Voici une sélection, ce 18 mars 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> [Propos introductifs lors du Conseil de défense et de sécurité
nationale sur la situation en Iran et au Moyen-Orient] Avant que nous ne
débutions nos travaux, je voudrais avant tout saluer la mémoire du Major Arnaud
Frion, du septième bataillon de chasseurs alpins de Varces. La Nation vient de
rendre hommage ce matin. Merci Madame la Ministre d’avoir présidé cette cérémonie.
Le Major est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une
attaque de drone perpétrée par une milice pro-iranienne alors qu'il œuvrait à
la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daesh, à la défense de la
souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité. Je veux ici redire
combien la Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses
frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos
militaires blessés et qui sont encore, pour certains, dans des soins intensifs
en ce moment même à l'hôpital.
Ce Conseil de défense, comme les précédents, vise donc à faire le point sur
l'ensemble des dossiers et la situation au Moyen-Orient et à examiner les
conséquences des opérations militaires conduites par les États-Unis d'Amérique
et Israël dans la région et à la riposte massive que l'Iran a décidée et qui
touche nombre des pays de la région. Je le redis ici, la France n'a pas choisi
cette guerre, nous ne prenons pas part et nous avons une position purement
défensive en protection de nos ressortissants, en soutien de nos alliés. Nos
objectifs sont clairs et ils sont définis depuis le premier jour et ils n'ont
pas changé.
Le premier c'est de protéger nos ressortissants, nos emprises diplomatiques
et militaires et nos intérêts dans la région.
Le deuxième objectif est de nous tenir aux côtés de l'ensemble de nos
partenaires, ceux avec qui nous sommes liés par des accords de défense, aux
côtés desquels nous œuvrons souvent pour la lutte contre le terrorisme, la
sécurité et la stabilité régionales. Et donc nous avons honoré notre parole,
nous continuons de l'honorer, nous sommes des partenaires loyaux et nous leur
avons apporté un soutien très clair depuis le début, qui est de les aider à
protéger leur propre population, avec une ligne très claire là aussi, qui est
de contenir au maximum l'extension géographique du conflit. Donc chacun d'entre
eux reconnaît d'ailleurs l'action qui est la nôtre à leurs côtés, pour leur
sécurité. Avec une situation spécifique qui est le Liban, pays ami ô combien
important pour la France, dans lequel nous sommes exposés à travers évidemment
la FINUL et notre présence au sein de ce contingent onusien et où nous
travaillons aux côtés des autorités libanaises pour préserver la souveraineté,
là aussi, l'intégrité territoriale et la lutte sans relâche contre le
Hezbollah.
Et puis notre troisième catégorie d'objectifs, c'est évidemment de garantir la
liberté de navigation et la sécurité maritime dans la région. Nous l'avons dit
là aussi dès le premier jour, c'est une tâche à laquelle nous avons plusieurs
fois contribué et elle est essentielle pour nos intérêts, en particulier
économiques, pas simplement ceux de la France, mais nous le savons pour le gaz,
le pétrole, l'international ou pour la liberté de navigation. Nous avons une
présence avec beaucoup de nos partenaires en Méditerranée orientale, où la
situation est stabilisée, mais nous l'assumons, aux côtés tout particulièrement
de Chypre, qui a été visée, et en surveillance de la situation libanaise. Nous
sommes engagés pour la sécurité maritime et la liberté de navigation en Mer
Rouge et à Bab-el-Mandeb. Nous disposons d'un cadre européen d'opérations qui
doit demeurer. Il reste pertinent et il doit demeurer dans ce strict cadre.
C'est ce qu'on appelle l'opération Aspides sous commandement grec. Ce cadre ne
doit pas être étendu à d'autres opérations. Il fonctionne, il est réactivé et
nous avons su avec plusieurs partenaires mener des actions utiles durant ces
dernières années. Elles gardent leur pertinence.
S'agissant du détroit d'Ormuz, qui est évidemment la situation la plus
sensible, nous allons dans quelques instants faire le point, mais je vais ici
redire le cadre dans lequel nous avons pu nous exprimer, ou déjà commencé à
bâtir des décisions. Nous ne sommes pas partie prenante au conflit. Et donc,
jamais la France ne prendra part à des opérations d'ouverture ou de libération
du détroit d'Ormuz dans le contexte actuel. Par contre, nous sommes convaincus
qu'une fois la situation plus calme, et à dessein ce terme est suffisamment
large. Une fois la situation plus calme, c'est-à-dire une fois que le cœur des
bombardements aura cessé, nous sommes prêts, avec d'autres nations, à prendre
la responsabilité d’un système d'escorte, mais c'est tout un travail à la fois
politique, technique, avec évidemment l'ensemble des acteurs du transport
maritime, avec les assureurs et opérationnels que nous devons bâtir. Nous avons
commencé les échanges avec l'Inde, avec plusieurs autres partenaires européens
ou partenaires de la région. Ce travail supposera des discussions et une
déconfliction avec l'Iran, parce qu'en aucun cas ça ne peut être une opération
de vive force. Et donc il est à bâtir dans les jours et les semaines à venir,
mais c'est une mission que nous sommes prêts à assumer pour la liberté de
circulation à la fois des porte-conteneurs et des tankeurs, qui doit donc être
pleinement distincte des opérations de guerre qui sont en cours et des
bombardements en cours, mais que nous sommes prêts à assumer dans ce cadre, qui
est forcément un cadre à la fois plus complexe, volontaire et une mission que
nous sommes en train de structurer.
Enfin, nous examinerons très précisément, évidemment, les autres sujets les
plus sensibles, comme en Irak ou au Liban que j'évoquais.
Mais je veux ici redire, pour clôturer mon propos introductif, que la France a
une responsabilité dans la région simple et claire : protéger nos
ressortissants, nos intérêts ; être des partenaires fiables pour tout le
monde ; et œuvrer à la désescalade et à la stabilité. Et c'est dans ce
cadre que nous souhaitons avancer.
> [Déclaration des dirigeants du Canada, de la France, de
l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni concernant l’escalade du conflit
entre Israël et le Hezbollah] Nous sommes profondément préoccupés par
l’escalade de la violence au Liban et appelons les représentants israéliens et
libanais à mener des négociations constructives en vue de trouver une solution
politique durable. Nous soutenons fermement les initiatives visant à faciliter
les pourparlers et exhortons les parties à mettre immédiatement fin à cette
escalade.
Les attaques du Hezbollah contre Israël et les frappes visant des civils
doivent cesser, et ses membres doivent déposer les armes. Nous condamnons la
décision du Hezbollah de se joindre à l’Iran dans les hostilités, laquelle
compromet davantage la paix et la sécurité dans la région.
Nous condamnons les attaques visant des civils, des infrastructures
civiles, des travailleurs de la santé et des établissements hospitaliers, ainsi
que la Force intérimaire des Nations Unies au Liban. Ces attaques sont
inacceptables, et nous appelons toutes les parties à agir dans le respect du
droit international humanitaire.
Une offensive terrestre israélienne de grande envergure aurait des
conséquences humanitaires dévastatrices et pourrait mener à un conflit de
longue durée. Cela doit être évité. La situation humanitaire au Liban,
notamment les déplacements forcés massifs en cours, est déjà extrêmement
préoccupante.
Nous réitérons notre appel en faveur de la mise en œuvre intégrale de la
résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies par l’ensemble des
parties et soutenons les efforts déployés par le gouvernement du Liban pour
désarmer le Hezbollah, interdire ses activités militaires et mettre un terme à
ses opérations armées. Nous sommes solidaires du gouvernement et du peuple du
Liban, qui sont malgré eux entraînés dans ce conflit.
> [«France libre», le nom du prochain porte-avions] J’ai souhaité inscrire notre futur porte-avions
dans la filiation du général de Gaulle, sa vie, son destin. Les choix faits dès
le mois de juin 1940, après la débâcle, disent une certaine idée de la France.
Dans ce nom passe la mémoire des femmes
et des hommes qui se sont dressés face à la barbarie, unis pour sauver la
patrie, déterminés à défendre une certaine idée
de notre nation, nos compagnons de la Libération.
Ce nom scelle donc pour l’avenir un
serment : pour rester libres, il nous faut être craints ; pour être
craints, il nous faut être puissants et pour être puissants, être prêts aux
efforts. (…)
Notre prochain porte-avions sera de
310 mètres de long. Il déplacera 80 000 tonnes. Il disposera de
deux réacteurs nucléaires. Il représentera un tonnage 1,8 fois supérieur à
celui du Charles-de-Gaulle. Ces chiffres disent la dimension de l’ambition qui
est la nôtre. (…)
Un porte-avions nucléaire participe de
manière indispensable à notre capacité de dissuasion. (…)
Rares sont les pays capables de projeter
à des milliers de kilomètres de leurs côtes une telle combinaison de puissance
aérienne, navale et de commandement. (…)
La construction du bâtiment va mobiliser
d’ici 2038 (…) les meilleures intelligences du pays, les savoir-faire les plus
rares, les vocations les plus exigeantes. Cet exploit humain suppose l’effort
de la nation.
> Je me suis entretenu avec le Président Tokayev au surlendemain de l'adoption par le Kazakhstan d'une nouvelle Constitution par référendum. Nous avons échangé sur l'actualité internationale et avons également réitéré notre détermination à approfondir encore davantage notre partenariat stratégique, en continuant à développer notre dialogue politique et notre coopération économique et industrielle.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Je m’associe à l’hommage rendu ce mardi à l’adjudant-chef Arnaud Frion,
mort pour la France en Irak le 12 mars 2026. Je partage la peine de sa famille,
de ses amis et de ses frères d’arme.
> L’adjudant-chef Arnaud Frion, du 7ᵉ bataillon de chasseurs alpins, est mort pour la France dans l’accomplissement de sa mission en Irak. Depuis plus de vingt ans, il avait choisi de servir son pays, partout où la France déploie ses soldats pour défendre la paix, lutter contre le terrorisme et protéger nos compatriotes. Engagé en Irak dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, aux côtés de ses frères d’armes blessés, il est tombé sous les coups d’une attaque lâche et inqualifiable. L’adjudant-chef Arnaud Frion était un sous-officier respecté, un chef courageux et un camarade fidèle. Il incarnait l’honneur, le sens du devoir et l’esprit de sacrifice qui font la force de nos armées. Décoré de la Médaille militaire et cité à plusieurs reprises pour acte de bravoure, il avait toujours placé la mission et ses frères d’armes avant lui-même. Aujourd’hui, la Nation s’incline devant la mémoire d’un soldat qui a donné sa vie pour elle. Mes pensées vont à son épouse, à son fils, à ses proches et à ses frères d’armes. La France n’oubliera pas.
Roland Lescure (ministre de l’Economie,
des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Welcome to Paris, Minister Heinen! Les Pays-Bas et la France cultivent des
liens solides et nous sommes déterminés à relever ensemble nos défis
internationaux et européens.
Nous partageons tous deux un attachement profond au projet européen d’Union
pour l’épargne et l’investissement (SIU) qui permettra de financer la
croissance et soutenir l’innovation européenne.
> J'ai accueilli à Bercy le
Vice-Premier ministre de la République populaire de Chine, M. He Lifeng. J'ai
rappelé l’attachement de la France à une relation économique franco-chinoise
ouverte, équilibrée et fondée sur la réciprocité.
C'est sur cette base que nous avons pu échanger sur les principaux défis
économiques internationaux, le nécessaire rééquilibrage des relations
commerciales dans un cadre de concurrence équitable et les priorités de la
France pour la présidence du G7.
Nous poursuivrons nos discussions à l’occasion du Dialogue Économique et
Financier à Pékin.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> Ma participation aujourd'hui au Conseil des ministres de l'Allemagne
témoigne des liens indéfectibles qui unissent nos deux pays et nos deux
peuples, et de la détermination du président de la République et du Chancelier
à construire une Europe forte, souveraine et prospère.
> L’escalade militaire incontrôlée et
dangereuse au Proche et au Moyen-Orient ne nous détourne pas de l’Ukraine, où
se jouent depuis quatre ans la sécurité et la paix sur le continent européen.
Dans un contexte marqué par l’isolement croissant de la Russie sur le plan
international — après la chute de Bachar Al-Assad, celle de Nicolas Maduro et
celle de l’Ayatollah Khamenei — nous poursuivons avec beaucoup de détermination
et de résolution notre action le long de deux axes d’efforts : notre
soutien à l’Ukraine et notre pression sur Vladimir Poutine.
Ce soutien à l’Ukraine a été exprimé par le Président de la République vendredi
dernier à Paris, où il recevait le Président Zelensky. Il lui a affirmé que
nous poursuivons nos efforts pour que, sur le plan militaire comme sur le plan
financier, l’Ukraine puisse bénéficier de tout ce dont elle a besoin pour
poursuivre sa résistance contre l’agression russe. C’est dans ce cadre que nous
souhaitons vivement qu’un accord puisse être trouvé sur le prêt de 90 milliards
d’euros, qui mettra l’Ukraine à l’abri de toute difficulté financière pour les
deux ans à venir.
Concernant la pression sur Vladimir Poutine, le week-end dernier, sans
encombre, les 2 600 sanctions prises depuis le début de la guerre d’agression
russe en Ukraine ont été renouvelées.
Aujourd’hui, à Bruxelles, s’ajoutent à ces mesures neuf nouvelles désignations
de criminels de guerre responsables du massacre de Boutcha, dont nous allons
marquer dans quelques jours le quatrième anniversaire. S’ajoutent également
quatre sanctions à l’encontre des propagandistes du Kremlin, y compris un
franco-russe, Adrien Boquet, véritable agent de recrutement de combattants
étrangers en Ukraine, responsable d’apologie de crimes de guerre et de
campagnes de désinformation en Europe et en Afrique.
En Afrique, Vladimir Poutine continue de tenter en vain de fragiliser la
relation entre la France et l’Union européenne d’un côté, et les pays africains
de l’autre. Mais quelle est la contribution réelle de la Russie au
développement du continent ? C’est zéro.
Je me suis rendu jeudi et vendredi en République centrafricaine : sur le
terrain, je ne vois rien. Et dans les chiffres, je ne vois rien non plus. Les
investissements de l’Union européenne en Afrique sont 200 fois supérieurs à
ceux de la Russie. Les échanges commerciaux de l’Union européenne avec le
continent africain sont 20 fois supérieurs à ceux de la Russie. L’Union
européenne accueille 10 fois plus d’étudiants dans ses universités que ne le
fait la Russie.
C’est cela, la réalité des faits. Il faut donc que Vladimir Poutine se rende à
l’évidence : cette guerre d’agression, dans laquelle il a précipité son
pays au risque de l’épuiser et de le discréditer, doit cesser. C’est un échec
stratégique, politique et économique qui doit désormais prendre fin.
> [Discours à l’Institut Pasteur de
Bangui] C’est un honneur pour moi d’être présent
aujourd’hui à l’Institut
Pasteur de Bangui, dont je salue les équipes et l’engagement sans faille. Je
viens de visiter l’Institut, et j’ai eu la chance de rencontrer une équipe de
chercheurs et de médecins reconnus pour leur expertise et leur dévouement. Cela
a renforcé ma vision du rôle de l’Institut Pasteur de Bangui : est un
maillon essentiel de l’écosystème sanitaire centrafricain, qui constitue un des
piliers majeurs du système régional de vigilance et de recherche médicales en
Afrique centrale.
L’inauguration du nouveau laboratoire de référence de l’OMS sur la poliomyélite
au sein de l’Institut Pasteur de Bangui, est le fruit d’un projet de
renforcement capacitaire porté par la France. Pour matérialiser cet engagement
indéfectible de la France envers la santé mondiale et sa solidarité durable
avec la Centrafrique, j’ai l’honneur de vous annoncer l’octroi d’une subvention
de 7 millions d’euros de l’Agence française de développement au bénéfice de
l’Institut Pasteur de Bangui.
Dans un monde où la coopération internationale est chaque jour plus fragilisée,
et où les crises sanitaires se multiplient, la France réaffirme que l’accès aux
soins doit demeurer une priorité, un droit humain fondamental et un pilier de
stabilité. C’est pourquoi, la France demeure un des acteurs clé du Fonds
mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui entre dans
un cycle de financements décisifs, pour la période 2027-2029.
Permettez-moi d’évoquer un combat que nous sommes sur le point de gagner:
l’éradication de la polio.
La France soutient sans relâche l’initiative mondiale pour l’éradication de la
polio. En 2025 et 2026, nos efforts se concentrent sur l’objectif « zéro
dose », pour qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte, même dans les
zones les plus reculées ou en proie à l’insécurité. En République
centrafricaine, grâce au soutien de la France et de ses partenaires, comme
l’OMS et l’Unicef, des campagnes nationales de vaccination protègent chaque
année des millions d’enfants de moins de cinq ans. Ce vaccin est gratuit, il
est sûr, il est indispensable. Chaque dose administrée est un pas de plus vers
un monde où plus aucun enfant ne sera handicapé ou paralysé par ce virus. C’est
une question de justice et de dignité humaine.
La France, vous le savez, porte également le dispositif appelé
« L’initiative », géré par Expertise France, qui permet d’accompagner
techniquement les pays partenaires dans l’optimisation de leurs systèmes de
santé. Notre objectif est clair : renforcer les systèmes de santé
primaires partout dans le monde, pour qu’ils soient capables de prévenir,
détecter et répondre aux futures menaces d’épidémies.
La santé maternelle et infantile, la lutte contre les pandémies, constituent un
autre axe d’effort de l’action de la France en République centrafricaine. Alors
que la mortalité maternelle a été déclarée « urgence nationale » en
2025, la France soutient activement les infrastructures de soin, via l’Institut
Pasteur de Bangui, et l’appui aux hôpitaux pédiatriques. En octobre 2025, la
France a accordé une aide budgétaire de plus de 16 milliards de francs CFA pour
soutenir les services publics essentiels, incluant la santé. Sur le volet de la
lutte contre les pandémies, nous continuons de déployer des experts pour
renforcer la chaîne d’approvisionnement en médicaments et la formation des
personnels soignants centrafricains.
Dans ce contexte de fort engagement d’Expertise France en République
centrafricaine, à travers des projets structurants, financés par l’Union
européenne et la France, je me réjouis de la signature de l’accord du siège
d’Expertise France et de l’ouverture de leurs bureaux à Bangui. Ce nouveau
statut lui permettra de mettre en œuvre un portefeuille d’actions, aujourd’hui
estimé à 36 millions d’euros, tout en assurant la pérennité de sa présence ici.
Ce financement s’inscrit dans la continuité d’une coopération constante et
concrète entre nos deux pays : la France, via l’Agence française de
développement, consacre ainsi actuellement 109 millions d’euros au financement
de projets en Centrafrique.
C’est donc une avancée décisive pour approfondir le partenariat entre nos deux
pays et appuyer le développement équitable et la paix en République
centrafricaine, dans la droite ligne de la feuille de route agréée par les
présidents Macron et Touadéra.
Les actions que je vous présente aujourd’hui sont possibles grâce à la
mobilisation constante de tous les acteurs : l’Institut Pasteur de Bangui,
Monsieur le Directeur ; l’Agence française de développement et Expertise
France, Monsieur le Directeur ; ainsi que tous les personnels de santé et
de gestion qui travaillent quotidiennement dans ces lieux. Elles contribuent
directement à l’amélioration de la sécurité sanitaire, selon l’approche
« Une seule santé » prônée par la France, et qui reconnaît les liens
étroits entre santé humaine, santé animale et santé environnementale. Le
financement est apporté par l’AFD, la mise en œuvre par Expertise France, et
son opérationnalisation bénéficiera à l’ensemble de la sous-région.
Grâce à cette synergie, nous répondrons à un objectif fondamental :
renforcer durablement les capacités de la République centrafricaine à détecter
et répondre au risque épidémiologique, afin de consolider sa souveraineté
sanitaire.
L’action de la France n’est pas seulement une question de chiffres ou de
financement : c’est une question de solidarité humaine, ancré dans la
profonde conviction de l’importance de la coopération internationale en matière
de santé. Aux côtés des autorités Centrafricaines, de l’Union européenne et de
l’ensemble de la communauté internationale, nous continuerons donc d’investir
dans l’humain.
Ensemble, nous bâtissons un avenir où chaque citoyen, à Bangui comme ailleurs,
peut espérer une vie en bonne santé.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la
Lutte contre les discriminations)
> Chaque heure qui passe la liste s'allonge. La fusion «technique», c’est la
trahison de la République. L'heure de vérité, c'est maintenant. La rupture avec
LFI «passionnément antisémite», c'est maintenant. Que tous ceux qui fusionnent
soient exclus, mis au ban et immédiatement.
Catherine Chabaud (ministre délégué
auprès de la ministre de la Transition écologique, de
la Biodiversité et des Négociations internationales sur le
climat et la nature chargée de la Mer et de la Pêche)
> Agir pour protéger l'océan : une priorité collective
Ce lundi, j'ai présidé le Comité France Océan, une instance unique, créée en
2018, qui réunit plus de 50 ONG de protection de l'environnement marin, le
monde scientifique, l'Office Français de la Biodiversité et les grands
établissements publics autour d'un même objectif : construire un dialogue entre
l'État et la société civile au service de l'océan.
C'est dans cet esprit que j'ai partagé les grandes priorités de mon action et
mes attentes pour les mois à venir, notamment en vue de la préparation du
prochain comité interministériel de la mer :
- Poursuivre les travaux engagés en 2025 sur la
restauration de la nature et la lutte contre les déchets plastiques en mer
- Renforcer la sensibilisation des décideurs aux enjeux
environnementaux maritimes
- Avancer sur les chantiers de l'économie bleue
régénérative et de la philanthropie bleue
Mais ce comité, c'est aussi et surtout un espace d'écoute. J'ai entendu les
préoccupations et les attentes des ONG, et j'y réponds concrètement :
- Nous allons travailler, ensemble, à construire un
plan de résorption des zones d'accumulation de déchets plastiques
- Nous devons aussi renouer l'ensemble des acteurs du
maritime, indispensable pour réconcilier les usages de la mer
- Je m'engage à informer régulièrement les ONG
concernant les grands dossiers de négociation européenne et internationale
La mer n'attend pas. Travaillons ensemble.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué
auprès de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des
Personnes handicapées chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Le 17 mars marque la Journée nationale des aides à domicile. L’occasion de
saluer l’engagement et le professionnalisme des 570 000 aides à domiciles qui
accompagnent chaque jour des personnes âgées, des personnes en situation de
handicap ou en perte d’autonomie.
Par leur présence, leur savoir-faire et leur écoute, les aides à domicile
contribuent à l’autonomie de nos concitoyennes et concitoyens les plus fragiles
en leur permettant de vivre à domicile et au maintien du lien social.
Dès la semaine prochaine, je suivrai plusieurs aides à domicile dans leur
journée pour appréhender au plus près la réalité de leur quotidien, pour les
écouter et pour échanger sur les enjeux de leur profession.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> 2 jours à Chypre, 1 journée à Bruxelles, 1 journée à Strasbourg, 2
conseils des ministres du Travail de l’UE, 17 bilatérales avec mes homologues,
autant avec des eurodéputés…
L’agenda européen fut dense ces dernières semaines, et passionnant !
Derrière chaque rencontre, derrière chaque événement, nous construisons
l’Europe du travail et l’Europe sociale en abordant les grands enjeux liés à la
mobilité des travailleurs au sein de l’UE, la formation et les compétences, le
défi démographique, l’IA ou encore la lutte contre la pauvreté.
Je porte également la voix de la France sur la révision du règlement européen
dit « 883 » qui permettrait de revoir les règles de l’assurance chômage pour
les travailleurs frontaliers, sans remise en cause des droits bien sûr,
l’objectif étant de donner aux pays qui reçoivent les cotisations la compétence
de verser les allocations, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Ces dernières semaines ont raffermi mes convictions européennes.
Nous partageons au sein de l’UE un modèle social à défendre et la France doit
jouer un rôle moteur. Cela exige du travail, du dialogue et du temps. Mais
c’est aussi la condition d’une UE protectrice, compétitive et souveraine. Une
France forte dans une Europe puissante, voilà l’ambition que nous devons avoir
collectivement.
Je compte bien y prendre toute ma part en tant que ministre du Travail et des
Solidarités car, au niveau européen, comme en entreprise ou à l’échelle de la
France, l’économique et le social fonctionnent et réussissent ensemble.
Gérald Darmanin (garde des sceaux,
ministre de la Justice)
> Il n’y a pas de Justice sans délai raisonnable de jugement. J’ai présenté
ce matin en Conseil des ministres une réforme profonde de notre Justice
criminelle pour sortir de l'engorgement, diviser par deux les délais de
jugement et replacer la victime au centre du procès. Aujourd’hui, dans notre
pays, il faut attendre en moyenne 6 ans pour avoir un jugement pour viol en
première instance et 8 ans pour avoir un jugement dans une affaire d'homicide,
d'assassinat ou de narcotrafic. Ce constat n’est pas acceptable et nous avons
le devoir envers les victimes de rendre la justice criminelle plus rapide et
plus efficace.
C’est le sens du projet de loi que je porte et qui s’articule autour de
plusieurs mesures fortes : Accélérer le temps judiciaire : un «plaider-coupable»
criminel. Pour les crimes reconnus et non complexes, nous créons un nouveau
mode de poursuite à l'issue de l'information judiciaire. Il permettra de juger
ces dossiers dans des délais courts, devant une cour d’assises en formation
restreinte. Une réponse pénale ferme, sans renoncer aux droits des victimes ni
à l’exigence de vérité. Des Cours Criminelles Départementales (CCD) simplifiées
et plus proches. Nous modernisons l'organisation pour multiplier les audiences
: les CCD pourront désormais siéger dans des tribunaux judiciaires qui ne sont
pas des sièges de cours d'assises. Elles pourront également juger les crimes
commis en récidive et statuer en appel. Renforcer la place du citoyen : les
citoyens assesseurs. C'est une avancée majeure de notre projet de loi organique
: l'arrivée de citoyens aux côtés des magistrats professionnels en Cours
Criminelles Départementales (CCD). Ils seront formés par l’Ecole nationale de
la magistrature (ENM) et soumis aux mêmes devoirs d'impartialité que les juges
de carrière. La science au service de la vérité Nous légalisons la généalogie
génétique dans les enquêtes. Un outil révolutionnaire pour identifier les
auteurs de crimes anciens (cold cases) et mettre hors d’état de nuire les
criminels en série. Le respect absolu des victimes.
La victime doit être mieux accompagnée avec des actes forts :
- Réforme de l'autopsie judiciaire pour une meilleure information des familles.
- Accélération du versement des dommages et intérêts via les règles de
procédure civile.
- Sécurisation de la détention provisoire pour éviter toute remise en liberté
accidentelle de criminels dangereux.
Cette réforme globale poursuit donc un objectif clair : restaurer la confiance
des Français en rendant la Justice plus rapide et plus humaine.
Philippe Tabarot (ministre des Transports)
> Être à l’écoute des entreprises du transport, pour mieux répondre aux
difficultés qu’elles rencontrent face à la hausse des prix du carburant.
Aujourd’hui, avec ma collègue Maud Bregeon, nous avons réuni les acteurs du
transport routier et ferroviaire, les taxis et les VTC, pour échanger avec les
chargeurs et les distributeurs de carburants sur les conséquences de la hausse
des prix de l'essence et du gazole liée au conflit au Moyen-Orient. Pour les
entreprises du transport routier, aux marges souvent faibles, chaque
augmentation du coût du carburant peut fragiliser leur trésorerie. Notre
priorité : définir les meilleurs outils pour accompagner les 45 000 TPE, PME et
ETI qui assurent 90 % du transport de marchandises dans notre pays, qui offrent
une solution de mobilité dans de nombreux territoires et qui sont, très
souvent, un véritable poumon de l’activité économique dans nos régions.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement
et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du
ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique)
> Les extrêmes, où qu'ils soient, demeurent dangereux pour la République.
Alice Rufo (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur de la ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> L’intervention militaire, l'emploi de la force, elle se décide toujours
souverainement, singulièrement pour un pays comme la France qui a une tradition
d'indépendance forte. Participer aujourd'hui de vive force à une intervention
avec des moyens armées dans le détroit d’Ormuz est hors de question car ce
serait participer à l’offensive. Or nous n’avons pas choisi la guerre menée par
Israël et les États-Unis donc il n'y a pas de raison d'y participer.
> Je ne peux pas laisser dire que la
France ne fait rien au Liban.
- On a plusieurs centaines de soldats au sud Liban dans la FINUL, l'opération
de maintien de la paix des Nations Unies qui a été déployée au sud Liban et ce
n'est pas une mission facile;
- Le porte-avions Charles de Gaulle est en Méditerranée-orientale en soutien au
Liban ;
- Une opération humanitaire très forte;
- Une action diplomatique qui consiste à travailler à une médiation pour
permettre un cessez-le-feu.
L’action du Hezbollah a été suicidaire pour le Liban. Avec les autorités
libanaises courageuses, nous allons continuer de travailler à réarmer les
forces armées libanaises.
> Le major Arnaud Frion, à qui je veux rendre hommage aujourd'hui, a été engagé dans une opération de lutte contre le terrorisme en Irak, en appui à la souveraineté et à l'intégrité de l'Irak. Je rappelle que quand on a des forces engagées en Irak dans la lutte contre Daesh, contre le terrorisme aux côtés des Kurdes, c'est pour notre sécurité. Les moyens militaires français sont extrêmement puissants, de défense anti-aérienne et de protection de forces. C’est puissant quand la France se déploie, c’est dissuasif quand la France se déploie.
> Ce matin, au Monument aux morts pour la France en opérations extérieures, j'ai présidé avec le gouverneur militaire de Paris un hommage au Major Arnaud Frion du 7ᵉ bataillon de chasseurs alpins de Varces, tombé en Irak le 12 mars dernier. En cette journée d'hommage national, nous saluons son courage, son engagement et son sacrifice. La France s’incline avec respect et gratitude devant la mémoire de ce soldat exemplaire, fidèle à l’esprit de son unité et aux valeurs de nos armées. Nos pensées accompagnent sa famille, ses proches et ses frères d’armes.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Aujourd’hui, je pense à ces millions d’électeurs d’une gauche républicaine
qui découvrent avec effarement la nouvelle ligne du Parti socialiste : prêter
allégeance à l’extrême gauche et exclure les grandes figures
sociales-démocrates et pro-européennes lorsqu’elles s’allient avec le centre.
Tous les repères se brouillent, toutes les digues cèdent. Il faudra tout
reconstruire.
> À Nice, la direction de LR refuse d’appeler à voter pour le candidat Horizons qui fait face à l’extrême droite. Des repères fondamentaux disparaissent. Tout comme des millions de Français de gauche rejettent l’alliance entre le PS et LFI, des millions d’électeurs et des élus locaux d’une droite républicaine sincères continuent de rejeter l’extrême droite. Par intérêt personnel, pour régler des comptes ou conserver des postes, les directions du PS et de LR abandonnent les valeurs fondamentales, valident des alliances contre nature et servent de marchepied à l’extrême droite comme à l’extrême gauche. Au prix d’un spectacle affligeant laissant les Français abandonnés et désespérés par ce jeu politique. Il faudra un moment de clarification et de rassemblement de tous les Français. Je salue les candidats qui refusent de se laisser aller à ces manœuvres, fidèles à leurs principes.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Le parc mondial de véhicules électriques a permis
d’éviter 1,7 million de barils de pétrole par jour en 2025, selon une étude du
think-tank Ember. Derrière cela, c’est surtout moins de dépendance au pétrole
et donc aux pays exportateurs, moins de vulnérabilité aux crises et plus de
souveraineté. Et la Chine l’a bien compris : avec déjà 50 % de ventes de
voitures électriques, elle a économisé plus de 28 milliards de dollars
d’importations pétrolières. À 2 euros le litre, un plein coûte en moyenne 142
euros par mois. (Avant les tensions au Moyen-Orient : 104 euros.) En
électrique, c’est environ 65 euros pour la même distance. Soit 77 euros
économisés à chaque plein. Si vous faites deux pleins par mois, c’est une
économie annuelle de l’ordre de 1850 euros. 1850 euros ! Auxquels on ajoute un
coût d’assurance et d’entretien plus faible… CQFD. Aujourd’hui, une petite
voiture électrique d’occasion coûte moins cher dans la durée par rapport à une
petite voiture thermique d’occasion. L’électrification des flottes n’est pas
seulement une question écologique. C’est une question de pouvoir d’achat et une
question d’indépendance énergétique. Il faut accélérer.
> « La France Insoumise a réalisé une
percée inattendue et le Rassemblement National a enfin réussi son ancrage
local. » C’est ce que les médias martèlent depuis dimanche. Spoiler : c’est
faux.
Regardons les chiffres.
Dans les 10 plus grandes villes de France, LFI plafonne à 14 %. C’est 5 points
de moins qu’aux européennes de 2024.
Le RN suit la même trajectoire : 13 % en moyenne, soit 4 points de moins.
Selon une analyse du Monde portant sur 3 290 communes, soit 48 millions
d’habitants, LFI n’arrive en tête que… 5 fois. 0,15 % des villes. L’extrême
droite, elle, arrive en tête dans 75 communes. Un peu plus de 2 %.
À l’inverse, les équilibres politiques restent largement structurés : le Centre
arrive en tête dans 583 villes, la gauche dans 816, et la droite dans 1 263.
Sur ma circonscription 41 maires ont été élus dimanche dernier sur 42 communes.
Aucun n’est d’extrême droite ou d’extrême gauche.
Dans mon département du Pas-de-Calais, pourtant connu pour avoir un fort vote
RN, aucune des grandes villes n’est conquise par le RN. Et les listes soutenues
par le bloc central y réalisent d’excellents scores.
Alors je ne suis pas naïve. Les élections européennes ne sont pas des élections
municipales. Et il y a souvent une prime au sortant quelle que soit l’étiquette
politique. Mais nous sommes loin d’une « dynamique de progression » et d’un
grand chamboule-tout.
Le récit médiatique se construit souvent sur des percées localisées et des
situations spécifiques qui alimentent les chaînes d’information en continue…
qui sont bien loin de refléter la réalité d’ensemble.
Arrêtons de faire le jeu des extrêmes en reprenant leur narratif politique !
> Il y a quelques dirigeants du Parti socialiste comme François Hollande, Jérôme Guedj, Benoît Payan ou Emmanuel Grégoire qui ont très clairement refusé toutes alliances avec La France insoumise. Et je veux rappeler qu'en tant que parti, Place publique a été très clair et a retiré tous ses candidats des listes faisant l’objet d’un accord avec La France insoumise.
> Sarah Knafo a retiré sa liste parce qu’elle savait pertinemment qu’elle ferait un score extrêmement faible au second tour. C’est une bulle entretenue par les réseaux sociaux et certains médias. Elle était annoncée devant Pierre-Yves Bournazel et Sophia Chikirou, elle se retrouve derrière eux et a failli ne pas de qualifier pour le second tour. Sarah Knafo, candidate d’extrême droite, appelle sans surprise à l’alternance contre la gauche. Cela ne change rien au positionnement de la liste portée par Rachida Dati qui est une liste réunissant la droite modérée et le centre.
> Tous ceux qui, aujourd’hui, n’ont aucune ambiguïté vis-à-vis de l’extrême droite et de l’extrême gauche, de Xavier Bertrand à Raphaël Glucksmann, doivent se parler. Parce que c’est sur cet arc-là que doit se jouer la suite de la recomposition politique face aux extrêmes après les municipales.
> Le Parti socialiste est en voie d’effacement. Il est tombé dans le piège tendu par La France insoumise. Olivier Faure affirme qu’il ne peut pas y avoir d’accord avec La France insoumise avant le premier tour. En 48 heures, il laisse pourtant passer 14 accords entre le Parti socialiste et La France insoumise, face à des listes modérées qui n’ont rien à voir avec l’extrême droite. L’excuse de la lutte contre l’extrême droite ne tient pas. À Marseille, en revanche, seul endroit où un barrage à l’extrême droite pourrait se poser, Benoît Payan a eu le courage et la dignité de ne pas faire d’accord avec La France insoumise.
> Prenons un pas de recul sur les résultats des élections municipales. Plus de 90 % des communes ont, depuis dimanche, un maire. Et ces maires sont, pour plus de 99%, des maires modérés. Ces dernières 48 heures, on a entendu des commentateurs nous expliquer que La France insoumise et le Rassemblement national auraient fait des percées : c’est faux. À force de se concentrer sur des situations spécifiques, on en oublie l’image globale. Ne reprenons pas le narratif des extrêmes.
> Dimanche, certaines listes de gauche termineront leur campagne en assumant leurs convictions, sans les diluer, sans les renier. Elles auront tenu leur parole et respecté leurs électeurs. D’autres listes de gauche se présenteront après avoir fusionné avec La France insoumise. Bien sûr, leurs membres auront juré, pendant des mois, que cela n’arriverait pas. Bien sûr, ils se seront indignés des outrances, des insultes, des ambiguïtés antisémites de LFI. Bien sûr, ils auront établi qu’on ne peut pas gouverner sérieusement avec un parti qui préfère le clientélisme à la République et la violence au débat. Mais dimanche, ces lignes rouges auront été oubliées à la faveur d’accords d’appareil « techniques ». Tant pis pour les promesses faites aux électeurs… Et ce retournement de veste se paiera cash dans les urnes. Peut-être pas tout de suite, mais dans la durée… Pour notre part, la ligne est claire et elle ne bougera pas. De la même manière que nous ne ferons pas d’alliance avec le Rassemblement national ou avec Reconquête, nous ne construirons pas d’accord avec les extrêmes. Pas avec ceux qui fracturent la société, pas avec ceux qui prospèrent sur la radicalité.
Marc Ferracci (député)
> Pour mesurer le niveau de compromission du PS avec LFI, voici les accords
annoncés à ce stade dans la perspective du deuxième tour des municipales (liste
non exhaustive)…
- Toulouse: pas de risque RN, fusion
- Brest: pas de risque RN, fusion
- Clermont-Ferrand: pas de risque RN, fusion
- Limoges: pas de risque RN, fusion
Et l’on voit bien que la justification d’un soi-disant « front
antifasciste » ne tient pas une seule seconde… -
Marseille: risque RN, pas d’accord
- Nice: risque UDR-RN, pas d’accord
Le PS et Olivier Faure assument de pactiser avec un parti qui a fait de
l’antisémitisme et du communautarisme son carburant politique. Chacun jugera.
> Un point actualisé sur les villes les
plus importantes dans lesquels le PS et LFI ont conclu des accords pour
fusionner:
- Toulouse : fusion entre François Piquemal (LFI) et François Briançon
(PS) Limoges, fusion entre Damien Maudet (LFI) et Thierry Miguel (PS)
- Nantes : fusion entre la maire Johanna Rolland (PS) et William Aucant (LFI)
- Brest : fusion entre le maire François Cuillandre (PS) et Cécile Beaudouin
(LFI)
- Clermont-Ferrand : fusion entre Olivier Bianchi (PS) et Marianne Maximi (LFI)
- Avignon : fusion entre David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI)
- Lyon : fusion entre le maire Les Ecologistes (soutenu par le PS),
Grégory Doucet, et Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI)
- Besançon : fusion entre Anne Vignot (Les Ecologistes, soutenu par le PS) et
Séverine Véziès (LFI)
- Grenoble : fusion entre Laurence Ruffin (union de la gauche, soutenue
par Les Ecologistes et le PS) et Allan Brunon (LFI).
> « Les socialistes sont des gros combinards. Ils ne vont pas nous coûter trop cher à acheter pour le second tour. Quand ils disent «pas d’accord national», ça veut dire faites votre tambouille localement ! » Il faut reconnaître à Mélenchon d’être lucide. À Toulouse, Clermont-Ferrand, Limoges et ailleurs, les accords de la honte entre PS et LFI étaient écrits d’avance.
Olivia Grégoire (députée)
> Vous allez vous moquer du monde longtemps comme ça, Marine Tondelier? Oui
voter LFI c’est voter Mélenchon. Ca vous dérange pas tant que ça, dans le fond.
Assumez. Arrêter de nous prendre pour des pigeons.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Il y a une triste réalité qui continue de décrédibiliser la vie politique
et de servir les extrêmes : le cynisme et le mensonge. La parole d’Olivier
Faure ne vaut donc rien. Rien. Rien de rien. Et c’est valable pour ses
adversaires, comme pour ses « alliés ». Il n’y a pas d’accords « techniques »,
il n’y a que des accords politiques puisqu’il s’agit de faire élire des
candidats en commun et de demander les voix des électeurs. Il n’y a que des
accords de la honte qui préparent et légitiment le pire avec les extrêmes. Il
n’y a pas de front antifasciste ou antirépublicain qui puisse crédiblement
tenir dans des villes où les concurrents sont des républicains sincères de
droite ou du centre. Quand on accepte de fusionner avec des candidats qui n’ont
jamais cessé de soutenir Mélenchon, ses menaces, sa violence érigée en mode de
débat et ses sous-entendus nauséabonds. Et quand, à Nice, on n’est même pas
capable de se retirer face à l’extrême droite. Il n’y a que de petites
combinaisons d’appareil pour sauver des postes à tout prix, c’est-à-dire à
n’importe quel prix. Pathétique. Et terriblement dangereux. Terriblement
dangereux pour le précipice que cela ouvre devant la gauche et pour la
démocratie tout entière.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> Voici le 28ème régime alias ‘EU Inc.’
Un régime unique pour créer/développer son business dans toute l’Europe :
- en une seule démarche 100% en ligne,
- 48 heures maximum,
- moins de 100 euros,
- sans nécessité de capital de départ, ni de compte en banque !
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Quand une crise surgit, il est tentant de négliger l’important pour
s’attaquer à l’urgent. L’Iran sera au cœur des discussions du Conseil européen,
et à juste titre : c’est un sujet urgent. Mais cela ne doit pas nous faire
oublier les efforts nécessaires pour réformer notre économie. Ces efforts sont
importants pour notre avenir. En réalité, l’urgent et l’important sont liés :
la crise géopolitique que nous traversons révèle nos faiblesses économiques.
> La Commission européenne a présenté ce midi le 28e régime. Et c’est un jour clé pour la construction européenne. L’objectif ? Mettre fin à cette aberration qui fait qu’il soit plus facile à une entreprise européenne de faire du business aux États-Unis que dans un autre pays de l’UE. C’est une priorité pour la compétitivité de l’Europe, à l’initiative du groupe Renew Europe!
> La compétitivité est synonyme de
puissance européenne. C'est pourquoi elle est une priorité absolue pour Renew Europe.
Avec Stéphane Séjourné et nos membres, nous avons examiné en détail notre
document sur la compétitivité.
Nous prenons l'initiative de faire progresser ce combat législatif et de
mobiliser tout notre potentiel économique.
Bernard Guetta (député)
> [Opinion : En Iran, il ne faut pas plus de soldats mais plus
d’intelligence politique] Avant que les cours du pétrole n’atteignent de
nouveaux sommets et que les sondages ne lui prédisent la perte des
deux Chambres aux élections de novembre,
Donald Trump peut encore vouloir sauver les meubles.
Il peut décréter sa victoire et replier
ses troupes mais que se passerait-il ensuite au Proche-Orient ?
Côté iranien, les plus durs du régime en concluraient que l’intransigeance les
a pour longtemps mis à l’abri d’une nouvelle intervention étrangère. Ils
marginaliseraient les modérés, durciraient encore la répression et
multiplieraient les exécutions capitales afin d’éliminer plusieurs générations
d’opposants. Soutenu par la Chine et la Russie, l’Iran deviendrait une autre
Corée du Nord et la priorité de ses dirigeants serait de se doter de la bombe
pour décourager tout défi extérieur.
Non seulement les Iraniens s’enfonceraient dans la nuit mais, sur l’autre rive
du Golfe, l’Arabie saoudite ne resterait pas passive. Face à une puissance
chiite hostile et virtuellement nucléaire, elle se doterait aussi de la bombe.
La Turquie ne tarderait pas à en faire autant et, compte tenu de la force de
frappe israélienne, la région la plus explosive du monde compterait vite quatre
puissances dotées.
Les plus confiants diront qu’un tel niveau de dissuasion interdirait toute
nouvelle guerre au Proche-Orient. D’autres craindront que ce ne soit la fin de
la non-prolifération et la promesse d’une apocalypse en Terre Sainte mais en
tout état de cause, l’unité territoriale de l’Iran serait mise en question par
le durcissement du régime.
Kurdes en tête, les minorités ethniques et religieuses, près de la moitié de la
population, supporteront mal que le pouvoir central tente de leur serrer plus
encore la vis. Ces populations des régions frontalières se diront que les
difficultés des durs à tout à la fois combattre l’inflation, museler le pays et
garnir les étals leur offrent l’occasion d’obtenir leur autonomie, voire leur
indépendance.
L’Arabie saoudite, les Emirats et Israël soutiendraient ces mouvements
centrifuges. Par crainte pour leur propre unité, la Turquie, l’Iraq et la Syrie
les combattraient et tout laisse ainsi penser que même en criant victoire et
sonnant le repli, Donald Trump ne pourra plus endiguer le chaos régional qu’il
a précipité.
L’Amérique n’a plus le choix. Maintenant qu’elle a entamé cette guerre, il lui
faut tenter de créer les conditions d’une stabilisation de l’Iran et, partant,
de tout le Proche-Orient.
Cela n’impliquerait pas d’envoyer des troupes au sol mais de commencer à
raisonner en termes politiques. Cela ne demanderait pas de s’essouffler plus
encore mais de proposer à un régime dont les stocks d’armes ne sont pas
inépuisables un cessez-le-feu fondé sur la libération des opposants
emprisonnés, le retour des exilés qui le souhaiteraient, l’élection d’une
Assemblée constituante et une amnistie générale sur le modèle sud-africain.
Tant que la théocratie n’aurait pas accepté cette proposition, l’Amérique
poursuivrait la destruction des capacités militaires et répressives du pouvoir
tout en préservant les infrastructures civiles, pétrolières et gazières de
l’Iran.
L’Amérique mettrait ainsi la pression militaire au service d’un objectif clair
et nécessaire : donner aux Iraniens la possibilité de choisir leur destin en
soumettant ce pouvoir au verdict de la liberté.
Si l’Amérique faisait cela, elle favoriserait une convergence entre les
aspirations démocratiques de l’écrasante majorité de la population, le
pragmatisme des figures les plus modérées du régime, les différents courants de
la diaspora et le souhait des minorités de voir reconnaître leur identité
cultuelle et culturelle. La donne en serait changée et elle le serait pour tout
le Proche-Orient si l’Amérique exigeait parallèlement qu’Israël en revienne à
la solution à deux Etats.
Donald Trump et ses amis n’en sont évidemment pas là mais qui sait ? La
nécessité finit souvent par faire loi et, en attendant, rien n’interdirait à
l’Union européenne de poser les premiers jalons de cette sortie de crise.
Pascal Canfin (député)
> Saviez-vous que l’Europe crée plus de startups que les États-Unis ?
Nous n’avons pas de problème à créer des entreprises en Europe — nous avons du
mal à les développer. Même nos champions nationaux sont peu connus à
l’étranger. Et après avoir conquis leur propre marché, l’étape suivante est
trop souvent les États-Unis. L’Europe attire des talents, la « fuite des
cerveaux » s’inverse, mais nous ne pouvons pas leur offrir le bon cadre pour
innover.
Nous voulons changer cela — et c’est pourquoi la Commission a présenté
aujourd’hui EU–Inc.
Concrètement, UE-Inc est un statut d’entreprise européenne unique dans les 27
États membres. Les entrepreneurs peuvent créer leurs startups avec un
enregistrement de 48 heures, sans exigence de capital, et accéder au marché
unique européen et à ses 450 millions d’habitants.
Mais il y a plus que ça.
- Toutes les procédures sont numérisées. Les interminables rencontres en personne avec les notaires ont disparu.
- Les documents ne sont téléchargés sur le portail commun
qu’une seule fois et les
administrations des 27 États membres les récupéreront directement. Plus de lecture répétée des documents des
autorités.
- Il y aura un cadre commun pour offrir des options d’achat d’actions aux employés. Ces options d’achat d’actions ne seront imposées qu’au point de vente — pas avant, car dans
certains pays, les employés peuvent être imposés sur des liquidités qu’ils n’ont pas !
- Le portail vous permettra de mettre à jour vos informations, mais servira également de site de référence pour les
investisseurs, où toutes les informations sont librement accessibles.
- Les investisseurs bénéficieront également de documents
harmonisés et pourront fournir de la liquidité avant les tours de financement, grâce aux instruments SAFE.
- Les procédures d’insolvabilité seront accélérées et numérisées pour les petites
entreprises.
Des points clés restent à clarifier avec la Commission — sur l’inscription des
sociétés et le rôle des tribunaux nationaux spécialisés. En tant que
négociateur de Renew du dossier, je devrai être particulièrement prudent sur
ces sujets dans le cadre des travaux en cours sur la Savings & Investments
Union.
Faisons de EU- Inc un succès et libérons la création de champions européens de
la tech !
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Je regrette l’accord de fusion conclu hier à Paris. Je salue la dignité
personnelle de Pierre-Yves Bournazel. J’avais explicitement indiqué, lors de
mon engagement sur la liste de Pierre-Yves Bournazel en troisième position, que
je n’accompagnerais ni ne cautionnerais un tel choix. En cohérence avec mes
engagements, je n’ai pas rejoint cette liste de fusion. Je préfère rester
fidèle à mes convictions. Avec de nombreux candidats, de très nombreux
militants, et des dizaines de milliers d’électeurs parisiens ce 15 mars,
nous avons porté un projet clair, d’alternance sérieuse et positive sur le
fond, de bienveillance, de clarté et de probité dans la méthode. L’alternance
n’est pas un projet en soi, elle doit reposer sur des idées et des valeurs. Je
ne retrouve pas ces idées et ces valeurs auprès de Rachida Dati. J’ai la
conviction qu’une formation centriste et qu’un groupe central au Conseil de
Paris auraient mieux porté nos convictions et notre projet, dans la durée. J’exprime
mon respect et mon amitié pour Pierre-Yves Bournazel, dont je connais l’éthique
et la sincérité. Je suis fier de l’avoir accompagné, avec beaucoup d’autres,
jusqu’au premier tour, dans des circonstances particulièrement difficiles. Dans
le 11ème arrondissement, où je me suis engagé aux côtés de Delphine Goater,
nous maintenons notre liste au second tour des élections municipales. Le chemin
continue !

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