vendredi 30 octobre 2026

Propos centristes. France – Imprescriptibilité pour les crimes sexuels commis sur les enfants / Racisme / Revendication des lycéens / Croissance en berne / Présidentielle / Macron: la France pas en déclin…



Voici une sélection, ce 30 octobre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Le pays doit continuer de se préparer à l'avenir mais on n'est pas en train de décliner. N'écoutez pas ce qu'on vous dit là-dessus. On a une armée beaucoup plus forte qu'à 10 ans aujourd'hui. Beaucoup plus forte, plus indépendante, avec une vraie dissuasion plus forte en Europe. Il y a il y a 10 ans, on ne produisait pas de véhicule électrique dans notre pays. On en produit, on produit des gigas factorisés de véhicules électriques. On vendait 5 % de véhicules électriques à 10 ans, on en vend 40 % et on en produit. On a investi sur notre avenir, sur les biotechnologies. Et c'est aussi ça. Et donc ne voyait pas que comme une source d'angoisse parce que la France elle est armée pour ça. Contrairement à beaucoup d'autres pays. On a de l'énergie pas cher parce qu'on a réinvesti dans le nucléaire et on surproduit de l'énergie. Donc on peut faire des data center chez nous. On forme des talents on a mistral. Ce que je veux dire par là, c'est que on a plein de domaines. Quand on regarde nos armées, quand on regarde notre technologie, quand on regarde la réindustrialisation, quand on regarde les véhicules électriques, quand on regarde l'IA, la France a un formidable avenir. C'est à nous d'être bon, d'investir, d'y croire, de nous mobiliser, de nous serrer les coudes. Mais je veux que notre jeunesse, elle se dise, je vais réussir à saisir ce cap et nous, on va l'aider. On doit l'aider.

> Je viens d'apprendre avec émotion qu'un drone à réaction russe vient de s'abattre sur la gare de Dnipro, avec un très lourd bilan. J'adresse au président Zelensky et au peuple ukrainien mes condoléances et notre solidarité. Nous devons, dans ce contexte, aspirer à bien plus qu'un cessez-le-feu localisé comme celui qui vient d'être négocié localement à Olechky. Il est intolérable que la Russie continue d'opposer son refus à toutes les propositions en ce sens, en continuant de miser sur l'escalade et en visant les civils. Nous devons ensemble redoubler d'efforts pour une paix juste et durable et amener la Russie à la table des négociations.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Mobilisation des lycéens / Intervention à l’Assemblée] Depuis plus de 3 semaines, des lycéens, des étudiants nous interrogent sur la place que notre pays leur prépare. Nous leur devons des réponses et ce débat doit permettre à chacun de dire lesquelles, très concrètement, il est prêt à construire et qui est prêt à voter les mesures indispensables. Ces jeunes ont grandi avec l'épidémie du covid19, l'isolement, un nouveau contexte géopolitique marqué par des guerres nouvelles, l'éruption de l'intelligence artificielle dans nos vies et bien sûr, l'anxiété climatique. Ils entendent parler de crise, mais rarement des opportunités qui s'ouvrent à eux.
Elles existent pourtant. À l'approche de l'élection présidentielle, certains sentent instinctivement qu'une décision majeure pour leur avenir se prépare sans avoir le sentiment de pouvoir y prendre part d'une manière ou d'une autre. Cette inquiétude mérite mieux que des leçons. Elle mérite aussi mieux que les calculs de celles et ceux qui parfois trouvent un intérêt électoral à entretenir.
À force de courir derrière la jeunesse pour recueillir sa colère, une partie de la classe politique finit par lui refuser toute autre perspective, avec facilité, et parfois même opportunisme, comme si elle avait au fond davantage besoin de son désarroi que de sa réussite. Certes, des choses ont été faites, sûrement insuffisantes.
Mais ne mentons pas aux jeunes : jamais la nation n'a investi autant dans l'Éducation nationale et l'Enseignement supérieur. Ce sont d'ailleurs deux des rares ministères qui verront encore leur budget augmenter l'année prochaine. Des efforts ont été faits pour réduire le nombre d'élèves par classe, même s'il est évident qu'il faut désormais aller plus loin et plus vite, nous y reviendrons. Et les réformes du baccalauréat comme de Parcoursup ont permis en leur temps, en son temps, de sortir de situations qui étaient problématiques pour de nombreux lycéens qui finissaient, je le rappelle, tirés au sort dans des formations qu'ils n'avaient pas demandées. On l'a oublié parfois un peu trop vite dans le débat récent.
Cela ne doit pas nous empêcher de faire notre introspection, de corriger les erreurs et surtout, surtout, d'écouter les jeunes qui ont de toute évidence des choses à nous dire et des ambitions légitimes pour leur avenir. Nous devons à cette génération de lui permettre de réaliser ses ambitions. Elle a des capacités, des idées, une volonté d'agir. Et notre responsabilité est de lui donner prise précisément sur son avenir.
C'est pourquoi nous avons écouté avec méthode et sans filtre. Plus de 100 000 contributions venues de près de 3 000 lycées ont été recueillies sur la plateforme du ministère de l'Éducation nationale. Elles enrichissent et complètent le dialogue avec les organisations représentatives et les élus lycéens. 71 % des contributions évoquent l'organisation du temps scolaire, 56 % l'état des bâtiments, 31 % les difficultés de remplacement. Derrière ces chiffres, il y a des demandes précises auxquelles il faut répondre jusque dans chaque établissement. Certaines dépendent du Gouvernement ou du Parlement, Mesdames et Messieurs les députés, d'autres, enfin, des conseils régionaux.
Il y a 3 semaines, devant les Français, j'avais fixé une échéance des décisions à la fin du mois d'octobre. Nous y sommes précisément. Les mesures que nous avons annoncées avec les ministres lundi dernier forment une réponse à l'ensemble de ces attentes. Elles vont du professeur que l'on retrouve devant sa classe à la place que l'on trouve dans l'Enseignement supérieur, du temps nécessaire pour déjeuner le midi et à la bourse qui permet de poursuivre ses études dans de meilleures conditions. Elles prennent au sérieux ce que les jeunes nous disent de leur quotidien autant que leurs aspirations.
Cette cohérence compte. Un élève qui a confiance dans son avenir est d'abord un élève qui apprend dans de bonnes conditions. Les revendications des lycéens sont cohérentes. C'est un tout, au fond, qui se tient. C'est pourquoi nous plafonnerons les classes de Seconde générale et technologique à 28 élèves dès 2027 dans la moitié des lycées les moins favorisés, puis en 2028 dans tous les lycées publics de France. Nous créerons 500 postes supplémentaires de professeurs et poursuivrons l'effort pour que chaque professeur absent soit remplacé. Des amendements en ce sens seront déposés dans le projet de budget pour 2027. Les emplois du temps seront revus, une pause déjeuner d'une heure garantie et la place du contrôle continu réexaminée en profondeur. La santé mentale continuera à être une priorité grâce à la création de 500 postes de psychologues, d'infirmiers et d'assistants sociaux dès 2027. Un milliard d'euros d'investissements de l'État sera consacré aux bâtiments des universités. Quatre milliards d'euros de prêts à taux préférentiels aideront les conseillers régionaux à rénover leurs établissements scolaires, avec une attention toute particulière pour les territoires d'outre-mer. Nous ouvrirons 15 000 places supplémentaires dans le Supérieur en 2028, 10 000 en BTS, 4 000 en IUT, 1 000 dans les formations de santé. Cette répartition est à discuter désormais avec les partenaires sociaux. Dès la rentrée 2027, les bourses suivront l'inflation pour ne pas rogner précisément le pouvoir d'achat.
Nous proposons aussi de renforcer dans les instances qui animent leur système scolaire, de l'établissement au Conseil supérieur de l'Éducation, la représentation lycéenne, notamment celle de la voie professionnelle. Faire confiance aux jeunes doit avoir des conséquences en leur donnant une vraie place dans les enceintes où les décisions qui les concernent sont prises. Parcoursup sera remplacé pour la campagne 2028, c'est entendu. Mais dès la campagne 2027, c'est-à-dire celle qui sera accessible aux élèves dès ce mois de décembre 2026, les critères d'admission devront être compréhensibles et chaque refus expliqué et motivé.
La transition sera donc organisée pour les prochains bacheliers. L'orientation, c'est un long processus qui commence dès la 5ème avec la découverte des métiers. Ce processus doit être plus soutenu au lycée, et ce dès la Seconde. Et finalement, ce processus doit enjamber le baccalauréat pour viser la réussite des jeunes dans le Supérieur, s'assurer qu'ils auront des débouchés et, le cas échéant, leur offrir la possibilité de se réorienter en cours de cursus. Se tromper de voie à 18 ans ne doit pas condamner la suite d'un parcours.
Mais ce chantier exige une clarification politique. Derrière les critiques de l'outil Parcoursup, certains veulent, pour l'accès aux études supérieures universitaires, une sélection plus affirmée. D'autres veulent, au contraire, la supprimer intégralement. On peut, en effet, dénoncer ensemble un système et vouloir ensuite deux systèmes profondément opposés.
Il faut maintenant rentrer dans le détail, Mesdames et Messieurs les députés. C'est l'objet, précisément, de ce débat ce soir. Qu'attendez-vous du système d'enseignement supérieur français ? Quel rôle voulez-vous lui confier ? Quels critères d'admission proposez-vous ? Quelle place pour le baccalauréat et le contrôle continu ? Comment répondre lorsque les demandes dépassent les places disponibles ? Comment accompagner ensuite les étudiants vers la réussite, y compris professionnelle ? Pour le Gouvernement, les exigences doivent être connues et les décisions explicables. Les revenus des parents, le lieu de résidence ou le manque d'information ne doivent pas décider à la place du travail et des aspirations d'un jeune.
Ce débat, organisé formellement sur la base de l'article 50-1 de la Constitution, doit permettre d'identifier une voie de passage au Parlement. S'il faut une loi, sur quelles règles pouvons-nous réunir une majorité ? Pour quelle évolution de l'orientation et de l'accès au Supérieur ? Nous venons chercher des propositions et des engagements précis, pas des slogans ou des promesses sans fondement sérieux. La méthode pour les semaines qui viennent est fixée. Dès demain, jeudi, les ministres réuniront les représentants lycéens une nouvelle fois et les conseils régionaux sur la question des bâtiments. Quelles urgences ? Quels travaux ? Pour quel calendrier ? Les conseils régionaux ont la responsabilité des lycées depuis 1983. L'État les accompagnera, mais en respectant la décentralisation.
Je reverrai avec les ministres les représentants des lycéens et des étudiants dans moins de 15 jours. Nous ferons le point sur les engagements pris, les difficultés à lever pour les mettre en œuvre et les décisions suivantes. Nous établirons, mesure par mesure, ce qui relève du règlement, notamment pour l'organisation des enseignements et des modalités du contrôle continu, ce qui exige des crédits votés dès le budget pour l'année prochaine, 2027, et ce qui nécessiterait une modification de la loi pour l'accès au Supérieur, avec, pour chaque mesure, un responsable et une échéance précise.
Le comité de réforme associant désormais lycéens et enseignants autour des ministres présentera de premières recommandations courant novembre, nourries, je l'espère, de vos propositions opérationnelles ce soir.
Mesdames et Messieurs les députés, ce Gouvernement, vous le savez, je l'ai répété à de nombreuses reprises, n'est candidat à aucune élection dans aucune échéance électorale. Il n'a aucune raison, donc, de faire des promesses intenables. Sa crédibilité se mesurera à l'aune de décisions précises, finançables et applicables dès la rentrée prochaine. Une grande partie de ces mesures sera traduite par des amendements gouvernementaux au projet de loi de finances. Chacun pourra les améliorer et devra assumer ses propositions, leurs coûts, ses votes, ainsi que la manière de le financer.
Voilà pourquoi, une nouvelle fois, j'ai souhaité ce débat en transparence. Il n'est pas question de refaire le match de la création de Parcoursup. Son remplacement est déjà décidé. Maintenant, il faut dire ce que nous voulons construire. Les questions peuvent sembler techniques ; les réponses engagent notre conception de l'égalité, du mérite, de la liberté, tout cela confronté au réel : comment départager les candidats, point d'interrogation. Par une sélection assumée, point d'interrogation ? En acceptant de revenir au tirage au sort, point d'interrogation ? Cette sélection doit-elle concerner toutes les formations ou bien certaines seulement ? Et comment éviter de dévaloriser les autres ? Là aussi, point d’interrogation. Voulons-nous ou non classer les candidats ou les orienter plus fortement ? Jusqu'où garantir leur libre choix, point d'interrogation ? Et quels prérequis pour exiger leur admission ? Gardons-nous une plateforme nationale commune ? Question posée. Ou acceptons-nous la multiplication des procédures locales et le risque d'une opacité accrue ? Quelle place donner aux besoins du pays et de ses métiers sans étouffer les aspirations individuelles ? Le même dispositif doit-il accueillir les nouveaux bacheliers, ceux qui se réorientent, mais aussi ceux qui reprennent leurs études plus tard ? Le baccalauréat doit-il rester le premier grade de l'enseignement supérieur ou bien devenir seulement le diplôme qui clôt le lycée ? Comment prendre en compte la révolution de l'intelligence artificielle, qui va détruire des emplois et en créer d'autres ? C'est aussi notre responsabilité de ne pas former des cohortes entières de jeunes à des métiers qui n'existeront plus bientôt, et à l'inverse, de nous assurer que les jeunes Français soient bien formés pour relever les nouveaux défis qui nous attendent.
Et bien sûr, il y a le défi démographique qui est devant nous. Il touche actuellement l'enseignement scolaire, mais ne manquera pas de toucher les universités à horizon de 10 ans. Comment nous assurer que nous formerons suffisamment d'ingénieurs, de soignants, d'artisans ou d'enseignants pour répondre aux besoins de notre population et faire tourner l'économie de demain ? C'est sur ces choix que nous attendons chaque groupe politique : du concret, du précis, du sérieux, loin des postures faciles.
Les ministres de l'Enseignement supérieur et de l'Éducation nationale vont préciser ces engagements. Aux jeunes qui nous écoutent, nous attendons beaucoup de vous. Vous avez le droit d'attendre beaucoup de nous. À nous de vous donner des raisons concrètes de croire que vos efforts ouvriront réellement des portes.

> Depuis plusieurs semaines, les lycéens et les étudiants nous interrogent sur la place que notre pays leur prépare. Nous leur devons des réponses concrètes. Nous avons écouté, avec méthode, sans filtre. Plus de 100 000 contributions, venues de près de 3 000 lycées, ont été recueillies.
Les mesures annoncées répondent à ces attentes:
- Des classes de seconde plafonnées à 28 élèves dès 2027 dans la moitié des lycées les moins favorisés, puis en 2028 dans tous les lycées publics.
- 500 postes supplémentaires de professeurs et 500 postes de psychologues, d’infirmiers et d’assistants sociaux.
- 1 milliard d’euros investis par l’État dans les bâtiments universitaires et 4 milliards de prêts à taux préférentiels aux régions pour rénover les établissements scolaires.
- Une pause déjeuner d’une heure garantie.
- 15 000 places supplémentaires dans le supérieur en 2027 et 2028.
- Des bourses qui suivront l’inflation dès la rentrée 2027.
Parcoursup sera remplacé pour la campagne 2028. Dès la campagne 2027, les critères d’admission devront être compréhensibles et chaque refus expliqué et motivé. Le Parlement doit prendre toute sa part dans la construction du nouveau système. Nous attendons des propositions et des engagements précis. Aux jeunes qui nous écoutent : nous attendons beaucoup de vous. Vous avez le droit d’attendre beaucoup de nous.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> Le projet de loi « casseurs-payeurs » poursuit un objectif de bon sens : les personnes qui se maintiennent dans un attroupement après sommation ou qui participent à un groupement violent, délits déjà réprimés pénalement, doivent payer solidairement les dégradations sur le plan civil liées aux actes de ces groupements ou attroupements. Contrairement à ce que certains laissent entendre, le texte ne vise que les casseurs et les pilleurs. Il ne vise en aucun cas les manifestants qui pourront continuer à exprimer leurs revendications sans entrave. Je me félicite donc de l’adoption du projet de loi par le Sénat. À l’initiative du Gouvernement, le texte a été complété par deux mesures administratives visant les profils violents ayant commis de manière répétée des atteintes aux personnes et aux biens : l’interdiction de participer à une manifestation déterminée et l’interdiction de paraître dans des lieux ouverts au public. Ils doivent être écartés pour garantir le droit de manifester. Je remercie les rapporteurs, qui ont enrichi le projet de loi à partir des recommandations de leur mission d’information sur l’avenir du maintien de l’ordre.

> [Ultras dans les manifestations / Intervention à l’Assemblée] Nous avons constaté samedi, dans une quinzaine de villes, la constitution de groupes de militants d’ultradroite, des identitaires et des nationalistes, qui ont offert leurs services aux commerçants en prétendant protéger les commerces. Évidemment, il ne nous a pas échappé que ces groupuscules avaient l’intention d’affronter des groupes d’ultragauche, comme ils en ont l’habitude. Les services de police sont intervenus à de nombreuses reprises pour empêcher ces rixes et ont interpellé certains militants : onze à Nice, deux à Rouen.
Comme ministre de l’intérieur, j’ai parfaitement conscience de la dangerosité de ces groupes d’ultradroite. C’est bien pour cette raison que nous engageons des procédures de dissolution et que la justice a été saisie de la constitution de ces groupes de combat, de ces milices. Des suites seront données. Ces groupuscules font l’objet d’un suivi extrêmement attentif.
Vous avez cité l’exemple de Lyon, où un groupe de militants d’ultradroite s’est glissé dans une manifestation de la société civile visant à dénoncer les pillages et, à la fin du rassemblement, est effectivement parti en cortège, en plein couvre-feu –⁠ mais de manière limitée. Le préfet du Rhône a saisi la justice et des suites seront données à cet événement.
Mais je ne peux pas vous laisser dire que nous laissons faire ces groupuscules. Ils sont dissous et poursuivis. Des actions judiciaires sont menées. Croyez-moi, le suivi des mouvances d’ultradroite est une priorité pour le ministre de l’intérieur que je suis. Je ne pense pas avoir à le démontrer.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Cela fait trois trimestres que la croissance n'est pas au rendez-vous. La conclusion, c'est qu'en 2026, l'économie française est à l'arrêt sous la conjonction inédite de chocs externes et internes : la canicule et le détroit d'Ormuz. Il faut qu'on la redémarre.

> Je le dis et je le répète et je le répéterai jusqu’au bout : on a besoin d’un budget, on a besoin d’un déficit budgétaire à 5 % ou moins. C’est absolument indispensable pour retrouver le chemin de la croissance et rassurer tous les investisseurs et les entreprises sur le fait que la France ne va pas à la crise.

> On est aujourd’hui à l’aube d’une élection présidentielle, les débats doivent avoir lieu dans le calme, il faut qu’on retrouve notre sang-froid.

> Je serai extrêmement exigeant. Si un distributeur bénéficie d’un litre de diesel libéré par le gouvernement, il devra le vendre à prix coutant, promet-il. On va réunir à Bercy les distributeurs dès mardi parce qu’on souhaite suivre de manière très précise le fait que quand on libère un actif, qui appartient aux Français et aux Françaises, qui a été acheté moins cher, il leur bénéficie.

> Avant-hier, en plein débat sur le budget, j’ai employé une expression malheureuse qui a fait réagir. Je le regrette. Mais n’oublions pas l’essentiel
Marine Le Pen, absente des débats, s’est emparée de cette phrase en la sortant de son contexte pour créer une polémique et détourner l’attention des véritables enjeux.
Ce qui m’empêche de dormir, c’est de voir le pouvoir d’achat des Français menacé par un conflit à l’autre bout de la planète. C’est de voir les extrêmes vendre du rêve et des illusions à nos compatriotes.
C’est de voir le parti de Madame Le Pen prêt à abandonner l’Ukraine et à la jeter dans les bras de Poutine.
Mais ce qui me tient aussi éveillé, c’est notre action concrète pour les Français : j’ai signé deux décrets pour libérer les stocks stratégiques et permettre aux Français d’en ressentir les effets à la pompe. Nous avons également ouvert un nouveau guichet d’aide pour les grands rouleurs.
Je reste pleinement déterminé à agir et à me concentrer sur l’essentiel : améliorer concrètement la vie des Français.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> Les risques liés aux modèles d’IA les plus avancés ne relèvent plus de la science-fiction : ils constituent un véritable enjeu de paix et de sécurité internationales. C’est pourquoi nous devons nous doter de règles communes et des moyens de les faire respecter. Le 23 septembre, la France avait porté ce sujet au Conseil de sécurité des Nations unies en convoquant pour la première fois certains géants de la tech. Elle poursuivra sa mobilisation pour une IA plus transparente, mieux évaluée et dont les acteurs répondent de leurs actes. Merci au Président finlandais et au Premier ministre norvégien d’avoir organisé cette réunion importante en faveur du contrôle de l’Intelligence artificielle de frontière.

> Ce que nous souhaitons, c'est la sécurité pour Israël, mais c'est aussi la perspective de deux États vivant côte à côte, reconnus et respectés dans leurs droits, en paix et en sécurité. C'est la solution à deux États. (…)
Je n'ai ni inquiétude ni espoir, j'ai de la détermination, parce qu'il n'y a pas d'autre solution que la solution à deux États pour que la paix et la stabilité puissent être instaurées dans cette région.

> [Violences et pillages lors des manifestations] Ce qui est certain, c'est que ces images, comme très souvent lorsqu'il se passe quelque chose dans notre pays, sont récupérées, déformées et amplifiées par tous ceux qui veulent nuire à l'image de la France à l'étranger. Et c'est le cas de mouvements qui viennent des États-Unis, parfois d'Israël, parfois d'Iran, parfois de Russie, bien sûr. Ce qu'on a vu, en l'occurrence, c'est la multiplication de messages sur les réseaux sociaux qui attribuent à l'immigration massive ou à l'islam radical les manifestations qui se sont développées.  (…)
Ce sont des rivaux, des compétiteurs, ou tout simplement, je viens de vous le dire, des mouvements qui viennent des États-Unis, d'Israël, c'est la Russie, c'est parfois la Chine, qui veulent nous affaiblir, ternir notre image à l'étranger, qui récupèrent des événements qui se produisent dans notre pays, qui les déforment et qui racontent leur propre histoire sur la France. (…)
Quand on fait l'analyse de ce qui s'est dit sur les manifestations, les événements de ces dernières semaines en France, deux tiers des contenus qui évoquent les questions d'immigration proviennent de l'étranger. Alors qu'on sait bien que les origines de ce à quoi on a assisté dans d'autres pays sont tout à fait différentes. Mais c'est comme d'habitude, et il faut en être conscient, parce que c'est ce qu'il se passe sur les réseaux sociaux : des récits, des histoires qui ont vocation à nous nuire et qui sont écrites, qui sont rédigées et diffusées par des adversaires. (…)
Ce que j'ai évoqué, c'est l'amplification, la déformation, aux fins de nous nuire par des rivaux, des adversaires de ce qui se passe dans notre pays. Face à ça, nous agissons en ripostant de plus en plus vigoureusement, mais aussi en développant, en tout cas c'est ce que nous faisons au ministère des Affaires étrangères, des récits sur la vérité de ce qu'est la France, de ce qu'elle pense, de ce qu'elle fait à travers le monde. Et évidemment, la destination, ce sont les audiences étrangères pour contrer ces récits qui nous font beaucoup de mal à l'étranger. Ensuite, il y a la propagation sur les réseaux sociaux de contenus illicites qui appellent au pillage, à la violence. Et cela, ça appelle de la part du gouvernement, c'est la décision qui a été prise hier soir au Sénat, de pouvoir beaucoup plus rapidement obtenir des plateformes qu'elles retirent ces contenus. Un appel au pillage, il est retiré. (…)
Vous avez des messages sur les réseaux sociaux qui disent, regardez, la France est perdue, elle est décadente, etc. Nous ripostons, c'est notamment le rôle du Quai d'Orsay. Et ensuite, vous avez des messages qui peuvent provenir de la France, qui appellent au pillage, aux dégradations, aux violences. Ces contenus-là, ils doivent être retirés d'où qu'ils viennent.

> [Position française face à l’hypothèse de Victor Orban comme Secrétaire Général de l’ONU / Intervention au Sénat] Le poste de secrétaire général des Nations Unies n'a pas vocation à être le lot de consolation d'un dirigeant battu dans les urnes, chassés par son peuple, alors que Marine Le Pen elle-même était venue faire sa campagne à Budapest en personne en mars dernier. Et non, la France ne saurait accepter que les Nations Unies, cette organisation qu'elle a cofondée au service de la paix, du développement, des droits de l'Homme, puissent être dévitalisée au fond, paralysée par des grandes puissances qui préféraient avoir les coudées franches pour imposer la loi du plus fort. D'abord parce que c'est notre vision, vous l'avez rappelé, de l'ordre international fondé sur les règles, fondé sur le droit, garantissant la justice et la liberté pour tous les peuples du monde, mais aussi et sans doute surtout parce que c'est notre intérêt, tant il est illusoire de penser qu'on pourrait protéger les Françaises et les Français contre les risques de la guerre, de l'intelligence artificielle, du dérèglement climatique ou des pandémies, sans la coopération internationale, sans le multilatéralisme que permettent les Nations Unies.
Et c'est la raison pour laquelle la France ne ménage aucun effort, comme membre permanent du Conseil de sécurité, pour réformer les Nations Unies, les rendre toujours plus légitimes, plus représentatives : c'est l'objectif de l'initiative que je porte pour encadrer le droit de veto des membres permanents du Conseil de sécurité pour que les populations civiles au Soudan, en Ukraine, à Gaza ou même en Iran puissent être protégées lorsqu'elles sont prises pour cibles, par les Nations Unies. Vous voyez, ce que nous attendons du futur secrétaire général, c'est qu'il puisse réformer les Nations Unies pour mieux les conforter et certainement pas les discréditer pour mieux les enterrer.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> [BTP / Intervention à l’Assemblée] Les artisans, et plus particulièrement les artisans du BTP, traversent une période difficile. C’est pourquoi, dans le cadre des aides apportées face à l’explosion des prix des carburants, le secteur du BTP a bénéficié de dispositifs de soutien spécifiques concernant le gazole non routier. Et c’est aussi pourquoi, dans le projet de loi de finances pour 2027, non seulement nous refusons une nouvelle avalanche de taxes qui pèseraient sur les artisans et le secteur du BTP, mais nous proposons de nouveaux dispositifs de soutien. Je pense au prêt à taux zéro, qui permet aux familles d’acheter un logement et de soutenir ainsi le secteur de la construction. Je pense évidemment au dispositif Jeanbrun, qui vise à soutenir le secteur de la construction. Je pense aussi au dispositif de soutien au secteur du logement social et à son effet d’entraînement sur la construction.
Vous avez évoqué l’enjeu majeur de la simplification. Mon collègue Vincent Jeanbrun fera des propositions en la matière lors de l’examen du projet de loi visant à soutenir les secteurs du logement, de la rénovation énergétique, du BTP et de l’artisanat. En complément des mesures de soutien budgétaires, ce texte porteur d’une réforme structurelle apportera des réponses au secteur que vous défendez à juste titre.

> [Optimisation fiscale / Intervention à l’Assemblée] Quand on demande à l’ensemble du pays de faire des efforts pour redresser les comptes publics, le fait que les plus fortunés prennent leur part de ces efforts relève de la décence ordinaire.
Comme beaucoup de travaux l’ont montré, tels ceux de Charles de Courson et Jean-Paul Mattei, mais aussi le rapport d’information des sénateurs Claude Raynal et Jean-François Husson, certains mécanismes sont parfois utilisés abusivement pour contourner l’impôt.
C’est ce qui a conduit à l’instauration de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), votée dans le projet de loi de finances pour 2025 et prolongée à la suite d’une initiative de votre groupe, monsieur le député Turquois. C’est aussi pour lutter contre ces abus que nous proposons au Parlement de réformer deux dispositifs.
Le premier est le régime de l’apport-cession, dont nous avons déjà débattu dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances. Charles de Courson a appelé notre attention sur les détournements auxquels il peut donner lieu. Le second concerne les abus liés au dispositif de location meublée non professionnelle, dit LMNP. Le débat aura lieu sous peu dans le cadre de l’examen de la première partie du projet de loi de finances. Nous nous fonderons sur les études qui ont été menées.
Je précise enfin que le chiffre de 13 000 contribuables que vous avez évoqué recouvre des situations très hétéroclites. Mais, oui, les dispositifs de l’apport-cession et de la LMNP restent critiquables, en dépit de l’existence de la CDHR. Quoi qu’il en soit, nous continuerons à approfondir ce débat et à lutter contre l’optimisation fiscale abusive. Je sais que nous pourrons y travailler ensemble.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> C'est fait ! Après son vote à l'Assemblée Nationale, le Sénat vient de voter l'imprescriptibilité pour les crimes sexuels commis sur les enfants. Plus jamais un enfant victime d'inceste n'entendra qu'il était trop tard pour parler. C'est une révolution de l'écoute des enfants. Et c'est une immense émotion !

> Oui, je défends l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur les enfants. Nous ne pouvons plus demander à un enfant de payer, devenu adulte, le prix du silence que son agresseur lui a imposé. Nous n'avons que des devoirs vis-à-vis de nos enfants. Et le premier d'entre eux, c'est de les protéger.

> « La valise ou le cercueil. » « Islam dehors. » Je condamne avec la plus grande fermeté ces actes anti-musulmans visant la mosquée de Lodève. Quelques jours après l’attentat terroriste raciste de Trappes, j'appelle chacun au sursaut républicain, à l'unité et à la condamnation sans appel de toute incitation à la haine et à l'exclusion de l'autre.

> [Présidentielle] Depuis 18 mois, je plaide pour une primaire du centre et de la droite. Il n'y a pas de fatalité dans cette campagne présidentielle ! Mais une responsabilité : avoir une candidature unique pour ne pas laisser aux Français le choix entre le RN et LFI.

> Oui il y a une libération de la parole raciste et antisémite. Et ce climat est insupportable. Il conduit des Français à s'interroger sur leur avenir en France et celui de leurs enfants. Le sursaut républicain est une nécessité.

> 3 ans que je porte ce combat. Hier soir, le Sénat a adopté l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur les enfants. Pour celles et ceux qui ont grandi avec le poids de l’inceste, de la honte et du silence, c’est une avancée immense : leur garantir toute leur vie l'accès à la justice.

> À ceux qui veulent nous diviser, nous disloquer, À ceux qui hiérarchisent les haines et instrumentalisent les drames, À ceux qui trient les victimes, Nous répondons par l'unité de la République. Un hommage national aux victimes de Trappes et La Verrière sera présidé par le Premier Ministre.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Face aux menaces communes, renforcer les liens entre la France et le Royaume-Uni Les défis de sécurité ne s'arrêtent pas à nos frontières. Nos réponses non plus. Du narcotrafic à la criminalité organisée, toutes les menaces contre nos concitoyens nous imposent de travailler ensemble, de partager nos expériences et de mieux coordonner nos actions. Travailler ensemble, c'est justement une habitude avec mon homologue britannique @danjarvis_mp, ministre d'État chargé de la Sécurité, accueilli au ministère de l'Intérieur pour poursuivre nos échanges. La France et le Royaume-Uni sont liés par une histoire commune et une relation particulière. Nous avons aussi beaucoup à construire pour répondre aux autres menaces qui touchent nos deux pays. Parce que de part et d'autre de la Manche, notre responsabilité est la même : vous protéger. Et c'est en renforçant notre coopération que nous pourrons y arriver.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> Grâce à l’action de Sébastien Lecornu et d’Emmanuel Macron sur le déblocage des stocks stratégiques, le GNR va baisser jusqu’à 20 centimes/litre jusqu’au 31 janvier, cumulée à 15 centimes d’aide de l'État. Un soutien clé aux entreprises de travaux forestiers, essentiels à nos forêts.

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> Je suis parfaitement conscient que pour les salariés français en ce moment c'est difficile. Les fins de mois sont compliquées, la hausse des carburants, vous en avez parlé avec les détroits au Moyen-Orient qui sont bloqués, c'est un vrai sujet. C'est aussi difficile pour les entreprises d'ailleurs qui passent une période économique compliquée, donc on voit bien que les salaires, ce sont des entreprises qui déversent chez elles. Donc voilà, tout ça, ça donne une équation compliquée. Alors le SMIC, ce n'est pas tabou bien sûr, il faut pouvoir parler du SMIC. Vous savez que je viens de terminer un premier tour de consultation, j'ai pu rencontrer les «numéros un» de chaque organisation syndicale, mais aussi organisation patronale. On a parlé du SMIC, on a parlé des négociations de branches, on a parlé des négociations dans les entreprises. (…)
Il n'y a rien qui est décidé. Je le redis, ce n'est pas tabou, donc bien sûr ce sujet a été évoqué, il faut faire attention aussi au coût du travail. Le SMIC d'ailleurs aussi vous l'avez dit, c'est pour les gens qui le touchent, donc ça fait à peu près 14 % des salariés, mais il y a aussi les 86 % restants. Il faut pouvoir rapprocher tout ça dans sa globalité.

> Il faut créer les conditions d'une dynamisation des salaires, réenclencher la dynamique des salaires, puis on fait attention à l'emploi aussi, vous savez. On est dans une période où l'emploi est quand même compliqué, donc quel est le bon équilibre entre les salaires, l'emploi, la capacité des entreprises, il y a aussi tout ce qui est l'argent public qui est derrière, voilà. Il y a une ligne de crête à trouver. Et j'essaie que chacun des acteurs, les entreprises, les syndicats et l'État se retrouvent sur ce chemin de crête.

> Un SMIC à 1 700 Euros net, ça ferait mal à l'économie, ça ferait mal au social. Vous détruiriez 250 000 emplois, vous alimenteriez l'inflation, et au moment où des jeunes cherchent du boulot, au moment où des demandeurs d'emploi cherchent à rebondir, je pense que ce n'est pas une bonne décision, ni au plan économique, mais même au plan social, je pense qu'il ne faut pas faire ça.

> Le coût du travail, c'est un vrai sujet, on y est attentif. Le mécanisme de régulation du coût du travail dans notre pays, c'est un peu technique, c'est ce qu'on appelle les allégements généraux, c'est un dispositif par lequel on réduit les charges sociales que paient les entreprises, les charges patronales donc c'est un mécanisme puissant, qui coûte d'ailleurs au passage 70 milliards d'Euros en argent public, qui a bien marché, qui marche bien pour les emplois peu rémunérés, proches du SMIC. Je pense que ça encourage bien l'emploi. Autour de ce sujet-là, autour du coût du travail, autour des allégements généraux, on peut avoir des discussions.

> La toile de fond, c'est un effort à faire par tous les acteurs pour redresser les comptes du pays, à la fois les comptes de l'État, les comptes de la Sécurité sociale. Vous savez qu'on a demandé des efforts aux retraités, par exemple, dans le cadre de la Sécurité sociale, il n'est pas anormal qu'on demande aussi des efforts aux entreprises, vous voyez. Il faut aussi le voir comme ça. En ce moment, tous les acteurs socio-économiques de la France doivent être mobilisés pour redresser notre pays. Donc oui, on peut demander des efforts aux salariés, aux retraités, mais en contrepartie, il faut aussi que les entreprises acceptent de faire des efforts. C'est aussi comme ça qu'il faut voir la manière dont on a élaboré le budget et l'effort, la contribution que nous demandons aux entreprises.

> Dans tout ce qui est maladie, ou qu'elle soit d'ailleurs au travail ou dans la société, c'est la prévention qui compte. Il faut déjà éviter les maladies. La meilleure maladie, ou le meilleur arrêt de travail, celui qu'on évite, parce que les gens ne sont pas malades. Ça, c'est sûr, il faut le dire, le répéter et agir. Deuxièmement, quand vous êtes malade, notamment les arrêts longs, qui sont liés à des dépressions nerveuses ou des troubles musculo-squelettiques, vous avez un mal au dos structurel, la meilleure chose à faire, c'est de soigner très intensément la personne, le plus tôt possible, pour lui permettre de revenir au travail, qui d'ailleurs a adapté le poste de travail, parce que c'est l'intérêt de la personne, bien évidemment, que sa santé soit retrouvée, de revenir au travail, c'est l'intérêt de l'entreprise, c'est l'intérêt de la Sécurité sociale. Voilà. Je pense que vous avez raison, c'est ce qu'on demande d'ailleurs aux partenaires sociaux, c'est une réforme structurelle qu'il faut faire. Je pense que là, le moment est venu de changer les paramètres profonds de l'assurance maladie, parce que quand on se compare aux autres pays européens, on protège mieux les arrêts courts, avec les risques d'abus qui vont avec, vous n'avez pas le temps de contrôler, et pas si bien que ça les arrêts longs. Voilà, donc je pense qu'il faut rééquilibrer tout ça, il y a même 3 millions de salariés dans ce pays, les intermittents, tout ce qui est intérim, qui sont mal protégés. Donc il y a des choses à faire, et nous incitons effectivement les partenaires sociaux à revoir en profondeur le système, pour à la fois mieux protéger les salariés, et à la fois que ça coûte moins cher à la Sécurité sociale.

> Manifester oui c'est un droit démocratique mais attention déjà à ceux qui viennent, c'est l'ultragauche ou parfois l'ultradroite maintenant, qui vient perturber les manifestations et le pire c'est les pillards qui viennent tout saccager. Voilà donc il faut remercier les forces de sécurité intérieure qui, notamment samedi dernier, ont fait un travail remarquable. La situation a été à peu près tenue. J'espère que ça sera la même chose samedi prochain.

 

Serge Papin (ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> [Commerçants impactés par les manifestations / Intervention à l’Assemblée] Aucun commerçant ne sera laissé de côté. Les petits commerces des centres-villes représentent un lien social auquel tout le monde tient.
Parmi les mesures de soutien qui sont activées, j’évoquerai d’abord l’activité partielle : le guichet est d’ores et déjà ouvert au ministère du travail, grâce à mon collègue Farandou. Quant aux reports de charges fiscales et sociales, il est aussi possible de les demander dès à présent en s’adressant aux conseillers départementaux aux entreprises en difficulté : leur numéro de téléphone portable, département par département, est disponible sur le site du gouvernement.
Un prêt à taux zéro de 50 000 euros sur trois ans, destiné à la reconstitution des stocks et à la remontée du chiffre d’affaires, pourra être contracté auprès de BPIFrance, tandis que les banques de réseau proposent des lignes de trésorerie à un taux de 2,50 %. Le fonds de soutien distribuera jusqu’à 10 000 euros aux entreprises commerciales dont le chiffre d’affaires est inférieur à 10 millions d’euros et qui emploient moins de 50 salariés. Un décret sera publié dans les jours qui viennent et l’argent sera disponible dans les cinq semaines environ qui suivront.
En ce qui concerne les pertes d’exploitation, les assureurs vont anticiper les procédures et la Médiatrice nationale du crédit sera sollicitée pour des solutions de financement sur mesure. Enfin, si un commerçant ne peut ouvrir en raison de difficultés d’achat de produits saisonniers, il pourra recourir au mandat ad hoc auprès du tribunal de commerce afin d’obtenir un moratoire et le gel de ses dettes.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Nos enfants doivent être en sécurité, peu importe où ils se trouvent. Je salue l’adoption au Sénat de notre amendement, qui permet :
- Des contrôles d’honorabilité renforcés pour les personnels et les intervenants auprès des enfants,
- Un fichier commun des interdictions d’exercer,
- De mieux partager les informations entre l’École, le sport, l’animation et la culture.
C’est une avancée majeure pour empêcher qu’une personne écartée pour protéger les enfants puisse retrouver ailleurs un poste à leur contact. À l’École comme dans tous leurs lieux de vie, nous devons aux enfants la même protection.

> Les lycéens ont besoin de réussir leur année, de préparer leurs examens et de construire leur avenir. Chaque journée de cours compte. Nous avons pris des décisions et le dialogue se poursuit. Il doit permettre aux lycéens d’avancer sans compromettre leur année scolaire.

> La jeunesse doit être au cœur du débat public, parce que c’est son avenir que nous préparons. Face aux bouleversements du monde, les lycéens expriment des inquiétudes profondes. Nous devons les entendre et leur apporter des réponses. Les annonces de lundi ouvrent une nouvelle étape du dialogue, avec de nombreuses réunions prévues dans les prochaines semaines. Notre responsabilité est de transformer cette inquiétude en confiance et en perspectives.

> Nos lycéens doivent pouvoir étudier dans les meilleures conditions, dans des bâtiments adaptés à leurs besoins. Je réunis cet après-midi les représentants des régions, les élus lycéens et les associations lycéennes pour partager les attentes exprimées par les lycéens et définir ensemble les priorités en matière de rénovation. L’État sera au rendez-vous : nous mobilisons 4 milliards d’euros de prêts à taux préférentiels pour soutenir les investissements des régions.

> Pendant trois semaines, les lycéens se sont exprimés sur leur quotidien et nous ont dit leurs attentes sur la plateforme Agora. Ils nous ont parlé de classes moins chargées, des moyens pour rénover les lycées, du besoin de renforcer la démocratie lycéenne, de la pression de Parcoursup, ou encore des modalités du contrôle continu. Avec des classes de seconde plafonnées à 28 élèves, 4 milliards d’euros de prêts pour rénover les lycées, une démocratie lycéenne renouvelée, une transformation complète de Parcoursup et une évolution du contrôle continu, nous apportons des réponses concrètes à chacune de leurs attentes.

> Étudier dans un lycée entretenu, adapté, rénové : c’est une exigence pour nos élèves. Nous avons travaillé avec les régions, les élus lycéens et les associations lycéennes sur les priorités de rénovation du bâti scolaire, à partir des attentes exprimées sur la plateforme Agora. Les lycéens nous ont fait part de leur quotidien concernant leurs conditions matérielles. À nous de faire avancer ensemble les réponses concrètes.

> [Mobilisation des lycéens / Intervention à l’Assemblée]

L’école de la République fait la promesse d’amener chaque élève au bout de ses potentialités, et de lui offrir ainsi un avenir.
Cela suppose qu’elle lutte contre toute forme d’assignation sociale, territoriale ou de genre. Cette exigence emporte trois nécessités : permettre des parcours de formation diversifiés à partir du lycée, pour que les jeunes puissent s’orienter librement ; les accompagner pour qu’ils mûrissent leur projet d’orientation, vers la poursuite d’études ou l’insertion professionnelle ; leur donner accès aux mêmes informations et possibilités de découverte, car on ne saurait choisir ce que l’on ne connaît pas, ni nourrir une ambition que l’on n’a pas eu la possibilité d’imaginer.
Il y a donc un continuum, du collège jusqu’à l’université, de l’orientation jusqu’à l’affectation et la réussite dans le supérieur. J’insiste sur ce point : s’agissant de Parcoursup, le débat se concentre souvent sur l’affectation. Or l’enjeu est bien que celle-ci ait été suffisamment préparée et mûrie en amont, et qu’elle débouche sur un parcours dans lequel l’étudiant réussit, en aval. Derrière la question –⁠ ou le totem – Parcoursup, c’est l’ensemble de ce processus qui suscite l’inquiétude des lycéens. Les années de lycée ont toujours été et seront toujours des années de choix, de réflexion personnelle intense sur son avenir. L’IA vient encore accroître cette sensation de vertige en promettant, à tort à ou à raison, la disparition de pans entiers d’activités professionnelles au cours des prochaines années ; et cette perspective rétroagit sur les inquiétudes des élèves.
En amont de Parcoursup, qui sera évoqué par le ministre de l’enseignement supérieur, je veux donc parler du processus global d’orientation qui permet à chaque jeune de découvrir ses aptitudes, ses appétences, de connaître les formations et de construire progressivement son projet.
Les évolutions apportées ces dernières années ont permis de renforcer considérablement la liberté de choix et l’attractivité des différentes spécialités professionnelles, générales ou technologiques.
Il y a, premièrement, une meilleure orientation dès le collège. Le plan pluriannuel d’éducation à l’orientation organise un parcours progressif jusqu’à la terminale au sein des établissements ; 88 % des lycées ont ainsi mis en place les quatre demi-journées annuelles dédiées à l’orientation.
Deuxièmement, les choix sont désormais plus diversifiés dès la fin de la troisième. Fait rare, je voudrais partager avec vous une bonne nouvelle : après vingt ans de baisse continue, 37 % des familles –
⁠ contre 32 % il y a cinq ans – choisissent désormais la voie professionnelle, preuve que celle-ci n’est plus considérée comme une voie par défaut. (Exclamations sur les bancs des groupes EcoS et GDR.)
Cette évolution ne doit rien au hasard : sur les 25 000 places créées depuis 2023 en voie professionnelle, 13 000 l’ont été dans les métiers de l’industrie.
J’ai commencé par la voie professionnelle car elle est souvent oubliée, y compris dans les discussions récentes ; j’en viens à la voie générale et technologique. La réforme du lycée général a remplacé les trois anciennes séries –
⁠ S, ES et L – par un bouquet de spécialités.
À la rentrée 2023, près de 300 combinaisons de trois spécialités étaient suivies en première.
Le champ des possibles s’est considérablement ouvert : les élèves disposent d’une plus grande liberté dans la construction de leur formation, avec à la clé des cursus beaucoup moins marqués socialement et de vrais choix offerts aux élèves. Nul n’ignore que 75 % des enfants de cadres choisissaient l’ancienne filière S, contre seulement 20 % des enfants d’ouvriers et d’employés. Le choix des spécialités a considérablement réduit le déterminisme social des parcours au lycée.
Après la terminale, Parcoursup a rendu l’offre de formations plus visible, avec 25 000 formations postbac. Cette transparence permet à chaque lycéen, où qu’il vive, d’accéder à une information commune et universelle, et de connaître toute formation susceptible de l’intéresser.
Troisièmement, pour renforcer l’égalité des chances et favoriser la réussite des élèves dans l’enseignement supérieur, nous avons développé les cordées de la réussite : plus de 180 000 élèves en bénéficient, dans plus d’un tiers des collèges et lycées, en ville comme dans les zones rurales, notamment dans le cadre du réseau d’éducation prioritaire (REP) et dans les territoires ruraux éloignés.
Cela suffit-il pour dire que notre système est efficace en matière d’orientation ?
La réponse est évidemment non : les solutions restent incomplètes. L’orientation repose sur plusieurs acteurs. L’information a été confiée aux régions depuis 2018. L’accompagnement repose sur ceux qui connaissent les élèves, notamment sur les professeurs principaux, au nombre de deux par classe en voie générale et technologique en terminale et sur les psychologues de l’éducation nationale, qu’on appelle les PsyEN-EDO –
⁠ spécialité « éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle » –, qui dépendent des centres d’information et d’orientation (CIO) et dont le nombre s’élève à 4 700 mais aussi sur des outils numériques, notamment la plateforme Avenir(s) développée par l’Office national d’information sur les enseignements et les professions (Onisep) il y a deux ans.
Au lycée professionnel, le dispositif AvenirPro a été généralisé en cette rentrée pour permettre aux élèves qui souhaitent s’insérer professionnellement –
⁠ ils sont nombreux à le souhaiter car cette voie, historiquement, a été construite pour cela – de le faire en étant accompagnés.
Beaucoup reste à faire. D’abord, seuls 27 % des lycées indiquent que tous leurs professeurs principaux sont formés aux enjeux de l’orientation ; l’effort doit donc être poursuivi. Ensuite, seulement 52 % des établissements informent les familles, et moins encore les associent à la réflexion en matière d’orientation ; c’est trop peu. Enfin, alors que les régions sont des acteurs clés de l’information sur l’orientation, seulement quatorze d’entre elles, sur un total de dix-sept, ont conclu un partenariat avec l’éducation nationale dans ce domaine.
Des améliorations sont donc nécessaires. La première serait de mieux accompagner les générations démographiquement les plus nombreuses, celles qui sont actuellement au lycée. J’ai beaucoup entendu ces dernières semaines qu’il fallait revenir sur les suppressions de postes programmées dans le projet de loi de finances, sans que personne précise pourquoi.
Nous avons fait le choix, avec le premier ministre, non seulement de revenir sur les suppressions prévues dans le second degré, mais de créer 500 postes supplémentaires pour plafonner le nombre d’élèves par classe en seconde –
⁠ classe charnière – et limiter la taille des groupes en première et en terminale, notamment dans les spécialités les plus choisies.
Le deuxième enjeu est de densifier l’accompagnement à l’orientation. Au lycée, chaque élève bénéficie théoriquement de cinquante-quatre heures d’accompagnement par an ; mais ce temps n’a pas le même contenu d’un établissement à un autre. Il faut consolider les programmes d’orientation, que presque tous les lycées ont mis en place, pour rendre ces cinquante-quatre heures réellement efficaces et assurer un accompagnement personnalisé. C’est le sens des formations que nous lançons et de la nouvelle certification « orientation, parcours, insertion » que nous avons ouverte à la rentrée 2026 aux professeurs volontaires. C’est également le sens du renforcement de la place des psychologues de l’éducation nationale dont nous proposons, pour la deuxième année consécutive, de renforcer les effectifs ; le premier ministre a annoncé la création de 200 postes supplémentaires.
Enfin, nous devons regarder en face la question du contrôle continu et les interrogations qu’il suscite, notamment en lien avec Parcoursup. Le contrôle continu a été pensé pour ne pas concentrer l’enjeu du baccalauréat sur le jour J, celui de l’examen ; à l’époque, une consultation à laquelle avaient répondu plus de 80 000 lycéens avait clairement établi cette nécessité. En effet, l’ancien système exerçait une pression intense sur les élèves dans la phase finale. N’oublions pas –
⁠ on a tendance à l’occulter actuellement – que le contrôle continu s’est traduit par l’amélioration des résultats des élèves au baccalauréat.
Beaucoup d’entre eux notent néanmoins qu’il peut aussi renforcer le stress: les 100 000 contributions de lycéens mentionnaient fréquemment la pression que représentent, dès le début de la première, les évaluations hebdomadaires qui comptent pour le bac.
Ce n’était pas la logique initiale. Dès 2021, nous avons demandé à tous les établissements d’établir un projet d’évaluation, puis de les renouveler en 2025. Il est indéniable que le dispositif a été introduit de manière inégale selon les lycées. Surtout, nous ne pouvons nous satisfaire d’un système qui ferait de la préparation de l’avenir une pression constante sur le présent. C’est pourquoi nous ouvrons la question du contrôle continu en vue de la rentrée 2027 – sans attendre 2028.
Nous l’ouvrons avec calme et sérénité. Nous avons devant nous deux mois de travail avec les représentants des lycéens et les organisations syndicales. Il ne s’agit pas de supprimer le contrôle continu, qui permet de ne pas tout jouer sur une épreuve et qui rend compte de la progression de l’élève, mais de le réformer afin qu’il ne se fasse pas au détriment de celui-ci. La réflexion est ouverte : on peut le limiter ou bien prévoir, comme certains le suggèrent, un droit à l’erreur –
⁠ je n’ai pas de tabous en la matière. Une chose est sûre : le dispositif doit être repensé dans la perspective de Parcoursup.
Avant de passer le relais au ministre de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste, suivant ainsi l’ordre chronologique du cursus de nos élèves, je voudrais conclure en évoquant le passé que beaucoup semblent avoir oublié alors même que tous ici, même les plus jeunes, ont dû le connaître. Nous venons d’un système où les élèves choisissaient leur filière au bac en fonction de leur milieu social et poursuivaient leurs études là où leur milieu social les envoyait, candidatant dans les filières qu’ils connaissaient.
Nous avons désormais des lycéens qui choisissent leur cursus scolaire et peuvent émettre des vœux cohérents, qui choisissent leurs spécialités en fonction de leurs goûts et non plus de la connotation sociologique d’une filière.
C’est une promesse d’ouverture, mais aussi d’exigence. En effet, il ne s’agit pas de faire croire à chacun qu’il peut effectuer, sans préparation, n’importe quel cursus scolaire mais de garantir que les spécialités générales ou professionnelles librement choisies débouchent sur un parcours librement choisi dans l’enseignement supérieur.
Notre devoir est de faire en sorte que l’orientation donne confiance plutôt qu’elle n’alimente l’inquiétude, qu’elle permette à chacun de se projeter dans un avenir choisi plutôt que subi.

> Il ne faut pas avoir peur d'un mouvement social. Il ne faut pas avoir peur des attentes des lycéens. Il faut les entendre, ce n'est pas la même chose, et ensuite, il faut y répondre. D'ailleurs, la meilleure preuve qu'on n'a pas eu peur, c'est qu'on y a répondu de manière très structurée. On a pris le temps d'écouter d'abord. On a consulté directement les lycéens aussi, on a écouté leurs associations, mais ce sont des associations, pas des élus. Donc on a écouté des associations. On a aussi consulté directement les lycéens : 100 000 contributions sur notre plateforme. Et puis maintenant, on répond point par point à toutes leurs questions.

> [Mobilisation des lycéens] Il y a deux choses. La première, c'est qu'on a répondu d'abord, par un certain nombre de décisions, aux attentes des lycéens. Ils nous ont dit, par exemple, que le bâti était très dégradé dans certains lycées. On met 4 milliards d'euros de prêts sur la table pour les régions. Ils nous ont dit que les classes étaient trop chargées. Je commence le plafonnement à 28 élèves dans les classes de seconde dès la rentrée prochaine. Et je vais également plafonner les groupes les plus importants en première et en terminale. Ils nous ont dit qu'ils avaient besoin de plus de démocratie lycéenne. Je suis en train de refondre toute la démocratie lycéenne. Et puis, par ailleurs, ils nous ont dit aussi qu'il y avait une pression scolaire avec le contrôle continu et Parcoursup. On est en train de transformer Parcoursup pour le remplacer en 2028. Et puis, j'ouvre le chantier, parce qu'il y en a qui sont ouverts, sur le contrôle continu. En réalité, ce qui se passe là, ce n'est pas du tout la fin d'un cycle, c'est le début d'un cycle de discussions.
> [Mobilisation des lycéens] Quand on parle des 4 milliards d'euros qui sont mis à disposition des régions, je ne suis pas sûr que les gens réalisent ce que ça signifie. Au cours des dernières années, il y a eu 1,5 milliard d'euros de prêts qui ont été utilisés par les régions. Là, on en met 4 milliards, c'est-à-dire quasiment trois fois plus. Cet après-midi, on réunit justement les régions, les associations lycéennes et les élus lycéens, parce que, pour le coup, c'est un sujet qui ne relève pas de ma compétence. On les réunit ensemble, on va partager et diagnostiquer notamment toute la remontée de la plateforme, qui montre que les aspirations sont très détaillées, établissement par établissement. Puis, on va définir la méthode de travail entre les lycéens, les régions et nous, pour faire en sorte que tout le monde ait en tête ce que cela signifie en termes d'investissements et de planification.

> [Mobilisation des lycéens] Ce que j'ai dit depuis le début, c'est deux choses. Un : on va plafonner les classes de seconde à 28 élèves dans les 50 % des établissements les moins favorisés à la rentrée 2027, puis dans les 50 % suivants à la rentrée 2028. Deux : on va limiter la taille des groupes les plus importants en première et en terminale. Vous savez qu'il n'y a plus vraiment… enfin il y a une classe mais en réalité, vous êtes 70 % du temps dans des groupes différents. Et donc l'enjeu, c'est qu'il y a des groupes à 9 élèves, et des groupes à 36 élèves. Donc évidemment, on ne va plafonner pas les groupes à 9 élèves, mais, en revanche, pour ceux à 36, on va essayer de les faire diminuer. C'est ça qu'il faut avoir à l'esprit. Ensuite, il ne faut pas mentir aux gens. Si je dis qu'à la rentrée prochaine, il y aura 24 élèves en seconde, je vais devoir créer 20 000 postes de professeurs. Je ne pourrai pas les recruter. Je ne les trouverai pas. (…) Parce que je n'aurai pas 20 000 professeurs dans les concours supplémentaires par rapport aux 15 000 ou aux 20 000 que je recrute déjà pour pouvoir pourvoir aux besoins. Donc on fait quelque chose qui est objectif et rationnel. On a annulé toutes les suppressions de postes qu'on avait envisagées. On crée 500 postes de plus pour être sûrs de pouvoir recruter et pour que les élèves soient moins nombreux, mais qu'ils aient aussi un professeur devant eux.

> [Mobilisation des lycéens] Il y a actuellement un groupe de réflexion sur Parcoursup auquel d'ailleurs participent d'ailleurs deux des trois associations lycéennes. Ils sont coprésident du groupe de travail avec Philippe Baptiste, le ministre de l'Enseignement supérieur, pour voir tout ce qui peut être transformé dès cette année. Il y a la question de la lettre de motivation. Il y a la question de l'explication systématique des refus. Il y a la transparence des algorithmes locaux, c'est-à-dire les algorithmes qui sont utilisés par les formations pour prétrier les élèves avant de les choisir, etc. Tout cela était demandé par les élèves. D'ailleurs, dans la plateforme, ce sont des choses qui ressortent. Tout cela peut donc être traité. Après, pour remplacer Parcoursup, il faut passer par la loi. C'est pour ça qu'on a eu un premier débat hier à l'Assemblée, qui était d'ailleurs assez intéressant sur le fait que beaucoup de gens voulaient abroger mais peu de gens savaient ce qu'ils voulaient mettre à la place. Et ça, ça passe par la loi. Et c'est pour 2028.

> [Mobilisation des lycéens] On engage le remplacement de Parcoursup pour l'année 2028. Après ça, si les gens qui arrivent en mai 2027 veulent tout jeter, ils pourront toujours tout jeter. Mais ça, c'est vrai pour tout. En fait, ils auront du mal. Et quoi qu'il arrive, la rentrée 2027, elle, elle est préparée par nous et elle ne pourra pas être modifiée. Et donc tout ce qu'on promet pour la rentrée 2027, notamment au lycée, trouvera bien à s'appliquer. (…)
Il y a un moment où il faut juste aussi entendre ce que les jeunes veulent nous dire. Les jeunes nous disent : "J'ai candidaté dans dix formations différentes. Dans celle où j'avais vraiment le plus envie d'aller, j'ai été refusé et je ne sais même pas pourquoi." Il faut entendre ça. Et donc leur donner la possibilité d'avoir accès aux raisons, parce que leur moyenne était de tant alors que la moyenne… était de tant, etc. enfin ce n'est quand même pas déplacé. Donc on va y travailler avec tout le monde. Le ministre de l'Enseignement supérieur pilote d'ailleurs des groupes de travail qui associent aussi les universités, parce qu'il y a besoin de se mettre autour de la table. C'est pour ça que les choses ne sont pas simples. Votre question est intéressante parce qu'à quinze secondes d'intervalle, vous me demandez pourquoi on ne fait pas les choses tout de suite, puis vous me dites que c'est quasiment impossible. Quand on est en responsabilité, entre ceux qui vous disent «Je veux tout, tout de suite» et ceux qui vous disent «C'est impossible», il faut trouver un chemin. Et ce chemin, c'est celui des deux temps qu'on fait sur Parcoursup.

> [Mobilisation des lycéens] Manifestement, quand on a des responsabilités, on essaie de trouver des solutions pour répondre aux lycéens. A la fin, je veux juste quand même qu'on revienne aux lycéens, parce que plus personne n'en parle. C'est devenu quasiment un débat d'élection présidentielle, ce truc-là. Enfin repartons des besoins des lycéens. Les lycéens, une fois encore, qu'on a interrogés et par leurs associations légitimes et par leurs élus légitimes, et directement, ce qui est aussi légitime, ils nous ont dit des choses très précises sur Parcoursup, sur les classes trop chargées, sur le stress des horaires, sur le contrôle continu, sur le bâti dégradé, etc. On répond point par point. On a pris le temps de poser les mesures pour qu'elles soient justement chiffrées, documentées, crédibles et tenables. Parce que le pire de la vie politique, c'est quand même quand on promet monts et merveilles et qu'on ne tient rien.

> Il y a aujourd'hui d'abord un certain nombre de mesures qui sont discutées par les uns et les autres au sein du gouvernement. Vous avez vu, j'ai pris un certain nombre de décisions pour les lycéens. Ce qui a été fait sur le carburant, et qui se verra dès ce week-end du 1er novembre, va probablement avoir un effet immédiat. Ce n'est pas probablement mais va avoir un effet immédiat et vraiment sensible sur les prix à la pompe. Il y aura probablement aussi d'autres mesures qui seront portées par les différents ministres du gouvernement et par le Premier ministre. C'est quand même important que tout le monde ait en tête qu'il y a des gens dans ce gouvernement, on a un gouvernement de gens qui sont responsables. C'est-à-dire qu'ils ne vont pas emmener le pays dans le mur, qu'ils ne veulent pas faire de fausses promesses et qu'ils veulent répondre aux attentes des Français. Ensuite, il y a un mouvement social dans un contexte aussi que tout le monde connaît, international, etc. Le prix de l'essence, par définition, ce n'est pas la France qui le détermine. La situation d'Ormuz y a contribué, mais il y a une situation internationale qu'il faut avoir à l'esprit et par rapport à laquelle on fait en sorte d'amener le navire à bon port, une fois encore, en responsabilité, et sans on plus placer les Français dans des situations qui seraient problématiques pour l'avenir.

> [Mobilisation des lycéens] Il y a eu 87 établissements avec des dégradations lourdes, donc qui ont nécessité parfois des fermetures, etc. En revanche, sur le coût global des travaux, on n'a pas encore le montant complet, parce que ce n'est pas chez nous. Ce sont les régions de France qui sont en train de faire des expertises. Au dernier pointage, les Régions de France parlaient de 30 à 40 millions d'euros de dégâts, mais c'était juste avant le début des congés, donc avant les expertises. Donc ça va évidemment être un peu long pour savoir. Enfin en tout cas, cela se chiffre en dizaines de millions d'euros.

 

Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> [Mobilisation des lycéens / Intervention à l’Assemblée] Il est des débats qui, sous une apparence technique, nous obligent à répondre à des questions profondément politiques. Le débat de ce jour est de ceux-là. Depuis plusieurs semaines, des lycéens et des étudiants nous interpellent, nous parlent de leurs inquiétudes, de leurs aspirations, parfois de leur colère, mais surtout de leur avenir. Nous devons les entendre. Parcoursup est bien plus qu’une simple plateforme numérique, c’est la promesse –
⁠ que la République doit à sa jeunesse – de choisir son avenir plutôt que de le subir.
Pour la tenir, nous devons faire le choix de la lucidité. En 2017, à l’issue de la procédure sur le portail d’admission postbac (APB), prédécesseur de la plateforme Parcoursup, près de 4 000 bacheliers restaient sans proposition d’admission. En 2026, ils n’étaient que 60 –
⁠ même si c’est toujours 60 de trop.
Ces chiffres nous rappellent une réalité : l’actuel système d’affectation n’a pas tout résolu, mais les chiffres sont têtus et dire que c’était mieux avant relève au mieux de la mauvaise foi, au pire de la manipulation.
Notre pays a choisi, depuis plusieurs décennies, de démocratiser l’enseignement supérieur. Notre responsabilité politique est de réconcilier cet idéal avec le réel. Souvenons-nous de la situation qui prévalait dans notre pays avant 2018 : le tirage au sort pouvait décider de l’avenir de certains bacheliers.
La loi de 2018 a mis fin à cette situation, avec l’ambition de lutter contre l’assignation à résidence, aussi bien sociale que géographique. Elle a apporté des avancées que je revendique fermement : une procédure nationale, une meilleure visibilité des formations, des garanties communes et des dispositifs d’ouverture sociale. En proposant 11 000 formations en apprentissage, là où APB n’en proposait presque aucune, elle a facilité l’entrée dans la vie professionnelle de centaines de milliers de jeunes.
Je pense aussi aux quotas de boursiers, qui ont ouvert massivement les portes de certaines formations à des jeunes qui, sinon, n’auraient jamais pu y accéder. Depuis 2018, la plateforme a évolué chaque année, mais nous devons aussi considérer les limites du système avec lucidité, car il n’a pas tout résolu.
Les inégalités d’accès à l’information, l’anxiété liée à l’attente, la difficulté à comprendre les décisions sont autant de limites du système qui doivent être dépassées. Surtout, il n’a pas résolu le décalage entre les aspirations des jeunes et les places disponibles. Pourquoi ? Parce que nous avons demandé à une plateforme de résoudre certains problèmes politiques que la politique n’avait pas tranchés. C’est pourquoi le gouvernement décide d’avancer. Après plusieurs semaines de concertation avec les lycéens, les étudiants, les représentants des personnels et les établissements, le premier ministre a annoncé, lundi, des engagements clairs et précis : une première transformation dès 2027, un nouveau système d’affectation en 2028, des places supplémentaires là où les besoins sont les plus importants, une indexation des bourses et un effort considérable de 1 milliard d’euros supplémentaire pour rénover les campus.
Nous sommes prêts à faire évoluer profondément le système : ses procédures, ses mécanismes d’admission et jusqu’à la forme même de la plateforme. Notre ambition n’est pas simplement d’en changer le nom, le logo ou la mise en page, mais de changer ce qui doit l’être.
Dans ce cas, pourquoi ne pas changer radicalement Parcoursup tout de suite ? Parce que ma première responsabilité de ministre, c’est de garantir que la prochaine campagne de Parcoursup, qui ouvrira dans quelques semaines, se déroule dans les meilleures conditions. Je ne céderai à aucun appel à la démagogie sur ce point.
Plus de 1 million de candidats s’apprêtent à faire des choix importants pour leur avenir ; ils ont besoin de règles claires, de stabilité et de confiance.
J’en viens au cœur du débat qui nous réunit. Vous avez été nombreux, sur ces bancs, à demander la suppression de Parcoursup. Certains la réclament depuis des années, d’autres ont rejoint cette position plus récemment. Le gouvernement a entendu la demande : le remplacement de la plateforme est engagé. Cependant, le remplacement de Parcoursup n’est pas qu’un choix technique ; il suppose de décider de ce qui lui succédera.
C’est un choix de société, un choix politique. Je tiens, à cet égard, à remercier les députés Frantz Gumbs et Pierrick Courbon, qui ont contribué à cette réflexion, dans le cadre de leur mission flash. Désormais, nous devons évoquer ce que nous voulons construire.
Je voudrais vous soumettre quatre questions essentielles à notre réflexion collective.
La première, qui est aussi la plus sensible, c’est celle de la sélection. Il faut avoir le courage de la poser clairement, probablement de manière plus brutale que nous ne l’avons fait en 2017. J’entends, sur certains bancs, qu’il ne faudrait aucune sélection à l’entrée à l’université sur d’autres, qu’il faudrait au contraire renforcer les exigences, le mérite et les prérequis.
Partout, une même ambition, refuser la sélection par l’échec. Au-delà des vœux pieux, reste la réalité que nous devons regarder en face : pour la première année de licence de droit, Paris 1 reçoit 20 500 candidatures pour 745 places ; pour le parcours d’accès spécifique santé (Pass), option sciences et vie de la terre (SVT), l’université de Dijon reçoit 2 000 candidatures pour quelques dizaines de places.
Ce ne sont que deux exemples parmi beaucoup d’autres, partout dans le territoire. Comment départager les candidats si nous refusons la sélection et le tirage au sort ?
Notre système concilie la prise en compte du mérite académique et un accès de 95 % des lycéens à l’enseignement supérieur, ce qui met la France en tête des pays de l’OCDE à cet égard. Nous ne pouvons pas, d’un côté, réclamer davantage d’exigences, et de l’autre, nous indigner à chaque fois qu’un jeune reçoit une réponse négative. Voulons-nous une sélection assumée ou une absence totale de sélection ?
Deuxième question : que promettons-nous à notre jeunesse ? Certains d’entre vous disent qu’une bonne formation doit préparer immédiatement à un métier. J’entends aussi le discours, assez daté, suivant lequel l’université ne devrait jamais se préoccuper des attentes du monde économique.
Où placer le curseur entre les besoins objectifs de la nation et des jeunes, et les aspirations légitimes des étudiants ? Nous avons fait le choix d’un système équilibré qui offre des places dans des cursus académiques longs et classiques, mais beaucoup d’autres aussi dans des formations professionnalisantes, en donnant une large place à l’apprentissage. C’est un choix politique, sur lequel il nous appartient de débattre.
Troisième question : quelle ambition pour le baccalauréat. Quand 100 % d’une classe d’âge parvient au bac, pouvons-nous attendre des universités qu’elles fassent réussir autant de jeunes, avec des niveaux aussi hétérogènes ? Réduire cette question à un problème de place me semble être un raccourci. Le bac a été pensé pour être une promesse, il ne doit pas devenir un grand mensonge de la République à sa jeunesse.
Quatrième question : à quoi doit ressembler la prochaine plateforme ? Beaucoup, parmi vous, dénoncent une plateforme nationale jugée complexe ou stressante. Nous avons entendu ces critiques et nous avons surtout entendu la jeunesse s’exprimer au cours de ces dernières semaines. Nous allons faire évoluer profondément l’outil et le remplacer à la session suivante. Cependant, doit-on garder le principe d’une plateforme nationale unique ou bien faire une plateforme par discipline ou par région ? Ou encore abandonner le principe d’une plateforme et laisser aux étudiants le soin de se débrouiller seuls face à l’université ou à l’école de leur choix, quitte à revenir –
⁠ je l’ai entendu – à des dossiers papier ?
Ces options peuvent être examinées, mais certaines sont dangereuses, car elles remettraient en cause des avancées réalisées ces dernières années en matière d’affectation. Ces questions dépassent largement le fonctionnement de l’outil qu’est cette plateforme numérique. Nous devons définir une vision, une conception du mérite, de la justice sociale, de la liberté de choix, de l’excellence et de l’égalité. On ne crée pas des places en supprimant une plateforme, on n’efface pas les inégalités en changeant un algorithme, on ne garantit pas une réussite en modifiant une procédure. C’est l’ensemble de l’équilibre qu’il faut repenser, dans le cadre d’une réforme qui ne pourra pas se limiter à des évolutions techniques ou réglementaires. Si nous voulons modifier les principes mêmes de l’accès à l’enseignement supérieur, il est obligatoire de passer par la loi. Le Parlement devra alors débattre, trancher et fixer les nouveaux équilibres. Il ne peut se contenter de demander la fin d’un système, il doit contribuer à définir les principes du suivant. Cette responsabilité exigeante fait toute la noblesse du travail parlementaire.
Le débat que vous avez souhaité ouvrir est désormais ouvert. Les questions que je viens de soulever appellent des arbitrages et des priorités qui auront des conséquences pour des centaines de milliers de jeunes et leurs familles. Nous pouvons défendre des convictions et des modèles différents, mais notre responsabilité commune est de ne pas laisser les jeunes seuls face à des contradictions que nous n’aurions pas eu le courage de résoudre.
Ce débat nous oblige à revenir à l’essentiel. Il nous appartient d’en faire sortir autre chose que des inquiétudes : une espérance pour notre jeunesse. C’est ce que nous avons à construire, c’est aussi une nouvelle promesse d’émancipation.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Carburants / Intervention à l’Assemblée] La situation est très dure pour beaucoup de Français et beaucoup d’entreprises, notamment petites –
⁠ exploitations agricoles, pêcheurs, entreprises des secteurs du BTP ou des transports. Depuis le premier jour de cette crise, nous avons choisi de nous tenir aux côtés des domaines d’activité les plus touchés ; nous continuerons de le faire. Nous avons annoncé une prolongation des aides jusqu’à décembre au bénéfice de l’ensemble des secteurs que je viens de citer et persisterons à les distribuer autant que cela sera nécessaire : encore une fois, nous ne laisserons pas tomber les Français qui travaillent.
Nous avons créé des aides à destination des grands rouleurs : une première en mai-juin dernier, pour 3 millions de Français ; une seconde, versée en ce moment même, pour 5,5 millions d’entre eux. Nous agissons dans le respect des contraintes budgétaires, sans laisser tomber les plus précaires des Français qui travaillent.
Le président de la République a aussi pris une initiative que nous avons déclinée avec le premier ministre : la libération de 10 millions de barils. Nous parlons de 10 millions de barils de diesel à un prix trois à quatre fois inférieur à celui du marché. Dès lundi matin, il en résultera une baisse des prix à la pompe comprise entre 12 et 18 centimes. Nous veillerons à contrôler strictement la répercussion de l’intégralité de cette baisse, pour que personne ne profite de la crise en faisant du gras sur le dos des Français. Nous veillerons également avec rigueur à ce que l’ensemble des territoires que vous avez cités, notamment le vôtre, en bénéficient. Où que l’on vive, cette baisse doit se répercuter sur le prix à la pompe. Cela s’applique tant aux grands distributeurs et aux majors pétrolières qu’aux stations indépendantes plus excentrées des territoires ruraux.
La situation est difficile et nous ne laisserons tomber personne.

 

Anne Le Henanff (ministre déléguée auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique)
> [Menaces cyber / Intervention à l’Assemblée] Nous faisons face à un niveau très élevé de menace cyber, laquelle touche désormais tous les pans de notre société, vous l’avez dit, du citoyen aux grandes entreprises et aux administrations. Les récentes attaques contre les installations frigorifiques ont directement visé notre économie et nos chaînes d’approvisionnement.
La feuille de route des efforts prioritaires en matière de sécurité numérique de l’État a été rendue publique pour la première fois au printemps dernier. M. le premier ministre, qui a personnellement demandé une accélération de la sécurisation des administrations, suit directement l’avancée de cette feuille de route, qui a pour objectifs prioritaires l’authentification multifacteurs et le renforcement de la supervision. Les équipes sont à pied d’œuvre pour améliorer la sécurité de tous nos ministères.
Dans le cadre de France 2030, une enveloppe de 200 millions d’euros a été mobilisée. Les fonds sont répartis selon trois axes : 76 millions pour mettre à profit les capacités de l’intelligence artificielle dans le but de renforcer notre cybersécurité et de développer les technologies de cryptographie de nouvelle génération ; 63 millions pour renforcer notre autonomie stratégique en cybersécurité ainsi que la résilience des systèmes d’information de l’État ; et 61 millions pour soutenir la montée en puissance des entreprises françaises de cybersécurité.
Sur ces trois axes, les travaux ont bien avancé, à hauteur des trois quarts de l’enveloppe totale. Vous pourrez le constater dans les prochaines semaines à propos des actions mobilisant les écosystèmes de recherche et les start-up.
Le projet de loi « résilience » sera inscrit à l’ordre du jour de la séance publique dès que possible. Toutefois, le risque cyber concerne toutes les organisations et dépasse le périmètre de la directive NIS 2, relative à la cybersécurité. Dès aujourd’hui, toutes les organisations doivent intégrer ce risque et prendre les mesures nécessaires pour se protéger, en s’appuyant sur notre écosystème cyber, qui est d’excellente qualité.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Mobilisation des lycéens] Le cœur de cette mobilisation de la jeunesse, c'est une profonde angoisse vis-à-vis de l'avenir. Je ne crois pas qu'il y a une génération qui ne veut plus faire d'efforts, qui ne veut plus travailler ; en revanche, il y a une génération qui se demande si, à la force de son travail et de ses efforts, elle pourra avoir un avenir. Cette élection présidentielle doit aussi servir à créer un nouvel espoir chez les jeunes.

> Je vois cette tenaille entre la France insoumise et le RN. Et on voit qu’aujourd’hui aucun candidat seul n’est en situation de briser cette tenaille. À la fin, elle aura lieu, cette primaire.

> Cette primaire, c’est l’union qui doit faire la force. La force et l’espoir. Pour avoir un candidat au deuxième tour. Pour éviter aux Français d’avoir à choisir entre la France insoumise et le Rassemblement national.

> Il est temps. Il est temps d’organiser une grande primaire. Pour proposer un nouvel espoir à tous nos compatriotes qui refusent d’avoir à choisir entre LFI et le RN.

> Mistral, c’est la France. La France, c’est Mistral.
Dans cette course à l’innovation et aux technologies, il y aura des perdants et des gagnants. Je veux me battre pour que la France soit libre. Libre de développer ses propres modèles et outils. Arthur Mensch et ses équipes sont en première ligne dans ce combat. Ils font notre fierté. Merci à lui pour son accueil aujourd’hui au siège de MistralAI. Nous avons échangé longuement sur l’avenir de l’IA en France. Avec une conviction : si nous faisons les bons choix, nous avons encore nos plus belles pages à écrire !

 

Violette Spillebout (députée)
> [Mobilisation des lycéens / Intervention à l’Assemblée] Avant de commencer mon intervention, je veux saluer les représentants des lycéens et des étudiants qui se trouvent dans les tribunes du public. « Notre système va mal, on en souffre et on a la sensation de ne jamais être écoutés. » Ces mots m’ont été dits par une lycéenne de ma circonscription, à Lille, pendant les blocages. Comme tant d’autres, elle demandait qu’on la prenne au sérieux et qu’on agisse. Je propose de le faire, en nous appuyant sur des faits. 82 % des lycéens jugent Parcoursup « stressant », quand 29 % seulement le trouvent « équitable ». Cet été, plus de 32 000 jeunes sans solution ont dû saisir une commission d’accès. C’est une crise de confiance !
Néanmoins, tout n’est pas à jeter. Parcoursup a mis fin au tirage au sort et, comme le rappelait récemment Jean-Michel Blanquer, le taux d’échec en fin de première année est passé de 60 % en 2017 à 50 % aujourd’hui. C’est un progrès réel, même s’il demeure largement insuffisant.
Malheureusement, la réalité d’aujourd’hui est cette phrase souvent entendue : je suis content du résultat, mais j’ai eu tellement peur ! Il faut corriger ce qui fait peur et refondre tout un processus de sélection et d’orientation. Les présidents d’université l’ont dit : supprimer Parcoursup sans solution serait une catastrophe. Promettre son abolition sans alternative serait dangereux.
Cependant le statu quo n’est pas non plus notre ligne.
Dès le 10 octobre, notre président de groupe, Gabriel Attal a défini les principaux leviers pour réformer Parcoursup : moins de pression du contrôle continu, davantage d’épreuves terminales, plus de chances pour les filières professionnelles et d’innovation, davantage d’accompagnement humain.
Messieurs les ministres, si vos annonces de lundi vont dans le bon sens, mes collègues du groupe Ensemble pour la République et moi-même demandons deux avancées fondamentales pour l’année 2027 : la transparence et l’équité.
Une véritable transparence signifie expliquer un refus par un rang, des critères et un seuil, et non par un message type. La décision de sélection doit rester celle des établissements, qui jugent en conscience, mais leurs outils de classement doivent être publics, ainsi que la Cour des comptes le demande depuis 2020.
La sélection doit aussi être équitable. Conscients de l’importance de chaque évaluation, les professeurs gonflent les notes pour ne pas porter préjudice à l’orientation de leurs élèves, de sorte que la notation finit par perdre sa valeur et que certaines formations du supérieur attribuent à chaque dossier un coefficient en fonction du lycée d’origine, recréant ainsi opacité et inégalités.
Il faudra répondre à l’attente forte de nos lycéens pour qu’il y ait moins de discrimination en fonction du lycée d’origine, en réfléchissant avec eux à une objectivation nationale des résultats.
Attention toutefois à ne pas renoncer à une école exigeante, qui offre une orientation choisie et mieux accompagnée ainsi que des qualifications et compétences reconnues.
À la suite d’échanges avec la Conférence des grandes écoles, mon collègue Sylvain Maillard alerte sur le fait qu’il faudra revoir le calendrier de Parcoursup au regard des enjeux européens. Je relaie son avertissement. Alors que certains établissements européens répondent aux candidats dès le mois de février, Parcoursup ne donne ses premières réponses qu’en juin, ce qui fait perdre des élèves et des talents à notre pays !
Nous devons aussi envisager la situation au-delà de 2027. Le débat de ce soir ne porte pas seulement sur une plateforme. Remplacer Parcoursup nous amène à aborder des questions qui divisent profondément notre pays et notre hémicycle. En voici quelques-unes : comment réformer notre enseignement supérieur pour développer les filières qui mènent aux métiers d’avenir ? Comment évaluer chaque filière et ses débouchés ? Que doit être le baccalauréat de demain ? Est-ce un examen national qui compte vraiment ou une moyenne de contrôle continu dont la valeur varie d’un lycée à l’autre ? Comment articuler les spécialités du lycée avec le premier cycle de l’enseignement supérieur ? Comment faire face à la transformation des formations et des métiers avec l’intelligence artificielle ?
Ce sont moins des questions techniques que des choix de société, que nous ne pourrons trancher en six mois dans un groupe de travail ni même dans le comité de réforme qui va être mis en place.
Ils appellent un vrai débat démocratique devant les Français, à l’occasion de la prochaine élection présidentielle.
Monsieur le premier ministre, pouvez-vous nous assurer que les travaux engagés prépareront ces choix sans les préempter, en y associant largement le Parlement ? Les députés du groupe Ensemble pour la République ont de nombreuses propositions à faire tout au long de ce processus !
Le cœur du sujet est l’orientation. On compte aujourd’hui un conseiller d’orientation pour plus de 1 000 élèves. Les cinquante-quatre heures annuelles prévues au lycée sont inégalement assurées.
Le second professeur principal de terminale n’existe pas partout. Résultat : plus d’un candidat sur deux déclare ne pas avoir été accompagné pendant la phase d’admission. Ceux qui le peuvent paient même un coach privé, tandis que les autres se débrouillent. Voilà l’injustice !
Nous demandons une refonte complète de l’orientation, menée en association avec les régions –
⁠ qui détiennent cette compétence depuis 2018 – pour offrir des conseillers d’orientation en nombre suffisant et un accompagnement renforcé et personnalisé dès la seconde –⁠ mentorat, tutorat, stages de découverte, interventions de professionnels dans les classes – ainsi qu’un véritable assistant IA, destiné à faire découvrir à chaque élève des formations qu’il ignore. Accompagner suppose aussi des professeurs, c’est une évidence.
Les lycéens nous l’ont dit et nous les avons entendus. Depuis des années, en présentant des amendements, notre groupe EPR défend, budget après budget, l’amélioration de la rémunération des enseignants et le maintien de leur nombre malgré la baisse démographique, avec l’objectif d’avoir un professeur devant chaque classe et des classes qui ne soient pas surchargées. Ce n’est pas un sujet annexe à Parcoursup, mais le cœur de sa refondation. Je demande à M. le premier ministre que les amendements au projet de loi de finances pour 2027 qu’Anne Genetet et moi avons défendus en commission des affaires culturelles et de l’éducation la semaine dernière et qui ont été adoptés soient retenus dans le budget final.
J’en viens aux places dans le post-bac. Les 15 000 places supplémentaires annoncées devront dans l’avenir donner lieu à une programmation pluriannuelle intelligente : assumons de fermer les formations qui ne conduisent pas suffisamment à l’emploi pour renforcer celles qui proposent des métiers d’avenir !
Avant de conclure, j’aimerais rappeler que l’évolution de Parcoursup, évoquée ce soir, est loin de satisfaire l’ensemble des revendications de la jeunesse. Les inquiétudes de nos jeunes ne commencent pas sur Parcoursup. Elles commencent bien avant, tout au long du parcours scolaire. Les résultats de la consultation nationale qui ont été publiés font ressortir que les lycéens et étudiants alertent sur des journées scolaires déséquilibrées, des bâtiments parfois inadaptés, des classes surchargées, des professeurs absents insuffisamment remplacés, mais aussi sur la dégradation du climat scolaire, la violence à l’école et les difficultés de santé mentale.
Nous ne pouvons pas prétendre garantir l’égalité des chances dans l’enseignement supérieur si nous ne garantissons pas un enseignement serein dès les premières années de scolarité. Notre responsabilité est de répondre à l’ensemble des préoccupations de cette génération et de lui redonner confiance en l’avenir.
La jeunesse nous demande des règles claires, l’égalité des chances et la possibilité pour chaque étudiant d’être accompagné, aux côtés de ses parents. La jeunesse veut sa place dans la société ; elle veut être écoutée, pouvoir apprendre, trouver un travail, fonder une famille et vivre dignement. La promesse républicaine française, c’est de pouvoir lui donner tout cela. Avec Gabriel Attal, les députés Ensemble pour la République sont mobilisés pour être à la hauteur de cette attente.

 

Emmanuelle Hoffman (députés)

> [Commerçants impactés par les manifestations / Intervention à l’Assemblée] Les petits commerçants jouent un rôle essentiel pour la vitalité des centres-villes, le maintien du lien social et le dynamisme des territoires. À la suite des événements des 17 et 18 octobre, de nombreux commerçants et professionnels ont été victimes d’actes inacceptables et ont subi des dégradations matérielles causant des pertes de chiffre d’affaires et d’exploitation, et parfois des interruptions d’activité. Selon les premières estimations du gouvernement, près de 3 000 commerces auraient été touchés par les dégradations et les pillages. Nous leur exprimons notre pleine solidarité, ainsi qu’à l’ensemble des personnes touchées par ces événements.
Pour ces petites entreprises, dont les marges financières sont souvent limitées, les conséquences peuvent être particulièrement lourdes. À l’approche des fêtes de fin d’année, période essentielle pour de nombreux commerces, il est indispensable qu’elles puissent bénéficier rapidement des dispositifs de soutien annoncés par le gouvernement.
Monsieur le ministre du commerce, le gouvernement a présenté plusieurs mesures en faveur des professionnels concernés. Nous souhaitons connaître précisément leurs modalités d’application. Quels commerçants pourront bénéficier des aides annoncées, et dans quel délai ? Comment seront prises en charge les pertes d’exploitation et les dégradations matérielles ? Quel soutien sera accordé aux petites entreprises en proie à des difficultés de trésorerie ?
Concernant la sécurité des commerces et des commerçants, comment les mesures annoncées seront-elles appliquées ? Enfin, comment le gouvernement entend-il faciliter les démarches et s’assurer que les commerçants concernés seront rapidement informés et accompagnés ?
Notre attente est simple : que les annonces se traduisent rapidement par des réponses lisibles, accessibles et efficaces pour les professionnels concernés. Je vous serai reconnaissante de bien vouloir préciser le calendrier d’application de ces dispositifs et les moyens prévus pour garantir leur effectivité, notamment à l’approche des fêtes de fin d’année.

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> Dans quelques semaines auront lieu les élections des instances de l’Association des maires de France.
Je lis que les alliés socialistes de Monsieur Lisnard, Messieurs Laignel et Debat (PS), s’émeuvent publiquement de ses déclarations outrancières depuis quelques semaines. ↓ Singulière ironie de la vie politique que de voir ceux qui ont monté des combines d’appareil, pour s’assurer de leurs postes, découvrir tout à coup le visage de celui avec lequel ils ont conclu un accord il y a plus de six ans. Chacun a le droit de se tromper. Mais il est plus grave encore de persister, en connaissance de cause, en reconduisant un accord. Nous avons désormais -je dis « nous » parce que je suis élu local depuis plus longtemps que Monsieur Lisnard- un réel problème à la tête de cette association, reconnue depuis plus d’un siècle pour son pluralisme et son audience auprès des maires. Pour la première fois de son histoire, elle est prise en otage par son président. Elle est donc menacée dans son unité. Le maire de Cannes a décidé d’user et d’abuser de la responsabilité qui lui avait été confiée, non pour servir l’AMF, mais pour en faire le marchepied de son ambition personnelle et clivante. Une ambition qui ne peut être celle de l’AMF et qui offense l’esprit de cette association. C’est donc aussi, et peut-être d’abord, comme élu municipal rural depuis 1995, maire durant plus de dix ans et ancien membre du bureau national de l’AMF que je prends la parole. Comment, tout d’abord, accepter de voir élu président de l’AMF un candidat à l’élection présidentielle ? C’est une confiscation de la parole des maires au profit d’un homme qui prétend parler en leur nom pour défendre des positions que, j’en suis convaincu, beaucoup d’entre eux ne partagent pas. Comment accepter ensuite de laisser à un candidat à la présidentielle le soin de présider une association dont les élus vont avoir la lourde charge de choisir, par leurs parrainages, ceux qui pourront concourir à l’élection ? Qui peut s’assurer que le président de l’AMF ne pèsera pas de son poids pour inciter à parrainer tel ou tel, ou à refuser un parrainage, dans une seule logique : la sienne ? Qui ne voit pas l’insupportable mélange des genres, le conflit d’intérêts potentiel et le climat de suspicion à venir ? Qui peut enfin, à gauche, à droite comme au centre, laisser les clés de cette association pluraliste à un candidat-président qui, comme il l’a montré dans son département, crée les conditions d’une grande alliance avec le RN ? Qui peut encore, juste pour sauver son poste dans cette association, détourner les yeux face à cette manœuvre et ce risque pour la survie même des maires de France ? Dans la vie, il faut choisir, a fortiori quand on prétend diriger le pays. Or le candidat Lisnard a manifestement décidé de jouer sur tous les tableaux. Lui qui a d’abord trahi son parti poursuit son jeu de caméléon : modéré et consensuel à l’AMF, clivant et brutal partout ailleurs. Il fait mine, en interne, de consensus, pour s’assurer de son élection tout en ne cessant d’insulter ou de jeter à la vindicte une grande partie des élus de la gauche et du centre voire de droite, qu’il qualifie de « caste » dans les journaux nationaux. Qui faut-il croire ? Par conséquent et puisque le candidat Lisnard refuse de choisir, il est sans doute temps que les élus de bonne volonté, quelle que soit leur famille politique, fassent, eux, un choix clair. Ceux qui ont fait un accord -peut-être dans le dos de leurs instances- doivent maintenant le dénoncer publiquement et en tirer les conséquences. Cette clarification serait salvatrice. Veulent-ils soutenir un candidat qui veut déchiqueter nos codes à la tronçonneuse ? Qui manie toutes les outrances ? Veulent-ils être ceux qui, par leur seul silence, pactisent, banalisent tout, cèdent à toutes les tentations ? Ce sujet dépasse la seule présidence de l’AMF : il exige une clarification de l’ensemble de ces accords opportunistes, sans éthique ni cap, et qui représentent un danger immense pour le pays. Toutes les convictions politiques peuvent s’entendre et doivent s’exprimer en démocratie. Monsieur Lisnard a le droit de défendre les siennes. J’ai toujours pensé cela et d’abord pour mes adversaires. Mais encore faut-il avoir le courage de les assumer, car on ne peut pas dire tout et son contraire en tenant un discours devant les Français et l’inverse devant les élus. Au MoDem, nous n’avons cherché aucun accord, ni même engagé la moindre discussion avec le candidat Lisnard pour le renouvellement des instances. C’est un choix que nous assumons et que j'assume pleinement. Je pense qu’il est encore possible de changer la donne au sein de l’AMF et de la protéger, parce que c’est le bien de tous. Je salue, à ce moment décisif, l’engagement du maire de Sceaux, dont on ne peut pas dire qu’il soit « suspect » de soutenir le gouvernement depuis dix ans. Sa candidature à la présidence de l’AMF, face à celle d’un candidat à la présidentielle, vise à en sauver l’honneur et l’existence même. C’est la candidature d’un élu indépendant, travailleur et dévoué uniquement à notre association. Il faut donc le soutenir ! Nous n’avons plus le temps de demander des gages au candidat Lisnard, car ce seront des promesses électorales sans lendemain. Il faut rompre avec cet accord toxique pour tous les élus locaux. Pour cela, il faut non seulement choisir un autre président pour l’AMF, mais il faut aussi que les élus de bonne volonté s’engagent clairement dans cette élection. À commencer par ceux qui ont noué cet accord regrettable. Ils ne peuvent pas être de confortables Ponce Pilate. Désormais, les alliés du candidat Lisnard à l’AMF n’ont plus d’excuses. Ils savent. Ils ont vu. Et c’est pourquoi il n’est pas trop tard. Ils peuvent encore redonner sa grandeur à cette association des Maires et en préserver la vocation. Ils peuvent encore refuser de cautionner l’alliance avec le RN dont rêve et que prépare le candidat Lisnard. Les élus qui y sont engagés le méritent. Les maires et leurs conseils municipaux le méritent également. Les Français qu’ils représentent aussi.

> [Attentat raciste de Trappes] Cette façon d'instrumentaliser en permanence les faits les plus graves, des faits de terrorisme, des faits d'actes racistes, est quelque chose d'assez détestable. Ce sont des victimes que nous devons honorer les unes et les autres, celles du racimse, celles de l'antisémitisme, celles de la violence en tant que telle.
Moi je ne trie pas dans les victimes du terrorisme. Une victime du terrorisme est une victime. Sinon, on nourrit une espèce de querelle et une ambiance dans ce pays qui est une ambiance détestable et dangereuse, parce que c'est la paix civile qui est en cause. 

> [Mobilisation des lycéens] Dire aujourd'hui je vais donner 15, 10, 5 milliards sans avoir la moindre idée de la façon de le financer, c'est prendre son interlocuteur pour un imbécile. Et moi je ne prends pas les lycéens et les étudiants pour des imbéciles.

> [Présidentielle] On a besoin d'un rassemblement, la primaire est une des voies. Mais qu'on pose la question de la nécessité d'un rassemblement qui ne soit pas un rassemblement électoral ou factice, qui soit un rassemblement sur « qu'est-ce qui fait qu'on n'a pas envie de ce duel ? Qu'est-ce qui fait en termes économiques, en termes de rapport au monde, en termes de démocratie et de pratiques démocratiques ?

> [Manifestations] Si vous laissez la loi être faite par les casseurs ou par la force, à ce moment-là, il n'y a plus de démocratie.

 

Nicolas Turquois (député)
> [Justice fiscale / Intervention à l’Assemblée] La question de l’endettement et des déficits relève de l’urgence mais c’est aussi une question de justice : il faut préserver le modèle de solidarité dont les Français bénéficient sans sacrifier la jeunesse. Les intérêts à régler cette année approchent les 80 milliards d’euros et asphyxient les politiques à destination des hôpitaux, des agriculteurs ou de la sécurité civile. Ils empêchent aussi d’investir pleinement dans l’écologie ou l’éducation. Au sein du groupe Les Démocrates, nous assumons que le combat contre la dette doive être érigé en priorité pour remédier à cette situation. Mais l’effort doit être partagé –⁠ c’est essentiel.
Or notre collègue Charles de Courson a récemment remis un rapport sur l’imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés dans le cadre d’une commission d’enquête présidée par Jean-Paul Mattei. Ce travail de grande qualité pointe des situations incompréhensibles pour les Français, à commencer par celle des 13 000 foyers assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière qui n’ont acquitté aucun impôt sur le revenu en 2024. Cela ne signifie pas qu’il y a fraude : simplement, certains montages juridiques permettent de réduire considérablement l’impôt, parfois jusqu’à le rendre nul. C’est légal, mais pas acceptable, car cela fragilise le consentement à l’impôt et donc notre contrat républicain.
Monsieur le ministre de l’action et des comptes publics, alors que nous examinons le projet de loi de finances après le rejet de la deuxième partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale, nous devons rechercher les économies nécessaires sans multiplier les impôts inapplicables et contre-productifs et en suivant une logique de justice fiscale. Certaines pistes sont bien identifiées. Il faut notamment parvenir à mieux connaître le patrimoine mobilier et immobilier de ces ménages. Se pose aussi la question des holdings patrimoniales et de leur trésorerie dormante. Notre groupe a formulé des propositions concrètes à cet égard.

Frantz Gumbs (député)
> [Mobilisation des lycéens / Intervention à l’Assemblée] Depuis plusieurs semaines, des lycéens se mobilisent partout en France. Au-delà des débordements que nous regrettons tous, ils nous disent quelque chose de profond, leur angoisse face à l’avenir.
Avec les députés du groupe Les Démocrates, nous avons pris soin de rencontrer la jeunesse mobilisée –
⁠ dans nos permanences, dans les lycées, dans les universités. Nous avons vu combien Parcoursup était devenu le symbole de cette angoisse. Avec Pierrick Courbon, j’ai conduit pour la commission des affaires culturelles et de l’éducation une mission flash sur Parcoursup.
Nous avons auditionné des lycéens, des étudiants, des parents, des enseignants, des chefs d’établissement, des universitaires, des chercheurs ainsi que d’autres partenaires. Or la suppression de Parcoursup n’a pas été un sujet aussi central qu’il paraît l’être aujourd’hui. Notre conclusion tient en une phrase : Parcoursup n’est ni une machine à broyer la jeunesse ni une solution miracle. Cela restera vrai, quel que soit le nom de son successeur.
Ce n’est pas une machine à broyer, parce que Parcoursup a introduit des améliorations par rapport à ses prédécesseurs. Souvenons-nous d’APB ! Quand une filière était trop demandée, on tirait les étudiants au sort. Le hasard décidait de l’avenir d’un jeune.
Ce n’est plus le cas. Désormais, l’immense majorité des lycéens trouvent une place, pas toujours celle qu’ils souhaitaient, mais une place tout de même. La plateforme a aussi ouvert des portes qui restaient fermées. Grâce aux quotas, près de 19 400 lycéens boursiers ont été admis dans une formation qu’ils n’auraient pas obtenue sans eux. Derrière ces chiffres, il y a des visages, des jeunes qui ont trouvé leur voie.
Ce n’est pas non plus une solution miracle. Parcoursup est un outil, une machine. Il ne crée pas le problème ; il le révèle. Le problème, c’est l’inadéquation entre l’offre de formation et la demande des jeunes. Inadéquation en nombre de places, d’abord. Les filières les plus demandées n’en ont pas assez. En droit, à Paris 1, 19 000 candidats ont été classés pour 745 places.
Inadéquation géographique, ensuite. Les ultramarins, par exemple, qui pourraient préférer Montpellier ou Toulouse, car les hivers y sont moins rigoureux, ne trouvent de place qu’au Havre ou à Lille –
⁠ de très belles villes au demeurant.
Nous avons augmenté massivement le nombre de candidats, sans massifier l’accueil. Ce problème est très difficile à résoudre et je me méfie de ceux qui prétendent le contraire.
Je pense à cet étudiant que nous avons rencontré, un élève brillant, qui a obtenu un très bon bac, mais dont les notes de première n’étaient pas à la hauteur. Or c’est sur ce dossier, arrêté au printemps, que les formations l’ont jugé. Il n’a pas obtenu de place dans la formation qu’il voulait. Son excellent bac est arrivé trop tard. Lui-même avoue que c’est dès la première qu’il aurait dû fournir plus d’efforts. Il a manqué de conseils stratégiques.
L’autre faille, c’est donc l’accompagnement. Quand on laisse l’orientation aux familles, l’inégalité est totale –
⁠ tout le monde le sait. L’enfant dont les parents connaissent l’enseignement supérieur sait quelles filières viser, comment rédiger ses vœux ; les autres se débrouillent seuls, ou renoncent. Parmi les lycéens sans réponse positive à la fin de la phase principale, un sur deux n’a reçu aucun accompagnement pour préparer la phase complémentaire, ainsi que nous le révèle le questionnaire de la mission flash auquel plus de 1 600 personnes ont répondu.
C’est pourquoi je veux dire un mot des fausses promesses. Certains expliquent aux lycéens qu’il suffit de supprimer Parcoursup. C’est faux. Ce n’est pas en supprimant une plateforme que l’on crée une seule place en licence, que l’on recrute un seul psychologue, que l’on forme un seul professeur.
Beaucoup se joue avant Parcoursup. Sur ce point, le gouvernement a fait des annonces que je salue, faisant siennes certaines des propositions de notre rapport : un accompagnement à l’orientation dès la classe de seconde ou encore une lettre de motivation demandée seulement lorsqu’elle est utile. Ce sont de vraies avancées et vous pourrez compter sur notre groupe pour veiller à leur mise en œuvre.
Je partagerai simplement quelques pistes, pour les prolonger. Il faut rendre pleinement effectives les cinquante-quatre heures annuelles d’orientation prévues par les textes depuis 2018. Il faut, non pas plus, mais mieux former les professeurs principaux, à qui l’on confie de nombreuses missions, sans toujours leur donner les outils nécessaires. Il faut veiller à l’attractivité des métiers de l’accompagnement –
⁠ à ce titre, les 500 postes de psychologues, d’infirmiers et d’assistants de service social sont une très bonne nouvelle. Accompagnons ces créations de postes d’un travail sur les conditions d’emploi, pour que chaque poste ouvert trouve preneur.
Beaucoup se joue aussi après Parcoursup, au moment où les formations examinent les dossiers. C’est là que naît le sentiment d’injustice, d’un refus sans explication, de critères que personne ne connaît, d’un premier tri fait sur les seules notes par un algorithme local. Sur ces sujets aussi, le gouvernement a pris en considération les conclusions de notre mission flash : les critères d’examen des formations seront publiés et chaque lycéen saura ce que l’on attend de lui avant de candidater.
Nous voulons mieux accompagner notre jeunesse dans son entrée dans la vie adulte. Nous voulons une orientation qui ne lui ferme pas trop tôt des portes. L’égalité des chances ne se joue pas en un clic sur une plateforme. Elle se construit tout au long du chemin vers l’âge adulte.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Nous attendons de la Bulgarie qu'elle reprenne immédiatement le chemin de la démocratie, et l'enjeu est plus que jamais crucial. Il y a deux jours à peine, un nouveau porte-conteneurs a été touché par un drone sous-marin au large des côtes bulgares, dernier épisode d'une série d'attaques en mer Noire qui menacent la sécurité de la Bulgarie et de l'ensemble de l'Union européenne. Dans un tel contexte, les Bulgares ont besoin d'institutions gouvernementales dignes de confiance et d'élections dont l'équité soit incontestable. Les Bulgares ont maintes fois démontré leur attachement à l'Europe, et leurs institutions doivent garantir leur droit fondamental à la liberté de choix.

 

● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)

> Un enfant harcelé sur quatre se tourne vers l’IA pour trouver de l’aide. Un chiffre qui sidère.

> Le temps qui passe ne doit jamais effacer la gravité d’un crime sexuel commis sur un enfant. Le vote du Sénat en faveur de l’imprescriptibilité est une avancée majeure pour les victimes et une mesure que je porte avec conviction.