samedi 29 avril 2017

Présidentielle 2017. Les démocrates sont-ils majoritaires en France?

Nous saurons, le 7 mai prochain si les démocrates sont majoritaires en France.
Cette affirmation n’est pas de la simple rhétorique ou un effet d’annonce comme on en voit tous les jours dans les médias, mais une vraie interrogation, terriblement angoissante devant le refus de nombre de politiciens de voter contre Marine Le Pen ainsi que face aux résultats du premier tour.
Si l’on additionne les voix des candidats défenseurs d’une démocratie républicaine libérale, le système en place en France depuis 1945 et issu des idées de la Révolution, c’est-à-dire ceux d’Emmanuel Macron, de François Fillon et de Benoit Hamon, on obtient 50,38%, tout juste la majorité face à ceux qui représentent des idéologies autoritaires et populistes, voire totalitaires, toutes en tout cas défiantes du système démocratique.
Cela ne signifie pas que presque la moitié des Français sont opposés à la démocratie républicaine – les sondages disent que leur pourcentage est nettement inférieur – mais cela veut bien dire que 49,64% de ceux qui ont voté, ont mis dans l’urne un bulletin d’un candidat qui remet plus ou moins en question celle-ci et qu’ils ont eu, comme alliés objectifs, les abstentionnistes et ceux qui ont voté blanc.
Dès lors, il faudra savoir, le 7 mai, si beaucoup de ces Français sont malgré tout démocrates comme la plupart des abstentionnistes s’ils se déplacent en masse pour voter Macron.
On peut le supposer si l’on pense que les votes pour les extrêmes et les populistes comportent toujours un pourcentage plus ou moins important de «votes sanction» à l’égard du système ou de «votes d’avertissement» ainsi que des «votes d’humeur» et que, devant les menaces contre la démocratie, il y a un sursaut de l’électorat.
Cela étant dit cette situation est inédite en France.
En 2002, par exemple, lorsque Jean-Marie Le Pen emmène pour la première fois l’extrême-droite au second tour de la présidentielle, les candidats démocrates représentent autour de 65% des voix.
Et lors de la précédente présidentielle de 2012, ce pourcentage était aux alentours de 70% des voix, soit vingt points de plus que cette année.
De ce point de vue, cette élection est bien un séisme démocratique tout juste compensé par la première place d’Emmanuel Macron.
Même si les sondages accordent actuellement 20 points d’avance à ce dernier face à Marine Le Pen, on comprend bien l’importance pour les défenseurs de la liberté et de la démocratie de se mobiliser le 7 mai afin qu’il n’y ait pas une voix qui manque pour barrer la route au Front national.
La candidate du parti d’extrême-droite a senti qu’il pouvait se passer quelque chose de particulier puisqu’elle a décidé de gommer toutes les aspérités extrémistes et populistes de son programme dans la nouvelle plaquette qu’elle a éditée, tout en essayant de donner une image apaisée d’elle-même (à la manière de Mélenchon au premier tour) dans ses meetings et ses interventions à la télévision, tout en appelant les électeurs de Jean-Luc Mélenchon à un front anti-Macron.
Ce qui nous conduit à Donald Trump.
Beaucoup de commentateurs et de politologues, notamment outre-Atlantique mais également dans les pays de l’Union européenne – en particulier en Allemagne – ont vu dans les résultats du premier tour, un refus salvateur de la France de porter au pouvoir un personnage tel que le président des Etats-Unis.
Or, si on regarde le vote des Français comme on vient de le faire ainsi que l’état d’une partie de l’opinion, les refus d’appeler à voter Macron pour certains ainsi que les ralliements à Le Pen pour d’autres, le tout avec des médias qui tombent exactement dans le même travers que les Américains pendant la campagne électorale de 2016, alors l’analyse doit être beaucoup plus nuancée.
Il semble bien que l’on soit dans une situation où une partie importante de la population française comme celle des pays avancés et démocratiques soient à l’écoute des populistes démagogiques et que ceux qui en font les frais sont les partisans de sociétés progressistes et équilibrées, au premier chef desquels sont les centristes mais aussi tous ceux qui se positionnent dans l’espace central.
Cette fascination actuelle pour ceux qui prêchent le repli et l’exclusion, sont dans le déni de la réalité et le refus de changer les choses dans la responsabilité, nous rappellent des moments graves que l’on croyait derrière nous depuis longtemps.
Les résultats du 7 mai prochain nous diront où nous en sommes très exactement, en espérant que ce ne sera pas dans le pire.

Alexandre Vatimbella


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