Voici une sélection, ce 16 février 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du premier ministre.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> L’État de droit ce sont les socles qui permettent à la République d’être
ce qu’elle est. Ce socle-là est important parce que c’est ce qui permet
d’articuler les libertés dans notre République. Toute velléité de dire notre
problème c’est le fait qu’il y a les contre-pouvoirs est dangereuse parce
qu’elle dissout la République. Il ne faut pas mettre en l’air notre
Constitution et donner l’impression que nos problèmes viendraient de là. Il
faut parfois changer les règles, donc l’état du droit mais il faut faire
très attention à l’État de droit.
> [LFI] Il n’y a pas tellement de mystère pour dire
qu’ils sont à l’extrême gauche. Je veux être très clair. Quand des Français
élisent des parlementaires et mettent des gens dans les institutions, on ne
peut pas les exclure. Mais je constate que dans les positions qu’ils prennent
en particulier l’antisémitisme, ils contreviennent à des principes fondamentaux
de la République, à des valeurs de la République.
Il y a clairement des expressions antisémites qui émergent et qui doivent être
combattues.
> Ce qui s’est passé ces dernières années, c’est que des gens qui avaient un
rôle actif dans le combat antiraciste ont utilisé, déformé ce qui se passe à
l’international pour essayer de déshumaniser, d’essentialiser nos compatriotes
juifs.
> [Dérives de LFI] Nous ne devons jamais accepter qu’un de nos enfants soit accusé d’être génocidaire. C’est une inversion des valeurs à laquelle il ne faut rien céder.
> Je sais qu’il y a beaucoup de familles juives qui pensent à faire leur alyah. On peut avoir des désaccords avec tel ou tel. Je veux leur dire : votre place est ici parce que c’est votre pays. La France a besoin de vous.
> [Montée de l’antisémitisme] Nous en sommes arrivés là par des séries de petites faiblesses, par ce pacte des lâchetés. Nous devons nous réveiller. La lutte contre l’antisémitisme, elle est existentielle pour la République.
> L’élection présidentielle ce n’est pas le choix du Président en place. On ne choisit pas son successeur. Les Français le font et c’est bien ainsi.
> Il y a très clairement des contenus qui sont relayés en ligne ou par des chaines qui en effet sous couvert de couvrir l’actualité internationale alimentent, exacerbent la haine des Juifs et créent la fracture dans votre société.
> Le premier ministre Netanyahu a vécu une attaque terroriste islamiste antisémite terrible, celle du 7 octobre Il ne faut rien céder à l’antisémitisme, il ne faut rien céder à l’antisionisme. Pour autant il faut accepter d’avoir des désaccords avec un gouvernement. Quand il a été dans l’excès, je l’ai regretté parce que c’était contre-productif et malhonnête. Quant aux ambassadeurs qui s’expriment au-delà de leur mission, je pense que c’est malhonnête.
> Il y a deux ans, le monde apprenait la mort d'Alexeï Navalny, dont je salue la mémoire. J'avais alors dit ma conviction que sa mort disait tout de la faiblesse du Kremlin et de la peur de tout opposant. Il est aujourd'hui clair qu'elle a été préméditée. La vérité finit toujours par triompher, en attendant que la justice en fasse de même.
> [Discours lors de la Conférence
de Munich sur la sécurité]
J'aimerais venir à vous aujourd'hui avec un message d'espoir et de
détermination. Là où certains voient de la menace, je vois de la fortitude. Là
où certains voient des doutes, je vois des possibilités. Car je suis convaincu
que l'Europe est forte et peut-être rendue encore plus forte. C'est le moment.
Une Europe plus forte sera une meilleure amie pour nos alliés, pour les
États-Unis et tout le monde nous demande de nous renforcer, sauf évidemment nos
adversaires et même nous parfois et c'est incompréhensible: nous-mêmes nous
sommes des obstacles. C'est pourquoi nous devons y remédier. J’en suis
convaincu vraiment.
J'aimerais commencer par cette remarque: nous avons besoin d'un état d'esprit
beaucoup plus positif. J'aimerais commencer par une clarification. Il y a eu
certaines tendances ici et ailleurs ces derniers temps pour ignorer l'Europe et
la critiquer.
L'Europe a été discréditée comme une construction qui prend de l'âge et qui
n'est plus du tout pertinente, comme une ancienne société qui est maintenant
ouverte à des traditions barbares, à une économie déclinante. Un continent où
les faits alternatifs gouvernent. C'est ce qu'on entend. Ce serait donc un
continent de vieille garde.
De l'Europe, je vous propose un autre potentiel, une autre lecture. L'Europe,
c'est un continent inédit où nous avons constitutionnalisé la paix par
l'interdépendance économique. Ne croyez pas une seule seconde que c'est une
construction qui relève de la vielle garde également. C'est exactement ce dont
nous avons besoin et je le défends. Et nos amis des Balkans occidentaux qui sont
présents ici veulent nous rejoindre dans l'Union européenne car ils savent
quelle est la valeur de cette approche. Mais nous sommes trop timides. Nous
n'osons pas dire que oui, nous sommes comme ça. C'est terrible pour nous de ne
pas croire en nous-même. (…)
Je pense que tout le monde devrait s'inspirer de nous au lieu de nous critiquer
sans cesse ou d'essayer de nous diviser. Le président Poutine est venu ici même
il y a 20 ans et a essayé d'obtenir des sphères d'influence pour son pays. Et
la peur de la coercition s'est faite au dépend de l'Europe et il a essayé de
défendre une doctrine qui avait disparu déjà avant le la fin de l'URSS. Ces
idées passéistes du président Poutine semblent redevenir d'actualité. Mais nous
sommes dans l'Union européenne. Nous avons des alliés très proches le
Royaume-Uni, le Canada, les Balkans occidentaux. Nous pouvons avoir un
partenariat sur un pied d'égalité. Nous pouvons avoir une paix basée sur la
prospérité avec des indicateurs très clairs de prospérité. (…)
Parlons de compétitivité, parlons de cohésion entre nos politiques publiques.
Parlons de convergence de nos citoyens, de la presse qui sont ainsi protégés
tout comme notre liberté universitaire. C'est un espace de liberté et non pas
un espace de coercition. (…)
Nous devons être fiers de tout ce qui a été réalisé sur le continent européen
et nous devrions être inspirés et inspirant aux autres. Ce n'est pas le cas. Ça
ne veut pas dire évidemment que nous n'avons pas des défis mais il est toujours
temps de lister les défis. Je voulais commencer par de l'optimisme.
Je ne vais pas parler plus que ça de l'Iran. Évidemment, nous soutenons les
sociétés civiles après tout ce qui s'est passé là-bas, mais j'aimerais me
concentrer plutôt sur les défis existentiels. L'Ukraine, l'Ukraine aujourd'hui,
demain et après la guerre et la sécurité en Europe. L'Ukraine évidemment est le
plus grand défi auquel nous sommes confrontés. Nous avons été mis au défi et
nous avons fait ce qu'il fallait. Nous avons déjà réalisé un paquet d'aide de
127 milliards d'euros et aujourd'hui c'est une des seules sources de
financement militaire de l'Ukraine. Nous avons réalisé 20 paquets de sanctions
envers la Russie et nous avons décidé de mettre fin à notre dépendance envers
la Russie et personne en février 2022 pensait que nous serions capables de
mettre fin à notre dépendance envers la Russie.
Je soutiens la volonté du président Trump de provoquer et de créer la paix et
je pense effectivement que nous en nous en rapprochons. Mais alors que la paix
se dessine, la Russie continue de tuer des civils et de s'attaquer à des
infrastructures stratégiques et critiques pour la population civile. La réponse
ne peut pas être de céder aux exigences de la Russie, mais au contraire
d'augmenter la pression que nous exerçons sur la Russie. Et regardons le
contexte plus large. Vous prenez ces quatre dernières années, la Russie a
envahi l'Ukraine. C'est maintenant un pays affaibli. La Russie dépense des
milliards pour financer sa défense. C'est une puissance économique isolée qui
dépend complètement de la Chine. C'est un pays qui avait déjà des problèmes
démographiques conséquents et aujourd'hui c'est encore pire. (…)
La Russie prétendait lutter contre l'expansion de l'OTAN. En résultat la Suède
et la Finlande ont rejoint l'OTAN. Et maintenant l'Europe se réarme
massivement. C'est une erreur, un piège économique et militaire et stratégique.
Évidemment, nous entendons ici encore des discours défaitistes sur l'Ukraine.
J'entends pourtant certains chefs d’Etat et de gouvernement qui appellent
l'Ukraine à accepter les conditions de la Russie. C'est une erreur stratégique.
Un jour, la Russie devra et les Russes surtout devront réaliser ce qui a été
commis en leur nom et ils verront les conséquences de très long terme sur leur
pays.
Mais avant cela, nous continuerons, nous ne relâcherons pas la pression. Nous
devons continuer à préserver l'aide à l'Ukraine, préserver nos traités,
continuer à maintenir cette pression sur la Russie et c'est vraiment un exemple
calamiteux pour le monde.
Quels sont les objets qu'est-ce qui est en jeu ? Évidemment, cela a des
conséquences sur tous les êtres humains du monde entier. Tout est lié à
l'Ukraine. Il faut nous assurer que l'Ukraine est en position de répondre et de
résister aux attaques russes. La semaine dernière, 190 millions d'euros d'aide
à l'Ukraine ont été décidés pour la l'accès à des équipements militaires. La
France va faire sa part. J'aimerais remercier madame la présidente de la Commission
européenne pour tout son travail pour négocier ce paquet d'aide à l'Ukraine.
Notre ministre de la Défense comme d'autres de ces homologues se sont rendus à
Kiev et j'aimerais remercier l'Allemagne notamment pour son engagement majeur
dans les financements d'aide à l'Ukraine.
Ensuite, il faut continuer à attaquer l'économie de guerre russe. Vingt paquets
de sanctions au niveau européen qui sont concentrés sur le nerf de la guerre
pour ainsi dire. Il faut continuer à cibler de plus en plus fort la flotte
fantôme de la Russie. Et nous voyons bien que les revenus russes ont baissé de
25 % notamment sur ce qui concerne la flotte fantôme et 25 % de ces navires ne
retournent pas non plus en Russie. Il faudrait donc intensifier nos efforts de
lutte contre la flotte fantôme puisque cela fonctionne et cela touche
l'économie de guerre russe en plein cœur.
Il faudra donc intensifier notre travail de la coalition des volontaires sur
les garanties de sécurité. Il y a un an, nous nous tournions vers les
États-Unis pour savoir s’ils voulaient nous engager vers plus de soutien à
l'Ukraine ou s’il fallait avancer sur le les négociations de paix. Mais on voit
bien aujourd'hui nous sommes dans une situation bien différente avec les
Canadiens, les Néo-Zélandais, les Japonais, nous finançons nous-mêmes. Aujourd'hui même du matériel a été a été
livré à l'Ukraine par la coalition des volontaires financés par nous-mêmes. Et
donc cette coalition fonctionne. Nous nous organisons pour organiser le soutien
à l'Ukraine et nous avons un mandat politique très clair pour faire en sorte
que la paix soit crédible et que le jour d’après le cessez-le-feu fonctionne
pour l'Ukraine. (…)
D'abord, il faudra que l'Ukraine accepte c'est-à-dire que toutes les garanties
de sécurité, toutes les levées de sanctions. Toutes les décisions de la part de
l'Union européenne dépendent de l’avis de l'Ukraine. Il n'y aura pas de paix
sans les Européens. Vous ne pourrez pas négocier sans les Européens. Soyez-en
certain, si nous ne sommes pas autour de la table, les Ukrainiens ne seront pas
autour de la table. Et dans ce cas-là, il n'y a pas de paix.
Il faut donc rétablir un canal de communication transparent avec la Russie,
bien évidemment en coopération avec nos alliés américains et avec les
Ukrainiens. Nous faisons partie de la solution et donc nous devons être
associés à la discussion. C'est bien notre intérêt propre de défendre la
stabilité dans notre propre continent.
C'est pour moi le deuxième défi. Nous-mêmes comment pouvons avoir un avenir dans
l’Europe qui doit cohabiter avec une Russie agressive à nos frontières. C'est une
question qui se pose pour l'Ukraine, mais pas que. Il faudra nous aussi que
nous répondions à une Russie agressive avec son industrie de défense en plein
rush et il faudra arriver à limiter le risque d’escalade du conflit.
En tant qu'Européens, nous commencerons par définir notre propre intérêt de
sécurité, nos propres intérêts. Et cela fait partie d'un accord de sécurité.
Est-ce que nous acceptons que des missiles à longue portée soient déployés à
nos frontières ? Quelle est la maîtrise des armements que nous attendons après
la paix ? Est-ce qu'il est possible de définir des limitations des portées des
missiles en Europe? Comment nous mettrons en œuvre ce contrôle et cette
maîtrise des armements ? Quelle forme prendra le contrôle des armements alors
que le traité New Start vient d'expirer? Comment nous allons pouvoir
aujourd'hui appliquer cela dans notre voisinage immédiat alors que la Russie
continue à établir sa présence au Moyen-Orient, en Méditerranée, en Afrique?
Évidemment, cette liste n'est pas exhaustive.
Nous devons tous être actifs, tous les Européens. Nous nous devons d’être à la
table des négociations parce que cette négociation aura lieu. Nous devons être
préparés. Nous avons tous oublié qu'il y a quelques années à peine, nous avions
un ordre international où toutes ces questions étaient déjà réglées. Réglées
par des traités très anciens négociés sans les Européens pour les Européens. Des
traités sans que les Européens n'aient été consultés, sans aucune coordination
avec les Européens. Et donc quand les le traité New Start a été signé, je l'ai
découvert dans les journaux comme tout le monde. Et donc il nous faut
aujourd'hui être inclus dans les négociations pour l'après-guerre contre
l'Ukraine puisque nous sommes concernés directement puisque c'est nous qui
allons vivre avec la Russie à nos frontières.
Et ces négociations, je n'accepterai pas qu'elles prennent place sans nous,
sans les Européens. Évidemment, cela peut être difficile après ces traités qui
ont atténué les risques, mais l'Union européenne et les Européens doivent très
clairement défendre leur intérêt et ma proposition est la suivante,
c'est-à-dire lancer une série de consultations sur cette problématique
extrêmement importante du contrôle des armes.
Nous avons déjà commencé avec nos collègues britanniques et allemands avec une
idée de concertation plus large au niveau européen sur la question des
capacités avec une pensée vraiment stratégique. J'ai vu mon collègue suédois et
j'ai vu d'autres collègues. Il nous faut répondre à ces questions. Il nous faut
nous coordonner.
Cela me mène à mon troisième défi. Comment nous pouvons exploiter nos forces
pour entrer dans ces négociations avec une position forte ? L'Europe doit
apprendre à être une puissance géopolitique. Cela ne faisait effectivement pas
partie de notre ADN. Nous avons créé cette Union européenne comme une
construction politique et ensuite comme un marché unique en matière économique.
Maintenant avec ce nouvel environnement géopolitique, ces négociations pour la
paix, il faut que l'Europe devienne une puissance géopolitique.
Nous sommes sur la bonne voie, mais il faut vraiment accepter d'avancer plus
loin sur ce sujet et il nous faut nous affirmer face à toutes ces grandes
puissances pour être beaucoup plus indépendants.
Quand je parle d'une puissance géopolitique, je ne parle pas ici de la France,
de l'Allemagne, je pense Europe et donc il nous faut penser et agir en tant
qu'européen dès le départ.
C'est là notre mission aujourd'hui et c'est maintenant l'époque des synergies
de pouvoir et si nous continuons à penser de manière nationale serait une
erreur. La puissance maintenant c'est une puissance au niveau européen. Il faut
penser à la défense. Il faut également réduire nos dépendances que ce soit dans
les minerais critiques, le cloud et les technologies du cloud, le design et la
conception de l'armement dans tous ces domaines.
Nous devons clairement exprimer une préférence européenne et j'aimerais
remercier la Commission européenne pour le travail qui a été fait déjà sur ce
sujet.
Nous ne serons crédibles que si nous sommes capables nous européens de produire
ce dont nous avons besoin. Nous avons déjà réaliser de grands progrès l'année
dernière. Nous sommes d'accord sur le plan d'ici à 2030 pour combler une lacune
capacitaire ainsi que sur des standards d'interopérabilité. Et je pense que
maintenant nous avons posé la première pierre, il faut continuer et ne pas
relâcher tout ça. C'est pourquoi nous avons donc ce le projet du SCAF avec
l'Allemagne et l'Espagne. Et c'est pourquoi nous avons tous les projets de
défense aérienne avec le Royaume-Uni. Cela a du sens d'avoir des systèmes
d'alerte aérienne et spatial précoce avec l'Allemagne. Et maintenant, il faut
accélérer tout cela, tout ce que nous avons lancé il y a 7 ou 8 ans.
Maintenant, il faut l'accélérer et ajouter de nouvelles approches de
coopération.
Il y a beaucoup d'argent sur le marché européen en termes de défense et de
sécurité. Si cet argent n'est utilisé que pour avoir des solutions nationales
ou pour favoriser des acteurs nationaux sans effort d'avoir des normes
européennes, un standard européen, des exigences européennes et développer et
ensuite déployer des systèmes au niveau européen, ça n'a aucun sens. Nous
aurons simplement gâché nos fonds et créé l'inverse de nous ce que cherchons à
apporter.
On parle beaucoup du SCAF actuellement et je crois en cette nouvelle génération
de d'avion de combat puisque c'est compliqué pour moi de comprendre comment
nous arriverons à des nouvelles innovations si nous ruinons déjà ce qui a été
fait. Nous avons adopté un nouveau système de financement. L'instrument safe,
c'est un instrument très fort pour notre protection commune.
Je sais qu'il y a parfois des tabous, mais nous avons décidé d'avoir des
obligations communes pour la défense. C'est quelque chose de meilleur et
merveilleux parce que cet argent européen sera utilisé pour des programmes et
des solutions européennes. Et c'est une innovation parfaite. Nous devrions
étendre notre boîte à outils et aussi miser sur des instruments classiques. (…)
Nous aurons une nouvelle génération de missiles à longue distance, à longue
portée. Mais ce n'est pas seulement une question de missile. La crédibilité est
une question de détermination. Et si nous voulons être pris au sérieux ou sur
le continent européen et au-delà, nous devons montrer que nous sommes décidés
de d'honorer notre parole. Cela concerne d'abord l'Ukraine, mais cela concerne
également par exemple les prises de territoire européen injustifiées.
J'aimerais mentionner encore un dernier défi pour beaucoup de nous parce que
dans beaucoup de pays européens, il y aura des élections. Nous devons protéger
notre souveraineté et notre intégrité du débat public, notre démocratie. Voici
la question de sécurité pour toutes nos sociétés. (…)
La manipulation de l'information ingérence étrangère, c'est un sujet critique
et primordial pour nous. Qu'est-ce que nous pouvons faire pour éviter ce
narratif nocif ? Nous avons d'abord commencé à établir un agenda européen qui
était tout à fait acceptable avec le DSA. C’est la première fois nous avons
créé une plateforme européenne. Mais comment est-ce que nous pouvons être
conséquents dans le domaine de la sécurité? La liberté d'expression veut dire
aucune réglementation dans les médias sociaux. Mais la libre expression
d'opinion, cela concerne aussi les esprits, les cœurs des jeunes qui ne
partagent peut-être pas nos valeurs et qui sont exposés aux algorithmes chinois
sans aucune protection. C'est pourquoi nous avons lancé cette limitation
d'accès des enfants qui ont moins de 15 ans aux réseaux sociaux.
Mais comment est-ce que nous pouvons imaginer que tout ce qui serait défendu
dans l'espace public, le discours antisémitique, le discours de haine et
cetera, comment est-ce que cela peut être permis dans les médias sociaux parce
que ce serait l'expression libre d'une opinion. (…)
La limite de ma liberté c'est la limite de votre liberté. C'est de cela qu'il
s'agit pour la libre expression d'opinion. C'est aussi une question de
démocratie. Nous les démocraties, nous voulons respecter les autres et nous
voulons être respectés. Ça c'est notre position.
C'est aussi notre interprétation d'une bonne relation transatlantique et c'est
pourquoi il est très important de continuer sur la voie de la réglementation
des médias sociaux dans l'intérêt de notre démocratie tout comme en préservant
l'intégrité de notre démocratie.
Est-ce qu'en même temps nous avons ouvert la boîte de Pandore dans ces médias,
dans cette sur cette plateforme? Nous sommes trop naïfs, nous sommes trop
faibles vis-à-vis d'ingérences étrangères. Nous devrons empêcher ces gens de
s'ingérer dans notre sphère et nous devrons demander à ces plateformes de
bloquer entièrement des trolls, des bots. Nous devons être sûr qu'il y a une
seule personne qui a un seul compte, si c'est vraiment une personne, si c'est
un système d'intelligence artificielle, si c'est quelque chose qui a été
organisé par une grande entreprise, ce qui devrait être défendu. Il nous faut
de la transparence sur les algorithmes.
Nous sommes des démocraties. Nous voulons de la transparence. Cela fait partie
de notre démocratie et nous avons besoin aussi de rendre responsable ces
plateformes s'ils ne respectent pas nos règles et notre ordre social. Si elles
ne le font pas, nous devons aller plus loin si elles ne respectent pas nos
règles et il faudra bloquer ces ingérences dans nos systèmes.
Donc il y a beaucoup de choses à faire. Il faudra montrer de la force et être
tenace vis-à-vis de l'Ukraine, défendre à long terme aux intérêts européens et
aussi utiliser notre influence et aussi être optimiste en tant que démocratie.
Ce sont les plus grands défis et vraiment je crois dans la force de notre audace.
C'est le bon moment pour l'audace. C'est le bon moment pour une Europe forte.
Une Europe qui soutient clairement l'Ukraine, clairement fixe ses conditions
pour une paix qui est claire en ce qui concerne les exigences vis-à-vis de la
Russie et qui est claire en ce qui concerne la défense de son modèle. Et cette
Europe sera un bon allié, un bon partenaire pour les États-Unis. Ce sera un
partenaire qui acceptera sa partie de la charge. Un partenaire respecté et nous
devons être respecté. Nous avons fait beaucoup et nous ferons plus. Nous
poursuivons sur cette route, croyez-moi.
> Je tiens à rappeler ici que, depuis
ses origines, la dissuasion française, la dissuasion nucléaire, puise son
inspiration dans une perspective européenne. Le général de Gaulle, dès les
années 1960, soulignait que l'un des intérêts vitaux de la France résidait
précisément dans son empreinte européenne. Ce n'est donc pas nouveau, et tous
mes prédécesseurs ont réaffirmé cette approche. Mais il me semble aujourd'hui,
et cela m'apparaît clairement depuis 2019 et le retrait unilatéral des
États-Unis du traité FNI, que nous devons repenser et réorganiser notre
architecture de sécurité en Europe. Car l'architecture de sécurité précédente a
été entièrement conçue et structurée pendant la Guerre froide. Elle n'est donc
plus adaptée.
Aujourd'hui, bien sûr, nous sommes entièrement mobilisés pour soutenir
l'Ukraine, ce qui est normal. Mais cette nouvelle architecture de sécurité fera
assurément partie d'un processus de paix à long terme. À cet égard, il est
primordial de prendre en compte toutes les capacités, nos propres capacités
militaires au niveau national, et peut-être aussi certaines capacités communes
à l'échelle européenne – notamment les missiles à longue portée et les frappes
de précision en profondeur. C'est pourquoi j'ai évoqué cette capacité :
elle est cruciale, ne serait-ce que pour être crédible dans ce dialogue avec la
Russie, car elle possède ces capacités. Si l'on veut entamer un dialogue
crédible, il faut parfois faire plus, même si cela implique de réduire la voilure
après les négociations. C'est absolument essentiel.
Nous devons repenser la dissuasion nucléaire dans cette perspective. C'est
pourquoi nous avons entamé un dialogue stratégique, que je détaillerai dans
quelques semaines, avec le chancelier Merz et plusieurs dirigeants européens,
afin d'articuler notre doctrine nationale, garantie et encadrée par la
Constitution, avec une coopération spécifique, des exercices communs et des
intérêts de sécurité partagés avec certains pays clés. C'est précisément ce que
nous faisons pour la première fois de l'histoire avec l'Allemagne.
Ce dialogue est important en soi, mais il est également essentiel car il permet
d'intégrer la dissuasion nucléaire dans une approche globale de la défense et
de la sécurité. Il contribue à une convergence de nos approches et cultures
stratégiques franco-allemandes. À mes yeux, c'est un élément fondamental de
cette voie à suivre. Je tiens également à préciser que nous entretenons un
dialogue spécifique avec le Royaume-Uni, autre puissance nucléaire, et qu'à
Northwood, il y a quelques mois, nous avons finalisé un nouveau traité visant
précisément à renforcer cette coopération. Certains dirigeants ont également
évoqué cette discussion, et Ulf en fait partie. Avec la Suède, nous avons aussi
une discussion très spécifique, mais selon une approche sélective.
> Dès le premier jour, nous avons
décidé d'aider l'Ukraine dans cette guerre de résistance, mais de refuser toute
escalade avec la Russie, c'est-à-dire de ne pas attaquer la Russie sur son
territoire ni d'envoyer de troupes au sol. Nous continuons donc d'agir dans ce
cadre, et vous avez raison, je comprends parfaitement votre frustration et vos
propos.
Parallèlement, nous avons fait beaucoup de choses que beaucoup jugeaient
impensables il y a quelques années. Je veux dire, envoyer des avions de chasse,
des chars, des moyens à longue portée, un financement important, etc. Il y a un
an, beaucoup espéraient simplement que cet effort se poursuive. Ce que je peux
vous dire, c'est que, premièrement, en tant qu'Européens, nous avons envoyé un
message clair : ce soutien n'est pas conditionné par le soutien financier
des États-Unis, et c'est très important car il est sous-estimé. Nous ne sommes
plus dépendants du soutien financier américain. Les membres de la Coalition des
volontaires ont financé l'intégralité de l'effort de guerre. Nous restons
dépendants de certaines capacités et de certains équipements américains, mais
nous les achetons aux États-Unis. Ils ne nous les fournissent même pas. Nous
les achetons aux États-Unis avec l'argent des contribuables européens,
canadiens, norvégiens, etc. Ainsi, nous réduisons les risques à partir de ce
point.
Ce qu'il nous faut maintenant, c'est clarifier la situation concernant les
discussions en cours.
Je ne vois aucune preuve ni confirmation que les Russes souhaitent finaliser la
paix maintenant. Ils continuent de bombarder, y compris des civils, ils
tergiversent et, comme à leur habitude, ils instrumentalisent toutes les
concessions territoriales et autres faites par les négociateurs. Ils veulent
faire durer le conflit. Nous devons nous organiser pour tenir bon et résister.
Aujourd'hui, si nous envoyons des troupes au sol dans cette situation, nous
prenons la responsabilité de l'escalade. Je suis honnête avec vous. Si nous
envoyons des troupes sur le champ de bataille, je pense qu'il n'y aura pas de
consensus aujourd'hui, et je ne veux pas faire de promesses excessives. Je
pense que nous serions responsables d'une perte de contrôle de la situation. Ce
qui importe pour nous maintenant, c'est de mettre en œuvre le programme que
nous avons voté et décidé, de placer votre pays dans une situation où il pourra
résister sur les plans énergétique, de la défense et de la sécurité, mais aussi
de retrouver une vision commune de la situation avec les États-Unis.
Tant que les États-Unis privilégieront le scénario « J'ai un accord à court
terme et je le privilégierai », nous perdrons en efficacité en matière de
sanctions et de pressions. Je pense que notre priorité absolue devrait être,
dans les semaines à venir, de renouer le dialogue avec les États-Unis, de
constater avec nous qu'il n'y a plus de place pour des négociations crédibles à
court terme, et d'imposer des sanctions supplémentaires, des actions
additionnelles contre la flotte clandestine, et d'accroître la pression sur
l'économie russe afin de mettre un terme à cette guerre, et ce, dans une
situation bien plus favorable. C'est mon point de vue.
Je comprends et respecte parfaitement le fait que ce point de vue ne soit pas
idéal pour vous, mais il me semble crédible et, à court terme, le meilleur
scénario possible.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans
cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de
Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un
homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du
fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Produire une énergie souveraine et décarbonée n’est pas un choix : c’est
une nécessité pour rester indépendant. La PPE3 engage la France : passer de
60 % d’énergie fossile à 60 % d’énergie décarbonée d’ici 2030.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> J’adresse mes condoléances sincères à la famille de Quentin, à ses proches
et amis. Aucune cause ne pourra jamais justifier ce déchaînement de violence.
Dans ce contexte, j’ai adressé dès cette fin d’après-midi un télégramme aux
préfets appelant au renforcement de la vigilance autour des rassemblements de
nature politique, ainsi qu’autour des permanences de campagne, pour éviter tout
trouble à l’ordre public et garantir la sécurité des personnes et des biens.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et
des Anciens combattants)
> Je serai à Bangalore demain pour le 6ᵉ dialogue annuel de défense entre la
France et l’Inde avec le ministre Rajnath Singh. Notre partenariat stratégique,
fondé sur la confiance et l’autonomie stratégique, se renforce par une
coopération opérationnelle et industrielle toujours plus étroite, au service de
la stabilité dans l’Indo-Pacifique.
Roland Lescure (ministre de l’Economie,
des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Sur l'énergie, le RN raconte n'importe quoi. Soit on décide de continuer à
acheter 60 milliards d'euros d'hydrocarbures ailleurs dans le monde, soit on
investit dans de l'électricité décarbonée et française.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> [Kurdistan] Je récuse le terme d’« Occident ». La politique
étrangère de la France est indépendante. S’agissant de notre
relation avec les Kurdes, que ce soit en Irak, en Syrie ou ailleurs, elle est
ancienne et se fonde sur une amitié indéfectible. Une amitié dont j’ai pu
mesurer la force dans la région, tant auprès des responsables du Kurdistan
irakien que de leurs homologues syriens. Nous continuerons de nous tenir aux
côtés du peuple syrien alors que s’ouvre une opportunité de reconstruire un
pays unifié respectant toutes les composantes du peuple syrien. (…)
L’identité kurde doit être respectée et les Kurdes doivent prendre part à la
vie économique, sociale et politique de cette Syrie réunifiée. Les Kurdes de
Syrie ont été pour nous des alliés fidèles dans le combat contre les
terroristes de Daech. C’est depuis l’Irak et la Syrie que Daech a fomenté les
attentats du Bataclan, il y a dix ans. Il ne peut y avoir aucun répit dans
notre lutte contre l’État islamique.
> [Le leader kurde Mazloum Abdi] nous a d’abord remerciés pour les efforts de médiation que nous avons conduits à tous les niveaux, jusqu’à celui du président de la République, pour éviter un bain de sang dans la région kurde de Syrie et pour que les parties parviennent à un cessez-le-feu. Je l’ai quant à moi invité à ne pas relâcher la garde dans le combat contre Daech. Dans cette phase de transition qui concerne la Syrie tout entière et, plus particulièrement ces jours-ci, le nord-est syrien, Daech cherchera par tous les moyens à saboter cet accord pour entraver la réunification et préparer de nouveaux attentats nous ciblant.
> [Daech] Les prisons et les camps du Nord-Est syrien doivent continuer d’être sécurisés et gardés. Je m’en suis assuré auprès du ministre des Affaires étrangères de la Syrie comme auprès du général Mazloum. Cela suppose aussi que soit redéfinie l’architecture régionale de lutte contre Daech, que les autorités syriennes jouent un rôle au sein de la coalition internationale anti-Daech et que cette dernière soit formellement autorisée à poursuivre ses interventions en Syrie. Comme nous l’avons fait le 3 janvier dernier en mobilisant la puissance de nos moyens militaires pour frapper Daech.
> La présence des forces militaires françaises est très appréciée par le gouvernement fédéral de l’Irak comme par le gouvernement de la région autonome du Kurdistan. Cette présence militaire se décline sur trois volets : au sein de la coalition internationale contre Daech, dans le cadre de l’opération de l’Otan qui est commandée cette année par un général français, au titre de la formation des militaires irakiens. Ces relations multiples que nous avons avec les forces de sécurité irakiennes ont vocation à se poursuivre à l’avenir.
> Je salue la décision des autorités kurdes syriennes de faciliter l’extension de notre présence consulaire à Erbil. J’y vois une marque de reconnaissance de notre soutien sans faille. Nous entendons approfondir les coopérations économiques avec le Kurdistan irakien comme avec l’Irak. Vingt entreprises françaises ont participé à la Foire internationale de Bagdad. Nos fleurons industriels dans les domaines de la défense, des infrastructures et des transports sont mobilisés pour accompagner les autorités irakiennes dans leurs projets. Plus spécifiquement au Kurdistan irakien, nous travaillons avec des entreprises françaises sur des projets de sécurisation des infrastructures énergétiques et d’innovation dans le traitement des eaux. La visite à venir du président de la République sera aussi l’occasion de tenir la conférence de Bagdad qui reflète notre vision d’une intégration régionale pour le Levant. Ce sera l’occasion de donner une impulsion nouvelle à la coopération économique entre la France et l’Irak.
> Nous ne pouvons accepter qu’un espace soit laissé à Daech pour se reconstituer. Les transferts de djihadistes de la Syrie vers l’Irak se poursuivent et iront jusqu’à leur terme. Nous remercions les autorités irakiennes de les avoir acceptés, permettant de limiter le risque d’une dispersion des combattants terroristes.
> (Djihadistes dans des camps] La position des autorités françaises est inchangée : les adultes doivent être jugés là où ils ont commis leurs crimes. Quant aux enfants, ils ne sont pas responsables des crimes de leurs parents et, chaque fois que cela a été possible sur le plan juridique comme sur le plan opérationnel, ils ont été rapatriés.
> [Iran] Les États-Unis sont prêts à une opération militaire, tout en proposant une voie de négociation dont Téhéran doit impérativement se saisir. Je souhaite que le premier point soit la fin de la répression sanglante de ces dernières semaines contre le peuple iranien, la libération des prisonniers, la fin des exécutions, le rétablissement total d’Internet et des communications, et la restitution au peuple iranien de ses droits fondamentaux et de sa liberté.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> À la suite du décès de Quentin à Lyon et au regard de témoignages
mentionnant M. Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député Raphaël
Arnault, j'ai décidé, à titre conservatoire et sans préjudice des suites de
l’enquête judiciaire, de suspendre ses droits d'accès à l'enceinte de
l'Assemblée nationale, afin de prévenir les troubles à l'ordre public que sa
présence est susceptible de susciter.
> C’est avec une profonde émotion que j’apprends le décès de Quentin. Personne ne devrait mourir à 23 ans. Personne ne devrait mourir pour ses idées. Mes pensées vont d’abord à sa famille et à ses proches. Nous devons unanimement condamner sans aucune réserve cette violence et appeler collectivement au calme.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
> « Je combats tous ceux qui carburent sur la division et sur la haine, vous
ne valez pas mieux que l’extrême droite. » Pendant les législatives de 2024,
Gabriel Attal est le seul à s'être rendu à Avignon pour lutter, en première
ligne, contre Raphaël Arnault, le candidat LFI/antifa/fiché S. Le seul. Si
d’autres personnalités avaient eu le même courage, ce candidat LFI ne siégerait
peut-être pas à l’Assemblée nationale aujourd'hui. La candidate Ensemble,
Malika Di Fraja n'avait pas atteint le seuil suffisant pour pouvoir se
maintenir au second tour. Et face à cet individu, quand bien même il faisait
face au RN, nous avons évidemment refusé d'appeler à voter pour lui. Et c'est
le secret le mieux gardé de ces législatives en 2024 : le RN est de loin le premier
fournisseur de députés LFI. En s’obstinant à maintenir dans des triangulaires
leurs candidats qui n’avaient aucune chance de l’emporter, ils ont directement
fait élire plus d'une dizaine de députés LFI.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Quentin est mort parce que certains ont choisi la violence en politique
plutôt que le débat. Il n’avait que 23 ans. Il est mort parce que des individus
ont estimé qu’une idéologie - ici et manifestement celle de l’extrême gauche -
pouvait autoriser les coups, jusqu’à tuer. Il est mort parce que, comme je l’ai
toujours dit, la violence verbale préfigure et libère la violence physique.
Toujours. Depuis toujours. Qui ne voit pas le spectre des années trente quand
la démocratie devint l’otage des violences politiques ? Le combat contre la
violence doit être celui de tous ceux qui défendent la civilisation du débat
public, le respect de la vie humaine et, in fine, la démocratie. L’enquête
permettra de sanctionner avec la plus grande sévérité les coupables du meurtre
de ce jeune homme. J’adresse toutes mes condoléances à la famille et aux
proches de Quentin. J’en appelle au calme. Face à l’ignominie et la lâcheté de
cet acte, face à la violence aveugle, il n’y a que la force de la loi et celle
du combat pour une autre idée de la démocratie. C’est ainsi que nous
éradiquerons la violence. Sans faiblir.
Perrine Goulet (députée)
> [Protection des enfants] Il y a des textes que l’on dépose par
devoir. Et puis il y a ceux que l’on porte parce qu’ils s’imposent à vous,
presque malgré vous, tant la réalité qu’ils révèlent est impossible à
ignorer.
La proposition de loi relative à
l’intérêt des enfants appartient à cette seconde catégorie. Elle est née
d’un malaise persistant, d’une colère froide parfois, mais surtout d’une
conviction profonde : notre République ne peut plus détourner le regard lorsque
ses enfants sont en danger.
Depuis des années, les alertes s’accumulent. Les rapports se succèdent. Les
professionnels de terrain témoignent. Les magistrats alertent. Les associations
tirent la sonnette d’alarme. Et pourtant, trop souvent encore, les réponses
tardent, se fragmentent, varient d’un territoire à l’autre. Comme si le sort
d’un enfant pouvait dépendre d’un code postal. Comme si l’urgence pouvait
attendre.
Ce texte est né de ce constat brutal : le temps administratif n’est pas le
temps de l’enfance.
Protéger un enfant n’est pas une option
La protection de l’enfance n’est pas un sujet technique. C’est un sujet moral.
Un sujet républicain. Un sujet de dignité collective.
Quand un enfant est en danger, l’État ne peut pas hésiter. Il ne peut pas
temporiser. Il ne peut pas renvoyer la responsabilité à plus tard, à un autre
service, à une autre juridiction. Il doit agir. Vite. Clairement.
Efficacement.
C’est le sens de cette proposition de loi : protéger les enfants avant tout, en
donnant de nouveaux moyens à celles et ceux qui ont la responsabilité d’agir.
En créant une ordonnance de protection provisoire, nous avons voulu permettre
au procureur de la République d’intervenir sans délai lorsque la situation
l’exige. Il n’est plus acceptable qu’un enfant attende des mois pour être
protégé alors que le danger est vraisemblable ou avéré.
Nous avons également souhaité que l’enfant soit pleinement acteur de la
procédure qui le concerne, en la simplifiant. Il n’est plus possible qu’un juge
des enfants et un juge aux affaires familiales interviennent simultanément pour
un même enfant, avec parfois des appréciations divergentes, voire
contradictoires. La complexité institutionnelle ne doit jamais se retourner
contre l’enfant.
Écouter enfin la parole de l’enfant
Il y a une autre avancée essentielle dans ce texte, peut-être la plus
symbolique : la reconnaissance pleine et entière de la parole de l’enfant.
Trop longtemps, celle-ci a été minimisée, relativisée, contournée. Comme si
l’enfance était synonyme d’approximation. Comme si la vulnérabilité empêchait
la lucidité.
Nous avons fait un choix clair : celui de replacer l’enfant au centre de la
décision judiciaire. En renforçant la prise en compte de son consentement,
notamment dans les situations de violences intrafamiliales. En permettant au
juge de s’assurer que le droit de visite ou d’hébergement ne s’exerce jamais au
détriment de la sécurité ou de l’intégrité de l’enfant.
Ce n’est pas une défiance à l’égard des parents. C’est une exigence à l’égard
de la République.
Faire évoluer la protection de l’enfance en remettant l’enfant au cœur
Ce texte permet aussi de réaffirmer une évidence trop longtemps éludée : la
politique de protection de l’enfance doit être mieux contrôlée, mieux encadrée,
et soustraite à toute logique de marchandisation.
Peut-on accepter que la prise en charge d’enfants en danger relève de logiques
de rentabilité ? Peut-on tolérer que des structures à but lucratif
interviennent là où l’intérêt supérieur de l’enfant devrait être la seule
boussole ? Peut-on accepter que des établissements, dont on sait qu’ils sont le
théâtre de violences, échappent à des contrôles rigoureux et réguliers ?
J’ai la conviction que non.
C’est pourquoi cette proposition de loi renforce les contrôles des structures
d’accueil, améliore leur transparence, et met fin à la gestion privée lucrative
dans le champ de la protection de l’enfance. Non par idéologie, mais par
responsabilité. Parce que la protection d’un enfant n’est pas un marché. C’est
un engagement.
Garantir l’égalité, partout et pour tous
Enfin, ce texte affirme un principe simple mais fondamental : tous les enfants
doivent bénéficier des mêmes droits, quelle que soit la modalité de leur prise
en charge.
Alors que nous souhaitons faire évoluer la protection de l’enfance vers la
recherche de solutions familiales chaque fois que cela est possible, nous
devons à tous ces enfants les mêmes garanties.
Les enfants confiés à un tiers digne de confiance doivent accéder aux mêmes
garanties que ceux suivis par l’Aide sociale à l’enfance : santé,
accompagnement, études, autonomie. L’égalité ne se proclame pas, elle se
construit dans les détails concrets du quotidien.
Quand l’intérêt de l’enfant rassemble
Les débats parlementaires ont été exigeants. Parfois vifs. Toujours sérieux.
Ils ont surtout montré une chose précieuse : lorsque l’intérêt supérieur de
l’enfant est placé au cœur du débat, les clivages peuvent s’effacer.
Ce texte est le fruit d’un travail transpartisan, mené au sein de la Délégation
aux droits des enfants, nourri par des auditions, des échanges, des
confrontations d’idées. Il démontre que la politique peut encore être ce lieu
où l’on construit ensemble, loin des postures et des caricatures.
L’adoption de cette proposition de loi par l’Assemblée nationale n’est pas un
aboutissement. C’est une étape.
La navette parlementaire se poursuit. Le Sénat devra, à son tour, se prononcer.
Je resterai pleinement mobilisée pour que ce texte aboutisse et, surtout, pour
qu’il produise rapidement des effets concrets sur le terrain.
Parce qu’un enfant en danger n’attend pas. Parce que la République se juge à la
manière dont elle protège les plus vulnérables. Parce que l’intérêt de l’enfant
doit primer, sans exception.
Et parce que nous devons enfin pouvoir dire à chaque enfant :
Je t’entends. Je te crois. Je te protège.
● Parti radical
> Le lynchage mortel de Quentin appelle une réponse
ferme de l’État de droit. Toute la lumière devra être faite par la justice.
Lorsque les paroles publiques attisent les divisions ou banalisent la violence,
elles fragilisent la cohésion de notre société. Condoléances à sa famille.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Quentin Deranque a été tabassé à mort par des « antifas » qui ne
sont rien d’autre que des tueurs. Ce meurtre ignoble doit être condamné avec la
plus grand fermeté. J’ai une pensée pour la famille et les proches de Quentin.
Le 5 juin 2013, un crime similaire, aux responsabilités inversées, avait
conduit au décès de Clément Méric. Deux jeunes qui n’auraient jamais dû mourir,
quelles que soient leurs idées. Parce que qui croit à la démocratie croit à la
confrontation d’idées. Mais pacifiée. Au débat. Et même au compromis. L’extrême
droite et l’extrême gauche n’offrent aucun avenir à notre pays si ce n’est la
promesse de l’intolérance, de la haine et de l’exclusion. De la violence.
Composer avec elles, à gauche comme à droite, c’est cautionner cette vision de
la politique. C’est cautionner cette violence. La mort de Quentin Deranque
concerne ainsi tous les hommes et femmes politiques parce qu’elle nous met face
à notre responsabilité : celle de combattre les extrêmes dans les urnes. Pas
dans la rue.
Bernard Guetta (député)
> [Opinion : Les sourires après le bazooka]
La musique n’est plus la même. Cette fois, Donald Trump avait envoyé à Munich
son secrétaire d’Etat Marco Rubio, un homme assez policé pour savoir dire que
les Etats-Unis étaient l’enfant de l’Europe, qu’ils la souhaitaient forte et
voulaient « revigorer » l’Alliance atlantique et non pas la briser mais
pourquoi le président américain avait-il ainsi changé de pied ?
Ce n’est pas qu’il ait modifié ses choix. Donald Trump n’a pas renoncé à
défaire l’Union européenne mais il en revanche tiré les conséquences de l’échec
que son vice-président avait essuyé, il y a douze mois, en s’attaquant
frontalement aux Européens à cette même Conférence sur la sécurité.
J.D. Vance n’avait alors fait que resserrer les rangs de l’Union. Il avait
creusé d’un coup un tel fossé entre les deux rives de l’Atlantique qu’une large
majorité d’Européens ne considèrent désormais plus que l’Amérique soit leur
allié. Il avait ainsi mis en porte-à-faux les extrêmes-droites sur lesquelles
cette Amérique-là entend pourtant s’appuyer et ce n’est pas tout.
En tentant ensuite de contraindre l’Ukraine à la reddition et menaçant
d’annexer le Groënland, Donald Trump avait rapproché l’Union, le Royaume-Uni,
le Canada et plusieurs autres démocraties dans un front commun face auquel il
avait dû reculer par deux fois.
Plus rond et moins hostile à la démocratie que ne le sont un J.D. Vance ou un
Elon Musk, Marco Rubio était en position de tendre la main à l’Europe mais où
s’est-il rendu après Munich ?
Dans les deux seuls pays de l’Union, la Hongrie et la Slovaquie, qui voudraient
comme Donald Trump que l’Ukraine accepte les conditions que la Russie pose à un
arrêt des combats. Sur le fond, rien n’a changé mais pourquoi les Européens,
seconde question, ont-ils tant applaudi Marco Rubio qui les avait pourtant si
clairement pressés de se rallier aux dogmes MAGA ?
Là encore, la raison en est simple. C’est qu’ils ont été soulagés de voir que
la Maison-Blanche troquait l’attaque frontale contre un constat de désaccord
entre alliés. La partie n’en sera pas plus aisée pour eux. Les extrêmes-droites
y retrouveront au contraire une marge de manœuvres. La courtoisie de Marco
Rubio pourrait s’avérer autrement plus efficace pour Donald Trump que ne
l’avait été la brutalité de J.D. Vance mais en contraignant la Maison-Blanche à
ce changement tactique, les Européens ont gagné du temps.
Maintenant que les Etats-Unis ont souhaité la revigorer, ils seront moins
susceptibles de quitter l’Alliance atlantique du jour au lendemain et de
refermer par là-même leur parapluie nucléaire. L’Europe sera moins près de se
retrouver sans protection américaine avant d’avoir pu se doter d’une défense
propre. Grâce à leur résistance à l’offensive trumpiste, les Européens se sont
donné le moment de répit nécessaire aux compromis sans lesquels l’Union ne
pourra pas se réinventer en puissance politique.
Pour l’heure, tout bouillonne. On débat partout et sans cesse de modalités
d’élargissements graduels, de coopérations renforcées, d’une extension de la
dissuasion française aux autres pays de l’Union, de l’instauration d’un conseil
de sécurité européen où siègerait la Grande-Bretagne et de la pérennité de
l’Alliance atlantique à laquelle Emmanuel Macron ne croit visiblement pas alors
que les Allemands souhaiteraient parvenir à la refonder en l’appuyant sur deux
piliers, européen et américain.
Entre partenaires européens, les différences d’appréciation sont patentes mais
ne constituent pas de vraies divergences car c’est leur unanimité sur
l’essentiel qui était frappante à Munich.
Britanniques compris, tous partagent une même volonté d’être au plus vite en
capacité de se défendre seuls et un refus de laisser Trump redessiner les
frontières de l’Europe. Quant à la pérennité de l’Alliance, tous savent qu’au
bout du compte, c’est des Etats-Unis et non pas d’eux qu’elle dépendra et qu’en
attendant, leur tâche est d’œuvrer à leur Défense commune.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Chaque jour, Trump fait la une des journaux avec des effets
spectaculaires. Notre attention se porte sur Washington, ce qui laisse penser
que la menace chinoise s'est atténuée ou stabilisée. (…)
Deux réponses radicales restent à préparer et à débattre au plus vite : une
protection commerciale sans précédent, équivalente à un droit de douane général
de 30 % sur la Chine ; ou une dépréciation de 20 à 30 % de l’euro par rapport
au yuan.
Cela correspond à la différence entre les coûts de production européens et les
coûts de production chinois pour une même qualité. (…)
Il faut tirer la sonnette d'alarme : des secteurs entiers de l'industrie
européenne sont menacés. (…)
L’Europe doit changer de fond en comble son système. Elle ne pourra pas
compenser un écart de coûts de 30 à 40 % par la seule simplification.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à
l’Enfance)
> Aucun développement économique, aucune transformation numérique ne peut se
faire au détriment des droits fondamentaux des enfants. Chaque enfant libéré
est une victoire pour nos sociétés.

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