Voici une sélection, ce 24 juin 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Je me suis entretenu avec le président libanais Joseph Aoun, le président
du Conseil des ministres Nawaf Salam et le président de la Chambre des députés
Nabih Berri. À chacun d’entre eux, j’ai rappelé l’engagement de la France en
faveur de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban. La mise en
place d’un cessez-le-feu robuste, qui doit être respecté par tous, doit
permettre d’engager un processus simultané de retrait israélien du territoire
libanais et de redéploiement des forces armées libanaises, afin de garantir
l’exercice par l’État du monopole des armes. La France est prête à accompagner
concrètement ce processus et à mobiliser la communauté internationale dans les
prochaines semaines, aux côtés du gouvernement libanais, pour soutenir les
forces armées libanaises et répondre aux besoins des populations déplacées.
> [Discours à
l’occasion de l’entrée de Marc Bloch au Panthéon] Ce 16 juin 1944, au crépuscule, dans un champ
de la région lyonnaise, les nazis exécutent leurs prisonniers. 30 hommes de
toutes conditions, confessions, opinions. Un menuisier, un syndicaliste, un
cheminot, des Polonais, des Résistants, des communistes, et parmi eux, un
professeur d'histoire, Marc Bloch.
De la Sorbonne à ce champ où il tomba, Marc Bloch vécut ainsi : parmi
les Hommes, guidé par la volonté de comprendre leurs vies et de partager leurs
idéaux.
Mort héroïque parce que stoïque. Mort à laquelle il s'était préparé pour la
France, comme soldat déjà blessé au front, 29 ans plus tôt. Mort dont son ami
Lucien Febvre dira qu'elle fut « une sainte mort ». Mort infligée parce que
Marc Bloch a résisté à la barbarie nazie et à son complice, le gouvernement de
Vichy. Quand l'ennemi occupe la France à partir de juin 1940, quand le
gouvernement de l'État français aux mains de Pétain et Laval, entre dans la
voie de la collaboration, le destin de Marc Bloch bascule, comme celui de tous
les Juifs.
De cœur et de raison authentiquement républicain, défenseur ardent et
inlassable de la laïcité, Marc Bloch endure les conséquences de l'antisémitisme
d'État initié par le gouvernement du maréchal Pétain.
Qu'importent, aux yeux des hommes de Vichy, la vie et l'œuvre de Marc
Bloch. Pour eux, rien ne compte plus que sa judéité. Il était pourtant de Ceux
de 14. Croix de guerre. Chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire.
Vétéran de la Campagne de France de 39-40. Réengagé à plus de 50 ans pour
défendre sa patrie. Historien, normalien, professeur à l'Université de
Strasbourg puis à la Sorbonne. Fondateur avec Lucien Febvre de l'École des
Annales. Auteur des « Rois Thaumaturges » ou de « La Société féodale ».
Qu'importe cette vie de grandeur et de labeur. Les hommes au service de l'État
français ne voient en Marc Bloch que le juif. Le juif malfaisant, funeste,
nocif. Coupable parce que juif.
A exclure, persécuter et effacer parce que juif. Dès la fin de 1940, Marc Bloch
subit comme tant de nos compatriotes les conséquences de cette politique menée
au nom de la France. Et sa famille avec lui. Infernal enchaînement.
Il est exclu de l'université au bout d'un processus bureaucratique inique.
Ses traitements et pensions sont supprimés, ses comptes bancaires bloqués. Son
appartement parisien réquisitionné.
Il est alors obligé de quitter avec les siens la zone nord occupée par les
nazis. Ne pouvant plus partir pour l'Amérique, tous se réfugient en zone sud
qui n'a de « libre » que le nom.
De là, Marc Bloch, qui se proclame « juif qui ne se cache pas », se bat
comme il peut contre ce régime, où l'antisémitisme est d'État après l'adoption
des deux statuts des Juifs et la loi de juillet 1941. Marc Bloch mène alors une
première bataille contre Vichy et les nazis.
Devenu nomade, entre sa maison de Fougères, Montpellier et Lyon, il lui
faut sauver sa bibliothèque. Oui, sa bibliothèque, que le Gouvernement de
Vichy, comme l’occupant, veulent lui confisquer. 5 000 livres, patiemment
rassemblés par Marc Bloch tout au long de sa vie. Livres de l'étudiant, du
professeur, du Républicain. 5 000 livres qui disent la vérité d'un homme, son
amour de la littérature, son appétit de savoir, sa soif de transmettre.
Alors, Marc Bloch résiste à cette persécution inepte, ne veut pas renoncer à
ses livres, à sa vie, à ce qui donne sens à son existence.
Alors il se bat.
Demande à Lucien Febvre d'activer tous les réseaux possibles, sollicite Fernand
de Brinon, représentant de Vichy en zone occupée, écrit à Jérôme Carcopino,
ancien élève de son père, désormais au service de Pétain.
On lui a tout pris, mais au moins qu'on lui laisse ses livres. Il ne demande
rien d'autre pour lui, pour ses enfants. Mais non, rien n'y fait.
La lâcheté des uns et la méchanceté des autres se conjuguent. L'antisémitisme
lui a volé son métier, son appartement, son argent. Il faut qu'il lui vole
aussi ses livres. Ces derniers sont expédiés en Allemagne, dispersés. Et pour
beaucoup perdus. Dans la France de la collaboration, avide de prendre sa
revanche sur l'affaire Dreyfus, le cas de Marc Bloch montre que dès qu'il faut
s'en prendre à un Juif, il se trouve toujours un préfet pour réquisitionner. Un
policier pour perquisitionner. Un juge pour condamner. Un universitaire pour
justifier. Un journaliste pour approuver. Un voisin pour dénoncer. Et tant
d'autres pour détourner le regard.
Ne l'oublions jamais.
Tout cela s'est passé. Et s'est mise en place une mécanique idéologique de
haine conjuguée à une épidémie de lâcheté.
Dans le même temps, ils furent quelques-uns pour rallumer les braises de ce que
nous sommes, et sauver l'honneur et l'âme de la France avant d'en hâter la
victoire. Oui, quelques-uns, auxquels nous nous raccrochons.
Un préfet. Jean Moulin organise l'armée secrète au nom de De Gaulle. Un
policier. Achille Peretti, fonde le réseau Ajax.
Un juge. Paul Didier, refuse de prêter serment à Pétain.
Un professeur agrégé de droit. Pierre-Henri Teitgen, entre dans le réseau qui
va devenir Combat.
Un journaliste. Pierre Dac, moque les collaborateurs sur les ondes de Radio
Londres.
Une psychiatre. Adélaïde Hautval, est déportée à Auschwitz pour avoir défendu
des juifs molestés dans la rue et deviendra Juste parmi les Nations. Et 1 038
garçons « sans attache » choisissent de rejoindre la France Libre pour y gagner
le plus beau des titres de noblesse en République : Compagnon de la
Libération.
Marc Bloch s'inscrit dans cette chaîne humaine salutaire.
Lui, l'héritier des Lumières, ancien combattant des deux guerres, choisit à son
tour l'armée des ombres. Le voici. À Lyon, réseau Franc-Tireur recruté à 57 ans
par Maurice Pessis, un gamin de 20 ans. « C'est moi le poulain de Maurice »,
lâche-t-il dès la première rencontre avec ses camarades, fidèle à cet humour
pince-sans-rire dont il ne s'est jamais départi.
Le voici, rebaptisé « Maurice Blanchard », « Monsieur Rolin » ou de ses alias
de Résistant :
« Chevreuse » ou « Narbonne ». Le voici, siégeant dans le Comité des experts
créé par Jean Moulin aux côtés d'Henri Frenay, François de Menthon, Alexandre
Parodi, Michel Debré et tant d'autres. Ensemble, ils pensent le destin de la
France libérée.
Le voici dirigeant régional des Mouvements unis de Résistance.
Le voici, conscient des risques qu'il prend en s'exposant de la sorte, mais
aussi sa famille, son épouse Simonne et leurs enfants.
Le voici arrêté ce 8 mars 1944 sur le pont de la Boucle, à Lyon, par des
Français membres de cette Gestapo dont le chef est Klaus Barbie.
Le voici enfermé à Montluc, comme Jean Moulin avant lui. Prisonnier de Francis
André, dit « gueule tordue », et de sa bande de collaborateurs voleurs et
tortionnaires. Torturé, passé sept fois au supplice de la baignoire, ne donnant
que des noms connus pour être déjà à Londres en sécurité, préservant la vie de
tous les autres.
Professeur d'espoir aussi, encore et toujours.
Dans la prison de Montluc, Marc Bloch, frappé, torturé, supplicié est ce
prisonnier qui demeure calme, souriant et gai. Oui, gai. « Il nous encourageait
», raconte l'un de ses compagnons de captivité, « il nous ranimait, nous
parlait de la France, de son passé et ne désespérait jamais ». Livré aux nazis
et assassiné avec ses compagnons, au soir du 16 juin 1944, Marc Bloch est
présenté par la propagande de Vichy comme terroriste parce que Juif.
Sa mort est même revendiquée par le chef de la Milice, Joseph Darnand, terrible
aveu qui marque alors la volonté des derniers fidèles de Vichy d'entraîner le
pays dans la guerre civile alors même que la défaite du nazisme et la chute du
gouvernement de Vichy est inéluctable.
Disons-le ici : voilà où mène inévitablement l'antisémitisme, dès lors
que quiconque s'engage sur ce chemin de ténèbres. Confronté à ce cauchemar, la
grandeur de Marc Bloch est cependant de n'avoir jamais désespéré de la France
et du peuple Français. La résistance de Marc Bloch est aussi de pensée et
d'écriture. Puisqu'il est historien et que l'Histoire est un combat. Puisque
Vichy lui a volé ses livres, le voici qui en écrit de nouveaux.
Deux livres de combat, deux livres de résistance : « Apologie pour l'histoire
» et « L'Etrange défaite ». Marc Bloch dédicace ainsi à Lucien Febvre son «
Apologie de l'histoire » : « nous sommes les vaincus provisoires d'une
injuste défaite ».
Tout Marc Bloch est là, dans ces quelques mots.
L'historien n'a pas vocation à contempler le passé pour déplorer ce qui n'est
plus. Son devoir est au contraire d'entrer dans l'action au nom du passé. « Je
croyais à l'avenir parce que je l'écrivais moi-même », dira-t-il plus tard.
Ainsi naît « L'Etrange défaite », essai d'histoire du temps présent pour tous
les lendemains à venir. Il y ausculte les plaies de la patrie vaincue et les
multiples causes politiques, militaires, morales de l'humiliation de 1940.
Bloch prodigue des enseignements qui nous obligent encore et pointe les raisons
qui ont mené la France heureuse du Front populaire de l'été 36 au désastre du
printemps 40. La perte de toute force morale de la Nation. A commencer par ses
élites qui cédèrent à l'esprit de défaite par détestation des élans du peuple
français.
Marc Bloch est sévère avec les dirigeants des gouvernements Blum qui n'ont pas
vu le pire advenir, mais il l'est encore plus et surtout avec ces Français
d'influence et de pouvoir qui, de fait, préféraient admirer Hitler plutôt que
le Front populaire. Qui doutaient de la France, la voyaient déjà décadente, au
fond, n'y croyaient plus.
L'esprit de défaite, sans cesse entretenu par ceux qui se proclament plus
Français que vous. Ce sont toujours les premiers à sacrifier la France aux
intérêts de puissances hostiles. Les premiers à la renier. Les premiers à la
trahir. Premiers à sacrifier à leurs intérêts un peuple libre, peuple qu'au
plus profond d'eux-mêmes, ils n'aiment pas. Ainsi persiste encore et toujours
cet esprit de défaite indissociable de l'esprit de Vichy, poison lent de notre
vie publique et qu'il faut combattre inlassablement. Esprit qui prétend sauver
la France en l'écartant de nos principes de liberté, d'égalité et de
fraternité. Fascination pour la force brute d'esprits faibles qui s'étaient
fatigués de la complexité du monde, manquaient de caractère et ne croyaient
plus dans le peuple français.
Intellectuel intranquille, Marc Bloch est pour nous ce testament permanent.
Testament de vie, car Marc Bloch est inséparable de Simonne, son amour, son
éternelle victoire, sans qui il n'aurait pu accomplir son œuvre. Inséparable de
la bravoure des siens : Alice, engagée dans le secours aux enfants.
Étienne, Louis et Daniel entrés en Résistance, quand les deux cadets Jean-Paul
et Suzanne vivent les épreuves du temps. La flamme aussi de la République chez
ses petits-enfants et arrière-petits-enfants. Marc Bloch, affaire de famille,
famille de devoirs, de pensée et d'action.
Testament de savoir et de science aussi. Sa bibliothèque a été dispersée par
les nazis, mais ce sont bien les graines de son génie européen qui ont essaimé
et enfanté d'autres savants, comme lui attachés à notre civilisation de
liberté, jusqu'à Carlo Ginzburg disparu voilà quelques jours. Testament pour
l'historien aussi. « Papa, à quoi sert l'histoire ? », selon la phrase
qu'il place au début de son Apologie. Pour Marc Bloch, l'Histoire sert à
chercher la vérité et à trouver la liberté. Inspiré par son père, lui-même
professeur d'histoire antique, et son frère médecin, Marc Bloch a placé la
méthode scientifique au cœur de sa discipline, le rapport au fait, la
construction de la vérité, mais aussi l'étude des sociétés humaines dans les
rapports sociaux et religieux comme dans les imaginaires.
« L'histoire est la science des hommes dans le temps », écrit-il. Elle
n'est pas une succession d'événements bruts, initiés par des individus, aussi
exceptionnels soient-ils parfois, mais une construction de temps long. Marc
Bloch entend lire le passé aussi dans les mentalités des peuples. Pour ce
médiéviste, les croyances du paysan de la France féodale comptent autant que
les gestes du Roi de France. S'il est des Rois thaumaturges qui guérissent par
miracle et que le peuple accepte de croire à cette légende, il est
indispensable de comprendre les ressorts de cette relation entre roi et peuple.
Le métier de l'historien est de configurer, contextualiser, interpréter ce qui
doit devenir vérité scientifiquement éprouvée.
C'est là, dans les « façons de sentir et penser » de chacun, dans l'exploration
de ce que Lucien Febvre nomme « l'outillage mental », que se trouve le chemin
qui mène à la vérité dans l'Histoire. Vérité bâtie sur les traces, les faits,
les analyses. Vérité qui se polit dans l'historiographie. Dilexit
veritatem : il a chéri la vérité. Épitaphe et boussole, idéal démocratique
qui rejoint le métier de l'historien.
Ainsi Marc Bloch lie-t-il France et Histoire, République et science,
Gouvernement et Raison. Cette méthode et ce lien sont aujourd'hui encore les
meilleurs antidotes contre les poisons de la révision historique qu'un peu
partout nous revoyons poindre.
Oui, pour Marc Bloch, adolescent au temps de l'affaire Dreyfus, la République
organise la confrontation respectueuse des faits, des idées, donne sa place à
la science et à la justice, libère de la dépendance aux croyances faciles et de
la crédulité aux fausses nouvelles.
L'intégrité intellectuelle ne va jamais sans force morale ni sans courage
physique. Deux fronts d'une même guerre pour la vérité : science et
Résistance.
Testament d'un professeur, enfin. Fils de professeur, Marc Bloch ne cessa
jamais d'enseigner. N'importe où, à l'université de Strasbourg comme dans la
prison de Montluc.
C'est comme s'il montait sur l'estrade, donnant à tous un cours simple, sans
jargon, à hauteur d'intelligence, optimiste toujours.
« Je crois aux jeunes », disait-il. Oui, être professeur d'histoire est ce
plébiscite de chaque jour à notre jeunesse et à la force d'un nouveau
printemps.
Testament permanent qu'il ne finit pas de nous léguer.
Ainsi Marc Bloch entre-t-il au Panthéon, vivant, là, devant nous.
Et son legs devient nôtre, formulé avec ses propres mots : « La France
demeurera, quoi qu'il arrive, la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur.
J'y suis né, j'ai bu aux sources de sa culture, j'ai fait mien son passé, je ne
respire bien que sous son ciel et je me suis efforcé, à mon tour, de la
défendre de mon mieux. »
Vive Marc Bloch, vive Simonne Bloch, vive la République, vive la
France !
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> Les violences faites aux enfants appellent une réponse systémique et
globale face à une violence endémique, en mutation. Cette réponse ne peut pas
être seulement l’affaire du ministère de l’Intérieur ou du ministère de la
Justice. C’est en cela que je crois à une réponse intégrale, à 360 degrés. Pour
les enfants, 80 % des faits ont lieu dans la cellule familiale. Nous sommes
confrontés à un phénomène sociétal extrêmement puissant qui exige un effort
particulier sur tout ce qui se joue dans la sphère privée. Face à cette
réalité, nous devons avancer sérieusement et construire une réponse à la
hauteur. Le projet de loi du Gouvernement sur la protection de l’enfance
arrivera à l’Assemblée nationale le 15 juillet. Pour rien au monde, il ne faut
retarder ou débrancher ce texte. Avec 400 000 enfants confiés à l’aide sociale
à l’enfance, rien ne peut justifier que nous attendions davantage. Le Sénat en
sera saisi dès le mois d’octobre, afin de permettre l’entrée en vigueur de
mesures attendues par les parents, les élus locaux, les professionnels du
périscolaire et l’ensemble des acteurs concernés. À la fin, ce qui compte,
c’est qu’il y ait un avant et un après pour les enfants.
> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Nos
analyses respectives du rapport sont un peu différentes, mais je vous rejoins
complètement au sujet de la nécessité d’une réponse systémique et globale. Elle
est davantage qu’attendue, elle est urgente, face à une violence endémique,
désormais encore plus inacceptable qu’hier et dont nous voyons bien qu’elle
connaît une mutation.
Au fond, pour revenir au point de départ de votre question et formuler
autrement les choses, cela peut-il n’être l’affaire que des ministères de
l’intérieur et de la justice ? La réponse est non ; c’est pourquoi
l’approche culturelle et politique dite intégrale, à 360 degrés, qui
embarque l’ensemble des acteurs d’une manière peut-être totalement nouvelle,
j’y crois énormément.
La deuxième raison pour laquelle la réponse doit être intégrale, notamment – ne
nous voilons pas la face – en faveur des enfants, c’est que 80 % des
faits ont lieu au sein de la cellule familiale.
Pas de polémique à ce sujet, madame la députée : nous sommes confrontés à
un phénomène sociétal très puissant. Par définition, tout ce qui se passe dans
la sphère privée mérite un effort politique particulier, pointu. Je vous
propose d’avancer sérieusement. Nous nous y prendrons de la manière suivante,
si l’ensemble des présidents de groupe et vous, madame la présidente de
l’Assemblée nationale, avec qui j’ai travaillé sur ce point la semaine
dernière, êtes d’accord.
La présidente de votre assemblée et moi avons saisi le Conseil d’État, dont
l’assemblée générale se tiendra entre le 15 et le 17 juillet. À l’issue de
cette assemblée, nous vous proposerons, toujours avec la présidente, de vous
réunir afin de regarder le texte tel qu’il sort du Conseil d’État et de prendre
– j’y reviendrai dans un instant – un certain nombre de décisions
touchant des éléments de fond. J’ai déjà saisi un certain nombre d’associations
pour – en temps masqué par rapport à cette cosaisine et à celle du Conseil économique,
social et environnemental, que la présidente et moi avons volontairement aussi
réalisée ensemble – embarquer l’ensemble des acteurs culturels, économiques,
sociaux du pays. Il s’agit d’obtenir une vision peut-être encore beaucoup plus
intégrale que celle à laquelle certains acteurs politiques peuvent prétendre
dans le débat public. Des zones, des angles morts méritent d’être travaillés en
urgence cet été ; j’en dirai aussi un mot tout à l’heure.
La semaine du 20 juillet, nous réunirons l’ensemble des présidents de
groupe, ce qui, monsieur le président Vallaud, permettra ici même, à
l’Assemblée nationale, de saisir les commissions concernées – c’est
votre affaire – au mois de septembre. Je provisionne du temps du
gouvernement avant l’examen du projet de loi de finances, au début du mois d’octobre,
pour discuter du texte ainsi construit. Ne nous y trompons pas, il faudra cet
été énormément de travail pour arriver à quelque chose qui soit, au fond, à la
hauteur de ce qu’attendent un certain nombre d’acteurs.
Si ce n’était que 3 milliards et si ce n’était qu’un problème d’argent, cela se
saurait ! Celles et ceux qui veulent travailler sérieusement à ce sujet
verront que nous entrons dans tout autre chose.
S’agissant du fond, qu’il me soit permis de faire un point d’étape des analyses
que nous avons commencé à produire avec le garde des sceaux, que je remercie,
le ministre de l’intérieur, mais aussi avec Aurore Bergé et d’autres.
La proposition de loi comprend soixante-dix-huit articles dont seize,
globalement, correspondent à des mesures réglementaires ou d’organisation
interne à l’État. Les auteurs et cosignataires du texte le savent : nous
en avons parlé lors de la réunion de travail qui a eu lieu il y a quinze jours.
C’est la dimension de l’impulsion politique. Je prends à cet égard un premier
ou plutôt un deuxième engagement : ces mesures réglementaires n’attendront
pas. Une fois que, lors de la réunion transpartisane de la semaine du
20 juillet, nous les aurons agrégées ensemble, nous pourrons lancer la
production des décrets dès juillet, août, septembre. Même s’il s’agit du
pouvoir réglementaire, nous pourrons vous y associer afin de coconstruire cette
réponse réglementaire, de ne pas la retarder.
Six mesures relèvent d’un projet de loi de finances ou d’un projet de loi de
financement de la sécurité sociale, puisque c’est là que se trouve l’argent,
les propositions de loi ne permettant pas d’ouvrir des crédits. Il faudra y
travailler en amont, dans le cadre de discussions budgétaires et politiques.
Je n’en doute pas ; je ne doute pas davantage qu’il n’y aura pas de motion
de rejet préalable, soit dit à l’intention d’un certain nombre de groupes, qui
ont tout de même tenté d’instrumentaliser le sujet sur le terrain politique. Il
nous faudra de la bonne foi dans les débats afin d’établir un bilan de ce qui a
été fait et de programmer en toute transparence, en toute lisibilité, des
crédits pour les années à venir.
Beaucoup d’initiatives venues de l’ensemble des groupes étant potentiellement
en train de produire du droit, huit articles du texte se trouvent déjà dans des
propositions de loi en cours de navette parlementaire. Encore une fois, cela
vous concerne, monsieur Vallaud, ainsi que plusieurs autres présidents de
groupe ; je recommanderais plutôt de les conserver dans la navette afin de
ne pas retarder l’entrée en vigueur des mesures en cause, mais je me rangerai à
l’avis des présidents de groupe.
Quant au reste, quatre articles présentent un risque constitutionnel ou
communautaire : le Conseil d’État en jugera. Un article, de nature
organique, devra être examiné à part. Six articles sont satisfaits par le
projet de loi relatif à la protection des enfants ; nous pourrons y
revenir. Deux, monsieur le garde des sceaux, figurent déjà dans votre projet de
loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Dix-sept sont
également satisfaits sans que cela fasse consensus ; il y aura débat
politique ; l’avis juridique nous permettra aussi de voir s’il convient
d’y revenir.
Restent dix-huit mesures autonomes, qui doivent faire l’objet d’un travail
précis – d’abord par esprit de sérieux, ensuite pour une
raison simple : certains de ces articles sont contradictoires entre eux.
Les articles 5 et 6, par exemple, prévoient le retour au jury populaire, à
la cour d’assises, mais l’article suivant une juridiction spécialisée. Il nous
faut une position d’entrée sérieuse, sans quoi les professionnels du droit, les
avocats, magistrats, associations vont se demander ce que nous voulons au
juste. Je souhaite que le travail du mois de juillet nous permette d’aboutir à
une clarification de ces contradictions.
Enfin, certaines mesures ne sont pas consensuelles ; la proposition de loi
ne prévoit pas l’imprescriptibilité des crimes commis sur des mineurs,
précisément parce qu’elle ne faisait pas l’unanimité parmi les cosignataires,
alors même que dans le débat public, tout le monde en parle. Je le répète, je
propose que nous profitions de l’été pour commencer à organiser les choses. La
présidente de l’Assemblée elle-même a déclaré dans les médias qu’il convenait
de prendre ce débat avec beaucoup de hauteur de vue, beaucoup de calme ;
le garde des sceaux s’est engagé à le conduire avec l’ensemble des
parlementaires. Je ne souhaite pas de précipitation. Le sujet est trop grave,
trop important, il nécessite, je le répète, trop de sérieux.
Enfin, il ne faut pour rien au monde retarder ou débrancher le projet de loi
relatif à la protection des enfants qui arrivera dans cet hémicycle le
15 juillet – vous ne l’avez pas proposé mais je l’ai parfois
entendu suggérer au détour d’un couloir. La raison en est simple : la
proposition de loi intégrale n’est pas tout à fait intégrale – je
le dis sans intention de la critiquer – parce qu’elle ne traite qu’à la
marge la question de l’ASE. Or au vu de tous les faits qui ont affecté ce
service et dans la mesure où 400 000 enfants lui sont confiés, rien
ne pourrait justifier que l’on retarde la prise de dispositions le concernant.
Je profite de l’occasion qui m’est donnée pour faire une dernière annonce. Si
l’examen du texte relatif à la protection de l’enfance commence ici à la
mi-juillet, le Sénat, une fois achevé son renouvellement à la fin du mois de
septembre, en sera saisi. Si tout se passe bien, dès le courant du mois
d’octobre, un texte de loi prévoyant des mesures attendues par les parents, le
monde du périscolaire et les élus locaux pourra ainsi être promulgué au Journal
officiel. Sur ce sujet aussi, ne faisons pas comme s’il ne s’était rien passé,
comme si rien n’avait été enclenché. De nombreux scandales ont eu lieu et des
réponses à ces événements ont été proposées. D’ailleurs, des députés de votre
groupe, dans leur sagesse, ont préféré que le gouvernement reprenne ces
propositions dans un projet de loi, afin que la navette parlementaire se
déroule sans encombre.
N’entravons pas le travail qui a déjà commencé. Il y a certes des débats,
s’agissant des vecteurs, des commissions, des dates, de la navette, mais ils
n’intéressent que nous. La seule question qui compte est celle-ci : à la
fin de l’année, y aura-t-il eu un avant et un après les événements que nous
avons connus ? En tout état de cause, je m’engage à ce que le gouvernement
soit aux côtés de celles et de ceux qui, de bonne foi, veulent faire avancer
les choses.
> [Violences faites aux femmes et aux enfants] A ceux
qui demandent l’inscription de la proposition de loi dite « intégrale » contre
les violences faites aux femmes et aux enfants, je veux répondre avec sérieux.
Avec la Présidente de l’Assemblée nationale, nous avons saisi le Conseil d’État
afin de construire un texte solide. Son avis est attendu entre le 15 et le 17
juillet. D’ici là, les associations seront consultées et le CESE associé aux
travaux. La semaine du 20 juillet, l’ensemble des présidents de groupe sera
réuni pour travailler sur ce sujet. Nous y consacrerons ensuite du temps au
début du mois d’octobre afin d’examiner un texte travaillé tout l’été et d’être
à la hauteur de ce qu’attendent les Français.
À date, l’analyse de la proposition de loi dite « intégrale » montre que sur
ses 78 articles :
- 16 relèvent déjà de mesures réglementaires ;
- 6 concernent le PLF ou le PLFSS ;
- 8 figurent déjà dans des textes en navette ;
- 4 présentent un risque constitutionnel ou communautaire ;
- 1 est de nature organique ;
- 6 sont déjà satisfaits par le projet de loi sur la protection de l’enfance ;
- 2 figurent déjà dans le projet de loi du garde des Sceaux ;
- 17 sont déjà satisfaits.
Il reste donc 18 mesures autonomes qui doivent faire l’objet d’un travail
précis. Certaines sont contradictoires entre elles. D’autres ne font pas
toujours consensus. Sur un sujet aussi grave, notre responsabilité est de
construire une réponse complète, solide et applicable. Le gouvernement le sera,
avec méthode et sérieux.
> Face à la forte sollicitation des services
d’urgence et des SAMU liée à la vague de chaleur, en concertation avec Stéphanie
Rist, nous activons le plan ORSAN de niveau 2. Cette décision permettra de
renforcer les capacités de régulation médicale, de mobiliser les personnels
nécessaires au fonctionnement de l’hôpital, de garantir la pleine coordination
entre la médecine de ville, les hôpitaux, les cliniques et les EHPAD, et
d’adapter les activités si la situation l’exige.
Deux priorités guident notre action :
- soutenir notre système de santé et l’ensemble des soignants afin de lui
permettre de tenir dans la durée face à cet épisode de canicule ;
- protéger et prendre en charge les personnes les plus vulnérables.
L’ensemble des services de l’État est mobilisé pour faire face à la canicule.
> [Canicule] Deuxième CIC de suivi de crise
canicule au niveau des ministres. Je remercie les directeurs de cabinet qui ont
mené une autre réunion hier soir. En préambule, saluer l'ensemble de la
mobilisation des services de l'État. Il y a beaucoup de préfets de zone qui
sont connectés, les agences régionales de santé. Saluer aussi objectivement le
comportement de nos concitoyennes et de nos concitoyens à l'occasion de la fête
de la musique qui s'est relativement bien passée. Et je le redis à l'ensemble
des collègues, preuve en est que faire confiance aussi à l'intelligence locale,
aux maires, aux organisations locales n'est jamais une mauvaise méthode, avec
évidemment un critère de proximité. Je pense qu'on va y revenir dans un
instant.
On a beaucoup de sujets à voir ce matin, avec tout de même, Monsieur le
ministre de l'Intérieur, un triste fléau sur les noyades, puisque le dernier
chiffre qui vient de nous être remonté est de 40 morts depuis le 18 juin 2026,
essentiellement des jeunes. Et donc, j'aimerais qu'on revienne sur ce point
parce que ce sont les premières victimes de la crise que nous connaissons et
donc je veux qu'on y rentre dans le détail.
Ensuite, je vous ai fait passer un certain nombre de commandes en amont de
cette réunion. On a un épisode, on le sait tous, d'intensité exceptionnelle. On
a globalement tous les records localement ou nationalement qui sont en train
d'être battus chaque jour ou chaque nuit en matière de température.
Le vrai sujet évidemment qui doit nous préoccuper, c'est la durée de la crise
et de l'événement. On le voit bien, là on a une incertitude. Donc, Météo-France
a préparé un certain nombre de modèles.
Et donc moi, j'aimerais qu'on documente de près dans la réunion les trois
scénarios potentiels : court terme, moyen terme et un scénario de chaleur qui
pourrait durer sur le long terme et nous emmener sur une bonne partie du mois
de juillet. Et évidemment, ces trois scénarios de planification vont nous
permettre de prendre un certain nombre de décisions, en tout cas de planifier
un certain nombre de décisions.
Quelques priorités que je redis, là, pour l'ensemble des membres du
Gouvernement mais aussi des services de l'État. Le premier — et ça explique
toutes les décisions qui sont prises évidemment, et je remercie la ministre de
la Santé pour sa mobilisation avec son équipe — c'est que l'hôpital
tienne. On a évidemment une activité sécurité civile, services sanitaires,
services de soins, urgences qui est soutenue, qui est plus importante qu'à la
même période de l'année dernière, clairement liée évidemment à la canicule. Et
pour moi, l'enjeu fort des différentes crises qu'on a déjà eu à gérer, c'est de
s'assurer que, évidemment, on ait un plan d'endurance pour l'hôpital et c'est
en cela que les mesures de précaution doivent être prises.
La deuxième des choses, c'est la solidarité avec les plus fragiles. Beaucoup de
choses… certains d'entre nous ont été maires autour de cette table, ont été
élus locaux, il y a quand même un enjeu important de mobilisation des centres
communaux d'actions sociales, des associations, c'est la proximité quand même
qui va évidemment nous permettre de prendre soin des plus fragiles. Il y a un
enjeu évidemment sur les EHPAD, mais quelque part, beaucoup de chemin,
contrairement à ce qui peut être raconté ici ou là, a été quand même parcouru
depuis 2003. Donc, en fait, notre priorité va plutôt chez les personnes qui
sont chez elles, sur lesquelles là on a un degré de vigilance à avoir. Ça
revient évidemment aussi à la question toujours délicate de la solitude.
Enfin, j'aimerais aussi que, sur les questions plus régaliennes, on avait
demandé la mise en alerte de l'ensemble de notre système de sécurité civile,
civile ou militaire d'ailleurs, parce que qui dit canicule dit sécheresse, donc
vigilance sur forêts et grandes cultures. On a eu quelques incendies qui ont
commencé à se déclarer. Je regarde le directeur général de la Sécurité civile
et donc, j'aimerais également qu'on ait quand même tous les scénarios qui
soient prêts, incendies, mais orages potentiellement, et crues, parce qu'on
voit bien qu'on peut très vite aussi basculer d'un phénomène brutal à l'autre.
Donc évidemment, il faut qu'on puisse rentrer dans le détail. Suivi de la
pollution de la ressource en eau, sur lequel là aussi j'avais passé des commandes
dans le week-end, et donc je souhaite qu'on puisse me rendre compte de
ce qui est prévu, sans oublier la résilience de nos infrastructures,
transports, sur lequel Monsieur le ministre souhaite aussi qu'on ait un point
sur la qualité de service rendu par la SNCF, beaucoup de choses nous remontent.
Donc il faut qu'on rentre dans le détail et aussi sur les infrastructures
énergétiques sur lesquelles un certain nombre de décisions ont été prises — et
je crois qu'elles vont dans le bon sens. Voilà.
Ensuite, on y reviendra, mais je vous ai demandé des propositions aussi pour
l'année prochaine pour travailler pour nos successeurs sur un certain nombre
aussi de manières de vivre dans le pays. Et je crois que la ministre de
l'Environnement y est revenue et d'autres, mais la préparation du pays à cette
résilience passe aussi peut-être par quelques décisions à prendre plus
structurelles.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Très heureux de cette première rencontre dense avec mon homologue
sénégalais Mouhamadou Makhtar Cissé. Nous avons fait un point complet des
coopérations opérationnelles développées en appui à l’organisation des Jeux
Olympiques de la Jeunesse de Dakar. Fort de son expérience dans l’organisation
des grands événements, le ministère de l’Intérieur s’engage pleinement auprès
des autorités sénégalaises depuis 2022, dans la sécurisation de cet événement
international. Il partagera avec ses homologues sénégalais les connaissances
acquises durant les JOP 2024.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Je suis intervenue devant le Conseil supérieur de la fonction militaire,
réuni en session plénière. Les échanges avec les instances de concertation
militaire, singulières dans le paysage du dialogue social, sont indispensables.
Les discussions ont porté sur la défense de la singularité militaire, dès lors
que le statut militaire emporte des obligations et des contraintes
particulières pour celles et ceux qui servent la Nation, ainsi que pour leurs
familles. Ce dialogue a également permis d’aborder concrètement les enjeux du
quotidien, de l’engagement et de la condition militaire. J’y suis profondément
attachée.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Réforme de la facturation électronique / Intervention à l’Assemblée] Vous
aurez noté que cette réforme est avant tout positive ! Elle vise à rendre
la facturation plus efficace et permettra, je l’espère, de lutter contre les
délais de paiement, qui constituent un problème endémique pour les TPE et les
PME et qui sont très difficiles à gérer. Cette réforme permettra aussi de
lutter contre la fraude. C’est une excellente réforme !
Certes, sa mise en œuvre soulève des difficultés pour les TPE et les PME, mais,
vous le savez, nous avons accordé un an de plus pour son application. Le
ministre Serge Papin est en contact avec les représentants des TPE et des PME
pour s’assurer que cette année supplémentaire sera mise à profit utilement.
Quant aux zones blanches, elles ne sont pas un problème. Prenons l’exemple d’un
marché de village : vous souhaitez vendre à un professionnel – la
réforme ne concerne pas la vente aux particuliers, je le rappelle –, vous
enregistrez la transaction dans votre machine, puis vous la reprenez
tranquillement chez vous pour la facturer et vous l’envoyez par courriel.
Cette réforme vise à simplifier la vie des entreprises et en aucun cas à leur
compliquer la vie. Vous avez évoqué les coûts, mais pour les TPE et les
entrepreneurs individuels, il existe déjà des plateformes qui proposent
gratuitement la facturation électronique. Je vous engage donc à rassurer tous
ceux qui vous interrogent et qui s’inquiètent. N’hésitez pas à les mettre en
contact avec nos services. Nous souhaitons que cette réforme soit efficace et
au service des entreprises, notamment des plus petites, pour leur faciliter la
vie.
> C’est un accord décisif pour notre souveraineté
industrielle de défense.
La France et l’Allemagne deviennent co-actionnaires de KNDS et lui donnent un
cadre stable et ambitieux pour devenir un champion européen de premier plan
dans l’armement terrestre.
Une étape décisive pour nos armées, nos emplois industriels et l’autonomie
stratégique de l’Europe.
> Un selfie à 13 milliards d’euros.
Vendredi avec Philippe Tibi, nous avons réuni assureurs, banques,
institutionnels et fonds d’investissement à Bercy pour lancer la 3e phase de
l’initiative Tibi.
Après 16Md€ entre les phase 1 et 2 depuis 2020, ce sont 13 milliards d’euros
qui seront engagés par 42 investisseurs institutionnels pour financer nos
start-ups et scale-ups françaises.
La souveraineté technologique ne se décrète pas, elle se finance.
Sans financement adapté, nos entreprises ne pourront pas grandir, innover ou
rivaliser face aux géants américains et chinois.
Nous investissons dans les technologies de rupture qui façonneront demain.
50% des fonds de cette nouvelle phase Tibi iront vers la deeptech (IA,
quantique, spatial, biotech, etc...)
Aux assureurs, institutionnels, fonds d’investissement et nouveaux acteurs qui
rejoignent cette initiative, votre engagement va bien au-delà de la performance
financière : c’est un acte patriotique. Vous construisez l’indépendance
technologique de la France.
Je remercie Philippe Tibi qui, par son engagement depuis 2019, a contribué à
faire de la France la première place de financement technologique de l'UE.
Et demain, nous continuerons à travailler pour que l'initiative Tibi essaime et
se connecte à ses initiatives sœurs partout en Europe, à commencer par l'Allemagne.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> [G7 / Intervention à l’Assemblée] Vous avez rappelé que la France accueillait le sommet du G7, il y a
quelques jours, qui a été un très bon millésime, puisque pour la première fois
depuis le retour du président Trump à la Maison-Blanche, un accord a été trouvé
sur des déclarations communes en soutien à l’Ukraine et sur la situation au
Proche et au Moyen-Orient.
Au-delà de cette question des crises, les pays du G7 et les partenaires que
nous avions invités se sont accordés sur la manière de répondre ensemble et de
manière coordonnée à un certain nombre d’enjeux qui nous touchent tous : la
question des minerais critiques, la question des cancers pédiatriques, celle
d’Ebola avec un milliard d’euros mobilisé en soutien à ceux qui font face à la
crise dans la région des Grands Lacs ; la question de l’intelligence
artificielle et de la protection des mineurs, mais aussi la lutte contre le
narcotrafic et le trafic de migrants.
Et c’est à l’issue de ce G7 qu’à Versailles, vous l’avez dit, le président des
États-Unis a signé, non pas un traité mais un mémorandum d’entente mettant fin
aux hostilités et ouvrant une phase de 60 jours permettant des négociations
conduisant à la réouverture du détroit d’Ormuz, mais aussi à l’encadrement du
programme nucléaire iranien.
Dans ce contexte, la France sera particulièrement attentive à trois éléments.
Le premier, c’est le sort du Liban, pays frère entraîné dans cette guerre
contre son gré par le Hezbollah, et aujourd’hui occupé par les forces armées
israéliennes. Il est indispensable que le calme revienne, que les hostilités
cessent, que le désarmement du Hezbollah puisse commencer et que l’armée
israélienne puisse se retirer et restituer à l’État libanais le contrôle plein
et entier de son intégrité territoriale.
Le deuxième sujet, c’est le programme nucléaire, qui doit être strictement
encadré car il touche à nos intérêts de sécurité.
Le troisième sujet, c’est évidemment la restauration pleine et entière, sans
entrave et sans blocage, du détroit d’Ormuz.
C’est en ce sens que j’ai échangé avec mon homologue qatari, hier à Lucerne, à
l’issue des négociations, pour lui faire entendre que la France, qui devra, le
moment venu, lever des sanctions, sera attentive à ces trois sujets.
> L'extrême-droite a renoncé à tout espoir et considère que la France a déjà perdu. Elle a pour seule politique de dresser les Français les uns contre les autres et de désigner des boucs-émissaires.
> Il y a dix ans, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen n'avaient que le mot Frexit à la bouche. Depuis, ils ont été forcés de changer de disque.
> Le courage n’est pas affaire de carrière ou de caste, écrivait Marc Bloch qui opposa à la brutalité de son époque les armes de l’esprit et de la vérité. Il entre ce soir au Panthéon auréolé du courage de la France résistante, de l’armée des ombres qui prit tous les risques dans la clandestinité et le secret des maquis. Qui versa le sang pour que vivent l’honneur, la liberté et la justice.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Canicule] Ce qu'on nous indique, c'est qu'on est partis pour quelques
jours, au minimum quelques jours de très, très chaud, de températures qui
entraînent des vigilances rouges. Si on regarde le pays, on est soit en
vigilance rouge ou orange, quel que soit l'endroit en France. Donc beaucoup de
nos concitoyens vont souffrir puisque les corps, avec cette chaleur accumulée,
souffrent au bout d'un moment de cette chaleur.
Pour l'instant nous n'avons pas de certitude sur le jour où les températures
vont baisser. On espère pour la fin de semaine, mais honnêtement, je ne peux
pas confirmer cela aujourd'hui. (…)
Ce qu'on sait, c'est que la canicule entraîne une surquantité de décès et on
sait aussi que ça a un impact cinq à dix jours après le début de la canicule.
En fait, on rentre dans ces jours-là, dans cette semaine où l'impact apparaît
et donc on va être très vigilants dans les jours qui viennent. Mais il est
encore temps de la prévention, il est encore temps de rappeler qu'il faut
évidemment beaucoup boire, diminuer l'activité physique et surtout un œil
attentif aux personnes isolées. Chacun dans sa responsabilité, dans sa
responsabilité de citoyen avec son voisin, familiale avec sa famille pour
passer des coups de fil, aller voir comment vont nos personnes âgées, par
exemple, ou les personnes malades, parce qu'on sait que ce sont celles-ci qui
vont particulièrement souffrir.
> À chaque canicule, il y a une surmortalité. L'objectif est vraiment de prévenir parce qu'on sait que ces mesures de prévention diminuent le nombre de décès. Donc on a tous un comportement individuel à avoir et une responsabilité collective.
> J'étais hier soir au SAMU tard dans la soirée avec le maire de Paris pour déjà remercier les équipes, à travers elles, toutes les équipes en France engagées sur cette soirée qui est tout le temps difficile pour les services de santé d'urgence, de SAMU, de régulation. Et aujourd'hui, au moment où on se parle, parce que je n'ai évidemment pas tous les retours précisément, il ne semble pas y avoir eu d'événements majeurs. Je redis que c'est une soirée très compliquée pour les personnels aux urgences ou tous ceux qui sont engagés dans la sécurité de nos concitoyens.
> [Canicule] Pourquoi on a fait cette interdiction de consommation d’alcool sur la voie publique? C'est aussi pour informer, faire comprendre aussi pourquoi il faut adapter son comportement individuel aux températures les plus fortes. On le sait, quand on prend de l'alcool, parce que ça bloque une hormone qui permet d'être bien hydraté, on se déshydrate plus vite. Et notre thermostat dans le cerveau, il est un peu déréglé et donc on va faire plus de malaises, aller plus aux urgences. Donc c'est un comportement individuel déjà pour aller mieux soi-même, mais aussi pour maintenir notre système de santé à flot. Donc nous verrons s'il y a lieu de la rendre obligatoire pour d'autres événements, je n'en sais rien. Il y a des cellules interministérielles de crise aujourd'hui avec nos directeurs de cabinet et puis nous verrons s'il y a lieu d'en avoir d'autres.
> [Canicule] Notre responsabilité, elle est de
prévenir, de suivre au jour le jour aussi la tension sur le système de santé.
Il semble, au moment où je vous parle, que le système de santé ne soit pas
particulièrement en tension dans les services d'urgence, malgré une augmentation
très très forte des appels au SAMU ou des appels aux médecins en ville comme
SOS Médecins. (…)
Toutes les mesures de prévention et quand, je le rappelle, notamment vis-à-vis
des personnes les plus âgées, les plus fragiles, toutes ces mesures-là, elles
permettent que notre système de santé puisse tenir. Donc nous nous mobilisons
avec tous les professionnels, je pense évidemment aux directeurs
d'établissement, aux professionnels de santé, aux professionnels de ville. J'ai
pu les rassembler samedi lors d'une réunion, l'ensemble des acteurs du système
de santé pour une mobilisation dans le cadre de cette prévention pour éviter
que notre système de santé soit trop en tension.
> [Canicule] Évidemment, il va falloir climatiser plus, mais surtout rafraîchir. Mais c'est un ensemble de mesures qu'il faut continuer à mettre en place. Il va falloir qu'on s'adapte au changement climatique. Ça veut dire changer des cultures agricoles, mieux isoler. Ce n'est pas simplement que d'annoncer un grand plan de climatisation, c'est ça que je veux dire.
> [Canicule] Il faut qu'on s'adapte. Il faut qu'on s'adapte collectivement et donc qu'on poursuive les plans d'adaptation. On a doublé, je le rappelle, le budget de la mission écologique depuis 2017 où je suis arrivée comme députée. Ce budget a été doublé. Il faut évidemment continuer à collectivement, on s'adapte et aussi individuellement dans nos comportements. Adapter peut-être les horaires de travail, adapter en fonction du travail. Ce n'est pas pareil quand vous travaillez dans un bureau climatisé. Je pense que la solution, encore une fois assez simple, de dire on va faire des congés climatiques, on voit bien que ce n'est pas ça qui va permettre dans le temps, dans le long terme, que notre population s'adapte.
> [Canicule] J’ai réuni les directeurs généraux des ARS face à la vague de chaleur qui touche désormais une large partie du territoire. Compte tenu d’un épisode plus intense, plus étendu et surtout plus durable, j’ai décidé, en lien avec le Premier ministre, de déclencher la phase 2 du plan ORSAN EPI-CLIM. Cette phase ne signifie pas que notre système de santé est en crise. Elle traduit au contraire un choix d’anticipation : se préparer dès maintenant pour protéger les plus fragiles et garantir que notre système de santé puisse tenir dans la durée. Avec les ARS, nous mettons en œuvre dès à présent la phase 2 du plan ORSAN EPI-CLIM, afin de renforcer la coordination territoriale entre hôpitaux, médecine de ville et secteur médico-social.
> 40% des hôpitaux ont été rénovés depuis la dernière canicule.
> [Canicule] On est face à un risque de tension sur le système de santé.
Marina Ferrari (ministre des Sports, de la Jeunesse et
de la Vie associative)
> [Canicule / Intervention à l’Assemblée] Vous l’avez rappelé, la situation
est dramatique. Du fait de la canicule, nos concitoyens cherchent l’accès à des
points d’eau et malheureusement, des accidents surviennent : une
quarantaine de personnes sont décédées depuis le 18 juin. Nous portons une
attention particulière à cette question.
Nous avons anticipé la situation en communiquant, dès la fin du mois de mai,
pour rappeler les mesures de prévention nécessaires. Les efforts de
communication s’intensifieront dans les prochains jours – je
parle sous le contrôle de Mme la ministre de la santé –, car il est
indispensable que chacun adopte un comportement raisonnable : se baigner
dans des zones surveillées, s’équiper quand on ne sait pas bien nager,
surveiller les enfants, entrer progressivement dans l’eau pour éviter les
risques d’hydrocution.
Ceci étant dit, vous avez raison : nous devons également conduire un
travail à plus long terme en matière d’apprentissage de la natation. Nous le
faisons avec l’éducation nationale comme au travers de programmes tels que le
développement de l’aisance aquatique ou « savoir nager », qui nous
permettent de former de nombreux jeunes.
La question des équipements se pose. Vous travaillez beaucoup sur ce sujet et
nous y portons une attention particulière. Il y a quelques mois, j’ai demandé à
l’Agence nationale du sport de réorienter prioritairement ses crédits
d’investissement vers la rénovation des piscines et le déploiement de bassins
mobiles, car il est vrai nous perdons en qualité d’apprentissage, notamment en
zone rurale.
Par ailleurs, nous travaillons avec la Banque des territoires pour identifier
d’autres modes de financement afin de mieux accompagner les
collectivités.
Un autre facteur important est celui de la formation des maîtres-nageurs et des
sauveteurs secouristes aquatiques. D’ici le début de l’été, une refonte du
brevet national de sauveteur secouriste aquatique entrera en vigueur afin
d’élargir les missions des sauveteurs et de mieux assister les maîtres-nageurs.
Nous savons que les collectivités rencontrent des difficultés de recrutement et
il convient de développer le vivier existant.
Voilà ce que je voulais vous dire. J’insiste sur un point : nous devons
faire preuve d’une vigilance collective. Sachez que les services de l’État,
notamment les préfets, sont fortement mobilisés sur ce sujet.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> [Violences contre les enfants et les femmes / Intervention à l’Assemblée] D’abord,
concernant les moyens, il n’y aura pas 1 euro qui manquera au moindre
planning familial de notre pays. Il n’y aura aucune baisse des financements
concernant le Planning familial, parce que celui-ci, qui fête d’ailleurs ses
70 ans cette année, est au cœur même de l’identité qui est la nôtre en
matière de protection des femmes, de santé sexuelle des femmes, et de
prévention des violences dont les femmes et les enfants sont de trop nombreuses
victimes. Pas 1 euro de baisse : c’est l’engagement que nous avons
pris et c’est celui qui sera tenu, planning familial par planning familial, y
compris dans la situation très précise que vous évoquez.
Ensuite, le premier ministre a eu l’occasion de le dire, nous travaillons sur
la proposition de loi dite intégrale avec l’ensemble des parlementaires engagés
sur le sujet. Nous étudions proposition par proposition, mesure par mesure,
article par article, pour voir ce qui peut être fait immédiatement et ce qui
relève de la loi.
Le premier ministre l’a dit, il y aura du temps parlementaire dédié, aussi
longtemps que nécessaire, pour garantir que tout ce qui doit encore être fait
dans la loi puisse l’être, à la fois pour la protection des enfants et la
prévention des violences sexuelles à leur égard et pour la protection des
femmes, qui sont les premières victimes des violences sexuelles.
Tout ne relève pas de la loi. Vous avez raison : le maillage territorial
et le travail des associations sont vitaux pour, notamment, garantir que la
formation puisse être mise en place. Je le précise car j’entends
beaucoup parler de protection des enfants de l’autre côté de l’hémicycle, mais
je rappelle que l’extrême droite a été la première à combattre l’éducation à la
vie affective, relationnelle et sexuelle.
Or c’est le premier moyen pour signaler les violences dont nos enfants sont
victimes. Il n’y a pas un cours d’éducation à la vie affective où, à la fin, un
enfant ne signale les violences sexuelles dont il a été victime. Soutenons les
enseignants et les associations !
> Il y a des lieux qui changent une vie. Avec Édouard Philippe, nous avons visité la future Maison des Femmes du Havre, qui ouvrira ses portes dans quelques jours. Elle deviendra un lieu d'accueil, d'écoute et de reconstruction pour les femmes victimes de violences et leurs enfants. Protéger, réparer, accompagner, c'est notre responsabilité. Notre engagement sera tenu : au moins une Maison par département.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> [Adaptation au changement climatique / Intervention à l’Assemblée] On peut
avoir à ce sujet un débat dépolitisé et cesser de se renvoyer la responsabilité
en un moment où nombre de nos concitoyens souffrent, singulièrement les plus
vulnérables. Le gouvernement est à la manœuvre, le premier ministre a
présidé deux réunions de crise au cours desquelles tous les sujets d’urgence
ont été abordés avec beaucoup de précaution, une gestion confiée au plus près,
en lien avec les territoires. Par ailleurs, cela fait neuf ans que nous nous
préparons avec trois plans consacrés à l’adaptation au changement
climatique. Vous rendez hommage au fonds Vert : merci à Élisabeth Borne de
l’avoir instauré, merci à la précédente majorité de l’avoir adopté ! Vous
rendez hommage aux dispositifs de prévention qui sont l’œuvre de ces majorités
précédentes : le fonds Chaleur, le fonds de prévention des risques
naturels majeurs, dit fonds Barnier, ont été portés à leur plus haut niveau
historique depuis dix ans.
Vous qui connaissez particulièrement ces sujets, vous savez que depuis 2016 les
crédits de la mission Écologie, développement et mobilité durables ont
été doublés ! Ce n’est pas là le fruit du hasard mais celui d’une
politique constante, responsable et qui, si je puis me permettre, joue de ses
deux jambes. L’atténuation du changement climatique sera facilitée par une
baisse historique – une baisse de 25 %, alors qu’elle n’avait
atteint que 17 % depuis 1990 –, depuis 2017, des émissions de gaz à
effet de serre.
La posture politicienne qui consiste à répéter que le gouvernement ne fait
rien, ne promet rien, ne prévoit rien n’est pas, en cette période de crise, une
posture responsable. J’ajouterai que vous avez voulu censurer le projet de
budget où figurait précisément le fonds Vert ! C’est en partie en
raison de cette menace de censure qu’il n’a pu être créé que quelques mois plus
tard. Dans l’épisode actuel, je le répète, chacun doit assumer ses
responsabilités !
> [Eau / Intervention à l’Assemblée] La sécheresse
et l’approvisionnement en eau font évidemment l’objet d’un suivi très attentif.
Le premier ministre a réuni deux cellules de crise au cours desquelles ces
questions ont été abordées. L’état des nappes est préoccupant :
soixante-treize départements font l’objet d’une interdiction partielle ou
totale des prélèvements, contre quarante l’an passé à la même date. (…)
Il y a les mesures d’urgence et il y a le long terme. Vous avez raison d’aborder
ces questions. C’est tout l’enjeu du suivi du plan « eau », présenté
en mars 2023 par le président de la République. En ce qui concerne les moyens,
nous avons relevé les crédits à destination des agences de l’eau, à hauteur de
435 millions d’euros par an. Le triplement décidé par le premier ministre
de l’enveloppe du fonds hydraulique, qui est passée de 20 à 60 millions
par an, permet de débloquer certains projets. En outre, la loi d’urgence
agricole agit à la fois sur le volet quantitatif, pour débloquer différents
projets, et sur le volet qualitatif, par la protection des captages d’eau.
Nous avons un travail à conduire en matière de réutilisation des eaux usées,
dans le respect de la qualité sanitaire de celles-ci – je
parle sous le contrôle de la ministre de la santé. Le gouvernement a déjà pris
onze textes réglementaires pour optimiser l’utilisation de cette ressource.
Nous devons poursuivre ce travail. Nous devons également continuer à travailler
sur les enjeux de sobriété. L’objectif de réduction de 10 % des prélèvements
en 2030, qui figurait dans le plan « eau », sera probablement
atteint, mais cela suppose le concours de toutes et toutes. Votre appui est le
bienvenu.
> Aux côtés de Philippe Tabarot à la Cellule ministérielle de veille opérationnelle et d'alerte (CMVOA) qui suit en temps réel l’évolution de la canicule et ses effets sur nos infrastructures. Nos priorités : protéger les populations fragiles, sécuriser nos territoires contre les incendies et garantir la continuité des services essentiels. Merci à l’ensemble des agents mobilisés.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> 4000 morts, 1 million de personnes déplacées. Il faut absolument que les
combats cessent. La France est aux côtés du peuple libanais.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Canicule : tous mobilisés.
J’ai réuni ce matin les fédérations du médico-social et du domicile pour
aborder les mesures mises en œuvre afin de protéger les personnes âgées et les
personnes en situation de handicap. En présence de la Caisse nationale de
solidarité pour l'autonomie, des administrations du ministère de la Santé et
des agences régionales de santé.
Les priorités : garantir le suivi des consignes de prévention, assurer de
bonnes conditions d’accompagnement, adapter les organisations et suivre
attentivement les remontées de terrain.
Je me suis ensuite rendue sur le terrain, à l’EHPAD Furtado-Heine et à la
Maison d’accueil spécialisée Bougainville, au contact des personnes concernées
et de celles et ceux qui les accompagnent, pour réaffirmer la mobilisation du Gouvernement.
Merci à toutes les équipes soignantes, aux professionnels de santé et du
domicile, aux collectivités territoriales et aux acteurs engagés sur le
territoire en cette période de forte chaleur.
Continuons à nous mobiliser collectivement.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> [Canicule / Intervention à l’Assemblée] Nous traversons effectivement une
épreuve collective, causée par des chaleurs intenses qui ont un impact sur le
monde du travail. Nous édictons des normes, nous contrôlons, nous animons.
C’est notre responsabilité et nous la prenons entièrement. Toutefois, en
matière de sécurité et de santé au travail, la première obligation est celle
des employeurs. Tout défaut de leur part engage leur responsabilité.
Nous avons dédié un chapitre pour mieux lutter contre les chaleurs intenses
dans le plan Santé au travail 2026-2030 qui a été lancé il y a quelques
semaines. J’ai demandé à mes services de renforcer les contrôles. Ce week-end,
à la suite de la montée de la chaleur, plusieurs départements ont basculé en
vigilance rouge canicule. J’ai demandé aux préfets des départements concernés
de ne pas hésiter à arrêter les chantiers de 13 heures à 21 heures si
la situation locale l’exige. Des arrêtés préfectoraux ont ainsi été pris en
Haute-Garonne, dans le Puy-de-Dôme, en Seine-Saint-Denis ou dans les
Hauts-de-Seine.
La France est l’un des seuls pays en Europe à prévoir des obligations
spécifiques très précises pour les employeurs depuis la publication d’un décret
l’année dernière. Les employeurs doivent anticiper ces épisodes et se caler en
fonction des seuils de vigilance météorologique jaune, orange et rouge.
En France, nous avons fait le choix de privilégier le dialogue et ce dialogue
fonctionne. On le constate notamment dans la filière du BTP, qui dispose d’une
caisse financée par les entreprises permettant d’arrêter les chantiers tout en
continuant à payer le salaire des travailleurs. Ce sont ainsi
120 000 heures qui ont été indemnisées par les entreprises en 2025.
Fidèle à ma méthode du dialogue, je réunirai demain ou après-demain tous les
partenaires sociaux, à la fois les organisations syndicales et les
organisations patronales, pour discuter d’éventuelles mesures supplémentaires
et, surtout, pour travailler sur des mesures plus structurelles, parce
qu’effectivement, et je vous rejoins, ces chaleurs intenses viennent impacter
structurellement le monde du travail, qui devra s’y adapter. Comptez sur moi
pour que les travailleuses et les travailleurs de ce pays soient protégés face
à la chaleur intense.
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique,
de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la
nature
> [Canicule / Intervention au Sénat] Cet été nous rappelle que nous n'avons pas été à la hauteur, au niveau
mondial, des efforts qu'il aurait fallu faire pour éviter les extrêmes
d'aujourd'hui.
Nous vivons les conséquences de ce dérèglement climatique, parce que nous
avons été incapables collectivement de tenir l'objectif de la hausse de
1,5 degré. L'Europe est en première ligne des augmentations de
température.
Ce que nous vivons est un avant-goût de l'avenir. D'ici à 2050, il y
aura cinq fois plus de vagues de chaleur.
Les plans nationaux d'adaptation sont appliqués ; nous en sommes au
troisième. Pas moins de 185 mesures de ce plan ont déjà été exécutées.
Mais nous devons réfléchir aux moyens. C'est un mur d'investissements que
nous devons accepter de regarder collectivement.
S'agissant des collectivités, notamment les plus petites, nous avons décidé
que 50 % du fonds vert leur serait attribué en priorité.
> [Canicule / Intervention au Sénat] Oui, nous vivons un événement exceptionnel
par son intensité. Oui, nous aurons certainement à en vivre d'autres.
Mais je ne peux laisser dire que la France ne se prépare pas au dérèglement
climatique. Nous sommes à la pointe en Europe, à tel point que la Commission
européenne a demandé qu'on lui transmette nos documents pour s'en inspirer et
construire une politique européenne d'adaptation.
Cela ne va jamais assez vite, nous sommes d'accord. Aujourd'hui, nous
traitons une situation d'urgence. L'État, ne vous en déplaise, s'est bien
organisé. Nos hôpitaux font face. Avec le ministre de l'éducation nationale,
nous avons pris les mesures nécessaires pour organiser les examens. Idem
dans les Ehpad ou pour éviter les feux de forêts. Un chiffre : il y a déjà
eu plus de départs de feux cette année que l'an dernier à la même période
- vous n'en avez pas entendu parler, car ils ont été arrêtés à temps.
Parler d'impréparation n'est pas acceptable.
L'adaptation, elle, prendra des années. C'est toute notre vie, toutes nos
infrastructures qu'il faut revoir. Construisons l'avenir ensemble.
> [Canicule / Intervention au Sénat] Si aujourd'hui
vous me dites que le fonds vert ne finance pas la climatisation dans les
écoles, je suis prête à changer la règle. Ce n'est pas un dogme en ce qui me
concerne.
Mais il y a des mesures passives à mettre en œuvre avant. Quand vous voulez
garer votre voiture, même si elle est climatisée, vous cherchez une place à
l'ombre. C'est la même chose pour les bâtiments. Il faut créer les conditions
de la fraîcheur du bâtiment. Il existe une différence de 10 degrés entre
un bâtiment mal conçu et un bâtiment bien conçu. Si cela ne suffit pas, on peut
envisager la climatisation. (…)
Si la question est :
devons-nous climatiser les écoles ? La réponse est : oui !
Mais ces opérations ne doivent pas être financées uniquement par de l'argent
public. Vous pouvez aussi prévoir des panneaux solaires sur les toits, équipés
de batteries en vue d'alimenter une pompe à chaleur réversible. Pour le
financer, vous pouvez proposer à un établissement financier de jouer le rôle de
tiers payant et d'avancer l'argent aux collectivités en se remboursant sur les
économies d'énergie. Ce système est vertueux : les écoles pourront ainsi
s'équiper, sans que cela ne coûte rien à l'État et aux collectivités
territoriales.
> [Canicule / Intervention au Sénat] Nos moyens consacrés à l'adaptation
climatique continuent à augmenter. L'année dernière, ils se sont montés à
1,7 milliard d'euros pour ce qui est de mon ministère. Sans compter, par
exemple, les 1,5 milliard d'euros accordés à la SNCF pour adapter le
système ferroviaire à la canicule.
Le fonds vert n'a jamais eu pour objet de financer la totalité des projets
locaux ; il s'agit de financements complémentaires. À ce jour, nous avons
financé, avec les collectivités, des projets de renaturation ou de
climatisation passive, notamment, dans près de 6 000 écoles. Il est
donc injuste d'affirmer que des efforts ne sont pas faits.
Reste qu'il faudra, lorsque vous débattrez de nos prochains budgets,
réfléchir aux priorités que la France entend se fixer en matière d'adaptation.
Ce que je souhaite vivement, c'est que tout le monde parle d'adaptation et de
climatisation, y compris quand la vague de chaleur sera terminée.
> [Réutilisation de l’eau] « C’est quand le puits se tarit que nous nous
rendons compte de la valeur de l’eau. »
Cette phrase, souvent attribuée à Benjamin Franklin, prend ici, dans les
Pyrénées-Orientales, une résonance particulière après plus de trois années et
demie de sécheresse.
Je me suis rendue à Argelès-sur-Mer pour inaugurer le plus grand projet, en
France, de réutilisation des eaux usées traitées pour l’irrigation agricole.
L’enjeu est simple et essentiel à la fois : transformer une eau jusqu’ici
rejetée en mer en une ressource utile, sécurisée et mobilisable pour
l’agriculture.
À terme, ce dispositif permettra de réutiliser jusqu’à 1,3 million de m³ d’eau
par an, au bénéfice d’environ 60 agriculteurs et de près de 700 hectares de
terres agricoles.
Ce projet nous rappelle qu’il nous faut :
- Changer de regard sur l’eau
L’eau usée traitée n’est pas un déchet : c’est une ressource, dès lors qu’elle
est correctement traitée et encadrée.
- Préserver les ressources les plus fragiles
L’objectif n’est pas d’augmenter les prélèvements, mais de substituer des
ressources pour réduire la pression sur les milieux déjà sous tension.
- Partir des réalités du terrain
Ce projet répond à une attente très concrète des agriculteurs : disposer d’une
ressource plus stable pour maintenir et sécuriser leur activité dans un
contexte de sécheresses répétées.
La méthode que nous portons est celle du pragmatisme : ne pas opposer les
solutions, mais les articuler. Sobriété, modernisation des réseaux,
réutilisation des eaux et stockage (lorsque cela est pertinent) doivent avancer
ensemble.
Le rôle de l’État est d’accompagner ces innovations, de les sécuriser et de
garantir qu’elles s’inscrivent dans une gestion durable et équilibrée de la
ressource.
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Nous sommes tous ici pères
et mères de famille – et, en tout état de cause, les pères et mères de
famille ou les gens qui rencontrent des victimes n’ont pas le monopole de la préoccupation
pour les enfants. J’ai exercé de nombreux mandats électifs dans un coin très
populaire du Nord : en tant que conseiller départemental, j’ai eu à gérer
l’ASE dans le département qui compte le plus grand nombre d’enfants placés et j’ai
dirigé une ville parmi les plus pauvres de France, avec le cortège de misère et
de violence que cela implique. Comme père de famille, comme citoyen ou comme
responsable politique, je n’ai donc aucune leçon à recevoir !
Je suis à la tête d’un ministère auquel la majorité actuelle a conféré son
budget le plus important à ce jour, grâce aux crédits que le président de la
République a décidé de lui attribuer – en une seule année budgétaire, ce budget a
augmenté de 700 millions d’euros. Je pourrais vous intenter un procès
politicien et vous reprocher de ne pas avoir voté ce budget et d’avoir voulu
renverser ce gouvernement mais je suis certain que nous souhaitons tous
lutter contre les crimes qui touchent les enfants. Je regrette que vous, en
revanche, tombiez dans la pure polémique politicienne alors que des
policiers, des gendarmes, des magistrats travaillent jour et nuit pour protéger
nos concitoyennes et nos concitoyens ! Que chacun prenne garde, dans sa
famille – y compris politique –, à balayer d’abord
devant sa porte avant de le faire devant celle des autres.
> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Vous
êtes le porte-voix de familles, de tout un département du Gers profondément
blessé et meurtri. Il y a quinze jours, à l’occasion d’une question au
gouvernement, vous avez demandé quels constats ce dernier et la Chancellerie
établissaient sur cette terrible histoire qui nous a tous serré le cœur. Comme
l’avait promis le gouvernement sous l’autorité du premier ministre, nous avons
diligenté une inspection. Tous les Français peuvent désormais prendre
connaissance du prérapport qui en est issu et qui se penche tout
particulièrement sur le traitement de la plainte déposée en août 2025 par les
parents de Rosa. Il dresse le constat accablant des dysfonctionnements
extrêmement graves qui ont affecté le travail de la gendarmerie nationale – le
ministre de l’intérieur a pris des mesures conservatoires la concernant –
et le fonctionnement du parquet d’Auch. Pour prévenir ce qui s’est passé, nous
n’avions pas besoin d’une nouvelle loi ou de davantage de moyens. Il fallait
appliquer les instructions données avec la même célérité que le parquet de
Toulouse et la gendarmerie de Haute-Garonne, eu égard au fait qu’un pédocriminel
continuait d’infliger d’affreux sévices à d’autres enfants.
Le traitement des dizaines d’autres milliers de plaintes déposées pose d’autres
questions. Il peut révéler un manque de moyens, d’OPJ, d’unités
médico-judiciaires, d’experts, parfois de numérisation. À cet égard, vous avez
parfaitement raison.
Pendant trois ans et demi – vous avez fait partie des députés qui m’ont
accompagné dans ce projet –, j’ai travaillé à instaurer l’impôt à la
source, et le ministère des comptes publics, qui croulait sous une montagne de
papiers, a été totalement numérisé, comme vous l’avez démontré. La direction
générale des finances publiques peut ainsi rendre un grand service aux citoyens
lorsque vient le moment de payer leurs impôts.
J’ai été quatre ans ministre de l’intérieur. Auparavant, il fallait être
physiquement présent au commissariat ou à la gendarmerie pour déposer des
plaintes ou recevoir son permis de conduire : tout se faisait sur
papier ; désormais, tout est dématérialisé.
Voilà un an que je suis ministre de la justice. Quand je suis arrivé, il
existait deux tribunaux numériques ; à présent, ils sont 161. Ce travail
doit se poursuivre. Nous aurons certes besoin de moyens pour le mener à bien – vous
siégez à la commission des finances – mais nous l’aurons achevé avant la
fin du quinquennat.
> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Permettez-moi
de corriger votre présentation. Il y avait des inscriptions au fichier
traitement d’antécédents judiciaires du ministère de l’intérieur. Ce fichier,
dans lequel figurent 17 millions de Français, est consultable par les
policiers, les gendarmes, les douaniers et les magistrats. M. Barella
était dans ce fichier ; le rapport d’inspection le montre. Son nom
figurait également dans le fichier dit Cassiopée du ministère de la justice,
auquel ont accès tous les parquetiers de France, quel que soit l’endroit où la
plainte est déposée. Ainsi, nous connaissions les antécédents judiciaires de
M. Barella. Ces fichiers étaient-ils à jour ? La réponse est oui,
selon l’inspection. Ces fichiers ont-ils été consultés par le parquet de
Toulouse ? La réponse est oui. Y a-t-il eu consultation par le parquet
d’Auch ? La réponse donnée par le rapport d’inspection nous a permis de
prendre plusieurs mesures conservatoires, pour les gendarmes comme pour les
magistrats.
Ces fichiers existent. La question que vous posez est autre : y a-t-il des
fichiers administratifs comme les fiches S – vous
faites le parallèle avec le terrorisme –, qui sont des fiches de
renseignement administratives, et qui ne permettent pas des interpellations,
mais des surveillances ? C’est un débat très important. Pour cela, il
faudrait que le ministère de l’intérieur crée un fichier administratif, quitte à
ce que celui-ci soit renseigné par des mesures de renseignement, y compris
judiciaires. Par ailleurs, il faudrait que la Cnil l’y autorise. La grande
différence avec la Grande-Bretagne, que vous citez, c’est que là-bas, il n’y a
pas la Cnil. Je vous encourage à parler avec vos collègues parlementaires qui
sont membres de la Cnil et qui depuis plusieurs années – peut-être
même depuis les années 2000 et 2010 –, refusent la création de ce
genre de fichiers pour les services de renseignement et pour les services de
police et de gendarmerie ou de justice.
Concernant votre proposition de loi, la réponse est oui. Nous adopterons le
principe et nous inscrirons des dispositions dans le projet de loi relatif à la
protection de l’enfance avec Mme Rist. En ce qui concerne
l’interconnexion, je vous propose, madame la présidente de l’Assemblée nationale,
de saisir ensemble la Cnil pour lui demander de débloquer très rapidement ces
interconnexions de fichiers, qui en effet nous manquent. Celles-ci sont
autorisées dans certains pays européens ; elles n’ont pas aujourd’hui pour
finalité législative de suivre les pédocriminels. Je suis personnellement très
favorable à votre proposition.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Canicule / Intervention à l’Assemblée] Nous avons en France
60 000 implantations scolaires qui dépendent respectivement des
communes, des départements et des régions, c’est-à-dire des collectivités
territoriales. En tant que ministre de l’éducation nationale, je ne sais pas
encore rénover un bâti dont je ne suis pas le propriétaire ! La
seule solution est de soutenir les collectivités, dont c’est la responsabilité
première. À l’heure où nous parlons, 6 200 projets de rénovation des
bâtiments scolaires sont soutenus soit par le fonds Vert, soit par le programme
EduRénov’, ce qui représente 24 millions de mètres carrés couverts au
total. De toute évidence, ces bâtiments ne se rénovent pas en deux coups de
cuiller à pot, comme nous pourrions tous légitimement le souhaiter. C’est ce
qui explique que 1 800 écoles environ ont été obligées de fermer,
dont 5 en Dordogne, et que 8 000 autres aient adapté leurs horaires,
dont 194 en Dordogne. Nous faisons face localement en nous adaptant aux
réalités du terrain et en attendant que le plan que nous avons lancé se
poursuive.
> [Canicule / Intervention à l’Assemblée] Nous
subissons tous la vague de chaleur actuelle. Je tiens à rendre hommage aux
1 200 000 agents de l’éducation nationale dont j’ai la
responsabilité, au même titre que les 12 millions d’élèves scolarisés dans
notre pays.
Vous avez raison, nous sommes confrontés à un phénomène récurrent qui nous
impose de nous adapter sur le long terme.
Un premier élément de réponse concerne le bâti. Vous l’avez dit. Différents
leviers permettent d’agir, notamment le fonds Vert ou le programme ÉduRénov.
M. le ministre de l’économie Roland Lescure souhaite étendre la dimension
d’ÉduRénov pour faciliter les prêts. Ces leviers agissent soit sur le bâti
lui-même, soit sur la végétalisation des espaces environnants pour maintenir
des îlots de fraîcheur dans les cours ou à proximité immédiate des bâtiments.
Le ministère de l’éducation nationale dispose d’une cellule du bâti scolaire,
qui apporte un appui aux collectivités locales – elle
ne peut leur proposer qu’un appui, puisque l’État n’est pas propriétaire des
lieux. Cette cellule a identifié 2 300 implantations scolaires jugées
prioritaires car particulièrement vulnérables.
Notons que le bâti scolaire a été conçu à une époque où le problème était
inverse : l’école Jules Ferry classique, c’est une école dont les classes
sont orientées plein sud, parce qu’il fallait réchauffer les enfants en hiver.
Nous avons donc une transformation très profonde à opérer dans le bâti.
Le second volet d’action concerne l’organisation. Je l’ai déjà dit, notamment
s’agissant des examens : nous ne pouvons plus nous permettre d’organiser
des épreuves l’après-midi pour les années à venir. Nous allons donc
reconfigurer l’organisation des examens de sorte que toutes les épreuves,
écrites comme orales, aient lieu le matin. Je lancerai ce travail avec les
différents acteurs de l’éducation nationale au début du mois de juillet, afin
que chacun ait une visibilité claire dès la rentrée prochaine sur les examens
ainsi remaniés.
> [Marc Bloch au Panthéon] Dilexit veritatem : il
chérissait la vérité. Et à travers elle, la France, dont il avait fait siens
l'héritage et l'histoire, dont il a défendu les principes et les promesses,
dont il respirait l'air jusqu'à ce que les nazis lui ôtent la vie.
Marc Bloch est entré hier soir au Panthéon pour son œuvre, son engagement en
faveur de l'enseignement et son courage. Professeur de lycée, maître de
conférences, historien majeur et résistant, Marc Bloch n’a cessé, tout au long
de sa vie, de servir la France. Admis au Panthéon aux côtés de son épouse,
Simonne Bloch, il devient le premier historien à y faire son entrée.
« Que doit-on faire quand son pays renonce à ce qu'il est ? » Lui
rester fidèle, témoigner, résister. Vive Marc Bloch, vive la République, vive
la France.
> La coopération franco-allemande 🇨🇵🇩🇪 en
matière éducative avance !
Heureux d'avoir pu échanger aujourd’hui avec mon homologue allemande, Karin
Prien, ministre fédérale allemande de l'Éducation.
Cette rencontre a été l'occasion d'aborder des sujets communs à nos deux pays,
notamment la gestion de la baisse démographique dans nos systèmes éducatifs et
les défis posés par l'intelligence artificielle. Des échanges riches, qui
permettent de renforcer notre coopération éducative et viendront nourrir des
initiatives communes au niveau européen.
> Aujourd’hui, Katia Béguin a pris ses
fonctions en tant que présidente du Conseil supérieur des programmes
(CSP).
Le CSP occupe un rôle fondamental au sein de notre système éducatif. Instance
indépendante et exigeante, le conseil émet des avis et des propositions sur la
conception des enseignements, le contenu du socle commun de connaissances, les
épreuves des examens conduisant aux diplômes, ainsi que la nature et le contenu
des épreuves des concours de recrutement des enseignants. Ses travaux sont
rendus publics, dans un souci constant de transparence.
Cette indépendance est garantie par la diversité de ses membres :
universitaires, chercheurs, spécialistes de l'éducation et représentants élus
de la Nation et de la société civile y siègent ensemble, au service de
l'intérêt général.
Je remercie Katia Béguin pour son engagement et lui adresse tous mes vœux
dans l'exercice de cette mission essentielle pour l'avenir de notre École.
Françoise Gatel (ministre de l’Aménagement du
territoire et de la Décentralisation)
> [Projet de loi portant
simplification des normes applicables aux collectivités territoriales /
Intervention au Sénat] Certains textes créent des droits nouveaux, d'autres
ouvrent la voie à de nouvelles politiques publiques. D'autres encore, comme ce
projet de loi, ont une ambition plus discrète en apparence, mais des effets non
moins importants, parce qu'ils rendent à l'action publique les conditions mêmes
de sa capacité à obtenir des résultats : la facilité, la lisibilité, la
liberté d'agir.
La simplification n'est ni une politique annexe, ni un exercice de
communication, ni une entreprise de dérégulation. Elle procède d'une conception
exigeante de l'action publique : celle d'un État qui refuse que la
complexité des procédures fasse obstacle à l'accomplissement des missions des
pouvoirs publics - en l'occurrence, nos collectivités.
À cette tribune, je ne puis m'empêcher de penser à Portalis, qui veille sur
votre hémicycle. Dans le Discours préliminaire du premier projet de code
civil, il souligne que les lois sont faites pour les hommes, non les hommes
pour les lois. De fait, la loi ne saurait devenir une fin en soi ; elle ne
vaut que par le service qu'elle rend à la société. Simplifier le droit, ce
n'est donc pas l'affaiblir, mais le ramener à sa vocation première.
Les collectivités locales ne demandent pas moins de droit, mais un droit
meilleur. Elles ne contestent ni la nécessité de la règle ni les exigences
attachées à son respect. Les élus locaux savent mieux que quiconque que la
norme protège les libertés, garantit l'égalité entre citoyens et les protège
eux-mêmes en leur permettant d'agir de manière sécurisée. Ils ne réclament
nullement d'être exonérés de leurs obligations.
Ce que, en revanche, ils expriment et que vous exprimez aussi, c'est une
difficulté croissante à exercer leurs responsabilités. Ils ne dénoncent pas
l'existence de règles, mais alertent sur leur accumulation désordonnée. Ils ne
contestent pas le contrôle, mais s'interrogent sur la multiplication de
procédures qui semblent avoir perdu de vue leur finalité.
Cette situation n'est pas le fruit d'une volonté de compliquer l'action
publique. Elle résulte d'intentions souvent légitimes, car chaque réforme vise
à répondre à une difficulté ; chaque obligation naît de la volonté de
mieux protéger les personnes ou mieux garantir les droits. Mais les meilleures
intentions ne dispensent pas d'évaluer les effets produits.
Or la production normative n'est pas sans conséquence - qui le sait mieux
que le Sénat ? Elle se traduit par des délais qui s'allongent, des coûts
supplémentaires, des procédures qui se superposent, des dossiers dont le volume
croît et la nécessité de voter des lois d'exception, comme pour les jeux
Olympiques et la reconstruction de Notre-Dame de Paris.
En vingt ans, le code général des collectivités territoriales a presque triplé
de volume ! Et, depuis 2009, plus de 4 400 normes
applicables aux collectivités territoriales sont entrées en vigueur...
Éloquents, ces chiffres ne visent pas à instruire le procès de la norme, mais à
nous engager à la lucidité collective sur notre manière de légiférer et de
réglementer.
La simplification n'est pas le contraire de la règle, mais de son excès :
il ne s'agit pas de choisir entre protection et efficacité, mais de faire en
sorte que l'une ne compromette jamais l'autre. Elle est souvent invoquée, mais
plus rarement menée à terme. Nous nous souvenons tous de grandes déclarations
d'intentions restées sans lendemain, et pour cause : la baignoire se vide,
mais le robinet continue à couler.
La simplification doit devenir une discipline exigeante de l'action publique.
C'est la raison pour laquelle le Premier ministre, ayant entendu les élus
locaux et le Sénat, a lancé dès septembre dernier un chantier inédit fondé sur
l'idée qu'on ne simplifie pas efficacement depuis les bureaux d'une
administration centrale, mais avec ceux qui appliquent la règle et en mesurent
les effets comme les limites.
Nous avons donc choisi de partir du terrain. Nous avons sollicité les
associations d'élus, car nul ne connaît mieux que les élus et leurs services
les obstacles auxquels ils se heurtent. Nous avons aussi demandé aux préfets de
nous faire connaître les difficultés concrètes rencontrées. Nous nous sommes
appuyés sur les travaux du Roquelaure de la simplification engagés par mon
prédécesseur François Rebsamen et les analyses de Boris Ravignon sur le coût du
millefeuille administratif, sans oublier les travaux du Sénat.
Cette méthode marque une évolution profonde. Pendant longtemps, l'État a pensé
la simplification à partir des textes. Nous avons fait le choix de la penser à
partir des usages. Ce texte est donc moins celui de l'administration que celui
des territoires ; c'est sans doute ce qui lui confère sa légitimité.
Cette méthode modeste mais déterminée donne déjà des résultats. De fait, nous
n'avons pas attendu pour engager le mouvement : chaque fois qu'une
simplification pouvait être réalisée par voie réglementaire, nous avons
considéré qu'il n'y avait aucune raison de la différer. Nous avons ainsi
transformé près de 600 propositions de terrain en mesures concrètes. Un
exemple évocateur en ces jours de canicule : l'obligation annuelle de
vidange des piscines, qui coûtait 30 millions d'euros par an.
En février dernier, nous avons fait paraître un méga-décret comportant
36 mesures de simplification applicables sans délai. Je pense en
particulier à la suppression de déclarations préalables, comme pour
l'installation d'une pompe à chaleur. Ce mouvement est appelé à se poursuivre,
et vous y aurez votre part. Un deuxième méga-décret sera publié le mois
prochain, puis un troisième à l'automne.
Au total, plus de 120 mesures de simplification auront été prises au
premier semestre de cette année. Mais, au-delà du chiffre, ce qui importe
surtout, ce sont les effets sur le quotidien des collectivités. L'exemple le
plus frappant est celui des maisons France Services, qui doivent refaire
chaque année un dossier pour continuer d'être soutenues. La suppression de ces
3 000 dossiers libérera du temps pour les agents et les élus. Bref,
il s'agit de regagner de l'énergie, du temps et de l'argent.
Les 42 mesures de ce texte relèvent de domaines variés : renforcement du
Conseil national d'évaluation des normes (CNEN), fonctionnement des
collectivités, gestion RH, gestion budgétaire - avec notamment le
compte financier unique (CFU), une belle innovation que j'ai expérimentée dans
ma commune - commande publique, urbanisme. Le tout peut donner
l'impression d'un certain foisonnement. À cet égard, je reprendrai à mon
encontre l'expression que j'avais employée sur un projet de loi défendu par un
gouvernement socialiste : il s'agit d'un cabinet de curiosités. Ils sont
diaboliques !
Au vrai, ce texte va là où il faut pour être utile, avec des mesures approuvées
par les associations d'élus. Sa cohérence est de permettre aux collectivités de
consacrer davantage de temps aux missions qu'aux procédures.
Il s'agit aussi d'être utile à nos concitoyens. Est-il normal qu'ils passent
autant de temps à demander une reconnaissance de qualité de travailleur
handicapé ?
Prises isolément, toutes ces mesures peuvent sembler modestes, mais nous ne
sommes pas touchés par un excès d'orgueil. Chacun ici sait que ce sont les
petites obligations répétées qui absorbent le plus d'énergie. Le diable est
dans les détails - et le diable nous coûte cher.
Notre objectif est aussi de faciliter les projets des territoires. Les élus
locaux sont des bâtisseurs : le droit doit accompagner leurs initiatives
sans les ralentir. Je pense à la réduction du délai en ce qui concerne les
biens sans maître. La facilitation sera aussi au cœur du projet de loi État
local: nous voulons que le préfet soit l'ensemblier des services et agences de
l'État.
Nos propositions ne procèdent d'aucune idéologie. Elles traduisent une
conviction simple, mais exigeante et que le Sénat réaffirme
régulièrement : l'État efficace n'est pas celui qui produit plus de
règles, mais celui qui sait discerner les règles nécessaires.
Plus globalement, nous devons changer de regard sur notre manière de produire
la norme. La simplification doit être une exigence permanente et une culture
partagée, pour que la loi soit claire, utile et pleinement effective. À travers
des mesures d'apparence simple, notre ambition est profonde : garantir
l'efficacité de l'action publique du premier au dernier kilomètre. Le temps que
nous rendrons aux élus en allégeant les procédures sera rendu au service public
et finalement à nos concitoyens.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> Il n’y a pas de tensions majeures sur le réseau électrique. Merci aux
équipes d’Enedis mobilisées pour intervenir quand c’est nécessaire. Notre
réseau est robuste et nous restons exportateurs net, mais là aussi il faut
investir pour entretenir et adapter le système électrique.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> [Marc Bloch au Panthéon] J’ai assisté avec émotion aujourd’hui à la
panthéonisation de Marc et Simonne Bloch. Marc Bloch incarne une certaine idée
de la France : celle de l’exigence de vérité, du refus du mensonge et de la
facilité, du courage intellectuel autant que physique. De la liberté. Fou de la
République, fou de la France, son destin rappelle combien l’histoire de notre
nation est indissociable de celle de ces générations de Français juifs qui
l’ont servie, défendue et parfois sauvée au prix de leur vie. Avec Marc Bloch,
refusons toujours l’esprit de défaite, la soumission et les passions tristes.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> L’annonce par le Premier ministre d’un calendrier d’examen de la loi
intégrale est une immense satisfaction. C’est une grande victoire collective
pour les parlementaires, les associations et l’ensemble des acteurs engagés sur
ce sujet. Pour mieux protéger les femmes et les enfants, nous ne lâcherons
rien.
> Historien. Républicain. Résistant. Supplicié. Entre ici Marc Bloch, alias « Narbonne ». Tu as « aimé la vérité ». Tu as aimé ta Patrie. Tu es mort pour elle, en criant « Vive la France ». Pour nous prémunir des « étranges défaites », puissions-nous méditer cette maxime : « l’incompréhension du présent naît fatalement de l’ignorance du passé ».
> L'Assemblée nationale a adopté le projet de loi constitutionnelle qui inscrit un statut d’autonomie de la Corse au sein de la République. Il est le fruit d'un compromis historique et d'un processus fondé sur le dialogue et la confiance. Je salue le sens des responsabilités des députés et l'important travail qui a été accompli pour parvenir à ce vote, résultat d'une première étape parlementaire réussie.
> Je me suis battue pour un texte sur la fin de vie fidèle à son principe fondateur : l’auto-administration. Je continuerai à défendre cette ligne, avec une seule exception : l’intervention d’un tiers lorsque la personne n’est pas en capacité d’accomplir elle-même ce geste. Les députés se prononceront sur ce texte le 15 juillet.
> L’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs est une fausse bonne idée : dans toutes les affaires que nous connaissons, elle n’aurait strictement rien changé. Il ne faut pas laisser croire aux victimes qu’un procès équitable pourrait être garanti 40 ou 50 ans après les faits.
> Je demande l’inscription de la loi intégrale à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Ce texte propose des mesures concrètes : il faut maintenant un engagement politique à la hauteur.
> L'amitié franco-allemande se façonne patiemment,
à chaque session et à chaque échange.
Aujourd'hui à Paris, avec Julia Klöckner, nous avons présidé la session
plénière de l'Assemblée parlementaire franco-allemande. 100 parlementaires des
deux pays réunis pour débattre, proposer et décider ensemble.
Cette journée de travail et d’amitié a une nouvelle fois démontré la solidité
de la coopération entre nos deux nations. Ensemble, nous avons examiné des
textes qui touchent des sujets concrets du quotidien de nos citoyens : le
numérique, l’énergie, l’écologie, la protection des mineurs face aux réseaux
sociaux ou encore la sécurité de nos frontières.
Nous avons aussi échangé avec des jeunes engagés à la Maison Heinrich-Heine,
soutenus par le Fonds citoyen franco-allemand et l'OFAJ. C'est là que se joue
l'avenir de notre relation.
C'est au Mémorial de la Shoah que nous avons conclu cette journée. Un moment de
recueillement nécessaire, pour ne jamais oublier ce qui fonde notre engagement
commun : la vigilance, la mémoire, et la responsabilité que nous portons
ensemble face à l'antisémitisme.
> L’amitié entre la France et l’Allemagne puise aussi sa force dans une mémoire douloureuse : celle de la Shoah, de l’abîme dans lequel l’Europe a sombré, mais aussi de la volonté de construire ensemble un avenir de paix. Face aux noms des victimes et des Justes, nous mesurons la responsabilité qui est la nôtre : transmettre.
> Face aux crises qui se multiplient, une conviction s’impose : l’Europe doit être capable d’assurer sa sécurité et de défendre ses intérêts. Avec l’Allemagne, nous portons cette ambition d’une Europe plus forte, attachée au droit international, au soutien à l’Ukraine et à la construction d’une véritable Europe de la défense.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Historien parmi les plus grands, résistant jusqu’au sacrifice ultime, Marc
Bloch entre aujourd’hui au Panthéon. Toute sa vie, il aura cherché à comprendre
son époque autant qu'à servir son pays. Marc Bloch nous lègue une exigence de
vérité et un refus des aveuglements. Dans L’Étrange Défaite, il montre comment
les renoncements et les compromissions peuvent conduire les nations au pire.
Faire vivre son héritage aujourd’hui, c’est ne jamais détourner le regard des
menaces qui pèsent sur notre démocratie, c’est savoir regarder nos propres
faiblesses et avoir le courage de les affronter. À nous d’être dignes de ce
qu’il nous a légué. À nous de le préserver, de le faire vivre et de le
transmettre. Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Les mêmes qui accusent les responsables politiques ou le gouvernement
de ne pas agir sont ceux qui ont voulu baisser le fonds vert (...) et
expliquent qu'il faut réintroduire l'exploitation fossile en France la semaine
qui précède la canicule.
> Si l’on regarde ce qui a été fait ces dernières années, le budget de l’écologie a doublé, la baisse des émissions de gaz à effet de serre a été multipliée par quatre par rapport au quinquennat Hollande et la qualité de l’air s’est nettement améliorée, avec près de 30 % de pollution en moins dans les grandes villes. Nous avons également adopté un Plan national d’adaptation au changement climatique qui permet de préparer la France à un réchauffement de +4°C à l’horizon 2050 et qui est aujourd’hui regardé à l’international comme un modèle.
> Alors même que le bloc central n’est pas partie prenante de certains choix du Gouvernement, et s’y oppose parfois, la perception reste qu’il s’agit du Gouvernement du bloc central. Les Républicains ont fait un véritable tour de force : ils occupent une place massive au sein du Gouvernement tout en donnant le sentiment de ne pas en faire partie. À écouter Bruno Retailleau, on pourrait croire qu’il n’a jamais été ministre et qu’il n’a jamais participé à la moindre décision gouvernementale...
> Lorsque l’extrême droite et la droite ne prennent pas en main le sujet du dérèglement climatique, elles sont à côté de la plaque. Parce que quand on regarde les crises migratoires mondiales, beaucoup ont une origine climatique. Le dérèglement climatique est précisément au cœur de la question de la souveraineté et de la question migratoire.
> Le combat climatique est devenu un combat économique. La Chine l’a bien compris. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle accélère sur la baisse de ses émissions de gaz à effet de serre. Ce n’est pas par philanthropie. Comme la France, la Chine est dépendante du gaz et du pétrole. La carte à jouer est de développer des énergies alternatives et de penser les emplois et l’industrie de demain sans ces énergies fossiles. L’Europe doit continuer.
> Avec Gabriel Attal, notre stratégie est claire : nous voulons une énergie bas carbone pilotable et compétitive ; chaque mot compte ! La neutralité technologique est notre boussole : nous développerons les projets de renouvelables et de nucléaire les plus compétitifs pour notre système énergétique. C'est le message que j'ai porté aujourd'hui au colloque de l'UFE sur le thème : « Quelles politiques énergétiques pour la France ? ». Notre priorité doit être de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles importées, qui nous exposent aux tensions géopolitiques et à la volatilité des prix. La France dispose pour cela d'atouts considérables : des entreprises leaders de l'énergie et un surplus d’électricité très attractif pour de nouveaux investissements. À nous d’attirer les projets d’intelligence artificielle ou industriels qui sont les plus créateurs de valeur et d’emplois dans notre pays !
Elisabeth Borne (députée)
> L’entrée de Marc Bloch au Panthéon honore une figure exemplaire du
courage et de la Résistance face à la barbarie. Par son engagement, son œuvre
et son héritage, il continuera d’éclairer notre temps et d’inspirer les
générations futures. Sa mémoire nous rappelle l’impérieuse nécessité de
défendre sans relâche les valeurs de la République, tout en transmettant le
savoir avec exigence, rigueur et dévouement. En rejoignant le Panthéon aux
côtés de son épouse Simonne, c’est à ces deux grandes âmes que la Patrie
exprime sa reconnaissance.
> À Toulouse, au cœur du bassin aéronautique et spatial, j’ai rencontré celles et ceux qui font la force industrielle de notre pays : salariés, apprentis, étudiants, entrepreneurs et innovateurs. Une même ambition : produire, former, innover et décarboner. L’industrie française crée des emplois, prépare les compétences de demain et renforce notre souveraineté. Continuons à investir dans l’innovation et les talents qui feront la France de demain.
Marc Ferracci (député)
> Aujourd'hui, la République fait entrer au Panthéon l'un de ses esprits les
plus lucides. Ce 23 juin 2026, Marc Bloch y reposera désormais, aux côtés de
son épouse Simonne. Historien, cofondateur de l'école des Annales, officier des
deux guerres mondiales, résistant arrêté, torturé et assassiné par la Gestapo
en juin 1944. Simonne Vidal, partie à sa recherche, est morte quelques semaines
après lui. Ils seront désormais réunis sous la coupole de notre Panthéon. «
Pour son œuvre, pour son enseignement et pour son courage » : les mots du
Président de la République en annonçant cette entrée disent l'essentiel. Marc
Bloch nous a légué une phrase que je n'oublie pas : « L'ignorance du passé ne
se borne pas à nuire à la connaissance du présent, elle compromet, dans le
présent, l'action. » Dans L'Étrange Défaite, écrite en 1940, il refusait le
fatalisme et nommait sans détour les renoncements qui avaient affaibli notre
pays. Cette exigence de lucidité reste la nôtre. Une nation qui comprend son
histoire se donne les moyens d'agir sur son avenir. Honorer Marc Bloch, ce
n'est pas seulement saluer un défunt. C'est continuer d'honorer le cap qu'il a
tracé : la lucidité au service de l'action, et le courage au service de la
France.
Jean-René Cazeneuve (député)
> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Monsieur le garde des
sceaux, depuis la découverte, le 4 juin, du corps de la jeune Lyhanna, sa
famille, les Gersois et toute une nation bouleversée attendent des réponses. Le
prérapport conjoint des inspections générales de la justice, de la gendarmerie
nationale et de l’éducation, du sport et de la recherche en apporte, en
établissant une chronologie précise des faits. Je salue l’exercice de
transparence auquel s’est livré le gouvernement et la diligence et l’efficacité
avec laquelle les inspections ont fait leur travail. Malheureusement, ce
document est tristement accablant. Il établit des dysfonctionnements, des
erreurs d’appréciation, des modalités de transmission de dossier d’un autre
temps et des manquements aux lourdes conséquences.
Il contient aussi des propositions pertinentes. Quelles suites leur
donnerez-vous ? Il n’est pas question ici de stigmatiser ou de jeter
l’opprobre sur l’autorité judiciaire ou la gendarmerie : les femmes et les
hommes qui les servent, pleinement engagés pour nos concitoyens, font face à un
nombre grandissant de plaintes. Au-delà du terrible drame dont Lyhanna a été la
victime, la pédocriminalité requiert une réponse globale, nécessairement
complexe. Nous n’avons pas besoin des mesures réductrices que certains prônent
– le seul durcissement des peines ou le seul renforcement des moyens –
car on a déjà fait beaucoup. Il nous faut au contraire adopter une approche à
360 degrés, qui devrait tous nous réunir, au-delà des clivages politiques,
dans l’élan qui anime une nation solidaire. Nous devons actionner tous les
leviers : formation, prévention, écoute de la parole des enfants,
accompagnement des victimes, digitalisation et sécurisation des procédures,
suivi et contrôle des priorités, pour n’en mentionner que quelques-uns.
Pour qu’il n’y ait plus jamais d’autres Lyhanna, pour rassurer les Français et
protéger nos enfants, quelles mesures structurelles comptez-vous prendre ?
Nicole Dubré-Chirat (députée)
> [Aide à mourir / Intervention à l’Assemblée] L’Assemblée nationale
examine en nouvelle lecture la proposition de loi relative au droit à l’aide à
mourir. Je veux saluer, après le vote définitif de l’Assemblée nationale et du
Sénat, la promulgation, le 26 mai, de la loi visant à garantir l’égal
accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs. Ce texte était
particulièrement attendu par les professionnels du secteur et par les malades,
puisque son objectif est d’améliorer leur accompagnement et celui de leurs
familles. Il est associé à une stratégie décennale dotée de plus de
1 milliard d’euros sur les dix années à venir.
Comme je le rappelle depuis le début du parcours législatif, ce texte ne
s’oppose en rien à la proposition de loi sur la fin de vie, dont nous allons à
nouveau débattre. Leur complémentarité est essentielle, dans le respect absolu
de la volonté de la personne de recourir aux soins palliatifs ou à l’aide à
mourir. L’esprit de cette proposition de loi est d’offrir un cadre législatif
renforcé, visant à permettre de soulager les souffrances de la personne.
S’agissant de la proposition de loi relative à l’aide à mourir, notre assemblée
s’est exprimée clairement, en première et en seconde lectures, par les deux
votes intervenus respectivement le 27 mai 2025 et le 25 février 2026.
Alors que le nouvel examen du texte au Sénat aurait pu permettre de compléter
nos travaux, force est de constater que celui-ci s’est révélé totalement
infructueux. Quant à l’échec de la commission mixte paritaire, il était
prévisible. Depuis le démarrage des travaux parlementaires, le Sénat semble
refuser le débat sur la fin de vie, tandis que nous essayons ici de discuter et
de construire un texte dans le respect des sensibilités de chacun.
L’aide à mourir est avant tout un nouveau droit et une liberté. Le texte
n’enlève rien à personne, il offre une possibilité et une réponse à la demande
du patient, son éventuelle mise en œuvre est conditionnée par un choix qui
appartiendra au patient et que nous n’avons pas à juger. L’aide à mourir repose
sur une définition claire, assortie d’un cadre juridique précis, de conditions
rigoureuses et cumulatives – prévues à l’article 4 – ainsi que d’une
procédure très encadrée – prévue aux articles 5 à 13 – qui
constitue le cœur du texte.
Ces critères sont semblables à ceux qui sont en vigueur dans d’autres pays qui
pratiquent l’aide à mourir. Les facteurs d’éligibilité sont précis et listés :
ils entraînent, de fait, la non-éligibilité des personnes atteintes d’une
maladie psychiatrique, des personnes âgées, des personnes atteintes d’une
maladie chronique traitable, des personnes en situation de handicap et des
mineurs – malgré les présages de certains.
Le texte a été notablement modifié par la commission des affaires sociales.
Tout d’abord, la faculté de choisir entre autoadministration et administration
de la substance létale par un professionnel de santé a été rétablie à l’article 6.
Néanmoins, elle n’est pas prévue aux articles 2 et 9. Afin d’assurer la
cohérence de l’ensemble du dispositif et d’éviter toute contradiction dans le
texte, je défendrai deux amendements de coordination.
À l’article 6, la possibilité est désormais offerte au collège
pluriprofessionnel de recueillir, à la demande de la personne, l’avis de l’un
de ses proches, à défaut de proche aidant ou de personne de confiance désignée.
Je défendrai un amendement visant à supprimer cet ajout, car la notion de
« proches » est particulièrement vague et non sécurisée
juridiquement.
À l’article 7, les lieux d’administration de la substance létale – le
domicile ou l’établissement de santé – ont été précisés grâce à l’adoption
d’un amendement que j’avais déposé, afin d’encadrer strictement ce moment
délicat de la procédure. Je proposerai néanmoins d’ajouter à cette liste les
établissements et services sociaux et médico-sociaux, comme les Ehpad, car ces
établissements sont, pour nombre de résidents, leur lieu de vie.
Les délits d’entrave et d’incitation à l’aide à mourir ont été supprimés. Il
était essentiel de dépénaliser l’exercice d’un droit dans un moment
particulièrement intime et difficile.
J’insiste sur un point très important : le respect des convictions des
soignants est absolu ; ils peuvent décider de participer ou non à la
procédure. Le texte leur accorde une protection en instituant une clause de
conscience.
Après autant d’attente, l’Assemblée nationale doit se prononcer pour la
troisième fois. Il est de notre devoir de répondre à la demande exprimée par
les malades et les associations qui les représentent. Nos débats ont toujours
été respectueux. Il nous est maintenant demandé d’adopter un texte équilibré,
soutenu par une majorité indiscutable.
À celles et ceux qui indiquent qu’il ne s’agit pas d’une priorité pour les
Français, je rappelle que de nombreux travaux sont engagés depuis des années.
Désormais, il est temps que ces travaux trouvent une traduction législative
concrète. Le ministre délégué chargé des relations avec le Parlement, Laurent
Panifous, que je remercie pour son engagement, a proposé que le vote solennel
ait lieu le 15 juillet prochain. Nous serons alors appelés à faire un
choix définitif.
Ce texte est conforme aux valeurs de la République : liberté de choix,
égalité d’accès aux soins, fraternité par l’accompagnement en fin de vie. Notre
droit doit permettre à chacune et à chacun une fin de vie libre et choisie,
dans les conditions les plus dignes, lorsque la maladie ou la douleur n’est
plus supportable et qu’aucun traitement n’est efficace.
Cette proposition de loi est avant tout un texte de respect et de dignité pour
les malades ; c’est aussi un texte de respect des professionnels. Je vous
demande d’en tenir compte aujourd’hui. Si j’appelle, à titre personnel, à faire
évoluer favorablement notre cadre législatif, le groupe Ensemble pour la
République laissera ses membres libres de leur vote, comme lors des précédentes
lectures.
Pauline Cestrières (députée)
> [Canicule / Intervention à l’Assemblée] Monsieur le ministre de l’éducation nationale,
je souhaite vous interroger sur un sujet qui concerne directement des millions
de familles en ce moment même : les conséquences de la canicule pour les
enfants qui fréquentent les établissements scolaires de notre pays.
Cette semaine, en concertation avec les collectivités territoriales, vous avez
dû prendre des mesures d’urgence – fermeture temporaire d’établissements, aménagement
d’horaires, adaptation des conditions d’examen – afin de protéger élèves
et personnels. Ces décisions étaient nécessaires et nous les saluons. Elles
révèlent cependant une réalité que nous ne pouvons plus esquiver : le
réchauffement climatique provoque une intensification et une multiplication des
vagues de chaleur, qui surviennent désormais dès le mois de mai.
L’adaptation du bâti scolaire est un enjeu primordial. Elle doit faire l’objet
de politiques publiques structurantes, à l’image du fonds Vert qui accompagne
financièrement les collectivités territoriales dans les travaux d’amélioration
du confort thermique. Nous craignons cependant que l’ambition de ces
financements ne réponde pas encore à l’ampleur des besoins.
Il ne s’agit pas seulement de gérer la crise ; nous devons également nous
assurer collectivement et à long terme que l’environnement de travail de nos
élèves et de ceux qui les encadrent soit vivable dans un contexte de changement
climatique. Il en va de la continuité pédagogique et de l’équité territoriale.
Ma question est double. Quels enseignements tirez-vous de l’épisode caniculaire
en cours pour améliorer le plan ministériel de gestion des vagues de
chaleur ? Quelles initiatives envisagez-vous de prendre, en lien avec les
collectivités territoriales, pour accélérer le recensement des établissements
les plus vulnérables et amplifier le financement de leur adaptation ?
● MoDem
François Bayrou (président)
> Il est encore temps de sauver la maison France ! À condition qu'on accepte
d'ouvrir les yeux ensemble et d'agir pour que les choses n'en restent pas là.
Perrine Goulet (députée)
> Élue présidente de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de
loi relatif à la protection des enfants. Une responsabilité importante alors
que ce texte, nourri par les travaux de la Délégation aux Droits des enfants et
ma proposition de loi relative à l’intérêt de l’enfant, entre au Parlement.
Bruno Fuchs (député)
> [G7 / Intervention à l’Assemblée] Le G7 qui vient de s’achever à Évian a
été un moment fort du dialogue entre grandes puissances démocratiques et la
France y a réaffirmé avec force son engagement pour une paix durable et un
multilatéralisme renforcé. Plus de cent ans après le traité de Versailles de
1919, qui avait l’ambition de construire un ordre international fondé sur le
dialogue, le président Trump a ratifié un accord de cessez-le-feu bilatéral
entre l’Iran et les États-Unis.
Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, pensez-vous que
cet accord est de nature à créer les conditions d’une paix durable alors qu’il
ne règle pas des questions essentielles comme le nucléaire iranien, la
circulation dans le détroit d’Ormuz et surtout les causes profondes des
tensions régionales, notamment la question du Liban et celle, centrale, du
désarmement du Hezbollah ? S’agissant du Liban, au bord de l’effondrement,
comment la France jouera-t-elle son rôle historique de médiatrice ? En
tout état de cause, cet accord risque d’entériner une situation internationale
plus dégradée qu’avant le début de la guerre. Pouvez-vous nous dire comment la
France et l’Europe entendent peser dans les négociations afin d’obtenir un
accord de paix équilibré et durable ?
Le président de la République l’a rappelé : le multilatéralisme n’est pas
un choix, c’est une nécessité. Pensez-vous que le président Macron a fait
comprendre au président Trump l’impasse dans laquelle nous mènent les
politiques nationalistes, fondées sur une vision unilatérale et les rapports de
force entre États ? Comment la France, forte de son expérience
diplomatique, envisage-t-elle de convaincre les États-Unis de s’engager à
nouveau dans un cadre commun ? Enfin, dans ce contexte incertain, quels
leviers la France et l’Union européenne vont-elles actionner pour préserver nos
intérêts stratégiques dans les domaines de l’énergie, de l’économie, du pouvoir
d’achat et de la souveraineté industrielle ?
Philippe Vigier (député)
> [Aide à mourir / Intervention à l’Assemblée] « Il y a parfois
pire que la mort. Dire cela, c’est regarder avec lucidité la vie dans ce
qu’elle a de plus beau, mais aussi dans ce qu’elle a de plus cruel. Il y a
parfois pire que la mort quand la vie n’est devenue qu’une inexorable angoisse,
quand elle n’est plus qu’un océan de souffrances que rien ne peut plus apaiser.
Il y a parfois pire que la mort quand la vie n’est devenue qu’une survie
hurlante, sans le moindre espoir de guérison, et dont la seule espérance est
celle de l’ultime délivrance. »
Ces mots ont été prononcés à cette même tribune par Olivier Falorni, notre ami
et ancien collègue, qui a tant donné pour écouter les patients et faire en
sorte que nous puissions légiférer ensemble. Si je les prononce à mon tour,
c’est parce que je les partage pleinement Ce sont des mots vrais, des mots
forts, des mots justes, qui nous interpellent. Ils retracent, avec humilité,
clairvoyance et courage, le vécu de certains malades, qui attendent que nous
soyons collectivement au rendez-vous.
Il faut que les malades soient au cœur de nos débats. Il s’agit de leur
proposer ce droit en plus, qui n’est pas un droit en moins. Ce nouveau droit
est une réponse à des situations très particulières – exceptionnelles –,
que nous devons aborder avec humilité et gravité, Mme la ministre l’a
rappelé. À mes yeux, il n’y a dans ce débat aucune place pour la démagogie,
pour les contrevérités, pour l’à-peu-près. Nous tous, législateurs, y sommes
attachés, car c’est une question sociétale majeure.
On entend dire que le débat sur la fin de vie aurait été expédié en quelques
jours. Il n’en est rien. Il y a plus de cinquante ans, le sénateur Henri
Caillavet évoquait déjà le droit des malades. Puis ont été adoptées la loi du
4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de
santé, dite Kouchner, et la loi du 2 février 2016 créant de nouveaux
droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, dite
Claeys-Leonetti, auxquelles beaucoup étaient opposés à l’époque – surtout
au Sénat. J’ai relu les débats de l’époque et ils éclairent utilement notre réflexion.
Le débat actuel est donc le fruit d’un cheminement de plus de cinquante ans.
Rappelons la proposition de loi d’Olivier Falorni, examinée lors d’une niche
parlementaire : 2 500 amendements avaient été déposés et la
séance du soir avait été levée après l’adoption de l’article 1er.
Rappelons aussi le projet de loi défendu par votre prédécesseure, Catherine
Vautrin. Aujourd’hui, nous en sommes à la troisième lecture du présent texte.
Le débat n’a donc jamais été tronqué : il y a eu plus de cent heures de
débats et des centaines d’heures d’auditions. Ce débat honore le Parlement. Il
s’inscrit aussi dans la continuité des travaux de la Convention citoyenne, qui
a appelé à la mise en place d’une aide à mourir – j’invite
chacun à relire ses conclusions.
On entend dire également que la procédure serait aujourd’hui moins bien
encadrée qu’au début. Pourtant, plus de 270 amendements issus de tous les
bancs ont été adoptés. Ils ont renforcé le dispositif et sécurisé chacune des
étapes.
La preuve concrète, c’est que la décision revient au malade. C’est lui seul qui
décidera d’exercer ce nouveau droit que nous voulons lui donner.
La collégialité a été renforcée : nous sommes passés de la simple
consultation d’un médecin à une procédure collégiale réunissant trois médecins,
ainsi que d’autres professionnels.
Les influences extérieures ont été neutralisées : certains voulaient que
la personne de confiance soit présente lors de la décision, mais nous avons
refusé.
Le respect de la clause de conscience de tous les praticiens, de tous les
médecins, sera évidemment garanti.
Et, bien sûr, l’offre de soins palliatifs a été renforcée.
On a entendu parler d’à-peu-près. Non ! S’agissant des critères d’accès,
la Haute Autorité de santé (HAS) a contribué à préciser les notions de
« pronostic vital engagé », de « phase avancée » et de
« processus irréversible » – ces termes ont un sens.
Le protocole de recueil des informations sur les procédures est sécurisé et
exigeant. Il a fallu plus de dix ans pour que nous ayons une vision de la
situation des soins palliatifs et de l’application de la loi Claeys-Leonetti.
En l’espèce, nous devions y arriver en quelque mois.
Ce texte en appelle à nos consciences, à notre vision de la vie, au respect
absolu – je dis bien absolu – que nous devons aux
malades. À mes yeux, c’est un texte équilibré. Nous avons écarté le recours aux
directives anticipées ; nous avons veillé à déjudiciariser le dispositif,
en supprimant le délit d’entrave et le délit d’incitation ; nous avons été
respectueux des professionnels de santé – j’y tiens, j’en suis un.
Je soutiendrai ce texte de toutes mes forces, parce que ceux qui nous écoutent
ou nous regardent, ceux qui sont dans leur lit et n’ont d’autre issue que de
devoir, un jour ou l’autre, décider de leur avenir, attendent que nous soyons à
la hauteur de ce grand moment.
Je vous invite à mener dans cet hémicycle des débats apaisés, à l’image de ceux
que nous avons vécus en commission. Pensons avant tout aux malades.
Brigitte Liso (députée)
> [Aide à mourir / Intervention à l’Assemblée] Il n’est plus l’heure de
présenter ce nouveau droit à l’aide à mourir. Ce n’est même plus l’heure de
rappeler les résultats des différents sondages ni les conclusions de la
Convention citoyenne. Il est bien entendu que chacun ici est libre de ses
opinions et de ses votes. Bien sûr, je le conçois, chacun peut être opposé à ce
nouveau droit, tant attendu des Français. Ce que je ne conçois pas, en
revanche, ce sont les mensonges – ou la désinformation, si vous préférez. Ainsi,
il est temps de rétablir quelques vérités.
J’ai entendu que cette loi était bâclée, qu’elle avait été étudiée dans la
précipitation, à la va-vite… Eh bien, regardons cela : en 2021, Olivier
Falorni inscrit sa proposition de loi dans la niche de son groupe
parlementaire ; en 2022 est constituée la Convention citoyenne sur la fin
de vie, qui rend ses conclusions en 2023 ; en 2024, le projet de loi
relatif à l’accompagnement des malades et à la fin de vie, défendu par
Catherine Vautrin, est examiné par la commission spéciale présidée par Agnès
Firmin Le Bodo, puis en partie par notre assemblée ; en 2025 et
2026, l’Assemblée examine, en première, puis en deuxième lecture, la
proposition de loi d’Olivier Falorni, dont nous nous apprêtons ici à débattre
pour la troisième fois.
Avec pas moins de six lectures en commission des affaires sociales, et autant
au Sénat, peut-on vraiment parler de précipitation ?
J’ai entendu que plusieurs centaines de milliers de personnes – 1 million
même, a-t-il été dit en commission – seraient concernées. Or, en France,
selon l’Insee, le nombre de décès est de 650 000 par an !
J’ai entendu d’un de nos collègues, médecin : « quand j’entre en
blouse blanche dans la chambre d’un malade, je ne veux pas qu’il doute de la
raison ou de la nature de ma venue ». Rassurez-vous, cher collègue, le
doute n’est pas possible, car la demande ne peut émaner que du patient
lui-même, et de lui seul – cela découle de l’article 4. J’ajoute que
les médecins peuvent évidemment, en vertu de l’article 14, alinéa 5,
faire jouer la clause de conscience.
J’ai entendu que ce texte était de moins en moins bien voté au fil des lectures
à l’Assemblée nationale.
Là encore, regardons les chiffres : en 2025, 305 voix pour, soit
54,36 % ; en 2026, 299 voix pour, soit 53,2 %.
Soyons raisonnables ! S’agit-il vraiment d’un effondrement des votes
favorables ?
J’ai entendu qu’il faudrait un référendum. Soit. Toutefois, ce ne sera pas
possible : la proposition de loi sénatoriale visant à l’organisation d’un
référendum d’initiative partagée (RIP) a été jugée inconstitutionnelle par le
Conseil constitutionnel, le 17 juin dernier.
On peut donc être opposé à cette proposition de loi, mais les faits comme les
chiffres sont têtus. Le doute est légitime, mais la désinformation et les
mensonges ne le sont pas.
Votez ! Votons ce texte pour ne pas manquer ce rendez-vous avec les
Français ! (
● Parti radical
> Le logement : une urgence nationale, une ambition républicaine
Le logement n’est pas un sujet secondaire. Il n’est ni une variable
d’ajustement budgétaire ni une politique parmi d’autres. Il est l’une des
conditions premières de la dignité humaine, de l’émancipation individuelle, de
la cohésion sociale et de l’égalité républicaine. Il constitue également une
brique essentielle d’une politique familiale et nataliste dont notre pays a
aujourd’hui un besoin impérieux.
Or la France traverse depuis plusieurs décennies une
crise profonde du logement qui s’est encore aggravée ces dernières années. Des
millions de nos concitoyens peinent à se loger dignement. Les jeunes actifs
renoncent à s’installer ou à fonder une famille faute d’accès à un logement
adapté. Les classes moyennes s’éloignent toujours davantage des bassins
d’emploi. Les travailleurs essentiels ne peuvent plus habiter près des
territoires qu’ils font vivre. Les seniors peinent à trouver des solutions
correspondant à leurs besoins. Quant à l’accession à la propriété, longtemps
moteur de promotion sociale et de stabilité familiale, elle recule
dangereusement.
Cette crise n’est pas seulement sociale. Elle est économique, territoriale et
démocratique. Lorsqu’il devient impossible de se loger là où l’on travaille,
lorsque les parcours résidentiels se bloquent, lorsque l’offre ne répond plus à
la demande, c’est tout le pacte républicain qui s’affaiblit.
Les élus locaux, et en premier lieu les maires, sont en première ligne. Ils se
heurtent à des contraintes administratives, financières et réglementaires qui
ralentissent les projets et découragent les initiatives. Dans le même temps,
certains quartiers continuent de porter les stigmates d’inégalités
territoriales persistantes. Là où la République recule, les trafics prospèrent,
les fractures s’aggravent et le sentiment d’abandon s’installe.
Face à cette réalité, nous, radicaux, refusons la résignation.
Notre tradition politique a toujours porté une conviction simple : la
République doit garantir à chacun les moyens de vivre dignement, tout en
faisant confiance aux territoires et à ceux qui les administrent. Le logement
est au cœur de ce pacte républicain.
C’est pourquoi, nous participerons pleinement à la discussion et à
l’enrichissement du projet de loi que le Gouvernement présentera en Conseil des
ministres.
Ce texte devra être à la hauteur de l’urgence. La France a besoin d’un
véritable choc de l’offre. Nous devons construire davantage, rénover plus vite,
simplifier les procédures, libérer le foncier lorsque cela est pertinent,
soutenir les maires bâtisseurs et redonner de la visibilité aux acteurs du
logement.
Nous devons également mieux accompagner les parcours résidentiels. Le logement
social doit rester un pilier de notre modèle de solidarité, mais il doit être
mieux attribué et davantage articulé avec les politiques d’accession à la
propriété. Car une société équilibrée est une société qui permet à chacun de
progresser selon son parcours de vie.
Nous appelons également à une nouvelle étape de décentralisation des politiques
de l’habitat. L’État doit demeurer stratège et garant de la solidarité
nationale. Mais les réponses efficaces se construisent au plus près du terrain,
avec les collectivités locales, les intercommunalités, les bailleurs sociaux,
les associations et les acteurs économiques.
Nous croyons à une politique du logement qui conjugue justice sociale, liberté
d’initiative et efficacité publique. Une politique qui soutient le logement
social sans opposer les Français entre eux. Une politique qui redonne confiance
aux propriétaires comme aux locataires. Une politique qui accélère les projets
sans renoncer aux exigences environnementales. Une politique qui considère
enfin la rénovation urbaine non comme une dépense, mais comme un investissement
pour l’avenir de la République.
À cet égard, nous devons nous inspirer de celles et ceux qui ont su porter une
vision. Jean-Louis Borloo demeure une référence majeure parce qu’il a compris,
avant beaucoup d’autres, qu’il ne pouvait y avoir de paix civique sans justice
territoriale. Avec le Programme national de rénovation urbaine, il a démontré
qu’une volonté politique forte pouvait transformer durablement les quartiers,
restaurer l’espoir et replacer l’humain au cœur de l’action publique. Son
héritage nous oblige.
« À l’heure où le
Gouvernement s’apprête à présenter sa réforme, nous serons force de
proposition. Nous soutiendrons tout ce qui permettra de construire davantage,
de loger mieux et de restaurer la fluidité du parcours résidentiel des Français »
précis Guillaume Godey, secrétaire national au Logement du Parti radical.
Oui, il faut faire du logement une grande cause nationale.
Oui, il faut un choc de confiance, d’investissement et de simplification.
Oui, il faut replacer la politique de la ville et la cohésion territoriale
au cœur du projet national.
Parce qu’un logement digne n’est pas un privilège.
C’est une promesse républicaine.
Le droit au logement ne peut être dissocié du droit à l’enracinement :
pouvoir habiter là où l’on travaille, où l’on élève ses enfants et où l’on
construit son avenir doit redevenir une ambition centrale de la République.
Nathalie Delattre (présidente)
> [Marc Bloch au Panthéon] « Dilexit veritatem » il a aimé la vérité.
Ces mots gravés sur la tombe de Marc Bloch disent l’essentiel. Historien
visionnaire, combattant et résistant, il choisit toujours la liberté plutôt que
la soumission. Au Panthéon, il éclaire notre avenir.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Ingérence étrangère, désinformation, manipulation électorale. Ce ne sont
pas des menaces futures. Ils se produisent maintenant. Aujourd’hui, le
Parlement européen vote sur le Bouclier européen de la démocratie,
littéralement un bouclier qui protège nos démocraties. En tant que groupe
politique dirigeant les travaux de la commission EUDS, @RenewEurope et nos
adhérents @NathalieLoiseau et @HBrandstaetter ont poussé à une action
européenne plus forte contre la manipulation de l’information étrangère,
l’ingérence et d’autres menaces hybrides. L’Europe doit rester ouverte et
libre, mais jamais vulnérable face à ceux qui cherchent à saper nos
démocraties. Pour Renew Europe, défendre la démocratie n’est pas une option. Il
est de notre responsabilité de protéger notre liberté.
> Au plaisir de visiter l’Islande cette semaine. L'Islande est déjà un partenaire démocratique très compétent, partageant nos valeurs et jouant un rôle central dans la sécurité de l'Atlantique Nord, la gestion durable des ressources et la gouvernance de l'Arctique. Alors que l’Europe s’adapte à un paysage géopolitique changeant, l’élargissement doit être considéré comme un outil stratégique. En combinant un processus d'adhésion fondé sur le mérite avec des formes d'intégration plus flexibles, l'UE peut approfondir sa coopération avec des partenaires compétents tout en renforçant la portée géopolitique de l'Europe.
Pascal Canfin (député)
> Ces dernières années, la Chine a accéléré son utilisation du commerce
comme arme géopolitique — brandy français, produits lituaniens, véhicules
électriques : les représailles sont ciblées, asymétriques et conçues pour nous
diviser.
En réponse à cette menace systémique, la Commission européenne envisage
d’établir un fonds de solidarité économique pour protéger les États membres les
plus vulnérables. En tant que rapporteur permanent du Parlement européen de la
commission pour la Chine, je considère que c’est une première étape essentielle
: L’Europe doit s’équiper d’outils collectifs de partage des risques.
L’Europe a élaboré un programme pour renforcer son autonomie stratégique et sa
souveraineté, dans le but de réduire nos dépendances — en particulier à l’égard
de la Chine. Face à des risques systémiques croissants en ampleur et en
diversité, seule l’unité européenne nous permettra d’avancer et de nous
protéger.
Sandro Gozi (député)
> Dix ans après le référendum sur le Brexit, l'Europe et le Royaume-Uni
font face à un monde profondément différent. La guerre d'agression menée par la
Russie contre l'Ukraine, l'intensification de la compétition géopolitique et la
nécessité de renforcer notre résilience économique signifient qu'un partenariat
plus étroit n'est plus simplement souhaitable : il est devenu une nécessité
stratégique. Le Sommet de juillet doit faire preuve de davantage d'ambition en
matière de sécurité, de défense, d'opportunités pour les jeunes, de recherche
et de coopération économique. Mais nous avons également besoin d'une vision à
long terme. Quel que soit le prochain gouvernement britannique, il devra avoir
le courage de définir une stratégie claire pour la place du Royaume-Uni en
Europe, à la hauteur des aspirations de la jeune génération britannique, qui se
considère comme européenne. Dix ans, c'est long en politique. C'est une
éternité en géopolitique. Notre relation doit continuer à évoluer afin de
refléter les intérêts communs et les valeurs que nous partageons.
Gilles Boyer (député)
> Les systèmes de paiement ne sont pas neutres : ce sont des instruments
de pouvoir. Nous, Européens, avons eu de nombreux électrochocs concernant notre
dépendance aux États-Unis. Nous sommes désormais pleinement éveillés, mais nous
n’agissons pas toujours. Le vote d’aujourd’hui sur l’euro numérique concrétise
une solution de paiement souveraine et paneuropéenne. (…)
L’euro numérique permettra d’effectuer des paiements sûrs et fiables, en ligne
et hors ligne, où que vous soyez dans la zone euro, comme vous le faites chez
vous. »
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> La protection des enfants dans l’espace numérique est devenue un enjeu
majeur de souveraineté publique. Avec la ministre norvégienne de l’Enfance et
des Familles, nous partageons la même conviction : face aux géants du
numérique, l’Europe doit fixer des règles claires.
> Les droits des femmes et des enfants avancent ensemble. Echange avec la ministre de l’Action sociale, la Famille et la Promotion de la Femme de Guinée-Bissau. Illustration de la force d’une diplomatie féministe au service de la protection des enfants et de l’émancipation des filles.
> J’ai saisi la justice au titre de l’article 40 pour signaler l’existence de comptes suspectés d’être impliqués dans des trafics d’enfants sur Vinted. Face à ceux qui exploitent, marchandent ou s’en prennent aux enfants, l’État ne détournera pas le regard.
