2005-2025: 20 ANS D'INFORMATION SUR LE CENTRE ET LE CENTRISME

samedi 17 janvier 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Les Etats-Unis de Trump, plus vraiment une démocratie, pas encore une autocratie


2026 pourrait être un tournant pour le régime politique des Etats-Unis au moment où le pays s’apprête à célébrer le 250e anniversaire de sa Déclaration d’indépendance.

Si l’on analyse ce qui s’y passe depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, c’est une érosion dramatique de l’Etat de droit avec des atteintes aux libertés, une militarisation, une corruption et une avidité venue directement de la Maison blanche elle-même ainsi que le changement des alliances au niveau international.

Ne prenons que quelques exemples actuels: la volonté d’annexer le Groenland, territoire appartenant à un membre de l’OTAN, les nouvelles grâces de criminels, le meurtre d’une femme par la police anti-immigration à Minneapolis déjà présente dans de nombreuses villes démocrates du pays aux côtés de militaires, les mises en accusation d’élus actuels ou anciens et de juges par une justice aux ordres dont certains sont menacés de mort par le président du pays, la stigmatisation et les insultes contre des médias et des journalistes, les dépenses somptuaires à la Maison blanche, le développement d’un culte de la personnalité de Trump par le Parti républicain, des propos tenus sur l’inutilité des prochaines élections…

Et cerises sur le gâteau, depuis hier, il poursuit les élus du Minnesota qui ont critiqué l’assassinat par sa police anti-immigration d‘une jeune femme et menace les pays qui défendront le Groenland contre son invasion de sanctions économiques!

Avec ce bilan, force est de constater que les Etats-Unis ne sont plus, de fait, une réelle démocratie.

Pour autant, ils ne sont pas encore une autocratie, régime que Trump rêve de mettre en place avec évidemment sa personne à sa tête jusqu’à sa mort.

Mais on n’en est pas très loin, non plus.

Il suffirait de quelques décisions pour faire basculer ce qui put être considéré comme le phare de la démocratie dans l’aventurisme autocratique, voire pire.

Par exemple de décréter l’état d’urgence ce qui lui permettrait de repousser toutes les élections à venir jusqu’à son bon vouloir avec l’aide des élus républicains du Congrès dont une grande partie sont d’’extrême-droite et de la Cour suprême qui est à sa botte.

Y aurait-il alors une réaction de la part du peuple étasunien dont les sondages montrent de plus en plus son hostilité à la politique désastreuse de Trump?

Si on peut l’espérer, rien ne dit que cela se produira et si tel est le cas, quelle sera son ampleur et quelle sera la répression qui s’en suivra.

Oui, on est bien obligé de raisonner ainsi ce qui aurait été inconcevable il y a encore peu.

Mais le déni de réalité n’est plus de mise, ni les reculades qui ne font que permettre à l’extrémiste populiste de la Maison blanche d’avancer vers son objectif, devenir le roi des Etats-Unis, sinon en titre, tout au moins en pouvoir.

 

 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires anonymes ne sont pas publiés ainsi que ceux qui seraient insultants ou qui ne concernent pas le Centre et le Centrisme.