lundi 10 avril 2017

Présidentielle 2017. Au moment où la campagne officielle débute, Macron est président

Emmanuel Macron
Les Français vont voter dans quinze jours et, dans cette dernière ligne droite, la campagne officielle débute avec son lot d’affiches sur les panneaux électoraux, les clips à la télévision et un temps de parole particulièrement contrôlé dans les médias audiovisuels.
Quelle est la situation à cet instant T et sans, bien évidemment, en tirer une conclusion définitive pour les 23 avril et 7 mai prochains?
Au niveau des sondages, les deux favoris du premier tour depuis maintenant trois mois sont Emmanuel Macron et Marine Le Pen qui devraient se retrouver au deuxième tour.
François Fillon, malgré les affaires, ne s’est pas écroulé mais a tout de même perdu les pourcentages qui peuvent lui permettre d’espérer être au second tour.
Jean-Luc Mélenchon est, lui, depuis quinze jours dans une dynamique assez étonnante, profitant surtout du désastre de la campagne de Benoit Hamon, le candidat du PS étant désormais en-dessous des 10% d’intentions de vote.
Mélenchon peut-il continuer sa progression et se retrouver au second tour?
Les analystes se montrent prudents et, sans évacuer totalement cette hypothèse, estime qu’il lui sera assez difficile d’aller chercher les voix qui lui manquent pour ce projet même s’il a décidé de recentrer sa campagne, ses slogans et ses affiches afin d’apparaître comme un «candidat convenable» mais «rebelle», ce qui pourrait choquer quelques uns de ses électeurs proches de Podémos, de Syriza ou du Mouvement 5 étoiles.
Les «petits candidats» sont et demeurent des petits candidats ne leur en déplaisent et notamment à Nicolas Dupont-Aignan qui est le moins petit des petits et non le plus petit des grands.
Même si Philippe Poutou atteint dans certains sondages plus de 2% des intentions de vote, on ne voit pas de dynamique chez aucuns de ces petits candidats qui pourraient, sinon créer une surprise, en tout cas être un phénomène électoral.
Quant au deuxième tour, Emmanuel Macron est l’hyper-favori puisqu’il dispose d’une avance qui varie entre 20 et 30 points sur Marine Le Pen.
Et même s’il est difficile de faire actuellement une prédiction certaine sur cette finale, ce matelas de voix devrait permettre à Emmanuel Macron de s’installer à l’Elysée.
Voilà pourquoi, il est, en ce 10 avril, le futur président de la France.
Mais bien des événements peuvent survenir dans les quinze jours qui viennent même si, sans déflagration particulière, on n’a jamais vu de retournements qui feraient que les deux finalistes d’aujourd’hui soient devancés par leurs deux poursuivant n’en déplaisent à certains médias, aux militants de Fillon et Mélenchon et à ces entreprises qui affirment que les sondages ne valent rien et que leurs mesures effectuées sur internet leur permettent de prédire que les candidats de LR et du Front de gauche seront au second tour (prenant exemple sur leur prédiction que Trump serait élu alors même qu’il ne doit pas son élection à l’obtention d’une majorité du vote populaire mais à un système électoral dépassé!).
Reste qu’il est vrai que beaucoup d’électeurs potentiels de François Fillon ont décidé de s’abstenir ou de voter blanc, refusant de mettre un bulletin dans l’urne au nom d’un homme accusé de détournements de fonds, mis en examen et se faisant offrir des costumes et des montres aux prix exorbitants.
Pour LR, c’est là que se trouve la clé du succès de son candidat et il suffit de les mobiliser tout en discréditant Emmanuel Macron auprès des électeurs de droite qui s’apprêtent à voter pour ce dernier.
Une stratégie qui semble simple – voire simpliste – à énoncer mais qui aura bien du mal à donner les résultats escomptés par ceux qui la soutiennent.
Car n ne voit pas quels événements nouveaux pourraient amener tous ces électeurs potentiels à venir voter pour Fillon même si celui-ci tente désespérément de leur parler en insultant Macron à longueur de journée et en ayant trouvé la énième raison qui pourrait les décider en sa faveur avec ayant cette déclaration somme toute pathétique, «je ne vous demande pas de maimer mais de me soutenir».
La situation de Fillon n’ayant donc pas changé, Macron n’étant pas un danger, bien au contraire, pour leurs idées et ni Le Pen, ni Mélenchon n’étant actuellement en situation de remporter la présidentielle, on ne voit pas ces électeurs se ruer en masse dans les bureaux de vote pour plébisciter Fillon.
Bien sûr, si les deux candidats extrémistes, populistes et démagogues se retrouvaient tout en haut des sondages, cela pourrait engendrer une mobilisation des abstentionnistes et des indécis.
Néanmoins, elle pourrait se faire tout autant pour Emmanuel Macron.
Ce qui est intéressant pour ce dernier c’est qu’il a une très bonne image chez les Français.
Ainsi, dans leurs souhaits de victoire, les électeurs le mettent en tête, tout comme pour leurs pronostics de victoire mais aussi pour sa stature présidentielle.
De plus, il est aussi celui qui a le plus gros potentiel électoral comme d’ailleurs son mouvement En marche!
Des éléments qui montrent que le vote Macron est tout autant un vote positif (pour un candidat) qu’un vote négatif (pour éviter qu’un autre candidat gagne.
Et dans ce vote positif, c’est aussi un choix pour le candidat Macron et pas seulement le choix du moins mauvais candidat.
En outre, le leader d’En marche! a passé avec succès les deux examens qu’on lui prédisait délicats pour sa candidature, les deux débats à la télévision (à cinq et à onze) où les téléspectateurs l’ont ensuite donné vainqueur avec la stature présidentielle la meilleure de tous les participants.
Dès lors, s’il s’avérait que Macron n’est qu’une bulle et qu’il s’effondre lors du premier tour, là ce serait véritablement un séisme politique et une remise ne cause de tout ce que l’on sait en matière de science électorale.
D’autant qu’il est en phase avec une majorité de la population qui veut une large union autour d’un axe central, comme le montrait les records d’Alain Juppé dans les baromètres de popularité (et encore aujourd’hui), dans l’espoir de réformer la France pour aller de l’avant et non se recroqueviller sur elle-même.

Alexandre Vatimbella



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