Trump a donc décidé, dans un premier temps, d’imposer des droits de douane supplémentaires à l’encontre de huit pays européens dont la France après que ceux-ci se soient déclarés solidaires du Danemark à qui l’extrémiste populiste veut arracher de gré ou de force le Groenland.
En retour à ces sanctions qui pourraient être encore aggravés dans les semaines qui viennent, Emmanuel Macron, comme l’ensemble des dirigeants des pays visés par celles-ci a réagi très fermement.
Voici la déclaration du Président de la
république:
«La France est attachée à la souveraineté et à l’indépendance des Nations, en
Europe comme ailleurs. Cela préside à nos choix. Cela fonde notre attachement
aux Nations unies et à notre Charte. C’est à ce titre que nous soutenons et
continuerons de soutenir l’Ukraine, et que nous avons bâti une coalition des
volontaires pour une paix robuste et durable, pour défendre ces principes et
notre sécurité. C’est à ce titre aussi que nous avons décidé de nous joindre à
l’exercice décidé par le Danemark au Groenland. Nous l’assumons. Aussi car il
en va de la sécurité en Arctique et aux confins de notre Europe. Aucune
intimidation ni menace ne saurait nous influencer, ni en Ukraine, ni au
Groenland, ni ailleurs dans le monde lorsque nous sommes confrontés à de telles
situations. Les menaces tarifaires sont inacceptables et n’ont pas leur place
dans ce contexte. Les Européens y répondront de façon unie et coordonnée si
elles étaient confirmées. Nous saurons faire respecter la souveraineté
européenne. C’est dans cet esprit que je m’entretiendrai avec nos partenaires
européens.»
De son côté, Gabriel Attal, le leader du
parti présidentiel Renaissance, a réagi sur les réseaux sociaux:
«La déclaration de Donald Trump ce soir d’imposer des droits de douane sur les
pays qui s’opposent à son projet d’annexion du Groenland est totalement
injustifiée. C’est une inversion des valeurs. Le Danemark et l’Union européenne
ont été jusqu’à proposer de collaborer à plus de sécurité du Groenland en lien
avec les États-Unis. Au-delà de la sécurité de ce territoire, il y a donc
vraisemblablement surtout un agenda politique de Donald Trump. Si ces droits de
douane venaient à être confirmés, nous serions dans un cas d’école de
coercition américaine sur les Européens. J’appellerai alors dans ce cas l’Union
européenne à actionner son instrument anti-coercition, c’est à dire la
réciprocité des droits de douane et l’exclusion des entreprises américaines des
marchés publics européens. C’est un test de solidarité et de force pour
l’Europe.»
La présidente de Renew Europe, Valérie Hayer estime que «les menaces du président Donald Trump d'imposer des droits de douane accrus aux États refusant d'approuver son projet d'annexion du Groenland sont inacceptables».
Et de poursuivre:
«Ces annonces font suite à de nombreuses autres mesures agressives à l'encontre
de l'UE. Il est donc temps de passer de la dépendance à la dissuasion. Par
conséquent, Renew Europe ne peut voter en faveur de l'accord commercial
Turnberry entre l'UE et les États-Unis. De plus, l'UE doit se tenir prête à
déployer des contre-mesures ciblées et proportionnées. L'activation de
l'instrument anti-coercition de l'UE doit être explicitement envisagée, car il
a été conçu précisément pour des situations d'intimidation économique de cette
nature.
Des leur côté, les dirigeants des autres pays sanctionnés ont également réagi comme le Premier ministre suédois – «nous ne nous laisserons pas chanter. Seuls le Danemark et le Groenland décident des questions qui les concernent.» –ou le Premier ministre britannique – «imposer des droits de douane à des alliés au nom de la sécurité collective des alliés de l’OTAN est totalement inadmissible».
A noter qu’aux Etats-Unis plusieurs élus du Parti républicain ont acté leur profond désaccord avec leur président comme le sénateur de Caroline du Nord, Thom Tillis, qui a écrit sur les réseaux sociaux que les nouveaux droits de douane étaient «mauvais pour l’Amérique, mauvais pour les entreprises américaines et mauvais pour les alliés de l’Amérique» et qu’il s’agissait d’«une aubaine pour Poutine, Xi et les autres adversaires qui souhaitent voir l’OTAN divisée».
[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Les commentaires anonymes ne sont pas publiés ainsi que ceux qui seraient insultants ou qui ne concernent pas le Centre et le Centrisme.