Il parait que la guerre du Vietnam avait définitivement mis fin à la manipulation des médias lors d’une guerre.
La présence sur place des journalistes qui avaient toute latitude pour faire leurs reportages en toute indépendance avait été une des raisons de l’échec politique de cette guerre (mais pas militaire, au contraire) avec une opinion publique qui, devant les images terribles diffusées aux journaux télévisés du soir, étaient devenues hostile à sa poursuite.
Néanmoins, on a oublié l’autre conséquence: la décision des autorités politiques et militaires dans tous les pays du monde d’éloigner les journalistes du terrain d’un conflit ou leur accompagnement très proche lors de leur présence avec ce fameux «embedded» (c’est-à-dire «incorporé» ou «embarqué») pour signifier leur prise en charge par l’armée et leur contrôle.
Dès lors, celle-ci pouvait leur montrer ce qu’elle voulait et, bien sûr, pouvait leur cacher ce qu’elle souhaitait soustraire à leur regard.
Mais il y a encore une mesure plus drastique: leur absence sur le terrain comme c’est le cas du côté russe en Ukraine (sauf pour les pseudo-journalistes russes qui sont en fait des propagandistes) et actuellement au Moyen-Orient (du côté américain et du côté iranien).
Une absence qui est parfois due à leur élimination physique ainsi que l’a largement fait l’armée israélienne à Gaza et au Liban (même s’il faut ajouter que beaucoup de ces «journalistes» tués par Tsahal étaient des propagandistes du Hamas ou du Hezbollah mais pas que…).
Avec cette «drôle de guerre» entre l’Iran et les Etats-Unis, on atteint un summum.
Car qui peut dire, avec les «informations» des médias qui reprennent essentiellement les communiqués des deux parties, qui est en train de gagner ou de perdre, qui fait quoi, qui veut quoi, quelle est réellement la situation sur le terrain.
Personne et surtout pas les journalistes et les experts médiatiques qui laissent libre-court à leurs opinions et leurs fantasmes pour décrire ce qu’ils ne voient pas mais simplement ce qu’on leur raconte.
Le changement constant des bandeaux des chaînes d’information en continu avec des affirmations qui se contredisent d’une minute à l’autre est aussi ridicule qu’emblématique de cette manipulation qui, in fine, n’est pas subie mais acceptée car elle permet quand même de faire de l’audience…
[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]

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