dimanche 10 janvier 2010

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella - Les six commandements du centriste

Pour bâtir la meilleure société possible, le Centriste doit mettre en avant six principes politiques de gouvernement.

- Premier commandement : Le centriste doit fonctionner dans le réel mais ne pas prendre prétexte de sa prégnance pour ne rien changer dans la société.

Le principe de réalité est un des principes auxquels le Centriste est le plus attaché car il ne se berce pas d’illusion et ne construit pas des paradis sur terre qui ne sont souvent que des enfers totalitaires. Mais cela ne veut pas dire que le monde étant ce qu’il est, la société et les comportements ne peuvent pas être changés et la condition humaine améliorée. La réalité sera toujours plus forte que les chimères humaines qui l’ignorent mais elle sera la meilleure amie de celui qui, s’appuyant sur elle, veut améliorer le monde dans lequel il vit.

- Deuxième commandement : Le centriste doit être pragmatique pour aller de l’avant et réunir la communauté autour d’un projet fédérateur et réalisable.

Pendant du principe de réalité, le pragmatisme est une qualité essentielle d’une action politique qui sait que l’important est d’avancer par rapport à l’état de la société et des rapports de force à un moment donné et non de pratiquer un tout ou rien stérile mis en avant par celui qui demeure enfermé dans un schéma de confrontation et qui perd ainsi la capacité d’améliorer la condition humaine par une incapacité de faire la distinction entre compromis, moteur de la démocratie, et compromission.

- Troisième commandement : Le centriste doit construire une société humaniste par le juste équilibre.

Le Centrisme étant un humanisme dans cette injonction de mettre l’humain au centre de son projet, celui qui s’en réclame est un ouvrier qui bâtit une société où l’humanisme se traduit par la préoccupation que tous reçoivent les mêmes chances et où chacun peut être ce qu’il est dans sa différence avec l’autre et réaliser effectivement ses potentialités sans autres entraves de permettre à l’autre d’en faire de même le tout dans un respect mutuel.

- Quatrième commandement : Le centriste doit promouvoir la personne sans oublier l’individu

Issu d’une communauté, chacun de nous est un individu unique et différent de l’autre, c’est ce qui fonde notre liberté. Mais cet individu ne peut réellement vivre sa liberté que si la communauté lui reconnait le statut de personne en le respectant, en étant solidaire de lui et en le tolérant. L’équilibre entre l’individu et la personne permet de donner le plus de liberté possible dans une sécurité indispensable pour la vivre effectivement, c’est-à-dire en en faisant une personne membre d’une communauté. Cette relation individu-personne est au cœur de l’action du centriste qui doit toujours veiller à ce qu’elle soit réelle, vivante et équilibrée pour éviter que l’individu devienne individualiste et que la personne devienne assistée.

- Cinquième commandement : Le centriste doit rechercher le progrès mais pas à n’importe quel prix humain et éthique.

Le centriste est un progressiste dans le sens où il croit que l’on peut améliorer la condition humaine par l’action politique et que la société peut mettre en œuvre ce progrès. Mais il sait aussi qu’au nom du progrès toutes les valeurs peuvent être bafouées. Dès lors, le vrai progrès est celui qui permet de rendre l’individu plus libre et la personne plus en sécurité dans cette relation équilibrée. Dès que cet équilibre est rompu alors le progrès peut devenir liberticide, irrespectueux, intolérant et diviseur.

- Sixième commandement : Le centriste doit rassembler dans la différence.

Nous nous ressemblons tous mais nous sommes tous différents. C’est pourquoi nous avons tous des intérêts communs mais aussi que chacun de nous est unique. La société humaniste que veut bâtir le centriste est donc faite d’un rassemblement de toutes ces différences que nous sommes mais qui ont un intérêt commun à agir pour construire un meilleur présent et un meilleur avenir communs. Ce rassemblement des différences autour d’un projet politique est ce que nous appelons le lien social.

Si le rassemblement tend à nier les différences ou si les différences tendent à empêcher le rassemblement alors l’harmonie est détruite et se forment des sociétés déséquilibrées où soit la machine étatique régente l’existence des citoyens, soit la loi du plus fort est la règle. Dans tous les cas la violence et l’insécurité écrasent les êtres humains et les empêchent d’être individus et personnes.

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