jeudi 15 décembre 2011

2012 -Carnet de campagne centriste – Sondages: L’image paradoxale de François Bayrou, sympathique mais pas crédible / L’électorat leader du Mouvement démocrate penche à gauche ou, tout au moins, souhaite la défaite de Nicolas Sarkozy


Alors que François Bayrou fait une forte percée dans les sondages sur la présidentielle de 2012 depuis sa déclaration officielle de candidature (13% d’intentions de vote pour LH2, 11% pour CSA), il est intéressant de s’intéresser à la vision des Français sur l’homme politique.

Une des forces de François Bayrou est sa bonne image dans la population comme l’atteste les derniers sondages en la matière. Ainsi, un sondage CSA pour les Echos (1) le met en seconde position derrière Alain Juppé avec 46% d’opinions favorables contre 48% d’opinions défavorables. Dans le tableau de bord IFOP pour Paris Match (2), il se classe en cinquième position avec 64% d’opinions favorables (un gain de 7 points en un mois) et premier des candidats à la présidentielle.
En revanche, lorsque l’on parle de ses capacités à gouverner la France, François Bayrou ne bénéficie pas, loin de là, d’autant d’opinions favorables.
Dans la troisième vague du baromètre politique réalisé par le Cevipof et Opinionway (3), 76% des personnes interrogées estiment qu’il n’a ni l’étoffe pour être président de la république (contre 21% qu’il l’a), ni qu’il est «à la hauteur pour gérer la crise économique» (contre 21% qu’il l’est). En outre, 64% pensent qu’il ne comprend pas leurs problèmes. De même, François Bayrou «inquiète» 64% d’entre eux.
Dans un sondage CSA pour BFMTV, RMC et 20 Minutes (4), seuls 12% des personnes interrogées estiment qu’il «comprend les problèmes des gens» comme eux, 9% lui donnent leur «confiance» pour «lutter contre le chômage», 9% pour «défendre» leur «pouvoir d’achat», 5% pour lutter contre l’insécurité, 5% pour «maîtriser l’immigration».
Plus préoccupant, sur des thèmes majeurs de sa campagne, comme «réduire la dette publique» et «améliorer le système éducatif, de la maternelle à l’université», ils ne sont respectivement que 9% et 14% à lui accorder leur confiance.
Pour tous ces thèmes, il est loin derrière François Hollande, moins de Nicolas Sarkozy.
Comme en 2007, les Français semblent trouver François Bayrou sympathique ainsi que son combat politique mais, concrètement, ils ne comptent pas sur lui (ou pas encore) pour prendre les rennes du pouvoir. C’est de ce côté-là que le président du MoDem doit travailler pour pouvoir être un candidat sérieux à la victoire.

Plusieurs sondages montrent que les électeurs de François Bayrou voteront plus, voire beaucoup plus, nombreux pour François Hollande au second tour de la présidentielle que pour Nicolas Sarkozy.
Dans ces enquêtes d’opinion, cet électorat de divisent en ceux qui voteront à gauche, ceux qui voteront à droite et ceux qui n’iront pas voter lors du second tour.
Selon un sondage LH2 (5) pour Yahoo.fr, 59% des sondés choisissant François Bayrou au premier tour et se déplaçant pour le second tour, voteraient François Hollande au second et seulement 41% d’entre eux se porteraient sur Nicolas Sarkozy.
Selon un sondage TNS-SOFRES (6) pour Le Nouvel Observateur et iTélé, 63% des sondés choisissant François Bayrou au premier tour, voteraient François Hollande au second et seulement 23% d’entre eux se porteraient sur Nicolas Sarkozy.
Selon la première vague du sondage Opinionway-Fiducial (7) pour Le Figaro et LCI, 47% des sondés choisissant François Bayrou au premier tour, voterait François Hollande au second et seulement 20% d’entre eux se porterait sur Nicolas Sarkozy.
Selon un sondage IFOP (8) pour Paris Match et Europe 1, 69% des personnes qui disent vouloir voter François Bayrou voteraient François Hollande au second tour, 31% voteraient Nicolas Sarkozy.
Quant aux Français, en général, un sondage LH2 (9) pour le Nouvel Observateur du début du mois de décembre, montre que 42% des personnes interrogées estiment que François Bayrou est plus proche de François Hollande, 20% qu’il est plus proche de Nicolas Sarkozy et 30% qu’il n’est proche ni de l’un, ni de l’autre.
Toujours dans ce sondage, 51% des sympathisants du Mouvement démocrate pensent qu’il est plus proche de François Hollande, 30% de Nicolas Sarkozy et seulement 6% ni de l’un, ni de l’autre.
A noter que les sympathisants de la Droite mais aussi, plus spécifiquement ceux de l’UMP, estiment que le leader du Mouvement démocrate est plus proche du candidat du Parti socialiste.
Pour autant, 54% des personnes interrogées ne souhaitent pas qu’il prenne partie pour le second tour en appelant à voter pour un des deux candidats contre 35% qui souhaitent le contraire (64% des sympathisants du Mouvement démocrate contre 29%) qui le souhaitent, ce qui va à l’encontre de ses déclarations et de sa volonté de choisir un des deux candidats qui resteront en lice si, bien sûr, il n’en fait pas partie.
Mais cette opinion sur sa proximité plus forte avec François Hollande et, donc, la Gauche a évolué en peu de temps puisque selon un sondage IPSOS (10) pour Le Point, réalisé fin octobre 2011, avec, il est vrai, des questions plus générales, 57% des personnes interrogées estimaient alors que François Bayrou incarnait un Centre qui n’était ni au centre-gauche, ni au centre-droit. 15% estimaient que le leader du Mouvement démocrate était plutôt au centre-droit et 16% qu’il était plutôt au centre-gauche. 12% n’avaient pas d’opinion sur le sujet.
Toujours selon ce sondage, si François Bayrou n’était pas élu président, 73% des sondés ne souhaitaient pas qu’il devienne premier ministre (soit de François Hollande, soit de Nicolas Sarkozy).
Les sympathisants du Mouvement démocrate préfèreraient à 27 % qu’il soit le premier ministre de François Hollande et à 20 % qu’il soit celui de Nicolas Sarkozy.

Alexandre Vatimbella

(1) Sondage CSA réalisé les 6 et 7 décembre auprès d'un échantillon national représentatif de 1007 personnes âgées de 18 ans et plus
(2) Sondage IFOP réalisé les 8 et 9 décembre auprès d'un échantillon national représentatif de 971 personnes âgées de 18 ans et plus
(3) Sondage Opinonway réalisée du 27 septembre au 13 octobre 2011 auprès d’un échantillon de 1559 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et inscrite sur les listes électorales
(4) Sondage CSA réalisé les 12 et 13 décembre auprès d'un échantillon national représentatif de 1006 personnes âgées de 18 ans et plus
(5) Sondage LH2 réalisé les 9 et 10 décembre auprès d'un échantillon national représentatif de 953 personnes âgées de 18 ans et plus
(6) Sondage TNS-SOFRES réalisé par téléphone les 25 et 26 novembre 2011 auprès d’un échantillon de 1003 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus
(7) Sondage Opinionway réalisé par téléphone les 23 et 24 novembre 2011 auprès d’un échantillon de 952 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus
(8) Sondage IFOP réalisé du 2 au 4 novembre auprès d’un échantillon de 1843 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus
(9) Sondage LH2 réalisé les 1er, 2 et 3 décembre 2011 auprès d’un échantillon de 970 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans plus
(10) Sondage IPSOS réalisé les 28 et 29 octobre 2011 auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 970 personnes âgées de 18 ans et plus (Pour tous ces sondages: méthode des quotas et marge d’erreur de 3 points)

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