jeudi 30 avril 2020

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Ecroulement ou retour à la normale, l’énigme actuelle de l’épidémie de covid19

Il n’y a que deux manières que nous retrouvions une «vie d’avant»: soit le virus disparaît naturellement (ou, plus précisément, ne s’attaque plus aux humains), soit on le maîtrise par un traitement ou un vaccin.
Toutes les autres solutions sont des sortes de pis-aller qui nous permettent de tenter de retrouver une certaine normalité dans l’anormalité, de pouvoir vivre sous haute protection d’une menace vitale constante.
D’où l’extrême difficulté pour tous les dirigeants de la planète d’élaborer des déconfinements qui seront «réussis» et d’organiser la société pour qu’elle fonctionne au mieux qu’elle pourra.
Tous ceux qui disent le contraire sont, au minimum des ignorants, voire des irresponsables qui doivent être sanctionnés.
Dans quelques mois, nous nous rappellerons peut-être de la période que nous vivons actuellement comme un cauchemar et ce sera tant mieux.
Mais, comme je ne crois pas aux miracles façon Trump (ni à ses remèdes mortels!), nous devons trouver les moyens pour que ce virus ne fasse pas s’effondrer pour longtemps le monde actuel, non pas uniquement ses tares comme l’espèrent dans une fantasmagorique dangereuse ses contempteurs mais toute son organisation et ses structures au péril d’une crise sans précédent avec ses troubles et ses conséquences désastreuses ainsi que ses possibles millions de morts, le tout dans une gigantesque régression dont nous avons peine à imaginer ce qu’elle sera exactement tout en vivant dans l’angoisse de sa survenance.
Cette possibilité d’«écroulement» pour reprendre le mot utiliser par Edouard Philippe lors de son discours sur le déconfinement à l’Assemblée nationale le 28 avril, est bien réel, soyons-en, au minimum, conscients.
Comment peut-on jouer l’alarmiste à ce point diront certains alors que le covid19 n’a fait jusqu’à présent «que» 200.000 morts officiellement dans un monde qui en compte aux alentours de 7,7 milliards?
Mais, au-delà des chiffres macabres – dont on sait qu’ils sont difficiles à établir pour l’instant sans oublier les mensonges éhontés de certains pays en la matière qui les minorent comme la Chine, la Russie, l’Inde ou le Brésil, par exemple, et d’autres qui sont incapables de faire une comptabilisation du fait de leur Etat trop faible et/ou de leur système de santé quasi-inéxistant (du coup, on peut sans doute multiplier le nombre de décès par deux ou trois afin d’obtenir un chiffre plus proche de la terrible réalité) –, il faut rappeler que les mesures prises, tout insuffisantes qu’elles furent et qu’elles soient, ont permis d’éviter une hécatombe.
Ainsi, si l’on compte plus de 24.000 morts jusqu’à aujourd’hui en France, les spécialistes estiment qu’avec les seuls confinement et gestes barrières, on en a évité plus de 60.000.
Et ce qui nous attend est, pour l’instant largement inconnu de nos connaissances.
Va-t-on vers la disparition ou une atténuation de l’épidémie dans les semaines qui viennent pour les pays de l’hémisphère nord qui entrent dans la période estivale, comme le prétendent certains sans en avancer la moindre preuve?
Ou va-t-on vers une présence forte du virus qui reprendra encore de plus belle à l’automne, comme le prétendent d’autres avec aussi peu de preuves à l’appui.
Car, comme au temps du début de l’épidémie du sida, nous naviguons à vue, ce qui permet de dire tout et n’importe quoi sans que l’on puisse savoir ce qui est vrai ou faux.
Et n’oublions pas que la peste noire de 1347 revint cinq fois avant de disparaître des pays européens.
Quotidiennement, nous sommes abreuvés d’«informations» qui minorent la dangerosité du covid19 et d’autres qui font craindre le pire comme ces possibles cas d’une extrême gravité chez les enfants ou les séquelles constatées chez certains patients guéris au niveau inflammatoire, cardiovasculaire ou neurologique.
En revanche, ce que nous savons, sans trop savoir comment nous y prendre pour l’instant, c’est que nous devons, dès à présent, éviter absolument l’écroulement et remettre les sociétés en ordre de marche tout en prenant toutes les précautions possibles pour maîtriser au mieux l’épidémie et éviter une reprise forte des contagions.
Ne nous mentons pas, c’est, avec nos connaissances du moment sur ce qui va advenir dans le court et moyen terme, la parfaite quadrature du cercle!
Et, pour autant, nous devons avancer parce qu’immobiles nous ne nous en sortirons pas, parce que la vie c’est le mouvement.
Cela signifie prendre des risques les plus calculés possibles mais certainement pas les paris crétins et criminels que certains responsables politiques à travers le monde ont pris et que d’autres recommandent et qui pourraient causer des ravages incalculables.
Mais, oui, nous devons agir et, comme toujours et plus en ce moment, l’agir comporte des risques.
Ceux-ci doivent être en rapport avec la situation actuelle – celle qui est réelle et non fantasmée (en bien ou mal) – et avec l’objectif poursuivi, tenter de reprendre autant que faire se peu notre destin en main.
C’est dans un équilibre constant que doivent se prendre ces décisions cruciales pour notre avenir.
Ce qui n’empêchera pas les erreurs de trajectoires ou des décisions mal calibrées.
Mais comment penser que nous pouvons vivre comme nous le faisons actuellement sans que cela ait des conséquences colossales sur notre existence, sans que l’économie s’effondre avec tous les maux qui iront avec, sans que le lien social se délité avec toutes les terribles conséquences sur notre sécurité et nos libertés, sans que le prix à payer soit trop élevé.
Oui, nous devons agir, en humanistes responsables et respectueux sans nous ca cher la difficulté de la tâche et sans atermoiements.
L’humain se targue d’intelligence, de raison et de sentiments.
L’heure est de le démontrer.


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