mercredi 29 août 2018

Actualités du Centre. Réactions centristes au départ de Nicolas Hulot du gouvernement

De La république en marche au Mouvement radical en passant par le Mouvement démocrate et l’UDI, tous les partis centristes regrettent la décision de Nicolas Hulot de quitter son poste de ministre de l’Ecologie dans le gouvernement d’Edouard Philippe.
Si l’UDI et le Mouvement radical, partis d’opposition, font peser la responsabilité de ce départ sur le pouvoir, LREM et le MoDem, tout en saluant l’action de Hulot, veulent y voir la difficulté d’un activiste de la cause environnementale à chausser l’habit d’un ministre et à accepter les contraintes de la vie et du jeu politiques tout en réaffirmant la volonté écologique de la majorité présidentielle et l’urgence environnementale.

Voici les réactions:
> LREM
Christophe Castaner, délégué général de La république en marche
Chères adhérentes, chers adhérents,
Comme vous, j’ai été surpris d’apprendre la décision de Nicolas Hulot de quitter le Gouvernement. Le président de la République avait apprécié en lui l’engagement sincère d’un homme libre, c’est pour cela qu’il lui a proposé la lourde tâche de conduire la transformation écologique du pays. Ce matin, Nicolas Hulot a fait le choix de partir ; c’est une décision que je regrette mais que je respecte sincèrement.
Il a lancé un mouvement inédit dans l’histoire de notre pays pour répondre à cette question universelle : comment mieux vivre ensemble en respectant la planète et la biodiversité et en adaptant nos modes de vie aux enjeux environnementaux ? Le président de la République a fixé dans son programme un cap très ambitieux, nous avons réussi en un peu plus d’un an à mettre en œuvre de grands progrès.
Grâce au travail de Nicolas Hulot, Brune Poirson et Sébastien Lecornu au sein du Gouvernement, nous pouvons être fiers d'avoir un bilan écologique à la hauteur des enjeux.
Notre Gouvernement s’est engagé pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles et développer les énergies renouvelables:
- la France est le premier pays au monde à avoir interdit tout nouveau permis de recherche d’hydrocarbure et toute exploitation d’ici 2040 ;
- nous incitons les Français à réduire leur consommation d’énergies fossiles à travers des mesures fiscales tout en proposant des aides pour accompagner notamment les ménages les plus modestes dans la transition écologique;
- nous avons lancé un grand plan d’investissement de 57 milliards d’euros, dont 20 milliards consacrés à la transition écologique et à la rénovation énergétiqu ;
- ce plan sert, par exemple, à financer la nouvelle prime à la casse d’une voiture ancienne et polluante remplacée par une voiture plus récente et plus performante. Déjà 140 000 personnes ont changé leur voiture grâce à ce dispositif. 70% d’entre elles étaient des ménages modestes ne payant pas l’impôt sur le revenu;
- nous développons les énergies renouvelables et travaillons au déploiement de l’éolien, du photovoltaïque, de la méthanisation ; nous maintenons notamment le développement rapide de l’éolien offshore.
Nous portons un engagement sans précédent pour réduire les pesticides :
- la France est à l’avant-garde en Europe sur ce sujet : quand la Commission européenne souhaitait sortir du glyphosate d’ici 10 ans, c’est notre pays qui a réussi à négocier une sortie dans 5 ans et qui s’est personnellement engagé à aller plus loin, avec une sortie promise dans 3 ans pour la France ;
- nous avons interdit plusieurs néonicotinoïdes afin de protéger notamment les populations d’abeilles.
Nous avons abandonné le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, protégeant ainsi des hectares de terres, et reconfiguré un nouveau projet de territoire privilégiant l’agriculture durable.
Nous accompagnons les ménages modestes dans la transition écologique, avec notamment la généralisation du chèque énergie à tous les ménages français en précarité énergétique (150€/an en moyenne pour les aider à payer leurs factures d’énergie auxquels 4 millions de Français sont éligibles). Cela s'ajoute à la prime à la casse des véhicules évoquée plus haut.
Notre pays a été à l’avant-garde de la lutte contre le réchauffement climatique à l’international avec le succès du One Planet Summit qui a abouti à des engagements forts pris au niveau international pour le climat et avec l’appel d’Emmanuel Macron, « Make Our Planet Great Again », aux chercheurs du monde entier à venir faire leurs recherches en France.
Et notre ambition ne s’arrête pas là. Dans les prochains mois nous concrétiserons l’inscription de l’environnement dans l’article 1er de la Constitution, nous mettrons en œuvre la feuille de route pour l’économie circulaire (pour, notamment, réduire de moitié les déchets mis en décharge et tendre vers 100% de plastique recyclé d’ici 2025) ainsi que le Plan Biodiversité et le Plan Solaire. Nous poursuivrons la transformation agricole pour atteindre 15% de surface agricole en agriculture biologique en 2022 (contre 6% aujourd’hui) et un investissement de 150M€ pour rémunérer les agriculteurs pour la mise en place d’actions de protection de la biodiversité…
Nous aussi, à La République En Marche, nous devons toujours nous demander ce que nous pouvons faire pour la planète.
Je sais que vous êtes nombreux à vous investir pleinement pour la transition écologique au quotidien, notamment dans nos projets citoyens et je vous en remercie.
Les différents appels de Nicolas Hulot nous incitent à faire encore plus et à remettre en question nos pratiques, au Gouvernement, dans nos différents engagements et comme simples citoyens.
Je souhaite qu’En Marche soit une plateforme d’échanges et d’initiatives pour la planète, c’est pourquoi j’en appelle à chacun d’entre vous pour :
- nous faire remonter vos opinions et idées sur notre action au gouvernement et ce que nous devons faire en priorité pour la planète, à l’adresse suivante : idees@en-marche.fr;
- lancer de nouveaux projets citoyens pour rassembler toutes celles et ceux qui veulent agir concrètement près de chez eux pour la planète.
C’est ensemble, avec humilité et détermination, que nous réussirons la transition du 21e siècle. Demandons-nous chaque jour ce que nous pouvons faire pour la planète.
Je compte sur vous.

> MoDem
- Yann Wehrling, secrétaire général
Oui, les lobbys sont puissants et ont largement contribué à son découragement. Mais des lobbys, il y en a toujours eu et il en existe aussi du côté des écolos. Nous avons estimé à juste titre que nous avions un écolo au gouvernement. C’était une qualité indéniable qui, en soi, marquait politiquement une réelle ligne d’action du Président de la République. Est-ce la fin ? il ne faut pas que cela le soit. 
En tant que militant de l’écologie, nous sommes les "lobbyistes" de la planète et vue la situation des plus préoccupantes de la biodiversité et du climat, il est hors de question de baisser les bras. Que Nicolas ait estimé qu’il ne peut plus rester dans cette fonction, je le regrette mais nous sommes tous obligés de faire avec dorénavant.
25 ans de militantisme m'ont appris deux choses: 
- la vertu de la politique des petits pas
- le devoir d'être tenace dans la durée, de ne jamais baisser les bras.
On en dira ce qu’on veut, mais en matière d’écologie ce Gouvernement n'a jamais reculé. Une « envie d’écologie » a été affichée, puis mise en œuvre sur plusieurs sujets importants : Notre Dame des Landes, le glyphosate, la loi hydrocarbures, la nécessité de booster l’économie circulaire...
Mon sentiment, c'est que dans des combats aussi lourds, qui remettent en cause des logiques et des intérêts installés depuis si longtemps, seule la persévérance permet d'avoir des résultats. Le ministère de l'environnement doit poursuivre l’action que Nicolas Hulot a initiée. 
Il faudra agir pas à pas, négocier sans relâche avec tous les acteurs pour que jamais, sur rien, il n’y ait de reculs, que des avancées, aussi modestes soient-elles.
L’écologie n’est pas condamnée à faire du commentaire, elle doit assumer à bras le corps l’art du compromis et s’installer durablement et de manière crédible comme, non pas une « option politique », mais un incontournable.
La France a de plus un rôle majeur à jouer sur la scène internationale dans ce domaine. Cela commence par son exemplarité, mais aussi dans le fait de rester aux avant-postes d’une Europe qui, on l’oublie trop souvent – est le continent le plus avancé en terme de politique environnementale. A la veille de l’échéance européenne, porter haut l’écologie sera beaucoup plus géo-stratégique qu’on ne le pense.

- Groupe MoDem de l’Assemblée nationale
Le groupe MoDem prend acte de la démission de Nicolas Hulot.
Sa nomination, en tant que ministre de la société civile, incarnait un véritable espoir, même si nous connaissions depuis longtemps son hésitation à s’engager politiquement puis celle à rester ministre. Sans s’appesantir, on ne peut que regretter les conditions dans lesquelles, sans prévenir ceux qui l’avaient nommé, il a pris sa décision.
Cette décision est regrettable au regard du bilan positif de l’action du gouvernement dans le domaine de l’environnement en moins d’un an : abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, arrêt du forage des hydrocarbures, fin des centrales à charbon, reconversion de Fessenheim, plan biodiversité et isolation des bâtiments, fiscalité différenciée du diesel, inscription du défi climatique et de la biodiversité dans la Constitution. Sans oublier, bien entendu, le choix unique de la France d’interdire les néonicotinoïdes et de s’engager à sortir du glyphosate en trois ans. C’est aussi le sens de la mission d’information parlementaire dont le groupe MoDem est à l’origine et qui vise à identifier les freins à la transition énergétique.
Un bilan objectivement bien plus étendu que bon nombre de ministres et de gouvernements qui nous ont précédés, un bilan dont Nicolas Hulot devrait être fier. Un bilan dont nous sommes fiers.
Notre groupe remercie donc très sincèrement Nicolas Hulot de son action, de son travail, de son rôle dans le gouvernement et, depuis bien plus longtemps, de sa capacité à éveiller les consciences.
Des petits pas certes, mais aussi de grandes avancées, comme toute action politique depuis le début de l’histoire de l’humanité. C’est cela la responsabilité politique. Savoir avancer coûte que coûte, savoir gérer des transitions en étant déterminés sur l’objectif à atteindre. Au « sur place » et au grand soir qui n’arrivent jamais, nous préférerons toujours les petits pas.
Ce combat pour la planète est le combat du siècle.
Il a besoin de combattants déterminés, qui sachent convaincre, faire partager les causes et la nécessité des transitions ; de combattants qui ne renoncent jamais à faire face aux défis immenses du réchauffement climatique, de la préservation de la biodiversité et d’un changement profond de notre modèle économique. Sans démagogie, sans facilité et en accompagnant les plus fragiles d’entre nous dans ces difficiles mutations. Il en va de la simple présence humaine, à terme, sur cette planète.
Son départ ne rend que plus nécessaire la mobilisation de tous pour faire avancer ces sujets. Le retrait de l’un de ses combattants ne réduit pas la cause qu'il a défendue. Bien au contraire. Chacun est responsable et c’est seulement si chacun se sent responsable que nous y arriverons. Pour réussir, c’est une œuvre collective que nous devrons mener et non individuelle. Et c’est ce que nous allons, plus déterminés que jamais, porter au Parlement.

> UDI
- Jean-Philippe Dugoin-Clément, secrétaire national de l’UDI à l’écologie
Malgré sa qualité de Ministre d’État, de défenseur de l’écologie, Nicolas Hulot n’aura pas su convaincre et imposer les choix que commande aujourd’hui l’urgence environnementale. 
Cette démission est un électrochoc qui doit amener le gouvernement à prendre la mesure des enjeux, sortir d’une politique environnementale à la fois « friendly » et à la fois superficielle pour s’engager dans une révolution verte.  
J’appelle donc à une véritable prise de conscience au plus haut sommet de l’Etat et au-delà des mots à ce qu’enfin des actions fortes et emblématiques témoignent d’une volonté de changer nos comportements et nos priorités. 
Le choix du successeur de Nicolas Hulot et surtout les moyens mis à sa disposition témoigneront du fait que l’environnement deviendra la priorité gouvernementale ou restera un axe politique secondaire.

- Sophie Auconie, vice présidente de l’UDI
Le départ de Nicolas Hulot clarifie sa position. Une différence de philosophie dans le Gouvernement qui n’était pas tenable. S’ouvre, aujourd’hui, une rentrée sous le signe de la turbulence pour l’exécutif, je regrette que cela soit la cause écologique qui en fasse les frais.
Je lui souhaite, à titre personnel, de retrouver la sérénité dans son engagement qu’il a toujours su pousser.

> Mouvement radical social-libéral
Sylvia Pinel & Laurent Hénart, co-présidents
Le Mouvement Radical / Social-Libéral salue l’action de Nicolas Hulot au sein du Gouvernement. Nous partageons le constat qu’il porte sur le manque d’ambition du Gouvernement sur les politiques environnementales.
Nous appelons le Président de la République à nommer non seulement une personne impliquée et courageuse sur les thématiques environnementales, mais également à lui donner les moyens politiques pour aboutir à une véritable transformation écologique de la France et de l’Europe.
Depuis le Grenelle Environnement, dirigé par Jean-Louis Borloo, nous regrettons l’absence de politiques environnementales d’envergure.
Le changement climatique et l’affaiblissement de la biodiversité sont deux catastrophes qui guettent les générations futures.


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