samedi 26 septembre 2026

Propos centristes. France – Créer un «child risk» / Souveraineté européenne / Prix des carburants et sécurité énergétique / Intelligence artificielle / Aides aux agriculteurs / Stockage de l’eau / Visite du Pape...


Voici une sélection, ce 26 septembre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Je vous parle toujours d’Europe. Neuf ans après, notre ambition pour une souveraineté européenne capable de nous rendre plus forts et maîtres de nos choix a gagné le continent. Le 26 septembre 2017 à la Sorbonne, j’appelais à construire une Europe plus souveraine, plus unie, plus démocratique. Depuis, nous avons fait avancer l’Europe. Nous avons investi ensemble face aux crises, pour protéger, investir et agir. Face au Covid, face à l’agression militaire russe en Ukraine avec un soutien inédit et la Coalition des volontaires, et face à la concurrence de la Chine ou des États-Unis. Nous avons renforcé notre défense européenne. Notre indépendance énergétique. Relancé notre industrie et les emplois. Accéléré sur le spatial. Protégé nos technologies et nos intérêts. Et nous portons une ambition européenne pour l’intelligence artificielle et les technologies de demain. Oui, en neuf ans, la souveraineté européenne que certains pensaient impossible ou illusoire est devenue une réalité concrète et une ambition partagée. Elle est devenue notre plus grande force. Elle est aujourd’hui plus que jamais nécessaire. Notre seul salut. Il nous faut en effet aller toujours plus loin et plus vite. Être à la hauteur des bouleversements technologiques, économiques et géopolitiques. Faire de l’Europe une puissance qui choisit pour elle-même, innove, protège et maîtrise son destin. Le chemin parcouru est immense. Celui qui reste à accomplir l’est tout autant. Nous pouvons être fiers et nous ne lâcherons rien.

> [Discours lors de la réception du Pape Léon XIV]
Très Saint-Père, Mesdames et Messieurs en vos grades et qualités,
C'est pour la République française un grand honneur et aussi une grande joie que de vous accueillir aujourd'hui sur notre sol. Un grand honneur et une grande joie en ce que, confrontés souvent au spectacle des misères du monde, beaucoup de nos compatriotes ressentent, avec votre visite en France, une espérance.
Oui, comme il est dit dans l'Ecclésiaste, il ne faut pas s'attrister comme ceux qui n'ont pas d'espérance, et c'est un sentiment, je le sais, que vous partagez. Vous voici, 18 mois après le commencement de votre pontificat. Et vous voici pour un temps long que vous nous offrez et qui nous touche. C'est ici que débute ce chemin de foi, si j'ose dire, qui va vous mener du cœur de Paris à Notre-Dame, de l'Elysée à l'UNESCO, de la place de la Concorde à Saint-Denis, du Stade de France à la Maison Bakhita, de Lourdes, ville de Bernadette Soubirous, à Metz, carrefour des mémoires chrétiennes de notre Europe. Autant d'étapes qui disent votre lien personnel avec notre pays. Très Saint-Père, nous sommes fiers de vos racines normandes. Et vous verrez que nous avons même trouvé des racines béarnaises et bigourdanes.
Autant d'étapes comme autant d'épisodes qui racontent aussi cette histoire si particulière qui lie le christianisme à notre pays. Histoire deux fois millénaire, dont témoignent ces paysages de France, parsemés de cathédrales, basiliques, églises, monuments venus du fond des âges, inestimables dons de ceux qui nous ont précédés et qui se faisaient de notre pays une certaine idée. Il fut long. Ce temps où la religion chrétienne, ambitieuse d'être l'architecte de l'universel, guidait nos ancêtres à tailler la pierre, afin de laisser inscrite dans la chaîne des temps la trace visible de leur idéal. Croire, c'est créer. Et c'est au nom de cet héritage que nous avons œuvré, après le terrible incendie de Notre-Dame de Paris, pour qu'elle puisse être rebâtie en cinq ans et rendue non seulement aux catholiques, mais à tous les Français et au-delà encore au monde entier, et tant de talents, d'artisans, d'apprentis, de bénévoles, s'y sont donnés avec cette espérance chevillée au cœur.
Car Notre-Dame est une part de nous, un emblème de cette volonté si française d'offrir au monde toutes les beautés que peut engendrer l'esprit humain dès lors qu'il est mu par un idéal de fraternité universelle. Oui, cette histoire deux fois millénaire a créé un lien singulier entre la France et l'Église catholique. Et lorsque la République décida, il y a un peu plus de 120 ans, de la séparation entre l'Église et l'État, elle donna forme à une laïcité française qui n'est nullement la négation de la religion. La République se fait un devoir de permettre à chacune et à chacun en conscience de penser et d'exprimer son point de vue dans toutes les sphères de son existence, de croire ou de ne pas croire, dans l'intimité comme dans la sphère publique, à condition d'en respecter les lois. C'est dans ce cadre, très Saint-Père, que vous solliciterez la conscience de tous les Français qui s'associent en pensée et en action à ce que vous représentez, à eux, à tous ceux qui, en France comme ailleurs, sont attentifs à ce que vous avez à dire au monde, et je m'en réjouis.
La République veille aussi. Depuis 15 ans, les actes commis à l'encontre de personnes ou de biens en raison de leur religion ont malheureusement connu une recrudescence. Et ces insupportables démonstrations d'intolérance frappent la religion chrétienne au cœur. Les communautés juives et musulmanes en sont aussi victimes. Et c'est un combat essentiel que nous menons et mènerons pour protéger les lieux de culte, continuer de former les esprits à la tolérance, en même temps que nous encourageons le dialogue interreligieux si vivant dans notre pays.
La quête de la paix sur tous les fronts est une nécessité existentielle. Et il n'est pas un catholique qui ne puisse être sensible à ce combat pour le bien commun. Et j'ajouterai, pas un juif, pas un musulman, pas un protestant, ni un orthodoxe ou un bouddhiste. Il n'est personne en France, croyant ou non, qui puisse refuser de faire sienne cette quête. La paix est aussi cet horizon pour lequel nous œuvrons ensemble. Vous avez placé les premiers mois de votre pontificat sous le signe d'une paix désarmée et désarmante. Exigence qui prend une force particulière alors que la guerre meurtrit notre continent et que partout tensions et conflits ressurgissent. Exigence qui rappelle aussi que la paix est davantage que le silence des armes et qu'elle suppose justice, sécurité, respect des droits de l'homme, souveraineté des nations, et droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Et plus fondamentalement la capacité à reconnaître l'autre pour ce qu'il entend être.
La France se tient du côté de la paix, du multilatéralisme d'action, du respect du droit international et de la charte des Nations Unies. Et nous nous y tenons partout, sans double standard, avec cohérence et constance, car une vie vaut une vie et tous les peuples sont à défendre.
Ce combat pour la paix est inséparable de celui pour la dignité humaine et la lutte contre les injustices. Partout, ce sont toujours les plus fragiles qui paient le prix des crises et des conflits, qui contraignent tant de femmes et d'hommes à fuir leur pays. A la maison Bakhita, vous rencontrerez celles et ceux qui accueillent les exilés, les plus pauvres, les plus isolés. Là encore, la République et l'Église croisent souvent les mêmes visages. Le visage de ceux qu'il nous faut voir en face, le visage de ceux dont la voix peine à porter, de ceux qui nous rappellent l'exigence de fraternité, celle-là même qui fait de l'autre son frère en République, cette attention que nous devons aux plus fragiles.
Et je veux saluer ici l'engagement quotidien de tant de Français, de bénévoles, d'associations et notamment chrétiennes qui servent quotidiennement leurs prochains. Leur dévouement, leur solidarité disent un formidable élan d'espoir. Comme je veux saluer l'engagement de tous ceux qui contribuent à l'éducation de nos enfants, qu'il s'agisse de l'enseignement public ou de l'enseignement privé dans notre pays. Tous sont aussi au service de la défense du bien commun que nous partageons par-delà les frontières, notre planète et le vivant.
C'est pour cela que la France a porté l'Accord de Paris il y a 11 ans et s'est battue pour obtenir l'Accord sur les océans l'année dernière. C'est pour cela aussi que nous continuons de défendre le pacte de Paris pour les peuples et la planète, afin que nul pays n'ait à retarder sa transition faute de moyens, ni à choisir entre son développement et la préservation de la planète et du vivant. Climat et biodiversité irriguent les choix de notre siècle. L'Église catholique, avec le pape François, puis avec vous-même, l'a toujours rappelé sans ambiguïté. Nous vous en rendons grâce. Ce n'est pas seulement affaire de technologie ou d'ajustement. Cela révèle notre manière d'habiter le monde, d'y produire, de consommer, de concevoir ensemble la voie du progrès humain. Telle est notre responsabilité commune. Et elle ne s'arrête pas là.
Les ruptures technologiques de notre époque risquent d'engendrer des ruptures anthropologiques inédites. L'être humain ne doit pas être lié par le numérique, mais libéré. Question vertigineuse pour notre génération, parce qu'elle touche non seulement à ce que nous faisons, mais plus encore à l'essentiel, à ce que nous sommes.
L'intelligence artificielle bouleverse déjà le travail, la création, la recherche, l'éducation, l'information, le lien social. Elle décuple nos capacités mais substitue la prédiction au jugement, la performance à la conscience et nous conduit à déléguer une part de notre liberté.
Dès les premiers mois de votre pontificat, vous lui avez consacré l’encyclique Magnifica Humanitas. Et ce message est essentiel. Face à la puissance de la machinerie numérique, l'être humain doit garder la place qui est la sienne. L'intelligence artificielle doit être un serviteur et non un maître. La révolution numérique doit entraîner et non enchaîner. La responsabilité nous revient donc de ne pas permettre que les modèles les plus performants ne se retrouvent entre quelques mains qui auraient à décider pour toute l'humanité, ni que ces avancées les plus exponentielles ne nous conduisent à perdre le contrôle.
C'est pour cela que nous devons trouver la voie d'une organisation internationale réconciliant progrès technologique, justice et humanisme. De la même manière, comme nous sommes en train de le faire pour les réseaux sociaux, il nous faut protéger nos enfants et accompagner nos adolescents. Leur développement affectif et cognitif suppose en effet de les protéger pour pouvoir transmettre et les préparer à la vie.
La lecture, l'apprentissage, les arts et la culture, le sport et le temps avec les autres sont des trésors à leur donner et à protéger des écrans, des algorithmes, comme des chat-box. Protéger nos enfants, accompagner notre jeunesse dans ses interrogations et accueillir son besoin de sens et son engagement sont nos plus beaux devoirs.

La veillée des jeunes que vous présiderez au Stade de France aura une force toute particulière. Des milliers de jeunes y seront en demande d'une parole de responsabilité et de lucide espérance. Leur soif d'engagement dit toute leur vitalité. Ils ne demandent pas qu'on leur promette un monde facile, ils demandent à pouvoir bâtir un monde meilleur.
Très Saint-Père, lors de votre visite, vous allez rencontrer la France, pays de la diversité, comme le disait l'un de nos plus grands historiens, Fernand Braudel. Et c'est précisément parce qu'elle est patrie de liberté et d'esprit que la France est diverse, Nation qui nourrit une passion particulière pour le débat permanent. Ainsi faut-il la considérer pour bien l'aimer. Les grands débats sociaux et sociétaux de ces dernières années en attestent. L'éthique est l'un de nos grands sujets français. Où est la frontière entre le bien et le mal ? Comment concilier les progrès technologiques, notre conscience, notre attachement à la dignité humaine ? Ainsi sommes-nous attentifs toujours à toutes les réponses qui peuvent être apportées à ces questions fondamentales.
Et soyez assuré, très Saint-Père, que tous les Français, moi le premier, vous écouteront avec le plus grand intérêt. Je veux vous redire mon attachement à cette écoute qui a pour vocation de nourrir un dialogue exigeant avec l'Eglise catholique, comme avec tous les autres cultes, avec les croyants, comme avec les non-croyants, avec toutes les traditions philosophiques et humanistes qui font notre pays. Parce que la République ne craint pas les consciences libres, parce que notre Nation est forte du dialogue nécessaire entre toutes les opinions, en demeurant fidèle à notre humanisme, notre attachement à la dignité humaine, en fondant nos décisions sur la science, tout en veillant aux plus fragiles.
Très Saint-Père, je forme le vœu que ces quelques jours vous permettent de rencontrer la France dans toute sa vérité, ses forces, sa diversité, ses débats. Une France empreinte de spiritualité et cherchant toujours l'universel. Une France émancipée, attachée à son projet de liberté, d'égalité et de fraternité, diverse et unie. Une France engagée, sensible à votre présence et dont vous sentirez la ferveur. Très Saint-Père, c'est cette France qui vous reçoit aujourd'hui avec beaucoup d'humilité, avec beaucoup d'honneur et une très grande joie. Soyez le bienvenu.

> L’Histoire des Harkis ne s’effacera jamais des mémoires. La France poursuit, avec exigence, le travail de reconnaissance et transmission de ce destin singulier.

> Nous agissons pour protéger nos compatriotes des conséquences de la crise au Moyen-Orient. Objectifs : sécuriser les approvisionnements et faire baisser les prix à la pompe.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)

> Sous l’Arc de Triomphe, aux côtés du Président de la République, pour la Journée nationale d’hommage aux Harkis, aux moghaznis et aux personnels des formations supplétives et assimilés. La Nation n’oublie ni votre fidélité, ni les épreuves que vous avez traversées. La France sait ce qu’elle vous doit. Elle tiendra sa parole.

> Un partenariat de défense se mesure aussi à ce que l’on construit ensemble. À Surabaya, les entreprises PT PAL et Naval Group construisent les deux futurs sous-marins Scorpène Evolved de la marine indonésienne. Une véritable coopération industrielle : des compétences réunies, des savoir-faire transmis, des techniques maîtrisées et des difficultés résolues ensemble. Je veux saluer les ouvriers, techniciens et ingénieurs indonésiens et français qui la font vivre chaque jour. Car une capacité sous-marine engage une marine et une industrie pour plusieurs décennies. Elle engage la sécurité des équipages, la protection des approches maritimes et la liberté d’action d’un pays. C’est ici, aujourd’hui, que se construit la souveraineté de demain.

> À l’Académie navale indonésienne de Surabaya, auprès de celles et ceux qui seront demain les officiers de la marine indonésienne. Une coopération de défense, ce sont des équipements, des capacités, des exercices menés ensemble. Mais ce sont d’abord des femmes et des hommes qui apprennent à se connaître, à se former et à travailler ensemble. La relation entre la France et l’Indonésie, demain, ce sera aussi la vôtre : dans les formations suivies ensemble, les missions conduites ensemble et les liens noués avec vos homologues français. À ces futurs officiers : soyez exigeants, soyez curieux et gardez toujours cette envie d’apprendre des autres. La France est fière d’avoir l’Indonésie pour partenaire. Mention spéciale à tous les cadets qui apprennent le français, à qui je dis : bravo et terima kasih !

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> Ce 26 septembre, j'ai réuni les ambassadeurs de France en poste dans les pays stratégiques pour nos approvisionnements énergétiques, afin de faire le point sur la sécurisation de nos approvisionnements en carburants. Comme l'a rappelé le Président de la République le 24 septembre, la France dispose des volumes nécessaires jusqu'à la fin de l'année, et nos stocks de gaz approchent les 80 % de remplissage fixés au niveau européen. J'ai demandé à notre réseau diplomatique de poursuivre le travail engagé avec les autorités locales et les acteurs de la filière, pour diversifier nos sources et faciliter les contacts avec nos partenaires commerciaux. La sécurité énergétique ne se décrète pas, elle se construit. C'est le sens de la pleine mobilisation de notre diplomatie pour réduire le prix des carburants que subissent les Français.

> L’Ukraine veut la paix. Nous voulons la paix. La Russie doit cesser son agression. Accepter un cessez-le-feu, s’engager de bonne foi dans les négociations pour aboutir à une paix globale, juste et durable, respectueuse du droit international.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Il n’a jamais été question d’annuler ou de ne pas faire de campagne de prévention contre la VIH. Cette campagne aura bien lieu comme tous les ans en décembre.   La lutte contre le VIH est une priorité de santé publique, avec pour objectif l’élimination de la transmission du VIH à l’horizon 2030.   La nouvelle feuille de route de la Stratégie nationale de santé sexuelle 2026-2030 réaffirme pleinement la priorité donnée à la lutte contre le VIH et les IST. Elle s’appuie sur un ensemble de dispositifs mobilisés tout au long de l’année, dans une logique de prévention combinée associant information, dépistage, accès à la PrEP, promotion du préservatif et accompagnement des publics concernés.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> Laisser filer le déficit, « ce ne serait pas juste parce que (cela) accroîtrait le report qu’on fait sur les générations suivantes ou même sur (ses) successeurs ». D’Ormuz au budget, l’entretien du Président dit la même chose : la nécessité de regarder la réalité en face.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> Un collège, ce n’est pas seulement un bâtiment. Ce sont des enseignants et des équipes qui transmettent, des élèves qui apprennent et des ambitions qui naissent. À Coignières, nous avons inauguré le collège La Mare aux Saules. Aux élèves : soyez curieux, osez, essayez, recommencez. Et ne laissez jamais personne vous dire que votre avenir est écrit à l’avance.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Trottinettes électriques : la sécurité ne doit pas changer de commune en commune. Depuis plusieurs semaines, je travaille à la généralisation nationale du port du casque pour les utilisateurs d’EDPM, notamment pour les usagers de trottinettes électriques. Mon objectif est simple : une règle nationale, claire, lisible et applicable partout en France. Un projet de décret sera prochainement présenté au Conseil d’État. À Saint-Étienne, j’ai participé à une opération de contrôle pour mesurer concrètement l’application de cette nouvelle règle, échanger avec les usagers et entendre leurs retours. Les chiffres dans la Loire sont sans appel : entre 2023 et 2025, les accidents impliquant des engins de déplacement personnel motorisés ont augmenté de 160 %. 37 personnes ont été impliquées dans un accident corporel, dont 16 grièvement blessées. La protection ne peut pas dépendre de l’endroit où l’on circule. À Saint-Étienne, à Paris, à Rennes ou ailleurs, les usagers doivent bénéficier du même niveau de protection et des mêmes règles. La sécurité routière mérite de la cohérence, de la clarté et de la constance. Même usage, même risque, même protection : partout en France.

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Madame Le Pen, baisser les taxes, c'est facile à dire. Voici le prix : 20 centimes en moins pendant un mois, c'est 1 milliard d'euros, payés par le contribuable. Cette hausse des prix n'est due ni à une décision du gouvernement, ni à une hausse des taxes. La vraie cause : une guerre que nous n'avons pas choisie. La France est présente depuis deux ans en mer Rouge pour sécuriser les navires d’approvisionnement face aux attaques des Houthis, et contribue à protéger, en Arabie saoudite, les infrastructures énergétiques pour participer à la stabilité régionale. Alors non, la solution n'est pas de faire payer les Français une seconde fois. Elle est dans l'action diplomatique pour la stabilité régionale qui permettra une baisse des prix à la pompe.

> La France et le Tchad donnent un nouvel élan à leur relation bilatérale avec le Forum d’affaires franco-tchadien du MEDEF International. J’ai eu le plaisir d’ouvrir cet événement aux côtés des ministres Tahir Hamid N’Guilin et Mathieu Guibolo Fanga, en présence de nombreux représentants d’entreprises françaises et tchadiennes. L’occasion de saluer l’action de l’Agence française de développement au Tchad et de renforcer notre coopération économique, en associant expertise française, alliances européennes et opportunités tchadiennes, notamment dans la santé, les transports, la finance et la formation.

> C’est un grand honneur pour la France d’accueillir aujourd’hui Sa Sainteté le Pape Léon XIV, à l’occasion de sa première visite apostolique en France. J’ai assisté ce matin, au Palais de l’Élysée, à la rencontre du Pape avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique. Cette visite est l’occasion de poursuivre notre dialogue sur les grands enjeux qui nous rassemblent, au premier rang desquels la paix, la solidarité et la dignité humaine. Elle vient également illustrer la force des liens qui unissent la France et le Saint-Siège, et notre volonté commune de poursuivre un dialogue étroit sur les grands défis de notre temps.

> Dernier jour à l’Assemblée générale des Nations unies pour porter la voix de la France sur les enjeux de santé mondiale et de mobilisation pour la paix ! D’abord, la France défend une santé mondiale fondée sur la solidarité, la sécurité et la souveraineté collective
- J’ai représenté la France à la réunion du G20 consacrée à la la riposte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit en RDC. J’ai annoncé une contribution pour soutenir la réponse internationale, notamment à travers l’OMS, l’AFD, l’Initiative française pour la sécurité alimentaire et la nutrition et plusieurs ONG. La France contribue également aux principaux mécanismes internationaux de préparation et de réponse aux pandémies, parmi lesquels Gavi, le Fonds pour les pandémies et UNITAID.
- La France préside l’initiative Diplomatie et santé. Sa deuxième réunion ministérielle, consacrée à la prévention et à la préparation aux pandémies ainsi qu’à la réforme de l’architecture mondiale de la santé, s’est tenue aujourd’hui, avec l’objectif d’une résolution annuelle d’ici la fin de la présidence française.
- J’ai rencontré les candidats à la Direction générale de l’Organisation mondiale de la Santé, pour rappeler les attentes de la France : une OMS ambitieuse, indépendante et impartiale, qui promeut un multilatéralisme sanitaire fondé sur des règles communes.

> Face à l’instabilité qui traverse le Proche et le Moyen-Orient, la France se mobilise pour retrouver le chemin de la stabilité et de la paix
- J’ai présidé une réunion du Conseil de sécurité avec la Ligue arabe : il n'y aura pas de stabilité durable sans dialogue, coopération et respect de la souveraineté des États.
- J’ai participé au sommet de l’Alliance globale pour la mise en oeuvre de la solution à deux États, organisé par l’Arabie saoudite, la Norvège et l’Union européenne. La reconnaissance de l’État de Palestine doit désormais se traduire par des actes.
- À Gaza, il faut préparer l’après-guerre. J’ai coprésidé avec l’Égypte, l’Allemagne et la Commission européenne une table ronde sur la reconstruction de cette enclave, au bénéfice des Palestiniens et avec l’Autorité palestinienne au coeur du processus. La France a à ce titre annoncé une contribution au Fonds Horizon des Nations unies.
- Lors d’une réunion ministérielle sur l’UNRWA, j'ai réaffirmé le soutien de la France à son mandat et à ses personnels, et annoncé le renouvellement de notre contribution pour 2026.

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> À l’occasion de la première édition de « Femmes de la Défense », j’ai voulu rappeler une conviction : notre industrie de défense a besoin de tous les talents. Il n’existe pas de métiers genrés. Électronique, numérique, cyberdéfense, mécanique de précision, intelligence artificielle, recherche : ces métiers sont ouverts à toutes et à tous et offrent de véritables perspectives de carrière. Alors que la filière devra recruter 100 000 personnes d’ici 2030, j’ai lancé il y a quelques jours le Plan national pour l’emploi dans l’industrie de défense : anticiper les compétences dont nous aurons besoin, agir au plus près des territoires, transformer les besoins des entreprises en recrutements et renforcer l’attractivité de ces métiers. Nous avons besoin des femmes pour relever ce défi, renforcer notre industrie de défense et construire une France plus forte et plus souveraine.

> Objectif : former et acculturer 30 millions de personnes à l’IA. Avec le plan Impulsion IA, que j’ai présenté cette semaine, nous apportons des réponses concrètes pour que chacun puisse se saisir de cette transformation. Former les apprentis, les travailleurs, les demandeurs d’emploi, accompagner les TPE-PME dans l’adoption de l’IA et anticiper, avec les partenaires sociaux, ses effets sur les métiers, les compétences et les conditions de travail. Notre objectif est donner à chacun les compétences pour maîtriser ces nouveaux outils, accompagner les entreprises dans leur transformation et préparer dès aujourd’hui les métiers de demain.

> Le Gouvernement a pleinement conscience de la difficulté que vivent des millions de français face à la crise du carburant. Dans un contexte budgétaire contraint, nous avons fait un choix clair et nous avons une priorité : protéger ceux qui travaillent et qui n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture au quotidien. Nous avons élargi l’aide aux grands rouleurs. C’est désormais 5,5 millions de personnes qui auront accès à une nouvelle aide de 100 euros.

 

Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Je suis deux jours à Abou Dabi, en cette fin de semaine, pour le 15ème Congrès sur la prévention du crime et la Justice pénale de l'ONUDC. Les enjeux les plus sensibles de l'actualité criminelle sont discutés. La France est ainsi amenée à intervenir sur la lutte contre la criminalité organisée et la criminalité environnementale, sur le recours contrôlé à l'intelligence artificielle pour les besoins de la Justice et sur le rôle décisif de la coopération judiciaire internationale pour surmonter les défis du moment.

 

Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Il faut bien prendre la mesure de ce que le Gouvernement vient d'annoncer pour les agriculteurs. Il se trouve que j'avais annoncé avant la réunion d'hier la prolongation du guichet GNR, donc l'aide pour le gazole non routier qu'utilisent les agriculteurs, jusqu'à la fin de l'année. Donc l'annonce était faite.

> J’ai annoncé, il y a quelques jours, un plan massif d'aides et de soutien aux agriculteurs dans de très grandes difficultés, vous le savez, après l'été qu'ils ont passé. Donc maintenant, ce plan d'un milliard trois, un milliard trois, c'est un plan très significatif et qui traduit vraiment le soutien du Gouvernement à nos agriculteurs, mon souci maintenant, c'est qu'il soit déployé le plus vite possible pour que cet argent arrive sur le compte des agriculteurs.

> Toutes les filières ont beaucoup ont souffert. Le maraîchage de plein champ a beaucoup souffert. Les producteurs de betteraves souffrent beaucoup. Les céréaliers également. Et donc je reçois toutes ces filières, on regarde chacune d'entre elles pour évaluer la situation, pour voir ce que déclenchera l'assurance, parce que beaucoup sont assurés. Et il n'y a pas que l'argent de l'État, il y a aussi l'argent des assurances, il y a aussi l'implication des banques, il y a l'implication des collectivités territoriales. Donc on regarde la situation et on essaie d'apporter des aides au plus près des besoins.

> Cet été a révélé que la question du stockage de l'eau est devenue une évidence. C'est devenu une évidence et de ce point de vue-là, tous nous l'ont dit, tous les syndicats nous l'ont dit. Il faut pouvoir se préparer. Alors la France irrigue très peu par rapport à d'autres pays. Il faut qu'elle irrigue davantage. Il faut qu'elle stocke au moment où l'eau est abondante, pas n'importe comment, de façon intelligente, appropriée à la situation hydrologique des territoires. Mais il faut stocker de l'eau. Maintenant, je crois que la question est entendue. Simplement, on vient de voter une loi d'urgence qui propose de doubler le stockage de l'eau agricole. Alors je dis aux agriculteurs de la Coordination rurale : ne vous mettez pas en défaut vis-à-vis de la loi. C'est vous qui seriez convoqués ensuite au tribunal et condamnés. Ce n'est pas comme ça qu'il faut procéder. En revanche, il faut que tous les territoires qui disent « on a besoin de stockage de l'eau » proposent des projets, travaillent avec les préfets à des projets. (…)
Il faut qu'ils se mettent ensemble, avec les Chambres d'agriculture, avec les organisations de producteurs, avec les organisations syndicales, et disent : à tel endroit, c'est une réserve collinaire qui peut être appropriée, à tel endroit, c'est une réutilisation des eaux usées, à tel endroit, c'est une réhabilitation. (…)
Le Premier ministre a doublé le fonds hydraulique qui permet d'amorcer le financement de projets de stockage. Ça fait deux ans que nous finançons, que nous cofinançons des projets de stockage. Donc il y a un appel à projets, il faut y répondre.

> La perte de production, c'est une réalité évidemment, elle ne doit pas décourager les agriculteurs de continuer leur activité et de relancer la production. C'est la raison pour laquelle on allège les charges, on aide pour financer les engrais, on prend en charge une partie des cotisations sociales, on met à la main des territoires un fonds de réarmement pour acheter des semences, parce qu'il y a des agriculteurs qui n'ont pas de quoi acheter des semences, qui n'ont pas de quoi acheter des engrais. Vous voyez, c'est du concret, mais on ne pourra pas, l'État ne pourra pas faire comme si la saison de production avait été normale.

> Je voudrais parler de la prochaine PAC. Puisque là, on est en train de négocier la PAC qui va courir de 2028 à 2034. C'est un enjeu fondamental. Et moi, je veux dire qu'aussi bien le président de la République que le Premier ministre ont dit que pas un euro ne manquera à la Politique Agricole Commune en France. C'est quand même 45 milliards sur la période. (…)
Les négociations, elles se conduisent en ce moment. Chaque mois, je suis à Bruxelles. Chaque mois, je parle de la PAC et de la nécessité de conserver un budget. Parce que c'est un budget qui est essentiel pour produire de l'alimentation et de la souveraineté alimentaire en France. (…)
Mais il y a aussi des pays qui voudraient diminuer cette PAC. Qui voudraient la rendre moins commune. C'est par exemple la déclaration de l'Allemagne. C'est un danger majeur pour notre agriculture. Donc moi, je veux que ça demeure une priorité. Qu'elle demeure commune. Parce que si elle n'est pas commune, ça veut dire que les pays de l'Union européenne vont être en compétition les uns avec les autres. Et ça, ça n'est pas possible. Et puis, je pense qu'on demande beaucoup à nos agriculteurs. On leur demande de produire. On leur demande d'investir. On leur demande de renouveler leurs pratiques. De renouveler les générations. Si on ne les épaule pas, avec les épisodes comme celui que nous venons de connaître cet été, on va achever de les décourager. Donc, le combat du moment, c'est la Politique Agricole Commune. Et c'est un enjeu capital de l'Union européenne.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Rien ne justifie les violences et les blocages qui ont eu lieu devant des lycées d’Île-de-France. Je les condamne fermement. Les difficultés scolaires doivent être entendues et traitées. Nous nous y employons, établissement par établissement, avec des réponses concrètes. Mais instrumentaliser politiquement la jeunesse et empêcher les élèves d’apprendre ne résout aucune de ces difficultés. Pire, cela nuit à leur scolarité, et donc à leur réussite. Mon soutien va aux personnels mobilisés et aux élèves. L’École doit pouvoir remplir sa mission avec constance et sérénité.

> Des députés LFI encouragent depuis mercredi des jeunes à bloquer les lycées. On ne peut pas réclamer des professeurs et encourager les blocages qui empêchent les élèves d’aller en cours. On ne combat pas les inégalités scolaires en privant les jeunes d’école. Je l’ai déjà dit, les difficultés rencontrées par certains lycées appellent des réponses concrètes : nous les traitons, établissement par établissement. Elles ne justifient ni les tirs de mortiers, ni les entraves à l’accès aux cours, ni toute forme de violence. L'appel de ces députés à étendre les blocages assume une instrumentalisation politique de la jeunesse. Les lycéens ont besoin que l’on prépare leur avenir, pas qu’on les utilise à des fins électorales.

> L'industrie de défense de notre pays ne peut se priver de la moitié de ses talents. Former les ingénieures dont elle aura besoin commence à l’École ! Au colloque « Femmes de la défense », aux Invalides hier, j’ai rappelé notre responsabilité : donner à chaque jeune fille la confiance, les connaissances et la liberté de choisir une carrière scientifique, technologique ou industrielle. Nous agissons concrètement, avec plus de 300 classes à horaires aménagés en mathématiques et en sciences déployées à cette rentrée ; un objectif de 30 000 filles supplémentaires en spécialité mathématiques en terminale d’ici 2030 et davantage de rencontres avec des femmes scientifiques. Combattre les stéréotypes, ouvrir les horizons, accompagner les ambitions : c’est un enjeu d’égalité, d’excellence et de souveraineté. Aucune jeune fille ne doit se dire que ces métiers ne sont pas pour elle.

 

Sébastien Martin (ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique chargé de l’Industrie)
> [Aides pour l’achat de carburants] Elles sont utiles et nécessaires. Elles sont utiles et nécessaires parce qu'effectivement, quand vous passez à la pompe et que votre plein parfois dépasse les 120 euros, eh bien on a forcément non seulement un sentiment de choc, d'une part, et d'autre part aussi, c'est une atteinte au pouvoir d'achat de nombre de nos concitoyens. Donc, la reconduction et l'élargissement, par exemple, de la prime grand rouleur, c'est une aide très claire et très directe au pouvoir d'achat de nos concitoyens. Il faut regarder un peu. D'ailleurs, vous savez, cette prime de grand rouleur, lorsqu'elle a été mise en place, moi, j'ai regardé sur six mois ce que ça voulait dire. Finalement, quand vous touchez un chèque de 100 euros, je rappelle qu'effectivement le prix du carburant, il a augmenté, il a baissé, il a augmenté sur les six derniers mois. Grosso modo, cette aide de 100 euros pour quelqu'un qui fait son plein sans-plomb 95 deux fois par mois, 100 euros, ça a couvert la moitié de la hausse du carburant. Là, on remet 100 euros uniquement pour trois mois. Donc cela veut dire que cela va couvrir quand même, je ne sais pas quel sera le prix de l'essence demain, je ne sais pas, mais ça couvrira quand même une grande partie de la hausse du carburant que l'on a constatée depuis l'avant-crise. Donc ça, c'est quand même quelque chose d'important et puis ensuite, vous voyez, on regarde profession par profession. (…)
On a aujourd'hui effectivement des aides ciblées, c'est-à-dire jusqu'à 2 000 euros, un peu plus de 2 000 Euros net, quand vous êtes seul, quand vous êtes un ménage à deux, c'est à peu près 4 000. Et puis quand vous êtes un ménage avec deux enfants, c'est à peu près 6 000 euros net. Donc ça veut dire quand même qu'on étend le dispositif aux classes moyennes. (…)
Vous avez vu les propositions sur les baisses de taxes ? Moi je veux bien. Tous ceux qui nous proposent les baisses de taxes, c'est les mêmes qui, dans le même temps, vont nous expliquer que les finances publiques dérapent, donc avec des coûts qui peuvent être démesurés. (…)
Ce n'est pas qu'on n'a pas les moyens, c'est que je pense qu'il faut passer un peu d'une logique d'euro facile à une logique d'euros utiles. Et la logique d'euros faciles qui consiste à aider absolument tout le monde exactement de la même manière, y compris les personnes qui arrivent à passer ce moment et qui ont les moyens de passer ce moment, ou qui peuvent s'organiser parce qu'ils n'ont pas l'obligation de prendre leur voiture tous les jours, notamment pour aller travailler, parce qu'on a fait ce choix. Mais gouverner, c'est choisir et on a fait le choix d'aider en priorité les gens qui sont dans l'obligation d'utiliser leur voiture pour aller travailler. (…)
Parce que si on fait le choix de baisser les taxes de manière indistincte, nous aidons tout le monde exactement de la même manière. Je croyais entendre que la politique du quoi qu'il en coûte aujourd'hui n'était pas la politique non plus qui était forcément souhaitée. Donc on a fait un autre choix. Je ne souhaite pas la politique des aides généralisées, qui touchent aussi les gens qui ont largement les moyens d'absorber cela. Ce n'est pas juste. Donc, on fait aussi un dispositif qui va vers les Français qui en ont le plus besoin, là où la solidarité nationale doit s'exprimer clairement. Et puis, pour ceux qui ont les moyens de passer cette crise, qui ont les moyens de ne pas utiliser leur voiture et qui ne sont pas en situation de l'avoir à utiliser pour aller au travail, eh bien, pour ceux-là, on considère qu'ils peuvent peut-être faire un petit effort. (…)
Lors du premier plan d'aide qui avait été annoncé à la fin du printemps, au printemps dernier, on a annoncé notamment, pour le secteur de la chimie, le secteur de la chimie, qui est un secteur qui est, comme vous l'avez dit, très consommateur d'énergie, un plan spécifique, une aide spécifique autour de 150 millions d'euros pour ce secteur de la chimie. Je passe sur les détails. Ça s'appelle un mécanisme de compensation des coûts indirects du carbone, qui est une aide directe à l'achat d'énergie pour ce secteur de la chimie, parce que le secteur de la chimie est fragile. Sur le continent européen, aujourd'hui, les plateformes industrielles chimiques tournent, allez, entre 50 et 60% de leur capacité. Elles ont été frappées, elles sont toujours frappées d'ailleurs, d'une concurrence asiatique extrêmement agressive et c'est toujours le cas. Ce dispositif de 150 millions d'euros d'aides, le guichet vient juste d'être ouvert. Il y a une semaine ou dix jours, et elle permet aux sites industriels chimiques d'en bénéficier.

> Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, l'a confirmé hier : nous n'avons pas de problématique d'approvisionnement pour les mois qui viennent. Cela a été redit hier par Roland Lescure à l'occasion de la conférence de presse. Il est vrai qu'on a vu des stations-service.

> Il y a trois ans, on ne produisait pas une batterie en France. Il y a trois ans, on a l'impression que c'était il y a longtemps. On a l'impression que c'est il y a longtemps qu'on a des gigafactories en France. Mais il y a trois ans, on ne produisait pas de batterie en France. On a une filière qui émerge. Donc quand vous avez une filière qui émerge, au début, c'est difficile parce qu'il faut apprendre la technologie, parce qu'il faut implanter un process industriel, parce qu'effectivement, au début, c'est l'expression, vous consommez. Certains disent : vous brûlez du cash.

> Pour des filières émergentes qui sont absolument indispensables à notre tissu industriel européen et notamment notre tissu industriel automobile, on a besoin, pendant la période où elles émergent, d'avoir les mesures nécessaires d'accompagnement. Et c'est ce qu'a fait le Gouvernement avec France 2030. En 2030, on a mis des moyens financiers. Maintenant, il y a un dispositif au niveau européen qui a annoncé le vice-président, Stéphane Séjourné. Ça s'appelle le Battery Booster, c'est-à-dire que l'Union européenne va mettre 1,5 milliard sur la table pour accompagner ces gigafactories qui ont besoin de traverser ce moment. Parce qu'en fait, on est dans un moment d'apprentissage de la technologie et il faut accepter que les Chinois nous apprennent. C'est ça, la vérité. Mais remarquez, il y a 20 ans, on a appris aux Chinois à faire des choses, donc maintenant on va faire en sorte d'apprendre un certain nombre de choses et de passer un moment qui est la montée en puissance de cette industrie.

 

Nicolas Forissier (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité)
> Les importations progressent plus vite temporairement, parce qu'en réalité, nos exportations, ce que nous vendons à l'étranger, progressent en réalité de quasiment 2%, si on enlève la facture énergétique. Ce qui a dégradé notre solde finalement, et ce qui a rendu les choses un peu plus compliquées ces derniers temps, c'est évidemment ce qui se passe dans le détroit d'Ormuz : le renchérissement du prix des hydrocarbures. En gros, sur 6 milliards de dégradation, vous avez 5,2 milliards qui sont liés directement à l'augmentation du prix des hydrocarbures, du gaz naturel, du pétrole, etc. Mais donc ça veut dire que structurellement, on progresse en fait : le commerce extérieur et plus globalement, ce que la France vend à l'extérieur, c'est-à-dire les biens et les services… Tout ça progresse bien, particulièrement les services - c'est-à-dire le tourisme, la place financière de Paris, les transports maritimes, etc. Mais c'est vrai qu'on a une dégradation ces derniers mois, premier semestre, à cause de la crise d'Ormuz.

> Le coût de l'énergie dégrade un travail qui, par ailleurs, était très positif et qui rétablissait structurellement - peu à peu, je ne dis pas que tout va être réglé du jour au lendemain, mais honnêtement, les entreprises françaises, elles se battent sur les marchés extérieurs et elles réussissent à progresser. Et quand vous prenez encore une fois les biens et les services, c'est-à-dire en gros le parfum, le blé, les machines, etc., qu'on vend ; et puis d'autre part le tourisme, les services financiers, etc. : globalement, on est même excédentaire. Donc on a beaucoup redressé ces dernières années, en particulier depuis deux ans, mais c'est vrai que la guerre dans le détroit d'Ormuz, qui se passe sur le plan géopolitique, vient dégrader, temporairement j'espère, notre commerce.

> Les entreprises exportatrices, elles ont de toute façon globalement, dans une compétition mondiale qui est extrêmement difficile, un problème de compétitivité. Donc elles sont à la recherche en permanence de gains sur leur coût de revient, pour être plus compétitives face aux Espagnols, aux Allemands, aux Italiens, mais surtout évidemment face aux Chinois ou à d'autres grands pays qui nous sont concurrents. Après ça c'est classique, c'est normal. Ce qui est vrai c'est que la hausse du prix de l'énergie vient alourdir les choses, rend les choses beaucoup plus difficiles. C'est vrai pour les entreprises exportatrices comme pour les entreprises non exportatrices. Pour le BTP, par exemple, c'est évidemment très important, les agriculteurs, les pêcheurs... C'est pour ça que le gouvernement a mis en place beaucoup d'aides très ciblées sur ces entreprises, parce qu'il faut préserver avant tout la croissance, nos entreprises et l'emploi.

> Contrer les droits de douane américains, ça fait partie d'un ensemble de choses qui, au fond, montrent que le commerce est devenu une arme dans un monde extrêmement violent avec des conflits géopolitiques. On en parlait tout à l'heure à propos du détroit d'Ormuz, mais aussi ce qui se passe dans le détroit de l'autre côté, sur la mer Rouge, de Bab el-Mandeb, où on voit bien que cette situation est extrêmement dangereuse. Et puis, vous avez la guerre que M. Poutine a entraîné en Ukraine, avec toutes ses conséquences, y compris économiques. Et puis, vous avez effectivement l'utilisation du commerce, notamment ce qu'on appelle les tariffs. C'était M. Trump qui nous a fait révéler ça, qui consiste à utiliser le commerce comme une arme. Donc, face à ça, moi, je dis, au fond, la France doit s'emparer de la logique et de la stratégie de diversification et de sécurisation de notre commerce. Il faut donc qu'on aille dans le plus de pays possible, qui pensent comme nous, et qu'on noue des accords.

> Il faut que nos partenaires chinois comprennent qu'à force d'essayer de détruire l'industrie, l'économie européenne en prenant des positions à coût de subventions publiques, ils vont finalement détruire un marché qui est important pour eux. Donc il faut rétablir une forme d'équilibre. Moi, je ne suis pas pour le recroquevillement, la lutte effrénée contre les concurrents, la fermeture des frontières qui aboutirait au fond à détruire notre industrie. Il faut qu'on soit capable de continuer à conquérir le monde, d'avoir un esprit de de conquête, mais il faut aussi qu'on soit beaucoup plus ferme quand les règles du commerce ne sont pas respectées. Et c'est la position de la France, notamment dans l'Union européenne. C'est pour ça que nous poussons beaucoup à des mesures comme ça a été le cas sur la taxe sur les véhicules électriques. Mais il y en a beaucoup d'autres, de façon à rétablir l'équilibre.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Harkis de France, à vous et à vos enfants, notre Nation doit le respect. Longtemps, la République a détourné le regard face à un abandon inacceptable. Aujourd'hui, elle regarde l'histoire en face. La loi de 2022 a gravé notre devoir envers les harkis : vérité, reconnaissance et réparation. Ce chemin de concorde doit se poursuivre.

> Notre pays crève de sa centralisation ! Il nous faut une respiration démocratique à tous les niveaux : partageons les décisions avec les salariés, les entreprises et les organisations syndicales !

> Prenons les mesures justes et efficaces pour aider nos compatriotes face à la hausse du prix des carburants. La difficulté est réelle et appelle des réponses concrètes. En période électorale, promettre des baisses sans en assumer le coût ne soulagera personne.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Se rassembler pour se rassembler ne suffira pas pour empêcher LFI et le RN d'accéder au second tour. Ce qui fera la victoire, ce qui a toujours fait la victoire, c'est de porter une vision et un projet ambitieux pour notre pays. Les miens, c'est que la France redevienne la première puissance d'Europe en 10 ans, en réussissant sur quatre chantiers capitaux : l'École, les salaires, les frontières et l'intelligence artificielle. C'est ce projet pour lequel je me bats.

> Promettre de baisser toutes les taxes, comme le fait Marine Le Pen, ce serait populaire mais ce serait mentir aux Français. Je veux d'abord aider ceux qui doivent prendre leur voiture pour travailler, avec des aides ciblées. Et à terme, ma priorité est de rendre la voiture électrique accessible à tous les Français grâce à un bonus sur les véhicules d'occasion.

> Soutenir l'Ukraine, ce n'est pas un choix humanitaire pour se faire plaisir. C'est l'intérêt immédiat des Français. C'est éviter que les prix des céréales et du caddie explosent. C'est éviter la probable plus grande crise migratoire jamais vue sur notre continent. Je souhaite que nous puissions saisir et utiliser les avoirs russes gelés en Europe. C'est à la Russie de payer pour sa guerre.

> Couper le robinet à l’Ukraine : le retour. Le programme de Madame Le Pen est clair : sacrifier notre sécurité et offrir l'Ukraine et l'Europe à Poutine sur un plateau d'argent. L’Ukraine est notre bouclier. L’abandonner, c’est placer une cible sur notre dos. La Russie n’attend que ça. La Russie n’attend que vous.

> Copains d'avant, Viadeo, Chauffeur Privé... On a eu les idées en premier, mais ce sont à chaque fois les Américains qui ont gagné. Pour ne pas revivre ça avec l'IA, il faut deux choses. D'abord, investir dans nos start-up grâce à l'épargne retraite. Ensuite, un État qui passe des commandes au lieu de distribuer des subventions.

> Je propose de créer, comme pour le nucléaire, une agence internationale pour réguler les progrès de l'IA. S'imposer seuls des règles en Europe que les autres ignorent, ça ne réduit pas les risques. Ça empêche juste à nos propres champions d'émerger.

> Soutenir l'Ukraine, c'est agir dans les intérêts de la France et des Français. Je me bats pour que nous puissions saisir et utiliser les avoirs russes gelés en Europe. Pour faire payer sa guerre à la Russie.

> Les différences de normes et de règles entre pays européens représentent l'équivalent de 45% de droits de douane entre nous. Je propose d'avoir de grands principes du droit du travail communs, un droit des affaires commun et une convergence fiscale sur les impôts qui pèsent sur la production.

> Nous sommes passés du temps des États nations à celui des continents puissance. Face aux États-Unis, face à la Chine, face à la Russie, la voix de l'Europe peine à se faire entendre. La solution : les États-Unis d'Europe.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> « La dégradation de l’environnement est souvent le résultat du manque de projets politiques à long terme ou de la poursuite d’intérêts économiques aveugles. » « L’augmentation du nombre de migrants fuyant la misère, accrue par la dégradation environnementale, est tragique ; ces migrants ne sont pas reconnus comme réfugiés par les conventions internationales et ils portent le poids de leurs vies à la dérive, sans aucune protection légale. »
« Malheureusement, nous observons des approches politiques et des comportements humains qui vont dans la direction opposée, caractérisés par l’égoïsme collectif, le mépris des autres et le manque de vision à long terme. »
Ça vous semble trop Gauchiste ? Woke ? Déconnecté ? Écolo-bobo ?
Ce sont les mots du pape Benoit XVI. Message pour la Journée mondiale de la paix, 2010. Ce sont les mots du pape François. Laudato si’, 2015. Ce sont les mots du pape Léon XIV. Message à la COP30, 2025.
Samedi, les élus du Rassemblement national seront nombreux à assister à la messe du pape Léon XIV… Mais seront-ils aussi nombreux à défendre les valeurs et les politiques portées par les papes qui se succèdent ? Rien n’est moins sûr.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Il y a 9 ans, le Président de la République prononçait son discours de La Sorbonne. Un moment historique avec l’introduction du concept de souveraineté européenne qui a guidé l’action de tous les pro-Européens. Depuis ce discours, l’Europe s’est imposée auprès de l’opinion politique parce qu’elle a apporté la preuve de son efficacité et de son utilité face aux crises. Parce qu’elle a assumé de parler le langage de la puissance face aux Etats-Unis, la Chine ou la Russie même s’il nous faut aller plus loin. Et parce qu’il est devenu évident pour le plus grand nombre que nos défis politiques se résolvent à une échelle plus grande que celle des seuls États. L’idée de l’indépendance européenne a fait un tel chemin qu’elle se retrouve aujourd’hui dans la bouche de dirigeants comme Giorgia Meloni. Culturellement, le discours de La Sorbonne a gagné. Mais – et c’est là un paradoxe : ceux qui l’ont porté reculent dans les urnes au profit des anciens europhobes, nouvellement et opportunément convertis au projet européen. C’est pourquoi ce 26 septembre n’est pas seulement un anniversaire. C’est aussi une réalité politique, celle de l’Union européenne au moment où j’écris ce post. La question n’est plus celle de 2017, savoir si nous sommes pour ou contre l’Europe – elle a été tranchée, l’Europe a gagné. Mais qui va la diriger pour les prochaines années.

> Marine Le Pen veut mettre fin à l’aide financière à l’Ukraine. Alors soyons cohérents. Si le problème du RN est que ce soutien pèse sur les finances publiques françaises et européennes, pourquoi ses députés se sont-ils abstenus en 2025 sur une résolution appelant notamment à mobiliser les avoirs russes gelés pour financer l’effort de guerre et la reconstruction de l’Ukraine ? Et pourquoi, en 2026, ses eurodéputés se sont-ils opposés au prêt européen de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, dont le remboursement doit précisément être assuré par les réparations dues par la Russie ? Soutenir l’Ukraine, ce n’est pas faire preuve de générosité abstraite. C’est défendre nos intérêts et notre sécurité. Celle de toute l’Europe. Les propos de Marine Le Pen sont d'autant plus choquants qu'ils se tiennent alors que les services de plusieurs pays européens alertent : le niveau de la menace russe contre des pays membres de l'Union européenne monte chaque jour un peu plus. Avec une telle déclaration, Marine le Pen fait la preuve, au mieux, de son incompétence. Au pire, de sa soumission au Kremlin.

 

Pascal Canfin (député)
> L’IA entre dans une nouvelle phase du commerce électronique : elle consiste désormais à aider les consommateurs à prendre des décisions d’achat à prendre des décisions en leur nom. L’essor des agents IA capables de rechercher, comparer et acheter des produits de manière autonome ouvre de nouvelles opportunités pour le commerce électronique européen, mais soulève également des questions importantes pour nous, décideurs politiques. Comment pouvons-nous permettre cette innovation tout en garantissant la transparence, la confiance des consommateurs et une concurrence loyale ? En cas de conflits, qui est responsable ? Comment l’Europe peut-elle créer les conditions permettant à ses entreprises d’être compétitives sur ce marché émergent, avec une majorité d’agents d’IA non européens ? J'organiserai une séance d'information politique le 14 octobre au Parlement européen.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> Le discours de la Sorbonne d’Emmanuel Macron - il y a 9 ans, 53 propositions, du budget de défense européen à la force commune de protection civile, en passant par les universités européennes… Depuis, des avancées majeures, une Europe qui a radicalement changé et assume sa souveraineté face aux prédateurs du monde. Tant reste à faire, plus fort, plus vite. Mais rappelons une vérité simple : même déguisés en Européens raisonnables, qui ont perdu le combat du « Frexit », ceux qui n’aiment pas l’Europe ne l’ont jamais transformée, améliorée, réformée ! Ceux qui changent l’Europe sont toujours ceux qui y croient !

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> [Interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans]
Il reste d’abord une lecture de fond. Pour la première fois, le Conseil constitutionnel a dit oui : il faut réguler, il faut apporter des protections supplémentaires sur les réseaux sociaux. Mais c’est le plus gros des « mais » : le dispositif retenu sur l’âge a été jugé trop restrictif, et il a été censuré. Sur le fond, en revanche, il confirme ce que disent les autorités de santé et les dernières recherches : un mineur, en particulier de moins de 15 ans, peut subir des conséquences négatives d’une exposition aux réseaux sociaux.
Je ne suis ni technophobe ni technosolutionniste. Je considère simplement que ces espaces d’interactions sociales, où circulent des contenus ni validés ni institutionnels, sont des lieux dans lesquels il faut apprendre à nos enfants à grandir, avec des tranches d’âge pour y accéder. D’autres mesures du texte demeurent, comme l’interdiction du téléphone portable dans les lycées, promulguée par le président de la République et désormais effective. (…)
Les méthodes françaises permettent par exemple d’estimer l’âge. On me répond toujours qu’il existe mille manières de tricher. Ce n’est pas grave. Sincèrement, cela ne me dérange pas qu’un jeune de 14 ans se dessine une petite moustache pour faire croire qu’il en a 16. Ça peut faire sourire, mais on aura gagné quelque chose : il aura conscience que cet espace n’est pas fait pour lui, et il gardera dans son esprit une vigilance supplémentaire. Je ne cherche pas un dispositif pur et parfait.

J’entends en revanche la question de la participation de tous à la protection des plus jeunes. Quand vous achetez du tabac ou de l’alcool, le contrôle n’est pas systématique, mais il peut être demandé. Aux caisses automatiques des supermarchés, on vous demande d’ailleurs de prouver votre âge dès que vous achetez un produit alcoolisé. Je ne compare pas les réseaux sociaux à l’alcool ou au tabac ; je dis que certains proposent un contenu qui n’est pas adapté à tous les âges.
D’où la question de la majorité numérique : un âge à partir duquel on devient plus autonome et plus conscient de l’espace numérique dans lequel on évolue, et avant lequel on doit être protégé d’une exposition qui n’est pas faite pour soi. (…)
Bien sûr qu’on peut passer par un VPN, et il y aura des milliers de tutoriels sur YouTube pour fausser l’estimation d’âge. Il ne faut pas attendre que la règle soit pure et parfaite pour l’appliquer : c’est une règle de prévention, qui vise à instaurer une mentalité. Ce n’est pas parce que la sécurité routière impose la ceinture que tout le monde la porte. Mais une majorité de gens la mettent, et ceux qui ne la mettent pas s’exposent à une amende, à un retrait de points, et parfois y laissent la vie. Ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas parce qu’une règle n’est pas parfaitement respectée, ou parce qu’on peut la contourner, qu’il ne faut pas l’appliquer pour la majorité.
Il faut aussi cesser d’être binaire. Une heure passée à lire un journal en ligne ou à travailler n’est pas une heure passée à scroller. On ne peut pas tout mélanger : le support, le temps, le contenu. Regarder un film, jouer en ligne avec une messagerie, aller sur un réseau social : ce n’est pas la même chose, comme sortir de chez soi peut vouloir dire aller à la bibliothèque, faire du sport ou se balader dans la rue.
Je suis défavorable à l’exil numérique des adolescents, mais on ne peut pas non plus contrôler tout le monde. Prenez la pornographie : elle n’est pas interdite en France, et les enfants y étaient exposés dès 9 ans. Ceux qui en diffusent en ont le droit, mais ils doivent garantir que seuls les majeurs y accèdent. (…)
La France s’inscrit dans une coalition internationale, et d’abord européenne. Le président de la République a saisi Ursula von der Leyen et a porté la protection des mineurs jusqu’au G7 : c’est la première fois que le sujet y est abordé, ce qui dit l’importance de ces enjeux pour nos sociétés contemporaines. Parallèlement, le DSA, le règlement européen sur les services numériques qui encadre les obligations des plateformes, et l’AI Act évoluent pour mieux protéger les mineurs et poser la question de la majorité numérique.
Tous les pays européens ne s’accordent pas sur l’âge : 13 ans pour certains, 16 pour d’autres, 15 pour nous. C’est la finesse du trait. Mais tout le monde avance dans la même direction. On connaît la majorité civile, la majorité pénale mais on connaît beaucoup moins la majorité numérique. Maintenant que nous avons eu la première réaction du Conseil constitutionnel, nous allons réécrire le texte. L’objectif reste le même : protéger les mineurs sur certaines plateformes.

> Le cyberharcèlement est souvent la continuité du harcèlement, et il ne s’arrête jamais. Il ne provoque pas seulement des dégradations de santé mentale : il peut mener jusqu’au suicide. Il ne faut pas blâmer les parents. On s’inquiète quand son enfant est dehors, on veut savoir avec qui il est. Mais quand il est dans son lit, on le croit en sécurité.
Or les prédateurs sont dans sa chambre. Et beaucoup d’adolescents vont là où ils n’ont pas le droit d’aller, ce qui les empêche d’en parler : qu’est-ce qui est le plus grave, avoir été cyberharcelé, ou avoir Snapchat alors que ses parents l’avaient interdit ? Montages par IA, vidéos d’actes violents parfois tournées aux abords de l’école : le numérique rend la parentalité plus difficile. C’est aussi pour cela qu’on a interdit le téléphone au collège et au lycée, et le climat scolaire s’en est amélioré.

> [Création d’un « child risk »] C’est une question de responsabilité. Les entreprises ont déjà des obligations ESG, les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, environnementales, sociales et de gouvernance, de transparence sur la matérialité de leurs risques : elles doivent suivre et réduire leurs risques environnementaux, prouver leur préparation au risque cyber, respecter le RGPD. Mais personne n’a systématisé l’évaluation des risques pour les enfants, alors même que certaines plateformes s’adressent à eux.
Nous ouvrons un nouveau champ : le child risk. S’il n’est ni mesuré, ni piloté, ni réduit, il finira par se payer. On le voit aux États-Unis avec la judiciarisation galopante de la protection des mineurs dans le monde numérique : les procès en cours se chiffrent en milliards.
Pour Meta, c’est près de 17 milliards de dollars soit aux alentours de 15 milliards d’euros, au lieu des 1 400 milliards initialement évalués, grâce aux accords passés avec un certain nombre d’États. En Europe, la Commission elle-même a lourdement condamné Temu, à plus de 200 millions d’euros, pour des objets dangereux pour les bébés. Les conseils d’administration doivent donc évaluer ce risque.
Le deuxième levier, ce sont les investisseurs. On peut aujourd’hui refuser que son assurance-vie finance des activités qui détruisent la planète. Il est temps de pouvoir dire : je ne veux pas financer ce qui fait du mal aux enfants. Découvrir que ses placements en bourse financent, à son insu, des entreprises qui négligent leurs algorithmes ou revendent les données des mineurs, c’est une information importante, qui contribuera à réguler le marché. C’est un nouveau droit à l’information financière.
Et je ne veux pas que de l’argent public français ou européen finance des projets qui n’évaluent pas le risque qu’ils font peser sur les enfants. Il serait irrationnel de supporter collectivement les souffrances psychiques et les conséquences éducatives et sociales de ce que nous avons nous-mêmes financé.

> Exposer son enfant sur un réseau social, publier sa photo, son visage, c’est une chance sur deux que cette image finisse sur du contenu pédocriminel. Quand on l’a entendu une fois, on y pense à chaque publication : on évite de montrer le visage, on met un smiley. Pourtant, la première fois, on publie la photo de vacances de son enfant en maillot parce que c’est le bonheur de ces moments en famille, pour les partager avec ses proches. Et d’une certaine manière, on offre son enfant à des pédocriminels.
Quand nous travaillons avec l’office chargé de la protection des mineurs dans le monde numérique, la moitié des images découvertes ont été publiées volontairement par les parents, sans jamais douter. La photo est capturée, dénudée par l’IA, détournée de la manière la plus abjecte, parfois revendue, parce qu’un marché existe. Comme on a commencé à parler d’éducation financière ou alimentaire, l’éducation à la réalité du monde numérique, à la propriété des données et à la protection de la vie privée devient essentielle.
Il faut aussi rester très vigilant, même si le droit européen commence à poser des interdits. Je ne veux pas que demain des enfants subissent une notation sociale : que l’on récupère toutes leurs empreintes numériques pour décider s’ils entrent dans une école, s’ils sont embauchés, à quel prix ils sont assurés. Je ne parle pas d’e-réputation, mais de ce que l’on confie aujourd’hui aux agents d’IA : ses doutes, ses tendances dépressives, sa santé mentale.
Un adolescent de 13 ans sur trois a pour meilleur ami une IA, et certains s’en servent pour s’autodiagnostiquer ou comme soutien psychologique. Ces informations ne disparaissent pas. On parle du droit à la déconnexion pour les salariés ; mais le droit à l’oubli ? Entre les cookies, les échanges avec les agents et le développement de cette économie de l’affection, c’est une somme de données sur soi qui s’accumule. Sans majorité numérique, un mineur a encore moins de droits sur son identité et sur les traces qu’il laisse.
La géographie de la puissance, aujourd’hui, c’est la géographie de la donnée. Je ne suis pas contre ces outils : oui aux supercalculateurs, au quantique, à l’IA qui va révolutionner la médecine. Mais la technologie doit rester au service du progrès et de l’homme, respecter la dignité humaine, la liberté, l’éthique, et ce ne sont pas des gros mots. Quand elle touche à l’affection, à l’intime, et qu’elle peut se retourner contre la personne, il y a des frontières à poser. C’est la responsabilité de la puissance publique.

> [Tribune : « IA : l’Europe doit protéger ce qu’elle invente et ceux qui l’inventeront demain »] Nous parlons beaucoup des risques de l’intelligence artificielle. Pas assez du risque de ne pas être assez puissants. Car une nouvelle géopolitique se dessine sous nos yeux. Elle ne se joue plus seulement avec des frontières, des matières premières ou des capacités militaires. Elle se joue désormais avec des puces, des données, de l’énergie, du capital, des brevets et des cerveaux.
À Marseille, entrepreneurs, chercheurs, investisseurs et responsables publics se retrouveront autour de l’intelligence artificielle. Une question devrait traverser nos débats : quelle place voulons-nous occuper dans le nouvel ordre technologique mondial ?
L’IA redistribue déjà la puissance entre entreprises et entre nations. Dans cette compétition, la France et l’Europe disposent d’atouts considérables : chercheurs, ingénieurs, infrastructures, énergie largement décarbonée, recherche d’excellence et capacité d’innovation.
Mais un avantage scientifique n’est pas encore un avantage géopolitique.
Un chercheur ou un entrepreneur peut déplacer avec lui une technologie, une entreprise et parfois un avantage stratégique. La bataille de l’IA est donc aussi une bataille des cerveaux.
Nous devons attirer les meilleurs talents internationaux et donner aux nôtres les raisons de construire ici. Nous devons également mieux protéger notre propriété intellectuelle. Financer la recherche européenne pour voir ensuite ses innovations, ses entreprises ou ses brevets créer l’essentiel de leur valeur ailleurs serait une souveraineté inachevée.
L’Europe doit protéger ce qu’elle invente et ceux qui l’inventeront demain. Elle doit rester ouverte sans devenir naïve.
La souveraineté technologique sera aussi financière.
L’Europe dispose d’une épargne considérable. Pourtant, une partie de cette puissance financière contribue à financer les infrastructures et les champions technologiques d’autres continents.
Nous devons mobiliser davantage notre épargne, les assureurs, les investisseurs institutionnels, le capital-risque et le private equity vers nos infrastructures, notre innovation et nos entreprises technologiques.
On ne peut pas vouloir davantage de souveraineté européenne sans investir davantage dans notre propre puissance.
Mais il existe un capital encore plus stratégique : le capital humain.

Dans un monde où l’intelligence artificielle deviendra abondante, certaines facultés humaines prendront davantage de valeur : créativité, jugement, esprit critique, concentration, autonomie, capacité à coopérer et à distinguer le vrai du faux.

Et ces facultés ne se construisent pas à 25 ans. Elles se construisent dès l’enfance.
Voilà pourquoi la protection de l’enfance est aussi une politique économique.

Les enfants utilisent déjà des services intégrant de l’intelligence artificielle. Demain, celle-ci pourra contribuer aux apprentissages, à la prévention, à l’accompagnement du handicap ou à un meilleur accès au savoir.
Ces perspectives sont considérables. Mais elles ne peuvent se développer qu’à une condition : respecter les besoins fondamentaux, les droits et les spécificités propres à l’enfance.
Un enfant n’est pas un utilisateur comme un autre. Son discernement est en construction, son développement doit être préservé et sa vulnérabilité ne peut devenir un modèle économique.
L’intelligence artificielle doit rester un outil au service de l’enfant et des adultes qui l’accompagnent, jamais un substitut à la relation humaine.
Car la même technologie peut aussi amplifier les deepfakes, faciliter certaines formes de manipulation, exposer les mineurs à des contenus dangereux ou exploiter leurs vulnérabilités.
C’est précisément parce que l’innovation ouvre des possibilités considérables que nous devons en fixer les conditions dès la conception.
Après le security by design et le privacy by design, faisons émerger une exigence simple : lorsqu’une technologie peut être utilisée par un enfant ou avoir un impact sur lui, sa protection doit être pensée dès sa conception.
Nous avons trop longtemps opposé innovation et protection. Cette opposition est dépassée.
La confiance est aussi un marché. La sécurité est aussi un avantage compétitif.
Nous avons fait entrer le climat, la cybersécurité et la gouvernance dans les conseils d’administration et les décisions d’investissement. Le risque enfant doit désormais y trouver sa place.
Une technologie susceptible de fragiliser la sécurité, l’attention ou le développement des générations futures porte un risque humain, mais aussi réglementaire, réputationnel et financier.
L’Europe peut ainsi faire de son exigence un avantage compétitif : non pas moins innover, mais mieux innover.
Le pape Léon XIV est en France. Sa venue intervient au moment où notre continent, et le Saint-Père lui-même dans sa dernière encyclique, s’interrogent sur une transformation technologique majeure.
Cette concomitance nous invite à poser une question simple : que voulons-nous transmettre ?
Nous saurons produire toujours plus d’intelligence artificielle. Notre responsabilité est de veiller à ce que cette puissance technologique augmente aussi nos capacités humaines.
Il ne faut choisir ni la puissance sans principes, ni les principes sans puissance.
Nous devons attirer les talents. Protéger nos inventions. Mobiliser notre capital. Soutenir l’innovation. Construire nos champions. Protéger les enfants. Préparer la génération qui vient.
La puissance sans protection crée de la défiance. La protection sans puissance crée de la dépendance.
C’est aussi le sens du manifeste que je porte : changer d’ère plutôt que simplement gérer la suivante.
J’invite celles et ceux qui veulent contribuer, contredire, enrichir et proposer à lire ce manifeste sur changer-d-ere.fr et à participer à sa construction.
Car face à l’intelligence artificielle, la question essentielle n’est peut-être pas de savoir jusqu’où ira la machine. Mais plutôt de veiller qu'elle soit toujours au service de l'Homme.