samedi 27 juin 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Entre ceux qui n’en veulent pas pour eux et ceux qui la veulent que pour eux, la liberté sera toujours en danger


Nous l’oublions un peu vite mais ni la démocratie et ses valeurs, ni la liberté d’individus égaux qui en est la plus importante, ne sont assurés pour toujours.

La menace vient tout à la fois de ceux qui ont peur de la liberté parce qu’elle implique la responsabilité et ceux qui veulent la confisquer que pour eux-mêmes pour en profiter sur le dos des autres.

Les premiers, dans une démocratie, sont les électeurs des seconds.

Ainsi se forme cette coalition des ennemis de la liberté basée d’un côté sur l’irresponsabilité et de l’autre sur la domination.

C’est ce qui définit l’extrémisme populiste, celui qui a toujours existé et existera toujours, celui qui est en pleine floraison dans l’ensemble des démocraties de la planète en ce début de troisième millénaire.

Ajoutons que ceux qui ne veulent pas de leur liberté, ne veulent pas que les autres puissent jouir de la leur tout comme ceux qui veulent que de leur liberté.

C’est évidemment désespérant mais ne pas se l’avouer, ce n’est rien faire pour combattre cette réalité.

Car, si cette coalition ne disparaitra pas, l’Histoire montre qu’elle n’a pas été toujours majoritaire, qu’elle n’a pas vocation à l’être depuis l’établissement de la démocratie moderne à la fin du 18e siècle et qu’elle peut être battue mais pas éradiquée.

Actuellement, les extrémistes populistes bien aidés en cela par des relais dont certains médias mais aussi par une certaine fatalité qui s’est installée chez les défenseurs de la liberté, nous expliquent que la marche de l’Histoire va dans le sens de leur société totalitaire.

Ce n’est pas nouveau.

Hitler parlait de son Reich de mille ans mais il ne dura que 13 années.

Le nazisme, le fascisme et le communisme se sont effondrés au 20e siècle alors que dans les années 1930, on prédisait leur victoire finale.

Néanmoins, ils n’ont pas disparu et ne disparaîtront jamais.

Leurs idéologies et leurs haines de l’autre et de la liberté seront toujours présentes dans une partie de la population et parfois seront même majoritaires.

Il faut donc ne jamais baisser la garde comme nous avons eu tendance à le faire après la chute de l’URSS en 1989 où nous avons cru ou, tout au moins, espéré que nous en avions fini avec les totalitarismes alors même que la même année les communistes chinois massacraient les jeunes qui réclamaient leur liberté place Tienanmen.

Et nos chimères d’alors furent une bénédiction pour des Poutine ou des Xi, des Kim ou des Khamenei.

Pour autant, la démocratie a réussi à résister face aux tensions autocratiques et populistes de l’intérieur et les menaces de l’extérieur.

Certains se demandent jusqu’à quand, jusqu’à quand la résistance sera possible avant qu’une chape de plomb recouvre la liberté.

Le danger est là mais l’inéluctable pas encore.

Le combat, parce que c’en est un, doit être livré sans répit au nom de la dignité humaine.

 

 


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