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mardi 8 septembre 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. A quand Hitler, héros de l’Allemagne?


Au lieu de garder les mémoires vivantes et faire en sorte que le passé soit une leçon à ne pas oublier, les années, au contraire, patinent puis effacent petit à petit les pires aspects de la réalité, gardant les plus glorieux ce qui permet de réhabiliter des événements et des personnages pourtant inexcusables.

Ce processus est bien connu et, pour prendre un exemple du quotidien que nous connaissons tous, à chaque décès nous avons tendance à ne garder que les aspects positifs de la personne disparue et à excuser ou amoindrir ses défauts ou ses agissements fautifs, comportement qui s’accroit au fil des années.

La liste serait trop longue à faire de tous ceux qui, dans les histoires nationales sont devenus des icônes alors qu’ils n’étaient souvent que de vulgaires criminels.

On le voit avec Staline en ce moment en Russie.

En Chine, Mao est encore considéré comme un dieu.

Tout comme Peron en Argentine ou Castro à Cuba.

Mussolini a toujours son mausolée en Italie où il demeure une idole pour une grande partie de la population.

En France, le «bon roi Dagobert» était un génocidaire et, oui, Napoléon un autocrate égocentrique qui ne reculait sur aucun moyen pour assouvir son désir de gloire.

L’inculture, voire l’acculture, des peuples en matière d’Histoire joue un rôle dans l’effacement des aspérités, même les pires.

Pour que ce ne soit pas le cas et pour éviter les réhabilitations scandaleuses, la formation et l’information des citoyens est primordiale.

Or, ici, force est de constater une grande et grave faillite quand on sait, par exemple, qu’une majorité de lycéens allemands ne savent pas qui est Hitler, surtout de ce qu’il a fait.

Dès lors, si on leur dit qu’il a construit les autoroutes, créé la coccinelle de Volkswagen et gagner des batailles militaires et quelques autres faits sortis de leur contexte, on en fait un type tout à fait fréquentable et non le monstre qu’il était.

D’autant que l’Allemagne toute entière et pas seulement celle de l’Est n’a pas été au bout de son processus de dénazification, la faute en revenant, en partie, aux élites du pays mais aussi aux pays vainqueurs de la Seconde guerre mondiale qui, lorsqu’ils sont entrés dans l’ère de la Guerre froide, ont décidé de passer l’éponge et de s’attacher, qui des Etats-Unis et de leurs alliés, les Allemands de l’Ouest et, qui de l’Union soviétique et de ses satellites, les Allemands de l’Est.

Tout cela a permis que le nazisme ne disparaisse jamais en Allemagne et qu’il puisse aujourd’hui revenir en force sur le devant de la scène politique avec l’AfD, deuxième force politique du pays aux dernières législatives et qui vient de gagner les élections dans le land de Saxe-Anhalt.

Et comme ce parti néo-nazi n’a pas été interdit, il est donc légalement apte à se présenter devant les électeurs et à concourir pour diriger le pays, tout comme le Parti national-socialiste à son époque.

Du coup, pour les citoyens, il est donc légitime d’exister et l’on peut voter pour lui.

Ce qui est déjà un premier pas pour la réhabilitation d’Hitler alors que celui-ci a perpétré ses crimes immondes il y a moins d’un siècle.

Gageons que si l’AfD parvient au pouvoir, d’autres pas seront réalisés jusqu’à la phase finale où il sera un grand dirigeant historique voire un héros de la patrie.

Est-ce inévitable?

On veut croire que non mais, pour cela, il faut, qu’enfin, en Allemagne mais aussi dans le monde entier la formation du citoyen d’un pays démocratique et républicain soit à la hauteur de l’enjeu ce qui n’est pas le cas actuellement.

 

 


lundi 10 août 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Pourquoi Trump fera tout pour ne pas rendre le pouvoir


La popularité de Trump n’a jamais été aussi basse alors que les Américains sont confrontés à nombre de difficultés dans leur vie quotidienne dues avant tout à sa politique – ou son absence de politique – et à ses décisions erratiques et dangereuses pour les Etats-Unis et le monde entier.

Certains croient qu’il suffit de faire le dos rond, de supporter encore deux ans un personnage déplorable qui quittera définitivement et pour toujours la Maison blanche en janvier 2029 comme le veut la Constitution.

Néanmoins rien n’est moins sûr.

D’abord, si la démocratie fonctionne encore à cette date, il se peut que son remplaçant soit encore pire que lui.

Tel sera le cas s’il s’agit de son vice-président JD Vance, un vrai idéologue d’extrême-droite encore plus dangereux, si cela est possible, que Trump pour la démocratie étasunienne.

Mais, il se peut que Trump tout simplement ne rende pas le pouvoir.

Et tout indique que c’est son objectif, non seulement parce qu’il l’a déjà évoqué publiquement, -- rappelons qu’il avait affirmé aux électeurs en 2024 que s’ils votaient pour lui se serait dans doute la dernière présidentielle –, mais aussi pour trois raisons principales.

D’abord parce qu’il rêve d’être président à vie.

Son admiration pour les dictateurs, de Poutine à Kim en passant par Xi ainsi que pour les autocrates dans les pays occidentaux comme c’était le cas avec Orban ainsi que son ambition d’être couronner roi des Etats-Unis sont connues de tout le monde.

Ensuite, parce qu’une fois redevenu simple citoyen, il risque la prison.

Il a déjà été reconnu coupable avant son deuxième mandat et si aucune peine n’a encore été prononcé, c’est parce que la justice a estimé que sa réélection repoussait celle-ci après son mandat.

De même, il est soupçonné de nombreuses autres possibles malversations et corruptions qui semblent indéniables pour beaucoup d’entres et dont les enquêtes et les comparutions devant les tribunaux pourront reprendre dans deux ans.

Et il pourrait être mis en cause dans les violences issues directement de sa politique comme celle de l’immigration avec la police ICE même si la Cour suprême semble lui avoir donné une immunité en la matière.

Dès lors, il fera tout pour ne pas se retrouver en prison comme le fait actuellement son compère israélien Netanyahu en s’accrochant au pouvoir.

Enfin, parce cette présidence lui permet de s’enrichir lui et sa famille.

Les sommes considérables qu’il a amassé depuis deux ans sont indécentes et totalement inédites pour un président des Etats-Unis même par ceux qui furent reconnus de corruption au cours de l’histoire du pays.

Son avidité sans limite le poussera à tout faire pour ne pas laisser partir cette poule aux œufs d’or.

Le premier test sur ses réelles intentions aura lieu en novembre prochain lors des élections de mi-mandat qu’il fait tout pour les truquer avec nombre de mesures qui avantage les républicains notamment les difficultés faites aux groupes ethniques et sociaux favorables aux démocrates de voter.

S’il les perd, ce que prédisent l’ensemble des sondages, va-t-il accepter les résultats?

Pour empêcher le Congrès alors aux mains des démocrates de remplir sa mission, il peut entraver son action jusqu’à déclarer l’état d’urgence.

Un état d’urgence qu’il pourrait aussi utiliser pour repousser les prochaines présidentielles ad vitam aeternam.

Pour cela, il aura deux ans pour mettre en place son plan et il ne manque pas de complices pour parvenir à ses fins.

Dès 2016, Trump avait engagé le combat pour abattre la démocratie étasunienne.

Son refus de reconnaître sa défaite en 2020 face à Joe Biden, montrait qu’il était prêt à aller jusqu’au bout de celui-ci.

Les électeurs américains lui ont offert la chance de pouvoir le faire, sachant que Trump, en la matière ne la laisse pas passer quand il le peut.

 


mardi 4 août 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Présidentielle 2027: l’axe central faillira-t-il face à sa mission historique, sauver la démocratie?


Tout sauf les extrêmes.

Ce mot d’ordre est le cri de ralliement qui doit absolument unir tous les défenseurs de la démocratie républicaine libérale qui sont aujourd’hui identifiés sous l’appellation d’axe central pour cette élection présidentielle de l’année prochaine.

Il faut bien comprendre que ce qui regroupe tous les partis qui vont de la social-démocratie à la droite conservatrice, ce n’est pas un programme politique commun mais des valeurs et des principes qui sont les fondements de cette démocratie républicaine libérale.

Cet axe central s’est constitué de fait au cours de ce début de 21e siècle face à la montée des extrêmes et plus particulièrement de l’extrême-droite puis de la résurgence d’un populisme récupéré largement par ces extrémismes.

Il n’a évidemment pas de siège social, ni d’existence matérielle mais est un espace politique qui s’est constitué de fait et qui a pour unique objectif de sauver la démocratie républicaine libérale.

C’est une mission historique qui doit durer le temps de la menace qui n’a jamais été aussi prégnante.

Actuellement, l’axe central fonctionne plus ou moins dans notre pays avec le gouvernement de Sébastien Lecornu, non dans sa composition mais du fait que son existence est dû à une alliance informelle entre les formations allant du PS à LR en passant par Renaissance, le MoDem et Horizons même si le PS a pu voter des motions de censure.

Mais, avec l’élection présidentielle l’axe central avance complètement diviser puisque presque toutes les formations le composant vont présenter un candidat au premier tour.

A priori, rien d’anormal, chacun venant défendre son programme qui représente sa propre sensibilité et l’on est en droit d’espérer qu’il y aura un rassemblement autour du candidat de l’axe central qui sera présent au second tour.

Sauf qu’il y a un risque qu’il n’y en ait aucun!

Il existe en effet une probabilité, certes faible mais réelle, que ce second tour voit s’affronter un candidat d’extrême-gauche face à une candidate d’extrême-droite.

Si tel était le cas, ce serait en partie dû à l’absence d’union de l’axe central au premier tour.

Et si tel était le cas, l’axe central faillirait à sa mission historique en permettant l’élection d’un adversaire de la démocratie républicaine libérale.

Nous n’en sommes pas encore là et il faut espérer que ce scénario catastrophe ne surviendra pas.

Reste que pour l’éviter, tous les candidats et les partis de l’axe central doivent faire preuve de responsabilité sachant que ce qui est en jeu c’est le future même de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Il ne s’agit pas de renier ses convictions politiques mais de défendre le cadre qui permet de les exprimer.

 

 


samedi 27 juin 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Entre ceux qui n’en veulent pas pour eux et ceux qui la veulent que pour eux, la liberté sera toujours en danger


Nous l’oublions un peu vite mais ni la démocratie et ses valeurs, ni la liberté d’individus égaux qui en est la plus importante, ne sont assurés pour toujours.

La menace vient tout à la fois de ceux qui ont peur de la liberté parce qu’elle implique la responsabilité et ceux qui veulent la confisquer que pour eux-mêmes pour en profiter sur le dos des autres.

Les premiers, dans une démocratie, sont les électeurs des seconds.

Ainsi se forme cette coalition des ennemis de la liberté basée d’un côté sur l’irresponsabilité et de l’autre sur la domination.

C’est ce qui définit l’extrémisme populiste, celui qui a toujours existé et existera toujours, celui qui est en pleine floraison dans l’ensemble des démocraties de la planète en ce début de troisième millénaire.

Ajoutons que ceux qui ne veulent pas de leur liberté, ne veulent pas que les autres puissent jouir de la leur tout comme ceux qui veulent que de leur liberté.

C’est évidemment désespérant mais ne pas se l’avouer, ce n’est rien faire pour combattre cette réalité.

Car, si cette coalition ne disparaitra pas, l’Histoire montre qu’elle n’a pas été toujours majoritaire, qu’elle n’a pas vocation à l’être depuis l’établissement de la démocratie moderne à la fin du 18e siècle et qu’elle peut être battue mais pas éradiquée.

Actuellement, les extrémistes populistes bien aidés en cela par des relais dont certains médias mais aussi par une certaine fatalité qui s’est installée chez les défenseurs de la liberté, nous expliquent que la marche de l’Histoire va dans le sens de leur société totalitaire.

Ce n’est pas nouveau.

Hitler parlait de son Reich de mille ans mais il ne dura que 13 années.

Le nazisme, le fascisme et le communisme se sont effondrés au 20e siècle alors que dans les années 1930, on prédisait leur victoire finale.

Néanmoins, ils n’ont pas disparu et ne disparaîtront jamais.

Leurs idéologies et leurs haines de l’autre et de la liberté seront toujours présentes dans une partie de la population et parfois seront même majoritaires.

Il faut donc ne jamais baisser la garde comme nous avons eu tendance à le faire après la chute de l’URSS en 1989 où nous avons cru ou, tout au moins, espéré que nous en avions fini avec les totalitarismes alors même que la même année les communistes chinois massacraient les jeunes qui réclamaient leur liberté place Tienanmen.

Et nos chimères d’alors furent une bénédiction pour des Poutine ou des Xi, des Kim ou des Khamenei.

Pour autant, la démocratie a réussi à résister face aux tensions autocratiques et populistes de l’intérieur et les menaces de l’extérieur.

Certains se demandent jusqu’à quand, jusqu’à quand la résistance sera possible avant qu’une chape de plomb recouvre la liberté.

Le danger est là mais l’inéluctable pas encore.

Le combat, parce que c’en est un, doit être livré sans répit au nom de la dignité humaine.

 

 


mercredi 10 juin 2026

Vues du Centre. La protection de l’enfance salie par les politiciens populistes

Par Alexandre Vatimbella et Jean-Louis Pommery


Un peu de dignité!

C’est juste ce que l’on demande aux politiques quand on parle de protection de l’enfance et des pires atteintes physiques et psychologiques faites aux enfants.

Et ça, face à la tâche impérieuse que la société doit à ses plus jeunes, une partie d’entre eux n’en est manifestement pas capable.

Ici on touche à la pire noirceur de ces politiciens populistes qui sont prêts à tout pour instrumentaliser tous les drames les plus monstrueux uniquement pour leurs profits partisans et électoralistes.

Quand une députée, Laure Miller, éprouve de la honte d’être dans un hémicycle dont nombre de ses membres font de la polémique la plus démagogique et la plus honteuse à propos de la mort d’une petite fille de onze ans, nous ne pouvons que lui donner raison.

Cela fait des années qu’ici, nous dénonçons les manques de l’Etat mais aussi et surtout un immobilisme de toute la société dans la défense de l’enfance pour être scandalisé par ces personnages qui n’ont pas levé le petit doigt pour lui assurer le bien-être et la sécurité, venir faire la morale et se transformer subitement en procureurs sans aucune légitimité autre que de créer le désordre et de tenter de récupérer une colère des citoyens dont beaucoup de ces derniers devraient d’abord se demander ce qu’ils ont fait pour protéger les enfants.

Lyanna est-elle la victime de trop?

On aimerait bien le croire alors que nombre d’enfants sont victimes chaque année de violences, de meurtres et d’assassinats sans que cela n’engendre une mobilisation quelconque au-delà de quelques paroles et de rassemblements.

Au-delà de ces actes d’autant plus effroyables qu’ils touchent des personnes qui ne sont pas capables de se défendre, la société doit réfléchir à la place de l’enfant et se demander si vraiment elle le respecte.

Comme l’écrivait Françoise Dolto :
«La cause des enfants ne sera sérieusement défendue tant que ne sera pas diagnostiqué le refus inconscient qui entraîne toute société à ne pas vouloir traiter l'enfant comme une personne, dès sa naissance, vis-à-vis de qui chacun se comporte comme il aimerait qu'autrui le fasse à son égard.»

Tous les jours, dans notre quotidien, nous pouvons voir que ce n’est pas le cas.

Alors, messieurs et mesdames les populistes, au lieu de profiter de tragédies qui touchent les enfants pour vous faire de la publicité scélérate, agissez et faites que la société se fasse à hauteur d’enfant.

Ne vous trompez pas et méditez les propos de Janusz Korczak, le grand pédiatre et inlassable défenseur des enfants:
«Vous dites: C'est fatiguant de fréquenter les enfants. Vous avez raison. Vous ajoutez: Parce qu'il faut se mettre à leur niveau, se baisser, s'incliner, se courber, se faire petit. Là, vous avez tort. Ce n'est pas cela qui fatigue le plus. C'est plutôt le fait d'être obligé de s'élever jusqu'à la hauteur de leurs sentiments. De s'étirer, de s'allonger, de se hisser sur la pointe des pieds. Pour ne pas les blesser.»

 

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC 
Jean-Louis Pommery est directeur adjoint du CREC]

 

 


dimanche 7 juin 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Pour que la mort d’une petite fille soit enfin le réveil de nos consciences


Une petite fille de 11 ans est morte.

Tuée par un prédateur sexuel.

Elle n’aurait pas dû.

Comme tous les enfants assassinés, violés, violentés, agressés physiquement ou détruits psychologiquement par la haine, la violence et les pulsions sexuelles dérangées.

Rendons avec dignité et respect un adieu à Lyhanna et faisons de sa disparition le point de bascule qui va enfin permettre une réponse de la société à la hauteur de toutes les atteintes intolérables et révoltantes à l’égard des enfants.

Les médias mais aussi les politiques et, surtout, les citoyens ont décidé d’en faire un événement transcendant, ce qui peut permettre enfin une vraie prise de conscience collective de long terme sur la condition enfantine et non pas seulement épidermique même si on peut regretter que certaines réactions ne soient malheureusement pas toujours dénuées d’arrière-pensées qui n’ont rien à voir avec la mort d’une enfant et l’importance de l’enjeu.

Et comme on pouvait le prévoir la récupération politicienne notamment par LFI et le RN a commencé avec une instrumentalisation méprisable au regard de cette disparition.

Du côté des défenseurs intransigeants des enfants, il faut affirmer qu’au-delà des éventuels dysfonctionnements ou fautes vis-à-vis de l’auteur de la mort de Lyhanna, nous sommes tous concernés.

Non pas seulement dans notre indignation et notre désespoir qui montre notre émotion mais pour agir face à la cause à défendre, celle de la sécurité et le bien-être des enfants.

Car les dysfonctionnements et les fautes s’ils sont avérés sont avant tout ceux de la société, donc des nôtres, de vous et de moi.

Si la société était faite à hauteur d’enfant, ici en France mais aussi dans le monde, ça se saurait.

Si nous acceptions le coût matériel mais aussi sociétal d’une vraie protection de l’enfance, nous n’en serions pas à pleurer la mort d’une enfant de 11 ans.

Tant que nous refuserons de prendre soin comme il faut de l’enfance, celle-ci continuera d’être en danger que ce soit face à de monstrueux prédateurs mais aussi face à l’inadaptation des sociétés à l’enfance.

Alors ne laissons pas retomber l’émotion et faisons-en une motivation pour que, tous ensemble, nous faisions en sorte de créer un environnement où de tels drames ne soient plus possible.

Et espérons que la cause des enfants sera au centre de la campagne présidentielle.

En la mémoire de Lyhanna et de tous les autres enfants victimes.

 

 


vendredi 29 mai 2026

Vues du Centre. Peut-on encore voter LFI en se bouchant le nez pour faire barrage au RN?

Par Jean-François Borrou et Alexandre Vatimbella


Nous sommes des militants de la démocratie républicaine libérale et des valeurs humanistes qui ont toujours combattu l’extrême-droite et qui n’ont jamais fait aucune concession face au FN-RN de la famille Le Pen et à toute cette galaxie facho-pétainiste nauséabonde.

C’est notre ADN politique.

En 2017, sûrement, ou en 2022, sans doute mais difficilement, nous aurions voté Mélenchon contre Le Pen s’il y avait eu un second tour entre les deux à la présidentielle.

De même pour un duel entre un candidat FN-RN et LFI aux législatives.

Mais en 2027, que ferons-nous?

Devant la radicalisation, les insultes, la défense de l’indéfendable et la stratégie du chaos qui sont les marqueurs des agissements de Jean-Luc Mélenchon et de ses troupes, l’hésitation, plus, l’impossibilité du choix est là.

Que l’on comprenne bien que nous ne mettrons jamais un bulletin RN dans l’urne qu’il porte le nom de Bardella ou de Le Pen ou de tout autre membre de l’extrême-droite.

Il s’agit donc de savoir si notre choix sera le blanc ou un bulletin Mélenchon.

Et, ici, la réflexion doit tout autant porter sur le barrage face à l’extrême-droite que sur ce que fera l’extrême-gauche au pouvoir.

Si l’on prend les références de Mélenchon en la matière que ce soit le Cuba des frères Castro, le Venezuela de Chavez et Maduro, la Bolivie de Morales ou la Grèce de Tsipras sans parler des références trotskystes, voter Mélenchon c’est, non seulement mettre la démocratie républicaine libérale en danger de mort mais aussi conduire le pays vers le chaos économique et le déclassement à l’international.

Sans oublier la mansuétude du leader de LFI et de ses troupes envers Poutine (et leur haine de l’Ukraine de Zelensky) et même envers Xi, deux dictateurs criminels.

Dès lors, la balance entre Bardella/Le Pen et Mélenchon reste fermement à l’équilibre, donc au vote blanc.

Parce que nous refusons, comme pour le RN, de voter LFI en se bouchant le nez et les oreilles ainsi qu’en fermant les yeux.

Parce que les extrêmes sont la menace.

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes. 
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC]

 


dimanche 24 mai 2026

Vues du Centre. Un jour sombre pour la démocratie américaine

Par Aris de Hesselin et Alexandre Vatimbella


Certains estimeront que nous exagérons et dramatisons car ce jour sombre est celui où le licenciement de Stephen Colbert de CBS et l’annulation du show qu’il animait sur cette chaîne, Late night show, une institution dans le paysage audiovisuel américain, ont été effectifs en cette fin de semaine.

Pourtant, qu’on aime ou pas le personnage ou son émission son départ et cette suppression de la grille des programmes en dit long sur l’état de la démocratie aux Etats-Unis.

En effet, les animateurs des talk-shows de fin de soirée sont devenus, dans l’Amérique de Trump, des voix libres et critiques envers l’extrémiste populiste.

Leurs émissions sont très regardées – même avec l’apparition des réseaux sociaux et des plateformes comme Netflix ou Disney channel.

A ce titre Stephen Colbert comme Jimmy Kimmel et à un degré moindre Jimmy Fallon et Seth Meyer sont des voix qui comptent.

Et s’ils sont populaires auprès d’une grande partie de la population, ils sont aussi haïs et pourchassés par la sphère MAGA et son chef, Donald Trump.

On ne compte plus les innombrables messages postés sur les réseaux sociaux par ce dernier pour les insulter avec une prédilection pour Jimmy Kimmel puis Stephen Cobert.

Il a demandé sans cesse leur renvoi par les chaînes concernées, CBS pour Colbert et ABC pour Kimmel, menaçant celles-ci de mesures de rétorsions, voire de perte de licence de diffuseur si elles n’obtempéraient pas.

Dans le cas de Kimmel, ABC a bien sanctionné Jimmy Kimmel mais devant le tollé provoqué par son absence de l’écran, elle a été obligée de le faire revenir.

Dans le cas de Colbert, CBS, elle, s’est pliée au diktat trumpien.

D’une part parce que l’ancien propriétaire de la chaîne voulait la vendre et qu’il avait besoin de l’autorisation de l’Administration Trump pour qu’il n’y ait pas un veto.

D’autre part, parce que le nouveau propriétaire est un milliardaire qui soutien Trump.

Stephen Cobert est donc la victime d’une chasse aux sorcières de l’extrême-droite américaine et de la haine du président des Etats-Unis.

Son renvoi est emblématique de la volonté de ceux-ci de faire taire les voix qui sont critiques.

Derrière tout cela, il y a le projet d’affaiblir puis de détruire la démocratie républicaine libérale américaine.

C’est donc bien un jour sombre pour celle-ci et la liberté.

Aris de Hesselin
Alexandre Vatimbella

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste. 
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC]

 

 


mercredi 20 mai 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La démocratie malgré nous


La démocratie est-elle le meilleur système politique? Oui.

Sommes-nous à la hauteur de la démocratie? Non.

Méritons-nous la démocratie? Non.

Devons-nous alors supprimer la démocratie? Non.

Peut-on réellement faire vivre la démocratie? Peut-être.

Mériterons-nous un jour la démocratie? Il faut l’espérer.

Le «oui» et le «peut-être» sont les réponses-clés de ce petit mais crucial questionnaire.

Oui, bien sûr, la démocratie républicaine est le meilleur régime politique pour n’importe quelle société ou peuple, sans contestation aucune.

Et il est peut-être possible de la faire réellement fonctionner même si nous ne sommes pas actuellement à la hauteur de son projet et de ses valeurs, si nos comportements démontrent trop souvent que nous ne la méritons pas mais que donc, face à et malgré nos incapacités à l’établir parfaitement et profondément dans n’importe quel endroit de la communauté humaine mondiale, nous ne devons surtout pas la supprimer.

D’autant que cette suppression serait une forfaiture aux générations futures qui ont et auront toujours le droit de vouloir vivre dans un régime de liberté et d’égalité tout en éliminant toutes les imperfections petites et grandes de son fonctionnement concret mais aussi de nos comportements inadéquats.

Sans oublier que la liberté et l’égalité ne sont pas discutables mais font partie de la condition de l’humain et sont imprescriptibles même si elles sont si souvent bafouées à travers le monde.

Il faut bien comprendre que la démocratie n’est pas un accident de l’Histoire mais une évolution historique des sociétés humaines et que les valeurs humanistes qu’elle porte sont la base des droits fondamentaux qui s’attachent à tout humain et qu’aucune société même par le vote de son peuple n’est autorisée à supprimer.

Et même si elle venait à être dénaturée voire supprimée de la surface de la Terre, ce ne serait pas une fin définitive mais un de ces mouvements dont l’histoire de l’Humanité est remplie, c’est-à-dire un retour en arrière avant sa résurgence parce qu’elle est le meilleur système possible que nous pouvons mettre en place concrètement même s’il peut être envisagé, une fois qu’elle sera appliquée correctement, son approfondissement et son dépassement par un régime encore plus profondément ancré dans les valeurs humanistes et leur application effectives que celui que nous avons actuellement la capacité de faire fonctionner.

La démocratie malgré nous c’est affirmer que même si nous ne pouvons pas la faire vivre correctement actuellement, que même si nous n’en voulions plus, elle n’est pas optionnelle mais l’obligation cardinale de toute société au même titre qu’elle doit assurer à ses membres une bonne existence dans la sécurité.

Ce qui en fait le seul régime politique légitime.

Ayant dit cela, la tâche principale de toutes les personnes éprises de liberté, d’égalité et de respect de la dignité humaine, est de se faire les ambassadeurs du projet démocratique tout en demandant que celui-ci soit effectivement implémenté dans les sociétés qui se réclament de ses principes et de ses règles.

Pour y parvenir, nous devons dégager les moyens nécessaires afin de faire de chaque individu un véritable citoyen, celui qui est capable de prendre en main son existence et de réaliser son projet de vie tout en s’insérant dans une communauté où l’autre est son égal, c’est-à-dire où, à côté de ses droits inaliénables, il a des devoirs tout aussi impératifs.

En ce début de troisième millénaire, à un moment où la démocratie républicaine libérale est fragilisée constamment par ses ennemis, qu’ils viennent du dedans ou du dehors, devant l’apathie d’une partie des peuples libres, devant le renoncement de certains, la revitalisation du projet démocratique est non seulement indispensable mais urgent.

Mais, quoi qu’il arrive à la démocratie, celle reste et restera le seul régime qui respecte véritablement l’humain.

Elle sera donc toujours l’horizon indépassable de l’Humanité.

 


samedi 9 mai 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Une défense européenne, vite, pour ne plus subir, pour ne plus se soumettre!


Après l’agression de Poutine contre l’Ukraine, la guerre de Trump-Netanyahu contre l’Iran.

A chaque fois, les Européens subissent les conséquences d’un conflit dont ils n’ont rien à avoir avec son déclenchement et auquel ils sont incapables de répondre en imposant leur vision, surtout, leurs intérêts.

Oui, nous avons besoin urgemment d’une défense européenne pour ne plus être les dindons de la farce, pour ne plus être obligés de nous soumettre.

En l’occurrence, la France se bat depuis toujours pour que les pays européens refusent toute allégeance, toute servitude face aux grandes puissances.

Surtout pour imposer la paix.

Le 9 mai 1950, lorsque Robert Schuman propose de placer les productions de l’acier et du charbon de la France et de l’Allemagne sous une haute autorité, il dit: «L'Europe n'a pas été faite, nous avons eu la guerre».

Cette phrase doit toujours résonner en nous quand nous bâtissons cette Europe unie mais que nous ne sommes pas capables de la mettre au niveau à laquelle elle doit être pour nous assurer prospérité et sécurité.

Car, aujourd’hui, si la guerre entre pays européens est, heureusement, hautement improbable grâce à l’UE, c’est bien la guerre faite à l’Europe qui est du domaine du possible et face à laquelle nous ne sommes pas encore suffisamment préparés comme l’a montré notre impuissance face à l’attaque russe contre les Ukrainiens.

Mais les Européens semblent enfin prendre conscience du défi qui est là, à leur porte, et de l’absolue nécessité de le relever.

Si, grâce à Poutine et à Trump, nous décidons enfin de bâtir cette union dans laquelle nous ne serons plus ce géant auto-entravé incapable d’utiliser ses énormes capacités mais qui s’est débarrassé de ces chaînes l’empêchant d’agir pour le bien-être de ses populations, nous aurons imploser ce plafond de verre qui nous enfermait dans l’impuissance.

Mais, ce réveil ou plutôt cet éveil ne doit pas être de circonstance.

Demain, le dictateur russe et l’autocrate américain ne seront plus là mais les menaces – notamment chinoises –, elles, n’auront pas disparu.

L’effort que nous faisons aujourd’hui devra être poursuivi sans relâche.

Sinon, tôt ou tard, nous ne serons plus que dans une servitude que nous aurons, sinon choisie, en tout cas permise.

 

 


mardi 5 mai 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. En matière de service public audiovisuel, l’efficacité est d’abord démocratique


Tous ceux qui viennent critiquer un organisme unique chargé du service public de l’audiovisuel sortent des arguments économiques, sociaux, organisationnelles et autres professionnels qui sont tous discutables.

Mais, ils oublient l’essentiel.

En matière d’efficacité, le seul argument recevable et indiscutable est le démocratique.

Et pour être le plus efficace en la matière nul doute que le service public audiovisuel doit être unifié.

Pourquoi?

Parce que les règles qui le régissent et le fonctionnement doivent ressortir d’une charte qui en fait un organisme qui est unique et n’a rien à voir avec les entreprises audiovisuelles privées.

Car ce service public à une mission essentielle pour la démocratie: informer et cultiver les individus, transmettre donc du savoir, pour en faire de vrais citoyens c’est-à-dire responsables et capables de prendre en main leur existence et leur projet de vie tout en étant des membres intégrés de la société et ce, concomitamment avec l’école.

Cette mission éminemment importante et d’une grandeur humaniste implique un fonctionnement et des choix éditoriaux où les croyances personnelles et les taux d’audience n’ont aucune importance (même si évidemment il serait important pour la formation du citoyen qu’ils soient élevés).

Or, que ce soient les politiques ou les professionnels qui travaillent pour cette mission et dans ce service public, tous ont œuvré à faire en sorte que ce dernier ressemble de plus en plus aux médias de la sphère privée.

C’est non seulement une erreur mais une faute.

Une faute parce que cela pervertit la mission de service public pour la ramener au fonctionnement et aux objectifs des médias privés.

Vouloir qu’il fasse des programmes au fort taux d’audience, autoriser la publicité, être en concurrence avec les émissions les plus racoleuses du privé, tout transformer en «divertissement» même les informations, voilà quelques-unes des perversions du service public.

Si le taux d’audience ne doit pas être négligé car il mesure la qualité des programmes, ce n’est pas le critère le plus important pour un média du service public de l’audiovisuel est sa qualité, c’est-à-dire le fond et la manière dont celui-ci peut toucher le plus large public (ou le public ciblé s’il est destiné à un groupe spécifique).

Et cette qualité ne peut pas être atteinte avec des objectifs qui sont identiques aux médias commerciaux qui doivent se vendre principalement, non pas à leur audience, mais à leurs annonceurs tout en privilégiant le divertissement sur le culturel, le sensationnel sur le savoir.

Et pour être le plus efficace dans leurs missions, tous les médias participant au service public de l’audiovisuel doivent être regroupés.

Mais, et c’est primordial, ce regroupement ne doit pas se faire sous la tutelle étatique donc gouvernementale.

Un service public médiatique de l’information et de la culture doit être le quatrième pilier de la démocratie au même titre que l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

Même s’il n’a pas le pouvoir de contraindre et/ou de légiférer comme ces trois-là, en revanche, il doit être aussi indépendant et rendre des comptes uniquement au peuple par le biais d’un contrôle par une autorité elle aussi indépendante élue par un collège dont on doit déterminer la composition qui peut être éventuellement chapeautée par un comité de surveillance nommé par les parlementaires.

Mais le gouvernement, à part lui assurer sa totale indépendance issue d’un statut votée par les représentants du peuple et inscrit dans la Constitution, n’a rien à faire dans son fonctionnement et dans la désignation de ceux qui y travaillent.

Ce n’est que de cette manière que l’on peut mettre en place un vrai service public qui aura un cahier des charges très précis et une déontologie, notamment journalistique, particulièrement détaillé allant de pair avec des critères de recrutement et la signature lors de l’embauche d’une charte éthique à respecter.

On doit enfin comprendre l’importance pour le présent et l’avenir de la démocratie républicaine libérale et l’émancipation du peuple de mettre en place une véritable institution capable de former et d’informer à côté des médias privés partisans et/ou commerciaux pour donner la matière qui permette aux citoyens de vraiment se faire une opinion par eux-mêmes sans interférence entre la réalité et sa médiatisation en ce qui concerne l’information.