vendredi 12 juin 2026

Propos centristes. France – Mort de Lyhanna et protection de l’enfance / G7 d’Evian / Ingérences étrangères dans les élections / Hostilités au Moyen-Orient Déserts médicaux…


Voici une sélection, ce 12 juin 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Face aux déséquilibres mondiaux qui menacent croissance et stabilité financière, l’urgence est claire : coopérer et coordonner nos politiques économiques. C’est dans l’intérêt de chacun. C’est dans cet esprit, à quelques jours du G7 d’Évian, que j’ai réuni en visioconférence les membres du G7, la Chine, l’Inde, le Brésil, la Corée et le FMI. En bâtissant des économies plus équilibrées, nous créerons les conditions d’une croissance durable, stable et partagée.

> [Propos introductifs du Président de la République lors du Sommet de Convergence mondiale pour la croissance] Je vous remercie de vous joindre à cette réunion virtuelle et à ce sommet de convergence. Je suis très heureux de votre présence à cette importante discussion. Ensemble, nous agirons avec efficacité. Notre objectif commun est clair : remettre l’économie mondiale sur la voie d’une croissance plus vigoureuse. Je pense que nous partageons tous cet objectif. Pour y parvenir, nous avons évidemment besoin de politiques nationales saines et d’une coopération internationale efficace. Certains des défis auxquels nous sommes confrontés sont des manifestations des déséquilibres mondiaux. Ces dernières années, ces déséquilibres se sont considérablement creusés, atteignant des niveaux inédits depuis la crise financière mondiale de 2007-2008. La situation géopolitique mondiale actuelle ne fait qu’aggraver ces déséquilibres. Ce sera l’un des principaux points abordés lors de notre discussion au G7. Ce sera également un sujet crucial pour le G20, présidé par les États-Unis, et des progrès significatifs ont été réalisés ces derniers mois en vue de parvenir à une compréhension commune des principaux aspects relatifs aux déséquilibres. Tout le travail accompli par le FMI et le Groupe des économistes internationaux présidé par Hélène Rey est d'une grande aide à cet égard. Je tiens à les remercier chaleureusement. Un consensus international se dessine autour de quelques points. Premièrement, il est urgent d'agir. Les déséquilibres mondiaux persistent et se sont accentués ces dernières années, menaçant la croissance économique et la stabilité financière. L'appel à l'action lancé par les pays africains à Nairobi était très clair à cet égard. Deuxièmement, la correction des déséquilibres mondiaux est une responsabilité partagée par les économies excédentaires et déficitaires. La resynchronisation et la coordination des approches entre l'Europe, la Chine et les États-Unis sont absolument cruciales. Troisièmement, la coordination est essentielle. Faute d'une approche coordonnée entre les principales économies mondiales, ces déséquilibres risquent de se résorber de manière anarchique, entraînant des ajustements économiques et financiers brutaux. Corriger les déséquilibres mondiaux est donc avant tout dans notre intérêt économique national. Un rééquilibrage bien dosé serait un moteur de croissance stable et durable à long terme. De toute évidence, dans ce débat, le FMI joue un rôle central dans le cadre de la surveillance des déséquilibres, en vue de fournir des conseils stratégiques et, dans une certaine mesure, de suivre les progrès accomplis. Le rôle du gouvernement et le cadre de surveillance sont essentiels. Nous savons tous ce que nous avons à faire. Nous savons qu'en Europe, nous accusons un retard en matière de productivité et d'investissement. J'attends avec intérêt la discussion d'aujourd'hui et, en particulier, un débat inclusif et axé sur les politiques publiques concernant cette question urgente, afin de parvenir, à notre niveau, à une convergence des évaluations et à une meilleure coordination de nos politiques clés. La question principale est claire : jusqu'où sommes-nous prêts à aller collectivement pour rééquilibrer nos modèles de croissance et garantir la stabilité et la prospérité à nos populations ?

> [G7 / réunion à l’Elysée] Je voulais en effet qu'on puisse se retrouver et échanger. D'abord, pour que vous puissiez présenter, comme ça a été dit, les groupes d'engagement qui se sont réunis. Et au fond, peut-être vous dire quelques mots de ce G7 et de pourquoi ce moment est important à mes yeux. Ça fait quelques années maintenant qu'on a un multilatéralisme qui est bousculé. Je parle en étant peut-être litotique. Et donc, depuis le début, ce qu'on a essayé de faire dans plusieurs domaines, le climat, la santé, je dirais de manière plus large, c'est d'avoir une approche où, au fond, toutes les parties prenantes étaient associées pour essayer de continuer à maintenir la dynamique ou faire avancer les choses. Parce que parfois, même quand les gouvernements sont bloqués, on va y revenir sans doute tout au long de cette soirée, parce qu'on a dans ce G7 des difficultés parfois de convergence sur certains thèmes, ce n'est pas un grand hasard, sur la santé, le climat, le genre, la discussion est peut-être moins spontanée ou convergente ou naturellement convergente qu'elle ne l'était il y a quelques années.
À ce moment-là, l'approche par des groupes d'engagement permet d'avancer et d'éviter de reculer, si je puis dire. Et ça, c'est important. Donc pour moi, ce que vous représentez, les actions que vous portez, que vous avez portées et que vous allez porter, sont extrêmement importantes dans ce multilatéralisme efficace auquel nous croyons et qui suppose de faire en permanence de la guerre de mouvement et d'engager des partenaires dans tous les domaines du jeu. Et donc d'avoir les partenaires sociaux, les entreprises, le monde associatif, les académiques, les collectivités territoriales, c'est une manière aussi de continuer à innover et à faire améliorer les choses dans les différents domaines du jeu, et on va y revenir à travers les deux sessions.
Ensuite, ce G7, il y a aussi des formations ministérielles qui ont permis d'avancer, il a aussi consolidé des résultats qui n'étaient pas forcément attendus. Je dis ça aussi comme source d'espérance. Sur les questions de santé, par exemple, on a quand même consolidé, sur la question du cancer, de la recherche, et on est en train de finaliser les textes. Mais des éléments de partage de données qui semblent consensuels et qui sont bons, on est en train d'essayer de consolider sur Ebola et la vaccination aussi. Moi, j'étais très heureux de ce qui a été fait, et vous allez sans doute y revenir sur le plan universitaire, et là, avec des vraies convergences à 7, ce qui n'avait pas toujours été le cas certaines années. Et donc, ce sont des sources d'espoir.
Après, pour vous dire, juste en deux mots, avant qu'on commence, comment ça va être organisé. Donc ça commencera à Évian lundi soir. Il y aura d'abord un moment de retraite des 7 dirigeants pour couvrir sans salle d'écoute, sans rien, les grandes thématiques de crises internationales. On aura ensuite le mardi matin une discussion sur l'Ukraine avec le président Zelensky. Et ça, c'est très important pour nous parce qu'il faut recréer de la convergence en G7 en soutien à l'Ukraine sur les différents aspects, évidemment, de la guerre, du soutien, des négociations et dans la durée. On aura ensuite une séance de travail où on associera au G7 l'Égypte, l'Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis pour parler de la guerre, de la question à la fois d'Ormuz, des négociations sur l'Iran et de l'énergie avec un vrai impact pour nos économies. Donc c'est très important justement de trouver des voies et moyens de coopération.
On aura ensuite une session de travail sur le partenariat Nord-Sud. Ça, vous y avez beaucoup travaillé. Et c'est vraiment le mardi après-midi qu'on va consolider le travail sur ce domaine-là et les instruments, justement, et j'espère la convergence entre les pays du G7. Et on va associer à cette session, outre le FMI, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, des partenaires avec lesquels on a construit cet agenda. Et qui sont tout particulièrement la Corée du Sud, l'Inde, le Kenya, qui va rapporter pour le continent africain, parce qu'on a co-présidé ensemble le sommet Africa Forward, et le Brésil. Et on a assez peu de pays, je dirais, partenaires de ce G7+, à dessein, parce qu'on a voulu garder une unité, mais on les a embarqués sur toutes les conclusions.
Et enfin, on aura deux sessions le dernier jour. L'une sur les déséquilibres mondiaux, la question de la croissance. Il y a eu tout le travail qui a été fait en amont par des experts et qui a déjà été largement évoqué avec l'ensemble des parties prenantes, qui a fait l'objet d'un gros travail des ministres de l'Économie et des Finances. Et qui va donner lieu demain à 14 heures, à une session de ce qu'on a appelé le sommet des convergences, où on va parler en G7 avec aussi la Chine en particulier qui sera invitée en plus de cette outreach, donc ça, ce sera demain, pour préparer la session de mercredi prochain qui sera sur ces déséquilibres.
Et enfin, on aura une discussion avec des entreprises de la tech, membres du G7, donc américaines et autres membres du G7, pour parler à la fois de notre agenda de protection et de régulation, et pour parler des questions de souveraineté, de sécurité, de cybersécurité liées au numérique.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Ingérences étrangères dans les élections] Le président de la République avait demandé aux gouvernements successifs de déployer des moyens, de les organiser. D'ailleurs, on est objectivement le premier pays démocratique en Europe à avoir intégré autant ce sujet, ayant travaillé sur beaucoup de menaces dites hybrides. On va y revenir, d'ailleurs, parce qu'elles peuvent être d'origine étatique comme non étatique. Et au fond, l'ensemble des premiers dispositifs, des premières équipes, le Secrétariat général pour la défense nationale, derrière l'ANSSI sur des sujets d'avantage de sécurité pure, VIGINUM sur les ingérences numériques étrangères nous ont permis d'avoir malheureusement, si j'ose dire, un premier état des lieux de ce que ça pourrait donner l'année prochaine pour les élections présidentielles et législatives au regard de ce que nous comprenons déjà des élections municipales. (…)
Si je devais quand même, d'un mot, qualifier le risque, il a été significatif sur les municipales, sans effet majeur, ça vous sera documenté et expliqué, il laisse entrevoir les perspectives de menaces lourdes sur l'élection présidentielle pour des raisons qu'on développera. Et peut-être aussi à court terme, vous redire que l'ensemble de cette vigilance s'étend aux élections provinciales de Nouvelle-Calédonie, qui ont lieu à la fin du mois, par rendez-vous électoral, qui laissent à penser une vulnérabilité particulière au regard de la situation dans le Pacifique, au regard des ingérences étrangères non numériques ou numériques, telle que le territoire a déjà pu la connaître ces dernières années et qui nous amène donc à une grande vigilance et à une grande mobilisation des services de l'État, que je remercie.

> [Ingérences étrangères dans les élections] Aucune raison de faire moins pour les élections en Nouvelle-Calédonie à la fin du mois de juin ou pour les élections sénatoriales que ce qui a été fait sur les élections municipales. Vous rendre compte avec autant de transparence permet de voir déjà à quel point il y a quand même déjà des résultats et en tout cas, de l'efficacité, et que la réactivité des équipes a permis quand même en temps réel de détecter, et donc par définition de documenter, d'informer et d'éviter que ça prenne évidemment de l'ampleur. Avec ce qui a été dit d'ailleurs, pour chaque candidat à une élection, je dois passer par là, toujours ce dilemme. Vous êtes diffamé, est-ce que vous portez plainte et auquel cas vous risquez vous-même de faire exister d'ailleurs la fausse information diffamante, ou est-ce que vous ne dites rien et vous laissez passer, ça a été aussi un sujet de conversation tout à l'heure qui n'était pas complètement inintéressant ? 
Deuxième des choses, comment on fait rentrer du droit dans cette affaire ? Et du droit aussi de protection de la liberté, parce que tout ça aussi, notre cadre de référence, c'est quand même un cadre démocratique, de liberté d'opinion, de liberté de la presse, plus d'un siècle de jurisprudence et de construction juridique de tout cela. Comment on fait ? Donc la première des réponses, en tout cas, moi, je vais prendre ma plume et je vais écrire à toutes les formations politiques, à l'ensemble des présidents de groupe, à l'Assemblée nationale et au Sénat, c'est de leur faire un certain nombre de propositions, de voir et de tester le degré de compromis ou de consensus possible. 
J'ai ressenti tout à l'heure instinctivement que c'était possible sur un certain nombre de mesures, notamment la création de nouveaux référés pendant la période électorale. J'insiste, pendant la période électorale. Vous constatez un contenu de cette nature. Aujourd'hui, vous êtes dans une zone qui n'est pas confortable pour le juge, qui n'est pas confortable pour le plaignant. Et donc, comment on est capable de déclencher un référé devant le juge judiciaire pendant la campagne ? Vous avez en tête, pendant la campagne électorale, je parle du droit actuel, le juge judiciaire est compétent. Quand la campagne électorale est terminée, le juge pénal est compétent, si c'est du pénal, mais c'est le juge administratif pour l'ensemble des élections locales qui est compétent pour juger de la sincérité du scrutin, et évidemment le Conseil constitutionnel pour les élections présidentielles, mais aussi les élections législatives et sénatoriales. Donc la question d'un tel référé, par exemple, pour donner cet exemple, est sur la table. Évidemment, la question du durcissement des peines, je crois pouvoir dire sur le contrôle des sachants qu'aujourd'hui, il existe des choses, mais ça n'a rien de dissuasif pour dire les choses de manière un peu diplomatique. Donc la question aussi, elle est posée. 
Puis ensuite, à la fin, c'est une question peut-être davantage organique, mais là, il faut encore en discuter, c'est, pour l'élection présidentielle, quel est le rôle de chacun dans cette affaire : Conseil constitutionnel, la commission déjà nationale qui suit l'organisation de l'élection présidentielle, qui emprunte d'ailleurs à d'autres institutions. Et là, le schéma de discussion n'est pas complètement abouti, il faut que je prenne du temps pour cela. En tout cas, je crois avoir compris que la question d'un outil de référé, pour le coup, est quelque chose qui, à la main des candidats, permet aussi d'avoir un chemin. Voilà, parce que, pour le coup, il faut aussi qu'on s'adapte en conséquence. Voilà, pour répondre précisément.

> [Ingérences étrangères dans les élections] Il faut qu'on soit précis sur les ingérences étrangères. Le droit le dit : donc il y a la diplomatie, la bataille politique, les batailles d'opinion, de gouvernement à gouvernement. Tout ça existe. Là, on parle vraiment d'ingérence. Ça a été rappelé d'ailleurs. Les quatre critères ont été longuement rappelés par le secrétaire général pour la Défense et le secrétaire national, donc je n'y reviens pas.
Sur ce qui s'est passé avec Israël, je crois, est intéressant. C'est intéressant parce qu'on ne sait pas au fond quel est le commanditaire, ça a été dit. Ça veut dire au fond qu'on est en train d'assister à une forme de mercenariat numérique. Si vous voulez, jusqu'à présent, au fond, il y avait un mercenariat numérique russe dans lequel l'adhérence entre les groupes russes qui se livraient à ce genre d'action était quand même très clairement en proxi des services russes. Et d'ailleurs, les Russes le faisant plutôt en masse, la guerre en Ukraine s'avançant, les Russes ne prenaient même plus la peine toujours de se cacher pour le faire. La difficulté de ce mercenariat, c'est qu'on ne sait pas à qui il profite. On peut très bien profiter aussi des intérêts privés, parce qu'un candidat prend telle ou telle position dans le débat public, sur la fiscalité, sur un grand sujet économique, sur une grande orientation internationale, puis vous pouvez aussi toucher à des intérêts économiques qui sont particuliers, donc vous pouvez avoir un acteur économique étranger qui commence aussi à s'en prendre à un candidat pour l'entraver. 
Vous voyez la différence entre une municipale et une présidentielle. C'est pour ça aussi que je fais cette conférence de presse, parce que la nature même de l'organisation ou de cette ingérence peut complètement changer de nature. Je vous rappelle que la plupart des vols de données, pour prendre un autre problème, sont souvent liés à une prédation économique plus que politique. Je le mets là parce que tout de suite on pense à la politique parce qu'il s'agit d'élections. Je redoute davantage à date ou en tout cas tout autant une pression, une ingérence aussi à des fins économiques ou en tout cas commerciales. Et je ne parle même pas de certains grands géants internationaux qui peuvent évidemment avoir des facilités pour le faire. 
La troisième chose, et n'y voyez pas un esprit tordu de ma part, mais là où il y a du mercenariat, on peut aussi donc avoir des actions de recel de ce mercenariat. C'est-à-dire que vous pouvez, et je vous reprends après sur Israël, mais je repars du problème global parce qu'il y en aura, malheureusement, je suis désolé de vous le dire comme ça, je pense qu'il y en aura pour tout le monde, pour tous les candidats, pour tous les partis et venant de toutes formes d'horizons différents. Je crois que la démonstration l'a montré. Ce qui est arrivé à La France insoumise est simple à comprendre, c'est pour ça que c'est intéressant de repartir de cela. Mais on n'est pas à l'abri aussi demain qu'un candidat, un parti politique français décide d'activer un mercenariat numérique à l'étranger pour nuire à un autre candidat en France. Bon, ce n'est plus une ingérence numérique étrangère. Elle passe par l'étranger. 
Donc, au moment où nous nous trouvons, tout ça donne un peu le vertige parce qu'on voit bien que là, on touche à la notion même de frontières et de sécurité numérique dans le cadre d'une organisation de campagne électorale qui a toujours été bien rodée chez nous. Et le CSA devenu Arcom, et les temps [ph] de parole, et le juge constitutionnel qui regarde l'équité. Là, tout d'un coup, le système peut se faire percuter par cette affaire. Sur le sujet israélien, j'ai peu communiqué, le Gouvernement, l'Élysée, on a peu communiqué sur le sujet, parce que, justement, on voulait aussi de l'efficacité. 
Vous comprendrez que je ne réponds pas à toutes les questions que vous m'avez posées là, mais dès lors que les services ont vu que, depuis le sol israélien, je précise, le sol israélien, ces ingérences, évidemment, arrivées pendant l'élection municipale, il va sans dire que nous avons effectivement demandé des explications de l'aide aussi. Ça peut être un groupe privé en Israël, qui échappe à la vigilance ou au contrôle des autorités gouvernementales ou étatiques israéliennes. Il va sans dire qu'évidemment, on leur a demandé concours/explication. Je ne doute pas à ce moment que si un groupe privé français, depuis le sol français, s'était livré à une ingérence numérique étrangère en Israël, ils en auraient fait de même avec notre ambassadeur sur place.

> [Ingérences étrangères dans les élections] On est là pour préserver nos intérêts. Et les intérêts, c'est quand même que le peuple français, lorsqu'il est convoqué à une élection, ne soit pas manipulé par toutes sortes de natures d'intervention et singulièrement une ingérence numérique étrangère. Donc on demande concours, mais comme on pourrait demander un concours judiciaire sur d'autres affaires dans le cadre de collaborations internationales. Et si je suis honnête avec vous, si on fait transparence, parce que je suis arrivé avec le président de la République à l'intime conviction aussi que c'est rendre compte de tout ce qui s'est passé avec beaucoup de transparence qui aide aussi à la collaboration, si vous voyez ce que je veux dire.

> [Ingérences étrangères dans les élections] Il y a quelques temps, quand j'étais ministre des Armées, j'ai écrit un livre qui s'appelle Vers la guerre ?, dans lequel j'essaie d'expliquer à nos compatriotes qu'au fond, on est dans une situation sécuritaire assez inédite, grise, dans laquelle on n'est certainement pas en guerre, on n’est pas en guerre et on n'est pas en guerre avec la Russie, mais on n'est pas en paix. Et cet état-là est un état de contestation, en quelque sorte, de compétition, et de temps en temps de confrontation, mais qui ne rentre pas dans le champ de la conflictualité directe comme la guerre. 
C'est un enjeu juridique et politique, y compris pour vous, journalistes, redoutablement complexe, parce que tout ce qu'on peut connaître par ailleurs dans notre droit, depuis toujours, l'intelligence avec l'ennemi, la collaboration avec une puissance étrangère dans le cadre de tout ce que vous connaissez par ailleurs, là, n'a pas lieu de s'appliquer, puisque, par définition, nous ne sommes pas en guerre. Deuxième des choses, est-ce que c'est si inédit que cela ? Le problème, c'est que la classe politique, elle n'aime pas trop l'histoire-géographie, et encore moins l'histoire, parfois, que la géographie. Bon, enfin, ça s'appelle la guerre froide. Je crois déjà que pendant la guerre froide, il y a eu beaucoup de sujets quand même sur la relation avec Moscou, sur l'URSS. Je ne ciblerai aucun parti politique en particulier ou aucun journal en particulier, mais enfin, ça a déjà largement occupé, je crois, le débat politique. Je ne parle même pas de ce qui pouvait se passer pendant la guerre d'Alger. De toute façon, cette question-là, elle a toujours existé, et ne faisons pas semblant de découvrir qu'elle est nouvelle devant nous. 
Trois, l'ingérence correspond à quelque chose de précis et l'influence ou la propagande correspond à autre chose de précis. Mais ce n'est pas la même chose. Et comme notre système politico-médiatique aplatit tout et n'use pas toujours des bons vocabulaires, j'essaie de le faire devant vous, l'influence ou la propagande a toujours existé. Alors est-ce que c'est interdit ? S'il faut interdire tous ceux qui font de la propagande avec des idées avec lesquelles on n'est pas d'accord, on va interdire beaucoup de monde. C'est un changement de société. J'invite quand même à y réfléchir à deux fois. 
En tout cas, il y a quand même des lignes rouges. La première ligne rouge, elle est entendue. Pour rien au monde, un propagandiste ou une propagandiste ne doit porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. C'est une grille... Je ne suis ni juge, ni DGSI. Mais vous voyez qu'en vous répondant, et comme je suis plutôt maître de mes propos, je donne le cadre. Ne pas porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, ça me semble entendu, mais c'est dit. Et puis la deuxième des choses, c'est que par définition, comme dans tout système médiatique ou démocratique, il doit y avoir par définition de la contradiction. Il faut présenter les gens pour ce qu'ils sont, pour qu'ils s'assument. Il faut qu'ils s'assument, ils ont le droit de penser ce qu'ils pensent, mais il faut qu'ils s'assument. Et par définition, il faut aussi que la contradiction leur soit garantie. C'est ça le vrai débat d'opinion et d'idées qui permet à tout le monde de se forger une idée. D'autant plus que mes engagements pour l'Ukraine, je crois comme ancien ministre des Armées, sont largement connus et indéfectibles. Mais il y a un combat politique à mener. C'est incontestable. Et quelque chose me dit que dans les mois qui vont venir, ça va rentrer davantage en intensité. Mais ce n'est pas la même chose que les ingérences numériques étrangères. Il faut qu'on soit précis parce que sinon, ce n'est pas complètement le même pays, sinon.

> [Ingérences étrangères dans les élections]  Il y a déjà une commission qui permet de suivre l'élection présidentielle. Il faut sans doute la renforcer et il faut sans doute qu'on imagine le fait d'associer évidemment les représentants des candidats. Après, vous connaissez bien le problème par cœur, la vraie campagne officielle, le dépôt des 500 signatures, enfin ce qui fait qu'on a vraiment... Il y a beaucoup de candidats à la présidentielle, j'ai l'impression. Alors qu'on fasse attention à ce qu'il n'y ait pas plus de candidats que d'électeurs, parce que ça marquerait une démocratie vivante, mais qui pourrait quand même nous poser d'autres difficultés. 
En tout cas, à date, évidemment, il faut qu'on soit capable de pré-associer les pré-candidats et avoir quelque chose qui soit très transparent, très solide. Et ça, je m'y engage vraiment, dès lors que les candidats sont validés par le Conseil constitutionnel. Enfin, c'est un système d'auto-confiance qui doit se faire dans les services de l'État. Moi, je suis Premier ministre aujourd'hui, il y a des services de l'État qui le font. Demain, il y aura d'autres Premiers ministres, d'autres ministres. Ce sont toujours les mêmes services de l'État, comme la police, comme la justice. > [Ingérences étrangères dans les élections] On vit une forme de nouvelle guerre froide de ce point de vue, mais avec des outils numériques hautement plus puissants et des frontières qui sont encore plus floues que jadis, voilà. Mais ça, pour le coup, après, on est dans quelque chose qu'on connaît bien, singulièrement depuis 2022, et on revient à l'ensemble des doctrines qui ont été arrêtées dans les conseils de défense et de sécurité nationale successifs avant 2022, et ça s'est accéléré depuis 2022. Comment vous détectez, comment vous voyez que vous êtes en train de vous faire attaquer ou manipuler ? Comment vous entravez ? Comment vous mettez fin très vite à cela ? Comment vous attribuez ? 
Je peux vous dire, en 3-4 ans qu'on s'occupe de ces sujets, sur la détection, on a considérablement progressé, et mieux que cela, on file même beaucoup de coups de main à beaucoup de pays étrangers amis, parce qu'on a des équipes solides et des équipes numériques solides pour le faire. Pareil pour l'entrave, y mettre fin. Après le travail, mais comme pour toute enquête de police, en quelque sorte, le travail de l'attribution, d’être capables de savoir vraiment qui est derrière tout ça, est toujours un travail beaucoup plus difficile. Après, je vais vous dire une chose, il n'y a pas besoin d'être très fort en géopolitique pour voir d'où ça peut venir.

> [Ingérences étrangères dans les élections] Une loi, oui, c'est le sens du courrier que je vais annoncer. Le président de la République en avait parlé, parce que tout ça, évidemment, avril, on était au lendemain des élections municipales, on commençait déjà à deviner ce qui s'était passé, c'est le moins qu'on puisse dire, et donc on a pris le temps nécessaire, avec les équipes de l'État, de regarder ce qui pouvait être fait, ce que je vous annonçais tout à l'heure sur la question, par exemple, de référé, la capacité à interagir. Je vais donc mettre ça par écrit. Potentiellement, ça peut donner lieu à une saisine du Conseil d'État. Potentiellement, en tout cas, je le souhaite, un Conseil des ministres qui permettrait d'arrêter un projet de loi qui pourrait être injecté dans l’agenda parlementaire de l'automne. Ce n'est pas des lois très longues, en vérité. 
Et surtout, si j'ai fait cet après-midi cette réunion avec la formation politique, c'est que si vous créez du compromis et du consensus, en tout cas, disons du compromis à défaut du consensus, encore plus, je pense que le consensus est possible, derrière, vous aurez une navette parlementaire qui peut être très rapide sur le sujet et surtout qui nous amène dans les temps avant la campagne présidentielle. Donc oui, c'est possible.

> [Protection de l’enfance] L'urgence, vraiment, c'est ce qu'on a annoncé avec les parquets généraux, l'ensemble des services d'enquête de police et de gendarmerie, le criblage des 70 000 plaintes. L'urgence, c'est les réunions interministérielles qui se tiennent en ce moment même dans la discrétion pour regarder tout ce qui peut être amélioré encore sur le projet de loi de protection de l'enfance. L'enjeu pour moi, et je vais m'y employer à partir de maintenant jusqu'à la semaine prochaine, c'est de recevoir les acteurs engagés sur ce sujet, associations parlementaires. 

Quand je dis « je », les ministres ou votre serviteur. Et voilà, il y a la vie politique, je ne m'en offusque pas parce que je la connais, et quelque chose me dit que plus on va avancer vers l'élection présidentielle, plus les acteurs politiques feront de la politique. Moi, vous savez, si j'ai souhaité tenir depuis le début le Gouvernement loin des affaires partisanes, loin de l'élection présidentielle, j'ai toujours été clair sur mon propre agenda. Je n'en ai pas. C'est précisément pour ne pas être perturbé par tout cela. 

> [Hostilités au Moyen-Orient et scénario noir] Je ne sais pas répondre dans la mesure où chaque déclaration du président américain, il fallait en tirer une conclusion complètement opérationnelle, immédiate. J'essaie de ne pas le faire, mais je ne vais pas cacher au peuple français lors de cette conférence de presse sur le carburant et l'analyse géopolitique qu'il fallait avoir autour que la grande instabilité et l'irrationnalité de certains nombres de facteurs créent effectivement des perspectives de retour au conflit. J'avais commencé par-là, d'ailleurs, parce que ça existe. La deuxième des choses, la diplomatie française, le président de la République, évidemment, en premier lieu. Enfin, ça fait quand même depuis maintenant de nombreux mois que nous disons : « ne laissez pas, ne laissez pas au pluriel à l'ensemble des acteurs de la région, ne laissez pas la question libanaise de côté ».
Si on reprend ce qui s'est passé ces derniers mois, uranium, plutonium, programme d'enrichissement, programme nucléaire iranien, plus personne n'en parle, mais c'était quand même l'objet de tout ça. Derrière, on a pu parler Ormuz, circulation maritime, et pour cause, mais en fait, depuis le début, nous, on dit qu'il faut tout prendre dans la réflexion, ne pas dire que dans la négociation, tout soit facile, mais la perspective de laisser le Liban de côté, et, par définition, quelque chose qui ne pouvait pas permettre une résolution, en tout cas concrète, à court terme, du conflit. Et nous voilà rattrapés par la question libanaise, évidemment. 
Et ça, c'est le rôle de la France, par la singularité de notre diplomatie, par notre habitude, par la connaissance de ce terrain, par les nombreux capteurs que l'on peut y avoir. On est le seul pays européen à comprendre, au fond, le fonctionnement libanais, les tensions internes. Le fait qu'il y ait un président libanais désormais, il y a un gouvernement, il y a un soutien important apporté aux forces armées libanaises, un soutien humanitaire important, il y a des sujets qui tiennent aux chrétiens. Bref, on voit bien que la question libanaise, le président de la République l'a très vite dit, mille fois d'accord avec lui, évidemment, elle fait partie de l'équation de la solution au conflit, et nous y sommes. 

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> À l’occasion de la cérémonie d’hommage aux sapeurs-pompiers de France, j’ai eu l’honneur de présider la cérémonie de ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe. Le courage, le dévouement et la fraternité ne sont pas des mots vains: ils guident chaque jour l’action de nos sapeurs-pompiers. Partout dans nos villes, dans nos campagnes, nos montagnes, nos littoraux, ils répondent présents. Aujourd’hui nous nous inclinons avec respect devant la mémoire de ceux qui sont tombés dans l’accomplissement de leur mission. Leur sacrifice suprême nous oblige.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> Une Europe forte au sein d'une OTAN forte. J'ai réuni en VTC ce jour les ministres de la défense de l'Allemagne, de l'Italie, de la Pologne et du Royaume-Uni pour une réunion du E5, format désormais régulier de consultations sur les enjeux de défense européens. Sécurité européenne et menace russe, OTAN, soutien à l'Ukraine : en amont du Sommet d’Ankara les 7 et 8 juillet prochains, la France et ses partenaires européens agissent résolument pour exercer des responsabilités accrues au sein de l’OTAN.

> Le Danemark est un allié stratégique pour la France. Notre partenariat de défense se renforce sur les plans opérationnel, capacitaire et stratégique. Il concourt au renforcement de la souveraineté européenne dans le domaine de la défense, à laquelle nous œuvrons ensemble.

> Avec le ministre de la défense ukrainien, mon homologue, nous poursuivons nos échanges réguliers. Notre objectif commun : concrétiser dans la durée notre soutien militaire à l’Ukraine, dans le cadre de la Déclaration d’Intention signée le 17 novembre 2025 par le Président de la République et le Président Zelensky. Une armée ukrainienne forte constitue la première des garanties de sécurité. Défense anti-aérienne, munitions, aviation de combat, drones, innovation, formation : la France est aux côtés des Ukrainiens.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Bonne nouvelle : avec près de 20 000 nouvelles offres d’emploi liées à l’IA entre 2023 et 2025, Paris s’impose comme le cœur battant de l’intelligence artificielle en Europe devant Berlin, Munich ou Madrid !
Mais cette réussite n’est pas seulement parisienne : Grenoble et Toulouse concentrent autant de talents en IA que Paris.
La France se classe également au cinquième rang mondial pour l'usage de l'IA parmi la population en âge de travailler
L’IA transforme nos économies et la France est en pole position !

> Les vulnérabilités financières restent élevées au niveau mondial, mais le secteur financier français est résilient : ce sont les constats du Haut Conseil de Stabilité financière (HCSF).
Hier, je présidais une réunion du HCSF avec le Gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin.
Le HCSF a identifié plusieurs vulnérabilités persistantes qui affectent nos marchés mondiaux : valorisations élevées des actifs, endettement public croissant, et tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient. Le principal risque réside désormais dans une prolongation ou une aggravation de ce conflit.
Ces défis rappellent l’importance d’une vigilance constante.
Mais dans ce contexte, la France se distingue.
Nos banques et assureurs disposent de bilans solides, bien capitalisés et liquides. Le secteur immobilier commercial, bien que touché par la remontée des taux, reste sous contrôle. Et surtout, le crédit continue de circuler de manière saine, que ce soit pour les ménages ou les entreprises.
Cette résilience est le fruit d’un système financier robuste, capable d’absorber les chocs et d’accompagner notre économie. Nous restons mobilisés pour préserver cette stabilité et renforcer notre souveraineté économique.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Hostilités au Moyen-Orient] Si un accord a été trouvé, c'est une très bonne nouvelle qui pourra mettre fin à une situation qui est insoutenable et qui au fond ne faisait que des perdants. 

> [Hostilités au Moyen-Orient] Les efforts que nous avons faits tout au long de l'année dernière pour rassembler la communauté internationale autour de cette solution à deux États qui est la seule susceptible d'apporter la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. (…) Le processus de paix n’avance plus, c’est pourquoi il faut le relancer. (…) Parce que la paix, elle ne se décrète pas. Elle ne peut pas résulter uniquement de grandes conférences diplomatiques. Elle se joue aussi dans les esprits, dans la capacité de reconnaître les souffrances, mais aussi les droits de l'autre, y compris après avoir subi dans sa chair les meurtrissures du terrorisme et de la guerre. 

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Ce texte de protection des enfants, nous voulons y rajouter des mesures pour augmenter la protection. Ce texte doit passer à l'Assemblée au mois de juillet.

> [Déserts médicaux / Intervention à l’Assemblée] Dans l'ensemble des territoires, l'accès aux soins demeure une préoccupation majeure pour tous les Français. Pas moins de 6 millions de personnes n'ont pas de médecin traitant et plus de 90 % du territoire est en tension médicale.

Il faut entrer dans ce débat avec humilité et sans fausse promesse. La régulation de l'installation, solution miracle, s'avérerait en réalité contre-productive. Elle réduirait le temps médical et les installations en ville. Il faut plutôt agir sur les causes profondes de la désertification médicale. Le Gouvernement actionne quatre leviers.

Le premier est la formation. Pendant trop longtemps, la démographie a été pilotée sans vision, déconnectée des besoins présents et futurs. La suppression du numerus clausus a heureusement cassé cette dynamique. En 2026, nous compterons 20 % d'internes supplémentaires. Nous sommes passés de 2 130 installations de médecins généralistes libéraux en 2024 à 2 810 en 2025, soit une hausse de 32 % en un an et un doublement depuis 2012. On compte également 891 nouvelles installations de médecins généralistes en zones prioritaires en 2025, en hausse de 45 % par rapport à 2024.

Il fallait aussi un pilotage prospectif. Tous les cinq ans, nous fixons des objectifs de formation appuyés sur des analyses objectivées, enrichies d'outils puissants comme l'intelligence artificielle. J'annoncerai bientôt les nouveaux objectifs de formation pour les cinq prochaines années, fruit d'une longue concertation avec les collectivités territoriales.

Le deuxième levier est l'amélioration de la réponse territoriale, main dans la main avec les collectivités territoriales. Il faut mieux répartir les solutions et mieux les organiser.

Pas moins de 3 700 docteurs juniors arriveront dès novembre. Des étudiants de 6e année de pharmacie seront déployés dans nos officines en zones sous-dotées ou rurales et une première année d'études de santé sera proposée dans tous les départements. Enfin un guichet unique d'installation des professionnels sera généralisé.

Il faut un meilleur partage des responsabilités au niveau rural. Les enjeux ne sont pas les mêmes à Paris, La Rochelle, Tulle ou Saint-Brieuc. Des commissions départementales de l'accès aux soins seront créées, copilotées par les ARS et les départements qui devront délibérer des priorités. Au sein de France Santé, ARS, préfets, présidents de conseil départemental continueront de construire l'offre de soins avec tous les acteurs.

Le troisième levier est la libéralisation du temps médical. Un médecin en maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) suit 600 patients de plus qu'un médecin isolé. Nous devons développer ce modèle, alors que le nombre de contrats d'assistants médicaux a progressé de 20 % entre 2024 et 2025 pour atteindre 9 300.

La réforme du métier d'infirmier est désormais aboutie et doit être pleinement appliquée. Nous devons aller plus loin pour mieux prendre en compte l'explosion à venir des maladies chroniques.

Le quatrième levier est l'utilisation du potentiel de la télémédecine. Nous voulons développer la télé-expertise pour mieux répondre aux besoins des territoires. La téléconsultation devra être accompagnée par les professionnels de santé.

Nous ne pouvons pas appliquer à la situation présente des grilles de lecture d'une autre époque.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> Quand on viole des enfants, on doit être condamné à perpétuité. Les prédateurs doivent passer leur vie en détention.

 > [Mort de Lyahana] S'il y a eu des fautes individuelles, les enquêtes administratives le diront. La transparence sera faite. Mais nous ne nous défausserons pas. Ce qui compte, c'est de continuer à agir. Ce qui compte, c'est de protéger nos enfants.

> Nous, ce qu’on dit, c’est que le plus urgent, ce sont les atteintes aux personnes. Dans les atteintes aux personnes, ce sont les enfants qui doivent immédiatement être entendus, accompagnés

> [Loi sur la protection de l’enfance] Le texte sera examiné dès le 15 juillet (…) on va compléter ce texte sur la question des violences sexuelles faites aux enfants, notamment sur la question des peines

> Il y a à peine quelques années, Christine Angot qui écrivait sur l'inceste subissait attaques, rires et insultes sur les plateaux. Aujourd'hui, la société nous dit une chose simple et essentielle : "on ne l'acceptera plus, on ne se taira pas". Tant mieux.

> Nous vivons une révolution. Un Me Too des enfants est en train de naître.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> La citoyenneté n’est pas un concept abstrait et lointain. C’est une pratique quotidienne. À l’occasion de l’Assemblée générale de l’Association nationale des membres de l’Ordre national du Mérite, nous avons signé une convention pour porter une ambition commune : encourager, accompagner et valoriser celles et ceux qui font vivre l’engagement citoyen sur le terrain. Partout en France, des citoyens inventent, des associations créent du lien et apportent des réponses nouvelles aux défis de notre temps. Ces initiatives sont souvent discrètes, mais elles peuvent changer la vie de nos concitoyens. C’est tout le sens de l’opération « Initiatives Citoyennes » et des prochaines « Mariannes du civisme ». Faire vivre la République, c’est aussi reconnaître et soutenir ensemble celles et ceux qui choisissent le collectif.

> Importance de commémorer le massacre d’Oradour-sur-Glane, où 643 personnes ont été assassinées il y a 82 ans. Cette mémoire est essentielle pour les jeunes générations. Venir à Oradour, c’est comprendre ce qui s’est passé, mesurer les conséquences de la haine et de la barbarie, et faire vivre le devoir de mémoire pour ne jamais laisser l’Histoire se répéter. C’est aussi, pour moi, un lieu profondément marquant. Oradour a façonné mon engagement. C’est ici que j’ai rencontré des femmes et des hommes qui transmettent leur histoire avec une force immense. Des récits personnels qui, mis bout à bout, composent la grande Histoire de notre pays. Se souvenir, transmettre et agir : telle est notre responsabilité collective.

 

Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> faire de la voie professionnelle une voie d’excellence et de réussite. Avec Edouard Geffray, nous partageons et sommes pleinement engagés dans ce combat. L’enseignement professionnel forge des compétences, révèle des talents et construit des avenirs. Sa force, ce sont ses professeurs de lycée professionnel qui, chaque jour, dans les ateliers et les classes, transmettent bien plus que des savoir-faire : ils transmettent une fierté. Le dialogue syndical est une nécessité permanente, pas une option. Nous avons eu un échange transparent et constructif sur ce qui fonctionne, sur ce qui reste à construire, sur les efforts à poursuivre pour renforcer l’attractivité de cette voie. L’enseignement professionnel se construit ensemble, avec tous les acteurs dans les territoires. Le dialogue se poursuivra le 16 juin prochain : je réunirai à Paris l’ensemble des acteurs de la voie professionnelle. Vous pouvez compter sur notre engagement sans faille et sur la continuité de notre action.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> L’engagement d’Emmanuel Macron pris en 2022 est tenu. Grâce au Premier ministre, la France s’est dotée d’un budget qui nous permet de continuer à investir et d’agir pour réhabiliter les anciennes décharges littorales.

 

● Autres ministres
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)

> Les mathématiques jouent un rôle majeur dans l’acquisition du raisonnement scientifique et de la démarche rationnelle. Pour la première fois cette année, près de 530 000 élèves de 1ère générale et technologique passent l’épreuve anticipée de mathématiques. Je sais, chers élèves, tout le travail et l’investissement que cette épreuve représente. Au-delà de l’examen, les mathématiques vous apportent des fondamentaux essentiels qui vous serviront toute votre vie : calculer, raisonner, analyser. Je vous souhaite bon courage et pleine réussite !

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Mort de Lyhanna] D’abord, la nation tout entière est traversée par beaucoup de colère et beaucoup de tristesse. Gérald Darmanin, dans les premières heures qui ont suivi la médiatisation de cette affaire, est allé face aux Français présenter, au nom de son institution, ses excuses. C’est extrêmement rare qu’un responsable politique ait le courage de prononcer ces mots. Il s’est ensuite engagé à faire toute la transparence sur cette affaire, alors même qu’il n’a pas le pouvoir, comme garde des Sceaux, d’interférer dans des affaires personnelles. (…)
Je crois qu’il fait les choses avec beaucoup de courage et beaucoup de transparence. Les responsables politiques dans l’opposition qui réclament aujourd’hui la démission de Gérald Darmanin le font par logique politicienne. Probablement aussi parce qu’ils n’ont pas grand-chose à dire. Dans cette affaire Lyhanna, il faut d’abord établir précisément les faits avant de tirer toutes les conséquences.

> [Mort de Lyhanna] Il y a plusieurs choses. Il y a l’émotion, elle est légitime, et il y a les faits. Ces faits, nous les connaîtrons en détail avec les rapports d’inspection qui seront rendus le 19 juin. Sur cette base, l’ensemble des responsabilités devront être établies, qu’elles soient individuelles ou institutionnelles. (…)
S’il y a des responsabilités individuelles, il devra y avoir des sanctions. S’il y a des responsabilités institutionnelles, nous devrons aussi en tirer des conclusions, qu’elles soient législatives ou budgétaires. Il ne s’agit pas de se dédouaner de ces responsabilités. Personne ne peut mettre la poussière sous le tapis.

> [Mort de Lyhanna] Je n’utiliserais pas le terme d’affaire d’État. Je pense que c’est beaucoup plus complexe. Il y a des responsabilités individuelles, il y a des problèmes systémiques, et il y a la question absolument centrale de la manière dont on écoute les victimes. Il y a aussi la manière dont on écoute les enfants, les parents et toutes les familles qui s’inquiètent.

> [Mort de Lyhanna] C’est au rapport d’inspection de faire toute la lumière sur ce qui s’est passé. J’ai lu dans la presse qu’une majorité de Français ne souhaitaient pas la démission du garde des Sceaux. Probablement parce que, malgré la colère et la tristesse, ils comprennent que la démission d’un responsable politique ne résoudra pas le problème. Gérald Darmanin s’est battu pour le budget de son administration et fait avancer les moyens législatifs pas à pas.

> [Mort de Lyhanna] Évidemment, tous les parents sont traversés par ce sentiment d’inquiétude. Du fait de l’affaire Lyhanna, mais aussi du fait de ce qui s’est passé dans le périscolaire parisien, on s’est tous posé des questions sur nos modes de garde. On s’est tous demandé à qui nous confions nos enfants. Moi, j’ai confiance dans les personnes qui gardent mes enfants, mais ces questions traversent toutes les familles.

> [Mort de Lyhanna] La responsabilité de l’État, c’est de faire la lumière et d’avancer de manière collective avec toutes les parties prenantes. Je pense notamment aux associations et aux parlementaires. La question centrale est celle de l’écoute et de la prise en charge des victimes. C’est sur ce terrain que Sud Radio donne aussi la parole à des parents qui ont vécu des drames ou qui s’inquiètent pour leurs enfants.

> [Mort de Lyhanna] Dans un État de droit, on règle durablement ces questions en avançant sur les sujets législatifs, budgétaires et sur la prise en charge de la parole des victimes. Il y a une révolution sociale à opérer. Lorsque l’on dit que trois élèves en moyenne par classe sont victimes de violences sexuelles, c’est faramineux. Cela montre l’ampleur du changement de modèle qu’il faut réussir à opérer.

> [Portection de l’enfance] Depuis neuf ans, nous avons beaucoup avancé. Nous avons avancé en termes de moyens, notamment avec un budget de la Justice qui a augmenté de plus de 54%. Il n’y a jamais eu autant de magistrats, jamais eu autant de greffiers, et le budget de la Justice n’a jamais été aussi haut en volume. Pour autant, cela n’épuise pas la question.”

> [Absence d’un ministère de l’enfance] Il faut bien expliquer que ce n’est pas parce qu’il n’y a pas une personne qui porte cette responsabilité dans l’intitulé de son ministère qu’il n’y a pas de ministre en charge. Il y a un ministre en charge de ces questions, notamment la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Elle porte, avec Gérald Darmanin, un projet de loi sur la protection de l’enfance. Ce texte touche à des sujets que l’on sait très dysfonctionnels aujourd’hui, comme l’aide sociale à l’enfance.”

> [Mort de Lyhanna] Il faut prendre le temps de faire toute la lumière sur les faits. Sur cette base, Gérald Darmanin a demandé la réouverture et l’instruction de 70 000 plaintes qui touchent des enfants. J’entends certains dire que ce n’est pas possible ou que ce serait de la démagogie. Moi, je crois que ce serait à l’inverse inadmissible de ne pas procéder à ces vérifications. (…)
La question qui se pose derrière, c’est de savoir s’il y a d’autres affaires Lyhanna ou s’il peut y avoir d’autres affaires Lyhanna. Il y a des engagements du gouvernement. Nous avions un projet de loi sur la protection de l’enfance, qui sera amendé. S’il y a d’autres mesures à prendre au regard de ce qui s’est passé dans le cadre de l’affaire Lyhanna, nous les prendrons.”

> Nous avons toujours préservé les ministères régaliens, la Justice, l’Intérieur et les Armées. Nous proposerons à l’automne, pour l’année prochaine, au Parlement, une hausse du budget de la Justice. Et nous le ferons comme nous l’avons fait depuis neuf ans. C’est un engagement important pour répondre à des dysfonctionnements qui ne peuvent pas être acceptés.”

> [Loi sur la protection de l’enfance] Le gouvernement et le Premier ministre, comme la présidente de l’Assemblée nationale, ont saisi le Conseil d’État pour s’assurer de la constitutionnalité de l’ensemble de ce projet de loi. C’est bien la preuve que nous sommes ouverts à avancer dans toutes les directions qui permettront d’améliorer la situation. Je suis favorable à ce qu’on avance dans toutes les directions utiles. Mais il faut être honnête avec les Français : dans le cas de l’affaire Lyhanna, des dispositions législatives supplémentaires n’auraient pas nécessairement permis d’éviter des erreurs de toute évidence en partie individuelles.

> [Protection de l’enfance] Au Sénat, une commission d’enquête sur les violences faites aux enfants et la protection de l’enfance va démarrer. Je trouve très bien que des parlementaires engagés depuis longtemps sur ces questions puissent s’en saisir.

> [Protection de l’enfance] Je crois qu’il faut, dans le cadre professionnel, que ceux qui emploient notamment des adultes qui sont face à des enfants puissent systématiquement avoir accès à leurs antécédents. C’est notamment l’un des points qui sera débattu dans le cadre du projet de loi que nous proposons. Pour l’école, pour les crèches, pour le périscolaire, c’est une évidence. Toutes les vérifications doivent pouvoir être faites et doivent être faites systématiquement. (…)
Je pense que pour tous les emplois dans lesquels des adultes sont en contact avec des enfants, à minima, toutes les vérifications doivent pouvoir être faites et systématiquement être faites. Ce qui s’est passé dans le cadre du périscolaire parisien a choqué énormément de familles et inquiété énormément de familles. Il y a des dysfonctionnements qui ne sont pas acceptables. Il y a donc des vérifications qui devront de toute évidence être faites systématiquement à l’avenir. (…)
Lorsque des adultes sont amenés à être en contact avec des enfants, l’employeur doit disposer des informations nécessaires pour protéger les mineurs. Ce n’est pas un sujet secondaire, c’est un sujet de sécurité et de confiance. Les familles doivent pouvoir confier leurs enfants à des structures qui ont procédé aux vérifications indispensables. L’affaire Lyhanna rappelle à quel point ces mécanismes doivent être robustes et effectifs.”

> [Protection de l’enfance] Je rejoins Gérald Darmanin lorsqu’il dit que, de toute évidence, lorsque vous êtes un homme et que vous violez des enfants de deux, trois ou quatre ans, vous n’êtes pas curable. Votre place dans la durée, dans la société, se pose. La perpétuité réelle me semble être la vraie bonne solution. Cela implique de construire massivement de nouvelles places de prison. (…)
Il y a des délinquants et des criminels qui peuvent probablement être réinsérés. Mais il y a aussi des cas pour lesquels la réinsertion n’est pas possible. Je crois que les cas de viols d’enfants en font partie. C’est pour cela que la question de la perpétuité réelle doit être posée avec beaucoup de sérieux. (…)
Sur le sujet de la castration chimique, il me semble que cela ne peut être fait que sur la base du volontariat. Si c’est bien le cas, cela ne règle pas et n’épuise pas la question. La question centrale reste celle de l’impossibilité de réinsérer certaines personnes. C’est pourquoi je considère que la perpétuité réelle est la réponse la plus adaptée pour les pédocriminels en série.

> Il y a des maires qui prennent des dispositions, notamment relatives aux mineurs. La présence de foules, notamment très jeunes, les soirs de match peut créer des troubles à l’ordre public. Je comprends qu’ils prennent les dispositions nécessaires. Les élus locaux sont aussi confrontés à des situations concrètes qu’ils doivent gérer.

> [Ingérences étrangères dans les élections] Il y a vraiment un danger. C’est arrivé durant les élections municipales, nous l’avons surveillé, mais c’est aussi arrivé ailleurs en Europe. La responsabilité de l’État est évidemment d’anticiper ces questions avec la plus grande prudence et le plus grand sérieux. C’est un sujet qui devra être suivi de très près dans les prochains mois.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Notre régions ultra périphériques sont un atout stratégique pour l’Union Européenne. Défendons leur singularité, et simplifions l’accès aux fonds européens.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> La sécurité n’est jamais acquise : elle repose chaque jour sur l’engagement de femmes et d’hommes qui répondent présents. À nous d’être à la hauteur de ce dévouement et de légiférer pour leur donner les moyens de protéger les Français.

> Notre pays a besoin de davantage de dialogue.
Je crois profondément à une démocratie qui ne se résume pas au temps de l'élection, mais qui se nourrit de la confrontation des idées, de l'écoute et de l'engagement de chacun.
Hier soir, au Vésinet, les échanges ont une nouvelle fois démontré que les Français ont des attentes, des propositions et une réelle volonté de prendre part aux débats qui engagent notre avenir collectif.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Rien ne pourra apaiser le chagrin de la famille, des proches de Lyhanna. Ils ont perdu leur enfant de 11 ans dans des conditions effroyables. Et ils apprennent que ça aurait pu être empêché si notre système avait fonctionné. Une enquête administrative est en cours. Tous les enseignements devront être tirés. Toutes les failles devront être dénoncées. Toutes les sanctions devront être prononcées.

> Des mères, des grands-mères sont descendues pour la toute première fois dans la rue, la boule au ventre, pour manifester. Inquiètes pour leurs enfants et leurs petits-enfants. La cause des enfants mérite mieux que les polémiques.

> Ce sont les maths qui nous ont permis de faire naître Mistral AI, notre fleuron de l’intelligence artificielle. Ce sont les maths qui nous permettront de le faire croître et d’en faire naître un deuxième, un troisième, un quatrième. Ce sont les maths qui décideront de notre capacité, ou non, à faire de l’avenir une chance. Ce sont les maths qui décideront de notre capacité, en tant que nation, à rester maîtres de notre destin. C’est animé par cette conviction que ce matin, pour la toute première fois de notre histoire, les lycéens de première passent une épreuve anticipée du baccalauréat en mathématiques (on pense fort à eux et on ne doute pas qu’ils réussiront). C’est le résultat d’une décision prise en décembre 2023 lorsque j’étais ministre de l’Éducation nationale. Parce que les maths, au même titre que le français et la littérature, font partie de notre culture commune, de ce socle qui permet à notre pays d’avancer. Parce que la France doit redevenir une grande nation d’ouvriers, de techniciens, d’ingénieurs et de scientifiques.

> Premier ministre, j'avais pris un décret pour que les crèches, les foyers d'aide sociale à l'Enfance, les établissements qui accueillent des personnes en situation de handicap, demandent une attestation d'honorabilité à leurs salariés. 6 000 personnes ont été licenciées ou empêchées d'être recrutées. Je souhaite étendre ce système à tous les employeurs, tous les organismes qui accueillent des enfants.

> Je soutiens la loi visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants. Face à la culture du viol, face aux violences et aux féminicides, la réponse pénale seule ne suffit plus, il faut agir à tous les niveaux.

> Il faut tout changer dans notre système judiciaire. Je suis favorable, et je le dis depuis longtemps, à l'imprescriptibilité pour les crimes commis contre les mineurs ; à alourdir les peines pour les viols en série ; à être plus ferme dans les peines prononcées ; à supprimer le juge d'application des peines.

> En tant que Premier ministre, pour la toute première fois, le budget de la Justice a dépassé les 10 milliards d'euros. C'est une augmentation de 50% en quelques années. Est-ce que c'est assez ? Évidemment que non. Nous manquons encore de magistrats, de greffiers et de moyens. Mais nous avons aussi et surtout besoin de tout changer dans nos procédures, dans notre système judiciaire.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Mes pensées vont à la famille de Lyhanna et à ses proches, comme beaucoup, je suis bouleversée par ce drame. Et oui, nous devons avancer. Nous devons notamment renforcer le volet prévention de la protection de l’enfance : c’est ce que porte de manière remarquable la Haute-Commissaire à l’enfance. Elle doit être entendue. La protection des enfants c’est aussi l’affaire de tous. Nous devons collectivement avoir le réflexe de prévenir, de signaler quand on a un doute, et de faire en sorte que, culturellement, nous ne laissions plus personne passer franchir la ligne rouge. Rappelons aussi que 70 % des actes pédocriminels sont commis dans le milieu familial ou par des proches connus. C’est pourquoi ce travail de proximité est nécessaire.

 

● MoDem 
François Bayrou (président)

> [Présidentielle] Je ne suis pas candidat. Pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’ils le sont tous. En restant singulier, on peut dire des choses plus librement, et être plus utile au pays.

> Nous nous dirigeons vers une crise encore jamais rencontrée.

> [Présidentielle] Je le dis d’emblée : je ne suis pas candidat à la présidentielle. Et cela me donne une liberté singulière pour parler aux Français de l’essentiel. Ce n’est pas à moi, c’est à eux que je pense. Ce livre parle de ce qui est en train de nous arriver, c’est un livre d’urgence, d’alerte, pour que notre pays mesure la catastrophe qui est en train de s’abattre sur nous.
Arrêtons les jeux stériles, ouvrons les yeux ! Comprenons ce qui se passe et qui n’est jamais expliqué, la submersion par la dette, l’appauvrissement du pays et la guerre des générations, fruits d’une dérive de presque cinquante ans. Devant une réalité aussi grave, nous en sommes au nombre ridicule de plus de 30 candidats, déclarés ou implicites ! Pas un ne parle des efforts nécessaires. Voir la gravité de ce qui nous menace, c’est la première condition pour se ressaisir. (…)
Les Français sont un peu plus conscients qu’il y a deux ans, grâce à la campagne que j’ai lancée. Mais la menace est regardée comme lointaine, avec des chiffres abstraits et insaisissables. Les gens se disent : « La dette, ce n’est pas bon, mais c’est pour plus tard. » Or c’est là qu’est l’illusion. L’accident n’est pas pour demain, nous y sommes en plein !
Écoutez bien ceci : l’an prochain, et pour toutes les années suivantes, la totalité de l’impôt sur le revenu de tous les foyers français ne suffira pas à payer chaque année les intérêts de la dette. Tous les pays qui ont connu cette situation – la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Suède ou le Canada – ont dû accepter, pour se redresser, des efforts considérables.

> Ce qui m’a saisi, c’est le refus du réel. Comme si personne, pas même l’Assemblée nationale tout entière, n’acceptait de voir la situation du pays. Et que chacun poursuivait de minuscules intérêts claniques ou partisans.

> L’abandon, pour moi, la démission morale, cela aurait été d’acheter de la durée au prix du renoncement. Faire croire qu’on pouvait distribuer à des catégories diverses l’argent que nous n’avons pas et le mettre sur le compte des plus jeunes. Par exemple, je n’aurais jamais accepté de renoncer à la réforme des retraites.

> [Candidats à la présidentielle] De l’appauvrissement du pays, pas un mot ! Et de la situation faite aux jeunes, rien du tout ! Il est fascinant de voir que ces questions cardinales, dans lesquelles se joue la survie du pays, ne figurent même pas dans les programmes des partis et des candidats. Je vais tout faire pour que ces questions vitales entrent enfin dans cette campagne. Il ne s’agit plus d’intérêts personnels ou partisans, il s’agit de l’intérêt national.
> Quand je suis arrivé à Matignon, il n’y avait aucune sorte de majorité, le gouvernement de Michel Barnier venait d’être renversé, plus aucun budget, ni d’action publique ni d’action sociale. Nous avons fait adopter ces deux budgets, plusieurs lois essentielles – loi d’orientation agricole, loi contre le narcotrafic. Pendant l’année 2025, nous avons tenu le budget à l’euro près, fait baisser le déficit du pays de 5,8 à 5,1 % et obtenu une croissance de près de 1 %. Et la méthode du conclave était tout près d’aboutir sur les retraites. Tout cela en neuf mois. Ce ne sont pas des erreurs, ce sont des résultats tangibles. (…)
J’avoue que je demeure abasourdi de l’issue négative de cette méthode inédite. Voilà qu’on était à un millimètre d’un accord sans précédent entre les syndicats réformistes et les représentants des entreprises. La démocratie sociale prenait en main le sujet qui empoisonne la France depuis trois décennies. 
Dans un effort sans précédent, les syndicats réformistes acceptaient l’allongement à 64 ans, avec comme contrepartie la reconnaissance d’une retraite plus précoce pour les métiers pénibles ! Les critères de pénibilité étaient fixés. Le financement était trouvé. En réalité, ceux qui ont voulu l’échec, du côté du patronat, ce n’étaient pas les conditions de l’accord qu’ils refusaient, c’était qu’on trouve un accord quel qu’il soit. (…) C’est un échec national. On se retrouvera dans quelques mois au pied du mur. Et là, les décisions à prendre et leur rythme nous seront imposés de l’extérieur.

> Il faut faire l’alliance des générations, pas la guerre des générations ! Si nous ne faisons pas l’alliance, nous aurons la guerre. Et la seule chose qui permettra d’éviter les sacrifices considérables, c’est le travail : travailler plus, plus longtemps, plus nombreux pour produire plus et mieux. L’amputation des retraites créerait un traumatisme énorme et ceux qui refusent de voir la menace nous y conduisent tout droit. C’est dire que la guerre sur les deux jours fériés apparaîtra bientôt comme d’un autre temps.

> Je ne crois pas une seconde qu’on supprimera toute immigration. Regardez l’absurdité de notre situation : des centaines de milliers d’emplois non pourvus, des jeunes en situation irrégulière, qui coûtent chacun plusieurs milliers d’euros par mois, et à qui on interdit de travailler. C’est aberrant.

> L’affaire Bétharram est d’un côté un drame : des punitions physiques sur des enfants et des adolescents et pire encore, bien pire, haïssables, des atteintes sexuelles de la part d’éducateurs. Et d’un autre côté parce que j’étais Premier ministre, et parce que mes enfants avaient été scolarisés dans cette école il y a plusieurs décennies, une manipulation orchestrée par LFI pour prétendre que j’avais quelque chose à voir dans cette affaire, pour me faire tomber et me déshonorer, cibler un homme et sa famille. 
Et comment se défendre quand on est totalement étranger à tout cela ? Il m’a fallu des mois pour trouver les preuves de la manipulation. Mais quand on vous accuse, pendant des mois, matin et soir, le mal est fait. Quant aux victimes, plus personne n’en parle. Et des enfants agressés dans le périscolaire à Paris ou, horreur de l’horreur, dans les crèches, qui s’en occupe ?
> [Présidentielle] Le RN est favori, mais nous en avons connu beaucoup qui se sont cassé la figure. N’oublions pas ce que le RN, comme Jean-Luc Mélenchon d’ailleurs, a dit sur la Russie et Poutine. Les Français veulent-ils au sommet de l’État des gens qui se sont trompés à ce point sur la plus grave des questions ?

> [Présidentielle] Mélenchon est le seul qui ait une stratégie robuste. Désastreuse, dangereuse, gravissime, mais robuste. Il a choisi de mettre le feu à l’intérieur du pays en appuyant sur ses points les plus brûlants. (…)
Je connais bien Mélenchon, depuis longtemps. C’était autrefois un laïque exacerbé. Aujourd’hui, il s’appuie sur la pression islamiste. Et il flirte avec l’antisémitisme, comme un signal. Ce fléau est toujours là. On parle souvent de nos racines « judéo-chrétiennes », mais la haine du Juif était, jusqu’à récemment encore, une donnée de tout l’Occident. L’affaire Dreyfus, ce n’est pas si vieux, les « statuts des Juifs » non plus… Mélenchon joue sur cette résurgence.

> [LFI et le RN sur le même plan] Je ne dis pas qu’ils sont les mêmes, mais je sais une chose : s’ils accédaient au pouvoir, les uns ou les autres, ce serait pour le pays, et pour l’Europe, le malheur immédiat.

> [Emmanuel Macron] Je regarde la scène internationale et je le compare à tous les autres. Il tient la barre dans le moment le plus difficile de notre histoire depuis le retour de De Gaulle avec, face à lui, des systèmes cyniquement puissants, comme la Chine, et l’imprévisible divagation à la tête des États-Unis. Qui y a-t-il d’autre comme leader européen ? Personne. Et dans le monde ? Presque personne. De surcroît, les grandes orientations qu’il a dégagées pour notre pays, qui peut les renier ? (…)
Je n’ai aucun doute qu’il sera regretté. J’ai connu la détestation de Mitterrand, pourtant réélu, la déconsidération de Chirac, aujourd’hui regretté. Et il quittera le pouvoir à l’âge où d’autres ne s’en sont pas encore approchés… (…)
Je nous sens compagnons d’armes en un temps si difficile où personne n’a la panacée. Je pense du bien de lui mais j’ai fait de la politique avec lui, pas pour lui. Je ne me définis pas comme macroniste. Je pense, pour tout dire, que son potentiel a été supérieur à ses réalisations. Nous ne sommes pas d’accord sur tout, mais j’ai de l’admiration pour lui. (…)
J’essaie de comprendre, en dépit des dons qui sont les siens, la raison de ces Français qui ne l’aiment pas. Je pense qu’il a été ressenti comme « trop ». Trop doué, trop différent, trop jeune. Et quand il les séduit, c’est à leur corps défendant. Oui, j’ai souvent parlé avec lui de ce paradoxe.

> Quand Retailleau prononce les mots « gauche » ou « Macron », c’est comme s’il s’arrachait la langue, qu’il était pris d’une nausée. Il a été un ministre solidaire, loyal et j’ai de l’estime pour lui, mais je n’ai pas les mêmes idées. Est-ce qu’on peut aller à la présidentielle en étant contre l’extrême droite, en se prétendant contre le centre, contre la gauche ? À la fin, il ne reste pas grand-chose. Je crains qu’il ne fasse une campagne du temps du RPR contre le PS.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> L'Irlande prendra la présidence du Conseil de l'Union européenne le 1er juillet. À Dublin, nous avons rencontré différents ministres irlandais ainsi que nos partenaires du Fianna Fail. Merci pour nos échanges sur les actions à mener pour faire de cette présidence un succès pour les Européens. Nous avons besoin d’une Europe qui :
- Crée des opportunités en étant compétitive
- Protège ses citoyens
- Reste fidèle à ses valeurs fondamentales.
Il faut des démocraties plus fortes, des espaces en ligne plus sûrs pour les enfants, davantage d'opportunités pour les jeunes et les entreprises, une accélération de l’innovation et une Europe plus forte sur la scène internationale. L'Irlande a toujours été l'une des voix les plus pro-européennes du continent. À un moment crucial pour notre Union, je suis convaincue que la présidence irlandaise peut contribuer à apporter de réels progrès pour les citoyens de toute l'Europe.
Renew Europe travaillera main dans la main avec l'Irlande pour y parvenir !

 

● Personnalités centristes

Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> 10 ans après le Brexit, nous lançons le 1er « dialogue stratégique franco-britannique » : plus de 30 représentants de think tanks, centres de recherche… pour proposer des idées concrètes qui renforcent notre relation - en matière de sécurité, de technologie, de protection de nos démocraties.

> Au salon Mobco, j’ai eu le plaisir d’ouvrir un débat sur la souveraineté industrielle européenne. Les transports sont une industrie d’excellence, qui a tout pour réussir. À condition de simplifier, innover et protéger !

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> [Mort de Lyhanna] J’ai d’abord pensé à la famille et à la douleur que c’est de perdre un enfant parce qu’il a été victime d’un prédateur. Je suis mère et, évidemment, ce drame me tord le ventre. Comme tous les Français, je suis choquée par cette tragédie. Comme tous les Français, je suis en colère. Et cette colère doit justement être utile !
Les mots manquent. Je ne suis pas sûre que les mots guérissent les maux quand se produit une telle abomination. Notre seule obsession et notre devoir, c’est la protection des enfants. Nous devons aujourd’hui accompagner la famille de Lyhanna et mener une action qui doit être plus que jamais accélérée ! Il faut mettre en lumière une nécessité : celle de l’accélération des procédures. Ce qui s’est passé ne sera jamais excusable, mais il faut au moins que cela devienne explicable. On ne peut plus laisser passer les dysfonctionnements. Les circonstances sont abominables : c’est tragique qu’il faille – encore – la mort d’une enfant.

Enfin, la parole se libère. On entend plus de signalements, plus d’alertes, plus d’enquêtes. Je pense qu’on est en train de sortir du déni. On constate que les violences faites aux enfants sont partout. Il faut donc les traiter plus vite et partout.

> [Mort de Lyhanna] La prédation a toujours existé, mais on en prend enfin conscience. 
L’ampleur des violences sexuelles est inouïe : plus de 600 bébés victimes de violences sexuelles en 2024. On parle d’un enfant victime de violences sexuelles toutes les trois minutes en France. Dans 70 % des cas, ce sont des violences intrafamiliales. 
Ces chiffres nécessitent un sursaut. Mais pas uniquement de la police ou de la justice : un sursaut collectif. Il faut que les violences faites aux enfants deviennent la priorité nationale. J’appelle à un changement de paradigme. Que chacun fasse son état des lieux dans son secteur pour que plus rien ne nous échappe !

> [Mort de Lyhanna] Je crois à la nécessité d’une protection intégrale. Ce qui demande de repérer le premier responsable, à savoir celui qui viole ou qui tue. Mais ce n’est pas parce qu’on a arrêté l’auteur qu’on a transformé en profondeur le système de protection. Il faut aussi que chacun, quelle que soit sa place dans la hiérarchie, prenne pleinement conscience de sa capacité à agir. Que ce soit dans le secteur de la police, de la justice, de la santé ou de l’Éducation nationale.
Mon carburant n’est pas seulement d’accompagner les victimes, mais de prévenir ces violences. Cela, on le fait en éduquant avec le programme Evars, notamment sur la question de l’égalité filles-garçons, pour lutter contre les phénomènes de domination. Il faut également briser le cercle vicieux des auteurs, dont les mineurs auteurs de violences sexuelles qui ont eux-mêmes été victimes. On le fait aussi en diffusant au plus grand nombre le numéro Stop (0806 23 10 63), une ligne d’écoute destinée aux adultes sexuellement attirés par les enfants afin qu’ils soient orientés et accompagnés pour éviter tout passage à l’acte. Enfin, cela fait un an que je travaille sur la constitution d’un Conseil des personnes victimes de violences durant leur enfance. C’est tout le travail que je mène actuellement. Mes conclusions sont transmises.

> [Mort de Lyhanna] Soyons lucides : si ce drame provoque une telle colère, c’est parce qu’il révèle un échec collectif. Quand plusieurs alertes existent et qu’un enfant finit mort, c’est que quelque chose n’a pas fonctionné. 

Pendant trop longtemps, la protection de l’enfance a été considérée comme un sujet parmi d’autres. Elle doit devenir le sujet prioritaire. 
Dans un commissariat, dans un parquet, dans une école, une suspicion de violences sexuelles sur un enfant doit déclencher la même urgence qu’une alerte vitale à l’hôpital. Chaque jour perdu peut être un jour de trop.

> [Protection de l’enfance par la justice] On doit améliorer la pratique professionnelle : imposer que le recueil de la parole des enfants ne se tienne que dans des espaces dédiés et selon une méthodologie définie. Pour cela, il est nécessaire d’augmenter le nombre de salles Mélanie et que chaque commissariat, chaque gendarmerie en dispose d’une (des espaces spécialement dédiés à l’écoute des mineurs ; il y en a 200 en France.
Il faut poursuivre le développement des UAPED (Unités d’accueil pédiatrique enfants en danger, NDLR). Cette procédure de recueil doit devenir un droit opposable.
Je préconise la mise en place d’un circuit d’urgence dans l’ensemble des commissariats et gendarmeries pour le traitement des violences sexuelles sur mineurs. Cela permettra une prise en compte prioritaire au niveau local de ces drames. Aucune plainte ne doit rester sans réponse. Il faut généraliser la numérisation des procédures avec un fichier commun. Ce sont ces procédures qui permettront d’avancer.

> [Protection de l’enfance] Les associations ont souvent nommé avant tout le monde ce que notre société refusait de regarder. Aujourd’hui, nous devons travailler ensemble pour transformer cette indignation en changement concret. 
Ce que nous avons réussi à faire contre les violences faites aux femmes, nous devons désormais le faire pour les enfants : faire de leur protection une priorité nationale incontestable.
Ce que nous avons réussi à faire avec les pôles « Violences intrafamiliales » – des pôles au sein des tribunaux judiciaires permettant une action commune entre sièges et parquets dans la lutte contre les violences faites aux femmes –, nous devons aussi le faire pour les enfants. Et ce serait déjà une révolution !

> [Protection de l’enfance] On ne gagnera pas cette bataille avec une mesure isolée ou un énième ajustement technique. Une loi intégrale, c’est considérer la protection des enfants dans sa totalité : prévention, repérage, justice, accompagnement des victimes et lutte contre les prédateurs.
Face à un phénomène systémique, il faut une réponse systémique.

> [Protection de l’enfance] Lorsqu’on travaille au contact d’enfants, on doit pouvoir prouver qu’on ne présente aucun risque pour eux. Le certificat d’honorabilité permet de vérifier automatiquement qu’une personne n’est pas condamnée ou mise en cause pour des faits incompatibles avec l’encadrement d’enfants. Depuis sa mise en œuvre, plus de 5 300 personnes ont été écartées dans l’accueil du jeune enfant, la protection de l’enfance et, en ce moment également, les instituts médico-éducatifs. Cela montre son utilité. 
Ma conviction est simple : partout où il y a des enfants, il doit y avoir un contrôle.
Aujourd’hui, je crois que ce certificat d’honorabilité doit être généralisé. Cela fait des mois que je plaide pour une uniformisation des procédures de contrôle des antécédents judiciaires. C’est pourquoi le projet de loi porté par Gérald Darmanin et Stéphanie Rist, qui doit arriver prochainement à l’Assemblée nationale puis au Sénat, devient incontournable.
Je vais même plus loin : je souhaite que ce certificat puisse aussi être accessible aux parents employeurs de nounous ou de baby-sitters. Quand on est au contact des enfants, c’est le principe de précaution qui prime, et partout.

> [Protection de l’enfance] Les violences faites aux enfants sont transnationales. On l’a vu avec ce pédocriminel américain arrêté en Alsace l’année dernière après treize ans de cavale. Les pédocriminels n’ont pas de frontières non plus, notamment parce qu’ils utilisent ces nouvelles formes de prédation à distance.

> [Mort de Lyhanna] Aucun responsable public ou associatif ne s’habitue à l’idée qu’un enfant puisse être violé, exploité ou tué. Et heureusement. Si un jour cela ne me bouleversait plus, je ne serais plus à ma place. Ce qui me fait tenir, c’est une conviction simple : derrière chaque statistique, il y a un enfant réel. Et derrière chaque réforme réussie, il y a parfois un enfant protégé. Cela vaut tous les combats. 
Ce drame nous oblige surtout à regarder une vérité en face : les enfants ont souvent parlé. C’est nous qui n’avons pas toujours su les entendre. 
Ils ne votent pas. Ils ne manifestent pas. Ils n’ont pas de lobby. Alors notre responsabilité est immense : faire de leur protection une cause nationale, non pas après chaque drame, mais avant le prochain. 

> [Protection de l’enfance] Il n'y a pas de raison que demain, les pédocriminels ne soient pas éloignés de nos foyers, de nos maisons, pour qu'ils ne soient pas des baby-sitters ou des professeurs de cours de musique ou encore de nos associations. Plus largement, on doit protéger de la même manière les endroits où se trouvent les enfants, quel que soit le statut de l'employeur ou la tranche horaire de la journée.

 

 


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