mercredi 12 octobre 2011

Actualités du Centre – Hervé Morin: «la place du Centre est dans une majorité de droite»


Dans une interview au Parisien, Hervé Morin estime que voter pour François Bayrou, c’est voter pour les socialistes car le leader du Mouvement démocrate ne pourra s’allier qu’avec ces derniers lors de la prochaine présidentielle pour pouvoir récupérer des députés aux législatives qui suivront. Le président du Nouveau centre estime par ailleurs que la place du Centre se trouve à droite. Extraits.
Et la prochaine marche, c’est la présidentielle?
Pendant trois ans au gouvernement, j’ai vu la nécessité d’instaurer une République plus équilibrée, avec une majorité qui soit réellement polyphonique. C’est la seule manière d’éviter les excès de la monarchie républicaine. Une majorité pluraliste doit prendre en compte les observations et les réticences qui s’expriment en dehors du parti dominant. Cela n’a malheureusement pas été le cas.
Vous n’aimez pas le pouvoir tel que l’exerce Nicolas Sarkozy?
La République était tout aussi monarchique sous Mitterrand et Chirac. Simplement, cela se voyait sans doute moins car le Premier ministre était moins effacé. C’est notamment pour cela qu’il est impératif qu’un candidat centriste porte en 2012 une offre politique alternative.
Mais il y a François Bayrou?
Voter Bayrou, c’est voter socialiste au second tour! Son opposition radicale, son mépris envers Nicolas Sarkozy, même s’il tente, depuis quelques mois, de les gommer pour des raisons tactiques, le conduiront inévitablement vers François Hollande. C’est celui qui se rapproche le plus d’une démarche sociale-démocrate. Le MoDem aura tout intérêt à jouer cette carte pour reconstruire un groupe parlementaire, ce qu’il ne pourra pas faire avec l’UMP.
Vous soutiendrez donc Nicolas Sarkozy au second tour?
J’aime la clarté: pour moi, la place du centre est dans une majorité de droite. Mais il n’y aura pas de soutien automatique. Il est indispensable de construire entre les deux tours un accord de gouvernement qui reprenne les idées que nous défendrons pendant cette campagne. Nicolas Sarkozy m’a écarté du gouvernement car je disais déjà haut et fort que je voulais un candidat centriste en 2012. Ma chance, c’est que je n’ai plus le fantasme du portefeuille ministériel. Ma priorité est de permettre à la diversité de la société française de s’exprimer en soutenant nos propositions. A nous ensuite d’être les garants de nos idées pour qu’elles soient reprises dans un contrat de législature.
Quelles seront donc les conditions de votre soutien ?
D’abord une République morale. Nous demanderons un référendum pour rendre la République vraiment irréprochable. Cela implique la fin du cumul des mandats et des fonctions, la fin des conflits d’intérêts entre politique et secteur privé… Le prochain président devra reconstruire la confiance. On ne peut pas dire que les affaires de tam-tams africains remplis de billets, les rétro-commissions et les nominations contestables renforcent le lien entre les Français et leurs responsables politiques.
(…)
Comment allez-vous ancrer votre candidature dans le paysage alors que les sondages vous donnent rarement plus de 3%?
En continuant à expliquer aux Français mes propositions pour une France dynamique et optimiste. Dans quelques semaines, nous présenterons le projet global du Nouveau Centre. Viendra ensuite le moment d’annoncer ma candidature, sur laquelle le NC se prononcera à l’occasion d’un congrès, à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine. Mais je crois qu’être candidat est avant tout une démarche personnelle, une rencontre avec les Français. Le soutien du parti vient seulement dans un second temps.

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