vendredi 27 novembre 2020

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Information + Formation + Participation = Citoyen responsable + Personne respectueuse


Un individu possédant la connaissance, capable de l’utiliser (c'est-à-dire informé et formé) et participant est la condition nécessaire et indispensable à l’existence d’un citoyen responsable et d’une personne respectueuse, seule condition incontournable afin de pérenniser et de développer la démocratie républicaine.

Information + Formation + Participation = Citoyen responsable + Personne respectueuse, est donc l’équation catégorique pour qu’une démocratie républicaine existe réellement, c'est-à-dire fonctionne concrètement et ne soit pas que des mots écrits et des propos énoncés.

Il faut que l’individu soit correctement informé et formé par tout ce qui concoure à la transmission du savoir (famille, école, médias, entreprises culturelles, etc.) pour avoir les connaissances adéquates et l’esprit critique qui lui permet de les utiliser correctement, et qu’il participe activement et obligatoirement à la vie publique, d’une part par un service civique divisé en plusieurs missions au cours de son existence et, d’autre part, en prenant part à des décisions qui l’implique directement (pour avoir le sentiment d’être un rouage essentiel de celles-ci mais également d’être responsable de leurs implications concrètes) afin qu’il soit un citoyen responsable – de sa vie et des décisions qu’il prend – et une personne respectueuse de l’autre.

Le vrai citoyen c’est une personne en capacité de pouvoir effectivement exercer ses droits et comprendre ses devoirs sinon il n’est qu’une simple fiction voire même un danger pour la démocratie républicaine autant que pour lui-même puisqu’il n’est pas en possibilité de défendre ses propres intérêts en toute connaissance de cause.

Pour que cela soit effectif, il doit être bien informé et formé tout au long de son existence.

Une chose est sûre et certaine: sans la détention de ce savoir et de savoir l’utiliser, l’individu n’a aucune chance de pouvoir choisir ce qui est bien pour lui et la communauté où il vit.

Quant à la participation, en démocratie, elle est tout autant un droit qu’un devoir.

Surtout, elle n’est pas une perte de temps parce qu’elle est, tout à la fois, un instrument d’inclusion et un moyen de cohésion sociale.

Elle produit également du concret au service de la collectivité tout en impliquant le citoyen et le rendant, à la fois, serviteur et bénéficiaire de celle-ci ainsi que son protecteur.

Participer en tant que citoyen à la vie de la cité doit être un droit mais c’est également un devoir.

Dès lors, il faut, non seulement, pouvoir participer mais l’on doit participer sous forme d’un service civique et l’on doit être responsable des décisions collectives prises parce que, d’une manière ou d’un autre, on y a participé.

C'est-à-dire que cette participation qui aboutit à décider des choses doit être accompagnée de la responsabilité de celui qui prend des décisions et non pas, comme c’est trop souvent le cas dans la démocratie représentative où, après avoir élu ses représentants, le citoyen les critique systématiquement en estimant que leurs décisions ne sont pas légitimes, qu’il a le droit de les remettre en question parce qu’il ne se sent pas responsable des décisions prises par ceux là même qu’il a pourtant élu.

S’il participe effectivement aux décisions, puisque c’est de cette absence de participation dont il se plaint pour remettre en cause la légitimité de celles qui sont prises par ses représentants, il faut qu’il en soit responsable, c'est-à-dire que comme ses décisions auront des conséquences, il doit assumer leur positivité et leur succès (ce qui ne semble pas difficile…) mais également et surtout leur négativité et leur échec, sans échappatoire, sans pouvoir se défausser sur un autre, le désigner comme l’unique responsable, voire le coupable.

Il doit alors accepter les conséquences de ses actes en toute responsabilité.

Un citoyen dans une réelle démocratie républicaine représentative et participative ne peut donc pas se déclarer irresponsable, tout comme il ne peut pas refuser des devoirs actifs s’il veut avoir des droits tout aussi actifs.

La participation doit donc prendre l’aspect de périodes obligatoires de service civique dans différents domaines que peut éventuellement choisir le citoyen (le social, le militaire, le culturel, le sanitaire, l’économique, etc.) au-delà même d’une participation aux décisions dans le cadre de débats organisés, de prises de parole, de pétitions voire d’éventuelles consultations populaires avec, évidemment, une délimitation très claire des domaines d’intervention et du degré décisionnel entre le citoyen et ses représentants.

L’idée derrière cette participation qui est tout autant un droit qu’un devoir, est qu’il est concevable qu’un vrai gouvernement par le peuple (le troisième commandement d’Abraham Lincoln du gouvernement démocratique qui est du peuple, pour le peuple, par le peuple) transforme mécaniquement ce dernier d’une posture d’irresponsabilité chronique et assumée à une responsabilité effective, et cela change tout.

Car ce peuple, collectivement, devient alors comme le citoyen individuellement, non seulement décideur et que comme les décisions qu’il prend, créent de la réalité, il doit assumer la responsabilité de celles-ci sans échappatoire, sans possibilité d’aller chercher d’autres responsables que lui-même.

Il n’est donc plus, corrélativement, dans cette posture constamment revendicative et critique mais doit endosser toutes les conséquences, même celles négatives et néfastes, de ces choix alors qu’aujourd’hui il peut en rendre responsables ses représentants tout en se dédouanant de son vote qui pourtant les a installés au pouvoir.

Bien évidemment, les sociétés aussi complexes et aussi importantes en grandeur que nous connaissons dans ce XXI° siècle rend impossible l’exercice de la démocratie directe si jamais celle-ci peut fonctionner (même là où elle s’exerçait des magistrats étaient élus pour remplir des fonctions que le peuple ne pouvait prendre à sa charge quotidiennement).

Dès lors, c’est bien dans la participation (avec une sphère délimitée précisément afin d’éviter les malentendus, les confrontations et le blocage des institutions) que l’on peut et que l’on doit trouver la solution.

Mais une chose est sûre: sans information, sans formation, sans participation, il n’y aura pas de citoyen responsable et d’individu respectueux donc, in fine, plus de réelle démocratie républicaine, voire plus de démocratie du tout à terme.

 

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