mardi 24 février 2026

Propos centristes. France – Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine / Lutte contre la prostitution des mineurs / Aide à l‘agriculture / Programmation pluriannuelle de l'énergie / Lutte contre l’antisémitisme…


Voici une sélection, ce 24 février 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Cela fait quatre ans que l’Europe s’est réveillée au bruit des bombes russes en Ukraine.
Quatre ans d’une guerre d’agression choisie par la Russie, au mépris flagrant du droit international, de la souveraineté d’un peuple, et de la vie humaine.
Quatre ans de villes frappées, d’écoles et d’hôpitaux détruits, d’infrastructures énergétiques méthodiquement ciblées pour plonger des familles dans le froid et l’effroi.
Quatre ans, 15 000 civils ukrainiens tués.
Quatre ans de vies brisées, de violences, de viols, de tortures, de crimes de guerre et de terreur.
Quatre ans, et des milliers d’enfants ukrainiens arrachés à leur terre et à leurs familles.
Mais quatre ans que l’Ukraine tient et résiste.
Un jour, les Russes prendront conscience de l'énormité du crime commis en leur nom, de la futilité des prétextes invoqués et des effets dévastateurs à long terme sur leur pays. Alors que le Kremlin promettait de conquérir l’Ukraine en quelques jours, seulement 1 % du territoire ukrainien a été conquis depuis la stabilisation du front en novembre 2022.
Le mois dernier, l’Ukraine a même repris du terrain. Et cela à quel prix pour les Russes ? Plus de 1,2 million de soldats russes ont été blessés ou tués, c’est le plus grand nombre de victimes russes au combat depuis la Seconde Guerre mondiale. Face aux pertes, la Russie enrôle des individus sur le continent africain pour les envoyer combattre sur le front ukrainien, souvent sans aucune formation préalable.
Cette guerre est un triple échec pour la Russie : militaire, économique, stratégique. Elle a renforcé l’OTAN dont elle voulait éviter l’expansion, soudé les Européens qu’elle voulait affaiblir, et mis à nu la fragilité d’un impérialisme d’un autre âge. Parce que l’Ukraine est la première ligne de défense de notre continent, la France et l’Europe se tiennent résolument à ses côtés. Aide financière, militaire, humanitaire et énergétique : l’Europe a déjà mobilisé 170 milliards d’euros.
Lors du Conseil européen de décembre, nous nous sommes mis d’accord sur un prêt de 90 milliards d’euros pour garantir à l’Ukraine un financement prévisible sur les deux prochaines années. Rien ne justifie de le remettre en cause. Nous devons désormais le concrétiser.
Les livraisons de matériels et de munitions, la formation, le renforcement de la défense aérienne et de la lutte anti-drones, et le soutien aux équipements déjà fournis se poursuivront. Pour que l’Ukraine tienne et pour que la Russie comprenne que le temps ne joue pas pour elle.
Nous continuerons également à nous en prendre à l'économie de guerre russe : nous tiendrons le cap sur les sanctions et nous poursuivrons nos actions contre la flotte fantôme.
Parce qu'il n'y aura pas de paix sans sécurité et que notre sécurité se joue en Ukraine, nous continuerons de nous engager au sein de la Coalition des Volontaires.
À Paris le 6 janvier dernier, nous avons bâti une convergence solide avec les États-Unis sur les futures garanties de sécurité.
La nouvelle réunion d'aujourd'hui doit nous permettre de continuer à avancer.
Nous veillerons également à ce que les intérêts des Européens soient bien pris en compte dans les discussions, y compris le moment venu quand il sera question de l'architecture de sécurité nécessaire pour notre continent.
Aux Ukrainiennes et aux Ukrainiens : nous pensons à vous avec émotion. À vos familles éprouvées, à vos enfants, à celles et ceux qui résistent sous les frappes. À ceux qui croient pouvoir compter sur notre fatigue : ils se trompent.
Nous sommes et resterons aux côtés de l'Ukraine.

> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Je suis très sceptique, c’est le moins que l’on puisse dire, sur le fait de pouvoir aboutir à une paix à court terme. Il est bon de poursuivre ces initiatives mais il n’y a pas de volonté côté russe d’aboutir à la paix.

> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine / Déclaration des co-présidents lors de la réunion de la Coalition des volontaires] Quatre ans après le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, les dirigeants de la Coalition des volontaires se sont réunis pour exprimer leur solidarité avec le Président Zelensky et le peuple ukrainien. Les dirigeants ont offert leur soutien total et indéfectible à l'Ukraine dans sa lutte pour sa souveraineté et son intégrité territoriale, et pour la défense de la liberté de l'Europe.
À l'invitation du Premier ministre Keir Starmer, du Président Emmanuel Macron et du Chancelier Friedrich Merz, plus de trente dirigeants ont participé à la réunion virtuelle. Le Président Volodymyr Zelensky a été rejoint en personne à Kiev par les dirigeants des pays nordiques et baltes, de l'UE et de la Croatie.
Les dirigeants ont réitéré leur engagement indéfectible à œuvrer ensemble pour parvenir à une paix juste et durable, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies. Ils ont réaffirmé que les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force.
Les dirigeants ont salué les efforts continus des États-Unis au sujet des négociations de paix, qui doivent impliquer toutes les parties concernées dès lors que leurs intérêts sont en jeu.
Ils ont exhorté la Russie à s’engager de manière constructive aux discussions et à accepter un cessez-le-feu complet et inconditionnel. Ils ont réaffirmé le rôle que la Coalition des volontaires jouerait pour apporter des garanties de sécurité à plusieurs niveaux, comme convenu lors de leur réunion à Paris en janvier 2026, notamment via la Force multinationale pour l'Ukraine, avec le soutien des États-Unis.
Ils ont réaffirmé leur engagement à intensifier la pression économique sur la Russie, notamment par des sanctions supplémentaires et en ciblant la flotte fantôme russe, les réseaux de commerce pétrolier, le complexe militaro-industriel russe et en perturbant les réseaux financiers russes.
Les dirigeants ont condamné les attaques incessantes et effroyables menées par la Russie contre les villes et les infrastructures civiles ukrainiennes, ainsi que leurs conséquences humanitaires désastreuses pendant les mois d'hiver rigoureux. Ils se sont engagés à fournir une aide supplémentaire aux infrastructures énergétiques de l’Ukraine, notamment en continuant à fournir des moyens de défense aérienne. Ils se sont félicités de la mobilisation récente des partenaires pour fournir à l'Ukraine des équipements essentiels pour ses infrastructures énergétiques, notamment par les nouveaux engagements de plus d'un demi-milliard d'euros pris pour le Fonds de soutien à l'énergie ukrainienne depuis le début de l'année.
Les dirigeants ont pris note du lourd tribut payé par la Russie pour des gains minimes sur le champ de bataille, avec près d'un demi-million de victimes rien que l'année dernière. Ils se sont félicités des récentes contre-attaques ukrainiennes qui ont permis de reprendre des territoires, et se sont engagés à continuer d’apporter un soutien militaire et financier, notamment par le biais du prêt de 90 milliards d'euros accordé par l'UE et de contributions bilatérales.

> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine / Déclaration des dirigeants du G7] À l'occasion du quatrième anniversaire de la nouvelle invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, nous, les dirigeants du G7, réaffirmons notre soutien indéfectible à l'Ukraine dans la défense de son intégrité territoriale et de son droit à exister, ainsi que de sa liberté, de sa souveraineté et de son indépendance. Nous exprimons notre soutien continu aux efforts déployés par le président Trump pour atteindre ces objectifs en lançant un processus de paix et en amenant les parties à engager des discussions directes. L'Europe a un rôle de premier plan à jouer dans ce processus, avec d'autres partenaires. Nous soutenons également les engagements pris dans le cadre de la Coalition des volontaires afin de fournir des garanties de sécurité solides et fiables à l'Ukraine. Nous reconnaissons que seules l'Ukraine et la Russie, travaillant ensemble dans le cadre de négociations menées de bonne foi, peuvent parvenir à un accord de paix.
Nous saluons les efforts déployés par les membres du G7 et d'autres partenaires pour fournir un soutien financier et matériel substantiel à l'Ukraine afin d'aider le pays à traverser cet hiver. D'importantes capacités supplémentaires de production d'électricité ont été mobilisées ces dernières semaines, ainsi que d'autres équipements essentiels, notamment l'expédition depuis janvier de plus de 2 500 générateurs et d'autres équipements indispensables tels que des transformateurs, des turbines, des unités de cogénération, des chaudières et du matériel de réparation depuis les pays du G7 vers Kiev. En outre, plus d'un demi-milliard d'euros de nouveaux engagements ont été faits au Fonds de soutien à l'énergie ukrainien afin d'acheter du matériel pour réparer et protéger le système énergétique ukrainienne. Un système énergétique résilient et robuste sera nécessaire avant l'hiver prochain et pour la relance du pays. 
Nous nous engageons à travailler étroitement pour garantir la sûreté nucléaire, notamment avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et avec l'Ukraine, afin de promouvoir la collecte de fonds pour la réhabilitation, dans les meilleurs délais, de l'enceinte de confinement de Tchernobyl, et de prévenir tout incident radiologique qui aurait de graves conséquences humanitaires et environnementales pour l'ensemble du continent.
Nous soutenons également les initiatives visant à garantir le retour immédiat, sûr et inconditionnel des enfants ukrainiens dans leurs familles et leurs communautés, et saluons le travail de la Coalition internationale pour le retour des enfants ukrainiens.
Nous continuerons à fournir de l’aide humanitaire et un soutien à la population ukrainienne.

> Sincères félicitations Rob Jetten pour votre investiture comme Premier ministre des Pays-Bas. Je me réjouis d’œuvrer ensemble à une Europe plus indépendante, plus unie et plus démocratique, et de renforcer la relation entre les Pays-Bas et la France. À bientôt, à Paris !

> [Déclaration lors de la rencontre avec la Président de la République de Finlande Alexander Stubb] Je suis très heureux d’accueillir à Paris le Président de la République de Finlande qui est un ami de la France, et vous allez le voir dans un instant, un parfait francophone. De pouvoir le faire en commençant cette visite par les liens intenses qui existent entre nos deux pays, avec l'exposition qui vient de se clôturer, qui pendant trois mois et demi a accueilli beaucoup, pas simplement de Parisiennes, de Parisiens, mais de Français, d'Européens. L’exposition sur Pekka Halonen, que nous venons de visiter à l'instant et dont les liens, entre autres, avec notre peintre Gauguin et plusieurs autres, étaient au cœur de cette exposition, tout comme aussi la force de la nation finlandaise.
En effet, cher Président, cher Alexander, je suis très heureux de t'accueillir à Paris pour échanger sur beaucoup des sujets qui nous tiennent, et peut-être commencer, évidemment, par la situation en Ukraine. Vous vous rendrez juste après, en Ukraine, puisque nous sommes à la veille d'un jour terrible, le début de la cinquième année de guerre lancée par la Russie, et nous aurons l'occasion, à l'issue de notre moment bilatéral, d'avoir une visioconférence avec les dirigeants nordiques et baltiques dans le cadre du NB8. La situation en Ukraine demeure évidemment l'un des sujets essentiels pour nous, pour notre propre sécurité, et notre détermination à continuer de soutenir l'Ukraine est entière. D'abord avec la poursuite du soutien financier et militaire. Nous restons déterminés à mettre en œuvre le prêt de 90 milliards d'euros de l'Union européenne à l'Ukraine. 60 milliards d'euros seront dédiés à financer les livraisons de matériel militaire, et le renforcement de nos bases industrielles et de défense, avec la préférence aux industries ukrainiennes et européennes. Je veux dire ici que, pour ma part, j'ai bon espoir quand je dis que je suis déterminé, parce que je sais que les engagements politiques et la parole donnée au dernier Conseil européen seront tenus. Il ne peut en être autrement.
Ensuite, nous continuerons d'augmenter la pression sur la Russie. Nous devons avancer sur le 20ᵉ paquet de sanctions de l'Union européenne, et les discussions se tiendront dans les prochains jours. Nous devons travailler à une interdiction totale des services maritimes pour les exportations de pétrole russe, intensifier nos efforts communs contre ce qu'on appelle la flotte fantôme russe, avec le plus haut niveau de coordination possible. Je veux vous remercier pour tout le travail qui est fait en la matière, et vous savez, notre détermination. Enfin, nous avancerons également, et nous allons finaliser, des garanties de sécurité robustes pour l'Ukraine, ce qui est l'un des enjeux de la réunion de la Coalition des volontaires que nous tiendrons ensemble demain, avec vous-même et tous les collègues qui sont présents.
Le deuxième sujet que nous allons aborder, c'est l'enjeu crucial de la sécurité de l'Arctique. J'ai redit lors de la venue de la première ministre danoise et du premier ministre groenlandais, le mois dernier, combien nous partageons la nécessité de renforcer notre posture de défense dans l'Arctique, face à la Russie dans le Grand Nord et à la présence économique de la Chine. La France se tient prête à contribuer à l'activité de vigilance renforcée Arctic Sentry de l'OTAN, et à prendre toutes ses responsabilités. C'est aussi un effort que nous devons mener au niveau européen, comme l'a fait la France en révisant l'année dernière sa stratégie polaire, et évidemment, comme la Finlande l'a aussi fait récemment, en actualisant sa stratégie arctique. L'Union européenne doit prendre sa part dans ces efforts en révisant sa stratégie arctique cette année et en mettant en œuvre le partenariat stratégique qui a été signé avec le Groenland sur les matières premières critiques.
Nous allons enfin échanger sur le renforcement des capacités de défense européennes, notamment pour bâtir un véritable pilier européen de l'OTAN. Je souhaite que le Conseil européen des 19 et 20 mars, soit l'occasion de faire l’état des lieux des travaux menés depuis un an pour renforcer nos capacités de défense à l'échelle européenne dans les 9 secteurs prioritaires que nous avons identifiés, avec des coalitions capacitaires sous l'égide de l'Agence européenne de défense. Nous devons décliner opérationnellement ces coalitions en utilisant les outils de financement dont nous disposons, les programmes SAFE ou EDIP, et dans le prochain budget pluriannuel de l'Union européenne, avec, là aussi, cette préférence européenne. À cet égard, nous voulons, je le disais, renforcer cette Europe de la défense. Nous devons poursuivre, y compris un continuum civilo-militaire en matière de sécurité et de défense. Je sais combien la Finlande y est engagée. Combien, aussi, votre prédécesseur a inspiré les travaux de la Commission, mais de la lutte contre les menaces hybrides ou la lutte contre la flotte fantôme russe que je viens d'évoquer, tout ça est absolument clé, et la Finlande y apporte une contribution essentielle.
De la même manière, nous aurons au mois de mars à évoquer ensemble et à travailler sur la compétitivité européenne, qui a évidemment une dimension de simplification, d'approfondissement du marché commun, mais également d'investissement, d'innovation et de protection de nos filières critiques, car il ne peut pas y avoir d'indépendance militaire et de sécurité s'il n'y a pas une indépendance économique et technologique renforcée.
Enfin, nous poursuivrons les discussions bilatérales. C'est dans cet esprit de confiance que nous avons décidé de lancer les discussions pour signer un partenariat stratégique entre nos deux pays, pour structurer davantage notre relation qui se développe rapidement dans plusieurs domaines essentiels pour notre souveraineté : la défense et la sécurité, l'énergie et le nucléaire, les technologies comme l'intelligence artificielle et le quantique, les minéraux et les métaux critiques, les enjeux globaux et évidemment la défense du multilatéralisme. Et je veux saluer aussi l'engagement de votre pays dans ce cadre.
Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je souhaitais ici rappeler en me permettant de redire tout le bonheur de recevoir évidemment un pays ami, mais aussi un Président ami, Monsieur le Président, cher Alexander.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Au niveau européen, nous serons clairs et exigeants. Les accords commerciaux, Mercosur en tête, ne doivent pas fragiliser nos agriculteurs. Aucun produit interdit en France ne doit finir dans l’assiette des Français. Sur la PAC : budget 2027-2032 maintenu. Nous exigerons que l’inflation soit prise en compte. La PAC doit être un pacte pour la production. Le coût des engrais ne doit pas plomber nos grandes cultures. La Commission doit tenir sa promesse et neutraliser les impacts du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. L’Europe doit protéger ceux qui produisent en Europe.

> Plus de clarté pour nos agriculteurs, plus de sûreté pour les consommateurs. Au Salon international de l’agriculture, échanges avec les acteurs du monde agricole autour du projet de loi de simplification des normes en agriculture porté par Annie Genevard.
Des mesures simples, de bon sens :
- Un produit interdit en France ne revient pas dans l’assiette des Français par les importations. Même règle pour tous
- Soutien aux agriculteurs avec les contrats d’avenir et l’approvisionnement local • Sécurisation de l’accès à l’eau
- Protéger les élevages contre les nouvelles prédations du loup Du concret. Maintenant.

> À Albertville, terre des Jeux de 1992, la France retrouve le drapeau olympique 2 ans après Paris 2024. 23 médailles, 8 en or : un record. Une fierté. Un élan grâce à l’engagement de nos athlètes. De Chamonix 1924 à Albertville 1992, les Jeux d’hiver ont toujours uni la nation. En 2030, les Alpes françaises seront au rendez-vous pour des JO ambitieux, responsables, fidèles à notre héritage.

> Le 6 mars s’ouvrent les Jeux paralympiques. Plein succès à nos athlètes engagés dans la compétition. Heureux d’avoir pu les rencontrer et mesurer leur détermination. La France est derrière eux, pour les soutenir et les encourager.

> [Discours lors du dîner du CRIF] D'autres Premiers ministres se sont adressés à vous avant moi, d'autres le feront après moi. Mais ce dîner a quelque chose, on le sent, de particulier, de singulier.
C'est d'abord un rendez-vous d'amitié. Toutes celles et ceux qui sont ici sont des amis du CRIF, des amis personnels, souvent. On s'y retrouve, on s'y reconnaît, on y manifeste une fidélité à un moment qui n'a, je le disais, rien d'ordinaire.
Et si cela est vrai pour chacun d'entre vous, cela l'est aussi pour moi.
Nos fonctions, quelles qu'elles soient, sont provisoires. Les responsabilités passent, les mandats s'achèvent. Ce qui demeure, c'est la constance de l'amitié. Et ce qui demeure, c'est surtout la constance de l'engagement.
Face aux défis de notre temps, l'engagement personnel n'est pas accessoire. Il est décisif. Le vôtre l'est, et je tiens à vous en remercier du fond du cœur.
Cet engagement, c'est aussi celui de la République. Et il est celui de la France.
À chaque Premier ministre, cher Yonathan, vous offrez le même présent : la copie du décret d'émancipation des Juifs de France en 1791. C'est un geste fort, un rappel. La France fut la première nation d'Europe à reconnaître les Juifs comme citoyens. Mais encore fallait-il inventer le citoyen, encore fallait-il proclamer les droits de l'homme.
Napoléon, après le Concordat qui autorisa et reconnaîtra la liberté de culte, institua le consistoire. Et dès lors, une évidence s'imposa : les Juifs de France sont des citoyens français.
Sauf Vichy. Mais Vichy n'était pas la République. Vichy n'était pas la France fidèle à elle-même.
Bien sûr, l'antisémitisme ne disparaissait pas pour autant. Religieux, politique, de droite, de gauche, il traversait la société. Mais, et vous l'avez dit, nulle part ailleurs l'affaire Dreyfus n'aurait pu être vécue comme elle fut vécue ici.
Nulle part ailleurs il ne se serait trouvé un Zola, un Clémenceau, des écrivains, des officiers, des responsables politiques pour dire non. L'honneur national n'était pas de couvrir une faute ; il était de rétablir la justice.
Ils n'ont pas défendu Dreyfus parce qu'il était juif. Ils l'ont défendu parce qu'il était innocent. Parce que le droit comptait davantage que l'institution. Et parce que la République valait plus que l'erreur.
Au fond, c'est cela la vocation française : s'adresser à l'humanité tout entière, certes avec ses contradictions, ses faiblesses, ses fautes, ses excès — une audace que certains prennent parfois pour de l'arrogance —, mais cette vocation ne dépend pas seulement de la puissance. Elle dépend avant tout de l'idée que nous nous faisons de l'homme, et donc de l'humanité tout entière.
Alors, la France est-elle exempte ? Est-elle exemplaire ?
En France, aujourd'hui, une maman se demande, lorsqu'elle choisit une nounou, si celle-ci, potentiellement, baigne ou non dans le jus antisémite partout répandu. Elle s'interroge aussi sur le pédiatre, le professeur, le policier, l'animateur, l'éducateur, le voisin.
Au fond : ne suis-je pas en train de confier mon enfant à celui qui me hait ?
Faudrait-il donc, pour se protéger, que les citoyens français juifs ne s'adressent qu'aux Français juifs ? Et donc les citoyens français catholiques qu'aux Français catholiques ? Et les citoyens français musulmans qu'aux Français musulmans ?
Le poison du communautarisme est là. Diviser la France en communautés suspicieuses, c'est précisément ce que nos ennemis souhaitent.
Et ce n'est pas un hasard si des mains ensanglantées ont été taguées sur le Mur des Justes du mémorial de la Shoah, téléguidées par des services étrangers.
Dans les moments troublés où certains esprits cherchent à rendre compliquées les vérités les plus simples, il nous faut, nous qui tenons ce cap, dire les choses simplement et fermement : la haine des Juifs, c'est la haine de la République. Et c'est le rabaissement de la France.
Juifs, catholiques, protestants, orthodoxes, musulmans, bouddhistes, athées : en France, on peut être tout cela parce que la République est laïque. Et nous tous, nous entendons bien préserver cette force, cette unité, ce destin ; affirmer que la laïcité, c'est une liberté, une union des esprits et des cœurs, et c'est ce qui permet la fraternité.
Ce n'est pas la fraternité entre chrétiens, entre musulmans, entre juifs. C'est la fraternité entre Français — et même au-delà.
En vingt-cinq ans, l'antisémitisme a changé de forme. Les générations précédentes avaient combattu — et réussi dans leurs combats. L'antisémitisme religieux, l'antisémitisme de gauche avaient relativement disparu. L'antisémitisme d'extrême droite était infamant.
La Seconde Guerre mondiale, le honteux statut des Juifs, la Shoah avaient à jamais marqué les esprits. Depuis la guerre, le devoir de mémoire, l'enseignement de la Shoah, le rappel de la destruction des Juifs d'Europe, le souvenir des rescapés, leurs paroles obligeaient les plus odieux à se taire — du moins le croyait-on.
Mais en une génération — une seule génération — l'antisémitisme est revenu. Pas lentement, pas à bas bruit. Brutalement.
Il est revenu dans l'espace public : à la télévision, sur les réseaux sociaux, dans les débats, dans la parole politique, y compris officielle.
Il revient avec des mots, des expressions que l'on croyait ensevelies sous les ruines du XXᵉ siècle : « Ils ne font pas partie de la même espèce humaine que nous. »
Mais qui peut dire cela ?
Ce ne sont pas des mots maladroits. Ce ne sont pas des excès de langage. Ce sont des mots qui ont une histoire : une histoire de persécution, une histoire de déshumanisation, une histoire de massacre.
Qui peut écrire ces mots aujourd'hui en France ? Un chroniqueur médiatique devenu député de la République.
Voilà la brutalité du retour. Ce qui relevait hier de la marge extrémiste s'installe désormais au cœur même du débat public. Et c'est cela qui nous saisit : non pas seulement la violence des mots, mais leur banalisation.
Alors, qui visent-ils ?
Leur auteur se retranche dans une ambiguïté soigneusement entretenue. Il ne dit jamais tout à fait. Il suggère. Il laisse entendre. Il avance. Il attaque, puis se dérobe. C’est une méthode.
On prononce des mots chargés d’histoire puis, lorsque l’indignation monte, on explique qu’ils ont été mal compris. D’autres viennent alors plaider : « Ce ne sont pas les Juifs qui sont visés, mais les sionistes », comme si le glissement sémantique effaçait l’intention, comme si changer le mot changeait la cible.
L’ambiguïté n’est pas une maladresse. C’est devenu une stratégie à part entière. Elle permet de frapper sans assumer, d’exclure sans le dire, de désigner sans prononcer le nom. Et c’est précisément ainsi que prospèrent les vieilles haines : à couvert, dans le flou, sous prétexte de nuances, dans la lâcheté, en somme.
Mais alors, que signifie cette distinction que certains veulent introduire en secours à leur démonstration ? Sous-entendre que les Juifs ne seraient acceptables qu’à condition de renier leur attachement à Israël ? Qu’ils devraient renoncer à une part de leur identité, de leur histoire pour être considérés comme pleinement humains ?
Le raisonnement tenu par ces nouveaux antisémites est, au fond, assez simple — tout aussi brutal : « Reniez ce que vous êtes et vous serez admis parmi nous. Refusez et vous serez exclus de l’humanité commune. »
C’est exactement ainsi que renaît l’antisémitisme : en changeant les mots, en jouant sur les confusions, la complexité des concepts, le manque de culture générale et historique, mais en gardant toujours, toujours la même logique d’exclusion.
Face à cela, il est une parole qui, elle, ne se reniera pas. C’est son histoire. C’est celle de la France.
La France a soutenu la création d’un État pour les Juifs. Les peuples français et israéliens sont des peuples amis. Et lorsque l’État d’Israël est attaqué, la France est à ses côtés.
Elle l’a été pour déjouer les attaques massives de missiles et de drones lancées par la République islamique d’Iran en avril et en octobre 2024, comme en juin 2025. Son armée a répondu présent. Et elle le restera aussi longtemps que nécessaire.
Mais il faut redire une chose élémentaire — une chose que n’importe quel lycéen apprenait et comprenait hier encore facilement, mais qu’une confusion volontaire et une nouvelle ambiguïté tentent aujourd’hui d’effacer.
Soutenir Israël, ce n’est pas soutenir un gouvernement.
Un gouvernement passe. Il est élu. Il est critiqué. Il peut être remplacé. Un État, lui, existe au-delà des majorités du moment.
Soutenir Israël, c’est soutenir l’existence d’un État, sa souveraineté, sa sécurité — et donc le droit du peuple juif à disposer de lui-même.
Cette distinction n’a rien d’idéologique. Elle relève du droit international. Elle relève aussi, tout simplement, du bon sens politique.
Nous savons tous, ici, faire la différence entre la France et le Gouvernement français, entre la République et la majorité politique du moment. Personne n’imagine qu’en critiquant le Gouvernement français, on appellerait à la disparition de la France. Pourquoi cette évidence cesserait-elle de valoir lorsqu’il s’agit d’Israël ?
Mais, une fois de plus, cette confusion n’est pas une erreur. Elle est une stratégie pour certains.
Alors je le dis ici — et non pas à titre personnel, mais au nom du Gouvernement de la République : nous nous tenons du côté de l’existence d’Israël. Toujours. Pour hier comme pour demain.
Je m’y tiens comme tous les gouvernements français depuis 1948.
Car aujourd’hui, se dire antisioniste, ce n’est pas critiquer une politique. C’est contester le droit même d’Israël à exister.
On a le droit — et même le devoir — de critiquer un gouvernement. Le gouvernement français est critiqué. Le gouvernement israélien est critiqué. Le gouvernement israélien critique le gouvernement français. Et le gouvernement français critique le gouvernement israélien.
Tout cela est normal. Et personne ne doit en être surpris — et encore moins en tirer des conclusions qui ne seraient pas les bonnes. Car c’est la vie normale des démocraties. Et c’est la vie diplomatique normale entre les États.
J’ai moi-même, dans mes fonctions précédentes comme ministre des Armées, dit au nom du gouvernement français, aux responsables politiques israéliens, droit dans les yeux, ce qui nous opposait — en conscience, dans la clarté, en ligne droite.
Les citoyens sont libres de choisir leurs dirigeants. Ils en sont même responsables. Et ces dirigeants doivent, tôt ou tard, rendre des comptes. Là aussi, ne feignons pas de découvrir la démocratie.
Alors, au-delà du gouvernement, on peut aussi critiquer un régime. On a pu espérer la chute de l’empire soviétique. On peut vouloir un changement de régime en Iran.
Mais souhaiter la disparition d’un État — de la Russie, de l’Iran, de la France — ce n’est pas une opinion. C’est encore un appel à la destruction. C’est donc un appel au crime.
Et c’est là, malheureusement, que la confusion s’est installée. Désormais, dans le débat public, on mélange sciemment ou par inculture le gouvernement, le régime, l’État et, à la fin, le peuple.
Ce qui relevait hier de l’éducation civique élémentaire est devenu flou. Nous devons donc remettre de la clarté là où certains cultivent volontairement l’ambiguïté.
Car le seul État dont on exige aujourd’hui la disparition, c’est Israël.
Il faut donc parler clairement. Dire « de la mer au Jourdain », c’est appeler à l’effacement d’Israël. C’est accepter l’idée que les Israéliens n’auraient plus leur place.
L’antisionisme contemporain est devenu le masque du vieil antisémitisme.
La République a toujours su adapter le droit pour combattre la haine. Vous l’avez rappelé, Monsieur le Président : quand certains niaient le génocide des Juifs, elle a adopté la loi Gayssot. Elle a renforcé les peines des infractions racistes et antisémites lors de la refonte du Code pénal en 1994, puis en 2003. Elle a adopté récemment une loi pour mieux lutter contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur.
À chaque époque, la République a su nommer l’antisémitisme pour ce qu’il était — pour le visage du moment qu’il prenait — et le sanctionner.
En conscience, il faut aujourd’hui franchir une étape supplémentaire.
Appeler à la destruction de l’État d’Israël, c’est appeler à la mise en danger vitale d’un peuple.
Et en France, l’appel au meurtre est interdit. L’antisémitisme est puni. L’appel à l’anéantissement d’un État ne peut donc plus être toléré.
Le Gouvernement inscrira donc à l’ordre du jour des travaux du Parlement, dès ce mois d’avril, la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan, enrichie des écritures du Conseil d’État, saisi par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.
La réponse ne peut être seulement pénale. Elle doit être aussi civique. Politique.
Le président de la République l’a annoncé : les actes et les propos antisémites, racistes et discriminatoires ne peuvent être compatibles avec l’exercice d’un mandat public.
On ne peut pas prétendre représenter la nation et propager la haine d’une partie de cette nation.
L’inéligibilité pour propos antisémites devra donc être également inscrite dans notre droit. Car la liberté d’expression n’est pas la liberté d’exclure. Et la République n’a pas à se laisser représenter par celles et ceux qui veulent la fracturer.
Être élu, c’est porter l’intérêt général. Ceux qui attisent l’antisémitisme se disqualifient d’eux-mêmes. La loi doit en tirer les conséquences.
Parce que la République ne plie pas. Parce qu’elle protège. Parce qu’elle ne laisse jamais la haine changer de nom ou de masque pour mieux prospérer.
Appeler à la destruction d’un État n’est jamais anodin — c’est le moins que l’on puisse dire.
Depuis des décennies, la France défend une solution à deux États : deux peuples, deux États vivant côte à côte en sécurité. Je suis convaincu que c’est la seule voie réaliste vers la paix.
C’était d’ailleurs l’esprit des accords d’Oslo. Des gouvernements israéliens de droite comme de gauche l’ont porté, vous le savez.
Mais disons-le clairement : vouloir un État palestinien en appelant en même temps à la disparition d’Israël, ce n’est pas défendre la paix. C’est appeler à l’effacement d’un peuple. C’est appeler, une fois de plus, à sa destruction.
Le mot est dur. Mais il faut parfois employer les mots justes.
Il existe aujourd’hui une stratégie sémantique : celle qui consiste à retourner l’accusation, à déposséder les Juifs de leur histoire, les faire passer de victimes à bourreaux, parler de génocide à Gaza pour leur arracher la mémoire de la Shoah, pour relativiser, pour inverser.
Vous le savez : les conventions de Genève interdisent de viser les populations civiles. Il y a une guerre. Et il peut donc y avoir des crimes de guerre. Le droit international s’applique à tous.
Et ce qui s’est produit à Gaza soulève des questions très graves au regard du droit international. Ce que fait l’actuel gouvernement israélien en Cisjordanie contrevient aussi au droit international.
Mais l’instrumentalisation politique du droit n’est pas davantage acceptable.
Lorsque la représentante spéciale des Nations unies tient des propos en compagnie de représentants du Hamas ou de l’Iran, cela décrédibilise profondément la parole internationale. La France en tire alors les conséquences et demande donc sa démission.
Rappelons un fait simple : 20 % de la population israélienne est arabe-palestinienne. Deux millions de citoyens. 150 000 en 1948. Un million en 2000. Deux millions aujourd’hui.
Employer le mot génocide n’est pas neutre. C’est une arme politique. Ce n’est pas un diagnostic juridique établi par une juridiction internationale.
Et la guerre des mots prépare la guerre contre les personnes. Elle désigne les cibles. Elle légitime l’hostilité envers tout sioniste — donc envers tout juif.
La guerre tue au Moyen-Orient. Elle tue aussi à Sydney, Madame, Monsieur, chers parents, chères familles.
En Europe, en France, il y a l’horreur des attentats. Les massacres au Soudan, en Iran, en Syrie, ailleurs encore.
Mais il y a aussi l’horreur de celles et ceux qui dansent après un massacre — comme certains ont dansé après le 9 janvier 2015 ou après le 7 octobre 2023 —, comme certains ont profané des arbres plantés en mémoire d’Ilan Halimi.
Il y a celles et ceux qui feignent d’oublier qu’en 2012, à Toulouse, des enfants ont été assassinés dans leur école parce qu’elles étaient juives et parce qu’ils étaient juifs, et que des militaires français ont été tués parce qu’ils portaient l’uniforme de l’armée de la République et qu’ils étaient musulmans.
Ce n’est pas une guerre entre juifs et musulmans. C’est un combat beaucoup plus profond : entre la barbarie et la fraternité.
Et dans ce combat, les noms comptent. La mémoire compte.
Mireille Knoll. Sarah Halimi. Ilan Halimi. Philippe Braham. Yohan Cohen. Yoav Hattab. François-Michel Saada. Jonathan Sandler et ses fils Arié et Gabriel. La petite Myriam Monsonégo.
Et puis les victimes françaises du 7 octobre et des jours suivants : 51 noms, de 12 à 80 ans, assassinés par le Hamas. Cinq ont été sauvés.
Derrière chaque nom, une famille. Une vie. Un avenir brisé.
Voilà ce que cherchent nos ennemis : activer la haine, installer la peur et, plus que tout, diviser.
Depuis vingt ans, tous les gouvernements ont agi. La police protège. L’armée patrouille avec l’opération Sentinelle. Les synagogues, les écoles, les radios juives sont protégées.
Et pourtant — et pourtant — les actes antisémites ne disparaissent pas. La peur s’installe.
Faut-il encore plus de policiers ? Encore plus de militaires à chaque mariage, à chaque bar-mitzvah ? Oui, probablement.
Mais la vraie question est ailleurs. Pourquoi des lieux de culte juifs doivent-ils encore, de nos jours, être protégés comme des sites sensibles ? Pourquoi un enfant devrait-il dire à son père : « Papa, je sais qu’un jour, je devrai peut-être partir » ?
Non.
Les Juifs sont en France depuis l’Antiquité : à Argentoratum, avant Strasbourg ; dans la vallée du Rhône au Ier siècle ; à Arles ; à Marseille.
Marseille n’est pas seulement gréco-romaine. Elle est aussi juive, arabe, corse. Elle est tout cela à la fois — comme la France.
Ce combat n’est pas celui d’une communauté. Il est celui de la République.
Juifs, chrétiens, musulmans, agnostiques, athées : pas de liberté sans égalité des droits et des devoirs. Et pas d’égalité sans fraternité.
L’antisémitisme est toujours le signal d’alarme. Il annonce les autres haines, les autres malheurs.
Je vous remercie de lutter, non pas pour une communauté — vous l’avez dit, Monsieur le Président — mais pour la République, pour ce qu’elle représente ici et pour ce qu’elle représente dans le monde.
Le 8 septembre 1967, au camp de Schwyz, le général de Gaulle écrivait : « Quelle tristesse, quel dégoût, et malgré tout, quelle espérance humaine. »
Il rappelait que l’espérance avait fini par triompher, que le cauchemar avait pris fin, que les criminels avaient été vaincus.
À chaque époque, la France a connu des fautes, des faiblesses, des désespoirs. Mais elle s’est toujours relevée — quoi qu’en disent certains. Toujours.
Si nos prédécesseurs ont su vaincre l’antisémitisme ancien, nous saurons affronter ces formes nouvelles. Nous leur devons.
Il faudra de nouvelles armes juridiques, y compris pour les réseaux sociaux. De la fermeté. Du courage. Nous sommes là pour cela.
Mais il faudra surtout — et les événements des derniers jours le rappellent durement — des idées claires. Oui, de la clarté. Pour l’engagement. Pour les enfants. Pour que la haine ne gagne pas.
Péguy écrivait qu’il y a quelque chose de pire qu’une âme perverse : c’est une âme habituée.
Le combat essentiel, il est là. Il est politique. Il est culturel. Il est intellectuel. Il est même civilisationnel.
Ne rien céder. Jamais.
Pour l’amitié. Pour la République. Pour la France.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> [Déclaration sur le métier de policier]

Chers élèves de la 30e promotion des officiers de police,
Vous venez à l'instant de prendre solennellement un engagement d'une portée infinie. Il y a quelques minutes à peine, vous avez prêté serment : le serment des devoirs et des responsabilités de l'officier de police ; le serment de la Constitution, des lois, et des règlements ; le serment de la déontologie et du respect absolu d'autrui. Vous venez également de jurer dignité et loyauté à la République et à ses valeurs, aussi.
Vous n'avez pas prêté serment sur un texte, encore moins sur un contrat de papier. Non : c'est sur votre honneur que vous avez juré. Devant vos pairs et votre hiérarchie. Devant vos familles aussi - elles qui vous ont accompagnés jusque-là et qui, avec vos formateurs, vous ont inculqué ce sens de l'honneur que vous venez de mettre en gage. Tout au long de la carrière qui vous attend, impatiente, n'oubliez jamais que c'est par cet honneur-là que vous vous êtes liés devant des témoins choisis. Il n'y a pas d'engagement plus strict et plus beau que celui qui offre sa propre dignité en garantie.
Ainsi, drapés de cet honneur et de l'écharpe, vous êtes ce matin 435 élèves, et autant de vocations, à former les rangs de la 30e promotion des officiers de police. Vous endossez le même uniforme et pourtant, sous les habits de la République, vous arrivez d'horizons divers. Certains servaient déjà la Police nationale, d'autres la rejoignent maintenant ; d'autres encore y sont détachés de leur corps originel. Certains ont le bénéfice de la fraîcheur des responsabilités premières ; d'autres ont l'atout de l'expérience passée. Pour certains, c'était comme une évidence ; mais pour d'autres, c'est accompagnés de la Prépa Talents que cela l'est devenu. Des bagages différents pour une destinée commune. Des parcours divers pour une vocation unanime : celle de la Police nationale.
Ceux qui tentent désespérément d'opposer police et population n'ont rien vu ni connu des rangs que vous formez. C'est en vain qu'ils les renvoient dos à dos : ils n'ont pas compris que les policiers sont le reflet même de cette population qu'ils protègent, qu'ils ne sont pas en dehors de cette société dont ils préservent l'ordre public. Qu'importe ! Nos concitoyens, eux, savent la confiance toujours plus solide qu'ils ne cessent de vous accorder. Et vous, vous êtes assurés de la mienne, constante et invariable.
Devenir officier de police, c'est intégrer le corps de commandement de la Police nationale. Commander est un métier, commander est plus encore un art. C'est mener ses troupes en les emmenant à votre suite, jamais au-devant de vous. Commander, c'est savoir décider dans l'urgence, c'est savoir discerner dans le trouble. C'est la conscience aiguë que chaque ordre donné engage la responsabilité de ceux qui l'exécuteront. L'art de commander, c'est aussi parier sur la force de l'exemplarité plutôt que sur la démonstration de force. C'est finalement commander à d'autres ce que l'on est capable d'exiger de soi-même. Enfin, n'oubliez jamais que l'on peut diriger avec bienveillance, prendre la tête de femmes et d'hommes tout en restant au milieu d'eux. C'est dans ma bouche davantage qu'un conseil : c'est une méthode à laquelle je suis très attaché.
Chers élèves-officiers, la promotion que vous composez est la trentième : une promotion qui franchit un nouveau seuil de l'histoire dans laquelle elle s'inscrit. Trente ans, cela laisse derrière vous une génération complète d'officiers parmi lesquels piocher ici un exemple de dévouement, là un modèle de droiture. Là encore, l'inspiration du courage face à l'exigence extrême de vos missions et les risques que vous encourrez quotidiennement pour assurer la sécurité des autres. L'une de vos camarades, grièvement blessée à la main en intervention de police lors de son stage en Seine-Saint-Denis, n'aura pas attendu longtemps pour en faire l'expérience et attester qu'il y a là bien plus que des mots.
Parmi vos prédécesseurs, il en est un, en particulier, dont vous vous revendiquerez tous puisqu'il a donné son nom à votre promotion : celui d'Amaury Lagroy de Croutte de Saint-Martin. D'abord gardien de la paix, puis lieutenant issue de la 14e promotion, devenu capitaine de police, promu commissaire de police à titre posthume : son parcours n'a pas seulement emprunté le chemin du mérite, mais celui aussi du sacrifice. Depuis plus de deux ans qu'il avait pris le commandement du détachement savoyard de la CRS Alpes, il s'illustrait dans l'organisation d'opérations de secours de haute montagne, requérant la maîtrise des techniques opérationnelles parmi les plus délicates et les plus périlleuses, et pour lesquelles il s'entraînait continuellement. Une exigence qui coûtera la vie au capitaine Lagroy de Croutte de Saint-Martin et au reste de l'équipage de l'hélicoptère EC-135, le 8 décembre 2020.
Officiers de la 30e promotion, songez que c'est aussi devant sa famille, sa femme, et ses trois enfants à qui nous renouvelons notre éternelle affection – et dont l'un perpétue encore l'engagement de son père dans les rangs de la police nationale - que vous avez prêté serment tout à l'heure. Et que c'est sous leur nom que vous l'avez fait.
Dans moins de dix jours à présent, vous quitterez l'école nationale supérieure de police exactement comme vous y êtes entrés : c'est-à-dire par des chemins divers. Affectés partout sur le territoire national, vous rejoindrez les rangs de la police dans toute la variété de ses services et toute la richesse de ses missions : sécurité publique, judiciaire, renseignement, ordre public, police aux frontières, protection des personnalités, inspection générale, état-major… Mais tous, vous serez dépositaires de la même autorité, du même devoir, de la même promesse de sécurité et de protection faite à nos concitoyens - cette promesse qu'en votre nom, je leur renouvelle à chaque occasion mais qui ne peut être tenue que par l'extraordinaire engagement qui, je le sais déjà, sera le vôtre.
Vive la Police nationale,
Vive la République,
Et vive la France.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Il y a quatre ans, le 24 février 2022, la Russie lançait son invasion à grande échelle de l’Ukraine, après l’annexion illégale de la Crimée en 2014. Je me suis rendue à Kiev il y a près de quinze jours pour incarner notre détermination à continuer de soutenir financièrement et militairement l’Ukraine. J’ai aussi pu témoigner de notre admiration pour la bravoure d’un peuple qui résiste sous une menace permanente. Sur une base aérienne, j’ai constaté le caractère stratégique de la défense du ciel ukrainien, devenue une priorité absolue face à des frappes répétées qui ciblent les infrastructures civiles et énergétiques afin d’éprouver la résilience de la population, alors que le pays a traversé des températures extrêmes. Ce qui se joue en Ukraine engage l’équilibre de tout notre continent. L’Ukraine tient bon. Cette guerre est un échec pour la Russie, sur le plan stratégique, militaire comme économique. Défendre l’Ukraine, c’est défendre l’Europe. Assurer la défense de l’Europe est une exigence politique, stratégique et collective.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> La France s’impose comme la quatrième destination mondiale entre 2021 et 2025 avec 139 milliards de dollars reçus en investissements industriels !

> [Investissements étrangers en France / Intervention à l’Assemblée] la France attire. Elle attire des capitaux, et c’est tant mieux. Nous sommes capables de développer des entreprises françaises dans des secteurs importants et innovants grâce à des gens qui choisissent la France.
Par ailleurs, la France conquiert. Des entreprises françaises croissent à l’international, y compris en Amérique du Nord, où elles sont nombreuses à investir.
Mais ces succès internationaux ne doivent pas se faire au prix de la souveraineté,. De ce point de vue, nous bénéficions d’un dispositif plutôt exemplaire en Europe, mais que nous devons régulièrement réinterroger et, pourquoi pas, approfondir : le fameux décret Montebourg, pris il y a un peu plus de dix ans, qui a été régulièrement approfondi et élargi, en particulier s’agissant des secteurs concernés, et qui nous a permis d’examiner récemment plus de 400 dossiers, notamment les trois que vous avez mentionnés.
Nous sommes aujourd’hui capables de bloquer des transactions quand nous considérons qu’elles mettent en danger la souveraineté, d’imposer des conditions extrêmement strictes –
 cela a été le cas pour LMB et Exaion – ou, parfois, de laisser des investissements se faire.
Le premier ministre a consid
éré quil était temps de revoir cette doctrine pour déterminer sil est à nouveau possible de ladapter, de l’élargir et de lapprofondir, notamment sagissant de secteurs nouveaux. Il a souhaité que nous vous confiions, monsieur Plassard, ainsi quaux députés Jean-Louis Thiériot et Charles Rodwell, la mission de réexaminer ces dispositifs et d’étudier la possibilité de les améliorer, à la fois dans le cadre français et, pourquoi pas, dans le cadre européen, où la notion de préférence européenne fait l’objet d’une réflexion.
Vous le voyez : nous n’abandonnons pas ce sujet important. Nous souhaitons que la France soit ouverte mais pas aux quatre vents, que la souveraineté industrielle de nos grands champions soit préservée et que l’on puisse continuer à développer de belles pépites.

> [Programmation pluriannuelle de l'énergie / Intervention au Sénat]

Le 13 février dernier, le Gouvernement a publié par décret la PPE 3. Conformément au code de l'énergie, celle-ci doit faire l'objet d'une présentation au Parlement. D'où notre débat de ce jour, à votre demande, monsieur le président. L'Assemblée nationale a choisi le format d'une audition commune à plusieurs commissions, qui aura lieu le 25 mars prochain.
Il y a presque quatre ans jour pour jour, le discours de Belfort du Président de la République a été le point de départ de l'élaboration de cette nouvelle PPE. Depuis lors, nous avons largement consulté : en janvier 2023, dans le cadre de la concertation « Notre avenir énergétique se décide maintenant » ; à l'été 2023, avec le lancement de sept groupes de travail pilotés par des parlementaires et des élus locaux -  je salue l'implication de MM. Dantec, Canévet, Montaugé, Cabanel, Médevielle, Mohamed Soihili et de Mmes Havet, Varaillas, Havet et Saint-Pé  - , dont les conclusions ont été rendues en septembre 2023 ; fin 2024, dans le cadre d'une concertation nationale préalable organisée par la Commission nationale du débat public (CNDP), avec plus de 7 600 propositions concrètes et près de 1,2 million de votes ; de mars à mai 2025, au travers d'une consultation électronique. Enfin, d'octobre 2024 à juillet 2025, le Parlement s'est prononcé - même si ce fut incomplet -, lors de l'examen de la proposition de loi Gremillet.
Les travaux du Sénat ont contribué à relancer les débats sur le mix énergétique français. Je salue l'engagement de M. Daniel Gremillet et la qualité du travail des rapporteurs MM. Chauvet et Cadec.
Vous regrettez que le processus législatif n'ait pas été à son terme. Cela dit, nous avons repris les grandes orientations de la proposition de loi Gremillet dans cette PPE. Celle-ci prévoyait de porter la part des énergies décarbonées à 58 %, au moins : c'est chose faite dans la PPE, qui fixe un objectif de 60 %.

La PPE est également alignée avec les objectifs de la proposition de loi sur le nucléaire, puisqu'elle prévoit la construction de six nouveaux réacteurs pressurisés européens (EPR), plus huit nouveaux EPR2, et le maintien des capacités des réacteurs existants.
La proposition de loi prévoyait d'atteindre 200 TWh d'électricité décarbonée issue de sources renouvelables en 2030 ; la PPE, 205 TWh. Les objectifs sont également proches, voire identiques, sur les biocarburants, le biogaz, le froid, la chaleur et l'hydrogène. Pour l'éolien terrestre, la PPE privilégie le renouvellement des installations existantes, conformément à vos souhaits.
Les travaux du Parlement ont donc largement nourri la version finale de la PPE ; mais nous ne pouvions pas attendre davantage, après quatre années d'incertitude pour les filières. Il fallait avancer et trancher, face à une triple urgence -  géopolitique, économique, climatique.
Urgence géopolitique, d'abord. La crise ukrainienne et les difficultés de nos relations avec les États-Unis, notre ami et allié de 250 ans, ont rappelé nos dépendances aux énergies fossiles importées.
Urgence économique, ensuite. L'électricité française est 40 % moins chère qu'en Allemagne : il nous faut préserver et renforcer cet avantage compétitif en réduisant le plus rapidement possible notre consommation d'énergies fossiles.
Urgence climatique, enfin. La PPE est cohérente avec nos objectifs de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, prévus par le plan national d'adaptation au changement climatique (Pnacc) et par notre stratégie nationale bas-carbone (SNBC).
Face à cette triple urgence, notre stratégie repose sur deux leviers : augmenter l'offre d'électricité décarbonée et agir sur la demande en électrifiant nos usages. La PPE nous permet d'agir sur le premier levier.
C'est un plan ambitieux : la production globale d'électricité doit atteindre entre 650 et 693 TWh en 2035, contre 540 aujourd'hui. C'est aussi un plan réaliste : le soutien de l'État se fera à coûts maîtrisés ; à l'horizon 2035, nous multiplions par 2,7 la production d'énergies renouvelables, tout en réduisant le coût pour les finances publiques - entre 30 et 50 milliards d'euros. C'est enfin un plan adaptable, grâce à une clause de revoyure prévue en 2027 pour ajuster les objectifs à l'évolution des besoins.
La PPE 3 acte la relance du nucléaire. Les premiers travaux ont commencé à Penly ; l'inauguration du premier EPR2 aura lieu en 2038.
En attendant, nous avons besoin des énergies renouvelables.
L'éolien en mer concentre une part importante de l'effort de production. C'est la source d'énergie renouvelable la plus régulière après l'hydraulique, et c'est une filière d'excellence : elle emploie 5 000 personnes. Nous voulons passer de 2 gigawatts aujourd'hui à 15 en 2035.
Nous privilégions la remotorisation des éoliennes terrestres existantes. Sur les 40 gigawatts visés en 2035, 24 sont déjà installés.
Le photovoltaïque, avec un objectif de 55 à 80 gigawatts d'ici à 2035, bénéficie d'un important potentiel de développement.
En matière d'hydroélectricité, l'objectif est d'augmenter de 11 % nos capacités de production, à 28,7 gigawatts.
L'Assemblée nationale a adopté la proposition de loi des députés Battistel et Bolo pour traduire l'accord conclu avec la Commission européenne permettant de relancer l'investissement dans les barrages hydroélectriques ; vous en serez saisi en avril prochain.
Nous développerons également les autres filières, telles que la géothermie et les réseaux de chaleur.
Le mix énergétique des outre-mer et de la Corse repose à 75 % sur les énergies fossiles. Ces territoires disposent pourtant de ressources considérables. Notre objectif est de renforcer leur autosuffisance énergétique.
Construire les infrastructures, c'est le chantier industriel du siècle. Celui-ci se fera autant que possible en France. Les appels d'offres intégreront des critères de préférence européenne. Pas moins de 120 000 nouveaux emplois seront créés dans tous les territoires.
Il faut aussi faire un effort sur la demande : tous les secteurs de l'économie doivent être électrifiés. Quatre groupes de travail seront lancés dans chacun des secteurs clefs : industrie et artisanat, numérique, transport et logement. Vous y serez associés. Notre objectif est d'annoncer ce plan dès le printemps, avec des mesures concrètes.
Cette PPE nous donne les moyens de notre ambition énergétique, avec une véritable programmation, comme sur les sujets militaires.
Après les chocs pétroliers, nos parents ont investi massivement pour disposer d'une énergie décarbonée, flexible et souveraine. On faisait déjà des reproches aux gouvernements d'alors ! Pourtant, les entreprises et les ménages bénéficient encore aujourd'hui de ces efforts faits il y a cinquante ans.
Cette PPE renforce notre indépendance énergétique.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Il y a quatre ans, la Russie déclenchait une offensive militaire contre l’Ukraine. L'Europe est plus que jamais à leurs côtés, ce combat est aussi le nôtre. Pour notre avenir et celui de nos enfants.

> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Il faut ouvrir les yeux sur la réalité de ce conflit et la réalité des combats et les méthodes employées par le Kremlin qui envoie des mercenaires pour pousser son propre peuple sur les lignes de front. Les pertes humaines sont insensées. Cessez-le-feu.

> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Nous marquons le quatrième anniversaire de la guerre d’agression de Vladimir Poutine en Ukraine.
Mais nous avons aussi marqué le 23 février le douzième anniversaire de la révolution du Maïdan, la révolution de la dignité, la révolution du peuple ukrainien, une révolution pacifique, démocratique et européenne.
Une révolution que, depuis douze ans, Vladimir Poutine essaye d’étouffer, mais qu’il essaie d’étouffer en vain. En vain, parce que force est de constater que, quatre ans après cette opération spéciale, le bilan pour Vladimir Poutine, c’est un échec cuisant et un échec humiliant.
D’abord parce que les armées de Vladimir Poutine contrôlent aujourd’hui moins de la moitié du territoire qu’il occupait illégalement au printemps d’il y a quatre ans, et d’autre part parce que ses gains sur le front aujourd’hui sont microscopiques et se font au prix de pertes humaines considérables. Plus d’un million de pertes humaines pour la Russie depuis le début de cette guerre, soit un nombre supérieur à l’ensemble des pertes russes et soviétiques depuis 1945. Et aujourd’hui, sur le front, c’est mille pertes humaines par jour qu’accusent Vladimir Poutine et ses armées.
Et pendant ce temps-là, l’économie russe va entrer en récession, les caisses de l’État sont vides, l’essence est rationnée dans de nombreuses régions russes et désormais ce sont les communications, les applications, le téléphone qui sont bloqués.
Face à cette situation, nous allons continuer de soutenir l’Ukraine et d’accentuer la pression sur la Russie. Le 20e paquet de sanctions est prêt, la question n’est pas de savoir s’il sera adopté, il le sera, c’est une certitude, mais quand il le sera.
Et de ce point de vue-là, chacun doit tenir ses engagements.
À Paris, le président de la République réunit la Coalition des volontaires pour faire avancer un peu plus encore le travail historique qui a été réalisé par plus de 30 pays qui ont mis en commun leurs forces militaires pour que la paix, une fois conclue en Ukraine, puisse être garantie.

> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine / Intervention à l’Assemblée] La première remarque, c’est que cette guerre est bel et bien une guerre coloniale, partie d’un fantasme impérialiste, celui de Vladimir Poutine, qui se solde aujourd’hui par un échec cuisant –⁠ jy reviendrai. Les forces politiques qui passent leur temps à accuser la France de la relation quelle entretient avec son passé colonial feraient mieux de diriger leurs critiques et leurs attaques sur la Russie de Vladimir Poutine, qui est lancée dans cette guerre injustifiée et injustifiable depuis quatre ans.
La seconde, c’est que cette guerre contre l’Ukraine est aussi une guerre contre l’Europe et contre la démocratie. En effet, tout a commencé par des manifestations pacifiques menées par des Ukrainiens qui aspiraient à la liberté en chantant l’hymne européen et en brandissant le drapeau européen car au fond, c’est cela qui a conduit Vladimir Poutine à envahir l’Ukraine une première fois, puis une deuxième fois, et depuis le 24 février à grande échelle quand il a lancé son « opération spéciale ». Laquelle se solde par un échec cuisant puisque aujourd’hui, Poutine contrôle seulement la moitié des territoires qu’il occupait illégalement au printemps 2022, au prix de pertes humaines sans équivalent dans l’histoire de la Russie depuis 1945 : plus d’un million de pertes depuis le début de la guerre, soit un nombre supérieur à toutes les pertes soviétiques, puis russes, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, 1 000 soldats russes perdant la vie chaque jour pour une progression microscopique. Et pendant ce temps, l’économie russe entre en récession, l’essence est rationnée, les caisses de l’État sont vides et ce sont désormais les communications qui sont coupées.
Oui, la France va continuer d’exercer la pression sur la Russie grâce au vingtième paquet de sanctions et à soutenir l’Ukraine avec les 90 milliards d’euros de prêts.

> Sur le Proche-Orient. En commençant par Gaza, nous soutenons la mise en œuvre du plan de paix qui doit conduire à l’entrée massive de l’aide humanitaire à Gaza qui en a tant besoin, au désarmement du Hamas, au retour d’une Autorité palestinienne réformée avec pour horizon deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité.
Dans ce contexte, nous appelons les autorités palestiniennes, le président Mahmoud Abbas, à mettre en œuvre, à matérialiser la refondation démocratique, le renouvellement politique auquel il s’est engagé devant le président de la République et le prince héritier d’Arabie saoudite.
Et puis nous appelons les autorités israéliennes à revenir sur les décisions gravissimes qu’elles ont prises ces dernières semaines s’agissant de la Cisjordanie avec l’extension de leur contrôle sur des zones que les accords d’Oslo avaient placées sous l’autorité, sous l’administration exclusive de l’Autorité palestinienne.

Et puis sur ce projet immobilier dit E1 et ses 3.400 logements qui menacent de couper en deux la Cisjordanie et de compromettre l’avènement d’un État de Palestine et de compromettre la sécurité de la région et la sécurité d’Israël elle-même.
Je crois que personne ne doit sous-estimer la gravité de ces décisions qui doivent être inversées, qui doivent être abrogées.
Puis la sécurité de la région, c’est aussi celle du Liban, et la France accueillera la semaine prochaine, jeudi 5 mars, à Paris, une conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises. L’objectif étant de donner au Liban les moyens de se doter d’un État fort, souverain, disposant du monopole de la force, capable d’assurer la protection de toutes les communautés et de vivre en paix et en sécurité avec son voisinage régional.

> Concernant la crise qui déchire l’est de la République démocratique du Congo. Je rappelle que, quatre mois après la conférence internationale que nous avons accueillie à Paris, les engagements pris ont été tenus. Les 850 millions d’euros d’aide humanitaire qui avaient été annoncés ont été décaissés. À ces 850 millions s’ajoutent plusieurs centaines de millions d’euros d’aide au développement qui vont poursuivre leur déploiement.
Et puis, il y a dix jours, un premier vol a pu se poser en portant des responsables des Nations unies à l’aéroport de Goma qui était fermé depuis de nombreux mois et qui empêchait la délivrance de l’aide humanitaire aux populations qui en ont tant besoin.

> Sur la préférence européenne en matière de défense alors que nous révisons, entre autres, la directive sur les marchés publics de défense.
Oui, nous entendons faire de la préférence européenne un principe cardinal de l’approvisionnement de nos armées. D’abord parce que tous les autres le font. Il n’y a donc aucune raison que l’Union européenne ne le fasse pas pour elle-même. Ensuite parce que c’est bon pour nous, c’est bon pour nos armées, c’est bon pour l’Europe. Ça permet l’interopérabilité entre nos armées. C’est un gage de développement et de croissance économique pour l’ensemble des États membres de l’Union européenne et c’est bon pour l’emploi en France et en Europe.
Et puis enfin parce que c’est bon pour nos alliés, y compris les États-Unis d’Amérique. Une industrie européenne de défense innovante, résiliente et prospère, c’est pour eux un atout précieux.

> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] La question n’est pas de savoir si le vingtième paquet de sanctions sera adopté. Il le sera. C’est une certitude. C’est la vingtième fois qu’on fait cet exercice. La question est de savoir quand il le sera. Il viendra s’ajouter à un grand nombre de sanctions qui pèsent aujourd’hui sur les ressources que Vladimir Poutine engouffre dans son effort de guerre.
Avec ces sanctions inédites dans l’histoire de l’Union européenne que nous avons prises depuis quatre ans, nous avons privé, nous avons empêché, nous avons entravé la capacité de Vladimir Poutine à déchaîner son fantasme colonial en Ukraine et nous allons continuer.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Santé mentale / Intervention à l’Assemblée] Les indicateurs montrent que la situation de la santé mentale est d’une telle gravité que le premier ministre a annoncé la semaine dernière qu’il la prenait en charge à son niveau et qu’un comité interministériel se tiendrait bientôt. Vous l’avez rappelé, l’enjeu relève de plusieurs ministères, ce qui permet de mener cette politique publique de façon plus efficace.
Vous souhaitez connaître les résultats des actions sur lesquelles l’État s’est engagé ces dernières années. Les dépenses d’assurance maladie pour la psychiatrie sont passées de 9 milliards d’euros en 2020 à 13 milliards en 2025. Ainsi le nombre de professionnels présents sur le terrain a lui aussi progressé : le nombre de psychologues a doublé et le nombre de psychologues conventionnés pour le dispositif Mon Soutien psy, qui permet à chacun d’être remboursé de ses séances, est passé de 4 000 en 2024 à 6 700 en 2025. Le nombre de psychiatres a augmenté de 7 % ces dix dernières années.
Ces deux dernières années, les centres médico-psychologiques pour adultes ont bénéficié de 18 millions supplémentaires, ce qui a permis de les doter de 300 professionnels de plus. Les CMP pédiatriques ont été dotés de 38 millions supplémentaires ces trois dernières années, pour 633 professionnels de plus.
Malgré ces efforts, la situation reste difficile. J’apporte d’ailleurs tout mon soutien à la famille dont vous avez parlé.
Ma priorité est la santé mentale des jeunes. Nous devons renforcer le repérage et les interventions précoces. Un rapport m’a été remis la semaine dernière et nous engagerons des actions concrètes en conséquence. Le numéro 3114 de prévention du suicide bénéficiera chaque année de 23 millions d’euros de plus. C’est indispensable, tout comme l’est la lutte contre les addictions qui entraînent chez les jeunes des troubles psychologique.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> Que chacun fasse le ménage ! Aucune fusion, aucun soutien, aucune alliance avec LFI. Sous aucun prétexte. Ni RN, ni LFI. Ça a toujours été ma ligne. Ça le restera.

> Je l'ai dit et je le maintiens : LFI est un parti "passionnément antisémite", anti France et violent. Qui peut prétendre le contraire ?

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur)
> [Protoxyde d’azote] À la base, on parle d’un produit destiné à faire de la chantilly ou utilisé dans le domaine de la santé. 
Le problème, c’est le détournement : les bonbonnes sont peu chères, très faciles d’accès, dans certains commerces ou en quelques clics via les réseaux sociaux, avec une vraie stratégie marketing. 
Et surtout, ce produit est inodore, ce qui rend bien plus difficile sa détection par les parents. Le phénomène s’est aussi renforcé à mesure que nous avons durci la lutte contre le narcotrafic, une partie des trafics se reportant sur d’autres produits. Les grands réseaux internationaux se réorganisent très vite sur les différents sujets. Il y a des stocks de protoxyde d’azote un peu partout en France. (…)
Je veux d’abord une campagne de prévention choc, que nous finalisons avec la délégation à la sécurité routière en montrant la réalité des faits avec du sang et des larmes. 
Puis il faut rappeler que ce n’est pas un gaz hilarant, mais un produit qui peut provoquer des lésions neurologiques graves pouvant aller jusqu’à la mort. Cela va du jeune à qui l’on propose un ballon en soirée pour franchir un peu l’interdit, à celui qui tombe dans l’addiction. Et on en voit désormais les conséquences sur la route. 
Les chiffres 2025 de la mortalité routière sont moins bons que les années précédentes, avec 3060 décès, et on observe de plus en plus de combos vitesse, alcool, stupéfiants ou protoxyde d’azote.
Même si nous n’avons pas encore de statistiques consolidées sur ce produit, nous avons des faits. Il y a des scènes d’accident où l’on retrouve des bonbonnes et un décès derrière, parfois c’est le conducteur mais c’est aussi des piétons. En consommer, ce n’est pas seulement se mettre soi-même en danger, c’est exposer les autres.
Ensuite, il y a l’évolution de la loi. Aujourd’hui, notre cadre législatif n’est plus adapté : quelqu’un qui vend une bonbonne avec les ballons prend très peu de risques. Avec le ministre Laurent Nunez, nous avons décidé d’intégrer un volet spécifique dans le projet de loi « sécurité du quotidien » que nous présenterons en mars, pour encadrer la vente, la détention, le transport et la détection de ces consommations, avec un objectif d’entrée en vigueur en 2026.

> [Prostitution des mineurs ] En échangeant avec la préfecture de police de Paris, des associations et différents acteurs, j’observe une nette montée du phénomène et un rajeunissement des victimes, qui ne nomment pas toujours ce qu’elles vivent comme de la prostitution. Certaines jeunes filles disent : « Je suis consentante, ce n’est pas de la prostitution », parce qu’elles le font trois ou quatre fois pour « de l’argent facile », afin d’acheter un sac à main par exemple. 
Majoritairement, ce sont des jeunes filles en grande vulnérabilité - placées à l’ASE, en rupture familiale mais pas uniquement : une mauvaise rencontre peut suffire, même en dehors de la précarité.
Rien que pour la préfecture de police de Paris, 71 dossiers de proxénétisme de mineurs ont été traités en 2024, 118 en 2025, sans même parler du nombre total de victimes qui, à l’échelle nationale, est en train d’exploser. Un autre élément glaçant, que les acteurs de terrain décrivent très bien, c’est le passage de victime à proxénète.
Pour échapper à l’emprise et à la violence, certaines jeunes filles finissent par embarquer d’autres adolescentes, en se rendant elles-mêmes complices du système.
Par ailleurs, on en voit de plus en plus tomber dans les filets du narcotrafic également. Notre réponse doit donc être double : protéger ces jeunes et les accompagner vers la sortie.

> [Proxénétisme en ligne] En quelques clics, un mineur peut se retrouver face à des contenus pédopornographiques ou à une amplification massive de la violence. Nous avons déjà, au niveau européen, des textes comme la législation sur les marchés numériques (DMA) pour réguler les plateformes, mais nous voyons bien la difficulté de les appliquer pleinement.
Les réseaux sociaux sont, d’une certaine façon, un trou noir de la société. Il ne s’agit pas d’interdire le téléphone à nos adolescents, mais de les protéger de contenus et de pratiques qui seraient impensables dans la vie réelle. 
D'où la nécessité effectivement d'agir, de protéger et d'impliquer et de responsabiliser les plateformes. Elles ont un rôle déterminant à jouer.

> La bataille n’est pas perdue. Nous avons une jeunesse vulnérable, parfois en quête de perspectives, et c’est à nous, responsables politiques, de lui prouver que le champ des possibles est réel pour tout le monde. Les réseaux sociaux jouent un rôle, en banalisant la violence, en valorisant certains comportements. Quand je discute avec des collégiens ou des lycéens, beaucoup me disent qu’ils recherchent de l’autorité, un cadre : cette génération a grandi avec le choc du Covid, où l’autre était présenté comme une menace puis avec la guerre en Ukraine, les tensions internationales, les enjeux écologiques et la violence exacerbée en ligne. 

Notre responsabilité politique est de redonner du sens, des repères et des perspectives.

> [Mort de Quentin Deranque] Rien, absolument rien, ne peut justifier qu’on s’en prenne à un jeune homme parce que certains ont décidé de faire régner la loi de la meute.
Oui, nous assistons à une montée des radicalités, de toutes les radicalités. Une minorité activiste cherche à imposer ses idées par l’intimidation et la violence. Cela, je le dis clairement : la République ne reculera pas. Le débat démocratique est légitime, la confrontation des idées est saine, mais la violence politique est une ligne rouge. Elle sera combattue avec la plus grande fermeté. J’appelle aussi chacun, notamment les responsables politiques, à la responsabilité.

> La vraie responsabilité incombe à ceux qui choisissent la violence. Les mouvances « ultra », d’où qu’elles viennent, font l’objet d’un suivi constant de nos services de renseignement. Le ministre de l’Intérieur et le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, ont adressé une circulaire aux préfets et aux recteurs pour permettre, lorsque le contexte l’exige, l’interdiction de manifestations politiques susceptibles de troubler gravement l’ordre public.
Je veux être très claire : nos universités doivent rester des lieux de savoir, de débat et de liberté. Elles ne seront jamais des terrains d’affrontement pour des groupes radicalisés. L’État sera au rendez-vous pour garantir l’ordre républicain.

 

Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée de la Mer et de la Pêche)
> Salon de l'Agriculture... et de la pêche et de l'aquaculture
C'est avec fierté que j'ai participé ce jour à l'ouverture du Salon de l'Agriculture aux côtés du Président de la République et des représentants de la filière des produits de la mer français.
Aujourd'hui nous importons près de 70% des produits de la mer que nous consommons alors que nous avons en France une filière d'excellence, ancrée dans nos territoires littoraux, porteuse d'une identité et d'un savoir-faire reconnus bien au-delà de nos frontières, et que nous devons impérativement défendre.
À cette occasion, nous avons réuni les acteurs de la filière pour évoquer ensemble les défis auxquels ils font face. Le Président a réaffirmé l'engagement du Gouvernement de :
- défendre un budget européen à la hauteur des enjeux dans le cadre des négociations en cours pour le prochain cadre financier pluriannuel
- fermeté avec les États tiers
- simplifier
- accélérer le renouvellement de la flotte de pêche.
Ces échanges nourrissent mon action ministérielle au quotidien. C'est en écoutant celles et ceux qui travaillent chaque jour à nourrir nos concitoyens et à préserver nos écosystèmes marins que nous construisons des politiques à la hauteur des enjeux.
Ce samedi marquait aussi le retour en mer des quelques 300 navires concernés par la fermeture de la pêche dans le golfe de Gascogne. Les pêcheurs français ont joué le jeu et je les en remercie. Le guichet d'indemnisation a ouvert ce matin, le dépôt des dossiers est accessible en ligne ici. J'ai donné des instructions pour que ces dossiers soient examinés et indemnisés au plus vite.
Je reste mobilisée, aux côtés de l'ensemble des professionnels de la filière qui savent pouvoir compter sur ma détermination.

 

● Autres ministres
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)

> Respecter les victimes, c’est aussi doter la Justice de toutes les avancées technologiques pour résoudre les affaires les plus complexes, en particulier les « Cold cases ». C’est ce que nous faisons avec le projet de loi que je porterai prochainement au parlement, qui permettra à la Justice d’avoir recours à la généalogie génétique. Une grande avancée pour les victimes en attente de justice.

> Je mets en place des réformes pour que le ministère de la Justice soit aussi celui de l’écoute. Il doit accompagnement, respect et empathie aux victimes. Merci à tous les magistrats, agents et associations qui aident chaque jour les victimes. Leurs actions doivent être copiées par tous.

 

Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Chose promise, chose due. Comme je m’y étais engagée auprès des éleveurs, les règles contre la prédation du loup sont renforcées à partir d'aujourd'hui, pour défendre plus efficacement les troupeaux. Les attaques ont bondi en un an jusqu'à 40 % dans certains territoires, laissant derrière elles des blessures économiques et humaines profondes. Nous augmentons donc le nombre de loups pouvant être prélevés, et nous simplifions les règles de tir. En parallèle, nous continuons à inciter les éleveurs à se doter d'équipements de protection. Le Gouvernement sera toujours aux côtés de ceux qui nourrissent les Français.

 

Alice Rufo (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur de la ministre des Armées et des Anciens combattants)
> La défense de l'Europe ce n'est pas que des déclarations. Ce sont des bateaux, des avions, une armée qui est forte et d'emploi et une dissuasion que seule la France a. Il n’y a pas de couple exclusif en Europe mais il y a un moteur franco-allemand, historique et important qui doit redémarrer. Il faut aller au-delà des désaccords qui se sont déployés ces dernières semaines.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Nos PME et start ups doivent pouvoir se developper plus facilement en Europe. Nous défendons la création du statut de société européenne simplifiée: le 28 ème régime de droit des affaires.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Il y a quatre ans, la Russie lançait une offensive militaire contre l’Ukraine, en violation du droit international. Depuis, le peuple ukrainien fait preuve d’une résistance héroïque, malgré la souffrance et les vies brisées. Le soutien de la France est total, indéfectible et il le restera. Je suis à vos côtés, pour une paix juste et durable.

> Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt : l'extrême droite a des liens avérés avec des groupuscules violents. Mettre ça sous le tapis pour ne parler que de l'ultra-gauche, c'est de l'hypocrisie pure.

> L’utilisation de pseudonymes par des collaborateurs parlementaires est une pratique inacceptable. Je l’ai interdite. C’est terminé.

> L’exemplarité est une exigence. Un casier judiciaire vierge pour les élus me paraît être un principe de bon sens.

> La minute de silence en hommage à Quentin Deranque a été demandée par Éric Ciotti et approuvée à l’unanimité en Conférence des présidents par l’ensemble des présidents de groupe, y compris LFI.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Kyiv, place Maïdan. 4 ans. 4 ans que l'Ukraine résiste, tient bon face à l'agresseur russe, face au régime de Vladimir Poutine. Et force l'admiration du monde. Je suis revenu ici pour dire droit dans les yeux aux Ukrainiens : une paix sans l'Ukraine serait une illusion. Abandonner Kyiv, ce serait nous abandonner nous-mêmes. Nous sommes là.

> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Au début de l’invasion, il y a 4 ans, souvenez-vous des commentateurs, de certains politiques qui, très sûrs d’eux, affirmaient que l’Ukraine allait tenir 3 semaines. 4 ans plus tard, grâce à une bravoure inouïe, les Ukrainiens continuent de résister face à l’agresseur russe, de se battre pour leur liberté. C’est le devoir de la France et de l’Europe que de poursuivre le soutien à l’Ukraine. Le sang versé par le peuple ukrainien est, aussi, pour nous.

> Il y a, aujourd'hui, un retour des volontés impérialistes. Pour ne pas être écrasées, la France et l’Europe doivent affirmer leur propre puissance. C’est maintenant que tout se joue.

> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Le soutien financier à l’Ukraine ne peut plus attendre les caprices de ceux qui jouent le jeu de l’agresseur. Le prêt de 90 milliards d'euros décidé par le Conseil européen est aujourd’hui bloqué par l'ami de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, Viktor Orbán. L’argent est là. Il y a des dizaines de milliards d'euros d'actifs russes gelés dans les banques européennes. Je souhaite qu'ils puissent être utilisés pour soutenir financièrement et militairement l'Ukraine. Pour faire payer à la Russie le prix de son choix de faire la guerre, de bouleverser la paix en Europe.

> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] J'étais Premier ministre quand le traité de soutien à l'Ukraine a été conclu. Je l'ai fait ratifier par le Parlement. Aujourd’hui, la France et l’Europe ont pris le relais de l’essentiel de l’aide américaine. Unis, nous nous mobilisons pour défendre nos valeurs et notre liberté.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] 4 années. 15 000 civils ukrainiens tués. Des dizaines de milliers de soldats ukrainiens morts au front. Des villes rasées, des familles brisées, une génération marquée à jamais. Le combat des Ukrainiens est celui du droit international, de la souveraineté des peuples et du refus de la loi du plus fort. Ce combat est aussi celui des Européens face à un empire russe en mal de conquêtes territoriales. Il résonne aujourd’hui plus que jamais. Céder face à l’agression, c’est accepter que la violence redessine nos frontières et décide du destin de nos nations.

> Journée de travail avec les professionnels du secteur au Salon de l’agriculture. J’ai échangé avec les acteurs agricoles, écouté leurs réalités de terrain, leurs contraintes et leurs attentes. Au cœur des discussions : le défi de réduire la place des aliments ultra-transformés, celui de concilier l’impératif de production alimentaire aujourd’hui avec la préservation des actifs naturels demain, et les besoins d’accompagnement des filières face à la transition écologique et à la décarbonation du secteur.

 

Elisabeth Borne (députée)
> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Il y a quatre ans, la Russie déclenchait une offensive militaire contre l’Ukraine, au mépris du droit international. Depuis, le peuple ukrainien oppose une résistance admirable, malgré les épreuves et les souffrances. La France et l’Europe demeurent plus que jamais unies et déterminées à défendre la paix, la liberté et le droit face à ceux qui sèment la guerre et le chaos.

 

Marc Ferracci (député)
> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Le 24 février 2022, la Russie lançait une guerre d’agression contre l’Ukraine. Quatre ans plus tard, l’Ukraine tient. Et ce qui se joue là-bas dépasse ses frontières : c’est l’équilibre de toute l’Europe qui est en cause. La France a fait un choix clair : ne pas détourner le regard, ne pas céder, ne pas laisser l’histoire se faire sans réagir. Cette guerre est déjà un échec pour la Russie — stratégique, militaire, économique. Soutenir l’Ukraine, c’est protéger l’Europe. Défendre l’Europe, c’est défendre notre liberté. Chaque jour, les Ukrainiennes et les Ukrainiens se battent avec courage et dignité. Leur combat est aussi le nôtre. La France est et restera à leurs côtés.

 

Prisca Thevenot (députée)
> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine / Intervention à l’Assemblée] Il y a quatre ans, jour pour jour, la Russie envahissait l’Ukraine. Quatre ans après, l’Ukraine tient toujours. Elle tient sous les frappes massives, elle tient malgré les destructions, elle tient parce qu’elle défend sa liberté. Et en défendant sa liberté, elle protège aussi notre sécurité collective, notre modèle démocratique et l’idée même que la force ne fait pas le droit sur notre continent.
Dans ce combat, la France a toujours été au rendez-vous et elle l’est plus encore aujourd’hui. La coalition des volontaires réunie à l’initiative du président de la République l’a démontré : notre pays ne subit pas les événements ; il organise la riposte européenne. Car oui, quatre ans après, le moment est décisif. L’Ukraine a besoin d’un soutien massif et immédiat.
Or le soutien aux Ukrainiens ne fait toujours pas l’unanimité au sein de la classe politique française, tant ici à l’Assemblée nationale qu’au Parlement européen. Au niveau européen, il a été décidé d’accorder à l’Ukraine un prêt de 90 milliards d’euros, mais ce prêt est désormais bloqué par la Hongrie d’Orbán, ami de Mme Le Pen et de M. Bardella. D’ailleurs, le RN a voté contre ce prêt au Parlement européen.
Si l’extrême droite continue en réalité d’être le soutien de M. Poutine, l’extrême gauche n’a rien à lui envier. La France insoumise a ainsi annoncé son opposition à la stratégie d’aide. Pendant que les extrêmes bloquent, les soldats et les civils ukrainiens meurent !
L’heure n’est plus au blocage mais à l’action et le choix de l’action est clair. C’est la raison pour laquelle Gabriel Attal et des députés de notre groupe se trouvent aujourd’hui en Ukraine. Ce déplacement n’est pas symbolique : il incarne la constance et la lucidité de ma famille politique.
Des dizaines de milliards d’euros d’actifs russes sont gelés dans les banques européennes alors que l’Ukraine se reconstruit sous les bombes. La proposition défendue par Gabriel Attal est juste et de bon sens : il revient à la Russie d’assumer le coût financier de cette guerre.

 

Pieyre-Alexandre Anglade (député) 
> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Ce mardi marque les quatre ans de l'invasion russe. Quatre années de souffrances pour le peuple ukrainien, mais aussi quatre années de résistance acharnée. Nous resterons aussi longtemps que nécessaire auprès de l’Ukraine.

 

Paul Midy (député)
> À quand l'élection directe du (de la) Président(e) de l'Union européenne par tous les européens ? Pour redevenir la 1ère puissance économique mondiale et pouvoir se défendre, l'Europe a besoin d'un chef élu par ses concitoyens !

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> Le sujet de la compétitivité et du revenu des agriculteurs n’a rien à voir avec le Mercosur. Le Mercosur n’est pas en place. La situation va mal, mais pas à cause du Mercosur. On a peur de quelque chose qui n’existe pas encore. (…)
La situation que vivent les agriculteurs aujourd’hui n’est pas liée à un accord qui n’est pas appliqué. On nous avait déjà expliqué que le CETA, l’accord économique et commercial global entre l’Union européenne et le Canada, serait une catastrophe. Au final, le solde est positif de quasiment un demi-milliard d’euros. Il faut sortir des peurs anticipées.

> [Priorité pour relancer l’agriculture française] Retrouver de la compétitivité et travailler filière par filière. Cela suppose de l’investissement sur le temps long. Nous avions lancé un plan de souveraineté fruits et légumes parce que 50 à 60% des fruits et légumes consommés en France ne viennent pas de France. Replanter un verger prend des années. Il faut investir dans la robotique, dans le matériel. Si on répond seulement à l’urgence, on ne prépare pas l’avenir.”

> [Exploitations trop petites] Nous sommes dans un espace contraint. Nous n’avons pas les millions d’hectares des États-Unis ou du Brésil. Le rendement moyen en blé en France est de 50 à 60 quintaux à l’hectare, contre 15 à 20 aux États-Unis. La comparaison brute n’a pas de sens. Nous devons préserver notre foncier et produire en respectant l’environnement, sans tomber dans la décroissance.

> On peut produire sans dégrader et sans être adepte de la décroissance. Nous sommes dans un pays où la contrainte foncière est forte. Il faut préserver cette ressource, investir dans la décarbonation et l’innovation.”

> L’industrie agroalimentaire traverse une crise parce qu’elle ne peut pas investir suffisamment. Les marges sont insuffisantes. Si vous ne dégagez pas de marges pour moderniser vos outils, améliorer la compétitivité énergétique ou investir dans de nouveaux process industriels, vous décrochez. La grande distribution a sa part de responsabilité.

> La filière bovine a des prix historiquement élevés. Le lait va plutôt mieux dans certaines régions. En revanche, les grandes cultures souffrent. Il faut arrêter de tout mettre dans le même panier et ajuster en fonction des réalités.

> Si on pense que l’immédiateté règle tout, on ment aux gens. On en est à la quatrième loi agricole. Soit on fait de mauvaises lois, soit on n’applique pas celles qu’on vote. Avant de faire une loi d’urgence agricole, il faudrait déjà appliquer celles votées en 2023, 2024 et 2025 ! (…)
La moitié des décrets d’application ne sont pas publiés. L’intention du législateur n’est pas ce qui se passe sur le terrain. On donne le sentiment d’impuissance parlementaire. (…)
Je ne suis pas dans l’opposition. Mais le rôle d’un parlementaire n’est pas d’empiler les lois. C’est de contrôler leur application. Nous sommes un pays qui adore faire des lois et qui se plaint ensuite d’en avoir trop.

> Les bassines sont une solution dans certaines régions. Ce n’est pas bassines ou pas bassines. Il faut des réserves, des retenues collinaires, travailler au rechargement des nappes et encourager les économies d’eau. L’autonomie alimentaire passe aussi par la gestion de l’eau.

> [Loi sur la fin de vie] Il n’y aura pas de consigne de vote. Ce sont des sujets de conscience. Chaque député votera en fonction de sa conviction. Aujourd’hui, si le texte restait en l’état, je voterais contre. Je considère qu’on a ouvert la porte à des choses dangereuses. Ça va trop loin. (…)
Le risque que des personnes, notamment les plus modestes, se sentent devenir un poids pour leur famille ou pour la société. Je ne veux pas que nous entrions dans cette logique. Et j’ai du mal à qualifier la notion de délit d’entrave dans ce registre.

> Jean-Luc Mélenchon a décidé qui était la Pravda. Il fait la Pravda, crée la Pravda et ne parle qu’à la Pravda. Si vous ne parlez qu’aux gens avec lesquels vous êtes d’accord, vous avez un problème avec la démocratie. (…)
Il dérive. C’est un bateau sans cap. Il suffisait de dire qu’il y avait des brebis galeuses et qu’on ferait le ménage. Il dit qu’il n’y en a pas. Ce n’est pas acceptable.

> C’est ni RN, ni LFI. Nous ne sommes pas obligés de choisir entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Il faut construire une alternative de rassemblement.

LFI n’est pas hors de l’arc républicain. S’ils étaient hors de l’arc républicain, il faudrait les interdire. Il peut y avoir des discours ou des pratiques non républicaines, mais ils ne sont pas hors du champ républicain.”

> [Primaire à droite et au centre pour la présidentielle] La démonstration de l’utilité des primaires n’a pas été faite. Elles radicalisent les camps. Il faut d’abord faire émerger un projet capable de parler à l’ensemble des Français.

 

Bruno Fuchs (député)
> Le Parlement contrôle l’action de l’exécutif, vote les budgets de la défense et des affaires étrangères. Il ratifie environ 25 % des traités et des conventions signés par la France, et il doit aussi être consulté sur les opérations extérieures quand elles se prolongent.

Mais le rapport démontre bien que les parlementaires peuvent aussi jouer un rôle majeur dans le renforcement de l’influence de la France dans le monde, rôle aujourd’hui très nettement sous-utilisé.
Sous l’impulsion de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, nous voulons contribuer pleinement au renforcement de l’influence de la France dans le monde.

> La place de la France dans le monde n’a jamais été autant concurrencée et son influence autant relativisée. La diplomatie française ne doit pas subir mais apporter d’urgence de nouvelles réponses à une situation devenue préoccupante.
Il y a au moins trois facteurs qui expliquent ce recul. Le recul est tout d’abord « mécanique », avec l’arrivée sur la scène internationale de nouvelles puissances mondiales ou régionales qui déploient une grande activité diplomatique. La plupart des grandes négociations se déroulent désormais au Qatar, en Arabie saoudite ou encore aux Émirats arabes unis. Là où nous étions encore protégés en Afrique francophone il y a une à une vingtaine d’années, nos compétiteurs sont aujourd’hui omniprésents : Russie, Turquie, Chine, Inde…
Il y a ensuite un nouvel ordre mondial qui se met en place : le multilatéralisme laisse la place aux rapports de force et aux logiques transactionnelles. Ce n’est pas un terrain sur lequel nous sommes très à l’aise.
Enfin, il y a des raisons propres à la France : notre stratégie cherche à s’adapter mais elle n’est pas toujours comprise. Il y a aussi la faiblesse de nos moyens dédiés à la diplomatie et à notre influence. Dans le budget 2026, les crédits attribués à la défense sont en augmentation de plus de 6 milliards d’euros et c’est une bonne chose. Mais dans le même temps, ceux du quai d’Orsay sont à la baisse pour la troisième année consécutive. Il en est de même pour les budgets de nos médias extérieurs. Ils sont très insuffisants pour pouvoir rivaliser avec les campagnes de désinformation dont nous sommes victimes. C’est là que la diplomatie parlementaire peut être utile. (...)
Ne pas perdre de terrain, en regagner, c’est cela, l’apport de la diplomatie parlementaire, comme force additionnelle et coordonnée avec la diplomatie d’État.

> Je cherche en permanence des approches nouvelles qui permettent d’apporter quelque chose de concret à nos concitoyens. J’ai lancé plusieurs missions en commun avec des parlementaires d’autres pays.
Avec le Sénégal, nous lançons une commission mixte franco-sénégalaise pour apporter des réponses communes aux questions de mobilité et d’immigration. Avec la RDC, des parlementaires des deux pays travaillent à l’élaboration d’un traité de coopération économique qui favorisera l’activité économique entre nos deux pays. Est-il normal que les Chinois bénéficient d’un tel traité avec la RDC alors que personne n’a jamais pensé à en établir un entre ces deux pays francophones ?

Avec le Maroc, nous avons obtenu qu’un groupe de parlementaires franco-marocains apporte une contribution à la rédaction du nouveau traité d’amitié entre nos deux pays.
Avec les États-Unis, j’ai proposé là aussi à mon homologue du Congrès de travailler ensemble sur les sujets de gouvernance mondiale et de respect du droit international. Je n’ai, à ce jour, reçu aucune réponse…

> La France a historiquement assis son influence sur deux grands leviers géographiques : l’Europe et l’espace francophone. L’Europe est aujourd’hui attaquée de toutes parts et menacée d’atomisation ; quant à l’espace francophone, il devient de plus en plus distant, voire parfois hostile à l’égard de la France.
Il y a donc une urgence absolue à contribuer à faire de l’Europe une puissance mondiale et à permettre aux pays d’Afrique, notamment francophones, de redevenir des partenaires respectés et de confiance. (…)
Concrètement, j’ai créé la conférence permanente des présidents des commissions des affaires étrangères de l’Union européenne, associant également le Royaume-Uni. Cette instance permet de proposer des réponses européennes, incarnées par des parlementaires de tous les pays de l’Europe. Je confirme que cela se voit et que cela pèse.
S’agissant de l’espace francophone, j’ai rédigé, avec ma collègue Michèle Tabarot, un rapport qui fait un constat lucide et qui propose un plan d’action très détaillé pour inverser la tendance. Il faut avouer qu’il a été plébiscité en Afrique. S’agissant de la France, j’attends toujours que le gouvernement s’y intéresse.

> Nous voulons aussi renforcer la France dans son rôle de défenseur du droit international, de la paix et des libertés publiques. Dès la mise en place de l’Administration Trump, j’ai emmené une délégation de députés à Washington. Nous avons immédiatement alerté sur le caractère autoritaire et expansionniste de la nouvelle Administration.
La commission d’enquête a aussi envoyé une mission au Kosovo et en Serbie pour voir comment contribuer à l’apaisement des relations entre les deux pays. Et nous allons mener cette année une mission de bons offices en Arménie et en Azerbaïdjan.
Je pourrais aussi évoquer une initiative dont seule la France est capable. En mars, nous préparons un cycle d’auditions de toutes les organisations et tous les partis d’opposition en Iran. L’idée est de leur permettre de trouver les conditions d’un dialogue et ensuite de les accompagner dans l’écriture d’une plateforme de transition inclusive et démocratique.
La France est un grand pays, c’est une puissance mondiale, elle doit impérativement se réinterroger et se donner les moyens de rester parmi les grands, pour pouvoir défendre nos intérêts et nos valeurs dans le monde.

 

Frédéric Petit (député)
> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Une guerre, des centaines de milliers de victimes, des vies brisées, mais un peuple toujours debout.

 

Josy Poueyto (députée)
> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Le 24 février marque le quatrième anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Alors qu'une partie des Français estime désormais que ce conflit ne doit plus nous concerner, alors que notre esprit de défense peine à s’enraciner dans notre société, alors que la Hongrie vient d'opposer son veto à de nouvelles sanctions européennes, je veux, au nom du groupe Les Démocrates, redire notre soutien indéfectible au peuple ukrainien et rappeler que cette guerre est aussi la nôtre. 
Ne nous trompons pas, la Russie poursuit son effort de guerre avec détermination : près de 50% de ses ressources sont orientées vers une économie militarisée ; son industrie est tournée vers la production d'armement ; son appareil d'État est structuré pour la confrontation. Rien, sinon une action résolue, ne freinera ses ambitions. 
Et quatre ans après, il faut aussi que la France et l'Europe se demandent quelles leçons concrètes elles ont tiré de ce conflit pour renforcer leur souveraineté alimentaire énergétique et son esprit de défense. Car nous sommes déjà concernés : la France est visée par des cyberattaques, des opérations de déstabilisation et des campagnes de désinformation. La guerre hybride est une réalité. Les temps ont changé. Cette guerre engage la sécurité de l'Europe, nos valeurs et notre avenir. 
Nos armées ont amorcé leur transformation. Mais face à un régime installé dans une logique de guerre durable, nous devons accélérer. L'actualisation de la LPM sera un moment de vérité. Si nous affirmons que la Russie ne doit pas gagner, nous devons nous en donner les moyens. 

 

● Parti radical
Nathalie Delattre (présidente)
> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] 24 février 2022. 4 ans de résistance. Après l’annexion illégale de la Crimée en 2014, la Russie a choisi la force. Une guerre qui frappe aveuglément, jusque dans les populations civiles. Ce qui se joue là-bas engage l’Europe ici, nos libertés et la sécurité de notre continent.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Depuis le premier jour de l’invasion russe, le groupe Renew Europe est aux côtés du peuple ukrainien. L’Union européenne est aujourd’hui le premier soutien de l’Ukraine. Soyons fiers d’aider ceux qui nous protègent. Être Européen, c’est être Ukrainien. Slava Ukraini !

 

Bernard Guetta (député)
> [Opinion : Rien n’est plus dangereux qu’un Trump acculé] Les uns en concluront que la Cour suprême vient de démontrer la solidité de la démocratie américaine et de ses contre-pouvoirs. Il n’y avait aucune raison, diront-ils, de désespérer des Etats-Unis et il y en aurait encore moins d’enterrer l’Alliance atlantique puisqu’on voit bien là que Trump n’aura finalement été qu’une parenthèse qui se referme.
On peut d’autant moins leur donner tort que ce président multipliait les revers avant même que la Cour n’ait arrêté qu’il avait outrepassé ses pouvoirs car les droits de douane constituent un impôt que seul le Congrès était habilité à lever. Il y avait plusieurs mois déjà que l’inflation nourrissait un mécontentement social. La sauvagerie de la chasse aux immigrés choquait jusque dans les rangs trumpistes. Les dossiers Epstein n’arrangent rien et puis il y a ces échecs à l’international, Ukraine, Groënland et maintenant Iran où ce président doit choisir entre l’impopularité d’une intervention et l’humiliation d’un recul.
En baisse dans les sondages et désormais désavoué par les gardiens de la Constitution, Donald Trump est de fait parti pour perdre, en novembre prochain, les élections de mi-mandat mais on peut tout aussi bien considérer que son affaiblissement est porteur de sérieux dangers.
« Une disgrâce ! », a-t-il lancé en apprenant la décision de la Cour. « Ridicule », « profondément décevant », a-t-il ajouté avant d’aller jusqu’à accuser la plus haute instance judiciaire de son pays d’avoir été « influencée par des intérêts étrangers » qui détiendraient sur elle une « énorme influence ».
Les Etats-Unis et le monde se sont tellement habitués aux écarts de langage de Donald Trump que ces mots n’ont pas été vraiment relevés mais ils ont pourtant un sens. Si la Cour est sous influence étrangère, non seulement ses arrêts ne peuvent plus dire le droit mais ses membres sont coupables de haute trahison. J.D. Vance n’a d’ailleurs pas hésité à qualifier l’arrêt « d’illégal » et le président et son vice-président ont ainsi tous deux disqualifié la Cour suprême.
Peut-être en resteront-ils là mais il n’y a plus qu’un pas à faire avant la suspension de la Constitution. On a peine à imaginer que les Etats-Unis puissent en arriver là. On ne veut pas même l’envisager mais à son retour à la Maison-Blanche, l’un des tout premiers gestes de Donald Trump avait été de gracier les émeutiers qui avaient pris d’assaut le Congrès en 2021. Il n’aurait pas pu mieux dire qu’il ne désavouait pas les auteurs de cette tentative de coup d’Etat ; regrettait seulement qu’elle ait échoué et ne se laisserait pas facilement déposséder d’un pouvoir exécutif qu’il veut absolu.
Pour conserver les presque pleins pouvoirs que des élus républicains vassalisés lui accordent aujourd’hui, cet homme n’hésiterait pas à susciter des tensions intérieures ouvrant la voie à des formes d’état d’urgence ou même à créer une crise internationale lui permettant d’appeler au ralliement autour du drapeau. Avant que les démocrates ne se soient enhardis et que les dissidences ne se soient multipliées dans les rangs républicains, il fera tout pour reprendre la main et non pas seulement maintenir ses droits de douane.
Cette seule possibilité nous oblige donc, nous les Européens, à accélérer sur la voie de la Défense commune afin de montrer à ce président, à Vladimir Poutine et au reste du monde que nous sommes déterminés à faire face à une rupture de l’Alliance atlantique et à toute agression, d’où qu’elle vienne.
Si Donald Trump et ses amis ne choisissent pas l’aventure nous aurons alors entamé la construction du pilier européen d’une Alliance que nous souhaiterions préserver. Si par malheur cet homme précipitait les Etats-Unis dans le chaos et déstabilisait plus encore le monde, nous aurions au moins formé nos rangs.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> [Ukraine: quatre ans d’agression de Poutine] Quatre ans d’agression russe et d’horreur quotidienne. Quatre ans de résistance héroïque ! Nous ne lâcherons pas l’Ukraine. C’est notre devoir, c’est notre responsabilité et c’est notre sécurité. Slava Ukraini !

 

 


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