Voici une sélection, ce 13 janvier 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du premier ministre.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> Je condamne la violence d’État qui frappe aveuglément les Iraniennes et
les Iraniens qui réclament avec courage le respect de leurs droits. Le respect
des libertés fondamentales est une exigence universelle et nous sommes aux
côtés de celles et ceux qui les défendent.
> Un partenariat essentiel avec Dassault Aviation et une levée de fonds significative pour Harmattan AI lui offrent le statut de nouvelle licorne française ! C’est une excellente nouvelle pour notre autonomie stratégique, pour la supériorité technologique de nos armées en matière de drones de défense activés par l’IA, ainsi que pour notre économie.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans
cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de
Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un
homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du
fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Comme je l’avais écrit dans ma lettre aux agriculteurs, la souveraineté
agricole ne peut pas n’être qu’un slogan. C’est une responsabilité nationale.
Et elle appelle des décisions et des actes. Les mobilisations d’aujourd’hui
expriment une demande de bon sens : trop de règles complexes, mal expliquées,
parfois contre-productives. L’action publique doit être guidée par
l’efficacité, pas par l’accumulation de normes. Il faut refuser “le deux poids
deux mesures.” Plusieurs règles évolueront donc dans les prochaines semaines.
J’ai pris 4 décisions ce jour.
1) Parce que certaines simplifications relèvent de la loi, j’ai demandé à la
ministre Annie Genevard de préparer pour le salon de l’agriculture une loi
d’urgence agricole autour de plusieurs priorités : eau, prédation, moyens de
production. Toutes les avancées doivent se retrouver dans les cours de ferme.
Ce texte sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de
mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été. Il devra associer en
amont toutes les forces politiques parlementaires. D’autres simplifications
peuvent être prises dans les prochaines semaines.
2) C’est le cas de la politique de l’eau. Il faut un cap clair et il sera fixé
d’ici le salon de l’agriculture devant tous les acteurs concernés par cet
immense chantier de l’eau agricole. Les ministres Monique Barbut et Annie Genevard
seront chargées de mener les consultations préalables. En cohérence, je demande
un moratoire sur toutes les décisions relatives aux questions de la politique
de l'eau jusqu’à l’inscription en Conseil de ministres du projet de loi
d’urgence agricole. Il nous faut prendre le temps de concerter tous les acteurs
et de se projeter sur l’avenir. Par ailleurs, il n’y aura pas d’augmentation de
la redevance pour pollutions diffuses pour le monde agricole dans le projet de
loi de finances 2027. Je demande aux préfets de me remonter directement les
projets hydrauliques agricoles bloqués sur les territoires : je veux en libérer
un maximum, notamment tous ceux qui sont “à taille humaine”. Les décisions de
répartition et de gestion de la quantité d’eau doivent se faire après une
analyse claire des conséquences économiques. Ces analyses économiques doivent
être renforcées et compléter les études existantes : j’ai décidé que les textes
fixant les volumes d’eau prélevables soient suspendus jusqu’à septembre, pour
garantir la prise en compte réelle des contraintes agricoles. Enfin, toutes ces
décisions doivent se faire avec l’association pleine et entière des
agriculteurs. Un travail va être lancé sur la représentativité du monde
agricole dans les instances territoriales gérant les questions d’eau.
3) C’est aussi le cas des règles sur les nitrates. Indispensables, mais d’une
complexité qui les rendent trop souvent incomprises par l’ensemble des acteurs,
et donc difficilement applicables. Je suis prêt à demander à la Commission
européenne de faire évoluer le cadre existant, en prenant en compte l’agronomie
et le bon sens. En attendant, avant le salon de l’agriculture, les préfets
concernés et leurs services seront réunis afin qu’ils puissent mobiliser
pleinement, en concertation avec les chambres d’agriculture départementales,
les possibilités de dérogation. Je leur demande également de procéder aux
contrôles en la matière avec discernement.
4) Ces mesures viennent en plus des actions prises par le Gouvernement en
réponse aux demandes de nos agriculteurs, dont un plan exceptionnel porté par Annie
Genevard à plus de 300 millions d’euros pour redresser notre agriculture. Ce
plan sera complété par un volet fiscal dès ce soir, le Gouvernement proposant
un dispositif renforcé d’épargne de précaution, afin de mieux faire face aux
chocs économiques via une possibilité de réintégration partiellement
défiscalisée en cas de survenance d’un aléa économique, ainsi qu’un dispositif
favorable à la mécanisation collective sans que celui-ci touche au dispositif
de traitement fiscal des plus-values. Ce plan fiscal et budgétaire du
Gouvernement sera déposé ce soir par voie d’amendement. Il est désormais soumis
au vote du Parlement. Il ne pourra entrer en vigueur qu’avec l’adoption d’un
budget.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Rencontre dense et utile avec mon homologue britannique Shabana
Mahmood, qui a permis un tour d’horizon complet des
enjeux migratoires et sécuritaires auxquels nos deux pays sont confrontés, avec
une attention particulière portée à la lutte contre les traversées irrégulières
sur la Manche. Ce sujet majeur fait l’objet d’une approche globale affirmée
lors du dernier sommet franco-britannique de juillet, allant de l’action
conjointe dans les pays d’origine et de transit aux efforts engagés par le
gouvernement britannique pour réduire l’attractivité de son territoire. J’ai réitéré
le plein engagement du ministère de l’Intérieur dans ce partenariat, avec une
priorité constante : la sécurité de nos concitoyens et de nos forces de
sécurité. Nous partageons la volonté de le renforcer et de l’inscrire davantage
dans un cadre européen, s’agissant d’une frontière extérieure de l’Union
européenne, en lien avec l’ensemble de nos partenaires et les institutions
européennes.
> L’arbre planté à Saint-Genis-Laval en hommage à Ilan Halimi, victime d’un assassinat antisémite en 2006, a été dégradé. Notre indignation est collective, notre détermination sans faille à lutter contre les actes antisémites, anti religieux, qui salissent aujourd’hui la mémoire d’un innocent.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et
des Anciens combattants)
> Si la France tient son rang dans le Monde, c’est parce que nos Armées et
notre industrie de Défense n’ont jamais cessé d’innover. Dassault &
Harmattan AI, symboles de souveraineté, alliant l’audace entrepreneuriale et
l’Histoire industrielle pour le succès des armes de la France. Financer la
BITD, structurer les filières et produire autrement, pour être au rendez-vous
des besoins de nos Armées aujourd’hui et demain.
> Nous avons lancé la campagne de
recrutement du Service national. Cet engagement nouveau s’adresse à une
jeunesse déterminée, animée par le sens du devoir et l’envie de servir. Le
Service national lui propose une expérience exigeante, utile : servir dans un
cadre militaire, participer à des missions opérationnelles au service de la
France. (…)
Cette campagne de recrutement 2026 est spécifique puisqu'elle démarre plus tard
que celle qui suivront dans les années à venir. C'est pourquoi nous avons conçu
un dispositif spécifique, simple et immédiatement accessible pour permettre aux
jeunes intéressés de se porter candidat dès aujourd'hui (...)
Les premiers candidats pourront déposer leur dossier jusqu'au mois d'avril pour
une réponse qui leur sera donné au plus tard le 1er juillet 2026. Pour cette
première cohorte, nous retiendrons 3 000 jeunes, âgés de 18 à 25 ans au moment
de leur incorporation. Ils débuteront leur service entre septembre et novembre 2026
pour une durée de 10 mois sur le territoire national, Hexagone et outre-mer.
> Je salue le succès de Fabentech qui vient d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché de son antidote contre la ricine, première mondiale dans ce domaine, illustration de la capacité des armées à accompagner l’innovation et à faire émerger des partenariats solides avec les entreprises de nos territoires. Une réussite française qui conjugue excellence industrielle et intérêt général.
Roland Lescure (ministre de l’Economie,
des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Franc et sincère : voici les 2 mots qui ont rythmé mon déplacement à
Washington
J’ai fait le debrief de mon déplacement à Washington avec la presse, je tenais
aussi à vous en faire part : j’ai eu une discussion extrêmement franche et
sincère avec mon homologue américain Scott Bessent notamment sur la régulation
du numérique. Notre souveraineté européenne, comme la souveraineté américaine
d'ailleurs, n’est pas à négocier.
Vous l’aurez compris, une bonne conversation comme on doit le faire entre de
vieux amis de 250 ans.
J’ai aussi pu échanger avec Jerome Powell de la Federal Reserve Board. Je n’ai
pas vocation à m’immiscer dans les débats politiques américains, mais j’ai tenu
à lui rappeler mon attachement personnel, et celui de la France, à
l’indépendance des banques centrales.
Avec mes homologues d’une dizaine de pays partenaires, nous avons parlé d’un
sujet qui nous concerne tous : les minerais critiques. Nous dépendons fortement
de la production d’un seul pays, et il est vital qu’on puisse diversifier et
sécuriser nos approvisionnements. Ce sera d’ailleurs une priorité française
dans les prochaines discussions du G7.
J’ai aussi eu des échanges francs avec Ajay Banga de The World Bank et Kristalina
Georgieva du International Monetary Fund. Ces institutions, auxquelles j’ai
réaffirmé mon attachement, sont essentielles pour répondre aux grands défis de
notre monde, notamment les déséquilibres mondiaux, sujet important pour la
présidence française du G7.
> À Washington, DC, j’ai échangé avec mon homologue japonaise Satsuki Katayama, fine connaisseuse de la France. Terre rares, sécurité de nos chaînes d’approvisionnement, préparation du G7 à venir en France, notre rencontre a été structurante pour poser les jalons des mois à venir. Face aux déséquilibres mondiaux, la coopération entre partenaires de confiance est essentielle.
> Qui a dit qu'on ne pouvait pas allier
écologie, industrie et pouvoir d'achat ?
Avec 50 000 nouveaux véhicules électriques attribués dans le cadre du leasing
social en 2025, et plus de 100 000 depuis le début du programme, le Gouvernement
réaffirme son engagement pour une écologie populaire, sociale et industrielle.
La transition écologique, ce n’est pas du luxe, c’est une opportunité pour
toutes et tous, et l’État vous accompagne !
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> [Iran / Intervention à l’Assemblée] Dans les villes et les villages
d’Iran, dans toutes les provinces, le peuple iranien s’est levé une nouvelle
fois pour réclamer la justice et la dignité. Des commerçants, de jeunes femmes
et hommes poussent partout le même cri de ralliement, le cri de la liberté.
Face à cette révolte pacifique, une répression intolérable, insupportable et
inhumaine. Des manifestants abattus à bout portant avec des armes d’assaut.
Internet bloqué pour mieux masquer l’étendue de l’horreur. Des cadavres dans
des sacs qui s’entassent par centaines et peut-être par milliers dans les
hôpitaux. Des morts que nous pleurons avec les familles iraniennes endeuillées,
des appels de détresse auxquels nous ne pouvons rester insensibles.
C’est la raison pour laquelle la France, par la voix du président de la
République, a condamné la répression avec la plus grande fermeté, en dénonçant
cette violence d’État qui s’est abattue aveuglément sur les manifestants
pacifiques. Cette condamnation, je l’ai signifiée au ministre des affaires
étrangères d’Iran et elle sera réitérée à l’ambassadeur d’Iran en France que
j’ai convoqué aujourd’hui.
Mais nous ne nous arrêterons pas là. Il ne saurait y avoir aucune impunité pour
ceux qui tournent leurs fusils contre des manifestants pacifiques, pas plus
qu’il n’y en a eu pour les auteurs de la répression contre le mouvement Femme,
vie, liberté, en 2022. La présidente de la Commission européenne vient
d’annoncer que la désignation d’organisations comme organisations terroristes
sera proposée et discutée dans les prochains jours et les prochaines semaines.
Par cette révolte pacifique, le peuple iranien a donné au monde une leçon de
courage, le courage de ceux qui sont prêts à prendre tous les risques pour
défendre leur liberté dans ce moment décisif de leur histoire. La France, pays
des droits de l’homme et des lumières, se tiendra tout entière aux côtés du
peuple iranien.
> [Iran / Intervention à l’Assemblée] Comme
vous, je regrette un certain nombre d’indignations sélectives de la part de
ceux qui refusent de voir la réalité des faits, tandis qu’une chape de plomb
couvre l’horreur de ce qui se déroule aujourd’hui à Téhéran et dans les
provinces de l’Iran. Il ne suffit pas de se lamenter d’une situation
désastreuse, il faut qualifier les faits. C’est ce que la France a fait hier en
dénonçant cette violence d’État qui s’est abattue sur les manifestants
pacifiques. Cette condamnation a été signifiée au ministre des affaires
étrangères d’Iran et le sera à l’ambassadeur d’Iran en France, que nous avons
convoqué.
Nous n’allons pas en rester là car il ne saurait y avoir aucune forme
d’impunité pour les auteurs de cette répression, pas plus qu’il n’y en a eu
pour les répressions précédentes dont les auteurs ont été ciblés par des
sanctions européennes. Je vous renvoie à la déclaration faite il y a quelques
minutes par la présidente de la Commission européenne, qui va proposer un
certain nombre de désignations nouvelles ciblant celles et ceux qui ont tourné
leurs armes contre des civils innocents.
Je veux insister sur le courage inouï dont font preuve nos sœurs iraniennes et
nos frères iraniens, qui sont prêts à prendre tous les risques, y compris le
plus grand d’entre eux, au service d’une cause juste : la défense des
droits et libertés fondamentales. Nous continuons bien évidemment à suivre très
attentivement la situation et à agir pour qu’elle prenne fin au plus tôt.
> [Manipulation de l’information] Nous ouvrons cette dernière
séquence de notre Conférence des Ambassadrices et des Ambassadeurs et la
consacrons cette année à une problématique émergente mais qui touche à ce que
nous avons de plus intime, c’est-à-dire la responsabilité qui nous est donnée
de porter la parole de la France. Vous le savez, j’en ai dit un mot au tout
début de mon message ce matin, nous vivons une révolution technologique qui a
fragmenté l’espace de l’information. Se pose alors d’une manière nouvelle la
manière dont nous devons porter la voix de la France. Et à l’aune de cette
fragmentation, nous sommes confrontés à un nouveau défi, puisque dans les
failles qui se sont ainsi créées dans l’espace de l’information, se sont
engouffrés nos adversaires et nos compétiteurs pour porter atteinte à nos
intérêts, à notre image et à la France plus généralement. La conflictualité
s’est installée dans un nouveau champ : le champ des perceptions.
Il suffit de se tourner sur l’année qui vient de
s’écouler, l’année 2025, pour s’apercevoir à quel point nous avons été pilonnés
par des campagnes de désinformation menées depuis l’extérieur par nos
adversaires ou nos compétiteurs. (…)
Cela pourrait porter à sourire. On pourrait se dire qu’après tout, c’est sur X,
c’est sur TikTok, c’est sur Instagram ; que c’est, en quelque sorte, une
forme de légèreté. Mais ce serait se tromper très lourdement, parce que ce type
d’attaques, notamment lorsqu’elles sont coordonnées, je le dis sous le regard
du SGDSN, peuvent avoir des conséquences majeures.
Des conséquences majeures d’abord sur la vie économique, sociale et
institutionnelle de nos pays. Rappelons-nous que l’année dernière, une élection
présidentielle dans un pays membre de l’Union européenne a dû être annulée
parce que la campagne avait été manipulée à grande échelle sur un réseau social
chinois.
Des conséquences aussi sur nos propres manœuvres diplomatiques. Vous en avez eu
quelques exemples ici. Des attaques multiples nous ont ciblés, s’agissant de
notre mobilisation aux côtés de l’Ukraine ou s’agissant de notre mobilisation
au service de la paix et de la stabilité au Proche-Orient. Désormais, lorsque
nous menons des initiatives au Conseil de sécurité, à l’Assemblée générale des
Nations unies, nous devons en même temps nous justifier devant notre opinion
publique parce que nous sommes attaqués, de toutes parts, par des adversaires
qui cherchent à nous décrédibiliser.
Mais cela va encore plus loin. Ces attaques peuvent porter atteinte à nos
agents, à nos chefs de poste, qui dans l’année écoulée, en Arménie, en Géorgie,
au Sahel et en Afrique de l’Ouest, ont été directement et personnellement pris
pour cibles, pour les intimider, pour les décourager, pour les empêcher de
conduire le dialogue bilatéral défendant les intérêts de la France et des
Français.
Conséquences au niveau national, conséquences pour nos manœuvres diplomatiques,
conséquences pour l’exercice du rôle d’ambassadrice ou d’ambassadeur. Et la
mauvaise nouvelle, c’est que cela n’est pas près de s’arrêter parce que c’est
très facile à faire. (…)
Sans aller plus loin dans la description de l’état de la menace, vous voyez
dans quel monde nous entrons et ce pourquoi nous avons fait tant d’efforts dans
l’année écoulée pour nous renforcer et nous permettre d’exercer cette
responsabilité de porter la voix de la France et de riposter.
Parce que la seule bonne attitude à adopter, dans cette guerre informationnelle
qui a commencé, c’est de hausser le ton et de monter le son. Pour se faire
entendre, pour que lorsque la France a des messages à passer, ils soient
véritablement entendus, et puis pour se défendre, c’est-à-dire veiller 24
heures sur 24, 7 jours sur 7, tout autour du monde, pour détecter très
précocement les attaques, et pouvoir riposter.
En 2025, nous avons transformé la direction de la communication et de la
presse. Un nouveau directeur est arrivé. Nous avons dissocié le rôle de
directeur et celui de porte-parole pour que nous puissions conduire cette
transformation qui a été permise aussi par des renforcements d’effectifs, pour
que nous puissions nous développer au Département, au service, bien évidemment,
du réseau. L’une des réalisations peut-être les plus spectaculaires et les plus
innovantes de cette transformation, c’est la création du compte Twitter
« French Response », dont vous avez mesuré les succès de ces
dernières semaines.
Le premier message posté par ce compte a été le 22 septembre, date à laquelle
la France a reconnu l’État de Palestine, en réponse à un commentaire évidemment
très négatif d’une autorité américaine. Dans la dernière semaine de septembre
et les premières semaines d’octobre, c’est à peu près 30.000 impressions,
30.000 vues que le compte « French Response » recueillait. C’est
désormais plus d’un million de vues qui sont recueillies chaque semaine. Et ce
compte a d’ores et déjà plus de 20.000 followers, ce qui montre que ce que nous
avons initié, expérimenté, est couronné de succès.
Alors je vous invite, Mesdames les Ambassadrices, Messieurs les Ambassadeurs, à
vous inspirer de cette méthode et de cette posture. Si vous ne connaissez pas
« French Response », je vous invite à vous y abonner. Et vous verrez
qu’aucune fausse information n’émane de ce compte, mais que l’information y est
donnée avec une posture franche, teintée d’humour, de dérision, parfois
d’autodérision, qui conduit à la viralité sur les réseaux sociaux, qui permet
d’augmenter l’impact du message que nous voulons porter.
« French Response » a donc une vertu, qui est de riposter lorsque des
contenus portant atteinte à notre image sont diffusés. Mais « French
Response » a aussi une vertu d’inhibition, parce que nos adversaires
savent désormais que s’ils portent atteinte à notre image, ils peuvent être
ridiculisé par « French Response ».
Et puis enfin, la désinformation se propage par ignorance, parce qu’un post est
publié sur un réseau social, qu’un observateur la republie et que finalement,
par erreur, un journaliste dûment habilité la fait sienne. « French
Response », en déminant les fausses informations, inhibe là aussi le
risque que la fausse information puisse être reprise et qu’elle contamine en
quelque sorte l’espace informationnel.
Transformation de la DCP, création d’outils comme « French
Response », et puis renforcement du réseau avec l’installation de six
veilleurs dans les fuseaux horaires appropriés, pour que nous puissions exercer
notre fonction de détection 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
En 2026, cet effort va se poursuivre. Je vous ai demandé ce matin d’installer
dans vos postes des comités locaux d’influence, en rassemblant toutes les
parties prenantes et tous les services de l’État qui travaillent sous votre
responsabilité. Je pense évidemment aux responsables de la diplomatie
culturelle ; je pense à vos attachés de défense qui, pour certains d’entre
eux, ont déjà une expérience importante de la guerre informationnelle ; je
pense à tous les services de l’ambassade… pour faire deux choses.
La première, évidemment, c’est le panorama de la menace, détecter les menaces,
les risques qui pourraient se matérialiser et puis détecter en parallèle les
relais sur lesquels la France et vos postes peuvent s’appuyer pour leur
communication, parce que la communication, c’est bien sûr les réseaux sociaux,
mais ça ne se limite pas aux réseaux sociaux. L’influence passe par tous les
canaux : par nos canaux culturels, par nos canaux de communication et par
nos canaux scientifiques parfois, et de réflexion. Premier élément structurant
de notre posture nouvelle dans le champ des perceptions cette année.
Deuxième élément, je le disais là aussi ce matin, nous allons proposer une
formation aux chefs de poste qui partent dans des pays où ils sont susceptibles
d’être exposés à la guerre informationnelle et ses problématiques. C’est une
première étape avant que cette formation se décline dans tous les étages de ce
ministère qui, d’une manière ou d’une autre, vont être exposés à ces mêmes
menaces.
Et puis, troisième élément structurant de notre action et de cette fonction qui
est la nôtre, c’est le guichet unique qui sera mis à la disposition des chefs
de poste et des agents, comme ceux que je citais tout à l’heure en Arménie, en
Géorgie, au Sahel ou en Afrique de l’Ouest, qui ont été pris pour cible
directement, pour qu’ils puissent être accompagnés, qu’ils puissent faire
valoir leurs droits et que nous puissions mieux les protéger.
Tout cela, certains d’entre vous considèrent peut-être que nous y donnons trop
d’importance. Je pense au contraire que c’est vraiment notre responsabilité de
le faire parce que c’est la voix de la France qui est en jeu, ce sont nos
intérêts qui sont en jeu et ce sont aussi les intérêts de notre ministère qui
sont en jeu. Parce qu’il était essentiel que nous puissions réaffirmer, dans un
moment où vous connaissez la mobilisation du Président de la République et du
Premier ministre sur ces sujets, que le Quai d’Orsay est le chef de file dans
la détection et la riposte contre ces attaques qui viennent de l’extérieur.
Et puis, sans prendre trop de temps, puisque nous avons de brillants
intervenants qui vont me succéder sur la tribune, je veux aussi insister sur
notre héritage, l’héritage de la présidence française de l’Union européenne,
ses réglementations, et en particulier le règlement sur les services numériques
dont nous avons obtenu l’adoption souveraine, démocratique, en 2022, et dont
vous voyez bien à quel point nous allons devoir nous mobiliser dans toutes les
capitales et à Bruxelles pour assurer la bonne exécution.
Vous m’avez entendu à de nombreuses reprises m’exprimer publiquement en disant
que si la Commission européenne n’exerçait pas les prérogatives que nous lui
avons confiées au travers de ce règlement, qu’elle devrait alors rendre aux
États membres la capacité à le faire à sa place. La bonne nouvelle, c’est que
la Commission a commencé à mettre en œuvre ce règlement en diligentant des
enquêtes, en parvenant à les conclure et en prenant des sanctions. Mais vous
voyez bien, là aussi, qu’une forme de timidité pourrait s’installer d’une
Commission attentive à ne pas multiplier les sujets exigeants avec certains de
nos partenaires. Nous pousserons à une exécution pleine et entière de ce
règlement, qui est une condition de la protection de notre démocratie. Et je compte
beaucoup sur vous, Ambassadrices et Ambassadeurs, qui, pour certains d’entre
vous, avez joué un rôle si important pour les succès et les victoires de cette
présidence française de l’Union européenne il y a quatre ans. Nous devons être
au rendez-vous de la mise en œuvre de ces grands succès diplomatiques, et la
mise en œuvre du règlement sur les services numériques sera un test pour la
crédibilité de notre Union.
Par avance, je remercie les intervenants qui ont accepté de témoigner devant
nous et je vous remercie pour les efforts que vous allez consentir cette année,
pour que notre réseau, comme le Département, puisse se renforcer et faire face
dans ce monde brutalisé, où notre responsabilité, c’est de défendre la France
et les Français.
> Le ministère de l’intérieur et le ministère de
l’Europe et des affaires étrangères ont beaucoup de points communs. Ce sont
deux ministères régaliens, directement impliqués dans la protection des
intérêts fondamentaux de la Nation, qui agissent avec la même détermination,
sur le territoire national comme à l’étranger.
Nous faisons face à des menaces qu’aucune frontière
n’arrête, et partageons de nombreux défis communs, parmi lesquels la
criminalité organisée, en particulier le narcotrafic, et les migrations. Il y
en a bien d’autres, mais vous me permettrez de vous parler plus
particulièrement de ces deux-là.
Face à ces défis, vous êtes vous-mêmes, ambassadrices
et ambassadeurs, préfètes et préfets, en première ligne. Et pour cela, je veux
vous exprimer notre gratitude.
J’en ai parlé ce matin devant les ambassadrices et les
ambassadeurs, la France est aujourd’hui submergée par le narcotrafic et la
criminalité organisée qui l’accompagne. Tous les territoires de la République
sont concernés, et les conséquences ravageuses de ce phénomène menacent à la
fois la santé et la sécurité des Français. C’est pourquoi notre mobilisation
doit être générale et interministérielle. Et je sais combien nos services
respectifs sont mobilisés côte à côte pour traiter ce fléau dans toutes les dimensions,
conformément aux orientations du Président de la République et du Premier
ministre.
La mission du ministère de l’Europe et des affaires
étrangères, c’est d’éradiquer le mal à la racine. J’ai annoncé, il y a quelques
semaines, un plan de bataille contre le narcotrafic, qui comprend :
- La multiplication des accords de coopération
sécuritaire avec les pays de production, de transit comme de rebond.
- Le renforcement de nos effectifs dans les principaux
pays concernés. Et nous ne pourrons le faire sans votre appui, Monsieur le
Ministre, puisqu’une grande partie d’entre eux sont des agents de votre
ministère, hébergés dans nos ambassades.
- Le ciblage de l’aide publique au développement vers
les cultures de substitution, vers le renforcement de la sécurité des ports, ou
encore la lutte contre le blanchiment d’argent.
- La création d’un régime de sanctions européen contre
les narco-criminels réfugiés à l’étranger, qui vient en complément utile du
dispositif dont nous nous sommes dotés, avec la loi adoptée au mois de juin
dernier.
Comme je l’ai annoncé lorsque je me suis rendu dans la
région de l’Amérique latine et des Caraïbes, aux côtés du Président de la
République, c’est sur cette région que portera notre premier axe d’effort. Car
c’est dans cette région qu’est produite l’ensemble de la cocaïne, ou quasiment,
qui déferle dans les rues des villes et des villages de France. La production
est localisée principalement en Colombie, au Pérou et en Bolivie. Et avant
d’inonder l’Europe, elle transite via l’Équateur, le Brésil, le Panama, le
Venezuela, le plateau des Guyanes et les Caraïbes. Et évidemment, nos
territoires ultramarins sont en première ligne.
Le deuxième axe d’effort porte sur l’Afrique du Nord
et le Moyen-Orient. L’enjeu est d’obtenir des extraditions de narcotrafiquants
ou des judiciarisations sur place, mais aussi des saisies d’avoirs.
Nous travaillons également à inciter les pays des
Balkans occidentaux à durcir leurs réglementations et leurs actions en matière
de lutte contre la criminalité organisée. Et nous avons institué, dans le cadre
de la Communauté politique européenne, une Coalition européenne contre les
drogues, pour agir à la bonne échelle.
En 2026, avec le ministre de l’intérieur, je souhaite
que nous puissions faire du narcotrafic une priorité de la présidence française
du G7. Nous porterons des initiatives en matière de renseignement, de
résilience de nos infrastructures, de lutte contre les trafics en mer et contre
les flux financiers illicites.
Le Premier ministre l’a dit, la lutte contre le
narcotrafic est un combat qui va s’inscrire dans la durée et qui nous place
face à un ennemi en constante mutation. Cette réalité réclame donc une très
grande adaptabilité et une coopération encore plus étroite, encore plus agile,
entre les services de l’État.
Il en est de même pour un deuxième défi majeur :
celui des migrations et des mobilités.
Pour beaucoup de nos concitoyens, le sentiment qui
l’emporte est celui d’une perte de contrôle face à une immigration irrégulière
qui est perçue comme une menace portée à nos frontières. Menace pour notre
modèle social, menace pour notre sécurité. Mais cette perception doit être
complétée.
D’abord, parce que d’une part, des efforts
considérables ont été engagés ces dernières années, au niveau national comme
européen, pour renforcer nos frontières. Et d’autre part, les migrations
recouvrent aussi des enjeux qui sont essentiellement pour les intérêts de notre
pays : en matière de tourisme, d’attractivité, de développement économique
et social, et notamment à travers les diasporas, nombreuses sur les territoires
de la République.
Ces dernières sont des traits d’union entre la France
et les pays d’origine. Ce sont des vecteurs de développement économique et pour
la France, des relais d’influence.
En 2025, le ministère de l’Europe et des affaires
étrangères a engagé un effort sans précédent pour écouter, associer et
mobiliser les acteurs des diasporas africaines notamment afin de renouveler nos
relations avec l’autre rive de la Méditerranée. Plus de 300 contacts ont été
établis. Et je l’ai dit ce matin, je souhaite que nous amplifiions cet effort
en 2026, en travaillant davantage avec vos équipes, Monsieur le ministre de
l’intérieur, avec vous-mêmes, Mesdames les préfètes, Messieurs les préfets, pour
toucher un plus large public et donner une portée nationale à cet effort.
En matière migratoire, notre approche est
claire : elle conjugue la fermeté contre l’immigration irrégulière et la
promotion d’une immigration voulue et maîtrisée, conformément à nos intérêts.
Cette approche, nous avons commencé à la mettre en
œuvre au niveau européen, avec l’adoption du Pacte sur la migration et l’asile,
qui va entrer en vigueur au courant de l’année 2026. C’est un véritable
tournant dont nous ne devons pas sous-estimer les effets, mais sur lesquels il
faudra veiller à ce que l’exécution soit à la hauteur de nos attentes.
Avec ce pacte, les règles sont désormais plus
lisibles, les responsabilités mieux définies. Et je sais combien vous êtes, monsieur
le Ministre, sur son opérationnalisation au niveau national, particulièrement
mobilisé. C’est un enjeu politique majeur, car la France a largement inspiré ce
texte fondateur.
Dans le même esprit, nous travaillons étroitement avec
le ministère de l’intérieur à la refonte du règlement « retour »,
afin de rendre nos procédures de réadmission plus efficaces. Il y a des
avancées à Bruxelles et je sais nos ambassadeurs dans la salle pleinement
mobilisés pour défendre nos positions sur ce sujet sensible. Nous continuerons
à l’être et resterons vigilants, notamment sur la question des centres de
retour.
Par ailleurs, une part croissante de l’immigration
irrégulière à destination de l’Union européenne converge vers la Manche. Cette
réalité nous touche directement et appelle une réponse à la fois nationale et
européenne. Je sais combien le ministère de l’intérieur est lui aussi mobilisé
sur cette problématique. L’accord pilote franco-britannique « un pour
un », signé en juillet dernier, s’inscrit dans cette logique. Je me
félicite que, grâce à nos efforts, la Commission européenne intègre désormais
pleinement cette question dans sa réflexion sur la relance des relations avec
le Royaume-Uni.
Au niveau national, enfin, nos deux ministères
agissent conjointement en matière de visas. La feuille de route de Matignon
fixe des objectifs clairs, nos ambassadeurs et nos préfets auront l’occasion
d’approfondir ce sujet au cours du déjeuner qui suivra.
Et nous avons aussi renforcé la stratégie
« Bienvenue en France », avec le ministère de l’enseignement
supérieur, elle est essentielle pour mieux choisir les étudiants et les
chercheurs que nous souhaitons accueillir.
La coopération entre nos deux réseaux est, elle aussi,
indispensable. Notre force à l’extérieur de notre pays est conditionnée par
notre force à l’intérieur. La réciproque est également vraie. C’est pourquoi je
voudrais proposer, Monsieur le ministre, que nos préfets et nos ambassadeurs
puissent se réunir régulièrement, sur une base trimestrielle par exemple, afin
de suivre l’avancée et la mise en œuvre de nos priorités communes et de nos
décisions.
Dans cet esprit, je vous encourage vivement à saisir
l’occasion de cette Conférence pour renforcer dès à présent les liens tissés
entre vous et la solidarité qui existe entre nos deux ministères et que nous
souhaitons tous les deux, je le crois, cher Laurent, renforcer encore dans
cette année qui s’ouvre et au sujet de laquelle, je voudrais, puisque cette
occasion m’est donnée, je l’ai déjà fait pour nos ambassadrices et nos
ambassadeurs, mais pour les directeurs, le secrétaire général, la directrice, les
préfètes les préfets, former mes vœux les meilleurs pour cette année qui
s’ouvre.
Amélie de Montchalin (ministre de l’Action
et des Comptes publics)
> [Budget] Le gouvernement est constructif, à l'écoute,
cherche à trouver des points de compromis, et est prêt à faire évoluer sa copie
initiale.
> [Budget] Faire tomber le gouvernement maintenant reviendrait à refuser le débat, à plonger le pays dans l'instabilité. Le budget pour 2026 ne doit pas devenir le premier tract électoral de la présidentielle de 2027.
> [Budget] Soyons lucides, la loi spéciale n'est pas un budget. C'est bien un régime de service minimum et ce n'est pas un projet pour un pays.
> [Budget : "La méthode du compromis fonctionne. Oui, cette méthode est exigeante, elle prend du temps ; mais elle produit également des résultats concrets pour les Français.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la
Lutte contre les discriminations)
> Ils peuvent abattre un arbre. Nous replanterons. La mémoire ne se déracine
pas. Et celle d'Ilan Halimi, dont nous commémorerons le 13 février les 20 ans
de son assassinat antisémite, est vivante en nous.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès
de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la
Transition écologique)
> Pas de budget, pas de projets! L’incertitude budgétaire est une
incertitude pour la transition écologique.
David Amiel (ministre délégué
auprès de la ministre de l’action et des comptes publics chargé de la
Fonction publique et de la Réforme de l’État)
> Soignants, policiers, enseignants : dans trop d’endroits, les première
lignes du service public ne parviennent plus à se loger à une distance
raisonnable. Le texte, que j’avais déposé, pour agir face à l’urgence est
adopté par l’Assemblée.
● Autres ministres
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Mobilisation contre la pédophilie : un acquéreur de poupées sexualisant
des enfants a été condamné à 30 mois de prison ferme, assorti d’un suivi
socio-judiciaire de 5 ans. Face à la pédocriminalité qui explose sur Internet,
sous des formes toujours plus perverses, cette décision constitue une réponse
forte de la Justice. Continuons pour protéger nos enfants.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture,
de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> La mobilisation des agriculteurs traduit une inquiétude légitime, que je
comprends pleinement. J’en appelle, comme toujours, au calme et au respect des
personnes et des biens. Des premières réponses concrètes ont d'ores et déjà été
apportées vendredi avec un plan d'urgence portant l'engagement de l'Etat à 300
millions d'euros et des simplifications concrètes. Le temps est, comme
toujours, à la poursuite du dialogue et du travail, que je mène avec l’ensemble
des professionnels du monde agricole. La simplification avance depuis un an et
demi. Les agriculteurs veulent que cela accélère. Nous allons accélérer. Avec
le Premier ministre et le Gouvernement, nous poursuivons le travail
d'élaboration de propositions concrètes ce jour pour permettre à ceux qui nous nourrissent
de remplir leur mission.
> Déposer des motions de censure sur le non de la France vis-à-vis du Mercosur, pour dénoncer un vote qu’ils appelaient pourtant de leurs vœux ? Les agriculteurs et les Français ont besoin d’un budget. Cette menace de censure relève de la petite politique.
> L’épidémie de DNC est sous contrôle. Il n’y a pas de nouveaux cas en France et la vaccination atteint déjà près de 90 %, permettant d’atteindre à terme l’immunité collective.
Maud Bregeon (porte-parole du
Gouvernement)
> [Mercosur] Une forme d’hypocrisie et de cynisme électoral de la part de
ceux qui déposent ces motions de censure. (…)
Le cynisme électoral a de beaux jours devant lui. Accourir dans les
manifestations, clamer leur soutien aux agriculteurs devant les caméras, c’est
facile. Mais qu’en est-il de leurs actes et de leurs votes ? Les
élus de La France insoumise sont les mêmes qui soutenaient les manifestants à Sainte-Soline
en 2023, en piétinant des terres agricoles pour s’opposer aux retenues
d’eau dont ils ont tant besoin. Dans l’hémicycle, ils ont ensuite bataillé
contre la loi d’orientation agricole. Et aujourd’hui, main dans la main avec le
RN, ils bloquent l’adoption d’un budget où figurent des mesures de soutien
demandées par nos agriculteurs.
> Le débat politique manque parfois de
mesure. Nous ne sommes pas hostiles aux traités commerciaux par dogmatisme. Nos
entreprises et nos agriculteurs ont, par définition, besoin d’échanges pour
exporter leur production. Ces accords doivent simplement être justes et
équitables. Le Mercosur n’est ni l’un, ni l’autre. C’est un accord d’un autre
temps, néfaste pour certaines filières. Nous refusons le deux poids, deux
mesures. Qui peut comprendre qu’on importe ce qu’on interdit à nos agriculteurs
de cultiver ou que ce que l’on refuse dans nos champs puisse arriver dans nos
assiettes ? Il en va du modèle de société que l’on défend.
Mais je tiens aussi à souligner que grâce au Président de la République, le
traité a néanmoins considérablement évolué. Nous avons été clairs depuis
quatre mois sur nos demandes. On refuse de sacrifier les filières d’élevage ou
la filière éthanol sur l’autel de l’industrie de nos voisins. De même, nous
refuserons toujours de mettre en concurrence les filières agricoles entre
elles. Les éleveurs représentent un tiers de notre activité agricole et
garantissent aux Français une alimentation de qualité. La souveraineté
alimentaire n’est pas qu’un slogan, c’est une exigence.
> Il doit y avoir un Budget en janvier.
Le régime de la loi spéciale n’est pas sans conséquence : il rend
impossible les économies et les investissements nécessaires. Dans un contexte
international qui se durcit, l’augmentation des moyens de nos armées – de
6,7 milliards d’euros pour 2026 – ne peut pas attendre. Le Budget
prévoit en outre 1 600 postes supplémentaires pour la Justice et
1 400 pour le ministère de l’Intérieur.
Qui pense que la lutte contre le narcotrafic, la sécurité du quotidien et
l’efficacité de la justice peuvent attendre ? Au RN et à l’extrême gauche,
une partie des parlementaires d’opposition ont déserté les débats. On ne peut
pas exiger plus de pouvoirs pour le Parlement et faire un refus d’obstacle sur
la première de ses responsabilités : donner un budget à la France.
> La Constitution confie à l’exécutif
des moyens de procédure pour adopter un Budget. Mais cela ne donne pas le
contenu du budget, la seule chose qui compte ! Et je le dis clairement,
notre ligne n’a pas changé : c’est celle d’un compromis et du respect des
travaux du Parlement. Sans quoi nous exposerons le pays à un double
désordre : politique et budgétaire. Des convergences se sont
progressivement dessinées ces derniers jours entre certains groupes, mais il
reste encore du travail. Sur l’effort consenti par les collectivités locales
notamment, un chemin doit être trouvé entre la copie initiale et le souhait,
bien inférieur, des sénateurs.
Sur la contribution des 400 plus grandes entreprises également : elle
était de 8 milliards d’euros en 2025. Le gouvernement l’a reconduite
partiellement, à hauteur de 4 milliards. L’Assemblée l’a portée à 6,
le Sénat l’a supprimée. Cette mesure faisant plutôt consensus entre la gauche
et la droite l’an dernier, on devrait pouvoir trouver un compromis. Enfin, il y
a une exigence sur laquelle on se doit d’être rigoureux : c’est la
réduction du déficit. Il doit être inférieur à 5 %, condition nécessaire
pour retrouver les capacités d’investissement et garantir notre indépendance.
> Nous avons toujours dit qu’une motion
de censure valait motion de dissolution. Et le dépôt cette semaine, sans raison
valable, de deux motions de censure par LFI et le RN est stupéfiant. Rien ne le
justifie : ni la procédure budgétaire, ni le vote de la France sur le
Mercosur, et encore moins la situation internationale !
Il y a là une volonté cynique et politicienne de faire diversion et d’installer
une fois de plus le désordre. Dans un autre registre, nous regrettons aussi
l’absence de certains groupes politiques – comme les communistes et les écologistes –
aux réunions de travail sur le budget. Nous leur redisons notre
disponibilité : négocier avec les autres forces politiques ne vaut pas
soutien au gouvernement.
> [Fin de vie] C’est un engagement
solennel du président de la République. Il y a eu une première lecture à
l’Assemblée nationale qui a créé les conditions de débats apaisés, respectueux
des expressions des uns et des autres. Ces deux textes-là poursuivent leur
chemin : ils seront examinés au Parlement dans les prochaines
semaines.
C’est une question qui dépasse les logiques partisanes, qui fait écho à
l’histoire de chacun, aux convictions personnelles, à l’intime. Je note
d’ailleurs que les présidents des groupes de l’Assemblée n’ont pas donné de
consigne de vote. J’étais alors députée, et pour ma part, je n’ai pas voté le
texte sur la fin de vie en première lecture. Le Premier ministre a par ailleurs
donné une liberté totale de position et d’expression aux ministres.
> Le référendum est une prérogative constitutionnelle du président de la
République, qui a effectivement souligné qu’il envisageait cette option en cas
d’enlisement. C’est à lui qu’il reviendra de s’exprimer le cas échéant.
> [Port du voile] Ces questions, qui font écho à la laïcité, au séparatisme, à l’égalité entre les femmes et les hommes et à la protection de l’enfance, ne se balaient pas d’un revers de main. Elles doivent être posées pour tous les signes religieux. Pour autant, des interrogations précises demeurent sur la constitutionnalité et l’applicabilité concrète d’une telle interdiction. Elles avaient d’ailleurs été soulignées il y a plusieurs mois par le président du Sénat, Gérard Larcher.
> Le régalien sera une priorité gouvernementale des premiers mois de 2026, avec la lutte contre le poison du narcotrafic, le projet de loi qui renforce les prérogatives des polices municipales et l’actualisation de la loi de programmation militaire. Enfin, le projet sur la justice pénale, porté par Gérald Darmanin, sera présenté en conseil des ministres dans les prochaines semaines, avec un objectif simple: plus de fermeté et plus de lisibilité. Une peine de prison ferme sur deux prononcées n’est pas effectuée en prison. Ce n’est pas audible.
> Ma position est claire : la victoire de nos idées passera par l'union du centre et de la droite, avec un candidat et un projet commun dès le premier tour en 2027. C’est le sens de l’Histoire de nos courants politiques. C’est aussi ce que nous construisons au Parlement et au Gouvernement. Chaque semaine, j’entends dans ma circonscription des Français inquiets d’un second tour LFI-RN. Ceux qui refuseront le rassemblement au risque de laisser au pays le choix d’un second tour entre monsieur Bardella et monsieur Mélenchon porteront une responsabilité immense. La France vaut tellement mieux que des batailles d’égos.
Sébastien Martin (ministre délégué
auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté
industrielle, énergétique et numérique chargé de l’Industrie)
> [Budget] Tout le monde doit contribuer. Je considère pour autant que les
entreprises ne peuvent pas être seules à porter le poids des efforts dans ce
projet de budget. Cette question de la surtaxe s’inscrit dans le débat global.
Le gouvernement a proposé, dans la copie initiale, de la fixer à
4 milliards d’euros et était prêt à la porter à 6 milliards d’euros.
Nous verrons comment le débat budgétaire évolue.
> Je comprends l’inquiétude des chefs
d’entreprise qui ont le sentiment, depuis le mois de septembre, d’être une
cible permanente visée par les bancs notamment du RN. Mais la politique du
gouvernement se concentre sur l’objectif du soutien au développement économique
et industriel du pays. Nous veillerons à ce qu’aucune mesure budgétaire ne soit
prise à l’emporte-pièce au risque de fragiliser nos entreprises.
Au regard des chiffres de la banque publique d’investissement (BPI), le niveau
des projets portés par les chefs d’entreprise accompagnés par la BPI a atteint
un record en 2025. Cela signifie qu’une part importante des entrepreneurs
français restent confiants.
> [Liquidations judiciaires en hausse] Ces
chiffres méritent évidemment une attention particulière. Ils traduisent un
contexte économique plus tendu pour certaines entreprises, notamment dans des
secteurs stratégiques confrontés à des transformations profondes et à une
concurrence internationale très forte. C’est la raison pour laquelle toute mon
action aujourd’hui porte sur le renforcement des instruments de protection
contre les pratiques commerciales déloyales, en portant au niveau européen une
réflexion sur la valorisation de notre base industrielle et productive. Cela
passe par une affirmation plus claire de la préférence européenne, afin de
mieux valoriser nos savoir-faire, sécuriser nos chaînes de valeur et soutenir
l’emploi industriel sur notre continent.
> Des mesures de protection ont déjà été obtenues sur l’acier, et nous nous
battons aujourd’hui pour en obtenir sur le secteur de la chimie. Sur
l’automobile, l’Europe est prête à assouplir les règles de la transition vers
le tout électrique, à condition qu’elles s’accompagnent d’exigences claires en
matière de contenu local européen dans les véhicules. Vous avez là deux
secteurs parmi les plus impactés par la concurrence asiatique et le troisième
qui souffre d’un essoufflement de la demande, et sur lesquels l’Europe
intervient.
Dans l’automobile en particulier, notre objectif est clair : maintenir le
seuil de 75 % de la valeur d’un véhicule produit en Europe, afin de
préserver notre base industrielle. (…)
Il faut d’abord corriger une idée reçue. Aujourd’hui, parmi les dix véhicules
les plus vendus en France, aucun n’est chinois. Lorsque l’on compare des
modèles BYD à des véhicules électriques Renault, on constate que les
gammes de prix sont globalement comparables et que, sur certains modèles, les
Renault sont mêmes plus accessibles.
> Grâce à la mobilisation de la France, l’éco-score imposé début 2024, a permis de tarir l’afflux des importations de véhicules chinois. Avant cette date, 60 % des ventes d’électriques étaient d’origine chinoise. Elles ont depuis, chuté à 10 %, puis remonté en fin d’année à hauteur de 20 %. Les mesures de protection ont rétabli des conditions normales de concurrence entre véhicules électriques européens et chinois : sur dix voitures électriques vendues en France aujourd’hui, sept sont des véhicules français. Rappelons que nous développons la vallée de la batterie dans les Hauts-de-France, et que nous assistons à l’émergence de toute une filière de fabrication des éléments constitutifs de ces batteries. Reste à poursuivre nos efforts avec les constructeurs pour réduire encore le prix d’achat des voitures électriques.
> L’Europe doit clairement accélérer.
La France a récemment obtenu des victoires importantes en matière de protection
de certains produits, notamment dans les secteurs des ferroalliages ou sur
l’acier, avec des mesures de sauvegarde (droit de douane) qui doivent entrer en
vigueur dans les prochains mois. Plus largement, les institutions européennes
doivent passer d’une logique de gestion d’un marché intérieur à une véritable
protection de celui-ci. Cela suppose de renforcer les moyens consacrés à
l’analyse des pratiques de concurrence déloyale et au traitement de dossiers
anti-dumping.
Aujourd’hui, la Commission fait face à une accumulation de dossiers, sans
disposer des ressources humaines suffisantes pour les instruire avec la
rapidité nécessaire. Le marché intérieur chinois s’essouffle du fait d’une
croissance au ralenti. En parallèle, les États-Unis de l’administration Trump
se sont fermés. Donc c’est en Europe que la Chine déverse ses produits. Cela
renforce l’urgence d’une réponse européenne plus rapide, plus coordonnée et
plus efficace.
> Une proposition de loi sur la fast fashion est en cours d’examen au Parlement. Shein sera alors soumis aux obligations de la filière textile en matière de responsabilité environnementale et sociale des producteurs. En parallèle, le gouvernement a fait appel de la décision judiciaire de Paris rendue le 19 décembre concernant sa demande de procédure de blocage temporaire de la plateforme, et la Commission européenne a engagé une enquête sur Shein pour des violations du droit de l’UE. Ajoutés aux droits de douane sur les petits colis prévus dans le projet de loi de finances et ceux prévus au niveau européen, et à la taxe de 3 euros par catégorie de produits au niveau européen qui ont été obtenus en décembre, avec une entrée en vigueur en janvier, cela permettra de renforcer la concurrence loyale et le contrôle des importations.
> Il faut savoir protéger quelques secteurs stratégiques, et non basculer dans un protectionnisme généralisé comme le fait Donald Trump, qui a imposé des droits de douane sur tous les produits, tous azimuts. Je ne souhaite pas que l’Europe ait la même stratégie. Il faut être capable d’être conquérant à l’international, mais être conquérant à l’international ne veut pas forcément dire ouvrir à tout vent notre continent.
> [Perspectives pour l’industrie française en 2026] La situation reste exigeante et la réindustrialisation est un combat de long terme. Je rappelle néanmoins qu’au premier semestre 2025, la France a continué d’ouvrir et d’agrandir plus d’usines qu’elle n’en a fermées. Il faut en finir avec les prophéties autoréalisatrices. Les perspectives pour 2026 sont globalement mieux orientées que pour 2025, tant en matière de croissance que d’investissement. Les perspectives de recours au financement pour soutenir les projets industriels demeurent également plus solides. Par ailleurs, plusieurs secteurs économiques continuent de bien se porter, comme l’aéronautique, le luxe ou l’industrie verte. Je suis combatif et je reste confiant dans la capacité de l’industrie française à réussir.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Comprendre la démocratie, c’est déjà s’y engager. Au lycée Van Gogh
d’Aubergenville, le projet Cité parlementaire crée un dialogue direct entre les
élèves et nos institutions, en rendant leur fonctionnement plus lisible et plus
accessible. Ravie d’y être intervenue ce matin pour échanger avec eux.
> Nos agriculteurs ont tout mon soutien. Aujourd’hui, je suis retournée à leur rencontre, devant l’Assemblée nationale, pour les écouter. Leur colère, leurs difficultés, leurs attentes : je les connais, je les partage. Le 10 février, pour la première fois, aura lieu à l'Assemblée une séance sur les lois dont les décrets ne sont pas pris. C’est notre responsabilité de répondre aux agriculteurs qui attendent que les textes votés soient appliqués, notamment sur la loi Duplomb. Ils peuvent compter sur moi.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Couper Internet pour tuer en silence : voilà la stratégie des mollahs face
à la soif de liberté du peuple iranien. Des centaines de vies ont déjà été
arrachées pour étouffer l'espoir. Mais la terreur ne fonctionne plus. Face à ce
régime sanguinaire, c’est tout un peuple qui livre un nouveau combat pour
reconquérir sa dignité et ses libertés. Soutien total au peuple iranien. Nous
ne détournerons pas le regard. L'avenir de l'Iran appartient aux Iraniens.
> 42% des adolescents passent entre 2h et 5h chaque jour sur leur téléphone. Le rapport de l'Anses publié aujourd'hui, fruit de 5 ans de travail, le confirme : anxiété, dépression, troubles du sommeil, cyberharcèlement... Cette hyperconnexion est un terreau de souffrance pour notre jeunesse. Il y a donc urgence à agir. La proposition de loi déposée avec Laure Miller et les députés de notre groupe pour interdire l’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans sera examinée demain en commission. Et dans l'hémicycle de l’Assemblée nationale le 26 janvier. Il y a des combats qu'on ne peut pas perdre, sur lesquels nous ne pouvons pas reculer. Celui pour la santé mentale de notre jeunesse en est un.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> La proposition de loi visant à améliorer l’accès
au logement des travailleurs des services publics a été adoptée. C’est une
bonne nouvelle. Concrètement, elle apporte des réponses très concrètes à un
problème que beaucoup d’agents publics vivent au quotidien : se loger près de
leur travail. Cette loi permettra de créer des logements spécifiquement liés à
une fonction (aide-soignante, professeurs des écoles, policiers…). Elle
facilitera également la transformation de bâtiments publics inutilisés en logements,
et elle garantira un accès prioritaire pour les agents publics, y compris ceux
de droit privé. Le texte prévoit aussi de mieux situer ces logements, notamment
pour les agents aux horaires atypiques ou exerçant des missions sensibles, afin
de les rapprocher de leur lieu de travail et d’améliorer leur sécurité. Un
texte simple et utile, pensé pour améliorer concrètement la vie des agents
publics et renforcer le fonctionnement de nos services publics sur tous les
territoires.
> Depuis juillet, le Centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil est un établissement dédié à la lutte contre le narcotrafic. Dans ce combat contre la criminalité organisée, les agents pénitentiaires tiennent une ligne de front essentielle. Leur engagement, qui se fait loin des caméras de télévision, protège notre société tout entière. Aux côtés du ministre de la Justice Gérald Darmanin pour la remise aujourd’hui de médailles d’honneur de l’administration pénitentiaire et de lettres de reconnaissance aux agents de l’établissement, en remerciement de leur courage et de leur sens du service public. Merci à eux.
> Le Rassemblement National a voté une taxe de 26 milliards d’euros sur les multinationales qui produisent en France, ciblant particulièrement le chiffre d’affaires réalisé sur notre territoire. Les députés RN parlent d’une mesure de justice fiscale, mais elle frappe en réalité de plein fouet les industriels implantés en France, y compris des entreprises de taille intermédiaire françaises. Concrètement, elle toucherait des acteurs clés du territoire comme Renault. Ce vote révèle une contradiction majeure : prétendre défendre l’industrie française tout en adoptant des mesures qui rendent la production en France plus difficile, plus coûteuse et moins attractive.
> La position portée par le Président de la République est parfaitement claire : la France est opposée au traité du Mercosur. Et nous ne pouvons pas dire que ce traité est adopté, car ce n’est pas le cas. Il a fait l’objet d’un vote au Conseil européen, mais le Parlement européen doit encore se prononcer. Ensuite viendra l’étape de la ratification, pays par pays. Ce sera donc aux parlements nationaux de décider s’ils ratifient ou non ce traité.
> Nous sommes dans l’incertitude. Et c’est ce qui coûte cher à la France. Les acteurs économiques comme les ménages attendent un budget. Résultat : des décisions sont mises en pause, des investissements ne se font pas, des recrutements sont gelés, les ménages reportent leurs projets.
> « Les mesures de protection ont rétabli des conditions normales de concurrence entre véhicules électriques européens et chinois : sur dix voitures électriques vendues en France aujourd’hui, sept sont des véhicules français. Rappelons que nous développons la vallée de la batterie dans les Hauts-de-France, et que nous assistons à l’émergence de toute une filière de fabrication des éléments constitutifs de ces batteries. » Aujourd’hui, on peut aussi se réjouir d’un fait très concret : parmi les dix véhicules les plus vendus en France, aucun n’est chinois. Cela prouve une chose essentielle : loin de s’opposer, écologie, d’une part, industrie et souveraineté, d’autre part, se nourrissent mutuellement quand on fait le choix d’investir dans l’innovation et la production locale. C’est le sens de l’action que je défends depuis des années et que je continue de défendre. Il y a sept ans, avec le Président de la République et le Président de région, j’ai porté ce pari ambitieux de réindustrialiser notre territoire en fabriquant des batteries pour ne plus les importer de Chine. Réduire notre dépendance aux énergies fossiles et à des pays qui ne sont pas nos alliés, c’est apporter une réponse à la fois à l’urgence climatique et à l’enjeu de souveraineté.
> L’État autorise la valorisation du grisou pour produire de l’électricité dans le Nord et le Pas-de-Calais. Le grisou, c’est ce gaz présent dans les anciennes mines de charbon. Pendant des décennies, il a été un danger et un symbole de l’histoire industrielle de la région. Aujourd’hui, il devient une ressource. Concrètement, ce gaz sera capté et utilisé pour produire une électricité locale. Une électricité qui ne dépend pas des importations, qui limite la diffusion dans l’atmosphère d’un gaz fossile qui s’échappe naturellement, et qui permettra de réduire les factures énergétiques de milliers de foyers et de bâtiments publics. Lorsque j’étais ministre de la Transition énergétique puis ministre de la Transition écologique, je me suis battue pour faire enfin du gaz de mine une ressource pour les habitants, au lieu d’un risque. Parce que je suis convaincue d’une chose : la transition écologique passe aussi par l’intelligence des territoires. Transformer un héritage industriel en solution d’avenir, c’est exactement cela. Cette autorisation marque une étape décisive. Pour le climat, pour le pouvoir d’achat, et pour la reconnaissance du potentiel du Nord et du Pas-de-Calais. C’est une victoire concrète.
> Le peuple iranien nous donne une leçon de courage et de dignité. Des femmes et des hommes donnent leur vie pour leur liberté. Face au régime islamiste des mollahs, qui écrase son peuple, qui gouverne par la violence, la peur et la censure, ils se lèvent. Ils refusent l’obscurantisme et l’oppression, revendiquent leurs droits fondamentaux, au prix de leur sécurité, parfois de leur vie. Ils sont l’avenir de l’Iran. La répression s’est encore durcie ces derniers jours. De nombreux manifestants ont été tués, dont des enfants. Des centaines d’autres ont été blessés. Mais malgré la terreur, les balles et le sang, le peuple iranien continue. Rien ne sera plus jamais comme avant. Nous leur devons une solidarité pleine et entière.
Prisca Thevenot (députée)
> Il n'a jamais été question pour le RN et LFI de défendre les agriculteurs
et leurs conditions de travail.
Pieyre-Alexandre Anglade (député)
> Face à la loi du plus fort, l’Europe doit se renforcer. Le Groenland est
un territoire européen et nous avons des leviers importants pour défendre nos
intérêts. Les menaces américaines sur sa souveraineté ne sont pas acceptables
et doivent cesser.
> Soutien au courageux peuple iranien qui se bat pour sa liberté. Face à la répression brutale du régime des mollahs, l’Europe ne peut rester les bras croisés. Il est temps d’inscrire les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes.
Constance Le Grip (députée)
> [Iran / Intervention à l’Assemblée]
Un massacre, un bain de sang, c’est une
tuerie massive qu’un régime est en train de perpétrer contre son propre peuple.
Il s’agit bien sûr du régime en place à Téhéran depuis 47 ans, celui de la
république islamique d’Iran, ou des mollahs islamistes, soutenu par les
sinistres pasdaran, le corps des gardiens de la révolution islamique,
qui ont d’ailleurs fait main basse sur l’économie du pays. Ce régime massacre,
oppresse, emprisonne, réprime dans le sang toute contestation, viole et
condamne à mort.
À chaque fois, nous avons fini par détourner le regard. Cette fois-ci, nous ne
pouvons plus le faire. Nous devons aller au-delà des déclarations et des
condamnations. Nous apprenons d’horribles nouvelles : des milliers de
victimes – certains évoquent 12 000 morts – des centaines voire des milliers de
personnes arrêtées et détenues, des blessés hospitalisés, des personnes condamnées à mort, dont certaines
seront pendues dès demain. Le « silence, on tue » n’est plus de mise, il
faut agir.
Certes, nous devons encore et toujours saluer le courage inouï des Iraniennes et des
Iraniens qui, au péril de leur vie, descendent dans la rue depuis le 28 décembre. Nous
devons bien sûr condamner de toutes nos forces les violations systématiques des
droits de l’homme et cette violence d’État, comme cela a fini par être fait par
plusieurs responsables européens et le chef de l’État. Nous ne devrons jamais
cesser d’être aux côtés des combattants de la liberté en Iran !
> Je demande au Gouvernement d'œuvrer pour l'inscription du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique sur la liste européenne des organisations terroristes. Comme l'Assemblée nationale l'a déjà fait dans une résolution, que j'avais initiée et portée, votée à l'unanimité le 29 janvier 2025.
> Le régime des mollahs et des Gardiens de la Révolution Islamique se livre à un massacre de son propre peuple. Soyons fermement et concrètement aux côtés des Iraniennes et des Iraniens qui réclament de pouvoir se débarrasser de l'oppression et vivre libres !
> À la manifestation à Paris pour un Iran libre ! Libéré des mollahs, de l'obscurantisme, du terrorisme islamiste, de l'oppression des femmes, de la peine de mort, des Gardiens de la Révolution, de la torture et de l'emprisonnement des opposants politiques. Libéré de la Révolution Islamique ! Un Iran démocratique, laïc, qui participera à la sécurité et à la paix dans le monde.
● MoDem
Delphine Lingemann (députée)
> [Budget / Intervention à l’Assemblée] Un pays sans budget, c'est un pays fragilisé. Cette absence de budget, ce
n'est pas qu'une affaire de technicien, c'est aussi une question de stabilité
et de confiance. Parce que derrière un budget, il y a la capacité de l'État à
agir : pour notre défense, dans un monde qui se durcit ; pour nos
agriculteurs éprouvés par la crise sanitaire et aujourd'hui fragilisés par le
Mercosur ; pour nos entreprises qui ont besoin de visibilité pour investir
et pour embaucher.
Et il y a aussi le quotidien. Sans budget, la sécurité et la justice attendent avec des recrutements suspendus. Sans budget, nos territoires attendent eux aussi avec des dotations aux collectivités locales gelées comme le sont les projets d'infrastructures à l'image de la ligne Clermont-Paris. Sans budget, l'éducation nationale elle aussi attend et des milliers d'étudiants restent dans l'incertitude sur les concours de recrutement d'enseignement.
Plus le temps passe, plus la facture augmente et plus la confiance en notre capacité collective à aboutir s'érode. Avec mon groupe, nous avons un cap clair : tenir le déficit sous les 5%, maîtriser la dépense là où c'est nécessaire, trouver des recettes là où c'est juste, sans casser, ni le pouvoir d'achat, ni l'investissement.
Mais pendant que certains cherchent des solutions, d'autres alimentent la crise dans une alliance des extrêmes. Et souvent, ils le font ensemble, comme la semaine dernière en commission où le RN et LFI ont voté main dans la main pour supprimer la dotation aux collectivités locales. Autrement dit, pour fragiliser nos territoires et nourrir le chaos. Avec mon groupe, nous avons choisi la responsabilité et aujourd'hui, chacun doit prendre la sienne, comme le gouvernement.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Groenland : nous avons des leviers pour faire pression sur Donald Trump.
- L’OTAN
- L’accès à notre marché de 450 millions de consommateurs
- La dette américaine détenue par les banques centrales européennes
- L’outil anti-coercition.
> Iran : ce régime inique doit tomber. Et cela, par la seule volonté des Iraniennes et des Iraniens. L’Union européenne est à leur côté.
Bernard Guetta (député)
> [Opinion: Le remodelage du Proche-Orient] Talleyrand les en avait avertis.
« On peut tout faire avec des baïonnettes, disait-il, sauf s’asseoir dessus »
et cette profonde vérité, le Guide suprême iranien et son régime ne vont pas
tarder à l’éprouver.
Dans les prochains jours ou les prochains mois, ils tomberont. Après un
instant de bonheur fou, l’Iran devra se reconstruire tandis que le
Proche-Orient tout entier en sera remodelé. La chute de cette dictature
n’ouvrira pas les portes du paradis mais oui, elle tombera et tant mieux,
enfin, car elle n’a plus pour elle que des armes.
Balles, drones et chars, c’est d’elles dont le Guide suprême a menacé
vendredi les manifestants qui ne veulent plus ni de lui ni de son régime. Avec
des armes, on tue et on intimide. Elles comptent d’autant plus qu’en presque un
demi-siècle d’existence, la République islamique s’est forcément attaché des
groupes sociaux entiers, des millions de familles qui perdraient tout avec elle
et tenteront de la défendre mais les armes, ça s’épuise.
Il faut ou bien en racheter quand les arsenaux se vident ou bien avoir
quelque chose à proposer pour recréer un consensus minimum. Dans tous les cas,
il faut de l’argent, beaucoup d’argent, alors que le programme nucléaire, les
sanctions internationales et le financement du Hezbollah libanais, de la
dictature syrienne, des Houthis yéménites, des milices chiites irakiennes et de
tous les autres relais régionaux des mollahs, ont tant vidé les coffres qu’il
n’y a plus un sou à offrir aux Iraniens, pas plus en augmentation de salaires
qu’en infrastructures ou dépenses sociales.
Pas question non plus de faire à nouveau rêver ce pays de grandeur
nationale puisque la révolution iranienne n’inspire plus quiconque au
Proche-Orient et que les mollahs y ont perdu toute leur influence régionale en
y perdant leurs amis et obligés. Les mollahs n’ont plus même l’espoir de faire
durablement peur aux Iraniens maintenant qu’ils ont été incapables de résister
aux bombardements israélo-américains ou d’aller frapper Tel Aviv en
représailles.
Ce pouvoir est à l’os.
Ce pouvoir est à nu. Ce pouvoir est fini car sa seule véritable réussite,
l’accès des femmes aux études universitaires, s’est retournée contre lui depuis
que les étudiantes ont su imposer l’abandon du voile. Bien des militaires, des
figures et des soutiens du régime ne tarderont pas à se retourner pour se
refaire une virginité ou éviter de vaines atrocités.
Entre obstinés et pragmatiques, idéologues et réformateurs, aveugles et
réalistes, ce pouvoir ne pourra que se fracturer. Une page se tourne à Téhéran.
Espérons qu’elle soit aussi peu sanglante et longue que possible mais, en tout
état de cause, de grands changements s’annoncent.
Dès lors qu’il n’y a plus d’affrontement entre l’axe irano-chiite et les
puissantes sunnites pour assurer la pérennité des frontières, le fractionnement
des Etats dessinés par les partages coloniaux va s’accentuer.
Il est aujourd’hui à l’œuvre en Syrie où la question kurde pourrait bientôt
conduire à une intervention de la Turquie puis compromettre l’équilibre
communautaire du Liban limitrophe. Depuis longtemps autonome, le Kurdistan
irakien pourrait encore plus se détacher de Bagdad. En Iran même, les minorités
religieuses et nationales installées aux frontières du pays pourraient être
tentées par des aventures centrifuges.
Toute la région peut insensiblement être précipitée dans des tensions
mettant aux prises les puissances rivales que sont l’Arabie saoudite, la
Turquie, les Emirats et un Iran qui aurait bientôt retrouvé des alliés et des
forces. L’immense paradoxe est qu’Israël n’aurait alors plus d’adversaire
étatique et que l’ancienne vision iranienne d’un rapprochement des trois
puissances régionales non-arabes – Turquie, Iran, Israël – pourrait connaître
un retour en grâce.
> [Mercosur] A moyen et long terme, les Européens, nous compris, n'avons qu'intérêt à signer cet accord.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> [Interdire les réseaux
sociaux aux moins de 15 ans en France] Je suis convaincue que oui. On
veut protéger les jeunes d'endroits où il y a des pédocriminels, des images
violentes. Le fait
d'interdire le portable dans les collèges et bientôt dans les lycées, c'est une
première étape. Bien sûr qu'il est possible de détourner le contrôle parental
ou d'installer un VPN, et à la limite il ne s'agit pas du strict respect de la
règle mais de la compréhension de la gravité de la situation.
Je plaide pour qu'à l'instar de
l'Australie on intègre l'ensemble des plates-formes de jeux vidéo en ligne où
il y a une messagerie. C'est notamment le cas de « Roblox ». Les pédocriminels
se dirigent désormais vers les espaces de jeux en ligne où il y a de
l'interaction et où les préadolescents sont plus vulnérables.
> [Grok] J'ai saisi la justice française, ainsi que
l'Arcom et Pharos, parce qu'il y a des contenus à faire retirer immédiatement. Surtout,
j'ai saisi la commissaire européenne à la souveraineté numérique, parce que ça
tombe sous le coup du règlement européen sur les services numériques et du
règlement sur les marchés numériques, aussi bien dans le cas de Crans-Montana
mais aussi sur le fait de dénuder des enfants et de faire des images
pédocriminelles.
Ça tombe sous le coup de la loi ! On a
l'impression que c'est tellement puissant qu'on ne peut pas l'interdire, c'est
faux. Une IA qui déshabille des enfants n'a rien d'un jeu : c'est hors la loi.
> Un contenu pédocriminel sur deux est créé par de l'IA. Et c'est autant de temps perdu par nos enquêteurs qui cherchent les victimes.
> On a des poupées, des nounours qui embarquent de l'IA, sans écran. Des vrais succès de vente. Le plus connu, c'est Kumma, un ours en peluche « connecté », un jouet interactif qui répond aux questions. Il proposait des discussions sexuelles avec les enfants. Nous ne laisserons rien passer.
