samedi 7 janvier 2017

Présidentielle 2017. Macron n'est pas le candidat des médias

A l’inverse de François Bayrou en 2007, dont la candidature avait été soutenue ou, tout au moins, traitée avec bienveillance par les médias, Emmanuel Macron n’a pas bénéficié, ne bénéficie pas et ne bénéficiera pas de l’appui des journalistes pour cette présidentielle.
Cette affirmation n’est qu’un simple constat sans appréciation particulière de leur comportement.
Rappelons que lors de la présidentielle de 2007, Bayrou, positionné au centre à défaut d’être toujours centriste, avait bénéficié d’une couverture plus que positive qu’il lui avait permis de devenir le troisième homme de l’élection à la grande surprise des analystes, sans doute pour introduire un candidat plus média-compatible que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy dont les personnalités étaient pour le moins peu appréciées par le milieu journalistique.
En 2017, si Emmanuel Macron, représentant de l’espace central et positionné ni gauche-ni droite ou comme progressiste face au conservatisme, est devenu le troisième homme de la présidentielle et qu’il a une chance d’être présent au second tour voire d’être élu, ce sera en grande partie sans l’aide des médias, voire contre eux.
Bien sûr, s’il a été connu du grand public après avoir été nommé ministre de l’Economie par François Hollande, c’est en grande partie grâce aux médias.
Cependant, sa notoriété, il ne la doit pas à des articles élogieux mais à une instrumentalisation dont il a été l’objet et sur ce qu’il disait et ce qu’il faisait.
Dans un premier temps, ainsi, ce sont les médias de droite qui se sont emparés de sa transgression politique quand il était au gouvernement pour le mettre dans les pattes de la Gauche.
Son discours libéral, ses oppositions avec la gauche archaïque, le remue-ménage que cela créait dans les allées gouvernementales et au PS étaient du pain béni pour ceux-ci.
Puis, sondages aidant qui montraient une grande popularité de Macron auprès des sympathisants de la Droite et du Centre, ce sont les médias de gauche qui l’ont mis en avant comme celui qui pouvait faire imploser LR et donner une chance à la Gauche en 2017, non pas en se présentant mais en étant un missile anti-droite qui favoriserait le candidat de la Gauche.
Mais rien ne s’est passé comme prévu pour les uns et les autres.
Quand les premiers comme les seconds se sont aperçus qu’au lieu de servir leurs intérêts respectifs, ils les mettaient en danger, ils ont tourné casaque et sont devenus des critiques particulièrement acerbes et systématiques du fondateur d’En marche.
Si ce comportement a vu le jour avant qu’Emmanuel Macron ne décide à se présenter à la présidentielle, il s’est largement intensifié depuis qu’il a annoncé à candidature.
Une simple lecture du Figaro ou du Monde suffit pour s’en rendre compte, ou celle du Point ou du Nouvel Obs où les piques et les sous-entendus sont légions.
Il faut ajouter, qu’à la différence de 2007, l’heure n’est plus à favoriser un candidat consensuel dans la presse mais plutôt ceux qui sont clairement clivés.
Emmanuel Macron n’est ainsi pas le candidat des médias et s’il réussit son entreprise ce sera malgré les médias dont beaucoup doivent se mordre les doigts d’avoir fait sa publicité et sa promotion pensant alors qu’ils jouaient en faveur de leur camp en gênant le camp adverse.
Aujourd’hui, avec un score proche des 20% ou bien au-dessus dans les sondages, les médias ne peuvent plus l’ignorer s’ils le souhaitaient pour le ramener à l’anonymat.
En revanche, ils peuvent s’en donner à cœur joie dans la critique afin d’essayer de crever cette «bulle» ou de détruire ce «phénomène» avant qu’il s’impose comme le favori de la présidentielle.
Au risque, bien sûr, pour ceux qui veulent l’enterrer de cette manière d’au contraire le promouvoir encore plus «à l’insu de leur plein gré»!
Tout ce que nous venons de dire n’enlève pas le fait qu’Emmanuel Macron a besoin que les médias parlent de lui pour exister.
Cependant l’on sait bien qu’à partir d’un certain niveau de médiatisation d’une personnalité, l’important n’est pas ce que l’on dit en bien ou en mal d’elle qui compte mais simplement que l’on parle d’elle et de ce qu’elle propose.
L’exemple de Donald Trump aux Etats-Unis est évidemment le plus spectaculaire mais il ne faut pas oublier celui de Bernie Sanders, toujours en Amérique, ou de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon en France, sans bien sûr faire de comparaison entre les personnes, juste dans celui d’un certain ostracisme des médias à leur encontre.
Certains vont dire que, non seulement, on voit Macron tout le temps dans les médias mais qu’en plus, il sait très bien les utiliser en prenant comme exemple ses apparitions avec sa femme dans la presse people, notamment dans Paris Match.
Il est évident qu’il sait effectivement se mettre en valeur dans les médias, mais, savoir les utiliser n’est pas du tout la même chose que de les avoir avec soi.
D’autant qu’il sait aussi très bien que dorénavant il est une sorte de vache à lait pour les médias qui vont faire le buzz, des ventes supplémentaires ou un bon taux d’audience, grâce à lui.
Sans doute que des révélations sulfureuses par les journalistes pourraient avoir des conséquences néfastes sur l’homme et sa candidature et sans nul doute que beaucoup d’entre eux les recherchent.
Mais, pour l’instant, le vainqueur de cette confrontation qui ne dit pas son nom, c’est bien lui.


Alexandre Vatimbella



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