Voici une sélection, ce 3 mai 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Je me suis entretenu avec Ali Zaydi, Premier ministre chargé de former le
prochain gouvernement irakien. Je l’ai félicité pour sa nomination et lui ai
adressé tous mes vœux de réussite dans cette mission décisive pour l’avenir de
l’Irak, dans un contexte régional particulièrement exigeant. J’ai également
rappelé mon souhait de voir aboutir rapidement l'enquête sur l'attaque qui a
coûté la vie au major Arnaud Frion et blessé plusieurs de ses frères d’armes,
le 12 mars à Makhmour. Un Irak stable, souverain et pleinement acteur de son
destin est essentiel pour la sécurité du Moyen-Orient comme de l’Europe. La France
continuera de se tenir aux côtés des Irakiens pour y contribuer et poursuivre
l’approfondissement de notre partenariat stratégique dans tous les domaines.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> Les premiers signes d’une reprise de la construction de logements sont là.
En mars, les permis de construire délivrés sont en hausse (+33 %) et les
logements commencés progressent nettement (+20 %), tant les immeubles que les
maisons. Sur un an, nous nous rapprochons des 400 000 logements autorisés par
les collectivités. Le plan Relance Logement et le projet de loi pour simplifier
et accélérer les constructions vont amplifier cette dynamique. Objectif : 2
millions de logements d’ici 2030.
> Il faut renforcer la protection de nos systèmes face à la multiplication des cyberattaques. Chaque service de l’État se voit confier des responsabilités claires en matière de cybersécurité. Les services cyber et de sécurité de l’État vont conduire des scénarios d'attaque sur nos systèmes. Des scénarios de crise, y compris de black-out numérique, seront anticipés pour faire face aux situations les plus graves. Des outils d’intelligence artificielle seront développés et déployés pour détecter les failles et vulnérabilités dans nos systèmes. C’est une question de sécurité et de souveraineté.
> Il faut augmenter nos moyens pour renforcer notre cybersécurité. Les cyberattaques visent nos services publics du quotidien : hôpitaux, éducation, impôts. Dans les pires scénarios, ces attaques peuvent permettre à un adversaire de la France de paralyser le pays. Des moyens supplémentaires sont engagés dès maintenant pour renforcer notre cybersécurité : -> 200 M€ mobilisés sur le budget de France 2030 -> Affectation des futures amendes de la CNIL à un fonds de modernisation du numérique (500 M€ en 2025) -> 5% des budgets numériques de chaque ministère pour le cyber dès 2027 Objectif : renforcer durablement la protection des Français.
> En ce 1er mai, les boulangers-pâtissiers artisanaux et les artisans fleuristes ouvrent avec des salariés volontaires, payés double. Le bon sens, c’était de respecter le dialogue social. Le bon sens, c’était de permettre à ceux qui travaillent traditionnellement ce jour-là de le faire. Le bon sens, ce n’était pas de permettre d’ouvrir aux activités industrielles. Avec respect, dialogue et sérieux, des solutions sont toujours possibles. Bon 1er mai à tous les Français.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Après l'agression choquante subie par notre compatriote religieuse à
Jérusalem, je lui ai exprimé ma vive émotion, mon soutien et mes voeux de
prompt rétablissement. L'auteur de cet acte odieux a été arrêté. La sanction
doit être exemplaire pour que cessent les actes anti-chrétiens qui se
multiplient en Terre sainte et que la France, attachée à sa mission historique
de protection des communautés et lieux saints catholiques, ne peut en aucun cas
tolérer.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> À Marseille, 70 lycéens débattent des droits des enfants en zones de
conflit, à l’occasion d’une simulation diplomatique avec l’UNICEF. Donner à
chaque jeune les moyens de prendre la parole, c’est lui donner les moyens pour
mener ses combats et défendre nos valeurs.
● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique,
de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la
nature
> L’Europe investit massivement pour le climat et la biodiversité.
Et si cette ambition européenne finançait directement vos projets ?
Le LIFE Programme de l’Union européenne ouvre son appel à projets 2026.
Ce programme soutient des initiatives concrètes au service de la transition
écologique :
- protéger la nature et la biodiversité
- accélérer l’économie circulaire et réduire les pollutions
- agir face au changement climatique, en atténuation comme en adaptation
- réussir la transition vers une énergie propre
Ce sont des projets réels, déjà à l’œuvre sur le terrain. Notre objectif est
d’en faire émerger davantage.
Collectivités, entreprises, associations, acteurs de la recherche : cette
opportunité est la vôtre. Le ministère sera pleinement mobilisé pour vous
accompagner.
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes
entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> Un sujet qui empêche beaucoup de chefs d'entreprises de dormir : comment
transmettre son entreprise ? Comment passer le relais à une nouvelle génération
d'entrepreneurs ?
C'est pour cela que j'ai réuni jeudi dernier plus de 600 chefs d'entreprises et
acteurs économiques à Bercy pour Objectif Reprise. C'est le résultat de 6 mois
de travail avec 200 acteurs pour aboutir à un plan de bataille collectif.
La reprise d'entreprise, c'est une grande cause économique nationale. D'ici
2030, 500 000 chefs d'entreprise partiront à la retraite. Derrière eux, 3
millions d'emplois sont concernés. Et aujourd'hui, 1 entreprise sur 2 ne trouve
pas de repreneur.
Je connais bien ce sujet. J'ai repris mon premier magasin à 26 ans, à
Fontenay-le-Comte... et je l'ai cédé il y a quelques années à l'un de mes
salariés.
Je connais cette envie du cédant de voir sa boîte lui perdurer. Et l'envie du
repreneur de prendre les rênes et de faire quelque chose de grand. Ces deux
envies sont là. Il faut les connecter.
Trois annonces concrètes pour changer les choses :
- On va mettre à disposition une application de mise en relation entre cédants
et repreneurs, comme un "Tinder de la reprise", en nous appuyant sur
les outils de Bpifrance.
- On va contacter tous les dirigeants de plus de 55 ans pour les sensibiliser
et leur proposer un accompagnement dans leur transmission.
- On met en place toute une boîte à outils de soutiens financiers et de
garanties pour soutenir la reprise d'entreprises. Certains existent mais
doivent être mieux connus, d'autres doivent être musclés pour correspondre aux
attentes. On le fait.
Fixons nous un objectif : 25 000 dirigeants accompagnés dès cette année.
J'ajoute un point central : la fiscalité. J'ai défendu le pacte Dutreil et je
continuerai de le défendre. Et je veux aussi que le budget 2027 soit l'occasion
de s'interroger sur la façon de toujours mieux faciliter la transmission,
notamment à des salariés.
Parce qu'entreprendre, c'est aussi reprendre.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Assez de faire des agriculteurs les boucs émissaires de tous nos défis
environnementaux. Ils ne sont pas le problème, ils font partie de la solution.
La ligne que je défends au Parlement est claire : libérer, protéger et
construire l’avenir de ceux qui nous nourrissent. Avec la loi d’urgence
agricole, nous choisissons d’agir, pas de désigner des coupables.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Crise démographique] Sujet majeur dont nous parlons régulièrement à
l’Éducation nationale, parce qu’il dessine notre école pour les 20 prochaines
années, et au-delà, notre modèle social et notre économie. C’est pourquoi j’ai
engagé, pour la première fois, des projections démographiques scolaires à 10
ans, et une nouvelle méthode partant du terrain dans 18 départements tests.
Anticiper, c’est agir plutôt que subir. Et donner une vision claire et stable
de notre service public d’éducation, c’est aussi rassurer celles et ceux qui
souhaitent fonder une famille.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> France 2030 soutient le New Space français. Avec Catherine Vautrin et
Roland Lescure, annonce du lauréat de l’appel d’offres pour des capacités
innovantes d’observation de la Terre : Loft Orbital, avec Magellium Artal Group.
Grâce au programme France 2030 piloté par le SGPI, l’État se positionne comme
client d’ancrage essentiel de la future constellation de 10 satellites
innovants et multi-senseurs, pour répondre aux besoins scientifiques et
gouvernementaux de souveraineté et de sécurité.
Construire une équipe de France du spatial ambitieuse, compétitive et innovante
est au cœur de la Stratégie Nationale Spatiale. Félicitations aux lauréats, aux
équipes du CNES pour leur mobilisation, et rendez-vous au Sommet international
sur l’espace organisé par la France les 9 et 10 septembre 2026 au Grand Palais
> Succès pour Ariane 6 ce matin depuis la Guyane française. La mission VA268 a placé en orbite 32 satellites de la constellation Amazon Kuiper, lors du 2e vol en version 4 boosters. Une nouvelle démonstration du savoir-faire européen et de notre autonomie d’accès à l’espace. Bravo à toutes les équipes.
Vincent Jeanbrun (ministre de la Ville et du Logement)
> Il faut rétablir l’ordre. Mais la politique publique doit marcher sur deux
jambes : l’ordre d’un côté, l’espoir de l’autre. La droite qui se caricature en
extrême droite, c’est dangereux, car à la fin, les électeurs préfèrent toujours
l’original à la copie.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> Le décret officialisant l'indemnité carburant pour 3 millions d'actifs «
gros rouleurs » est publié, avec une aide ciblée équivalente à 20cts/l. Une
mesure nécessaire pour soutenir les plus modestes face aux conséquences des
hausses des prix à la pompe.
Nicolas Forissier (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé du
Commerce extérieur et de l'Attractivité)
[ Accord économique et commercial global entre l’Union européenne et le Canada
(Ceta) / Intervention à l’Assemblée] Avant de vous donner les éléments dont
nous disposons aujourd’hui concernant les résultats du Ceta, et qui constituent
d’ailleurs un bon bilan, je tiens à dire qu’il faut recadrer la question dans
une perspective plus large : nous entretenons avec le Canada une relation
de confiance. Nous sommes partenaires parce que nous sommes engagés, la France
comme le Canada, en faveur d’un commerce international ouvert, prévisible et
fondé sur des règles, un commerce international qui nous permette de sécuriser
nos débouchés – c’est tout l’intérêt des accords commerciaux,
j’y reviendrai si vous le souhaitez – et de les élargir, et de sécuriser
également notre chaîne d’approvisionnement.
J’ai pu me rendre au Canada il y a deux mois pour vérifier combien ce
partenariat était solide. Il faut bien comprendre que nous sommes dans un
contexte d’amitié, de travail en commun et d’objectifs partagés, y compris dans
un contexte international évidemment très compliqué et qui est brutal en
matière de relations économiques, de commerce. Nous nous sommes, en tout état
de cause, engagés mutuellement à approfondir notre relation commerciale pour
compenser l’instabilité, notamment celle du partenaire américain, en tirant
pleinement tous les bénéfices du Ceta. C’était l’un des objectifs de mon
déplacement.
Je voudrais, dans ce contexte, vous présenter quelques éléments de bilan
relatifs à l’application du Ceta, avant de tirer plusieurs leçons de l’impact
de cet accord sur nos filières, notamment sur les filières sensibles sur le
plan agricole et, enfin, de voir ce que nous pouvons en tirer plus globalement
dans notre façon de négocier les accords commerciaux avec certains pays car,
comme vous le savez, beaucoup de choses évoluent dans ce domaine.
Tout d’abord, le bilan de l’accord. Depuis son entrée en application, en 2017,
le Ceta a permis d’augmenter d’un tiers le commerce de biens entre la France et
le Canada. On est passé d’un montant de 6,3 milliards d’euros à
9,2 milliards de 2017 à 2025, soit une augmentation de 2,9 milliards.
S’agissant du solde commercial, nous sommes légèrement déficitaires – moins
92 millions d’euros en 2025 –, mais je tiens à souligner que la
France a été excédentaire sept années sur les dix dernières années. Notre
commerce avec le Canada est donc relativement équilibré et plutôt à notre
avantage.
Si l’on se focalise sur les secteurs industriels, on constate que la plupart
ont enregistré une hausse de leurs exportations depuis 2017, en particulier les
produits chimiques et cosmétiques – en augmentation de 52 % –, les
textiles et les chaussures – en augmentation de 114 % –, les
machines, équipements mécaniques et électroniques – en
augmentation de 47 % – et les produits pharmaceutiques – en
augmentation de 36 %.
Mais j’en viens au cœur du sujet de ce soir : la balance commerciale avec
le Canada de notre secteur agricole et agroalimentaire.
En 2025, il a représenté 22 % du total des exportations françaises vers le
Canada. Le CETA a clairement soutenu les performances à l’export des filières
françaises : l’excédent commercial de l’ensemble des filières agricoles a
nettement augmenté, passant de près de 200 millions d’euros en 2017 à
presque 310 millions d’euros en 2025 – hors
oléagineux puisque ces produits avaient déjà été libéralisés avant l’accord.
La balance commerciale agricole et agroalimentaire est passée de
450 millions d’euros à 740 millions d’euros. Je souligne que l’accord
a été particulièrement bénéfique pour les boissons, principalement les vins et
spiritueux, notre excédent commercial étant passé de 475 millions d’euros
à 580 millions d’euros. La deuxième filière à avoir beaucoup bénéficié du
Ceta, est celle des produits laitiers, dont l’excédent commercial est passé de
37 millions d’euros à 68 millions d’euros – notamment
grâce aux fromages, j’y reviendrai. Je souligne aussi que pour les autres
produits transformés dans le domaine agricole et alimentaire – préparations
à base de viande, produits de la mer, sucreries, cacao, produits transformés à
base de céréales, pet foods, etc. – notre balance globale est
passée de 79 à 136 millions d’euros.
Par ailleurs, l’accord a permis de protéger le patrimoine alimentaire français.
Je pense que c’est un élément que vous connaissez, et il est important. Outre
les 500 indications géographiques qui étaient déjà protégées, notamment
celles des vins et spiritueux, l’accord a permis de protéger
42 indications géographiques françaises – je
pense au roquefort, au reblochon, au cantal et au saint-nectaire, mais aussi au
canard à foie gras du Sud-Ouest, au pruneau d’Agen, etc.
Il y a donc clairement un impact très positif pour un certain nombre de
filières et plus globalement une évolution très positive de notre commerce
extérieur avec le Canada, y compris dans le domaine agricole et
agroalimentaire.
Je voudrais insister sur un point : élu depuis toujours d’une région
d’élevage allaitant, je suis évidemment très sensible aux questions liées à
l’élevage bovin, et le Ceta était une des grandes inquiétudes des filières
concernées. Avec neuf ans de recul, ce qui permet tout de même de faire très
précisément le point, je veux souligner que l’impact de cet accord apparaît
extrêmement limité sur les filières sensibles.
Dès les négociations, la France avait été vigilante pour que l’Union européenne
n’accepte pas une ouverture trop grande des filières sensibles, notamment celle
de la viande bovine. Dans le cadre du Ceta, le contingent annuel de bœuf
canadien est de 49 000 tonnes équivalent carcasse (TEC) – 48 760
précisément, de mémoire –, auxquelles il faut rajouter
15 000 tonnes du contingent Hilton, antérieur à l’accord, et divers
autres contingents, pour un total de 70 000 TEC. Cela représente
0,7 % de la production de l’Union européenne. De leur côté, les quotas
d’importation de porcs sont de 75 000 TEC, soit 0,3 % de la
production européenne.
Ces contingents, relativement faibles, sont-ils utilisés ? Beaucoup
d’inexactitudes ont circulé, alors que les chiffres sont très clairs : les
importations de produits sensibles ont été extrêmement faibles, voire nulles.
En 2025, pour l’ensemble de l’Union européenne, les importations de viande
bovine en provenance du Canada ne se sont élevées qu’à 1 600 TEC,
soit près de dix fois moins que les exportations vers ce pays, d’un volume
d’environ 15 000 TEC. Pour ce qui concerne la France, sur la même
année, les volumes de viande bovine importée du Canada sont dérisoires et
anecdotiques : 18 TEC, alors que nous exportons beaucoup plus – 360 TEC,
de mémoire. Même si les volumes sont faibles, nous sommes excédentaires sur ce
marché.
Cela s’explique aisément car, comme vous le savez et comme nous l’avons
toujours dit, la filière bovine canadienne n’est absolument pas préparée à
répondre aux exigences sanitaires européennes. En 2022, l’Agence canadienne
d’inspection des aliments (Acia) estimait que seulement environ 40 fermes
canadiennes sur 75 000 étaient en mesure d’exporter de la viande bovine
aux normes européennes, c’est-à-dire sans hormones ni activateurs de
croissance, des produits totalement interdits à partir de septembre prochain.
Je crois même pouvoir dire que le chiffre exact était de 36 – je
m’en souviens car c’est le numéro du département de l’Indre. En dépit d’un
contingent Ceta proche de 50 000 TEC, les importations de viande
bovine sont donc restées quasiment nulles.
Il en va de même pour les autres filières sensibles. Les importations de
volailles, largement exclues de l’accord, sont quasiment nulles et celles de
sucre restent très faibles, à environ 20 millions d’euros, un chiffre en
baisse par rapport à 2023. De plus, elles concernent essentiellement du sirop
d’érable, un produit peu concurrent des productions françaises. De même, les
importations d’éthanol canadien sont très faibles, avec un volume de
4 111 tonnes.
Quelles leçons peut-on tirer de la mise en œuvre du Ceta en matière de
politique commerciale et de souveraineté alimentaire ? Nous pouvons nous
accorder sur le fait qu’il s’agit d’un très bon accord. Il l’a prouvé, puisque
les exportations françaises ont augmenté de 45 %. On peut se servir de la
façon dont il a été négocié et appliqué comme d’un bon guide en matière de
politique commerciale conjuguée à l’impératif de souveraineté alimentaire.
L’agriculture et l’agroalimentaire français en ont beaucoup bénéficié – c’est
particulièrement vrai pour les vins et spiritueux et pour la filière laitière,
notamment dans le domaine des fromages. Il ne s’agit pas de données théoriques
mais de résultats concrets, visibles depuis les cours de ferme, où ils se
traduisent en chiffre d’affaires et en emplois.
Loin des craintes de certains, en neuf ans, cet accord a montré son intérêt.
J’y insiste car, en tant que ministre du commerce extérieur, je soutiens qu’il
faut continuer à être conquérant sur les marchés à l’export. C’est un message
que j’essaie de transmettre tous les jours et c’est ce que nous faisons quand
nous modernisons l’accord avec le Mexique ou que nous avalisons le principe de
celui avec l’Australie, en cours de finalisation.
Là aussi, nous avons été protecteurs en étant exigeants vis-à-vis de la
Commission européenne sur sa façon de négocier, notamment à propos des filières
sensibles, comme celle du bœuf. Dans le même temps, de tels accords nous
permettent de sécuriser et de diversifier les débouchés des entreprises
françaises, notamment celles qui œuvrent dans nos points forts industriels ou
dans certaines filières agricoles ou alimentaires.
De ce point de vue, les négociations d’accords de libre-échange conduites par
l’Union européenne – c’est une de ses compétences –
correspondent bien à l’offre française, sous réserve que nous soyons exigeants.
Nous l’avons été dans la négociation du traité avec le Mercosur, pour protéger
les filières sensibles et pour obtenir de l’Union européenne les outils
nécessaires afin d’écarter tout risque de dérive. Comme je défends l’idée que
nous devons nous montrer conquérants, j’emmène dans tous mes déplacements des
représentants d’entreprises et de filières françaises. C’était le cas récemment
au Maroc avec les filières bovine et céréalière, pour mettre en avant l’offre
française.
La négociation du Ceta a été bien menée par l’Union européenne puisqu’elle a
abouti à des ouvertures limitées et à l’instauration d’outils de protection.
C’est la même chose avec nos amis australiens : quand la demande initiale
de Canberra portait sur 65 000 TEC de viande bovine, on arrive à un
chiffre maximal de 35 000 TEC, y compris les 4 600 TEC
préexistantes. De manière plus concrète, cela représente un steak haché par
Européen tous les trois ans. De plus, le fait que rien du contingent canadien
prévu par le Ceta ne soit consommé confirme que les craintes initiales des
filières à propos du cumul des contingents autorisés par différents accords
doivent être relativisées.
Le Ceta montre que le travail de conviction de la France vis-à-vis de l’Union
européenne sur les questions de législation, de normes de production et de
protection en matière sanitaire et phytosanitaire doit être poursuivi. Ce
traité a été le socle de la forte position française qui, au-delà de la
politique commerciale, constitue une réponse aux attentes de la société. Ainsi,
on s’est opposé au traité avec le Mercosur faute d’avoir obtenu des réponses
suffisantes de la Commission. Cette position ferme a par exemple permis
d’obtenir une clause de sauvegarde, plus renforcée que jamais, qui a été
réutilisée dans le cadre de l’accord avec l’Australie.
Des mesures miroirs arrivent enfin sur la table, voire sont mises en œuvre pour
trois molécules. Trois d’une longue liste, certes, mais c’est un début très
positif de la part de l’Union européenne. D’autre part, nous devons consacrer
beaucoup plus d’argent aux moyens de contrôle, y compris sur les lieux de
production. De ce point de vue, l’expérience du Ceta est intéressante puisque
des relations de confiance se sont développées, comme j’ai pu le vérifier à
nouveau il y a deux mois avec les autorités canadiennes à propos du suivi
sanitaire et phytosanitaire. Puisqu’on n’est jamais à l’abri d’un problème, il
faut être exigeant et continuer à mettre la pression sur la Commission,
notamment en matière de contrôles, comme l’accord Ceta l’a permis.
La position de la France est une position de force qui s’inscrit dans une
logique de conquête. On ne doit pas baisser les bras car le défi alimentaire
mondial est considérable : nous allons gagner 2 milliards d’habitants
d’ici à 2050, avec des moyens de production qui ne sont pas extensibles à
l’infini. Or la France a une expérience et un savoir-faire issus de générations
d’agriculteurs ou d’éleveurs qui lui permettent d’être regardée, attendue et
demandée. Elle doit être à la fois exigeante à propos de la protection des
filières sensibles et très conquérante.
D’autres accords commerciaux comme le Ceta devraient permettre de sécuriser les
débouchés des entreprises et des filières françaises et, ainsi, de contribuer à
relever le défi alimentaire mondial grâce à l’excellence de leurs produits et
au fait que la France est sans doute le pays où la production agricole est la
plus sûre sur le plan sanitaire.
Le défi n’est pas seulement quantitatif et il ne s’arrête pas aux
2 milliards de bouches supplémentaires à nourrir. Il est aussi qualitatif
parce qu’entre autres exemples, l’Inde, pays que je connais bien et où je
retournerai très prochainement, est passée en vingt ans d’environ
80 millions de consommateurs dotés d’un pouvoir d’achat comparable à celui
des Européens à 400 ou 500 millions.
Cette émergence d’une classe moyenne, qui va continuer, existe aussi en
Afrique, comme j’ai pu le vérifier récemment en Guinée. Ses membres ont de plus
en plus d’appétence à consommer des produits, locaux ou importés, alignés sur les
standards de sécurité sanitaire, de diversité et de transformation en vigueur
dans l’Union européenne et, en particulier, en France. Face au défi quantitatif
et qualitatif, nous avons toutes les raisons d’être conquérants, dans le cadre
d’accords commerciaux dont le Ceta est un exemple parfait de réussite.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Si la productivité en France avait eu la même trajectoire que celle des
États-Unis depuis 20 ans, le salaire médian français ne serait pas de 2200
euros nets par mois. Il serait de 3300 euros. C'est 50% de plus. L'innovation
est la meilleure réponse pour augmenter véritablement le pouvoir d'achat des
Français. Et pour y arriver, la France doit redevenir une grande nation de
scientifiques et d'ingénieurs.
> Sur les retraites, l'âge légal ne veut plus rien dire. Je propose de le supprimer pour ne garder que la durée de cotisation. Partir plus tôt avec moins, ou plus tard avec plus : donnons le choix aux Français. Et pour financer l'innovation, pour garantir l'avenir de notre modèle tout en augmentant les salaires nets, je propose de développer une part de capitalisation.
> Nous devons libérer le travail. Aujourd'hui, un salarié ne peut pas faire plus de 220 heures supplémentaires par an. Je propose de supprimer ce plafond. Ceux qui ont envie de travailler davantage pour gagner plus doivent pouvoir le faire librement.
> Il n'a jamais été question de toucher aux droits sociaux. Mais si des commerçants souhaitent ouvrir le 1er mai, et si leurs salariés sont volontaires pour travailler en étant payés double avec un jour de récupération, pourquoi les en empêcher ? C'est une question de bon sens et de liberté : laissons la possibilité de travailler à ceux qui le veulent.
> Si notre proposition de loi avait été adoptée, il n’y aurait pas de verbalisation aujourd’hui. On ne peut pas laisser les artisans verbalisés payer les pots cassés du flou juridique qui subsiste. Il faudra donc que les artisans verbalisés aujourd’hui voient leur amende annulée grâce à une mesure d’amnistie dans le projet de loi à venir sur le 1er mai. C’est tout à fait possible de le faire. On ne devrait pas être sanctionné quand on veut travailler.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Donc Olivier Faure, si je comprends bien, si Renault connaît une
croissance de ses bénéfices en France parce que sa production de véhicules
électriques progresse cette année, ils seront taxés comme des « profiteurs
de guerre du pétrole »? [comme TotalEnergies]
Est-ce qu’on peut essayer d’être un peu sérieux sur les sujets économiques et
éviter d’inventer une taxe pour chaque situation?
Jean-René Cazeneuve (député)
> [Marine Tondelier] Et si au contraire on travaillait collectivement + pour
financer la transition écologique ? La décroissance que vous proposez, c'est
l'appauvrissement de notre pays !
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à
l’Assemblée nationale)
> Droit du travail, ce que dit
le 1er mai
Ce matin, comme chaque 1er mai, on offre
souvent un brin de muguet. Un geste simple, chargé d’histoire, une tradition
qui rappelle les luttes, les espoirs immuables des travailleurs et leurs
victoires depuis le XIXᵉ siècle. Le 1er mai, dans l’histoire de France, c’est
la mémoire vivante des combats ouvriers, des grèves, des morts de Fourmies en
1891 et de tous ceux qui se sont battus pour les droits des travailleurs.
Pourtant, les jours
qui viennent de s’écouler ont vu se cristalliser, autour de la question du 1er
mai, un débat caricatural sur une question en réalité assez simple : celle de
sécuriser une pratique d’ouverture chez les boulangers et les fleuristes. Comme
s’il était besoin de se renvoyer totem contre totem, de faire un débat de
société pour régler une question très concrète.
Le Premier ministre nous a entendus et a
fini par trancher en ce sens : les artisans boulangers et fleuristes pourront
ouvrir aujourd’hui et un projet de loi gouvernemental viendra sécuriser leur
situation. Je m’en réjouis pour eux.
Mais l’on ne peut que regretter que notre
pays ne puisse avancer sans immédiatement s’affronter, chercher la querelle, y
compris sur les choses les plus simples.
Et donc, aujourd’hui, on célèbre le
travail et les travailleurs. Ceux qui sont amenés à travailler aujourd’hui dans
les services publics ou privés essentiels. Le 1er mai, l’on doit aussi penser à
ceux qui ne peuvent plus travailler, à ceux qui souhaiteraient travailler et
cherchent, enfin à ceux qui, ayant travaillé, sont désormais retraités.
Ces débats polémiques non liés au sujet
lui-même n’ont pas été à la hauteur de l’enjeu. Mais puisque le débat est
lancé, j’essaie d’y apporter, comme démocrate, quelques perspectives.
Il n’est nul besoin d’être de gauche pour
dire que sans ces combats nous n’aurions pas construit, singulièrement en
France, un système de protection et de droits à la hauteur de la transformation
profonde du travail et des droits humains les plus essentiels.
Et même si la construction du droit des
travailleurs ne peut être considérée comme immuable, comme intangible, cette
journée est un symbole. Elle est le symbole d’acquis et sans aucun doute de
combats à mener ensemble. Tel est le sens de cette journée. D’abord cela.
Et elle doit nous interroger sur les
nouveaux combats à mener pour que le travail reste un facteur d’émancipation,
de développement et de lien entre chacune et chacun d’entre nous.
Le combat, tout d'abord, d'un travail qui
permette de vivre dignement de son métier. Encore trop de Français occupent un
emploi sans pour autant échapper aux fins de mois difficiles et sans redouter
l’avenir. Et ce combat du travail et de sa rémunération ne peut être délié de
la mise à contribution excessive, à mon sens, du travail, des travailleurs et
de leurs entreprises à notre système social.
Le combat, ensuite, d’une vision
renouvelée du travail et de ses conditions d’exercice, à l’heure d’une nouvelle
transformation profonde de celui-ci : intelligence artificielle, télétravail,
bouleversements des métiers, système social à réinventer, concurrence
mondialisée. Autant de défis, de risques ou de chances à saisir.
Et dans une économie mondialisée, le 1er
mai doit nous inviter ensuite à réfléchir à un système international qui
permette ailleurs, comme c’est désormais le cas ici, de construire un droit
plus protecteur.
L’on ne peut à la fois accepter
implicitement des produits venus de si loin sans prendre conscience
collectivement de leurs conditions de production : « consommer ici » ne peut
s’affranchir du « travailler comment » ailleurs.
C’est une question de responsabilité et
c’est cette exigence que nous devons porter, au niveau européen comme mondial.
Enfin, ce débat nous offre l’opportunité
de revenir sur notre rapport au travail. Chaque génération a le devoir de le
repenser. Non pas comme une opposition entre travailleurs et travail, ni comme
une opposition entre le droit qui entraverait et les libertés qui
asserviraient. Le droit du travail et le droit au travail ne peuvent s’opposer.
Parce que le droit au travail, c'est
d'abord et peut-être avant tout la capacité donnée à chacun d'accéder à un
métier sans subir de discriminations, femmes comme hommes, jeunes comme
seniors, entrepreneur comme salarié, pour s’ouvrir un avenir meilleur.
C’est pourquoi, quand on pense comme nous
qu'aucune main invisible ne régule naturellement la société, le droit du
travail, comme tout droit, est ce qui protège. C’est cette vision que nous
défendons avec les députés Démocrates et celle que nous entendons porter à la
présidentielle.
Cette conviction est d’ailleurs au cœur
de notre courant de pensée démocrate. Elle vient du catholicisme social dont
nous sommes les héritiers politiques, mais également du gaullisme social.
Finalement, de tous ces modérés français qui ont toujours refusé de réduire
l’homme à sa fonction productive.
En politique, nous passons trop souvent
notre temps à dire ce qui ne va pas. Je prends le risque de voir le verre à
moitié plein : le 1er mai est aussi une promesse, celle que la justice peut
progresser, que la condition des travailleurs peut s’améliorer et que la
société peut être plus humaine.
Dans cette perspective, le travail joue
un rôle éminent d'émancipation à condition de chercher ensemble le bon
équilibre.
Cette promesse n’appartient ni à la
gauche, ni à la droite. Elle appartient à la France et aux Français et c’est
pour cela que ce jour si particulier nous rassemble et doit continuer de le
faire.
Éric Martineau (député)
[Accord économique et commercial global entre l’Union européenne et le
Canada (Ceta) / Intervention à l’Assemblée] L’accord commercial de
libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, signé en octobre 2016, est
appliqué, à titre provisoire, depuis le 21 septembre 2017. Mon groupe,
fidèle à ses valeurs de pragmatisme, d’ouverture régulée et de souveraineté,
aborde ce sujet avec une conviction : au-delà des postures, nous devons
regarder le bilan de ce partenariat avec objectivité.
Le Ceta repose sur un démantèlement tarifaire massif, avec la suppression de
98 % des droits de douane, dès 2017, portée à 99 % en 2024. Ce
démantèlement est quasi-total pour les produits industriels tandis que
l’agriculture fait l’objet d’une libéralisation partielle – environ
93 % des lignes tarifaires côté Union européenne. Rappelons qu’avant cet
accord, certains droits de douane canadiens pouvaient atteindre la barre
fatidique des 227 %, comme pour les fromages européens. L’un des choix
politiques structurants de cet accord est la protection de nos filières
sensibles par le recours à des contingents tarifaires.
Aujourd’hui, les faits sont têtus et viennent démentir les peurs souvent
agitées. Non, la menace de supermarchés français inondés de bœuf canadien ne
s’est pas matérialisée. Entre 2021 et 2023, seulement 3 % du contingent
d’importation de viande bovine a été utilisé. À l’inverse, notre agriculture
gagne des parts de marché avec des exportations de fromage vers le Canada qui
ont bondi de 71 % depuis 2017. Globalement, la France a même dégagé un
excédent commercial de 274 millions d’euros avec le Canada en 2024.
Cet accord est aussi un acte de souveraineté. Face au retour des tentations
protectionnistes et à l’imprévisibilité de certains partenaires historiques – suivez
mon regard ! –, nous avons un besoin vital de forger des alliances
avec des démocraties fiables. Être plus fort ensemble : oui, mais sans
rien céder sur nos principes. L’Union européenne continue d’interdire fermement
l’importation de viande issue de bovins traités aux hormones. L’ouverture ne
signifie donc pas la compromission de nos normes.
Laurent Crozier (député)
> [Prisons surpeuplées / Intervention à l’Assemblée] Nous avons
dans cet hémicycle un devoir de vérité sur l'état de nos institutions. Avec
plus de 87 000 personnes détenues pour un peu plus de 63 000 places
opérationnelles, la réalité de nos prisons est un défi pour notre
République.
La représentation nationale ne s'y trompe
pas. La sécurité de ceux qui servent l'État et la dignité de ceux qui sont
incarcérés sont indissociables. La surpopulation et l'indignité carcérale sont
non seulement le terreau direct des violences qui frappent nos agents
pénitentiaires, mais elles alimentent tragiquement la récidive. De telles
conditions de détention ne réinsèrent pas, mais préparent les drames de
demain.
Ce lundi matin, je me suis rendu à la
maison d'arrêt de Besançon afin d'apporter mon soutien aux surveillants
pénitentiaires. Les chiffres sont accablants. L'établissement compte 461
détenus pour 273 places. Le bâtiment des détenus condamnés est dans un état
déplorable. Cette réalité illustre à elle seule l'état de saturation du système
carcéral où se conjuguent surpopulation, condition de détention indigne et
manque d'effectifs de surveillants.
Monsieur le ministre, face à cette
urgence, nous saluons votre pragmatisme avec le déploiement de places de prison
modulaires comme à Mayotte. Toutefois, l'incarcération ne peut pas être notre
seule arme. La réponse pénale doit impérativement devenir multiple pour
soulager nos maisons d'arrêt et nos agents pénitentiaires. Les surveillants, en
grève actuellement, nous alertent sur leurs conditions de travail et sur une
véritable crise des vocations.
● Parti radical
> Prix du lait : défendre avec force nos producteurs !
En avril 2026, le prix du lait est tombé au seuil symbolique de 400 euros
pour 1 000 litres, en prix de base. Un recul brutal : en 2025, ce même prix
oscillait entre 468 et 500 euros, toutes primes comprises. Cette baisse
progressive s’explique par un contexte mondial difficile, tensions au
Moyen-Orient pesant sur les transports, volatilité des marchés internationaux,
mais elle ne doit pas masquer une réalité simple : nos producteurs laitiers
sont en danger.
Ils font déjà face à des charges lourdes, GNR, engrais, charges fixes, qui
n’ont pas diminué. Leur trésorerie est sous pression et leurs revenus, en chute
libre. La Fédération nationale des producteurs de lait et leurs syndicats
réclament, à juste titre, un redressement rapide du prix payé à la production.
Car contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de surproduction globale de
lait. Le beurre, lui, se raréfie et les importations étrangères comblent le
vide laissé par une filière domestique fragilisée.
Dans ce contexte, les déclarations du PDG de Lactalis, premier groupe laitier
mondial, font froid dans le dos. Évoquant la nécessité de « répercuter les
surcoûts auprès des clients », il n’a pas dit un mot sur la situation des
producteurs. Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, Lactalis a
réalisé 31,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 2,9 %, avec
un bénéfice net en progression d’environ 50 %. Un dynamisme indéniable, qui
devrait s’accompagner d’un respect élémentaire envers celles et ceux qui le
rendent possible.
Au lieu de cela, le groupe se montre prompt à contourner la loi Egalim via
des collectes à l’étranger, aligné sur les prix mondiaux plutôt que locaux, et
réticent à toute revalorisation sérieuse. Transformateurs et grands
distributeurs ont des responsabilités, économiques, financières et humaines.
La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a rappelé la nécessité de renouer
le dialogue entre acteurs de la filière et de prendre réellement en compte les
coûts de production pour établir un prix rémunérateur. Elle doit désormais se
traduire en actes.
Le Parti radical s’y engage avec conviction : « Nos agriculteurs, nos
éleveurs, nos producteurs sont le socle de notre souveraineté alimentaire. Ils
méritent mieux que des promesses, ils méritent un prix juste » précise André Piazza,
secrétaire national Agriculture, Pêche, Mer du Parti radical.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
> Le RN n'a pas changé. Il ne défend ni les droits des femmes, ni ceux des
minorités. Personne n'est surpris, évidemment. Mais il est important de le
rappeler. Cette semaine, le Parlement européen a exhorté l'UE à se doter d'une
définition commune du viol fondé sur le non-consentement. Il a également appelé
à interdire les « thérapies » de conversion dans toute l'Europe. Des prises de
position fortes et nécessaires que nous avons toujours défendues. Le RN ? Le RN
a voté contre l'inscription du non-consentement dans la définition commune du
viol. Contre. Révoltant. Une Européenne sur trois est victime de violences
sexuelles. Avoir une définition européenne du viol fondé sur le
non-consentement, c'est protéger les femmes. Sur l'interdiction des « thérapies
» de conversion, le RN s'est abstenu. Il n'a donc pas soutenu un texte appelant
l'UE à interdire une fois pour toutes ces pratiques abjectes. Une honte. L'extrême
droite n'est jamais du côté des droits des femmes. L'extrême droite n'est
jamais du côté des droits des minorités. Jamais. Ne l'oublions pas.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> [Crise démographique] Dear Boris Johnson, de même que le Brexit n’était
pas une idée de génie, le déclin démographique n’est pas une bonne nouvelle !
Shocking! La crise démographique que l’Europe connaît n’est pas une « la
meilleure nouvelle mondiale depuis longtemps » : c’est un défi majeur que
nous devons relever. Le problème n’est pas le nombre d’habitants dans nos pays,
mais le ratio jeunes / vieux, actifs / inactifs. Et il se dégrade
dangereusement… En France comme dans la plupart des pays européens, nous sommes
entrés dans une phase nouvelle : un hiver démographique. Ce solde naturel
négatif que nos pays connaissent n’est pas anecdotique. C’est un tournant
historique. Le qualifier de « bonne nouvelle », c’est ignorer ses
conséquences massives sur notre modèle social, notre économie et notre cohésion
nationale. D’abord, il y a une réalité simple : sans renouvellement des
générations, notre société vieillit rapidement. Cela signifie moins d’actifs
pour financer davantage de retraites, de soins, de dépendance. Ce n’est pas une
hypothèse d’école, c’est une équation budgétaire douloureuse. Ensuite, ce choc
démographique est déjà visible partout. Moins d’enfants, ce sont des écoles qui
ferment, des territoires qui se vident, des services publics qui reculent.
Depuis 2010, la France a perdu 6 000 écoles primaires. Ce phénomène n’est pas
neutre : il fragilise l’égalité républicaine et accélère le sentiment d’abandon
dans de nombreuses zones rurales. Enfin, expliquer que la baisse de la
population allégerait la pression sur l’environnement est un raisonnement à
courte vue ! Car une société qui vieillit est aussi une société qui innove
moins, investit moins, prend moins de risques. Or, la transition écologique
exige précisément l’inverse : dynamisme, innovation, projection dans l’avenir.
Considérer ce déclin comme une évolution « naturelle » revient à
renoncer à toute ambition collective. La crise démographique n’est pas une
fatalité. Elle dépend de la confiance dans l’avenir, de la politique familiale,
de l’accès au logement, de la conciliation entre vie professionnelle et vie
personnelle. Oui, il faut aussi adapter notre modèle. Oui, il faut penser
différemment la durée du travail, la productivité, ou encore les politiques
migratoires. Mais non, nous ne pouvons pas nous satisfaire d’un lent déclin !
Le choc démographique est un défi profond, qui oblige à agir.
> La dénatalité est un (le?) phénomène majeur qui touche notre pays ! Dès mardi, une nouvelle note concrète et détaillée du Plan sur cet enjeu, et la question des politiques familiales. Est-ce que ça marche ? Est-ce suffisant ? Surtout, ce choc démographique change tout : dans l’éducation nationale, c’est un bouleversement « sismique » (Edouard Geffray). Depuis 2010, 6000 écoles maternelles et primaires ont fermé en France ! Et le choc se poursuit. Avec des conséquences majeures pour tous les Français. On a le devoir de le planifier : comment réorganiser le système éducatif, (ré)aménager le territoire, recruter dans les métiers en tension, financer la sécurité sociale… ?
> Le 1er mai reste un jour à part : symbole de conquêtes sociales, moment de mobilisation et de revendication, ou de respiration. Une journée d’engagement aussi, pour celles et ceux, notamment dans nos services publics, qui ne s’arrêtent pas, au service de tous. À ceux qui produisent, bâtissent, nourrissent, protègent, forment, soignent… Vous construisez l’avenir de notre pays. À tous les travailleurs de France, bon 1er mai !
