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samedi 31 janvier 2026

Propos centristes. France – Protection des enfants / Chômage / Sécurité routière / Immigration / Budget / Agriculture / Ultra fast fashion / Alimentation ultra-transformée / Syrie…


Voici une sélection, ce 31 janvier 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du premier ministre.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Une Syrie souveraine, unie et stable. Une Syrie en paix et respectueuse de toutes ses composantes. Une Syrie pleinement impliquée dans la lutte contre le terrorisme. Voilà ce que la France soutient. Je félicite le Président Ahmed al-Charaa et le Général Mazloum Abdi d'avoir acté ce matin un accord global permettant un cessez-le-feu permanent et l'intégration pacifique des Forces démocratiques syriennes en son sein. La France appuiera sa pleine mise en œuvre. La France continuera de soutenir la Syrie et le peuple syrien sur la voie de la stabilité, de la justice et de la reconstruction, en lien avec ses partenaires.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Propos sur les contrats d’avenir agricoles] (…) Si on a beaucoup de crises qui sont en train de nous prendre du temps, il faut quand même qu'on arrive à se projeter un tout petit peu sur l'avenir et être capable de se poser des questions stratégiques, et c'est comme ça que les jeunes agriculteurs, entre autres, ont poussé ce que l'on appelle les contrats d'avenir, je vais y revenir dans un instant, qui ne vient pas du tout écraser ou effacer les dernières annonces que le Gouvernement a pu faire, y compris sur des sujets de grande urgence, les questions liées par exemple à l'eau, des enjeux liés aux prédations, enfin tous ces sujets que vous connaissez par ailleurs. 
Mais c'est vrai que là, on est quand même dans un moment qui est particulier, dans lequel on n'a pas suffisamment tiré les conclusions du réchauffement climatique et de l'impact sur les productions, dans lequel on n'a pas suffisamment tiré des conclusions sur le modèle de consommation et la manière dont les Françaises et les Français consomment et ont consommé ces dernières années : je rappelle que Serge Papin a été un des papas d'EGAlim, et qu'on va y revenir aussi dans un instant, on doit se projeter sur cela, et puis surtout, et de manière peut-être plus politique, on ne tire pas suffisamment de conclusions sur ce que les crises géopolitiques du moment peuvent induire sur notre modèle productif français. 
La semaine dernière, à peu près aux mêmes horaires, on parlait de la relance du logement dans le pays, qui est un des moyens d'aller chercher la croissance. Là, évidemment, on est en train de toucher à quelque chose d'encore plus sensible, encore plus central.
Evidemment, notre capacité à produire et à nourrir notre propre population, et à ne pas voir l'alimentation et l'agriculture instrumentalisées par des menaces hybrides, comme on a pu le voir avec évidemment la guerre en Ukraine, et comme on le voit désormais dans un cadre commercial qui est complètement dérégulé, est remis en question, on le voit notamment avec la nouvelle administration américaine. 
Et au fond, on voit bien, je vois aussi les papiers dans la presse, post-budget : que va faire le Gouvernement ? etc. Moi, je l'ai dit au ministre, qu'au fond, le Gouvernement, il n'avait qu'une seule chose à faire, c'était s'occuper de l'essentiel. Et l'essentiel, c'est de réduire le décalage entre la brutalité de la crise géopolitique et notre organisation intérieure. C'est vrai de la programmation militaire, notre capacité à réaffirmer notre indépendance en matière de défense. C'est vrai en matière de protection vis-à-vis du numérique, ce qui a été voté en début de semaine sur les écrans. On est le premier pays européen à le faire. Ce qu'on a fait il y a quelques semaines, Serge, sur les plateformes chinoises, et notamment Shein, dans lequel, je vous rappelle qu’on a été le premier pays à prendre justement des mesures de suspension.
Et là, on le voit bien qu'au fond, il faut qu'on arrive à repenser une part de notre organisation, notre modèle agricole, en essayant de définir une vision avec toujours la même humilité. Un certain nombre de choses peuvent être prêtes et faites avant l'élection présidentielle, annoncer d'ailleurs la construction et la co-construction d'une loi en matière agricole. D'autres seront prêts pour l'après présidentielle, mais au moins celles et ceux qui nous suivront pourront profiter justement de ce travail qui doit aussi en grande partie faire l'objet d'un débat politique de haut niveau, parce que c'est une question culturelle, que la question aussi de savoir ce que l'on veut avoir dans son assiette, quelle part d'argent on est prêt à y mettre, et quelle part de dépendance aussi avec l'étranger nous sommes prêts à avoir. 
Au fond, tout le monde est toujours d'accord quand il s'agit d'évoquer quelques principes, mais lorsqu'il s'agit de rentrer un tout petit peu dans le détail et d'être dans le concret, ça me semble un peu moins vrai. Ça va aussi poser des questions assez complexes dans les temps à venir sur ce que l'on attend de la puissance publique européenne, discussion, négociation de la politique agricole commune. 
Un premier jalon a été posé grâce au président de la République, là, ces dernières semaines, mais enfin ça va être une longue aventure encore que d'arriver à structurer ces discussions et ces négociations de la politique agricole commune. Il est bien probable d'ailleurs que ça nous amène à la toute fin du quinquennat, voire au début du quinquennat prochain. Donc là, on est bien aussi placé désormais pour savoir que, soit les négociations partent droit, elles peuvent avoir et obtenir ces effets pour défendre les intérêts de l'agriculture française actuelle mais aussi à venir, soit, au contraire, les discussions ne partent pas droit, et là, elles sont beaucoup plus dures à rattraper et c'est pour ça que je mets beaucoup d'énergie avec les ministres pour ce faire, et que donc, j'y viens, cette puissance publique européenne, nationale (qu'est-ce qu'on attend de l'État ?), locale aussi (on a un acte de décentralisation en préparation), on voit bien qu'il y a des voix agricoles qui se sont manifestées tout à l'heure pendant la réunion de travail en disant, « Si c'est de la souveraineté les choses ne peuvent pas être aussi différentes d'une région à l'autre, d'un département à l'autre ». 
C'est un bon débat, je le dis pour les députés, les sénateurs qui sont ici, les élus locaux, que de se poser cette question. J'ai moi-même présidé un département voisin, donc on ne peut pas me suspecter d'être particulièrement jacobin, mais je dois bien avouer que cet argument de l'égalité territoriale sur la manière d'accompagner les questions agricoles est une thématique désormais ancienne et qu'il est tant, me semble-t-il, de la trancher. 
Pour être encore plus précis, au fond, que veulent, que nous proposent, que nous demandent les jeunes agriculteurs avec cette intuition autour des contrats à venir ? C'est de revenir au fond de la planification, la planification entre le producteur, production actuelle et passée, mais peut-être aussi à venir avec les conclusions et les leçons que nous devons tirer du réchauffement climatique pour les diversifications. On a d'ailleurs visité une production d'amandes tout à l'heure qui est tout à fait passionnante dans le modèle de réussite : les transformateurs, secteur dans lequel on ne va pas se raconter d'histoires, malheureusement ces dernières décennies, on a plutôt perdu des acteurs de transformation. En tout cas, dans le département voisin, que je connais le mieux, on voit bien que les choses se sont évidemment largement réduites. Donc là, on a un enjeu aussi qui est absolument clé. Et puis, le consommateur, c'est évidemment la consommation directe, la consommation par la grande et moyenne surface. Le ministre y reviendra. Et puis aussi, par ailleurs, la commande publique, qui est un des thèmes évidemment aussi de ce déplacement, parce qu'il y a quelque chose d'absolument surréaliste, avoir une guerre commerciale sous nos yeux, avoir un libre échange qui est complètement remis en question, y compris par des grands pays fondateurs, signataires de l'OMC, et au fond, de voir que nous, on a encore une pratique de la commande publique sympathique avec des objectifs de bio, de produits de qualité. Et on le revendique, parce que c'est plutôt le bilan des 8 dernières années que d'avoir fait notamment ces lois EGalim. Mais on voit bien qu'on n'est plus du tout à la taille, on n'est plus du tout au niveau de radicalité qu'il faut avoir pour être capable justement de se protéger. 
Personne ne peut comprendre, désormais en 2026, que des euros d'argent public du contribuable (le contribuable local ou le contribuable national), que cet argent puisse encore aller acheter de la nourriture en dehors de l'Union européenne. Et au fond, il y a quelque chose de complètement surréaliste, à avoir une mobilisation et une unanimité aussi forte contre le traité du Mercosur, et en même temps que personne ne se pose vraiment la question d'où vient tel ou tel morceau de viande, tel ou tel fruit ou légume dans son assiette. Et je vais être honnête, charité bien ordonnée commence par soi-même, c'est d'autant plus surréaliste que l'État et les parlementaires ont pris des lois pour donner des obligations aux collectivités territoriales, lesquelles les ont en partie remplies, en partie seulement. Et l'État, lui, n'a absolument pas montré l'exemple, puisqu'il est largement mauvais élève. Preuve en est : cet exercice intéressant cette semaine dans lequel j'ai cherché à savoir quelle était d'abord la somme globale de commandes publiques pour acheter de la nourriture pour les cantines qui dépendent de l'État, vraiment de l'État (pour les armées, les universités, etc.). C'est 900 millions d'euros, et en fonction des années pas loin du milliard d'euros par an. On ne parle pas de subventions. Là, on parle d'acquisitions, de carnets de commande de clients. Et j'ai donc demandé aux différents services de nous dire sur ce milliard, ce petit milliard, au fond, combien allait à l'étranger, combien restait en France, combien allait en dehors de l'Union européenne et combien restait en France. Eh bien, on n'a toujours pas la réponse. Et donc, c'est un peu inédit ce que je fais, parce qu'en général, les ministres, ils aiment bien annoncer des bonnes nouvelles ou dire qu'on est les meilleurs. Moi, je suis venu vous dire qu'on n'était pas bon et que ça ne pouvait pas durer. Qu'on ne peut pas avoir un milliard d'euros de commande publique de l'État par an en matières premières agricoles et alimentaires, dont on ne sait pas dire où est-ce que cet argent va.
Et ça, ça doit nous amener à la radicalité dont je parlais, où maintenant, on a changé de monde. C'est un monde beaucoup plus brutal. Donc, nous-mêmes aussi, nous avons assumé une forme de radicalité dans les choix que nous allons faire. Il est impensable que pour l'ensemble des marchés publics à venir, il y ait des matières premières agricoles et alimentaires qui viennent d'en dehors de l'Union européenne. Et donc certains disent « préférence nationale ». Je pense que c'est une hérésie parce que la France est un grand pays d'exportation au sein de l'Union européenne. On ne va pas commencer nous-mêmes à abîmer ceux qui participent à la réussite de notre modèle. En revanche, plus personne ne peut comprendre dans le monde dans lequel nous trouvons que l'argent du contribuable puisse permettre encore d'acheter de la nourriture, qui en plus a un bilan carbone et climatique absolument épouvantable et qui vient de l'autre bout du monde. Donc c'est du bon sens. On peut toujours dire : « mais oui, mais oui, il fallait le faire plus tôt ». Si c'était si simple, ça serait déjà fait, on n'aurait pas besoin de vous en parler. Et ça va nous amener à reprendre complètement en main la commande publique, à devoir aussi récompenser ou punir les acheteurs publics en fonction de ces objectifs, puisque désormais les orientations politiques sont données et donc il faut aussi que ça suive. 
En tout cas, c'est là l'instruction qui est donnée et nous l'inscrirons, Mesdames et Messieurs les parlementaires, dans les lois à venir de décentralisation, comme la loi agricole que nous préparons et non pas non plus pour nous redonner des objectifs théoriques qu'on serait amenés peut-être à remplir à la Saint-Glinglin, mais au contraire être dans une logique désormais d'interdiction et de principe.
Cela nous amène à un choc majeur, potentiellement, choc positif, mais pour le monde agricole. Capacité à devoir produire de manière régulière, prévisible dans les quantités agréées et contractualisées, être capables d'avoir les outils de transformation, être capables de construire au fond la sécurité d'approvisionnement. Cela tombe bien, on retombe sur nos jambes, c'est exactement ce qu'on cherche à faire avec ces contrats d'avenir. Et plutôt que de le faire de manière nationale, là pour le coup que l'approche de cette planification soit davantage locale. Et c'est pour ça, Messieurs les présidents de chambre d'agriculture, que là, pour le coup, État, chambres, le monde agricole, avec les différents acteurs, vont avoir évidemment un rôle à jouer majeur et les organisations professionnelles seront évidemment là pour le faire. 
Dans le temps qui s'ouvre, post-vote du projet de loi de financement pour la sécurité sociale ; j'ai engagé la responsabilité du Gouvernement une dernière fois ce matin. J'espère que la France aura un budget la semaine prochaine. Mais derrière cette séquence budgétaire, je voulais dire de nombreuses reprises, j'avais promis quelques ruptures. S'il y en a une, c'est d'arrêter ce décalage préoccupant entre la vie politique nationale, la vie du pays et l'ensemble de la géopolitique qui nous entoure. Car parfois, je sens quand même malgré tout un petit parfum, pardon de le dire, mais d'étranges défaites chez une part des élites du pays et sur lequel je ne me résigne pas. Et qu'au fond, il faut désormais que le Gouvernement s'occupe avec l'ensemble de la classe politique et du Parlement et des élus, s'occupe de l'essentiel et l'essentiel, malgré tout, dans notre histoire, ça reste notre indépendance. 

> Je suis frappé, au fond, que la pénurie d'œufs dans les commerces et les grandes et moyennes surfaces ne fasse pas plus l'objet d'une couverture médiatique plus forte, pour être honnête. Qu'en France, en 2026, on puisse en arriver à la conclusion qu'il y a des étals entiers ou des rayons entiers de boîtes d'œufs qui sont vides, je crois que c'est l'élément le plus perturbant, au fond, qu'on ait eu à connaître depuis très longtemps. Et là, c'est un peu la connexion entre le monde réel ou la déconnexion parfois d'ailleurs entre le monde politico-médiatique et le monde réel. Mais là, on voit bien qu'entre des ensembles géopolitiques dans lesquels on se menace de guerre commerciale tous les matins, quand ce n'est pas pire qu'une guerre commerciale, d'une part. Et d'autre part, un modèle dans lequel, au fond, on a une consommation qui continue d'être importante, on n'a pas une production souveraine qui toujours arrive à suivre, mais aussi pour des raisons que l'on connaît, les blocages sur tel ou tel projet d'installation de poulaillers, enfin toutes ces choses sont connues. Là, c'est qu'il y a une alerte. Et donc, c'est pour ça qu'on n'est pas venu faire une énième annonce sur des objectifs, etc. Ça, c'était bien quand la mer était calme. Là, on est dans un moment dans lequel il faut qu'on arrive à sauver des fondamentaux, y compris parce qu'il y a une démographie des exploitants agricoles, une pyramide des âges d'agriculture qui arrête, d'autres qui doivent démarrer qui n'est pas dans la dynamique qu'on aimerait avoir. Là, pardon, on ne peut pas dire que rien n'a été fait en matière agricole ces 30 dernières années, c'est tout l'inverse. Chaque gouvernement a fait de son possible. Moi, je fais plutôt partie de ceux, au contraire, qui pensent que chacun, y compris les présidents des JA de l'époque, de la FNSEA de l'époque, de la coordination de l'époque, de la Confédération paysanne de l'époque, ce n'est pas le sujet. Ce n'est pas le sujet. C'est juste que le monde est en train de changer. Et donc, ça veut dire aussi que désormais, le rythme avec lequel on va devoir avancer, ce n'est pas un énième EGalim, c'est encore autre chose. Et donc, le modèle, pour moi, est plus une planification type gaullienne années 60, à ceci près que désormais, à mon avis, elle se construit plutôt davantage par le bas, qu'elle ne vient toujours depuis Paris. C'est peut-être ça qu'il faut réinventer. C'est sûrement le plus dur parce que, pour moi, ça va de pair avec ce qu'on cherche à faire sur notre réforme de l'État, des centralisations, des concentrations.

> Les agriculteurs, je pense qu'ils n'ont pas besoin d'être apaisés. Il ne faut pas les infantiliser. Ils savent ce qu'ils doivent attendre des politiques, des parlementaires européens. On a fini par oublier, aussi, qu'une part des clés de tout ça se joue à Strasbourg et à Bruxelles. Ce que veut le monde agricole, c'est de la clarté, de la visibilité des engagements concrets et de les tenir. Et d'ailleurs, c'est pour ça que je suis très attentif à ne pas remultiplier un certain nombre d'annonces, parce que les trois quarts du temps, elles ont déjà été faites par nos prédécesseurs, elles n'ont pas été appliquées. Et d'ailleurs, c'est de reprendre davantage le tableau de toutes les annonces de ces 4, 5, 10, 15, 20 dernières années, en général constituent le vivier de ce qu'il faut faire. Pas besoin d'être très créatif, il faut repartir de ça. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, c'est ce que je viens de vous dire, en revanche, ce que le réchauffement climatique d'une part, le comportement des consommateurs, puis la géopolitique d'autre part, créent comme rupture avec le passé. Ça, pour le coup, ce n'est pas dans les tableaux des dernières années. Et au fond, c'est un peu ça sur lequel il faut qu'on arrive à marcher. La loi, elle va être co-construite, donc elle va aussi englober la période du salon, parce que le salon va être un moment aussi de réunion de travail. Je veux aussi qu'on fasse un tour très précis de l'ensemble des filières. Mais après, pour répondre à votre question, oui, la plupart des choses que nous sommes en train de mettre sur la table, évidemment, ont vocation à se retrouver dans la loi, quand elles ne sont pas réglementaires parfois. Et donc, on n'attendra pas la loi pour le faire.

> Première chose, moi, je suis heureux que les ministres travaillent devant les électeurs. À la fin des fins, faire de la politique, c'est quand même se soumettre au suffrage universel. Et en fait, il y a quelque chose d'un peu bizarre ces dernières années, dans lequel, au fond, on finit par mettre davantage de pression sur des femmes et des hommes politiques qui vont voir les électeurs, que sur celles et ceux qui ne sont jamais allés les voir. Ce qui, quand même, en termes de légitimité, dit quand même quelque chose de curieux dans la manière de faire. Donc moi, je suis très heureux et j'ai encouragé les ministres au Conseil des ministres de mercredi dernier en leur disant, soyez conseillers municipaux, engagez-vous, quelle que soit la taille de la ville, etc. Donc je suis là, au contraire, pour encourager et montrer aussi une forme d'exemple. Le préfet, tout à l'heure, dans la voiture, me disait que la plupart des maires d'Eure-et-Loir repartaient, ce qui est donc aussi quelque... Y compris vous, monsieur le maire, si j'ai bien tout compris, nous vous souhaitons bonne chance et je pense que c'est absolument formidable. Ça fait 6 ans qu'on entend dire crise des vocations, etc, etc., et il y aurait donc au fond que les ministres qui eux ne devraient pas justement avoir ce rendez-vous avec les électeurs. Moi, je m'inscris un tout petit peu en rupture, pour être honnête, avec ce qui a pu se faire jusqu'à présent. Après, une fois que j'ai dit ça, exemplarité totale sur l'utilisation des moyens de l'Etat, c'est-à-dire aucune utilisation des moyens de l'État pour faire campagne. Règle très stricte sur la période de réserve lorsqu'elle s'ouvrira, parce que, pour le coup, quand on est ministre, on a encore plus de devoirs que les autres dans l'incarnation, justement, de ce qu'est l'État et dans le respect de la loi. Ça, c'est la moindre des choses. Ensuite, pour le reste, j'aurais bien l'occasion d'y réfléchir et de faire des propositions au président de la République. Et pour ce qui me concerne, je serai candidat aux élections municipales à Vernon. Parce que c'est chez moi, tout simplement.

> [Possible attaque des États-Unis sur l'Iran] Le sujet est suivi de très près par le chef de l'État et les ministres concernés. De toute évidence, il y a déjà eu cette attaque contre les infrastructures nucléaires iraniennes ces derniers mois. La région n'est pas à l'abri d'une nouvelle escalade qui peut d'ailleurs emporter des conséquences de sécurité pour l'ensemble des pays d'Europe. Il y a la question du programme nucléaire iranien. Il y a évidemment la répression absolument épouvantable, c'est sans précédent, depuis la révolution islamiste, telle qu'on l'a connue ces derniers jours contre la population iranienne, et le fait que l'Iran se dote de plus en plus de programmes balistiques conventionnels qui potentiellement peuvent d'ailleurs toucher non seulement l'Europe, mais même l'Hexagone, et que la filière notamment de missiles à propulsion poudre est particulièrement préoccupante. Néanmoins, l'histoire a démontré au Moyen-Orient que le début d'un embrasement non contrôlé peut mener à une escalade qu'on n'arrive plus à maîtriser. Donc c'est pour ça que l'ensemble des canaux diplomatiques, le président de la République lui-même a entretenu beaucoup de relations bilatérales avec les différents pays de la région. Ce que je vous rappelle, c'est que nous, Français, nous avons des intérêts un peu partout dans la région, des communautés françaises, d'expatriés, des bases militaires, aux Émirats arabes unis, ailleurs, à Djibouti. Et donc évidemment, la situation est suivie de très près. J'insisterai aussi, d'ailleurs, sur les conséquences économiques de tout cela. Un certain nombre de commentaires, ces derniers jours, sur la croissance, les impacts du budget, etc. La réalité, c'est que la géopolitique pèse énormément sur nos circonstances économiques du moment, et notamment sur les énergies et le coût du pétrole. Et on voit bien qu'évidemment, la question iranienne impacte aussi cela. Donc, en fait, on essaie vraiment, nous chacun, dans nos responsabilités, d'avoir une approche à 360 degrés de ce dossier qui n'a pas fini de nous occuper.

> Depuis que j'ai pris mes fonctions, à vrai dire même d'ailleurs dans mes fonctions de ministre des armées, j'ai toujours eu une parole des plus prudentes, mesurées et maîtrisées dans la relation entre la France et l'Algérie. J'invite d'ailleurs à ne pas en faire un commerce de politique intérieure, comme beaucoup ont pu le faire. (…) Je pense que beaucoup de fermeté et de sobriété et de respect permettent d'obtenir des résultats, c'est ce que nous avons fait pour la libération de Boualem Sansal.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> [Immigration / Intervention au Sénat]
le nombre de premiers titres de séjour délivrés a augmenté de 11,2 %, ce qui s'explique essentiellement par l'augmentation de l'asile.
L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) est une institution indépendante qui offre la protection due à ceux qui remplissent certaines conditions. L'immigration augmente aussi en raison de l'octroi des titres étudiants.
Vous pouvez qualifier l'immigration comme vous le souhaitez, mais c'est ainsi qu'elle se passe depuis plusieurs années.
Vous évoquez pêle-mêle les étrangers en situation irrégulière, mais il s'agit d'un tout autre sujet. Je crois qu'en matière d'immigration nous menons une politique d'une grande fermeté.
D'ailleurs, les chiffres que nous avons publiés hier en attestent : le nombre d'éloignements forcés augmente de 16 % et celui de l'ensemble des éloignements de 21 %. (…)
La France est, avec l'Allemagne, l'État européen qui réalise le plus de reconduites forcées vers les pays tiers. Nous poursuivrons cette politique très offensive en ouvrant des places au sein des centres de rétention administrative (CRA).
Puisque vous parlez de l'immigration légale, je vous rappelle que nous appliquons de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, qui permet de retirer des titres, de ne pas les renouveler ou de ne pas les attribuer à des personnes ayant causé des troubles à l'ordre public.
Les chiffres que nous avons publiés hier montrent que nous avons appliqué cette mesure deux fois plus que l'année dernière, grâce à l'impulsion donnée par les gouvernements successifs.
Bref, il est difficile de dire que nous ne faisons rien. Nous sommes à l'offensive en ce qui concerne tant la gestion du séjour que celle des reconduites.
Concernant le séjour, vous savez que le pacte sur la migration et l'asile entrera en vigueur le 12 juin prochain. Il permettra d'assurer une meilleure coordination entre tous les États européens, pour qu'il y ait une meilleure gestion de l'asile et que la France soit moins un pays de mouvement secondaire qu'elle ne l'est actuellement.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> La stabilité politique est importante. Les taux entre l'Allemagne et la France sont au plus bas depuis la dissolution de juin 2024, c'est une bonne nouvelle pour nous tous, pour la capacité d'emprunt de la France.

> La vente de LMB Aerospace a reçu tous les feux verts de l’ensemble des services de l’État. L’Etat a ensuite posé des conditions extrêmement strictes pour permettre de bloquer si nécessaire toute décision stratégique. Notre obsession reste la même : protéger nos intérêts et attirer des capitaux.

> J’ai décidé de ne pas autoriser la vente des antennes au sol d'Eutelsat. Ces antennes sont une infrastructure stratégique pour les communications civiles et de nos armées.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> En Syrie, un accord de cessez-le-feu et d’intégration a été signé, après d’intenses efforts de médiation du Président de la République et de la diplomatie française. Il donne aux Kurdes, nos partenaires dans le combat contre Daech, des garanties politiques et sécuritaires, avec l’intégration de leurs forces à l’armée syrienne, de leurs institutions à l’administration civile, et la reconnaissance de leurs droits. C’est une étape majeure pour la stabilisation de la Syrie et la poursuite du combat commun contre Daech. La France restera aux côtés de la Syrie et de tous les Syriens dans cette entreprise.

> [Intervention au Sénat] Le programme PAUSE, programme d'accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil que nous avons créé en 2017, qui est placé sous la responsabilité conjointe du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, du ministère de la culture et du ministère de l'Europe et des affaires étrangères, fait l'honneur de la France parce qu'il permet à des scientifiques, des artistes, lorsqu'ils ne peuvent exercer leur vocation dans leur pays, de pouvoir trouver refuge en France, dans la nation, dans la patrie des Lumières, et de pouvoir ainsi contribuer par leur talent et leur énergie à la progression de la connaissance dans un esprit universaliste. Grâce à ce programme, nous avons accueilli pas moins de 730 artistes et scientifiques en exil depuis sa création en 2017.
Depuis le 7 octobre 2023, grâce à la mobilisation extraordinaire de la communauté universitaire mais aussi de la communauté culturelle dans notre pays, un certain nombre de lauréats palestiniens du programme PAUSE ont pu être accueillis. D'autres se sont retrouvés bloqués dans les moments les pires de la guerre qui s'est déroulée pendant deux ans. Dans ces conditions, nous avons mobilisé des efforts considérables, les efforts de notre consulat général en lien avec nos partenaires, pour pouvoir leur permettre de bénéficier d'évacuations, ce qui suppose évidemment que les moyens matériels soient réunis, que les conditions de sécurité le soient aussi, et que les pays par lesquels ils doivent transiter nous donnent leur agrément. C'est ainsi que nous avons réussi à faire sortir 50 lauréats du programme PAUSE et leurs familles et de leur permettre de revenir en France.
Nous avons dû récemment suspendre les inscriptions au programme PAUSE. Pourquoi ? Parce que dans l'attente de l'ouverture du passage de Rafah, que nous appelons de nos vœux et sur lequel nous nous mobilisons tous les jours pour obtenir un agrément de la part des autorités israéliennes, il nous paraît difficile, voire impossible, de procéder à ces évacuations et il serait déplacé de donner l'espoir à ces lauréats que nous pourrons les accueillir en France quand, en réalité, le passage leur est barré. Donc, priorité à la réouverture des points de passage et nous pourrons alors reprendre le programme PAUSE dans des conditions normales.

> La force de notre diplomatie, ce sont eux.
Ils ont permis de libérer des otages.
Ils ont répondu, jour et nuit, aux appels de compatriotes en détresse, organisé des évacuations en urgence.
Ils ont négocié, protégé, informé, tenu la ligne de la France dans un monde sous tension.
En 2025, ce que la diplomatie française a accompli, elle le doit d’abord à ses agents.
À Paris comme dans l’ensemble du réseau, auprès des opérateurs, sur le terrain, parfois en zones de crise, ce sont eux qui ont assuré la continuité de l’État et la protection des Français.
Déploiement de nouveaux services consulaires, lutte contre le narcotrafic, sommets internationaux d’une ampleur inédite, action diplomatique au Proche et au Moyen-Orient, en Afrique comme en Ukraine : ce bilan est le leur.
Dans un contexte budgétaire exigeant, mon engagement était clair, je l'ai tenu : préserver l’essentiel pour leur permettre d’agir. Aucune suppression de postes en 2025, maintien de l’accompagnement à l’étranger, reconnaissance accrue du travail des contractuels et des agents de droit local. Nous avons également cherché à redonner de l’oxygène, en privilégiant partout où c’était possible la simplicité et l’efficacité en supprimant ou en dématerialisant trois quarts des formulaires pour permettre à chacune et chacun de se concentrer sur le coeur de son métier.
Dans un monde qui se durcit, la diplomatie française tient par ce collectif. Par sa continuité, sa crédibilité, sa capacité à agir.

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> G7 Santé 2026 : la France lance les travaux Aujourd’hui, j’ai réuni les ministres de la Santé du G7 et le commissaire européen pour lancer les travaux santé de la présidence française du G7 2026. Nos priorités : lutter contre le cancer, mieux prévenir les pandémies, agir pour la santé face au changement climatique et renforcer la sécurité sanitaire mondiale. Face aux grandes crises, la coopération internationale est essentielle pour protéger la santé de toutes et tous.

 

Amélie de Montchalin (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> [Budget / Intervention au Sénat] Ce Budget, nous en convenons tous, est imparfait. Il ne satisfait pleinement aucun d'entre nous, car il est le produit d'un compromis, bâti patiemment, article par article, pendant plusieurs centaines d'heures de débat, par des forces politiques aux orientations distinctes, parfois opposées, des forces qui ont toutes dû faire des concessions pour avancer, concessions que je reconnais difficiles pour chacun, mais utiles pour le compromis final.
En effet, je crois sincèrement que le texte qui vous est soumis aujourd'hui est un texte utile pour les Français, car il nous permet de sortir du climat d'incertitude qui s'est installé depuis quelques mois. J'espère qu'il sera bientôt promulgué, car cela nous fera sortir du régime de la loi spéciale et des services votés, qui limite fortement depuis le 1er janvier la capacité d'action de la puissance publique.
De plus, ce texte préserve l'essentiel dans un monde que nous savons troublé : il renforce les moyens consacrés aux domaines prioritaires, notamment la défense ; il contribue à soutenir nos enseignants et, plus globalement, l'éducation nationale ; il nous permet de répondre avec détermination aux crises qui frappent notre pays, dans le secteur agricole ou encore en Nouvelle-Calédonie. Surtout, il répond à sa vocation première : donner un budget à notre pays. Je pense notamment à nos collectivités, qui ont besoin de visibilité sur leurs financements.
Ce texte maintient le cap du redressement de nos comptes publics, avec un déficit prévu à 5 % du PIB en 2026 – je n'ignore pas que c'est encore beaucoup trop ! –, ce qui permettra d'arriver en deux étapes à l'objectif de 3 % en 2029. Après avoir maintenu le déficit à 5,4 % en 2025, la France tient ses engagements et restaure une partie de sa crédibilité budgétaire.
Au travers de ce budget, des efforts importants seront consentis dans chacune des sphères de la puissance publique. Je veux ici particulièrement saluer l'engagement des collectivités locales, dont nous avons longuement discuté ensemble lors de la première lecture. Signe que ce budget est un texte de compromis, le point d'arrivée retenu en la matière dans la copie qui vous est soumise aujourd'hui est celui que le Sénat avait proposé : les efforts budgétaires sont concentrés sur les intercommunalités – communautés de communes et agglomérations ; le dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités territoriales (Dilico) n'est pas reconduit pour les communes ; les départements sont soutenus, conformément aux engagements du Premier ministre ; enfin, les régions pourront continuer à investir.
Je veux aussi rappeler que l'effort de rétablissement de nos comptes publics en 2026 est réparti de manière égale entre baisse des dépenses et ajustements de fiscalité. Cela est permis principalement par les efforts, de nouveau très importants, de l'État, avec des crédits ministériels qui baisseront en valeur, sauf pour le ministère des armées et des anciens combattants.
Je rappelle que dans le budget 2025, qui avait été élaboré successivement par les gouvernements de Michel Barnier, puis de François Bayrou, et qui avait fait l'objet d'une commission mixte paritaire conclusive, lors de laquelle Jean-François Husson, rapporteur général de la commission des finances, avait joué un rôle majeur.
Dans ce Budget 2025, disais-je, la répartition de la baisse du déficit entre recettes et dépenses n'avait rien à voir : en fin d'exercice, l'effort consenti en matière de fiscalité représente 0,6 point de PIB, hors charge de la dette, mais les économies en dépenses sont nulles. On peut donc considérer que la répartition moitié-moitié auquel ce compromis a abouti pour 2026 est un progrès.
Cela, je veux le souligner ici avec force, car certains intervenants dans le débat public semblent avoir oublié d'où nous venions et ce qui est fait l'objet de nos discussions d'aujourd'hui.
Je le dis avec force : grâce à cet effort, les Françaises et les Français ne connaîtront pas de hausses d'impôts.
Je le dis avec force : les artisans, les commerçants, les très petites entreprises (TPE) et les PME ne verront ni leurs charges sur le travail ni leurs impôts augmenter.
Je le dis avec force : les entreprises de taille intermédiaire (ETI) industrielles verront même leurs impôts baisser entre 2025 et 2026.
Quant aux grandes entreprises, je le dis avec force, leur effort fiscal sera stable par rapport à 2025. Bien sûr, nous aurions préféré le réduire, mais les décisions collectives qui ont été prises nous ont amenés, dans un souci de compromis, à considérer que la stabilité fiscale était sûrement ce que nous avions à offrir de plus cohérent dans la situation politique et économique que nous connaissons.
Sur la méthode, enfin, j'entends que beaucoup d'entre vous expriment déjà des doutes, avant même que nous ayons commencé à suivre l'exécution budgétaire de 2026. Je vous le rappelle, nous entendions les mêmes interrogations il y a exactement un an.
L'an dernier, avec Éric Lombard, puis avec Roland Lescure, nous avons déployé une nouvelle méthode de suivi de l'exécution budgétaire, une méthode fondée sur un mot qui est aussi un principe : la transparence.
Vous avez été tenus informés comme jamais auparavant, tous les trimestres, en détail, de ce qui se passait en matière de recettes comme de dépenses – les dépenses de l'État, mais aussi celles des collectivités, des hôpitaux et de la sphère sociale.
Les fameux comités d'alerte des finances publiques, qui ont été réunis tous les trimestres, ont permis, non pas par magie, mais par une méthode simple, que, lorsque des aléas extérieurs ont frappé notre pays en 2025 – je songe notamment aux droits de douane de M. Trump et à un certain nombre de crises commerciales ou économiques –, le Gouvernement prenne les décisions nécessaires. Il les a prises en toute transparence et vous y avez été associés.
Le bilan est le suivant : pour la première fois depuis au moins trois ou quatre ans, nous avons enfin tenu un objectif de finances publiques.
Bien sûr, un déficit public à 5,4 % du PIB ne peut être en soi considéré comme un succès ; ce montant est loin d'être le Graal. Néanmoins, j'y vois un succès de méthode. Le Parlement, par une commission mixte paritaire conclusive avait fixé pour 2025 l'objectif de 5,4 %, et nous avons tenu cet objectif.
Eh bien, je vous le dis, pour 2026, au terme de ce processus certes long et fastidieux, mais qui a permis à chacun de fixer ses priorités, dont certaines ont été retenues dans la copie finale – le Sénat, notamment, a été très largement entendu sur les enjeux des collectivités –, la même méthode, la même transparence, les mêmes ajustements, la même capacité, quoi qu'il arrive, à tenir nos engagements me semblent de nature à conduire à une forme de confiance mutuelle entre Gouvernement et Parlement et à renforcer la confiance des Français dans notre capacité à tenir nos objectifs.
En l'occurrence, le déficit prévu de 5 % du PIB n'est pas seulement l'engagement de la ministre des comptes publics que je suis, mais il est l'engagement de tout le Gouvernement et il va devenir, j'en suis convaincue, l'engagement de tout le Parlement.
Je conclurai par un point technique en vous signalant l'existence d'une erreur matérielle dans l'article liminaire de la copie qui a été adoptée par l'Assemblée nationale et qui vous est soumise aujourd'hui. En effet, l'amendement préparé par le Gouvernement pour actualiser l'article liminaire de manière à tirer les conséquences des amendements retenus dans le cadre de la seconde partie de la loi de finances n'a pas été enregistré par les services de la séance de l'Assemblée nationale, bien qu'il ait été préparé concomitamment avec eux et qu'il ait fait l'objet d'échanges pour en permettre le dépôt en amont de l'engagement de la responsabilité du Gouvernement.
Pour la pleine sincérité de nos débats, la bonne tenue des comptes et les ajustements techniques qui s'imposent, nous déposons donc aujourd'hui un amendement équivalent en nouvelle lecture au Sénat. Vous le verrez, les ajustements sont très limités ; ils sont d'ordre purement technique. Évidemment, le niveau du solde public pour 2026 reste inchangé, à hauteur de 5 % du PIB.

 

Marina Ferrari (ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative)
> Nous lançons aujourd’hui la Stratégie Sport & Handicap 2030. Une ambition : faciliter l’accès réel et effectif au sport pour toutes les personnes en situation de handicap.
Objectif 1 : Donner l’envie de pratiquer :
- Informer sur les bienfaits du sport et sur l’offre para-accueillante
- Soutenir l’organisation de grands événement sportifs comme vitrine du parasport
Objectif 2 : Rendre accessibles :
- La pratique sportive
- Les lieux de pratique
- Les événements sportifs
Objectif 3 : Accompagner et former :
- Les acteurs du sport
- De l’éducation
- Du handicap, du médico-social et du sport-santé
Issue d’une large concertation tout particulièrement avec les acteurs du parasport et les personnes en situation de handicap, cette stratégie place le handicap au cœur des politiques sportives, pour un environnement plus inclusif et plus accessible. La Stratégie Sport & Handicap 2030, c’est une politique plus opérationnelle, plus inclusive et plus ambitieuse, pour que chacun puisse trouver sa place dans le sport. Le sport doit être un levier d’émancipation.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> La soumission chimique est une violence insupportable qui ouvre la voie à d’autres violences notamment sexuelles. L'engagement est tenu : je lance aujourd’hui l'expérimentation avec Sandrine Josso à Nantes. Pour dépister, former, protéger et sanctionner. Et demain généraliser.

> Pour que le départ d’une femme victime de violences soit le départ définitif, je lance le Pack Nouveau Départ en Vendée et j’inaugure une nouvelle Maison de santé des Femmes. Prévenir. Accompagner. Protéger. Sauver des vies.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur)
> Sécurité routière : protéger la vie, ensemble Les chiffres de cette année nous rappellent une réalité difficile : derrière chaque statistique, il y a des vies brisées, des familles endeuillées. La sécurité routière n’est pas un sujet abstrait. C’est un sujet du quotidien. Un sujet de vie. La route est un espace de liberté, mais liberté et responsabilité vont toujours ensemble. Circuler librement n’a de sens que si chacun peut le faire en sécurité. Le Président de la République et le gouvernement sont pleinement mobilisés :
- contrôles renforcés
- lutte déterminée contre l’alcool, les stupéfiants et les excès de vitesse
- prévention ciblée, notamment auprès des publics les plus exposés ou encore sur la consommation détournée du protoxyde d’azote
La sécurité routière n’est pas une contrainte. C’est une exigence collective pour protéger la vie.

> [Manifestation des policiers] Je comprends leur volonté d'avoir encore plus de moyens.

> [Protoxyde d'azote] Conduire après en avoir consommé, ça doit être une circonstance aggravante.

> Le permis de conduire est un levier essentiel de liberté, d’emploi et d’égalité entre les territoires. Face aux délais d’attente, le Gouvernement a fait le choix de l’action :
- 83 000 examens supplémentaires ouverts depuis juillet
- Des délais qui commencent à reculer localement
- 80 inspecteurs supplémentaires en cours de recrutement Accélérer aujourd’hui, structurer durablement demain : notre engagement est clair.

 

Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée de la Mer et de la Pêche)
> La mer attire ! Le secteur maritime français peut compter sur des jeunes engagés et deux écoles dynamiques et complémentaires, l'Ecole du Service Public de la mer et l'ENSM, École Nationale Supérieure Maritime!
Quelle fierté d'abord de baptiser la semaine dernière la promotion «Michel Rocard» de l'ESPMer !
Sept jeunes administrateurs et ingénieure des travaux publics de l’État intègrent notre communauté maritime, sous le parrainage d’un homme dont l’héritage résonne plus que jamais : Michel Rocard, pionnier de la protection des espaces maritimes et polaires, ambassadeur des pôles et défenseur d’un service public humaniste.
Je veux aussi saluer le choix de leur marraine, Véronique Sarrano, océanologue reconnue et engagée depuis plus de 20 ans pour la protection de l'océan.
À l’ESPMer, ces futurs cadres bénéficieront d’une formation unique, alliant formation militaire, formation de marin et formation d’administrateur, complétée par des embarquements variés (commerce, pêche, navires militaires, plaisance). Une polyvalence indispensable pour affronter les défis de demain : transition énergétique et environnementale, protection des espaces et des ressources, sécurité maritime et pêche
Une dynamique renforcée par la proximité de l'ENSM, dont j'ai également pu visiter les locaux, notamment les simulateurs de navigation. Echanges passionnants avec la direction et les formateurs sur la vision Hydro2040 et les perspectives de l’école, au cœur des enjeux de modernisation et de partenariat avec les armateurs. Les équipements, les programmes, l’adaptation aux nouvelles technologies… tout est pensé pour préparer les marins de demain aux défis d’un secteur en pleine mutation.
Bravo et merci aux deux directeurs, à tous les personnels et aux élèves pour leur accueil et leur engagement. Heureuse de voir des jeunes aussi conscients de tous enjeux maritimes et prêts à prendre la relève !

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> L’économie circulaire ça n’est pas la décroissance C’est bon pour le pouvoir d’achat, l’emploi local et la décarbonation. Aux côtés de Serge Papince à l’occasion du Conseil national du commerce. Pas de transition écologique sans les entreprises de France !

> La filière déchets du bâtiment doit fonctionner pour les artisans, les collectivités et contre les dépôts sauvages ! À Villers-Semeuse, pour développer des solutions de reprise près des chantiers et construire un système plus simple et moins cher.

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Déplacement en Tunisie: rencontre avec la société civile et les acteurs culturels. Je me suis entretenu avec des personnalités franco-tunisiennes inspirantes, de la culture, artistes, cinéastes, écrivains, musiciens, qui contribuent tous au rayonnement de la francophonie. Continuons à faire vivre notre coopération culturelle, ensemble ! Bravo à tous pour votre talent.

> Déplacement en Tunisie. J'étais ravie d'échanger à Tunis avec les capitaines d'industrie qui contribuent activement au dynamisme de notre partenariat économique bilatéral en 2025 : +10% d'échanges commerciaux, +28% d'investissements. La Tunisie est aujourd’hui le 1er investisseur africain en France !

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> Les chiffres du 4e semestre de France travail présentent une hausse modérée du nombre de demandeurs d'emplois. Une augmentation qui s'explique par différents facteurs.
En 2025, des changements de règles administratives ont été effectuées, causant la réduction des radiations automatiques (parallèlement à une hausse soutenue du nombre de contrôles), et l'élargissement du périmètre des personnes inscrites.
Sans ces modifications, les estimations indiquent un ralentissement modéré du marché du travail, sans rupture brutale, avec une augmentation de 1,7% sur un an pour les cat.A. Le taux d’emploi se maintient à un niveau historiquement élevé. Le gouvernement reste pleinement mobilisé.

 

Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
> Il y a dix jours, nous demandions à Refashion de formuler des propositions concrètes d’éco-modulation pour instaurer un malus écologique ciblé sur l’ultra fast fashion, en application de son cahier des charges et à droit constant.
À la suite de cette demande, ce 30 janvier, nous avons fait un point d’étape avec Refashion.
Cette démarche répond à un enjeu majeur : l’ultra fast fashion alimente une surproduction massive, fragilise nos filières de réemploi et de recyclage, et fait peser un coût environnemental et social qui n’est aujourd’hui pas assumé à sa juste mesure.
Nous avons demandé à Refashion de travailler sur des propositions opérationnelles, avec une exigence claire : accélérer et produire des mesures à la hauteur des impacts constatés.
Un rendez-vous de travail est fixé aux alentours du 15 mars afin d’examiner les critères proposés et le calendrier de mise en œuvre.
Une étude sera engagée pour objectiver les choix à venir.
L’enjeu est désormais de transformer rapidement les constats en décisions.
Notre objectif reste inchangé : faire en sorte que l’ultra fast fashion paie à la hauteur de l’impact réel de son modèle, et rétablir des conditions équitables pour les acteurs engagés dans la transition écologique.

 

Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Très heureux de l’adoption à l’unanimité par le Sénat de la proposition de loi visant à instaurer une procédure simplifiée de recouvrement des créances commerciales incontestées. Avec cette nouvelle procédure rapide et déjudiciarisée, confiée aux commissaires de justice, partenaires de confiance, c’est une véritable modernisation de la justice au service de la simplification du droit qui s’opère.

> Sur ma proposition, en Conseil des ministres, le Président de la République a acté la création de la direction générale de l’administration pénitentiaire (DGAP). Je me réjouis de cette étape cruciale. C’est un signe de reconnaissance et de respect pour les 45 000 agents de l’administration pénitentiaire qui évolueront désormais au sein d’une structure renforcée, essentielle à l’exécution des décisions de justice, à la sécurité pénitentiaire et à la prévention de la récidive. C’est également un pas en avant supplémentaire dans la stratégie carcérale que j’ai engagée dès mon arrivée au ministère de la Justice, qui repose sur la différenciation des établissements pénitentiaires et des détenus selon leur dangerosité. 0

 

Serge Papin (ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> Ouvrons la possibilité aux magasins de donner les invendus alimentaires à leurs salariés !
En France, on a vraiment fait beaucoup de progrès contre le gaspillage alimentaire... mais on continue de détruire 300 000 tonnes d'invendus par an. Franchement, on peut mieux faire !
Pourquoi considérer les dons d'invendus aux salariés comme comme des avantages en nature et les contraindre à être déclarés, fiscalisés, etc.? C'est une usine à gaz.
Un peu de sagesse : je veux qu'on ouvre la possibilité à tous les magasins de donner, s'ils le veulent, à leurs salariés ces produits alimentaires. La priorité des dons restera aux associations - mais ce qu'elles ne récupèrent pas doit pouvoir profiter à quelqu'un !

 

Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Moins de 3 semaines après les annonces de soutien exceptionnel aux agriculteurs, dont 40 millions d’euros d’aides d’urgence dédiés aux grandes cultures, je suis sur le terrain pour passer à l’action. Dans la Nièvre, je suis au plus près des producteurs, confrontés depuis plusieurs années à une situation économique très dégradée, dans une filière essentielle à notre souveraineté alimentaire. Dans ce territoire aux difficultés spécifiques, j’ai signé la circulaire adressée aux préfets fixant la répartition de ces aides, afin que tout soit prêt : dès l’adoption de la loi de finances, les aides pourront être engagées et versées sans délai aux exploitations céréalières les plus affectées par la crise des prix mondiaux. Je poursuis mon tour de France sur le terrain, à l’écoute des agriculteurs, avec des solutions concrètes à leur apporter.

> [Propos sur les contrats d’avenir agricoles] Quelques mots dans la séquence de crise agricole que nous avons vécue. 
Le Premier ministre a tenu à apporter le soutien de la solidarité nationale sous la forme d'un plan d'urgence de 300 millions d'euros. Mais nous ne perdons pas de vue l'absolue nécessité d'accompagner le monde agricole dans des perspectives d'avenir. Et c'est ce dont nous sommes venus parler aujourd'hui. Nous avons parlé de souveraineté alimentaire, l'enjeu stratégique pour un pays de nourrir sa population. Voilà la noble et belle tâche que nous avons donnée à nos agriculteurs. Et il y a trop de domaines de production dans lesquels nous ne sommes plus souverains. Vous avez entendu parler de la pénurie d'œufs, c'est un des exemples les plus criants qu'il soit. Nous devons donc travailler à assurer la souveraineté alimentaire de notre alimentation, de notre pays. C'est la raison pour laquelle, il y a quelques semaines, j'ai lancé les conférences de la souveraineté alimentaire et un travail partenarial étroit que je conduis, que nous conduisons avec les différentes filières et la déclinaison territoriale de ces conférences de la souveraineté alimentaire, ce seront les contrats d'avenir qui vont être conclus par les jeunes agriculteurs entre producteurs et transformateurs parce que c'est là que, véritablement, vont se créer des stratégies territorialisées autour de la diversification. On l'a vu aujourd'hui dans cette exploitation qui s'est diversifiée des grandes cultures vers la production d'amandes. 
Ce sont des diversifications, là où nous sommes précisément, en manque de production et où nous devons absolument, dans les années qui viennent, reconquérir de l'autonomie. Mais se projeter dans l'avenir, ça se décline de toutes les façons. 
C'est aussi le renouvellement des générations, c'est ce que nous allons faire avec les chambres d'agriculture, avec les jeunes agriculteurs, France Service Agriculture sait préparer le renouvellement des générations. Et Monsieur le Premier ministre a évoqué la question de la restauration collective, c'est un enjeu capital. Parce que là, l'État et les collectivités, donc la puissance publique, doit avoir la main sur la commande et donc, la production agricole. Et c'est très fondamental pour d'abord sécuriser du revenu parce que le principal sujet pour les agriculteurs aujourd'hui, c'est de parvenir, dans un contexte géopolitique particulièrement difficile, à sécuriser des revenus. Et je le dis ici, dans cette ère de production de grandes cultures tellement chahutée par les cours mondiaux qui s'affaissent, tandis que les coûts de production augmentent, donc il y a un défi de résilience de notre agriculture au choc géopolitique, au choc économique auquel nous devons les aider à se préparer.
Donc, c'est tout ça dont nous avons parlé aujourd'hui, mais véritablement une projection dans l'avenir, parce que c'est un enjeu absolument capital, c'est un enjeu de souveraineté. On parle de souveraineté militaire, on parle de souveraineté énergétique. La souveraineté alimentaire se place au même niveau d'importance. Je vous remercie.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Lutte contre les violences sexuelles sur les enfants : l'École doit être un lieu de confiance absolue.
Lorsqu'un enfant entre dans une école, il doit être protégé. Face aux violences sexuelles, nous devons aller plus loin pour prévenir, détecter et agir. Nous prenons trois mesures concrètes pour renforcer notre action :
- Un protocole d'action unique : beaucoup l'ignorent, mais gr
âce à la mobilisation de tous les personnels, l’École est le premier émetteur dinformations préoccupantes en France. Dès la semaine prochaine, nous publierons un guide national pour que chaque signalement soit traité de manière homogène et selon des procédures éprouvées dans les écoles, les collèges et les lycées.
- Un contr
ôle régulier de l'honorabilité : jusqu'à présent, le contrôle a lieu au stade du recrutement. Je souhaite désormais que l'ensemble des personnels fasse l'objet de nouvelles vérifications tous les 3 ou 5 ans, au-delà de celles faite à lembauche. De même, les antécédents des intervenants extérieurs ont vocation à être systématiquement contrôlés.
- Un d
éfenseur des droits des enfants à l’École placé auprès de la médiatrice de l'Éducation nationale. Il permettra d'améliorer la réponse institutionnelle en cas de signalement d'une prise en charge insatisfaisante dune situation au sein de l'école, qu'il s'agisse du temps scolaire ou périscolaire. Il pourra aussi émettre des propositions damélioration à linstitution en toute indépendance.

> L'Education nationale et les collectivités travaillent main dans la main pour l'Ecole.
Ce matin, s'est tenu le comité des élus locaux : une instance essentielle de dialogue entre l’Éducation nationale et les représentants des collectivités.
Au cœur de nos échanges :
- comment se préparer à la baisse démographique ;
- renforcer la cybersécurité ;
- mieux gérer les épisodes de canicule.
Nos conventions avec les maires et les régions, et bientôt avec les départements, le prouvent : c'est par l'intelligence collective et la confiance dans les acteurs de terrain que nous servirons au mieux nos élèves et tous ceux qui concourent à leur réussite.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement)
> Face à Trump, face à Poutine, face aux prédateurs, face aux grandes puissances, on a de la chance d'avoir Emmanuel Macron.

 

Charlotte Parmentier-Lecocq (ministre délégué de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Protection des enfants / Intervention à l’Assemblée] L’inscription à l’ordre du jour de cette proposition de loi consacrée à l’intérêt des enfants mérite d’être saluée, car ce texte s’inscrit pleinement dans l’ambition portée par le gouvernement : refonder la politique de protection de l’enfance. C’est pour nous une priorité absolue. Le gouvernement est désormais engagé dans une dynamique claire, ambitieuse et structurée pour la protection des enfants, autour de quatre priorités.
La première d’entre elles est de réaffirmer le rôle stratégique de l’État dans ses missions auprès des enfants pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE). La deuxième est d’assurer la sécurité affective et matérielle des enfants et des jeunes majeurs, en faisant toujours primer leur intérêt. La troisième est d’agir dès le plus jeune âge et auprès des familles pour renforcer la prévention. La quatrième est de lutter contre toute forme de maltraitance, d’exploitation ou de violence envers les enfants.
Pour soutenir cette démarche, la ministre de la santé Stéphanie Rist présentera bientôt, avec le garde des sceaux Gérald Darmanin, un projet de loi de réforme de l’aide sociale à l’enfance. Ce texte n’a qu’une boussole, l’intérêt supérieur de l’enfant. Ses objectifs sont clairs : replacer le parcours de vie de l’enfant au cœur du système, limiter les placements, développer autant que possible des solutions à caractère familial et faire primer la sécurité de l’enfant en toutes circonstances. Votre proposition de loi, madame la rapporteure, est complémentaire de ce projet de loi. Je tiens à saluer le travail que vous avez engagé, de longue date, sur ce sujet.
Le gouvernement sera très largement favorable à votre texte. Je salue tout d’abord votre intention de clarifier, à l’article 3, la répartition des compétences entre le juge des enfants et le juge aux affaires familiales. Il faudra néanmoins s’assurer que le texte n’entretienne aucune confusion sur le rôle de chacun d’entre eux.
Je salue également les précisions que vous souhaitez apporter au sujet de l’ordonnance de protection provisoire créée par l’article 4. Il apparaît souhaitable, là aussi, d’ajuster le texte. D’abord en ce qui concerne les droits de visite et d’hébergement en cas de violences : si la parole de l’enfant doit être entendue, comme elle l’est déjà, aller jusqu’à lui demander son consentement ne risque-t-il pas de le placer dans un conflit de loyauté ? Il convient ensuite de clarifier les règles permettant au parquet de saisir le juge des enfants ou le juge aux affaires familiales après une ordonnance de protection, en précisant mieux qui est compétent, et dans quels cas.
Le gouvernement est favorable aux garanties relatives à l’égalité des droits des enfants confiés prévues par les articles 5 et 6. Nous souhaitons favoriser l’accueil familial et dans cette perspective, les enfants accueillis par un tiers digne de confiance doivent avoir les mêmes droits que ceux placés à l’aide sociale à l’enfance –
 quil sagisse de laccès aux soins, aux bourses universitaires ou au logement social.
Le gouvernement
émet seulement deux réserves. La première porte sur l’interdiction des établissements privés lucratifs. Nous sommes ici face à un risque constitutionnel important, eu égard à la liberté d’entreprendre, notamment. Il ne fait aucun doute que des lieux de vie et d’accueil ouvriront des contentieux. Plutôt que d’interdire complètement, il serait plus sûr de renforcer le cadre existant – en imposant, par exemple, des conditions dautorisation et de contrôle plus strictes. Cest ce que le gouvernement proposera dans le projet de loi en préparation.
La seconde réserve porte sur le contrôle triennal des crèches. Nous nous interrogeons sur la pertinence d’un contrôle systématique, tous les trois ans, de l’ensemble des établissements. L’obligation résultant du plan de contrôle annuel départemental, élaboré conjointement entre le département, le préfet et la caisse d’allocations familiales (CAF) –
 plan voté par votre assemblée en 2023 – permet justement de cibler les structures les plus à risque. Il serait préférable dinciter les autorités compétentes en matière de contrôle à mettre en œuvre cette disposition récente.
Mesdames et messieurs les députés, la protection des enfants appelle à une mobilisation collective de l’État, des départements, des professionnels, des associations mais aussi, et bien sûr, des parlementaires. Par vos travaux, vous concourez à faire bouger les lignes. Cet engagement collectif nous permet de construire et de refonder une politique de protection de l’enfance plus juste, plus efficace, centrée sur les besoins et la sécurité des enfants.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Travailler en dépassant les clivages : ça fonctionne à l'Assemblée nationale !
Point d'étape sur les avancées importantes à l'Assemblée nationale alors que se conclut une semaine transpartisane riche en textes importants pour les Français :
Prot
éger les plus vulnérables: grâce à l'adoption de la proposition de loi (PPL) de Laure Miller qui interdit l'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans.
Avec la création d'une commission d'enquête sur les violences sexuelles incestueuses parentales et la situation des parents protecteurs validée à l’unanimité à l’initiative de Christian Baptiste.
En améliorant la protection de l’enfance avec la PPL relative à l’intérêt des enfants de Perrine Goulet, également adoptée à l’unanimité, qui prévoit notamment de renforcer les contrôles effectués au sein des établissements accueillant des jeunes enfants.
Avec un meilleur accompagnement vers l'emploi en pérennisant le dispositif « Territoires zéro chômeur de longue durée », voté à l’unanimité dans le cadre d’une PPL de Stéphane Viry.
Moderniser l'action publique avec des solutions ambitieuses pour moderniser le patrimoine immobilier de l’État grâce à la PPL adoptée à l’initiative de de Thomas Cazenave. L'objectif ? Faire des économies, sans dégrader le service public ni les conditions de travail, et réduire notre empreinte environnementale.
Ce travail partisan est aussi l'occasion de faire face à notre histoire dans un travail de mémoire et de reconnaissance :
Avec la PPL de Karine Lebon adoptée à l'unanimité visant à reconnaître et réparer les préjudices subis par les mineurs réunionnais déplacés de force dans l’Hexagone entre 1962 et 1984.
De même avec la PPL portée Mereana Reid Arbelot, adoptée également à l'unanimité qui vise à reconnaître et mieux indemniser les victimes des essais nucléaires français en Polynésie française.
Les députés ont également voté en faveur de la PPL de Stéphane Hablot permettant d’instaurer un principe de gratuité des parkings d’hôpitaux publics pour leurs personnels et les patients qui y sont admis, de même que pour leurs visiteurs.
Cette semaine
était aussi l'occasion de voter une avancée sociétale historique : la fin du devoir conjugal. Grâce à la PPL portée par Marie-Charlotte Garin et Paul Christophe et adoptée à lunanimité, le code civil précisera expressément quaucune obligation de relations sexuelles nexiste entre époux.
Cette semaine encore, l’Assemblée nationale a montré que les députés étaient capables de travailler ensemble et d’avoir des débats riches mais apaisés sur des sujets qui impactent concrètement le quotidien des Français.
Le compromis ça marche à l'Assemblée nationale et c'est concret : comptez-sur moi pour poursuivre ce travail utile pour les Français !

> Dans un monde bouleversé, nous avons besoin de partenaires fiables et solides. Pour la France, le Maroc est ce pôle essentiel de stabilité en Méditerranée.
Le Forum interparlementaire franco-marocain marque la dynamique exceptionnelle de nos relations bilatérales. Avec Gérard Larcher et nos délégations, nous faisons vivre la diplomatie parlementaire pour développer une coopération plus stratégique et forte que jamais.
-
Égalité salariale par la transparence.
- Lutte renforcée contre les violences faites aux femmes.
- Briser les plafonds de verre au sommet de l’État.
En France comme au Maroc, nos échanges nourrissent une même exigence : des droits effectifs, des textes plus justes, des avancées concrètes.

> Avant de débuter la 5ᵉ édition du Forum interparlementaire franco-marocain, je me suis entretenue avec Aziz Akhannouch
Nous avons évoqué tous les aspects de notre partenariat stratégique fermement tourné vers l'avenir : économie, transition énergétique, doits des femmes, sécurité, jeunesse, partenariat européen.
L'amitié franco-marocaine est un moteur d'innovation et de prospérité pour nos peuples.

> Il y a des pages de notre histoire qui ne peuvent plus être ignorées. Les regarder en face est un devoir.
Agir est une nécessité : c'est la raison pour laquelle l'Assemblée nationale examine cette semaine une proposition de loi pour "Réparer les préjudices causés par la transplantation de mineurs de La Réunion en France hexagonale de 1962 à 1984".
Entre 1962 et 1984, plus de 2 000 enfants de La Réunion ont été déplacés dans l'Hexagone sous couvert de les protéger. Arrachés à leur famille, à leur île, à leur histoire, ces enfants ont grandi loin des leurs, souvent sans comprendre, parfois sans savoir.
Au fil des échanges, des témoignages, des récits de vie, une évidence s’est imposée: ces blessures ne relèvent pas du passé. Elles traversent encore des existences entières, des familles, des générations.
Pendant trop longtemps, leur parole a été ignorée. Pendant trop longtemps, la reconnaissance a été incomplète. Aujourd’hui, le Parlement prend ses responsabilités. J'ai la conviction profonde que la République ne peut être forte que lorsqu’elle sait reconnaître ses manquements.
Avec cette proposition de loi, nous affirmons une exigence : la protection de l’enfance ne doit jamais constituer une variable d'ajustement pour nos politiques publiques. Quand l’État faillit, il doit le reconnaître. Quand des vies sont brisées, il doit réparer. Quand une mémoire est effacée, il doit la transmettre.
Ce texte repose sur trois piliers indissociables :
– la reconnaissance, par un travail mémoriel structuré, une journée nationale d’hommage et une place pleine et entière donnée à cette histoire dans notre récit collectif ;
– la réparation, à travers un dispositif concret, attendu, respectueux des victimes et de leurs familles ;
– la protection, enfin, parce que ce texte parle aussi de notre responsabilité présente et future envers tous les enfants confiés à la puissance publique.
Cette histoire appartient certes à La Réunion mais c'est d'abord celle de la République. Elle m’interpelle personnellement, comme responsable publique, mais aussi comme citoyenne.
Elle dit quelque chose de notre rapport aux outre-mer, avec qui j'ai un lien particulier, de notre capacité à écouter, à comprendre, à ne pas reproduire. Elle appelle une vigilance constante : la protection de l’enfance n’est jamais acquise, elle se construit chaque jour, par des actes, des choix, des exigences.
Je veux saluer le travail déterminé et constant d'Éricka Bareigts puis de Karine Lebon, auteure et rapporteure de ce texte transpartisan. À ses côtés depuis le début, je me suis battue pour que nous parvenions à ce vote. Merci à l'engagement de tous. Je suis fière de notre Assemblée nationale.
Ce texte n’effacera pas les blessures, mais il marque une étape décisive. Une étape nécessaire. Une étape attendue.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Un pas historique et un espoir pour l'avenir de la Syrie. Après tant d’années de déchirements, l’accord global annoncé entre Damas et les forces kurdes marque un tournant majeur. Choisir la voie de l’intégration et du dialogue plutôt que celle des armes est un pas courageux vers la stabilité, l’unité et la justice et une paix durable en Syrie.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Face à l’alimentation ultra-transformée, il faut agir. La Stratégie nationale alimentation-climat est prête. Nous devons arrêter de servir des aliments ultra-transformés dans les cantines. Nous devons aussi imposer un meilleur étiquetage pour informer clairement les consommateurs.

> Aujourd’hui, certains grands groupes de l’agroalimentaire utilisent notre naïveté pour imposer un certain type de recettes. Mais nous pouvons encadrer ces pratiques, remettre de la transparence, construire des parcours de formation et jouer pleinement notre rôle de pivot, notamment à travers la cantine. Pour structurer tout cela, il existe la Stratégie nationale alimentation-climat, qui dit très clairement qu’il faut réduire l’alimentation ultra-transformée, sur laquelle j’ai travaillé lorsque j’étais ministre, aux côtés de Yannick Neuder. Elle est prête. Elle constitue un cadre général clair. Et j’appelle le Premier ministre à publier cette stratégie.

> Avec mon groupe, Ensemble pour la République, nous portons une proposition de loi qui arrive dans l’hémicycle la semaine prochaine et qui vise à rendre obligatoire un enseignement d’éducation à l’alimentation. Bien sûr, je considère que la cantine est le lieu pivot pour avoir un repas de qualité dans la journée, sur lequel nous avons une totale maîtrise, puisque c’est public et qu’il existe un cahier des charges. Mais je crois aussi à l’enseignement alimentaire : un contenu encadré, sans oublier le plaisir. Parce que notre atout, en France, c’est notre culture gastronomique, sur laquelle nous pouvons construire.

> Il n’y a aucun doute sur l’impact massif de l’alimentation ultra-transformée sur la santé. Notre responsabilité, c’est de réduire la part de ces produits dans notre alimentation. Pour cela, des outils existent, comme le Nutri-Score, qui n’est pas parfait mais a fait ses preuves et peut encore être amélioré. D’autres acteurs, comme Yuka, contribuent aussi à plus de transparence pour les consommateurs.

> Sur la malbouffe et l’alimentation ultra-transformée, la première responsabilité politique, c’est de donner aux consommateurs l'information la plus transparente et qualitative possible, pour qu’ils puissent faire leurs choix en pleine connaissance de cause.

> Le Premier ministre a dû siffler la fin de la récréation. S’il a utilisé le 49.3, c’est parce que les groupes politiques qui disaient « laissez-nous faire, nous trouverons une solution ensemble » n’en ont pas été capables. Aujourd’hui, les français attendent ce Budget. Les entreprises ont besoin de visibilité pour recruter et investir. Les ménages en ont besoin pour savoir s’ils engagent des projets comme changer de logement ou le rénover.

> Sur le Budget, nous avons été confrontés à l’immaturité des oppositions, notamment sur la question de l’augmentation des impôts. Le vote du Rassemblement national est tout simplement invraisemblable : 36 milliards d’euros d’impôts supplémentaires. Face à cela, avec mon groupe Ensemble pour la République et avec Gabriel Attal, nous nous sommes mobilisés pour limiter la casse. Résultat : pas d’augmentation d’impôts pour les travailleurs l’année prochaine, grâce à notre mobilisation.

 

Elisabeth Borne (députée)
> Je salue la décision d’inscrire le Corps des Gardiens de la Révolution islamique sur la liste européenne des organisations terroristes. Cette position portée par la France est un acte fort, tout comme le sont les sanctions renforcées contre le régime iranien. La répression insupportable et inhumaine qui s’abat sur le peuple iranien ne peut pas rester impunie. Nous sommes pleinement du côté de celles et ceux qui se battent courageusement et dignement pour leur liberté, pour leurs vies.

 

Marc Ferracci (député)
> Face à la tentation illibérale qui pointe aux Etats-Unis, l’Europe est forte quand elle est unie et affirme ses valeurs.

> Renforcer les liens économiques franco-suisses, concrètement. J’ai rencontré Ivan Slatkine, président de la Fédération des entreprises romandes. Cet échange a permis de faire le point sur les dynamiques économiques en Suisse romande, les attentes des entreprises et les opportunités de coopération entre nos deux pays. Innovation, compétitivité, attractivité des territoires : autant de sujets au cœur de discussions franches et utiles. La relation économique entre la France et la Suisse repose sur la confiance, le dialogue et une volonté partagée de construire des partenariats durables au service de nos entreprises et de l’emploi. Merci pour cet échange de qualité.

> Crans-Montana : face à l’urgence, la coopération sauve des vies. Je me suis rendu mercredi au Centre opérationnel de régulation et de réponse aux urgences sanitaires et sociales (CORRUSS) du ministère chargé de la Santé, aux côtés de l’ambassadrice de Suisse en France. Cette visite s’inscrivait dans le contexte du drame survenu à Crans-Montana, en Suisse, où un incendie dans la nuit du Nouvel An a coûté la vie à 40 personnes et bouleversé de nombreuses familles. Le CORRUSS est mobilisé 24h/24 et 7j/7 pour coordonner la réponse de l’État face aux crises sanitaires majeures. Dans ce contexte particulièrement éprouvant, ses équipes ont joué un rôle absolument déterminant : information fiable des familles, coordination internationale étroite, et transfert de 18 patients vers la France, dans des conditions de sécurité et d’efficacité remarquables. Ce déplacement était avant tout un moment de remerciement et de reconnaissance. Reconnaissance pour l’engagement sans relâche des équipes françaises, mais aussi pour la coopération exemplaire avec les autorités suisses, menée avec simplicité, efficacité et humanité. Dans ces moments où tant de familles vivent l’inquiétude, la douleur ou l’attente, cette coordination a permis d’agir vite, juste, et avec sérénité. Au-delà de la coopération opérationnelle, c’est une véritable amitié entre la France et la Suisse qui s’est exprimée. Merci aux équipes du CORRUSS. Merci à toutes celles et ceux qui, dans l’ombre, protègent, soignent et soutiennent.

> La fusion n’est pas un rêve : c’est un chantier en cours. À Cadarache, j’ai visité le site d’ITER, l’un des projets scientifiques et industriels les plus ambitieux jamais engagés par l’humanité. Ce n’est pas un projet banal. Son but est de montrer que la fusion nucléaire peut être utilisée comme source d'énergie à grande échelle, non émettrice de CO2, pour produire notamment de l'électricité. ITER, c’est aussi une aventure humaine et politique unique : ici, 34 pays travaillent ensemble, partagent leurs savoir-faire, confrontent leurs solutions techniques et apprennent les uns des autres. Chaque composant, conçu et fabriqué dans un pays différent, s’assemble à Cadarache pour servir un objectif commun, utile à tous. Dans le hall d’assemblage et au cœur du bâtiment Tokamak, on mesure concrètement ce que signifie la souveraineté énergétique au XXIᵉ siècle :
- une coopération scientifique internationale sans équivalent,
- une exigence industrielle extrême,
- une contribution française et européenne absolument centrale.
Face aux tensions géopolitiques et à la course mondiale à l’énergie, les pays participants à ITER ont fait un choix clair : investir dans la science et dans la coopération internationale pour garantir notre indépendance énergétique.

 

Nicole Dubré-Chirat (députée)
> [Protection des enfants / Intervention à l’Assemblée] L’Assemblée nationale examine une proposition de loi transpartisane sur un sujet essentiel, la protection de l’enfance. En tant que vice-présidente de la délégation aux droits des enfants, je suis particulièrement heureuse de soutenir ce texte, fruit des travaux de notre délégation et de l’engagement de sa présidente, Perrine Goulet, que je remercie.
La protection de l’enfance traverse d’importantes difficultés depuis de nombreuses années, alors que le nombre d’enfants bénéficiant d’une mesure de protection –
 désormais près de 400 000 – ne cesse daugmenter. En parallèle, les départements, qui supportent le coût de cette politique à hauteur de 10 milliards deuros par an, peinent à financer les places daccueil et à recruter des professionnels.
Les chiffres sont alarmants
 : les enfants relevant de la protection de lenfance ont une espérance de vie inférieure de vingt ans à celle de la population générale ; seuls 12 % obtiennent le baccalauréat ; 25 % des personnes sans domicile fixe sont passées par l’ASE ; un enfant sur deux hospitalisés en psychiatrie a été ou est suivi par l’ASE.
Dans le même temps, les professionnels de la protection de l’enfance ont chaque jour davantage de mal à remplir leurs missions et se sentent de plus en plus impuissants face aux dangers auxquels les mineurs placés sont exposés, comme la prostitution ou la délinquance.
Les onze articles du texte ont une ambition commune : protéger l’enfant, en tout lieu, le plus rapidement possible. Les articles 1er et 2 visent à renforcer les contrôles des lieux d’accueil et à améliorer leur suivi. C’est indispensable tant les défaillances sont nombreuses. Il faudra veiller à ce que les moyens humains suivent –
 seuls cinquante-cinq équivalents temps plein (ETP) assurent actuellement ces contrôles.
Les articles
 3 et 4 ambitionnent d’étendre les compétences du juge des enfants. Réécrits en commission grâce aux amendements de la rapporteure, ils disposent que le juge des enfants est désormais le seul magistrat compétent pour statuer sur l’autorité parentale et les droits de visite et d’hébergement dans le cadre de l’assistance éducative. Ils introduisent également l’ordonnance de protection provisoire, sur le modèle de celle existant pour les femmes victimes de violences conjugales, permettant au procureur de statuer en urgence.
En outre, le texte renforce l’égalité des droits, en ouvrant aux enfants placés auprès de tiers dignes de confiance l’accès à la complémentaire santé solidaire et à une bourse d’études supérieures. Il s’agit de mesures de bon sens –
 il est essentiel daccompagner ces enfants dans la construction de leur avenir et de leur donner des chances de réussir.
La commission a
également adopté deux amendements de mon groupe. Le premier, à l’article 3  bis, permet désormais au juge d’enjoindre aux parents de suivre un stage de responsabilité parentale lorsqu’il considère que, de façon répétée, ils ne respectent pas leurs obligations. Il s’agit de les accompagner, et de renforcer l’exercice responsable de l’autorité parentale.
Le second, à l’article 4  bis, rend obligatoire le consentement de l’enfant avant toute reprise de contact avec un parent violent. Alors que les violences commises à l’encontre des enfants sont encore un sujet tabou, il faut rappeler que la vie et l’intérêt de l’enfant doivent guider l’écriture de toutes les lois qui les concernent.
Enfin, dans une démarche transpartisane, nous avons renforcé le cadre législatif prévu par la loi Taquet, en interdisant strictement les placements à l’hôtel des mineurs de l’ASE –
 c’était indispensable au regard des drames récents. Le principe était déjà édicté mais la mesure n’était pas efficiente.
Renforcer la protection de l’enfance, c’est investir pour l’avenir. Ce texte, suivi d’un projet de loi au printemps, ne résoudra pas toutes les difficultés, mais il améliorera le cadre juridique et l’accompagnement des enfants placés. Pour toutes ces raisons, le groupe Ensemble pour la République le soutiendra sans réserve.

 

● MoDem 
Perrine Goulet (députée)

> [Protection des enfants / Intervention à l’Assemblée] La prévention des violences intrafamiliales, en particulier des violences faites aux enfants, constitue aujourd’hui une préoccupation largement partagée par de nombreux députés, sur tous les bancs de cet hémicycle. Ces violences sont massives, encore trop souvent invisibles, et frappent des enfants au cœur même de leur sphère de protection. Ce constat n’est pas facile à admettre, mais pour de trop nombreux enfants, la famille n’est pas un espace protecteur ; elle peut même devenir le lieu du danger.
Cela doit nous rappeler une réalité essentielle : la protection de l’enfance commence par la prévention, par le repérage précoce et, surtout, par la prise en compte effective de la parole de l’enfant. Nous péchons trop souvent en la matière. Trop souvent, l’enfant n’est pas écouté, n’est pas cru quand il dénonce des faits de violence, sous prétexte qu’il pourrait être influencé, ou tout simplement parce que c’est un enfant et que sa parole vaut moins que celle d’un adulte. Il est temps que le doute soit au bénéfice de l’enfant à protéger plutôt que de la personne soupçonnée de violence.
Lorsque le danger est identifié ou supposé, la réponse publique doit être immédiate et conforme aux besoins et à l’intérêt de l’enfant. Mais force est de constater que la mise sous protection en urgence des enfants demeure trop souvent entravée, par la volonté de donner la priorité aux droits des parents, par la non-recherche de solution familiale ou par l’insuffisance de solutions disponibles. Selon le collectif Les 400 000, en 2024, plus de 3 300 enfants ont fait l’objet d’une décision de placement sans solution effective, faute de places adaptées. Dans certains territoires, des juges des enfants avouent renoncer à ordonner des placements, faute de dispositifs mobilisables.
Ces difficultés de prise en charge en urgence s’inscrivent dans un cadre plus large de dysfonctionnements structurels de l’aide sociale à l’enfance (ASE), dont l’actualité se fait régulièrement l’écho. Aujourd’hui, près de 380 000 enfants sont concernés par une mesure de protection de l’enfance. Malgré l’engagement des professionnels, le système est sous tension : pénurie de personnels, saturation des dispositifs, fortes inégalités territoriales, ruptures de parcours et gouvernance insuffisamment pilotée au niveau national.
Les conséquences sont lourdes pour les enfants concernés : seuls 5 % des enfants protégés suivent un second cycle d’enseignement général, et 70 % sortent du système scolaire sans diplôme ; la fréquence des grossesses de mineures est treize fois plus élevée dans cette population ; un quart des SDF nés en France ont eu un parcours à l’ASE ; enfin, l’espérance de vie de tous ces enfants est amputée en moyenne de vingt ans.
Ces constats ne relèvent ni de l’exagération ni du procès d’intention ; ils sont documentés, mesurés et reconnus par nos propres institutions. Je pense bien sûr à la mission d’information sur l’ASE, créée en 2019 par la conférence des présidents, aux travaux de la délégation aux droits des enfants, que j’ai l’honneur de présider, ou encore à ceux de la commission d’enquête parlementaire sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance, dont Mme Santiago a été la rapporteure.
Reconnaître ces réalités, ce n’est pas accuser les acteurs de terrain. Au contraire, c’est se donner les moyens d’agir, en renforçant la prévention des violences, en garantissant une protection immédiate lorsqu’un enfant est en danger, en corrigeant certaines failles résiduelles de l’ASE. Telle est l’ambition de cette première proposition de loi issue des travaux de la délégation aux droits des enfants. Elle s’articule autour de trois axes : le renforcement des contrôles sur les établissements de protection de l’enfance et les crèches ; la clarification du circuit judiciaire afin d’assurer la protection des enfants en danger ; l’application du principe de l’égalité de traitement, indépendamment du mode de placement.
J’en viens à la version du texte qui vous est soumise, fruit des débats en commission des affaires sociales.
L’article 1er vise à renforcer le contrôle et la transparence des structures de protection de l’enfance. Nous avons ainsi prévu des contrôles obligatoires, tous les trois ans, par l’État et les départements. Ces contrôles pourront être inopinés ; les enfants et les professionnels seront entendus. Nous avons en outre veillé à ce que ces contrôles comprennent la vérification des attestations d’honorabilité fournies par les personnels et à ce que leur bilan soit porté à la connaissance de tous les conseillers départementaux dans le rapport annuel.
Nous souhaitons aussi mettre fin à la marchandisation de cette politique, en interdisant l’ouverture de toute nouvelle structure de protection de l’enfance sous statut privé lucratif et en laissant trois ans à celles qui sont déjà ouvertes pour se mettre en conformité avec les règles, comme nous l’avaient demandé les départements.
Enfin, nous avons précisé que, lorsqu’un département confie un enfant à un lieu d’accueil situé dans un autre département, il doit en informer ce département d’accueil, de sorte qu’il y ait un véritable suivi. En effet, je souhaite que le calvaire vécu par les enfants du Nord, victimes de violences dans des accueils illégaux situés ailleurs sur le territoire national, ne se reproduise pas.
L’article 1er  bis a été introduit par la commission afin de réaffirmer la volonté ferme du législateur de mettre un terme définitif aux placements à l’hôtel des enfants confiés à l’ASE. Nous avons ainsi supprimé le cadre dérogatoire permettant un accueil temporaire dans des structures ne relevant pas des régimes d’autorisation prévus dans le code de l’action sociale et des familles.
L’article 1er  ter renforce les contrôles sur les pouponnières à caractère social, en prévoyant qu’ils interviennent tous les deux ans.
À l’article 2, nous avons renforcé les contrôles des crèches, en prévoyant des contrôles tous les trois ans des établissements d’accueil du jeune enfant. Ces contrôles pourront là aussi être réalisés de manière inopinée.
Avec l’article 3, nous avons clarifié la répartition des compétences entre le juge des enfants et le juge aux affaires familiales. La justice doit être à hauteur d’enfant. Nous avons donc fait en sorte qu’à un instant T, un seul juge soit en relation avec l’enfant. Ainsi, si l’enfant bénéficie d’une mesure d’assistance éducative, seul le juge des enfants sera compétent, y compris pour les droits de visite et d’hébergement –
 autrement dit, lenfant naura quun seul juge face à lui. Le juge aux affaires familiales sera alors dessaisi de ces prérogatives, temporairement, pendant toute la durée de la procédure d’assistance éducative.
L’article 3  bis, introduit en commission, permettra au juge des enfants, dans le cadre de ses prérogatives en matière d’assistance éducative, d’enjoindre aux parents de suivre un stage de responsabilité parentale. Cette mesure, inspirée des recommandations de la délégation aux droits des enfants, vise à ce que l’on rappelle aux parents leurs obligations légales. Elle s’inscrit dans une logique d’accompagnement, non de répression.
L’ambition de l’article 4 est de créer une ordonnance de protection provisoire pour prendre en compte immédiatement la parole des enfants qui se disent victimes de violences ou qui sont en danger. Quand le procureur sera saisi d’une situation de danger, il devra statuer sous soixante-douze heures pour mettre l’enfant sous protection. Il devra ensuite saisir le juge compétent dans un délai de huit jours. Ce juge disposera alors de quinze jours pour confirmer, modifier ou suspendre l’ordonnance de protection provisoire. Par rapport à l’ordonnance de placement provisoire qui existe aujourd’hui, cette nouvelle ordonnance de protection offrira des possibilités supplémentaires, par exemple celle de prononcer une interdiction de paraître ou d’entrer en contact, ou celle d’attribuer la jouissance du logement familial au parent protecteur.
Le juge compétent sera soit le juge aux affaires familiales –
 sil y a un parent protecteur –, soit le juge des enfants  pour les enfants qui ont besoin dune mesure dassistance éducative. Cette organisation, qui nest pas celle que javais prévue à lorigine, a été suggérée par les magistrats. Quand tous les magistrats me disent que cest la bonne solution, jai tendance à les écouter !
Nous avons ajouté deux mesures : d’une part, une sanction pénale –
 trois ans demprisonnement et 45 000 euros damende – en cas de non-respect de lordonnance de protection provisoire, car seul le risque de sanction est à même de garantir le respect de lordonnance ; dautre part, lobligation pour le juge de rechercher le consentement de lenfant avant daccorder éventuellement à un parent violent un droit de visite et dhébergement  quil sagisse de violences psychologiques ou physiques.
Les derniers articles visent à donner les mêmes droits à tous les enfants mis sous protection par un juge, qu’ils soient confiés au département ou à un tiers digne de confiance. Nous entendons ainsi encourager les familles à accueillir les enfants quand elles en sont capables.
L’article 5 permettra aux enfants confiés à un tiers digne de confiance d’avoir accès à la protection universelle maladie (Puma), aux bourses d’enseignement supérieur et au logement social. De plus, en cas de difficultés à leur majorité, ils pourront « taper à la porte » des départements pour être accompagnés.
L’article 6 leur permettra de demander le bénéfice, à titre personnel, de la complémentaire santé solidaire (C2S). Nous avons aussi prévu qu’ils puissent être, s’ils le souhaitent, affiliés de manière autonome à la sécurité sociale.
L’article 7 leur permettra de bénéficier automatiquement du statut de boursier sur critères sociaux à l’échelon maximal, et d’accéder ainsi à toutes les prestations qui y sont associées –
 bourses, restauration universitaire, logement étudiant, exemption des droits dinscription.
Enfin, l’article 7  bis, introduit par la commission, ajoute les personnes confiées pendant leur minorité à un tiers digne de confiance à la liste des personnes prioritaires pour l’accès au logement social.
Voilà, en quelques mots, le contenu de la proposition de loi que nous examinons. Je suis fière du travail réalisé en amont de son dépôt. La délégation aux droits des enfants a ainsi auditionné plus de cinquante personnes en un an. Lors de l’examen du texte en commission, de nombreux collègues députés ont apporté des améliorations bienvenues.
Bien sûr, je ne prétends pas résoudre, par la modeste proposition de loi que je présente, l’ensemble des difficultés de notre système de protection de l’enfance. En revanche, je suis convaincue que ce texte contient des ajustements ciblés extrêmement positifs pour les enfants. En particulier, grâce à l’ordonnance de protection immédiate, on pourra dire aux enfants : je t’entends, je te crois et je te protège. Notre pays doit faire sienne cette maxime.

> [Protection des enfants / Intervention à l’Assemblée]
Ce texte ne vise pas à répondre à toutes les difficultés de la protection de l’enfance, mais à accompagner une transformation : l’écoute de la parole de l’enfant et sa protection immédiate, pour qu’un enfant qui a révélé des faits d’inceste ne soit plus obligé de continuer à voir son agresseur pendant plusieurs mois, le temps que la procédure pénale fasse son œuvre. Notre pays doit réellement faire sienne la maxime « je t’entends, je te crois, je te protège ». C’est une nécessité.
Il entend aussi rompre avec la logique qui consiste à envisager le placement comme la seule solution de protection. Nous devons encourager et accompagner les solutions familiales, voire amicales, quand cela est possible. Dans les autres cas, les centres collectifs ou les familles d’accueil doivent devenir des lieux dans lesquels la maltraitance n’a plus sa place. Nous devons y travailler tous ensemble.

 

Anne Bergantz (députée)
> [Protection des enfants / Intervention à l’Assemblée] Nous sommes aujourd’hui réunis pour examiner un texte d’une particulière importance, parce qu’il touche aux enfants vulnérables. Ce sont ces enfants que la protection de l’enfance est censée protéger : enfants victimes de violences, de négligences, de carences éducatives ou affectives.
Or ce système, nous le savons tous, traverse une crise profonde. Les constats sont connus, documentés –
 et parfois insoutenables. Ils ont été rappelés lors des auditions de la délégation aux droits des enfants et largement partagés en commission : 70 % des enfants sortent de l’aide sociale à l’enfance sans diplôme ; les grossesses précoces y sont treize fois plus fréquentes ; une part considérable des jeunes en situation de prostitution ou de grande précarité sont passés par l’ASE. Ces chiffres ne sont pas une fatalité ; ils sont le signe d’un système qui dysfonctionne encore trop souvent : manque de contrôles effectifs, manque de coordination, procédures trop lentes, inégalités des droits selon le lieu ou le mode de placement.
C’est précisément à ces failles que répond la proposition de loi relative à l’intérêt des enfants, défendue par notre collègue Perrine Goulet, que je tiens à saluer pour son engagement constant et transpartisan en tant que présidente de la délégation aux droits des enfants.
Ce texte est le fruit d’un travail approfondi, mené pendant près d’un an par la délégation, au contact des anciens enfants placés, des magistrats, des départements, des professionnels éducatifs et des associations. Il ne prétend pas tout résoudre mais il apporte des réponses concrètes, ciblées et immédiatement utiles.
Il vise, premièrement, à mieux protéger les enfants par un contrôle renforcé des lieux d’accueil. Aucun enfant ne doit être placé dans un lieu qui ne garantit pas sa sécurité et sa dignité. La proposition de loi renforce ainsi les contrôles des établissements, des foyers, des lieux de vie et des structures accueillant des enfants confiés à l’ASE, avec un contrôle au minimum tous les trois ans –
 contrôle qui peut être inopiné. Surtout, ce texte énonce un principe fort, que le groupe Les Démocrates soutient pleinement : on ne fait pas de profit sur la protection de l’enfance. Parce que les enfants n’ont pas le choix du lieu où ils sont placés, leur protection ne peut jamais être une variable économique.
Il tend, deuxièmement, à ce que la réponse judiciaire soit plus rapide et plus efficace en cas de danger. À l’heure où un enfant meurt tous les cinq jours sous les coups portés par un membre de sa famille et que des dizaines de milliers d’enfants sont victimes d’inceste et de violences intrafamiliales, nous ne pouvons plus accepter des procédures trop lentes ou insuffisamment protectrices. La création d’une ordonnance de protection provisoire est, à cet égard, une évolution essentielle. Inspirée de ce qui existe déjà pour les femmes victimes de violences conjugales, elle permet d’offrir à l’enfant une protection immédiate et adaptée à sa situation. Cette ordonnance permettra notamment d’interdire au parent violent d’entrer en contact avec l’enfant, de lui imposer des interdictions de paraître ou encore d’attribuer le logement familial au parent protecteur. Les délais en sont par ailleurs encadrés : la décision du procureur devra intervenir dans les soixante-douze heures.
La troisième ambition de ce texte est celle de la justice et de l’égalité. Un enfant ne devrait jamais voir ses droits varier selon qu’il est placé en établissement, en famille d’accueil ou auprès d’un tiers digne de confiance. La proposition de loi aligne donc les droits de tous les enfants protégés, en matière de couverture maladie, de complémentaire santé, d’accès aux bourses d’études et de priorité en matière de logement social.
Elle conforte ainsi une orientation déjà affirmée par le législateur en 2022, en favorisant, lorsque cela est possible et souhaitable, des solutions de placement plus stables et plus humaines.
Cette proposition de loi renforce les contrôles et modernise les outils judiciaires. Elle rappelle surtout une évidence : l’intérêt supérieur de l’enfant doit toujours primer. Pour toutes ces raisons, le groupe Les Démocrates appelle à un large soutien transpartisan en faveur de ce texte, comme en commission. Parce que ces enfants sont notre avenir, et parce que notre responsabilité est de leur donner, aujourd’hui, les moyens d’y croire.

 

● Parti radical
> Le Parti radical appelle à renforcer la pression diplomatique visant à soutenir le peuple iranien dans sa lutte pour la liberté
Le Parti radical salue avec ferveur et force la décision historique de l’Union européenne qui a inscrit aujourd’hui les Gardiens de la Révolution de la République islamique d’Iran sur la liste des organisations terroristes.
Cette mesure, prise par les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne réunis à Bruxelles, et qui avait fait l’objet d’une résolution transpartisane déposée en 2024 par les Présidents des groupes du Sénat, représente une étape politique décisive face à la totale impunité des responsables d’une répression sanglante et meurtrière qui a marqué l’histoire récente de l’Iran.
« L’Union européenne envoie un message clair : la communauté internationale ne peut rester passive face au meurtre systématique et en masse de civils. » indique Maxime Moulazadeh, secrétaire national du Parti radical à la défense et aux armées.
Cette décision intervient dans un contexte où les populations iraniennes ont exprimé, avec courage et détermination, leur aspiration profonde à la liberté, à l’égalité et à un avenir démocratique, au prix parfois de sacrifices humains inestimables. Le Parti Radical rend hommage à ces femmes et à ces hommes dont la quête de liberté a inspiré le monde entier.
Pour la présidente du Parti radical, Nathalie Delattre : « Cette décision est à la fois un acte de justice et un message d’espoir : justice pour les victimes des violences d’État, espoir pour un peuple qui ne renonce pas à sa liberté ».
Le Parti radical appelle désormais la communauté internationale à renforcer la pression diplomatique et les mesures concrètes visant à soutenir le peuple iranien dans sa lutte pour la liberté, pour l’égalité des droits pour tous, et pour la construction d’une société iranienne fondée sur le respect de l’État de droit.

> Un an après le Sommet de Paris, le Parti radical appelle à accélérer la « Troisième Voie » européenne pour une IA souveraine et éthique.
En cette Journée européenne de la protection des données du 28 janvier 2026, et près d’un an après le Sommet pour l’action sur l’IA qui s’est tenu à Paris, le Parti Radical dresse un constat clair : bien que la France ait été parmi les premières à initier une réflexion sur l’IA et qu’elle ait réussi à attirer des investissements considérables, la véritable bataille pour une souveraineté numérique qui respecte les libertés ne fait que commencer.
Face aux géants américains et chinois qui continuent de dominer le marché, l’entrée en vigueur de l’AI Act européen n’était qu’une première étape. Pour le Parti Radical, 2026 doit être l’année de la mise en œuvre opérationnelle d’une IA de confiance, protectrice de la vie privée et moteur de notre économie.
Pour réussir ce défi en 2026, le Parti radical formule 4 propositions clés pour allier innovation et protection :
- Formation pour tous : ouvrir des « Campus de l’Intelligence Artificielle » prioritairement dans les quartiers et zones rurales, et intégrer l’apprentissage critique des IA dès l’école primaire.
- Souveraineté économique : soutenir nos fleurons européens de IA et la création de délégations départementales pour accompagner la transition IA de nos PME.
- Justice fiscale et sociale : instituer une taxe GAFAMI et BATX pour financer la création d’organismes de régulation et de contrôle, de formation et pour contribuer à la protection sociale
- Sécurité sous contrôle : autoriser les IA de sécurité (reconnaissance comportementale) pour lutter contre la criminalité, dans le respect des libertés publiques, uniquement sous le contrôle strict du juge
La France a les atouts pour être la première puissance de l’IA en Europe d’ici 2030. Il nous appartient désormais de veiller à ce que cette technologie reste un outil d’émancipation au service des citoyens, et non un instrument de surveillance.

 

► Autres 
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie industrielle)

> Souveraineté numérique, innovation et liberté d’expression : l’Europe doit aussi investir le champ de ses réseaux sociaux. Bienvenue à « W », une initiative européenne qui ouvrira dès mars 2026 un nouvel espace de débats et d’échanges.

> Un accord historique sur le point d’être conclu entre les 2 plus grandes démocraties du monde. Cet accord EU-Inde nous permet de :
- diversifier nos marchés

- réduire nos dépendances vis-à-vis des Etats-Unis et de la Chine
- ouvrir un nouveau cycle de croissance pour nos entreprises.
En quelques chiffres :
- une zone de libre-échange d’environ 2 milliards de personnes
- une réduction de 90 % des droits de douane et des exportations de l’UE vers l'Inde multipliées par deux
- environ 4 milliards d'euros d’économies par an en droits de douane pour les exportateurs européens.

 

● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Ces derniers mois, la Bulgarie a connu les plus grandes manifestations de son Histoire. Partout dans le pays, des milliers de citoyens ont exprimé leur exaspération de la corruption, des oligarques, des remises en cause de l’état de droit et de l’instabilité politique. Le peuple bulgare a exprimé un espoir : un espoir européen, l’espoir de vivre dans un pays qui offre un avenir à sa jeunesse. Avec la task force Renew Europe sur l’état de droit nous nous sommes rendus à Sofia. Pour rencontrer des juges, journalistes et activistes qui tous nous ont décrit une situation très préoccupante. Pour interroger le ministre de la Justice. Pour témoigner de notre soutien à nos partis alliés bulgares et au peuple qui a manifesté. Nous sommes particulièrement préoccupés par l’emprisonnement arbitraire d’opposants politiques : le cas de Blagomir Kotsev, maire de Varna injustement arrêté alors qu’il luttait contre la corruption dans sa ville, nous a profondément choqués. Alors qu’elle a rejoint l’espace Schengen et la zone euro, la Bulgarie doit aujourd’hui vivre son rêve européen. Nous l’y aiderons.

 

Pascal Canfin (député)
> L'ultra Fast-Fashion contribue-t-elle au pouvoir d'achat des consommateurs ? La réponse est claire selon la dernière étude du Haut-Commissariat au Plan : c'est non !
Un recent rapport du Haut-Commissariat au Plan dénonce en effet des bonnes affaires en "trompe-l'œil" et incite à prendre en compte et à communiquer le« Cost per Wear », un indicateur qui informe sur la valeur du vêtement en fonction du nombre de fois où il sera porté.
La durée d'utilisation d'un vêtement fast fashion serait ainsi dix fois plus courte qu'un vêtement traditionnel. L'exemple sélectionné dans le rapport est édifiant, entre un jean en coton bio produit en France et un jean en coton/polyester vendu sur une plateforme de fast-fashion. Un jean made in France coutera au consommateur entre 50 et 70 centimes par port, puisqu'il sera porté entre 200 et 250 fois pour un cout total de 149€. Or, un jean de fast-fashion pourra être porté entre 7 (!) et 30 fois, pour un prix de 24€, donc il reviendra entre 80 centimes et 3,5€ par port !
 Acheter sur des plateformes d'ultra fast-fashion, est donc néfaste pour l'industrie française, pour l'environnement et pour le portefeuille des Européens.
-  Avec le Digital Services Act (DSA), l
Europe est le 1er continent à se doter dune réglementation pour protéger les droits des consommateurs européens et ainsi riposter à la concurrence déloyale comme au déferlement de produits chinois bas de gamme, voire dangereux qui ne respectent pas nos normes sanitaires et environnementales. Ce texte permet notamment à l'Europe d'infliger des sanctions allant jusqu'à 6% du chiffre d'affaires mondial des grandes plateformes de e-commerce qui ne respectent pas nos normes. Il faut désormais que cette législation soit pleinement et rapidement appliquée !
- Avec l'Industrial Accelerator Act, qui sera présenté dans les prochaines semaines, notre objectif est également de soutenir davantage notre production européenne à travers des investissements et une commande publique dirigés en priorité en faveur du Made in Europe. (…)
C'est aussi grace à ce travail parlementaire transpartisan que nous remporterons la bataille en faveur de la protection des consommateurs, de nos commerces et de notre industrie !

> Malgré toutes les tentatives pour la faire dérailler, la transition écologique accélère en Europe !
1) En d
écembre 2025, pour la première fois, les ventes de voitures 100 % électriques ont dépassé celles des voitures à essence en Europe !
En incluant les hybrides rechargeables, ce sont 320 000 véhicules électriques qui ont trouvé preneur, contre 285 000 pour les modèles essence et diesel.
2) En 2025, seulement 9,2% de l
’électricité européenne a été produite à partir de charbon - le plus bas niveau de son histoire.
3) Pour la première fois en 2025, l’Europe a produit plus d’électricité grâce au solaire et à l’éolien (30%) que via les énergies fossiles (29%) !
Trois tournants qui montrent le sens de l’Histoire. Soyons du bon côté !

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> Brexit : vraiment l’indépendance promise ? Six ans après le fameux « Take back control », le constat est sans appel : le Royaume-Uni reste largement aligné sur les règles européennes. Alors, souveraineté retrouvée ou liberté d’apparence ?

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Je salue l’ouverture d’une enquête sur le jeu en ligne Roblox par les Pays-Bas.