plainte à l’hôpital d’ici fin 2026. C’est une
avancée, mais le temps de l’administration n’est pas celui des victimes. Chaque
jour de retard, c’est une agression de plus sans suite. Un rappel qui incite à
l’action : seulement 16 % des femmes victimes de violences portent plainte. Par
ailleurs, Une étude récente révèle que 42 % des plaintes pour violences
conjugales sont encore classées sans suite (étude réalisée par le ministère de
l’Intérieur et le ministère de la Justice publiée le 18 décembre 2025), souvent
faute de preuves caractérisées.
Investir massivement pour que plus aucune victime ne
soit laissée seule face à son silence.
L'ancien Premier ministre Michel Barnier avait
présenté le 25 novembre 2024 un « plan de bataille interministériel» destiné à
intensifier la lutte contre les violences faites aux femmes, s'engageant alors
à permettre aux femmes de porter plainte dans chaque hôpital de France doté
d'un service d'urgence et d'un service gynécologique d'ici à fin 2025, y
compris dans les territoires ultramarins (discours de politique générale de
Michel Barnier et plan de bataille interministériel pour l'égalité).
La ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les
femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, a déclaré que
le dispositif de dépôt de plainte à l'hôpital serait généralisé à l'ensemble
des établissements dotés d'un service d'accueil des urgences (SAU) d'ici la fin
de l'année 2026. Cela change tout, parce que l'hôpital est un lieu neutre où
vous pouvez immédiatement être protégée et bénéficier d’une écoute attentive.
N’oublions pas l’existence de 120 « maisons de santé
des femmes » qui ont ouvert leurs portes ou sont en cours d'ouverture ou de
financement, dans 97 départements, de l'Hexagone et de l'outre-mer. Ces maisons
de santé des femmes permettent un accompagnement global des victimes, une prise
en charge globale.
Pour ce 8 mars, nous souhaitons accélérer la signature
de conventions entre hôpitaux et parquets dans tous les départements, soutenir
les 120 « maisons des femmes » (chiffre officiel du Ministère délégué à
l'Égalité entre les femmes et les hommes concernant le maillage territorial)
qui incarnent cette prise en charge globale, investir massivement pour que plus
aucune victime ne soit laissée seule face à son silence. Notre influence n’a de
sens que si elle protège. La justice doit aller là où la douleur s’exprime —
dans nos hôpitaux, au plus près des femmes.

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