Voici une sélection, ce 23 mai 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Discours à l’occasion de la
cérémonie du 25e anniversaire de la loi tendant à la reconnaissance de la
traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité dite « loi Taubira
»] La loi du 21 mai 2001 reconnaissait et qualifiait la traite négrière et
l'esclavage, dans sa vérité, un crime contre l'humanité. Et l'histoire
retiendra que cette loi fut portée avec force et dignité par Christiane
Taubira.
Cette force et cette dignité, nous les avons retrouvées, pour ceux qui
étaient nostalgiques. Nous en avons retrouvé les accents, le chant sourd, les
résonances de Césaire à Maryse Condé, et cette voix aussi singulière,
française, qui, de l'Océanie en passant par l'Amazonie jusqu'à nos Caraïbes,
chante notre langue différemment.
Vous l'avez redit, Madame la ministre, chère Christiane, avec beaucoup de
force, cette loi venait de loin et elle était nécessaire. Elle était nécessaire
et la présence que je retrouve aujourd'hui montre combien elle dit quelque
chose de ce que nous sommes, de ce qu'est la France, de ce que sont évidemment
nos territoires ultramarins et la possibilité de continuer cette histoire, mais
aussi de notre relation avec le continent africain, avec le continent
américain, avec l'Océanie et le Pacifique.
Alors, il y eut bien des débats, et ils existent toujours, pour
s'interroger sur la pertinence de lois dites mémorielles, faut-il légiférer sur
l'histoire ou pas, jusqu'où aller. Mais au fond, cette loi nommait et
reconnaissait, et elle était l'aboutissement, en effet, de siècles de
souffrance, de siècles durant lesquels cette mémoire singulière et douloureuse
avait été transmise, partagée, de génération en génération au sein de familles
antillaises, réunionnaises, guyanaises, mahoraises, africaines et tant
d'autres. Parfois, on voulait la faire taire. Parfois, elle ne faisait que se
murmurer. Mais elle était passée de main en main, de mère en fille, de famille
en famille. Elle fut parfois écrite. Elle était là.
Oui, il a fallu convaincre chacun que ce combat était celui de la
République, encore et toujours, que l'oubli ne devait pas ensevelir les
victimes et que la République avait, certes, aboli deux fois l'esclavage, en
1794 puis en 1848, mais elle ne l'avait pas encore qualifié. Ainsi a fini par
s'imposer le jugement de l'histoire que la loi a reconnu comme tel. C'est
pourquoi cette loi était nécessaire.
25 ans plus tard, où en sommes-nous ? Vous l'avez rappelé, vous venez
de le dire, le président Ayrault, cher Jean-Marc, l'a dit aussi, la loi du 21
mai 2001 a permis l'essor d'une recherche historique rigoureuse. Elle a inscrit
le 10 mai comme journée nationale de commémoration. Elle a donné une
reconnaissance légale à une douleur que certains voulaient et veulent encore
minimiser, ignorer, refouler. Elle a permis la fondation, ô combien importante,
et nous l'avons pérennisée, consolidée, installée là où elle devait être, comme
une évidence aujourd'hui.
Alors que reste-t-il à faire ? Puisque vous avez rappelé, au fond, toute
cette légende des siècles sur laquelle s'adossait et dans laquelle s'enracinait
ce texte, que reste-t-il à faire ? Beaucoup en vérité. D'abord, et cela
vient d'être évoqué, le Code noir. En effet, il subsiste encore un texte qui
n'aurait jamais dû survivre à l'abolition de l'esclavage, encore moins
traverser les siècles jusqu'à nous, un texte qui n'a jamais fait l'objet d'une
abrogation formelle par la République, au point que cet oubli est comme devenu
une faute.
Je veux ici citer évidemment ce qu'on appelle le Code noir promulgué en mars
1685 sous l'égide de Louis XIV, rédigé sous l'autorité de Colbert. 60 articles.
60 articles destinés à organiser la mise en esclavage d'êtres humains dans les
colonies françaises. 60 articles pour réduire les Africains à l'état de biens
meubles, prescrire les châtiments corporels les plus abominables, organiser la
séparation des familles, nier enfin à des centaines de milliers d'hommes, de
femmes, d'enfants, leur humanité fondamentale. Certes, depuis l'abolition de
l'esclavage du 27 avril 1848, ce terrible code ne produit plus d'effets
juridiques. Mais précisément, le droit n'est pas seulement une mécanique
d'effets. Le silence, voire l'indifférence que nous maintenons depuis près de
deux siècles à l'égard de ce Code noir n'est pas un oubli, mais est devenu une
forme d'offense, un défi à ceux qui nous fondent depuis 1789. C'est pourquoi je
demande au Gouvernement de faire sienne la proposition de loi visant à abroger
le Code noir qui doit être débattue le 28 mai prochain à l'Assemblée nationale.
Je veux ici saluer le travail de nombreux historiens qui ont soulevé ce débat,
l'ont porté jusque dans la sphère politique, saluer le député Max Mathiasin et
des parlementaires à ses côtés qui ont ouvert ce chantier nécessaire en
déposant cette proposition de loi, conformément aux vœux et à l'engagement
qu'avait pris François Bayrou alors premier ministre. Oui, la France va enfin
abroger le Code noir, non pas pour l'effacer de notre histoire. Les archives
demeureront, les historiens continueront leur travail, les musées continueront
de l'exposer, mais pour affirmer clairement que son maintien est une trahison
de ce qu'est la République.
Et parce que la République française doit enfin se donner les moyens de dire,
dans sa propre langue juridique, avec la même solennité qu'elle a su déployer
pour d'autres textes de mémoire, oui, ce texte est contraire à notre
Constitution, contraire au Droit de l'homme et du citoyen, contraire à l'égale
dignité de tous les êtres humains que nous professons comme une valeur
fondatrice. Oui, en nous reconfrontant à ce que la France a pu faire, avec
lucidité, nous aurons à dire non. Car il est une part du peuple français pour
qui le 10 mai, le 23 mai ne sont pas des dates abstraites, pour qui les noms de
Toussaint Louverture, Louis Delgrès, Solitude, Joseph Ignace ou tant d'autres
sont des noms de famille au sens le plus profond. Pour qui l'histoire de
l'esclavage n'est pas un passé révolu, mais une origine à laquelle on revient
sans cesse, une blessure que l'on transmet sans le vouloir, une mémoire que
l'on ne sait parfois pas comment tenir sans qu'elle vous consume. Alors,
abroger le Code noir, c'est dire à cette part essentielle de notre peuple que
son histoire, sa mémoire est aussi celle de la nation elle-même tout entière.
Il y a devant nous ce défi, cette autre grande question, qui est sous-jacente à
ce qu'a convoqué à l'instant la ministre Christiane Taubira, qui est celle de
la réparation. Grosse affaire, dirait-on à Haïti. Immense question que,
d'ailleurs, nous avons su affronter à plusieurs reprises sur des questions de
mémoire très contemporaines, comme avec les Harkis.
La question, c'est comment réparer un tel crime, comment réparer quand des
générations après, les choses sont là ? Est-ce une promesse tenable ?
En tout cas, c'est une question qu'il ne faut pas refuser. Mais c'est une
question sur laquelle il ne faut pas non plus faire de fausses promesses. Je
vais essayer de vous dire, et sans doute, cette réflexion et ces décisions sont
encore inachevées, car nous cheminons tous ensemble. Mais c'est tout ce que,
depuis 25 ans et ces dernières années, nous avons essayé de faire
collectivement avec notre propre histoire, avec l'histoire qui nous lie avec le
continent africain, avec nos Caraïbes, l’Océanie, l'Amérique.
On ne peut pas réparer au sens, je parle sous le contrôle d'un éminent
académicien, au sens où, étymologiquement, on pourrait le dire, c'est-à-dire
rétablir un état premier et effacer les traces. C'est impossible et ce n'est
pas souhaitable. Mais réparer, c'est d'abord restaurer la juste place. Et donc,
c'est d'abord l'éducation. C'est par là que vous avez commencé. Vous l'avez
rappelé, c'est le cœur, d'ailleurs, de la mission de l'Éducation nationale,
évidemment, de ce que fait la Fondation, de ce qui a été fait depuis 25 ans de
manière encore plus ardente. Et c'est pour ça que j'ai une gratitude très
profonde pour nos enseignants qui sont ici présents, et les directrices,
directeurs, rectrices et recteurs. Le concours de La Flamme de l'égalité à
l'école est évidemment clé, mais tous les concours, tous les enseignements, le
changement des programmes et tout ce qui nous reste à faire est essentiel, qui
consiste à remettre la pleine place de cette histoire dans l'histoire de la
République et de la France.
La première des réparations consiste à restaurer la vérité dans notre histoire,
à lui donner toute sa place, à redonner des noms aux héros, à leur redonner un
sens, à leur faire réhabiter les lieux, comme nous l'avons fait d'ailleurs en
2023 avec Toussaint Louverture au Fort de Joux, et à mesurer d'ailleurs la
cruauté au carré lorsqu'il a fallu mettre ce héros, ce soldat, celui qui au
fond était plus républicain que les Français eux-mêmes, dans le fort le plus
reculé de toutes les côtes afin d'être totalement sûr qu'il ne puisse jamais
s'en échapper et mourir dans le froid et si loin de sa terre natale.
L'éducation, donc, pilier essentiel pour commencer à réparer.
La recherche, ensuite. Vous l'avez dit, la Fondation, là aussi, pour la mémoire
de l'esclavage, joue un rôle essentiel. Là aussi, une question nationale,
l'Enseignement supérieur va continuer ce travail, mais c'est poursuivre les
fonds dévolus aux études sur l'histoire coloniale, sur l'histoire de
l'esclavage, de la traite, afin de les mettre à la hauteur de notre ambition
mémorielle et afin surtout que ce travail de vérité, d'histoire, ces dialogues,
continuent de se faire. Je veux ici dire combien ces dernières années, nous
avons placé, au-delà de la question de la traite, de l'esclavage, la question
de la recherche scientifique comme étant au cœur de toute forme de réparation
sur notre propre histoire coloniale avec l'Algérie.
Je souhaite que nous puissions reprendre le travail de cette commission mixte,
mais aussi pour une histoire plus contemporaine, comme nous l'avons fait avec
le Cameroun, avec le Rwanda, dans des gestes, je crois, mémoriaux qui sont
essentiels, et par un travail scientifique où ces commissions mixtes ont pu
avancer, faire révéler la vérité, et du coup pouvoir donner tout son sens à
notre histoire, et là, oui, la réparer. C'est-à-dire y ajouter des pans qui
avaient disparu, remettre des faits, des axes, des actes, redonner une place à
des traces qui avaient été effacées, à des récits qui avaient été travestis. La
recherche essentielle.
Ensuite, c'est de continuer à donner des lieux, de les nommer. La Fondation en
a un ô combien important, et c'est aussi pour ça que nous avons voulu le
mémorial des victimes de l'esclavage, et je me réjouis de pouvoir l'inaugurer à
Paris au début de l'année prochaine avec vous, là où fut adoptée la Déclaration
universelle des droits de l'homme au Trocadéro. Je tiens à remercier toutes les
associations, le ministère des Outre-mer, je sais l'engagement aussi qu'a eu
votre prédécesseur, Manuel Valls, Madame la ministre, pour finaliser ce projet,
l'ensemble des ministères, des associations qui sont là et qui ont su trouver
l'accord, et les artistes évidemment. Et ce mémorial aura une place essentielle
dans notre capitale et viendra en quelque sorte comme prolonger ou dialoguer
avec le Mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre, des lieux aussi.
Et puis, pour continuer de réparer, il faut restituer, c'est-à-dire redonner à
l'histoire de nos partenaires, et je le dis ici devant les ambassadrices et les
ambassadeurs qui sont là, car cette mémoire, la violence qui va avec,
l'esclavage, la traite, qui a été aussi avec la colonisation, s'est accompagnée
de rapts. Et donc la restitution que nous avons décidée des œuvres, elle
contribue à ce geste de réparation, c'est-à-dire dans un cadre qui a été dûment
défini, de la même manière, par les chercheurs, par les plus grands
spécialistes qui ensuite a acheminé, qui a donné lieu à ce texte de loi voté à
l'unanimité il y a quelques jours, promulgué il y a quelques jours à peine, de
pouvoir restituer des œuvres qui avaient été volées dans ce même geste de violence.
La restitution des œuvres, des biens culturels, qui sont aussi souvent des
biens culturels et religieux, participe de ce chemin de réparation.
Indissociable de cela, il y a — et c'est au fond ce que votre texte de loi, il
y a 25 ans — a fait, la reconnaissance. Reconnaître, c'est nommer, c'est mettre
des mots, c'est inscrire pleinement dans notre histoire, mais ce n'est pas un
geste léger. Et ce parcours de la reconnaissance, nous ne l'avons pas terminé.
C'est de continuer comme vous l'avez fait, comme par prétérition, à divulguer
et a expliquer quelle est notre histoire, l'histoire de nos lieux. Celui-ci, en
effet, construit avec l'argent de la traite, de l'exploitation du sucre, parce
que le financier Crozat a voulu le rendre heureux, comte d’Évreux, que sa fille
puisse contracter un bon mariage. Ce lieu a été financé par-là, comme beaucoup
de lieux de la République. Faut-il pour autant les abattre, les effacer ?
Faut-il démolir les statues ? Non, je l'ai déjà dit. Ce n'est pas ça, le
sens de l'histoire. Ce n'est pas ça, réparer. Ce serait encore casser davantage.
Mais il faut le reconnaître, le nommer, le partager et lui donner sa juste
place dans notre histoire. Parce que c'est ce qui nous permet de continuer
d'avancer tel que nous sommes et dans nos Outre-mer, et avec aussi le continent
africain et tous nos partenaires. Si nous ne reconnaissons pas, aucune chance
qu'on puisse bâtir l'avenir.
Nous sommes comme l'ange de clé qui est pris entre le vent qui l'amène vers
l'avenir et un regard qui est constamment rivé vers le passé parce qu'il n'a
pas digéré ce passé, parce qu'il n'a pas reconnu lui-même. Ce travail de
reconnaissance, ce parcours, c'est celui que nous devons poursuivre. Il se fait
par un va-et-vient constant entre la science, ce travail qu'il faut poursuivre
avec les historiens et la geste politique. Et il n'est pas terminé. Et je veux
ici, dans ce travail, ce parcours de reconnaissance, évoquer deux travaux qui
me tiennent à cœur et qui sont importants pour nous, en tant que Français, et
pour notre relation avec les Caraïbes et l'Afrique.
C'est d'abord le travail qu'on a enclenché avec Haïti, il y a un an. Il est
très important, il relève de cette éthique de la responsabilité. Nous avons
reconnu que Charles X avait, en 1825, infligé à la jeune République d'Haïti le
remboursement d'une dette pour prix du départ de la puissance coloniale
française. Indûment, nous avons reconnu. Cette dette était d'autant plus
cruelle qu'elle frappait une nation d'anciens esclaves qui s'étaient libérés
par les armes, au nom même des valeurs de la Révolution et de la République.
C'est pour cette raison que nous avons, d'un commun accord avec les autorités
haïtiennes, réuni des historiens de nos deux pays, des spécialistes — et je
remercie ceux qui ont à piloter cette commission, et je souhaite que le
Gouvernement leur donne tous les moyens de continuer d'avancer dans leurs
travaux — pour, justement, revisiter cette histoire et, de manière la plus
exacte possible, établir les responsabilités de tous les acteurs, la réalité et
les réparations possibles. Ce travail était nécessaire et la Commission est à
l'œuvre, je le sais, depuis plusieurs mois. Je souhaite qu'elle puisse, en
décembre prochain, nous rendre ce travail.
Puis il y a un autre dialogue du même ordre que nous commençons, avec l'Afrique
et avec mon ami John Dramani Mahama, président du Ghana, initiateur de la
résolution évoquée. La France ne l'a pas votée, cette résolution, mais de
manière totalement assumée, et je l'ai expliqué au président du Ghana, parce
qu'on aurait dû sans doute faire mieux le travail en amont collectivement, mais
parce qu'on a refusé la formulation explicitement hiérarchisant les crimes
contre l'humanité. Et je pense d'ailleurs que ce n'était pas une bonne
démarche. Et d'ailleurs, ces crimes contre l'humanité sont eux-mêmes
inséparables, et j'ai toujours refusé toute hiérarchie. Et je pense qu'on
aurait ouvert des débats dans notre société, et on aurait d'ailleurs acté, je
pense, une hiérarchisation qui, dans la période que nous vivons, n'aurait pas
été salutaire. Néanmoins, je l'ai dit, parce que j'ai eu de longs échanges avec
le président avant, après. Il est venu ici, on en a longuement parlé. On ne
peut pas simplement s'arrêter à cette résolution. On ne peut pas ne pas
entendre ce qu'il y a derrière, qui est justement une demande de justice,
toujours de réparation.
Et donc, ensemble, nous en avons parlé et j'ai d'abord accepté l'invitation du
président Mahama de participer au suivi de la mise en œuvre de la résolution de
l'Assemblée générale en m'adressant à la conférence que le Ghana accueillera
dans un mois. Mais nous avons décidé de lancer ensemble un travail scientifique
international avec un ancrage franco-ghanéen, mais assumant la participation
large de nos scientifiques en la matière pour établir les éléments
scientifiques et faire des recommandations très concrètes aux décideurs
politiques. Même si on n'est pas d'accord avec la formulation, on ne peut pas
balayer d'un revers de main cette résolution. En effet, ce mouvement qui s'est
établi, qui, sinon, viendra à créer de nouveaux clivages dans le monde que nous
connaissons et qui, en quelque sorte, serait vécu, vu comme une forme de
mépris, ou de refus de voir.
Nous devons engager le dialogue, le travail avec honnêteté pour continuer ce
chemin. Et donc, là encore, nous allons mener ce travail. S'il est l'affaire de
tous, la France va continuer de prendre sa part, elle l'a prise depuis
longtemps, et je souhaite qu'avec nous, États, organisations internationales et
régionales, l'UNESCO, l'ONU, l'Union européenne, la communauté caribéenne,
l'Union africaine, etc., et toutes les fondations aussi, comme la Fondation
pour la mémoire de l'esclavage et l'association, participent de ce mouvement,
car il est essentiel.
Mais pour autant, en faisant cela, nous devons avoir l'honnêteté de nous dire
qu'on ne pourra jamais réparer ce crime, totalement, parce que c'est
impossible. Mais qu'est-ce que cela nous dit ? D'abord, je pense
l'honnêteté de dire les choses et de ne pas se tenir de fausses promesses. Mais
ça nous dit que ce parcours de reconnaissance et de réparation, nous devons
accepter le fait qu'il n'a pas de point final. On ne peut pas clôturer ce qui
s'est passé, mais que nous devons sans cesse le recommencer, et que nous devons
sans cesse continuer d'avancer, mais que vous ne pourrez pas un jour mettre un
chiffre, mettre un mot qui viendrait donner un point final à cette histoire,
parce qu'elle continue de circuler. D'abord, elle continue et continuera de
circuler entre les Caraïbes, les Amériques, l'Afrique et la France. Mais c'est
à nous, par ce parcours de reconnaissance, de réparation assumée, de lui donner
un nouveau visage. J'ai été frappé de voir que quand on a, par exemple,
restitué au Bénin les œuvres qui avaient été volées dans la brutalité il y a
plus d'un siècle, ces 26 pièces du Trésor d'Abomey, la manière dont nous
l'avons fait, pensée, conçue, n'a pas été un point final. Des artistes
contemporains béninois sont venus créer. Ils sont venus exposer ici, à la
conciergerie. Ils sont venus continuer le travail et le dialogue. Ils se sont
réapproprié ces œuvres qu'on leur avait volées pour en faire des mythes
contemporains. Et des jeunes Français sont venus redécouvrir Behanzin et ses
figures qui avaient disparu, qu'ils ne venaient plus voir quand c'était dans
nos musées, parce que des artistes de leur génération sur le continent
africain, d'un seul coup, venaient réinventer cette histoire.
Si nous avons le courage, la lucidité, la volonté de dire qu'il n'y a pas de
point final, les générations à venir continueront de faire circuler cette
histoire. Les souffrances, mais cette fois-ci, les souffrances qui ne sont plus
tues ou murmurées, mais qui sont transcendées, recréées, réinventées, et on
leur redonnera toute la place dans nos institutions.
C'est exactement le même chemin que nous devons faire pour nous-mêmes en
France. La réparation au fond, et je veux ici faire un affreux plagiat, mais
comme je le cite, ce ne sera pas un plagiat, mais m'inscrire dans les pas du
philosophe Rachid Benzine, qui travaille en ce moment sur une notion un peu
orpheline de notre philosophie, de notre pensée : le chagrin. Il a raison
de dire que nos nations sont traversées par des chagrins, individuels ou
collectifs, et nous ne savons pas les prendre. Et il y a des fausses promesses
faites aux chagrins, les uns en ne voulant plus les entendre. Chagrin d'hier ne
vient plus m'ennuyer, avec ça on va passer à autre chose, fini la repentance.
Ou les autres fausses promesses, ton chagrin est indépassable et je vivrai avec
toi dans un chagrin éternel qui va, en quelque sorte, désunir le pays. Un
chagrin se porte et il se porte ensemble. Et la vraie reconnaissance et
réparation, c'est d'accepter tous ensemble de porter ces grands chagrins de la
France et de la République, qui est d'avoir reconnu ces crimes que sont la
traite et l'esclavage, de continuer à en faire ce travail de vérité, de
l'enseigner, de rechercher, de continuer de créer, de l'assumer, de le
reconnaître et de se dire : c'est nous et on le porte ensemble, chacun
avec vos histoires, avec nos histoires. Nous n'avons pas la même histoire les
uns et les autres par rapport à ces crimes, mais nous les portons ensemble
parce que nous sommes ensemble la France. Et je terminerai là-dessus.
Je suis profondément convaincu qu'il y a 25 ans, la loi que vous avez portée,
tout ce travail que fait la Fondation, que toutes et tous vous faites dans vos
associations, vos écoles, vos parlements, ce que nous sommes en train de faire
là est évidemment un travail nécessaire pour inventer l'avenir, mais nécessaire
à nous-mêmes.
Il y a cette sempiternelle question qui revient, dans notre pays : quelle
est l'identité française ? C'est ce chemin. Et l'identité française, elle
est faite de ces formidables faits d'armes, de ces grands récits, de ces
grandes aventures. Elle est faite aussi des crimes qui ont été commis, de ses
pages, de son histoire, qu'elle doit regarder avec lucidité. Mais la France et
sa République est faite de citoyennes et de citoyens qui ont vécu cette
histoire, et parfois de chaque côté. Mais ils l'ont vécu ensemble et ils vivent
surtout aujourd'hui ensemble. Et la possibilité de vivre ensemble, ce qui est,
ce qui nous fait une nation, c'est de faire ce parcours de reconnaissance et
d'assumer pleinement et de reconnaître cette histoire. Il n'y a pas d'identité
française ni dans le déni de ce qui s'est fait, ni dans le déni, l'effacement
de ce qu'il y a, ni dans le refus d'avancer sur les reconnaissances ou les
réparations, ni dans le repli exclusif sur ces histoires où d'autres voudraient
promettre que la réparation possible est intégrale ou que la vraie lutte est
dans un communautarisme contemporain.
Le vrai, la véritable identité française, c'est d'avoir fait des grandes
choses, c'est de reconnaître aussi les crimes graves que nous avons pu faire,
et c'est de continuer de vouloir avancer ensemble. Cette histoire y participe,
et ce que nous sommes en train de faire y participe. C'est pourquoi nous aurons
toujours la réparation imparfaite, parce que cette histoire est intranquille.
Alors, chère Christiane, il n'y a aucune chance que nos lèvres soient couvertes
de miel, parce que nous continuerons à dire des choses qui offensent,
bousculent, et nous continuerons d'avoir besoin dans la République à le faire
parce que cette histoire n'est pas finie, parce que la reconnaissance est un
parcours et il ne s'achève pas, et parce qu'il fait au fond notre identité,
c'est sans doute à coup sûr cette intranquillité.
C'est le fait que nous sommes fiers de ce que nous sommes, que nous aimons
notre histoire, que nous l'embrassons avec force, que nous détestons que qui
que ce soit dans le monde nous donne des leçons ou nous conduise, mais que nous
sommes prêts dans le même temps à reconnaître et à réparer quand des crimes ont
été commis et à leur donner leur place dans notre histoire. Cette
intranquillité est inséparable de la liberté, de l'égalité, de la fraternité
françaises. Parce qu'elle vient de très loin, elle aussi, et elle s’accoude,
s’adosse sur des siècles qui ont bâti cet universalisme français. Je crois très
profondément que ce combat, celui que vous portez, celui que nous continuerons
de porter, et ce travail que je viens ici d'essayer de rappeler, qui est le
nôtre depuis ces années et que vous conduisez, est un travail qui rassemble. Et
je finirai là-dessus.
C'est l'unité de la France qu'il y a derrière, et c'est sa beauté. Et le défi
qui est le nôtre, c'est de porter cette unité à travers cet universalisme
républicain qui n'efface pas, qui ne néglige pas, qui ne cantonne pas, mais qui
porte toutes ces histoires, qui reconnaît, qui assume, mais qui voit dans
chacune une citoyenne, un citoyen. Merci du courage il y a 25 ans. Merci de
continuer d'être intranquille. Et au fond, derrière tout cela, il y a une
volonté de continuer à avoir ensemble des exclamations et ensemble à refuser de
s'habituer ou de s'accoutumer à rien. Vive la République et vive la France.
> [Discours à l’occasion du Forum européen sur la
puissance de calcul, les sciences et technologies quantiques et les
semi-conducteurs] Je suis très heureux avec le Premier ministre et plusieurs
ministres, d'être parmi vous aujourd'hui, ici, au Très Grand Centre de Calcul
du CEA à Bruyères-le-Châtel. Ce lieu s'inscrit dans cette vallée du savoir qui
rassemble les meilleures universités, grandes écoles, organismes de recherche,
entreprises de pointe. C'est une grande fierté française, une force française,
c'est important de nous retrouver là sur la question des technologies de
calcul, du quantique, des semi-conducteurs. Ici, se concentrent des décennies
de recherches, d'ingénieries, d'innovations industrielles, de visions
stratégiques, au cœur d'ailleurs d'une vision française, duale, ce site du CEA
et la présence de la DAM ici le montrent ô combien, de la capacité aussi à
œuvrer entre la recherche fondamentale, la recherche appliquée et le monde
industriel, entre le civil et le militaire. Ici se croisent le calcul classique
avec l'ordinateur Joliot-Curie, le quantique avec Lucy, que nous venons de
voir, l'IA bientôt avec le data center Mistral d'Eclairion à quelques centaines
de mètres, et demain, l'Exascale Alice Recoque, mais aussi les
semi-conducteurs, essentiels à tout cela. Le civil, le militaire, le public, le
privé, une grande tradition de recherche française, et notre avenir qui se joue
ici également.
Nous devons relever ce défi tous ensemble, au fond, le fil directeur, à la fois
de ce que vous faites au quotidien, mais de l'approche sur laquelle je veux ici
insister, c'est l'importance de continuer à avoir cet écosystème profondément
intriqué. Chercheurs, enseignants, ingénieurs, doctorants, techniciens,
entrepreneurs, industriels, investisseurs, équipes des universités, du CEA, du
CNRS, de l'INRIA, et évidemment aussi de la DGA et des industriels militaires.
Je veux remercier toutes celles et ceux qui, non simplement, prennent part,
mais font vivre ces grands projets, nous les ont présentés, c'était au cœur de
vos tables rondes ce matin avec les ministres et de ce qui vient de nous être
ici montré. Ce lieu n'est pas anodin, il dit en effet l'importance de ces
grands projets pour le pays, du lien entre notre dissuasion nucléaire, les
simulations, l'importance du calcul et ensuite cette capacité à irriguer la
recherche.
Désormais, nous pouvons continuer de compter évidemment sur le CEA avec les
autres organismes de recherche mentionnés, pour investir dans le quantique et
les semi-conducteurs. Ce dont nous parlons aujourd'hui, c'est au fond du défi
de notre indépendance, de notre souveraineté sur ces grandes capacités de
l'électronique, du calcul, et aussi de l'IA pour les années, les décennies à
venir. La révolution du calcul est un tournant technologique et les années qui
s'ouvrent seront celles de la convergence entre trois grandes
révolutions : le calcul haute performance, l'intelligence artificielle et
le quantique. Je le disais déjà, en 2021, lors du lancement du premier Plan
quantique en France, j'étais aux côtés de beaucoup d'entre vous, c'est une
révolution scientifique et économique. C’est exactement ce que nous avons vécu
ces dernières années.
D'un côté, le quantique remet en cause les architectures cryptographiques qui
sécurisent nos communications, nos systèmes bancaires, certains de nos systèmes
de défense, pour rester pudiques. De l'autre, il est une source inestimable
d'innovation pour les télécommunications, la santé, la chimie, l'énergie, la
défense, une fois encore ; je pense à la recherche, aux investissements,
au premier déploiement d'une offre quantique, par exemple par Orange, pour ses
réseaux sécurisés, au développement de Thales, qui nous ont été montrés dans la
sécurité post-quantique de nos dispositifs de défense, comme de nos cartes SIM.
De même, sur les semi-conducteurs, infrastructures clés pour tout calcul
numérique, des voitures aux ordinateurs les plus puissants, leur maîtrise, on
le sait bien, est fondamentale. Comme souvent dans le numérique, cette course
fait que le premier qui atteint l'usage emportera toute la mise. C’est aussi
pour ça que nous sommes là avec le Premier ministre et les ministres à vos
côtés.
Nous sommes conscients de tout ce qui a été fait, je vais y revenir rapidement,
sur ces dernières années, avec le Plan quantique, avec aussi ce qui a été fait
sur les semi-conducteurs et l’IA. Nous sommes convaincus que nous sommes dans
une phase de très forte accélération où beaucoup de choses se jouent. Les 18-24
mois à venir sont absolument décisifs pour la recherche comme pour nos
industriels. On sait que ceux qui réussiront, en particulier dans le quantique,
à prendre les options technologiques les plus radicales, ceux qui réussiront
cette phase, seront ceux qui bâtiront les standards, prendront les parts de
marché. Les 18-24 mois à venir sont clés pour réussir dans la construction de
cette chaîne de valeur souveraine européenne. On sait où est le défi. Le défi,
c'est d'avoir des semi-conducteurs, infrastructures, capacités de calcul,
cloud, IA et usage applicatif, les plus souverains possibles. Nous connaissons
nos vulnérabilités.
La France avait plaidé pour avoir un cloud souverain européen, les autres ne
nous ont pas suivis. J'espère qu'on pourra reconquérir cette part. On a
aujourd'hui, en particulier sur le quantique, sur le semi-conducteur, sur tous
ces sujets, une bataille de la souveraineté qui est en train d'être conduite et
qu'on doit absolument réussir, au fond, une géopolitique du calcul, où les
dépendances technologiques deviendront de plus en plus des dépendances
économiques, industrielles, stratégiques, sans doute même démocratiques.
L’horizon stratégique est clair, c'est celui-ci, à Paris comme à Bruxelles,
nous devons accélérer. Nous devons accélérer parce qu'on a beaucoup de force,
je vais y revenir, mais nous sommes à un moment où il y a une accélération et
les chiffres doivent nous rendre lucides sur nos dépendances. Depuis l'été
dernier, les sociétés américaines du quantique accélèrent avec des levées de
fonds et des valorisations record, appuyées par les GAFAM.
En un an, le rapport de valorisation entre nos champions européens et leurs
concurrents américains est passé d'un rapport d’un à trois à un rapport d’un à
sept. Sur les semi-conducteurs, je constate encore que plus de 90 % des
capacités avancées de production demeurent à Taïwan, l'objectif que l’on
s'était fixé en Européens de 20 % de production mondiale d'ici 2030, c'était le
premier Chips Act européen, ne sera pas atteint. Nous sommes encore en retard
sur ce Plan de début de reconquête de souveraineté. On voit bien que le moment
est critique, c'est cette phase d'accélération, nous devons réussir ce virage.
Tout ça se fait dans un contexte où la même lucidité doit nous conduire à dire
que nous sommes dans la bataille quand on parle de quantique, et nous avons des
forces, notre écosystème a des forces, vous, quand on parle de quantique et
d'électronique.
L’Europe compte les cinq prix Nobel mondiaux des technologies quantiques
attribués depuis 2021, tous issus de nos laboratoires publics, la plupart ayant
travaillé sur le plateau de Saclay. Je salue la présence de Michel Devoret à
nos côtés aujourd'hui. Elle dispose du deuxième vivier mondial de chercheurs et
de start-up. Nous sommes crédibles en termes de formation, en termes
d'organismes de recherche, en termes d'écosystèmes de start-ups. Tout ça, c'est
la base de l'école française, des grands paris qui ont été faits, des grands
programmes, et qui vient de loin, avec aussi cette approche duale, le CEA y est
pour beaucoup, le CNRS et l'INRIA à ses côtés. Nous avons fait ces dernières
années aussi des choix forts pour bâtir notre souveraineté numérique, la consolider
à travers des infrastructures critiques, pour relancer aussi avec le premier
plan en Europe d'intelligence artificielle, que l’on a su ensuite monter à
l'échelle, puis avec la volonté, justement, de bâtir ce Plan quantique il y a
maintenant cinq ans et avoir une stratégie semi-conducteurs française et
européenne.
D'ailleurs, quantique et semi-conducteurs sont deux piliers structurants de
France 2030, lancé à la même période. Sur le quantique, le Plan lancé en 2021 a
permis de consolider nos résultats et de les accélérer. En matière de
recherche, plus de 600 publications, 48 brevets, des laboratoires communs avec
l'industrie, comme Pasqal, Institut d'Optique, Quandela, C2N. Nous avons aussi
consolidé, vivifié cette recherche. La formation, même chose. Plus 40 % sur les
masters, plus 25 % sur les doctorants. Ces talents, évidemment, alimentent nos
laboratoires, ils alimentent les start-ups. Le but, c'est qu'ils puissent aussi
continuer d'alimenter les grands groupes qui ont besoin de se nourrir, de
consolider leur expertise, leur connaissance en la matière. Nous avons, en
parallèle, renforcé notre autonomie sur plusieurs composants critiques :
cryogénie, laser, interconnexion.
En termes de calcul, nous déployons, ici, à Bruyères, le premier exascale
public au monde. Pour accélérer le développement des acteurs privés, nous avons
mis en place un programme d'achat public souverain, le programme dit « PROQCIMA
», lancé en 2024, qui a déjà engagé 500 millions d'euros pour porter cinq
entreprises françaises. Grâce à cela, la France compte cinq champions de
l'ordinateur quantique sur cinq filières technologiques différentes, tous issus
de nos plus grands laboratoires : Pasqal, Quandela, Alice & Bob,
Quobly et C12. Nous avons même des entreprises qui ouvrent leurs premières
usines comme Alice & Bob. Il n'y a pas aujourd'hui en Europe un écosystème
de formation, de recherche et de start-up aussi complet que le nôtre et sur
lequel les investissements ont été aussi massifs ces dernières années. C'est
une force et aucun autre pays au monde, à l'exception des États-Unis et de la
Chine pour autant qu'on en connaisse, n'a su faire émerger une telle diversité
technologique. C'est une force stratégique majeure. C'est pour cela que l’on a
les moyens de réussir.
Sur le quantique, je le dis ici avec beaucoup de force, on a les moyens d'être
dans les gagnants de cette course. Sur les semi-conducteurs, la stratégie
nationale d'accélération de juillet 2022, avec 5,5 milliards d'euros aux
engagements confondus, nous a permis de reconstruire, avec STMicroelectronics,
qui accélère formidablement et qui est en train, là, de faire, ces derniers
mois, un parcours remarquable, Soitec, là aussi, je parle des start-up d'hier
devenues des grands groupes d'aujourd'hui liés encore une fois au laboratoire
du CEA, à la recherche publique, à l'écosystème remarquable de Grenoble et de
Crolles, SiPearl, Vsora, je pense aussi au projet Crolles avec GlobalFoundries,
notre participation aussi au projet important d'intérêts européens communs, les
fameux PIIEC microélectronique. Sur tout ça aussi, nous avons augmenté nos
capacités de production, nous avançons, même si nous savons que nous avons
encore des dépendances sur ce volet à l'égard de Taïwan, comme d'ailleurs le
reste du monde.
Les partenariats industriels et de recherche que l’on est en train de bâtir,
avec Foxconn et d'autres, consolidés l'année dernière, sur lesquels on va
encore revenir lors du Choose France, seront à cet égard décisifs. La France a
tenu son rang, elle investit, mais comme je le disais, le rythme de nos
concurrents nous oblige à passer à la vitesse supérieure. J'en viens maintenant
à l'avenir. Il faut garder ce qu'on a très bien su faire et qui est notre
force, et donc consolider l'intrication de notre écosystème. Il faut continuer
à investir sur l'amont, formation, recherche fondamentale, l'écosystème de
recherche. Il nous faut accélérer l'industrialisation, les innovations de
rupture et la consolidation. C'est là où, si l’on veut gagner cette partie, il
faut absolument changer d'échelle. Alors ici, à Bruyères, je veux revenir sur
plusieurs éléments et plusieurs annonces françaises et européennes, mais
insister vraiment sur ce mot d'ordre pour ces annonces.
Il faut continuer de faire ensemble, c'est-à-dire faire converger les
initiatives. Pour le programme de recherche, qui doit beaucoup mieux associer
industriels et start-ups encore, pour les start-ups les plus en pointe, qui
doivent maintenant passer à une phase de convergence des technologies ou du
moins de rapprochement sur des plateformes communes en lien avec la recherche
publique. Je veux ici vous inciter à continuer. L'esprit est déjà là. J'ai pu
encore le mesurer ce matin. Je le vois à chaque fois dans mes déplacements et
depuis tous les rendez-vous de suivi du plan de 2021. Mais il est nécessaire de
continuer à renforcer cet esprit de collectif.
Premièrement, avec le Gouvernement, nous voulons ici aujourd'hui vous dire que
nous allons décider d'un abondement immédiat de la stratégie nationale
quantique à hauteur d'un milliard d'euros. Cet investissement, ce supplément
d'un milliard, est mobilisé via France 2030. Je veux remercier les équipes,
l'autorité du Premier ministre et des ministres, qui ont redéployé les
priorités, qui va permettre d'avancer très concrètement. C'est le renforcement
des cœurs de calcul avec l'accélération de notre programme d'achat public
PROQCIMA, que j'évoquais, qui a permis de faire émerger ces cinq champions.
C'est le cofinancement du futur programme européen d'acquisition de
calculateurs tolérants aux fautes. Dont j'ai bien compris, ça m'a été
réexpliqué ce matin, combien c'étaient des éléments de rupture extrêmement
importants. Je le dis parce que pour les béotiens comme moi, c'est parfois
contre-intuitif. C'est l'appui aux agences de programmes du CEA, de l'INRIA sur
les infrastructures et les logiciels et applications. C'est un soutien aux
technologies hors calcul, capteurs et communications quantiques. C'est enfin le
socle de recherche des talents et de la normalisation en prolongeant et
renforçant le programme de recherche et le programme de soutien à la formation
des QuanTEdu.
Avec l'effort de la recherche et des armées, le retour européen et l'effet de
levier privé, ce sont ainsi près de 3 milliards d'euros qui seront mobilisés
sur 5 ans pour notre pile quantique nationale. Ça, c'est le premier élément qui
permet cette accélération et qui est dans la droite ligne de ce que nous avons
fait pour consolider les efforts.
Deuxième élément, nous engageons la France dans un nouveau programme de
financement européen sur l'électronique, le PIIEC dit Advanced Semiconductor
Technologies, alias AST, à hauteur de 550 millions d'euros pour la contribution
française, afin de financer la recherche et l'industrialisation sur les
technologies pertinentes pour l'IA et les data centers.
La pré-notification s'ouvrira le mois prochain, en juin. Le gouvernement
présentera en juillet une nouvelle stratégie nationale électronique à horizon
2035 et finalisera pour juin à Vivatech les conclusions de la mission
franco-allemande sur l'innovation de rupture qui a été conduite, comme nous
l'avions demandé par les deux gouvernements, par Bpifrance et SPRIND. Je
demande dans le même mouvement à nos organismes, CEA, CNRS, INRIA, IRT, de
constituer dans la continuité de leurs échanges de ce matin une coalition
européenne de recherche et de technologie alignée avec Fraunhofer, Helmholtz,
Max Planck, IMEC, TNO, etc., et engagée par ces partenariats sur une stratégie
commune de préférence européenne.
Pour tout cela, nous devons pouvoir nous appuyer sur notre écosystème aussi
privé. A ce titre, je veux saluer la vague de partenariats industriels que
cette séquence rend visible et qui sont aussi une force pour cette deuxième
phase que nous enclenchons. Le rachat de Bull via l'APE est un signal fort de
cette stratégie d'État actionnaire, et Bull aura vocation à jouer le rôle d'un
des consolidateurs européens dont notre continent a besoin. On l'a encore vu ce
matin sur la partie interconnecteur. Je pense aussi au partenariat de Quobly
avec STMicroelectronics, qui ouvre l'accès à une usine de production en volume.
L'acquisition par la France d'un calculateur quantique Alice & Bob,
tolérant aux fautes, hébergé ici, au très grand centre de calcul du CEA en
2027. L'implantation par Quandela de sa future semi-conducteur Facility à
Munich. Le partenariat tripartite avec Qbitoft, Scaleway et Pasqal, qui
formalise une verticale quantique souveraine. Le projet de réseau à calculateur
quantique multiple entre OVHcloud et WeLinq. Le retour de fonderie de première
puce de SiPearl. On a vu ce matin des échantillons. Et le contrat conclu entre
STMicroelectronics et AWS, qui permet à une entreprise française de devenir le
fournisseur stratégique d'une infrastructure de calcul américaine, ce qu'il ne
faut pas sous-estimer.
Voilà un écosystème devenu maîtrisé, intégré, exportable et qui accélère et qui
est aussi une force pour cette phase. En quelque sorte, l'amorçage, c'est
maintenant l'accélération et la consolidation industrielle, et nous devons tous
nous mobiliser. Face à cette accélération mondiale, aucun pays ne pourra
réussir seul, et c'est pourquoi, au-delà de ces deux annonces françaises, c'est
aussi une phase d'accélération européenne que nous allons porter. La France a
porté le Chips Act, s'est engagée dans le Quantum Flagship, dans EuroHPC. Elle
impulse aujourd'hui le futur Quantum Act et la révision du Chips Act, et
prendra toute sa place dans les fameuses AI factories. Pardon pour cette
multiplication d'anglicismes. Mais nous devons continuer d'aller plus loin, comme
je le disais, sur toutes les couches ; semi-conducteurs, HPC, quantique,
cloud, IA, qui ne forment plus qu'un seul continuum pour avoir un stack
souverain européen. Nous devons en faire une doctrine, ce qui impose à mes
yeux, là aussi, au niveau européen, un changement de méthode et une
accélération.
D'abord, la méthode. Il convient de beaucoup mieux associer public et privé au
niveau européen. Je dirais que l'Europe est très en retard par rapport à la
France. Les sept tech-créateurs : Airbus, ASML, Ericsson, Mistral, Nokia,
SAP, Siemens, qui se sont exprimés récemment, parlent pour l'industrie de notre
continent, et ils ont raison. Il faut le faire ensemble, associer les
laboratoires publics de nos pays, engager un vrai programme commun autour de la
Commission européenne avec les pays les plus engagés pour avancer. Pour ça,
nous devons avoir deux exigences que nous allons porter, au-delà des
régulations européennes que nous allons prendre.
La première, il faut une Europe qui se choisit et se protège. Depuis huit
décennies, c'est la commande publique américaine qui fait la Silicon Valley. Ce
qui fonctionne, on l'a bien vu dans le programme qu'on a fait, c'est pour ça
qu'on va abonder, c'est PROQCIMA. C'est décider des vrais publics d'achat
souverains. Les États-Unis et la France n'ont jamais eu honte de ces politiques
d'achat. La Chine achète souverainement. En Europe, ça reste un gros mot. Ça
fait des années que je me bats, dès 2017 où j'ai parlé de cette souveraineté
européenne. La commande publique européenne, elle est clé, et elle est clé en
particulier dans tous les segments de recherche, d'innovation et
d'industrialisation que nous évoquons. C'est pour ça que la France a pris cette
initiative et porte avec l'Allemagne, l'Autriche, les Pays-Bas et la Pologne,
une proposition qui structurera le futur Quantum Act autour d'un projet
européen massif d'achat public de calculateurs, conçu, fabriqué et opéré par
des entreprises européennes, libres de toute législation, à portée
extra-territoriale. Nous connaissons l'importance de celle-ci, surtout en
matière de défense.
Il faut étendre cela à des obligations d'achat européen dans nos marchés
critiques ; supercalculateurs, processeurs quantiques, cloud souverains,
gigafactory d'IA, composants de notre base industrielle de défense. Ensuite,
des exigences de valeur ajoutée européenne. Nous portons, avec l'Allemagne et
les Pays-Bas, une position ambitieuse pour la révision du Chips Act, orientée
par la demande, avec une exigence de valeur ajoutée européenne dans les marchés
EuroHPC et des exigences de contenu européen assumées. Le secteur privé ne se
mobilise pas par les colloques ni par la régulation, il se mobilise par les
contrats. C'est notre devoir à tous. Et puis, nous devons assumer des mesures
de défense, c'est-à-dire de sauvegarde, quand les clauses s'imposent, de préférence
européenne, l'équivalent d'une section 301 à l'européenne. Il n'y a aucune
raison que, quand notre souveraineté est en jeu, bousculée par des acteurs
étrangers qui viennent après nous imposer par leurs propres acteurs leur
extraterritorialité, nous ne réagissions pas. Nous nous battons toutes ces
dernières années pour le faire. Dans les secteurs qu'on évoque, c'est plus
nécessaire qu'ailleurs encore.
La deuxième exigence, c'est la magnitude du financement, c'est la mère des
batailles. Au-delà de ce que j'ai annoncé pour la France, soyons honnêtes,
aucun budget national ne sera à la hauteur de l'échelle d'investissement public
et privé qu'il faut mobiliser. Ce dont on parle aujourd'hui sur le quantique et
l'électronique de pointe, tout ce qui est aussi largement le calcul, nécessite
une Europe qui investisse beaucoup plus massivement. Une Europe qui accepte une
politique de concurrence adaptée, modernisée, pour permettre à des champions
d'émerger. Je vais être très simple, la bataille qu'on va mener dans les
prochains mois, elle a deux piliers fondamentaux. Quand vous en entendrez
parler, on les voit souvent comme abstraits. Je veux que vous compreniez pleinement
qu'ils sont clés pour votre recherche et votre industrie. On ne peut pas gagner
la bataille du quantique, de l'électronique, du calcul si on ne mène pas ces
deux combats au niveau européen.
Le premier, c'est la taille du budget européen sur la période 2028-2034. On va
négocier toute cette fin d'année le budget européen. Si sa taille n'est pas
massivement augmentée, l'Europe ne sera pas à la hauteur des défis en matière
de défense et de sécurité, de quantique, d'IA et de green tech. Si on ne fait pas
l'investissement aujourd'hui, compte tenu de l'accélération que j'évoque, nous
sortirons du paysage. Alors, j'entends tous les gens qui me disent : « il
ne faut pas trop dépenser en ce moment en Europe. » Mais regardez ce que les
Américains et les Chinois dépensent, il ne faut pas dépenser davantage sur nos
politiques historiques. Il faut les préserver et les moderniser. Mais il faut
dépenser au moment de cette course d'innovation, sinon nous dépendrons demain.
La clé derrière tout ça, c'est d'avoir une Europe qui investit en empruntant
sur le marché mondial. Nous allons continuer de défendre l'idée d'un emprunt
européen pour la recherche, l'innovation et la technologie dans ces
technologies critiques, afin de bâtir de nouveaux programmes. C'est un devoir pour
nos enfants. L'Europe au niveau agrégé est sous-endettée par rapport aux
Chinois et aux Américains, massivement. Si on demande à chaque État de
contribuer, aucun État ne dira je veux accroître ma contribution nationale pour
financer cette Europe. Si ensuite on dit, ça dépend de ressources propres,
combat que je mène depuis 5 ans, ils nous diront tous : « nous ici, on ne
veut pas la taxe numérique, ça va fâcher les Américains. Ici, on ne veut pas
des ETS, on n'est pas d'accord avec votre modèle. » On va mener ce combat.
Comptez sur moi. La clé, c'est de faire ce qu'on a su faire au moment du Covid,
parce qu'il y avait urgence. Ce qu'on a fait il y a quelques semaines pour
l'Ukraine, parce qu'il y avait urgence. Je le dis très clairement, il y a une
urgence de souveraineté, de recherche, de technologie pour notre Europe à
investir sur ces technologies critiques. L'Europe doit aller sur un
investissement d'avenir et un emprunt d'avenir ensemble dans les prochains
mois.
Le deuxième élément clé, c'est de mobiliser l'argent privé. Nous devons
parachever l'union bancaire et on doit bâtir une union des marchés de capitaux,
une union du financement commun. Pourquoi ? Parce que c'est le seul moyen
d'avoir des acteurs privés qui vont investir dans vos technologies.
Aujourd'hui, je donnais les chiffres, quelle est la force des Américains ?
Ils ont un marché intégré. Ils ont des acteurs à l'échelle du continent qui
investissent massivement. Nous, on a construit des régulations sur nos banques
et nos assurances qui financent 70 % de nos économies, qui leur interdisent de
financer l'innovation et les fonds propres. Bilan des courses : notre
épargne, est plus abondante que l'épargne américaine, ne va que pour financer
les obligations du monde entier ou pour aller chercher du profit en finançant
des innovations américaines. Des centaines de millions partent chaque année.
Adaptons notre régulation enfin cette année et bâtissons cette union des
marchés de capitaux, cette union de l'épargne et du financement, c'est la même
chose, en consolidant une épargne européenne et en disant : « l'épargne
qu'ont les Européens, affectons-la dans les domaines critiques où il y a des
besoins de souveraineté et de la rentabilité. » C'est la deuxième bataille clé
que nous allons mener.
La France a décidé pour elle-même, ce que nous portons au niveau européen, et
les combats que nous allons conduire. Parce que je suis très fier de ce que
nous avons fait ces dernières années tous ensemble. Tout ça s'inscrit dans des
décennies de recherche fondamentale, de recherche appliquée, menée et portée
par nos universités, nos organismes de recherche. Mais depuis 5 ans, nous avons
donné une phase d'accélération inédite. On doit encore accélérer et passer à
l'échelle. C'est maintenant. De Saclay à Grenoble jusqu'à Munich ou autres,
c'est cette Europe que nous voulons. C'est cette France forte, parce que la
France est parmi les leaders mondiaux aujourd'hui sur ce dont nous parlons. 18
mois, voilà l'horizon. 18 mois pour bâtir, accélérer, investir, acheter et
garantir l'indépendance de la France et de l'Europe à horizon de 2050. C'est
une aventure formidable. C'est le défi que nous allons relever tous ensemble.
Vive la République et vive la France.
> Bienvenue à Paris, cher ami Premier ministre Micheal Martin. La France est le voisin le plus proche de l’Irlande au sein de l’Union européenne ! En juillet, l’Irlande prendra la présidence du Conseil de l’Union européenne. Nous serons à ses côtés pour faire avancer notre agenda commun : sur la défense et la sécurité, la compétitivité, la protection de nos démocraties. Pour une Europe plus souveraine, plus compétitive, plus protectrice. Nous serons au rendez-vous !
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique] Nous
venons de tenir un comité de pilotage suivi de l'impact de cette guerre au
Moyen-Orient sur notre économie, nos finances publiques, évidemment, sur la vie
des Françaises et des Français.
Un certain nombre de décisions, évidemment, étaient à prendre. Nous les avons
prises. Et nous tenions à vous en rendre compte sur la base aussi de ce que
nous savons et de ce que nous ne savons pas sur le géopolitique, puisque la
situation est plus que trouble, j'en dirais un mot dans un instant, et vous
décliner, revenir aussi avec méthode sur la stratégie du Gouvernement, qui est
la nôtre depuis le début, pour traiter évidemment les différents effets de
cette guerre, sans oublier le reste des effets de la guerre également en
Ukraine.
Peut-être que le premier élément, pour bien traiter les effets d'une guerre,
c'est de ne pas se tromper sur l'analyse de celle-ci. Au fond, nous n'avons
jamais pensé, au regard des éléments de notre diplomatie, des éléments de notre
renseignement militaire, des nombreux échanges que le président de la
République pouvait avoir avec ses différents homologues, n'a jamais considéré
que cette guerre pouvait être courte (on a eu la guerre des 12 jours). Et dès
le début du conflit, au regard parfois peut-être de l'irrationalité de certains
acteurs, des effets finaux recherchés, le fait aussi que la question nucléaire
du programme iranien, plus les enjeux de circulation maritime, laissaient
entrevoir que, de toutes les évidences, ça pouvait durer. Et c'est parce que ça
pouvait durer que, aussi, les négociations telles qu'elles ont été menées
depuis maintenant plusieurs semaines auraient pu aussi aboutir.
Force est de constater que, d'une manière ou d'une autre, cette guerre, sous
une forme ou sous une autre, cette guerre va durer. Soit de manière froide,
comme on l'a actuellement, on peut le constater, soit malheureusement aussi
avec une reprise des conflits et des frappes, ce qui est un scénario évidemment
possible. Et au fond, on le voit aussi, le temps devient une arme en tant que
telle des belligérants et singulièrement des Gardiens de la Révolution,
puisqu'ils le savent, la pression exercée sur Ormuz est une pression sur
l'ensemble de l'économie mondiale, y compris d'ailleurs en Asie. Et donc si ce
temps devient une arme, il faut également pour nous en tirer des conclusions.
Alors, il est difficile de donner des scénarios auxquels nous pourrions nous
raccrocher, sans effrayer personne et sans être trop optimiste. Au fond, le
scénario désormais le plus optimiste, ce n'est pas forcément celui que je
retiens d'ailleurs, c'est au fond une forme de retour à la normale entre l'été
et l'automne. On parle déjà de plusieurs semaines et plusieurs mois potentiels,
sachant qu'une fois de plus, la guerre peut prendre différentes formes. Et vous
avez des scénarios noirs qui nous feraient plonger dans d'autres gestions de
crise, c'est-à-dire : reprise non seulement des conflits, des frappes,
destruction des sites de production d'hydrocarbures au Moyen-Orient, voire même
non seulement la fermeture d'Ormuz, mais aussi la fermeture de Bab-el-Mandeb.
Ça, ce n'est pas non plus le scénario qu'on retient (de toute façon, nul ne le
sait), mais entre un scénario très optimiste qui nous emmène à plusieurs
semaines, plusieurs mois, et les scénarios les plus noirs et catastrophistes.
On voit bien qu'on change de dimension dans la manière de gérer cette
guerre.
Pour autant, une fois que je vous ai dit ça, en faisant une prospective
peut-être malheureuse — j'espère être démenti, puisque par définition, si
tout allait mieux bientôt, c'est un problème plus facile à gérer que si les
choses s’aggravent. Pour autant, au moment où nous nous parlons, nous n'avons
pas du tout les mêmes effets à gérer que la guerre en Ukraine. Je l'ai dit à de
nombreuses reprises, mais c'est utile de le redire. La guerre en Ukraine nous
avait tout de suite placés dans une guerre de... en tout cas dans des effets de
difficultés d'accessibilité à l'approvisionnement, notamment du gaz, parce
qu'il venait de Russie, et avec, évidemment, une guerre qui, au fond, était
assez lisible, assez rapide. Nous-mêmes, nos propres vulnérabilités étaient identifiées,
notamment ce qu'on appelle les problèmes de corrosion sur nos centrales
nucléaires qui faisaient que le parc nucléaire français était loin d'être à
plein régime en 2022-2023.
Donc on n'est, au moment où nous nous parlons, pas dans une crise des volumes,
de pénuries, mais bel et bien une crise de prix, d'inflation à porter. Pour
quelles raisons, aussi ? Ce n'est pas toujours intuitif, mais il se trouve
qu'assez historiquement, en tout cas depuis maintenant plusieurs moments,
l'approvisionnement en hydrocarbures en France est un approvisionnement sur la
façade Atlantique : Afrique du Nord, Amérique du Nord, Amérique du Sud, et qui,
au fond, ne crée pas, effectivement, d'entrave à la liberté de circulation pour
ce qui nous concerne. Évidemment, le sujet, c'est la spéculation. Évidemment,
le sujet, ce sont les marchés. Et évidemment, ce sont les répercussions. Pardon
de le dire, mais si on se trompe, comme malheureusement, parfois, dans le débat
politique français, si on se trompe sur le diagnostic de cette guerre, par
définition, on finit par se tromper aussi sur les mesures qu'il faut
prendre.
Deuxième élément de la stratégie du Gouvernement, que j'arbitrais dès le début
avec l'ensemble des collègues ici présents : c'est évidemment le soutien à
l'activité et au travail. Pour une raison simple : c'est qu'à la différence du
covid (pour le coup, le pays était à l'arrêt, il fallait le soutenir par des
transferts financiers importants), là, on a une économie qui fonctionne et qui
tourne ; ce n’est pas pour autant qu'elle n'est pas impactée. Le ministre va y
revenir. Et donc au fond, notre obsession (pour ne pas dire plus d'ailleurs :
depuis le début), c'est que le pays doit tourner.
Et pour certains secteurs, le ministre chargé de la pêche est ici, c'est assez
référendaire et binaire : soit il y a un intérêt à prendre la mer pour nos
pêcheurs, et à sortir et à pêcher, et ça calcule coûts-avantages, soit ça ne
vaut pas le coup de sortir pêcher, par définition, et les bateaux restent à
quai. Ce raisonnement-là, c'est facile à expliquer pour la pêche. On a essayé
de le déplier sur beaucoup de filières sur lesquelles on va revenir dans un
instant. On va les compléter parce qu'au fond, il y a des filières économiques
qui tiennent notre croissance, qui tiennent notre activité, qui parfois ont des
adhérences avec nos services publics et il faut évidemment qu'elles puissent
tenir dans la durée sur cette crise. C'est vrai des filières économiques :
l'agriculture, BTP, transporteurs ; le ministère du Transport, la ministre de
la Santé, le ministre du Travail sont ici aussi au premier rang, et c'est vrai
aussi des particuliers travailleurs parce que par définition, aussi, on connaît
l'organisation de notre pays.
La voiture occupe une place importante. Je suis moi-même élu d'un département
rural et donc il est évident qu'il faut faire attention à ça. On ne va pas
changer de stratégie. C'est un choix que nous faisons, qui est de garder un
ciblage important sur celles et ceux qui travaillent, celles et ceux qui
tiennent l'activité du pays. Et d'ailleurs, celles et ceux qui ne travaillent
pas en profitent, parce qu'en tenant l'activité du pays, par définition, on
essaie de s'accrocher à notre croissance, on essaie de s'accrocher à la
production de richesse, laquelle finance le modèle social et finance les
retraites. Donc tout ça se tient, c'est aussi une réalité aussi simple, mais
encore faut-il le réexpliquer.
Ensuite, si on ne change pas de philosophie, on va changer d'échelle. Et vous
allez l'entendre dans un instant, soit dans ce que nous mettons sur la table
quantitativement, soit aussi parce que nous étions plutôt partis pour annoncer
des aides pour le mois de juin, mais ce n'est pas ce que nous allons faire. Je
ne peux pas vous dire que sur le terrain géopolitique, les perspectives de voir
le conflit durer sont en train de s'installer et vous expliquer qu'on va
continuer d'avoir une stratégie mois par mois. C'était bon au début de gestion
de crise. Là, désormais, il faut commencer à donner des perspectives à des pans
entiers de l'économie, des perspectives aux Françaises et aux Français qui
travaillent. Et c'est non seulement une réflexion pour juin, mais aussi pour
juillet, pour août et pour certains secteurs jusqu'à l'automne. Je le dis parce
que dans les cas les plus difficiles, il faudra continuer à être adaptables, à
s'adapter, à être évolutifs, à ne pas être têtus en quelque sorte. Il n'y a pas
de baguette magique.
Enfin, il est clair que ça reste de la gestion de crise et donc, par
définition, il faut être mobiles, créatifs, en tout cas, et le plus à l'écoute
possible.
Le troisième élément de la stratégie, je l'assume, même si parfois on me l'a
reproché : c'est qu'il faut qu'on marche sur nos deux jambes entre le court
terme et le long terme. C'est un peu taquin, je dirais : c'est le moment d'être
gaulliste. Je trouve que pour le choc pétrolier de 1974, le gouvernement Messmer
avait eu une réponse de long terme : le parc électronucléaire français.
Autre temps, autre période, il n'y avait pas eu d'aide de court terme. Ce n'est
pas ce que nous faisons, ce n'est pas ce que nous allons vous dire. Mais enfin,
on voit bien qu'on n'a pas fini de subir. Et donc, à la fois, on va déployer
des moyens pour le soutien de court terme, mais on n'a pas d'autre choix que
d'accélérer l'électrification du pays. Les hydrocarbures, c'est une laisse.
C'est une laisse. C'est une laisse étrangleuse. On ne peut pas dire autre
chose. L'électrification, l'électricité, c'est notre liberté. Et ça, on le doit
aux grands anciens, on le doit aussi aux décisions qu'on a prises récemment.
Heureusement qu'on a signé ce décret sur la programmation pluriannuelle pour
l'énergie, parce que c'est ce qui va venir rénover notre parc nucléaire
français et donner des perspectives sur les énergies renouvelables.
Mais ce n'est pas pour faire bien. Ce n'est pas parce que c'est bon pour la
planète, même si c'est bon pour la planète. Ce n'est pas parce que c'est bon
pour le climat, même si c'est bon pour le climat. Il y a une réalité, c'est
qu'on vit désormais dans un modèle dans lequel nous sommes capables de produire
beaucoup, beaucoup, beaucoup d'énergie chez nous, de manière souveraine,
décarbonée. Et au fond, ce n'est pas forcément cette consommation-là qui est le
plus stimulée. Au fond, le plan Messmer, un peu nouvelle version, c'est aussi
d'aller sur les différents usages d'électrification. On pourra y revenir, et
c'est aussi pour cela — sans esprit polémique, parce que ce n'est pas
l'état d'esprit du Gouvernement — c'est pour cela que nous refusons toute
baisse générale indiscriminée de la fiscalité sur le carburant.
Parce que déjà — pardon, j'ai appartenu à un gouvernement qui l'a fait en
2022-2023 — ça coûte très cher pour les finances publiques. On ne peut pas
faire semblant de dire qu'il y a un déficit. D'où est-ce qu'il vient ? Il vient
de là. Le bouclier énergétique, en grande partie, il avait un impact très très
lourd sur la finance publique. On n'en finit pas de le rembourser. Et puis
surtout, c'est un contresens. Baisser de la fiscalité sur de l'énergie produite
en Algérie, aux États-Unis, au Brésil ou ailleurs, c'est franchement circuler
sur l'autoroute à contresens. Là où, d'ailleurs, et les ministres ont reçu le
mandat d'y réfléchir, de travailler, de faire des propositions, si une
fiscalité devait diminuer dans les temps à venir, y compris les années à venir,
ce serait la fiscalité sur les énergies produites en France, électricité en
tête.
Donc, prenons le sujet de la fiscalité par le bon sens, et c'est une ouverture
aussi que je fais, évidemment, sur la question de la fiscalité sur
l'électricité, dans le respect aussi de nos déficits, nos finances publiques.
Enfin, s'il faut raisonner fiscalité par les fiscalités, ne le faisons pas à
contresens.
Le dernier élément de la stratégie, et pour bien connaître aussi un peu la vie
du pays, le caractère aussi des Françaises et des Français : c'est la
transparence totale sur ce qui se passe. Les marges des distributeurs de
carburant. Ça a occupé pas mal la vie médiatique. Les ministres vont y revenir
; transparence, résultat. Les fameuses cagnottes fiscales : vous promettez des
milliards. Le ministre Amiel va vous donner le dernier chiffre dans quelques
instants. Vous allez voir qu'on en est bien loin. La transparence sur
l'approvisionnement : Il y a eu des moments en se disant : « Mais est-ce qu'on
aurait suffisamment de pétrole ? ». Là aussi, on va vous documenter ça
avec beaucoup de précision. Quelles sont les approches sur lesquelles on n'est
absolument pas inquiets ? Et on n'est objectivement absolument pas inquiets.
Quels sont les quelques éléments sur lesquels on peut avoir de l'inquiétude ? Et
puis le dernier élément de transparence, c'est évidemment sur l'économie de
manière globale.
Alors, ça fait deux mois qu'on « s'égosille » avec les ministres à dire :
attention, cette guerre va avoir un impact sur l'économie. J’étais seul à le
dire, et puis visiblement depuis quelques jours, tout le monde découvre qu'il
peut y avoir un impact sur l'économie. Et là, pour le coup, en prenant un
virage complètement inverse, certains nous parlent de 3 ou 4 % d'inflation,
certains nous parlent de récession. Donc là aussi, on va faire ça très
sérieusement en vous disant très clairement quels sont les scénarios que nous
redoutons et quels sont les scénarios, au fond, que nous repoussons parce que
nous considérons que ça ne correspond pas à la situation économique que nous
constatons après que les ministres, d'ailleurs, aient eu des échanges
importants avec la Commission européenne, le FMI. Enfin, un travail très
important, le G7, un travail très important a été fait en amont et qui est
d’autant plus sérieux que certains fausses experts qu'on peut voir ici ou là
sont en train de vouloir faire peur inutilement aux gens.
µDernier point : se dire la vérité sur les finances publiques, avec la part
d'incertitude, évidemment, qui est la nôtre au moment où nous nous trouvons.
Nous n'abandonnerons personne, je l'ai dit, dans le soutien à l'activité. Tout
ça va avoir un coût. On vous donnera les chiffres dans un instant. Il faudra
donc évidemment gager tout ça, faire un certain nombre d'économies. Et je le
dis aussi peut-être pour donner un peu de perspective, dire aussi comment le
Gouvernement travaille à la construction d'un budget pour 2027, d'un projet de
loi de financement pour la sécurité sociale pour 2027 : c'est que la position
du Gouvernement et que les textes que nous proposerons au Conseil des ministres
de mi-octobre seront des textes dans lesquels il n'y aura pas de proposition
d'augmentation d'impôts. Et donc je le dis parce que tous les choix aussi que
nous faisons en ce moment, y compris en faisant attention à nos finances
publiques, en faisant attention à la juste proportion des aides : on aimerait
en faire plus pour beaucoup de gens, une dimension aussi humaine et
empathique — il ne faut pas nier, je le vois bien chez moi à Vernon dans
l'Eure — mais en tout cas, des cadeaux bizarres au mois de mai qui se
transforment en augmentation d'impôts à l'automne, ce n'est pas ce que le
Gouvernement propose.
Et donc, je donne aussi cette perspective, y compris au monde économique,
puisque certaines annonces peuvent les concerner dans un instant. Pardon
d'avoir été long, mais je voulais aussi refaire la mise en perspective de la
stratégie du Gouvernement, laquelle peut évoluer à n'importe quel moment, en
fonction évidemment de la situation géopolitique.
Ce n'est pas une crise domestique que l'on gère. C'est une crise mondiale,
peut-être encore plus mondiale que la guerre en Ukraine. Et pour cause, les
interdépendances sont nombreuses avec le Golfe. Les pays d’Asie souffrent
énormément, parce qu'eux ont une dépendance énergétique très forte avec les
approvisionnements et les productions dans la région. Et comme tout cela peut
durer d'une manière ou d'une autre, sous une forme ou sous une autre, il faut
désormais évidemment le traiter avec beaucoup de calme, le calme des vieilles
troupes en quelque sorte. Mais enfin, il faut le faire en disant la vérité aux
Françaises et aux Français et ne rien leur cacher, y compris d'ailleurs parce
qu'une grande échéance démocratique va intervenir l'année prochaine et que par
définition, tous ces éléments aussi concernent l'ensemble des acteurs.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien
à l’activité économique] Il faut que ça aille vite. Donc on passe aussi par des
tuyauteries qui existent déjà, mais surtout, on fait confiance et on
libéralise. Et la prime carburant, c'est un outil que les patrons connaissent
bien, que les organisations patronales connaissent bien, que les organisations
salariales connaissent bien, que les DRH des entreprises connaissent bien,
quelle que soit la taille des entreprises. Et au fond, en enlevant et en
faisant sauter tous les critères, toutes les rigidités, défiscalisation,
désocialisation, ça permet aussi pour les entreprises qui le peuvent, qui le
souhaitent, d'avoir un outil à leur main, à différencier en fonction aussi
évidemment des travailleurs et des travailleuses et qui peut en plus s'étaler
soit sur la paie du mois de juin, soit sur la paie du mois de juillet, soit sur
la paie du mois d'août, soit sur la paie du mois de septembre.
En tout cas, quelque chose qui soit le plus libre possible, parce qu'on
comprend bien et on considère bien aussi que faire confiance et ne pas mettre
trop de contraintes dans l'ensemble de ces aides est quelque chose de clé,
pareil pour l’indemnité grand rouleur. Nous sommes avec les collègues à votre
disposition pour répondre à vos questions.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien
à l’activité économique] Au regard de
nos difficultés, je pense qu'il faut qu'on fasse bien la gestion de crise en
deux temps. Tant que nous sommes sur une crise d'importation, d'inflation
importée sur les prix, avec des scénarios qui peuvent être très divers,
l'urgence, c'est que l'activité économique tienne. Et c'est un message aussi de
solidarité que je fais passer. Il y a des crises dans le passé dans lesquelles
on a géré les choses de manière indifférenciée. Et pour cause, le Covid. Derrière,
on a eu beaucoup de gens qui ont dit que cette gestion de crise s'est quand
même fait beaucoup au détriment de ceux qui travaillaient, des gens plus
jeunes.
On tire aussi des conclusions de ce qui s'est passé. Et je l'ai dit tout à
l'heure, pour que le système redistributif, pour que la solidarité fonctionne
dans le pays, y compris notre sécurité sociale, il faut qu'on garde quand même
une assiette d'activité économique suffisamment importante pour avoir un
système de redistribution. C'est une urgence. Ensuite, et on n'est pas là pour
documenter tous les scénarios, on aura bien l'occasion de revenir devant vous,
si nous devions basculer dans une autre intensité de crise, soit sur les prix,
voire, pire, sur une crise de volume.
Mais une fois de plus, il faut les phaser et il faut évidemment qu'elles
correspondent à la situation géopolitique. Après, je ne vais pas déconnecter,
c'est très dur. Mais je vais vous dire, c'est aussi parce que c'est très dur
qu'on a souhaité aussi accélérer sur l'électrification, parce qu'on n'a pas
fini d'avoir cette dépendance. On la paie cash en ce moment. Ça fait des
années qu'on le sait. On a déjà fait des choses, mais de toute évidence, pas
suffisamment vite et pas à l'échelle. Et ça veut dire aussi qu'en revanche, des
annonces seront encore à venir sur le plan d'électrification, le mal à la
racine, parce qu'il est clair que les populations de concitoyens et de
concitoyennes les plus fragiles, c'est-à-dire ceux qui sont les plus
vulnérables, vont devoir aussi passer en quelque sorte en priorité sur le plan
d'électrification. Il faut qu'on arrive à marcher évidemment sur ces deux
jambes.
Puis, la dernière raison qui ne nous empêche pas de ne rien faire, je pense que
la longueur de la conférence de presse le témoigne, on fait très attention
aussi évidemment aux finances publiques, parce que les mesures générales, on
les a prises déjà dans le passé. C'est ce qui fait aussi qu'aujourd'hui, il y a
un déficit public important. Et comme il ne s'agit pas d'augmenter la pression
fiscale et de casser le moteur de croissance qui est le nôtre, il nous faut
évidemment avancer prudemment. Mais une fois de plus, nous mesurons, je mesure
la grande fatigue, la pression que cela exerce sur nos concitoyennes et nos
concitoyens, mais nous faisons évidemment du mieux que nous pouvons pour gérer
cela aussi dans la défense de l'intérêt général et ne pas non plus repousser la
contrainte sur les générations futures.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien
à l’activité économique] Il faut qu'on soit précis, parce qu'aide généralisée,
ça veut dire quoi ? Est-ce que la prime carburant que nous annonçons est une
aide généralisée ? La réponse est oui. Elle est universelle. Mieux que ça,
désocialiser, défiscaliser les critères levés et pas de catégorie d'entreprise
dans laquelle on dirait : « vous, vous avez le droit ou vous n'avez pas le
droit ». C'est une aide générale.
Si votre question plus précise, c'est une baisse de la fiscalité à l'aveugle
générale massive sur le carburant, j'ai appartenu à un Gouvernement qui l'a
déjà fait. C'est parfois la spécialité de la classe politique française de
faire deux fois la même connerie. Ce ne serait pas la première fois dans notre
histoire que ça arrive. Mais enfin, nous continuons de tirer ce fardeau en
matière de déficit. Pardon, je ne veux pas polémiquer, mais bien souvent, en
plus, l'effet à la pompe ne reste pas toujours si évident que ça, puisqu’au
milieu de la chaîne de partage de la valeur, certains en profitent pour
récupérer une baisse de la fiscalité. C'est ce qui s'est passé très clairement
sur la baisse de la TVA en Pologne, dans laquelle, entre le moment où l'annonce
s'est faite et le moment où ça s'est vu à la pompe, il ne s'est pas vu
grand-chose. Et c'est bien pour ça que le gouvernement polonais, dans son
temps, a dû revenir à l'aveugle.
Donc, j'ai envie de vous dire : « On a plutôt une longueur d'avance sur ce
sujet, parce qu'on l'a déjà fait ». Je le dis de plus en plus, je suis
solidaire du Gouvernement auquel j'ai appartenu, qu'il l'a fait. Voilà. Je
pense que maintenant, on est dans un moment de vérité, ça va durer. Et je vais
vous dire quelque chose, sans créer d'incidents diplomatiques : les pays qui
nous entourent, qui ont procédé à des mesures générales de baisse de fiscalité,
si ça dure, elles vont avoir un sacré dilemme sur l'endurance de ce genre de
mesures.
Donc nous, il faut qu'on joue sur notre atout. Une fois de plus, on a un peu le
droit d'être gaulliste et de penser aussi à l'intérêt général et de faire un
aller-retour entre le temps court et le temps long. On a de l'électricité et on
va bientôt en avoir de plus en plus à foison [ph]. C'est la stratégie qu'on a
retenue. Produire, produire, produire. Soit par les ENR, dont aussi notre
hydroélectricité parce qu'on est un pays de barrages, soit évidemment pour
notre nucléaire. On va arrêter quand même de baser notre stratégie de
consommation sur un truc qu'on ne produit pas, qui, en plus, parfois, est
produit dans des pays dans lesquels il y a quand même des sujets politiques et
géopolitiques de toutes les évidences, alors que nous-mêmes, on a un atout historique
que nos voisins européens n'ont pas, du reste. Donc là, il y a un moment de
vérité. Soit on est myope et on continue la fuite en avant, soit on investit
sur l'avenir. Je vous le redis, ce Gouvernement, il n'a pas d'agenda politique,
au sens électoral du terme.
Ça rend, au fond, assez libre. Ça ne veut pas dire qu'il faut faire des choses
impopulaires pour qu'elles soient impopulaires, ça ne veut pas dire qu'il faut
être sourd, ça ne veut pas dire que... Ce n'est pas ça que je dis. Jusqu'à un
moment donné, il y a quand même une prime aussi à la vérité. Cette dépendance
aux hydrocarbures est une laisse étrangleuse. Et c'est un enjeu de
souveraineté. Ce qui, pendant longtemps, a été un enjeu de climat devient un
enjeu de souveraineté. Ce n'est pas la peine de mettre autant d'argent dans
notre défense pour qu'on ait notre propre autonomie stratégique. Ce n'est pas
la peine d'avoir notre propre dissuasion nucléaire qu'on est capable de mettre
en œuvre de A à Z si on est à ce point dépendants des hydrocarbures. Et je veux
vous dire, au travers de la crise aussi, mais c'est un bon sujet pour le débat
électoral de l'année prochaine. Est-ce qu'on veut encore être un grand pays ou
pas et peser dans le monde ? Il n'y aura pas de grands pays qui seront
dépendants d'hydrocarbures qui viennent de loin et certaines grandes puissances
asiatiques sont en train de s'en rendre compte en ce moment.
Et vous le verrez, dans la compétition mondiale, l'électrification à marche
forcée va se faire. Est-ce qu'on commence trop tard ? Non. On a déjà commencé,
heureusement. Est-ce qu'il faut accélérer ? On le fait déjà. Est-ce qu'on a
encore une année pour accélérer davantage ? J'en suis absolument persuadé. Et
je le disais, moi, j'étais séguiniste, donc c'est une fibre sociale. Et en
plus, il faut démarrer par les plus fragiles. Et je pense que c'est ça qu'il
faut qu'on réussisse dans les temps qui viendront. Les personnes, les
concitoyennes et les concitoyens, les plus fragiles, les plus exposés, qui ont
le plus de difficultés, doivent être les premières désormais à bénéficier de
ça.
Et je termine mon dernier point. N'attendons pas de constater que des filières
de production de voitures électriques qui sont actuellement produites en France
partent à l'étranger, au moment où, au contraire, il faut les fixer sur le
territoire durablement. Et donc, par définition, il faut que ces voitures
trouvent aussi un marché et un aboutissement. Je pense vraiment qu'il faut
qu'on soit capable de raisonner, court terme, long terme. C'est le seul moyen
de défendre l'intérêt général, mais aussi de protéger les Françaises et les
Français.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien
à l’activité économique] Je ne pense pas
qu'on incite les Français à rouler plus. Or, je vais être très direct, j'assume
depuis le début, et les ministres le savent, on ne va pas faire la leçon aux
Français et leur expliquer comment il faut vivre. Voilà, je ne peux pas être
plus direct. Et d'ailleurs, le volume du carburant, globalement, diminue, parce
que, tout simplement, les gens s'organisent. Et la perspective que le
Gouvernement ou la classe politique aille faire des plans de sobriété en
expliquant comment il faudrait rouler, etc., à titre personnel, ça
m'insupporte. Et je le dis, il faut arrêter d'emmerder les Français parce que,
comme disait Georges Pompidou, parce qu'au fond, il faut bien que des mesures
ne sont pas revenues au début en disant : « on va baisser la vitesse sur
l'autoroute ».
Mais les gens le font de même s'ils veulent le faire. Des gens sont venus me
voir en disant : « il faut interdire les courses de côte ou les rassemblements
sportifs automobiles parce que ça envoie un signal qui n'est pas un signal de
sobriété ». Mais si les gens se serrent la ceinture tout le mois et que c'est
leur plaisir d'aller voir une course de côte ou d'y participer, pourquoi le
Gouvernement les en empêcherait ? C'est aussi un rapport au pays. Je crois à la
responsabilité individuelle aussi. Je crois donc à la liberté. Et je pense que
c'est bien de ne pas emmerder les Français aussi dans un moment comme celui-ci.
Il faut qu'on soit là à leur portée, il faut les aider. Mais je pense qu'il
faut faire attention à ça. Deux, je présiderai moi-même un comité d'alerte des
finances publiques avec les ministres au mois de juin. Le sujet des similars
prend une tournure un peu médiatique. C'est assez compliqué parce qu'il y a des
sujets de non recettes éventuelles, il y a des sujets de dépenses vraiment
imprévues. D'ailleurs, pardon, mais l'activité de nos forces, je le redis,
l'activité des forces armées au Moyen-Orient produit un surcoût qui est très
important, que nous assumons complètement, mais qui était par définition pas
possible de connaître ou de savoir au moment où nous avons voté le
budget.
Par ailleurs, on a évidemment les mesures que nous venons d'annoncer, mais je
vais laisser la parole au ministre, peut-être, pour qu'il puisse en dire un
mot. Et je ne partage peut-être pas complètement votre retour sur le FMI. Et
donc, je vais laisser le ministre de l'Économie et des Finances, qui a
travaillé patiemment avec l'ensemble des équipes, pour peut-être vous dire
exactement ce qu'il en est en grande transparence. Messieurs les ministres.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien
à l’activité économique] Il ne faut pas non plus confondre vitesse et
précipitation.
On peut être très rigoureux dans la gestion de l'argent public sans faire
n'importe quoi. Déjà, le budget a été voté très tard. Je n'y reviens pas. Fin
février, publié au journal officiel, on est fin mai. Certes, tous les facteurs
qu'on indique sont en train de perturber la copie. La réalité, c'est que
contrairement à ce que beaucoup de personnes ont bien voulu raconter et tous
ces essais qu'ils ont relayés, le PLF de cette année est un PLF qui fait déjà
beaucoup d'économies. Si on est honnête, beaucoup d'économies sur l'État, moins
sur la sphère sociale, moins sur les collectivités locales. Ça, c'est
l'ensemble des agrégats. Je ne veux pas non plus qu'on fasse du rabot à
l'aveugle. On ne gouverne pas non plus le pays par un rabot à l'aveugle. Ou
alors, il n'y a pas besoin de ministre, il n'y a pas besoin de Parlement, pas
besoin de s'en parler pendant des heures. On fait ça à l'aveugle.
Donc, c'est aussi pour ça que je veux un tout petit peu de temps, parce que
figurez-vous qu'on va essayer d'être cohérents, c'est mieux quand même, c'est
que les décisions qu'on va prendre entre maintenant et mi-juin, de nouvelles
économies pour 2026 doivent évidemment être en cohérence avec la copie qu'on va
mettre sur la table pour 2027. On ne peut pas avoir de stop and go. Vous
ne pouvez pas dire, je ne sais pas moi : je ralentis tel ou tel type
d'investissement pour, je ne sais pas, moi, les commissariats en 26, puis
expliquer : tiens, on va faire un budget dans lequel on va augmenter pour les
commissariats l'année prochaine. Enfin, dans la vraie vie, ça ne se passe pas
comme ça. Et donc aussi, ce qu'on va essayer de faire, parce que je pense que
c'est notre devoir, comme ça a été dit, c'est de présenter aussi une
trajectoire non seulement de finances publiques, de déficit, etc., mais aussi
qui montre bien quelles sont les politiques publiques du pays, les services
publics, les investissements pour l'avenir, qu'est-ce qu'on va protéger le
mieux que l'on peut jusqu'à la fin potentielle de nos fonctions, sachant que
nous sommes évidemment toujours à la merci d'une motion de censure au
Parlement, mais en tout cas de dire jusqu'à la fin du quinquennat du président
de la République comment la trajectoire se bâtit pour qu'on ait aussi quelque
chose d'intelligent.
Et je pense que ça, c'est important, parce que beaucoup d'acteurs aussi
attendent de la visibilité. Donc, on ne va pas non plus confondre vitesse et
précipitation. Après, à la question : Est-ce que tout ce qu'on annonce par
définition sera gagé ? La réponse est oui. On l'a dit depuis le début, on ne
fera pas n'importe quoi.
> [Arrêté interdisant la tenue de la rencontre annuelle des Musulmans de l'Ouest] Cette décision de justice à Nantes marque une étape importante dans la lutte contre l’entrisme des Frères musulmans. Face à l’islamisme politique, la République doit être ferme, précise et juridiquement irréprochable.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> [Arrêté interdisant la tenue de la rencontre annuelle des Musulmans de
l'Ouest] ’arrêté d’interdiction de ce rassemblement a été confirmé par la
justice. Les propos susceptibles d’y être tenus sont de nature à porter
atteinte aux principes et aux valeurs de la République ainsi qu'à la cohésion
nationale et à la dignité humaine. Le rassemblement ne peut donc pas se tenir
et j’invite chacun à respecter cette interdiction.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Les applications des technologies quantiques et la maîtrise souveraine de
l’électronique transforment les capacités militaires et redéfiniront les
équilibres géostratégiques. Aussi, nous accélérons pour maintenir la
supériorité opérationnelle des armées à long terme : triplement de l’enveloppe
prévue pour le quantique en actualisation de la LPM, création du laboratoire
dédié au quantique de Défense, ouverture d’un campus pour structurer l’écosystème
entourant les enjeux militaires. Dans le cadre de la relance de la stratégie
nationale quantique et de la stratégie nationale d’accélération pour
l’électronique et les semi-conducteurs, les armées, directions et services, sont
mobilisés pour garantir l'autonomie stratégique de la France.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique]
Le scénario dans lequel le conflit serait d'extrême courte durée est désormais
derrière nous. Nous le savons et nous adaptons nos propositions évidemment à
cette situation. Les entreprises françaises le savent aussi : elles regardent
l'actualité internationale comme vous et comme nous. Et donc elles sont
conscientes et c'est ce qui explique d'ailleurs le retournement du climat des
affaires qu'on observe ici ou là dans des enquêtes, y compris une qui est
sortie ce matin, qui montre que les industriels vont, eux aussi, adapter
évidemment leur scénario à cette situation nouvelle.
Ce scénario de conflit plus durable, c'est celui qui a été partagé à l'occasion
du G7 Finance que j'ai eu le plaisir et l'honneur de présider lundi et mardi.
C'est le scénario sous-jacent aux prévisions des institutions internationales.
Vous avez vu la Commission européenne, qui prévoit 0,8 % de croissance ce matin
pour la France, très proche de la nôtre, et le FMI à 0,7 %. On est évidemment
dans des chiffres extrêmement proches les uns des autres. Pour autant,
j'entends depuis plusieurs jours des prophètes de malheur se multiplier (y
compris chez certains de vos plateaux) pour nous annoncer le pire à la fois en
croissance et en inflation : la récession ici, l'hyperinflation là.
Je veux être très clair : nous ne serons ni des prophètes de malheur ni des
marchands de bonheur. Nous, on va s'appuyer sur des faits. Aujourd'hui, il y a
des facteurs d'inquiétude, il y a des facteurs de préoccupation, et on les
connaît. La croissance, vous le savez, a marqué une pause au premier trimestre
de cette année. Une partie de cette pause est liée à des facteurs
exceptionnels, la clémence de l'hiver qui fait qu'on a moins consommé
d'énergie, les exportations d'Airbus un peu en dessous de la tendance
habituelle, la construction un peu en retrait du fait du cycle électoral. La
croissance était à l'arrêt. L'inflation, elle est en hausse, indéniablement. On
est à 2,2 % d'inflation sur les derniers chiffres, essentiellement liée à une
hausse des tarifs de l'énergie. On est bien en dessous de ce qu'on observe
partout ailleurs en Europe et dans le monde. La zone euro est à 3 %. L'Espagne,
qui a baissé de manière importante à coups de milliards d'euros le prix à la
pompe, est à 3,5 % d'inflation. Une fois prises en compte ces mesures, on est
aux alentours de 2, un peu au-dessus.
Je rappelle à propos de la guerre en Ukraine. À l'époque, on avait dépensé 80
milliards d'euros. Et l'inflation, après, tout ça était à 5,5 %. Donc on est
dans une phase où, évidemment, la croissance ralentit, une phase où l'inflation
augmente un peu, un peu au-dessus de 2%.
Mais on n'est évidemment pas dans un scénario tel que nous le présentent les
prophètes de malheur qui font florès ces derniers jours. On a surtout, je tiens
à insister là-dessus, des facteurs un peu spécifiques à la France qui font
qu'on est plus résilients. Donc on a des facteurs d'inquiétude : la hausse de
l'inflation, le marché du travail, vous l'avez vu, qui marque un peu le pas en
début d'année. On est un peu au-dessus de 8 %. On n’était pas loin de 7 % il y
a maintenant 5 trimestres. Vous savez qu'une partie de cette hausse est liée à
des aléas statistiques. Mais quand même, le marché de l'emploi se dégrade un
peu.
Mais nous avons des stabilisateurs liés au modèle social dont il faut être fier
et qui fonctionnent. La hausse de l'inflation, ça veut dire une hausse
mécanique du SMIC. Le ministre du Travail a eu l'occasion de l'annoncer. La
prime d'activité, qui a été votée dans le budget, elle entre en vigueur dans
les jours qui viennent. Le chèque énergie qu'on a élargi... tous ces facteurs
qui sont des facteurs inhérents à la France font qu'on a des facteurs de
résilience de court terme, notamment du côté de la consommation. Le mix
énergétique qui fait qu'on est bien mieux protégé, moins exposé au choc
énergétique, c'est un impact sur l'inflation évidemment moins important. C'est
surtout, la ministre y reviendra, aucun enjeu d'approvisionnement.
Et puis la France reste le pays le plus attractif d'Europe. On a des
investisseurs internationaux qui s'intéressent à la France et qui souhaitent y
investir. Toutes ces raisons nous mettent face à une situation dans laquelle on
a des facteurs d'inquiétude qu'on va suivre de très près, mais aussi des
facteurs de résilience qu'on a souvent tendance à oublier et qu'il faut
évidemment tous ensemble garder à l'esprit.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien
à l’activité économique] Deux secteurs, évidemment, extrêmement importants pour
l'industrie française, les engrais et la chimie. Les engrais, d'abord, ça a été
dit par la ministre de l'Énergie, c'est un enjeu crucial pour nos agriculteurs.
D'abord, vous savez que les prix des engrais ont augmenté, vous savez aussi
qu'ils avaient été prévoyants, et donc que les stocks d'engrais étaient
importants. Mais maintenant que la fertilisation est lancée, il va falloir
reconstituer des stocks. Et donc nous souhaitons les aider sur les achats
d'engrais. La ministre est absente au banc. Elle a été très présente, notamment
à la Commission européenne, pour obtenir de l'Europe une aide qui va permettre
d'alléger la facture, si je puis dire, d'achats d'engrais par les agriculteurs.
Elle aura l'occasion d'échanger évidemment avec les filières pour en présenter
le détail et de s'assurer que le dispositif est bien affiné.
Ce que je peux vous dire, c'est qu'on a insisté aussi pour que quand vous
achetez des engrais faits en France, faits en Europe, vous êtes un peu plus
aidés que quand vous les achetez au bout du monde. Il faut, j'allais dire,
profiter de cette crise pour renforcer l'industrialisation française. Et c'est
ce qu'on fait notamment dans les engrais avec un appui à court terme. Et on va
le faire aussi pour la chimie. On va utiliser ce qu'on appelle la compensation
carbone, c'est très technique, peu importe, qui va permettre de les aider à
passer les surcoûts de court terme qui sont évidemment très présents dans la
chimie, du fait de la plasturgie, et dans l'industrie des engrais, du fait de
la hausse du prix de l'ammoniaque notamment.
On va aussi s'assurer qu'on fasse tous les efforts disponibles à Bruxelles pour s'assurer qu'un certain nombre de mesures qui étaient en place et qui allaient se traduire directement par des coûts importants pour la chimie et les engrais soient repoussées. Ça fait partie des représentations que Sébastien Martin fera évidemment à Bruxelles. Donc on est à la fois dans le moyen terme, s'assurer que l'Europe puisse continuer à accompagner ces secteurs. On va continuer à décarboner l'industrie des engrais, on va continuer à décarboner l'industrie de la chimie, mais à court terme, évidemment, à la fois du côté de la demande des agriculteurs et du côté de l'offre à la production, on va aider ces secteurs essentiels.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique] Le FMI dit 3 choses aujourd'hui. Il dit : « on révise à la baisse la croissance». 0,7%, 0,8%, 0,9%, c'est aujourd'hui l'ordre de grandeur des prévisions des grandes organisations internationales et des économistes privés. Il dit une deuxième chose, c'est que la stratégie d'aide ciblée, temporaire, et qui se concentre sur les plus vulnérables, c'est exactement ce qu'il faut faire. Je parlais avec un ancien ministre de l'Économie et des Finances récemment. Ce n'est pas tous les jours que le FMI donne des satisfecit à la France sur la manière de dédier l'économie de manière efficace. Et le troisième point qu'ils disent sur les finances publiques, c'est qu'on peut arriver en dessous de 3 % avec des prévisions de croissance très proches des nôtres, à condition de faire un certain nombre d'efforts. Et ça, ça fait partie des défis auxquels on sait qu'on est exposés, que le FMI nous rappelle. C'est-à-dire que c'est un rappel bienvenu et on y travaille.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique] On se place aujourd'hui dans un scénario dans lequel, jusqu'à la fin de l'été, on va se retrouver au minimum avec des prix du pétrole aux alentours de là où ils sont aujourd'hui, entre 100 dollars et 110 dollars le baril, donc des prix de l'essence qui sont sans doute très proches de ce qu'ils sont aujourd'hui. Ça va changer semaine après semaine. On va s'assurer qu'il n'y a pas d'excès sur les marges, mais globalement, des niveaux de prix semblables à ceux qui sont aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle on a calibré les aides dans cette perspective-là. Avec une inflation qui est aujourd'hui à 2,2 %, qui conduira peut-être, du coup, à augmenter un peu, du fait des faits sur d'autres secteurs que sur le secteur de l'énergie, mais sur une inflation qui reste relativement contenue. Je le rappelle, aujourd'hui, c'est 3,5 en Espagne, c'était 5,5 au moment de la crise en Ukraine. On n'est pas du tout sur les mêmes chiffres. Si on entre dans un troisième scénario, le Premier ministre a été très clair également, où, là, c'est plutôt les volumes qui commencent à nous inquiéter, on changera de monde et on se reverra. Mais aujourd'hui, on est dans une logique où l'inflation en France, elle monte, on s'y attendait, elle reste contenue par rapport à d'autres pays. On a des facteurs de résilience macro qui font qu'on se concentre sur les plus vulnérables. Pour le reste, on reste dans un scénario, il n'est pas fantastique, on ralentit, on fait face à des vents de face, mais dans lequel, quand même, face à des prophètes de malheur qui ont tendance à se multiplier, je le répète, on a une économie française qui tient, et en grande partie parce qu'on a un modèle qui nous permet de tenir, et en partie parce que je pense qu'on annonce aujourd'hui l'essentiel pour les plus vulnérables.
> Le monde choisit la France.
Pour une septième année consécutive, notre pays attire le plus grand nombre de
projets d’investissements étrangers en Europe selon le Baromètre!
852 projets, 28 000 nouveaux emplois et une concentration des projets liés à
l'intelligence artificielle.
C'est le fruit de notre politique d'attractivité.
Ce sont surtout des emplois dans les territoires et des projets qui font la
France de demain.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Les appels de certains responsables politiques français à un retrait de
l’OTAN sont déraisonnables et totalement inconséquents.
> À compter de ce jour, Itamar Ben-Gvir est interdit d'accès au territoire français. Cette décision fait suite à ses agissements inqualifiables à l'égard de citoyens français et européens passagers de la flottille Global Smud. Nous désapprouvons la démarche de cette flottille qui ne produit aucun effet utile et surcharge les services diplomatiques et consulaires, dont je salue le professionnalisme et le dévouement. Mais nous ne pouvons tolérer que des ressortissants français puissent être ainsi menacés, intimidés ou brutalisés, qui plus est par un responsable public. Je relève que ces agissements ont été dénoncés par un grand nombre de responsables gouvernementaux et politiques israéliens. Ils font suite à une longue liste de déclarations et d’actions choquantes, d’incitations à la haine et à la violence à l'encontre des Palestiniens. Comme mon collègue italien, je demande à l'Union européenne de prendre également des sanctions à l’égard d’Itamar Ben-Gvir.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique] Je
vais vous parler de plus de 600 000 professionnels dans notre pays, que sont
les aides à domicile. Ces aides à domicile sont majoritairement des femmes.
Elles travaillent à temps partiel, subi le plus souvent, avec un salaire moyen
à 700 euros par mois. La dépense de carburant, habituellement, est de 20 % de
leur revenu. Avec l'augmentation du prix du carburant, c'est une charge
considérable pour ces professionnels qui sont des professionnels indispensables
et qui permettent aux personnes les plus vulnérables de pouvoir être prises en
charge chez elles. En plus de l'aide aux grands rouleurs qui est mise en place,
nous allons leur proposer deux dispositifs.
Le premier, c'est une revalorisation pérenne des indemnités kilométriques pour
ces aides à domicile qui représentent environ 20 centimes par litre d'essence.
Concrètement, pour une aide à domicile qui ferait 10 000 km par an, et c'est
très fréquent dans nos campagnes, cela représente un gain annuel d'à peu près
200 euros par an. Pour les plus modestes, en fait, ça double l'aide gros
rouleurs. Dans toutes nos familles, nous les connaissons, ces professionnels
qui s'occupent de nos parents, de nos enfants, qui sont fragiles, et c'est
pourquoi nous créons une deuxième disposition, un deuxième dispositif qui est
une création d'un programme de leasing automobile social qui sera dédié aux
aides à domicile.
L'idée est d'accéder pour ces professionnels aux voitures électriques. Pour
être très concrète, pour un coût mensuel entre 50 euros pour l'équivalent d'une
voiture type ZOE à 100 euros par mois, l'équivalent d'une Peugeot 208, d'une
Fiat 500, par exemple, et sans apports. Ces aides à domicile pourront accéder à
la voiture électrique, et notre objectif, c'est de créer une flotte de 30 000
véhicules.
Au-delà de ces aides, que je viens de vous décrire, nous procéderons aussi à
une hausse des rémunérations minimales. Enfin, je voudrais conclure et
mentionner les transporteurs sanitaires. Donc, on sait que c'est des acteurs
indispensables à l'accès aux soins, et notamment dans les territoires ruraux.
Ils ont aujourd'hui droit aux aides grands rouleurs de 70 euros par véhicule,
et nous procéderons à une réévaluation du guichet dans les semaines qui
viennent.
> Ce matin, je suis allée à la rencontre de
Roselyne, aide à domicile auprès de Geneviève et de Praline, pour évoquer les
aides aux carburants. Nous avons échangé sur les mesures que nous mettons en
place pour mieux reconnaître et soutenir ce métier essentiel :
- Un leasing social dédié, permettant d’accéder à un véhicule électrique pour
50 à 100 € par mois, selon le modèle choisi, sans apport.
- Une revalorisation pérenne des indemnités kilométriques, afin de mieux
prendre en compte le coût des déplacements indispensables à l’exercice de leur
métier.
Les transporteurs sanitaires bénéficieront également, dans les prochaines
semaines, d’une réévaluation du soutien qui leur est apporté.
> Comme l’a annoncé l’OMS, un nouveau cas d’Hantavirus a été confirmé chez un membre d’équipage rapatrié aux Pays-Bas. Nous le rappelons : la période d’incubation de l’hantavirus pouvant atteindre six semaines, de nouveaux cas peuvent encore survenir. C’est la raison pour laquelle, en France, nous avons pris des mesures d’isolement pour 42 jours, ce qui doit permettre de briser la chaîne de transmission.
> [Ébola] Dès qu'il y a eu l'alerte de l'OMS, on a évidemment commencé à travailler sur ébola pour anticiper. Je comprends l'inquiétude mais le risque d'importation du virus à Mayotte est très faible.
> [Hantavirus : treize mesures pour améliorer la santé des soignants] Il n’est pas question d’infantiliser. Il est question de prendre soin de nos soignants.
> J’ai réuni aujourd’hui les 4 fédérations de transporteurs sanitaires, acteurs essentiels de notre système de santé et de l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire. Les représentants de la profession m’ont alertée sur les difficultés économiques auxquelles leurs entreprises sont confrontées. J’ai entendu leurs préoccupations et mesure pleinement les inquiétudes exprimées pour l’avenir du secteur. Face à cette situation, nous devons engager un travail commun autour de plusieurs pistes concrètes : améliorer l’organisation du transport sanitaire urgent, renforcer la coopération entre les différents acteurs, simplifier les conditions d’exercice et lever les freins qui pèsent sur leur activité au quotidien. Nous restons pleinement mobilisés pour construire, avec la profession, des solutions durables et apporter des réponses aux attentes de ce maillon indispensable de notre système de santé.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique]
On vit désormais dans un monde où les chocs extérieurs, les guerres, en
l'occurrence comme celle qui a été déclenchée dans le détroit d'Ormuz,
interviennent à intervalles de plus en plus réguliers. On avait eu l'invasion
de l'Ukraine par la Russie en 2022-2023 dans un contexte économique,
énergétique et financier différent de celui d'aujourd'hui. Il y a d'ailleurs un
an, nous avions eu une offensive commerciale, internationale aussi, qui avait
frappé le monde entier. C'était d'ailleurs à peu près à la même époque, au
début de l'année 2025. Et nous avons, depuis la fin du mois de février, cette
guerre qui a été déclenchée dans le détroit d'Ormuz.
Et donc, notre devoir dans cette situation, c'est de permettre à la France
d'être préparée à tout : préparée à tout sur le plan militaire, et c'est la
raison pour laquelle on a engagé les investissements nécessaires pour la loi de
programmation militaire et pour son actualisation ; préparée à tout sur le plan
énergétique, et il vient d'y être fait référence ; et préparée à tout sur le
plan des finances publiques : pour que, quels que soient les scénarios qui se
matérialisent dans les prochains mois — et les différentes possibilités — que
nos finances publiques nous permettent toujours de faire l'essentiel,
c'est-à-dire de pouvoir protéger les Français des classes populaires, les
Français des classes moyennes, les entreprises les plus vulnérables, et donc
notre tissu économique.
Et c'est la raison pour laquelle, depuis le début de cette guerre, le
Gouvernement a édicté un principe cardinal : les aides doivent être ciblées
vers les travailleurs et vers les entreprises qui en ont le plus besoin. Elles
doivent être temporaires et elles doivent être financées. J'insiste sur ce
point parce que, contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là, la guerre ne
crée aucun surplus pour l'État.
Quand on regarde ce qui s'est passé depuis le déclenchement de la guerre, on a
deux mouvements inverses du point de vue des finances publiques. On a
évidemment une augmentation des prix. Et donc, ça crée notamment pour la TVA
des augmentations de recettes de TVA. Mais de l'autre, on a une baisse de la
consommation de carburant. Et donc, cela fait baisser à la fois la TVA
elle-même sur les recettes de carburant et cela fait baisser aussi l'accise,
qui est l'autre impôt perçu sur les recettes de carburant et qui, elle, ne
dépend que des volumes. Et donc, il ne fait que baisser puisque la hausse des
prix n'augmente pas les recettes de l'accise.
Alors, où est-ce qu'on en est quand on prend tout cela ensemble ? On fait le
point, vous le savez, tous les 10 jours depuis le début de cette guerre, parce
qu'on ne peut pas laisser prospérer ça et là de fausses idées ou de mauvaises
rumeurs. Aujourd'hui, quand on compare entre 1ᵉʳ mars et le 20 mai,
c'est-à-dire les dernières remontées dont nous disposons en 2026 par rapport à
la même période sur l'année 2025, on a une augmentation de 10 millions d'euros
des recettes liées au carburant, 10 millions d'euros. Et cela varie de semaine
en semaine, parce que le message essentiel, c'est que l'effet d'augmentation
sur les prix est compensé par la baisse des volumes. Et vous savez, on a
entendu des propositions parfois qui venaient nous dire : « Il y a une manne
cachée, il faut la restituer aux Français ». C'est ça, la réponse à la
crise.
Heureusement qu'on s'est organisé autrement. Parce que si on avait compté
dessus pour pouvoir financer les aides d'ores et déjà engagées aux Français,
comme beaucoup dans l'opposition nous y appelaient, il n'y aurait pas
grand-chose aujourd'hui qu'on pourrait faire pour aider les entreprises et les
travailleurs des classes populaires et des classes moyennes puisque d'ores et
déjà — et sans préjugé des annonces qui seront faites dans un instant — mais
d'ores et déjà, les aides qui ont déjà été apportées s'élèvent à 470 millions
d'euros.
Et depuis le début, le Gouvernement s'est organisé pour pouvoir les financer.
Donc vous le voyez, nous avons des recettes de carburant qui se comptent en
quelques millions d'euros, là où nous avons un coût de la guerre qui se compte
en milliards. Pourquoi en milliards ? Parce qu'il y a évidemment le coût des
aides et des soutiens supplémentaires pour, je le disais, les travailleurs des
classes populaires et les classes moyennes : c'est l'indemnité aux grands
rouleurs. Et les aides pour les entreprises, c'est l'ensemble des aides qui
sont apportées aux secteurs les plus exposés. Les ministres auront l'occasion
de revenir sur le détail des dispositifs, mais pour fixer les grands chiffres,
nous allons aujourd'hui apporter un soutien à hauteur d'un milliard 200
millions d'euros pour les travailleurs et les entreprises qui en ont le plus
besoin, 470 millions d'euros d'aides qui ont d'ores et déjà été annoncés, et
710 millions d'euros d'aides nouvelles.
À tout cela s'ajoutera évidemment le coût de la guerre pour nos finances
publiques, l'impact sur l'économie. L'impact sur la croissance, l'impact sur
l'inflation, l'impact aussi sur les taux d'intérêt qui n'est pas propre à la
France. J'insiste dessus parce qu'on a une hausse des taux d'intérêt qu'on
observe dans l'ensemble du monde. On l'observe d'ailleurs aux États-Unis, on
l'observe au Royaume-Uni, on l'observe en Allemagne, on l'observe dans
l'ensemble des pays européens. Évidemment, tout cela a un effet sur notre
charge de la dette dans un contexte où l'argent public est non seulement rare,
mais il est cher. Et c'est la raison pour laquelle nous avons cette approche
d'aide ciblée, d'aide financée pour ne pas nous retrouver un jour dépourvus de
marge de manœuvre. Parce que, certes, ceux qui aujourd'hui appellent à déverser
des milliards et des milliards d'euros, à faire des chèques sans provision pour
alimenter telle ou telle campagne électorale, mettraient notre pays en grand
danger dans cet environnement aussi incertain.
On avait eu l'occasion de faire la transparence également sur l'impact
macroéconomique au mois d'avril dernier, chiffrant déjà le coût de cette guerre
à hauteur de 6 milliards d'euros pour les finances publiques, dans un contexte
où, je le rappelle, à l'époque, beaucoup disaient que le Gouvernement exagérait
l'impact de la guerre et qu'il y avait cette fameuse cagnotte.
Selon les différents scénarios, le coût de la guerre sera évidemment supérieur
à ces 6 milliards d'euros, puisque — le Premier ministre a eu l'occasion
de le dire — on voit l'évolution de la situation dans le détroit d'Ormuz.
Et donc, nous continuerons à adopter cette même méthode, faite de transparence
à chaque étape avec le Parlement, avec les partenaires sociaux, avec les
organisations professionnelles, évidemment avec l'ensemble des Français. Et
nous aurons d'ici la fin du mois de juin un nouveau comité autour des finances
publiques pour actualiser nos prévisions macroéconomiques, la croissance,
l'inflation, évidemment l'impact sur les finances publiques et prendre les
mesures qui s’imposeront en matière de dépenses pour conserver ce cap, qui est
de permettre à notre pays d'être préparé en tout état de cause.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien
à l’activité économique] En ce qui concerne les agents publics, bien
évidemment, les travailleurs du service public, les agents publics sont
éligibles aux dispositifs en faveur des grands rouleurs comme l'ensemble des
travailleurs qui respectent les conditions à la fois de distance et de niveau
de revenu. Donc ça concerne tous les agents publics qui utilisent leur voiture
pour aller travailler et qui sont en dessous des seuils de revenus précisés. Ce
portail, pour les grands rouleurs, vous le savez, ouvrira le 27 mai. J'en
profite d'ailleurs pour remercier les agents de la direction générale des
finances publiques qui ont établi cette plateforme avec une vitesse record par
rapport à ce qu'on avait connu, notamment en 2022, et surtout avec un niveau de
cybersécurité renforcé, parce qu'il était crucial dans la période de pouvoir
nous assurer que les données personnelles des Français qui seront amenés à
solliciter cette aide, qui mettront à la fois leur niveau de revenu, leur
numéro fiscal, leur carte grise, évidemment que tout ça soit au plus haut
niveau de sécurité dans un contexte où, on le voit, les cybermenaces, on a vu
toute la mobilisation qui a été d'ailleurs déployée ces dernières semaines
autour de la NSIM [ph], enfin, à quel point tout cela est devenu une
préoccupation éminente pour le Gouvernement, et c'est la raison pour laquelle
cette date du 27 mai a été retenue.
Mais au-delà de cela, il y a aussi tous les travailleurs du service public qui
utilisent leur véhicule personnel dans le cadre même de leur service, pas
seulement pour se rendre sur leur lieu de travail. Je pense aux enseignants
remplaçants, je pense aux AESH, aux accompagnants, et en réalité, surtout aux
accompagnatrices d'élèves en situation de handicap qui peuvent être amenées à
intervenir dans plusieurs établissements, je pense aux agents hospitaliers qui
sont amenés à se déplacer dans le cadre de leur mission. Bref, je pense à
l'ensemble de ces agents publics dont les fonctions supposent des déplacements
réguliers sur le terrain pour des tournées, pour des contrôles, pour des aides,
pour des inspections qu'elles réalisent avec leurs véhicules personnels. Et
donc nous allons augmenter les frais de déplacement à ce titre entre le 1ᵉʳ juin
et le 31 décembre avec une majoration qui représentera l'équivalent d'environ
20 centimes par litre de carburant. La mise en œuvre sera simple. Il n'y aura
pas de dossier supplémentaire à déposer. Les agents publics n'auront qu'à
continuer à déclarer dans les circuits habituels avec des nouveaux montants qui
seront appliqués automatiquement aux déplacements éligibles, réalisés à compter
du 1ᵉʳ juin 2026.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique] Concernant la situation des finances publiques. Effectivement, le Fonds monétaire international, mais comme de très nombreux observateurs, remarque que la meilleure manière de tenir nos finances publiques dans la période, c'est d'abord d'avoir des aides ciblées, ça a été beaucoup évoqué, et des aides financées. Et donc, oui, ça veut dire que, par définition, à chaque fois qu'il y a des aides qui sont enclenchées, il y a des dépenses qui doivent être stoppées, reprogrammées, repriorisées. C'est le travail qui est en cours, qui mobilise l'ensemble des ministères. On aura l'occasion, à l'occasion du comité d'alerte que le Premier ministre présidera à la fin du mois de juin, de continuer à déployer cela. Les premières salves de dépenses seront stoppées très prochainement. Et c'est très important, parce que nous sommes dans un contexte de guerre déclenchée à nouveau dans le détroit d’Ormuz, dans Moscou, ce qui, par nature, n'était pas prévu au moment de la construction budgétaire, n'était pas présent dans les débats parlementaires et pour cause. Et si on veut être capable d'aider les Français qui en ont besoin, les entreprises qui en ont besoin, sans, parce que ce serait évidemment la facilité de laisser exploser la dette publique, le Premier ministre l'a rappelé, il y a une élection présidentielle l'année prochaine. Sans doute, ensuite, un nouveau Parlement. Ce serait facile pour le Gouvernement de mettre la poussière sous le tabi et de laisser la facture à nos successeurs. Et quand on dit facture, ça veut dire dette et impôts. Ce serait facile, mais ce serait contraire à notre devoir. Et donc, c'est la raison pour laquelle, particulièrement dans un monde où, je le dis, on a des chocs internationaux qui arrivent désormais à intervalles très réguliers, et moi, je ne sais pas vous dire ce qui arrivera dans le monde en 2027, ce qui pourrait arriver en 2028. Et donc, il faut qu'en tout état de cause, la France puisse toujours être capable d'apporter les réponses qui sont nécessaires, et c'est la raison pour laquelle ces aides doivent être non seulement ciblées, mais elles doivent être financées.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique] L'enveloppe budgétaire qui a été tranchée par le budget concernant les allégements généraux ne baissera pas. Les 74 milliards d'euros qui étaient prévus dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale au titre des allégements généraux ne baisseront pas. Se pose ensuite la question de savoir comment on aide notre économie, nos entreprises, dans cette situation qui est à la fois imprévue et qui, pour beaucoup de secteurs, ça a été rappelé par mes collègues à l'instant, est évidemment très difficile. On a effectivement des organisations professionnelles qui demandent une augmentation de l'enveloppe des allégements généraux à hauteur, vous l'avez rappelé vous-même, de 2 milliards d'euros. Si on faisait ça, je comprends les raisons qui poussent à le demander, mais ça toucherait à la fois des entreprises qui vont mal et des entreprises qui vont bien. Des entreprises qui augmentent leurs salaires et d'autres qui ne le font pas, des entreprises qui sont en première ligne de la crise liée au détroit d'Ormuz et d'autres qui sont beaucoup moins affectées. Vous l'avez compris, les aides dont nous avons besoin aujourd'hui, elles sont ciblées et financées, et on aura l'occasion très rapidement de pouvoir préciser la manière dont le Gouvernement entend répondre aux organisations professionnelles en matière d'allègements généraux.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Les victimes d'inceste sont condamnées à vie. Pourquoi les bourreaux
dormiraient-ils tranquilles ? Pourquoi l'accès à la justice serait-il empêché ?
L'imprescriptibilité est une nécessité. Je la défends depuis longtemps. Je sais
que nous y arriverons.
> Le 23 mai, la France se souvient. Elle se souvient des femmes, des hommes et des enfants arrachés à leur terre, privés de leur propre humanité. Elle se souvient des vies brisées, des douleurs tuées, des générations marquées par cette histoire. Mais l’Histoire n’est jamais seulement celle de ce qui a été subi. Elle est aussi celle de ce qui a été refusé. Celle de Toussaint Louverture, de Louis Delgrès, de Gabriel, Cimendef, Dimitile, des communautés marronnes et de tant d’autres, connus ou anonymes, qui ont porté une même certitude : aucun être humain n’est né pour appartenir à un autre. On peut enchaîner des corps, jamais une aspiration à la liberté. Se souvenir, ce n’est pas seulement honorer leur mémoire. C’est la faire vivre et la transmettre à nos enfants. C’est refuser encore aujourd’hui tout ce qui prétend séparer, assigner ou hiérarchiser les êtres humains. Telle est la mission de notre République.
> J'inaugure aujourd'hui la Maison des Femmes et des Lendemains à Dax. Soins, soutien psychologique, accompagnement juridique, dépôt de plainte, sous un même toit. En Nouvelle-Aquitaine : 10 féminicides ont eu lieu en 2024. 7% des victimes seulement portent plainte. Ces chiffres appellent des réponses concrètes. L'égalité ne se proclame pas. Elle se construit. Ici, à Dax, elle prend la forme d'une maison.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Partager l’espace public, c’est respecter des règles simples de vigilance,
de civisme et de responsabilité. Au volant, quelques secondes d’inattention
suffisent à briser des vies, des familles, des proches. Dans un contexte où les
chiffres de l’accidentalité du mois d’avril 2026 nous rappellent avec gravité
que rien n’est jamais acquis, nous devons collectivement reprendre conscience
de notre responsabilité sur la route. Aujourd’hui, j’ai participé à la Journée
de la sécurité routière au travail ainsi qu’au village de la Sécurité routière.
Téléphone, vitesse, alcool, stupéfiants : ces comportements dangereux
continuent de tuer. Le protoxyde d’azote participe lui aussi à une banalisation
inacceptable du risque et de la mise en danger. Face au relâchement des
comportements, il n’y aura aucune complaisance. Sauvons des vies. Refusons la
banalisation des risques.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> L’apprentissage ce n’est pas que dans les grandes villes. Ce matin
avec Michel Fournier à Forges, petite commune de Seine-et-Marne où l’UFA forme
chaque année 130 apprentis aux métiers du cheval. Des jeunes qui s’engagent
dans une filière exigeante, portée par des professionnels passionnés, avec des
résultats dont on devrait parler bien plus souvent. La ruralité est un terrain
où l’apprentissage prend tout son sens et toute sa force.
> Réunie aujourd’hui avec Edouard Geffray et
l’ensemble des recteurs et rectrices d’académie, j'ai réaffirmé notre exigence
absolue : faire de la réforme de la voie professionnelle, voulue par le
Président de la République, une réussite. 650 000 lycéens professionnels, soit
près d’un tiers de la jeunesse lycéenne, et près d’un million d’apprentis : ce
ne sont pas des statistiques. Ce sont des visages, des ambitions et des talents
que nous devons propulser. Enseignants, familles, entreprises, élus : la
réussite de nos jeunes est une responsabilité collective. Pour transformer
cette mobilisation en résultats concrets, nous accélérons :
- CNR dédié : lancement dès juin d'un Conseil national de la refondation,
décliné dans chaque académie.
- Carte des formations : co-construite avec les régions et les branches pour
coller aux besoins de la réindustrialisation.
- Égalité des chances: une attention particulière aux mineurs non accompagnés,
aux jeunes de l’ASE.
- Focus Outre-mer : un effort ciblé et prioritaire là où le chômage des jeunes
frappe le plus fort.
Mon cap est clair : une formation, un métier, un avenir
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Sans eau, pas d’agriculture. Sans stockage de l’eau, pas de sécurisation
de la ressource. LFI conflictualise tout. Et défend les délinquants qui s’en
sont pris aux forces de l’ordre à Sainte-Soline. Ils ne défendent pas
l’environnement, ils promeuvent le désordre.
> Les entreprises ont besoin de la biodiversité et la biodiversité a besoin des entreprises. Ce matin, poursuite du « Roquelaure & biodiversité » avec un seul message : les entreprises ne sont pas un frein à la transition écologique, elles en sont la clé et l’avenir. Merci à toutes les entreprises présentes et engagées !
> À la suite du Conseil de Planification Écologique, la co-construction s'engage ! Réunion avec les industriels de la filière plastique autour de la sobriété, du réemploi et du recyclage. L'enjeu : définir un cap clair pour élaborer notre feuille de route, en vue d'atteindre nos objectifs.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Éric Zemmour a une nouvelle fois désinformé les Français en prétendant que
l’aide au développement ne servirait à rien et qu’il faudrait la supprimer.
Il affirme que la Corée du Sud serait devenue une grande puissance sans aide
internationale. C’est faux. L’aide au développement a joué un rôle décisif dans
sa reconstruction puis dans sa croissance. Aujourd’hui, la Corée du Sud est
elle-même un important contributeur international : la preuve que ces
politiques fonctionnent.
Dire que nos coopérations avec l’Afrique seraient « humiliantes » est tout
aussi absurde. La semaine dernière à Nairobi, 34 chefs d’État et de
gouvernement africains ont salué nos partenariats fondés sur des intérêts
mutuels et des projets concrets. Les Français ne sont pas dupes des slogans
populistes. Supprimer l’aide au développement, ce serait affaiblir la France,
renoncer à prévenir les crises et abandonner une part de notre influence dans
le monde, le tout pour moins de 0,5 % du budget de l’État. Restons sérieux!
> En marge de la conférence internationale « No Money for Terror », j’ai pu échanger avec Yahya Shunnar, gouverneur de l’Autorité monétaire palestinienne. Nous avons salué son travail, en appui de services essentiels dans les territoires palestiniens. Le soutien de la France à l’autorité palestinienne est une des nombreuses illustrations de notre appui concret à la consolidation de l’État palestinien et à la paix dans la région. Nous restons aussi mobilisés pour Gaza, où la situation humanitaire demeure critique.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Réunion du 5ème et dernier comité de pilotage préparatoire de la
Conférence nationale du handicap (CNH).
L’occasion de partager les conclusions des cinq groupes de travail qui ont
œuvré ces derniers mois sur les thèmes de l’école inclusive en présence du
ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, de l’habitat, de
l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies, et de la
participation des personnes en situation de handicap.
L’occasion également de présenter les conclusions de la mission experte sur la
représentation des majeurs sous protection juridique. Chacun a pu exposer ses
recommandations nombreuses, importantes, indispensables pour construire les
mesures de la CNH.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> Le recul du chômage structurel était recherché depuis des décennies. Et
nous sommes en train d’y parvenir. En dix ans de politiques publiques
exigeantes, la France a engagé une transformation profonde de son marché du
travail : plus efficace, plus réactif, plus favorable au retour à l’emploi.
Selon la Banque de France, le chômage structurel a baissé d’environ 1,3 point
entre 2015 et 2025. Plus de 80% de cette baisse s’explique par les réformes
menées sur la période. C’est un résultat exceptionnel, qui traduit les effets
cumulés des réformes du code du travail, de la formation professionnelle, de
l’assurance chômage et de l’apprentissage. Faire reculer le chômage structurel,
c’est rendre notre marché du travail plus résilient face aux chocs. C’est
réduire le nombre de personnes durablement éloignées de l’emploi. C’est créer
davantage de richesses, de ressources pour notre modèle social et de
perspectives pour chacun. Nous ne sommes pourtant qu’à mi-chemin. C’est
pourquoi nous poursuivons, avec la même exigence et la même détermination, les
réformes engagées : pour mieux former, mieux orienter, mieux accompagner, mieux
sécuriser le retour à l’emploi et répondre plus efficacement aux besoins des
entreprises.
> La Conférence « Travail-Emploi-Retraites » a
réuni pour la première fois l'ensemble des participants des trois ateliers
thématiques autour d'un même programme de travail. De janvier à mai, quatre
sessions d’ateliers thématiques animés par douze personnalités qualifiées
indépendantes, ont permis de dresser des constats partagés autour :
- du travail (management de qualité, culture de la prévention, santé mentale et
durabilité du travail),
- de l’emploi (orientation, emploi des jeunes, lutte contre les inégalités de
genre),
- des retraites (retraite progressive, solidarité intergénérationnelle,
outillage du pilotage du système).
Ainsi, cette journée marque l’entrée dans une seconde phase de restitution de
ce processus singulier de démocratie sociale. L'objectif sera de préparer la
fin de cette conférence grâce à trois séances dont la dernière se tiendra le 3
juillet. Je tiens à rendre hommage à l'engagement des partenaires sociaux dans
la Conférence depuis son lancement en décembre 2025. Leur volonté de maintenir
un espace de discussion crédible et structuré, dans un calendrier social et
politique aussi exigeant que le nôtre, prouve que la démocratie sociale peut
aider à trouver des voies de convergence.
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique,
de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la
nature
> A l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité, nous
rappelons une conviction simple : la protection du vivant se joue partout, et
d’abord localement.
Derrière les grandes ambitions internationales, il y a des actions concrètes
sur le terrain :
- des espaces de nature protégés ;
- des rivières, des zones humides renaturées ;
- des villes végétalisées par les collectivités, ce qui permet de réduire la
température et améliorer la santé ;
- des agriculteurs, des pêcheurs et des forestiers engagés ;
- un dynamisme citoyen avec des associations mobilisées, et des entreprises
concernées.
La France est au rendez-vous de ses engagements.
Avec 33 % du territoire national désormais protégés, nous dépassons déjà
l’objectif fixé par le cadre mondial pour la biodiversité.
Nous accélérons également la mise en œuvre de la restauration de nos
écosystèmes:
- 100 hectares devront être renaturés chaque année d’ici à 2027 ;
- dès 2025, le Fonds vert a déjà permis de restaurer 1 555 hectares de
nature.
Cette mobilisation doit désormais se poursuivre à l’échelle mondiale.
À l’approche de la COP17 en Arménie, la France portera des priorités claires :
- accélérer l’objectif « 30x30 » ;
- protéger la haute mer ;
- renforcer les financements ;
- défendre une action fondée sur la science.
Transformer l’action locale en impact mondial : voilà notre responsabilité
collective.
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> Je me suis rendu ce matin à la rencontre des très courageux magistrats et
agents du parquet des mineurs de Paris. Chaque jour, aux côtés des associations
de protection de l’enfance, ils protègent les enfants victimes dans des
conditions de travail très difficiles. À titre d’exemple, près de 10 000
nouveaux dossiers ont été traités l’an dernier.
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes
entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique] S'agissant
des marges brutes sur le carburant, comme nous l'avions annoncé, nous publions
désormais chaque semaine l'évolution de la marge brute de transport
distribution, donc sur le site prix-carburant.gouv.fr, qui est très consulté,
toujours. Pour l'heure, nos études montrent qu'au global, malgré des variations
selon le type de réseau de distribution, que ce soit les majors, GMS ou
indépendants, le niveau de marge brute depuis le 1er mars est inférieur à celui
observé avant crise sur une période de référence qui va du 1er janvier au 28
février. On a constaté une marge brute de 28,1 centimes sur le gazole du 1er
janvier au 28 février et 27 centimes à partir du 1er mars au 17 mai. Et de 29
centimes sur l’essence, 29,6 précisément, du 1er janvier au 28 février et 1er
mars, du 1er mars au 17 mai, 27,5 centimes, ce qui prouve bien, Monsieur le
Premier ministre, que notre méthode de transparence et de suivi et de
surveillance a donc bien fonctionné de ce point de vue-là.
S'agissant des coûts des matériaux maintenant, qui est un sujet aussi, on va
mettre en place un dispositif de surveillance avec trois volets. D'abord, le
médiateur des entreprises qui réunit d'ores et déjà tous les acteurs de la
filière tous les 15 jours. On met en place une adresse mail unique sur la
DGCCRF permettant de signaler les anomalies dans la formation des prix. Ces
signalements pourront donner lieu à une enquête si l'abus est caractérisé, ça
avait été le cas en 2022. Et Bercy engage des travaux pour analyser la
décomposition des coûts des matériaux afin de mieux comprendre le marché et les
évolutions de prix répercutées sur les matières premières en fonction des
critères de composition dans ces matériaux. S'agissant maintenant des
négociations commerciales. On a réuni l'ensemble des parties prenantes,
agriculteurs, fournisseurs, distributeurs, la semaine dernièreafin d'échanger
sur les hausses de certains coûts, GNR, engrais, logistique.
Pour l'heure, nous n'appelons pas à rouvrir les négociations commerciales, mais
à ce qu'un dialogue constructif puisse s'établir entre la filière pour procéder
aux ajustements nécessaires pour prendre en considération la hausse de certains
coûts. Il y a d'ailleurs dans les contrats ce qu'on appelle des clauses de
revoyure qui suffisent actuellement, et on fera le point formel avant la fin
juin, on a déjà pris date, et on s'assure évidemment que personne ne profite de
la crise.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique] Concernant les aides au secteur du BTP. Premier point, nous reconduisons les aides GNR-BTP, donc pour 3 mois, Monsieur le Premier ministre. 3 mois supplémentaires, et le montant reste toujours fixé à 20 centimes par litre du GNR, donc c'est une aide directe, lisible, efficace. Deuxième point, et là, c'était une grosse attente des acteurs du BTP, et je pense particulièrement aux travaux publics, on élargit le dispositif aux entreprises de moins de 50 salariés. Jusqu'à maintenant, c'était 20 salariés. Et là, on ouvre à 50 salariés. Cette extension, donc, sera valable pour la consommation à partir du mois de juin et pour 3 mois. Et donc, pour l'aide GNR du mois de mai, elle sera disponible par le même guichet opérationnel le 8 juin sur le site de la DGFIP. Ça concerne 30 000 entreprises. Ce n'est quand même pas rien.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique] Pour ce qui est de la prime carburant, on a souhaité donner la liberté aux entreprises de soutenir leurs salariés. C'est pourquoi nous renforçons la prime carburant et nous la simplifions. Concrètement, donc, le plafond va passer de 300 euros à 600 euros. Les critères d'attribution seront supprimés. Par exemple, il n'est plus question de contraintes sur le cumul avec les autres primes ou de contraintes sur le lieu de résidence ni de fournir des justificatifs. Nous faisons confiance aux entreprises volontaires pour savoir qui parmi leurs salariés a besoin de ce coup de pouce. Cette prime reste défiscalisée et désocialisée pour les salariés. Donc c'est une prime de liberté et de soutien aux salariés grands rouleurs, donc, pour venir au travail.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique] Sur l'alimentation, qui est quand même un sujet important, pour l'instant, il n'y a pas d'inflation sur l'alimentation. Si des choses, comme j'ai dit tout à l'heure, devaient s'avérer avec des clauses de revoyure, je referai le point au mois de juin, mais il n'y a pas de perspective, puisque ça concerne la logistique, ça concerne les emballages, et donc, a priori, ce ne sont pas des choses qui vont générer de l'inflation, comme on a pu connaître en 2022. Donc cet aspect-là de la consommation, il tient plutôt bien. Moi, les échos que j'ai de la consommation, de la grande consommation, sont plutôt satisfaisants pour l'instant à date.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique] Les agriculteurs sont concernés, évidemment,
par les mesures que le Gouvernement a déployées pour venir au chevet des
professions les plus exposées à la hausse du carburant, et pour ce qui concerne
les agriculteurs, à la hausse des engrais. C'est indispensable.
D'ores et déjà, depuis le mois d'avril, nous avons déployé des aides. Par
exemple : sur le gasoil non-routier, qui est le carburant des agriculteurs. On
a éteint tous les droits d'assises, c'est-à-dire la fiscalité du gasoil
non-routier.
> [Engrais] l'Union européenne n'est souveraine qu'à 40 %. Elle ne produit que 40% dont les agriculteurs européens ont besoin. Et pour la France, c'est encore plus grave : on est dépendant à 70%. Donc, le plan du Gouvernement, c'est à la fois de répondre à l'urgence. Il y a le plan européen de soutien pour les engrais, mais il y a aussi un volet national. On a déployé des aides, près de 40 millions. Et on va continuer. Mais il y a aussi le moyen et le long terme. Il faut qu'on reproduise à nouveau des engrais en France pour être plus autonome, sachant qu'il y a beaucoup de composants des engrais qu'on ne trouve pas sur notre sol, qu'il faudra de toute façon importer. Et puis il y a des adaptations culturales. Il faudra peut-être cultiver différemment si on dispose de moins d'engrais.
> Quand on parle d'alimentation, il y a trois grands acteurs. Il y a l'agriculteur, le producteur, celui qui fournit la matière première. Il y a ensuite celui qui va la transformer, pour faire des yaourts ou pour faire toutes sortes de produits alimentaires, des pâtes, etc. Et puis il y a celui qui va vendre le produit. Chacun doit gagner sa vie. Chacun doit prendre sa part équitablement, de la valeur produite entre l'agriculteur et le distributeur. Et il faut aussi moraliser certaines pratiques. Voilà. Je pense que le rapport sénatorial, je ne l'ai pas encore lu, il vient d'être publié. Mais moi, je ne montre du doigt personne. Je dis : il faut des bonnes pratiques, il faut des bons usages, il faut se respecter les uns les autres, et il faut que la valeur soit équitablement répartie.
> Les agriculteurs ne supportent pas qu'on leur impose des règles dont ceux qui importent leur production chez nous s'affranchissent. Les mêmes règles pour tout le monde. Une réciprocité des normes de production.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> La qualité de la relation entre les parents et l'institution scolaire est
essentielle pour l'éducation de nos enfants. Avec Brigitte Macron, nous avons
visité le collège Jean Rostand, dans l’académie de Nancy-Metz, à la rencontre
des équipes éducatives, élus, parents et partenaires associatifs qui
travaillent chaque jour à la qualité de ce lien. Lutte contre le harcèlement,
réduction de l'exposition aux écrans, éducation au numérique, participation des
parents à des séances de Devoirs faits, service académique de relation avec les
familles... Autant d'initiatives qui donnent des idées et font vivre le
principe de co-éducation de nos élèves.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique] Le Premier ministre a annoncé de nouvelles aides pour les Français et les secteurs particulièrement affectés par la hausse des prix des carburants. Les personnels de l’Éducation nationale qui se déplacent avec leur véhicule personnel dans le cadre de leur service, comme par exemple les examinateurs du baccalauréat, les inspecteurs, des AESH et des professeurs remplaçants, verront leurs indemnités kilométriques revalorisées d’environ 20 centimes d’euros par litre de carburant. Une mesure de justice pour aider celles et ceux qui accompagnent nos élèves au quotidien.
> Je suis intervenu hier soir en ouverture de la 13ᵉ édition d'Impact, un événement dédié à l'avenir de l'éducation à l'ère du numérique, avec Mazarine Pingeot. Au coeur des discussions : l’intelligence artificielle. Un bouleversement anthropologique, qui interroge profondément le modèle d'éducation : que devront apprendre nos élèves ? Comment enseigner ? Comment évaluer ? Former les élèves au numérique suppose d'abord de développer leur esprit critique, leur capacité d'analyse et leur adaptabilité, pour qu'ils puissent ensuite de servir des outils sans en être dépendants. À l’aube de ruptures technologiques telles que l’intelligence artificielle, nous devons plus que jamais rester maîtres de nos destinées. L’École jouera pleinement son rôle.
> Au Panthéon, s'est tenue la 14e édition du prix de l'Audace artistique et culturelle. Un prix qui récompense les projets les plus ambitieux en matière d'éducation artistique dans les écoles, collèges et lycées, au profit des élèves les plus éloignés de la culture. Au pied de la sculpture dédiée aux artistes dont le nom s’est perdu, nous avons récompensé d’autres artistes, nos élèves, dont les noms seront peut-être connus un jour.
> L’École transmet les bases d’une destinée partagée. Cette transmission ne peut avoir lieu sans patrimoine culturel commun. Aujourd’hui, avec la ministre de la Culture, nous avons réuni, pour la première fois depuis 2018, l’ensemble des recteurs et des directeurs régionaux des affaires culturelles autour d’une conviction forte : l’accès à la culture est décisif pour chaque élève. L’expérience culturelle forge le lien social et l’esprit critique. Elle est aussi l’un de nos leviers les plus puissants contre les inégalités scolaires. Nous allons continuer à renforcer ce dialogue indispensable, pour nos élèves.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> Au TGCC de Bruyères-le-Châtel, le Président de la République a réuni
chercheurs, industriels et partenaires européens autour d’un objectif :
sécuriser l’avance technologique européenne. +40 % de masters, +25 % de
doctorats, 700 M€ levés dans le quantique. Après 1,8 Md€ engagés depuis 2021, 1
Md€ supplémentaire via France 2030 pour accélérer. Recherche, semi-conducteurs,
quantique : notre souveraineté se construit maintenant.
Philippe Tabarot (ministre des Transports)
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique] S'agissant
du secteur des transports, et notamment du transport routier, je voudrais tout
d'abord rappeler que c'est un secteur particulièrement important et à marge
très faible. Et je vous annonce aujourd'hui, en accord, bien sûr, avec le
Premier ministre et les membres du Gouvernement, la reconduction du dispositif
d'aide forfaitaire pour 3 mois supplémentaires. Je rappelle que ce guichet est
désormais ouvert depuis le 12 mai. Je rappelle également que nous sommes à date
à 2 000 demandes d'aide déposées, des aides qui seront versées tout au début du
mois de juin, et puis que nous travaillons avec les organisations du secteur
sur des ajustements pour simplifier encore l'accès pour le mois de mai. Par
ailleurs, nous avons décidé de mettre en place le même mécanisme d'aide pour un
autre secteur, le secteur du transport fluvial, avec une aide forfaitaire
également en fonction du type de barge.
Concernant la question des taxis : le Premier ministre m'avez confié une
mission de consultation le 21 avril dernier. J'ai annoncé la semaine dernière
une première mesure supplémentaire demandée par les organisations du secteur
pour soulager leur trésorerie. Je pense au remboursement anticipé dès ce mois
de juin de la TICPE qui était une attente. À plus long terme, et bien sûr dans
l'idée de réduire la vulnérabilité du secteur aux hausses du prix des
carburants, notamment pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et donc
augmenter le nombre de taxis électriques en circulation, nous allons mettre en
place, et cela pour la première fois, un bonus écologique spécifiquement dédié
aux chauffeurs de taxi, adapté à leurs besoins spécifiques et notamment en
matière de taille de véhicule. À partir du 1er octobre prochain et pour une
durée d'au moins 3 mois, ils pourront bénéficier d'une aide à l'achat allant
jusqu'à 5 500 euros pour un véhicule électrique s'il est assemblé au sein de
l'espace économique européen et dont la batterie, bien sûr, serait fabriquée
dans un de ces pays. Le prix d'achat des véhicules éligibles pourra aller
désormais jusqu'à 65 000 euros. L'objectif est notamment, vous l'imaginez,
d'équiper les chauffeurs de taxi en zone rurale, pour lequel le parc de
véhicules électriques n'est que de 4 %, et où il y a une véritable attente des
représentants de la profession. Enfin, et je le dis de manière assez
insistante, j'invite les plateformes de VTC à faire un geste, et je dirais un
geste significatif, pour une meilleure prise en compte de la hausse actuelle
des prix du carburant dans le prix des courses qu'elles fixent à leurs
chauffeurs.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique]
Un point sur les approvisionnements avec un message principal qu'il faut
retenir : il y a des tensions, elles sont réelles, mais elles sont
maîtrisées.
Les raffineries, vous le savez, ont augmenté leur production. C'est vrai en
France, c'est vrai à l'échelle de l'Union européenne, c'est vrai aux
États-Unis, notamment sur les produits raffinés sur lesquels il y avait le plus
de tension. Je pense au gasoil. Je pense aux carburéacteurs. Et le bon
exemple, c'est la raffinerie Total en Normandie, qui a notamment augmenté sa
production de carburéacteurs de 10 %. Et donc, ça permet, comme chacun le
comprend, de détendre la tension qui reste réelle, mais qui, malgré tout, est
moins importante sur les volumes. Cela se voit dans les stations-service.
Et les Français le constatent tous les jours. Il y a une augmentation durant
les longs week-ends sur certaines zones de tension, mais dans
l'ensemble, on est à la quasi-normalité. En sortie du week-end dernier,
5 % des stations connaissaient au moins une difficulté sur un carburant. C'est
la situation quasi normale. Et j'ajoute que l'ensemble des dérogations sont
données aux transporteurs pour que les ravitaillements puissent se faire, y
compris les dimanches, y compris les jours fériés, pour pallier à toute
difficulté logistique.
Un point sur les carburéacteurs : on a entendu beaucoup de choses. Il y a eu
beaucoup de questionnements qui ont été relayés et on le comprend tout à fait.
Là encore, la situation, elle est sous contrôle. Les questionnements sont
légitimes. La France importe près de 40 % de sa consommation et les marchés
mondiaux sont par nature en déficit, mais les inquiétudes sont mesurées pour
les semaines qui arrivent, étant donné les marges d'augmentation dans les
raffineries (j'en ai parlé tout à l'heure), et étant donné le fait que des
dérogations ont été attribuées, des autorisations ont été attribuées, notamment
par la Commission européenne, pour permettre, en France et en Europe,
d'utiliser du JET A-1, du carburéacteur utilisé aux États-Unis.
Ce n'est pas encore le cas, à l'heure où on se parle, parce que le besoin ne se
fait pas ressentir. Mais là encore, ce sont des éléments qui permettent de
détendre les tensions qu'on pourrait observer ici ou là.
Un point, enfin, sur les prix. Là encore, vous l'avez vu — et les Français
le constatent tous les jours — on a d'abord une légère baisse sur le gasoil
qui se stabilise depuis plusieurs jours à une moyenne qui se situe autour
de 2,15 euros, 2,16 euros le litre, alors que cette moyenne avait atteint 2,40
euros le litre au moment du pic début avril. C'est notamment dû au fait qu'on a
augmenté nos capacités de raffinage. On observe, en revanche, une légère
augmentation sur l'essence, qui s'explique, là encore, par une priorisation de
la production dans les raffineries et par le fait que la saison estivale ait
commencé aux États-Unis, et que donc leur propre consommation ait largement
augmenté. On suit ça évidemment avec la plus grande vigilance.
Et je le redis, les tensions que l'on peut connaître aujourd'hui sont sous
contrôle.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien
à l’activité économique] Nous allons continuer à faire de l'aide sectorielle,
avec une logique qui, au fond, Monsieur le Premier ministre, reste inchangée,
être aux côtés des activités, des secteurs d'activité les plus exposés, et
donc, derrière eux, les Français qui travaillent.
Concernant la question cruciale des pêcheurs et des agriculteurs. Vous dire
d'abord que pour un pêcheur, le carburant, ça représente jusqu'à 40 % des coûts
d'exploitation d'un navire.
Et donc, quand le prix du gazole pêche double, comme ça a été le cas, certaines
sorties en mer ne sont tout simplement plus soutenables sur le plan économique.
Le Premier ministre en a parlé tout à l'heure. Et lorsque les navires restent à
quai, c'est des équipages qui perdent leurs revenus, et c'est toute une
économie littorale qui est touchée. C'est en ça où on explique bien que quand
on aide les secteurs d'activité, on n'aide pas l'économie de façon gazeuse, on
aide derrière extrêmement concrètement des Français qui touchent leurs salaires
et qui peuvent aller travailler. Et donc, c'est pour ça que nous avons choisi
pour les pêcheurs de reconduire le soutien déjà mis en place, soutien de 30
centimes à 35 centimes par litre de gazole, qui sera donc reconduit. Je dis 30
centimes à 35 centimes, puisque c'est en fonction du cadre défini par la
Commission européenne, et ce, pour une durée de 3 mois. C'est un dispositif qui
a largement fait ses preuves ces dernières semaines, puisque, là encore, c'est
un secteur qui a pu continuer à fonctionner normalement.
J'en viens ensuite aux agriculteurs. La situation, on le sait, est tout aussi
sensible, et la ministre de l'Agriculture est évidemment en lien direct et
étroit avec l'ensemble de cette profession. Le carburant, donc le GNR, est
indispensable pour les tracteurs, les moissonneuses, l'irrigation, le
transport, les récoltes, et à cela s'ajoute, on en parlera tout à l'heure,
l'augmentation du prix des engrais et de l'alimentation animale. Là encore, on
reste dans cette même logique, le soutien de 15 centimes par litre de GNR pour
les agriculteurs sera pérennisé pour les 3 prochains mois. C'est, là encore, un
dispositif qui est nécessaire, qui est demandé par la filière, et donc pêcheurs
comme agriculteurs, on restera, naturellement, pour les 3 mois à venir, mais je
pense pouvoir le dire, autant qu'il le faudra, à leur côté.
> [Hostilités au Moyen-Orient / mesures de soutien à l’activité économique] Sur l'évolution de l'aide grands rouleurs. Vous le savez, il y a un mois, le Premier ministre a annoncé la mise en place d'une aide pour les Français qui travaillent, qui sont dans une situation particulièrement modeste et qui roulent beaucoup. C'est des milliers de Français qui n'ont d'autre choix que de prendre leur voiture chaque jour. Ça concernait, vous vous en rappelez, 3 millions de Français. Le choix que nous faisons aujourd'hui, c'est de prolonger cette aide de 3 mois. Et cela, donc, représente un doublement de l'aide. Cette aide passera de 50 à 100 euros. C'est une aide qui continuera à cibler 3 millions de Français et qui représente un soutien en moyenne de 20 centimes par litre. Le public, si je puis dire, ciblé, reste donc inchangé : celles et ceux qui exercent une activité professionnelle qui gagne jusqu'à 1 500 € net par mois pour une personne seule, donc dit en langage très techno, des déciles 1 à 5, et qui effectuent un trajet quotidien domicile-travail supérieur à 30 km. C'est donc la même population que les 3 millions de personnes qui étaient déjà bénéficiaires de cette aide. Et cette aide étant prolongée de 3 mois, elle passera donc de 50 à 100 euros. Le guichet ouvrira le 27 mai prochain, donc dans quelques jours, et les versements interviendront dans la foulée quelques jours plus tard.
Alice Rufo (ministre déléguée auprès du ministre de
l’Intérieur de la ministre des Armées et des Anciens combattants)
> L'autonomie stratégique européenne porte ses fruits : ce sont très
majoritairement les Européens qui soutiennent l'Ukraine aujourd'hui, comme le
président Zelensky l'a dit très clairement. La première des garanties de
sécurité, c'est une armée ukrainienne forte. C'est bien ce que nous voyons en
ce moment, et nous allons continuer à la construire. C'est une armée au combat,
avec une population à l'arrière extrêmement résiliente. Ce que les ukrainiens
ont fait en matière de frappes dans la profondeur, y compris en profondeur
russe autour de Moscou dans les derniers jours, montre qu'ils ont acquis une
supériorité technologique et une capacité d'adaptation remarquables.
Anne Le Henanff (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique chargée de l’Intelligence artificielle et du
Numérique)
> [jeu Plantation simulator] Comme je le dis depuis le début : aucune
plateforme n’est au-dessus des lois. Quand des contenus aussi ignobles font
l’apologie de l’esclavage et de la violence raciste, il n’y a pas d’ambiguïté :
on dénonce, on signale et on saisit immédiatement les autorités compétentes. Ce
jeu est une honte. L’Arcom sera saisie et un signalement Pharos a été effectué.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> La France sera le leader de la révolution quantique. Nous avons les
scientifiques, nous avons les starts up, et nous mettons les investissements.
> Le débat sur le prochain budget de l’UE, le cadre financier pluriannuel, portera sur le type d’Europe que nous souhaitons pour la prochaine décennie. Investissons massivement dans la défense européenne, l’espace et la deep tech. C’est la clé de notre pouvoir et de notre souveraineté. Ce n’est pas le moment de manquer d’ambition.
> Mettre fin au pessimisme qui pèse sur l’Europe. Le fait est qu’il y a beaucoup plus de candidats pour devenir le 28e membre de l’Union européenne que le 51e État des États-Unis. Oui, nous devons réformer et transformer notre syndicat. Rendez-le plus compétitif, plus simple, plus puissant. Mais lorsque des pays engagés dans de longues réformes souhaitent y adhérer, lorsque le Royaume-Uni, 10 ans après le Brexit, débat de son adhésion, cela en dit long sur l’inspiration que représente l’Europe.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Article 1 : La traite et l’esclavage sont un crime contre l'humanité.
Article 2 : Cette histoire sera enseignée. Il y a 25 ans, en votant à
l’unanimité la loi de Christiane Taubira, le législateur faisait de la France
le premier pays à reconnaître la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.
Regarder notre passé en face. Lutter pour l'égalité et contre le racisme. C'est
ainsi qu'une Nation grandit. S’élève. Se réconcilie.
> Protéger celles et ceux qui sont persécutés pour
leurs convictions, leur engagement, leur identité ou leur liberté n’est pas une
faiblesse. C’est un devoir.
C’est une fidélité profonde à ce que la France est depuis des siècles : une
nation de liberté, de droit et d’asile.
J’ai tenu à saluer l’engagement des agents de l’Ofpra - Office français de
protection des réfugiés et apatrides.
Chaque jour, ils recueillent des récits de souffrance, instruisent les demandes
d’asile et font vivre concrètement notre tradition républicaine du droit
d’asile.
Dans un contexte où certains proposent un repli national contraire à nos
principes constitutionnels et à notre histoire, nous devons défendre une
politique migratoire équilibrée et apaisée.
L’entrée en vigueur prochaine du Pacte européen sur la migration et l’asile,
auquel la France a largement contribué, représente à cet égard une avancée
majeure.
Parce qu’aucune nation ne peut répondre seule à un défi qui engage l’ensemble
de l’Europe.
> Trop longtemps, la santé des femmes a été
reléguée au second plan.
J'ai pu le constater une nouvelle fois ce matin lors de ma visite au Salon SantExpo:
il y a énormément de personnes engagées au quotidien sur le sujet, qui
innovent, qui travaillent, et qui ont besoin de notre soutien.
Mieux considérer la santé des femmes, c'est notre affaire à tous. Que nous
soyons professionnels de santé, à la tête d'entreprises, d'institutions, ou
décideurs publics : nous avons tous un rôle à jouer !
La santé des femmes, ce n'est pas qu'une affaire d'égalité, c'est une question
majeure de santé publique : reconnaissance des pathologies mal
diagnostiquées, des douleurs banalisées ou des essais cliniques menés sans
représentation féminine suffisante. Tout cela a des conséquences sur l'ensemble
de la société. Il faut plus de femmes autour de la table !
Et nous avons encore tant à faire : dans l'éducation et la culture sanitaire,
pour écouter, inclure et travailler à des solutions pensées pour toutes les
réalités. Engageons-nous ensemble pour une médecine plus juste !
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Je suis candidat à l’élection présidentielle. Parce que je refuse d’être
de ceux qui ne proposent que de gérer le déclin. Parce que je souhaite proposer
un projet d’avenir et d’espoir aux Français. Parce que je veux que chaque
génération vive mieux que celle de ses parents et de ses grands-parents.
Marc Ferracci (député)
> Un choix stratégique pour l’Europe de la défense. La Suède a choisi la
France et Naval Group pour moderniser sa marine avec quatre frégates de défense
et d’intervention, pour un contrat de plusieurs milliards d’euros. Après le
choix français du GlobalEye de Saab, cette décision illustre une réalité : les
nations européennes qui investissent ensemble renforcent à la fois leur
souveraineté, leur sécurité et leur industrie. Dans un contexte de tensions
croissantes en mer Baltique et de réarmement du continent, cette coopération
franco-suédoise montre qu’une Europe de la défense concrète est possible :
produire en Europe, innover en Europe, protéger l’Europe. Une excellente
nouvelle pour notre base industrielle et technologique de défense, pour nos
emplois et pour l’autonomie stratégique européenne.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Les députés LFI, RN et ECO se sont alliés pour réécrire l'article 2 de la
loi d'urgence agricole. Sous couvert de défendre les agriculteurs, ils ont vidé
cet article de toute portée opérationnelle et l'ont rendu légalement inopérant.
Pourquoi ? Et à quoi reconnaît-on un coup de com' des populistes qui en réalité
affaiblit nos filières agricoles ? 1. D'abord par leur capacité à s'affranchir
du réel : appliqué à la lettre, leur amendement reviendrait à vider nos rayons
: plus de café, plus de thé, plus de chocolat, plus de riz, plus d'agrumes,
plus de la moitié des fruits et légumes du quotidien que nous ne produisons pas
chez nous. 2. À s'affranchir du droit ensuite, puisque cette mesure est
contraire aux règles européennes et à celles de l'OMC. Lorsque le juge leur
donnera tort, ils iront hurler contre la « république des juges » qui n'auront
fait qu'appliquer la loi. 3. Et, enfin, à s'affranchir de la vérité. Je veux
dire, celle que l'on doit aux agriculteurs comme à l'ensemble des Français :
promettre l'inapplicable, c'est organiser la pénurie et mettre en scène
l'impuissance publique. Ils sont les pompiers pyromanes de notre souveraineté
nationale et de la défense de nos agriculteurs.
Laurent Croizier (député)
> Carte scolaire: La baisse de la démographie scolaire impose
l’anticipation. Pour en finir avec une gestion annuelle et court-termiste
À la rentrée prochaine, le premier degré perdra 125 400 élèves et le second
degré 36 200 élèves, soit plus de 160 000 élèves en moins au total. À l’horizon
2035, la baisse atteindra 1,7 million d’élèves. Dans mon département du Doubs,
les écoles primaires compteront près de 800 élèves en moins pour la rentrée
2026. Au cours des trois prochaines années, près de 1 000 élèves en moins par
an sont attendus dans le premier degré.
Dans nos communes, l’école est au cœur des enjeux de cohésion, de dynamisme et
d’aménagement des territoires. Au-delà de la dimension strictement
démographique, cette évolution constitue un défi de taille.
La diminution des effectifs n’a pas les mêmes conséquences selon qu’elle touche
les villes ou les territoires ruraux, ni selon la situation propre à chaque
commune ou à chaque quartier. Si elle peut, dans certains cas, alléger les
effectifs de classes trop chargées, elle peut dans d’autres, fragiliser le
maillage scolaire ou dégrader les conditions d’apprentissage des élèves.
Dès lors, la fermeture d’une classe ne peut être réduite à un simple ajustement
de moyens. Ces décisions ont des conséquences concrètes sur l’organisation de
l’accueil périscolaire, sur la restauration scolaire gérée par les communes,
sur l’organisation des écoles et la stabilité des équipes pédagogiques, sur les
temps de transport des enfants et, plus largement, sur la vie quotidienne des
habitants et la vitalité de nos communes.
C’est précisément au regard de ces réalités que la méthode actuelle de
construction de la carte scolaire montre ses limites. La gestion des ouvertures
et des fermetures de classes ne peut plus reposer sur une logique annuelle
strictement arithmétique. Les inspecteurs d’académie se retrouvent alors
contraints à un « tétris budgétaire d’ajustement des postes ». Cette approche
conduit à un pilotage à court terme, qui rend les décisions peu lisibles,
parfois difficilement compréhensibles, et fragilise la confiance des acteurs
locaux envers l’Éducation nationale.
Il faut rompre avec cette gestion strictement annuelle. Depuis 2022, je défends
à l’Assemblée nationale la nécessité de revoir en profondeur les modalités de
répartition des moyens. La carte scolaire ne peut plus reposer sur une logique
purement comptable ; elle doit s’appuyer sur une analyse plus fine des
dynamiques démographiques, des besoins pédagogiques propres à chaque école et
sur l’ambition que l’État entend porter pour son école et pour l’avenir des
jeunes générations. En ce sens, une programmation des moyens sur trois ans
offrirait davantage de visibilité, de cohérence et de stabilité, tant aux
équipes éducatives qu’aux élus locaux.
Dans cette logique, j’ai décidé de mettre en place, à l’échelle de ma
circonscription, un outil d’observation et de suivi de la démographie scolaire.
L’objectif est de disposer d’une base d’analyse sur l’évolution des naissances
dans chaque commune, l’évolution des effectifs par école et des flux d’élèves
entre les établissements scolaires. Ces informations seront partagées avec les
maires de la circonscription afin de sortir d’une logique de réaction au profit
d’une démarche d’anticipation.
Ce dispositif complète l’expérimentation lancée par le ministre de l’Éducation
nationale, Édouard Geffray, dans 18 départements, dont le département du Doubs
qui vise à construire la carte scolaire en intégrant les contraintes locales.
Je m’associerai pleinement à cette réflexion, avec les exigences suivantes :
- offrir à chaque élève des conditions d’apprentissage de qualité,
- préserver un maillage cohérent d’écoles de proximité attentif au bien-être
des enfants et à des temps de transport raisonnables,
- garantir l’équité entre les territoires, notamment entre les secteurs ruraux
et urbains.
● Parti radical
> Le vrai problème, est-ce vraiment Parcoursup ?
Chaque printemps, c’est le même vertige. Des milliers
de lycéens rafraîchissent leur écran, des parents retiennent leur souffle, des
familles entières vivent au rythme des réponses qui tombent — ou qui ne tombent
pas. Pour beaucoup, Parcoursup est devenu le symbole d’une jeunesse mise sous
pression, d’un système opaque, d’une sélection parfois vécue comme brutale. Et
pourtant, si nous voulons être honnêtes, la vraie question n’est peut-être pas
: faut-il supprimer Parcoursup ?
La vraie question est : que révèle Parcoursup de notre système éducatif ?
Car derrière la plateforme, il y a une réalité bien plus profonde : le manque
criant de places dans les filières les plus demandées. Médecine, STAPS,
psychologie, écoles sociales, BTS sélectifs, classes préparatoires, IFSI…
chaque année, des milliers de jeunes compétents, motivés et capables restent
sur le bord du chemin, non pas parce qu’ils seraient “mauvais”, mais parce
qu’il n’y a tout simplement pas assez de places.
Et c’est là qu’il faut arrêter l’hypocrisie collective. Parcoursup n’a pas créé
la sélection. Il l’a rendue visible.
Avant, l’arbitraire existait déjà : dossiers triés dans l’ombre, files
d’attente interminables, tirages au sort absurdes, étudiants abandonnés sans
accompagnement. Aujourd’hui, la plateforme concentre toutes les colères parce
qu’elle est devenue le visage d’un problème plus vaste : notre incapacité à
offrir à chaque jeune une orientation lisible, digne et ambitieuse.
Mais il faut aussi reconnaître une autre vérité : sélectionner n’est pas
toujours synonyme d’injustice.
Certaines formations cherchent des profils précis. Certaines filières demandent
des prérequis réels.
Former un étudiant, ce n’est pas simplement remplir une salle de classe ; c’est
aussi s’assurer que l’élève pourra réussir, s’épanouir et aller au bout de son
parcours. Le problème n’est donc pas l’existence d’une orientation.
Le problème, c’est lorsqu’elle devient subie, opaque et vécue comme une
condamnation sociale.
4 propositions pour que la réussite étudiante ne soit plus être une loterie
sociale.
1. Investir massivement dans les capacités de formation. Ouvrir des places ne suffit
pas si l’encadrement pédagogique ne suit pas. Cela implique de recruter des
enseignants-chercheurs, de financer des infrastructures, d’augmenter les places
dans les filières en tension — médecine, paramédical, travail social — en lien
avec les besoins réels des territoires. C’est un choix budgétaire. Il doit être
assumé comme tel.
2. Construire une orientation continue, dès le collège. L’orientation ne peut
pas commencer en terminale. Elle doit s’inscrire dans un parcours progressif,
avec des professionnels formés à cet effet — et non des enseignants surchargés
à qui on ajoute cette mission. Des expériences existent, en France et à
l’étranger, qui montrent qu’une orientation précoce, déstigmatisée et bien
accompagnée réduit les erreurs d’aiguillage et les décrochages.
3. Rendre les algorithmes auditables et les critères publics. Chaque établissement
doit publier, de façon compréhensible, les critères effectifs de sélection et
leur pondération. Non pas des déclarations de principe, mais des données
vérifiables. La confiance dans le système ne peut pas reposer sur la seule
bonne foi des institutions.
4. Revaloriser les filières professionnelles et technologiques. Tant que le
lycée professionnel sera perçu — et traité budgétairement — comme une voie de
relégation, aucune réforme de l’orientation ne sera crédible. Cela implique des
investissements pédagogiques réels, une revalorisation des enseignants de ces
filières, la promotion du bac professionnel, et un travail de fond sur les
représentations sociales. La popularisation des formations professionnelles
passera également par une revalorisation des métiers dits manuels et leur
rémunération.
Parce qu’au fond, ce que réclament les jeunes aujourd’hui, ce n’est pas
l’absence de règles.
C’est un système plus humain, plus clair, plus juste.
Un système qui accompagne réellement les lycéens dès la seconde.
Qui valorise tous les talents, pas uniquement les dossiers “parfaits”.
Qui cesse de faire croire qu’il existe quelques filières nobles et des voies
secondaires.
Qui investit massivement dans l’enseignement supérieur au lieu d’organiser la
pénurie.
> Journée mondiale de la diversité
culturelle : préservons les cinémas de proximité !
En cette Journée mondiale pour la diversité culturelle, instituée par
l’UNESCO pour rappeler que la culture est un bien commun de l’humanité, le
Parti radical tient à exprimer sa vive préoccupation face à la menace qui pèse
sur les cinémas municipaux et de proximité en France, et à condamner fermement
les pratiques anticoncurrentielles récemment mises en lumière.
Le 3 mars 2026, le réseau Mégarama, qui exploite une trentaine de
multiplexes en France, a envoyé un mail à de nombreux distributeurs, dont
Pathé, Metropolitan Films et Gaumont, leur demandant de boycotter plusieurs
petites salles municipales, accusées de « distorsion de concurrence en
termes d’exposition et de prix des places pour les films en sortie
nationale ». Les cinémas visés dans plusieurs territoires de France
remplissent pourtant une mission d’intérêt général : rendre le cinéma accessible
à tous. Leur politique tarifaire n’est pas une pratique déloyale, c’est une
politique sociale légitime, assumée par des collectivités qui font le choix de
la culture pour tous. Les conséquences sont déjà concrètes : le cinéma du
Perreux-sur-Marne reçoit depuis début mars les films avec trois voire quatre
semaines de retard, soit, puisque les deux tiers des entrées se font dans les
deux premières semaines d’exploitation, une condamnation économique programmée.
L’injonction adressée à Mégarama par la médiatrice du cinéma est bienvenue,
mais ne suffit pas. L’argument de la distorsion de concurrence ne résiste pas
aux faits : une étude du cabinet Hexacom démontre que les cinémas de proximité
ne sont « en rien responsables » de la baisse de fréquentation subie
par les multiplexes depuis la crise sanitaire. La concurrence vient davantage
des plateformes de vidéo à la demande que des petites salles, qui n’ont pas le
même modèle économique ni le même public. La France compte pourtant 2 053
cinémas actifs, offrant en moyenne un fauteuil pour 59 habitants, et affiche
une fréquentation sans équivalent en Europe: 181 millions d’entrées en 2024,
contre 85 millions en Allemagne, 67 en Italie et 65 en Espagne. Cette exception
française repose précisément sur la richesse et la diversité de ce maillage
territorial. C’est lui que Mégarama menace en désignant un bouc émissaire
commode à ses propres difficultés d’adaptation.
Ces salles ne sont pas de simples équipements culturels : ce sont des lieux
de vie, de lien social, de transmission intergénérationnelle, ancrés au cœur
des quartiers et des communes. Les spectateurs qui les fréquentent ne sauraient
être considérés comme des publics de second rang, et l’égalité d’accès aux
œuvres, quel que soit le type de salle, constitue un principe fondamental de la
politique de cohésion territoriale.
C’est lui que Mégarama menace en désignant un bouc émissaire commode à ses
propres difficultés d’adaptation. Le Parti radical appelle donc le gouvernement
et le Parlement à inscrire dans la loi des garanties durables : liberté de
programmation des cinémas, protection des tarifs sociaux, refus de tout système
à deux vitesses.
> Conseil de la planification écologique du
19 mai 2026 : appel à une concertation loyale et à la protection du service
public des déchets
Réuni mardi 19 mai sous la présidence d’Emmanuel Macron, le Conseil de la
planification écologique avait à son ordre du jour la politique forestière,
l’économie circulaire, la lutte contre la désinformation climatique et la
territorialisation de la planification écologique. Le Président de la
République a annoncé à cette occasion l’ouverture d’une concertation sur la
consigne des bouteilles en plastique, en réponse aux 1,5 milliard d’euros de
pénalités européennes que la France acquitte pour non-atteinte de ses objectifs
de recyclage.
Si le Parti radical prend acte de l’ouverture de cette nouvelle
concertation, nous rappelons cependant que ce débat est engagé depuis plus
d’une décennie et que les associations d’élus locaux notamment l’AMF,
Intercommunalités de France, France urbaine, le Cercle National du Recyclage,
AMORCE ; maintiennent leur opposition ferme à ce qu’elles qualifient de «
fausse consigne », soulignant son caractère contreproductif sur les plans
environnemental, économique et social. Les associations de consommateurs, la
Conféderarion Generale de l’Alimentation de Détail (CGAD) et la Fédération
Professionnelle des Entreprises de Recyclage (FEDERC) partagent cette position.
Nous appelons le Gouvernement à conduire cette concertation de manière
loyale et équilibrée. Les 14 propositions alternatives élaborées par les
associations d’élus permettent d’atteindre les objectifs européens de recyclage
sans démanteler le service public de gestion des déchets ni complexifier le
geste de tri pour les citoyens et en préservant le pouvoir d’achat. Ces
propositions doivent être pleinement intégrées au processus.
Sur la politique forestière et la territorialisation
de la planification écologique, nous réaffirmons la nécessité d’associer
pleinement les collectivités locales aux décisions et de leur accorder les
moyens nécessaires à leur mise en œuvre : la transition écologique ne réussira
qu’ancrée dans les territoires.
Nous suivrons avec vigilance le déroulement de la concertation et veillerons à
ce que les décisions qui en résulteront servent l’intérêt général plutôt que
les intérêts de quelques acteurs industriels multinationaux.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> L'ouverture au commerce, dans l'ADN de l'Europe, est toujours pour nous
une priorité mais il faut un rééquilibrage commercial, avec un déficit
aujourd'hui de plus de 360 milliards d'euros par rapport à la Chine.
> [Europe-Chine] Il est aujourd'hui nécessaire d'avoir une ligne directrice sur ces relations et notamment sur les politiques publiques qu'on doit mener dans le cadre commercial mais aussi économique
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> La prochaine présidentielle devra trancher des questions fondamentales
pour notre pays ; sur l’Europe, notre modèle social, notre compétitivité,
l’égalité territoriale, la réponse aux défis climatiques et technologiques dont
l’IA fait partie, la réussite de notre jeunesse. Gabriel Attal y est prêt. Je
me réjouis de l’annonce de sa candidature! À Mur-de-Barrez dans l’Aveyron, aux
côtés des citoyens, Gabriel assume sa méthode. L’écoute, le dialogue, la force
d’agir. Je peux témoigner du travail que nous menons à Renaissance pour
construire un projet d’avenir pour les Français. Un projet optimiste et
réaliste. Un projet de dépassement politique. Notre pays en a besoin. Nous
battrons les extrêmes et nous donnerons à la France tout ce qu’elle mérite : le
meilleur.
> Le traitement infligé aux membres de la flottille pour Gaza est indigne. Il est malheureusement le reflet d’une politique du gouvernement israélien qui, de Gaza au Liban en passant par la Cisjordanie, viole le droit international. La désapprobation de Netanyahu ne change rien à cette réalité. L’Union européenne doit en tirer les conséquences. Avec Renew Europe, je réitère notre demande de suspension partielle de l’accord d’association avec Israël. C’est une question de cohérence et de crédibilité européenne.
> L’Europe est devenue nécessaire pour les citoyens, mais nous devons collectivement, nous les pro-européens, la rendre profondément désirable. C’est une des questions fondamentales de la prochaine présidentielle.
> Merci à Mikhail Kasyanov, ancien Premier ministre de Russie, pour le précieux échange d'aujourd'hui avec Renew Europe. À l’heure où le régime de Poutine poursuit sa guerre brutale contre l’Ukraine et approfondit la répression dans son pays, il est essentiel de soutenir les Russes qui s’opposent si courageusement à l’autoritarisme, à la guerre et à la propagande. Malgré l’exil, les persécutions et les intimidations, des voix démocratiques comme la sienne continuent de défendre la vision d’une Russie pacifique et démocratique. L’Europe doit rester unie pour soutenir l’Ukraine, la responsabilité des crimes du Kremlin et tous ceux qui luttent pour la liberté et la démocratie.
Pascal Canfin (député)
> Une décision européenne très importante est passée presque inaperçue la
semaine dernière.
Le 13 mai 2026, un comité d'experts des États membres a voté pour retirer le
Brésil de la liste des pays autorisés à exporter des animaux et produits
d'origine animale vers l'UE. Pourquoi ? Car le Brésil est incapable de
démontrer qu’il respecte nos règles sanitaires sur l'usage des antimicrobiens dans
ses exportations vers l’Europe.
De quoi parle-t-on? En Europe, l'utilisation d'antibiotiques comme promoteurs
de croissance est interdite depuis le 1er janvier 2006, et depuis 2022, grâce à
l'impulsion française et à Julien Denormandie. Il s'agit explicitement d'une
clause miroir : plus aucun antimicrobien ne peut être administré à un animal
dans le but de favoriser sa croissance qu'il soit élevé en Europe ou importé.
La raison est simple : l'antibiorésistance est très dangereuse pour la santé
humaine, et l’OMS la classe comme l'une des dix principales menaces mondiales
pour la santé publique. Le risque principal est que des antibiotiques cessent
de fonctionner pour traiter des infections humaines courantes. Par exemple, une
salmonelle contractée en mangeant de la viande contaminée devient incurable si
la souche est résistante. Pire : les bactéries des élevages peuvent développer
une résistance aux antibiotiques de dernier recours, ceux que les médecins
utilisent quand tout le reste a échoué. Une infection urinaire ou une pneumonie
ordinaire pourrait alors ne plus répondre à aucun traitement, et c’est pour
cela que ce sujet est traité si sérieusement en Europe.
À partir du 3 septembre 2026, aucune viande bovine, volaille, œuf ou miel en
provenance du Brésil ne pourra donc entrer sur le marché européen, sauf si le
Brésil démontre d'ici là une conformité totale avec les exigences de l'UE, sur
l'ensemble du cycle de vie des animaux. Ce n'est pas la fin de l'histoire, mais
la décision aura donc des conséquences commerciales, quoi qu'il arrive : le
cycle de vie d'un bovin dure plusieurs années. Même si le Brésil modifiait ses
pratiques dès aujourd'hui, il serait biologiquement impossible qu'un animal
élevé selon les nouveaux protocoles soit prêt à l'exportation avant l'échéance
du 3 septembre.
Cette décision démontre que les clauses miroirs ne sont pas des déclarations
d'intention.
L'Europe peut être ouverte sur le commerce et ferme sur ses standards
sanitaires et environnementaux.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Innovation et protection ! Le Président Emmanuel Macron évoque l’idée
d’une « section 301 à l’européenne ». C’est à dire une version européenne
de cet outil du Trade Act américain, qui permet de se protéger contre des
pratiques commerciales discriminatoires ou agressives d’autre pays, pour des
secteurs entiers. Notre souveraineté industrielle passe par là, comme nous
l’avons défendu dans notre récent rapport sur la Chine. Et comme une étude
vient de l’évoquer, pour la première fois, en Allemagne. Les lignes bougent en
Europe !
> La France est championne d’Europe de l’attractivité économique pour la 7ème année consécutive. Une politique qui porte ses fruits ! Nous avons fait 39 propositions pour accélérer les projets… et que la France reste championne longtemps !
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Conférence européenne de la
Présidence Chypriote sur les enfants à Nicosie! Pour un nouveau standard : la prévention et la
protection plutôt que la réparation.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Les commentaires anonymes ne sont pas publiés ainsi que ceux qui seraient insultants ou qui ne concernent pas le Centre et le Centrisme.