mardi 11 octobre 2011

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Eléments d’une écologie centriste


L’humanisme centriste est de mettre la personne au centre de tout (l’individu inséré dans la société et possédant des droits et des devoirs), comme cause et conséquence de toutes politiques. Une société d’humains, créées par des humains, gouvernées par des humains pour des humains trahirait sa mission et perdrait sa légitimité si elle se retournait contre ces mêmes humains.
C’est dans ce cadre d’une logique indestructible, et uniquement dans celui-ci, que la société doit envisager la relation entre les humains et leur environnement, entre l’individu et la nature. La démarche qui serait de relativiser l’être humain pour le mettre au même niveau que les autres créatures serait illégitime de la part d’une organisation dont le but premier est de protéger ses membres et de leur offrir le bien être.
De même pour celle qui affirmerait que la nature est au-dessus de l’humain alors que la longue et difficile lutte de ce dernier, toujours en cours comme le montre les catastrophes naturelles, a été, depuis son origine, de ne plus être dépendant de celle-ci, de ses dangers et de ses caprices afin de la mettre à son service, en tout cas de s’en protéger efficacement.
L’intérêt bien compris de l’humanité, c’est de se développer dans les meilleures conditions et d’assurer l’avenir pour les descendants de ceux qui peuplent la planète terre actuellement.
Savoir si la société doit faire en sorte que les mers ne soient pas polluées, que les ours polaires subsistent, que les déserts ne progressent pas et que l’alimentation ne soit pas toxique doit se rapporter, en priorité, à sa mission et aux valeurs qui sous-tendent celle-ci.
Nous comprenons bien que des océans propres sont un bénéfice pour l’humanité. Tout comme des aliments sains. Dans une vision utilitariste, il n’y a rien à redire.
En revanche, il n’est pas évident de savoir ce que nous avons à gagner à protéger l’ours polaire, le tigre, le requin ou le crocodile, d’autant que ceux-ci sont des prédateurs redoutables pour les êtres humains qui les côtoient.
Il suffit de demander aux paysans indiens qui vivent à proximité des tigres ce qu’ils en pensent…
De plus, il ne peut être question de ce drôle de concept de «biodiversité» pour prétendre que ces animaux doivent être protégés contre leur extinction alors que depuis le début des temps des millions d’espèces animales et végétales ont disparu de manière «naturelle» et qu’il n’a jamais été démontré qu’une diversité infinie avait un quelconque avantage pour l’humanité ou, même, pour la planète.
En revanche, si nous quittons le terrain utilitariste pour celui des valeurs, la protection des espèces en voie de disparition peut prendre sens. Mais elle ne peut entrer en collision et en contradiction avec la protection que la société doit avant tout aux êtres humains. Prétendre le contraire, c’est faire un drôle de retournement des valeurs où celles-ci pourraient justifier la mise en danger d’êtres humains au motif qu’il faut encourager la biodiversité en sauvant des espèces capables de tuer des humains.
L’humanité ne doit pas se tromper de combat. Vouloir retourner sous la coupe de la nature est une hérésie qui ne peut être professée que par des obscurantistes ou des gens qui n’aiment pas le genre humain.
Pour autant, cela ne doit pas empêcher, chacun de nous d’être respectueux de la nature et, même, de l’aimer.
Surtout, et c’est l’essentiel, nous devons faire en sorte de protéger collectivement tout ce qui, dans notre environnement, concourt à permettre notre existence. Nous devons faire en sorte d’améliorer ce qui peut l’être et de restaurer ce qui doit l’être pour nous-mêmes, nos enfants et les enfants de nos enfants qui eux, aussi, devraient agir dans le même sens.
Mais ne nous trompons pas de combat. La société se doit avant tout de s’occuper des êtres humains. Si elle défendait, comme le demande certains écologistes irresponsables et intégristes, la nature contre les humains, ce serait une faute et elle devrait être combattue pour cela par tous les humanistes. Sans concession.

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