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vendredi 19 juin 2026

La Chronique de Jean-Louis Pommery. Bayrou réécrit-il son histoire en vue de sa place dans l’histoire de France?


Certains pourraient y voir une tentative pathétique mâtinée de règlements de compte.

Le dernier livre de François Bayrou ainsi que les sorties médiatiques qui l’accompagnent ressemblent fort à un plaidoyer en sa faveur mais aussi à une réécriture de son histoire qui doit faire sourire, souvent jaune, nombre de ceux qui ont suivi ou accompagné son parcours politique.

Arrêtons-nous sur sa trouvaille dont il est particulièrement fier, le Parti TPMG, celui du «Tout Pour Ma Gueule».

Selon lui, la prochaine présidentielle avec sa pléthore de candidats démontre le narcissisme mégalomaniaque de tous ces politiciens qui ne pensent qu’à eux, leur gloire et leur carrière avant le pays, estimant, au passage, qu’on lui a beaucoup reproché à ne penser qu’à lui pendant toutes les années passées alors qu’il n’avait en tête que le sauvetage de la France.

Voici ce qu’il déclare:
«Si j'étais candidat que penseraient ceux qui vous écoutent? Que penseraient les Français et les lecteurs? Ils penseraient que j'écris pour moi. Ils penseraient que moi aussi je suis adhérent à ce parti dont j'ai trouvé le nom, qui s'appelle le TPMG, "Tout pour ma gueule". Ils penseraient, les Français, que c'est une déclaration de plus pour se mettre en valeur. Et c'est ce dont je n'ai pas voulu.»

Un bien beau récit répété à chacune de ses interventions médiatiques… qui est une totale falsification de son parcours!

Tout dans celui-ci est la preuve qu’il n’a eu qu’une ambition, la sienne, celle de devenir président de la république.

Ce qui n’est pas en soi un défaut mais, en tout cas, c’est un échec qui lui colle à la peau.

Et ce n’est pas sa sagesse qui lui a fait comprendre qu’il ne le serait jamais mais les Français.

Ainsi, s’il n’est pas candidat à la prochaine présidentielle, ce n’est pas pour éviter le trop plein et respecter les Français mais parce qu’il n’a aucune chance d’être élu.

Si l’on reprend toutes ses déclarations entre 2022 – date de la réélection d’Emmanuel Macron pour un second mandant – et la fin de son passage à Matignon, il n’a cessé d’affirmer qu’il pourrait se présenter et que son âge n’était pas un handicap mais plutôt un avantage…

Quant au Parti TPMG, il fait immédiatement penser au MoDem qu’il a fondé en 2007 dont la seule mission était uniquement d’être un outil pour son obsession présidentielle.

C’est tellement vrai qu’en 2017, avant son ralliement forcé à Emmanuel Macron, le MoDem était exsangue et proche d’une disparition programmée.

Les historiens comme les politologues d’aujourd’hui ne seront pas dupes.

Tout comme ils seront très critiques sur son analyse de son bilan comme premier ministre dont il ne voit que des succès ou des entraves de ses adversaires à redresser le pays.

Surtout sur sa faute politique qui a été de provoquer l’Assemblée en demandant une confiance dont il n’avait alors pas besoin même s’il est vrai que se préparaient des motions de censure très dangereuses pour la survie de son gouvernement.

Néanmoins, comme l’a montré Sébastien Lecornu pour lequel il n’a pas beaucoup de bienveillance, le pire n’est jamais sûr en la matière.

Quant à ses mises en garde et ses prédictions que la France va s’effondrer, Emmanuel Macron lui a répondu de manière indirecte hier soir lors d’une interview sur France 2:
«La maladie que nous avons, c'est une forme de perte de confiance et de considération pour nous-mêmes. Si la France n'a plus d'estime de soi, que voulez-vous qu'elle fasse de grandes choses ? Et moi je vous le dis, qu'on parle de notre diplomatie, qu'on parle de nos armées, de notre économie et que qu'on parle de notre justice aussi et de nos forces de sécurité, nous sommes un grand pays et il faut regarder nos échecs et nos insuffisances avec lucidité. Faut tous ensemble se mettre dans le même effort pour les réparer. Mais faut pas dès qu'on a un drame, dès qu'on a un problème, tous s'entredéchirer et dire "On est foutu, on est à l'arrêt." Moi, je calcule plus le nombre d’émissions qui disent qu'on est en train de périr. Au fond, ça fait des années qu'on devrait déjà être mort. Non, on est un grand pays et on l'a encore montré ces derniers jours et pas que de façade parce que c'est un grand pays qui peut faire ce qu'on a fait et c'est les Françaises et les Français qui ont réussi.»

In fine, la question sur la place dans l’Histoire de François Bayrou est de se demander si son souhait n’est pas d’apparaître comme celui qui aura prédit la chute du pays et qui aura été un incompris.

En tout cas, c’est le sentiment qui prédomine avec la sortie de son nouveau livre.

Jean-Louis Pommery

 


mercredi 10 juin 2026

Vues du Centre. La protection de l’enfance salie par les politiciens populistes

Par Alexandre Vatimbella et Jean-Louis Pommery


Un peu de dignité!

C’est juste ce que l’on demande aux politiques quand on parle de protection de l’enfance et des pires atteintes physiques et psychologiques faites aux enfants.

Et ça, face à la tâche impérieuse que la société doit à ses plus jeunes, une partie d’entre eux n’en est manifestement pas capable.

Ici on touche à la pire noirceur de ces politiciens populistes qui sont prêts à tout pour instrumentaliser tous les drames les plus monstrueux uniquement pour leurs profits partisans et électoralistes.

Quand une députée, Laure Miller, éprouve de la honte d’être dans un hémicycle dont nombre de ses membres font de la polémique la plus démagogique et la plus honteuse à propos de la mort d’une petite fille de onze ans, nous ne pouvons que lui donner raison.

Cela fait des années qu’ici, nous dénonçons les manques de l’Etat mais aussi et surtout un immobilisme de toute la société dans la défense de l’enfance pour être scandalisé par ces personnages qui n’ont pas levé le petit doigt pour lui assurer le bien-être et la sécurité, venir faire la morale et se transformer subitement en procureurs sans aucune légitimité autre que de créer le désordre et de tenter de récupérer une colère des citoyens dont beaucoup de ces derniers devraient d’abord se demander ce qu’ils ont fait pour protéger les enfants.

Lyanna est-elle la victime de trop?

On aimerait bien le croire alors que nombre d’enfants sont victimes chaque année de violences, de meurtres et d’assassinats sans que cela n’engendre une mobilisation quelconque au-delà de quelques paroles et de rassemblements.

Au-delà de ces actes d’autant plus effroyables qu’ils touchent des personnes qui ne sont pas capables de se défendre, la société doit réfléchir à la place de l’enfant et se demander si vraiment elle le respecte.

Comme l’écrivait Françoise Dolto :
«La cause des enfants ne sera sérieusement défendue tant que ne sera pas diagnostiqué le refus inconscient qui entraîne toute société à ne pas vouloir traiter l'enfant comme une personne, dès sa naissance, vis-à-vis de qui chacun se comporte comme il aimerait qu'autrui le fasse à son égard.»

Tous les jours, dans notre quotidien, nous pouvons voir que ce n’est pas le cas.

Alors, messieurs et mesdames les populistes, au lieu de profiter de tragédies qui touchent les enfants pour vous faire de la publicité scélérate, agissez et faites que la société se fasse à hauteur d’enfant.

Ne vous trompez pas et méditez les propos de Janusz Korczak, le grand pédiatre et inlassable défenseur des enfants:
«Vous dites: C'est fatiguant de fréquenter les enfants. Vous avez raison. Vous ajoutez: Parce qu'il faut se mettre à leur niveau, se baisser, s'incliner, se courber, se faire petit. Là, vous avez tort. Ce n'est pas cela qui fatigue le plus. C'est plutôt le fait d'être obligé de s'élever jusqu'à la hauteur de leurs sentiments. De s'étirer, de s'allonger, de se hisser sur la pointe des pieds. Pour ne pas les blesser.»

 

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC 
Jean-Louis Pommery est directeur adjoint du CREC]

 

 


dimanche 17 mai 2026

Chronique centriste. Une «confédération centriste» dans les tuyaux de Bayrou, avec qui et pourquoi faire?


Alors qu’il a cumulé les échecs, François Bayrou veut encore peser sur la vie politique française.

Pas question pour celui qui va fêter ses 75 ans le 25 mai prochain, de passer la main à la nouvelle génération du MoDem, sa création, qu’il veut encore diriger alors que se profile la présidentielle.

Pour que sa voix porte, sa nouvelle idée serait de créer une «confédération centriste» autour de son parti comme rassembleur, avec les déçus du macronisme et ceux qui ne veulent pas de Gabriel Attal comme leader – on parle ici d’Elisabeth Borne, entre autres –, avec l’UDI – qui pourtant n’est plus un parti centriste mais de droite modérée dont l’allégeance à LR est constante – et avec le Parti radical – qui tente, tant bien que mal, de survivre.

Avec cet attelage hétéroclite qui fait penser à la première mouture de l’UDF, la droite orléaniste en moins, que veut faire Bayrou?

D’abord exister, comme on l’a dit mais aussi tenter d’assurer l’avenir du Mouvement démocrate qui n’a du de ne pas disparaitre en 2017 qu’aux largesses d’Emmanuel Macron après qu’il est rejoint et soutenu, contraint et forcé, ce dernier.

Ensuite, tenter de concurrencer Renaissance qui se situe exactement sur le même positionnement politique mais avec un rassemblement un peu plus large.

Reste que cette concurrence risque de créer des confrontations qui risquent d’affaiblir le Centre au moment où il doit être uni face à la montée des extrêmes et à son affaiblissement dû mécaniquement à son passage au pouvoir depuis neuf ans.

Pour l’instant, on ne sait pas encore si cette confédération verra le jour et avec qui exactement, ni si le leadership de François Bayrou sera accepté sachant que parmi ceux qui sont pressentis pour en faire partie, nombre l’ont quitté et se sont opposés à lui ces dernières années.

Jean-Louis Pommery

 


jeudi 11 décembre 2025

La Chronique de Jean-Louis Pommery. La «culture du compromis» n’a pas encore gagné mais elle a montré qu’elle était possible


Le vote du budget de la Sécurité sociale grâce à un compromis d’une majorité des députés des forces de l’axe central serait-il la preuve que la «culture du compromis» a regagné sa place dans la politique française?

Sans doute pas encore mais il a démontré qu’elle était possible ce qui est tout de même une victoire de la démocratie républicaine libérale et de sa branche législative dans un régime de la Constitution de la Ve république où beaucoup pensaient qu’elle était perdue à jamais.

Bien sûr, ce n’est pas la première fois que des partis qui ne sont pas du même bord votent ensemble sur des textes au Parlement et certains d’entre eux sont même adoptés à l’unanimité.

Mais le vote d’un budget n’a pas la même signification.

On a coutume de dire que, dans la Ve république, on délimite les partisans du gouvernement et ses opposants dans le fait que les premiers adoptent le Budget du pays tandis que les autres votent contre.

Cette frontière qui semblait infranchissable l’a pourtant été.

Alors, il ne s’agit que du budget de la Sécurité sociale mais c’est tout de même le financement d’une des politiques principales du pouvoir en place.

Trouver un compromis entre ceux qui le soutiennent et ceux qui le combattent est donc d’un degré supérieur aux votes communs de lois ordinaires.

Peut-être qu’il s’agira d’un «one shot», d’une exception qui confirmera la règle.

On le saura bientôt lorsqu’il s’agira d’adopter le Budget 2026.

Mais, encore une fois, on sait désormais que c’est un cas de figure crédible.

Ce dont ne peuvent que se féliciter les centristes.

 


mardi 11 novembre 2025

Chronique centriste. Macron : et pourtant il a raison


Qui peut croire que nous n’avons pas besoin d’une réforme des retraites face aux réalités de l’économie et de la démographie?

Qui peut croire que nous n’avons pas besoin que des capitaux s’investissent en France pour créer des emplois et donc de la richesse?

Qui peut croire qu’il ne fallait pas renforcer la laïcité face aux attaques de tous les extrémismes?

Qui peut croire qu’il ne fallait pas lutter contre le changement climatique qui menace notre manière de vivre, voire notre vie tout court, tout en donnant au pays les capacités énergétiques de pouvoir adopter un programme ambitieux en la matière?

Qui peut critiquer les dépenses publiques pendant et après la pandémie de la covid19 pour soutenir l’économie en pariant avec justesse sur une croissance qui aurait permis de rembourser ces dépenses, ce qui aurait été le cas sans l’agression de Poutine contre la Russie?

Qui peut critiquer les efforts pour empêcher cette agression puis pour la stopper avant de conclure que Poutine était un criminel qui ne voulait rien entendre et qu’il fallait réarmer l’Union européenne face au danger mortel que représente le dictateur russe

Qui peut critiquer les efforts pour la Défense nationale dans un monde de crises et de menaces?

Qui peut critiquer les efforts souvent payants pour renforcer l’Union européenne qui seule sera capable de nous permettre d’être maîtres de notre présent et de notre avenir?

Qui peut critiquer d’avoir fait de l’école la priorité des priorités?

Qui peut critiquer le fait d’avoir donné la parole aux Français alors que ceux-ci n’avaient pas permis à l’Assemblée d’avoir une majorité absolue en 2017 et alors qu’une motion de censure se préparait contre le gouvernement lors du Budget, d’avoir dissout en 2024?

On pourrait encore continuer la liste.

Car oui, qu’on le veuille ou non, dans de multiples domaines, à de multiples occasions, pour de multiples raisons, Emmanuel Macron a pris les bonnes décisions.

Face à la défiance des Français dans les sondages, face aux critiques médiatiques, face aux règlements de compte politiciens, face, désormais, au déferlement du suivisme moutonnier et à la désignation du bouc-émissaire de tout dont on veut se plaindre, il a pourtant raison depuis huit ans.

Bien sûr, tout n’a pas été un succès, tout n’a pas été une bonne décision mais on voulait, ici, rappeler, que le bilan si critiqué par les Français, si abaissé et caricaturé par nos experts médiatiques, si fallacieusement dépeint par les oppositions n’est certainement pas globalement négatif et démontre, au contraire en de multiples occasions une justesse dans le constat et dans la politique suivie.

On voulait aussi rappeler que cette politique centrale et très souvent centriste est pensée, structurée et a un sens contrairement à ce que disent ses contempteurs et ses démolisseurs.

On voulait enfin rappeler face aux attaques incessantes du Centre et du Centrisme en France mais pas seulement, qui serait à l’origine de tous les maux passés, présents et futurs, que les résultats sont là et qu’une politique centriste donne des résultats, le plus souvent nettement meilleurs que celles des clientélismes de gauche et de droite, sans évidemment parler de celles des populismes démagogiques des extrêmes.

Jean-Louis Pommery
Alexandre Vatimbella

 


jeudi 11 septembre 2025

Chronique centriste. Bayrou a découvert à ses dépens que son union nationale est largement un fantasme


Depuis des années François Bayrou affirme que devant les difficultés de la France, la seule solution pour vraiment s’attaquer aux défis que le pays doit relever est l'union nationale et il se faisait fort de la réaliser s'il parvenait au pouvoir.

C’était même le cœur d’une de ses campagnes présidentielles où il faisait souvent référence au Général de Gaulle pour s’y comparer…

Les deux conditions, les défis et le pouvoir, étant réunies, son passage à Matignon a démontré que celle-ci était largement un fantasme.

Sans doute qu'elle peut exister en temps de guerre et encore mais a peu de chances d'être réalisable dans les autres circonstances comme celle que connait, selon lui, le pays actuellement.

Parce que les différences partisanes normales en démocratie et les jeux politiciens habituels ne sont pas compatibles avec cette idée d’une nation réunie contre des défis qui n’engagent pas son existence vitale.

Mais peut-être est-ce même la personne de François Bayrou qui n’est pas compatible avec cette union nationale, de toute façon.

Le président du MoDem a voulu se présenter devant les Français comme quelqu’un capable de réunir autour de lui au-delà de son camp.

Or, tout dans son parcours politique dit le contraire, lui qui a été souvent en conflit même personnel avec ses opposants, on pense ici à Nicolas Sarkozy mais pas seulement.

Et il a souvent créé la division dans son propre camp, le Centre dont il est le premier responsable de son morcellement en 2007, après la présidentielle où il crée le Mouvement démocrate, provoquant l’implosion de l’UDF qui perdure encore actuellement.

Tout cela, d’ailleurs, s’est concrétisé avec un MoDem coquille vide pendant des années où il lui était impossible de prendre de l’importance et où des personnalités qui le rejoignaient, s’en allaient quelques mois plus tard pour incompatibilité avec son président.

Il n’était donc pas la personne la plus légitime, au-delà de son discours qui ne recoupe pas ses actes, pour réunir face à un paysage politique morcelé.

Par ailleurs, le Centrisme, même s’il souhaite comme tout autre pensée politique, regrouper le plus de gens autour de ses idées et idéaux, n’est pas l’idéologie de l’union nationale mais du juste équilibre qui ne sont pas des synonymes.

Enfin, sa tentative de regrouper autour de lui l’ensemble des forces politiques ou, tout au moins, celles qui sont républicaines, en demandant la confiance par rapport à sa propre démarche qu’il a voulu présenter comme la seule possible, a démontré qu’il cherchait moins à unir qu’à rallier, ce qui n’est pas la même chose.

Pour un homme politique qui est à la tête d’une formation politique qui est sous les 10% aux élections et dont la popularité tourne autour de ce pourcentage, c’était mission impossible voire une certaine prétention.

Jean-Louis Pommery
Alexandre Vatimbella

 


vendredi 20 juin 2025

Chronique centriste. Dissolution et irresponsabilité des députés


C’est un assentiment largement commun chez les politologues, politistes et autres «experts» es-politique sans parler des journalistes et des sondés: la dissolution est la preuve de l’irresponsabilité de Macron, de sa faute politique et de sa culpabilité dans le chaos que celle-ci a provoqué.

Pourtant le Président de la République n’a fait que redonner la parole aux Français qui, eux, ont élu des députés.

Parler d’irresponsabilité, de faute ou de culpabilité lorsque l’on permet aux citoyens de s’exprimer et d’user de leurs droits démocratiques, c’est donné bien peu de crédit à ceux-ci qui sont pourtant la base même de la démocratie.

Car, quel que soit le résultat de l’élection, c’est bien le choix du peuple, celui-ci étant le fondement même de la démocratie représentative.

Et donc, in fine, s’il y a crise ou instabilité politique, celui qu’il faut critiquer pour son inconséquence, voire pour sa «bêtise», c’est d’abord le peuple.

Et ensuite aux élus que le peuple a choisis.

Ainsi, le chaos qui s’en est suivi avec l’absence de majorité à l’Assemblée et le refus des députés d’être dans le consensus et le compromis est plutôt la démonstration de leur irresponsabilité et de leur incapacité à s’entendre pour faire passer l’intérêt de la France avant leurs intérêts partisans et mais aussi de leur carrière.

D’autant que nombre d’éléments militent pour cette thèse.

D’abord, comme l’a souvent rappelé Emmanuel Macron, nombre de députés, et pas seulement dans l’opposition, étaient de farouches partisans d’une dissolution pour, soi-disant, clarifier la situation politique du pays et faisaient peser sur le gouvernement une épée de Damoclès qu’une majorité d’entre eux avaient semble-t-il décidé de l’utiliser quelques mois plus tard lors du vote du Budget.

Ensuite, devant le résultat de l’élection, les appels aux compromis nécessaires ont été rapidement couverts par les appels à s’opposer et à fragiliser le pouvoir en place en refusant tout consensus pour protéger les intérêts du pays et de la population.

Et le refus de voter le Budget présenté par le Premier ministre d’alors, Michel Barnier, était une manière de prendre date électoralement parlant sans aucune justification pour le bien de la France.

Ici, ce n’est pas Macron qui a agi mais bien les députés nouvellement élus, aidés aussi par les sénateurs…

Car même si Emmanuel Macron avait des raisons de dissoudre pour peut-être retrouver de la légitimité ou pour bâtir une nouvelle majorité ou quoi que ce soit d’autre, il s’est incliné devant le suffrage universel et a fait en sorte de laisser la parole à l’Assemblée nationale nouvellement élue.

Certains le lui ont même reproché, un comble!

S’il y avait eu une majorité quelconque et qu’il ait passé outre, on aurait pu le blâmer de ne pas avoir respecté les résultats de l’élection et donc le choix des Français.

Mais tel n’a pas été le cas.

Dire cela n’est pas défendre Emmanuel Macron sur sa responsabilité politique du choix de dissoudre mais de faire un sort aux accusations déplacées qui lui sont adressées – la seule pouvant lui être adressée est qu’il a manqué de nez, ce qui n’est pas aussi sûr que cela, sachant qu’il a demandé aux Français de prendre leurs responsabilités face aux extrêmes et au score très élevé du RN lors des élections européennes ainsi que dans les sondages.

Non, il s’agit simplement de remettre les responsabilités où elles doivent être – sur les électeurs ainsi que les élus et sur une polarisation politique qui empêche le bon fonctionnement de la démocratie républicaine libérale.

Car celle-ci n’a pas besoin qu’il y ait une majorité absolue d’un camp pour fonctionner.

Elle est le régime du consensus et du compromis par excellence.

Dès lors, lorsqu’il y a absence de majorité, les institutions doivent pouvoir fonctionner en s’appuyant sur le consensus et par le compromis.

Si ce n’est pas possible, la faute en revient à ceux qui ont choisi de ne pas s’entendre, remettant en cause le principe même à la base de l’existence d’une démocratie, la recherche du bien commun avant le clientélisme et l’électoralisme.

Jean-Louis Pommery
Alexandre Vatimbella

 


samedi 7 juin 2025

Chronique centriste. Un an après la dissolution, toujours les mêmes déchainement contre Macron et incohérence des Français


Fallait-il dissoudre après les élections européennes qui avaient vu le triomphe du RN?

La question divise encore et une majorité de politiques et de médias continuent à se déchaîner contre la décision de Macron avec des arguments souvent fallacieux et, de plus, connaissant le résultat…

De même, les Français continuent à accabler le Président de la République pour avoir dissout mais dans une incohérence qui frise le ridicule.

Ainsi, LCI a publié un sondage Ifop dans lequel 60% des sondés reprochent cette dissolution à Emmanuel Maceron et 81% estiment qu’elle a fait perdre du temps au pays mais 41% en veulent une nouvelle!

Comprenne qui pourra…

Toujours est-il que nombre d’éléments étaient en faveur d’une dissolution qui, rappelons-le, donnait la parole au peuple, ce que beaucoup des critiques de Macron lui reprochent alors qu’ils parlaient d’une présidence impériale, voire illégitime!

D’abord la défaite aux européennes qui marquait une défiance du pouvoir en place même si cela n’avait aucune incidence sur la gouvernance du pays d’autant que ce n’était pas la première fois qu’une majorité présidentielle perdait ces européennes ou d’autres élections «intermédiaires».

Ensuite le climat délétère depuis 2022 et la réélection sans discussion d’Emmanuel Macron malgré les attaques en illégitimité du RN et de LFI avec l’absence d’une majorité à l’Assemblée pour le camp présidentiel mais également pour la Gauche ou la Droite ce qui permettait à toutes les intrigues, toutes les rumeurs, toutes les déstabilisations de fleurir, empêchant une gouvernance stable et efficace.

Parmi ces attaques, il y avait sans cesse des appels à la démission de Macron par LFI et Mélenchon, le RN et Le Pen mais, nouveauté, par certains à droite et à gauche qui pensaient pouvoir en profiter.

Puis, il y avait cette volonté à peine cachée, de toute l’opposition de censurer le gouvernement lors du Budget 2025 avec un vote pour des extrêmes (LFI,RN, Les écologistes), bien sûr, des socialistes, évidemment, mais aussi des droitistes de LR et de ses alliés.

Tout cela concourait à ce qu’il y ait besoin d’une clarification alors qu’il restait trois ans avant la prochaine présidentielle.

A cela s’ajoutait, un élément essentiel: un RN qui ruait dans les brancards avec ses menaces mais qui ne voulait pas de législatives anticipées, Marine Le Pen répétant sans cesse que seule la présidentielle l’intéressait.

Or, Emmanuel Macron, justement, ne voulait surtout pas qu’en 2027, alors qu’il ne pouvait se représenter, un candidat d’extrême-droite puisse gagner l’élection et s’installe à l’Elysée.

Pour lui, s’il devait y avoir la victoire du RN, autant qu’elle soit lors de législatives, trois ans avant l’élection présidentielle, ce qui aurait permis aux Français de se rendre compte de la totale incompétence de l’extrême-droite de gouverner le pays et de le rejeter majortiairement.

D’ailleurs, le RN s’appliqua à faire en sorte de bâtir une justification qui lui permettait de refuser de gouverner en cas de victoire avec comme élément central qu’il lui fallait une majorité absolue à l’Assemblée ce qu’aucun sondage alors ne lui prédisait…

Oui, il faut rappeler tous les éléments qui ont conduit Emmanuel Macron à dissoudre, non pas de manière impulsive mais par une analyse construite qui peut ne pas être partagée mais qui n’a rien d’incompréhensible malgré les dires de ceux qui s’y sont opposés même dans son propre camp.

Cela suffisait-il à agir de la sorte avec tous les aléas qui pouvaient en résulter mais dont aucun n’était sûr?

Le résultat de l’élection dit sans doute le contraire mais pas autant que ça car il a démontré que les Français ont voté avec leurs émotions et non leurs raisons, venant confirmer un refus de prendre leurs responsabilités face à la crise mondiale et son rejaillissement sur le pays, Macron sachant que cela pourrait aboutir à ce constat.

Mais le résultat a dit également que ces mêmes Français devant leur inconséquence du premier tour qui offrait quasiment le pouvoir à l’extrême-droite qui, rappelons, n’obtint autour de 33,42% des intentions de vote et plafonne à 35% d’intentions de vote actuellement dans les sondages, pouvaient se mobiliser lors du deuxième tour et empêchait ce scénario catastrophe.

Encore faudra-t-il répéter cette prise de conscience dans deux ans exactement.

Enfin, pour ceux qui pensent que ces élections ont changé le climat politique en pire, invitons-les à lire les sondages qui n’ont rien changé à la donne électorale avec le RN favori de la prochain présidentielle, pas plus, pas moins qu’avant la dissolution…

Dès lors ce que l’on peut reprocher à Emmanuel Macron c’est plus un coup dans l’eau qu’une faute ou même une erreur.

En revanche, la responsabilité du «peuple» français est bien engagée si l’on considère que c’est lui et lui seul qui s’exprime lors d’une élection démocratique et honnête comme a été celle de 2024.

Jean-Louis Pommery
Alexandre Vatimbella

 


mardi 27 mai 2025

Chronique centriste. Quand le MoDem accuse Renaissance de ne penser qu’à la présidentielle: c’est l’hôpital qui se fout de la charité!


En 2007, lorsque François Bayrou crée le Mouvement démocrate, plus connu aujourd’hui comme le MoDem, c’est pour capitaliser sur son bon score à l’élection présidentielle où il vient de terminer en troisième position avec plus de 18% des voix.

Pourquoi veut-il une nouvelle formation politique?

Deux raisons principales.

La première et la plus importante, c’est qu’il veut un outil entièrement dédié à son ambition élyséenne.

Il croit qu’il a un destin présidentiel depuis longtemps, destin que lui a prédit… François Mitterrand!

La deuxième est qu’il pense que l’UDF, dont il est le leader, est trop marquée au centre, voire au centre-droit.

Or, pour gagner une présidentielle, il doit ratisser le plus large possible.

Il pense que les centristes lui sont acquis et sa volonté est de s’ouvrir à la fois à la mouvance gaulliste et, surtout, au centre-gauche et à la social-démocratie.

D’ailleurs, à des militants UDF qui lui demandent alors comment il se définirait, il répond qu’il n’est pas centriste mais qu’il cherche encore une appellation qui serait plus en accord avec ce qu’est son positionnement politique.

Et le MoDem va être cet objet peu identifié au départ qui va être uniquement axé sur la présidentielle de 2012 et les suivantes.

Ces échéances électorales seront plus que décevantes pour Bayrou qui ne réussira jamais à réunir autant d’électeurs derrière son nom qu’en 2007.

En même temps, son parti est devenu une coquille vide où les élus se comptent quasiment sur les doigts d’une main, ayant sacrifié toutes les autres élections et n’ayant plus aucune alliance qui lui permettrait de gagner quelques sièges.

Cette situation deviendra critique en 2016, à l’orée de la présidentielle qui verra la victoire d’Emmanuel Macron le 7 mai 2017.

François Bayrou veut évidemment se présenter une nouvelle fois mais les sondages sont si bas que les membres du MoDem le découragent de se lancer dans une aventure qui détruira le parti et l’engagent à soutenir Macron ce qu’il fera du bout des lèvres après avoir été son principal pourfendeur…

En récompense, il aura des postes ministériels et un groupe à l’Assemblée nationale, un véritable sauvetage politique qu’il doit uniquement à Emmanuel Macron.

Et il réinstallera son parti au Centre en revendiquant qu’il est le seul centriste de l’échiquier politique…

Ce long rappel était nécessaire pour bien comprendre pourquoi aujourd’hui lorsque les dirigeants du MoDem comme Marc Fesneau ou Jean-Noël Barrot ruent dans les brancards en accusant Renaissance et plus particulièrement Gabriel Attal de ne penser qu’à la présidentielle de 2027, c’est l’hôpital qui se fout de la charité!

Sans doute que c’est en partie vraie mais c’est aussi le cas du MoDem!

Car François Bayrou n’a pas renoncé à son ambition présidentielle et se verrait bien candidat dans deux ans.

Mais il part de très loin et ses chances sont infimes sauf s’il montre qu’il est le seul vraiment du Centre alors que ses concurrents de l’axe central et de la coalition présidentielle, Edouard Philippe, Gérald Darmanin et surtout Gabriel Attal sont des hommes de droite ce que sont en train d’entreprendre ses lieutenants notamment en accusant ce dernier d’un virage qui flirte avec l’extrême-droite!

Une attaque sous la ceinture qui a fait les choux gras de tous les médias anti-Macron.

Oui, le MoDem a aussi les yeux fixés sur 2027 parce que c’est dans son ADN et parce qu’elle a besoin pour continuer à exister après le départ d’Emmanuel Macron de l’Elysée de représenter le «vrai» Centre dont les sympathisants sont sa base électorale.

C’est ainsi que l’on peut comprendre l’offensive contre Renaissance qui était jusqu’à maintenant à fleuret moucheté et qui a pris un tour plus agressif parce que Bayrou et Fesneau comme Attal savent compter et connaissent le nombre de jours avant le scrutin de 2027.

Jean-Louis Pommery
Alexandre Vatimbella