En ce troisième millénaire après Jésus-Christ, nous vivons toujours dans un monde où la haine des Juifs est présente un peu partout dans le monde, haine dont l’origine part de l’accusation par les chrétiens que ceux-ci seraient les responsables de la mort de celui qu’ils considèrent comme le Messie et le fils de Dieu, voire Dieu lui-même s’étant fait homme.
Même si nous savons que c’est un mensonge, l’antisémitisme se nourrit constamment de toutes les frustrations et de l’obscurantisme ce qui fait que la haine de ce peuple ou de cette religion est présente dans tous les courants politiques et plus particulièrement chez les extrêmes, bien sûr celui de droite mais également celui de gauche.
Les massacres perpétrés contre les Israéliens par le Hamas le 7 octobre 2023 et la réponse du gouvernement Netanyahu à Gaza, a réveillé les démons de l’antisémitisme qui se manifeste de plusieurs manières.
L’une d’elle est la critique d’Israël en tant qu’Etat avec cette idée que les Juifs auraient colonisé la Palestine, oubliant que l’ensemble de la communauté internationale sauf les nations arabes, avait encouragé puis reconnu sa création notamment en regard de la Shoah mais également de la persistance d’un antisémitisme en Europe dès la fin de la Deuxième guerre mondiale qui faisait qu’il y avait urgence à trouver une terre d‘accueil pour les Juifs.
Afin d’éviter que la critique de l’Etat hébreu ne devienne le réceptacle principal et, tout au moins, une voie d’entrée à la haine des Juifs, une proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan du groupe Renaissance devait être discutés de jeudi à l’Assemblée.
Les partis d’extrême-gauche ont alors lancé une pétition contre ce texte au motif qu’il faisait en sorte de pénaliser tous ceux qui critiqueraient le gouvernement israélien, ce qui était évidemment faux puisque celui-ci ne comptait sanctionner que ceux qui demanderaient la destruction d’Israël.
Devant cette offensive, le texte a été retiré de la discussion à l’Assemblée et un nouveau sera préparé par le gouvernement sous forme d’un projet de loi qui devrait être discuté en juin prochain.
Si l’on peut discuter de la rédaction de la proposition de Renaissance, en revanche, on ne peut être que très désagréablement surpris que la pétition ait été signée en quelques jours par plus de 700.000 personnes, ce qui est manifestement plus un acte contre Israël que contre le texte lui-même, dont, quelque part, contre les Juifs.
On ne peut que regretter cette mobilisation qui montre que le rejet de l’antisémitisme est loin de faire consensus dans la société française qui a oublié qu’elle l’a porté et qu’elle continue à avoir dans son sein nombre de partisans de cette ignominie, comme celles du racisme et de la xénophobie.
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