mardi 16 juin 2026

Propos centristes. France – Mort de Lyhanna et protection de l’enfance / Présidentielle 2027 / Moyen-Orient: «un cessez-le-feu robuste et durable est nécessaire» / En 2027, «il faudra des économies très importantes partout» / Prix des carburant doivent baisser / Guerre de l’IA…


Voici une sélection, ce 16 juin 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Hostilités au Moyen-Orient] Je salue l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran, fruit d’un effort diplomatique auquel ont contribué plusieurs partenaires. J’appelle à sa mise en œuvre rapide et complète par tous les belligérants. Cet accord doit permettre la réouverture urgente et inconditionnelle du détroit d’Ormuz, que la mission internationale mise en place avec le Royaume-Uni est prête à accompagner. Les moyens sont en place et prêts à être engagés. La reprise du trafic maritime, sans restriction ni péage, est une condition indispensable à la stabilité régionale et à l’économie mondiale. Cet accord ouvre également la voie à une négociation globale au service de la paix et de la sécurité de tous au Moyen-Orient. Celle-ci devra permettre de répondre aux préoccupations liées aux programmes nucléaire et balistique de l’Iran, ainsi qu’à sa politique de déstabilisation régionale. C’est ainsi que nous pourrons bâtir une paix solide et durable. La France est disposée à y prendre toute sa part, aux côtés de ses partenaires. Elle continuera également à apporter son plein soutien aux efforts déterminés des autorités libanaises pour restaurer la souveraineté de l’État, qui est le seul à même d’assurer la stabilité et l’intégrité territoriale du Liban et de répondre aux besoins des populations. Un cessez-le-feu robuste et durable est pour cela indispensable.

> [Hostilités au Moyen-Orient] Cet accord est une bonne chose parce que c'est ce que nous appelons de nos vœux depuis des semaines. D'abord nous allons tout faire et nous mobiliser dès ce soir dans le cadre de nos travaux et demain aussi puisque on n'aura pas simplement les membres du G7 qui sont les sept grandes économies démocratiques dans le monde. On a associé des partenaires et demain on aura une session sur la question de l'Iran avec en particulier l'Égypte, les Émirats arabes unis et le Qatar.
Nous, nous allons tout faire d'abord pour que cet accord soit une réalité et donc pour que Ormuz puisse se rouvrir de manière pacifique et que le trafic puisse reprendre. C'est très important pour nos compatriotes parce que c'est à peu près un quart du pétrole et du gaz produit dans le monde qui sort par ce détroit. Donc nous avons construit avec les Britanniques une mission. Nous sommes, nous, sur place. Il y a plusieurs nations qui sont sur place, les néerlandais, les italiens, les britanniques, nous. On est prêts à agir très vite. Pour faire quoi ? Envoyer des avions, envoyer une frégate, envoyer des démineurs. Nous, nous avons aussi notre porte-avions, le Charles de Gaulle avec tout ce qui l'entoure et qui reste dans la zone et qui peut être déployé dans les 2-3 jours qui suivront la confirmation. Donc ce qu'on va faire avec les Américains, en parallèle avec les Iraniens, c'est nous assurer de ce déploiement pour que cette réouverture d'Ormuz puisse se faire de manière pacifique et qu'elle dure.

> [Péage iranien pour le détroit d’Ormuz] Si c'est le cas, ce n'est en effet pas le retour à la situation que nous connaissions il y a plusieurs mois. C'est évidemment pas du tout ce qu'on souhaite parce que ça créerait un précédent. Il y a beaucoup d'autres détroits dans le monde, si à chaque fois on fait payer, quelle est la conséquence ? Vous faites monter les prix pour la terre entière. Donc là, on va aussi en discuter.
Ce n'est pas conforme au droit international. Donc nous, on défend le droit international et on va tout faire en effet pour qu'il n'y ait pas de péage. Alors aujourd'hui, ils jouent sur les mots, ils disent ce sont pour des services. Donc on va regarder, déjà la priorité c'est de le rouvrir. C'est faire sortir les centaines de bateaux, de porte-conteneurs, de tankeurs pour que les marchandises, les équipages, parce qu'il y a des équipages qui sont bloqués depuis des mois, le pétrole, le gaz puissent sortir, que ça rouvre et que ça fasse baisser les prix.

> [Hostilités au Moyen-Orient] L’accord a été signé électroniquement, je ne veux pas rentrer dans le détail, et il y a des annexes qui seront finalisées vendredi. Donc ce qu'on nous dit, c'est que normalement ça doit repartir maintenant. Donc vigilance, les prochaines heures vont nous dire. Est-ce qu'on a les premiers bateaux qui vont le franchir ? Donc là, il faut tout faire dans les heures, les jours qui viennent, pour que ce soit une réalité.
La deuxième chose, c'est que la communauté internationale, et donc nous, on s'assure que ce soit une réalité qui dure. La troisième chose, c'est qu'on s'assure qu'il n'y ait pas de péage, et que les prix ne montent pas, et ça on va en discuter demain, c'est de trouver un accord. Et puis en parallèle, c'est important pour que ce soit aussi bien compris, dans les travaux qu'on va mener dans ce G7, on va tout faire pour réduire notre dépendance à ce détroit. C'est-à-dire trouver d'autres chemins. Quand vous avez du gaz qui est produit en Irak, aujourd'hui il sort par ce détroit, c'est faire en sorte qu'il y ait des gazoducs qui aillent à travers l'Irak, la Syrie, le Liban, et qui ressortent par un autre endroit. C'est que les Émirats Arabes Unis puissent avoir aussi des gazoducs qui ressortent de l'autre côté du détroit. C'est que l'Arabie Saoudite puisse avoir des gazoducs qui passent à travers leur pays pour passer par la mer Rouge, et qu'à travers l'Égypte, on puisse les avoir en Méditerranée. C'est trouver des voies et moyens de réduire notre dépendance à ce seul détroit. Ça, ça veut dire construire des infrastructures, et c'est l'engagement du G7.

> [Prix des carburants] Pour que les chaînes logistiques repartent, ça va prendre quelques semaines. Néanmoins, on va voir des prix qui vont baisser, et le gouvernement va continuer de s'assurer que dans les délais normaux, ça soit bien répercuté à la pompe.

> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous, nous n'avons pas participé à cette offensive, comme vous le savez. Donc là, notre objectif, c'est la réouverture d'Ormuz. Et en effet, il ne faut pas de péage ou de choses.
Ensuite, c'est de s'assurer que cette paix, vous l'avez dit dans votre propos introductif, elle permette de protéger le Liban. Parce qu'aujourd'hui, le Liban, dans sa souveraineté, son intégrité territoriale doit être protégée. Il faut lutter contre des groupes terroristes qui sont mauvais pour le Liban et pour la région. Mais il faut s'assurer que le Liban retrouve la paix, qu'il n'y ait plus de bombardements, que les troupes étrangères se retirent et qu'on redonne la possibilité aux forces armées libanaises de retrouver ce qu'on appelle le monopole des armes, et donc désarment dans le bon ordre, le Hezbollah.
La troisième chose, et c'est dans l'accord, ce qui va se faire durant les 60 jours qui viennent, c'est l'accord sur le nucléaire, mais aussi ce qu'on appelle les capacités balistiques, c'est-à-dire les tirs de longue portée que les Iraniens peuvent faire. Ça, c'est important pour la paix dans la région, c'est important pour nous. (…)
Donc nous, notre priorité, c'est qu'il y ait un accord solide et sérieux qui soit finalisé. La France avait fait partie, il y a un peu plus de 10 ans, de l'accord qui avait été initié par les Américains. Nous, on avait souhaité que cet accord soit tenu et respecté en 2018. J'étais déjà là. D'ailleurs, le G7 en 2019, on s'était beaucoup activé, les Iraniens étaient venus en coulisses. Donc là, nous, on va s'assurer pour que les capacités d'uranium enrichi qui sont présentes, eh bien, elles soient bien neutralisées. (…)
D'abord, il faut que ça se fasse sous supervision de l'Agence internationale d'énergie atomique, l'AIEA. Parce que c'est la communauté internationale, il y a un garant. Ensuite, soit il faut sortir cet uranium et le mettre dans un pays tiers pour qu'il soit contrôlé, progressivement dilué. Soit il faut le diluer sur place sous le contrôle de l'AIEA. En tout cas, il faut faire que cet uranium enrichi, qui est proche du seuil dangereux dans lequel après, on peut construire des armes nucléaires, le sortir ou le diluer.
Ensuite, il faut s'assurer qu'il y aura un contrôle de cette agence pour que les Iraniens ne puissent pas, dans les mois et les années qui viennent, se réorganiser pour refaire de l'uranium enrichi et construire des armes avec. Donc ça, c'est une pression de la communauté internationale sur leurs activités, c'est un contrôle sur les sites. On connaît, on sait comment le faire parce qu'on l'a déjà fait. Donc nous, on contribuera avec nos experts. On contribuera aussi parce que cet accord, il prévoira la levée des sanctions sur l'Iran, s'il est bon. Eh bien, s'il n'est pas suffisant, à ce moment-là, les sanctions ne seront pas levées. Ça, avec les Britanniques et les Allemands en particulier, on a un rôle particulier, spécifique.

> [Hostilités au Moyen-Orient] Aujourd'hui, nous sommes sans doute la nation n'étant pas partie au conflit qui a le plus de moyens présents dans la région, entre la Méditerranée orientale, la mer Rouge et l'océan Indien. Donc nous avons des moyens déjà déployés depuis plusieurs mois. Je veux vraiment dire à nos marins notre fierté et ma reconnaissance parce que pour eux, c'est des semaines, des mois de mer. Donc nous, on s'organise pour réagir très vite dès qu'il y aura accord de toutes les parties prenantes. Donc l'accord signé est là, on va regarder.
Les Omanais nous ont déjà dit d'accord pour les escortes. Vous savez, Oman, c'est le pays qui est de l'autre côté du Détroit par rapport à l'Iran. Et donc là, ce sera une discussion avec les Américains et les Iraniens pour pouvoir assurer cette mission. Et en tout cas, nous, on a aussi des missions qu'on effectue en mer Rouge, par exemple, pour s'assurer de la sécurité ou en Méditerranée orientale pour être aux côtés de nos alliés ou aux côtés aussi de nos forces. (…)
Je ne veux pas ici faire de scénario fiction, si je puis dire. En tout cas, nous sommes prêts et à horizon de 2-3 jours, Charles de Gaulle peut être sur zone. Maintenant, il faut le faire en bon ordre. On sait, je peux vous dire que dès demain, on peut avoir des chasseurs, des avions qui seront là pour des premières missions de surveillance, on peut avoir une frégate dès demain et on peut avoir sous 2-3 jours, en effet, le Charles de Gaulle, des capacités de déminage et tout ce qui accompagne le Charles de Gaulle, c'est-à-dire aussi les frégates de nos partenaires et le reste. Mais tout ça n'a de sens que s'il y a un accord international, c'est ce à quoi on va travailler.

> [G7 d’Evian] Une décision qui va avoir des conséquences sur nos économies, c'est l'accord qu'on va, je pense, conclure sur les minerais critiques et les terres rares. On a tous besoin d'avoir des minerais critiques et des terres rares pour produire les équipements que vous avez là et qui nous permettent de parler et de communiquer, pour notre défense, pour tout ce qui permet d'ailleurs à nos équipements de fonctionner et évidemment notre intelligence artificielle et le reste.
Aujourd'hui, la Chine a beaucoup accumulé, il y a des dépendances qui existent. Le fait d'arriver à avoir un accord où on coopère tous pour diversifier justement notre capacité à avoir ces terres rares, les mettre ensemble, éviter qu'il y ait des blocages entre nous et surtout nous donner ces priorités et y aller, je pense qu'on va réussir à le conclure, c'était un des grands enjeux de ce G7. Ça paraît technique mais derrière c'est pour éviter, en fait sur la vie de tous les jours et notre industrie, exactement ce qu'on a connu sur les masques, les tests ou les vaccins pendant le covid19. (…)
Et bien ça c'est quand les gens ne coopèrent pas entre eux et qu'il y a un effet de rareté. Aujourd'hui il y a une rareté sur certaines terres, certaines composantes, certains minerais critiques. Si on ne coopère pas entre les pays du G7, tout peut se bloquer. On va obtenir je pense cet accord-là, ça fait des mois qu'on y travaille et c'est une des choses très concrètes pour nos industries.

> [Droits de douane de Trump] On vient de conclure un accord entre l'Europe et les États-Unis sur des tarifs. Après des mois de négociations, il avait été finalisé l'été dernier. Bon, maintenant il faut de la stabilité. Ce qu'on va d'ailleurs montrer, ce que les rapports d'experts montrent, c'est que les tariffs ça fait du bien à personne. Surtout les tariffs entre pays du G7. Ça ne fait pas du bien aux secteurs économiques qui sont touchés chez nous, mais ça ne fait pas du bien non plus aux États-Unis d'Amérique. Parce que ça ne règle pas du tout leurs problèmes de commerce et ça augmente certains prix.
Donc là, cette taxe numérique, les Européens l'ont décidée, plusieurs pays l'ont mise en œuvre, elle fait partie de notre droit. Ce n'est pas les États-Unis qui décident pour le droit des Européens ni des Français. C'est normal et ça ne se passera pas différemment, en tout cas tant que je serai là. Donc on aura une discussion respectueuse mais ferme, qui consistera à dire voilà comment les choses se passent, vous auss
i vous avez mis des tarifs qui sont plus élevés que ce qu'on vous impose, il faut les régler.
Cette menace on la connaît, d'ailleurs à Biarritz au moment du G7 en 2019, on les avait à peu près les mêmes. Donc on va régler tout ça de manière respectueuse par la discussion. (…)
Ce qui est important de comprendre, c'est pour ça que le G7 a été créé en 1975 à l'initiative de la France. C'est que pour régler beaucoup de nos déséquilibres internationaux, il vaut mieux se concerter, surtout quand on est entre grandes démocraties. Aujourd'hui il y a des déséquilibres qui existent, il y a des chaînes de valeurs qui sont en rupture, c'est pour ça qu'il faut justement sur les minerais critiques et les terres rares se mettre d'accord.
Il y a une Chine qui est très puissante, qui innove beaucoup, il faut le dire avec immensément de respect et elle s'est beaucoup transformée, mais la Chine qui représente environ 15% du commerce international, elle représente plus de 35% de la production mondiale et donc elle a des surcapacités. Parfois elle aide beaucoup ses entreprises plus que nous. Si on ne se met pas d'accord entre démocraties, de manière respectueuse avec la Chine, mais en se mettant d'accord et en se coordonnant entre nous, on ne règle pas ces problèmes.

> Je suis pragmatique et moi je n'ai qu'un maillot, c'est le maillot de l'équipe de France. Et donc là on joue à domicile chez nous, l'année dernière on était au Canada, mais le Canada, le Président Trump était parti le deuxième jour, il était parti au milieu de ce G7. (…)
Donc il faut qu'il reste jusqu'au bout pour construire les accords, parce qu'on a aussi des discussions importantes sur le numérique et l'intelligence artificielle mercredi. Et après moi je pense que c'est par la discussion ferme, respectueuse, qu'on obtient des résultats.
Ensuite pourquoi on a souhaité ce dîner ? Ce n’est pas un dîner de gala ou autre, non c'est un dîner pour célébrer les 250 ans de l'indépendance américaine, parce que la France y a joué un rôle. Parce que les Américains, 4 juillet 1776, déclarent leur indépendance à Philadelphie, c'est un moment très important. La France était aux côtés des Américains dans cette guerre, évidemment La Fayette, mais la France a toujours été aux côtés et la France, à l'époque le roi Louis XVI, son ministre, le comte de Vergennes, à Versailles, sont ceux qui se sont battus, ont décidé et ont construit le traité de Paris qui a été ensuite signé en septembre 1783. Et donc ce sera notre moment de célébration de cette amitié et de ces 250 ans d'indépendance, parce que je n'irai pas le 4 juillet prochain aux Etats-Unis et donc c'était important que le Président Trump étant là, compte tenu du rôle de la France, de ce que nos armées ont fait, de ce que nos politiques ont construit, et bien de pouvoir le célébrer.
Parce que c'est une histoire d'indépendance et de liberté. Il ne faut jamais l'oublier, c'est ça l'ADN des Etats-Unis. C'est bien qu'ils se replongent dans l'ADN de leur histoire.

> [Etats-Unis face à l’agression de Poutine contre l’Ukraine] C'est un allié qui est là, c'est un allié qui pensait pouvoir finir vite la guerre en Ukraine, il y a un an et demi, qui a vu la difficulté à nos côtés, qui ne finance plus l'effort de guerre. Parce que maintenant c'est un effort que les Européens quasi exclusivement font, je veux saluer aussi le rôle que les Canadiens, les Japonais, les Australiens, les Néo-Zélandais ou les Coréens ont à nos côtés, qui reposent sur nous, mais les Etats-Unis fournissent des armes, de l'intelligence, du renseignement, et sont là. (…)
Donc c'est un des objectifs de ce G7 aussi. Dès ce soir dans notre discussion à 7 avec le Président Trump, et demain avec le Président Zelensky qui sera ici à cette table avec nous, c'est de nous rassembler et de dire regardez ce qui se passe, l'Ukraine résiste beaucoup mieux que vous ne le pensiez.
La population civile est touchée de manière inacceptable par la Russie, les lieux de culte, on l'a encore vu ces dernières heures, l'énergie avec un froid terrible qui s'est abattu sur l'Ukraine l'hiver dernier, tout ça suppose qu'on fasse quoi ? Qu'on continue à aider l'Ukraine et qu'on se mobilise, on a besoin de vous. Qu'on renforce la pression sur la Russie, ce qu'on fait par exemple contre cette fameuse flotte fantôme qu'utilise la Russie pour financer son effort de guerre, les Britanniques où nous-mêmes dans les 15 derniers jours on a mené des opérations.
Et qu'on se mette d'accord pour négocier avec les Ukrainiens, la paix. Et moi ce que je veux au fond c'est d'avoir des Américains qui se disent on est avec vous, on va continuer d'aider l'Ukraine, on va mettre la pression davantage sur la Russie. Et la bonne négociation c'est l'Ukraine et la Russie autour de la table, mais avec les Européens et les Américains qui sont là.

> [Mort de Lyhanna] D'abord quand on parle de Lyhanna, de ce drame terrible qui s'est abattu, sa famille, la première chose c'est d'avoir le respect, la dignité, parce que j'ai été à la fois bouleversé comme nous tous par ce drame, mais profondément touché par la dignité de ses parents, de sa famille et du maire. Il les a accompagnés de manière remarquable, je les ai eus au téléphone. Je crois que ce qu'ils veulent, et à juste titre on doit l'entendre, c'est qu'on respecte leur deuil. Ce qu'on leur doit ensuite c'est la vérité. (…)
La vérité, la première, je trouve qu'on l'oublie très vite dans tous les débats qu'on a, c'est qu'il y a un violeur, manifestement, et un assassin. Je respecte la présomption d'innocence et la justice doit faire son travail. Enfin, c'est ça la première chose.
Moi je pense à ses parents, plus personne ne parle de ça. Il faut avoir du respect. Et donc là, il faut que la justice, avec les services enquêteurs, on lui donne les moyens d'aller le plus vite possible pour que justice soit faite, pour que les parents aient la vérité sur ce qui s'est passé, et que celui qui a commis tout cela puisse être puni le plus sévèrement possible.
La troisième chose, c'est qu'il y a un travail qui doit être fait pour comprendre comment on en est arrivé là, parce qu'avec les informations qu'on a toutes eues, on voit bien qu'on aurait pu éviter, manifestement.
Et donc il y a un travail qui a été lancé, à la demande du Premier ministre, par le garde des Sceaux, le ministre de l'Intérieur. Il sera rendu dans huit jours. Et donc dans huit jours, le gouvernement pourra tirer les conclusions de tout cela. Et il dira, et donc moi je ne vais pas aller plus vite que ce qui est fait. (…)
Mais avant de savoir tout de suite s'il faut faire une loi, vous savez, on a fait de multiples lois depuis 2017. Depuis que je suis Président, on a augmenté comme on ne l'avait jamais augmenté le budget de la justice. On a embauché des milliers de policiers et de gendarmes. Quand j'ai été élu, en 2017, il y avait moins de monde dans les prisons qu'aujourd'hui. 7% des gens qui étaient dans les prisons l'étaient pour des violences sexuelles et sexistes. Aujourd'hui, trois fois plus.
Donc il faut déjà le respect, la considération, l'affection pour la famille. Ensuite, permettre à la justice de faire son travail sur ce qui s'est passé. Troisième chose, avoir la vérité des faits lundi prochain. Et sur cette base-là, on pourra voir aussi avec toutes les associations qui sont engagées, qu'est-ce qu'il faut faire de plus pour protéger nos enfants ? Qu'est-ce qui n'est pas encore assez fort ? Qu'est-ce qui n'est pas encore assez radical ? Où est-ce qu'on doit développer des unités d'écoute dans nos hôpitaux pour que ça marche encore mieux ? Des salles Mélanie dans nos commissariats, nos gendarmeries ? Où est-ce qu'il manque peut-être des moyens là ou là ? (…)
C'est ce qu'on doit aussi à la fois aux victimes, aux parents, aux familles et à tous ceux qui concourent parce que vous savez nos policiers, nos gendarmes, nos services enquêteurs, nos magistrats, chaque jour ils se battent aux côtés des associations pour qu'on éradique ces violences et pour qu'on protège nos enfants. C'est le premier des devoirs de la République.

> [Interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans] Les parlementaires vont voter la loi avant le 15 juillet. Et donc sur cette base-là, on prendra les textes pour que ce soit mis en œuvre à la rentrée de septembre.
Et donc à la rentrée de septembre, ça permettra que pour les moins de 15 ans, il n'y ait pas de nouveaux comptes qui soient créés. Il y aura sans doute une période où entre septembre et la fin de l'année, on ira fermer les comptes des moins de 15 ans qui existaient déjà. Parce que derrière, il y a toute une technique à mettre en œuvre avec ces réseaux sociaux.
Mais pourquoi on le fait ? Parce qu'on a établi, les meilleurs spécialistes l'ont établi, c'est mauvais pour nos enfants et nos ados. Parce que ça les plonge dans une grande solitude, ça les fait souffrir. Parce qu'ils ne sont pas prêts pour cela, ils sont trop jeunes. Parce que ça les plonge dans des complexes, parfois c'est un lieu de harcèlement. Et en fait, ça brouille leur développement personnel, sensible, sensoriel, cognitif. Et donc on doit protéger nos enfants, nos ados, leur permettre d'apprendre à l'école, avec la famille, avec les amis, donner plus de temps à la lecture, plus de temps au sport, mais les protéger de ces réseaux.
Et ce mouvement qui a été lancé, qu'on a initié avec l'Australie, l'Australie a passé une loi avant nous, elle est déjà en vigueur. Nous, on va être sans doute l'un des premiers Européens à le faire. On a maintenant la moitié des pays de l'Union européenne, même un peu plus, qui est avec nous. Les Britanniques nous rejoignent, ils l'annoncent ce matin, le Premier ministre Starmer, le Canada nous rejoint. Donc c'est un sujet, c'est aussi un mouvement. Et ça vous montre l'intérêt de ces forums de discussion. Parce qu'on a créé une dynamique internationale, pour protéger nos enfants à travers le monde, et pour responsabiliser nos plateformes. Parce que derrière, on va leur dire, on va vérifier l'âge.

> [Présidentielle 2027] Je crois que ce qui est attendu du Président de la République, a fortiori quand il n'est pas candidat à sa succession, c'est d'être là pour protéger, pour assurer l'unité, et pour permettre aussi de représenter le pays à l'international, et de relever les défis.
Et donc mon principal rôle, je crois que ce qui est attendu de moi par les Françaises et les Français, c'est que je sois Président jusqu'à la dernière seconde et au dernier quart d'heure.
Et donc c'est d'abord d'assurer l'unité de la nation, dans des moments très difficiles, on l'a encore vécu ces derniers jours. Et d'être là pour nos enfants, les protéger. D'être là pour la France, son indépendance, sa liberté, sur les grands sujets militaires, diplomatiques ou technologiques. D'être là aussi pour qu'on ait une Europe plus forte, pour qu'on soit plus indépendant.
Et donc la campagne va se faire, c'est tout à fait normal, et moi je ferai tout pour qu'elle se fasse dans un bon cadre.

> [Présidentielle 2027] J'ai demandé au gouvernement de s'assurer que cette campagne et cette élection se passent aussi dans les meilleures conditions pour nous protéger de ce qu'on appelle les ingérences.
C'est-à-dire qu'il n'y ait pas d'attaque informationnelle de puissance étrangère pour déstabiliser le pays. Qu'il n'y ait pas d'attaque cyber. Que ça ne soit pas faussé. Je crois que c'est ça, mon rôle.
Après, les Françaises et les Français me connaissent. Ils savent ce que je pense. Les idées que je défends, j'ai eu l'occasion de les défendre lors de deux campagnes présidentielles. Ce que je porte, ce que je défends, ce pour quoi je me bats depuis plus de neuf ans maintenant. Une France plus forte, une économie plus prospère, l'innovation, le développement, notre enfance, notre Europe. Voilà. Et donc, je continuerai de le faire jusqu'au bout. Et je le ferai pour que nos débats soient le plus calmes, le plus apaisés possible.
Et que nous puissions tous ensemble faire les choix pour demain en étant conscients des risques, mais aussi des opportunités. On est un pays fort. On a une armée forte. On a une grande diplomatie. On a une économie très innovante. On a une société extraordinaire. Et donc, je veux aussi donner ce message d'optimisme pour les prochains mois.

> [Discours de remerciements aux forces de sécurité et de secours mobilisées dans le cadre du Sommet du G7] Je voulais pouvoir vous serrer la main, vous saluer, mais avant ça, dire quelques mots pour vous remercier. Parce qu'évidemment, nous tenons ce G7. C'est une grande fierté pour la France, une grande responsabilité. Nous allons essayer de faire avancer au maximum tous les dossiers qui sont importants pour notre pays, notre continent, et aussi la paix et la prospérité dans le monde avec les grands dirigeants de la planète. Mais ceci n'est possible que par votre mobilisation collective. Je remercie la commune, l'ensemble du territoire pour leur accueil, mais je veux remercier la très grande mobilisation pour sécuriser ce G7, et c'est ce collectif ici présent.
On a de manière exceptionnelle près de 13 800 forces de sécurité qui sont mobilisées. Évidemment, nos policiers, nos gendarmes de tout le territoire, et je veux aussi saluer la mobilisation et le soutien des forces de tout le territoire et des unités mobiles de tout le territoire, et donc on a une mobilisation inédite de nos policiers, de nos gendarmes. Évidemment, nos militaires à leurs côtés, qui sont aussi présents et que je salue, qui sont là et apportent de manière inédite également leur soutien. Je veux remercier nos douaniers, qui sont également là et contribuent au plan frontière, l'ensemble des forces de sécurité intérieure. Je vais saluer les unités, évidemment, locales, nationales, mais nos forces de déminage qui sont ici présentes, nos forces de renseignement, nos unités d'élite, et qui sont ici présentes avec les sécurités d'usage. Mais c'est pour nous une grande fierté d'avoir, évidemment, les GIGN qui sont mobilisés. Notre sécurité civile, qui est également mobilisée et présente sur le terrain une fois encore, et les équipes de sécurité civile, sapeurs-pompiers sont là, et je veux vraiment vous en remercier, nos soignants, les SAMU une fois encore mobilisés.
En vous disant merci aujourd'hui, évidemment. Je veux avoir une pensée pour votre frère d'armes qui a été fauché et est tombé samedi. J'ai une pensée particulière, évidemment, pour nos gendarmes de l'Ain, l'adjudant Raffoux est tombé en assurant la mission. Il l'assurait dans le cadre de ce G7. Il était venu ici vous soutenir et participer à la mission. Je sais que le DGGN va descendre, le ministre de l'Intérieur s'est exprimé, il sera là, mais je voulais vraiment, en notre nom à tous, dire mon soutien à tous ces frères d'armes ici présents, à tous ces frères d'armes de l'Ain, évidemment à sa famille, c'était aussi un papa de deux enfants, et je veux ici dire notre émotion, notre soutien et notre reconnaissance.
Et puis, évidemment, je veux aussi remercier nos magistrats qui sont ici présents et l'ensemble de celles et ceux qui concourent à la mission. Les magistrats font ici un travail remarquable et, dans l'unité avec nos forces de sécurité, ont déjà permis d'agir avec beaucoup d'efficacité et vont permettre aussi de mener des affaires dans les meilleurs délais face, évidemment, à ce qui peut advenir sur le terrain. Donc, c'est un continuum, c’est l'action de l'État, c'est la force de l'État. Il y a déjà eu beaucoup d'opérations qui ont été conduites dans la plus grande discrétion ces derniers jours, et je veux vous en féliciter avec le concours des services de renseignement nationaux. Il y a des opérations qui continuent d'être menées au moment où je vous parle et qui continueront d'être menées dans les prochains jours pour assurer la sécurité, la paix sur le territoire.
Je voudrais avoir un dernier mot aussi pour vous remercier et remercier tous les collègues qui sont mobilisés côté Suisse parce qu'hier, comme les jours précédents, et on a décidé de prolonger cette mission, il y a plusieurs centaines de nos forces de sécurité, de nos militaires qui sont aussi mobilisés en soutien de la Suisse pour assurer la sécurité du territoire, la sérénité au maximum et la stabilité pour tous.

Voilà, je ne veux pas être plus long, mais je voulais rappeler la contribution de chacune et de chacun, de toutes nos forces, de toutes celles et ceux qui concourent et l'ensemble des services, afin que ce G7 puisse se passer dans les meilleures conditions pour la population, afin que ce G7 se passe dans le calme, la sécurité, une fois encore.
C'est une grande fierté pour moi d'être là et de pouvoir vous remercier pour la mission qui a déjà commencé pour beaucoup d'entre vous depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, qui va se poursuivre toute cette semaine et parfois un peu au-delà, et qui vient en plus des missions de chaque jour. Je veux ici vous redire avec beaucoup de reconnaissance, de gratitude et en connaissance de cause, un grand merci pour ce que vous faites chaque jour. C'est, chaque jour, pour nous tous, des défis du quotidien et je sais que vous faites bien et que vous faites de votre mieux. J'essaie de faire pareil avec vous. Et donc un immense merci d'être là pour permettre à ce G7 de se tenir et de le faire dans le meilleur ordre. Merci, Madame la préfète, d'en assurer le commandement sur le territoire et de coordonner cette action. Je suis très reconnaissant sous l'autorité du préfet de région, mais pour ce département, de le faire avec beaucoup de savoir-faire et de professionnalisme, comme toujours.

> [Prise de parole lors de la cérémonie d’ouverture de l’événement Bharat Innovates 2026] C'est un grand honneur pour nous, Monsieur le Premier ministre, très cher Narendra, de vous accueillir ici, à Nice, pour ce premier Bharat Innovates hors d'Inde. Nous avons, ensemble, il y a quelques mois, à Bombay, lancé cette année franco-indienne de l'innovation. Comme la vidéo que nous venons de voir le rappelait, je disais alors : la question n'est pas de savoir si l'Inde innove, mais qui innovera avec l'Inde. Vous nous faites un grand honneur de, pour la première fois, montrer des start-ups, des grands innovateurs de votre pays, hors de vos murs, qui viennent ici construire des partenariats, trouver des investisseurs, convaincre des talents.
En commençant mon propos, je voudrais d'abord, Monsieur le Premier ministre, vous féliciter, évidemment, pour votre présence ici, mais parce qu'il y a quelques jours, vous êtes devenu le Premier ministre qui aura le plus longtemps servi son pays depuis l'indépendance de l'Inde.  Cette longévité et cette stabilité disent beaucoup de votre action déterminée, de la force de votre pays et de ses atouts et de votre leadership. Donc nous sommes très fiers de vous avoir ici.
Alors, pourquoi pour la France l'Inde est une évidence et votre capacité à innover l'est ? Je le dirais de manière très directe et très simple. Vous avez le dividende démographique. Un pays d'un milliard 400 millions d'habitants, un pays qui, depuis très longtemps, a fait le pari du savoir, de l'intelligence, de la recherche, et qui forme aujourd'hui autant d'ingénieurs que l'Europe et les États-Unis d'Amérique réunis, plus d'un million par an. Un pays qui, dans tous les domaines du jeu, et nous l'avons vu, toute la recherche, l'innovation et les modèles de frontières, est à la pointe de l'innovation internationale.
Si un seul exemple suffisait à montrer ce que vous êtes capable de faire, je crois que le spatial l'illustre sans doute mieux que nul autre. La mission Chandrayaan-3 de juillet 2023, qui a permis le premier alunissage sur le pôle sud lunaire, qui a été menée dans un temps record par l'ISRO, avec des coûts records, est une démonstration de force, de recherche, d'innovation, mais aussi de mise en œuvre industrielle et de concret. Ceci doit conduire beaucoup de pays du monde à voir l'Inde comme elle est aujourd'hui, pas simplement un pays qui fournit des talents ou qui peut encore fournir, et ce qu'il continue à faire, des talents de sous-traitance industrielle ou technologique, non, un très grand pays d'innovation qui bâtit lui-même des modèles de rupture et qui est devenu incontournable.
De l'autre côté, je veux convaincre ici les investisseurs, entrepreneurs qui sont en France, ici à Nice aujourd'hui avec nous, de ce qu'est la France. Le premier pays d'innovation et le pays le plus attractif d'Europe depuis 7 ans. Nous l'avons encore montré il y a quelques semaines avec Choose France, et 93 milliards d'euros d'investissement confirmés. Depuis 7 ans, la France est le pays le plus attractif de notre Europe. Nous sommes le pays qui est le plus en pointe sur l'intelligence artificielle, qui, de très loin, a créé le plus d'entreprises, suscité le plus d'investissements et créé le plus d'emplois. Nous avons des talents que nous formons en qualité, que nous continuons à former dans le spatial, dans l'intelligence artificielle, dans le quantique, et nous avons une force dans l'économie contemporaine, c'est que la France produit et exporte une énergie pilotable la plus décarbonée d'Europe, largement grâce au nucléaire. Cette énergie, elle est à 95 % décarbonée, et l'année dernière, nous en avons exporté 90 TWh, la même chose que l'année précédente. Dans ce monde où, en particulier, la course à l'intelligence artificielle, c'est une course pour les capacités de calcul, l'énergie est la ressource rare. Toute notre stratégie, entre autres, est de convertir cette énergie disponible en capacité de calcul sur notre sol, ce qui fait de la France le pays, de très loin, leader en création de centres de données en Europe et en capacité à développer des modèles aujourd'hui fondationnels et de langage large. La France est le seul pays d'Europe à avoir un modèle LLM qui est en situation de concurrencer les grands Américains et les grands Chinois, avec Mistral AI, et ce qui nous conduit aussi à développer dans tous les domaines de ce jeu nos capacités.
Voilà quelques raisons, et je ne serai pas plus long, pour lesquelles la France et les Français, avec eux les Européens, doivent regarder l'Inde différemment, et je crois aussi que les Indiens doivent regarder la France avec intérêt compte tenu de nos atouts. C'est pourquoi cette rencontre aujourd'hui est très importante. C'est celle qui permet la rencontre entre vos capacités d'innovation, Bharat Innovates, et la French Tech, Choose France, France 2030. Et dans quelques jours, nous serons avec le Premier ministre Modi à VivaTech, où vous avez été l'invité d'honneur en 2022. La France, depuis maintenant un peu plus de 10 ans, croit très profondément dans la stratégie que vous conduisez, Monsieur le Premier ministre. Le Make in India, nous sommes plus qu'au fond des gens qui la respectent, nous sommes des acteurs, nous pratiquons. Depuis 10 ans, nous avons massivement développé des perspectives industrielles dans le domaine de la défense et de la sécurité, dans les domaines de l'innovation et tant d'autres, et nous avons ensemble bâti de plus en plus.
C'est ce qui a conduit aussi à construire à la fois ce partenariat unique entre nos deux pays, que nous avons rehaussé il y a quelques mois, et en matière d'innovation, à lancer cette année d'innovation ensemble à Mumbai et à également lancer ce réseau franco-indien de l'innovation en février dernier, qui est un instrument pour tous les acteurs indiens et français, dont je vous invite à vous saisir. Cette visite en France est également l'occasion d'adopter une feuille de route France-Inde Innovation 2030, qui constitue une nouvelle réalisation importante de ce partenariat stratégique global spécial. Cette feuille de route démontre dans de nombreux domaines la force de cette innovation.
Après avoir vanté les mérites de l'un et de l'autre, je voudrais finir en déclinant quelques-uns des axes de notre aventure commune. Dans le domaine de l'intelligence artificielle, nos deux pays partagent l'ambition d'une intelligence artificielle sûre, ouverte, sécurisée, digne de confiance, responsable et éthique. C'est le cœur du message que nous avions envoyé en janvier 2025 ensemble à Paris, en coprésidant le Sommet pour l'IA, et c'est le cœur du message qui a été aussi promu il y a quelques mois dans votre pays, dans le Sommet de Delhi. Je me réjouis que nous continuions à travailler ensemble dans la perspective du prochain Sommet IA l'année prochaine. Les projets que nous portons en matière de recherche, de coopération industrielle, s'inscrivent en quelque sorte dans cette troisième voie pour l'intelligence artificielle, celle que nous promouvons, celle aussi d'une coopération ouverte, là où les derniers jours l'ont encore montré, la tentation de refermer les modèles d'intelligence artificielle, en tout cas, d'en faire des instruments de puissance, de cesser les coopérations, cette tentation s'accroît.
L'Inde et la France ensemble croient dans un partenariat, dans le respect du multilinguisme, dans le respect d'une IA coopérative, d'un modèle ouvert pour le bien commun. Dans le domaine du climat et de l'énergie, l'Inde et la France innovent ensemble pour garantir une sécurité énergétique et le respect des engagements pris à la COP21. Mon premier voyage à vos côtés, Président, en 2018, c'était pour ensemble installer l'Alliance solaire internationale, acteur ô combien important de cette stratégie de décarbonation mondiale, la Coalition pour la résilience des infrastructures face aux catastrophes, qui nous lie, là aussi, et qui nous permet d'agir dans beaucoup de pays, également tout ce que nous conduisons l'un avec l'autre. Dans le domaine de l'énergie nucléaire, nous travaillons ensemble sur des projets pour aujourd'hui et pour demain, de Jaitapur aux technologies d'avenir, comme les SMR. Ensemble, nous avons à œuvrer pour améliorer la situation, bâtir une énergie plus décarbonée et continuer les coopérations aussi en matière de recherche, d'observation, pour pouvoir, là aussi, avoir une science ouverte.
En santé, cela a été montré à l'instant par les vidéos, notre coopération est forte. En 2023, nous avons lancé le Campus franco-indien en sciences de la vie pour la santé, qui produit d'excellents résultats en termes de projets de recherche, d'échanges entre chercheurs. Cet automne sera lancé un club santé qui favorisera les synergies entre nos entreprises et nos centres de recherche. Nos deux instituts nationaux de santé et de la recherche médicale, l'Inserm et l'ICMR, luttent déjà ensemble contre la résistance aux antimicrobiens par une alliance impliquant des industriels du secteur. Lors de ma dernière visite en Inde en février, j'ai pu inaugurer le premier centre de recherche pour la santé globale, utilisant de l'IA, dans le plus grand hôpital universitaire de la ville, AIMS, en partenariat avec Sorbonne Université et IIT Delhi.
Dans le domaine du spatial, évidemment, là aussi, notre coopération est forte, mais nous avons encore beaucoup à faire. Nombre de start-ups présentes aujourd'hui coopèrent depuis plusieurs années ensemble. Nous coopérons depuis plus de 60 ans ensemble. En février dernier, j'ai constaté la solidité du partenariat entre le CNES et l'ISRO, dont témoigne le développement continu de satellites conjoints d'observation de la Terre depuis plus de 20 ans. Et le prochain satellite, Trishna, actuellement en cours de développement, sera lancé depuis l'Inde l'année prochaine et fournira des mesures précises de la température de surface dans le monde, améliorant notre capacité, entre autres, à gérer les ressources d'eau. Qu'il s'agisse d'explorations spatiales, de vols habités dans l'espace, de constellations nouvelles, nous avons des projets massifs à développer ensemble. L'Inde aura un rôle éminent lors du sommet spatial international qui se tiendra à Paris les 9 septembre et 10 septembre prochains.
Évidemment, je pourrais ici décliner de nombreux secteurs. La défense, où nos partenariats se sont profondément transformés ces dernières années, et où le Made in India est une réalité profonde. Le développement de nos échanges commerciaux, que l'accord entre l'Union européenne et l'Inde permettra de démultiplier encore davantage. Mais je veux terminer en évoquant, au service de ces partenariats et de cette ambition pour l'innovation commune, la force de nos liens humains. La formation professionnelle entre nos deux pays est un axe clé de notre développement, un accord pour la création d'un centre national d'excellence sur les métiers de l'aéronautique et des secteurs associés à Kanpur, dont l’Uttar Pradesh en est une des illustrations. Nous voulons développer le lien entre nos universités, nos centres de recherche et pour nos jeunesses. Nous avons cet objectif de 30 000 étudiants indiens en France pour 2030. Cet objectif est essentiel et j'invite toutes celles et ceux qui sont là à y contribuer pour démultiplier l'accueil ici d'étudiants indiens et pour permettre aussi à de nombreux étudiants français et chercheurs français de vous rejoindre en Inde au service de cette ambition commune. À ce titre, je veux ici rendre hommage au Centre franco-indien pour la promotion de la recherche avancée, le CEFIPRA, une institution visionnaire dont nous venons de célébrer le 40ème anniversaire et qui sous-tend cet effort. Mais nous avons encore à lui donner une perspective nouvelle et plus forte.
Monsieur le Premier ministre, cher Narendra, je crois profondément que le fait que Nice accueille aujourd'hui et demain le premier Bharat Innovates 2026 en dehors de votre pays est le signe que ces liens qui nous unissent sont éminemment forts, s'appuient sur une histoire technologique, scientifique, industrielle qui s'est profondément transformée ces dernières années, mais indiquent combien nos deux pays ont à continuer de construire ensemble, par leurs forces scientifiques, entrepreneuriales et industrielles, mais aussi par la conviction qui nous lie et une même lecture du monde. Nous croyons dans la coopération, nous croyons dans la recherche ouverte, nous croyons dans le respect du droit international et dans le respect des nations indépendantes. C'est au service de cette lecture du monde que se construit notre partenariat en matière de recherche et d'innovation. C'est pour cela que cette année franco-indienne de l'innovation est si importante et que votre présence aujourd'hui à Nice signifie beaucoup.

> [Déclaration en compagnie des leaders d’Allemagne, d’Australie, du Canada, de Chypre, de Grèce, d’Italie, du Japon, du Royaume-Uni sur le mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran

Nous saluons chaleureusement l’annonce du mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran. Nous félicitons les États-Unis, le gouvernement iranien ainsi que tous les acteurs impliqués, y compris le Pakistan, le Qatar et tous les autres médiateurs, pour cette avancée diplomatique.
C’est un moment d’opportunité pour rétablir la stabilité régionale et stabiliser l’économie mondiale.
Il est désormais essentiel que les négociations détaillées aboutissent et que cet accord soit mis en œuvre rapidement et pleinement. Nous sommes prêts à soutenir cet effort.
La réouverture urgente du détroit d’Ormuz, avec une liberté de navigation inconditionnelle et sans restriction, est indispensable. Nous nous engageons à jouer notre rôle pour y parvenir — conformément à nos exigences constitutionnelles respectives — y compris par une mission strictement défensive et indépendante visant à rassurer le trafic commercial et à mener des opérations de déminage.
L’Iran ne doit jamais se doter de l’arme nucléaire. Nous sommes prêts à travailler avec les États-Unis, l’Iran et l’AIEA à cette fin. Nous sommes disposés à lever les sanctions pertinentes en réponse à des mesures claires et vérifiables de la part de l’Iran concernant son programme nucléaire.
Nous travaillerons de manière intensive avec les États-Unis, l’Iran et les partenaires régionaux pour saisir cette opportunité, maintenir le momentum et parvenir à un règlement diplomatique à long terme.
Nous réaffirmons également notre plein soutien à la stabilité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban, et à l’importance d’un cessez-le-feu robuste.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> L’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran et la réouverture programmée du détroit d’Ormuz sont deux bonnes nouvelles. Cette détente devrait maintenant se traduire sur les marchés de l’énergie et notamment dans les prix du pétrole. Si les prix du pétrole baissent, les prix à la pompe devront baisser avec la même rapidité que les hausses observées au début de la crise. Les aides annoncées, tant pour les particuliers grands rouleurs que pour les secteurs les plus exposés seront, elles, versées comme convenu. Le Gouvernement sera aussi vigilant à la baisse des prix qu'il l'a été face à leur hausse.

> Comme l’électricité hier, comme Internet il y a trente ans, l’intelligence artificielle change déjà nos vies. Le temps des expérimentations est terminé. J’ai décidé d’accélérer la transformation de l’État :
- un assistant conversationnel souverain commun pour tous les agents publics ;
- un assistant santé public sur Ameli d’ici la fin de l’année ;
- une nouvelle plateforme pour faciliter l’accès aux données publiques ;
- 655 M€ supplémentaires investis dans l’intelligence artificielle via France 2030.
Nous pouvons subir cette révolution. Ou nous pouvons la conduire. La France a choisi. Elle sera au rendez-vous de cette révolution et entend y tenir toute sa place.

> Après les violences et les destructions qui ont suivi la victoire du PSG en Ligue des champions, le Gouvernement présentera en juillet en Conseil des ministres un projet de loi visant à faire assumer directement aux auteurs le coût des dégradations commises dans l’espace public. Aujourd’hui, dans une foule violente, chacun profite souvent de l’anonymat du groupe. Les dégâts sont collectifs, mais les réparations restent rarement à la charge de ceux qui y ont participé. Ce sont donc les contribuables qui paient, ou les assurés via leurs polices d’assurance. Dans un contexte où nos finances publiques sont fortement dégradées et où chaque euro d’argent public doit être utilisé avec responsabilité, il n’est plus acceptable que la collectivité supporte le coût des destructions commises par quelques-uns. Demain, toute personne prenant part à un attroupement violent au cours duquel des dégradations sont commises pourra être tenue de contribuer civilement à leur réparation. Un principe simple : lorsqu’on participe à une violence collective, on doit en assumer individuellement les conséquences. Cette contribution pourra être adaptée aux capacités financières de chacun, y compris sous la forme de versements modestes étalés dans le temps. Les prestations sociales pourront également être sollicitées dans les conditions prévues par la loi, sans remettre en cause le reste à vivre des personnes concernées. Cette réparation a aussi une vocation éducative : même lorsqu’il s’agit d’une petite somme versée chaque mois pendant une longue période, elle permet de rappeler concrètement que tout acte de destruction engage une responsabilité et doit être réparé. Les contribuables n’ont pas à payer pour ceux qui détruisent. D’ici à la fin du quinquennat, chaque jour sera mis à profit pour agir, réformer et apporter des réponses concrètes aux Français.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)

> [Détroit d’Ormuz] Au moment où je vous parle, nous avons sur zone deux bâtiments chasseurs de mines, prêts à accompagner pour du déminage.

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Depuis 2022, la France est aux côtés de l’Ukraine. Former, accompagner, soutenir. Sans relâche. Jeudi à Bruxelles, nous en reparlerons en réunion de l’OTAN. Et en ce moment même à Eurosatory, 40 entreprises ukrainiennes exposent. Un pays en guerre qui résiste, qui crée, qui innove.

> [Liban] Notre objectif est de permettre aux autorités libanaises de retrouver toute leur souveraineté, et que ce pays retrouve la paix.

> La France et l'Estonie, c'est une coopération de défense opérationnelle et capacitaire ambitieuse. J'ai reçu mon homologue avec qui nous avons signé une déclaration d’intention pour approfondir notre coopération bilatérale de défense. Engagements opérationnels, interopérabilité, partenariats industriels, autant d'enjeux sur lesquels nos deux pays sont déterminés à avancer ensemble.

> Quelques mois après ma visite à Kyiv et la signature de la lettre d’intention avec mon homologue Mykhaïlo Fedorov pour accélérer les coopérations entre nos industries de défense, l’Ukraine choisi d’Eurosatory comme vitrine. Nous franchissons aujourd’hui une nouvelle étape avec la création officielle de Brave1 France-Ukraine. Cette plateforme vise à accélérer les coopérations entre les écosystèmes français et ukrainien de l’innovation de défense et concrétise nos ambitions communes. Déjà, des partenariats industriels très concrets ont été noués, entre Shark Robotics et Tencore dans la robotique terrestre, ou encore entre FirePoint, Safran et Geoflex. Brave1 France-Ukraine permettra désormais de financer des projets de maturation technologique, d’organiser des hackathons et d’accélérer l’émergence de solutions éprouvées au combat. Nous faisons le choix d’une logique de partenariat qui associe l’expérience opérationnelle et l’audace des innovateurs ukrainiens à l’excellence technologique et industrielle française. Cette dynamique se prolonge également à travers des échanges approfondis entre l’AMIAD et ses partenaires ukrainiens sur plusieurs technologies clés pour les conflits de demain.

> C’est une fierté pour la France d’accueillir le salon Eurosatory à Paris, rendez-vous incontournable qui met en lumière l’excellence de l’industrie française et mondiale de la défense et de l’armement. Eurosatory est bien plus qu’un salon : c’est une vitrine de l’innovation, du savoir-faire technologique et des capacités industrielles françaises. Dans un contexte international marqué par de nouveaux défis stratégiques, cet événement permet à de nombreux États, industriels et acteurs financiers de se rencontrer, d’échanger et de construire les partenariats de demain. La France démontre une nouvelle fois sa place centrale dans les enjeux de souveraineté et de coopération internationale, en offrant un carrefour unique où se dessinent les solutions de défense et de sécurité de demain.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Déclaration lors du Conseil Affaires étrangères] La réunion des dirigeants du G7 et de leurs partenaires à Evian se dans un contexte qui est marqué par un accord qui a été trouvé entre les États-Unis et l'Iran, dont je me félicite, qui doit permettre la fin des hostilités sur tous les fronts, y compris le Liban, qui doit permettre la réouverture du détroit d'Ormuz et que s'engage une négociation globale permettant la restauration de la stabilité et de la sécurité dans la région. Ce qui suppose que l'Iran puisse coexister pacifiquement avec son environnement régional et que soit encadré son programme nucléaire, son programme de missiles, soit mis fin à son soutien des groupes terroristes. Ce qui suppose également que le peuple iranien qui a tant souffert de la répression et de la guerre puisse construire librement son avenir. Ces prochaines étapes seront donc préparées par les réunions qui se tiendront à Évian autour du président de la République et rassemblant non seulement les pays européens, les pays du G7, mais également les pays du Golfe et les pays arabes qui ont été invités par la France à cette occasion. 
La situation ne doit pas nous faire oublier la catastrophe qui se joue en Palestine, à Gaza comme en Cisjordanie. C'est la raison pour laquelle la réunion qui s'est tenue vendredi 12 juin à Paris est à la fois historique et essentielle. Réunion qui rassemblait des centaines d’Israéliens et de Palestiniens venus de la société civile porter un message de résistance et d'espoir, de résistance à l'idée que le camp de la guerre ne l'emporte sur celui de la paix, et d'espoir, celui de deux États vivant côte à côte, en paix et en sécurité. Je le disais, une rencontre historique, parce que pour les Palestiniens et les Israéliens, il est devenu quasiment impossible de se rencontrer puisqu’il est presque impossible pour un Israélien de se rendre en Palestine et pour un Palestinien de se rendre en Israël. Ils se sont retrouvés à Paris pour établir une liste de recommandations et lancer un appel aux dirigeants du G7 réunis à Évian cette semaine. Et puis une rencontre essentielle car elle a permis de tracer la voie vers cette solution à deux États qui passe par le désarmement du Hamas qui doit redémarrer et avancer, qui passe par la fin du blocus humanitaire à Gaza où l'aide doit entrer massivement pour soulager les souffrances des populations civiles, qui passe par des élections en Palestine auxquelles le président Mahmoud Abbas s'est engagé devant le président de la République et le prince héritier d'Arabie saoudite l'année dernière. Il est indispensable qu'en 2026 puissent se tenir en Palestine des élections présidentielles et législatives, et évidemment, recommandation essentielle, la fin de la colonisation extrémiste et violente en Cisjordanie. À ce sujet, la France, avec d'autres pays, dont le Royaume-Uni, l'Australie, la Norvège, le Canada, la Nouvelle-Zélande, a pris de nouvelles sanctions à l'encontre de 26 individus et entités responsables de l'accélération sans précédent de la colonisation en Cisjordanie, y compris le ministre Bezalel Smotrich, ministre des Finances, après que la France a pris à titre national, quelques semaines auparavant, des sanctions à l'encontre du ministre de la Sécurité intérieure, M. Ben-Gvir. Ces sanctions, nous souhaitons qu'elles puissent être endossées au niveau européen pour envoyer un signal clair : l'Europe ne peut accepter l'explosion de la violence et la poursuite de la colonisation effrénée en Cisjordanie qui menace la possibilité d'une paix au Proche et au Moyen-Orient. De la même manière, avec un certain nombre d'autres pays aujourd'hui, nous demanderons solennellement à la Commission européenne de tout faire pour empêcher l'importation en Europe de produits issus des colonies illégales en Cisjordanie, de la même manière qu'elle a su le faire pour empêcher les produits importés de la Crimée illégalement annexée par la Russie. Nous ne pouvons accepter que l'Europe, directement ou indirectement, vienne par son commerce soutenir ces activités illégales qui compromettent la possibilité d'une paix entre Israël et la Palestine. N'oublions pas le Liban, je me félicite que la semaine dernière l'Europe ait décidé d'accorder 100 millions d'euros pour soutenir les autorités libanaises, les forces armées libanaises qui sont engagées dans un dialogue très exigeant et lui aussi historique avec les autorités israéliennes et nous les soutenons dans cet effort. 
La réunion du G7 sera évidemment l'occasion d'aborder la situation en Ukraine, puisque le président Zelensky rencontrera les dirigeants du G7 à Évian cette semaine. En Ukraine où, une nouvelle fois, la nuit dernière, la Russie de Vladimir Poutine a montré l'étendue de sa cruauté en frappant massivement la capitale Kyiv, en provoquant des dégâts extrêmement sévères sur la cathédrale de l'Assomption au sein de la laure des Grottes de Kyiv, patrimoine mondial de l'UNESCO, et qui est l'équivalent pour nous, Français, du bombardement de Notre-Dame ou de Saint-Denis, ce qui est évidemment inacceptable. Et puis ce sont neuf Ukrainiens d'ores et déjà qui ont perdu la vie après les attaques d'hier soir. Ce qui démontre que Vladimir Poutine persiste dans sa guerre coloniale et représente un obstacle à la paix. 
Dans ce contexte, notre soutien à l'Ukraine se poursuit et s'amplifie. Aujourd'hui, nous aurons ouvert formellement les discussions d'adhésion à l'Union européenne. C'est un chemin exigeant tout au long duquel nous allons soutenir les autorités ukrainiennes. Pression sur la Russie également et nous prenons aujourd'hui des sanctions à l'encontre de 54 entités responsables de la circulation de cette flotte fantôme qui permet à la Russie de contourner nos sanctions, nous prenons des sanctions à l'encontre des assassins d'Alexeï Navalny, nous prenons également des sanctions à l'encontre des responsables de la diffusion de la propagande du Kremlin en Europe. Et puis nous préparons évidemment la paix avec la Coalition des volontaires qui, dans quelques jours, se réunira à Paris, prête à garantir que la paix, une fois conclue en Ukraine, puisse être durablement garantie. Nous commencerons cette journée par un échange avec le ministre des Affaires étrangères de l'Arménie pour le féliciter pour le courage avec lequel les autorités arméniennes ont su protéger le scrutin récent contre les ingérences massives de la Russie. Ce qui démontre que le choix qui a été fait depuis quelques années de se tourner vers l'Europe, vers la liberté et vers la démocratie, a été suivi par le peuple arménien, aux côtés duquel nous nous tenons.

> [Hostilités au Moyen-Orient] Cela fait des semaines désormais que la France, le Royaume-Uni et plusieurs dizaines de pays ont mis sur pied une mission internationale, strictement défensive, indépendante des parties au conflit, capable de se déployer rapidement pour accélérer la reprise du trafic de manière à ce que la liberté de navigation soit pleinement assurée. Et ce sera évidemment à l'ordre du jour des discussions des dirigeants du G7 cette semaine.

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Ce qui est certain, c'est que l'ouverture des négociations a beaucoup trop traîné, puisqu'elle était bloquée par un veto hongrois qui a été levé récemment, au moment où le peuple hongrois a lui aussi fait le choix de l'Europe et de la démocratie contre celui qui lui était proposé auparavant. Nous nous tenons aux côtés des autorités ukrainiennes pour les accompagner, elles qui mènent ce travail si exigeant, si difficile, de préparation de l'adhésion à l'Union européenne, dont chacun sait, qui repose sur des mérites propres, c'est-à-dire l'atteinte d'un certain nombre de standards. Il ne s'agit pas simplement d’un rattrapage économique et social, comme on semble le croire parfois, il s'agit de modifier ses règles en profondeur, et notamment celles de l'état de droit, pour se conformer à ce qu'est l'idéal européen, un idéal de démocratie, de liberté, tel qu'il n'en existe plus ailleurs dans le monde. 

> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous appelons les deux parties, les États-Unis et l’Iran, à se saisir de cette opportunité, à signer cet accord pour en tout cas le conclure, pour mettre fin à une situation qui clairement est insoutenable, ne fait que des perdants en Iran, aux États-Unis et au-delà. C’est ce que j’ai dit ce matin à mon homologue iranien en le pressant non seulement de conclure cet accord, mais en attirant son attention sur la nécessité, on y reviendra peut-être, pour accélérer la reprise du trafic maritime après le déblocage du détroit d’Ormuz, de se coordonner avec cette mission internationale que nous avons mis sur pied le Royaume-Uni qui rassemble plusieurs dizaines de pays du monde dans un posture indépendante et strictement défensive, faire en sorte que la circulation reprenne et que donc, les approvisionnements aussi, la pression sur les prix baisse et qu’on mette fin à cette inflation sur les prix qui impacte l’économie mondiale et donc le pouvoir d’achat des Français.

Le président de la République l'a très bien dit. Nous vivons dans une époque qui est > très incertaine et où il y a une forme d'imprévisibilité dans les décisions qui sont celles de l'administration américaine. Je crois qu'il faut rester calme, il faut faire preuve de sang-froid et surtout, il faut tâcher de s'occuper de ce qui dépend de nous. Et c'est ce que nous avons fait depuis le début de cette guerre. Cette guerre n'était pas la nôtre, mais nous avons anticipé dès le départ qu'une fois les hostilités interrompues, il faudrait faciliter d'une manière ou d'une autre la reprise du trafic. D'où cette mission qu'avec le Royaume-Uni nous avons mis sur pied et qui est capable, dès que les conditions le permettront, c'est-à-dire, je l'espère, au plus vite, le déploiement de capacités militaires dans la zone pour escorter les navires, pour leur ouvrir le passage et faire en sorte qu'on revienne au plus vite au niveau de circulation qui était particulièrement élevé avant le début des hostilités. Autre chose qu'on peut faire, c'est ce que j'évoquais tout à l'heure, nous défaire de ces dépendances aux hydrocarbures qui, en Europe, nous ramènent en permanence à cette question d'Ormuz qui pourtant se joue loin de chez nous. D'où le plan que le Président et le Premier ministre ont lancé pour électrifier nos usages, pour faire en sorte que nos déplacements, la manière dont nous nous chauffons, soient moins exposés, moins sensibles à ce qui se passe pour les hydrocarbures ailleurs dans le monde. (…)
À l'extérieur, et plus généralement parce qu'il n'y a pas que l'électrification, si je puis dire, voir comment nous accélérons en direction de la souveraineté européenne, un sujet que nous portons depuis longtemps, depuis dix ans. Mais pour obtenir des résultats le plus vite possible, être moins dépendant des autres, être plus libre, plus indépendant et n'être ainsi pas contraint de subir les conséquences, de créer ce conflit. On aurait tort de penser que les épisodes récents, la covid19, la guerre en Ukraine, la guerre en Iran, que tout ça, ça va se terminer, qu'une parenthèse va se fermer. Nous entrons dans un monde où ces épisodes vont se multiplier. Si nous ne voulons pas en être les victimes ou en payer le prix, il faut tout simplement réduire notre dépendance et accroître notre autonomie stratégique pour n'être pas dépendant des autres et donc n'être pas entraîné comme ça, indirectement, dans les conséquences de conflits, de crises et de catastrophes...

> [Iran] Nous sommes tout à fait lucides sur le danger que fait peser l’Iran sur la sécurité du Proche et du Moyen-Orient, mais aussi sur l'Europe. Les activités qui sont menées par le régime iranien en matière nucléaire, en matière de missiles, le développement d'un arsenal balistique en matière de soutien à des groupes terroristes, Hezbollah, Hamas, les Houthis, nous sommes parfaitement lucides sur cela. Nous sommes résolus à contribuer à la résolution de ces problèmes. Et s'agissant du programme nucléaire, en tout cas, là, on pourra se revoir et vous pourrez me poser la question puisque si encadrement strict du programme nucléaire il y a, il faudra nécessairement un jour ou en tout cas l'Iran demandera nécessairement en contrepartie que les sanctions soient levées. C'est la même mécanique qui avait conduit à l'adoption d'un accord sur le nucléaire iranien il y a dix ans. Pour que ces sanctions soient levées et en particulier les sanctions des Nations unies, il faudra, d'une manière ou d'une autre que la France soit consultée, puisqu'il faudra qu'elle accepte que ces sanctions puissent l'être. (…)
Première étape l'accord de cessation des hostilités de réouverture d'Ormuz. À partir de là, une négociation s'enclenche. Nous sommes prêts à y participer, à y contribuer, puisque nous avons cette expertise cette expertise qui date de plusieurs décennies, mais qui s'est très largement, je dirai, enrichie depuis dix ans avec l'accord sur le nucléaire iranien. Je le disais en septembre dernier, face à la, je dirais, à l'absence de volonté de l'Iran de faire des concessions sur ce sujet, nous avons à appliquer des sanctions. Autrement dit, nous connaissons bien ces questions et nous sommes prêts à participer donc à ces discussions de manière constructive pour qu'elles aboutissent, comme elle avait abouti il y a dix ans. Mais bien évidemment, pour que nous puissions lever nos sanctions, il faudra que toutes les garanties soient apportées s'agissant de ce programme nucléaire, des seuils strictement fixés, des mécanismes de vérification, Bref, de la même manière que nous l'avons fait il y a dix ans, nous serons exigeants.

> [Iran] L'Accord sur le nucléaire, qui a été trouvé il y a dix ans a fonctionné. Cet accord prévoyait, je le disais, des seuils stricts sur le stock d'uranium enrichi, sur les capacités d'enrichissement, sur ce qu'on appelle aussi les capacités de militarisation, avec des interdictions, etc. et en contrepartie, pour l'Iran, la levée d'un certain nombre d'embargo. Pendant deux ans, cet accord a fonctionné et les informations dont nous disposons, comme les informations de l'Agence internationale pour l'énergie atomique, démontrent qu'effectivement le régime iranien s'est plié aux exigences qui lui avaient été faites. (…)
Ensuite, les États-Unis se sont retirés de l'accord, ce qui en soi ne permettait pas, ne justifiait pas que l'Iran se détache, se défasse de ses obligations. La preuve, c'est que nous conservions, nous Français, mais aussi Britanniques, Allemands, la possibilité de les de les sanctionner. L'Iran a choisi de, progressivement, se libérer de ces contraintes et faire progresser son stock d'uranium enrichi ses capacités d'enrichissement ainsi que d'autres capacités. Nous l'avons rappelé tout au long de l'année dernière et de l'année précédente, à revenir dans les seuils qui avaient été fixés il y a dix ans, l'Iran l'a refusé. Nous avons appliqué les sanctions. Et donc l'accord effectivement, doit être reconstruit de A à Z. Cet accord sur le nucléaire ne suffira pas puisque, je le disais, d'autres préoccupations majeures doivent être traitées et ce sont désormais des préoccupations majeures pour les pays du Golfe également, l'arsenal de missiles de l'Iran, mais aussi son sous son soutien à des groupes terroristes. 

> Avec les États-Unis, nous sommes alliés au sein de l'OTAN notamment, mais nous ne sommes pas alignés. Nous sommes des alliés, mais nous ne sommes pas des vassaux. Nous appartenons à un groupe de pays appelé le G7, qui a été créé par la France il y a 50 ans pour réunir les économies les plus industrialisés, à un moment où les économies mondiales tremblaient suite à un choc pétrolier et à une guerre au Proche et Moyen-Orient. Et donc, sans vouloir faire de comparaison, puisque comparaison n'est pas raison, nous retrouvons le même groupe de pays dans une situation de tensions importantes au niveau international qui nous affecte tous. Et les discussions qui auront lieu à Évian autour du président de la République permettront d'aborder d'une part les grandes crises. Et si nous avons un accord entre l'Iran et les États-Unis d'ici là, eh bien la suite l'ouverture d'Ormuz, la reprise du trafic et la négociation. D'autant que nous avons invité, aux côtés des membres du G7, les pays du Golfe, les pays arabes de la région. Il y aura là, en quelque sorte le premier échange, si toutefois l'accord est trouvé sur l'après-guerre avec les pays européens, les pays arabes et les États-Unis. Au-delà de cette crise en Iran, il y a bien sûr la crise en Ukraine, la guerre en Ukraine. Et puis il y a ces sujets transversaux qui, indépendamment de nos positions respectives sur l'Iran ou l'Ukraine, nous préoccupent tous. Quel que soit le pays du G7 que vous interrogez, le narcotrafic nous affecte tous. La question des minerais critiques et de notre dépendance excessive à ces éléments qui sont essentiels pour nos productions industrielles, ça nous intéresse tous. Le cancer qui progresse dans tous les pays du G7 qui connaissent un phénomène de vieillissement à peu près au même rythme, ça nous préoccupe tous. Même les questions d'exposition des enfants aux réseaux sociaux et leur protection à l'ère de l'intelligence artificielle, ça nous préoccupe tous. Et donc avec à côté, si je puis dire, des grands sujets de crise, vous aurez aussi des discussions approfondies et des initiatives qui sont prises sur ces différents sujets. Parce qu'on a beau avoir certains désaccords, il y a des questions sur lesquelles chacun voit bien, de manière très claire, limpide, que si nous travaillons ensemble, que nous mettons en place des éléments de coordination, en gros, nous nous y gagnerons tous. Le narcotrafic, par exemple, on a là, face à nous des organisations transnationales avec des filiales de narcotrafic, de trafics d'armes, de traite d'êtres humains qui se jouent des frontières et qui affectent l'ensemble de nos pays. Si on se coordonne, si nos douaniers se parlent, si nos polices se parlent, s'il y a une coordination entre nos ports sur la manière dont ils se sécurisent, ben là avec des investissements relativement modestes, on peut obtenir des résultats très importants.

> [Israël-Palestine] Il est indispensable de préparer la paix et la réconciliation si vous voulez ramener la stabilité et la sécurité dans cette région. Ce que nous avons fait aujourd'hui à Paris en invitant des centaines d'Israéliens et de Palestiniens à venir se rencontrer parce que, de fait, ils ont la plus grande difficulté du monde à le faire. Pour un Israélien, aller en Palestine c’est extrêmement compliqué et réciproquement. Et de livrer aux représentants ministériels de quinze pays du monde leurs recommandations et de lancer un appel à la mise en œuvre du plan de paix. Le plan de paix du président Trump et à la solution à deux États appelle à qui ? Aux dirigeants du G7 que le Président de la République réunira la semaine prochaine à Évian. C'est indispensable que dans chacune de ces deux sociétés, de ces deux peuples, les voix qui appellent à la réconciliation et qui croient dans la solution à deux États puissent être soutenues. Parce qu'après toutes les meurtrissures de la guerre et du terrorisme, vous avez le risque que le camp de la guerre ne l'emporte sur celui de la paix. Que d'un côté on se mette à nier le droit, de l'autre à l'existence et à la sécurité. Et ça, c'est la recette, C'est la recette pour la guerre, c'est la recette pour le terrorisme, et c'est la recette pour l'instabilité sur place, avec toutes les conséquences que ça peut avoir en Europe et jusqu'en France. Et donc soutenir ces militants, ces activistes qui au quotidien, sur le terrain et par leur plaidoyer, soutiennent cette perspective des deux États, c'est indispensable si nous voulons que, en parallèle des efforts diplomatiques, de la pression qui est exercée par les uns sur le Hamas, par les autres sur le gouvernement israélien, bien que les deux peuples se rapprochent. C'est d'ailleurs pour cela que symboliquement, ces Israéliens et Palestiniens se sont retrouvés sur un pont à Paris. Parce que leur vision, c'est bien de créer un pont entre les deux peuples.

> La France a obtenu que la communauté internationale s'accorde l'année dernière sur un principe simple : le Hamas doit être exclu de toute forme de participation à la gouvernance de Gaza. Ceci étant dit, j'entends souvent des interlocuteurs me dire : « Mais tu plaides pour une élection présidentielle et législatives, mais tu ne crains pas de savoir ce qui va sortir des urnes. » Mais on ne sait jamais ce qui va sortir des urnes avant une élection. C'est vrai en Palestine, comme c'est vrai en Israël et c'est vrai comme dans notre pays, comme en France. Mais des élections permettront de donner toute la légitimité nécessaire aux dirigeants de la Palestine à l'avenir pour se faire entendre et pour se faire respecter. (…)
Les engagements qui ont été pris, c'est que le Hamas et tous les affiliés du Hamas qui ne reconnaissent pas les grands principes d'Oslo et le droit d'Israël à l'existence et la sécurité, eh bien, disons qu'ils n'ont pas vocation à participer à la gouvernance de la Palestine. (…)
On ne peut pas prédire le déroulement d'une campagne ou le résultat des élections tant qu'on n'a pas annoncé qu'elles vont se tenir. J'ai vu aujourd'hui à Paris des personnalités palestiniennes qui me paraissent susceptibles d'entraîner avec elles une majorité aujourd'hui silencieuse qui veut tourner la page du terrorisme et qui veut tourner la page de la guerre. Si on fait confiance à la démocratie et au bon sens, on parviendra à redonner une forme de légitimité à l'Autorité palestinienne.

> La portée de ces interdictions d'accès au territoire national pour les deux ministres du Gouvernement israélien est peut-être limitée mais la portée symbolique est particulièrement forte. S'agissant de monsieur Ben-Gvir, nous l'avons sanctionné du fait de ses agissements inqualifiables à l'égard des ressortissants français de la flottille Sumud. La flottille est une démarche que nous désapprouvons, mais néanmoins, nous ne pouvons accepter que des ressortissants français soient soumis à des privations de nourriture, à de l'exposition au froid, à des violences sexuelles, à des coups. Et c'est pourquoi après l'avoir sanctionné sur cette base, j'ai saisi la procureure de Paris, en vertu de l'article 40 du Code de procédure pénale. Le parquet a lancé une information de procédure en qualifiant les faits de manière très grave et très sévère. Quant à monsieur Smotrich, il a été sanctionné quant à lui du fait de son soutien délibéré et financier à l'accélération de la colonisation en Cisjordanie, qui non seulement est contraire au droit international et aux droits de l'homme, mais contraire aux intérêts et à la sécurité d'Israël. Car l'explosion des violences qui accompagnent cette accélération de la colonisation sur place, c'est la recette à nouveau de tensions, de ressentiment, de guerre et de terrorisme.

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Les chefs d'État et de gouvernement de la France, du Royaume-Uni et de l'Allemagne se sont vus le 7 juin dernier. En présence du président Zelensky, ils ont évoqué cette question. Et comme nous l'avons dit depuis longtemps, nous n’écartons en aucun cas la possibilité, à condition que ce soit coordonné avec les Ukrainiens, d'avoir un échange avec les autorités russes. Et je crois qu'il est utile que les autorités russes puissent entendre de la part des Européens quelques éléments pour ne pas se tromper. Et ces éléments, quels sont-ils ? Eh bien, c'est que 1/ les Européens vont continuer à soutenir l'Ukraine et que les autorités russes auraient tort de penser que ce soutien va s'affaiblir. Et je crois que c'est important qu'elles le comprennent bien au moment où elles réfléchissent à leur propre stratégie. Que 2/ la pression sur la Russie va continuer de s'accentuer, que nous n'allons pas cesser de prendre de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie de Vladimir Poutine. Je pense que c'est aussi important qu'elles comprennent bien et qu'elles entendent de notre bouche, si je puis dire. Et puis 3/ que nous sommes déterminés à obtenir une paix durable, que nous ne faisons pas ça dans un esprit d'agressivité, que nous ne faisons pas ça parce que nous pensons que l'Ukraine, à un moment donné, va attaquer la Russie, mais que nous voulons que la guerre s'arrête.

> [Discours de clôture lors de L’Appel de Paris pour la solution à deux États Israël / Palestine] En vous écoutant et en vous voyant réunis ici, la première émotion qui m’étreint, c’est la gratitude. Parce qu’un an après l’appel du 13 juin 2025, vous êtes venus porter au monde un message de résistance et d’espoir. Résistance à l’idée que le camp de la guerre puisse l’emporter sur celui de la paix. Espoir, celui de deux États, vivant côte-à-côte, en paix et en sécurité. 
Votre présence nombreuse aujourd’hui est la démonstration éclatante que la paix et la réconciliation restent possibles, malgré toutes les souffrances, malgré les blessures profondes du terrorisme et de la guerre, et qu’elles passent par la reconnaissance mutuelle, la résistance aux discours de haine, le refus de la résignation.
L’Appel de Paris de l’année dernière, votre appel, n’est pas resté lettre morte. Souvenez-vous : la déclaration de New York a été endossée par la majorité des nations du monde, appelant dans un même souffle la condamnation définitive des attaques terroristes du 7 octobre, l’exclusion du Hamas de la gouvernance palestinienne, la reconnaissance de la Palestine et l’intégration régionale. Quelques semaines plus tard, le 22 septembre 2025, par la voix du président de la République, la France a pris la décision capitale de reconnaître l’État de Palestine. Elle l’a fait avec dix pays, dont la plupart sont représentés aujourd’hui et je les en remercie. 
Quelques semaines plus tard, un plan de paix a été adopté, ouvrant enfin la possibilité que les armes se taisent. Et de fait, il y a désormais un cessez-le-feu à Gaza, certes imparfait, certes violé constamment, mais qui existe. Tous les otages vivants sont sortis de Gaza : après avoir vécu l’enfer, ils ont pu retrouver leurs proches. Et toutes les dépouilles ont été restituées pour permettre enfin aux familles d’entamer leur deuil. Mais, malgré cela, la situation est tragique. C’est la catastrophe humanitaire insoutenable dans laquelle Gaza demeure plongée. C’est la blessure intime du 7 octobre, que chaque famille israélienne porte encore dans sa chair, et les missiles iraniens qui continuent de cibler Israël. C’est la situation insupportable en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, où la violence des colons radicaux, les appels à l’annexion, les déplacements forcés, les atteintes au statu quo des lieux saints réduisent chaque jour la perspective de la paix. 
Comme si cela ne suffisait pas, la guerre a de nouveau embrasé la région, ajoutant les peuples libanais et iranien aux victimes de la tragédie du Levant. Je le dis avec vous, à nos frères et nos sœurs au Liban et en Iran, pris entre deux feux dans des guerres qu’ils n’ont pas choisies : nous ne les oublions pas, nous ne vous oublions pas.
Nous pourrions, dans ces conditions, trouver toutes les raisons du monde pour baisser les bras. Mais vous êtes là ! Et vos témoignages constituent à eux seuls des motifs d’espoir et des motifs d’action. Tout au long de la journée, vous avez montré qu’il n’existe aucun obstacle d’ordre pratique à la mise en œuvre de la solution à deux États : désarmement du Hamas, reconstruction de Gaza, délimitation des frontières, lutte contre les discours de haine, intégration régionale… Vos propositions ouvrent la voie. 
Or, cette année peut être décisive. Parce que vos deux peuples seront amenés à voter dans les prochains mois. En Israël, des élections législatives auront lieu d’ici à l’automne. En Palestine, des élections législatives et présidentielle doivent se tenir avant la fin de l’année. Le président Abbas s’y est engagé. 
Je le dis à ceux qui doutent que le moment soit venu : les élections en Palestine ne doivent pas être un aboutissement, elles sont un point de départ. Un moment d’expression démocratique essentiel pour que l’Autorité palestinienne puisse assumer pleinement ses responsabilités. Il n’y a pas de meilleure manière pour un peuple que de se lever, de s’exprimer, de défendre son droit à l’existence que de le faire au travers d’élections libres et ouvertes.
L’Appel de Paris que vous lancez aujourd’hui est guidé par le sort des femmes et des hommes de vos deux peuples. Il n’obéit en aucune manière à des intérêts politiques ou économiques éloignés. Ce que vous avez placé au cœur de vos recommandations, dans cet Appel, c’est d’abord et avant tout la dignité de la personne humaine, la dignité de vos deux peuples. 
Avec les ministres présents, nous recevons ces recommandations avec gravité et avec le même espoir que celui qui vous anime. Vous pourrez compter sur nous pour les relayer auprès des dirigeants du monde entier, à commencer par ceux qui seront présents dans quelques jours, la semaine prochaine, lors du sommet du G7 que le président de la République accueillera à Évian. 
Et nous allons continuer, pour porter avec vous une perspective claire : celle de deux peuples, deux États, reconnus et respectés dans leurs droits, vivants côte à côte, en paix et en sécurité. 
Nous le savons, vous l’avez dit : la paix ne se décrète pas. Elle ne nait pas seulement de la volonté politique ou de la décision des gouvernements. Elle doit s’enraciner dans les esprits et les cœurs vaillants des femmes et des hommes qui militent pour la paix. C’est pourquoi votre rôle est essentiel, car vous êtes les bâtisseurs de la paix. Sans votre courage, sans votre droiture, sans ce sillon d’espérance que vous creusez patiemment sur le terrain, tous les jours, pour y semer les graines de la réconciliation, rien ne sera possible. 
Chacun porte en lui une part de responsabilité. Quels que soient les mots choisis ou la langue employée, nous sommes appelés à réparer le monde, à réconcilier les femmes et les hommes, à réparer un univers imparfait dans lequel nous vivons, et à y apporter un peu de concorde. Cela demande des esprits audacieux et préparés. Et c’est le ministre des Affaires étrangères d’un vieux pays, dont l’histoire est entachée du sang de guerres fratricides. D’un vieux pays qui a reconnu l’État d’Israël et l’État de Palestine. D’un vieux pays qui a su faire la paix et la réconciliation avec son ennemi juré. La paix ne naîtra ni de l’humiliation ni de la dénégation du droit de l’autre à l’existence ou à la sécurité, mais d’un chemin exigeant fait de compromis courageux et d’une intransigeance absolue quant à la dignité humaine. C’est cette voie étroite qui, seule, peut conduire à la paix. 
À Jérusalem, Tel-Aviv ou à Ramallah, d’où vous venez, il est devenu terriblement difficile pour Israéliens et Palestiniens de se rencontrer librement. C’est pourquoi nous nous sommes tous retrouvés à Paris pour recevoir votre Appel. Sachez-le : tant qu’il y aura des femmes et des hommes décidés à faire vivre l’idée de paix au Proche-Orient, ils trouveront toujours ici une place pour dialoguer, débattre, construire l’avenir, construire des ponts, construire la paix.
Et c’est ainsi que nous avons conçu cette journée, dont je remercie les organisateurs et organisatrices. Non seulement comme un pont entre sociétés civiles et gouvernements du monde, mais aussi comme un pont entre deux peuples appelés à la réconciliation et à la paix. Alors, pour marquer symboliquement la volonté qui est la nôtre, la volonté de la France, la volonté des organisations aujourd’hui représentées, je vous invite à vous rassembler dans quelques instants sur le pont de la Tournelle, à deux pas d’ici, pour que nous puissions emporter ensemble, dans un même souffle et d’une seule voix un seul message : deux peuples, deux États, un futur ; two people, two states, one future. 

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Deux ans après les Assises de la santé de l’enfant, les engagements se traduisent en actions concrètes. Prévention renforcée dès la naissance, accès aux soins amélioré, soutien à la santé mentale, meilleure protection des enfants les plus vulnérables, nous poursuivons notre mobilisation pour garantir à chaque enfant les meilleures chances de grandir et de s’épanouir.

> [Médicaments / Intervention à l’Assemblée] Vous m’interrogez sur la localisation des chaînes de production de médicaments et sur sa prise en compte dans notre tarification des produits de santé remboursés par la sécurité sociale. Je partage votre constat : l’éclatement international des chaînes de production fragilise notre souveraineté sanitaire et limite notre capacité à répondre rapidement aux crises sanitaires. Vous le savez, le gouvernement agit résolument, notamment depuis la crise du covid. Nous avons engagé la relocalisation ou le renforcement de la production d’une quarantaine de médicaments essentiels et, comme vous le soulignez, nous avons inscrit la prise en compte de la localisation dans la tarification des produits innovants de santé. Rappelons que ce critère industriel est déjà opérationnel pour les médicaments innovants, et ce depuis quelques années. Nous travaillons actuellement à son extension aux médicaments matures.
Concernant la régulation macroéconomique du secteur, les précédentes lois de financement de la sécurité sociale ont acté la prise en compte de la localisation dans la clause de sauvegarde et la contribution supplémentaire introduite en loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. J’ai eu l’occasion de le rappeler lors de nos débats, les enjeux opérationnels sont importants et mes services travaillent à la concrétisation des dispositions en question. Soyez assuré de la détermination du gouvernement à avancer.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> J'ai échangé ce matin avec Arthur Mensch et les équipes de Mistral. Mistral AI est la preuve vivante que l'Europe est capable de produire une IA de premier rang. Dans un contexte international qui nous rappelle que chaque dépendance est un risque, plus que jamais l’État doit renforcer son autonomie stratégique et accélérer le déploiement d'une IA souveraine. C'est cette direction que nous prenons. Rendez-vous demain pour échanger sur l'IA que nous voulons déployer, ensemble.

> [Budget 2027] Pour 2027, il faudra des économies très importantes partout.

> Dans toute l'administration, des outils de base de l'IA, vont être sécurisés, souverains et accessibles à tous ceux qui en ont besoin.

> Cette crise est forcément une mauvaise nouvelle pour nos comptes publics, il faudra des mesures d'économies supplémentaires.

> Le budget de la justice a vocation à augmenter, il augmente depuis des années. On a eu 3,9 milliards d'euros d'augmentation depuis 2017.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> Notre pays vit un «Me Too des enfants». C’est une révolution. Les Français mesurent désormais l’ampleur des violences faites à nos enfants. 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles, le plus souvent au sein même de leur propre famille. C'est toute la société qui doit les protéger.

> Outreau est resté gravé dans nos mémoires collectives comme le procès de l'erreur judiciaire. On a oublié les enfants victimes. Et ça a durablement changé notre capacité à croire les enfants.

> Ce qui compte n'est pas l'intérêt des adultes mais l'intérêt supérieur des enfants. Les adultes n'ont pas de droit sur les enfants. Interrompre l'obligation de visite et d'hébergement quand il y a un risque d'inceste est une nécessité.

> Nous allons agir vite et agir avec méthode. Nous recevons avec le Premier Ministre les députés engagés dans la lutte contre les violences sexuelles. Tout ce qui doit encore être fait sera fait.

> Je pense que dire aux Français que quelqu’un qui a violé plusieurs enfants doit pouvoir passer sa vie en détention, est absolument essentiel.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> [Proposition de loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat / Intervention au Sénat]
Depuis dix ans, nous avons bâti un solide arsenal de lutte contre le terrorisme, mais demeurait un angle mort : le passage à l'acte des individus radicalisés présentant des troubles psychiques. Sans les stigmatiser, il est vrai que certaines fragilités peuvent favoriser la perméabilité aux thèses radicales.
L'article 1er permet au préfet d'obliger un individu suivi pour radicalisation à se soumettre à examen psychiatrique. Le psychiatre sera choisi par l'individu à partir d'une liste définie par la cour d'appel. En cas de refus, le juge judiciaire pourra autoriser le préfet à requérir les forces de l'ordre. La CMP a rétabli l'avis médical préalable, je l'en remercie.
Les profils terroristes sont surveillés à leur sortie de prison pour prévenir les passages à l'acte ; le ministère de l'intérieur peut prononcer des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (Micas). En cas de probabilité élevée de récidive, l'article 2 permettra au juge, dans des conditions encadrées, de prononcer, à l'issue de la peine, un placement dans un centre médico-judiciaire de sûreté.
L'article 3 permettra d'astreindre des condamnés de droit commun radicalisés en détention à une prise en charge ou à des convocations.
L'article 6 corrige les effets de bord de la procédure simplifiée de changement d'état civil. Toute personne devra désormais fournir un bulletin n°3 du casier judiciaire, une attestation de non-inscription aux fichiers des auteurs d'infractions terroristes (Fijait) et des auteurs d'infractions sexuelles (Fijaisv).
J'ai une pensée pour la jeune Philippine et sa famille.
La proposition de loi permettra de maintenir en rétention les profils dangereux au-delà de 90 jours - ce qui était jusqu'ici réservé aux étrangers condamnés pour terrorisme. Elle permettra de maintenir en rétention jusqu'à 210 jours des étrangers définitivement condamnés pour des crimes et délits graves, qui présentent une menace actuelle et grave pour l'ordre public. La rédaction de la CMP est équilibrée, et assortie de nombreuses garanties.
Même exigence d'opérationnalité et de protection des droits s'agissant du maintien en rétention jusqu'à 360 ou 540 jours. Le régime retenu par la CMP est encadré et tire la conséquence de la décision du Conseil constitutionnel du 16 octobre 2025 : le maximum de 540 jours, permis par l'actuelle directive Retour et pratiqué par la plupart de nos voisins, ne s'appliquera en France qu'aux étrangers condamnés pour terrorisme ou présentant une menace d'une particulière gravité. Nous restons très en deçà des 720 jours que permettra le règlement Retour.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> [Consigne] Rien ne se fera sans les élus locaux, ni sans concertation préalable. Leurs représentants expriment des craintes, que j’entends. C’est pourquoi j’ai engagé une concertation avec l’ensemble des parties prenantes. Car force est de constater que nous sommes encore loin des objectifs européens: nous ne recyclons que 26 % des emballages plastiques que nous consommons alors que nous devrions être à 50 %. Le statu quo n’est plus possible : la France, et donc les contribuables, s’acquitte chaque année d’une contribution de 1,5 milliard d’euros au budget de l’Union européenne en raison de nos mauvaises performances. Il faut donc regarder l’ensemble des leviers possibles, dont la consigne plastique pour recyclage, pour atteindre nos objectifs [55 % d’ici à 2030].

 

Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Repérer tôt, c'est agir tôt pour changer la vie d’un enfant en prévenant l'aggravation des troubles, en limitant les surhandicaps et en luttant contre l’errance que vivent encore de nombreuses familles.
J’ai rencontré les équipes de la plateforme de coordination et d’orientation (PCO) pour les troubles du neurodéveloppement des Hauts-de-Seine, investies au sein du nouveau service de repérage précoce (SRP)
Annoncé par le Président de la République lors de la dernière Conférence nationale du handicap, le service de repérage précoce structure trois parcours complémentaires sans reste à charge pour les familles :
- Un parcours pour les enfants de moins de 7 ans, quel que soit le trouble, pour ne laisser passer aucun signe d’alerte.
- Un parcours dédié aux troubles du neurodéveloppement (TND) pour les moins de 12 ans, coordonné par les plateformes de coordination et d’orientation (PCO).
- Un parcours de rééducation et de réadaptation (PRR) pour les jeunes de moins de 20 ans atteints de polyhandicap ou de paralysie cérébrale, adapté à leurs besoins spécifiques.
Dans chacun de ces parcours : un interlocuteur identifié, un accompagnement par les professionnels libéraux - ergothérapeutes, psychologues et psychomotriciens - et un label pour repérer les professionnels participant à ce service sur chaque territoire.
Coordination, simplicité, facilité, écoute : une étape importante pour que chaque enfant et jeune bénéficie, au bon moment, du bon diagnostic et du bon accompagnement.

 

● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature

> Face au changement climatique, protéger les Français, leurs logements et leurs activités économiques est un impératif.
J'ai reçu aujourd'hui le premier rapport de l'Observatoire de l'assurabilité remis par la CCR - Caisse Centrale de Réassurance.
Son constat est rassurant : aujourd'hui, toutes les communes de France sont assurable. Cela démontre la solidité de notre modèle fondé sur la prévention des risques et sur le régime d'indemnisation des catastrophes naturelles, mais aussi l’engagement de nos assureurs sur tout le territoire.
Objectiver cette situation était essentiel, face à une réalité que nous connaissons: les événements climatiques extrêmes deviennent plus fréquents, plus intenses et plus coûteux. Nous devons donc anticiper davantage pour préserver durablement l'accès à l'assurance sur l'ensemble du territoire.
C'est pourquoi le Gouvernement engage trois chantiers majeurs :
- Renforcer notre action dans les territoires ultramarins, particulièrement exposés aux risques naturels, afin de mieux comprendre les difficultés assurantielles auxquelles ils sont confrontés et d'identifier des solutions pérennes adaptées à leurs réalités.
- Garantir la soutenabilité du régime Cat Nat dans la durée, en veillant à préserver ce pilier essentiel de la solidarité nationale tout en assurant son équilibre face à l'augmentation attendue du coût des catastrophes naturelles.
- Changer d'échelle en matière de prévention, en mobilisant l'ensemble des acteurs pour réduire la vulnérabilité des logements et des territoires et renforcer notre résilience collective.
L'adaptation au changement climatique n'est plus une perspective lointaine : elle est déjà une nécessité concrète pour nos concitoyens, nos collectivités et nos entreprises.
Prévenir aujourd'hui, c'est protéger demain. C'est aussi préserver notre modèle de solidarité face aux risques climatiques.

 

Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Ce matin place Vendôme, aux côtés du ministre de l’Intérieur, j’ai présidé le comité de suivi de la « Procédure Pénale Numérique ». La Procédure Pénale Numérique, outil central de la transformation numérique de la Justice, a permis, en 2025, de traiter plus de 3 millions de procédures pénales et l’échange de plus de 8 millions de documents entre les forces de sécurité intérieure et les services judiciaires. Nous sommes passés en deux ans de 2 à 165 tribunaux équipés. Aujourd’hui, la Procédure Pénale Numérique concerne 89% des procédures correctionnelles. Une très grande majorité des policiers, gendarmes, magistrats et greffiers se disent par ailleurs satisfaits de son déploiement, notamment grâce aux gains de productivité importants qu’elle apporte aux magistrats, aux enquêteurs, et aux greffiers. En 2025, 75% des inscriptions au fichier des personnes recherchées (FPR) ont été dématérialisées, je souhaite que nous atteignions 100% dès 2026.

Dans les prochains mois, les capacités de la Procédure Pénale Numérique vont être étendues:
- Un identifiant judiciaire unique pour chaque affaire va être déployé et utilisé par les policiers et les gendarmes pour renforcer la traçabilité des procédures pénales entre la Justice et l’Intérieur.
- Un outil de dématérialisation de l’ensemble du courrier arrivant dans les parquets va être créé pour gérer l’ensemble des procédures transmises pour appréciation, les signalements Article 40 et toutes les saisies directes au procureur de la République.
- Nous allons créer une « armoire numérique nationale » permettant de remplacer nos 200 serveurs actuels par une infrastructure unique. Avec cette « armoire numérique nationale », les transferts de dossiers entre juridictions seront facilités et beaucoup plus rapides.
- Nous allons aussi travailler pour ouvrir la Procédure Pénale Numérique à toutes les affaires criminelles afin d’être plus efficace dans l’audiencement des affaires.
Tout ce développement accompagnera la modernisation indispensable de Cassiopée qui est le « coffre-fort numérique » de l’ensemble des procédures pénales dont nos magistrats ont la responsabilité. Les fonctionnalités d’export et d’import des données de Cassiopée seront donc simplifiées et nous allons développer une vision à 360° des antécédents judiciaires par un outil de recherche croisant les informations entre nos différentes bases de données.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> En moyenne, dans chaque classe, un à deux enfants sont ou ont été victimes de violences sexuelles, le plus souvent au sein même du cercle familial. Face à cette réalité, le gouvernement porte un projet de loi sur la protection des enfants. Plusieurs dispositions, travaillées ces derniers mois, y figurent pour l’École : liste noire des adultes « interdits d’école », contrôles d’honorabilité renforcés. Mais la réponse ne peut pas être seulement législative. Comme l’a dit le Premier ministre, ces violences constituent un fait de société qui appelle une réponse intégrale. Nous avons aussi besoin d’un changement culturel. S’en prendre à un enfant devrait être un tabou absolu.

> Dès ma nomination, j’ai placé la maîtrise du langage au cœur de mon action pour l’École. De la petite section à la fin du collège, les programmes de français ont été entièrement réécrits afin de mettre la lecture et l’écriture au centre des apprentissages. Cette exigence se prolonge jusqu’au baccalauréat, qui ouvre les portes de l'enseignement supérieur.

> [Liste noire des personnes interdites de travailler pour l'école] l'idée est qu'à partir du moment où un agent est sanctionné à cause d'un comportement inapproprié avec un mineur, il ne peut plus mettre un pied à l'école.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Baisse du prix des carburants] Il convient évidemment d'être très prudent, pour autant les prix du gasoil n'ont pas été aussi bas depuis 3 mois. C'est évidemment une bonne nouvelle. (…)
Les prix à la pompe devront refléter les baisses des cours du Brent. Les baisses devront être aussi rapides que les hausses l'ont été.

> [Loi sur les casseurs-payeurs] Ce texte sera présenté courant juillet. Ce n'est pas aux contribuables de payer les casses de quelques-uns. Vous cassez, vous payez.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> [Conseil européen des 18 et 19 juin / Intervention au Sénat]
Le Conseil européen aura lieu jeudi et vendredi prochains.
Nous sommes entrés dans l'ère de la géoéconomie, où les enjeux sécuritaires, stratégiques et économiques sont liés. Compétitivité, simplification, approfondissement du marché intérieur, préférence européenne - tous ces thèmes évoquent l'autonomie et la souveraineté stratégiques. Ce week-end, le cas d'Anthropic l'a illustré de façon éloquente.

Le Conseil européen réaffirmera son soutien à l'Ukraine, alors que la Russie est en difficulté sur le terrain. Il faut saluer la résistance héroïque des Ukrainiens, mais aussi leur capacité d'innovation, notamment en matière de drones.
La Russie espérait diviser les Européens, mais elle voit un Conseil européen uni qui votera les 90 milliards d'euros de prêt à l'Ukraine. Celui-ci ouvrira également le premier bloc de négociations en vue de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne, après le retrait du veto hongrois. L'adoption du vingt et unième paquet de sanctions nous aide à lutter contre la flotte fantôme qui permet à la Russie de contourner les sanctions en mer Noire et en mer Baltique.
La coalition des volontaires poursuit son travail ; notre pays prépare le jour d'après, aux côtés du Royaume-Uni : il faut des garanties de sécurité robustes. Cela passe par le soutien à l'armée ukrainienne et par le déploiement d'une force multinationale.
À ceux qui pensaient que les Européens allaient jouer un rôle secondaire, que tout serait réglé par un accord en 48 heures entre les États-Unis et la Russie, je réponds que les Européens ont su prendre la situation en main.
Le Conseil abordera un autre sujet essentiel : le cadre financier pluriannuel pour la période 2028-2034.
Ce sera l'occasion de débattre de l'Europe politique et stratégique que nous voulons : investissement IA, quantique, spatial, défense, politique agricole... Nous devons soutenir les acteurs européens et réduire nos dépendances face à la concurrence américaine et chinoise. Pour que le budget ne pèse pas uniquement sur les contributions des États membres, l'Union européenne devra se doter de ressources propres - nous y travaillons.
Nous débattrons des déséquilibres mondiaux : l'accroissement de notre déficit commercial face à la Chine, qui détruit des milliers d'emplois chaque mois en Allemagne ; les droits de douane américains...
Notre marché intérieur peut être un outil à condition de nous en donner les moyens - d'où la feuille de route One market, One Europe, afin de mettre en œuvre les recommandations des rapports Draghi et Letta.
Nous suivons un agenda ambitieux, de simplification des règles, d'approfondissement du marché intérieur - notamment pour créer une union des marchés des capitaux - et de préférence européenne dans tous les domaines.
Le texte du commissaire Séjourné renforcera le made in Europe et soutiendra nos capacités industrielles dans les domaines critiques. Nous travaillerons sur le derisking et la diversification de nos partenaires internationaux - tous ces points renforceront l'autonomie stratégique de notre continent.
Nous nous satisfaisons de l'accord trouvé en trilogue sur le règlement Retour, qui donnera plus de marge de manœuvre aux États membres pour expulser les immigrés en situation irrégulière. Celui-ci facilitera aussi les rétentions administratives, fera du retour forcé la norme, et approfondira la coopération avec les pays de transit et de départ.
Le travail ne s'arrête pas là : je pense à l'aide au développement, à la politique des visas, à nos instruments de défense commerciale, et à l'entrée en vigueur du pacte sur la migration et l'asile.
Enfin, le Conseil européen abordera la situation au Proche et Moyen-Orient, en particulier la conclusion de l'accord entre les États-Unis et l'Iran et les prochaines étapes pour assurer la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz - les Européens sont prêts à prendre leurs responsabilités à cet égard -, mais aussi la mise en oeuvre du plan de paix de Gaza et le soutien au Liban, à son gouvernement et au déploiement de ses forces armées pour désarmer le Hezbollah. (…)
Nous soutenons un élargissement présentant un intérêt géopolitique pour l'Union européenne du point de vue de la stabilité et fondé sur la logique des mérites propres. La finalité est une adhésion pleine et entière, mais nous devons ancrer progressivement les pays candidats dans certaines politiques européennes -  marché intérieur ou énergie, par exemple  - , afin de les socialiser peu à peu à nos institutions. C'est une réflexion salutaire que nous menons avec, en particulier, les Allemands, mais qui n'a pas vocation à se substituer à la politique d'élargissement.
Il y a toujours eu débat sur la façon de renforcer le service d'action extérieure et le rôle de la représentante. Vous avez fait référence à une note interne qui s'est retrouvée dans la presse. Il n'y a pas de non-papier ou d'initiative de la France sur le sujet. Nous serons toujours aux côtés des institutions européennes pour renforcer la diplomatie de l'Union. (…)
Nous avons besoin de sécurité alimentaire à travers la PAC. Je me réjouis que les évolutions récentes permettent de reconstituer la dimension communautaire de cette politique et le programme Poséi pour le soutien à l'agriculture des régions ultrapériphériques, mais aussi la politique de la pêche.
Nous devons aussi investir dans l'intelligence artificielle, le quantique, la défense et le spatial, selon le principe de préférence européenne, c'est-à-dire en soutenant nos propres acteurs, et en veillant au meilleur retour via l'effet de levier sur l'argent privé.
La création des nouvelles ressources propres est une condition sine qua non de l'adoption de ce budget. Notre objectif est que ces ressources pèsent sur des acteurs extérieurs à l'Union. Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières et la taxe sur les petits colis vont dans le bon sens. Sur la proposition relative au chiffre d'affaires, la réponse est dans votre question, l'unanimité étant requise. Il faut se pencher aussi sur les ressources propres proposées par le Parlement européen. (…)
Sur les ressources propres, il faut adopter le paquet proposé par la Commission, mais aussi se pencher sur les propositions du Parlement européen : taxe sur les services numériques, qui marquerait un rééquilibrage bienvenu de la relation commerciale avec les États-Unis, taxe sur les jeux en ligne et taxe sur la cryptomonnaie.
Avec l'Espagne et le Portugal, nous avons constitué une coalition de soutien aux régions ultrapériphériques, qui jouent un rôle stratégique. Nous demandons pour ces territoires un omnibus de simplification et la prise en compte de leur singularité dans le prochain cadre financier pluriannuel. Nous avons été entendus, puisque des avancées majeures ont été réalisées, dont la reconstitution du Poséi.
S'agissant de l'élargissement, le groupe de travail sur la rédaction du traité d'adhésion du Monténégro réfléchit aux mêmes mécanismes que pour la Croatie : clauses de sauvegarde, périodes transitoires, activation simplifiée de l'article 7 pendant un certain temps. C'est la meilleure garantie pour l'opinion publique que nous sommes extrêmement vigilants sur la mise en oeuvre des réformes et la protection de l'intégrité du marché intérieur et de l'acquis communautaire. (…)
Le meilleur carburant de l'euroscepticisme, c'est l'échec à maîtriser les frontières extérieures. Assumer la fermeté en matière migratoire, c'est répondre à une exigence légitime de nos concitoyens. Je suis pro-européen et souhaite qu'on préserve la zone Schengen ; mais si l'on supprime les frontières intérieures sans se donner les moyens de contrôler les frontières extérieures et de soutenir les pays de première entrée, tout l'édifice s'effondrera.
C'est pourquoi nous soutenons le pacte sur la migration et l'asile, qui prévoit une première sélection des demandeurs d'asile aux frontières, ainsi qu'un mécanisme de coopération et de solidarité. C'est pourquoi nous soutenons aussi le règlement Retour, qui donnera plus de marges de manoeuvre aux États pour faire exécuter le droit, c'est-à-dire les obligations de quitter le territoire européen. Aujourd'hui, seules 20 % des obligations sont exécutées, ce que nos concitoyens ne comprennent pas.
Nous avons besoin d'obtenir des résultats concrets dans ce domaine, en montrant que c'est par la coopération européenne et non le repli nationaliste qu'on peut y parvenir.
Vous avez parlé à juste raison d'une majorité de droite et d'extrême droite au Parlement européen. Mais elle résulte du refus de la gauche et des socio-démocrates de se joindre à ce débat et de répondre à une exigence partagée par une immense majorité de citoyens européens, de gauche ou de droite, de l'est, de l'ouest, du nord ou du sud de l'Europe. (…)
L'Ukraine doit être associée aux différents mécanismes de défense européens. C'est déjà le cas pour Safe. C'est une opportunité immense pour nos industries. Cette semaine VivaTech et Eurosatory permettront aussi de renforcer la coopération et l'intégration de nos industries respectives. Il faut arrimer l'industrie de défense ukrainienne à l'industrie européenne.
Concernant le CFP, les ressources propres constituent la seule façon de résoudre l'équation financière. Il faut protéger nos agricultures et la souveraineté européenne dans les domaines de la défense, de l'espace, de la technologie et de la transition verte sans que la contribution nationale des États membres augmente. Pour cela, il faut des ressources propres qui ne dupliquent pas des ressources fiscales existantes.
Oui, la France doit avancer sur les travaux de réforme des institutions. Nous menons deux types de réflexions complémentaires : utiliser les institutions de façon plus agile, au travers de coalitions des volontaires - je pense au domaine de la compétitivité, de l'union des marchés des capitaux  -  ; instaurer une adhésion graduelle des candidats, permettant aux candidats d'intégrer progressivement différents blocs de compétences.

> [Avoirs russes gelés / Intervention au Sénat] Les travaux se poursuivent sur la question des avoirs gelés. La France s'est dite ouverte à leur utilisation, qui n'empêcherait pas des garanties de la part des États. Je rappelle que ces avoirs sont désormais gelés jusqu'à ce que la Russie ait payé les réparations.
Sur le rythme des négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie, notre approche est fondée sur les mérites propres. Des experts sont envoyés dans les pays candidats pour évaluer les réformes et aider les administrations à progresser. Nous suivrons les recommandations de la Commission européenne.
En ce qui concerne la Hongrie, le déblocage des 16 milliards d'euros est lié à des engagements en matière d'État de droit. Nous serons très vigilants sur leur respect, comme nous l'avions été pour la Pologne.
Oui, les Européens doivent être à la table des négociations. D'autant qu'ils s'engageront aussi dans le cadre des garanties de sécurité données à l'Ukraine, qu'il s'agisse du déploiement de forces multinationales pour dissuader la Russie ou du soutien à la régénération de l'armée ukrainienne. Cette question sera abordée lors du G7 avec le président Trump.
Au sein de la coalition des volontaires, nous avons réussi à faire reconverger Européens et Américains, avec des engagements pris par ces derniers dans la gestion du cessez-le-feu ou le soutien en matière de renseignement dans le cadre des garanties de sécurité.

> La France a été pilote dans la constitution de la coalition des volontaires pour soutenir l'Ukraine et dans le déblocage du prêt de 90 milliards d'euros. Nous soutenons l'initiative diplomatique de Londres pour garantir la place des Européens dans les négociations, tout comme nous soutenons la main tendue de Volodymyr Zelensky à Vladimir Poutine. Nous avons besoin de négociations diplomatiques avec les Ukrainiens, les Américains et les Européens.

> Au Moyen-Orient, nous soutenons la solution à deux États. Au Liban, nous sommes favorables au déploiement des forces armées libanaises dans tout le territoire et au désarmement du Hezbollah.

> Le plan Safe vise à renforcer notre indépendance, pour un montant de 150 milliards d'euros à l'horizon de 2030. Ce montant a été intégralement souscrit par les États membres, dont 17 milliards d'euros pour la France. Grâce à la préférence européenne, pas moins des deux tiers de cet argent financera des entreprises européennes, avec une préservation de l'autorité de conception européenne. C'est une victoire diplomatique.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Je crois en la société de l’engagement. Une société où chacun se demande ce qu’il peut apporter aux autres. Associations, soutien scolaire, accompagnement des personnes âgées : il existe mille façons d’agir. Chacun peut prendre sa part.

> Face aux violences sexistes et sexuelles, comment peut-on encore réduire le débat à une question de coût ? La vraie question est : quel est le coût pour notre société de ces vies fracassées ? De ces 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année ?

> Depuis 4 ans, je plaide pour un #MeToo des enfants. Aujourd’hui, je vois que nous avons été trop lents, pas assez forts. Le vote de la loi intégrale doit nous permettre d’avancer enfin à la hauteur de l’urgence.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Indonésie, Danemark, Autriche, Malaisie, Canada, Norvège, Italie, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Grèce, Turquie… Et aujourd’hui, le Royaume-Uni ! De nombreux pays rejoignent le mouvement et se mobilisent pour faire interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Pour bâtir une indispensable bulle de protection autour de notre jeunesse.

> Avant, quand un jeune commettait des dégâts, c'était presque toujours la mère, seule, souvent dépassée malgré elle, qui devait payer. J'ai fait changer la loi : désormais, ce sont les deux parents qui sont tenus financièrement responsables, même si le père est parti depuis des années

> Le drame de Lyhanna est insoutenable. Face à cette réalité, nous avons besoin d'une Nouvelle Justice. Nous devons conserver les grands principes de notre droit, mais repenser intégralement notre organisation judiciaire pour garantir plus de fermeté et ériger la lutte contre la pédocriminalité en priorité absolue.

> L'IA est une guerre technologique que la France et l'Europe doivent impérativement mener pour leur souveraineté.

> Mon seul but : que nos enfants aient une vie meilleure. On a 10 ans pour redevenir la 1ère puissance d'Europe avec 4 chantiers : École, Salaires, Frontières, IA.

> Il faut être pragmatique : c'est dans l'intérêt de la France que la guerre s'arrête, que le détroit d'Ormuz puisse rouvrir, que les prix à la pompe pour les Français redescendent. Et il faut être lucide : il faut aboutir à un véritable plan pour libérer le peuple iranien et désarmer le régime des mollahs. Nous ne pouvons nous satisfaire d'accalmies temporaires et de voir un peuple écrasé par ses bourreaux.

> Bonjour Mme Le Pen. Ça s’appelle le Plan Épargne Retraite, ça existe depuis 2019 dans un texte porté par Bruno Le Maire, Roland Lescure et Olivia Grégoire, et vous n’avez pas jugé utile de voter pour.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Aucune grande puissance ne peut prétendre mener la bataille de l’intelligence artificielle, de la deeptech, du quantique ou de la décarbonation en se privant de la moitié de ses cerveaux. À l’heure où nos industries peinent à recruter, où les métiers techniques manquent de talents et où la souveraineté européenne est devenue une priorité stratégique, nos économies ne tournent pas à leur plein potentiel. L’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas seulement une exigence de justice. C’est aussi un levier de compétitivité, d’innovation et de souveraineté. C’est le message que nous adressons au Président de la République alors que s’ouvre le G7 d’Évian. Aux côtés de Nannette Lafond Dufour, Présidente du Women’s forum, et d’une coalition inédite réunissant géants du CAC 40, licorne de la French Tech, fleurons familiaux et acteurs de l’impact, nous représentons l’énergie, les transports, les services, le luxe, l’intelligence artificielle, l’éducation, l’immobilier, la santé durable ou encore le secteur bancaire. Notre conviction est simple : la parité n’est pas un indicateur de conformité, mais un indicateur de réussite économique. Faire davantage de place aux femmes dans les secteurs d’avenir, c’est renforcer notre capacité à innover, à créer de la valeur et à relever les défis du XXIe siècle.

 

● MoDem 
François Bayrou (président)

> [Accord Etats-Unis-Iran] Le constat de la situation, c'est qu'on vient d'un monde dans lequel on voyait régner un certain ordre. Que ce monde-là était plus ou moins réglé par des lois et des principes. Et le monde dans lequel nous sommes entrés, c'est le monde du désordre absolu, sans même qu'on sache exactement ce qui se passe. Parce que ce qui est frappant avec Trump, avec les décisions successives, chaotiques souvent, qui sont prises, c'est qu'on ne sait pas exactement quelle est la situation. Par exemple, est-ce que l'Iran a plus aujourd'hui qu'il n'aurait eu s'il n'y avait eu cette guerre. Vraisemblablement oui, notamment sur le détroit d'Ormuz qui avant était libre et qui désormais peut être soumis notamment à des frais de service. (…)
Je pense toujours aux opposants iraniens. Et pardonnez-moi de le dire, je pense aux opposantes iraniennes, avec un peuple qui est soumis à autant de sauvagerie, à autant d'abus, et notamment les femmes. Donc je sais qu'un certain nombre d'entre eux ont été heureux que le monde, par les Etats-Unis interposés, se rebelle contre eux. Mais aujourd'hui la situation, ce n’est pas une situation qui permette d'espérer un nouvel équilibre facilement. 
> Ce n'est pas à Trump que la France déroule le tapis rouge, c'est aux Etats-Unis. C'est pour manifester que, 250 ans après, le lien entre la France et les Etats-Unis est important, est essentiel pour l'Occident. 
> La vérité qui est difficile à entendre, c'est qu'il n'y a pas d'Europe s'il n'y a pas de France forte. Et donc, la question devant laquelle nous sommes, c'est notre capacité, nous, à reconstruire ce qui doit l'être. 
> [Présidentielle] Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'en effet, ce ne sont pas les annonces de non-candidatures qui ont encombré les ondes. Plutôt le contraire. Ce livre est la traduction d'une inquiétude, d'un souci, d'une gravité que jusqu'à maintenant personne ne fait. Et si j'étais... candidat en même temps, que penseraient ceux qui vous écoutent, que penseraient les Français et les lecteurs ? Ils penseraient que j'écris pour moi. Ils penseraient que moi aussi je suis adhérent à ce parti dont j'ai trouvé le nom qui s'appelle le TPMG, « Tout Pour Ma Gueule ». Ils penseraient, les Français, que c'est une déclaration de plus pour se mettre en valeur. Et c'est ce que je n'ai pas fait et que je n’ai pas voulu. 

> L'histoire de la France, c'est que c'est précisément dans les moments de creux que se préparent les moments de pleins.
> Je suis sûr que le message qui est dans mon livre, s'il n'est pas entendu, et c'est votre responsabilité autant que la mienne, s'il n'est pas entendu, ce message-là, alors la certitude, c'est que nous allons à la catastrophe. Et que c'est une catastrophe qui est inéluctable. (…)
Il n'y a pas de moyen d'éviter ce qui vient si on ne se ressaisit pas. (…) La dette s'accompagne aussi d'autres affaiblissements. L'affaiblissement de l'école est une question fondamentale. La très grande difficulté à avoir un état qui fonctionne, qui marche, qui répond. C'est aussi une difficulté. 
> [Dette de la France] Ce n'est pas ces 10 dernières années, c'est ces 50 dernières années. Ce que ce livre établit -je crois que cela n'avait jamais été fait- le Mécanisme de la dette. Comment cela s'est fait ? Depuis 50 ans, nous n'avons jamais remboursé un euro de notre dette. Jamais. Et depuis 50 ans, nous faisons monter cette accumulation incroyable de dettes, et cela nous coûte désormais cher.  (…)
Il y a une chose que je montre dans le livre. C'est que tous ces gens qui commentent, ils demandaient sans cesse des dépenses supplémentaires. Jamais personne n'est monté à la tribune pour dire qu'il faut faire des économies. Tout le temps, sans exception. Et je cite des phrases de Marine Le Pen qui demandait au moment du Covid 10 milliards de plus, des phrases du Parti Socialiste qui demandait qu'on ouvre tout grand les vannes de la dépense publique. En réalité, c'est le pays tout entier. Je le sais bien, cela fait 20 ans que j'essaie de convaincre sur le sujet. Est-ce que j'y suis arrivé ? J'ai fait quelque chose que personne n'a fait. Je suis monté à la tribune de l'Assemblée nationale et j'ai mis en jeu la vie du gouvernement. 
> [Gouvernement de Lecornu] Ce sont deux lignes politiques et ce ne sont pas les mêmes. Sébastien Lecornu a accepté de renoncer à la réforme des retraites. Je ne l'aurais jamais fait. Il le sait bien, j'en ai parlé avec lui. Je n'aurais jamais accepté d'aller à l'encontre de l'intérêt national. La preuve, c'est que nous avions, avec le conclave sur les retraites, réussi à constituer un mouvement qui est arrivé à un millimètre, à un demi-millimètre de l'accord. Et ce mouvement n'est pas arrivé à conclure alors que tous les problèmes étaient résolus. Parce que les syndicats réformistes avaient fait un pas incroyable en acceptant les 64 ans avec une contrepartie de définition de la pénibilité pour que les métiers pénibles puissent partir plus tôt. Et c'était sur la table, c'était fait. Et donc, l'idée qu'il fallait renoncer à la réforme des retraites, cette idée-là, pour moi, était un abandon de ce que je considère comme essentiel. Et de tout cela, dans l'élection présidentielle, qui en parle ? La situation dans laquelle nous sommes, ce n'est plus une élection présidentielle, c'est l'Académie des menteurs de Montcrabeau. Vous savez ce que c'est Montcrabeau ? C'est un petit village dans le Lot-et-Garonne. Un petit village gascon, occitan, qui est réputé, paraît-il, depuis le XVIe siècle pour être la capitale des menteurs. Alors ils ont monté une Académie des menteurs. Et tous les ans, ils élisent le Roi des menteurs. L'élection présidentielle, ça ne peut pas être cette Académie des menteurs. Or, aujourd'hui tous ceux qui s'expriment dans l'élection présidentielle, quelle est leur ligne ? C'est que nous allons faire des trucs supplémentaires. 
> Le pays se trouve à la veille d'une catastrophe comme il n'y en a pas eu depuis 50 ans.

[Violences sexuelles contre les enfants] Cela devrait nous empêcher de dormir. Et qui est intervenu sur ces affaires dans les années passées ? Je suis intervenu. Et je suis intervenu comme ministre, et je suis intervenu comme Premier ministre. Et quelle est la leçon à tirer ? C'est que l'organisation de la justice n'est pas faite, ou n'est pas armée, ou n'est pas réactive pour prendre en compte tous ces dossiers. Quand ils s'ouvrent, on les laisse dormir. (…)
La question des moyens, c'est une manière d'éviter la question essentielle de l'organisation de notre vie publique, de notre action publique et de la justice à l'intérieur de l'action publique. Ça n'est pas vrai qu'il y aura davantage de moyens multipliés par X pour chacun des domaines de l'action. Il en faudrait dans l'éducation, si on suivait les recommandations, il en faudrait dans la justice et vous-même vous pensez qu'il en faudrait dans l'audiovisuel public. Et cela n'est pas vrai qu'on pourra. Et donc, le travail immense que nous avons à construire, c'est que nous devons re- bâtir notre organisation pour qu'elle soit rapide, pour qu'elle soit réactive, pour que chacun se sente responsable et pas qu'on passe le dossier aux voisins. Vous savez bien que c'est comme cela que ça se passe. 
> La France est très mal placée parce qu'il faut reconsidérer, rebâtir, réinventer notre organisation. Et l'idée que nous allons avoir des déversements de milliards supplémentaires, cette idée-là est un mensonge. Mensonge entretenu, un mensonge accepté par tout le monde. Dans la plupart des cas, voulu par tout le monde. Ce mensonge-là nous conduit à la catastrophe. Et donc, ceux qui veulent réagir en face de la catastrophe, ceux qui veulent en effet que la France reconstruise ses équilibres, c'est vital. 

 

Erwan Balanant (député)
> [Intelligence artificielle / Intervention à l’Assemblée] Chaque minute, elle collecte sans consentement ; elle reproduit sans autorisation ; elle pille en toute impunité. Chaque minute, elle pèse sur le débat public, exploite l'émotionnel, déséquilibre notre modèle démocratique. Vous l'aurez compris, je parle bien de l'intelligence artificielle. 
Derrière la promesse du progrès technologique, nous légitimons aujourd'hui un Far West cybernétique, un monde de prédation dans lequel règne la loi du plus fort, sans foi ni loi, où les algorithmes l'emportent sur le droit. La décision du président Trump nous impose aujourd'hui une IA qui doit veiller à respecter notre idéal et notre cadre démocratique. Et je salue en ce sens, monsieur le Premier ministre, vos récentes annonces en faveur d'un plan IA qui vienne renforcer nos services publics et surtout réduire notre dépendance stratégique numérique. 
Mais comme toute avancée technologique, elle peut également être un poison. L'IA a ainsi bouleversé notre rapport à l'information, pourtant au fondement de toute démocratie. Un citoyen éclairé, informé, est un citoyen qui peut se mobiliser pour défendre ses droits et libertés. C'est un citoyen qui développe une conscience citoyenne et démocratique. Au contraire de l'IA, les illusions des contenus ont été substituées à la puissance des idées. 
Ces évolutions sont d'autant plus préoccupantes qu'elles permettent la diffusion massive de manipulations de l'information et des ingérences étrangères. Mais si la qualité du débat public chute, c'est toute notre démocratie et notre modèle qui chutera avec. 

 

Carole Guillerm (députée)
> [Mort de Lyhanna] Il ne s'agit pas d'un simple fait divers. C’est un drame qui nous a les uns et les autres bouleversés, qui bouleverse la France entière.  (…)
Aujourd’hui, nous avons 160 000 enfants qui sont victimes de violences sexuelles, 600 bébés rien que sur l’année de 2024, un enfant victime toutes les trois minutes en France. (…)
Il y a un dysfonctionnement dans toute la chaîne de commandement. (…) Il y a un manque total de coordination, un manque total parfois aussi de coopération » entre les fichiers et administrations concernées, de la police à l’éducation nationale en passant par la santé.
Aujourd'hui, on voit que pour ce qui concerne l'affaire Lyhanna, il y a évidemment un dysfonctionnement dans toute la chaîne de commandement, si j'ose dire, sur laquelle les enquêtes qui sont en cours devront évidemment faire toute la lumière.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Les États-Unis et l’Iran ont annoncé la fin d’un conflit qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Depuis presque quatre mois, cette guerre absurde a fait peser des risques majeurs sur la sécurité nucléaire mondiale. Elle a déstabilisé le Moyen-Orient, l’économie européenne et le commerce mondial. Nos pensées vont au peuple iranien, qui subit depuis des décennies la répression et la terreur d’un régime qui le prive de liberté et de dignité. Puisse cet accord de paix avec les États-Unis ouvrir un chemin d’espoir. Pour les Européens, cette guerre s’est traduite directement par une hausse des prix de l’énergie, des coûts de transport plus élevés et davantage d’incertitude pour nos entreprises comme pour nos ménages. Aujourd’hui, cet accord de paix est une bonne nouvelle. Et les Européens seront mobilisés pour veiller à ce qu’il soit réellement mis en œuvre. Parce qu’en matière de paix et de stabilité, les accords n’ont de valeur que s’ils sont respectés. Mais ce conflit est aussi venu mettre en lumière nos vulnérabilités et nos dépendances.
Face à cela, l’Europe doit accélérer sur deux priorités :
- Notre indépendance énergétique. Oui, le Pacte vert est aussi un projet de souveraineté. Chaque éolienne, chaque panneau solaire, chaque réacteur nucléaire et chaque investissement dans les technologies propres nous rendent moins dépendants des hydrocarbures importés et des crises géopolitiques qui les accompagnent.
- Notre autonomie stratégique. Dans un monde où les grandes puissances agissent d’abord selon leurs intérêts, les Européens doivent être capables de défendre les leurs. Notre sécurité, notre énergie et notre économie ne peuvent pas dépendre des décisions prises à Washington, à Pékin ou ailleurs.
Cette crise nous rappelle que les démonstrations de force, les postures nationalistes et la diplomatie du rapport de force permanent ne produisent pas la sécurité. Au contraire : elles produisent d’abord de l’instabilité. À nous maintenant d’en tirer les leçons. L’Europe a le choix : subir les crises des autres ou construire sa propre puissance, de manière plus indépendante, plus souveraine et plus forte.

 

Bernard Guetta (député)
> [Opinion: La Palestine, Israël et la France] « Je n’ai pas d’autre solution », m’a-t-il rétorqué. Je venais de lui demander s’il croyait encore à la coexistence d’Israël et de la Palestine à créer et cet ancien ministre palestinien, vétéran des rencontres pour la paix, a vite clos le débat, agacé qu’on puisse encore poser de telles questions.
S’il était là, vendredi dernier, à cette journée pour la solution à deux Etats organisée par le ministère français des Affaires étrangères, c’est qu’il faut marteler, contre vents et marées, contre bombes et missiles, que la paix passe obligatoirement par une reconnaissance croisée d’une future Palestine et d’Israël car sinon quoi ?
Les Palestiniens jettent les Israéliens à la mer ?
Les Israéliens expulsent les Palestiniens vers l’Egypte, le Liban, la Syrie et la Jordanie ?
L’un de ces deux peuples massacre l’autre jusqu’au dernier dans ce qui serait bel et bien un génocide ?
Aucun de ces scénarios n’est heureusement crédible. Tous seraient haïssables et si l’idée d’un Etat binational peut paraître séduisante, elle est simplement irréaliste puisque les Palestiniens tiennent tout autant que les Israéliens à un Etat national.
La solution à deux Etats est la seule. Il n’y en a pas d’autre et c’est la première des raisons pour lesquelles elle refait aujourd’hui surface, bien trop lentement mais sûrement. Le Hamas avait cru la torpiller avec le 7 octobre. La droite et l’extrême-droite israéliennes avaient espéré en faire oublier jusqu’à la possibilité en écrasant Gaza sous les bombes et terrorisant la Cisjordanie mais rien n’y a fait.
Cette solution à laquelle si peu de gens voulaient encore croire il y a si peu de temps est en train de fédérer de nouveaux militants de la paix israéliens et palestiniens. France en tête, de plus en plus d’Etats la remettent en avant et la deuxième raison pour laquelle on assiste aujourd’hui à cette renaissance d’une utopie est que la barbarie n’a conduit qu’à l’impasse.
La tuerie planifiée du Hamas n’a redonné ni force ni élan au mouvement national palestinien mais, au contraire, plongé des centaines de milliers de familles dans le désespoir d’une horreur sans nom et quel est, de l’autre côté, le bilan de Benjamin Netanyahou ?
Il avait cru pouvoir profiter du 7 octobre pour éliminer à tout jamais le Hamas, remettre la main sur Gaza, défaire les alliés de l’Iran et renverser son régime mais le Hamas et le Hezbollah survivent à leur affaiblissement, cette guerre que Donald Trump avait cru gagner en une frappe n’a pas eu raison du régime iranien et l’image internationale d’Israël s’est profondément dégradée.
Benjamin Netanyahou n’aura pas été meilleur stratège que le Hamas et que peut maintenant faire Israël des Gazaouis oubliés et dénués de tout dans un champ de ruines envahi par les rats ? Pourrait-il vraiment en faire les femmes de chambre et maîtres-nageurs de la Riviera de Donald Trump ? Poser la question, c’est y répondre et qu’est-ce que les terroristes de l’extrême-droite israélienne peuvent faire des paysans cisjordaniens qu’ils aimeraient tant chasser de leurs terres ?
Ils n’en ont pas la moindre idée et c’est ainsi que, rouges de sang, les mauvais bergers de ces deux peuples n’ont plus rien à leur proposer. Ils ne sont plus qu’une commune faillite alors que les élections israéliennes et palestiniennes des prochains mois vont placer aux commandes de nouvelles figures qui devront faire face à l’échec des extrémismes et chercher à en sortir en tentant bientôt de rouvrir les chemins de la paix.
Israéliens et palestiniens, les hommes et femmes de bonne volonté que la France vient de réunir autour du slogan « Deux peuples, deux Etats, un futur » ne sont aujourd’hui qu’une poignée d’utopistes mais c’est de leur côté qu’est le réalisme. C’est eux qu’il faut encourager. C’est à eux qu’il faut accorder un soutien international et, d’abord, celui de l’Europe, premier partenaire commercial d’Israël et premier soutien financier de l’Autorité palestinienne.

 

Pascal Canfin (député)
> [Opinion: Construire la puissance européenne avant tout : pourquoi j’ai voté contre l'accord UE-Etats-Unis] Le Parlement européen a définitivement adopté aujourd'hui l'accord commercial entre les États-Unis et l'Europe. Cet accord est la conséquence directe de la politique de droits de douane ultra-agressive de Donald Trump. Il abaisse à zéro les droits de douane payés par les Américains pour entrer sur le marché européen sur la plupart des produits, et impose un plafond (et de fait un plancher) de 15 % sur les droits de douane applicables aux exportations européennes vers les États-Unis. J'ai voté contre ce texte. Pourquoi, alors que la relation commerciale entre les États-Unis et l'Europe est si stratégique pour nos économies ? Pour plusieurs raisons que j'explicite ci-après.
1) Un accord intrinsèquement déséquilibré
L'analyse est relativement simple : sous la pression de Donald Trump et de la guerre commerciale qu'il a déclenchée en début d'année 2025, la Commission européenne a jugé nécessaire d'accepter l'accord commercial de Turnberry, passé l’été dernier entre Donald Trump et Ursula von der Leyen, dans lequel les droits de douane sont bien plus faibles pour les Américains que pour les Européens. L'Union européenne s'est engagée à supprimer les droits de douane sur l'ensemble des produits industriels américains et à ouvrir des quotas tarifaires préférentiels pour certains produits agricoles et produits de la mer américains, tandis que les produits européens exportés vers les États-Unis font face à un plafond tarifaire de 15 %, ce qui revient à en faire un plancher compte tenu de la politique de Trump. 0 d’un côté, 15 de l’autre. Nous sommes ici dans le cadre d'un accord que nous ne demandions pas et dans lequel notre avantage européen peine à se dégager, l'exemple de l'automobile est à cet égard éclairant : des constructeurs européens qui exportaient sous des taux relativement faibles se retrouvent désormais soumis à un plancher de 15 %, là où leurs concurrents américains accèdent au marché européen sans droits de douane !
Cet accord inéquitable n’est pourtant justifié par aucune réalité économique. Trump dénonce souvent un relation commerciale déséquilibrée à la défaveur des USA, en utilisant le chiffre du déficit américain sur les biens de 198 milliards d’euros en 2025. Pourtant la réalité est bien plus mesurée : si nous avons un excédent sur les biens, nous avons un déficit sur les services de 178 milliards (les services numériques comme ceux de cloud computing, les services de streaming comme Netflix, les services bancaires, etc. Autrement dit, une différence de 20 milliards, soit à peine 1% du total de la relation commerciale avec les Etats-Unis.
2) Une stabilité de façade
Néanmoins, une grande partie du monde économique européen demandait cet accord. Une relation déséquilibrée mais juridiquement et commercialement stable est, en effet, perçue par beaucoup de nos entreprises comme un moindre mal. Et cet accord y contribue indéniablement en fixant un plafond maximal de 15 % sur les droits de douane applicables aux produits européens entrant aux États-Unis.
Néanmoins, qu'en est-il dans la pratique ? La Cour suprême américaine a invalidé en février 2026 les mesures tarifaires prises par l'administration Trump, les jugeant illégales, ouvrant la voie à des remboursements des droits indûment perçus dont 22 milliards de dollars ont déjà été remboursés. La Maison-Blanche a alors dû trouver un artifice réglementaire pour maintenir ses barrières tarifaires. Or, cet artifice est lui aussi contesté devant les tribunaux. Autrement dit, le président des Etats-Unis n’a aucune base légale stable pour mettre en place des droits de douane et pourtant, en acceptant cet accord, les européens lui donnent raison de passer en force.  Et bien sûr cela ne l’empêchera pas de faire ce qu’il veut : le 2 juin 2026, l’USTR (bureau du représentant américain au Commerce) a annoncé des droits de douane supplémentaires de 10 % sur les importations européennes, dans le cadre d'une enquête Section 301 portant sur les pratiques en matière de travail forcé. La stabilité que cet accord est censé apporter ne semble donc pas au rendez-vous.
3) Aucune garantie sur notre souveraineté
On l'oublie trop souvent, mais l'accord commercial de Turnberry était assorti d'une déclaration politique listant une série de législations européennes qu'il faudrait assouplir pour répondre aux demandes américaines, notamment la taxe carbone aux frontières (MACF), la loi sur la déforestation, le DSA sur le numérique, etc. Cela est inacceptable en soi par principe : l’Europe n’a pas de liste de lois américaines à changer au nom de ses propres intérêts et les Etats-Unis ne l’accepteraient jamais.
L'exemple du numérique et de l’IA est particulièrement frappant : alors que l'administration Trump s’attaque avec force au DSA (Digital Service Act), le gouvernement américain a émis le 12 juin 2026 une directive de contrôle à l'exportation imposant à Anthropic de suspendre l'accès à ses modèles d'IA les plus avancés pour tout ressortissant étranger, y compris pour les non-citoyens américains travaillant au sein même d'Anthropic. Les États-Unis restreignent donc l'accès de l'ensemble du monde à leurs technologies de pointe, tout en réclamant une ouverture maximale de nos marchés et un assouplissement de nos régulations.
Tout cela traduit une attitude impérialiste qui cherche à faire de l’Europe un vassal. Bref, l’inverse de l’Europe puissance que nous devons construire.
4) Les garde-fous apportés par le Parlement européen n'ont pas été retenus dans la négociation finale
Dans la négociation qui a eu lieu ces derniers mois, le Parlement européen a introduit plusieurs mécanismes de protection, sans que ceux-ci ne règlent les problèmes de fond posé par l’accord. Une clause négociée avec les États membres permet à la Commission européenne de suspendre l’accord si les États Unis ne respectent pas le niveau de droit de douanes acté dans l’accord. Mais ce n’est pas une suspension automatique, juste une possibilité. Même la phrase qui demandait à ce que l’accord soit suspendu en cas d’atteinte à l’intégrité territoriale de l’Union et de ses membres, comme ce serait le cas avec une invasion du Groenland par les Etats-Unis, n’a pas été retenue dans la négociation finale.
Ces différentes raisons font que je ne peux soutenir cet accord. C'est une question de principe : l'Europe ne peut prétendre au statut de puissance si elle accepte des accords déséquilibrés dans lesquels sa souveraineté peut être remise en cause. En responsabilité, j'ai donc décidé de voter contre, comme toute la délégation Ensemble au Parlement européen.

 

● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)

>
Je pense qu’on est en train de sortir du déni. On constate que les violences faites aux enfants sont partout. Il faut donc les traiter plus vite. 

 

 


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