Il y a dix ans, un an avant l’élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron créait le mouvement En marche dont le but, a-t-il rappelé dans une lettre qu’il a adressé aux militants de Renaissance pour cet anniversaire était «de dépasser les clivages et proposer un chemin d’espérance et d’avenir aux Français».
Et pour incarner cette volonté, il se déclarait candidat à l’Elysée le 16 novembre 2016.
Quel est le bilan de cette initiative?
Indépendamment des polémiques et d’un débat légitime sur ce qui a été réalisé ou non en dix ans, une chose est sûre, En marche a été un succès en matière politique.
D’abord parce que cela a permis à Emmanuel Macron d’être élu président de la république en 2017 et réélu en 2022, ce qui n’était pas arrivé depuis Jacques Chirac en 2002 et que seuls ce dernier et François Mitterrand avaient réussi à faire (Charles de Gaulle ne fut élu qu’une fois au suffrage universel en 1965, en 1958, ce fut par le Parlement).
Ensuite, parce que le projet de dépasser les courants politiques traditionnels, le «en même temps» et le «et de droite et de gauche» ont été des réalités puisque même si En marche était un mouvement sinon centriste, tout au moins central, il a réuni des gens venus de la Gauche, des gens venus de la Droite et des gens venus du Centre.
En revanche, on sera plus dubitatif sur l’affirmation d’Emmanuel Macron selon laquelle a été «inventé une nouvelle façon de faire de la politique, en partant du terrain plutôt que des appareils politiciens, en ouvrant les bras à la société civile et en faisant émerger une nouvelle génération politique».
Car si des gens venus d’horizons divers ont pu gouverner ensemble, si certains se sont découverts une vocation politique, ils l’ont néanmoins fait d’une manière totalement traditionnelle.
De même pour l’avenir du mouvement après le départ d’Emmanuel Macron de l’Elysée.
Il semble que la réunion des macronistes venus de la Gauche, du Centre et de la Droite aura du mal à perdurer et si une preuve en était nécessaire, la désunion de Renaissance lors des municipales à Paris où, sans même parler de l’absence de candidature, ceux-ci se rallièrent pour une partie d’entre eux à Bournazel et l’autre à Dati.
Dès lors, le cri de ralliement «On continue ! On ne lâche rien !» d’En marche durera sans doute jusqu’à la présidentielle de 2027 mais on doute qu’il fédèrera au-delà de cette échéance la plupart de ceux qui se réclament d’Emmanuel Macron.
Cependant, ils pourraient se retrouver dans une alliance de l’axe centrale plus large qu’En marche de tous ceux qui défendent la démocratie républicaine libérale.
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