Le 24 février 2022, Vladimir Poutine envoyait ses soldats à la conquête de l’Ukraine.
Quatre ans après, il est très loin d’avoir réalisé son objectif.
Nous rentrons ainsi dans la cinquième année de cette agression qui a causé des centaines de milliers de morts (on estime que 325.000 soldats russes ont été tués contre plus de 100.000 du côté Ukrainien avec un bilan global de 1,8 million de morts, de blessés et de disparus, militaires et civils) avec peu de perspectives de paix dans un avenir proche même si Donald Trump plus ami de Poutine qu’allié de l’Ukraine fait tout ce qu’il peut pour donner la victoire au dictateur russe.
Si ce dernier n’a pas réussi sa soi-disant «opération spéciale», c’est aussi parce que les Européens se sont mobilisés pour soutenir les Ukrainiens tout comme l’ont fait les Etats-Unis jusqu’à la victoire de l’extrémiste populiste à la présidentielle américaine de novembre 2024.
Sans oublier évidemment le leadership de Volodymyr Zelensky et le courage extraordinaire du peuple ukrainien.
Au-delà d’une commémoration en l’honneur de la résistance héroïque de l’Ukraine et de ses morts, ce quatrième anniversaire doit être celui de l’engagement encore plus important de l’Europe aux côtés de Kiev alors que les «ennemis de l’Intérieur», tels le Hongrois Orban ou le Slovaque Fico, tentent d’empêcher le versement de l’aide qui est essentielle pour que le pays soit en mesure d’empêcher une victoire russe qui serait catastrophique pour tout le continent.
C’est en ce sens qu’Emmanuel Macron a
posté ce matin un très long message sur les réseaux sociaux:
«Cela fait quatre ans que l’Europe s’est réveillée au bruit des bombes russes
en Ukraine.
Quatre ans d’une guerre d’agression choisie par la Russie, au mépris flagrant
du droit international, de la souveraineté d’un peuple, et de la vie humaine.
Quatre ans de villes frappées, d’écoles et d’hôpitaux détruits,
d’infrastructures énergétiques méthodiquement ciblées pour plonger des familles
dans le froid et l’effroi.
Quatre ans, 15 000 civils ukrainiens tués.
Quatre ans de vies brisées, de violences, de viols, de tortures, de crimes de
guerre et de terreur.
Quatre ans, et des milliers d’enfants ukrainiens arrachés à leur terre et à
leurs familles.
Mais quatre ans que l’Ukraine tient et résiste.
Un jour, les Russes prendront conscience de l'énormité du crime commis en leur
nom, de la futilité des prétextes invoqués et des effets dévastateurs à long
terme sur leur pays. Alors que le Kremlin promettait de conquérir l’Ukraine en
quelques jours, seulement 1 % du territoire ukrainien a été conquis depuis
la stabilisation du front en novembre 2022.
Le mois dernier, l’Ukraine a même repris du terrain. Et cela à quel prix pour
les Russes ? Plus de 1,2 million de soldats russes ont été blessés ou
tués, c’est le plus grand nombre de victimes russes au combat depuis la Seconde
Guerre mondiale. Face aux pertes, la Russie enrôle des individus sur le
continent africain pour les envoyer combattre sur le front ukrainien, souvent
sans aucune formation préalable.
Cette guerre est un triple échec pour la Russie : militaire, économique,
stratégique. Elle a renforcé l’OTAN dont elle voulait éviter l’expansion, soudé
les Européens qu’elle voulait affaiblir, et mis à nu la fragilité d’un
impérialisme d’un autre âge. Parce que l’Ukraine est la première ligne de
défense de notre continent, la France et l’Europe se tiennent résolument à ses
côtés. Aide financière, militaire, humanitaire et énergétique : l’Europe a
déjà mobilisé 170 milliards d’euros.
Lors du Conseil européen de décembre, nous nous sommes mis d’accord sur un prêt
de 90 milliards d’euros pour garantir à l’Ukraine un financement
prévisible sur les deux prochaines années. Rien ne justifie de le remettre en
cause. Nous devons désormais le concrétiser.
Les livraisons de matériels et de munitions, la formation, le renforcement de
la défense aérienne et de la lutte anti-drones, et le soutien aux équipements
déjà fournis se poursuivront. Pour que l’Ukraine tienne et pour que la Russie
comprenne que le temps ne joue pas pour elle.
Nous continuerons également à nous en prendre à l'économie de guerre
russe : nous tiendrons le cap sur les sanctions et nous poursuivrons nos
actions contre la flotte fantôme.
Parce qu'il n'y aura pas de paix sans sécurité et que notre sécurité se joue en
Ukraine, nous continuerons de nous engager au sein de la Coalition des
Volontaires.
À Paris le 6 janvier dernier, nous avons bâti une convergence solide avec les
États-Unis sur les futures garanties de sécurité.
La nouvelle réunion d'aujourd'hui doit nous permettre de continuer à avancer.
Nous veillerons également à ce que les intérêts des Européens soient bien pris
en compte dans les discussions, y compris le moment venu quand il sera question
de l'architecture de sécurité nécessaire pour notre continent.
Aux Ukrainiennes et aux Ukrainiens : nous pensons à vous avec émotion. À
vos familles éprouvées, à vos enfants, à celles et ceux qui résistent sous les
frappes. À ceux qui croient pouvoir compter sur notre fatigue : ils se
trompent.
Nous sommes et resterons aux côtés de l'Ukraine.»
Quant à Volodymyr Zelenski, il a déclaré
dans un message vidéo:
«Aujourd’hui, cela fait exactement
quatre ans que Poutine était censé prendre Kiev en trois jours. Et cela en dit
long sur notre résistance, sur la manière dont l’Ukraine se bat depuis tout ce
temps. Derrière ces mots, il y a des millions de nos concitoyens, un immense
courage, un travail acharné, de l’endurance et le long chemin que l’Ukraine
parcourt depuis le 24 février.
En nous souvenant du début de l’invasion
et en regardant la situation aujourd’hui, nous avons pleinement le droit de
dire : nous avons défendu notre indépendance, nous n’avons pas perdu notre
Etat, Poutine n’a pas atteint ses objectifs. Il n’a pas brisé les Ukrainiens.
Il n’a pas gagné cette guerre. Nous avons préservé l’Ukraine et nous ferons
tout pour parvenir à la paix, et pour que justice soit faite. Nous voulons la
paix, une paix forte, digne et durable.»
[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]

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