dimanche 2 octobre 2016

Présidentielle 2017. Le «ni, ni» de Juppé n’est pas celui de Macron

Alain Juppé et Emmanuel Macron
Ne se sentant pas menacé par Emmanuel Macron, même s’il lui prend deux ou trois points dans les sondages, comme peut l’être François Bayrou et n’ayant pas comme objectif d’en faire un allié comme Jean-Christophe Lagarde, Alain Juppé peut prendre un peu de distance vis-à-vis du leader d’En marche.
Dans une interview au JDD, il commence par répondre à une question sur une alliance de l’axe central (des gaullo-réformistes aux  sociaux-réformistes en passant par les libéraux sociaux et les sociaux-libéraux) après la présidentielle, alliance qui est souhaitée notamment par Lagarde, que la distance entre Macron et lui n’est pas si grande que ça.
Mais, pour ajouter immédiatement qu’il n’envisageait pas un instant d’en faire son premier ministre parce qu’il manquait de «compétence» et de «loyauté», une charge assez dure à son encontre et qui peut même signifier qu’il ne souhaite pas en faire un membre de son gouvernement.
De même, Alain Juppé ne se reconnait pas dans le «ni gauche, ni droite» d’Emmanuel Macron qui a pour objectif de réunir tous les progressistes face à tous les conservateurs.
Le maire de Bordeaux affirme bien que «ma France, ce n’est pas la Droite, ce n’est pas la Gauche, c’est tous les Français» mais c’est parce qu’il est «gaulliste».
Et, dans une posture gaullienne traditionnelle à laquelle se prête souvent François Bayrou également, il demande à ce que l’on s’élève «un peu au-dessus des clivages» pour redresser le pays.
Un «ni, ni» qui est plus proche d’une union nationale ad minima.
Pour autant, les visions de Macron et de Juppé peuvent être complémentaires car elles s’inscrivent dans une volonté de réunir une forte majorité de Français autour d’une modernisation de la France, de son économie et de ses pratiques politiques.
En s’étant défini plusieurs fois comme «central» (et non centriste), Alain Juppé partage avec Emmanuel Macron des points de vue très proches et qui le sont aussi par les leaders du Centre.
Rien ne dit, cependant, que cette proximité donnera une alliance avant ou après la présidentielle.

Alexandre Vatimbella



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