Voici une sélection, ce 2 septembre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Aux élèves, aux enseignants, à toute la communauté éducative, aux
familles : très bonne rentrée ! Liberté, égalité, fraternité.
> L’Allemagne a établi la responsabilité de la Russie dans les graves incidents survenus à Leipzig début août. Ces attaques hybrides se multiplient en Europe. Elles ne peuvent rester sans réponse. La France est pleinement solidaire de l’Allemagne et soutient l’adoption de nouvelles sanctions européennes contre la Russie. Face à cette escalade, nous devons être unis, déterminés et renforcer notre soutien à l’Ukraine. La France continuera d'y prendre toute sa part.
> Aux Pays-Bas pour faire avancer l’indépendance technologique européenne. Heureux de retrouver le Premier ministre Rob Jetten pour porter ensemble cette ambition.
> À Eindhoven, au cœur de l’écosystème européen des semi-conducteurs, aux côtés de nos champions comme ASML et Mistral, nous bâtissons l’Europe de demain : une Europe qui innove, maîtrise ses technologies et choisit son destin.
> [Signature du contrat d’acquisition par la Suède
de quatre frégates de défense et d’intervention produites par la France] Nous
scellons une coopération majeure et réciproque, respectueuse et ambitieuse,
après la décision et le choix fait par la France en décembre dernier d'acquérir
l'avion de surveillance et de commandement suédois GlobalEye produit par Saab,
la Suède a fait le choix en mai dernier d'acquérir quatre frégates de défense
et d'intervention françaises produites par Naval Group et équipées de missiles
Aster pour donner à la marine suédoise des capacités de premier plan d'ici
2030. Ceci montre à quel point ce que nous signons aujourd'hui, ce sont
évidemment des équipements avec la meilleure technologie. Ce sont des systèmes
de défense et de combat pleinement intégrés, avec les senseurs et avec les
capacités les plus modernes, mais c'est aussi une coopération stratégique entre
nos deux pays.
Je dois dire qu'après la visite d'État réalisée en 2024 en Suède, je suis
heureux de revenir à Stockholm et de mesurer le saut exceptionnel que le
renouvellement de notre partenariat stratégique a produit. Je veux ici
remercier très chaleureusement le gouvernement suédois et vous-même, Monsieur
le Premier ministre, pour la confiance et votre vision claire. Ce choix va bien
au-delà d'un contrat commercial. C'est un acte de confiance politique qui
marque une étape historique dans la coopération entre nos deux pays et que tous
ceux qui y ont contribué en soient grandement remerciés aujourd'hui.
L'accord-cadre de gouvernement à gouvernement signé par nos ministres à
l'instant traduit cet engagement et recouvre l'ensemble de nos domaines de
coopération de défense, opérationnels, capacitaires, industriels, et ouvre la
voie à un accord de défense structurant entre nos deux pays. Ce signal
réciproque franco-suédois est aussi un choix de souveraineté européenne en
matière de capacité de défense. Parce qu'en effet, vous venez de le rappeler en
soulignant l'importance pour vos propres chantiers, nous venons ainsi renforcer
la base industrielle et technologique de défense européenne au moment où les
Européens doivent prendre davantage la responsabilité de leur propre sécurité,
consolider le pilier européen de l'OTAN.
Par cet achat croisé, par aussi tous les autres projets que nous avons, dont
nous avons commencé à discuter et que nous allons continuer ensemble, nous
voyons bien que nous avons la capacité de mieux intégrer nos bases
industrielles, de créer un écosystème de défense européen qui soit plus
résistant dans la durée, plus indépendant, plus compétitif, et qui permette à
l'Europe d'être pleinement souveraine pour aujourd'hui et pour demain.
La Suède et la France, dans l'Union européenne et dans l'OTAN, prouvent ainsi
que la souveraineté européenne se construit ensemble. La réussite de ce
partenariat avec la Suède nous encourage à ce que d'autres alliés nous
rejoignent, en particulier pour consolider sur la signature du jour, afin de
vraiment bâtir une flotte de frégates européennes interopérables. C'est
l'objectif si nous voulons définir un standard européen plus efficace sur le
plan industriel, plus efficace sur le plan opérationnel. La Grèce a rejoint ce
club et nous souhaitons que d'autres pays européens nous suivent sur cette
voie.
La signature des accords d'aujourd'hui et les échanges, tout ce que nous avons
construit ces dernières années, marquent aussi notre volonté ensemble de nous
engager pour la sécurité Baltique, Nordique et Arctique. Nous le manifestons
par les déploiements engagés dans les pays de la région. En Arctique, nous
participons ensemble, aux côtés de nos amis danois, aux opérations Arctic
Sentry pour justement réduire la tension dans la zone arctique, sujet ô combien
important pour nous tous Européens et pour la souveraineté de nos amis danois. Et
nous participons, aux côtés de nos amis finlandais, au FLF, pour laquelle la
Suède est nation cadre. Les armées françaises sont très fières de contribuer à
cet effort sous commandement suédois.
Et puis, en équipant les frégates suédoises de missiles Aster et possiblement
de missiles de croisière naval, la France ne livre pas seulement des navires,
elle apporte aussi une capacité de protection des territoires de nos alliés.
L'ensemble de ces opérations conjointes, de ces capacités conjointes vient
donner corps aussi à ce qu'on appelle l'épaulement de la dissuasion nucléaire
avancée, sur laquelle nous agissons aussi ensemble. En effet, cette défense
antimissile que je viens d'évoquer, dans laquelle nous faisons œuvre commune à
travers cet accord, contribue directement à l'épaulement de la dissuasion
avancée. Nous l'avons proposé il y a quelques mois. La Suède a souhaité être
associée à cette dissuasion avancée. Et nous travaillons ensemble sur ce sujet
qui est une contribution importante à la stabilité stratégique de notre
Europe.
Au fond, nous sommes en train de bâtir un cadre stratégique inédit. Nous nous
donnons les moyens d'agir ensemble. Nous avons des exercices et des
déploiements communs. Nous avons du capacitaire en commun et nous avons de
l'industriel en franco-suédois. Ceci montre la force et l'importance de ce
pilier européen de la défense et combien la coopération franco-suédoise est en
train de devenir, eh bien, un élément essentiel de ce pilier européen.
À l'occasion de cette visite, nous allons également aborder avec Monsieur le
Premier ministre les autres enjeux bilatéraux qui lient la Suède et la France,
de l'énergie à l'espace, de l'innovation à l'éducation. Je remercie les élèves
qui étaient à nos côtés à l'instant, ainsi que nos enjeux européens et
internationaux pour renforcer toujours cette souveraineté européenne. C'est ce
que nous faisons en renforçant notre action commune en soutien à l'Ukraine,
notamment dans le cadre de la coalition des volontaires, mais également dans le
cadre des opérations que nous menons contre la flotte fantôme. Je veux dire à
cet égard que la Suède et la France sont parmi les nations qui ont le plus
contribué à cet effort – par le renforcement de notre compétitivité et de notre
unité face aux chocs économiques, commerciaux, industriels et technologiques
auxquels nous devons faire face, avec des concurrents de plus en plus
agressifs, et puis avec le renforcement de nos actions pour protéger nos
démocraties et notre jeunesse, afin d'affirmer une régulation européenne du
numérique qui assure le respect de nos valeurs, la santé et l'épanouissement de
nos jeunes et l'intégrité de nos processus électoraux.
En 2027, nous célébrerons le dixième anniversaire du partenariat stratégique
franco-suédois. Je veux ici vous dire combien je suis déterminé à continuer à
développer notre relation de confiance et de proximité dans tous les domaines,
et en particulier la défense. Mon épouse et moi-même avions été honorés d'être
invités en 2024 en visite d'État en Suède, aussi pour marquer l'ambition que
nous portons d'aller encore plus loin avec votre pays, nous serons très heureux
d'inviter les souverains suédois en visite d'État en France au début de l'année
prochaine pour poursuivre cette œuvre commune. Monsieur le Premier ministre Ulf,
merci infiniment pour la confiance et le partenariat décidé. Nous l'avons
éminemment renforcé durant les huit derniers mois à travers ces décisions
réciproques. Les signatures d'aujourd'hui sont une étape importante pour la
Suède, pour la France et pour notre Europe.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> En juillet, nous avions pris un engagement : travailler tout l’été pour
construire une réponse intégrale contre les violences faites aux femmes et aux
enfants, et la soumettre au Parlement dès le début du mois d’octobre. Promesse
tenue. La proposition de loi dite « intégrale » sera le premier texte inscrit
par le Gouvernement à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale à l’ouverture de
la session ordinaire. Renforcer la réponse pénale, mieux détecter et protéger
les enfants victimes, lutter contre les cyberviolences, renforcer la prévention
dans le monde du travail, mieux former les professionnels de santé et lutter
contre les violences dans l’enseignement supérieur : nous voulons agir partout
où ces violences s’exercent. En faire le premier texte de la session, c’est
donner à ce combat la priorité qu’il exige.
> L’électrique continue sa progression : en août, 38 % des voitures neuves vendues en France étaient électriques ou hybrides rechargeables, contre 20 % en moyenne sur 2025. C’est tout le sens du plan d’électrification : remplacer les énergies fossiles importées par une électricité décarbonée, produite en France et moins chère. Et nous continuons d’accélérer, deux nouvelles mesures entrent en vigueur aujourd'hui : • pour les aides à domicile, une aide d’environ 2 000 € pour l’achat ou la location d’un véhicule électrique d’occasion, avec des offres de location sans apport entre 50 et 100 € par mois ; • pour les taxis, une aide d’environ 3 500 €, pouvant atteindre 5 500 € lorsque le véhicule et sa batterie sont fabriqués en Europe. Moins de pétrole importé, davantage d’électricité produite en France et moins chère : une transition qui protège notre pouvoir d’achat autant qu’elle renforce notre indépendance énergétique.
> À partir d’aujourd’hui, les mères de famille bénéficieront d’une meilleure retraite. Pourquoi ? Parce qu’avoir des enfants peut peser sur une carrière, les années les moins favorables seront désormais davantage écartées du calcul de leur pension. Concrètement, la retraite sera calculée sur les 24 meilleures années pour les mères d’un enfant, et sur les 23 meilleures pour celles qui en ont eu deux ou plus, au lieu de 25 aujourd’hui. Résultat : une hausse moyenne de 1 % de la pension pour les femmes concernées. Autre avancée : jusqu’à deux trimestres accordés au titre de la naissance d’un enfant pourront désormais être pris en compte pour partir plus tôt en carrière longue. Des mesures issues du dialogue avec les partenaires sociaux, que nous avons inscrites dans le budget de la Sécurité sociale pour mieux reconnaître l’impact de la maternité sur les carrières et les retraites.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Je suis heureux d’avoir pu me rendre au 6e colloque annuel de la direction
de la coopération internationale de sécurité, qui met en œuvre la politique
extérieure de la France en matière de sécurité intérieure, coordonne la
coopération opérationnelle, technique et institutionnelle à l’étranger et mène
des actions concrètes en faveur de la protection des ressortissants français et
la lutte contre la criminalité organisée. Elle s’appuie sur le réseau de nos
policiers et gendarmes attachés de sécurité intérieure dans les ambassades à
l’étranger. Dans ce cadre, j’ai partagé les priorités du ministère pour les
temps à venir : sécurité intérieure, maîtrise des flux migratoires,
contribution à la politique étrangère de la France. Témoins au plus près du
terrain, les attachés de sécurité intérieure sont nos capteurs et nos relais.
Merci pour leur engagement qui fait rayonner l’institution.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Aux côtés du Président de la République en Suède, pour un déplacement qui
vient consacrer une nouvelle étape de notre partenariat stratégique. De la
Baltique au Grand Nord, la France et la Suède partagent les mêmes enjeux de
sécurité et la même volonté de renforcer la défense de l’Europe. Dialogue
politico-militaire approfondi, coopérations industrielles et d’armement,
capacité accrue à agir ensemble sur terre, en mer, dans les airs, dans l’espace
et dans le cyberespace : notre relation de défense se renforce concrètement
dans tous les domaines.
> À Stockholm, sur la frégate Amiral Ronarc’h, aux côtés du Président de la République et du Premier Mmnistre suédois: très heureuse de signer un accord-cadre qui renforce la relation de défense entre la France et la Suède. Le choix de la Suède d’acquérir quatre frégates FDI de Naval group, après la France et la Grèce, confirme la pertinence des choix technologiques et de l’architecture de cette frégate et témoigne de l’excellence de notre industrie de défense. Elle marque aussi une nouvelle étape dans le renforcement de notre partenariat stratégique au service de la sécurité de l’Europe.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Excellente nouvelle : vous êtes de plus en plus nombreux à prendre le
virage de la voiture électrique.
Depuis janvier, 30% des voitures vendues en France sont électriques. En 2025,
nous étions à 20%.
Et depuis l'ouverture du guichet du leasing social le 16 juillet dernier, plus
de 30 000 véhicules ont été commandés sur les 50 000 prévus.
Vous achetez massivement des véhicules produits en France et en Europe avec 9
modèles parmi le top 10. La tendance sur l'électrique se confirme, continuons à
électrifier la France avec des véhicules qui font tourner nos usines !
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Bonne rentrée à tous les élèves, leurs parents et à toute la communauté
éducative! Je souhaite à chaque enfant de pouvoir réaliser ses rêves. C’est
dans les salles de classe, partout en France, que se dessine notre avenir.
> L'attaque hybride de Leipzig, attribuée à la Russie, s'inscrit dans une longue tentative menée par le Kremlin pour déstabiliser l'Union Européenne. Résultat de ces tentatives : c'est un échec. L’Ambassadeur de Russie devra s'en expliquer. La France est pleinement solidaire de l’Allemagne et soutiendra l’adoption de nouvelles sanctions contre la Russie.
> L’explosion de la violence provoquée par les colons extrémistes en Cisjordanie menace la solution à deux Etats et porte une atteinte inacceptable à la dignité du peuple palestinien. Je rappellerai aujourd’hui que l'Union Européenne ne peut se résoudre à ce que les produits issus des territoires illégalement occupés en Cisjordanie entrent dans l'Union Européenne. Elle ne peut, par son commerce, soutenir cette activité.
> [Rentrée diplomatique] Cette rentrée n'est pas
une rentrée comme les autres. La guerre est installée sur le continent
européen. Le Proche et le Moyen-Orient sont traversés par des crises majeures,
les rapports de force durcissent, le droit international est contesté,
ouvertement bafoué, et pendant ce temps-là, la compétition économique et
technologique s'intensifie. Une internationale réactionnaire, pour reprendre
l'expression du président de la République, s'est constituée depuis les
couloirs du Kremlin jusqu'aux cercles les plus radicaux du mouvement MAGA aux
États-Unis. Elle conteste ce que nous pensions pourtant acquis, la démocratie
libérale, l'État de droit, le multilatéralisme. Face à tous ces
bouleversements, il serait facile de céder au fatalisme, à l'esprit de défaite,
de baisser les bras et d'abandonner. Je ne m'y résous pas, la France ne peut
pas s'y résoudre. Les Français non plus, qui nous demandent de tenir bon,
d'être fermes et de hausser le ton.
Alors, devant la multiplication de ces crises, notre action suivra en cette
rentrée trois priorités.
Cette rentrée sera d'abord une rentrée européenne, parce que face à ces
bouleversements que je viens de décrire, l'Europe doit faire des choix qui
l'engagent pour les 50 ans à venir. L'Europe doit choisir si elle veut être une
puissance diplomatique et militaire, si elle veut renforcer sa souveraineté et
développer son industrie, si elle veut faire appliquer ses règles en matière
numérique, si elle veut mieux défendre ses intérêts commerciaux et obtenir de
nouveaux approvisionnements, ou alors si elle veut devenir un continent musée,
vieillissant et vassalisé. L'Europe doit aussi choisir les moyens budgétaires
qu'elle se donne pour réaliser ses ambitions : c'est le sens des débats en
cours sur le prochain budget de l'Union européenne, le cadre financier
pluriannuel. L'agenda du président de la République dans les prochains jours
donne la mesure de ces enjeux.
Il est arrivé hier à Stockholm pour prendre part à la signature du contrat
historique d'acquisition par la Suède de quatre frégates produites par Naval
Group : c'est l'Europe de la défense en acte, c'est la garantie de l'emploi et
de l'activité pour nos chantiers navals.
Il se rendra ensuite aux Pays-Bas pour aborder les questions d'intelligence
artificielle et de semi-conducteurs. Il se rendra sur le site d'ASML, leader
mondial des machines de fabrication des microprocesseurs, qui démontre par son
existence que l'Europe n'a pas dit son dernier mot.
Et puis il se rendra au Royaume-Uni, mercredi et jeudi, où il inaugurera
l'exposition inédite de la tapisserie de Bayeux au British Museum de Londres,
symbole à la fois de notre histoire et de notre destin commun avec le peuple
britannique.
Quant à moi, je retrouverai dès ce soir mes homologues européens en Irlande
pour la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères. Nous
évoquerons notamment les menaces hybrides et notre soutien indéfectible à
l'Ukraine.
Dans la foulée, je me rendrai à Weimar avec mes homologues allemands et
polonais. Nous célébrerons ensemble les 35 ans du triangle de Weimar, ce format
de coopération qui est devenu l'un des piliers de l'architecture politique
européenne avec des résultats concrets. Je citerai par exemple le déploiement
en Pologne de la brigade franco-allemande, nos actions communes contre la
flotte fantôme ou encore notre lutte en commun contre la désinformation et pour
la protection de nos élections.
Et puis, un peu plus tard, au mois de septembre, j'irai plus loin encore, aux
frontières de l'Europe, là où elle est directement confrontée aux menaces,
notamment la menace russe, et dans des pays européens où nous devons continuer
à consolider nos partenariats et nos relations. Pourquoi ? Parce que les choix
que j'ai évoqués impliquent l'ensemble des pays européens, comme ceux de notre
voisinage. Voilà, l'Europe sera le premier horizon de cette rentrée qui
s'ouvre.
Deuxième priorité, la coopération internationale. À compter d'aujourd'hui, la
France assure la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies. C'est un
moment important car à partir du 22 septembre se tiendra à New York la semaine
de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations Unies qui rassemblera
l'ensemble des dirigeants des pays du monde.
Quant à nous, dans le cadre de cette présidence, nous porterons plusieurs de
nos priorités en matière de paix et de sécurité internationale. L'Ukraine, bien
sûr, le Proche et le Moyen-Orient, l'Afghanistan, le Soudan, la République
démocratique du Congo, la lutte contre le terrorisme, le maintien de la paix.
La présidence française du Conseil de sécurité sera aussi l'occasion de
réaffirmer notre attachement au multilatéralisme à l'heure où souffrent des
vents mauvais. Nous voulons faire de ce mois de septembre un moment utile pour
faire progresser le dialogue et la coopération.
Je vous donne un exemple. Vous savez que j'ai relancé notre initiative visant à
encadrer l'usage du droit de veto au Conseil de sécurité en cas d'atrocités de
masse, crimes contre l'humanité, crimes de guerre les plus graves, crimes de
génocide. Depuis plus de dix ans, la France, avec le Mexique, défend cette idée
parce qu'il est tout simplement inacceptable que le Conseil soit condamné à
l'impuissance lorsque de tels crimes sont commis. L'année dernière, 107 pays
soutenaient cette initiative. Aujourd'hui, c'est 122 qui nous ont fait part de
leur soutien. Nous chercherons à rallier de nouveaux appuis pour porter ce
texte le plus loin possible.
J'en viens au troisième temps fort de cette rentrée auquel vous êtes toutes et
tous bien évidemment conviés. Dès vendredi, nous donnons rendez-vous à tous les
Français pour participer à la Fabrique de la Diplomatie, un événement conçu par
le Quai d'Orsay pour permettre au grand public de mieux comprendre l'action
internationale de la France.
Il s'agira de la deuxième édition de la Fabrique de la Diplomatie qui se
tiendra à la Sorbonne Nouvelle. Vous vous souvenez que l'année dernière, 20.000
personnes y avaient participé. Cette année, nous voulons aller plus loin
encore, et nous voulons cette année montrer comment se fabrique la paix. Car la
paix, ça se prépare, ça ne tombe pas du ciel, ça se construit progressivement,
laborieusement, et d'abord et avant tout dans les esprits, par l'éducation, par
la culture, par le dialogue, par le travail des associations, par la voix des
femmes et des hommes qui, sur le terrain, maintiennent le lien du dialogue
alors même que tout les pousse à le rompre.
Dans tous les conflits du monde aujourd'hui, j'observe que la radicalisation
des esprits, que les discours de haine qui prolifèrent sur les réseaux sociaux
entravent littéralement les processus de médiation et de réconciliation. C'est
cet esprit que nous voulons faire vivre à la Fabrique de la Diplomatie, en
donnant la parole à celles et ceux qui œuvrent ou ont œuvré pour la paix en
Colombie, en Bosnie, au Cambodge, en Palestine, en République centrafricaine,
au Soudan, en Liban, en Ukraine et ailleurs.
C'est ainsi que vous retrouverez sur scène des grandes figures de la diplomatie
française et internationale, des activistes des sociétés civiles qui parfois
ont été jusqu'à faire de brillantes carrières politiques et obtenir le prix
Nobel de la paix. Mais aussi des femmes et des hommes engagés venus de pays
meurtris par les conflits qui témoigneront de ce travail patient de
réconciliation des mémoires et des sociétés.
Et c'est dans ce même esprit que nous donnerons une place particulière à la
jeunesse avec l'UNESCO, puisque nous célébrons les 80 ans de cette institution
dont le siège est à Paris cette année. 145 jeunes venus du monde entier ont
travaillé tout l'été pour réfléchir à la manière dont leur génération pouvait
contribuer à construire une nouvelle culture de la paix. À l'heure des réseaux
sociaux, à l'heure de l'intelligence artificielle, ils restitueront cette
semaine lors de la Fabrique de la Diplomatie, le fruit de leurs travaux, avec
une résolution que la France portera jusqu'à l'UNESCO, puis le plus loin
possible.
Cette rentrée, vous l'aurez compris, et ce mois de septembre seront résolument
tournés vers l'action. Mais soyons lucides, un pays qui ne pas parvient pas à
se doter d'un budget est un pays qui s'affaiblit. Nous ne parviendrons pas à
faire entendre la voix de la France en Europe et dans le monde si nous ne
sommes pas capables, chez nous, de nous donner les moyens de notre action.
Autrement dit, notre force à l'extérieur dépend directement de notre force à
l'intérieur.
Le Premier ministre l'a dit, le débat budgétaire qui va s'ouvrir dans quelques
jours sera une épreuve de vérité. Chaque formation politique aura à démontrer
sa capacité à négocier, décider, gouverner. Le gouvernement prendra le temps
qu'il faudra pour discuter et débattre. La loi spéciale, sur laquelle certains
parient, dans le cas d'un échec des discussions budgétaires, la loi spéciale
est une impasse. Elle désarmerait la France et elle mettrait son action
extérieure en péril.
Pas de financement pour les associations de solidarité internationale, pas de
soutien humanitaire, pas de levier pour intervenir lorsque survient une
catastrophe ou une pandémie comme celle qui ravage l'Est de la République
démocratique du Congo : je pense à la résurgence d'Ebola.
Mais au-delà de tout ça, c'est aussi et surtout notre crédibilité
internationale qui serait alors atteinte. Dans toutes les enceintes où nous
négocions, nos partenaires douteraient de la solidité de nos engagements et de
la pérennité de nos contributions. Sans budget, c'est la parole de la France
qui perdrait de sa force, de son poids. Et je l'ai dit, l'Europe est à l'heure
des choix et nous devons peser sur son avenir, et c'est pourquoi nous avons
besoin d'être forts à l'intérieur.
Voilà pourquoi cet automne, le Parlement devra prendre ses responsabilités.
Dans un contexte où il est bon de le rappeler, la France n’est pas une île, et
dans un contexte où les désordres du monde resserrent chaque jour nos marges de
manœuvre : jamais un budget n'aura été aussi contraint par notre environnement
international. Jamais un budget n'aura été aussi contraint par notre
environnement international. La pression frappe tous les secteurs et pèsera
lourdement sur l'exercice budgétaire 2027.
Pression énergétique d'abord. L'année dernière, le baril était à 70$. Il est
aux environs de 90$ aujourd'hui. C'est moins de croissance, moins de recettes
fiscales, moins de marge de manœuvre.
Pression financière ensuite. L'année dernière, les taux sur la dette française
étaient à 3,5%, ils sont aujourd'hui à 4,2%, leur plus haut niveau depuis 2008.
Tous les États empruntent plus cher. Et pour la France, ce sont des milliards
d'euros de remboursements en plus, c'est le premier poste dépenses du budget,
et ce sont autant de marge de manœuvre en moins. S'ajoute à cela le risque ou
la menace de crise financière alors que s'accumulent les risques liés à l'énergie
ou à l'intelligence artificielle, menace qui peut se manifester à tout
instant.
Pression industrielle, avec des droits de douane américains plus élevés
qu'auparavant, avec la déferlante des importations chinoises. Songez que
désormais l'Union européenne creuse chaque jour d'un milliard d'euros son
déficit commercial vis-à-vis de la Chine. C'est moins de croissance, moins de
recettes fiscales, moins de marge de manœuvre budgétaire.
Pression climatique, enfin, il est évident que les épisodes de canicules
extrêmes et que les incendies qui ont dévasté la Gironde, les Landes et le Var
occasionneront des dépenses contraintes qui pèseront elles aussi, et
lourdement, sur nos marges de manœuvre.
Oui, nous avons changé de monde, désormais les crises
se multiplient, elles s'additionnent et tout choc produit à l'étranger peut
dégrader notre croissance, dégrader nos recettes fiscales, dégrader nos marges
de manœuvre. Et c'est dans ce monde-là pourtant que la France doit et devra se
doter d'un budget. Nous ne pouvons pas nous offrir le luxe d'ajouter au
désordre extérieur des désordres intérieurs.
Le budget de la Nation est une exigence impérieuse pour laquelle la
responsabilité de tous doit l'emporter.
À cet automne budgétaire particulièrement complexe s'ajoute un autre
rendez-vous majeur pour la vie démocratique de notre pays, les scrutins
électoraux de 2027.
Nous le savons, notre démocratie est aujourd'hui attaquée, nous avons longtemps
pensé qu'elle constituait l'horizon naturel de notre histoire et nous
découvrons qu'il n'en est rien. La démocratie est redevenue un combat. Elle est
d'abord fragilisée sur le terrain des perceptions, la polarisation, la défiance
et la tentation illibérale progresse. Nos adversaires cherchent à convaincre
nos concitoyens que la démocratie serait faible, qu'elle serait lente, qu'elle
serait impuissante, que l'État de droit serait un obstacle à l'action, que la
force serait finalement plus efficace que le droit.
Elle est aussi attaquée dans le champ informationnel. Les compétiteurs et
adversaires cherchent à exploiter nos divisions, à manipuler notre débat public
et finalement à peser sur nos choix, à prendre nos décisions à notre place, à
écrire notre histoire à notre place. Et nous savons désormais comment ils
procèdent : propagande, manipulations de l'information, faux comptes,
financements opaques, contenu dopé à l'intelligence artificielle,
cyberattaques, intimidations et parfois même sabotages.
À l'approche de l'élection présidentielle, nous devons sortir collectivement
d'une forme de naïveté. Nous le savons, notre démocratie est prise pour cible,
les tentatives de manipulation et d'ingérence se multiplieront à mesure que
l'élection approchera.
Et je le dis à ceux qui veulent s'en prendre à notre débat démocratique et
visent la France :
1. On vous voit ;
2. Vous n'y parviendrez pas ;
3. Ce ne sera pas sans conséquences.
Le cas de Xenia Fedorova l'a récemment illustré. Cette professionnelle de la
subversion, formée en Russie, a fait l'objet à la fin du mois de juillet d'un
arrêté d'expulsion.
À ceux qui, comme elle, chercheraient à saper les fondements de notre
démocratie, je dis qu'ils ne sont pas les bienvenus en France. Il s'agit là de
combattre des tentatives d'ingérence caractérisées et pas la simple expression
d'une opinion politique. Je veux être clair sur ce point, comme je l'ai déjà
été cet été. Une opinion cherche à convaincre par des arguments. Elle peut être
critique. Elle peut être critique du gouvernement, elle est la bienvenue dans
notre pays. L'ingérence n'a rien à voir : elle cherche à peser depuis
l'extérieur sur notre liberté de choix. Sachons faire la différence entre la
liberté d'expression qui doit être préservée en toutes circonstances et les
ingérences qui doivent être combattues sans relâche. C'est une forme d'hygiène
démocratique nouvelle qu'il nous faut adopter et le Quai d'Orsay y prendra toute
sa part.
Avec French Response, dont la tonalité vous est désormais familière, nous
répondons en temps réel aux attaques qui visent la France. Nous travaillons
également avec nos partenaires à la construction d'un bouclier européen pour la
démocratie, avec des capacités communes pour protéger l'intégrité de nos
élections et lutter contre toutes les manipulations de l'information.
L'enjeu est clair, préserver la sincérité du scrutin. Nous voulons que notre
débat démocratique reste le nôtre, qu'il nous appartienne, que personne depuis
l'étranger ne puisse en fausser les règles ou en altérer le résultat.
Notre diplomatie est sur le pont et elle le restera jusqu'au bout, avec nos
partenaires européens et internationaux, avec les institutions des Nations
unies et avec tous les Français.
Car dans ce monde en pleine bascule, une chose demeure, la France ne s'est
jamais contentée de regarder passer l'histoire. Tout dans son être et dans son
âme la pousse à l'action, à ne jamais se résigner, à se lever pour dire non,
comme Marcelle Campana et ses compagnons le firent, pour redresser le pays
tombé à genoux. Aujourd'hui, c'est à nous, maintenant, de reprendre ce flambeau
pour que vive la diplomatie française, que vive la République et que vive la
France.
> Nous sommes en lien permanent avec nos
partenaires européens, mais singulièrement avec nos partenaires allemands et
polonais, puisque j'évoquais tout à l'heure le triangle de Weimar dont nous
célébrons le 35e anniversaire. Il a été réactivé au mois de février 2024,
peut-être vous en souvenez-vous, par mon prédécesseur, Stéphane Séjourné, avec
Annalena Baerbock, ministre fédérale allemande et Radek Sikorski, ministre
polonais, avec comme première décision une attribution de manœuvres,
c'est-à-dire la publication ou la révélation de manœuvres de désinformation
conduites depuis la Russie. Et depuis lors, nous n'avons cessé d'accroître nos
échanges sur ces questions de partager nos bonnes pratiques et vous pouvez vous
attendre dans les temps qui viennent à ce qu'à nouveau ce Triangle, ces trois
pays procèdent à des attributions de campagnes de désinformation, de
manipulation de l'information ou de campagnes cyber.
S'agissant de Leipzig, il est évident que nous serons en soutien et en
solidarité avec l'Allemagne sur ce point et que si la gravité des faits est
avérée, telle qu'elle sera présentée par le gouvernement allemand, ça ne pourra
pas être sans conséquences et notamment s'agissant des sanctions qui pourraient
être prises contre la Russie.
> Je constate surtout en cette rentrée, une nouvelle fois, c'est que la Russie est en échec sur le front où elle ne parvient pas à percer la résistance ukrainienne malgré les pertes extrêmement lourdes qu'elle accuse sur le front, toujours de l'ordre de 35.000 pertes par mois. Je constate que la résistance ukrainienne continue à gagner du terrain dans la guerre des drones, avec des frappes désormais dans toute la profondeur du territoire russe, extrêmement ciblées et extrêmement éloignées de l'Ukraine. Et qu’au fond, la Russie est empêtrée dans cet échec stratégique.
Mais s'ajoute à ça un échec économique, puisque tous
les indicateurs démontrent que l'économie russe est au plus bas, ce qui n'a
rien de surprenant, puisque la conjugaison des ressources engouffrées par
Vladimir Poutine dans cette guerre, les dommages infligés par la résistance
ukrainienne au complexe militaro-industriel et à certaines chaînes logistiques,
et les sanctions appliquées depuis février ou mars 2022 par les alliés de
l'Ukraine, qui représentent une perte de près de 500 milliards d'euros pour Vladimir
Poutine, tout ça se conjugue pour précipiter l'économie russe au fond du
gouffre.
Puis un échec politique également, puisqu'on l'a vu ces derniers mois, Vladimir
Poutine a continué de perdre les uns après les autres certains de ses
principaux alliés au Venezuela, en Syrie, en Iran et ailleurs.
Vient s'ajouter à ça l'appel qui lui est adressé, y compris par des dirigeants
avec lesquels il a des relations anciennes, je pense au Premier ministre indien
qui lui a dit hier qu'il était temps et qu'il était grand temps de mettre fin à
cette guerre. De mettre fin à cette guerre dans l'intérêt de la paix et la
sécurité du monde, mais dans l'intérêt de la Russie, parce que chaque jour qui
passe discrédite un peu plus la Russie, la déshonore et risque de la faire
sortir de l'histoire.
Donc les discussions qui seront les nôtres, à la fois celles que nous aurons ce
soir, demain, au niveau des ministres des Affaires étrangères, puis celles
qu'auront les dirigeants européens lorsqu'ils se rencontreront à la mi-octobre
pour le premier Conseil européen de cette rentrée porteront effectivement sur
la poursuite de notre agenda, notre triple agenda qui fonctionne, donc nous
n'allons pas en dévier, au contraire, nous allons persister de soutien à
l'Ukraine sur le plan financier, sur le plan énergétique alors que l'hiver
approche, de pression sur la Russie avec ses régimes de sanctions, mais aussi
sur la circulation des navires de la flotte fantôme qui font l'objet
d'arraisonnements de plus en plus fréquents par la France et ses partenaires,
et puis la préparation de la paix avec la Coalition des volontaires qui
continue d'affiner sa planification pour être en mesure, la paix une fois
conclue, de faire en sorte qu'elle puisse être garantie.
> Ce que nous voulons pour le Liban, pour la
région, pour nous-mêmes et pour le monde, c'est la souveraineté pleinement
restaurée du Liban avec un État fort disposant du monopole des armes, ce qui
suppose le désarmement du Hezbollah, capable d'assurer la sécurité sur
l'ensemble du territoire, ce qui suppose le retrait d'Israël, et capable de
garantir la prospérité de toutes les communautés et de toutes les confessions,
et de vivre en paix et en sécurité avec ses voisins. Voilà l'horizon que nous
souhaitons pour le Liban.
Notre posture, telle que le président de la République l'a réaffirmée à de
nombreuses reprises, à la fois ici et quand il s'est déplacé dans la région,
c'est d'être aux côtés et à l'écoute des autorités libanaises, et en
particulier du président Aoun, du premier ministre Salam, qui ont pris des
décisions et entrepris des réformes courageuses pour leur pays, et que nous
devons accompagner dans cet effort. Accompagner dans l'effort d'instauration
d'un dialogue inédit historique au plus haut niveau avec le voisin israélien,
de décisions courageuses d'interdiction du Hezbollah et de son désarmement et
d'atteinte des objectifs que nous partageons et qui sont fixés dans la
résolution 1701 des Nations unies. Donc notre posture, c'est d'être à l'écoute
et aux côtés des autorités libanaises. C'est avec ces autorités libanaises que
nous discutons de l'avenir de la FINUL dont le mandat expire, vous l'avez
rappelé, à la fin de cette année. Si les autorités libanaises estiment que la
situation exige qu'une prolongation est nécessaire, dans le dialogue avec elle,
nous soutiendrons une telle position. Et quant à la position des autres membres
du Conseil de sécurité, je ne veux pas la préempter ni essayer de la deviner
par avance.
> Il faut décrire, ça peut être un petit peu long,
la situation telle qu'elle est aujourd'hui en Israël et en Palestine, avec un
regret que je veux exprimer du refus du gouvernement israélien de l'accord
trouvé au mois d'août par les États-Unis avec le Hamas pour préciser les
conditions de son désarmement. Vous savez que le désarmement du Hamas est au
cœur de la déclaration de New York adoptée à 142 voix le 12 septembre dernier.
Nous allons célébrer son anniversaire dans quelques jours. Je vous invite à faire
des papiers ou des éditos sur ce sujet car c'est sans doute le texte le plus
important sur Israël et la Palestine depuis les accords d'Oslo. Et le
désarmement du Hamas est prescrit par ce texte qui est le premier texte adopté
par les Nations unies condamnant le 7 octobre et prescrivant le désarmement de
ce groupe terroriste.
Dans le même temps, à Gaza, la situation reste catastrophique sur le plan
humanitaire, mais aussi sur le plan sécuritaire. Des frappes ont encore fait
des morts et des blessés ces derniers jours dans la bande de Gaza. Et nous
sommes enfin très préoccupés, pour ne pas dire consternés et scandalisés par la
situation en Cisjordanie où l'explosion des violences commises par les colons
extrémistes à l'encontre des Palestiniens, la progression de la colonisation
illégale en Cisjordanie, tout cela menace la solution à deux États, menace les
intérêts de sécurité d'Israël et porte atteinte à un principe que nous devrions
tous avoir en partage, qui est le respect de la dignité humaine.
Je relève les propos particulièrement forts du président israélien, du Premier
ministre israélien, du ministre des Affaires étrangères israélien, condamnant
la terreur exercée par ces colons en Cisjordanie. Je crois que cette
condamnation est bienvenue, même si les mots pourraient être encore plus forts,
et surtout être associés à des actes pour mettre fin à ce phénomène qui est non
seulement un scandale, mais qui pose à nos yeux une problématique de sécurité
majeure pour Israël.
Et dans ce contexte, alors que je me rendrai ces prochains jours en Irlande
pour une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne,
nous aurons à nouveau une discussion sur la proposition qui a été formulée par
la France avec la Suède consistant à mettre fin au commerce avec les colonies
illégales en Cisjordanie.
Comme vous le savez, ce sont des décisions qui touchent au commerce, ce sont
donc des décisions qui supposent un accord européen. Jusqu'à présent, cet
accord n'a pas été trouvé. On ne parle même pas d'un accord politique sur une
remise en question de l'accord d'association. Mais si vous m'interrogez sur les
initiatives récentes de la France, c'est sur ce point-là que je voudrais vous
répondre.
Et puis je voudrais ajouter un dernier point, puisqu'il sera lui aussi au cœur
de mes interventions auprès de mes partenaires européens. Je ne vous ai pas
décliné l'ensemble de cette déclaration de New York, puisque comme on va en
fêter ou en célébrer, si je puis dire, ou en tout cas en marquer l'anniversaire
dans quelques jours, je sais que vous retournerez la consulter pour en faire le
bilan après un an. Elle aura permis de faire diminuer considérablement
l'intensité des combats à Gaza, elle aura permis d'aboutir à la libération des
derniers otages, à la restitution des dernières dépouilles, à relever
insuffisamment le niveau de l'aide humanitaire à Gaza, mais je le disais, la
situation reste catastrophique.
Il y a un point très important qui était au cœur de la manœuvre diplomatique
inédite que la France a conduite l'année dernière, qui a conduit à l'adoption
de cette fameuse déclaration, mais qui a aussi conduit dix pays du monde à
emboîter le pas de la France et à reconnaître l'État de Palestine.
Il y avait un élément très important, c'était le renouvellement de la
gouvernance de la Palestine, c'est-à-dire de l'Autorité palestinienne. Le
président Mahmoud Abbas s'est engagé, et nous avons salué cet effort, à ce que
des élections législatives puissent se tenir en Palestine au mois de novembre
prochain. (Inaudible) des épreuves inouïes et de très grandes souffrances, de
pouvoir affirmer son droit à l'autodétermination et à l'existence qu'en
s'exprimant de manière démocratique et en se choisissant des chefs. Et donc la
France se mobilisera, et avec elle l'Union européenne, pour que ces scrutins
puissent se tenir dans les meilleures conditions, dans les conditions qui
avaient été fixées dans la déclaration de New York et dans les échanges
préalables avec l'Autorité palestinienne, car c'est l'une des clés de la
résolution de ce conflit.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Sur les défis auxquels nous devons répondre ensemble pour
améliorer la prise en charge des enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance.
À nous de construire des réponses coordonnées, sans rupture ni renvoi d’un
dispositif à l’autre. C’est tout le sens du travail engagé avec les
Départements et les acteurs de la santé, notamment à travers le déploiement du
parcours coordonné renforcé dédié à l'Enfance protégée et son articulation avec
les futurs centres d’appui à l’enfance Astérya. Une même ambition : décloisonner
les interventions et apporter aux enfants, notamment les plus vulnérables, des
réponses adaptées à leurs besoins. Le projet de loi relatif à la protection des
enfants, qui poursuivra son parcours au Sénat cet automne, doit nous permettre
d’aller plus loin dans cette dynamique.
> Ça y est, c’est la rentrée! Une journée particulière pour les élèves, leurs familles, les enseignants et tous les personnels qui les accompagnent au quotidien. Une pensée toute particulière pour les enfants en situation de handicap et leurs parents. Nous devons continuer à rendre l’école réellement accessible à chacun : 8 200 nouvelles solutions d’accompagnement pour les enfants sont désormais déployées et plus de 4 600 élèves bénéficient déjà de l’appui des pôles d’appui à la scolarité. À chaque enfant, nous devons apporter une réponse adaptée à ses besoins, au plus près de chez lui. Très belle rentrée à toutes et tous !
> La santé mentale doit pouvoir compter sur une offre de soins accessible, moderne et adaptée aux besoins des patients, dans tous les territoires. À La Charité-sur-Loire, j’ai inauguré aujourd’hui la nouvelle unité de psychiatrie du Centre hospitalier Pierre Lôo. Avec 60 lits d’hospitalisation réunis sur un même site, ce nouveau projet permettra d’améliorer les conditions d’accueil et de prise en charge des patients, mais aussi les conditions de travail des professionnels. Ce projet permet également de repenser les parcours de soins dans toute la Nièvre, en développant davantage les prises en charge ambulatoires à Nevers et les liens avec la pédopsychiatrie. Investir dans la psychiatrie, c’est donner aux équipes les moyens de mieux soigner et aux patients des parcours plus simples, plus cohérents et plus proches de leurs besoins.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> Coup d'envoi de la facturation électronique aujourd'hui. Moins de délais
de paiement, moins de paperasse, moins de contrôles tatillons et inutiles. Une
modernisation indispensable de notre économie !
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Une nouvelle année scolaire commence ! Aujourd’hui aux côtés de nos
enfants, des enseignants, de celles et ceux qui prennent soin de nos enfants et
font vivre l’école de la République. Belle rentrée à toutes et à tous !
> C'était notre engagement avec Sébastien Lecornu. Il est tenu. Dès le début de la session parlementaire, nous serons au rendez-vous pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants. C'est notre priorité.
> Interrogée sur le maintien de la tournée de Patrick Bruel, j'avais répondu que les conditions n'étaient pas réunies pour que celle-ci puisse être maintenue et l'avais appelé à y renoncer. Je prends acte de la décision qu'il a prise de l'annuler. Je le redis avec clarté : écouter et respecter la parole des victimes est notre responsabilité. Le faire dans le cadre de l'état de droit notre exigence.
> La sérophobie n’est pas une haine comme les autres : elle isole, instille la peur, marginalise et peut conduire au pire. Quels que soient l'âge, le genre, l'orientation sexuelle. Je refuse que des femmes et des hommes aient à subir la haine, aient à se cacher pour prendre un traitement, craignent pour leur sécurité, redoutent que leur employeur soit informé de leur état de santé. Nous allons tout renforcer : la formation, l'accès aux soins, la prévention, la lutte contre la haine et les discriminations. Je m'y engage. Prochain rendez-vous avant fin septembre.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Bonne rentrée à toutes et à tous ! À chaque élève qui reprend le chemin de
l’école : croyez en vos talents, osez poser des questions, prenez votre place.
Je vous souhaite une belle année, pleine de rencontres et de réussite ! Et à
tous les enseignants et personnels éducatifs : merci pour votre engagement,
votre patience et tout ce que vous transmettez au quotidien.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> À l’Institut des Métiers de Clermont-Ferrand, près de 2 000 jeunes se
forment chaque année dans plus de 70 formations. Hôtellerie-restauration,
esthétique, maintenance automobile : ils acquièrent des savoir-faire
indispensables à nos entreprises, à nos commerces et à notre quotidien.
L’apprentissage est une voie d’excellence, de transmission et d’insertion
professionnelle. En apprenant un métier, ces jeunes construisent leur avenir et
préparent celui de notre pays. Chefs d’entreprise, faites-leur confiance :
l’apprentissage a besoin de votre engagement.
> Les ascenseurs et les réseaux électriques ont un point commun : on les remarque peu lorsqu’ils fonctionnent, mais ils sont indispensables à notre quotidien. Au lycée La Fayette de Clermont-Ferrand, des élèves-apprentis se forment à ces métiers essentiels, qui offrent des débouchés concrets et immédiats. Cette visite fait aussi écho au Plan Ascenseur que j’avais lancé comme secrétaire d’État chargée de la Citoyenneté et de la Ville pour améliorer la mobilité verticale dans les quartiers prioritaires. Former aujourd’hui les professionnels qui installeront, entretiendront et moderniseront ces équipements, c’est répondre concrètement aux besoins de nos territoires.
> Ce matin, au lycée Gergovie de Clermont-Ferrand, j’ai retrouvé des élèves heureux de reprendre le chemin des cours. J’ai notamment échangé avec les lycéens professionnels qui bénéficient de la coloration « drone » proposée par l’établissement. Pilotage, observation, électronique, cybersécurité : ils acquièrent des compétences technologiques concrètes, en lien direct avec les besoins de la filière sécurité. C’est ce que nous portons pour la voie professionnelle : des formations innovantes, au plus près des métiers et des besoins des territoires, qui préparent à l’emploi comme à la poursuite d’études.
> Bonne rentrée à toutes et à tous ! Ce jour marque le retour de plus de 667 200 élèves de la voie professionnelle sur les bancs de leur établissement, et la reprise pour les enseignants et toutes les équipes éducatives qui les accompagnent au quotidien. Je leur souhaite une année riche en apprentissages et en réussites.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Face à des événements météo plus fréquents et plus intenses sous l’effet
du changement climatique, bien anticiper est vital. Dès aujourd'hui, Météo France
affine ses cartes de vigilance à l'échelle infradépartementale. Orages,
pluies-inondations, vents forts : des alertes plus localisées pour donner aux secours
et aux maires les moyens d'agir au plus près du terrain, et permettre à chacun
de mieux se protéger.
> Face à la concurrence déloyale de l'ultra-fast fashion, nous agissons pour protéger nos emplois, notre industrie textile et la planète. Le malus qui entre en vigueur aujourd’hui vise à rétablir une juste concurrence en les acteurs et finance un modèle de soutien aux acteurs responsables et vertueux.
> L’absence de Budget coûterait au moins 15 milliards d’euros à la Nation. Qui peut penser que cet argent ne serait pas mieux affecté à la transition écologique et à l’avenir de nos enfants ?
> Ceux qui veulent censurer le budget comme LFI sans même l’avoir lu sont en général les mêmes qui réclament plus d’argent pour la transition écologique. Mais sans Budget, comme l’a rappelé le Premier ministre, pas d’investissement ni de réponse aux crises possibles.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> La France est une nation du Pacifique. Nous y portons une ambition claire
: lutter contre le changement climatique, protéger la planète, soutenir un
développement durable et assurer la sécurité, notamment en luttant contre le
narcotrafic et contre la pêche illégale.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> Je veux faire avancer la cause des femmes au travail. J’en fais une grande
priorité. À partir d’aujourd’hui, nous renforçons concrètement les droits des
femmes à la retraite. La parentalité peut peser sur les parcours
professionnels, en particulier chez les femmes, avec des interruptions de
carrière, du temps partiel, ou des moindres rémunérations. Ces situations se
répercutent des années plus tard, sur le montant des pensions.
La retraite des femmes sera désormais calculée sur :
- les 24 meilleures années pour les mères d’un enfant ;
- les 23 meilleures pour les mères de deux enfants ou plus ; contre 25
aujourd’hui.
Concrètement, les années les moins favorables seront supprimées dans le calcul
de la pension. Plus d’une femme sur deux verra ainsi sa retraite améliorée. Et
pour celles qui ont commencé à travailler jeunes, jusqu’à 2 trimestres
supplémentaires liés aux enfants seront pris en compte pour partir plus tôt à
la retraite et bénéficier du dispositif carrières longues.
Au-delà je veux continuer à progresser sur l’égalité salariale grâce au projet
de loi sur la transparence salariale et renforcer les politiques de santé et
sécurité au travail pour les femmes.
Enfin je souhaite ouvrir le débat sur une modification des majorations de
pensions de retraites pour les rendre plus favorables aux femmes.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> C’est la rentrée aussi dans l’enseignement agricole ! Près de 800
établissements accueillent nos élèves, étudiants et apprentis partout en
France. Une filière qui attire avec une progression des effectifs de +7 % en
cinq ans. Cette rentrée est marquée par l’arrivée des premières classes du
bachelor agro, ce nouveau diplôme qui ouvre de nouvelles perspectives à nos
jeunes. J’ai eu le plaisir d’aller à la rencontre d’une de ces classes au lycée
Le Fresne, à Angers. Merci à nos enseignants, nos équipes éducatives et tous
les professionnels qui accompagnent nos jeunes vers la réussite. Bonne rentrée
2026 à tous !
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Nos esprits ont été progressivement colonisés par les écrans et les
téléphones portables. Cette emprise a des conséquences sur le temps
d'apprentissage des élèves : nombre d’entre eux passent aujourd'hui plus de
temps sur leur téléphone qu'en classe. Les réseaux sociaux, quant à eux,
colonisent notre temps social : ils court-circuitent nos relations, au point
que les jeunes ne se parlent plus pendant les intercours. Il est donc
aujourd'hui indispensable de limiter leur exposition aux écrans: c’est le sens
de l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable au lycée.
> Nous aurons 20 % d’élèves en moins dans nos écoles d’ici 2035. C’est un fait, il est connu, et désormais documenté par le ministère. Ce n’est pas une variable d’ajustement budgétaire : c’est l’occasion, génération par génération, de faire baisser le nombre d’élèves par classe et de mener une véritable politique d’aménagement du territoire par l’École. Nous sommes déjà au travail, avec les élus de nos territoires.
> Ce matin, j’ai tenu à accueillir les premiers étudiants du nouveau master Métiers de l'Enseignement et de l'Éducation à la Sorbonne. Ces 200 élèves fonctionnaires alterneront, tout au long de leur cursus, formation théorique et temps devant les élèves. Ils seront rémunérés. Ce parcours leur permettra de se préparer très concrètement, et dans les meilleures conditions, au métier d’enseignant. Ce sont nos futurs professeurs. Ils ont choisi de rejoindre une institution qui change, chaque année, la trajectoire de millions d’élèves. Demain, devant leurs propres classes, ce sont eux qui l’écriront. Bienvenue à cette première promotion et bonne rentrée à tous!
> J’étais heureux de vivre cette rentrée à Mende, en Lozère, aux côtés du Président de la République. D’abord avec des lycéens qui découvrent une année sans téléphone au lycée, pour séparer le temps des écrans de celui des apprentissages. Merci aux élèves et aux professeurs pour nos échanges, de la salle de classe jusqu’au réfectoire, autour de cette interdiction, de ses effets attendus et des alternatives aux écrans. Avec, à la clé, le retour de la concentration et de vraies relations humaines. Puis avec les premiers lauréats du nouveau concours de professeur des écoles, désormais formés plus tôt et rémunérés pendant leur master. La Faculté d’Éducation de Mende, qui dépend de l’Université de Montpellier, est à bien des égards une source d’inspiration, avec un parcours universitaire complet vers le professorat des écoles, ancré dans un département que ces futurs professeurs feront vivre. Sur tous les visages de nos stagiaires, qui faisaient aujourd’hui une double rentrée, une même joie, celle de transmettre ! Rendre du temps et de l’attention aux élèves, mieux préparer leurs professeurs. Cette rentrée engage l’avenir de l’École.
> Le drapeau tricolore dit qui nous sommes et nous unit depuis plus de deux siècles. Lamartine l’a défendu sur les marches de l’Hôtel de Ville en 1848. Partout où il flotte, il inspire le respect et la fierté. C’est pour cela qu’il est présent au fronton de nos écoles comme de nos mairies. La question de la présence du drapeau français dans nos écoles ne se pose pas : il y est et y demeurera. Mais depuis quelques jours, des débats ont lieu pour savoir si un maire peut décider d'organiser, sur le temps scolaire, une levée des couleurs. J'ai indiqué la réponse avec clarté : un maire ne décide pas de ce qui se passe pédagogiquement dans une école, ni à Nice, ni ailleurs. C’est la compétence de l’Éducation nationale. C'est précisément dans ce cadre et à ce titre que j’ai décidé il y a plusieurs mois que toutes les écoles élémentaires, tous les collèges et tous les lycées commémoreront le 11 novembre, journée d’hommage aux Morts pour la France. Parce qu’il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. Notre drapeau y aura, comme il se doit, sa place. C'est cela, unir. S'inscrire dans une histoire, faire l'expérience de l'unité, apprendre et comprendre.
> C’est la rentrée ! Ce matin, notre École ouvre ses portes à plus de 11 millions d’élèves qui reprennent le chemin des classes. Ils seront accueillis par les 1,2 million de personnels de l’Éducation nationale, qui dédient leur vie pour permettre à nos enfants d’apprendre, de comprendre, de grandir et de devenir des citoyens libres, éclairés et fraternels. Je vous souhaite, à tous, une très belle année scolaire !
Françoise Gatel (ministre de l’Aménagement du
territoire et de la Décentralisation)
> L'école, c'est le chemin de la vie, des apprentissages, de l'autonomie, de
l'ouverture aux autres et de la pensée libre. Merci à tous les enseignants et à
tous les personnels des collectivités, qui, dans les salles de classe et dans
les cantines accompagnent nos enfants.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Le temps de la naïveté en matière économique est révolu. Sous l'impulsion
française, le « Made in Europe » est devenu une réalité. Nous devons aller
encore plus loin dans le prochain budget européen, notamment pour les domaines
stratégiques.
> Notre marché intérieur est un atout formidable mais il est trop complexe, trop fragmenté. L'union des marchés de capitaux, le 28eme régime, la simplification normative et le Made in Europe : nous portons un agenda ambitieux pour la compétitivité européenne.
> Notre première ligne de défense européenne, c’est le soutien à l’Ukraine. Avec la coalition des volontaires, créée sous l’impulsion de la France, nous avons refusé la passivité et pris notre sécurité en main.
> ’IA est une opportunité extraordinaire pour nos entreprises, nos administrations, nos modes d’apprentissage. L’Europe a toutes les armes: soutenons nos entrepreneurs et innovation.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Les cartables sont prêts, les cours d’école retrouvent leurs rires et leur
énergie ! Très belle rentrée à tous nos élèves. Je leur souhaite une année
pleine de découvertes, de rencontres et de réussites. Et un grand merci aux
enseignants et à toute la communauté éducative !
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> L'École, c'est la cause pour laquelle je me suis engagé dans toutes mes
fonctions. C'est la mère des batailles. Pour beaucoup, la baisse démographique
signifie moins de moyens pour l'École. Pour moi, moins d'élèves, c'est moins
d'élèves par classe. Pour mieux apprendre et pour élever le niveau. Et des
moyens en plus pour améliorer la rémunération de nos professeurs, de 200 euros
au moins et jusqu'à 500 euros par mois pour ceux en milieu de carrière.
> Dans les 10 ans qui viennent, il y aura plus d'un million et demi d'élèves en moins à l'École. Certains espèrent en profiter pour fermer des classes et faire des économies. Je propose le contraire : moins d'élèves, c'est moins d'élèves par classe et plus de solutions pour remplacer les enseignants absents.
> Je défends une société de la liberté où chaque individu fait ses choix en conscience, de manière éclairée. Mais toujours dans le respect des valeurs républicaines. Une femme, majeure, qui décide de porter le voile, n'est pas une menace pour la République. Une jeune fille, de 5, de 6, de 7 ans, contrainte de porter le voile, doit être protégée par la République.
> Je refuse de dresser les jeunes contre nos aînés. Je refuse de dresser nos aînés contre les jeunes. Ce débat ne viendrait que fracturer davantage notre pays. C'est notre système tout entier qui est à bout de souffle et que nous devons impérativement réformer.
> [Interdire le voile dans l'espace public] Je suis
en désaccord avec la proposition du Rassemblement national. Je considère qu'une
femme majeure qui décide librement de porter le voile a le droit de le faire et
qu'elle ne menace pas la République. En revanche, je vous l'avais rappelé, ce
pourquoi je me suis toujours engagé, c'est précisément pour protéger la
capacité de nos jeunes, notamment des jeunes filles, à avoir un esprit libre
qui leur permet de prendre cette décision. D'où le fait que j'ai fait respecter
dans nos établissements scolaires la neutralité religieuse qui date de la loi
de 2004 en interdisant l'abaya, d'où le fait que je me suis engagé aussi pour
que des fillettes de 5, 6, 7 ans ne puissent pas être contraintes à être
voilées. Mais c'est une vraie différence que j'ai, et qui est nette, avec le
Rassemblement national, qui, en réalité, veut revenir sur un des principes
fondamentaux de notre République, qui est la laïcité et donc la liberté
d'exercer un culte. (…)
Deux choses. D'abord, le désaccord que j'ai avec le Rassemblement national
n'est pas un désaccord juridique, c'est un désaccord de choix de société. Moi,
mon choix de société, c'est une société où des hommes, des femmes peuvent faire
un choix libre. (…)
Ensuite, sur la question de la faisabilité. D'abord, il y avait eu des débats à
l'époque, au moment de la loi sur le voile intégral, qui a pu se mettre en
place. Et deuxième chose, là, moi, je parle d'une mesure de protection des
mineurs, de protection de l'enfance. Il ne s'agit pas, comme le propose le
Rassemblement national, pour toutes les femmes qui portent un voile, de mettre
un policier derrière elles et d'aller leur mettre une amende. C'est pour des
fillettes qui sont aujourd'hui contraintes à être voilées. Et l'Éducation nationale,
les structures sociales connaissent les familles, ils peuvent engager à ce
moment-là, évidemment, un dialogue avec les familles.
> Je veux avoir un mot pour les millions d'élèves, de parents, de personnels de l'Éducation nationale qui ont fait leur rentrée. Aujourd'hui, il y a des moments importants dans la vie d'un pays. Et pour la France, la rentrée des classes, c'est toujours un moment très important. Et ça dit beaucoup de l'importance de l'école pour notre République. Et vous le savez, pour moi, l'école, ce n'est pas un sujet de campagne présidentielle. C'est juste le cœur de mon engagement en politique. Je me suis engagé en politique sur ce sujet-là, comme député à la Commission de l'Éducation. Et la plupart des fonctions que j'ai exercées au gouvernement étaient tournées vers l'Éducation. Donc oui, je considère que c'est un enjeu de reconnaissance, un enjeu de dignité et aussi la réponse à un phénomène de smicardisation du métier d'enseignant qu'on a connu depuis plusieurs décennies. Oui, bien sûr, je souhaite que ça puisse rentrer en vigueur tout de suite. C'est un engagement important, mais je pense qu'il est nécessaire, encore une fois, y compris pour des questions d'attractivité du métier.
> Je m'engage aussi sur un sujet dont on parle trop
peu dans le débat public et pourtant dont me parlent tous les parents et toutes
les familles. C'est la question des remplacements de professeurs qui sont
absents. C'est, on le sait, un vrai problème dans le système éducatif. Et donc,
moi, j'ai annoncé que je souhaitais qu'on fasse davantage confiance aux
établissements scolaires, qu'on leur donne davantage d'autonomie. Et je
demanderai aux établissements scolaires de trouver, à chaque fois, une
organisation pour qu'il y ait une forme de permanence pour assurer le
remplacement des professeurs absents. (…)
On ne va pas mettre une personne qui va contrôler derrière chaque enseignant
s'il a remplacé un collègue. Donc, il y aura une revalorisation pour tous les
enseignants, je l'ai annoncé, 200 euros net pour tous les enseignants et, pour
les milieux de carrière, ceux qui sont les plus en décalage par rapport aux
autres pays, ça pourra aller jusqu'à 500 euros. Mais, de la même manière, je
demande et je demanderai, en autonomie des établissements, qu'il puisse y avoir
cette organisation. On ne parle jamais dans le débat public de ce problème des
remplacements. Moi, je parle à des familles qui, parfois, ont un prof de maths
ou de français qui est absent pendant 4, 5, 6 mois, ou des remplacements ou des
absences de courte durée qui ne sont pas remplacées.
> Quand j'étais ministre de l'Éducation nationale, j'ai augmenté les AESH. Et là, c'était un enjeu de pure dignité. Je les ai augmentés de 100 euros net par mois. Évidemment qu'elles doivent voir leur rémunération progresser. Aussi parce qu'on doit pouvoir leur confier d'autres missions au sein de l'école pour faire davantage d'heures, puisque vous savez que leur rémunération, c'est aussi un problème de nombre d'heures qu'elles peuvent effectuer dans la semaine. Et par ailleurs, moi, ce que je souhaite, c'est qu'on puisse créer un vrai corps des AESH, donc des accompagnants d'élèves en situation de handicap, pour qu'il puisse y avoir des carrières, des promotions, peut-être d'autres prises de fonction, d'autres postes dans l'Éducation nationale. Oui, la question de l'école inclusive, c'est un enjeu majeur. Et aujourd'hui, vous avez encore souvent des enseignants qui sont dépassés parce qu'ils ne sont pas suffisamment accompagnés par des personnes formées pour accueillir ces élèves qui ont leur place à l'école de la République.
Marc Ferracci (député)
> Ce qui détermine vraiment le pouvoir d'achat, ce sont les gains de
productivité et la capacité des salariés à capter la valeur créée.
L'intelligence artificielle va en générer. Toute la question est celle du
partage de cette valeur. Et cette valeur va plus vers les salariés quand le
chômage baisse. On ne négocie pas sa fiche de paie de la même façon avec 4 % de
chômage et avec 10 %. C’est pourquoi il faut reprendre le chemin d’une société
du plein emploi sur lequel nous étions jusqu’en 2024. Pour redonner du pouvoir
d'achat, baisser les cotisations salariales est loin d’être toujours efficace.
Dans la négociation entre l'employeur et le salarié, la baisse est assez vite
récupérée sous forme de moindres hausses de salaire. En revanche, baisser le
coût du travail pour les employeurs et créer des emplois, c'est un vrai levier.
> Notre combat a payé. Une voiture neuve sur trois
vendue en France est aujourd'hui électrique. Comme ministre de l'Industrie et
de l'Énergie, je me suis battu pour faire des flottes d'entreprise et de la
commande publique les moteurs de cette transition. Elles pèsent la moitié du
marché du neuf, c'était le levier le plus rapide pour soutenir la demande et
donner de la visibilité à notre industrie automobile. Nous avons créé la taxe
annuelle incitative (TAI), entrée en vigueur le 1er mars 2025, qui impose aux
flottes de plus de 100 véhicules un quota de véhicules à faibles émissions
(VFE) de 15 % en 2025 et de 18 % en 2026. Nous avons porté de 50 % à 70 %
l'abattement sur l'avantage en nature pour les voitures de fonction
électriques. Et nous avons reconduit le leasing social avec 50 000 véhicules
financés. Les résultats sont là. Depuis janvier, le 100 % électrique représente
près de 30 % des immatriculations, avec un record à 35 % en juillet. Nous
étions à 20 % en 2025 et à 17 % en 2024. Fin 2025, l'électrique atteignait déjà
30 % des flottes d'entreprise françaises.
Le ministre de l'Économie, l'a rappelé : depuis l'ouverture du guichet du
leasing social le 16 juillet, plus de 30 000 véhicules ont été commandés sur
les 50 000 prévus. Avec les trois éditions, ce sont 150 000 ménages modestes
qui auront eu accès à une voiture électrique neuve pour moins de 200 euros par
mois. Et vous achetez français, puisque neuf des dix modèles électriques les
plus vendus sortent d'usines françaises ou européennes. Chaque voiture
électrique vendue en France doit faire tourner une usine en France. Continuons.
> Ce matin, des millions d'élèves retrouvent le chemin de l'école. En Suisse et au Liechtenstein, beaucoup ont déjà repris depuis la mi-août, dans les écoles locales comme dans nos établissements français. De Zurich à Bâle, de Genève à Vaduz, c'est la même impatience et un peu le même trac que sur tous les trottoirs de France. L’occasion de dire que le système d’enseignement suisse, dans lequel la voie professionnelle tient une place prépondérante, gagnerait à être une source d’inspiration pour la France. À tous les écoliers, collégiens et lycéens, étudiants, à leurs professeurs, aux personnels des établissements et aux parents qui les accompagnent, je souhaite une très belle année scolaire.
Charles Rodwell (député)
> Unis, la droite et le centre gagnent toujours les combats qu’ils
mènent ensemble. Éclatés, nous serons balayés par l’affrontement identitaire
entre le RN et LFI. Les candidats de la droite et du centre ont la
responsabilité historique de se rassembler.
> Cacophonie au RN.
Une polémique, trois lignes politiques en… 24h.
Jean-Philippe Tanguy, dimanche soir : amendes pour les femmes voilées.
Andréa Kotarac, lundi matin : pas d’ amendes pour les femmes voilées.
Jordan Bardella, lundi après-midi : amende ou pas amende ? Aucune idée. On fera
un référendum pour trancher.
Veut-on vraiment de ces gens au pouvoir ?
● MoDem
François Bayrou (président)
> La France est dans une situation plus difficile qu'il y a un an. Pourquoi
? Parce que simplement le problème immense qu'elle a devant elle, c'est-à-dire
le déséquilibre de ses finances publiques, ce problème immense s'est accru
considérablement. Le fait qu'on ait reporté la réforme des retraites a d'une
certaine manière affaibli le pays parce qu'elle affaiblit la conscience des
Français. Et la situation internationale a continué à se dégrader
considérablement, de sorte que nous sommes devant, à la veille, à quelques
longueurs, d'une crise comme nous n'en avons pas connue depuis très
longtemps.
> Ce que propose Mélenchon, ce qui n'a aucun sens à
mes yeux, c'est annuler la part de la dette qui est portée par la Banque
Centrale Européenne. Donc cela représente 360 milliards de dettes, le tiers. Et
donc, cela représente 20% peut-être de la dette. Il resterait 80%. Mais si nous
faisons cela, il faut comprendre, à la minute où la France donne le signal
qu'elle ne respectera pas ses engagements, à ce moment-là, tous les prêteurs du
monde cochent en face de la France en rouge en disant : « Mauvais emprunteur,
ne respecte pas ses engagements ». Et donc, il y a deux conséquences. La
première, c'est l'explosion des taux d'intérêt.
Et étape supplémentaire, plus personne ne nous prête. Or, c'est la faillite.
C'est la faillite directe parce que nous sommes un pays qui, hélas, a besoin
d'emprunter pour payer les retraites et pour payer les salaires des
fonctionnaires. Nous sommes le seul pays en Europe qui est en situation, comme
on dit, de déficit primaire, c'est-à-dire qui, même si on lui a enlevé la
charge de la dette, ne peut pas faire face à ses engagements, ne peut pas faire
face au paiement de ses salariés.
> La France rembourse des intérêts qui sont 30% supérieurs aux intérêts de l'Allemagne. 30%. Et donc, qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que cela implique ? Eh bien, cela veut dire que lorsque vous avez équipé le pays, lorsque des entreprises doivent équiper le différentiel, ce qu'elles doivent payer à la fin du mois ou à la fin de l'année, pour les entreprises françaises, est beaucoup plus fort, beaucoup plus important que pour les entreprises allemandes. Et la même chose quand vous achetez une voiture, la même chose quand vous achetez un appartement ou construisez une maison. Autrement dit, ce ne sont pas des chiffres abstraits, ce sont les Français qui le paient. Alors j'ai souvent donné cet exemple que je donne dans mon livre, « Alerte sur la France qui vient ». Cet exemple, il est très simple. L'année prochaine, la totalité de l'impôt sur le revenu que vous payez, vous, moi, tous ceux qui nous écoutent, tous leurs voisins, tous leurs concitoyens, tous les foyers fiscaux français, vous additionnez la totalité des chèques ou des virements ou des retenues qu'ils ont à la fin de l'année. Pour tous les foyers français, cela ne suffira pas à payer les intérêts de la dette.
> Les racismes sont mortels pour notre pays. Parce que la division de la société française que nous sommes en train de vivre sur des questions d'origine, de religion, de couleur de peau, de culture, c'est la fin de la France parce que la raison de la France, c'est de faire vivre ensemble ses citoyens.
> Mélenchon-Le Pen, ce que j'appelle le pire contre le pire. Et donc ça, c'est un danger qui ne s'était jamais présenté en France. Ce qui fait que le premier tour, si on y va, si tous ceux qui refusent les extrêmes vont dispersés, on aura le deuxième tour, le pire contre le pire. Je ne vote pour aucun pire. Je ne peux pas accepter cette idée-là.
> Le danger pour la France, c'est que la recherche perpétuelle de la radicalité devienne une recherche perpétuelle de la violence. Ce n'est pas d'aujourd'hui. Il y a ça dans le peuple français, dans son histoire, la mise en valeur perpétuelle de ce qu'il y a de plus violent, de plus méprisant, de plus hostile, de la chasse des uns contre les autres et des autres contre les uns. Ça, c'est mon ennemi personnel.
> Je donne ma vie depuis des décennies à l'idée que ce dont nous avons besoin dans un pays comme le nôtre, c'est de réconciliation. Tous ceux qui passent leur temps à faire la chasse, ceux-là sont contre le pays. Et donc, il y a aucune période de la vie du pays dans lequel ce drame ait été profitable.
> Je suis un homme du Centre, et que je défendrai le Centre dans cette élection comme ce qu'il faut à tout prix construire, à tout prix aider, à tout prix promouvoir. Parce qu'on a besoin d'espaces qui soient des espaces où règne plus la tolérance, la compréhension réciproque et au fond la paix civile pour construire un pays. Paix et volonté. S'il y a les deux, on a une chance de s'en sortir.
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à
l’Assemblée nationale)
> En Ukraine avec une délégation de députés Démocrates. À Lviv, à l'hôpital
Unbroken, où plus de 27 000 blessés ont été soignés depuis 2022. La guerre
évolue : davantage de soldats perdent les deux bras en se protégeant le visage
face aux drones. Puis à Drohobych, où le maire, vétéran de la guerre, prépare
l'hiver en rendant autonomes ses réseaux d'électricité, de gaz et d'eau. Devant
le mémorial, il nous parle de chacun des soldats tombés. Cette guerre change de
nature à une vitesse inédite. Elle se joue sur notre continent : aider
l'Ukraine, c'est défendre la France.
> Partout en Ukraine, les monuments aux morts voient s’ajouter les noms de ceux qui se battent pour défendre leur pays. Derrière chaque nom : un voisin, un ami, une famille. Des histoires et des vies brisées. Voici leurs visages. Ils résistent à l'envahisseur et nous protègent. Avec Taras Koutchma, maire de Drohobytch pour leur rendre hommage.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Bernard Guetta (député)
> [Tribune : Poutine à quitte ou double] C’est à craindre pour trois
raisons. Avant l’hiver, Vladimir Poutine pourrait à la fois ouvrir un second
front en Ukraine et défier les Occidentaux aux frontières de l’Union.
La première raison en est que le président russe est dos au mur. Les frappes
ukrainiennes contre les raffineries de pétrole et les entrepôts de la grande
distribution dégarnissent les rayons et assèchent les stations-service. La
Russie doit désormais racheter au prix fort, après raffinage, le pétrole brut
qu’elle vend à bas prix pour contourner les sanctions occidentales. Elle ne
peut plus faire tourner ses usines d’armement qu’au détriment de ses autres
industries et de l’ensemble de son économie. La Russie s’enfonce dans une crise
dont même ses plus grandes villes commencent à souffrir et à laquelle seule la
fin de cette guerre pourrait mettre terme.
C’est désormais tellement évident que des banquiers et des économistes en
viennent à le dire publiquement et que la répression s’étend. Hier limitée aux
opposants déclarés, elle frappe aujourd’hui des cadres du petit parti libéral
Iabloko et même des élus et militants régionaux du Parti communiste pourtant
totalement inféodé au Kremlin.
Sous peine de laisser sa crédibilité s’éroder plus encore, Vladimir Poutine
doit donc marquer des points au plus vite. Il doit le faire vite et la deuxième
raison de craindre qu’il ne veuille jouer son va-tout et qu’il y est poussé par
les plus durs de ses soutiens qui martèlent à l’unisson que sans bombardements
plus massifs encore, il n’y aura pas de victoire russe.
Un vice-président de la Douma a proposé d’annoncer que les villes ukrainiennes
allaient être écrasées sous un tapis de bombes continu afin d’amener leurs
habitants à les fuir et de créer par-là un chaos dans tout le pays. Il semble
bien que l’idée soit dans l’air puisque les zones d’habitation sont toujours
plus systématiquement frappées, que les autorités russes ne cachent pas leur
intention de priver les Ukrainiens de chauffage et d’électricité et que
Vladimir Poutine a lui-même déclaré que l’Ukraine avait « ouvert la boîte de
Pandore » en frappant les raffineries russes.
La Russie pourrait ainsi bientôt essayer de jeter les civils ukrainiens sur les
routes, d’ouvrir un deuxième front dans le Nord du pays et de défier
parallèlement les Occidentaux par des incursions dans l’un des Pays baltes ou
en Moldavie.
C’est un scénario que les services occidentaux voient se dessiner et la
troisième raison de craindre qu’il ne se réalise est que Vladimir Poutine peut
croire qu’il en sortirait gagnant. L’Ukraine ne pourra pas facilement se battre
sur deux fronts et moins encore si sa population erre sur les routes. Il est
hautement improbable que Donald Trump veuille risquer une confrontation avec la
Russie alors qu’il ne sait déjà ni comment se sortir de son fiasco iranien ni
comment éviter de perdre le Congrès dans deux mois.
Donald Trump pourrait laisser les mains libres à Vladimir Poutine en Ukraine,
estimer que des incursions dans les Pays baltes n’obligeraient pas l’Otan à
entrer en lice et faire valoir qu’une attaque contre la petite Moldavie ne
regarderait que les Européens puisqu’elle n’est pas membre de l’Alliance
atlantique.
Vladimir Poutine peut considérer qu’en jouant d’audace sans plus attendre il
pourrait non seulement faire vaciller l’Ukraine avant qu’elle ne se dote de
missiles de longue portée mais aussi acter la rupture du front occidental et
démontrer la faiblesse militaire des Européens.
Ce n’est malheureusement pas absurde mais entre ce scénario et son succès il y
a l’impopularité absolue de la conscription à laquelle le Kremlin devrait
procéder ; la résistance que les Ukrainiens opposeront sur la durée ; les armes
offensives et défensives qui afflueront d’Europe vers l’Ukraine ;
l’impossibilité pour Donald Trump de rester éternellement passif ; et la rapide
affirmation, face au danger, d’un front européen, politique et militaire.
Nul doute que reçu la semaine dernière au Kremlin, le patron de la CIA y a fait
valoir ces cinq points mais toute la question est de savoir si Vladimir Poutine
a encore le choix.
Pascal Canfin (député)
> Les négociations commencent officiellement sur « EU Inc. », ce régime
européen d'entreprise adapté à nos startups pour les faire croître en Europe et
renforcer notre indépendance technologique.
J'ai déposé mes amendements fin juillet et ils sont dorénavant disponibles sur
le site du Parlement (lien en commentaire).
Je remercie ceux qui ont pris le temps de répondre à notre consultation et ceux
avec qui j'ai échangé pendant toute la première partie de l'année.
De mes 50 amendements, je souhaite relever trois points principaux :
- La cotation possible des EU Inc. partout en Europe : le statut ne doit pas être
temporaire et une EU Inc. ne devrait pas retourner à un statut national une
fois son développement avancé. La Commission avait ouvert la porte à une
cotation possible là où les États membres le permettent, je l'ouvre à tous les
marchés cotés européens, sous condition du respect des règles associées à une
telle cotation.
- Permettre aux start ups européennes d’attirer les talents partout en Europe :
c'est un élément fondamental de cette proposition. Les entreprises EU Inc.
doivent pouvoir harmoniser leur régime de stock-options pour leurs employés à
travers l'Europe. J'y suis favorable, mais ce bénéfice fiscal doit être un
avantage réservé aux startups et aux scale-ups. C'est pourquoi je limite ces
EU-ESO aux entreprises de moins de 30 ans de durée de vie dans mes amendements.
- Protection des droits des travailleurs : je consolide les garde-fous pour
m'assurer que les droits sociaux des travailleurs soient protégés. C'est
particulièrement un sujet en Allemagne, où la participation des travailleurs
aux instances dirigeantes est assurée une fois un seuil de 500 employés dépassé.
Ce droit ne doit pas être contournée par EU Inc. Je propose donc concrètement,
une fois ce seuil de 500 employés dépassé, qu'une succursale d'une EU Inc. étrangère
soit obligée de se transformer en filiale, permettant donc une entreprise
indépendante qui puisse appliquer les règles locales de participation des
travailleurs.
Il n'existe qu'une seule majorité pour faire adopter ce texte : c'est une
majorité pro-européenne. Le mois de septembre sera celui de la négociation
pour, je l'espère, arriver à un compromis rapidement et débuter les
négociations avec le Conseil.
Je ne perds jamais de vue l’objectif de ce texte : renforcer la capacité des
entreprises innovantes à croître en Europe et arrêter de faire de notre
continent un incubateur pour des entreprises qui partent ensuite aux États
Unis.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> La proposition de loi intégrale comme premier texte de la session
parlementaire. Ce choix dit tout de notre priorité : protéger les femmes et les
enfants, partout, contre toutes les violences. Engagement pris, engagement
tenu. Maintenant, continuer à agir efficacement !
> Protéger tous les enfants, sans exception. Dès aujourd’hui, l’honorabilité de celles et ceux qui accompagnent les enfants en situation de handicap sera systématiquement contrôlée. Une avancée concrète. Une exigence absolue : leur sécurité.
> ChatGPT, Reddit, Roblox : 3 nouvelles plateformes soumises aux obligations renforcées du DSA. Elles sont désormais 28, et pour la première fois une IA grand public en fait partie. Innovation oui. Far West numérique, non. En Europe, les mêmes règles s’appliquent à tous.

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