mardi 18 avril 2017

Présidentielle 2017. Pour Macron, «en même temps» est bien le cœur de sa vision politique

Emmanuel Macron à Bercy
Le dernier grand meeting d’Emmanuel Macron s’est déroulé ce lundi 17 avril à Paris au Palais omnisports de Bercy où plus de vingt mille personnes sont venues écouter un discours essentiellement tourné vers l’espérance, ce qui caractérise depuis le début de la campagne électorale les propos du candidat d’En marche! surtout par rapport à ses concurrents qui pointent du doigt tout ce qui va mal plutôt que ce qui pourrait aller bien.
Cet optimisme a d’ailleurs été reproché au candidat comme s’il fallait broyer du noir pour s’adresser à tous les Français en particulier à ceux qui sont dans les difficultés.
Mais son discours a été marqué par son focus sur son «tic de langage» qu’on lui a plusieurs fois reproché comme une incapacité de décider, le désormais fameux «en même temps».
Il s’en est d’abord amusée tout en expliquant très sérieusement que celui-ci était au centre de sa réflexion politique où, face aux clientélismes de droite et de gauche qui critiquent systématiquement ce que fait l’autre bord, son positionnement, qu’il partage avec le Centre et les centristes, n’est pas binaire entre ce qui est bien parce que cela vient d’un côté et ce qui est mal parce que cela vient de l’autre.
De plus, le monde n’est pas aussi simpliste que le prétendent les idéologues de droite et de gauche, ce qui signifie que l’on peut être d’accord avec des propos et des mesures proposées, venus de tous les bords s’ils reflètent la réalité de la situation et apportent les bonne solutions.
Oui, a-t-il précisé, il faut prendre ce qu’il y a de meilleur partout sans se poser la question si cela est une mesure venue de la Droite, de la Gauche et du Centre.
Voici son explication de texte qui rappelle pourquoi tant de centristes mais aussi de réformistes de droite et de gauche l’ont rejoint.
«’En même temps’ signifie simplement que l’on prend en compte des impératifs qui paraissaient opposés mais dont la conciliation est indispensable au bon fonctionnement d’une société. Oui, je choisis la liberté et l’égalité, oui, je choisis la croissance et la solidarité, oui, je choisis l’entreprise et les salariés, oui, je choisis, comme le général de Gaulle, le meilleur de la Gauche et le meilleur de la Droite, et même le meilleur du Centre. Oui, je choisis l'amour de notre Histoire et l’ambition du changement, oui, je choisis la France forte et l’Europe ambitieuse. Oui je choisis en même temps les racines et les ailes parce que la grandeur de la politique, c’est l’art de respecter les différences, de concilier les aspirations, de fédérer les valeurs et de réunir les hommes.
Par ailleurs, Macron s’est inquiété des possibles victoires de ses opposants et de l’alliance de François Fillon avec Sens commun, une association proche de l’intégrisme catholique et de l’extrême-droite, issue des manifestations contre le mariage gay.
Un rapprochement qui ressemble à une dernière tentative désespérée pour le candidat LR de grappiller quelques voix afin d’espérer être au deuxième tour.
On se demande, d’ailleurs, ce qu’en pensent les centristes de l’UDI que l’on n’entend plus du tout et qui servent seulement de potiches dans les meetings de Fillon où celui-ci les fait assoir, chacun leur tour, bien en vue pour appâter les électeurs centristes si tant est que ceux-ci puissent être bernés par cette supercherie consternante.
Mais également quelle est l’opinion de tous les militants de centre-droit et de droite modérée de LR qui sont très éloignés des thèses de cette organisation.
Un Fillon que Macron a épinglé en même temps que Mélenchon en parlant de ceux qui «voudraient nous enfermer dans un choix simple, Margaret Thatcher ou Trotski, Fidel Castro ou Maurras».
En ce qui concerne le candidat de la gauche de la Gauche, il a rappelé que celui-ci était un admirateur des pires dictateurs et autocrates de la planète en déclarant «pour certains ce sera Cuba sans le soleil ou le Venezuela sans le pétrole».
En outre, Emmanuel Macron a également beaucoup insisté sur la nouvelle génération qu’il représente dont c’est, selon lui, le tour d’être, à la fois, l’avant-garde de la société et celle qui prend ses responsabilités dans la direction du pays.

Alexandre Vatimbella



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