vendredi 14 octobre 2016

Présidentielle 2017. Laurent Hénart et le Parti radical choisissent Juppé par dépit

Jean-Louis Borloo & Laurent Hénart
Quand, il y a six ans, le Parti radical dont Jean-Louis Borloo était alors le président quitta l’UMP, c’était pour reconquérir son indépendance passée et être à même de peser directement sur la vie politique.
Lorsque Jean-Louis Borloo décida de créer l’UDI et de faire du Parti radical une des formations majeures de cette confédération centriste et de droite modérée, il voulait créer un pendant à l’UMP (devenue depuis LR).
Après son retrait de la vie politique, son fidèle lieutenant et successeur à la tête du parti, Laurent Hénart, s’inscrivit dans la démarche de Borloo et fut un ardent défenseur de l’indépendance de l’UDI.
Quoi de plus normal, d’ailleurs.
Les radicaux n’avaient pas quitté l’UMP pour se jeter dans les bras de LR.
C’est ainsi que Hénart fut le plus fervent avocat d’une candidature de l’UDI à la présidentielle, refusant que la formation centriste se range derrière LR ou participe même à la primaire pour désigner le candidat du parti de droite et poussant Jean-Christophe Lagarde à se déclarer.
Une fois qu’il sembla acter que l’UDI n’aurait pas de représentant à la présidentielle, le président du Parti radical milita pour une candidature de François Bayrou – mais celui-ci continua son allégeance à Alain Juppé – voire d’Emmanuel Macron dont il fut un des premiers au Centre à voir dans le leader d’En marche, un allié évident.
Mais la politique est ce qu’elle est et le Parti radical n’est plus un parti dominant depuis bien longtemps.
Devant toutes les opportunités qui se fermaient les unes après les autres, Laurent Hénart et ses troupes ont donc décidé, la mort dans l’âme, de soutenir Alain Juppé, se satellisant à nouveau vis-à-vis du parti de droite après avoir voulu voler de leurs propres ailes.
Réfutant, lors d’une interview au Figaro, l’idée d’avoir choisi le camp de la victoire après avoir attendu qu’il se dessine plus sûrement dans les sondages au profit de Juppé, Laurent Hénart a justifié le soutien de «90% du Parti radical» par la proximité des visions politiques avec l’ancien premier ministre de Jacques Chirac.
Selon lui, c’est un choix d’adhésion pour tourner la page Hollande et Juppé est le mieux placé pour rassembler les Français.
Si «le centre de gravité de la nouvelle majorité doit être composé de la Droite et du Centre», il considère «qu’il faudra recomposer le paysage politique» en intégrant dans la nouvelle majorité après la présidentielle le Mouvement démocrate et les Radicaux de gauche ainsi que des personnalités comme Emmanuel Macron et d’autres membres du PS.
De même, «la mission du Parti radical sera d’élargir l’UDI».
«La majorité de demain doit être beaucoup plus large que l’opposition d’aujourd’hui» estime-t-il, notamment pour faire barrage au FN, faire les réformes nécessaires et «mettre la république à l’heure du XXI° siècle».
Revenant sur Emmanuel Macron, il ne partage pas les critiques de Jean-Christophe Lagarde à l’encontre de l’ancien ministre de l’Economie, parlant d’une «présidentielle qui hystérise tout le monde» et ce dernier reste pour lui «quelqu’un avec qui l’on peut travailler» même s’il ne semble plus une option pour la présidentielle.
Quoique.
Car Laurent Hénart est catégorique: «si Juppé ne gagne pas la primaire, le Parti radical restera libre de son choix».

Alexandre Vatimbella



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