dimanche 18 décembre 2016

Présidentielle 2017. Stratégies de tous les partis pour contrer les ralliements à Macron

Emmanuel Macron
Alors que la presse se fait l’écho quotidiennement de ralliements, comme ceux de jeunes de l’UDI ainsi que d’élus centristes, de membres de la campagne d’Alain Juppé lors des primaires LR, de responsables du PS ainsi que de personnalités de la société civile et que beaucoup d’électeurs de tous bords ont l’intention de voter pour lui, l’ensemble des partis politiques sont en train de mettre au point tout un arsenal afin d’empêcher, non seulement, Emmanuel Macron de s’envoler dans les sondages mais de continuer à séduire et surtout récupérer nombre de leurs militants, sympathisants et électeurs.
Pare-feu, exclusions, menaces, attaques tous azimuts, critiques et dénigrements systématiques, mises en place de structures et de discours pour retenir ceux qui regardent du côté d’En marche), tout est bon pour les éloigner de Macron.
Les centristes s’en sont fait une spécialité, eux qui sont dans la panique de voir tous ceux-ci rejoindre en masse Emmanuel Macron qui occupe maintenant l’espace central dont il sera difficile de la déloger.
Ils ne font guère dans la nuance, tirant sans relâche à boulet rouge sur le leader d’En marche.
Le leitmotiv de François Bayrou – qui n’a pas encore renoncé à se présenter à la présidentielle – est désormais de comparer le programme de Macron, l’homme qui l’enfonce dans tous les sondages, à celui de Fillon qu’il compare à celui de Thatcher comme il vient de le redire sur BFMTV
Jean-Christophe Lagarde, quant à lui, s’échine sans peur du ridicule de dire le contraire de qu’il a dit pendant des semaines sur ses convergences avec Macron pendant que sont ennemi mortel, Hervé Morin continue de son côté à jouer le chien de garde fidèle pour LR, donc fait dans la critique systématique et peu subtile envers Macron après avoir envisagé une alliance avec lui après la présidentielle.
Mais ce ne sont plus que les centristes qui s’inquiètent.
A LR, on se rend compte de plus en plus qu’Emmanuel Macron est dans la capacité d’attirer à lui beaucoup de monde venu de la droite modérée comme cet ancien président du comité de soutien à Alain Juppé dans le Rhône qui vient de rejoindre le camp Macron en expliquant que «la défaite d'Alain Juppé» avait été «une grande déception» et qu’il ne se reconnaissait pas «dans le projet ultralibéral, dans la vision très conservatrice» de François Fillon.
Ainsi, chez les républicains, notamment chez les militants pro-Juppé, on est en train d’élaborer tout un plan comme le rapportait récemment le quotidien Le Monde.
Jean-Pierre Raffarin a été chargé de rassembler les élus juppéistes derrière Fillon en créant un «courant humaniste» au sein de LR pendant que Virginie Calmels vient de mettre sur pied une structure «libérale et humaniste» pour séduire les sympathisants de la droite modérée tentés par un ralliement à Macron qu’elle veut «démystifier».
Du côté du PS, on vient d’édicter des règles qui sont un plan anti-Macron assumé.
Comme l’a expliqué le secrétaire national aux élections du parti, Christophe Borgel, en faisant allusion à la candidature d’Emanuel Macron soutenue par nombre d’élus socialistes, tous les candidats ont reçu «copie d'un courrier du président de la commission nationale des conflits qui est un rappel statutaire et qui dit quelque chose de simple: être candidat socialiste aux législatives, c'est soutenir le candidat socialiste à l'élection présidentielle (…) La conséquence de ce rappel, c'est que ceux qui ne le soutiennent pas n'auront plus l'investiture socialiste».
On ne parle évidemment pas de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche qui s’en donnent à cœur joie dans le Macron bashing mais qui, elles, n’ont pas la crainte que Macron leur piquent des électeurs, encore que…


Alexandre Vatimbella



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