jeudi 4 avril 2019

Actualités du Centre. Emmanuel Macron tire un premier bilan du Grand débat

Emmanuel Macron lors d'une réunion du Grand débat
Lors de son passage en Bretagne, Emmanuel Macron a livré ses premières impressions et surtout conclusions sur le Grand débat qu’il avait initié afin de sonder les volontés des Français.
Même si, selon lui, c’est un «mouvement de colère [qui] a permis de faire émerger une expérience complètement inédite, le Grand débat», il s’est dit «fier de cette capacité de notre pays à avoir irrigué partout le débat».
Et de promettre que «les semaines et les mois qui viennent seront ceux de la réarticulation d’un projet national et européen» tout en adressant un «merci à tous nos citoyens qui ont donné de leur temps. (…) Artisans, agriculteurs, salariés, femmes seules élevant leurs enfants, retraités... je n’oublierai pas les interpellations dans les milliers d’échanges du Grand débat que j’ai eus.».
Mais, cela valait le coup pour le Président de la République qui veut que «nous ne sous-estimions pas ce que nous sommes en train de faire: redéfinir le projet national et européen».
Cependant, il ne faut pas tomber dans des chausses trappes.
«Je vois un risque : l’individualisme. Le risque serait de «dire ‘’la réponse au débat ça doit être 66 millions de réponses et ne bougez pas, j'ai mon chéquier dans la poche et je vais faire une réponse à chacun et ce sera bien’. Vous trouverez toujours des gens qui diront ‘moi on n'a pas répondu à mon sujet de grand débat’. A chaque instant il ne faut pas oublier que ce que l'Etat peut apporter c'est une réponse qui correspond à un projet national, à un sens du collectif. Il n’y aura pas de sortie positive si chacun ne prend pas sa part de responsabilité.»
«Au fond, a-t-il poursuivi, on pourrait regarder le débat que nous venons de vivre comme une addition de demandes catégorielles ou individuelles. Si on fait ça, on se trompe. Beaucoup des sujets évoqués par nos concitoyens durant ce débat ne sont pas simplement des demandes catégorielles et donc n'appellent pas à une liste de réponses».
Si cette analyse est exacte, on peut déplorer qu’Emmanuel Macron ait fustigé l’individualisme alors qu’il s’agit ici de l’autonomisation irresponsable issue d’un nombrilisme qui est le phénomène dont il veut parler.
Toujours est-il qu’il a exprimé sa «conviction que ça ne peut être ni un reniement de ce qui a été fait pendant deux ans, ça n'aurait pas de sens (...), ni un entêtement parce qu'il y a aussi des demandes claires qui n'ont peut-être pas toujours été entendues jusque-là et qui supposent d'apporter une nouvelle réponse».
C’est pourquoi, «Dans le temps qui s’ouvre, nous aurons à apporter des réponses au Grand débat. J’ai entendu beaucoup de choses et perçu des grands absents dans ce débat: le chômage, le monde, l’insécurité, le terrorisme. Il ne faut pas oublier le monde dans lequel nous sommes et ses dangers».
Quant à «La réponse», elle «doit passer par un principe de justice territoriale et de justice sociale. C'est vrai qu'il y a eu un manque de réponse en terme d'égalité, et en particulier d'égalité des chances, donc il faut faire le diagnostic clair des injustices exprimées et qui existent et des réponses qui permettent de s'attaquer à la racine»
En ce qui concerne les responsabilités de chacun, il a affirmé: «quand le président dit ‘on n’augmente plus l’impôt’, le citoyen dit ‘ce n’est pas vrai’ alors que c’est son maire, son président de département qui l’a augmenté. C’est aussi cela le délitement du sens civique».
Ainsi, a-t-il ajouté, la «décentralisation ira avec moi avec les compétences et les responsabilités, et des financements cohérents. C’est sur cette voie là que je suis prêt à m’engager».
Mais il a mis en garde: «l’autonomie fiscale, c’est aussi l’égoïsme fiscal».


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