mercredi 24 juin 2026

Propos centristes. France – Lutte contre les violences faites aux enfants / Lutte contre la canicule / Eau, sécheresse et réutilisation / Aide à mourir / Faire du logement une grande cause nationale / Résultats du G7…


Voici une sélection, ce 24 juin 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Je me suis entretenu avec le président libanais Joseph Aoun, le président du Conseil des ministres Nawaf Salam et le président de la Chambre des députés Nabih Berri. À chacun d’entre eux, j’ai rappelé l’engagement de la France en faveur de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban. La mise en place d’un cessez-le-feu robuste, qui doit être respecté par tous, doit permettre d’engager un processus simultané de retrait israélien du territoire libanais et de redéploiement des forces armées libanaises, afin de garantir l’exercice par l’État du monopole des armes. La France est prête à accompagner concrètement ce processus et à mobiliser la communauté internationale dans les prochaines semaines, aux côtés du gouvernement libanais, pour soutenir les forces armées libanaises et répondre aux besoins des populations déplacées.

> [Discours à l’occasion de l’entrée de Marc Bloch au Panthéon] Ce 16 juin 1944, au crépuscule, dans un champ de la région lyonnaise, les nazis exécutent leurs prisonniers. 30 hommes de toutes conditions, confessions, opinions. Un menuisier, un syndicaliste, un cheminot, des Polonais, des Résistants, des communistes, et parmi eux, un professeur d'histoire, Marc Bloch.
De la Sorbonne à ce champ où il tomba, Marc Bloch vécut ainsi : parmi les Hommes, guidé par la volonté de comprendre leurs vies et de partager leurs idéaux.
Mort héroïque parce que stoïque. Mort à laquelle il s'était préparé pour la France, comme soldat déjà blessé au front, 29 ans plus tôt. Mort dont son ami Lucien Febvre dira qu'elle fut « une sainte mort ». Mort infligée parce que Marc Bloch a résisté à la barbarie nazie et à son complice, le gouvernement de Vichy. Quand l'ennemi occupe la France à partir de juin 1940, quand le gouvernement de l'État français aux mains de Pétain et Laval, entre dans la voie de la collaboration, le destin de Marc Bloch bascule, comme celui de tous les Juifs.
De cœur et de raison authentiquement républicain, défenseur ardent et inlassable de la laïcité, Marc Bloch endure les conséquences de l'antisémitisme d'État initié par le gouvernement du maréchal Pétain.
Qu'importent, aux yeux des hommes de Vichy, la vie et l'œuvre de Marc Bloch. Pour eux, rien ne compte plus que sa judéité. Il était pourtant de Ceux de 14. Croix de guerre. Chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire. Vétéran de la Campagne de France de 39-40. Réengagé à plus de 50 ans pour défendre sa patrie. Historien, normalien, professeur à l'Université de Strasbourg puis à la Sorbonne. Fondateur avec Lucien Febvre de l'École des Annales. Auteur des « Rois Thaumaturges » ou de « La Société féodale ».
Qu'importe cette vie de grandeur et de labeur. Les hommes au service de l'État français ne voient en Marc Bloch que le juif. Le juif malfaisant, funeste, nocif. Coupable parce que juif.
A exclure, persécuter et effacer parce que juif. Dès la fin de 1940, Marc Bloch subit comme tant de nos compatriotes les conséquences de cette politique menée au nom de la France. Et sa famille avec lui. Infernal enchaînement.
Il est exclu de l'université au bout d'un processus bureaucratique inique. Ses traitements et pensions sont supprimés, ses comptes bancaires bloqués. Son appartement parisien réquisitionné.
Il est alors obligé de quitter avec les siens la zone nord occupée par les nazis. Ne pouvant plus partir pour l'Amérique, tous se réfugient en zone sud qui n'a de « libre » que le nom.
De là, Marc Bloch, qui se proclame « juif qui ne se cache pas », se bat comme il peut contre ce régime, où l'antisémitisme est d'État après l'adoption des deux statuts des Juifs et la loi de juillet 1941. Marc Bloch mène alors une première bataille contre Vichy et les nazis.
Devenu nomade, entre sa maison de Fougères, Montpellier et Lyon, il lui faut sauver sa bibliothèque. Oui, sa bibliothèque, que le Gouvernement de Vichy, comme l’occupant, veulent lui confisquer. 5 000 livres, patiemment rassemblés par Marc Bloch tout au long de sa vie. Livres de l'étudiant, du professeur, du Républicain. 5 000 livres qui disent la vérité d'un homme, son amour de la littérature, son appétit de savoir, sa soif de transmettre.
Alors, Marc Bloch résiste à cette persécution inepte, ne veut pas renoncer à ses livres, à sa vie, à ce qui donne sens à son existence.
Alors il se bat.
Demande à Lucien Febvre d'activer tous les réseaux possibles, sollicite Fernand de Brinon, représentant de Vichy en zone occupée, écrit à Jérôme Carcopino, ancien élève de son père, désormais au service de Pétain.
On lui a tout pris, mais au moins qu'on lui laisse ses livres. Il ne demande rien d'autre pour lui, pour ses enfants. Mais non, rien n'y fait.
La lâcheté des uns et la méchanceté des autres se conjuguent. L'antisémitisme lui a volé son métier, son appartement, son argent. Il faut qu'il lui vole aussi ses livres. Ces derniers sont expédiés en Allemagne, dispersés. Et pour beaucoup perdus. Dans la France de la collaboration, avide de prendre sa revanche sur l'affaire Dreyfus, le cas de Marc Bloch montre que dès qu'il faut s'en prendre à un Juif, il se trouve toujours un préfet pour réquisitionner. Un policier pour perquisitionner. Un juge pour condamner. Un universitaire pour justifier. Un journaliste pour approuver. Un voisin pour dénoncer. Et tant d'autres pour détourner le regard.
Ne l'oublions jamais.
Tout cela s'est passé. Et s'est mise en place une mécanique idéologique de haine conjuguée à une épidémie de lâcheté.
Dans le même temps, ils furent quelques-uns pour rallumer les braises de ce que nous sommes, et sauver l'honneur et l'âme de la France avant d'en hâter la victoire. Oui, quelques-uns, auxquels nous nous raccrochons.
Un préfet. Jean Moulin organise l'armée secrète au nom de De Gaulle. Un policier. Achille Peretti, fonde le réseau Ajax.
Un juge. Paul Didier, refuse de prêter serment à Pétain.
Un professeur agrégé de droit. Pierre-Henri Teitgen, entre dans le réseau qui va devenir Combat.
Un journaliste. Pierre Dac, moque les collaborateurs sur les ondes de Radio Londres.
Une psychiatre. Adélaïde Hautval, est déportée à Auschwitz pour avoir défendu des juifs molestés dans la rue et deviendra Juste parmi les Nations. Et 1 038 garçons « sans attache » choisissent de rejoindre la France Libre pour y gagner le plus beau des titres de noblesse en République : Compagnon de la Libération.
Marc Bloch s'inscrit dans cette chaîne humaine salutaire.
Lui, l'héritier des Lumières, ancien combattant des deux guerres, choisit à son tour l'armée des ombres. Le voici. À Lyon, réseau Franc-Tireur recruté à 57 ans par Maurice Pessis, un gamin de 20 ans. « C'est moi le poulain de Maurice », lâche-t-il dès la première rencontre avec ses camarades, fidèle à cet humour pince-sans-rire dont il ne s'est jamais départi.
Le voici, rebaptisé « Maurice Blanchard », « Monsieur Rolin » ou de ses alias de Résistant :
« Chevreuse » ou « Narbonne ». Le voici, siégeant dans le Comité des experts créé par Jean Moulin aux côtés d'Henri Frenay, François de Menthon, Alexandre Parodi, Michel Debré et tant d'autres. Ensemble, ils pensent le destin de la France libérée.
Le voici dirigeant régional des Mouvements unis de Résistance.
Le voici, conscient des risques qu'il prend en s'exposant de la sorte, mais aussi sa famille, son épouse Simonne et leurs enfants.
Le voici arrêté ce 8 mars 1944 sur le pont de la Boucle, à Lyon, par des Français membres de cette Gestapo dont le chef est Klaus Barbie.
Le voici enfermé à Montluc, comme Jean Moulin avant lui. Prisonnier de Francis André, dit « gueule tordue », et de sa bande de collaborateurs voleurs et tortionnaires. Torturé, passé sept fois au supplice de la baignoire, ne donnant que des noms connus pour être déjà à Londres en sécurité, préservant la vie de tous les autres.
Professeur d'espoir aussi, encore et toujours.
Dans la prison de Montluc, Marc Bloch, frappé, torturé, supplicié est ce prisonnier qui demeure calme, souriant et gai. Oui, gai. « Il nous encourageait », raconte l'un de ses compagnons de captivité, « il nous ranimait, nous parlait de la France, de son passé et ne désespérait jamais ». Livré aux nazis et assassiné avec ses compagnons, au soir du 16 juin 1944, Marc Bloch est présenté par la propagande de Vichy comme terroriste parce que Juif.
Sa mort est même revendiquée par le chef de la Milice, Joseph Darnand, terrible aveu qui marque alors la volonté des derniers fidèles de Vichy d'entraîner le pays dans la guerre civile alors même que la défaite du nazisme et la chute du gouvernement de Vichy est inéluctable.
Disons-le ici : voilà où mène inévitablement l'antisémitisme, dès lors que quiconque s'engage sur ce chemin de ténèbres. Confronté à ce cauchemar, la grandeur de Marc Bloch est cependant de n'avoir jamais désespéré de la France et du peuple Français. La résistance de Marc Bloch est aussi de pensée et d'écriture. Puisqu'il est historien et que l'Histoire est un combat. Puisque Vichy lui a volé ses livres, le voici qui en écrit de nouveaux.
Deux livres de combat, deux livres de résistance : « Apologie pour l'histoire » et « L'Etrange défaite ». Marc Bloch dédicace ainsi à Lucien Febvre son « Apologie de l'histoire » : « nous sommes les vaincus provisoires d'une injuste défaite ».
Tout Marc Bloch est là, dans ces quelques mots.
L'historien n'a pas vocation à contempler le passé pour déplorer ce qui n'est plus. Son devoir est au contraire d'entrer dans l'action au nom du passé. « Je croyais à l'avenir parce que je l'écrivais moi-même », dira-t-il plus tard. Ainsi naît « L'Etrange défaite », essai d'histoire du temps présent pour tous les lendemains à venir. Il y ausculte les plaies de la patrie vaincue et les multiples causes politiques, militaires, morales de l'humiliation de 1940. Bloch prodigue des enseignements qui nous obligent encore et pointe les raisons qui ont mené la France heureuse du Front populaire de l'été 36 au désastre du printemps 40. La perte de toute force morale de la Nation. A commencer par ses élites qui cédèrent à l'esprit de défaite par détestation des élans du peuple français.
Marc Bloch est sévère avec les dirigeants des gouvernements Blum qui n'ont pas vu le pire advenir, mais il l'est encore plus et surtout avec ces Français d'influence et de pouvoir qui, de fait, préféraient admirer Hitler plutôt que le Front populaire. Qui doutaient de la France, la voyaient déjà décadente, au fond, n'y croyaient plus.
L'esprit de défaite, sans cesse entretenu par ceux qui se proclament plus Français que vous. Ce sont toujours les premiers à sacrifier la France aux intérêts de puissances hostiles. Les premiers à la renier. Les premiers à la trahir. Premiers à sacrifier à leurs intérêts un peuple libre, peuple qu'au plus profond d'eux-mêmes, ils n'aiment pas. Ainsi persiste encore et toujours cet esprit de défaite indissociable de l'esprit de Vichy, poison lent de notre vie publique et qu'il faut combattre inlassablement. Esprit qui prétend sauver la France en l'écartant de nos principes de liberté, d'égalité et de fraternité. Fascination pour la force brute d'esprits faibles qui s'étaient fatigués de la complexité du monde, manquaient de caractère et ne croyaient plus dans le peuple français.
Intellectuel intranquille, Marc Bloch est pour nous ce testament permanent.
Testament de vie, car Marc Bloch est inséparable de Simonne, son amour, son éternelle victoire, sans qui il n'aurait pu accomplir son œuvre. Inséparable de la bravoure des siens : Alice, engagée dans le secours aux enfants. Étienne, Louis et Daniel entrés en Résistance, quand les deux cadets Jean-Paul et Suzanne vivent les épreuves du temps. La flamme aussi de la République chez ses petits-enfants et arrière-petits-enfants. Marc Bloch, affaire de famille, famille de devoirs, de pensée et d'action.
Testament de savoir et de science aussi. Sa bibliothèque a été dispersée par les nazis, mais ce sont bien les graines de son génie européen qui ont essaimé et enfanté d'autres savants, comme lui attachés à notre civilisation de liberté, jusqu'à Carlo Ginzburg disparu voilà quelques jours. Testament pour l'historien aussi. « Papa, à quoi sert l'histoire ? », selon la phrase qu'il place au début de son Apologie. Pour Marc Bloch, l'Histoire sert à chercher la vérité et à trouver la liberté. Inspiré par son père, lui-même professeur d'histoire antique, et son frère médecin, Marc Bloch a placé la méthode scientifique au cœur de sa discipline, le rapport au fait, la construction de la vérité, mais aussi l'étude des sociétés humaines dans les rapports sociaux et religieux comme dans les imaginaires.
« L'histoire est la science des hommes dans le temps », écrit-il. Elle n'est pas une succession d'événements bruts, initiés par des individus, aussi exceptionnels soient-ils parfois, mais une construction de temps long. Marc Bloch entend lire le passé aussi dans les mentalités des peuples. Pour ce médiéviste, les croyances du paysan de la France féodale comptent autant que les gestes du Roi de France. S'il est des Rois thaumaturges qui guérissent par miracle et que le peuple accepte de croire à cette légende, il est indispensable de comprendre les ressorts de cette relation entre roi et peuple. Le métier de l'historien est de configurer, contextualiser, interpréter ce qui doit devenir vérité scientifiquement éprouvée.
C'est là, dans les « façons de sentir et penser » de chacun, dans l'exploration de ce que Lucien Febvre nomme « l'outillage mental », que se trouve le chemin qui mène à la vérité dans l'Histoire. Vérité bâtie sur les traces, les faits, les analyses. Vérité qui se polit dans l'historiographie. Dilexit veritatem : il a chéri la vérité. Épitaphe et boussole, idéal démocratique qui rejoint le métier de l'historien.
Ainsi Marc Bloch lie-t-il France et Histoire, République et science, Gouvernement et Raison. Cette méthode et ce lien sont aujourd'hui encore les meilleurs antidotes contre les poisons de la révision historique qu'un peu partout nous revoyons poindre.
Oui, pour Marc Bloch, adolescent au temps de l'affaire Dreyfus, la République organise la confrontation respectueuse des faits, des idées, donne sa place à la science et à la justice, libère de la dépendance aux croyances faciles et de la crédulité aux fausses nouvelles.
L'intégrité intellectuelle ne va jamais sans force morale ni sans courage physique. Deux fronts d'une même guerre pour la vérité : science et Résistance.
Testament d'un professeur, enfin. Fils de professeur, Marc Bloch ne cessa jamais d'enseigner. N'importe où, à l'université de Strasbourg comme dans la prison de Montluc.
C'est comme s'il montait sur l'estrade, donnant à tous un cours simple, sans jargon, à hauteur d'intelligence, optimiste toujours.
« Je crois aux jeunes », disait-il. Oui, être professeur d'histoire est ce plébiscite de chaque jour à notre jeunesse et à la force d'un nouveau printemps.
Testament permanent qu'il ne finit pas de nous léguer.
Ainsi Marc Bloch entre-t-il au Panthéon, vivant, là, devant nous.
Et son legs devient nôtre, formulé avec ses propres mots : « La France demeurera, quoi qu'il arrive, la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur. J'y suis né, j'ai bu aux sources de sa culture, j'ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel et je me suis efforcé, à mon tour, de la défendre de mon mieux. »
Vive Marc Bloch, vive Simonne Bloch, vive la République, vive la France !

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Les violences faites aux enfants appellent une réponse systémique et globale face à une violence endémique, en mutation. Cette réponse ne peut pas être seulement l’affaire du ministère de l’Intérieur ou du ministère de la Justice. C’est en cela que je crois à une réponse intégrale, à 360 degrés. Pour les enfants, 80 % des faits ont lieu dans la cellule familiale. Nous sommes confrontés à un phénomène sociétal extrêmement puissant qui exige un effort particulier sur tout ce qui se joue dans la sphère privée. Face à cette réalité, nous devons avancer sérieusement et construire une réponse à la hauteur. Le projet de loi du Gouvernement sur la protection de l’enfance arrivera à l’Assemblée nationale le 15 juillet. Pour rien au monde, il ne faut retarder ou débrancher ce texte. Avec 400 000 enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance, rien ne peut justifier que nous attendions davantage. Le Sénat en sera saisi dès le mois d’octobre, afin de permettre l’entrée en vigueur de mesures attendues par les parents, les élus locaux, les professionnels du périscolaire et l’ensemble des acteurs concernés. À la fin, ce qui compte, c’est qu’il y ait un avant et un après pour les enfants.

> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Nos analyses respectives du rapport sont un peu différentes, mais je vous rejoins complètement au sujet de la nécessité d’une réponse systémique et globale. Elle est davantage qu’attendue, elle est urgente, face à une violence endémique, désormais encore plus inacceptable qu’hier et dont nous voyons bien qu’elle connaît une mutation.
Au fond, pour revenir au point de départ de votre question et formuler autrement les choses, cela peut-il n’être l’affaire que des ministères de l’intérieur et de la justice ? La réponse est non ; c’est pourquoi l’approche culturelle et politique dite intégrale, à 360 degrés, qui embarque l’ensemble des acteurs d’une manière peut-être totalement nouvelle, j’y crois énormément.
La deuxième raison pour laquelle la réponse doit être intégrale, notamment –⁠ ne nous voilons pas la face – en faveur des enfants, c’est que 80 % des faits ont lieu au sein de la cellule familiale.
Pas de polémique à ce sujet, madame la députée : nous sommes confrontés à un phénomène sociétal très puissant. Par définition, tout ce qui se passe dans la sphère privée mérite un effort politique particulier, pointu. Je vous propose d’avancer sérieusement. Nous nous y prendrons de la manière suivante, si l’ensemble des présidents de groupe et vous, madame la présidente de l’Assemblée nationale, avec qui j’ai travaillé sur ce point la semaine dernière, êtes d’accord.
La présidente de votre assemblée et moi avons saisi le Conseil d’État, dont l’assemblée générale se tiendra entre le 15 et le 17 juillet. À l’issue de cette assemblée, nous vous proposerons, toujours avec la présidente, de vous réunir afin de regarder le texte tel qu’il sort du Conseil d’État et de prendre –
 j’y reviendrai dans un instant – un certain nombre de décisions touchant des éléments de fond. J’ai déjà saisi un certain nombre d’associations pour – en temps masqué par rapport à cette cosaisine et à celle du Conseil économique, social et environnemental, que la présidente et moi avons volontairement aussi réalisée ensemble – embarquer l’ensemble des acteurs culturels, économiques, sociaux du pays. Il s’agit d’obtenir une vision peut-être encore beaucoup plus intégrale que celle à laquelle certains acteurs politiques peuvent prétendre dans le débat public. Des zones, des angles morts méritent d’être travaillés en urgence cet été ; j’en dirai aussi un mot tout à l’heure.
La semaine du 20 juillet, nous réunirons l’ensemble des présidents de groupe, ce qui, monsieur le président Vallaud, permettra ici même, à l’Assemblée nationale, de saisir les commissions concernées –
 c’est votre affaire – au mois de septembre. Je provisionne du temps du gouvernement avant l’examen du projet de loi de finances, au début du mois d’octobre, pour discuter du texte ainsi construit. Ne nous y trompons pas, il faudra cet été énormément de travail pour arriver à quelque chose qui soit, au fond, à la hauteur de ce qu’attendent un certain nombre d’acteurs.
Si ce n’était que 3 milliards et si ce n’était qu’un problème d’argent, cela se saurait ! Celles et ceux qui veulent travailler sérieusement à ce sujet verront que nous entrons dans tout autre chose.
S’agissant du fond, qu’il me soit permis de faire un point d’étape des analyses que nous avons commencé à produire avec le garde des sceaux, que je remercie, le ministre de l’intérieur, mais aussi avec Aurore Bergé et d’autres.
La proposition de loi comprend soixante-dix-huit articles dont seize, globalement, correspondent à des mesures réglementaires ou d’organisation interne à l’État. Les auteurs et cosignataires du texte le savent : nous en avons parlé lors de la réunion de travail qui a eu lieu il y a quinze jours. C’est la dimension de l’impulsion politique. Je prends à cet égard un premier ou plutôt un deuxième engagement : ces mesures réglementaires n’attendront pas. Une fois que, lors de la réunion transpartisane de la semaine du 20 juillet, nous les aurons agrégées ensemble, nous pourrons lancer la production des décrets dès juillet, août, septembre. Même s’il s’agit du pouvoir réglementaire, nous pourrons vous y associer afin de coconstruire cette réponse réglementaire, de ne pas la retarder.
Six mesures relèvent d’un projet de loi de finances ou d’un projet de loi de financement de la sécurité sociale, puisque c’est là que se trouve l’argent, les propositions de loi ne permettant pas d’ouvrir des crédits. Il faudra y travailler en amont, dans le cadre de discussions budgétaires et politiques.
Je n’en doute pas ; je ne doute pas davantage qu’il n’y aura pas de motion de rejet préalable, soit dit à l’intention d’un certain nombre de groupes, qui ont tout de même tenté d’instrumentaliser le sujet sur le terrain politique. Il nous faudra de la bonne foi dans les débats afin d’établir un bilan de ce qui a été fait et de programmer en toute transparence, en toute lisibilité, des crédits pour les années à venir.
Beaucoup d’initiatives venues de l’ensemble des groupes étant potentiellement en train de produire du droit, huit articles du texte se trouvent déjà dans des propositions de loi en cours de navette parlementaire. Encore une fois, cela vous concerne, monsieur Vallaud, ainsi que plusieurs autres présidents de groupe ; je recommanderais plutôt de les conserver dans la navette afin de ne pas retarder l’entrée en vigueur des mesures en cause, mais je me rangerai à l’avis des présidents de groupe.
Quant au reste, quatre articles présentent un risque constitutionnel ou communautaire : le Conseil d’État en jugera. Un article, de nature organique, devra être examiné à part. Six articles sont satisfaits par le projet de loi relatif à la protection des enfants ; nous pourrons y revenir. Deux, monsieur le garde des sceaux, figurent déjà dans votre projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Dix-sept sont également satisfaits sans que cela fasse consensus ; il y aura débat politique ; l’avis juridique nous permettra aussi de voir s’il convient d’y revenir.
Restent dix-huit mesures autonomes, qui doivent faire l’objet d’un travail précis –
 d’abord par esprit de sérieux, ensuite pour une raison simple : certains de ces articles sont contradictoires entre eux.
Les articles 5 et 6, par exemple, prévoient le retour au jury populaire, à la cour d’assises, mais l’article suivant une juridiction spécialisée. Il nous faut une position d’entrée sérieuse, sans quoi les professionnels du droit, les avocats, magistrats, associations vont se demander ce que nous voulons au juste. Je souhaite que le travail du mois de juillet nous permette d’aboutir à une clarification de ces contradictions.
Enfin, certaines mesures ne sont pas consensuelles ; la proposition de loi ne prévoit pas l’imprescriptibilité des crimes commis sur des mineurs, précisément parce qu’elle ne faisait pas l’unanimité parmi les cosignataires, alors même que dans le débat public, tout le monde en parle. Je le répète, je propose que nous profitions de l’été pour commencer à organiser les choses. La présidente de l’Assemblée elle-même a déclaré dans les médias qu’il convenait de prendre ce débat avec beaucoup de hauteur de vue, beaucoup de calme ; le garde des sceaux s’est engagé à le conduire avec l’ensemble des parlementaires. Je ne souhaite pas de précipitation. Le sujet est trop grave, trop important, il nécessite, je le répète, trop de sérieux.
Enfin, il ne faut pour rien au monde retarder ou débrancher le projet de loi relatif à la protection des enfants qui arrivera dans cet hémicycle le 15 juillet –
 vous ne l’avez pas proposé mais je l’ai parfois entendu suggérer au détour d’un couloir. La raison en est simple : la proposition de loi intégrale n’est pas tout à fait intégrale – je le dis sans intention de la critiquer – parce qu’elle ne traite qu’à la marge la question de l’ASE. Or au vu de tous les faits qui ont affecté ce service et dans la mesure où 400 000 enfants lui sont confiés, rien ne pourrait justifier que l’on retarde la prise de dispositions le concernant.
Je profite de l’occasion qui m’est donnée pour faire une dernière annonce. Si l’examen du texte relatif à la protection de l’enfance commence ici à la mi-juillet, le Sénat, une fois achevé son renouvellement à la fin du mois de septembre, en sera saisi. Si tout se passe bien, dès le courant du mois d’octobre, un texte de loi prévoyant des mesures attendues par les parents, le monde du périscolaire et les élus locaux pourra ainsi être promulgué au Journal officiel. Sur ce sujet aussi, ne faisons pas comme s’il ne s’était rien passé, comme si rien n’avait été enclenché. De nombreux scandales ont eu lieu et des réponses à ces événements ont été proposées. D’ailleurs, des députés de votre groupe, dans leur sagesse, ont préféré que le gouvernement reprenne ces propositions dans un projet de loi, afin que la navette parlementaire se déroule sans encombre.
N’entravons pas le travail qui a déjà commencé. Il y a certes des débats, s’agissant des vecteurs, des commissions, des dates, de la navette, mais ils n’intéressent que nous. La seule question qui compte est celle-ci : à la fin de l’année, y aura-t-il eu un avant et un après les événements que nous avons connus ? En tout état de cause, je m’engage à ce que le gouvernement soit aux côtés de celles et de ceux qui, de bonne foi, veulent faire avancer les choses.

> [Violences faites aux femmes et aux enfants] A ceux qui demandent l’inscription de la proposition de loi dite « intégrale » contre les violences faites aux femmes et aux enfants, je veux répondre avec sérieux. Avec la Présidente de l’Assemblée nationale, nous avons saisi le Conseil d’État afin de construire un texte solide. Son avis est attendu entre le 15 et le 17 juillet. D’ici là, les associations seront consultées et le CESE associé aux travaux. La semaine du 20 juillet, l’ensemble des présidents de groupe sera réuni pour travailler sur ce sujet. Nous y consacrerons ensuite du temps au début du mois d’octobre afin d’examiner un texte travaillé tout l’été et d’être à la hauteur de ce qu’attendent les Français.
À date, l’analyse de la proposition de loi dite « intégrale » montre que sur ses 78 articles :
- 16 relèvent déjà de mesures réglementaires ;
- 6 concernent le PLF ou le PLFSS ;
- 8 figurent déjà dans des textes en navette ;
- 4 présentent un risque constitutionnel ou communautaire ;
- 1 est de nature organique ;
- 6 sont déjà satisfaits par le projet de loi sur la protection de l’enfance ;
- 2 figurent déjà dans le projet de loi du garde des Sceaux ;
- 17 sont déjà satisfaits.
Il reste donc 18 mesures autonomes qui doivent faire l’objet d’un travail précis. Certaines sont contradictoires entre elles. D’autres ne font pas toujours consensus. Sur un sujet aussi grave, notre responsabilité est de construire une réponse complète, solide et applicable. Le gouvernement le sera, avec méthode et sérieux.

> Face à la forte sollicitation des services d’urgence et des SAMU liée à la vague de chaleur, en concertation avec Stéphanie Rist, nous activons le plan ORSAN de niveau 2. Cette décision permettra de renforcer les capacités de régulation médicale, de mobiliser les personnels nécessaires au fonctionnement de l’hôpital, de garantir la pleine coordination entre la médecine de ville, les hôpitaux, les cliniques et les EHPAD, et d’adapter les activités si la situation l’exige.
Deux priorités guident notre action :
- soutenir notre système de santé et l’ensemble des soignants afin de lui permettre de tenir dans la durée face à cet épisode de canicule ;
- protéger et prendre en charge les personnes les plus vulnérables.
L’ensemble des services de l’État est mobilisé pour faire face à la canicule.

> [Canicule] Deuxième CIC de suivi de crise canicule au niveau des ministres. Je remercie les directeurs de cabinet qui ont mené une autre réunion hier soir. En préambule, saluer l'ensemble de la mobilisation des services de l'État. Il y a beaucoup de préfets de zone qui sont connectés, les agences régionales de santé. Saluer aussi objectivement le comportement de nos concitoyennes et de nos concitoyens à l'occasion de la fête de la musique qui s'est relativement bien passée. Et je le redis à l'ensemble des collègues, preuve en est que faire confiance aussi à l'intelligence locale, aux maires, aux organisations locales n'est jamais une mauvaise méthode, avec évidemment un critère de proximité. Je pense qu'on va y revenir dans un instant.
On a beaucoup de sujets à voir ce matin, avec tout de même, Monsieur le ministre de l'Intérieur, un triste fléau sur les noyades, puisque le dernier chiffre qui vient de nous être remonté est de 40 morts depuis le 18 juin 2026, essentiellement des jeunes. Et donc, j'aimerais qu'on revienne sur ce point parce que ce sont les premières victimes de la crise que nous connaissons et donc je veux qu'on y rentre dans le détail.
Ensuite, je vous ai fait passer un certain nombre de commandes en amont de cette réunion. On a un épisode, on le sait tous, d'intensité exceptionnelle. On a globalement tous les records localement ou nationalement qui sont en train d'être battus chaque jour ou chaque nuit en matière de température.
Le vrai sujet évidemment qui doit nous préoccuper, c'est la durée de la crise et de l'événement. On le voit bien, là on a une incertitude. Donc, Météo-France a préparé un certain nombre de modèles.
Et donc moi, j'aimerais qu'on documente de près dans la réunion les trois scénarios potentiels : court terme, moyen terme et un scénario de chaleur qui pourrait durer sur le long terme et nous emmener sur une bonne partie du mois de juillet. Et évidemment, ces trois scénarios de planification vont nous permettre de prendre un certain nombre de décisions, en tout cas de planifier un certain nombre de décisions. 
Quelques priorités que je redis, là, pour l'ensemble des membres du Gouvernement mais aussi des services de l'État. Le premier — et ça explique toutes les décisions qui sont prises évidemment, et je remercie la ministre de la Santé pour sa mobilisation avec son équipe — c'est que l'hôpital tienne. On a évidemment une activité sécurité civile, services sanitaires, services de soins, urgences qui est soutenue, qui est plus importante qu'à la même période de l'année dernière, clairement liée évidemment à la canicule. Et pour moi, l'enjeu fort des différentes crises qu'on a déjà eu à gérer, c'est de s'assurer que, évidemment, on ait un plan d'endurance pour l'hôpital et c'est en cela que les mesures de précaution doivent être prises.
La deuxième des choses, c'est la solidarité avec les plus fragiles. Beaucoup de choses… certains d'entre nous ont été maires autour de cette table, ont été élus locaux, il y a quand même un enjeu important de mobilisation des centres communaux d'actions sociales, des associations, c'est la proximité quand même qui va évidemment nous permettre de prendre soin des plus fragiles. Il y a un enjeu évidemment sur les EHPAD, mais quelque part, beaucoup de chemin, contrairement à ce qui peut être raconté ici ou là, a été quand même parcouru depuis 2003. Donc, en fait, notre priorité va plutôt chez les personnes qui sont chez elles, sur lesquelles là on a un degré de vigilance à avoir. Ça revient évidemment aussi à la question toujours délicate de la solitude.
Enfin, j'aimerais aussi que, sur les questions plus régaliennes, on avait demandé la mise en alerte de l'ensemble de notre système de sécurité civile, civile ou militaire d'ailleurs, parce que qui dit canicule dit sécheresse, donc vigilance sur forêts et grandes cultures. On a eu quelques incendies qui ont commencé à se déclarer. Je regarde le directeur général de la Sécurité civile et donc, j'aimerais également qu'on ait quand même tous les scénarios qui soient prêts, incendies, mais orages potentiellement, et crues, parce qu'on voit bien qu'on peut très vite aussi basculer d'un phénomène brutal à l'autre. Donc évidemment, il faut qu'on puisse rentrer dans le détail. Suivi de la pollution de la ressource en eau, sur lequel là aussi j'avais passé des commandes dans le week-end, et donc je souhaite qu'on puisse me rendre compte de ce qui est prévu, sans oublier la résilience de nos infrastructures, transports, sur lequel Monsieur le ministre souhaite aussi qu'on ait un point sur la qualité de service rendu par la SNCF, beaucoup de choses nous remontent. Donc il faut qu'on rentre dans le détail et aussi sur les infrastructures énergétiques sur lesquelles un certain nombre de décisions ont été prises — et je crois qu'elles vont dans le bon sens. Voilà. 
Ensuite, on y reviendra, mais je vous ai demandé des propositions aussi pour l'année prochaine pour travailler pour nos successeurs sur un certain nombre aussi de manières de vivre dans le pays. Et je crois que la ministre de l'Environnement y est revenue et d'autres, mais la préparation du pays à cette résilience passe aussi peut-être par quelques décisions à prendre plus structurelles.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> Très heureux de cette première rencontre dense avec mon homologue sénégalais Mouhamadou Makhtar Cissé. Nous avons fait un point complet des coopérations opérationnelles développées en appui à l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar. Fort de son expérience dans l’organisation des grands événements, le ministère de l’Intérieur s’engage pleinement auprès des autorités sénégalaises depuis 2022, dans la sécurisation de cet événement international. Il partagera avec ses homologues sénégalais les connaissances acquises durant les JOP 2024.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> Je suis intervenue devant le Conseil supérieur de la fonction militaire, réuni en session plénière. Les échanges avec les instances de concertation militaire, singulières dans le paysage du dialogue social, sont indispensables. Les discussions ont porté sur la défense de la singularité militaire, dès lors que le statut militaire emporte des obligations et des contraintes particulières pour celles et ceux qui servent la Nation, ainsi que pour leurs familles. Ce dialogue a également permis d’aborder concrètement les enjeux du quotidien, de l’engagement et de la condition militaire. J’y suis profondément attachée.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Réforme de la facturation électronique / Intervention à l’Assemblée] Vous aurez noté que cette réforme est avant tout positive ! Elle vise à rendre la facturation plus efficace et permettra, je l’espère, de lutter contre les délais de paiement, qui constituent un problème endémique pour les TPE et les PME et qui sont très difficiles à gérer. Cette réforme permettra aussi de lutter contre la fraude. C’est une excellente réforme !
Certes, sa mise en œuvre soulève des difficultés pour les TPE et les PME, mais, vous le savez, nous avons accordé un an de plus pour son application. Le ministre Serge Papin est en contact avec les représentants des TPE et des PME pour s’assurer que cette année supplémentaire sera mise à profit utilement. Quant aux zones blanches, elles ne sont pas un problème. Prenons l’exemple d’un marché de village : vous souhaitez vendre à un professionnel –
 la réforme ne concerne pas la vente aux particuliers, je le rappelle –, vous enregistrez la transaction dans votre machine, puis vous la reprenez tranquillement chez vous pour la facturer et vous l’envoyez par courriel.
Cette réforme vise à simplifier la vie des entreprises et en aucun cas à leur compliquer la vie. Vous avez évoqué les coûts, mais pour les TPE et les entrepreneurs individuels, il existe déjà des plateformes qui proposent gratuitement la facturation électronique. Je vous engage donc à rassurer tous ceux qui vous interrogent et qui s’inquiètent. N’hésitez pas à les mettre en contact avec nos services. Nous souhaitons que cette réforme soit efficace et au service des entreprises, notamment des plus petites, pour leur faciliter la vie.

> C’est un accord décisif pour notre souveraineté industrielle de défense.
La France et l’Allemagne deviennent co-actionnaires de KNDS et lui donnent un cadre stable et ambitieux pour devenir un champion européen de premier plan dans l’armement terrestre.
Une étape décisive pour nos armées, nos emplois industriels et l’autonomie stratégique de l’Europe.

> Un selfie à 13 milliards d’euros.
Vendredi avec Philippe Tibi, nous avons réuni assureurs, banques, institutionnels et fonds d’investissement à Bercy pour lancer la 3e phase de l’initiative Tibi.
Après 16Md€ entre les phase 1 et 2 depuis 2020, ce sont 13 milliards d’euros qui seront engagés par 42 investisseurs institutionnels pour financer nos start-ups et scale-ups françaises.
La souveraineté technologique ne se décrète pas, elle se finance.
Sans financement adapté, nos entreprises ne pourront pas grandir, innover ou rivaliser face aux géants américains et chinois.
Nous investissons dans les technologies de rupture qui façonneront demain.
50% des fonds de cette nouvelle phase Tibi iront vers la deeptech (IA, quantique, spatial, biotech, etc...)
Aux assureurs, institutionnels, fonds d’investissement et nouveaux acteurs qui rejoignent cette initiative, votre engagement va bien au-delà de la performance financière : c’est un acte patriotique. Vous construisez l’indépendance technologique de la France.
Je remercie Philippe Tibi qui, par son engagement depuis 2019, a contribué à faire de la France la première place de financement technologique de l'UE.
Et demain, nous continuerons à travailler pour que l'initiative Tibi essaime et se connecte à ses initiatives sœurs partout en Europe, à commencer par l'Allemagne.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [G7 / Intervention à l’Assemblée]
Vous avez rappelé que la France accueillait le sommet du G7, il y a quelques jours, qui a été un très bon millésime, puisque pour la première fois depuis le retour du président Trump à la Maison-Blanche, un accord a été trouvé sur des déclarations communes en soutien à l’Ukraine et sur la situation au Proche et au Moyen-Orient.
Au-delà de cette question des crises, les pays du G7 et les partenaires que nous avions invités se sont accordés sur la manière de répondre ensemble et de manière coordonnée à un certain nombre d’enjeux qui nous touchent tous : la question des minerais critiques, la question des cancers pédiatriques, celle d’Ebola avec un milliard d’euros mobilisé en soutien à ceux qui font face à la crise dans la région des Grands Lacs ; la question de l’intelligence artificielle et de la protection des mineurs, mais aussi la lutte contre le narcotrafic et le trafic de migrants.
Et c’est à l’issue de ce G7 qu’à Versailles, vous l’avez dit, le président des États-Unis a signé, non pas un traité mais un mémorandum d’entente mettant fin aux hostilités et ouvrant une phase de 60 jours permettant des négociations conduisant à la réouverture du détroit d’Ormuz, mais aussi à l’encadrement du programme nucléaire iranien.
Dans ce contexte, la France sera particulièrement attentive à trois éléments.
Le premier, c’est le sort du Liban, pays frère entraîné dans cette guerre contre son gré par le Hezbollah, et aujourd’hui occupé par les forces armées israéliennes. Il est indispensable que le calme revienne, que les hostilités cessent, que le désarmement du Hezbollah puisse commencer et que l’armée israélienne puisse se retirer et restituer à l’État libanais le contrôle plein et entier de son intégrité territoriale.
Le deuxième sujet, c’est le programme nucléaire, qui doit être strictement encadré car il touche à nos intérêts de sécurité.
Le troisième sujet, c’est évidemment la restauration pleine et entière, sans entrave et sans blocage, du détroit d’Ormuz.
C’est en ce sens que j’ai échangé avec mon homologue qatari, hier à Lucerne, à l’issue des négociations, pour lui faire entendre que la France, qui devra, le moment venu, lever des sanctions, sera attentive à ces trois sujets. 

> L'extrême-droite a renoncé à tout espoir et considère que la France a déjà perdu. Elle a pour seule politique de dresser les Français les uns contre les autres et de désigner des boucs-émissaires.

> Il y a dix ans, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen n'avaient que le mot Frexit à la bouche. Depuis, ils ont été forcés de changer de disque.

> Le courage n’est pas affaire de carrière ou de caste, écrivait Marc Bloch qui opposa à la brutalité de son époque les armes de l’esprit et de la vérité. Il entre ce soir au Panthéon auréolé du courage de la France résistante, de l’armée des ombres qui prit tous les risques dans la clandestinité et le secret des maquis. Qui versa le sang pour que vivent l’honneur, la liberté et la justice.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Canicule] Ce qu'on nous indique, c'est qu'on est partis pour quelques jours, au minimum quelques jours de très, très chaud, de températures qui entraînent des vigilances rouges. Si on regarde le pays, on est soit en vigilance rouge ou orange, quel que soit l'endroit en France. Donc beaucoup de nos concitoyens vont souffrir puisque les corps, avec cette chaleur accumulée, souffrent au bout d'un moment de cette chaleur.
Pour l'instant nous n'avons pas de certitude sur le jour où les températures vont baisser. On espère pour la fin de semaine, mais honnêtement, je ne peux pas confirmer cela aujourd'hui. (…)
Ce qu'on sait, c'est que la canicule entraîne une surquantité de décès et on sait aussi que ça a un impact cinq à dix jours après le début de la canicule. En fait, on rentre dans ces jours-là, dans cette semaine où l'impact apparaît et donc on va être très vigilants dans les jours qui viennent. Mais il est encore temps de la prévention, il est encore temps de rappeler qu'il faut évidemment beaucoup boire, diminuer l'activité physique et surtout un œil attentif aux personnes isolées. Chacun dans sa responsabilité, dans sa responsabilité de citoyen avec son voisin, familiale avec sa famille pour passer des coups de fil, aller voir comment vont nos personnes âgées, par exemple, ou les personnes malades, parce qu'on sait que ce sont celles-ci qui vont particulièrement souffrir.

> À chaque canicule, il y a une surmortalité. L'objectif est vraiment de prévenir parce qu'on sait que ces mesures de prévention diminuent le nombre de décès. Donc on a tous un comportement individuel à avoir et une responsabilité collective.

> J'étais hier soir au SAMU tard dans la soirée avec le maire de Paris pour déjà remercier les équipes, à travers elles, toutes les équipes en France engagées sur cette soirée qui est tout le temps difficile pour les services de santé d'urgence, de SAMU, de régulation. Et aujourd'hui, au moment où on se parle, parce que je n'ai évidemment pas tous les retours précisément, il ne semble pas y avoir eu d'événements majeurs. Je redis que c'est une soirée très compliquée pour les personnels aux urgences ou tous ceux qui sont engagés dans la sécurité de nos concitoyens.

> [Canicule] Pourquoi on a fait cette interdiction de consommation d’alcool sur la voie publique? C'est aussi pour informer, faire comprendre aussi pourquoi il faut adapter son comportement individuel aux températures les plus fortes. On le sait, quand on prend de l'alcool, parce que ça bloque une hormone qui permet d'être bien hydraté, on se déshydrate plus vite. Et notre thermostat dans le cerveau, il est un peu déréglé et donc on va faire plus de malaises, aller plus aux urgences. Donc c'est un comportement individuel déjà pour aller mieux soi-même, mais aussi pour maintenir notre système de santé à flot. Donc nous verrons s'il y a lieu de la rendre obligatoire pour d'autres événements, je n'en sais rien. Il y a des cellules interministérielles de crise aujourd'hui avec nos directeurs de cabinet et puis nous verrons s'il y a lieu d'en avoir d'autres.

> [Canicule] Notre responsabilité, elle est de prévenir, de suivre au jour le jour aussi la tension sur le système de santé. Il semble, au moment où je vous parle, que le système de santé ne soit pas particulièrement en tension dans les services d'urgence, malgré une augmentation très très forte des appels au SAMU ou des appels aux médecins en ville comme SOS Médecins. (…)
Toutes les mesures de prévention et quand, je le rappelle, notamment vis-à-vis des personnes les plus âgées, les plus fragiles, toutes ces mesures-là, elles permettent que notre système de santé puisse tenir. Donc nous nous mobilisons avec tous les professionnels, je pense évidemment aux directeurs d'établissement, aux professionnels de santé, aux professionnels de ville. J'ai pu les rassembler samedi lors d'une réunion, l'ensemble des acteurs du système de santé pour une mobilisation dans le cadre de cette prévention pour éviter que notre système de santé soit trop en tension.

> [Canicule] Évidemment, il va falloir climatiser plus, mais surtout rafraîchir. Mais c'est un ensemble de mesures qu'il faut continuer à mettre en place. Il va falloir qu'on s'adapte au changement climatique. Ça veut dire changer des cultures agricoles, mieux isoler. Ce n'est pas simplement que d'annoncer un grand plan de climatisation, c'est ça que je veux dire.

> [Canicule] Il faut qu'on s'adapte. Il faut qu'on s'adapte collectivement et donc qu'on poursuive les plans d'adaptation. On a doublé, je le rappelle, le budget de la mission écologique depuis 2017 où je suis arrivée comme députée. Ce budget a été doublé. Il faut évidemment continuer à collectivement, on s'adapte et aussi individuellement dans nos comportements. Adapter peut-être les horaires de travail, adapter en fonction du travail. Ce n'est pas pareil quand vous travaillez dans un bureau climatisé. Je pense que la solution, encore une fois assez simple, de dire on va faire des congés climatiques, on voit bien que ce n'est pas ça qui va permettre dans le temps, dans le long terme, que notre population s'adapte.

> [Canicule] J’ai réuni les directeurs généraux des ARS face à la vague de chaleur qui touche désormais une large partie du territoire. Compte tenu d’un épisode plus intense, plus étendu et surtout plus durable, j’ai décidé, en lien avec le Premier ministre, de déclencher la phase 2 du plan ORSAN EPI-CLIM. Cette phase ne signifie pas que notre système de santé est en crise. Elle traduit au contraire un choix d’anticipation : se préparer dès maintenant pour protéger les plus fragiles et garantir que notre système de santé puisse tenir dans la durée. Avec les ARS, nous mettons en œuvre dès à présent la phase 2 du plan ORSAN EPI-CLIM, afin de renforcer la coordination territoriale entre hôpitaux, médecine de ville et secteur médico-social.

> 40% des hôpitaux ont été rénovés depuis la dernière canicule.

> [Canicule] On est face à un risque de tension sur le système de santé.

 

Marina Ferrari (ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative)
> [Canicule / Intervention à l’Assemblée] Vous l’avez rappelé, la situation est dramatique. Du fait de la canicule, nos concitoyens cherchent l’accès à des points d’eau et malheureusement, des accidents surviennent : une quarantaine de personnes sont décédées depuis le 18 juin. Nous portons une attention particulière à cette question.
Nous avons anticipé la situation en communiquant, dès la fin du mois de mai, pour rappeler les mesures de prévention nécessaires. Les efforts de communication s’intensifieront dans les prochains jours –
 je parle sous le contrôle de Mme la ministre de la santé –, car il est indispensable que chacun adopte un comportement raisonnable : se baigner dans des zones surveillées, s’équiper quand on ne sait pas bien nager, surveiller les enfants, entrer progressivement dans l’eau pour éviter les risques d’hydrocution.
Ceci étant dit, vous avez raison : nous devons également conduire un travail à plus long terme en matière d’apprentissage de la natation. Nous le faisons avec l’éducation nationale comme au travers de programmes tels que le développement de l’aisance aquatique ou « savoir nager », qui nous permettent de former de nombreux jeunes.
La question des équipements se pose. Vous travaillez beaucoup sur ce sujet et nous y portons une attention particulière. Il y a quelques mois, j’ai demandé à l’Agence nationale du sport de réorienter prioritairement ses crédits d’investissement vers la rénovation des piscines et le déploiement de bassins mobiles, car il est vrai nous perdons en qualité d’apprentissage, notamment en zone rurale.
Par ailleurs, nous travaillons avec la Banque des territoires pour identifier  d’autres modes de financement afin de mieux accompagner les collectivités.
Un autre facteur important est celui de la formation des maîtres-nageurs et des sauveteurs secouristes aquatiques. D’ici le début de l’été, une refonte du brevet national de sauveteur secouriste aquatique entrera en vigueur afin d’élargir les missions des sauveteurs et de mieux assister les maîtres-nageurs. Nous savons que les collectivités rencontrent des difficultés de recrutement et il convient de développer le vivier existant.
Voilà ce que je voulais vous dire. J’insiste sur un point : nous devons faire preuve d’une vigilance collective. Sachez que les services de l’État, notamment les préfets, sont fortement mobilisés sur ce sujet.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> [Violences contre les enfants et les femmes / Intervention à l’Assemblée] D’abord, concernant les moyens, il n’y aura pas 1 euro qui manquera au moindre planning familial de notre pays. Il n’y aura aucune baisse des financements concernant le Planning familial, parce que celui-ci, qui fête d’ailleurs ses 70 ans cette année, est au cœur même de l’identité qui est la nôtre en matière de protection des femmes, de santé sexuelle des femmes, et de prévention des violences dont les femmes et les enfants sont de trop nombreuses victimes. Pas 1 euro de baisse : c’est l’engagement que nous avons pris et c’est celui qui sera tenu, planning familial par planning familial, y compris dans la situation très précise que vous évoquez.
Ensuite, le premier ministre a eu l’occasion de le dire, nous travaillons sur la proposition de loi dite intégrale avec l’ensemble des parlementaires engagés sur le sujet. Nous étudions proposition par proposition, mesure par mesure, article par article, pour voir ce qui peut être fait immédiatement et ce qui relève de la loi.
Le premier ministre l’a dit, il y aura du temps parlementaire dédié, aussi longtemps que nécessaire, pour garantir que tout ce qui doit encore être fait dans la loi puisse l’être, à la fois pour la protection des enfants et la prévention des violences sexuelles à leur égard et pour la protection des femmes, qui sont les premières victimes des violences sexuelles.
Tout ne relève pas de la loi. Vous avez raison : le maillage territorial et le travail des associations sont vitaux pour, notamment, garantir que la formation puisse être mise en place. Je le précise car j’entends beaucoup parler de protection des enfants de l’autre côté de l’hémicycle, mais je rappelle que l’extrême droite a été la première à combattre l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.
Or c’est le premier moyen pour signaler les violences dont nos enfants sont victimes. Il n’y a pas un cours d’éducation à la vie affective où, à la fin, un enfant ne signale les violences sexuelles dont il a été victime. Soutenons les enseignants et les associations !

> Il y a des lieux qui changent une vie. Avec Édouard Philippe, nous avons visité la future Maison des Femmes du Havre, qui ouvrira ses portes dans quelques jours. Elle deviendra un lieu d'accueil, d'écoute et de reconstruction pour les femmes victimes de violences et leurs enfants. Protéger, réparer, accompagner, c'est notre responsabilité. Notre engagement sera tenu : au moins une Maison par département.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> [Adaptation au changement climatique / Intervention à l’Assemblée] On peut avoir à ce sujet un débat dépolitisé et cesser de se renvoyer la responsabilité en un moment où nombre de nos concitoyens souffrent, singulièrement les plus vulnérables. Le gouvernement est à la manœuvre, le premier ministre a présidé deux réunions de crise au cours desquelles tous les sujets d’urgence ont été abordés avec beaucoup de précaution, une gestion confiée au plus près, en lien avec les territoires. Par ailleurs, cela fait neuf ans que nous nous préparons avec trois plans consacrés à l’adaptation au changement climatique. Vous rendez hommage au fonds Vert : merci à Élisabeth Borne de l’avoir instauré, merci à la précédente majorité de l’avoir adopté ! Vous rendez hommage aux dispositifs de prévention qui sont l’œuvre de ces majorités précédentes : le fonds Chaleur, le fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit fonds Barnier, ont été portés à leur plus haut niveau historique depuis dix ans.
Vous qui connaissez particulièrement ces sujets, vous savez que depuis 2016 les crédits de la mission Écologie, développement et mobilité durables ont été doublés ! Ce n’est pas là le fruit du hasard mais celui d’une politique constante, responsable et qui, si je puis me permettre, joue de ses deux jambes. L’atténuation du changement climatique sera facilitée par une baisse historique –
 une baisse de 25 %, alors qu’elle n’avait atteint que 17 % depuis 1990 –, depuis 2017, des émissions de gaz à effet de serre.
La posture politicienne qui consiste à répéter que le gouvernement ne fait rien, ne promet rien, ne prévoit rien n’est pas, en cette période de crise, une posture responsable. J’ajouterai que vous avez voulu censurer le projet de budget où figurait précisément le fonds Vert ! C’est en partie en raison de cette menace de censure qu’il n’a pu être créé que quelques mois plus tard. Dans l’épisode actuel, je le répète, chacun doit assumer ses responsabilités !

> [Eau / Intervention à l’Assemblée] La sécheresse et l’approvisionnement en eau font évidemment l’objet d’un suivi très attentif. Le premier ministre a réuni deux cellules de crise au cours desquelles ces questions ont été abordées. L’état des nappes est préoccupant : soixante-treize départements font l’objet d’une interdiction partielle ou totale des prélèvements, contre quarante l’an passé à la même date. (…)
Il y a les mesures d’urgence et il y a le long terme. Vous avez raison d’aborder ces questions. C’est tout l’enjeu du suivi du plan « eau », présenté en mars 2023 par le président de la République. En ce qui concerne les moyens, nous avons relevé les crédits à destination des agences de l’eau, à hauteur de 435 millions d’euros par an. Le triplement décidé par le premier ministre de l’enveloppe du fonds hydraulique, qui est passée de 20 à 60 millions par an, permet de débloquer certains projets. En outre, la loi d’urgence agricole agit à la fois sur le volet quantitatif, pour débloquer différents projets, et sur le volet qualitatif, par la protection des captages d’eau.
Nous avons un travail à conduire en matière de réutilisation des eaux usées, dans le respect de la qualité sanitaire de celles-ci –⁠ je parle sous le contrôle de la ministre de la santé. Le gouvernement a déjà pris onze textes réglementaires pour optimiser l’utilisation de cette ressource. Nous devons poursuivre ce travail. Nous devons également continuer à travailler sur les enjeux de sobriété. L’objectif de réduction de 10 % des prélèvements en 2030, qui figurait dans le plan «  eau », sera probablement atteint, mais cela suppose le concours de toutes et toutes. Votre appui est le bienvenu.

> Aux côtés de Philippe Tabarot à la Cellule ministérielle de veille opérationnelle et d'alerte (CMVOA) qui suit en temps réel l’évolution de la canicule et ses effets sur nos infrastructures. Nos priorités : protéger les populations fragiles, sécuriser nos territoires contre les incendies et garantir la continuité des services essentiels. Merci à l’ensemble des agents mobilisés.

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> 4000 morts, 1 million de personnes déplacées. Il faut absolument que les combats cessent. La France est aux côtés du peuple libanais.

 

Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Canicule : tous mobilisés.
J’ai réuni ce matin les fédérations du médico-social et du domicile pour aborder les mesures mises en œuvre afin de protéger les personnes âgées et les personnes en situation de handicap. En présence de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, des administrations du ministère de la Santé et des agences régionales de santé.
Les priorités : garantir le suivi des consignes de prévention, assurer de bonnes conditions d’accompagnement, adapter les organisations et suivre attentivement les remontées de terrain.
Je me suis ensuite rendue sur le terrain, à l’EHPAD Furtado-Heine et à la Maison d’accueil spécialisée Bougainville, au contact des personnes concernées et de celles et ceux qui les accompagnent, pour réaffirmer la mobilisation du Gouvernement.
Merci à toutes les équipes soignantes, aux professionnels de santé et du domicile, aux collectivités territoriales et aux acteurs engagés sur le territoire en cette période de forte chaleur.
Continuons à nous mobiliser collectivement.

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> [Canicule / Intervention à l’Assemblée] Nous traversons effectivement une épreuve collective, causée par des chaleurs intenses qui ont un impact sur le monde du travail. Nous édictons des normes, nous contrôlons, nous animons. C’est notre responsabilité et nous la prenons entièrement. Toutefois, en matière de sécurité et de santé au travail, la première obligation est celle des employeurs. Tout défaut de leur part engage leur responsabilité.
Nous avons dédié un chapitre pour mieux lutter contre les chaleurs intenses dans le plan Santé au travail 2026-2030 qui a été lancé il y a quelques semaines. J’ai demandé à mes services de renforcer les contrôles. Ce week-end, à la suite de la montée de la chaleur, plusieurs départements ont basculé en vigilance rouge canicule. J’ai demandé aux préfets des départements concernés de ne pas hésiter à arrêter les chantiers de 13 heures à 21 heures si la situation locale l’exige. Des arrêtés préfectoraux ont ainsi été pris en Haute-Garonne, dans le Puy-de-Dôme, en Seine-Saint-Denis ou dans les Hauts-de-Seine.
La France est l’un des seuls pays en Europe à prévoir des obligations spécifiques très précises pour les employeurs depuis la publication d’un décret l’année dernière. Les employeurs doivent anticiper ces épisodes et se caler en fonction des seuils de vigilance météorologique jaune, orange et rouge.
En France, nous avons fait le choix de privilégier le dialogue et ce dialogue fonctionne. On le constate notamment dans la filière du BTP, qui dispose d’une caisse financée par les entreprises permettant d’arrêter les chantiers tout en continuant à payer le salaire des travailleurs. Ce sont ainsi 120 000 heures qui ont été indemnisées par les entreprises en 2025.
Fidèle à ma méthode du dialogue, je réunirai demain ou après-demain tous les partenaires sociaux, à la fois les organisations syndicales et les organisations patronales, pour discuter d’éventuelles mesures supplémentaires et, surtout, pour travailler sur des mesures plus structurelles, parce qu’effectivement, et je vous rejoins, ces chaleurs intenses viennent impacter structurellement le monde du travail, qui devra s’y adapter. Comptez sur moi pour que les travailleuses et les travailleurs de ce pays soient protégés face à la chaleur intense.

 

Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
> [Canicule / Intervention au Sénat]
Cet été nous rappelle que nous n'avons pas été à la hauteur, au niveau mondial, des efforts qu'il aurait fallu faire pour éviter les extrêmes d'aujourd'hui.
Nous vivons les conséquences de ce dérèglement climatique, parce que nous avons été incapables collectivement de tenir l'objectif de la hausse de 1,5 degré. L'Europe est en première ligne des augmentations de température.
Ce que nous vivons est un avant-goût de l'avenir. D'ici à 2050, il y aura cinq fois plus de vagues de chaleur.
Les plans nationaux d'adaptation sont appliqués ; nous en sommes au troisième. Pas moins de 185 mesures de ce plan ont déjà été exécutées.
Mais nous devons réfléchir aux moyens. C'est un mur d'investissements que nous devons accepter de regarder collectivement.
S'agissant des collectivités, notamment les plus petites, nous avons décidé que 50 % du fonds vert leur serait attribué en priorité.

> [Canicule / Intervention au Sénat] Oui, nous vivons un événement exceptionnel par son intensité. Oui, nous aurons certainement à en vivre d'autres.
Mais je ne peux laisser dire que la France ne se prépare pas au dérèglement climatique. Nous sommes à la pointe en Europe, à tel point que la Commission européenne a demandé qu'on lui transmette nos documents pour s'en inspirer et construire une politique européenne d'adaptation.
Cela ne va jamais assez vite, nous sommes d'accord. Aujourd'hui, nous traitons une situation d'urgence. L'État, ne vous en déplaise, s'est bien organisé. Nos hôpitaux font face. Avec le ministre de l'éducation nationale, nous avons pris les mesures nécessaires pour organiser les examens. Idem dans les Ehpad ou pour éviter les feux de forêts. Un chiffre : il y a déjà eu plus de départs de feux cette année que l'an dernier à la même période - vous n'en avez pas entendu parler, car ils ont été arrêtés à temps. Parler d'impréparation n'est pas acceptable.
L'adaptation, elle, prendra des années. C'est toute notre vie, toutes nos infrastructures qu'il faut revoir. Construisons l'avenir ensemble.

> [Canicule / Intervention au Sénat] Si aujourd'hui vous me dites que le fonds vert ne finance pas la climatisation dans les écoles, je suis prête à changer la règle. Ce n'est pas un dogme en ce qui me concerne.
Mais il y a des mesures passives à mettre en œuvre avant. Quand vous voulez garer votre voiture, même si elle est climatisée, vous cherchez une place à l'ombre. C'est la même chose pour les bâtiments. Il faut créer les conditions de la fraîcheur du bâtiment. Il existe une différence de 10 degrés entre un bâtiment mal conçu et un bâtiment bien conçu. Si cela ne suffit pas, on peut envisager la climatisation. (…)
Si la question est : devons-nous climatiser les écoles ? La réponse est : oui !
Mais ces opérations ne doivent pas être financées uniquement par de l'argent public. Vous pouvez aussi prévoir des panneaux solaires sur les toits, équipés de batteries en vue d'alimenter une pompe à chaleur réversible. Pour le financer, vous pouvez proposer à un établissement financier de jouer le rôle de tiers payant et d'avancer l'argent aux collectivités en se remboursant sur les économies d'énergie. Ce système est vertueux : les écoles pourront ainsi s'équiper, sans que cela ne coûte rien à l'État et aux collectivités territoriales.

> [Canicule / Intervention au Sénat] Nos moyens consacrés à l'adaptation climatique continuent à augmenter. L'année dernière, ils se sont montés à 1,7 milliard d'euros pour ce qui est de mon ministère. Sans compter, par exemple, les 1,5 milliard d'euros accordés à la SNCF pour adapter le système ferroviaire à la canicule.
Le fonds vert n'a jamais eu pour objet de financer la totalité des projets locaux ; il s'agit de financements complémentaires. À ce jour, nous avons financé, avec les collectivités, des projets de renaturation ou de climatisation passive, notamment, dans près de 6 000 écoles. Il est donc injuste d'affirmer que des efforts ne sont pas faits.
Reste qu'il faudra, lorsque vous débattrez de nos prochains budgets, réfléchir aux priorités que la France entend se fixer en matière d'adaptation.
Ce que je souhaite vivement, c'est que tout le monde parle d'adaptation et de climatisation, y compris quand la vague de chaleur sera terminée.

> [Réutilisation de l’eau]  « C’est quand le puits se tarit que nous nous rendons compte de la valeur de l’eau. »
Cette phrase, souvent attribuée à Benjamin Franklin, prend ici, dans les Pyrénées-Orientales, une résonance particulière après plus de trois années et demie de sécheresse.
Je me suis rendue à Argelès-sur-Mer pour inaugurer le plus grand projet, en France, de réutilisation des eaux usées traitées pour l’irrigation agricole.
L’enjeu est simple et essentiel à la fois : transformer une eau jusqu’ici rejetée en mer en une ressource utile, sécurisée et mobilisable pour l’agriculture.
À terme, ce dispositif permettra de réutiliser jusqu’à 1,3 million de m³ d’eau par an, au bénéfice d’environ 60 agriculteurs et de près de 700 hectares de terres agricoles.
Ce projet nous rappelle qu’il nous faut :
- Changer de regard sur l’eau
L’eau usée traitée n’est pas un déchet : c’est une ressource, dès lors qu’elle est correctement traitée et encadrée.
- Préserver les ressources les plus fragiles
L’objectif n’est pas d’augmenter les prélèvements, mais de substituer des ressources pour réduire la pression sur les milieux déjà sous tension.
- Partir des réalités du terrain
Ce projet répond à une attente très concrète des agriculteurs : disposer d’une ressource plus stable pour maintenir et sécuriser leur activité dans un contexte de sécheresses répétées.
La méthode que nous portons est celle du pragmatisme : ne pas opposer les solutions, mais les articuler. Sobriété, modernisation des réseaux, réutilisation des eaux et stockage (lorsque cela est pertinent) doivent avancer ensemble.
Le rôle de l’État est d’accompagner ces innovations, de les sécuriser et de garantir qu’elles s’inscrivent dans une gestion durable et équilibrée de la ressource.

 

Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Nous sommes tous ici pères et mères de famille
 et, en tout état de cause, les pères et mères de famille ou les gens qui rencontrent des victimes n’ont pas le monopole de la préoccupation pour les enfants. J’ai exercé de nombreux mandats électifs dans un coin très populaire du Nord : en tant que conseiller départemental, j’ai eu à gérer l’ASE dans le département qui compte le plus grand nombre d’enfants placés et j’ai dirigé une ville parmi les plus pauvres de France, avec le cortège de misère et de violence que cela implique. Comme père de famille, comme citoyen ou comme responsable politique, je n’ai donc aucune leçon à recevoir !
Je suis à la tête d’un ministère auquel la majorité actuelle a conféré son budget le plus important à ce jour, grâce aux crédits que le président de la République a décidé de lui attribuer –
 en une seule année budgétaire, ce budget a augmenté de 700 millions d’euros. Je pourrais vous intenter un procès politicien et vous reprocher de ne pas avoir voté ce budget et d’avoir voulu renverser ce gouvernement mais je suis certain que nous souhaitons tous lutter contre les crimes qui touchent les enfants. Je regrette que vous, en revanche, tombiez dans la pure polémique politicienne alors que des policiers, des gendarmes, des magistrats travaillent jour et nuit pour protéger nos concitoyennes et nos concitoyens ! Que chacun prenne garde, dans sa famille – y compris politique –, à balayer d’abord devant sa porte avant de le faire devant celle des autres.

> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Vous êtes le porte-voix de familles, de tout un département du Gers profondément blessé et meurtri. Il y a quinze jours, à l’occasion d’une question au gouvernement, vous avez demandé quels constats ce dernier et la Chancellerie établissaient sur cette terrible histoire qui nous a tous serré le cœur. Comme l’avait promis le gouvernement sous l’autorité du premier ministre, nous avons diligenté une inspection. Tous les Français peuvent désormais prendre connaissance du prérapport qui en est issu et qui se penche tout particulièrement sur le traitement de la plainte déposée en août 2025 par les parents de Rosa. Il dresse le constat accablant des dysfonctionnements extrêmement graves qui ont affecté le travail de la gendarmerie nationale –⁠ le ministre de l’intérieur a pris des mesures conservatoires la concernant – et le fonctionnement du parquet d’Auch. Pour prévenir ce qui s’est passé, nous n’avions pas besoin d’une nouvelle loi ou de davantage de moyens. Il fallait appliquer les instructions données avec la même célérité que le parquet de Toulouse et la gendarmerie de Haute-Garonne, eu égard au fait qu’un pédocriminel continuait d’infliger d’affreux sévices à d’autres enfants.
Le traitement des dizaines d’autres milliers de plaintes déposées pose d’autres questions. Il peut révéler un manque de moyens, d’OPJ, d’unités médico-judiciaires, d’experts, parfois de numérisation. À cet égard, vous avez parfaitement raison.
Pendant trois ans et demi –
 vous avez fait partie des députés qui m’ont accompagné dans ce projet –, j’ai travaillé à instaurer l’impôt à la source, et le ministère des comptes publics, qui croulait sous une montagne de papiers, a été totalement numérisé, comme vous l’avez démontré. La direction générale des finances publiques peut ainsi rendre un grand service aux citoyens lorsque vient le moment de payer leurs impôts.
J’ai été quatre ans ministre de l’intérieur. Auparavant, il fallait être physiquement présent au commissariat ou à la gendarmerie pour déposer des plaintes ou recevoir son permis de conduire : tout se faisait sur papier ; désormais, tout est dématérialisé.
Voilà un an que je suis ministre de la justice. Quand je suis arrivé, il existait deux tribunaux numériques ; à présent, ils sont 161. Ce travail doit se poursuivre. Nous aurons certes besoin de moyens pour le mener à bien –
 vous siégez à la commission des finances – mais nous l’aurons achevé avant la fin du quinquennat.

> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Permettez-moi de corriger votre présentation. Il y avait des inscriptions au fichier traitement d’antécédents judiciaires du ministère de l’intérieur. Ce fichier, dans lequel figurent 17 millions de Français, est consultable par les policiers, les gendarmes, les douaniers et les magistrats. M. Barella était dans ce fichier ; le rapport d’inspection le montre. Son nom figurait également dans le fichier dit Cassiopée du ministère de la justice, auquel ont accès tous les parquetiers de France, quel que soit l’endroit où la plainte est déposée. Ainsi, nous connaissions les antécédents judiciaires de M. Barella. Ces fichiers étaient-ils à jour ? La réponse est oui, selon l’inspection. Ces fichiers ont-ils été consultés par le parquet de Toulouse ? La réponse est oui. Y a-t-il eu consultation par le parquet d’Auch ? La réponse donnée par le rapport d’inspection nous a permis de prendre plusieurs mesures conservatoires, pour les gendarmes comme pour les magistrats.
Ces fichiers existent. La question que vous posez est autre : y a-t-il des fichiers administratifs comme les fiches S –⁠ vous faites le parallèle avec le terrorisme –, qui sont des fiches de renseignement administratives, et qui ne permettent pas des interpellations, mais des surveillances ? C’est un débat très important. Pour cela, il faudrait que le ministère de l’intérieur crée un fichier administratif, quitte à ce que celui-ci soit renseigné par des mesures de renseignement, y compris judiciaires. Par ailleurs, il faudrait que la Cnil l’y autorise. La grande différence avec la Grande-Bretagne, que vous citez, c’est que là-bas, il n’y a pas la Cnil. Je vous encourage à parler avec vos collègues parlementaires qui sont membres de la Cnil et qui depuis plusieurs années – peut-être même depuis les années 2000 et 2010 –, refusent la création de ce genre de fichiers pour les services de renseignement et pour les services de police et de gendarmerie ou de justice.
Concernant votre proposition de loi, la réponse est oui. Nous adopterons le principe et nous inscrirons des dispositions dans le projet de loi relatif à la protection de l’enfance avec Mme Rist. En ce qui concerne l’interconnexion, je vous propose, madame la présidente de l’Assemblée nationale, de saisir ensemble la Cnil pour lui demander de débloquer très rapidement ces interconnexions de fichiers, qui en effet nous manquent. Celles-ci sont autorisées dans certains pays européens ; elles n’ont pas aujourd’hui pour finalité législative de suivre les pédocriminels. Je suis personnellement très favorable à votre proposition.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Canicule / Intervention à l’Assemblée] Nous avons en France 60 000 implantations scolaires qui dépendent respectivement des communes, des départements et des régions, c’est-à-dire des collectivités territoriales. En tant que ministre de l’éducation nationale, je ne sais pas encore rénover un bâti dont je ne suis pas le propriétaire ! La seule solution est de soutenir les collectivités, dont c’est la responsabilité première. À l’heure où nous parlons, 6 200 projets de rénovation des bâtiments scolaires sont soutenus soit par le fonds Vert, soit par le programme EduRénov’, ce qui représente 24 millions de mètres carrés couverts au total. De toute évidence, ces bâtiments ne se rénovent pas en deux coups de cuiller à pot, comme nous pourrions tous légitimement le souhaiter. C’est ce qui explique que 1 800 écoles environ ont été obligées de fermer, dont 5 en Dordogne, et que 8 000 autres aient adapté leurs horaires, dont 194 en Dordogne. Nous faisons face localement en nous adaptant aux réalités du terrain et en attendant que le plan que nous avons lancé se poursuive.

> [Canicule / Intervention à l’Assemblée] Nous subissons tous la vague de chaleur actuelle. Je tiens à rendre hommage aux 1 200 000 agents de l’éducation nationale dont j’ai la responsabilité, au même titre que les 12 millions d’élèves scolarisés dans notre pays.
Vous avez raison, nous sommes confrontés à un phénomène récurrent qui nous impose de nous adapter sur le long terme.
Un premier élément de réponse concerne le bâti. Vous l’avez dit. Différents leviers permettent d’agir, notamment le fonds Vert ou le programme ÉduRénov. M. le ministre de l’économie Roland Lescure souhaite étendre la dimension d’ÉduRénov pour faciliter les prêts. Ces leviers agissent soit sur le bâti lui-même, soit sur la végétalisation des espaces environnants pour maintenir des îlots de fraîcheur dans les cours ou à proximité immédiate des bâtiments.
Le ministère de l’éducation nationale dispose d’une cellule du bâti scolaire, qui apporte un appui aux collectivités locales –⁠ elle ne peut leur proposer qu’un appui, puisque l’État n’est pas propriétaire des lieux. Cette cellule a identifié 2 300 implantations scolaires jugées prioritaires car particulièrement vulnérables.
Notons que le bâti scolaire a été conçu à une époque où le problème était inverse : l’école Jules Ferry classique, c’est une école dont les classes sont orientées plein sud, parce qu’il fallait réchauffer les enfants en hiver. Nous avons donc une transformation très profonde à opérer dans le bâti.
Le second volet d’action concerne l’organisation. Je l’ai déjà dit, notamment s’agissant des examens : nous ne pouvons plus nous permettre d’organiser des épreuves l’après-midi pour les années à venir. Nous allons donc reconfigurer l’organisation des examens de sorte que toutes les épreuves, écrites comme orales, aient lieu le matin. Je lancerai ce travail avec les différents acteurs de l’éducation nationale au début du mois de juillet, afin que chacun ait une visibilité claire dès la rentrée prochaine sur les examens ainsi remaniés.

> [Marc Bloch au Panthéon] Dilexit veritatem : il chérissait la vérité. Et à travers elle, la France, dont il avait fait siens l'héritage et l'histoire, dont il a défendu les principes et les promesses, dont il respirait l'air jusqu'à ce que les nazis lui ôtent la vie.
Marc Bloch est entré hier soir au Panthéon pour son œuvre, son engagement en faveur de l'enseignement et son courage. Professeur de lycée, maître de conférences, historien majeur et résistant, Marc Bloch n’a cessé, tout au long de sa vie, de servir la France. Admis au Panthéon aux côtés de son épouse, Simonne Bloch, il devient le premier historien à y faire son entrée.
« Que doit-on faire quand son pays renonce à ce qu'il est ? » Lui rester fidèle, témoigner, résister. Vive Marc Bloch, vive la République, vive la France.

> La coopération franco-allemande 🇨🇵🇩🇪 en matière éducative avance !
Heureux d'avoir pu échanger aujourd’hui avec mon homologue allemande, Karin Prien, ministre fédérale allemande de l'Éducation.
Cette rencontre a été l'occasion d'aborder des sujets communs à nos deux pays, notamment la gestion de la baisse démographique dans nos systèmes éducatifs et les défis posés par l'intelligence artificielle. Des échanges riches, qui permettent de renforcer notre coopération éducative et viendront nourrir des initiatives communes au niveau européen.

> Aujourd’hui, Katia Béguin a pris ses fonctions en tant que présidente du Conseil supérieur des programmes (CSP).
Le CSP occupe un rôle fondamental au sein de notre système éducatif. Instance indépendante et exigeante, le conseil émet des avis et des propositions sur la conception des enseignements, le contenu du socle commun de connaissances, les épreuves des examens conduisant aux diplômes, ainsi que la nature et le contenu des épreuves des concours de recrutement des enseignants. Ses travaux sont rendus publics, dans un souci constant de transparence.
Cette indépendance est garantie par la diversité de ses membres : universitaires, chercheurs, spécialistes de l'éducation et représentants élus de la Nation et de la société civile y siègent ensemble, au service de l'intérêt général.
Je remercie Katia Béguin pour son engagement et lui adresse tous mes vœux dans l'exercice de cette mission essentielle pour l'avenir de notre École.

Françoise Gatel (ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation)
> [
Projet de loi portant simplification des normes applicables aux collectivités territoriales / Intervention au Sénat] Certains textes créent des droits nouveaux, d'autres ouvrent la voie à de nouvelles politiques publiques. D'autres encore, comme ce projet de loi, ont une ambition plus discrète en apparence, mais des effets non moins importants, parce qu'ils rendent à l'action publique les conditions mêmes de sa capacité à obtenir des résultats : la facilité, la lisibilité, la liberté d'agir.
La simplification n'est ni une politique annexe, ni un exercice de communication, ni une entreprise de dérégulation. Elle procède d'une conception exigeante de l'action publique : celle d'un État qui refuse que la complexité des procédures fasse obstacle à l'accomplissement des missions des pouvoirs publics -  en l'occurrence, nos collectivités.
À cette tribune, je ne puis m'empêcher de penser à Portalis, qui veille sur votre hémicycle. Dans le Discours préliminaire du premier projet de code civil, il souligne que les lois sont faites pour les hommes, non les hommes pour les lois. De fait, la loi ne saurait devenir une fin en soi ; elle ne vaut que par le service qu'elle rend à la société. Simplifier le droit, ce n'est donc pas l'affaiblir, mais le ramener à sa vocation première.
Les collectivités locales ne demandent pas moins de droit, mais un droit meilleur. Elles ne contestent ni la nécessité de la règle ni les exigences attachées à son respect. Les élus locaux savent mieux que quiconque que la norme protège les libertés, garantit l'égalité entre citoyens et les protège eux-mêmes en leur permettant d'agir de manière sécurisée. Ils ne réclament nullement d'être exonérés de leurs obligations.
Ce que, en revanche, ils expriment et que vous exprimez aussi, c'est une difficulté croissante à exercer leurs responsabilités. Ils ne dénoncent pas l'existence de règles, mais alertent sur leur accumulation désordonnée. Ils ne contestent pas le contrôle, mais s'interrogent sur la multiplication de procédures qui semblent avoir perdu de vue leur finalité.
Cette situation n'est pas le fruit d'une volonté de compliquer l'action publique. Elle résulte d'intentions souvent légitimes, car chaque réforme vise à répondre à une difficulté ; chaque obligation naît de la volonté de mieux protéger les personnes ou mieux garantir les droits. Mais les meilleures intentions ne dispensent pas d'évaluer les effets produits.
Or la production normative n'est pas sans conséquence - qui le sait mieux que le Sénat ? Elle se traduit par des délais qui s'allongent, des coûts supplémentaires, des procédures qui se superposent, des dossiers dont le volume croît et la nécessité de voter des lois d'exception, comme pour les jeux Olympiques et la reconstruction de Notre-Dame de Paris.
En vingt ans, le code général des collectivités territoriales a presque triplé de volume ! Et, depuis 2009, plus de 4 400 normes applicables aux collectivités territoriales sont entrées en vigueur... Éloquents, ces chiffres ne visent pas à instruire le procès de la norme, mais à nous engager à la lucidité collective sur notre manière de légiférer et de réglementer.
La simplification n'est pas le contraire de la règle, mais de son excès : il ne s'agit pas de choisir entre protection et efficacité, mais de faire en sorte que l'une ne compromette jamais l'autre. Elle est souvent invoquée, mais plus rarement menée à terme. Nous nous souvenons tous de grandes déclarations d'intentions restées sans lendemain, et pour cause : la baignoire se vide, mais le robinet continue à couler.
La simplification doit devenir une discipline exigeante de l'action publique. C'est la raison pour laquelle le Premier ministre, ayant entendu les élus locaux et le Sénat, a lancé dès septembre dernier un chantier inédit fondé sur l'idée qu'on ne simplifie pas efficacement depuis les bureaux d'une administration centrale, mais avec ceux qui appliquent la règle et en mesurent les effets comme les limites.
Nous avons donc choisi de partir du terrain. Nous avons sollicité les associations d'élus, car nul ne connaît mieux que les élus et leurs services les obstacles auxquels ils se heurtent. Nous avons aussi demandé aux préfets de nous faire connaître les difficultés concrètes rencontrées. Nous nous sommes appuyés sur les travaux du Roquelaure de la simplification engagés par mon prédécesseur François Rebsamen et les analyses de Boris Ravignon sur le coût du millefeuille administratif, sans oublier les travaux du Sénat.
Cette méthode marque une évolution profonde. Pendant longtemps, l'État a pensé la simplification à partir des textes. Nous avons fait le choix de la penser à partir des usages. Ce texte est donc moins celui de l'administration que celui des territoires ; c'est sans doute ce qui lui confère sa légitimité.
Cette méthode modeste mais déterminée donne déjà des résultats. De fait, nous n'avons pas attendu pour engager le mouvement : chaque fois qu'une simplification pouvait être réalisée par voie réglementaire, nous avons considéré qu'il n'y avait aucune raison de la différer. Nous avons ainsi transformé près de 600 propositions de terrain en mesures concrètes. Un exemple évocateur en ces jours de canicule : l'obligation annuelle de vidange des piscines, qui coûtait 30 millions d'euros par an.
En février dernier, nous avons fait paraître un méga-décret comportant 36 mesures de simplification applicables sans délai. Je pense en particulier à la suppression de déclarations préalables, comme pour l'installation d'une pompe à chaleur. Ce mouvement est appelé à se poursuivre, et vous y aurez votre part. Un deuxième méga-décret sera publié le mois prochain, puis un troisième à l'automne.
Au total, plus de 120 mesures de simplification auront été prises au premier semestre de cette année. Mais, au-delà du chiffre, ce qui importe surtout, ce sont les effets sur le quotidien des collectivités. L'exemple le plus frappant est celui des maisons France Services, qui doivent refaire chaque année un dossier pour continuer d'être soutenues. La suppression de ces 3 000 dossiers libérera du temps pour les agents et les élus. Bref, il s'agit de regagner de l'énergie, du temps et de l'argent.
Les 42 mesures de ce texte relèvent de domaines variés : renforcement du Conseil national d'évaluation des normes (CNEN), fonctionnement des collectivités, gestion RH, gestion budgétaire - avec notamment le compte financier unique (CFU), une belle innovation que j'ai expérimentée dans ma commune - commande publique, urbanisme. Le tout peut donner l'impression d'un certain foisonnement. À cet égard, je reprendrai à mon encontre l'expression que j'avais employée sur un projet de loi défendu par un gouvernement socialiste : il s'agit d'un cabinet de curiosités. Ils sont diaboliques !
Au vrai, ce texte va là où il faut pour être utile, avec des mesures approuvées par les associations d'élus. Sa cohérence est de permettre aux collectivités de consacrer davantage de temps aux missions qu'aux procédures.
Il s'agit aussi d'être utile à nos concitoyens. Est-il normal qu'ils passent autant de temps à demander une reconnaissance de qualité de travailleur handicapé ?
Prises isolément, toutes ces mesures peuvent sembler modestes, mais nous ne sommes pas touchés par un excès d'orgueil. Chacun ici sait que ce sont les petites obligations répétées qui absorbent le plus d'énergie. Le diable est dans les détails - et le diable nous coûte cher.
Notre objectif est aussi de faciliter les projets des territoires. Les élus locaux sont des bâtisseurs : le droit doit accompagner leurs initiatives sans les ralentir. Je pense à la réduction du délai en ce qui concerne les biens sans maître. La facilitation sera aussi au cœur du projet de loi État local: nous voulons que le préfet soit l'ensemblier des services et agences de l'État.
Nos propositions ne procèdent d'aucune idéologie. Elles traduisent une conviction simple, mais exigeante et que le Sénat réaffirme régulièrement : l'État efficace n'est pas celui qui produit plus de règles, mais celui qui sait discerner les règles nécessaires.
Plus globalement, nous devons changer de regard sur notre manière de produire la norme. La simplification doit être une exigence permanente et une culture partagée, pour que la loi soit claire, utile et pleinement effective. À travers des mesures d'apparence simple, notre ambition est profonde : garantir l'efficacité de l'action publique du premier au dernier kilomètre. Le temps que nous rendrons aux élus en allégeant les procédures sera rendu au service public et finalement à nos concitoyens.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Il n’y a pas de tensions majeures sur le réseau électrique. Merci aux équipes d’Enedis mobilisées pour intervenir quand c’est nécessaire. Notre réseau est robuste et nous restons exportateurs net, mais là aussi il faut investir pour entretenir et adapter le système électrique.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> [Marc Bloch au Panthéon] J’ai assisté avec émotion aujourd’hui à la panthéonisation de Marc et Simonne Bloch. Marc Bloch incarne une certaine idée de la France : celle de l’exigence de vérité, du refus du mensonge et de la facilité, du courage intellectuel autant que physique. De la liberté. Fou de la République, fou de la France, son destin rappelle combien l’histoire de notre nation est indissociable de celle de ces générations de Français juifs qui l’ont servie, défendue et parfois sauvée au prix de leur vie. Avec Marc Bloch, refusons toujours l’esprit de défaite, la soumission et les passions tristes.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> L’annonce par le Premier ministre d’un calendrier d’examen de la loi intégrale est une immense satisfaction. C’est une grande victoire collective pour les parlementaires, les associations et l’ensemble des acteurs engagés sur ce sujet. Pour mieux protéger les femmes et les enfants, nous ne lâcherons rien.

> Historien. Républicain. Résistant. Supplicié. Entre ici Marc Bloch, alias « Narbonne ». Tu as « aimé la vérité ». Tu as aimé ta Patrie. Tu es mort pour elle, en criant « Vive la France ». Pour nous prémunir des « étranges défaites », puissions-nous méditer cette maxime : « l’incompréhension du présent naît fatalement de l’ignorance du passé ».

> L'Assemblée nationale a adopté le projet de loi constitutionnelle qui inscrit un statut d’autonomie de la Corse au sein de la République. Il est le fruit d'un compromis historique et d'un processus fondé sur le dialogue et la confiance. Je salue le sens des responsabilités des députés et l'important travail qui a été accompli pour parvenir à ce vote, résultat d'une première étape parlementaire réussie.

> Je me suis battue pour un texte sur la fin de vie fidèle à son principe fondateur : l’auto-administration. Je continuerai à défendre cette ligne, avec une seule exception : l’intervention d’un tiers lorsque la personne n’est pas en capacité d’accomplir elle-même ce geste. Les députés se prononceront sur ce texte le 15 juillet.

> L’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs est une fausse bonne idée : dans toutes les affaires que nous connaissons, elle n’aurait strictement rien changé. Il ne faut pas laisser croire aux victimes qu’un procès équitable pourrait être garanti 40 ou 50 ans après les faits.

> Je demande l’inscription de la loi intégrale à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Ce texte propose des mesures concrètes : il faut maintenant un engagement politique à la hauteur.

> L'amitié franco-allemande se façonne patiemment, à chaque session et à chaque échange.
Aujourd'hui à Paris, avec Julia Klöckner, nous avons présidé la session plénière de l'Assemblée parlementaire franco-allemande. 100 parlementaires des deux pays réunis pour débattre, proposer et décider ensemble.
Cette journée de travail et d’amitié a une nouvelle fois démontré la solidité de la coopération entre nos deux nations. Ensemble, nous avons examiné des textes qui touchent des sujets concrets du quotidien de nos citoyens : le numérique, l’énergie, l’écologie, la protection des mineurs face aux réseaux sociaux ou encore la sécurité de nos frontières.
Nous avons aussi échangé avec des jeunes engagés à la Maison Heinrich-Heine, soutenus par le Fonds citoyen franco-allemand et l'OFAJ. C'est là que se joue l'avenir de notre relation.
C'est au Mémorial de la Shoah que nous avons conclu cette journée. Un moment de recueillement nécessaire, pour ne jamais oublier ce qui fonde notre engagement commun : la vigilance, la mémoire, et la responsabilité que nous portons ensemble face à l'antisémitisme.

> L’amitié entre la France et l’Allemagne puise aussi sa force dans une mémoire douloureuse : celle de la Shoah, de l’abîme dans lequel l’Europe a sombré, mais aussi de la volonté de construire ensemble un avenir de paix. Face aux noms des victimes et des Justes, nous mesurons la responsabilité qui est la nôtre : transmettre.

> Face aux crises qui se multiplient, une conviction s’impose : l’Europe doit être capable d’assurer sa sécurité et de défendre ses intérêts. Avec l’Allemagne, nous portons cette ambition d’une Europe plus forte, attachée au droit international, au soutien à l’Ukraine et à la construction d’une véritable Europe de la défense.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Historien parmi les plus grands, résistant jusqu’au sacrifice ultime, Marc Bloch entre aujourd’hui au Panthéon. Toute sa vie, il aura cherché à comprendre son époque autant qu'à servir son pays. Marc Bloch nous lègue une exigence de vérité et un refus des aveuglements. Dans L’Étrange Défaite, il montre comment les renoncements et les compromissions peuvent conduire les nations au pire. Faire vivre son héritage aujourd’hui, c’est ne jamais détourner le regard des menaces qui pèsent sur notre démocratie, c’est savoir regarder nos propres faiblesses et avoir le courage de les affronter. À nous d’être dignes de ce qu’il nous a légué. À nous de le préserver, de le faire vivre et de le transmettre. Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Les mêmes qui accusent les responsables politiques ou le gouvernement de ne pas agir sont ceux qui ont voulu baisser le fonds vert (...) et expliquent qu'il faut réintroduire l'exploitation fossile en France la semaine qui précède la canicule.

> Si l’on regarde ce qui a été fait ces dernières années, le budget de l’écologie a doublé, la baisse des émissions de gaz à effet de serre a été multipliée par quatre par rapport au quinquennat Hollande et la qualité de l’air s’est nettement améliorée, avec près de 30 % de pollution en moins dans les grandes villes. Nous avons également adopté un Plan national d’adaptation au changement climatique qui permet de préparer la France à un réchauffement de +4°C à l’horizon 2050 et qui est aujourd’hui regardé à l’international comme un modèle.

> Alors même que le bloc central n’est pas partie prenante de certains choix du Gouvernement, et s’y oppose parfois, la perception reste qu’il s’agit du Gouvernement du bloc central. Les Républicains ont fait un véritable tour de force : ils occupent une place massive au sein du Gouvernement tout en donnant le sentiment de ne pas en faire partie. À écouter Bruno Retailleau, on pourrait croire qu’il n’a jamais été ministre et qu’il n’a jamais participé à la moindre décision gouvernementale...

> Lorsque l’extrême droite et la droite ne prennent pas en main le sujet du dérèglement climatique, elles sont à côté de la plaque. Parce que quand on regarde les crises migratoires mondiales, beaucoup ont une origine climatique. Le dérèglement climatique est précisément au cœur de la question de la souveraineté et de la question migratoire.

> Le combat climatique est devenu un combat économique. La Chine l’a bien compris. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle accélère sur la baisse de ses émissions de gaz à effet de serre. Ce n’est pas par philanthropie. Comme la France, la Chine est dépendante du gaz et du pétrole. La carte à jouer est de développer des énergies alternatives et de penser les emplois et l’industrie de demain sans ces énergies fossiles. L’Europe doit continuer.

> Avec Gabriel Attal, notre stratégie est claire : nous voulons une énergie bas carbone pilotable et compétitive ; chaque mot compte ! La neutralité technologique est notre boussole : nous développerons les projets de renouvelables et de nucléaire les plus compétitifs pour notre système énergétique. C'est le message que j'ai porté aujourd'hui au colloque de l'UFE sur le thème : « Quelles politiques énergétiques pour la France ? ». Notre priorité doit être de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles importées, qui nous exposent aux tensions géopolitiques et à la volatilité des prix. La France dispose pour cela d'atouts considérables : des entreprises leaders de l'énergie et un surplus d’électricité très attractif pour de nouveaux investissements. À nous d’attirer les projets d’intelligence artificielle ou industriels qui sont les plus créateurs de valeur et d’emplois dans notre pays !

 

Elisabeth Borne (députée)
> L’entrée de Marc Bloch au Panthéon honore une figure exemplaire du courage et de la Résistance face à la barbarie. Par son engagement, son œuvre et son héritage, il continuera d’éclairer notre temps et d’inspirer les générations futures. Sa mémoire nous rappelle l’impérieuse nécessité de défendre sans relâche les valeurs de la République, tout en transmettant le savoir avec exigence, rigueur et dévouement. En rejoignant le Panthéon aux côtés de son épouse Simonne, c’est à ces deux grandes âmes que la Patrie exprime sa reconnaissance.

> À Toulouse, au cœur du bassin aéronautique et spatial, j’ai rencontré celles et ceux qui font la force industrielle de notre pays : salariés, apprentis, étudiants, entrepreneurs et innovateurs. Une même ambition : produire, former, innover et décarboner. L’industrie française crée des emplois, prépare les compétences de demain et renforce notre souveraineté. Continuons à investir dans l’innovation et les talents qui feront la France de demain.

 

Marc Ferracci (député)
> Aujourd'hui, la République fait entrer au Panthéon l'un de ses esprits les plus lucides. Ce 23 juin 2026, Marc Bloch y reposera désormais, aux côtés de son épouse Simonne. Historien, cofondateur de l'école des Annales, officier des deux guerres mondiales, résistant arrêté, torturé et assassiné par la Gestapo en juin 1944. Simonne Vidal, partie à sa recherche, est morte quelques semaines après lui. Ils seront désormais réunis sous la coupole de notre Panthéon. « Pour son œuvre, pour son enseignement et pour son courage » : les mots du Président de la République en annonçant cette entrée disent l'essentiel. Marc Bloch nous a légué une phrase que je n'oublie pas : « L'ignorance du passé ne se borne pas à nuire à la connaissance du présent, elle compromet, dans le présent, l'action. » Dans L'Étrange Défaite, écrite en 1940, il refusait le fatalisme et nommait sans détour les renoncements qui avaient affaibli notre pays. Cette exigence de lucidité reste la nôtre. Une nation qui comprend son histoire se donne les moyens d'agir sur son avenir. Honorer Marc Bloch, ce n'est pas seulement saluer un défunt. C'est continuer d'honorer le cap qu'il a tracé : la lucidité au service de l'action, et le courage au service de la France.

 

Jean-René Cazeneuve (député)
> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Monsieur le garde des sceaux, depuis la découverte, le 4 juin, du corps de la jeune Lyhanna, sa famille, les Gersois et toute une nation bouleversée attendent des réponses. Le prérapport conjoint des inspections générales de la justice, de la gendarmerie nationale et de l’éducation, du sport et de la recherche en apporte, en établissant une chronologie précise des faits. Je salue l’exercice de transparence auquel s’est livré le gouvernement et la diligence et l’efficacité avec laquelle les inspections ont fait leur travail. Malheureusement, ce document est tristement accablant. Il établit des dysfonctionnements, des erreurs d’appréciation, des modalités de transmission de dossier d’un autre temps et des manquements aux lourdes conséquences.
Il contient aussi des propositions pertinentes. Quelles suites leur donnerez-vous ? Il n’est pas question ici de stigmatiser ou de jeter l’opprobre sur l’autorité judiciaire ou la gendarmerie : les femmes et les hommes qui les servent, pleinement engagés pour nos concitoyens, font face à un nombre grandissant de plaintes. Au-delà du terrible drame dont Lyhanna a été la victime, la pédocriminalité requiert une réponse globale, nécessairement complexe. Nous n’avons pas besoin des mesures réductrices que certains prônent –
 le seul durcissement des peines ou le seul renforcement des moyens – car on a déjà fait beaucoup. Il nous faut au contraire adopter une approche à 360 degrés, qui devrait tous nous réunir, au-delà des clivages politiques, dans l’élan qui anime une nation solidaire. Nous devons actionner tous les leviers : formation, prévention, écoute de la parole des enfants, accompagnement des victimes, digitalisation et sécurisation des procédures, suivi et contrôle des priorités, pour n’en mentionner que quelques-uns.
Pour qu’il n’y ait plus jamais d’autres Lyhanna, pour rassurer les Français et protéger nos enfants, quelles mesures structurelles comptez-vous prendre ?

 

Nicole Dubré-Chirat (députée)
> [Aide à mourir / Intervention à l’Assemblée] L’Assemblée nationale examine en nouvelle lecture la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. Je veux saluer, après le vote définitif de l’Assemblée nationale et du Sénat, la promulgation, le 26 mai, de la loi visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs. Ce texte était particulièrement attendu par les professionnels du secteur et par les malades, puisque son objectif est d’améliorer leur accompagnement et celui de leurs familles. Il est associé à une stratégie décennale dotée de plus de 1 milliard d’euros sur les dix années à venir.
Comme je le rappelle depuis le début du parcours législatif, ce texte ne s’oppose en rien à la proposition de loi sur la fin de vie, dont nous allons à nouveau débattre. Leur complémentarité est essentielle, dans le respect absolu de la volonté de la personne de recourir aux soins palliatifs ou à l’aide à mourir. L’esprit de cette proposition de loi est d’offrir un cadre législatif renforcé, visant à permettre de soulager les souffrances de la personne.
S’agissant de la proposition de loi relative à l’aide à mourir, notre assemblée s’est exprimée clairement, en première et en seconde lectures, par les deux votes intervenus respectivement le 27 mai 2025 et le 25 février 2026.
Alors que le nouvel examen du texte au Sénat aurait pu permettre de compléter nos travaux, force est de constater que celui-ci s’est révélé totalement infructueux. Quant à l’échec de la commission mixte paritaire, il était prévisible. Depuis le démarrage des travaux parlementaires, le Sénat semble refuser le débat sur la fin de vie, tandis que nous essayons ici de discuter et de construire un texte dans le respect des sensibilités de chacun.
L’aide à mourir est avant tout un nouveau droit et une liberté. Le texte n’enlève rien à personne, il offre une possibilité et une réponse à la demande du patient, son éventuelle mise en œuvre est conditionnée par un choix qui appartiendra au patient et que nous n’avons pas à juger. L’aide à mourir repose sur une définition claire, assortie d’un cadre juridique précis, de conditions rigoureuses et cumulatives –
 prévues à l’article 4 – ainsi que d’une procédure très encadrée – prévue aux articles 5 à 13 – qui constitue le cœur du texte.
Ces critères sont semblables à ceux qui sont en vigueur dans d’autres pays qui pratiquent l’aide à mourir. Les facteurs d’éligibilité sont précis et listés : ils entraînent, de fait, la non-éligibilité des personnes atteintes d’une maladie psychiatrique, des personnes âgées, des personnes atteintes d’une maladie chronique traitable, des personnes en situation de handicap et des mineurs –
 malgré les présages de certains.
Le texte a été notablement modifié par la commission des affaires sociales. Tout d’abord, la faculté de choisir entre autoadministration et administration de la substance létale par un professionnel de santé a été rétablie à l’article 6. Néanmoins, elle n’est pas prévue aux articles 2 et 9. Afin d’assurer la cohérence de l’ensemble du dispositif et d’éviter toute contradiction dans le texte, je défendrai deux amendements de coordination.
À l’article 6, la possibilité est désormais offerte au collège pluriprofessionnel de recueillir, à la demande de la personne, l’avis de l’un de ses proches, à défaut de proche aidant ou de personne de confiance désignée. Je défendrai un amendement visant à supprimer cet ajout, car la notion de « proches » est particulièrement vague et non sécurisée juridiquement.
À l’article 7, les lieux d’administration de la substance létale –
 le domicile ou l’établissement de santé – ont été précisés grâce à l’adoption d’un amendement que j’avais déposé, afin d’encadrer strictement ce moment délicat de la procédure. Je proposerai néanmoins d’ajouter à cette liste les établissements et services sociaux et médico-sociaux, comme les Ehpad, car ces établissements sont, pour nombre de résidents, leur lieu de vie.
Les délits d’entrave et d’incitation à l’aide à mourir ont été supprimés. Il était essentiel de dépénaliser l’exercice d’un droit dans un moment particulièrement intime et difficile.
J’insiste sur un point très important : le respect des convictions des soignants est absolu ; ils peuvent décider de participer ou non à la procédure. Le texte leur accorde une protection en instituant une clause de conscience.
Après autant d’attente, l’Assemblée nationale doit se prononcer pour la troisième fois. Il est de notre devoir de répondre à la demande exprimée par les malades et les associations qui les représentent. Nos débats ont toujours été respectueux. Il nous est maintenant demandé d’adopter un texte équilibré, soutenu par une majorité indiscutable.
À celles et ceux qui indiquent qu’il ne s’agit pas d’une priorité pour les Français, je rappelle que de nombreux travaux sont engagés depuis des années. Désormais, il est temps que ces travaux trouvent une traduction législative concrète. Le ministre délégué chargé des relations avec le Parlement, Laurent Panifous, que je remercie pour son engagement, a proposé que le vote solennel ait lieu le 15 juillet prochain. Nous serons alors appelés à faire un choix définitif.
Ce texte est conforme aux valeurs de la République : liberté de choix, égalité d’accès aux soins, fraternité par l’accompagnement en fin de vie. Notre droit doit permettre à chacune et à chacun une fin de vie libre et choisie, dans les conditions les plus dignes, lorsque la maladie ou la douleur n’est plus supportable et qu’aucun traitement n’est efficace.
Cette proposition de loi est avant tout un texte de respect et de dignité pour les malades ; c’est aussi un texte de respect des professionnels. Je vous demande d’en tenir compte aujourd’hui. Si j’appelle, à titre personnel, à faire évoluer favorablement notre cadre législatif, le groupe Ensemble pour la République laissera ses membres libres de leur vote, comme lors des précédentes lectures.

 

Pauline Cestrières (députée)
> [Canicule / Intervention à l’Assemblée]  Monsieur le ministre de l’éducation nationale, je souhaite vous interroger sur un sujet qui concerne directement des millions de familles en ce moment même : les conséquences de la canicule pour les enfants qui fréquentent les établissements scolaires de notre pays.
Cette semaine, en concertation avec les collectivités territoriales, vous avez dû prendre des mesures d’urgence –
 fermeture temporaire d’établissements, aménagement d’horaires, adaptation des conditions d’examen – afin de protéger élèves et personnels. Ces décisions étaient nécessaires et nous les saluons. Elles révèlent cependant une réalité que nous ne pouvons plus esquiver : le réchauffement climatique provoque une intensification et une multiplication des vagues de chaleur, qui surviennent désormais dès le mois de mai.
L’adaptation du bâti scolaire est un enjeu primordial. Elle doit faire l’objet de politiques publiques structurantes, à l’image du fonds Vert qui accompagne financièrement les collectivités territoriales dans les travaux d’amélioration du confort thermique. Nous craignons cependant que l’ambition de ces financements ne réponde pas encore à l’ampleur des besoins.
Il ne s’agit pas seulement de gérer la crise ; nous devons également nous assurer collectivement et à long terme que l’environnement de travail de nos élèves et de ceux qui les encadrent soit vivable dans un contexte de changement climatique. Il en va de la continuité pédagogique et de l’équité territoriale.
Ma question est double. Quels enseignements tirez-vous de l’épisode caniculaire en cours pour améliorer le plan ministériel de gestion des vagues de chaleur ? Quelles initiatives envisagez-vous de prendre, en lien avec les collectivités territoriales, pour accélérer le recensement des établissements les plus vulnérables et amplifier le financement de leur adaptation ?

 

● MoDem 
François Bayrou (président)

> Il est encore temps de sauver la maison France ! À condition qu'on accepte d'ouvrir les yeux ensemble et d'agir pour que les choses n'en restent pas là.

 

Perrine Goulet (députée)
> Élue présidente de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi relatif à la protection des enfants. Une responsabilité importante alors que ce texte, nourri par les travaux de la Délégation aux Droits des enfants et ma proposition de loi relative à l’intérêt de l’enfant, entre au Parlement.

 

Bruno Fuchs (député)
> [G7 / Intervention à l’Assemblée] Le G7 qui vient de s’achever à Évian a été un moment fort du dialogue entre grandes puissances démocratiques et la France y a réaffirmé avec force son engagement pour une paix durable et un multilatéralisme renforcé. Plus de cent ans après le traité de Versailles de 1919, qui avait l’ambition de construire un ordre international fondé sur le dialogue, le président Trump a ratifié un accord de cessez-le-feu bilatéral entre l’Iran et les États-Unis.
Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, pensez-vous que cet accord est de nature à créer les conditions d’une paix durable alors qu’il ne règle pas des questions essentielles comme le nucléaire iranien, la circulation dans le détroit d’Ormuz et surtout les causes profondes des tensions régionales, notamment la question du Liban et celle, centrale, du désarmement du Hezbollah ? S’agissant du Liban, au bord de l’effondrement, comment la France jouera-t-elle son rôle historique de médiatrice ? En tout état de cause, cet accord risque d’entériner une situation internationale plus dégradée qu’avant le début de la guerre. Pouvez-vous nous dire comment la France et l’Europe entendent peser dans les négociations afin d’obtenir un accord de paix équilibré et durable ?
Le président de la République l’a rappelé : le multilatéralisme n’est pas un choix, c’est une nécessité. Pensez-vous que le président Macron a fait comprendre au président Trump l’impasse dans laquelle nous mènent les politiques nationalistes, fondées sur une vision unilatérale et les rapports de force entre États ? Comment la France, forte de son expérience diplomatique, envisage-t-elle de convaincre les États-Unis de s’engager à nouveau dans un cadre commun ? Enfin, dans ce contexte incertain, quels leviers la France et l’Union européenne vont-elles actionner pour préserver nos intérêts stratégiques dans les domaines de l’énergie, de l’économie, du pouvoir d’achat et de la souveraineté industrielle ?

 

Philippe Vigier (député)
> [Aide à mourir / Intervention à l’Assemblée] « Il y a parfois pire que la mort. Dire cela, c’est regarder avec lucidité la vie dans ce qu’elle a de plus beau, mais aussi dans ce qu’elle a de plus cruel. Il y a parfois pire que la mort quand la vie n’est devenue qu’une inexorable angoisse, quand elle n’est plus qu’un océan de souffrances que rien ne peut plus apaiser. Il y a parfois pire que la mort quand la vie n’est devenue qu’une survie hurlante, sans le moindre espoir de guérison, et dont la seule espérance est celle de l’ultime délivrance. »
Ces mots ont été prononcés à cette même tribune par Olivier Falorni, notre ami et ancien collègue, qui a tant donné pour écouter les patients et faire en sorte que nous puissions légiférer ensemble. Si je les prononce à mon tour, c’est parce que je les partage pleinement Ce sont des mots vrais, des mots forts, des mots justes, qui nous interpellent. Ils retracent, avec humilité, clairvoyance et courage, le vécu de certains malades, qui attendent que nous soyons collectivement au rendez-vous.
Il faut que les malades soient au cœur de nos débats. Il s’agit de leur proposer ce droit en plus, qui n’est pas un droit en moins. Ce nouveau droit est une réponse à des situations très particulières –
 exceptionnelles –, que nous devons aborder avec humilité et gravité, Mme la ministre l’a rappelé. À mes yeux, il n’y a dans ce débat aucune place pour la démagogie, pour les contrevérités, pour l’à-peu-près. Nous tous, législateurs, y sommes attachés, car c’est une question sociétale majeure.
On entend dire que le débat sur la fin de vie aurait été expédié en quelques jours. Il n’en est rien. Il y a plus de cinquante ans, le sénateur Henri Caillavet évoquait déjà le droit des malades. Puis ont été adoptées la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, dite Kouchner, et la loi du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, dite Claeys-Leonetti, auxquelles beaucoup étaient opposés à l’époque –
 surtout au Sénat. J’ai relu les débats de l’époque et ils éclairent utilement notre réflexion.
Le débat actuel est donc le fruit d’un cheminement de plus de cinquante ans. Rappelons la proposition de loi d’Olivier Falorni, examinée lors d’une niche parlementaire : 2 500 amendements avaient été déposés et la séance du soir avait été levée après l’adoption de l’article 1er. Rappelons aussi le projet de loi défendu par votre prédécesseure, Catherine Vautrin. Aujourd’hui, nous en sommes à la troisième lecture du présent texte.
Le débat n’a donc jamais été tronqué : il y a eu plus de cent heures de débats et des centaines d’heures d’auditions. Ce débat honore le Parlement. Il s’inscrit aussi dans la continuité des travaux de la Convention citoyenne, qui a appelé à la mise en place d’une aide à mourir –
 j’invite chacun à relire ses conclusions.
On entend dire également que la procédure serait aujourd’hui moins bien encadrée qu’au début. Pourtant, plus de 270 amendements issus de tous les bancs ont été adoptés. Ils ont renforcé le dispositif et sécurisé chacune des étapes.
La preuve concrète, c’est que la décision revient au malade. C’est lui seul qui décidera d’exercer ce nouveau droit que nous voulons lui donner.
La collégialité a été renforcée : nous sommes passés de la simple consultation d’un médecin à une procédure collégiale réunissant trois médecins, ainsi que d’autres professionnels.
Les influences extérieures ont été neutralisées : certains voulaient que la personne de confiance soit présente lors de la décision, mais nous avons refusé.
Le respect de la clause de conscience de tous les praticiens, de tous les médecins, sera évidemment garanti.
Et, bien sûr, l’offre de soins palliatifs a été renforcée.
On a entendu parler d’à-peu-près. Non ! S’agissant des critères d’accès, la Haute Autorité de santé (HAS) a contribué à préciser les notions de « pronostic vital engagé », de « phase avancée » et de « processus irréversible » –
 ces termes ont un sens.
Le protocole de recueil des informations sur les procédures est sécurisé et exigeant. Il a fallu plus de dix ans pour que nous ayons une vision de la situation des soins palliatifs et de l’application de la loi Claeys-Leonetti. En l’espèce, nous devions y arriver en quelque mois.
Ce texte en appelle à nos consciences, à notre vision de la vie, au respect absolu –
 je dis bien absolu – que nous devons aux malades. À mes yeux, c’est un texte équilibré. Nous avons écarté le recours aux directives anticipées ; nous avons veillé à déjudiciariser le dispositif, en supprimant le délit d’entrave et le délit d’incitation ; nous avons été respectueux des professionnels de santé – j’y tiens, j’en suis un.
Je soutiendrai ce texte de toutes mes forces, parce que ceux qui nous écoutent ou nous regardent, ceux qui sont dans leur lit et n’ont d’autre issue que de devoir, un jour ou l’autre, décider de leur avenir, attendent que nous soyons à la hauteur de ce grand moment.
Je vous invite à mener dans cet hémicycle des débats apaisés, à l’image de ceux que nous avons vécus en commission. Pensons avant tout aux malades.

 

Brigitte Liso (députée)
> [Aide à mourir / Intervention à l’Assemblée] Il n’est plus l’heure de présenter ce nouveau droit à l’aide à mourir. Ce n’est même plus l’heure de rappeler les résultats des différents sondages ni les conclusions de la Convention citoyenne. Il est bien entendu que chacun ici est libre de ses opinions et de ses votes. Bien sûr, je le conçois, chacun peut être opposé à ce nouveau droit, tant attendu des Français. Ce que je ne conçois pas, en revanche, ce sont les mensonges – ou la désinformation, si vous préférez. Ainsi, il est temps de rétablir quelques vérités.
J’ai entendu que cette loi était bâclée, qu’elle avait été étudiée dans la précipitation, à la va-vite… Eh bien, regardons cela : en 2021, Olivier Falorni inscrit sa proposition de loi dans la niche de son groupe parlementaire ; en 2022 est constituée la Convention citoyenne sur la fin de vie, qui rend ses conclusions en 2023 ; en 2024, le projet de loi relatif à l’accompagnement des malades et à la fin de vie, défendu par Catherine Vautrin, est examiné par la commission spéciale présidée par Agnès Firmin Le Bodo, puis en partie par notre assemblée ; en 2025 et 2026, l’Assemblée examine, en première, puis en deuxième lecture, la proposition de loi d’Olivier Falorni, dont nous nous apprêtons ici à débattre pour la troisième fois.
Avec pas moins de six lectures en commission des affaires sociales, et autant au Sénat, peut-on vraiment parler de précipitation ?
J’ai entendu que plusieurs centaines de milliers de personnes –
 1 million même, a-t-il été dit en commission – seraient concernées. Or, en France, selon l’Insee, le nombre de décès est de 650 000 par an !
J’ai entendu d’un de nos collègues, médecin : « quand j’entre en blouse blanche dans la chambre d’un malade, je ne veux pas qu’il doute de la raison ou de la nature de ma venue ». Rassurez-vous, cher collègue, le doute n’est pas possible, car la demande ne peut émaner que du patient lui-même, et de lui seul –
 cela découle de l’article 4. J’ajoute que les médecins peuvent évidemment, en vertu de l’article 14, alinéa 5, faire jouer la clause de conscience.
J’ai entendu que ce texte était de moins en moins bien voté au fil des lectures à l’Assemblée nationale.
Là encore, regardons les chiffres : en 2025, 305 voix pour, soit 54,36 % ; en 2026, 299 voix pour, soit 53,2 %.
Soyons raisonnables ! S’agit-il vraiment d’un effondrement des votes favorables ?
J’ai entendu qu’il faudrait un référendum. Soit. Toutefois, ce ne sera pas possible : la proposition de loi sénatoriale visant à l’organisation d’un référendum d’initiative partagée (RIP) a été jugée inconstitutionnelle par le Conseil constitutionnel, le 17 juin dernier.
On peut donc être opposé à cette proposition de loi, mais les faits comme les chiffres sont têtus. Le doute est légitime, mais la désinformation et les mensonges ne le sont pas.
Votez ! Votons ce texte pour ne pas manquer ce rendez-vous avec les Français ! (

 

● Parti radical
> Le logement : une urgence nationale, une ambition républicaine
Le logement n’est pas un sujet secondaire. Il n’est ni une variable d’ajustement budgétaire ni une politique parmi d’autres. Il est l’une des conditions premières de la dignité humaine, de l’émancipation individuelle, de la cohésion sociale et de l’égalité républicaine. Il constitue également une brique essentielle d’une politique familiale et nataliste dont notre pays a aujourd’hui un besoin impérieux.

Or la France traverse depuis plusieurs décennies une crise profonde du logement qui s’est encore aggravée ces dernières années. Des millions de nos concitoyens peinent à se loger dignement. Les jeunes actifs renoncent à s’installer ou à fonder une famille faute d’accès à un logement adapté. Les classes moyennes s’éloignent toujours davantage des bassins d’emploi. Les travailleurs essentiels ne peuvent plus habiter près des territoires qu’ils font vivre. Les seniors peinent à trouver des solutions correspondant à leurs besoins. Quant à l’accession à la propriété, longtemps moteur de promotion sociale et de stabilité familiale, elle recule dangereusement.
Cette crise n’est pas seulement sociale. Elle est économique, territoriale et démocratique. Lorsqu’il devient impossible de se loger là où l’on travaille, lorsque les parcours résidentiels se bloquent, lorsque l’offre ne répond plus à la demande, c’est tout le pacte républicain qui s’affaiblit.
Les élus locaux, et en premier lieu les maires, sont en première ligne. Ils se heurtent à des contraintes administratives, financières et réglementaires qui ralentissent les projets et découragent les initiatives. Dans le même temps, certains quartiers continuent de porter les stigmates d’inégalités territoriales persistantes. Là où la République recule, les trafics prospèrent, les fractures s’aggravent et le sentiment d’abandon s’installe.
Face à cette réalité, nous, radicaux, refusons la résignation.
Notre tradition politique a toujours porté une conviction simple : la République doit garantir à chacun les moyens de vivre dignement, tout en faisant confiance aux territoires et à ceux qui les administrent. Le logement est au cœur de ce pacte républicain.
C’est pourquoi, nous participerons pleinement à la discussion et à l’enrichissement du projet de loi que le Gouvernement présentera en Conseil des ministres.
Ce texte devra être à la hauteur de l’urgence. La France a besoin d’un véritable choc de l’offre. Nous devons construire davantage, rénover plus vite, simplifier les procédures, libérer le foncier lorsque cela est pertinent, soutenir les maires bâtisseurs et redonner de la visibilité aux acteurs du logement.
Nous devons également mieux accompagner les parcours résidentiels. Le logement social doit rester un pilier de notre modèle de solidarité, mais il doit être mieux attribué et davantage articulé avec les politiques d’accession à la propriété. Car une société équilibrée est une société qui permet à chacun de progresser selon son parcours de vie.
Nous appelons également à une nouvelle étape de décentralisation des politiques de l’habitat. L’État doit demeurer stratège et garant de la solidarité nationale. Mais les réponses efficaces se construisent au plus près du terrain, avec les collectivités locales, les intercommunalités, les bailleurs sociaux, les associations et les acteurs économiques.
Nous croyons à une politique du logement qui conjugue justice sociale, liberté d’initiative et efficacité publique. Une politique qui soutient le logement social sans opposer les Français entre eux. Une politique qui redonne confiance aux propriétaires comme aux locataires. Une politique qui accélère les projets sans renoncer aux exigences environnementales. Une politique qui considère enfin la rénovation urbaine non comme une dépense, mais comme un investissement pour l’avenir de la République.
À cet égard, nous devons nous inspirer de celles et ceux qui ont su porter une vision. Jean-Louis Borloo demeure une référence majeure parce qu’il a compris, avant beaucoup d’autres, qu’il ne pouvait y avoir de paix civique sans justice territoriale. Avec le Programme national de rénovation urbaine, il a démontré qu’une volonté politique forte pouvait transformer durablement les quartiers, restaurer l’espoir et replacer l’humain au cœur de l’action publique. Son héritage nous oblige.
« À l’heure où le Gouvernement s’apprête à présenter sa réforme, nous serons force de proposition. Nous soutiendrons tout ce qui permettra de construire davantage, de loger mieux et de restaurer la fluidité du parcours résidentiel des Français » précis Guillaume Godey, secrétaire national au Logement du Parti radical.
Oui, il faut faire du logement une grande cause nationale.
Oui, il faut un choc de confiance, d’investissement et de simplification.
Oui, il faut replacer la politique de la ville et la cohésion territoriale au cœur du projet national.
Parce qu’un logement digne n’est pas un privilège.
C’est une promesse républicaine.
Le droit au logement ne peut être dissocié du droit à l’enracinement : pouvoir habiter là où l’on travaille, où l’on élève ses enfants et où l’on construit son avenir doit redevenir une ambition centrale de la République.

 

Nathalie Delattre (présidente)
> [Marc Bloch au Panthéon] « Dilexit veritatem » il a aimé la vérité. Ces mots gravés sur la tombe de Marc Bloch disent l’essentiel. Historien visionnaire, combattant et résistant, il choisit toujours la liberté plutôt que la soumission. Au Panthéon, il éclaire notre avenir.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Ingérence étrangère, désinformation, manipulation électorale. Ce ne sont pas des menaces futures. Ils se produisent maintenant. Aujourd’hui, le Parlement européen vote sur le Bouclier européen de la démocratie, littéralement un bouclier qui protège nos démocraties. En tant que groupe politique dirigeant les travaux de la commission EUDS, @RenewEurope et nos adhérents @NathalieLoiseau et @HBrandstaetter ont poussé à une action européenne plus forte contre la manipulation de l’information étrangère, l’ingérence et d’autres menaces hybrides. L’Europe doit rester ouverte et libre, mais jamais vulnérable face à ceux qui cherchent à saper nos démocraties. Pour Renew Europe, défendre la démocratie n’est pas une option. Il est de notre responsabilité de protéger notre liberté.

> Au plaisir de visiter l’Islande cette semaine. L'Islande est déjà un partenaire démocratique très compétent, partageant nos valeurs et jouant un rôle central dans la sécurité de l'Atlantique Nord, la gestion durable des ressources et la gouvernance de l'Arctique. Alors que l’Europe s’adapte à un paysage géopolitique changeant, l’élargissement doit être considéré comme un outil stratégique. En combinant un processus d'adhésion fondé sur le mérite avec des formes d'intégration plus flexibles, l'UE peut approfondir sa coopération avec des partenaires compétents tout en renforçant la portée géopolitique de l'Europe.

 

Pascal Canfin (député)
> Ces dernières années, la Chine a accéléré son utilisation du commerce comme arme géopolitique — brandy français, produits lituaniens, véhicules électriques : les représailles sont ciblées, asymétriques et conçues pour nous diviser.
En réponse à cette menace systémique, la Commission européenne envisage d’établir un fonds de solidarité économique pour protéger les États membres les plus vulnérables. En tant que rapporteur permanent du Parlement européen de la commission pour la Chine, je considère que c’est une première étape essentielle : L’Europe doit s’équiper d’outils collectifs de partage des risques.
L’Europe a élaboré un programme pour renforcer son autonomie stratégique et sa souveraineté, dans le but de réduire nos dépendances — en particulier à l’égard de la Chine. Face à des risques systémiques croissants en ampleur et en diversité, seule l’unité européenne nous permettra d’avancer et de nous protéger.

 

Sandro Gozi (député)
> Dix ans après le référendum sur le Brexit, l'Europe et le Royaume-Uni font face à un monde profondément différent. La guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine, l'intensification de la compétition géopolitique et la nécessité de renforcer notre résilience économique signifient qu'un partenariat plus étroit n'est plus simplement souhaitable : il est devenu une nécessité stratégique. Le Sommet de juillet doit faire preuve de davantage d'ambition en matière de sécurité, de défense, d'opportunités pour les jeunes, de recherche et de coopération économique. Mais nous avons également besoin d'une vision à long terme. Quel que soit le prochain gouvernement britannique, il devra avoir le courage de définir une stratégie claire pour la place du Royaume-Uni en Europe, à la hauteur des aspirations de la jeune génération britannique, qui se considère comme européenne. Dix ans, c'est long en politique. C'est une éternité en géopolitique. Notre relation doit continuer à évoluer afin de refléter les intérêts communs et les valeurs que nous partageons.

 

Gilles Boyer (député)
> Les systèmes de paiement ne sont pas neutres : ce sont des instruments de pouvoir. Nous, Européens, avons eu de nombreux électrochocs concernant notre dépendance aux États-Unis. Nous sommes désormais pleinement éveillés, mais nous n’agissons pas toujours. Le vote d’aujourd’hui sur l’euro numérique concrétise une solution de paiement souveraine et paneuropéenne. (…)
L’euro numérique permettra d’effectuer des paiements sûrs et fiables, en ligne et hors ligne, où que vous soyez dans la zone euro, comme vous le faites chez vous. »

 

● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)

> La protection des enfants dans l’espace numérique est devenue un enjeu majeur de souveraineté publique. Avec la ministre norvégienne de l’Enfance et des Familles, nous partageons la même conviction : face aux géants du numérique, l’Europe doit fixer des règles claires.

> Les droits des femmes et des enfants avancent ensemble. Echange avec la ministre de l’Action sociale, la Famille et la Promotion de la Femme de Guinée-Bissau. Illustration de la force d’une diplomatie féministe au service de la protection des enfants et de l’émancipation des filles.

> J’ai saisi la justice au titre de l’article 40 pour signaler l’existence de comptes suspectés d’être impliqués dans des trafics d’enfants sur Vinted. Face à ceux qui exploitent, marchandent ou s’en prennent aux enfants, l’État ne détournera pas le regard.