Voici une sélection, ce 20 juillet 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> J’adresse mes félicitations à Andy Burnham pour sa nomination comme
Premier ministre du Royaume-Uni. Face aux défis qui nous rassemblent, je forme
le vœu que nous approfondissions la relation au service de nos peuples et en
donnant un nouvel élan au partenariat entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.
Je tiens également à saluer l’action de Keir Starmer, dont l’engagement au
service de son pays a contribué à renforcer la coopération entre le
Royaume-Uni, la France et nos partenaires européens.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> [Manifestation antisémite de LFI à l’encontre de la DJ Barbara
Butch] Je condamne avec la plus grande fermeté l’interruption du concert de
Barbara Butch hier soir au festival Cabaret Frappé à Grenoble par des militants
propalestiniens dont certains membres de la France insoumise. L’antisémitisme,
les intimidations et les pressions n’ont pas leur place dans notre République.
Empêcher une artiste de se produire est une atteinte inacceptable à la liberté
d’expression et de création.
> Un peu moins de
40 000 hectares de forêt ou de végétation ont brûlé en France depuis le début
de l'année, ce qui est évidemment beaucoup plus que tout ce qui a été brûlé
l'année dernière et, à la même période, beaucoup plus qu'en 2022, qui était
déjà une saison exceptionnelle. (…)
la France a suffisamment de moyens pour
lutter contre ces incendies avec une flotte aérienne d'un peu moins de 70
appareils. Elle compte douze Canadair, huit avions Dash, douze hélicoptères
bombardiers d'eau, six avions bombardiers d'eau dont des avions Air Tractor,
plus une trentaine de moyens aériens des services départementaux d'incendie et
de secours (Sdis). De plus il y a bien
eu une commande de quatre Canadair, deux qui arriveront en 2028 et deux qui
arriveront en 2032.
> [Feux de forêt] 111 interpellations pour la France entière dont une grande partie reconnaît les faits
> [Feux de forêt] Neuf feux sur dix sont d'origine humaine.
> Alès est un territoire très convoité par la DZ Mafia, je le confirme. Il faut prendre très au sérieux les menaces contre le maire. (…) Alès, c'est un territoire où les effectifs de police judiciaire de Nîmes font un travail remarquable, démantèlent des réseaux et forcément, ça crée des convoitises. (…) Nous pensons effectivement qu'un certain nombre d'éléments marseillais s'intéressent de près à ce territoire, comme c'est le cas d'ailleurs à Carcassonne où il y a eu un règlement de compte.
> Croyez-vous que les policiers et les gendarmes font usage de leur arme avec plaisir, avec goût, avec passion ? Certainement pas.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> La Commission européenne inflige une amende historique de 550 millions
d’euros à AliExpress pour des violations graves du Digital Services Act.
Avec mes collègues Serge Papin et Anne le Hénanff, nous avions déjà saisi à
plusieurs reprises les autorités européennes pour alerter du risque systémique
que les dérives et pratiques illicites de ces plateformes font peser sur les
Européens.
Cette décision fait suite à l'initiative portée par la France à Bruxelles le 27
novembre 2025 puis à un courrier commun de l’Autriche, la Belgique, l’Espagne,
la France, la Grèce, la Hongrie, l’Italie et la Pologne, appelant la Commission
européenne à renforcer l’application du droit européen.
Le respect des règles européennes n'est pas une option : il constitue la
condition indispensable pour accéder à un marché de près de 450 millions de
consommateurs.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Ce 19 juillet, la France honore la mémoire des victimes des crimes
racistes et antisémites de l’Etat français, et rend hommage aux « Justes » de
France. Qui étaient ces « Justes » ? Des milliers de femmes et d'hommes
ordinaires, souvent parmi les plus humbles, qui suivirent leur conviction, leur
instinct ou leur cœur en prenant tous les risques dans le plus grand secret
pour aider les Juifs à survivre aux persécutions de la Gestapo et aux crimes de
Vichy. Secours, nourriture, vêtements, abris, faux-papiers, passage vers la
Suisse : autant de gestes de générosité et de courage qui ont permis aux trois
quarts des Juifs de France de survivre et d’échapper à la déportation. L’un des
plus beaux exemples de cet élan de résistance est celui du village du
Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire, dont la population toute entière s’est
mobilisée pour accueillir dans des pensions de familles et des fermes de très
nombreux enfants arrachés aux camps d’internement. Ces lumières qui «
refusèrent de s’éteindre » dans les ténèbres de la haine, comme le dit Simone
Veil lorsqu’ils entrèrent au Panthéon, sauvèrent l’âme de la France quand tout
semblait perdu. Elles doivent continuer à nous inspirer, et nous guider.
> Dimanche soir deux agents de l'ambassade de France en Iran ont été la cible d'une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens, en violation flagrante des immunités diplomatiques dont ils bénéficient. Détenus sans raison pendant plusieurs heures, interrogés et, pour l'un d'eux, molesté, ils ont finalement pu rejoindre l'ambassade où ils sont désormais en sécurité dans l'attente de leur retour en France dans les prochaines heures. Cette agression est d'autant plus choquante que ces deux agents portent nos programmes de soutien à la société civile et notamment aux artistes et scientifiques iraniens. Je les ai félicités pour leur courage dans l'exercice de leur mission qui place la France à l'avant-garde du soutien au peuple iranien que nous n'abandonnerons pas. Je leur ai dit ainsi qu'à notre Ambassadeur tout mon soutien et toute ma solidarité dans l'épreuve qu'ils ont subie. J'ai fait savoir au ministre des Affaires étrangères de l'Iran que cette atteinte gravissime et inadmissible à l'intégrité de nos agents ne pourra rester sans conséquence.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> J’étais à Orléans pour la cérémonie nationale en mémoire des victimes des
crimes racistes et antisémites de l’État français et en hommage aux Justes de
France. Dans notre département du Loiret, les camps de Pithiviers et de
Beaune-la-Rolande ont vu transiter des milliers de femmes, d’hommes et
d’enfants avant leur déportation vers Auschwitz. Leur mémoire nous oblige.
Honorons les victimes. N’oublions jamais le courage des Justes. Face à
l’antisémitisme, au racisme et à toutes les formes de haine, la vigilance est
un devoir.
Marina Ferrari (ministre des Sports, de la Jeunesse et
de la Vie associative)
> La jeunesse est au cœur de l'amitié franco-allemande. À l'issue du Conseil
des ministres franco-allemand, la France et l'Allemagne ont réaffirmé leur
volonté de renforcer notre coopération en faveur de l'engagement des jeunes et
de la société civile. Nous soutenons le projet d'intégration du Fonds citoyen
franco-allemand au sein de l'Office franco-allemand pour la Jeunesse. En
réunissant l'engagement citoyen et la coopération pour la jeunesse dans un même
cadre institutionnel, nous créerons de nouvelles synergies au service de notre
volonté : permettre à toujours plus de citoyens de s'engager, de se rencontrer,
de construire des projets ensemble et de faire vivre l'amitié franco-allemande.
Parce qu'investir dans notre jeunesse et l'engagement citoyen, c'est investir
dans l'avenir de l'Europe et dans la protection de nos démocraties.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Quand on viole des enfants, quand on brise leur innocence et leur enfance
: on mérite la perpétuité. La gauche s'y est opposé. C'est indigne. Et vous
êtes si nombreux à vous indigner à juste titre ! Au nom du gouvernement, j'ai
demandé un nouveau vote. Il aura lieu mardi. Que chacun soit au rendez-vous de
ses responsabilités !
> Une seule question sera posée mardi aux députés : êtes-vous pour ou contre la perpétuité pour les violeurs d'enfants ? Êtes-vous au rendez-vous de la protection de nos enfants ? Ce n'est pas une question politique. C'est une question d'humanité.
> 84 ans après la rafle du Vel d’Hiv, nous n’oublions rien. Ni les 13 000 victimes dont 4115 enfants. Ni la responsabilité de l’Etat français. Ni les Justes qui ont sauvé des Juifs et notre honneur. Alors que l’antisémitisme frappe encore en France, ne perdons pas la mémoire et dressons-nous. C'est notre responsabilité.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Faire vivre la laïcité : Participez au Prix de la laïcité 2026 ! La
laïcité n'est pas une idée abstraite. C'est un principe vivant, qui garantit à
chacune et chacun la liberté de croire, de ne pas croire, de changer de
conviction, de pratiquer une religion ou de n'en pratiquer aucune. Chaque jour,
partout en France, des citoyens, des associations, des enseignants, des élus
locaux, des collectivités et des établissements s'engagent pour transmettre ce
principe essentiel de notre pacte républicain. Défendre la laïcité, c'est
défendre une République qui protège les libertés et qui rassemble. Notre
République a besoin de l'engagement de chacune et chacun d'entre nous. L'an
dernier, près de 300 projets ont été proposés partout en France : expositions,
podcasts, projets éducatifs, créations artistiques, initiatives citoyennes.
J'ai été particulièrement marquée par l'engagement des jeunes, qui nous
rappellent que les valeurs de la République ne sont pas seulement des mots : ce
sont des actes. Vous portez un projet pour expliquer, promouvoir ou faire vivre
la laïcité ? Candidatez avant le 19 octobre sur http://laicite.gouv.fr
! Comme chaque année, les lauréats seront récompensés le 9 décembre prochain, à
l'occasion de la Journée nationale de la laïcité. Je compte sur votre
mobilisation citoyenne !
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Signature de la nouvelle feuille de route entre McDonalds, France Travail
et le réseau Cap emploi. Ce partenariat permettra d’accompagner près de 8 000
recrutements d’ici à 2030, en allant chercher les compétences et les talents
au-delà des seuls diplômes. Chez McDonald’s, 82 % des managers et directeurs de
restaurant ont commencé comme équipiers. C’est la preuve qu’un premier emploi
peut ouvrir la voie à un véritable parcours professionnel. Cette dynamique
repose aussi sur la formation et l’apprentissage, qui permettent chaque année à
de nombreux jeunes d’acquérir des compétences, de progresser et de construire
leur avenir !
Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et
des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée
de la Mer et de la Pêche)
> Protéger la mégafaune marine : une responsabilité collective
En déplacement dans le Var, j'ai embarqué pendant 24 heures en mer à bord du
bateau WeExplore, pour observer, écouter et mieux comprendre les cétacés de
Méditerranée. Une immersion qui rappelle que la protection de ces géants des
mers, aussi fascinants que fragiles, est notre responsabilité collective.
Dauphins, cachalots, rorquals… Ces espèces, souvent discrètes, subissent les
conséquences de nos activités : bruit des moteurs, collisions, dérangement,
pollution. La saison estivale bat son plein, et avec elle, les risques de
dérangement. Cet été, nous pouvons adopter les bons réflexes pour limiter les
impacts de nos activités avec 4 réflexes à adopter :
- 100 mètres minimum : que vous soyez en bateau, kayak, paddle ou jet-ski, il
est interdit de s'approcher à moins de 100 mètres des cétacés, c'est une
question de sécurité, pour eux et pour vous.
- Ralentissez et observez sans perturber : si vous croisez des cétacés, coupez
le moteur ou réduisez votre vitesse. Ne les poursuivez pas, ne changez pas de
trajectoire pour les "suivre".
- Pas d’encerclement : les cétacés doivent pouvoir circuler librement. Les
bloquer ou les encercler est un stress inutile.
- Silence, on tourne ! Photographes et influenceurs, montrez l’exemple : zoomez
plutôt que d’approcher. Une belle image ne vaut pas une espèce en danger.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Grâce à Sébastien Lecornu, le Fonds vert sera porté à 1 milliard d’euros
en 2027. C’est un engagement très fort du budget de la Nation pour continuer à
nous adapter au dérèglement climatique, comme ici en forêt de Chantilly.
> La mise en œuvre de la consigne proposée par le Président de la République est une mesure efficace et de bon sens en faveur de l’écologie. Les Français en sont pleinement conscients. On avance, dans la concertation et le dialogue
● Autres ministres
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Je me suis battu pour obtenir un budget historique pour le ministère de la
Justice en 2027. 1400 emplois supplémentaires, notamment des magistrats,
greffiers, agents pénitentiaires. Près de 500 millions € de budget
supplémentaire pour faire notamment notre transformation numérique. Pour une
Justice modernisée, plus rapide, plus efficace, plus protectrice des victimes
et de la société.
> J’ai longuement échangé avec Christophe Rivenq, maire courageux d’Alès, qui fait l’objet de menaces graves de la part des narcotrafiquants. Je lui ai apporté tout mon soutien et l’ai assuré de la pleine mobilisation des magistrats et agents du ministère de la Justice, que je remercie, pour mener à bien l’enquête qu’ils ont ouverte, avec les forces de l’ordre. Il se bat chaque jour pour la sécurité des habitants de la magnifique ville d’Alès. Il peut compter sur le soutien du ministère de la Justice, puisque nous créerons bientôt, à sa demande, un poste de juge des enfants au tribunal judiciaire d’Alès.
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes
entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> Faire grandir une économie qui concilie performance économique,
gouvernance démocratique et utilité sociale : c’est un choix d’avenir.
J'ai eu le plaisir d’accueillir les délégations de Croatie, de Grèce, du
Portugal et de la Région Wallonie pour un atelier consacré aux bonnes pratiques
en matière de financement de l’Economie Sociale et Solidaire. Parce que ce
modèle, d'autres pays veulent le comprendre et s'en inspirer.
Je viens du monde coopératif. Je sais ce que cette solidarité vécue sur le
terrain représente. Et je suis convaincu qu'elle peut aujourd’hui changer
d'échelle.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : près de 3 millions de salariés, 13 millions
de bénévoles, plus de 9 milliards d'euros de dons et 22 milliards de soutien
public chaque année. L'ESS est souvent là où les autres modèles peinent à
répondre : circuits courts, réemploi, services de proximité, alimentation
durable.
C'est pour l'amplifier que nous adopterons le 9 juillet prochain la Stratégie
nationale de l'ESS. Une feuille de route à 10 ans construite avec les
territoires et les réseaux.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> [Activité parlementaire] Les travaux ont été denses et exigeants :
plus de 42 textes ont été promulgués. Je veux d’ailleurs saluer l’engagement et
l’implication des parlementaires. Cela démontre par ailleurs que la stratégie
des « petits pas méthodiques » de Sébastien Lecornu a
fonctionné. Trois grands piliers ont structuré ces derniers mois.
Le premier, c’est la sécurité des Français, avec le texte sur la justice
criminelle qui réduit les délais de jugement et confère davantage de place aux
victimes dans la procédure, le projet de loi Ripost qui propose un arsenal de
mesures contre les troubles à l’ordre public, de la consommation de protoxyde
d’azote aux rodéos urbains en passant par les free parties, et enfin le
projet de loi sur la protection de l’enfance examiné en ce moment à l’Assemblée
nationale.
Le deuxième pilier, c’est la souveraineté du pays : je pense à
l’actualisation de la programmation militaire qui prévoit 36 milliards
d’euros de ressources supplémentaires réparties sur la période 2026‑2030, ainsi
qu’à la loi dédiée à la relance des investissements dans les barrages
hydroélectriques, un véritable atout énergétique français. Et, évidemment, la
Programmation pluriannuelle de l’énergie et le plan électrification.
Le troisième pilier, c’est la priorité donnée au travail et à la maîtrise de
notre modèle économique et social, avec un texte qui permet de mieux lutter
contre les fraudes sociales et fiscales, et avec la réforme de l’assurance
chômage qui encadre les ruptures conventionnelles et permettra de réaliser un
milliard d’euros par an d’économies à terme. Voilà notre cap : préparer
l’avenir du pays sur quelques sujets clés qui ne peuvent attendre, et répondre
sujet par sujet au quotidien des Français, notamment face aux crises qui se
succèdent.
> [Loi sur la fin de vie] Je respecte le choix
souverain des parlementaires, mais j’ai fait part très tôt de mes grandes
réserves sur ce texte. Si j’avais été députée, j’aurais voté contre. Le suicide
assisté ne représente à mes yeux ni un progrès, ni un acte de solidarité ou d’humanisme.
Il ouvre également selon moi une forme de boîte de Pandore : comment
garantir que l’exception ne finisse pas par devenir la norme ? (…)
La saisine du Conseil constitutionnel par le Premier ministre s’est faite en
concertation avec le président de la République. Sébastien Lecornu est dans son
rôle. Certains sujets s’écartent du texte initial et il n’a voulu laisser
aucune place au doute sur la constitutionnalité du texte.
Cela permettra de clarifier les conditions d’application de la loi lorsqu’il
existe des questionnements juridiques. Cette saisine garantit une application
aussi claire que possible, ce qui est absolument essentiel sur un sujet aussi
sensible.
> [Loi sur la protection des enfants] Ce texte a
été construit avec les parlementaires et les associations de protection de
l’enfance, puis renforcé après l’affaire Lyhanna. Il met en place de réels
boucliers de protection.
Dans l’Éducation nationale d’abord, avec une liste noire qui garantira qu’une
personne licenciée en raison d’un comportement déplacé à l’égard d’un mineur ne
puisse plus jamais être recrutée dans une école ou dans un centre de loisirs.
C’est une évidence, et pourtant cela n’existe pas aujourd’hui. Je pense aussi à
une disposition qui permet d’informer les parents de l’identité des animateurs
du périscolaire qui s’occupent de leur enfant, là où ils n’ont souvent aucune
information. Cette transparence est essentielle. C’était attendu.
D’autre part, le texte modifié à l’Assemblée étend l’imprescriptibilité aux
crimes commis sur les mineurs, une mesure historique. Je déplore en revanche
que la perpétuité pour les violeurs en série avec victime mineure n’ait pas été
adoptée. C’est incompréhensible et j’espère que cette mesure pourra être
rétablie. Ce texte apporte donc de vraies réponses, immédiates, attendues des
familles et des victimes. Le travail va continuer et il est extrêmement
complexe : il touche à la fois à la sphère intrafamiliale, aux
établissements scolaires, à l’attention et à l’écoute portées aux victimes. Il
pose aussi la question de la place de l’enfant dans notre société, de l’écoute
de sa parole et de ses besoins, mais aussi de celle de la famille. Une société
qui ne protège pas ses enfants est une société qui perd ses valeurs
fondamentales.
> [Critique de la gestion de la crise du prix des
carburants par l’opposition] C’est de la politique. Quel décalage entre ces
propos d’estrade et la réalité des milliers d’agriculteurs, de pêcheurs ou de
transporteurs qui ont bénéficié des aides apportées par l’État et qui ont ainsi
pu poursuivre leurs activités. Plus d’un million de Français ont également
demandé et obtenu l’aide de 100 euros destinée aux gros rouleurs. Nous
avons tenu notre engagement : être aux côtés des Français les plus
précaires qui travaillent et des entreprises les plus exposées aux hausses des
prix à la pompe. Faire le choix d’un soutien ciblé, plutôt que débloquer des
aides inconditionnelles et massives, était à la fois nécessaire pour les plus
précaires et respectueux de l’argent des contribuables.
C’est un choix politique assumé dans un contexte financier difficile :
dépenser sans compter aujourd’hui revient toujours à créer de nouveaux impôts
demain. Nous nous y refusons. Ensuite, j’observe que ce rapport nous invite à
suivre l’exemple espagnol. De quoi parlons-nous ? L’Espagne a déboursé
près de 7 milliards d’euros pour ses aides, contre 1,4 milliard en
France. Et si elle a pu atteindre ce niveau de soutien, c’est aussi parce
qu’elle a mené jadis les réformes structurelles nécessaires au redressement de
ses finances publiques, notamment avec un report de l’âge légal de départ à la
retraite qui atteindra 67 ans en 2027. Est-ce vraiment le modèle que
Philippe Brun, pour qui j’ai beaucoup d’estime par ailleurs, préconise ?
> [Budget 2027] Il n’y a pas de plan B. Sans budget
adopté, nous passerons a minima de sept à huit mois en loi spéciale,
avec tout ce que cela implique de grave comme gel des moyens des services
publics et des dispositifs de soutien dont bénéficient de nombreuses
entreprises. Dans mon seul secteur de l’énergie, des dizaines de milliers
d’emplois seraient directement menacés. Quant au déficit, il dérivera
inévitablement : si rien n’est fait, il sera de près de 6 % en 2027
et de près de 7 % en 2030. En résumé : il faut nous accorder sur un
budget de transition et de compromis.
La responsabilité des forces politiques est immense. Et quel candidat à
l’élection présidentielle qui croit sérieusement en ses chances prendrait le
risque d’anéantir, a minima, la première année de son quinquennat ?
Avec la certitude de retrouver en juillet ou en août prochain un déficit
abyssal et l’obligation d’augmenter les impôts pour tenter de le résorber in
extremis. Cette situation n’est souhaitable pour personne, et encore moins
pour ceux qui aspirent à présider le prochain quinquennat.
> [Soutien à Edouard Philippe] Par responsabilité : dans un moment d’une immense gravité pour le pays, je fais le choix de l’expérience, du courage, et de la capacité à apaiser et rassembler. Édouard Philippe réunit ces qualités essentielles. C’est rare. Il fait preuve de sobriété dans une époque qui en manque, quand la communication prend parfois le dessus sur l’argumentation. Son discours est droit et constant : il assume une fermeté attendue sur le régalien, sur la sécurité, sur l’immigration, et n’a jamais menti aux Français sur les difficultés économiques auxquelles nous faisons face. Enfin, c’est un homme de droite, maire d’une ville populaire ancré dans les réalités quotidiennes, pour qui le travail et la méritocratie sont deux valeurs essentielles. Les Français peuvent lui faire confiance.
> [Présidentielle] La politique ne se résume pas à
des mathématiques, mais une réalité s’impose à nous : si nous avons deux
ou trois candidats de la droite et du centre l’année prochaine, nos divisions
laisserons aux Français le choix entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
C’est vertigineux, tant cela serait synonyme de régression et de repli sur soi.
Marine Le Pen est étatiste et interventionniste. Elle porte un programme
économique proche de l’extrême gauche qui mènerait le pays à la ruine en
quelques mois, mais aussi une idéologie anti-européenne d’isolement
français.
Jean-Luc Mélenchon est communautariste et porte un projet de démantèlement de
l’autorité républicaine. La « VIe République » de LFI n’en est
pas une. Et derrière l’expression marketing de « Nouvelle France »,
c’est bien de l’effacement de la France dont il s’agit. Je suis convaincue
qu’une majorité de Français, peut-être plus silencieuse, ne se résigne à aucun
de ces deux destins.
> [Marine Le Pen] La justice lui permet d’être candidate. Je note aussi qu’elle l’a condamnée à deux reprises pour détournement de près de 3 millions d’euros de fonds publics. C’est un fait. Elle est présumée innocente jusqu’à la décision de la Cour de cassation. En démocratie, on ne choisit pas ses adversaires : on les combat. Chacun est libre, ensuite, de porter un jugement moral sur cette candidature. Les Français n’ont d’ailleurs probablement pas besoin qu’on leur dise ce qu’ils doivent en penser.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> [Manifestation antisémite de LFI à l’encontre de la DJ Barbara
Butch] Justifier l’agression antisémite d’une artiste : le nouveau combat de La
France Insoumise. Soutien à Barbara Butch.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> [Manifestation antisémite de LFI à l’encontre de la DJ Barbara
Butch] Je suis révoltée. Révoltée qu’en France, en 2026, une artiste puisse être
empêchée de jouer sous la pression et les cris. Révoltée que Barbara Butch soit
une nouvelle fois victime d'attaques antisémites sous couvert de militantisme.
Aucun combat ne sort grandi de l'intimidation ou de la haine. Plein soutien à
Barbara Butch.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Bonjour Marine Le Pen, connaissez-vous Louis Aliot ? C’est l’un de vos
coprévenus avec lequel vous avez été condamnée à deux reprises. En 2022, il
avait ouvertement appelé à voter Léo Walter (LFI) afin de battre… Christophe
Castaner. N’hésitez pas à lui passer le message. Et nul n'oublie votre appel à
LFI en 2017 pour obtenir leurs voix.
> [Manifestation antisémite de LFI à l’encontre de la DJ Barbara Butch] L’antisémitisme de LFI est tout sauf résiduel. À Grenoble, Barbara Butch, DJ et artiste reconnue, a été empêchée de jouer en plein concert. Parce que juive. Seulement parce que juive. Jets de projectiles, jets de bouteilles en verre, intimidations, sabotage… Un déchaînement de violences et de haine s’est abattu pour censurer l’artiste. Ce n’est pas une « manifestation pacifique ». C’est une attaque directe. C’est de l’antisémitisme pur. Ce sont les limites de notre démocratie qui sont franchies. À la France insoumise, où la démocratie est secondaire, la liberté une ennemie, de nombreux élus se félicitent de cette attaque. Honte à ceux qui, une fois de plus, cautionnent, minimisent et excusent. Honte à eux qui, une fois encore, justifient et alimentent les insultes, les agressions et les attaques contre nos compatriotes juifs. Je veux dire tout mon soutien et ma solidarité à Barbara Butch. La République se dressera toujours contre l’antisémitisme.
Marc Ferracci (député)
> La Corse et les Justes : fierté d'un héritage qui nous engage. Pendant
l'Occupation, la Corse n'a dénoncé personne. Elle a protégé les juifs. Cet
humanisme est ancré dans l'histoire de l'île, et il oblige. Je suis fier de cet
héritage. Il faut en être digne, le reconnaître, l'honorer.
> Le patriotisme du RN est un patriotisme en carton-pâte. Le soutien d'Elon Musk à Marine Le Pen n'est pas une surprise. Un milliardaire d'extrême droite, qui veut détruire le projet européen et ne s'en cache pas, apporte son appui à un parti qui veut détruire l’Europe de l'intérieur. Tout cela est très cohérent. Mais quand vous êtes soutenu par ceux qui veulent affaiblir notre souveraineté technologique et numérique, vous ne pouvez pas invoquer le patriotisme.
> LFI et RN ont un point commun : ils exploitent la souffrance. Celle des Français, celle des Palestiniens... À chaque fois, la même mécanique : capter la détresse pour en tirer un bénéfice électoral. Rien n'est soulagé, rien n'est construit. Faire de la politique, c'est respecter les faits, et refuser que la douleur des uns devienne l'argument des autres.
Jean-René Cazeneuve (député)
> [Loi agricole] Stop aux fake news: non, le texte issu de la CMP ne
réintroduit pas l'acétamipride. Beaucoup travestisse ce compromis en
réintroduction du produit. Ça n’est pas la réalité Ce texte confie la décision
aux scientifiques, pas aux politiques : c'est l'ANSES qui autorisera ou
refusera, comme l'ANSM pour un médicament destiné aux humains. Rien de plus
logique. Nos agriculteurs sont acteurs du changement des pratiques et de la
transition écologique. Ils ne sont pas des empoisonneurs, arrêtez de les
stigmatiser. Ce texte ne se résume d'ailleurs pas à l'acétamipride : il compte
77 mesures utiles au monde agricole.
Prisca Thevenot (députée)
> Les députés LFI sont en permanence du côté de la racaille et des
criminels. Nouvel exemple : ils s’opposent à la perpétuité pour les
multirécidivistes ayant violé des mineurs. Ancien dealer, fiché S… voilà une
nouvelle corde à leur arc : avocat des pédocriminels.
Violette Spillebout (députée)
> À l’Assemblée nationale, nous poursuivons l’examen du projet de loi
relatif à la protection de l’enfance. J’ai défendu un principe simple : où
qu’un enfant soit accueilli – à l’école, dans un club sportif, un centre social
ou un accueil périscolaire –, les mêmes règles doivent s’appliquer pour
empêcher qu’une personne représentant un danger puisse l’encadrer. Notre
responsabilité est de bâtir un cadre clair, cohérent et protecteur, sans
laisser subsister de zones d’ombre ni de failles dans la protection des
enfants.
Marie Lebec (députée)
> [Monsieur Bompard] Il est temps de sortir de votre bulle insoumise : à
l’Assemblée, nous avons voté de nombreux budgets en hausse pour renforcer notre
arsenal de lutte contre les incendies. N’hésitez pas à rendre visite aux
acteurs engagés sur le terrain. Heureusement, le ridicule ne tue pas…
Paul Midy (député)
> Doubler tous les salaires. On me dit que c'est impossible. Que c'est
démagogique. C'est pourtant exactement ce que la France a fait pendant les
“Trente Glorieuses” : en une génération, les salaires ont été multipliés par
trois ! Aujourd'hui, l'IA nous offre la même occasion historique. Si nous
faisons les bons choix, les salaires de tous les Français peuvent se remettre à
augmenter à nouveau. C'est le sens de l'initiative que je lance aujourd'hui : «
Doubler tous les salaires ».
Constance Le Grip (députée)
> Présente, comme chaque année, à la cérémonie de commémoration de la
rafle du Vel d'Hiv, au cours de laquelle plus de 13 000 Juifs, femmes, enfants,
personnes âgées, furent arrêtés par des policiers et gendarmes français
agissant sur ordre du régime de Vichy, et déportés vers les camps de la mort.
Un hommage aux Justes de France a aussi été rendu.
● MoDem
Perrine Goulet (députée)
> Les violeurs en série d’enfants doivent être condamnés et fermement. Mardi
je voterai sans hésiter pour l’aggravation des peines.
Erwan Balanant (député)
> Je salue l’adoption de mes deux amendements lors de l’examen en hémicycle
du PJL Protection des Enfants :
- Étendre le contrôle d’honorabilité à tous les adultes amenés à travailler
avec des mineurs, bénévoles ou rémunérés, pour sortir de la logique éparse et
sectorielle.
- Rendre obligatoire l’instauration d’une peine complémentaire interdisant de
travailler avec les mineurs, pour empêcher la récidive. Cela s'inscrit dans la
continuité des travaux sur les VHSS menés avec Sandrine Rousseau.
Bruno Fuchs (député)
> À la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Ici commence la
sécurité de l’Europe. Face aux attaques hybrides orchestrées par le régime
biélorusse avec le soutien de la Russie, protéger cette frontière, c’est
défendre notre liberté, notre paix et notre modèle de société.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> Le marché unique européen n'est plus un Far West numérique. La Commission inflige
une amende de 550M€ à AliExpress pour ne pas avoir lutté contre les produits
illégaux et contrefaits. Acheter ne doit jamais signifier renoncer à sa
sécurité. Les règles européennes s'appliquent à tous.
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Pascal Canfin (député)
> Réforme du marché du carbone : se donner les moyens d’investir dans notre
souveraineté industrielle et notre compétitivité
La Commission européenne a présenté vendredi dernier sa proposition de réforme
du marché européen du carbone (ETS). Elle en fixe les règles pour la période
2031-2040. Nous allons maintenant commencer la négociation au Parlement
européen avec comme objectif ambitieux de trouver un accord avant la fin de
l’année, avant les négociations finales avec le Conseil au printemps 2027.
Faire le choix de l'avenir
Face à cette réforme du marché du carbone, il n'y a pas, d'un côté, l'industrie
et, de l’autre, le marché du carbone. Il y a des entreprises qui ont investi et
qui ont besoin de stabilité, et des entreprises qui ne l'ont pas fait. Soutenir
les premières, c'est miser sur l'avenir de notre industrie, récompenser les
leaders et améliorer notre compétitivité et notre souveraineté. Certains pays,
comme l’Italie, qui n’ont pas investi dans la décarbonation et ont fait le
choix du gaz en payent aujourd’hui déjà les conséquences. Leur électricité est
bien plus chère que dans les pays ayant investi dans les énergies décarbonées
comme la France, l'Espagne ou la Suède par exemple. Il y aura donc à n’en pas
douter une alliance de certaines entreprises et de certains pays dépendants des
technologies du passé et ayant fait peu d’investissements ou des
investissements à rebours de l’action pour le climat. Face à cette alliance, je
contribuerai, depuis le Parlement, à construire l'alliance des pays, des forces
politiques et des entreprises qui représentent l'avenir, l’innovation et la
souveraineté.
Voici ce que je retiens de la proposition de réforme de la Commission.
L'ETS, un outil à la fois climatique, de souveraineté et de compétitivité
Depuis 2005, l'ETS a permis de réduire de 50% les émissions des secteurs
couverts. Mais c'est bien plus qu'un outil climatique : c'est aussi un outil de
souveraineté qui permet d’accélérer la sortie des énergies fossiles. La guerre
dans le détroit d'Ormuz l'a encore montré récemment : notre dépendance aux
énergies fossiles importées est un risque pour la sécurité économique de
l’Union européenne, pas seulement un problème climatique. L’ETS est aussi un
outil de compétitivité, car face à la pression subie par l’industrie
européenne, notamment chinoise, il n’y a qu’une seule solution : investir dans
les capacités de production décarbonées et gagner la bataille de l'innovation.
Sans cet investissement, c'est une lente agonie industrielle qui attend
l'Europe, avec un vieillissement de ses sites industriels, une moindre
productivité et, in fine, des fermetures de sites. La force de l'ETS, c'est
justement d’inciter à l'investissement par le prix du carbone, tout en générant
les revenus qui permettent de financer cet investissement en Europe.
La France, de son côté, a tout à gagner avec l’ETS. D'un côté, elle a intérêt à
l'électrification grâce à son mix électrique déjà décarboné. De l'autre, une
entreprise qui électrifie son processus industriel en France le fait avec une
énergie propre. C'est un vrai avantage compétitif pour attirer les
investissements industriels et les rendre plus rentables qu’ailleurs.
Un recul sur notre budget carbone
Soyons clairs : la réforme proposée par la Commission européenne est un recul
sur notre budget carbone, c'est indéniable. Avec les règles actuelles, il n’y
aurait plus aucun quota d’émissions de CO2 disponible pour les industriels dès
2039. La réforme de la Commission repousse cette échéance au-delà de 2039, avec
des quotas qui continueront d’être émis jusqu’en 2048, ce qui allège
mécaniquement la pression sur l’industrie dans son rythme de décarbonation. Nos
objectifs de -90% en 2040 et de neutralité climatique en 2050 ne bougent pas,
mais le chemin pour y arriver, lui, change. Cela donne 9 ans de plus aux
industriels pour parvenir à la neutralité climatique, sachant qu'ils pourront
continuer à émettre du CO2 grâce aux émissions négatives que la Commission
propose d’intégrer : les absorptions permanentes de carbone (BECCS, captage
direct dans l'air) viendront compenser, dans le système ETS, une partie des
émissions industrielles restantes.
Le vrai enjeu : déclencher l'investissement
Aujourd'hui, une industrie a trois options : fermer et délocaliser, prolonger
un outil de production amorti mais polluant, ou investir pour se décarboner en
Europe. Le cœur du sujet, c'est bien celui-là : déclencher l'investissement
dans la décarbonation pour éviter la lente agonie.
C'est pour cela que je soutiens la logique conditionnant les quotas gratuits à
des investissements en Europe. Les quotas gratuits ne sont pas un mauvais outil
en soi : ils protègent les entreprises le temps qu'elles se décarbonent. Les
conditionner à des engagements d'investissements repose sur un principe sain :
soit tu investis dans la décarbonation en Europe, soit tu paies le carbone à
son juste prix. Refuser ce principe, c'est admettre qu'on n'a pas l'intention
d'investir dans sa propre décarbonation en Europe…
Pour déclencher la décision d’investissement, le prix du carbone est une
condition nécessaire, mais pas suffisante. Il faut de vrais outils de réduction
du risque. L'ETS Booster (30 milliards d'euros avant 2030) va dans le bon sens,
dans une logique proche de l'IRA américain. À partir de 2030, la Banque de la
décarbonation industrielle prendra le relais pour financer des contrats carbone
pour différence (CCfD).
Le Fonds d'innovation évolue vers le déploiement commercial des technologies
propres, ce qui est également une bonne nouvelle. Mais il reste bloqué sur un
mode de financement rigide, inadapté à notre industrie des cleantech. Je
déposerai des amendements au Parlement pour en faire un véritable outil de
de-risking permettant d’attirer les investissements privés avec plus d’effet de
levier.
Enfin, flécher au moins 50% des revenus nationaux de l'ETS vers la
décarbonation des secteurs contributeurs comme l'introduit la réforme proposée
par la Commission, c'est donner aux entreprises la prévisibilité financière
dont elles ont besoin pour investir. Il est sain qu'une partie plus importante
qu’aujourd’hui de l'argent payé par les industriels revienne au secteur
industriel qui est, de tous les secteurs, le plus soumis à la concurrence
internationale.
Un mauvais signal sur le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF)
La Commission propose de repousser à 2038 la sortie des quotas gratuits pour
les secteurs couverts par le MACF, contre 2034 aujourd'hui. C'est un signal
incohérent au moment même où nous travaillons à rendre le MACF le plus robuste
possible. Il y a quelques jours en commission Environnement du Parlement
européen, nous avons voté à une très large majorité l’extension du MACF à 457
produits et durci les mesures anti-contournement. Avec un MACF renforcé, je ne
pense pas qu'il soit nécessaire de repousser la trajectoire de réduction des
quotas gratuits au-delà de 2034.
Par ailleurs, la proposition de la Commission ne prévoit aucun dispositif
spécifique pour les entreprises exportatrices. C'est un combat que nous
mènerons au Parlement européen, en nous appuyant sur le travail déjà amorcé
dans le cadre du Fonds temporaire de décarbonation, pour apporter une réponse
pérenne aux industries exportatrices qui paient le prix du carbone alors que
leurs concurrents non européens sur les marchés ne le paient pas.
Aviation et maritime : une concurrence plus équitable, une décarbonation mieux
accompagnée
La Commission propose d'étendre l'ETS aux vols vers des pays situés à moins de
5 000 km de l'UE, et d'y intégrer enfin les jets privés. C'est gagnant sur tous
les tableaux : pour le climat, pour nos hubs aéroportuaires face à la
concurrence des pays du Golfe, et pour notre souveraineté industrielle grâce au
développement d'une filière de carburants durables Made in EU.
Sur les jets privés : cela fait des années que je me bats pour cette mesure de
justice sociale. Il n'y a pas de raison que les plus riches ne paient pas leurs
émissions
Concernant le maritime, la réforme crée sur le modèle de l'aviation, un
mécanisme de quotas gratuits pour les carburants durables afin de récompenser
les armateurs qui investissent dans des carburants alternatifs. La lutte contre
le contournement est aussi renforcée, notamment par un élargissement de la
liste des ports voisins jugés à risque et l’introduction d’une décote ciblée
pour les grands porte-conteneurs venant de ports hors UE afin d’éviter qu'un
armateur ne fasse artificiellement transiter sa cargaison par un port tiers
juste avant d'entrer en Europe.
Un rôle pour les crédits carbone internationaux
Les crédits carbone internationaux, dits « article 6 » en référence à l'Accord
de Paris qui les encadre, financent des projets de réduction ou d'absorption
d'émissions hors d'Europe dont une partie des bénéfices climatiques peut être
comptabilisée par celui qui les finance. Ces crédits ne seront pas
intégrés au marché : les entreprises ne pourront pas en acheter pour se
conformer à leurs obligations, ils serviront uniquement à moduler l'effort de
réduction demandé à l'industrie européenne.
En effet, si l’UE parvient à acheter l’équivalent de 260 Mt CO2 sous forme de
crédits carbone internationaux, l'industrie européenne bénéficiera d'un rythme
de réduction plus souple. Sinon, la trajectoire se resserrera automatiquement
et redeviendra plus exigeante.
Autrement dit, la flexibilité accordée à l'industrie dépend de la capacité de
l'UE à financer des projets de décarbonation et d’absorption en dehors de ses
frontières. Cela permettra à l’Europe d’aider ses partenaires internationaux à
avancer dans leur transition à un moment où elle ne pèsera plus que quelques
points de pourcentage des émissions globales, et permettra aussi de réaliser
des réductions d’émissions là où elles sont les plus efficaces d’un point de
vue financier. C’est la Commission elle-même qui achètera les crédits, ce qui
garantira la qualité des projets et évitera la concurrence entre les États
membres.
Les négociations vont maintenant commencer au Parlement et au Conseil. Je ne
manquerai pas de vous tenir informé de leur tournure.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> [Manifestation antisémite de LFI à l’encontre de la DJ Barbara
Butch] La Honte.
