mardi 23 mars 2021

Propos centristes. France – Vie normale dès cet été; vaccination covid19; Ni de droite, ni de gauche; Bayrou, recours en 2022?; inventer une économie plus juste; télétravail; relations avec la Chine…

Voici une sélection, ce 23 mars 2021, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.


► Emmanuel Macron (Président de la République)

- [vaccination covid19] Il n'y a pas de jours fériés et pas de week-ends dans cette bataille. Nous devons vacciner tous les jours ! (…) Je veux remercier tous ceux qui sont mobilisés : personnels soignants, infirmiers, médecins, pharmaciens, pompiers, Assurance maladie. Cette bataille, nous la menons ensemble. C’est grâce à la mobilisation de tous que nous y arriverons.

- Je demande à toutes les entreprises de se mettre au maximum au télétravail.

 

Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Jean Castex (Premier ministre)

[Covid19] Dedans avec les miens, dehors en citoyen.

 

Jean-Yves Le Drian (ministre de l'Europe et des Affaires étrangères)

- Dans nos relations avec la Chine, il n’y a pas de place pour les insultes et les tentatives d’intimidation contre des élus de la République et des chercheurs. Nous défendons ceux qui incarnent la liberté d’expression et la démocratie. Toujours et partout.

- Les propos de l’ambassade de Chine en France et les actions contre des élus, chercheurs et diplomates européens sont inadmissibles. J’ai demandé que l’ambassadeur de Chine soit convoqué pour lui rappeler fermement ces messages.

 

Barbara Pompili (ministre de la Transition écologique)

Il est temps d’assumer nos responsabilités, et de réduire les émissions de nos consommations. L’objectif est clair : la neutralité carbone pour 2050.

 

Jean-Michel Blanquer (ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports)

- La jeunesse, priorité absolue. Pour préserver toutes les chances de chacun pendant la crise sanitaire. Et pour préparer l’avenir lorsque cette crise sera finie. Nos discours, nos investissements, nos projets doivent traduire notre volonté de servir les intérêts des plus jeunes.

- Mon objectif est de maintenir le calendrier scolaire comme prévu (...) Il se déroule en ce moment, une catastrophe éducative mondiale, nous sommes en train d'éviter cela à la France.

-  300000 tests salivaires déployés chaque semaine pour renforcer la stratégie Tester-Alerter-Protéger. Des tests pour rompre les chaînes de contamination et maintenir nos écoles ouvertes.

 

Bruno Le Maire (ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance)

- Cette crise va nous permettre d'inventer une économie plus juste, plus indépendante, plus décarbonée et plus compétitive. C’est toute l’ambition que nous portons avec France relance.

- Grâce à l’accélération de la vaccination, nous pouvons avoir l’espoir de retrouver une vie normale dès cet été. À ce moment-là, l’économie française surprendra par sa capacité de rebond exceptionnelle.

- Nous sommes dans une période très difficile. Nous ne nous en sortirons qu’ensemble. Il faut que collectivement nous soyons responsables. La France ne s’en sortira qu’unie et rassemblée.

- Ce qui compte pour les Français et ce qui compte pour nous tous, c’est de sortir le plus rapidement possible de cette crise. Il y a une seule solution : la vaccination.

- Le fonds "Territoires d'industrie" de France relance doté de 400 M€ rencontre un fort succès et a déjà permis la création de près de 14 000 emplois. 300 M€ supplémentaires sont ajoutés à ce fonds à part égal entre l'État et les Régions. À la clé, 15 000 nouveaux emplois.

 

Florence Parly (ministre des Armées)

Il a fait don de sa vie pour sauver celle des autres. C’était il y a 3 ans. Le courage et l’héroïsme du colonel Arnaud Beltrame ont scellé à jamais son nom dans nos mémoires, dans celle de la France. Mes pensées vont à ceux qui ont connu l’horreur de Trèbes. Nous n’oublions pas.

 

Gérald Darmanin (ministre de l'Intérieur)

- La mairie verte de Strasbourg finance une mosquée soutenue par une fédération qui a refusé de signer la charte des principes de l’islam de France et qui défend un islam politique. Vivement que tout le monde ouvre les yeux et que la loi séparatisme soit bientôt votée et promulguée.

- Arnaud Beltrame, un nom, un visage, qui symbolisent aux yeux de tous la bravoure et le sens du devoir. 3 ans après, son sacrifice demeure gravé dans la mémoire de chaque Français. Reconnaissance éternelle de la Nation.

 

Elisabeth Borne (ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion)

- [Elections professionnelles] Il est vrai que le taux de participation aux deux précédents scrutins était insuffisant, malgré les efforts d’information des pouvoirs publics et des syndicats. Cette élection était mal connue et surtout, les salarié(e)s n’en voyaient pas forcément l’utilité. Mais la crise que nous traversons change la donne. Ces derniers mois ont été marqués par une forte vitalité du dialogue social dans notre pays et le besoin de protection a rarement été aussi fort. Il est donc essentiel que tous les salariés concernés se mobilisent en votant pour les syndicats qui défendront leurs droits. C’est dans leur intérêt.

- Dans les petites entreprises, on constate que beaucoup de choses se règlent dans le dialogue directement entre l’employeur et le salarié. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas organiser la représentation au sein des TPE qui représentent avec les employés à domicile près de 5 millions de salariés en France, dont plus de 75.000 dans l’Allier, le Cantal et le Puy-de-Dôme. Ils occupent souvent les métiers de la « deuxième ligne » et ont été particulièrement sollicités durant la crise que nous traversons : les aides à domicile, les employés du commerce, les ouvriers… Il est important que ces salariés qui n’ont ni représentants ni comité social économique (CSE) au sein de leur entreprise puissent choisir un syndicat pour être représentés dans les négociations nationales où il est question de leur salaire, de leurs droits à la formation professionnelle, à la reconversion, de la santé au travail… mais aussi pour être défendus aux prud’hommes en cas de litige avec leur employeur, ou, tout simplement, pour être conseillés dans leur vie professionnelle.

- Les accords interprofessionnels sur le télétravail ou la santé au travail signés par les organisations patronales et syndicales fin 2020. Ils vont permettre de mieux protéger celles et ceux qui travaillent dans les petites entreprises et de leur donner des lignes claires pour organiser le télétravail. De même, les licenciements évités grâce aux accords négociés au sein des entreprises sur l’activité partielle de longue durée dans les secteurs d’activité très touchés par la crise sanitaire comme l’habillement, le commerce, la métallurgie, l’imprimerie ou le cartonnage etc. sont tout sauf abstraits et ont d’ores et déjà permis de protéger des centaines de milliers d’emplois.

 

Sébastien Lecornu (ministre des Outre-mer)

Audition par la commission d’enquête de l’Assemblée sur la lutte contre l’orpaillage illégal en Guyane. Le gouvernement est pleinement mobilisé sur les volets répressif, diplomatique, environnemental, social et économique pour lutter contre ce fléau. Dans la lutte contre l’orpaillage illégal, l’Etat fait face à des réseaux violents. Depuis 2010, 9 soldats sont morts dans cette lutte, j’ai souhaité citer leurs noms devant la représentation nationale pour que chacun se rappelle de leur sacrifice sur le sol national.

 

Jacqueline Gourault (ministre des Territoires et des Relations avec les collectivités territoriales)

Nous avons signé cet après-midi un accord de partenariat entre le  gouvernement et l’Acdf [Assemblée des Communautés de France] pour allier nos efforts en faveur de la relance et du déploiement des contrats de relance et de transition écologique (CRTE).

 

Olivier Véran (ministre des Solidarités et de la Santé)

Le sport c’est un formidable outil de prévention et de soin. Nous voulons développer la place du sport dans la vie des personnes malades : 151 nouvelles maisons sport-santé vont voir le jour en 2021 partout en France.

 

Annick Girardin (ministre de la Mer)

Fin de 2 jours de négociations sur les quotas de pêche dans les eaux partagées avec le Royaume-Uni, pour anticiper l'expiration, le 31 mars, des quotas provisoires actuels. Les quotas négociés en ce début de semaine s'appliqueront aux pêcheurs européens jusqu'à fin juillet. Je salue cet accord équilibré. Le gouvernement et moi-même resterons cependant très vigilants à la préservation des intérêts des flottes de pêche françaises et européennes dans les négociations avec nos voisins britanniques.

 

Frédérique Vidal (ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation)

- Les propos tenus par l'ambassade de Chine en France à l'encontre de certains élus et d'un chercheur français sont inacceptables. En France, la liberté académique et de la recherche est inconditionnelle. Rien n'y contreviendra.

- Depuis fin janvier, tous les étudiants qui le souhaitent peuvent retourner en présentiel un jour par semaine dans les établissements d’enseignement supérieur. Ce rythme reste en vigueur dans les départements actuellement en confinement.

 

Julien Denormandie (ministre de l'Agriculture et de l'alimentation)

- Plus de haies, c’est plus de résilience !

- Le plan protéines lancé au niveau français est une source d’inspiration pour de nombreux pays européens.

 

Amélie de Montchalin (ministre de la Transformation et de la fonction publique)

- Chaque jour de télétravail est un jour gagné contre le virus. C'est un jour où vous servez doublement les Français : par votre travail, et par votre effort. Agents publics, j'ai demandé à toutes vos administrations d'augmenter le nombre de jours télétravaillés, sans attendre.

- Depuis 2017, les services publics reviennent dans nos territoires. D’ici 2022, nous atteindrons les 2500 espaces France services.

- Le carnaval de Marseille, ce n'est pas de la désobéissance civile, c'est de la mise en danger de la vie d'autrui.

- Cette crise, on a décidé de la gérer avec sang-froid, humilité, et responsabilité, en assumant de corriger tout de suite ce qui ne marche pas. En 4 heures, on a supprimé la première version de l'attestation.

- Dans une guerre d'usure, on ne se laisse pas user par les polémiques. Nous assumons de ne pas faire comme en mars ou en octobre. On aurait pu choisir de fermer la vie, on a choisi de freiner l'épidémie.

 

Marc Fesneau (ministre chargé des relations avec le Parlement et de la participation citoyenne)

- Tenir ensemble, en citoyens solidaires avant que ne s’ouvre plus largement un chemin d’espoir grâce aux vaccins contre la Covid19.

- La reconquête des territoires passe par l’accès pour chaque citoyen à ses services publics. France Service c’est la volonté concrétisée du gouvernement d’un service public modernisé et territorialisé, avec les collectivités locales.

- [Police] Un gouvernement qui tient ses engagements en termes d’effectifs supplémentaires à Tours, comme à Châteauroux et partout dans nos territoires. Rompant ainsi avec des années de baisse d’effectifs. Avec un seul objectif : assurer la liberté fondamentale que constitue la sécurité.

 

Elisabeth Moreno (ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l'égalité des chances)

- Lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Comme le disait Frantz Fanon, "chaque génération doit découvrir sa mission, la remplir ou la trahir". Vous pouvez compter sur moi pour la remplir.

- L'UNEF est passée de la lutte des classes à la lutte des races. C'est une erreur car on ne combat pas le racisme en utilisant les méthodes des racistes.

- Si vous avez une fille et un garçon, comment vous pouvez expliquer à votre fille qu'elle va gagner 9 % de moins que son frère ?

- Emmanuel Macron est le premier président de la Ve République à avoir décidé que l'égalité entre les femmes et les hommes serait la grande cause du quinquennat.

- Napoléon est un grand homme de l'histoire française (...) Je veux que l'on parle des zones de lumière mais aussi des zones d'ombre (...) Je ne suis pas pour qu'on déboulonne, qu'on gomme l'histoire je suis pour qu'on la complète et qu'on l'enrichisse.

- Il n'y a pas de frontière sociale ou géographique à ce sexisme qui tue, qui tue des rêves, des vies, des ambitions (...) On doit avoir des alliés hommes.

- Lutter contre les discriminations. Si le passé peut constituer un facteur de discorde, le travail mémoriel permet de retrouver le chemin de la concorde. Merci aux associations ultramarines pour leur engagement et leur combat contre le racisme.

- Pour mieux appréhender notre présent, il est essentiel de mieux connaître notre passé. Le travail des chercheurs est donc essentiel. Ils sont les sculpteurs de notre mémoire collective.

- Les structures d'accueil des femmes victimes de violences sont indispensables pour leur permettre de s'extraire du cycle des violences et de se reconstruire.

- C’est toute la société qui doit être éduquée, sensibilisée, formée et informée sur les questions LGBT+. Ça commence à la maison, ça se poursuit à l’école, puis dans le monde professionnel et dans les médias. Si les mentalités n’évoluent pas, si les personnes ne déconstruisent pas leurs préjugés, on n’y arrivera pas. Car les lois ne font pas tout. Elles sont là pour protéger les personnes et sanctionner quand les droits ne sont pas respectés, mais elles ne vont pas nous apprendre à aimer l’autre.

- La première chose à faire est d’aider le corps enseignant à se saisir de ces questions, c’est ce à quoi nous nous attelons avec Jean-Michel Blanquer. Il y a encore dix ans, on ne parlait pas ou peu des questions LGBT+ à l’école. Certains professeurs n’ont jamais entendu parler de ces sujets dans leur formation et ne savent pas comment s’y prendre. Il faut donc trouver les bons outils pour parler sereinement de ces questions, sans choquer. Le ministère de l’Éducation nationale va créer un site internet dédié “Éduquer contre les LGBTphobies” à destination du corps enseignant pour la prochaine année scolaire. 

- Bien que l’éducation sexuelle soit dans les programmes scolaires et obligatoire depuis longtemps, certains établissements ne s’en saisissent pas. Nous avons donc décidé de lancer avec le ministère de l’Éducation nationale un audit pour identifier ces institutions, comprendre quels sont leurs freins et le cas échéant, améliorer son contenu et son déploiement effectif. La lettre de mission a été signée fin septembre 2020 et a démarré en janvier. Les conclusions sont attendues pour juin 2021 pour une mise en œuvre à la rentrée prochaine.

- Personnellement, je pense que nous devons permettre aux élèves trans d’utiliser leur prénom d’usage, sans qu’il soit nécessaire de toucher à l’état civil, que ce soit à l’école, au collège et au lycée et c’est ce qui est d’ailleurs prévu dans le cadre de notre plan LGBT+. Montrer à la personne qu’on la reconnaît et qu’on accueille sa transition, c’est aussi lui donner la possibilité d’utiliser son prénom d’usage. Beaucoup de collèges et de lycées se demandent si les enfants sont capables de reconnaître leur identité de genre à cet âge-là. Mais on parle d’un prénom, pas d’un changement d’état civil.

- En ce qui concerne les droits humains, nous ne pouvons pas accepter en Europe de recul. Si le gouvernement polonais ne respecte pas les libertés, les droits et les valeurs de l’Union européenne, il faut regarder comment sanctionner, notamment financièrement.

- [GPA] Je tiens à dire en premier lieu que ce sujet ne fait pas partie des promesses de campagne du Président. La priorité à ce stade c’est la PMA pour toutes. Et je suis pleinement mobilisée pour qu’elle devienne au plus vite effective. Ceci étant dit, ce que je voulais dire lorsque je me suis exprimée favorablement à titre personnel concernant une GPA éthique et très encadrée, c’est que dès lors qu’il y a un cadre juridique, cela évite des débordements et des situations très compliquées. La société évolue, les choses bougent, et il faudra bien qu’on ait une discussion sur ce sujet un jour, même si je sais que ça n’arrivera pas tout de suite. Par ailleurs, nous savons qu’il y a des enfants en France nés par GPA et ces enfants doivent être protégés. 

- La GPA reste interdite en France. Dans le même temps, il ne faut laisser aucun enfant sans filiation et le ministère de la Justice est en train de réfléchir à la meilleure manière de procéder sur ce sujet.

- J’aimerais qu’il y ait plus de femmes à la tête des grandes entreprises du CAC40. Tout comme que je souhaiterais que Sciences Po Paris soit dirigé par une femme. La dernière fois que j’ai eu une réunion avec la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal et les directeurs des Instituts d’études politiques français, il y avait deux femmes et huit hommes. Mais enfin! Est-il normal qu’en 2021 une seule femme dirige une entreprise du CAC40? C’est d’ailleurs pour ça que je pense nécessaire d’avoir des mesures et indicateurs chiffrés pour rééquilibrer tout ça. On part de tellement loin que si nous n’avons pas une volonté forte sur la question du nombre de femmes aux postes stratégiques, on n’y arrivera jamais.

- La démarche du président de la République est juste. L’histoire de la France s’est construite grâce à des personnes françaises extraordinairement impliquées, mais il y avait également des personnes qui n’étaient pas Françaises et qui aimaient profondément ce pays. Est-ce que je suis heureuse de voir ces 21% de femmes seulement? Non! C’est regrettable qu’il n’y en ait pas plus. Et en même temps ça va dans le sens de l’Histoire. Leur contribution a toujours été présente, mais elle n’a pas été suffisamment reconnue. Les femmes sont restées dans l’ombre, invisibilisées du fait d’un système patriarcal ancestral. Le simple fait qu’on se scandalise qu’il y ait si peu de femmes, c’est déjà un succès. Parce que ça veut dire que dans l’esprit des gens, ça n’est plus acceptable. (…) Ce faible pourcentage de femmes est lié à la façon dont l’Histoire a été écrite. Vous connaissez cet adage qui dit que ‘tant que c’est le chasseur qui racontera l’histoire, le chasseur sera toujours le héros’. Tant que nous n’aurons pas suffisamment de femmes qui tiennent le stylo pour raconter des histoires, on se retrouvera toujours dans ce genre de situation. Mais cette liste qu’a proposée la ministre Nadia Hai est un premier tome et je ne désespère pas qu’on arrivera à un meilleur équilibre dans le prochain.

- Sur les 80 personnes au Panthéon, il n’y a que cinq femmes. Je crois que c’est assez parlant.

 

Franck Riester (ministre chargé du commerce extérieur et de l'attractivité)

- Nous avons besoin de la contribution des entreprises étrangères pour accélérer la relance.

- Le virus touche tout le monde, personne n’est à l’abri. Il faut absolument respecter les gestes barrières et les mesures de freinage.

- Nous voulons avec la Chine des relations claires et directes. Nous sommes déterminés à affirmer nos convictions et faire respecter les droits de l’Homme. Sur le plan commercial, nous travaillons à obtenir réciprocité & équilibre.

- Il est inacceptable que l’Ambassade de Chine profère insultes & menaces à l’encontre de chercheurs et de parlementaires français. L’Ambassadeur de Chine est convoqué ce matin au Quai d’Orsay. Nous serons fermes jusqu’au bout.

- Les marchés bougent, il y a des opportunités formidables à saisir pour les entreprises de la mode et du luxe. C’est le moment de partir à la conquête de l’international !

 

Emmanuelle Wargon (ministre chargée du Logement)

Cette majorité plus que d'autres a engagé les transformations écologiques indispensables à la transition. Oui la loi climat et résilience va nous permettre de continuer cette trajectoire.

 

Jean-Baptiste Djebbari (ministre chargé des Transports)

"Ma vie importe peu si c'est pour sauver celle des autres" Sur le plateau des Glières il y a 77 ans, le capitaine Anjot savait que quelque chose de plus grand se jouait. Lui et ses hommes sont morts pour notre liberté. En espérant, en donnant de l’espoir. Ne les oublions jamais.

 

Olivier Dussopt (ministre chargé des Comptes publics)

- La dette Covid doit nous conduire à réfléchir au devenir des finances publiques. Il s'agit de gérer les dépenses engagées pour la crise, mais plus largement de retrouver une capacité de pilotage davantage tournée autour de l'équilibre.

- Nous allons réabonder le dispositif de soutien aux territoires d'industrie puisque c'est aussi par cette mobilisation que nous sauverons des sites.

 

Agnès Pannier-Runacher (ministre chargée de l'Industrie)

- Nous annonçons près de 300M€ supplémentaires pour le Fonds d’accélération des projets industriels dans les territoires. Ils permettront d’accompagner plus de 500 projets industriels, avec un potentiel de 15.000 créations d’emplois.

- C’est BioNTechPfizer qui fournira le plus grand nombre de doses dans les semaines qui viennent. Ce vaccin est le fer de lance de notre campagne de vaccination.

- Le vaccin de PfizerBioNTech est le fer de lance de la vaccination européenne: c'est le laboratoire qui nous fournira le plus de doses en 2021. Concernant AstraZeneca, je soutiens la proposition de blocage des exportations par l'UE: 25% de doses livrées fin mars n'est pas acceptable.

- Comme les États-Unis, nous devons identifier nos dépendances stratégiques et avancer pour renforcer notre autonomie industrielle. Il faut maintenant investir massivement ensemble dans des secteurs clés : cyber, santé, hydrogène, ...

- "Un bien public mondial" c'est un bien qui est rendu accessible à tous en s'appuyant sur tous les sites industriels existants pour produire du vaccin. Et c'est ce qui est en action aujourd'hui en Europe, aux USA, en Chine, au Brésil, en Inde (1er producteur mondial de vaccins).

- Le chacun pour soi dans cette épidémie est contre-productif : l'épidémie est mondiale, la diffusion des variants est mondiale et les chaînes de production des vaccins sont mondiales également. Il nous faut donc faire preuve de solidarité pour vacciner le maximum de personnes.

 

Alain Griset (ministre chargé des Petites et moyennes entreprises)

- Ces mesures supplémentaires pour contenir le virus, c'est la situation sanitaire qui l'exige.

- Pour accompagner les entreprises concernées par les dernières annonces faites pour lutter contre l'épidémie, nous adaptons nos mesures de soutien.

 

Roxana Maracineanu (ministre chargée des Sports)

[Lettre ouverte des ministres des Sports de l’UE à l’initiative de Roxana Maracineanu: le sport facteur indispensable de santé et de bien-être] La crise de la COVID19 a mis en évidence l’importance du sport et de l’activité physique pour le bien-être, à la fois comme moyen efficace de lutter contre les effets délétères des confinements sur la santé physique et mentale mais aussi comme moyen de prévention des risques infectieux en situation de pandémie. De manière générale, les personnes en bonne santé semblent avoir été moins sévèrement touchées par la pandémie.
Dans la lutte contre la pandémie de la COVID19, la protection de la santé de nos concitoyens reste la première et la plus grande priorité. Mais comme le souligne notamment l’appel de Tartu pour un mode de vie sain lancé en 2017 par la Commission européenne, les données scientifiques montrent que le manque d’activité physique régulière conduit souvent à un mode de vie malsain et à des maladies, en particulier plus tard dans la vie.
Dans cette optique, il est particulièrement important, pendant les périodes de confinement, d’offrir des possibilités, comme cela a été le cas dans certains États membres, de pratiquer du sport et de maintenir une activité physique, parfois dans un cadre innovant.
Dans ce contexte, nous, Ministres responsables du sport, réitérons notre engagement à promouvoir le rôle et la valeur du sport et de l’activité physique en termes de contribution à la santé physique et mentale et au bien-être des citoyens et en termes de prévention des maladies chroniques et infectieuses, notamment en période de crise comme la pandémie de la COVID19 et après. Des efforts supplémentaires aux niveaux local, national, régional et européen peuvent être nécessaires pour maintenir la contribution du sport et de l’activité physique à la santé physique et mentale de nos citoyens, en particulier des enfants, dans la situation actuelle de pandémie ainsi que dans le contexte des stratégies de sortie et de reprise post-pandémie.
Nous nous félicitons de la volonté de la Commissaire Gabriel d’assurer un suivi de l’appel de Tartu, qui a été couronné de succès, en élargissant le champ d’action à des "modes de vie sains pour tous" (initiative « Healthy Lifestyles for All »). Il est essentiel d’éduquer, en particulier (mais pas seulement) les enfants et les jeunes adultes, sur l’importance d’un mode de vie sain et d’une activité physique adéquate pour protéger leur santé et être un acteur de l’auto-soin et de la prévention tout au long de leur vie. C’est pourquoi nous appelons toutes les autorités compétentes à trouver, pendant la crise actuelle, le juste équilibre entre la prévention de la propagation du virus et la reprise et le maintien d’activités physiques et sportives sûres, en particulier pour les jeunes, avec l’objectif à long terme de préserver la santé physique et mentale et le bien-être.

 

Marlène Schiappa (ministre chargée de la Citoyenneté)

- La sécurité n’est ni de droite ni de gauche. Quand vous êtes une femme dans un quartier sensible et que vous ne pouvez pas rentrer chez vous sereinement, vous ne vous demandez pas si c’est de droite ou de gauche !

- La prévention de la délinquance dans les quartiers prioritaires, c’est un travail collectif avec les élus locaux et les associations de terrain.

- Si par «on ne peut plus rien faire en 2021» Pierre Ménès veut dire qu’on ne peut plus agresser sexuellement ses collègues de travail en 2021 c’est le cas, et tant mieux je m’en réjouis. La notoriété ou le direct ne sont pas des pass pour agresser les femmes. (…) Il y a d'autres Pierre Ménès dans le monde de la télévision et je veux qu'ils sachent que leur notoriété ne les protège pas. (…) Attraper les fesses d'une personne ou l'embrasser de force est très clairement une agression sexuelle.

- C'est en français qu'à été écrite la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen. Continuons de porter dans cette langue les valeurs qui nous réunissent.

- Le 21mars, c’est la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Racisme, antisémitisme, xénophobie... ces haines sont contraires aux valeurs de la République. La France est en première ligne. Sur tout le territoire, un réseau de référents accompagne les victimes de discrimination. Le racisme est une violence qu’il faut stopper. La loi interdit 25 critères de discrimination. Seule 1 victime d’insultes racistes sur 20 porte plainte. Aidez nous à combattre le racisme en le signalant.

 

Brigitte Klinkert (ministre chargée de l'Insertion)

Face au séparatisme nous devons prendre toutes les précautions et exiger toutes les garanties.

 

Nadia Hai (ministre chargée de la Ville)

- La prévention sans la sanction est vaine et la sanction sans la prévention est un puit sans fin. Ces 2 piliers permettront de répondre efficacement à l’insécurité qui nuit d’abord et avant tout à la tranquillité des habitants.

- Il y a une augmentation de la violence, liée à différentes bandes rivales, avec des phénomènes nouveaux : réseaux sociaux, féminisation, rajeunissement. La réponse ne peut pas être que sécuritaire, il faut de la prévention.

 

Sophie Cluzel (secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées 

- Plus que jamais, l’ensemble du gouvernement est pleinement mobilisé pour soutenir toutes les personnes handicapées. Cette crise sanitaire est longue, nous touche dans notre quotidien, mais nous la surmonterons. Il nous faut tenir ensemble, unis et solidaires.

- Les écoles collèges et tous les établissements médico-sociaux restent ouverts car l'éducation et l'accompagnement des enfants en situation de handicap est une priorité.

- Profitons de cette Journée mondiale de la trisomie21 pour lever les préjugés. Ensemble, faisons évoluer le regard de la société sur la trisomie21. Parce que comprendre la différence c’est l’accepter.

 

Jean-Baptiste Lemoyne (secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie)

- Bataillons pour la langue française et la diversité linguistique au sein de l’Europe! Pouvoir lire et s’exprimer dans sa langue est une exigence démocratique.

- Vive la francophonie! Oui, célébrons cette belle langue française partagée par 300 millions de locuteurs sur les 5 continents. Et continuons d’agir pour qu’elle demeure une langue bien vivante, si précieuse pour étudier, travailler, voyager, aimer partout dans le monde !

 

Clément Beaune (secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes)

- Le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul [luttant contre les violences faites aux femmes] est scandaleux. C’est un recul supplémentaire des droits, qui fera l’objet des discussions européennes sur notre relation d’ensemble avec la Turquie.

- [Vaccination covid19] On va rattraper ce retard. (…) On aura plus de 300 millions de doses livrées dans l'Union européenne en avril, mai, juin. (…) Il n'y a des pays dans le monde qui font mieux que nous. (…) On s'est lancé un peu plus tard que les États-Unis dans le financement de l'innovation. Ils ont pris un risque.

- [Vaccins covid19]  Nous avons désormais un mécanisme de contrôle des exportations européennes. La Commission européenne propose de le durcir en introduisant un principe de réciprocité : on livre, si on est livré. La France est pour ce principe.

- Ne faisons pas croire qu’il y a une solution qu’on a exclue pour des raisons politiques, c’est faux. Aujourd’hui, le vaccin russe Spoutnik n’est pas scientifiquement validé en Europe et il est très peu produit.

- [Terrorisme] Il y a 5 ans à Bruxelles, 4 ans à Londres. Nous pensons aux victimes de ces attentats, nous honorons leur mémoire. Et nous continuons le combat. La haine et l’extrémisme religieux n’auront jamais leur place en Europe.

- Je crois au côté symbolique, comme le Parlement européen proclamant l'UE "zone de liberté" pour les personnes LGBT+. Mais il faut des actes : certaines violations de l’État de droit ont déjà été sanctionnées par la Cour de Justice européenne, on ira plus loin.

-  Il ne faut pas stigmatiser un pays, il peut y avoir de l’homophobie et un recul des droits des femmes partout. Cet attachement aux libertés, aux droits est profondément européen. Mais les droits ne sont jamais acquis, nulle part. 

 

Bérangère Abba (secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité)

- 30% de la pop mondiale n'a pas accès à une eau potable de qualité, 50% de la pop mondiale n’a pas accès à un service d'assainissement pour protéger son environnement. Economisons, protégeons l'eau, elle est une ressource précieuse et vitale.

- Non, le régime alimentaire des mammifères marins, poissons et reptiles ne prévoyait pas nos gobelets et sacs plastique Une tortue qui en ingère a 22% de chance d’en mourir. Réutiliser, recycler, c’est protéger la biodiversité.

- Matinée «Climat» au Conseil des ministres européens de l’environnement. Des convergences claires pour accélérer les efforts d’adaptation au dérèglement climatique et une volonté partagée de finaliser rapidement les négociations sur la Loi climat avec le Parlement européen.

 

Nathalie Elimas (secrétaire d’Etat chargée de l’Education prioritaire)

Si la crise sanitaire est encore là, nous anticipons d’ores et déjà ses conséquences sociales.

 

Sarah El Hairy (secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de l’Engagement)

- La Garantie Jeunes répond à la précarité financière de nos jeunes avec un accompagnement humain nécessaire pour lever les freins du quotidien (le logement, la mobilité...). Nous travaillons à son élargissement pour une Garantie Jeunes Universelle.

- Les professionnels et bénévoles de l'éducation populaire dans leur immense majorité font un travail formidable auprès des jeunes. Nous nous devons de mieux les outiller : c'est pour cela que je travaille au renforcement du BAFA sur les valeurs républicaines, la laïcité.

 

Cédric O (secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques)

Bonne nouvelle : «comme prévu», la 5G s’allume à Paris, comme partout en France et en Europe. La raison l’emporte. La 5G permettra de ne pas voir les réseaux mobiles saturer, tout en améliorant leur efficacité énergétique. Elle est aussi indispensable pour l’avenir de la French Tech.

 

Laurent Pietraszewski (secrétaire d’Etat chargé des Retraites et de la Santé au travail)

Face à la nouvelle vague épidémique, nous devons « pousser au maximum » le télétravail dans les entreprises et les administrations. C’est indispensable.

 

Joël Giraud (secrétaire d’Etat chargé de la Ruralité)

[Petites villes de demain] Un accompagnement de l’État pour un projet de territoire décidé localement : c’est le sens de ce programme et c’est le sens de notre action.

 

Assemblée nationale

Richard Ferrand (président)

- Le « quoi qu’il en coûte » c’est ne laisser personne de côté, et cela fait l’honneur de notre pays.

- Avec le ministre des Transports, nous évoquons l'important soutien au secteur, qui représente 10% des crédits de Franc relance! Désenclavement, petites lignes ferroviaires, transition écologique... l'organisation des transports est un sujet majeur.

 

► Partis politiques

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]

Stanislas Guerini (délégué général)

- La défense de notre République n’est pas une question de gauche ou de droite.

- Je ne suis pas favorable au droit de vote à 16 ans à la présidentielle car la première bataille est celle de l’abstention et de la confiance. Nous devons donner envie aux jeunes d’aller voter.

- L’immense majorité des français font des efforts importants et nous devons le souligner.

- C’est une nécessité absolue que les élections régionales se tiennent en juin.

- Quand un syndicat [UNEF] promeut des réunions racisées, non mixtes il y a que quoi être choqué ! L’attachement à la République n’est pas une question de gauche ou de droite. Une grande partie de la gauche a mené ce combat. Aujourd’hui il y a une gauche qui perd sa boussole sur cette question.

- [Carnaval à Marseille] Irresponsable et désolant.

- Approximations sur la vaccination, mensonge sur les centrales à charbon, contradictions sur la dette et défense du groupuscule xénophobe Génération identitaire... pas de doute, il s'agissait bien de la présidente du FN, Marine Le Pen sur France Inter.

- [Vaccins covid19] Je suis favorable à ce que nos concitoyens français et européens reçoivent des doses ! C’est cela la question pour eux. La commission européenne et Thierry Breton font ce travail de pression auprès des laboratoires pour honorer cette attente.

- [Covid19] Les décisions qui ont été prises étaient nécessaires, c’était le bon moment. Le gouvernement écoute et s’adapte, depuis le début de cette crise.

 

Aurore Bergé (présidente déléguée du groupe à l’Assemblée nationale)

- Les entreprises qui commettent des atteintes délibérées et durables aux répercussions sur le dérèglement climatique doivent être sanctionnées. Mais considérer les chefs d'entreprise, les agriculteurs comme des criminels en puissance, c'est non !

- Protéger les œuvres, c'est protéger la diversité culturelle et l'accès du public aux œuvres. C'est au cœur du projet de loi audiovisuel que nous examinerons avant l'été.

 

● MoDem

Patrick Mignola (président du groupe à l’Assemblée nationale)

[François Bayrou candidat à la présidentielle] [Si Emmanuel Macron n’était pas en situation de se représenter] François Bayrou pourrait [servir de recours], il fait partie des leaders naturels de la majorité présidentielle. Il a cette qualité principale dans la vie politique française de ressentir le bon sens populaire, un certain nombre d’atteintes profondes.

- Aujourd’hui, [François Bayrou] n’est pas dans une situation où il veut exister pour exister. Il veut être influent pour être utile aux Français. (…) Il est passé dans ce moment où il préfère faire bouger les choses que valoriser sa personnalité.

- [Emmanuel Macron & François Bayrou] Je vois une relation entre les deux hommes qui est une relation empreinte de respect, d’amitié, d’admiration, et de conversation très constructive dans un moment difficile que passe le pays. (…) Je n’imaginerais pas qu’Emmanuel Macron ne continue pas de s’appuyer sur François Bayrou.

- [Vaccins covid19] Il ne faudrait pas qu’on se retrouve, à un moment, avec trop de doses. On en est loin, mais aujourd’hui on a commandé 200 millions de vaccins pour 66 millions de Français. Il ne faut pas que nous cédions à l’affolement. On est capable aujourd’hui de monter en puissance. (…) Il faut qu’on puisse vacciner tout le monde, qu’on commande le maximum, mais il ne faut pas qu’on fasse n’importe quoi, c’est de l’argent public. (…) Si aujourd’hui ceux qui nous fournissent les vaccins n’étaient pas en capacité de faire – vous avez vu les polémiques autour d’AstraZeneca – évidemment il faudra se tourner vers les autres, mais si vous voulez tous céder à l’affolement et que demain on se mette à commander un milliard de doses pour une population de 50 millions d’habitants, je suis sûr que vous reposeriez la question dans six mois. 

 

Maud Petit (députée)

[Inceste] La parole se libère dans l’espace public depuis plusieurs années, d’une part grâce aux affaires médiatisées, telle que la parution du livre de Camille Kouchner, mais aussi par les témoignages de nombreux anonymes à travers le hashtag #metooinceste, qui ont le courage de se dévoiler. Il fallait que la législation évolue également pour accompagner cette parole et la prendre en compte. C’est un combat que je mène depuis le début de la mandature. En 2019, j’avais adressé une question au gouvernement sur la création d’un plan spécifique contre l’inceste.
La représentation nationale a conscience de l’importance du sujet et s’en ait saisie. Nous avons ainsi voté la proposition de loi contre les crimes sexuels sur mineurs, initiée par la Sénatrice Billon, a l’unanimité.
Elle a été retravaillée par l’Assemblée nationale et créée 4 nouvelles infractions dans le code pénal :
- Le crime de viol sur mineur de moins de 15 ans (20 ans de réclusion criminelle) -Le délit d'agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans, (10 ans de prison et de 150 000 euros d’amende
- Le crime de viol incestueux sur mineur de moins de 18 ans (20 ans de réclusion criminelle)
- Le délit d'agression sexuelle incestueuse sur mineur de moins de 18 ans (10 ans de prison et de 150 000 euros d’amende)
De nombreuses avancées ont été votées, importantes pour les victimes.
Ainsi, la proposition de loi pose désormais un âge de non-consentement à 15 ans (cet âge avait été fixé à 13 ans au Sénat). Pour l’inceste, ce seuil est porté à 18 ans. Aucun majeur ne pourra plus se prévaloir du consentement d'un mineur en-dessous de cet âge.  
Depuis 2018 et la loi « Schiappa », notre groupe parlementaire avait porté la question du non-consentement des mineurs. C’est une avancée cruciale pour la protection des mineurs qui a été votée.
La définition du viol inclut désormais les actes bucco-génitaux et le périmètre de l'inceste s’applique désormais aux grands-oncles et grands-tantes.
Nous avons également instauré un délit de « sextorsion ». Il consiste à sanctionner le fait de contraindre un mineur à commettre, sur lui-même, des actes de nature sexuelle pouvant être diffusés sur internet. Le but est de protéger les mineurs des prédateurs sexuels, très présents sur internet (notamment sur les réseaux sociaux) et qui sollicitent des photos et vidéos à caractère pornographique du mineur. Ce délit sera pénalement réprimé de 7 ans de prison et 100 000 € d’amende.
Un mécanisme de prescription glissante a également été inscrit dans le texte, qui prolonge le délai de prescription dans le cas où la même personne viole ou agresse sexuellement par la suite un autre mineur. C’est donc la date de prescription de la nouvelle infraction qui prévaut pour les deux infractions.
Eric Dupont-Moretti en a donné un exemple concret lors de nos débats : "Un même auteur commet 5 faits. 4 de ces faits sont prescrits mais il y a 5 victimes, dont 4 qui sont considérées [aujourd’hui] comme témoins. Je souhaite qu’elles aient un statut de victime : donc, plus de prescription pour ces 4 faits, à l’origine prescrits."

- Je suis persuadée que la prévention est indispensable. La libération de la parole est un premier pas indispensable. La pédocriminalité est un fléau silencieux de notre société qu’il faut exposer, pour pouvoir briser cette loi du silence, cette omerta. Avoir conscience de ces violences et de son ampleur au sein de notre société, c’est pouvoir sensibiliser et donc protéger.
La formation fait évidemment partie de la prévention. Accompagner tous les professionnels susceptibles de recueillir la parole de l’enfant (Professionnels de santé, médicaux-sociaux, de la justice, forces de l’ordre…), c’est permettre une prise en charge adéquate et c’est aussi pouvoir repérer les signes d’un traumatisme. Les avancées des recherches scientifiques sur les psycho-traumatismes, par exemple le mécanisme d’amnésie dissociative (ou amnésie traumatique) nous permettent aujourd’hui d’appréhender de mieux en mieux ces signes. Les professionnels doivent pouvoir les repérer. J’avais d’ailleurs proposé des amendements pour réaliser un état des lieux de la formations des professionnels sur les psycho-traumatismes, mais qui n’ont pas pu être discutés, considérés comme cavaliers dans le texte.
Je pense également que nous devons sensibiliser les parents à ces mécanismes, et aussi guider les familles dans la libération de la parole sur le sujet.

 

● UDI
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ne sont pas retranscrits]

Catherine Morin-Dessailly (sénatrice)

[Tribune: Souveraineté numérique: passer du discours aux actes]
La période qui s’ouvre avec, d’une part la perspective de la présidence française de l’Union Européenne, d’autre part la présence d’un commissaire européen en charge tout à la fois de la politique industrielle, du marché intérieur, du numérique, de la défense et de l’espace, Thierry Breton, déterminé à en finir « avec la naïveté qui a marqué jusqu’ici l’action de l’Europe dans le domaine des technologies », est l’occasion de mettre en œuvre une stratégie nationale et européenne face aux géants technologiques américains et asiatiques.
Certains candidats à la dernière élection présidentielle avaient évoqué le risque pour la France et l’Europe de devenir des « colonies numériques » de deux autres continents. Si la campagne a pu être alors l’occasion d’évoquer la question de notre souveraineté numérique, rares ont été alors ceux qui en ont exposé les enjeux, et depuis plus rares encore ceux qui ont avancé des solutions pour faire pièce aux géants technologiques américains et asiatiques, en premier lieu le gouvernement. 
Face à des technologies numériques dont le potentiel de transformation est loin d’être épuisé, les perspectives de progrès sont aussi grandes que les craintes. En sont impactés l’emploi, les fondements de nos économies, de nos cultures et de nos systèmes politiques, et on n’a pu que constater une morne résignation.
La gestion du nouveau Health data hub du Ministère de la santé confié sans état d’âme à Microsoft, au prétexte qu’il n’existait aucune entreprise à la hauteur, est le dernier et inquiétant symbole de l’incapacité de nos dirigeants à faire face aux défis politiques, industriels et juridiques des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft).
Dans le même temps, l’intense lobbying déployé par ces mêmes GAFAM à Bruxelles permet de mieux comprendre pourquoi, à l’époque, la NSA (Agence nationale de sécurité américaine) a focalisé ses écoutes sur les fonctionnaires européens chargés de la concurrence !
Les révélations d’Edward Snowden – qui fut un collaborateur de la NSA – et l’ingérence d’une puissance étrangère dans le processus électoral américain de 2016 nous interdisent toutes formes de naïveté. Nous devons être lucides sur les mesures à prendre pour protéger les données des citoyens et de nos entreprises. La défense de notre souveraineté numérique doit d’abord s’accompagner d’une stratégie de développement industriel de ces technologies, défensive mais aussi offensive.
Les entreprises extra-européennes ont profité, souvent légalement, de la disparité des régimes fiscaux européens ; l’harmonisation post-Brexit de ces régimes doit devenir une priorité de nos gouvernements. Mais la lutte contre l’optimisation fiscale des GAFA ne suffit pas : nous devons aussi aider les entreprises de ces secteurs à se développer en Europe, et en particulier aider les PME à grossir et à devenir des acteurs internationaux.
Si ce n’est bien entendu pas à l’Etat de créer ces technologies, il doit en accompagner les acteurs en orientant ses marchés vers les PME innovantes dans les secteurs stratégiques comme la santé connectée, l’énergie, la maîtrise de l’environnement, les transports. Il convient aussi d’aider les entreprises européennes à développer les outils cryptographiques (en particulier les crypto-monnaies), fer de lance des nouvelles vagues « d’uberisation » dans la banque et l’assurance.
Nous assistons à une véritable hémorragie des talents et des start-up rachetés par des groupes américains ou asiatiques. Nous ne disposons d’aucune licorne ou presque. Les accords régulièrement passés par le gouvernement avec les géants de ces technologies sont autant de signaux négatifs.
Ils correspondent parfois à de véritables abandons de souveraineté, comme le partenariat entre l’Etat et l’américain Cisco pour la formation des ingénieurs réseaux de nos administrations, ou encore les accords des ministères de l’éducation et de la défense avec Microsoft, et plus récemment le financement par Google de la Grande Ecole du numérique, on pourrait multiplier les exemples.
Il convient de rappeler que toutes les nations qui ont développé des écosystèmes technologiques puissants l’ont fait grâce à des politiques volontaristes. Le Small Business Act de 1953 a permis aux PME américaines innovantes d’obtenir d’emblée des contrats fédéraux ou locaux. Ces mécanismes d’achats et d’aides publiques intelligentes sont à l’origine des plus grandes réussites américaines, comme celle d’Elon Musk avec Tesla.
Ces géants technologiques se sont aussi développés grâce à des exemptions fiscales et des aides gouvernementales. Comme le résume l’économiste américaine Mariana Mazzucato, « il n’y a pas une seule des technologies-clés de l’iPhone qui n’ait été à un moment ou un autre subventionnée par l’Etat américain…».
Plutôt que des grands plans industriels souvent inefficaces qui se résument souvent à du « saupoudrage » au bénéfice des grands groupes, l’Etat doit ainsi se concentrer sur le développement de nouveaux géants technologiques.
Certaines mesures peuvent être prises à coût zéro. C’est le cas lorsque les autorités allemandes associent cybersécurité et développement industriel en imposant aux sociétés américaines de créer des « data centers » sur le territoire européen plutôt que d’accepter le transfert des données et de l’expertise sur leur traitement aux Etats-Unis.
Ces décisions étaient d’autant plus importantes alors que l’administration Trump a exclu les données personnelles des « non-citoyens américains » de toute forme de protection juridique. Mais c’est l’inverse hélas qui a prévalu à l’époque lorsque la Commission européenne a accepté que l’autorité de contrôle de l’accord transatlantique sur le transfert des données des citoyens et des entreprises européennes (« Privacy Shield ») soit installée aux Etats-Unis, alors que le traitement en masse des données et les algorithmes de l’intelligence artificielle sont devenus des enjeux stratégiques pour notre économie et notre défense !
L’ensemble des instruments de l’Etat, tant industriels que juridiques, fiscaux et diplomatiques, doit être activé et coordonné au profit d’une politique industrielle française et européenne des technologies. Jamais il n’a été plus urgent de reprendre en main notre destin numérique !
Aujourd’hui, en matière de souveraineté numérique, reprenant les termes du dernier rapport de l’Institut de Souveraineté Numérique et de l’AFNIC « Internet des Objets & Souveraineté Numérique : Perspectives industrielles et enjeux de régulation », on peut résumer l’enjeu de la manière suivante : « Pour les pays de l’Union, la souveraineté numérique ne consiste plus seulement à conserver la maîtrise de leurs infrastructures informationnelles ou à garantir leur indépendance vis-à-vis des technologies extra européennes, il s’agit aussi de veiller à ce que ces technologies ne remettent pas en cause nos libertés fondamentales ou même les bases de nos systèmes de protection sociale », de démocratie et de modèles de société.
La séquence qui s’ouvre au niveau européen est une opportunité à saisir, la souveraineté numérique étant, semble t’il, enfin devenue pour la commission un objectif stratégique. Le plan d’action européen « Pour une décennie numérique » qui vise à traduire les ambitions numériques de l’Union en objectifs concrets à l’horizon 2030 est un signal positif. Reste à s’assurer que, par exemple, selon les textes finaux qui seront votés (le Digital Services Act (DSA), le Digital Markets Act (DMA) et l’Acte sur la Gouvernance des Données), selon les choix stratégiques qui seront faits, une réelle maîtrise du numérique dans toute une série de domaines clefs que la pandémie de la Covid 19 a d’ailleurs bien identifiés (logistique et transports, cybersécurité, santé, etc.) soit effective.
Si de grands principes qui doivent guider l’action numérique de l’Europe à l’horizon 2020 sont énoncés, nous allons bien voir si pour l’Europe, comme pour la France d’ailleurs, nos gouvernants auront bien l’objectif de créer les technologies et les réglementations qui permettront de créer un monde souverain en accord avec nos  principes fondamentaux de l’Etat de droit et de la démocratie.

 

► Autres

● Organisations centristes
Renaissance
(Députés français du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen)

 

Pascal Canfin

L’Europe est un échelon essentiel pour gagner la bataille climatique.

 

Marie-Pierre Vedrenne

- [Chine] Les sanctions à l’égard des membres du Parlement européen sont inacceptables & insupportables. Soutien aux collègues À l’heure où nous étudions la conclusion de l’accord UE – Chine, nouvelle démonstration que nos doutes tant sur le contexte que le texte sont plus que légitimes

 

● Personnalités centristes
Jean-Pierre Raffarin (ancien premier ministre)

- Il y a deux droites républicaines, ce que René Rémond appelait la droite orléaniste et la droite bonapartiste, les deux courants historiques de la droite. Ils étaient autrefois incarnés par le RPR et l'UDF. Pour gagner, la droite ne doit pas être fracturée. Aujourd'hui, sa vraie question est « comment sortir de cette impasse ? » Les Républicains auront du mal à gagner dans une configuration aussi éclatée. Une partie de la droite, celle des initiatives, des PME, la droite entrepreneuriale, est plutôt du côté d'Emmanuel Macron. Et il y a une autre droite : la droite populaire, qui reste plutôt fidèle à notre camp. Que va devenir cette droite des initiatives ? Pour gagner, les Républicains devront choisir un candidat qui puisse rassembler ces deux courants de pensée. Cela dépendra beaucoup de la gestion de la sortie de crise Covid par le président de la République.
Si la droite des initiatives se désolidarise d'Emmanuel Macron pour rejoindre, par exemple, un Xavier Bertrand ou une Valérie Pécresse qui jouent sur ce créneau-là, alors, potentiellement, la droite redeviendra forte. La droite des initiatives sera déterminante pour la victoire de 2022. Nous sommes aujourd'hui dans une situation intermédiaire, dans la traversée du nuage, avant l'atterrissage. On n'y voit rien ou pas grand-chose : ce n'est pas maintenant qu'il faut adopter la stratégie définitive. Aujourd'hui, je dirais qu'Emmanuel Macron est en bonne position pour l'élection présidentielle, mais en délicatesse pour les législatives.

- Le président est soutenu, pour partie, par la droite des initiatives, mais il est le candidat d'un espace politique beaucoup plus large. Cette droite-là n'est pas passée à gauche. Elle est toujours disponible pour la droite républicaine si Emmanuel Macron devait rencontrer des difficultés ou s'écarter de sa ligne centrale. Depuis l'arrivée de Christian Jacob à la tête du parti, la stratégie a évolué : le rassemblement semble l'emporter sur la différenciation… Aujourd'hui, on voit bien que les candidats potentiels cherchent à rassembler. Macron est, pour l'instant, à lire les sondages, plutôt soutenu par l'opinion, mais sa faiblesse réside dans l'organisation de sa majorité. C'est pourquoi les législatives restent incertaines, même en cas de victoire du candidat d'En marche.

- Un bon Premier ministre, c'est quelqu'un qui complète le président. C'est la femme ou l'homme qui apporte quelque chose au chef de l'État. Ce qui en fait plus qu'un collaborateur. Le général de Gaulle disait que dans la Ve République, le président est en charge de l'essentiel. C'est ainsi que fonctionnent nos institutions. À un an de l'élection, le président cannibalise la vie politique. Il ne faut pas penser que le Premier ministre aura aujourd'hui une action déterminante sur la perception que les Français ont du président. Jean Castex a beaucoup de qualités, mais c'est bien le président qui sera « jugé ».

- Le pari serait de faire un choix entre deux exigences : celle de la santé et celle de l'emploi. Or, justement, Emmanuel Macron ne parie pas. Il cherche l'équilibre entre les deux options. C'est pour cela que la partie est si difficile et que l'humilité est la bienvenue.

- Je reste très chiraquien sur l'incompatibilité entre le Rassemblement national et la République, mais je ne crains pas que nous nous retrouvions dans cette situation. Je ne trouve pas Marine Le Pen particulièrement performante. Je ne vois pas ses progrès d'une élection à l'autre. Elle est aussi victime de l'usure. Je dirais qu'elle est fragile comme elle l'a été précédemment. Si elle est menaçante, c'est parce qu'il n'y a pas d'autres choix à Emmanuel Macron aujourd'hui. Il y a dans la situation actuelle un bon sens français qui sait qu'elle n'est pas en mesure de gouverner ce pays. Le débat sur les votes du second tour est très théorique. Il est lancé par ceux qui n'ont guère de chances d'y participer. Il y a beaucoup d'insincérité et de calcul chez ceux qui martèlent l'hypothèse du duel Macron-Le Pen. Personnellement, je pense que cette campagne ne sera pas banale au vu de la période extraordinaire que nous traversons. Il n'est pas dit que Mme Le Pen saura s'adapter.

- Je ne suis pas pour la proportionnelle. La proportionnelle, c'est la dispersion de l'énergie nationale. Je crois plus en la logique de l'alternance qu'en la logique de la représentativité, parce qu'il faut avant tout être capable de gouverner. La France a fait l'expérience de l'instabilité avec la IVe République. Je pense qu'il faut une période de calme relatif pour gouverner. En revanche, il n'est pas bon que, pendant cinq ans, les Français n'aient pas leur mot à dire : désormais, c'est le président qui fait le député. L'élection législative dans la foulée de la présidentielle, c'est, au fond, la même élection. Soit il faut ramener le mandat de parlementaire à quatre ans, soit il faut faire des mid-terms, comme aux États-Unis, pour donner aux Français une respiration, même avec un risque de la cohabitation. Je préfère la cohabitation à l'ingouvernabilité.

- L'essentiel du message chiraquien me paraît être l'exigence de cohésion sociale. Avec Jacques Chirac, j'ai travaillé trois ans durant au service de la France. C'était pour moi un patron bienveillant, un facilitateur, pas celui dont vous avez peur ou à qui vous cachez des choses, mais le patron auquel vous soumettez des problèmes pour obtenir des solutions. J'ai eu avec le président Chirac une pratique positive de la Ve République, où le Premier ministre déploie vraiment l'action du président et puise, auprès de lui, son énergie. Politiquement, je suis d'origine giscardienne. Si j'ai été si souvent en accord avec Alain Juppé, c'est aussi parce qu'il est le plus giscardien des chiraquiens. Certes, le Chirac de 1981 est un Chirac que nous avons combattu, avec lequel j'avais des désaccords, mais le Chirac que j'ai rencontré après 2002 était un homme profondément humaniste, mobilisé, entre autres, par les problèmes de la planète. Aujourd'hui sort en librairie le rapport annuel de la Fondation Prospective et Innovation – appelé le SHÉRIF du surnom de son fondateur René Monory –, dont le titre est De la mondialisation à la planétisation. Cette idée de « planétisation » est la réponse humaniste à la mondialisation. Cela signifie qu'un consensus émerge, notamment chez les jeunes, pour que la planète devienne un projet politique. Chirac, qui savait tout des territoires, avait trouvé sa nouvelle circonscription : la planète.

- [Chine] Aujourd'hui, on pourrait dire que nous sommes face à un feu tricolore. Un feu rouge pour tout ce qui concerne les sujets politiques – les Ouïgours, Hongkong, Taïwan – sur lesquels nous avons des désaccords fondamentaux pour une question de respect des droits de l'homme. La politique française n'est pas d'inspiration communiste, cela n'échappe à personne. Un autre feu, orange, concerne le commerce. Il y a là du positif et de la négociation. Nous avons des intérêts en Chine et un certain nombre d'objectifs tels que les retombées chez nous de la croissance chinoise, mais aussi le principe de réciprocité pour notre balance commerciale. Le feu est davantage vert pour la coopération internationale, le multilatéralisme. Chaque fois que les Américains se sont retirés d'instances internationales sous l'ère Trump, les Chinois en ont profité pour avancer et condamner l'unilatéralisme. Nous devons surtout nous garder de nous aligner sur l'un ou l'autre de nos partenaires, en veillant à les faire avancer sur les points qui sont essentiels pour nous. La réponse de notre pays, c'est la souveraineté européenne. C'est-à-dire notre capacité à faire de l'Europe une Europe gaulliste ou, si vous préférez, indépendante.

- Il est clair que l'Europe est la nécessité absolue. Nous ne devons pas nous retrouver dans une situation où les Chinois copieraient les États-Unis sur l'extraterritorialité des lois. L'heure serait grave pour nous, Français. Il nous faudra muscler nos moyens pour tenir le rapport de force, et mener des projets à l'échelle européenne, sur la 5G notamment. En fait, nous devons tenir une ligne de souveraineté renforcée tout en sachant que la souveraineté intégrale reste une utopie et la coopération une nécessité, comme l'a montré l'accord sino-européen sur les investissements.

- Nous sommes dans une crise d'une grande profondeur avec des impacts psychologiques, économiques, politiques et sociaux très profonds. Personne ne peut dire quelle société, quelle culture, quelle civilisation en sortira gagnante ou pas. En revanche, du point de vue international, une compétition entre les régimes autoritaires et les pays démocratiques est en train d'émerger. On voit bien que les démocraties ne sont pas sans faiblesses. Nous comptons de plus en plus d'éléments révélateurs comme les Gilets jaunes en France ou l'invasion du Capitole aux États-Unis.
Les démocraties ont un intérêt commun et, à ce titre, il faut qu'elles se parlent, qu'elles réfléchissent et réforment ensemble. Nous avons des systèmes très différents entre Washington, Paris, Copenhague, Jérusalem, Séoul ou Berlin. Aujourd'hui, notre convergence d'intérêts doit nous pousser au dialogue, pour échanger les bonnes pratiques. Si les démocraties veulent entretenir un rapport de force avec les régimes autoritaires qui ne tourne pas à leur désavantage, elles doivent, elles-mêmes, gagner en puissance, en crédibilité. Mais aussi en efficacité en essayant de rompre avec certaines de nos fragilités, notamment bureaucratiques.

- Nous vivons dans un monde de rapports de force. Les démocraties doivent veiller à ne pas renvoyer une image d'impuissance. Nous avons tout intérêt à nous observer les uns les autres. Il ne faut pas désespérer: la démocratie américaine – et Dieu sait si elle a des défauts – nous a donné un bel exemple en prouvant que la participation électorale pouvait vaincre le populisme. Même si Donald Trump a amélioré son score par rapport à l'élection précédente, Joe Biden se qualifie avec plus de 80 millions de voix. C'est le vote qui a sauvé la démocratie américaine. Nous devons aujourd'hui regarder du côté de chez nous et réfléchir au phénomène de l'abstention, notamment aux dernières municipales. La faible participation électorale est une pathologie qui peut s'avérer mortelle pour les démocraties.

- A l'international, je suis fidèle en tout point à la politique étrangère de mon pays ! L'actuelle tension internationale conduit les Chinois à des offensives extérieures et à des replis intérieurs. Les dirigeants chinois voudront à tout prix éviter un scénario à la Gorbatchev avec une dislocation de « l'Empire », ce qui les pousse à défendre leur ordre à l'intérieur tout en menant de grands projets à l'extérieur, tels que la route de la soie ou le sommet commercial de Shanghai. La France, sans naïveté, est très attentive aux rapports de force mondiaux. Ce n'est pas simple. Sur l'affaire des laboratoires, nous faisons confiance à l'OMS qui mène une analyse internationale. C'est une organisation multilatérale qui ne nous cachera pas la vérité. En ce moment, j'entends beaucoup de contre-vérités et de propagandes, mais vous savez, on ne fait pas de la politique pendant cinquante ans pour terminer perdreau de l'année. J'ai assez de pratique de l'État, des relations internationales et de culture de l'indépendance pour garder les pieds sur terre face aux tentatives d'influence des uns et des autres.

 

 

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