Voici une sélection, ce 8 février 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du premier ministre.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> « Ce clown veut faire de la France un leader de l’IA avec 30 millions
d’euros. »
- 30 millions pour attirer et soutenir une quarantaine de chercheurs étrangers
de premier plan. Ils ont choisi la France pour ses valeurs et son soutien à la
science. Sometimes it’s too slow…
- 54 milliards mobilisés dès 2022 pour bâtir la France de 2030. Une France qui
fait avancer la santé, le climat, les sciences fondamentales en investissant
avec force dans l’intelligence artificielle.
- Plus de 100 milliards d’investissements privés annoncés au Sommet de Paris
sur l’IA par des entreprises françaises et étrangères pour développer l’IA en
France.
C’est tout?
- En 2025, nous sommes premiers au classement des pays à attirer les
investissements étrangers pour bâtir les centres de données. Encore des
milliards investis dans nos territoires et nos talents.
Oui, en France on croit dans la science et l’IA sert à élever, à construire, à
faire avancer le monde, pas à insulter.
> J’ai (encore) fait bondir les gamers… J’ai vu beaucoup d’incompréhensions. Alors je vais être clair. Les faits : j’ai toujours soutenu le jeu vidéo, la popculture - industrie, création, culture, emplois. J’ai mis à l’honneur l’esport français à l’Élysée et j’ai pris des engagements pour structurer la filière et attirer de grands événements en France, ce que nous avons fait. Nous avons décoré les équipes de Sandfall et, mieux encore, je soutiens la participation de nos équipes (Karmine, Vitality, Gentle Mates, etc.) pour la création d’une équipe nationale française autour du jeu vidéo pour une compétition mondiale. Il y a tant de pépites françaises qui ont une influence mondiale ! Nous pouvons en être très fiers. Mais soutenir une industrie et une culture n’interdit pas de poser une question simple, sans caricature : quels sont les effets de certains contenus et de certains usages sur les plus jeunes ? Le constat des parents c’est que certains jeunes passent leurs journées et parfois leurs nuits à jouer. Il a aussi été souvent dénoncé que des jeux classés PEGI 18 sont joués par des enfants. Il y a là un sujet majeur de santé publique, d’éducation et de responsabilité. Pour la santé physique, les yeux en particulier, et la santé mentale, quand un jeune ne sort plus du tout car il joue abusivement, bien sûr que cela inquiète et nous devons nous en saisir. Ce que j’ai annoncé chez Brut, en réponse à cette enseignante qui criait sa colère, ce n’est pas l’interdiction des jeux vidéo : c’est le lancement d’un travail scientifique, collégial, pour regarder la réalité en face. Calmement, lucidement et avec toutes les parties prenantes. C’est notre responsabilité de demander à des chercheurs, scientifiques et cliniciens d’évaluer les impacts, de démêler les idées reçues et d’éclairer le débat public. C’est exactement ce que je fais : j’ouvre un débat sérieux, informé et apaisé, que je souhaite loin des raccourcis. On peut aimer le jeu vidéo, en être fier, et en même temps regarder sans tabou certaines pratiques et leurs effets.
> « Ceci n’est pas pour moi » n’a pas sa place dans notre République. Où que l’on soit né, quelle que soit son milieu social, son histoire, rien n’est jamais écrit en République. C’est le sens profond des Prépas Talents : réparer les inégalités de départ, combattre l’auto-censure, dire à chacune et chacun : « ceci est aussi pour vous ». Depuis cinq ans, les classes Prépas Talents contribuent à cet objectif : ouvrir plus largement les portes de la fonction publique. Déjà 7 000 élèves en ont bénéficié, dont trois quarts sont boursiers. À tous les nouveaux talents qui rejoignent la fonction publique : vous portez la continuité de son action, vous permettez à notre pays d’avancer, de créer, d’innover, de construire, de transmettre, et de répondre aux besoins essentiels de nos compatriotes comme de la Nation. Nous aurons toujours besoin d’instruire, de soigner, de protéger, d’appréhender, de juger, d’organiser la vie sur notre territoire. La République est forte de celles et ceux qui la servent. L’État tient grâce à des femmes et des hommes, des fonctionnaires formés, dévoués. Soyez fiers de ce que vous accomplissez chaque jour.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans
cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de
Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un
homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du
fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> 2026 sera une année utile pour les Français. Nous allons nous occuper de
l’essentiel. Il y a des chantiers à ouvrir et à conduire : la santé, avec
France Santé pour répondre à la désertification médicale ; le logement, avec
une relance pour atteindre 2 millions de logements d’ici 2030 ; et, plus
largement, les sujets de souveraineté : énergie, agriculture, défense. Sur ces
sujets, on ne peut pas attendre l’échéance présidentielle.
> En entrant à Matignon, j’avais la
conviction qu’il fallait davantage partager le pouvoir : avec les
partenaires sociaux, les élus locaux et les parlementaires. Méthode nouvelle de
gouvernement en somme pour sortir de la crise. Nous pouvons aujourd’hui en
tirer des premières conclusions.
La principale, depuis la dissolution, est claire : il existe bien une
majorité pour voter des textes de compromis. Le vote du budget de la Sécurité
sociale l’a montré, c’est une première depuis 2022. Je reste en revanche
inquiet d’un réflexe politique partisan encore trop présent. Au Sénat, la
majorité de droite aurait pu faire preuve de davantage de sens collectif, elle
a finalement privé l’institution sénatoriale de tout rôle dans la sortie de
crise. À l’Assemblée nationale, La France insoumise et Rassemblement national,
au-delà de leur opposition au gouvernement — ce qui est normal en démocratie —
ont choisi de s’opposer ensemble au fonctionnement même du Parlement, et donc à
nos institutions.
> [Budget] Les débats ont montré une réalité simple : on peut identifier plusieurs milliards d’euros d’économies, mais au moment de les voter et de les assumer, les volontaires sont moins nombreux. Certains décrivent ce budget comme « socialiste », d’autres comme « d’extrême droite ». Ces qualificatifs contradictoires en disent surtout long sur la facilité du commentaire, y compris chez certains observateurs qui se réclament pourtant du « sérieux économique ». Ils montrent aussi, bien souvent, que le texte n’a pas été regardé sérieusement. Le compromis, ce n’est pas renoncer à ses convictions. C’est accepter de trancher dans le réel, plutôt que dans les slogans. Je sais combien cet exercice est devenu difficile dans un système politico-médiatique qui valorise plus le clivage facile que la complexité d’arbitrages équilibrés.
> [Utilisation du 49.3] Je l’ai fait à
regret. Je connais la valeur de la parole donnée et je ne la prends pas à la
légère. Mais j’ai considéré qu’un entêtement personnel aurait privé la France
d’un budget. Ce choix n’était pas confortable, mais il
était devenu indispensable pour adopter le Budget. En
revanche, je pense qu’il ne pourra plus y avoir de 49.3 de facilité. C’est un
point de rupture. (…)
Ce que beaucoup reprochaient au 49.3, c’était sa brutalité. J’ai la conviction
que cette période laisse une trace : celles et ceux qui gouverneront après
moi, y compris avec des majorités solides, seront contraints à davantage de
concertation. Gouverner demandera plus d’endurance, plus de dialogue, de
transparence. Mais le résultat est là : la France a un budget, qui tient
un objectif de réduction de déficit à 5%, sans hausse d’impôts. Peu y croyaient
encore à l’automne.
> La fiscalité est strictement inchangée. La contribution pour les très grandes entreprises a été créée par le gouvernement de Michel Barnier et elle est reconduite cette année, mais sans aucune hausse. Elle est même supprimée pour une centaine d’entreprises de taille intermédiaire qui y étaient assujetties. J’ai par ailleurs demandé à Bercy d’en objectiver précisément l’impact économique pour les quelque 300 grandes entreprises concernées, afin de sortir d’un débat instrumentalisé politiquement. Le vrai débat serait d’aller plus loin demain dans la baisse des impôts de production, mais en contrepartie de la réduction des nombreuses subventions publiques aux entreprises. Cette année, personne n’était prêt à assumer ce choix, pas même ceux qui se disent libéraux… En tout cas, la politique de compétitivité conduite depuis huit ans est bien préservée.
> Ce Budget n’est pas un Budget d’affaires courantes ! Citons par exemple des priorités du quotidien comme « France Santé » pour lutter contre la désertification médicale, ou « Relance Logement » pour construire 2 millions de logements supplémentaires d’ici 2030. Sur beaucoup d’autres sujets, la question de notre indépendance nationale, de notre souveraineté, ne peut pas attendre la présidentielle. L’agriculture, la défense nationale, la lutte contre le narcotrafic… Et l’énergie, qui est probablement un des dossiers les plus urgents. On parle depuis trois ans de la prochaine programmation pluriannuelle pour l’énergie (PPE) ! Elle sera enfin signée en fin de semaine prochaine par décret en raison de l’urgence et car c’est la compétence du gouvernement. Et j’estime que les débats ont largement eu lieu : le décret en tiendra compte.
> Six EPR seront inscrits dans la PPE, et huit supplémentaires en option. Cette ambition structure notre filière nucléaire nationale pour l’avenir, comme le président de la République l’avait demandé lors de son discours de Belfort.
> Les renouvelables sont également sources de décarbonation, produisent de l’électricité sur notre territoire, et désormais nous avons des filières nationales. Nous investirons donc dans une nouvelle trajectoire dans l’éolien en mer, le photovoltaïque, la géothermie. Également sur l’éolien terrestre, mais dont on sait qu’il est parfois source de conflit localement : la priorité sera donc donnée à la remotorisation des parcs existants avec des turbines plus puissantes pour éviter le mitage des paysages.
> J’ai reçu avec le ministre Roland Lescure l’ensemble des filières des énergies renouvelables à Matignon vendredi mais aussi la filière nucléaire. Si elles étaient inquiètes, c’est parce que certains acteurs politiques ont laissé courir le bruit qu’il y aurait un moratoire, ce qui est faux. Ces querelles d’hier, y compris en opposant le nucléaire et les renouvelables, sont idiotes et pas à la hauteur des enjeux. Nous importons encore 60 milliards d’euros par an de gaz et de pétrole : autant de vulnérabilités qui nous rendent dépendant de puissances étrangères ! La protection de la planète s’aligne avec nos besoins d’indépendance. Alors arrêtons les divisions inutiles.
> Là où il augmente partout ailleurs, le prix de l’électricité n’augmentera pas en France. L’objectif d’une stratégie ambitieuse d’offre, c’est aussi la capacité à maîtriser le coût de la facture d’électricité. Ensuite, il faudra réfléchir à des incitations pour accélérer l’électrification des usages. L’idée, c’est d’arriver à ce que 60% de notre consommation en 2030 soit électrique.
> Je suis frappé du décalage entre le bouleversement du monde et la vie politique intérieure : une partie des élites politiques continue de ne pas en tenir compte. L’augmentation du budget des armées (57 milliards d’euros), multiplié par deux entre 2017 et 2027, est un impératif dans ce contexte. Il va falloir continuer. Je l’ai dit et je l’assume : le poids de forme dans les décennies à venir du budget des armées devra être en dessous des 100 milliards d’euros par an ! L’effort que nous faisons cette année, il faudra donc le refaire chaque année...
> La mise à jour de la loi de programmation militaire arrivera à l’Assemblée nationale dès avril pour être adoptée avant le discours aux Armées du président de la République, le 13 juillet.
> La nouvelle donne internationale et
la situation de nos finances publiques rendent urgent de recentrer l’Etat sur
certaines missions. Il doit donc s’en remettre plus clairement à d’autres
acteurs publics de grande proximité pour exercer certaines compétences. Citons
les transports, le logement ou le médico-social par exemple. Avec un
principe : une compétence, un responsable. Il y aura donc plusieurs
textes, dont la concertation n’est pas terminée.
Le premier portera sur la vie des collectivités locales, avec une cinquantaine de mesures de simplification et de
clarification : il sera présenté avant les municipales. Un second texte -
le plus important - sur la réforme de l’État, la décentralisation et la
clarification d’un certain nombre de compétences suivra. Enfin, un troisième
texte spécifique sur la simplification du mille feuilles de la Métropole du
Grand Paris sera présenté après consultation avec les différents acteurs. Quant
à la question transversale des ressources financières locales, je désignerai
une mission parlementaire dans les prochains jours.
> [Immigration] Évitons les slogans, et travaillons aux actes efficaces. Prenons l’aide médicale d’État (AME). Ce dispositif est, contrairement à ce qu’avance le RN, absolument indispensable d’un point de vue sanitaire. Il faut donc le conserver, mais on sait aussi qu’il faut le réformer depuis la remise du rapport de Messieurs Evin et Stefanini - il y a maintenant trois ans ! Je ne crois pas au tout ou rien, ni au grand soir. Nous agissons. Je viens donc de signer deux décrets réformant l’AME, qui paraissent au Journal officiel de ce dimanche. Le premier décret renforce la lutte contre la fraude, avec des perspectives d’économies de 180 millions d’euros. Le deuxième modernise enfin les systèmes informatiques de l’État afin que tous les fonctionnaires en charge du dossier puissent y avoir accès. Là encore, c’est du bon sens.
> [Immigration] Repartant de la liste des 24 pays principaux en matière de flux migratoires, nous sommes en train de définir une stratégie sur mesure, pays par pays, qui concerne les visas, les reconduites à la frontière et les laissez-passer consulaires. C’est une approche à la fois diplomatique sur le terrain extérieur, mais qui unifie la doctrine de plusieurs ministères dont les affaires étrangères et l’Intérieur. Nous nous y impliquons personnellement avec le chef de l’Etat.
> On est, en 2026, sur un traitement qui s’apparente encore à une forme de « préhistoire numérique ». J’ai demandé au ministre de l’Intérieur Laurent Nunez et au ministre délégué en charge de la fonction publique, David Amiel, de développer une application d’intelligence artificielle pour accélérer le traitement des visas et soulager le travail de nos agents. Il faut pouvoir accepter ou refuser plus vite les demandes, c’est clé. Cinq préfectures sont pilotes en 2026, notamment en Ile-de-France et dans les Hauts de France. Une généralisation est prévue pour 2027.
> [Politique vis-à-vis de l’Algérie] Nous l’avons. Et cela entraîne sur la question migratoire la renégociation de l’accord de 1968, comme cela était d’ailleurs convenu entre les présidents Tebboune et Macron en 2022. Celui-ci ne correspond clairement plus à nos intérêts et il y a urgence à aboutir. Le président de la République a décidé dans les prochaines semaines de prendre plusieurs initiatives pour que nous ayons des résultats concrets.
> [Agriculture] L’urgence, c’est la négociation de la PAC (politique agricole commune) qui s’étalera jusqu’à la fin du quinquennat et peut-être même jusqu’au début du prochain. Les discussions démarrent sur le bon rail, on peut obtenir beaucoup pour notre production agricole.
> [Agriculture / loi d’urgence] La ministre Annie Genevard y travaille. Mais le gouvernement a déjà pris plusieurs mesures. Un premier arrêté a interdit l’importation de produits alimentaires contenant des substances qui sont pourtant déjà interdites en France : c’est la fin progressive du « deux-poids-deux-mesures ». Une autre décision sur l’interdiction d’achat de produits hors France ou Union Européenne dans les cantines publiques : l’argent public doit aller dans la préférence française ou européenne. Là aussi, du bon sens. Cette semaine un décret a été publié pour simplifier les procédures qui pèsent sur les petites exploitations de moins de 200 vaches. D’autre part, j’ai demandé aux préfets de faire remonter les projets prioritaires d’accès à l’eau qui sont bloqués au niveau local.
> [Fin de vie] Les deux textes ne sont pas bloqués, le travail parlementaire se poursuit normalement. C’est un sujet sur lequel chacun a ses convictions, et j’ai d’ailleurs donné une liberté totale de position aux ministres.
> Je ne me raconte pas d’histoires. Le pays a frôlé une catastrophe grave pour des raisons de politique intérieure. Elle a été évitée. Maintenant la France et son peuple doivent faire face à d’autres difficultés qui peuvent devenir demain redoutables si rien n’est fait.
> Je ne suis pas propriétaire de ma
fonction. Le jour où le Parlement décidera que c’est terminé, ce sera terminé.
Mais il ne faut pas dire aux Français que tout ça est neutre. Les censures des
gouvernements précédents ont coûté beaucoup au pays, sur tous les plans. (…)
Je rappelle quand même que LFI et le RN ont déposé des
motions de censure pour dénoncer la position de la
France sur le Mercosur alors que nous nous y sommes opposés ! Ces
formations cherchent la crise de régime. On me reproche d’avoir négocié avec
les socialistes, mais que fallait-il faire ? Ne discuter avec personne ?
Discuter avec le RN ? Si on ne négociait pas avec la gauche républicaine,
alors il fallait négocier avec le RN, et ce ne n’est pas acceptable. Ce budget
a permis une grande clarification. Il y a d’un côté ceux qui ont voulu le
désordre, de l’autre ceux qui l’ont repoussé. Les députés de Laurent Wauquiez
ont laissé passer des choses avec lesquelles ils n’étaient pas d’accord pour
éviter ce désordre. Ils l’ont fait avec beaucoup de courage.
> Je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle. Je l’ai dit, je le redis.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> Désarmement du Hezbollah, reconstruction, relèvement économique et
restauration de la souveraineté : au moment où le Liban écrit un nouveau
chapitre de son Histoire, la France se tient à ses côtés.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des
Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Innovation, souveraineté et accès aux soins : un déplacement dédié à
l’innovation en santé.
Visite de sites industriels engagés dans la production de médicaments et les
thérapies innovantes, puis direction les Hospices Civils de Lyon pour découvrir
comment l’IA et les startups s’intègrent à l’hôpital.
Échanges avec les agents de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, avant de conclure à
Grigny-sur-Rhône avec une maison de santé pluriprofessionnelle issue d’un
modèle solidaire. L’innovation en santé doit répondre à un objectif clair :
mieux soigner, partout et pour tous.
Amélie de Montchalin (ministre de l’Action
et des Comptes publics)
> À Lille aujourd’hui, pour porter une candidature collective, solide et
stratégique : accueillir l’Autorité douanière européenne. Lille, ce n’est pas
une promesse abstraite : c’est le premier hub douanier de France, au carrefour
des grands flux européens, avec des femmes et des hommes qui luttent chaque
jour contre la fraude, le narcotrafic, la concurrence déloyale. La France est
prête. Nos douanes sont parmi les plus performantes d’Europe. Notre écosystème
logistique, industriel et numérique est au rendez-vous. Et surtout, tout un
territoire est mobilisé — État, collectivités, acteurs économiques, éducatifs
et culturels — pour faire réussir ce projet européen. Accueillir Autorité
douanière européenne à Lille, c’est faire le choix de l’efficacité, de la sécurité
et de la souveraineté européenne. L’Europe de l’action se construit sur le
terrain. Lille est prête. La France aussi.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la
Lutte contre les discriminations)
> La première des inégalités, c'est celle des rêves. Tous nos enfants
doivent avoir le droit de rêver grand. Talents de France, c'est permettre à
tous les talents de se réaliser.
> La diversité des parcours, c'est le court-circuit dont on a besoin pour l'innovation ! Et chez Michelin, l'innovation est au cœur de l'ADN et elle se passe ici, dans le Puy-de-Dôme. Et elle n'existe que grâce aux talents qui la rendent possible.
Catherine Chabaud (ministre délégué
auprès de la ministre de la Transition écologique, de
la Biodiversité et des Négociations internationales sur le
climat et la nature chargée de la Mer et de la Pêche)
> Et si l’Europe renaissait de la mer ?
A l’occasion d’Euromaritime à Marseille, j’ai visité les chantiers Shipyards à
La Ciotat et d’ouvrir la dernière journée du salon, un rendez-vous qui incarne
toute la vitalité et l'ambition de notre filière maritime, avant de présider
avec mon collègue Sébastien Martin, un comité stratégique de filière des
industriels de la mer, très dynamique.
La mer n'est pas une opportunité stratégique pour la France et l'Europe :
- Écologique : l'océan est au cœur de la régulation
climatique et de notre transition énergétique
- Économique : 90% de nos échanges extérieurs
transitent par voie maritime et notre filière représente 50 milliards d'euros
de valeur ajoutée et 500 000 emplois
- Géopolitique : notre souveraineté maritime
conditionne la sécurisation de nos approvisionnements et la défense de nos
intérêts.
L'industrie maritime française est en pleine mutation : navires hybrides,
propulsion vélique, énergies marines renouvelables, biotechnologies... L'innovation est déjà là,
nous avons tous les atouts pour réussir.
Pour concrétiser cette ambition, nous renforçons notre soutien à la
décarbonation du secteur maritime, financé par les revenus du marché carbone
européen, pour un montant de 70 millions d'euros mais aussi des garanties
déployées via Bpifrance, ainsi que le renforcement des certificats d’économie
d’énergie. Nous lancerons prochainement un appel à projets pour accélérer le
passage à l’échelle d’innovations matures.
Mais notre ambition ne peut se réaliser qu'à l'échelle européenne.
C'est pourquoi je porte, avec mes collègues français, une vision claire auprès
de la Commission européenne : construire une stratégie industrielle maritime
européenne intégrée. L'Union européenne possède le premier espace maritime
mondial – il est temps d'en faire une véritable puissance économique et
industrielle.
Merci à tous les acteurs de cette filière pour leur engagement et leur
détermination.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès
de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la
Transition écologique)
> Dans le Loiret et des acteurs locaux de l’eau, l’État agit pour restaurer
l’Œuf, un cours d’eau fragilisé par le dérèglement climatique. Avec le budget
2026, les financements des agences de l’eau seront renforcés au service de la
continuité écologique.
> Grâce au Budget 2026, l’Etat pourra améliorer la prévention du risque inondation. D’ici 2030 ce sont 27 000 km de cours d’eau qui seront sous surveillance du réseau Vigicrues.
> Concilier performance sportive et exigence environnementale ! Avec Marina Ferrari et les collectivités locales, nous préparons les Jeux d’hiver les plus sobres jamais organisés. Transports décarbonés, artificialisation limitée, des jeux pensés pour un héritage durable.
> Notre dépendance aux énergies fossiles nous coûte 50 à 70 milliards d’euros par an. Nous doter d’une programmation pluriannuelle de l’énergie ambitieuse et réaliste est un enjeu de souveraineté. De la même manière que le grand plan d’électrification.
David Amiel (ministre délégué
auprès de la ministre de l’action et des comptes publics chargé de la
Fonction publique et de la Réforme de l’État)
> Il y a urgence à se désintoxiquer de nos dépendances à des outils extra
européens. La commande publique doit être mise au service de notre souveraineté
et soutenir nos pépites technologiques !
> Nouvelle étape pour la souveraineté et la sécurité numérique de l’État. La plateforme des données de santé, le «Health Data Hub», va quitter Microsoft et rejoindre un hébergement SecNumCloud.
● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature
> Le budget du ministère de la Transition écologique est plutôt un bon
budget. Mais nous n’avons pas attendu d’avoir un budget pour agir.
Je reviens sur les 100 premiers jours de mon action au ministère : les
priorités que nous avons fixées, les mesures déjà engagées et celles à venir
pour accélérer la transition écologique.
La troisième stratégie nationale bas carbone fixe un cap clair. La trajectoire
de baisse des émissions n’a pas été pleinement tenue en 2024 et 2025 : nous
devons aller plus vite. Cette exigence vaut aussi pour l’adaptation au
changement climatique, désormais inscrite dans le Code de l’environnement.
Toutes les infrastructures de long terme devront être conçues pour résister
dans une France à +4 °C d’ici la fin du siècle.
Dans ce contexte, la protection de l’eau s’impose comme l’un des grands
chantiers de l’année. Face à la multiplication des pollutions, notamment aux
PFAS, nous renforçons la protection des captages et préparons un plan ambitieux
pour les berges de rivières, essentielles contre les inondations, pour la
biodiversité et pour les territoires.
Cette action nationale s’inscrit aussi dans un cadre international exigeant. La
France organisera en avril à Paris le G7 Environnement, avec une journée dédiée
aux forêts à Fontainebleau. Dans un contexte de fortes tensions, ce rendez-vous
devra permettre d’avancer concrètement sur des priorités partagées, en
particulier la biodiversité et la lutte contre la désertification.
Forêts, biodiversité, restauration de la nature, qualité de l’air, rénovation
des logements, électrification des usages : la transition écologique se
construit dans la durée, avec des choix clairs, cohérents et ancrés dans les
territoires.
C’est une transition exigeante.
Mais c’est aussi une transition qui protège l’avenir de nos enfants et la
planète que nous leur transmettrons.
> La transition vers le véhicule
électrique est un levier majeur de la transition écologique et elle ne peut pas
se faire sans une industrie européenne solide.
La tribune publiée par les dirigeants de Volkswagen et de Stellantis apporte
une contribution importante au débat européen sur l’avenir de l’industrie
automobile.
Elle met en lumière une conviction largement partagée : pour réussir la
transition vers le véhicule électrique, l’Europe doit pouvoir produire
davantage sur son sol et sécuriser ses chaînes de valeur.
Concurrence loyale, sécurisation des approvisionnements, orientation
stratégique des soutiens publics : ces principes dessinent une même direction.
Celle d’une transition qui renforce à la fois notre souveraineté industrielle
et notre ambition climatique.
Cette ambition, je la porte concrètement à travers la troisième stratégie
nationale bas carbone, que j’ai présentée en décembre. Elle fixe une
trajectoire claire : réduire nos émissions de 90 % d’ici 2040 et atteindre la
neutralité carbone en 2050. Sa mise en œuvre suppose de mobiliser l’ensemble
des acteurs, publics comme privés, et de faire de la décarbonation un levier de
réindustrialisation.
C’est le cap de l’action que je mène : accompagner la décarbonation des
entreprises, porter au niveau européen une trajectoire industrielle ambitieuse,
et déployer le leasing social pour rendre la transition écologique concrète et
juste.
Dans un contexte de tensions géopolitiques et de compétition internationale
accrue, l’Europe doit faire des choix clairs.
Elle ne peut être uniquement un marché. Elle doit rester une puissance
industrielle engagée dans la transition écologique. C’est ce cap que je
défendrai au sein du Conseil Environnement lors des négociations sur le
règlement européen relatif aux véhicules.
Les convergences s’affirment.
Il est désormais temps de les traduire en décisions concrètes, au service de la
transition écologique et de l’industrie européenne.
Edouard Geffray (ministre de l’Education
nationale)
> La souveraineté industrielle du pays se joue ici. Et les stages sont
déterminants dans le choix des élèves.
Hier matin, au Lycée Jules Ferry de Versailles, j’ai rencontré des élèves de
baccalauréat technologique et professionnel et de BTS engagés dans des filières
d’avenir. Ils incarnent le futur de notre pays en se préparant à exercer des
métiers stratégiques : électricité, cybersécurité, modélisation et prototypage.
Pour beaucoup d'entre eux, le stage a été un élément déterminant de leur choix
d'orientation.
Mais un constat s'impose : il nous faut plus de jeunes dans ces filières, et
surtout plus de filles. C'est un enjeu d'égalité dans notre société, et notre
industrie ne peut pas se priver de 50% des talents du pays.
Un message que nous devons faire passer à toutes nos élèves : ces formations et
ces emplois sont aussi pour vous !
Le stage de seconde peut être l’occasion d’une première découverte en milieu
professionnel. Entreprises de tous les secteurs, n'hésitez pas à proposer des
stages aux élèves !
Maud Bregeon (porte-parole du
Gouvernement)
> Nous importons 60 milliards d’€/an de gaz et de pétrole, une dépendance
majeure dont la France sortir en accélérant l’électrification et en développant
conjointement de nouveaux moyens de production nucléaires et renouvelables.
Sans moratoire, ni sur l’un ni sur l’autre.
> Non, ce n’est pas un budget de matraquage fiscal pour les entreprises.
> Je crois que Jack Lang a pris la seule décision possible, la seule décision souhaitable en l’état. La situation était, me semble-t-il, intenable. Ce sera à la justice de dire pour l’ensemble des parties prenantes quelles sont les responsabilités. Il y a aussi une question morale qui se pose, me semble-t-il, de façon évidente.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> [Tribune coécrite avec Perrine Goulet: «Protection de l'enfance : la République, parent défaillant»]
23 % des sans-abri ont été placés
enfants. 43 % des enfants pris en charge par l’aide sociale à l’enfance
ont redoublé. 70 % de ces enfants sortent du système scolaire sans
diplôme. Ces chiffres devraient tous nous glacer. Car ils révèlent l'échec d'un
système censé protéger, qui broie au contraire des milliers de vies. La France
compte aujourd'hui plus de 380.000 mineurs et jeunes majeurs confiés à l'Aide
sociale à l'enfance. Ces enfants deviennent nos enfants, les enfants de la
République. Force est de constater que nous sommes des parents défaillants.
La proposition de loi transpartisane
« L'intérêt des enfants », portée par la députée Perrine Goulet et
adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 29 janvier, arrive à
point nommé. Mais après combien de lois votées, de rapports empilés, d'alertes
ignorées ?
Le système craque. L'intérêt supérieur de
l'enfant ne peut plus être un mantra creux : il doit devenir une réalité
tangible, vérifiable, pour chaque enfant concerné.
Le placement devenu norme, la famille
exception
Le rapport transpartisan de la députée
Isabelle Santiago, publié en avril 2025, issu des travaux de la commission
d’enquête présidée par la députée Laure Miller, sonne comme un
réquisitoire : 56 % des mesures de protection sont aujourd'hui des
placements. Le maintien en milieu familial, pourtant inscrit comme principe
dans la loi, n'est plus qu'une option résiduelle. Nous avons inversé la logique
même de la protection de l'enfance.
Il est urgent de remettre
l'accompagnement à domicile au cœur du dispositif, de généraliser réellement
les projets pour l'enfant, de donner aux familles les moyens de surmonter leurs
difficultés plutôt que de les séparer par réflexe. Et puis, il faut écouter les
enfants en leur donnant voix au chapitre dans les procédures qui les concernent
directement. « La protection de l'enfance est traversée par une crise
profonde de son écosystème », conclut le rapport. Une crise qui se paie en
vies brisées et en avenirs compromis.
18 ans : l'âge du grand abandon
Imaginez. Vous avez été accompagné
pendant des années par l'État. Et du jour au lendemain, à 18 ans pile, plus
rien. Plus de toit, plus de référent, plus de filet. Les « sorties
sèches », ces abandons programmés, restent massives en 2026, malgré la loi
Taquet de 2022 qui impose pourtant un accompagnement jusqu'à 21 ans.
Les ministres Catherine Vautrin, puis
Stéphanie Rist et Gerald Darmanin, ont annoncé une refonte du dispositif. Bien.
Mais il faut aller beaucoup plus loin : garantir un suivi personnalisé, un
logement stable, une insertion professionnelle réelle, et des droits sociaux
effectifs. Au-delà de l'action des Départements, en première ligne, l'État doit
assumer pleinement ses responsabilités financières et de coordination.
Des professionnels à bout de souffle
30 % de turnover dans certains
secteurs. Ce chiffre traduit l'épuisement des éducateurs, assistants familiaux
et travailleurs sociaux qui portent à bout de bras un système en déshérence. La
généralisation du contrôle d'honorabilité et la reconnaissance des acquis
d'expérience annoncées par la ministre sont un premier pas. Mais sans
revalorisation salariale, sans amélioration des conditions de travail, sans
moyens concrets, aucune réforme ne tiendra.
Mettre fin à l'incohérence territoriale
État, Départements, associations,
justice, santé, éducation... Chacun agit dans son silo, créant un système
illisible et profondément inégalitaire. Les départements les plus pauvres
voient leurs budgets ASE exploser, alors que la contribution de l'État plafonne
à 3 % des 11 milliards d'euros annuels.
Le rapport Santiago propose des outils
concrets : un code de l'enfance, des comités départementaux de protection,
une vraie coordination interministérielle. Il faut les mettre en œuvre,
maintenant, tout en garantissant un financement pérenne et équitable.
Investir dans la prévention
James Heckman, prix Nobel d'économie, l'a
démontré : chaque euro investi dans la petite enfance génère un retour de
7 à 10 euros pour la collectivité. La Haute autorité de santé confirme que
les programmes de soutien à la parentalité réduisent de 40 % les risques
de reproduction des violences.
La prévention n'est pas une dépense,
c'est un investissement. Les 25 nouvelles Unités d'accueil pédiatrique
annoncées pour 2025 vont dans le bon sens, mais restent largement insuffisantes
face à l'ampleur des besoins.
L'urgence n'attend plus
Ces enfants n'ont pas le temps. Chaque
jour qui passe sans action déterminée est un jour de trop. Il faut renforcer
massivement les mesures éducatives en milieu ouvert, soutenir réellement les
familles vulnérables, garantir un accompagnement jusqu'à 21 ans sans exception,
revaloriser les métiers du social, coordonner enfin tous les acteurs.
Et surtout, donner à chaque enfant confié
à la République les mêmes chances, où qu'il vive en France. Car ces 400.000
enfants ne sont pas des dossiers, des statistiques ou des budgets : ce
sont nos enfants. Et nous leur devons bien plus qu'une République indifférente.
L'intérêt supérieur de l'enfant ne peut
plus attendre. C'est notre honneur collectif qui est en jeu.
> La réforme de la fin de vie s’inscrit dans un processus
démocratique continu.
J’ai échangé avec les anciens membres de la Convention citoyenne sur la fin de
vie, aux côtés de Thierry Beaudet, président du Conseil économique, social et
environnemental.
Cet échange avait un objectif : mettre en regard l’évolution des débats
parlementaires, à travers les deux propositions de loi actuellement examinées
en deuxième lecture par l’Assemblée nationale, et le point de vue de celles et
ceux qui ont élaboré le rapport citoyen à l’origine du projet de loi initial,
en avril 2024.
Cette séquence a permis aussi de remettre à l’honneur ce qu’a été la Convention
citoyenne : un exercice exigeant de démocratie participative, dont les travaux
continuent d’éclairer le débat public.
Si le Parlement a désormais pleinement la main sur la réforme, il doit garder
le lien avec les citoyens qui ont contribué à en poser les fondations. C’est
dans ce dialogue que se joue la crédibilité de l’action publique.
► Partis politiques
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> La fin du bipartisme n’a pas fait disparaître la logique du « bloc contre
bloc ». Au contraire, le pays est plus que jamais écartelé et tiraillé par les
extrêmes. La proportionnelle est indispensable pour sortir de cette immaturité
démocratique. Mais la clé, c’est aussi de changer nos mentalités. Au MoDem,
nous portons cette conviction de longue date, mais ce doit être le combat de
tous ceux qui aspirent à moderniser notre démocratie. De toutes celles et de
tous ceux qui souhaitent voir émerger une démocratie apaisée.
● Parti radical
Nathalie Delattre (présidente)
> La santé mentale des jeunes a été une priorité
trop longtemps reléguée au 2nd plan. C’est pourquoi j’ai porté au Sénat
l’adoption d’une résolution visant à en faire une grande cause nationale,
orientation qui a trouvé une traduction en 2025, sous l’impulsion de Michel
Barnier.
> TikTok : quand le Sénat
alerte et que Bruxelles agit ! La Commission
européenne demande à TikTok de modifier une interface jugée addictive. Une
décision qui confirme les alertes lancées dès 2023 par la commission d’enquête
du Sénat.
Le rapport du Sénat est clair :
- jusqu’à 40 consultations par jour
- 1h47 quotidiennes chez les 4–18 ans
- 63 % des jeunes de 12 ans sur TikTok.
Cette addiction alimente aussi la désinformation et la banalisation de contenus
hyper-sexualisés.
Les plateformes ne peuvent plus se réfugier derrière la neutralité
technologique.
Protéger les mineurs doit primer sur la maximisation du temps d’écran.
Après l’alerte du Sénat, l’action européenne doit s’imposer, au-delà de TikTok,
à l’ensemble des plateformes.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> Minerais critiques: mêmes risques, même intérêt. Face à nos dépendances,
notre réponse doit être collective. À Washington, lors de la réunion organisée
par Marco Rubio, j’ai porté la voix des 27 pour des approvisionnements
diversifiés, des prix justes et des standards élevés.
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> La Commission a publié cette semaine son nouvel Eurobaromètre.
- 89% des Européens veulent une Europe plus unie pour faire face aux défis
mondiaux actuels.
- 86% souhaitent que l’UE ait une voix plus forte à l’international.
- 79% soutiennent une politique commune de sécurité et défense.
Ces résultats sont très intéressants : ils rejoignent les priorités Renew
Europe pour une Europe puissante et indépendante.
Continuons !
> Le 22 mars prochain, les Slovènes auront un choix décisif à faire. Avec notre Premier ministre Renew Europe Robert Golob, la Slovénie a renforcé l’état de droit, restauré la confiance dans ses institutions, consolidé son économie et fait le choix d’une intégration européenne ambitieuse et d’une véritable autonomie stratégique. Face à lui, le populiste Janez Janša incarne un autre modèle : illibéral, ouvertement inspiré par l’autoritarisme et la xénophobie de Donald Trump. Ce qui se joue en Slovénie nous concerne tous. Avec Renew Europe, nous étions à Ljubljana pour réaffirmer notre soutien à Robert Golob et défendre une Slovénie démocratique, attachée aux libertés individuelles et pleinement européenne !
> Les élections parlementaires slovènes
sont imminentes.
Face à un parti pro-européen opposé à un parti populiste pro-Trump, il est
crucial d'analyser la situation politique de la Slovénie en cette période
délicate.
Pour lutter contre les mouvements populistes, nous devons défendre une ligne
pro-européenne, car c'est ce qui, au final, protégera véritablement les
Européens.
Merci à Urška Klakočar Zupanči, présidente de l'Assemblée nationale de
Slovénie, ainsi qu'à Dušan Stojanovič et Lucija Tacer Perlin, deux députés
slovènes, pour leurs précieux éclairages sur la voie à suivre.
Notre eurodéputée slovène du groupe Renew Europe, Irena Joveva, continue
d'apporter sa contribution nationale aux débats en vue des élections.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> À quelques jours du départ en mission de l’astronaute française Sophie
Adenot, Arthur Sauzay, spécialiste des politiques spatiales, présente pour la
Collection du Plan une analyse sur l’avenir du secteur spatial français et européen,
avec plusieurs leviers de transformation.
- Un investissement renforcé de la France et de l’Europe qui, au regard du
poids économique, devrait être à la hauteur de celui de la Chine.
- La capacité à proposer rapidement un service de connectivité européen aux
entreprises, afin d’éviter toute dépendance numérique stratégique.
- La mise en place sans tarder de nouvelles coalitions spatiales européennes
pour compenser nos limites actuelles, notamment budgétaires.
- Une évolution du modèle de commande publique, en stimulant l’innovation
privée.
● Propos collectifs
> [Opinion co-signée par 70 parlementaires: «Avec la proportionnelle, un
nouveau souffle démocratique pour la France»] Le pays vient de sortir du
feuilleton budgétaire qui l’occupait depuis l’automne. Il ne reste plus que
quelques mois avant que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 ne mobilise toutes les attentions et toutes les énergies.
Parmi les réformes qui pourraient être adoptées durant ce laps de temps, il en
est une qui rendrait un grand service à la République : le passage à un scrutin
proportionnel pour les élections législatives. Cela contribuerait à débloquer
une mécanique politique manifestement grippée et redonnerait de la vitalité
démocratique à notre société.
Nous sommes en effet les seuls en Europe à utiliser le mode de scrutin
uninominal majoritaire à deux tours pour les élections législatives. Celui-ci a été conçu pour dégager de larges majorités au
sein de l’Assemblée nationale, au risque que celle-ci reflète mal la diversité
des opinions des citoyens. Il s’agissait de permettre au camp victorieux de
gouverner seul, sans avoir à faire de concessions.
En raison de la fragmentation du paysage politique, ces majorités larges
n’existent cependant plus depuis près de quatre ans. Si nous voulons que notre
pays continue d’avancer, il nous faut donc désormais apprendre à négocier et
faire des compromis, ce que pratiquent depuis longtemps la plupart de nos
voisins.
Entre un endettement qui prend des dimensions inquiétantes, des services
publics qu’il faut renforcer, notamment dans l’éducation et la santé, un retard
technologique qui s’aggrave et entraîne de lourdes dépendances, des menaces
pour la sécurité du pays qui se multiplient ou encore des mutations majeures à
engager dans tous les domaines pour faire face à la crise écologique et à ses graves conséquences, les défis auxquels il nous
faut répondre d’urgence s’accumulent en effet.
Mais les contraintes institutionnelles imposées par le maintien du scrutin
majoritaire ralentissent voire bloquent souvent cette recherche indispensable
de solutions susceptibles de rassembler des majorités. La logique de ce scrutin
continue, en effet, de s’imposer aux acteurs politiques dans la perspective
d’une réélection prochaine qu’il leur faut assurer. Or, avec un tel mode
de scrutin, cette réélection continue de se jouer
bloc contre bloc, freinant aujourd’hui, dans tous les camps, la recherche de
compromis stables. On l’a constaté au cours des dernières semaines.
La France est au milieu du gué. Si son Assemblée ressemble à celle qui serait
issue d’un scrutin proportionnel, les membres qui la composent sont fortement
incités à préférer, encore et toujours, les postures à la recherche de
solutions. Cet état de fait concourt à dégrader l’image de la démocratie et
nourrit la tentation du recours à un pouvoir fort. Il favorise la montée de
l’extrême droite.
Dans un tel contexte,
celle-ci pourrait bien profiter à son tour de l’effet winner takes all – le
gagnant prend tout – associé au scrutin majoritaire et obtenir seule, avec un tiers des voix, une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Dans une Ve République qui a doté l’exécutif de pouvoirs très étendus, il n’y
aurait plus alors qu’un pas à franchir pour transformer notre démocratie en un
régime autoritaire, comme Donald Trump cherche à le faire actuellement aux
États-Unis.
Pour sortir de cet entre-deux, pour pouvoir bâtir des majorités stables grâce à
une recherche de compromis menée en toute clarté et pour limiter le risque
d’une remise en question des droits et des libertés, il est urgent de changer
de mode de scrutin. La proportionnelle est le seul système qui permette de
garantir que la voix de chaque citoyenne et de chaque citoyen compte
véritablement et que la représentation nationale reflète fidèlement la
diversité des sensibilités présentes au sein de la société.
Une telle réforme est possible sans changer la Constitution. Cela avait
d’ailleurs déjà été fait en 1986. Ce changement devrait de nouveau pouvoir se
faire aujourd’hui, puisque la plupart des forces politiques représentées à l’Assemblée
nationale se sont déjà déclarées en faveur du scrutin
proportionnel. Des députés issus de groupes politiques différents ont déposé
ensemble une proposition de loi en ce sens en octobre dernier, et le même
projet sera déposé aussi prochainement au Sénat. Il doit maintenant être soumis
le plus rapidement possible au Parlement.
Pour que chaque voix compte, pour redonner tout son sens à la participation à
la vie démocratique, pour renforcer la parité au sein du parlement, pour
permettre à la France d’aller de nouveau de l’avant et pour éviter des
aventures dangereuses, adoptons enfin à notre tour le scrutin proportionnel
pour désigner nos représentants.
[Députés Renaissance et MoDem signataires: Elisabeth Borne, Florent Boudié, Agnès Buzyn, Vincent Caure, Marc
Fesneau, Bruno Fuchs, Camille Galliard Minier, Maud Gatel, Olga Givernet,
ancienne ministre, Bernard Guetta, Pascal Lecamp, Eric Martineau, Ludovic
Mendès, Sophie Mette, Louise Morel, Agnès Pannier-Runacher, Astrid Panosyan-Bouvet, Frédéric Petit, Josy
Poueyto, Richard Ramos, Sabine Thillaye, Nicolas Turquois, Philippe Vigier]

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