Bien sûr, l’attaque de l’Iran par les Etats-Unis et Israël s’est faite en dehors de toute légalité internationale.
Mais c’est aussi le cas des attaques de l’Iran contre tous les pays du Golfe et au-delà puisque l’Azerbaïdjan, la Turquie et un pays de l’Union européenne, Chypre, ont été victimes de bombardements.
Quant au respect du droit international, les mollahs se sont assis dessus depuis toujours, depuis la prise en otage des diplomates américains de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran.
Alors, puisque guerre il y a, qui doit la gagner?
Aucun démocrate, ne peut vouloir que ce soit le régime criminel en place en Iran qui l’emporte.
Mais une victoire des Etats-Unis et d’Israël est-elle souhaitable?
D’abord, il est fort probable que cela ne changerait pas la condition d’un peuple iranien opprimé depuis des décennies, ni la situation d’une région où la violence ne cesse de s’exprimer, de l’Irak à la Syrie, du Liban à Israël, de l’Iran à la Lybie en passant par le Yémen.
Et puis, surtout, leur victoire serait en fait celle de deux extrémistes populistes corrompus dont il ne faut pas oublier que s’ils n’étaient pas à la tête de leurs pays respectifs, ils seraient sans doute en prison.
Trump et Netanyahu, puisqu’il s’agit évidemment d’eux, n’hésiteraient pas à s’en glorifier personnellement alors même que leurs projets antidémocratiques sont connus de tous et qu’ils font tout pour demeurer au pouvoir le plus longtemps possible en utilisant tous les artifices possibles dont cette guerre fait sans doute partie.
Reste qu’on ne peut, non plus, souhaiter la défaite des Etats-Unis et d’Israël puisque ce serait une victoire d’un pays au régime totalitaire.
Alors, faut-il qu’il n’y ait pas de gagnants, voire que des perdants?
Et comment cela se pourrait-il être?
Si la guerre s’arrêtait aujourd’hui, le régime iranien se relèverait bien vite.
Sauf s’il se rend et accepte un changement démocratique – hypothèse improbable pour l’instant –, ce serait alors un retour à la case départ, que ce soit pour l’oppression du peuple iranien, les menaces sur la paix de la région et l’existence d’Israël avec la reconstruction des proxys comme le Hezbollah voire le Hamas.
Et, à l’autre bord, Trump et Netanyahu ne manqueraient pas d’affirmer qu’ils ont malgré tout affaibli l’Iran en s’en félicitant.
La meilleure solution, on la connait, une révolte du peuple iranien avec l’aide d’une partie du pouvoir en place – par exemple, l’armée – qui permettrait un changement de régime et la fin de l’attaque américano-israélienne.
Une révolte qui serait couplée avec un mécontentement de peuples étasuniens et israéliens pour une guerre au bilan humain désastreux et qui démontre le comportement violent de Trump et Netanyahu, mécontentement qui se traduirait par leur défaite électorale.
Meilleure solution qui, malheureusement, n’est pas au menu pour l’instant.
Dès lors, les démocrates et les centristes doivent constamment baser leurs réactions sur les droits de l’humain et le droit international.
Dans le même temps, ils doivent prendre toutes les initiatives humanitaires pour que les peuples qui se retrouvent impliqués dans cette guerre soient protégés et aidés le plus possible.
Mais on comprend bien que c’est un pis-aller.
Néanmoins, cela permet de garder une dignité bien absente des deux bords en conflit.
