jeudi 3 décembre 2020

Actualités du Centre. Décès de l’ancien président de la république, Valéry Giscard d’Estaing

Valéry Giscard d’Estaing

Valéry Giscard d’Estaing, président de la république de 1974 à 1981, est mort ce 2 décembre à 94 ans de la covid19.

Elu à la tête de la France en 1974, il est considéré par certains comme le premier président centriste de la V° République.

En réalité, celui qui voulait rassembler deux Français sur trois autour de son projet de société, un libéralisme tempéré, était plutôt central et appartenait à la frange droitière de ce que l’on appelle aujourd’hui l’axe central qui va de la droite réformatrice à la gauche libérale en passant par le centre libéral social.

Il avait su regrouper derrière lui une mouvance plus ou moins hétéroclite qu’il avait unifié dans l’UDF (Union pour la démocratie française, en référence à un de ses livres) en 1978 où l’on retrouvait une grande partie du Centre sous la houlette de Jean Lecanuet mais aussi une droite dure qui venait de sa propre formation, les Républicains indépendants.

Après avoir nommé Jacques Chirac comme Premier ministre en 1974, il fit appel, en 1976 après la rupture avec le gaulliste, à Raymond Barre qui se définissait comme un homme du Centre et qui demeura en poste jusqu’en 1981.

Valéry Giscard d’Estaing afficha, lors des premières années de son septennat un réformisme bienvenu après les années gaullistes et quelques années après les événements de 1968.

Il fit notamment voter la majorité à dix-huit ans et autorisa l’interruption volontaire de grossesse, une réforme portée à Simone Veil.

Ses dernières années de présidence furent plus conservatrices.

Il perdit l’élection présidentielle de 1981 face à François Mitterrand qui bénéficia de l’hostilité de la droite à l’encontre du chef de l’Etat sortant alors même que ce dernier était donné gagnant quelques mois avant le scrutin.

Cet échec le toucha particulièrement (notamment à cause de la trahison d’une partie de sa majorité) mais ne le fit pas se retrier de la vie politique, lui qui avait été élu comme le plus jeune président, il était âgé de 48 ans en 1974.

Il reprit du service comme député (en 1984) et chef de parti, à la  tête de l’UDF (en 1988), mais ne parvint pas à susciter un courant fort de soutien pour une nouvelle candidature à l’Elysée.

Européen convaincu, il essaya toujours de développer et conforter l’Union européenne et fut le principal rédacteur du projet de constitution qui fut rejetée par référendum par les Français et les Hollandais (stoppant le processus de ratification même si d’autres pays ne s’étaient pas prononcés).

S’il était demeuré proche de l’axe central, son positionnement évolua vers la Droite.

C’est ainsi que s’il soutint son ancien premier ministre centriste, Raymond Barre, pour la présidentielle de 1986 (à défaut d’avoir pu lui-même se présenter), il refusa de le faire pour les candidatures de François Bayrou, nouveau patron de l’UDF, de 2002, 2007 et 2012 (sous les couleurs du Mouvement démocrate) parce qu’il vouait à celui-ci une solide inimitié, estimant qu’il l’avait trahi, notamment par se prise du pouvoir à l’UDF.

A noter qu’il voulu se présenter en 1995 mais renonça face à des sondages décevants.

Il devint ainsi membre de l’UMP, le parti créé par son rival de toujours, Jacques Chirac.

Jusqu’au bout – il est le président de la république ayant vécu le plus longtemps – il continua à faire de la politique.

 

 

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