mardi 20 décembre 2016

Présidentielle 2017. Macron s’installe dans la durée

L’éclatement rapide de la bulle Macron, espoir que caressent, entre autres, Manuel Valls à gauche, François Fillon à droite et François Bayrou au centre, semble s’éloigner au fur et à mesure que les sondages se succèdent, montrant sa popularité auprès des Français, et que ses meetings déplacent beaucoup de gens, voire des foules comme Porte de Versailles à Paris dernièrement.
D’autant que les leaders politiques de tous bords ont des difficultés à trouver un fil conducteur clair et net dans leurs offensives contre le leader d’En marche qui a peut-être trouvé un positionnement politique consistant et crédible dans l’espace central réunissant sympathisants modérés et progressistes de droite et de gauche ainsi que ceux venus du Centre.
Ainsi, au-delà de l’appréciation sur le sérieux et la faisabilité de ses propositions et de ses «réformes en profondeur» qu’il veut cohérentes et non pas des promesses en l’air qui ont produit «une fatigue démocratique», selon ses propres termes, quand les dirigeants de la gauche l’attaquent, cela n’empêche pas un pourcentage élevé de leurs sympathisants de continuer à l’apprécier et à vouloir voter pour lui.
Même chose quand les attaques viennent du Centre ou de la Droite.
C’est ce que montrent notamment les sondages sur l’opinion des Français à propos du personnel politique, comme le dernier en date, le «palmarès d’adhésion» d’Odoxa pour l’Express, France Inter et la presse régionale où Emmanuel Macron est, pour la deuxième fois ce moi-ci, en tête d’un baromètre de popularité avec 35% d’«adhésion», devançant Alain Juppé (33%) et François Fillon (31%) et distançant nettement François Bayrou (23%).
De plus, il est, avec Alain Juppé, celui qui suscite le moins de rejet de la part de la population (31%).
Mais l’installation d’Emmanuel Macron dans la durée vient également de sa volonté de faire d’En marche, une organisation structurée qui perdurera à sa candidature à l’Elysée même en cas de défaite en avril prochain, se démarquant ici d’aventures individuelles précédentes de personnalités s’étant engagées dans le combat politique en surfant sur leur popularité et disparaissant aussi vite qu’elles étaient apparues.
Ainsi, il a confié au quotidien Le Monde qu’il «voulait construire dans la durée», précisant qu’En marche «ce n’est pas une histoire sans lendemain, je veux contribuer à faire émerger une nouvelle offre politique et une nouvelle génération de responsables».
Ce qui pourrait l’amener à présenter des candidats aux élections législatives qui suivront la présidentielle.
Bien entendu, personne ne connait encore la réussite future de cette entreprise mais elle n’est certainement pas conceptualisée pour n’être qu’un gadget politique, ce que les Français semblent penser et souhaiter.
(Sondage Odoxa réalisé les 14 et le 15 décembre 2016 par internet auprès d’un échantillon de 995 personnes âgées de plus de 18 ans et représentatives de la population française / méthode des quotas / marge d’erreur de 3 points)


Alexandre Vatimbella



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