Voici une sélection, ce 28 septembre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> L’Union européenne c’est le respect, la paix, l’égalité.
> Là où l'Europe durant deux millénaires avait rêvé l'unité par les empires et les guerres civiles, l'Union européenne est une invention inédite fondée sur le respect, l'égalité, la paix.
> Félicitations à notre équipe de France des Worldskills qui a brillé à la compétition internationale de Shanghai : 28 métiers récompensés sur 32 représentés ! Ces superbes résultats récompensent des mois de préparation et l’excellence de nos savoir-faire.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> Tirs de mortiers, incendies, violences aux abords des lycées : rien ne
justifie de mettre en danger des élèves, des personnels ou des policiers. Dans
ce contexte, des élus de La France insoumise appellent à étendre le mouvement.
Cette surenchère est irresponsable. Le devoir d’un élu de la République est de
protéger les jeunes et d’appeler au calme. Instrumentaliser leur colère à des
fins partisanes est une faute. Les difficultés des lycées doivent être
entendues et traitées. La violence doit être condamnée sans ambiguïté et ses
auteurs répondre de leurs actes. Tout mon soutien aux équipes éducatives et aux
forces de l’ordre mobilisées. L’école de la République n’est pas un terrain de
jeu partisan. Chaque élève doit pouvoir y étudier en sécurité.
> Monsieur Mélenchon, ce matin, une lycéenne a été blessée à l’acide chlorhydrique, aux mains et au visage par des agresseurs violents. Il y a aussi les tirs de mortier par dizaine, les incendies, les agressions contre les personnels. Votre accusation de racisme est une insulte. Racialiser un débat sur la sécurité des élèves, c’est ajouter de la division là où un responsable politique devrait chercher à ramener le calme. Les élèves ont le droit à la sécurité. Les personnels ont droit à la protection. Les policiers ont droit au respect lorsqu’ils accomplissent leur mission. Condamner la violence et ceux qui agressent des lycéens devrait vous demander moins d’efforts que salir ceux qui les protègent. Cela devrait être plus facile que de souffler sur les braises. Donc, oui ou non, condamnez-vous ces violences ?
> Félicitations aux sénatrices et sénateurs élus ou réélus aujourd’hui. Au Sénat, ils représenteront nos territoires et les collectivités qui font vivre la République au quotidien. Le Gouvernement travaillera avec chacun, dans le respect du débat parlementaire et de nos institutions.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> À Bruxelles, après le comité directeur de l'Agence européenne de défense
et avant le Conseil Affaires étrangères en format Défense. 3 priorités : -
continuer collectivement à soutenir l’Ukraine et à protéger son ciel face aux
attaques russes ; - renforcer notre base industrielle et technologique de
défense européenne au service de nos intérêts communs ; - solidarité avec nos
partenaires européens face aux menaces hybrides.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à
la mesure des dangers qui la menacent.
> Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont choisi leur camp, ce n'est pas celui de l'Ukraine.
> Le Saint-Père nous a partagé un appel à la paix civile, au dialogue et au respect d'autrui. Ça fait énormément de bien d'entendre ce message qui nous appelle à une forme de tolérance, y compris dans un débat démocratique qui est devenu extrêmement radicalisé.
> La mission en Arabie saoudite, annoncée par le président de la République, va permettre de protéger le point de sortie des cinq millions de barils afin d'assurer l’approvisionnement en carburant pour que l'on puisse faire baisser la pression sur les prix.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> Sans adoption d’un Budget pour 2027, MaPrimeRénov’ s’arrêterait. Les aides
aux agriculteurs ou encore les investissements militaires seraient également
concernés ce qui plongerait le pays dans un grand désarroi.
> Il ne s’agit pas de baisser les APL mais des efforts généraux seront demandés.
> Demander des efforts aux rentes, notamment des plus fortunés, c’est évidemment de la décence ordinaire.
> [Prix de l’essence] On est rentré dans un monde où il y a des perturbations très importantes des prix de l’énergie, c’est certain.
> [Prix de l’essence] Utiliser les certificats d’économies d’énergie pour faire baisser les prix serait un jeu de bonneteau. Ce serait reprendre d’une main ce qu’on prétendrait donner de l’autre.
> [Prix de l’essence] La proposition de Marine Le Pen coûterait plus cher que l’ensemble du budget du ministère de la Justice, c’est plus d’une dizaine de milliards d’euros.
> Il faudra que les modérés, que ce soit avant la présidentielle ou après la présidentielle, se rassemblent. Je n’ai pas de doute qu’il y aura un rassemblement à un moment.
> Évidemment qu’on n’a pas réussi à faire reculer l’extrême droite autant qu’on aurait voulu le faire.
> [Le pape contre la loi sur la fin de vie et
l'aide active à mourir] Le pape rappelle la doctrine de l'Église, en tout cas
telle que le pape la donne. Et je crois qu'il n'y a aucune surprise pour
quiconque sur la position de l'Église catholique en matière de fin de vie.
La conférence des évêques de France s'était elle-même exprimée. Il n'empêche
que le Parlement a légiféré, que c'est désormais la loi de la République. (…)
L'Assemblée légifère en fonction des principes, des convictions des députés et
du mandat donné par les électeurs, sans écrire sous la dictée de quelconque
autorité religieuse que ce soit. Il est normal qu'à leur tour les autorités
religieuses fassent preuve de leurs convictions, les disent publiquement et je
crois que c'est ce que le pape a fait aujourd'hui.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Un vent de fierté souffle depuis Shanghai ! L’Équipe de France des
métiers repart avec 28 métiers médaillés sur 32 présentés. Mention spéciale à
nos 4 médailles d’or. Vous démontrez que la voie professionnelle et
l’apprentissage mènent à l’excellence. Bravo !
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> Très belle performance de l’Équipe de France des métiers aux WorldSkills
Shanghai 2026 ! Avec 28 métiers médaillés sur 32 présentés, la France se hisse
au 4e rang mondial. Une immense fierté pour nos jeunes talents, qui démontrent
l’excellence de nos savoir-faire et de notre système de formation.
Félicitations à tous les compétiteurs qui font rayonner les métiers et les
compétences françaises à l’international !
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> À Abou Dabi, je suis intervenu pour redire l’engagement sans faille de la
Justice dans la lutte contre la criminalité environnementale, pour protéger le
vivant et réaffirmer l’autorité de l’État. « Notre maison brûle » toujours,
mais aujourd'hui nous sommes déterminés à poursuivre ceux qui alimentent
l'incendie, leur retirer les profits de leurs crimes et les obliger à réparer.
> Au Congrès d'Abou Dabi sur le crime, prise de parole sur la coopération judiciaire internationale, suivie d'un entretien avec le ministre de la Justice émirien, M. Abdullah Bin Sultan Bin Awad Al Nuaimi. À mon arrivée au ministère de la Justice, les extraditions vers les Émirats arabes unis étaient un événement. Depuis, 28 extraditions ont été assurées avec l'aide des Émirats. Ces progrès se poursuivent également sur le terrain des saisies-confiscations, dans la continuité d'une importante saisie, fin 2025, visant 33 appartements, pour 23 millions d'euros. La coopération entre la France et les Émirats arabes unis est décisive et fidèle à une ligne partagée : que le crime ne reste pas impuni et qu'il ne profite jamais.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Un tir de mortier ne recrute pas un professeur. Des revendications peuvent
être légitimes. Elles ne justifient ni les blocages ni les violences. En fin de
semaine dernière, des personnels de l’Éducation nationale ont été blessés et un
élève a été brûlé par un tir de mortier. Dans un contexte de telles violences,
continuer d’appeler aux blocages, comme le font des élus LFI, est
irresponsable. Notre jeunesse mérite qu’on lui ouvre des portes, pas qu’on la
pousse à bloquer celles des lycées.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Les blocages de lycées révèlent le vrai visage de LFI : le culte du
désordre et l'obsession de la violence. Cette manipulation et
instrumentalisation de notre jeunesse est inacceptable. Elle doit être
dénoncée. L'Éducation, l'École, ce n'est pas le blocage.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Couper le budget de l’ADEME est incompréhensible. L’Ademe est prête à
accompagner des projets de réseaux de chaleur, alimentés par une énergie
produite en France moins chère que le gaz et le pétrole. Arrêter ces projets,
c’est faire un chèque en blanc à tous les pays qui exportent du pétrole et du
gaz naturel. C’est maintenir la pression sur les factures des Français. C’est
exactement le contraire de ce que nous devons faire.
> Mercredi, nous présentions avec Gabriel Attal notre vision de la stratégie énergétique. Nous voulons remplacer l’énergie fossile qui nous coûte cher par des énergies bas carbone, produites en France et plus compétitives en prix. Avec cette stratégie, protéger le climat, c’est protéger les Français, protéger leur pouvoir d’achat, protéger leur santé et protéger notre souveraineté.
> Le pape Léon XIV rappelle avec beaucoup de clarté que ce sont les plus fragiles qui sont les plus exposés au dérèglement climatique. Son prédécesseur avait enjoint les pays les plus riches d’accélérer notamment sur les renouvelables. Tous ceux qui, à droite et à l’extrême droite, se sont pressés à sa messe devraient aussi écouter le message puissant qu’ils portent sur le dérèglement climatique.
Violette Spillebout (députée)
> Protéger les enfants, c’est aussi mieux contrôler les adultes qui les
encadrent. Avec ma loi sur les violences en milieu scolaire, nous avons
renforcé l’attestation d’honorabilité dans le scolaire et le périscolaire. Nous
avons ensuite poursuivi ce travail dans le projet de loi relatif à la
protection de l’enfance, pour l’étendre à tous les secteurs où des adultes
encadrent des enfants : centres de loisirs, colonies de vacances, associations
culturelles ou sportives… Ces deux textes doivent désormais avancer au Sénat.
Avec les associations de victimes, nous restons pleinement mobilisés pour
accélérer leur adoption.
> Invitée hier sur Franceinfo, j’ai rappelé l’importance du travail mené avec Paul Vannier au sein de notre commission d’enquête sur les violences commises en milieu scolaire. Reconnaître les victimes, entendre les associations et renforcer les contrôles était indispensable. La proposition de loi visant à protéger les enfants et à lutter contre les violences en milieu scolaire, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 1er juin, constitue une avancée majeure. Nous demandons désormais au Gouvernement d’inscrire ce texte à l’ordre du jour du Sénat afin qu’il puisse poursuivre rapidement son parcours législatif.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Alors que les résultats des sénatoriales sont quasi définitifs, je salue
la grande stabilité des groupes déjà présents. Elle est précieuse pour la
concorde et le compromis, comme pour l’équilibre de nos institutions. Les
grands électeurs, élus municipaux pour l'essentiel, y restent attachés, tout
comme de nombreux Français. La seule vraie nouveauté était hélas attendue : un
groupe RN fait son entrée à la Haute Assemblée. C'est une alerte
supplémentaire, s'il en était besoin, sur la progression de ses idées dans nos
territoires. Très heureux de voir le groupe UC conforté comme troisième groupe
de cette assemblée. Nos amis des groupes LIRT, RDSE et RDPI maintiennent eux
aussi leurs positions. Nous avons encore beaucoup à faire et nous y sommes
prêts avec le groupe démocrate à l'Assemblée. Au travail !
● Parti radical
> [Elections sénatoriales] Ces représentants des territoires, à l’écoute des élus locaux et de leurs
difficultés quotidiennes, sont essentiels pour faire émerger des réponses
législatives concrètes, au plus près des réalités et des préoccupations de nos
concitoyens.
Ces élections sénatoriales ont aussi malheureusement confirmé la tendance
observée lors des dernières élections municipales : la progression des
extrêmes, et notamment celle de l’extrême droite, désormais en capacité de
constituer un groupe parlementaire au Sénat pour la première fois de son
histoire.
Si l’arrivée de ces nouveaux sénateurs ne modifiera pas les grands
équilibres de la Haute Assemblée, elle leur donnera une visibilité accrue :
leur temps de parole sera multiplié et leur idéologie s’invitera davantage dans
les débats parlementaires.
Les Radicaux, qui n’ont cessé de combattre les
extrêmes, ne peuvent rester sans réaction. Face aux inquiétudes et aux attentes
de nos concitoyens, il est impératif de démontrer qu’une autre voie,
républicaine, progressiste et européenne, est possible.
Le Parti Radical portera un projet innovant, crédible, capable de redonner
confiance à nos concitoyens et de préparer l’avenir.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> L'avortement sécurisé est un droit. Pas un privilège. Aujourd’hui, c’est
la Journée internationale de l’avortement sécurisé. Pourtant, en Europe,
l’accès à l’avortement dépend encore trop du lieu de résidence de la femme, de
la disponibilité des services et de ses moyens financiers de voyager. Lorsque
des soins sûrs et légaux sont hors de portée, les femmes sont poussées vers des
avortements dangereux ou clandestins. C’est une question de santé publique et
une question de droits des femmes. (…)
La Commission européenne a désormais confirmé que les États membres peuvent
utiliser les ressources du Fonds social européen+ pour soutenir l'accès à des
soins d'avortement sécurisés. Les outils sont sur la table. Les États membres
doivent désormais agir.
Avec Renew Europe nous appelons les gouvernements à utiliser les financements
déjà disponibles, à travailler au-delà des frontières et à faire de
l'avortement sécurisé une possibilité réelle pour chaque femme en Europe. Les
droits n’ont d’importance que lorsque les femmes peuvent réellement y accéder.
Pascal Canfin (député)
> J’ai signé la tribune « Touche pas à mon asso ». 1,5 million
d'associations, 2 millions de salariés, de la valeur créée. Les caricaturer en
« milliards engloutis » fragilise des services rendus à tous. Les associations
sont essentielles au bien commun, aux liens sociaux. Elles peuvent en être
fières.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> « Robert Schuman a façonné l’Europe d’hier et d’aujourd’hui ». Quand
un pape américain rappelle l’importance du projet européen et de son œuvre de
paix.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> L’accès à l’IVG est un droit. L’accès à une information fiable aussi !
Alors que les réseaux sociaux sont devenus une source d’information majeure,
notamment pour les jeunes, attention aux fake news sur l’avortement.
> Le jeu vidéo n’est pas l’ennemi. L’absence de garde-fous, si ! Ma ligne est claire : face aux contenus inadaptés, aux messageries et aux mécanismes d’engagement, la protection des mineurs doit être pensée dès la conception des jeux.
> La reconnaissance du caractère systémique des violences sexuelles commises au sein de l’Église par le Pape Léon XIV est profondément importante. La reconnaissance doit désormais ouvrir la voie à la vérité, à la réparation et à une prévention toujours plus exigeante.
> [L’affaire
Lyhanna] C’est
un drame. Ces drames me font toujours réagir : aujourd’hui dans notre
pays, toutes les 3 minutes un enfant subi des violences sexuelles et tous
les cinq jours un enfant meurt sous les coups de sa propre famille dans son
propre foyer. Au drame de Lyhanna qui a perdu la vie, s’ajoute le fait qu’il y
avait des signalements. Là, tu te dis combien de fois nous n’avons pas pu
protéger, nous n’avons pas cru ? Tu te bouscules... C’est là que ce drame
a saisi le pays, c’est parce qu’il appelait à changer profondément de regard et
de doctrine. Qu’est-ce que ça veut dire changer de doctrine ? Le Premier
ministre, Sébastien Lecornu, m’a demandé quelque chose d’efficace, des mesures
apportant des solutions immédiates. On a l’habitude d’entendre « tout le
monde est responsable, il faut protéger collectivement ». Moi je crois
qu’il y a des responsabilités individuelles, dans toute la chaîne judiciaire,
dans la police, dans la gendarmerie, dans les unités d’accueil pédiatrique
enfants en danger (Unaped) qui vont écrire les dossiers pour dire ce que la
jeune fille ou le jeune garçon a comme traces pour que la justice aille au
bout. Ça, c’est pour traiter les drames mais comment on les évite ? En
contrôlant les antécédents judiciaires des hommes et des femmes qui travaillent
auprès des enfants. Je pense qu’il y a un changement sincère et profond parce
que le drame Lyhanna a obligé tout le monde, toutes les institutions, à ouvrir
ses placards et à s’interroger sur ses responsabilités. (…)
Bien sûr qu’il faut des moyens, le Premier ministre s’y est engagé. Plus de
300 nouveaux magistrats, plus de 300 enquêteurs supplémentaires mais également
des infirmières scolaires supplémentaires. Mais j’ai toujours peur que pendant
qu’on dit « il faut des moyens », on ne se saisit pas des problèmes
aujourd’hui. Quand on parle de rechercher les antécédents judiciaires, ce ne
sont pas des moyens nouveaux, c’est une nouvelle méthode qui autorise des
personnes qui ne l’étaient pas auparavant à regarder des fichiers ou le
certificat d’honorabilité que j’ai développé. Ce n’est pas une histoire
d’argent de donner la capacité à tous les employeurs publics de ne pas laisser
des prédateurs dans leurs institutions.
> Quand un enfant parle on le croit. Et on ne lui demande pas de parler sans qu’il y ait des suites et des conséquences. Combien il y a de secret de famille ? Combien il y a encore de choses qu’on considère comme honteuses. Pourquoi les silences sont aussi longs ? Parce que c’est vrai, aujourd’hui la justice condamne peu. Mais il se passe quelque chose dans notre pays. D’abord, il y a eu #MeToo, ça a libéré la parole des femmes. Cela fait mouvement. Grâce à cela, on a commencé à entendre différemment la parole des enfants. Qu’est-ce qu’il y a de plus abject, de plus ignoble que d’agresser sexuellement un enfant ? Que de le violer ? À des âges... L’année dernière, c’est plus de 600 nourrissons de 0 à 2 ans qui ont été victimes de violences sexuelles ! (…) C’est là où les médecins, le monde de la petite enfance, les crèches, les assistantes maternelles, l’ensemble des adultes autour des enfants doivent être formés à repérer. Il faut une confiance dans toute la chaîne, que la justice traite et condamne. J’ai la conviction qu’être aujourd’hui autant exposé à de la pornographie sur Internet, il y a plus de 700 000 images pédocriminelles par jour en ligne, facilite malheureusement les passages à l’acte.
> [Agression sexuelles d’enfants] Malheureusement,
il y en a eu partout. Chez moi à Nantes, à Lyon, ici... Il n’y a pas un
territoire qu’il soit petit ou grand qui n’ait pas été touché. Pour une raison
toute simple : les prédateurs vous pensez qu’ils font quoi ? Quand ils sentent
qu’il y a un espace où c’est un peu moins contrôlé, ils vont là où il y a des
enfants. Quand c’est le cas dans le périscolaire, ils y vont, dans le sport,
ils y vont, dans la culture... (…)
Sur les antécédents, j’ai rendu obligatoire de contrôler les condamnations
définitives mais aussi d’aller voir le Fijais, c’est le fichier des infractions
sexuelles pas définitivement condamnées parce que la justice peut prendre 6 ou
7 ans. Je considère que le principe de précaution, on l’applique pour les
questions environnementales, il n’y a pas de raison qu’on ne l’applique pas
pour les enfants. Donc on sort ces personnes-là de la proximité des enfants.
Juste sur ce contrôle, on a, ici, dans les Bouches-du-Rhône, interdit à plus de
360 personnes d’être au contact des enfants. Au total 46 000 personnes ont été
contrôlées. On avance.
> [Aide sociale à l’enfance] Nous avons une devise où figure l’égalité sur tous les frontons des mairies. La protection n’a pas à dépendre de ton code postal. Et pour autant, je ne suis pas naïve, il y a des différences en fonction des territoires. Elles ne sont pas acceptables. L’État doit y prendre toute sa part. C’est ce que le fait avec la refondation de la protection de l’enfance. Vous savez dans le cas de ces jeunes filles qui se retrouvent dans les réseaux des proxénètes, certains éducateurs s’interposent, ils finissent avec quatre doigts coupés. C’est d’une violence monstre. Il faut condamner les proxénètes mais aussi ceux qui vont chercher ces jeunes filles. On a réussi à le faire avec les poupées pédocriminelles de chez Shein. Il faut aller chercher toute la chaîne.
> Il y a deux choses en même temps en ce moment à
l’Assemblée nationale et au Sénat. Une loi sur la protection des enfants avec
la question de l’aide sociale à l’enfance parce que plus il y a de
vulnérabilité, plus il y a de victimes. Mais il y a aussi 70% des violences
sexuelles qui se font à la maison. Pour briser cela, il faut une approche
globale et des moyens financiers. Le Premier ministre s’y est engagé : 2,6
milliards pour les enfants, 1,4 milliard supplémentaire pour les violences
faites aux femmes. Mais attention ce n’est pas qu’une histoire d’argent. Quand
on voit qu’un petit garçon peut être enfermé dans une camionnette dans l’Est de
notre pays pendant 16 mois avant que quelqu’un se dise « il faut appeler, il
faut prévenir, il se passe quelque chose de bizarre ». C’est chaque adulte
qui doit prendre sa place dans la protection de l’enfance. Il faut prévenir,
appeler, ce n’est pas de la délation. (…)
Ce que je souhaite, c’est une mobilisation aussi des collectivités, de toutes
les institutions. Que chacun se dise « qu’est-ce que je fais pour les enfants »
et qu’on n’aille pas seulement sur la question de l’argent qui d’un seul coup
résoudrait tout. Oui, il faut des magistrats, des soignants, des éducateurs,
ils seront recrutés mais il ne faut pas que cela. Il faut que la place des
enfants devienne une priorité, ce n’est pas encore le cas partout. Il est aussi
nécessaire d’accompagner les parents au niveau de l’école en disant qu’il n’y a
plus de devoirs après 20h sur Pronote, qu’il n’y a plus de groupe WhatsApp de
classe. Vous vous rendez compte : 46% des enfants cyberharcelés l’ont été sur
un groupe WhatsApp de classe ! Comment voulez-vous que les parents imposent
tout seuls à leur enfant de ne pas y être quand tout le reste de la classe y
est ?
> Je viens du mouvement centriste, influencé par la doctrine sociale de l’Église. Entre moi et la social-démocratie, le personnalisme ou le gaullisme social, il n’y a pas grand-chose de différent. Nous avons des héritages différents mais dans un moment où l’IA peut être une chance dans la santé, l’innovation, l’apprentissage... elle peut aussi être un tsunami de dangers sur la liberté de conscience, la démocratie, l’environnement... Ne refaisons pas l’erreur de prendre du retard avec l’IA comme on en a pris avec les réseaux sociaux. Utilisons nos héritages pour porter un autre regard sur les enjeux de notre époque.
> Je ne veux pas charger les épaules des parents, on essaye tous de tenir c’est compliqué. Mais quand son enfant n’est pas rentré, qu’on ne sait pas où il est, on s’inquiète. Sauf que dans sa chambre avec son téléphone, il a plus de risques de rencontrer des prédateurs que dehors. 90% des recrutements dans les réseaux d’exploitation sexuelle dans notre pays sont faits sur Internet, sur les réseaux sociaux avec des techniques de manipulation absolument abjecte. Vos enfants peuvent se retrouver dans une situation de « grooming ». Ça veut dire quoi ce nouveau mot ? Ils vont rencontrer quelqu’un qui va prétendre avoir leur âge et va devenir un peu leur ami. Il va demander une photo, elle va être transformée avec de l’IA pour peut-être la dénuder. Elle va être utilisée pour leur faire du chantage. Ils ont tellement honte, tellement peur de se faire gronder qu’ils finissent par se retrouver dans des guets-apens, parfois dans des violences sexuelles qui vont être filmées.
> Il faut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Non pas pour les punir mais pour les protéger. Il faut aller au bout.
> Je crois que les enfants n’ont pas vocation à rester enfermés à la maison. Ils ont besoin qu’on garantisse les espaces dans lesquels ils vont. Pour cela, il y a plusieurs moyens. D’abord la vérification des antécédents judiciaires pour qu’un prédateur ne se retrouve pas à nouveau à proximité des enfants. Ensuite, c’est l’Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars). Je sais bien qu’à chaque fois cela fait polémique. Mais la vérité c’est que nos enfants doivent connaître leurs droits, leur corps parce que, malheureusement, la majorité des violences sont faites par quelqu’un qu’on connaît. 80% des violences sont le fait d’un papa, d’un grand oncle, d’un grand-père, d’un beau-père... Ensuite, il y a des institutions, chez les scouts, dans les colonies de vacances, dans le milieu du sport... S’ils ont été confrontés à quelque chose, il faut dire aux enfants qu’on les croira et que ce n’est pas de leur faute. Dans beaucoup de familles, quand on commence à parler de ça, on se souvient qu’un jour, quelqu’un a dit quelque chose. C’était tellement douloureux qu’on n’en a jamais reparlé. Il faut briser ce silence, c’est comme ça qu’on pourra durablement protéger les enfants sans les priver de la chance de grandir, de vivre des expériences collectives. Je crois à l’éducation populaire, il faut garantir aux enfants qu’on sera toujours à leurs côtés.
