Il n’est guère surprenant que Donald Trump ne sache pas où il va à part de tenter de se glorifier et de se remplir les poches.
Cela a toujours été le cas et, en l’occurrence, chez lui, l’occasion fait le larron.
Ainsi, pour trouver le moyen d’occuper l’espace, de contenter sa mégalomanie narcissique mais aussi pour faire oublier tous les échecs, l’extrémiste populiste de la Maison blanche saute sur toutes les occasions qui se présentent sans même se préoccuper d’une quelconque cohérence de sa politique.
C’est ce qui est en train de se passer avec son attaque de l’Iran qui lui permet de se remettre en scène, espère-t-il positivement si les circonstances vont dans son sens, et de mettre sous le tapis ses problèmes et notamment l’affaire Epstein où il est de plus en plus acculé par les révélations tant de ses agissements que par les tentatives de les cacher au peuple américain.
Dès lors, quand Netanyahu lui propose d’en finir avec le régime des mollahs, lui qui n’a jamais rien fait pour se débarrasser de cette dictature religieuse et qui n’a pas levé le petit doigt lorsque le peuple iranien s’est fait tirer dessus avec des dizaines de milliers de morts par les gardiens de la révolution, il y voit une opportunité à saisir.
Sauf qu’il n’a aucun plan et qu’il ne sait pas où il vaut aller en allant bombarder Téhéran et les autres grandes villes iraniennes ainsi que les installations militaires et nucléaires.
Ce qui lui permet de changer d’heure en heure sur ce qu’il veut faire jusqu’à dire qu’il pourrait tout arrêter si le régime en place fait amende honorable puis d’affirmer qu’il ne s’interdit pas d’envoyer des troupes au sol, ce qu’il avait promis de ne jamais faire lors de sa campagne présidentielle.
Quel contraste avec Benjamin Netanyahu qui, s’il est aussi dans la démarche de faire oublier toutes les casseroles qu’il traine derrière lui et qui devrait théoriquement faire qu’il soit en prison, comme Trump d’ailleurs, sait exactement ce qu’il veut, la chute des mollahs, la destruction des capacités militaires de l’Iran et un nouveau régime qui serait l’ami d’Israël et il a un plan pour y parvenir.
Dans l’affaire, sans conteste, le chef de l’opération «lion rugissant», comme on l’appelle en Israël mais aussi de l’opération «fureur épique», sa dénomination étasunienne, c’est le premier ministre israélien, pas le président américain.
Non seulement Netanyahu a réussi à manipuler Trump mais il fait tout pour que ce dernier soit incapable de se sortir de l’opération avant le terme qu’il lui a fixé.
Une fois de plus l’incompétence et l’incapacité de Trump se révèlent dans ses propos et dans ses décisions mais aussi la facilité avec laquelle on peut le manipuler, ce qu’a très bien compris Netanyahu.
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