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vendredi 16 janvier 2026

Vues du Centre. Tump: affaires juteuses avant droits de l’humain

Par Aris de Hesselin et Alexandre Vatimbella


Les monarchies du golfe ont demandé à Trump de ne pas intervenir en Iran, craignant pour la stabilité de la région, donc pour leurs pouvoirs dictatoriaux et autocratiques ainsi que, bien sûr, leurs comptes en banque.

Et Trump, préférant faire des affaires avec ses amis du Moyen-Orient – rappelez-vous de la visite du roi d’Arabie Saoudite à Washington où l’Américain a détaillé tous les projets économiques et commerciaux, fustigeant ceux qui parlaient d’absence de démocratie et de l’assassinat d’un journaliste américano-saoudien commandité par son hôte sans oublier l’avion que lui a offert le Qatar et qu’il a accepté sans problème –, a laissé tomber les manifestants iraniens, laissés par les Etats-Unis à leur triste sort.

Car pour Trump, c’est clair, les affaires juteuses passent avant les droits de l’humain.

On pourrait même dire que les droits de l’humain ne sont que l’alibi et le paravent d’objectifs commerciaux mâtinés de mégalomanie narcissique comme c’est le cas au Venezuela.

Ainsi que le titre le New York Times, «Trump choisit le pétrole à la démocratie».

C’est d’ailleurs dans ce sens qu’il faut comprendre la remise de son prix Nobel (la médaille car le prix, lui, est intransférable) de Maria Corina Machado à l’extrémiste populiste de la Maison blanche pour l’amadouer et, surtout, lui rappeler qu’il y a une opposition démocratique au Venezuela au régime chaviste et que celle-ci est, non seulement majoritaire, mais qu’elle a remporté les dernières élections alors même qu’il s’apprête à collaborer avec la successeure de Maduro.

D’ailleurs, comment Trump pourrait-il préférer la défense des droits humains à se remplir les poches des Etats-Unis et les siennes, en passant, alors même qu’il veut instaurer une autocratie aux Etats-Unis et qu’il vient de déclarer qu’il ne voyait pas l’utilité d’organiser les élections des midterms à la fin de cette année…

Et qu’il menace tous es opposants de les mettre en prison voire de les exécuter.

Ses sbires sont même en train de s’en prendre au couple centriste des Clinton – qu’il rêve de voir derrière les barreaux depuis dix ans – à propos de l’affaire Epstein pour détourner les regards de ses méfaits avec le criminel sexuel.

Au Groenland, il n’écoute même pas la population et ses élus qui, quasi unanimement, rejettent sa volonté d’annexer l’île aux Etats-Unis.

Pour lui, ce qui compte ce sont les richesses du territoire appartenant au Danemark.

Quant à l’Ukraine qu’il a laissée tomber, il aimerait bien se partager ses matières premières avec Poutine et mettre fin à cette agression russe au profit du dictateur du Kremlin afin de pouvoir faire des affaires avec lui.

Trump est et a toujours été un affairiste qui a fait plusieurs fois faillites et sur qui pèse des soupçons de corruption et de malversations financières, pourquoi changerait-il alors qu’il atteint l’âge de 80 ans et qu’il possède aujourd’hui autant de pouvoirs pour continuer ce qu’il a fait toute sa vie?

C’est à cette aune qu’il faut le considérer et agir face à lui au risque de se faire escroquer par un multirécidiviste en la matière.

Et cette fois-ci, ce ne sont pas que des milliers de milliards de dollars qui sont le principal enjeu mais la démocratie.

Aris de Hesselin
Alexandre Vatimbella

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste. 
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC]