Voici une sélection, ce 6 juillet 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Solidarité avec nos compatriotes des Pyrénées-Orientales, de l’Hérault, du
Gard, de la Drôme, de l’Aude, de l’Ariège, de la Haute-Loire et des
Alpes-de-Haute-Provence, touchés par les incendies. Pensées pour nos
sapeurs-pompiers blessés, à qui j’exprime le soutien de la Nation.
Reconnaissance à toutes les forces de sécurité et de secours mobilisées. Merci
aux élus dont je sais la mobilisation. Partout, restons vigilants et respectons
les consignes de sécurité.
> Je viens dire l’engagement de la France auprès du peuple syrien. Pour une Syrie souveraine, unie dans sa pluralité et en paix avec ses voisins. Ensemble, ouvrons une nouvelle page de stabilité et de paix.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Motion de censure / Intervention à l’Assemblée] Je ne suis dupe ni de la gravité de la
canicule que notre pays vient de traverser, ni de la nature de la motion de
censure qui nous réunit aujourd'hui. Cette canicule a éprouvé des familles, des
travailleurs, des agriculteurs, nos services publics et notre système de santé.
Elle a provoqué des drames humains. Son bilan sanitaire définitif sera établi
avec méthode et rendu public en toute transparence. Elle n'a pas frappé
seulement la France : toute l'Europe de l'Ouest a été confrontée à cet épisode
exceptionnel et plusieurs de nos voisins établissent eux aussi,
malheureusement, leur bilan. La gravité impose de ne rien dissimuler. Elle
impose aussi de ne rien inventer. Présenter comme définitifs des chiffres qui
ne le sont pas, additionner des décès de nature différente et accuser le
Gouvernement, je cite, « d'avoir des morts sur la conscience », n'est pas une
alerte. C'est une faute, c'est une faute envers les familles, une faute envers
les soignants, les pompiers, les élus locaux, les agents publics et les associations
mobilisées jour et nuit. Une faute, enfin, envers le débat démocratique
lui-même. Je veux distinguer ces accusations des interrogations précises et
légitimes exprimées par d'autres groupes sur les moyens de mieux adapter notre
pays. On peut contester l'action du Gouvernement sans instrumentaliser les
victimes. On peut demander davantage sans prétendre que rien n'a jamais été
fait.
Alors, que cette discussion permette au moins de parler sérieusement du fond. S'il s'agit de parler de notre hôpital, parlons de notre hôpital. L'hôpital est un bien commun. Il appartient aux Français. Il est légitime que chacun nous demande des comptes, particulièrement lorsqu'il est soumis à la tension d'une crise climatique. Depuis le Covid, nous avons transformé l'urgence en une trajectoire durable d'investissement. 21 milliards d'euros ont été engagés depuis le Ségur de la Santé pour moderniser les bâtiments et les équipements, reprendre une partie de la dette hospitalière et poursuivre l'investissement jusqu'en 2035. À cela, s'ajoutent désormais 12 milliards d'euros chaque année pour mieux rémunérer 1,5 million de professionnels de santé. 15 000 recrutements ont été actés à l'hôpital public. Ce ne sont pas des crédits ponctuels qui disparaissent l'année suivante. Ce sont pour l'essentiel des dépenses permanentes qui se retrouvent chaque année dans les comptes de la Sécurité sociale. Il faut donc avoir l'honnêteté de le dire : une part importante du déficit actuel de la Sécurité sociale s'explique aussi par le choix que nous avons fait de mieux payer les soignants, de recruter, de désendetter les établissements et de réparer des bâtiments trop longtemps sous-investis. On ne peut pas, dans le même discours, dénoncer le déficit de la Sécurité sociale et affirmer que rien n'aurait été fait pour l'hôpital. Nous assumons ce choix parce qu'on ne soigne pas dignement avec des professionnels insuffisamment rémunérés, des établissements étranglés par leurs dettes et des bâtiments dégradés. Plus de 750 opérations de reconstruction ou de réhabilitation sont engagées depuis 2020, concernant près de 60 % du parc hospitalier public. Dans les bâtiments rénovés ou reconstruits, les urgences, les réanimations, les soins intensifs, les blocs opératoires et les autres secteurs sensibles sont équipés de systèmes de climatisation ou de rafraîchissement. La climatisation n'est pas encore généralisée, on le sait, dans tout le parc. Des services ont connu des conditions plus que difficiles pendant cette canicule. C'est précisément pourquoi nous accélérons. Dans l'urgence, 30 000 climatiseurs mobiles sont en cours d'acquisition et de livraison, 10 000 dès cette semaine. Une enveloppe de 100 millions d'euros est mobilisée dès cet été pour les établissements de santé, tandis que le fonds consacré à la canicule dans les EHPAD pourra être prioritairement utilisé pour ces équipements. Les décisions seront prises au plus près des territoires. Lorsqu'un service risque de fermer faute de moyens de rafraîchissement, nous n'allons pas lui imposer plusieurs mois de procédures administratives. Mais les climatiseurs mobiles ne constituent pas une politique de long terme. Dans le programme hospitalier prévu jusqu'en 2035, les moyens consacrés à la rénovation énergétique et au confort d'été seront doublés pour atteindre 600 millions d'euros. Ils financeront le rafraîchissement, mais aussi les protections solaires, la ventilation, l'isolation et la rénovation des façades. Nous proposerons également aux départements de travailler à un programme d'investissement de 10 ans pour les EHPAD avec une ambition simple : qu'aucun de nos aînés ne soit plus exposé dans sa chambre à une température dangereuse. Voilà la réalité de l'hôpital et des EHPAD. Beaucoup reste à faire, mais ils n'ont pas été abandonnés. Nous avons commencé à investir et nous continuerons.
Mesdames et Messieurs les députés, le texte de la
motion de censure demande ce que le Gouvernement aurait fait pour prévenir ces
événements. Deux chiffres suffisent déjà à démontrer que la réponse n'est pas :
rien. Entre janvier 2023 et janvier 2025, 836 000 résidences principales sont
sorties du statut de passoire thermique. En juin 2026, 55 800 véhicules
électriques neufs ont été immatriculés, un record historique. En 2017, ils s'en
vendaient moins de 25 000 en une année entière. Ces évolutions ne sont pas
spontanées. Elles résultent de choix politiques : rénovation des logements,
bonus automobiles, éco-scores, verdissement des flottes et développement des
bornes de recharge. Depuis 2017, le rythme de baisse des émissions de gaz à
effet de serre a été multiplié par 5 par rapport à la période précédente. Ce
n'est pas encore assez, mais ce n'est pas rien. Et la France n'a pas seulement
agi sur son territoire. Vous le savez, elle a porté l'accord de Paris, défendu
la sortie des énergies fossiles, remis la protection des forêts et des océans
au cœur de l'agenda international, et continue à mobiliser la finance pour le
climat, y compris lorsque d'autres pays, et non des moindres, reculaient. Cette
constance, que vous le vouliez ou non, restera l'un des éléments importants du
bilan diplomatique du chef de l'État. S'il s'agit maintenant de parler de
l'adaptation de la France, regardons également les faits et rien que les faits.
Notre pays ne découvre pas l'adaptation en juillet 2026. Le troisième plan
national d'adaptation prépare pour la première fois l'ensemble de nos
politiques publiques à une France pouvant connaître un réchauffement de 4
degrés à la fin du siècle. Il comporte 52 mesures, 341 actions concernant la
santé, les logements, les écoles, le travail, les transports, l'agriculture,
l'eau, les forêts et les infrastructures essentielles. Plus de 85 % sont déjà
engagés. Cette trajectoire de réchauffement est désormais intégrée dans notre
droit. Les collectivités disposent de données climatiques adaptées à leur
territoire. La mission adaptation leur apporte l'expertise de l'État. Les
gestionnaires de nos grands réseaux ont engagé leurs études de vulnérabilité.
Le plan Eau est lui aussi entièrement lancé. Plus des trois quarts de ces
mesures sont déjà mises en œuvre, avec 1,4 milliard d'euros mobilisé pour les
agences de l'eau. En matière de travail, nous avons également été les premiers
à inscrire dans le Code du travail des obligations spécifiques de prévention
contre la chaleur intense. Depuis mai 2025, ce risque doit être pris en compte,
y compris pour le travail en intérieur. Plus de 4 500 contrôles ont été
réalisés dès la première année. Ce cadre devra naturellement être évalué après
cette canicule. L'organisation du travail ne peut pas être réglée uniquement
par une norme uniforme décidée depuis Paris. Les métiers et les niveaux
d'exposition sont trop différents. L'adaptation au changement climatique doit
donc devenir un sujet à part entière du dialogue social et du
paritarisme.
Notre adaptation, mesdames et messieurs les députés, repose également sur une
politique énergétique cohérente. En 2025, plus de 95 % de l'électricité
produite en France provenaient de sources bas carbone. Notre électricité émet
beaucoup moins de carbone que la moyenne européenne et près de 20 fois moins
que celle de l'Allemagne. Mais près de 60 % de l'énergie que nous consommons
reste d'origine fossile. Chaque année, nous dépensons environ 60 milliards
d'euros pour importer du pétrole et du gaz. Nous finançons ainsi notre
dépendance géopolitique en même temps que le réchauffement climatique. C'est
pour sortir de cette contradiction que le Gouvernement a publié la troisième
programmation pluriannuelle de l'énergie et lancé le plan d'électrification des
usages. Cette PPE 3 donne une visibilité de long terme à notre modèle
énergétique. Elle prévoit de prolonger le parc nucléaire existant chaque fois
que la sûreté le permettra, de construire 6 EPR2 et d'en préparer 8
supplémentaires. Elle développe aussi l'hydroélectricité, l'éolien en mer, la
géothermie, le biométhane et le photovoltaïque avec des objectifs mieux
maîtrisés. Le débat sérieux n'est pas de choisir entre le nucléaire et les
énergies renouvelables. Il est de produire suffisamment d'électricité française,
décarbonée, pilotable, compétitive pour remplacer le pétrole et le gaz. Le plan
électrification concerne les logements, les transports, l'industrie,
l'agriculture et les bâtiments publics. Il favorisera notamment les pompes à
chaleur et la géothermie qui peuvent produire de la chaleur en hiver et du
froid en été. Cette stratégie est donc directement liée à notre préparation aux
canicules. Développer le rafraîchissement dans les hôpitaux, les EHPAD, les
écoles et les logements suppose de produire davantage d'électricité. Et mieux
vaut le faire avec une électricité française largement décarbonée qu'avec des
énergies fossiles importées. Mais il faut tout de même relever une singulière
ironie. Ceux qui, à gauche, écologistes et insoumis, ont voulu censurer le
Gouvernement au moment où il publiait la troisième programmation pluriannuelle
pour l'énergie viennent aujourd'hui lui demander des comptes sur la préparation
du pays au changement climatique. Ceux qui ont fait du nucléaire un adversaire
demandent davantage d'électricité décarbonée. Ceux qui ont longtemps transformé
la climatisation en tabou demandent pourquoi tous les bâtiments ne sont pas
climatisés aujourd'hui. Vous êtes bien libres de changer d'avis. Mais vous ne
pouvez pas demander que l'on oublie ces dangereux contresens historiques. La
politique climatique ne peut pas être une accumulation d'interdictions, de
tabous et de motions de censure. Elle doit être une politique de production,
d'investissement et de protection. Puisque cette motion de censure,
précisément, évoque continuellement le Fonds Vert, parlons-en. Le Fonds Vert
n'est pas un dispositif ancien dont ce Gouvernement aurait hérité. Il a été
créé en 2022 par le Gouvernement d'Élisabeth BORNE et rendu opérationnel en
janvier 2023. Nous l'avons créé parce que les collectivités locales sont en
première ligne et qu'elles avaient besoin d'un outil déconcentré accessible
auprès des préfets et adapté à leurs projets. Depuis lors, il a soutenu plus de
25 000 projets, engagé 4,5 milliards d'euros de subventions. Des écoles ont été
rénovées, des villes renaturées, des réseaux d'eau modernisés et des
territoires protégés contre les inondations, les incendies et le recul du trait
de côte. Il est donc pour le moins curieux de transformer aujourd'hui un instrument
que nous avons nous-mêmes créé en soi-disant preuve de notre prétendue
inaction. S'il constitue désormais l'étalon unique et absolu de toute politique
climatique, pourquoi ne l'avait-on pas créé auparavant ?
Pour autant, l'avoir créé, Mesdames et Messieurs les députés, ne nous interdit
pas de le faire évoluer. Son champ très large a permis de financer de nombreux
projets. Il a aussi pu disperser les moyens. Nous devrons donc le recentrer
davantage sur l'adaptation au changement climatique, limiter le saupoudrage et
donner la priorité aux collectivités qui cumulent les vulnérabilités les plus
fortes et les capacités financières les plus faibles. Les communes les plus
pauvres ont souvent les bâtiments les plus anciens, les quartiers les plus
minéraux, les réseaux les plus fragiles et les populations les plus exposées,
elles doivent donc être les premières accompagnées. Mais cette canicule nous
oblige à aller plus loin que les chiffres, les crédits et les dispositifs. Elle
a mis en lumière une fragilité, je le crois, plus profonde. C'est évidemment la
question de la solitude. Depuis 2003, les EHPAD ont été profondément
réorganisés. Ils disposent d'espaces collectifs rafraîchis, de professionnels
présents et de procédures de surveillance. Ils restent vulnérables et nous
devons continuer à les moderniser. Mais l'un des principaux points de fragilité
constatés pendant cette canicule se trouvait, il faut bien le dire clairement,
au domicile. Une personne âgée ou plus jeune mais fragile, vivant seule dans un
appartement surchauffé, sans visite régulière, sans équipement adapté et
parfois sans être connue des services municipaux, peut désormais être davantage
en danger qu'une personne accompagnée dans un établissement collectif. Dans les
grandes villes, l'anonymat peut rendre invisible une personne vivant seule
derrière une porte fermée. Dans les quartiers les plus minéraux, la chaleur
accumulée pendant la journée ne retombe plus la nuit. Les logements y sont
souvent plus petits et plus difficiles à rafraîchir. Dans les campagnes, le
maire, le facteur, le voisin ou le commerçant entretiennent encore souvent un
lien quotidien ou quasi quotidien. Dans de nombreux quartiers populaires
également, les solidarités familiales et de voisinage restent puissantes. Mais
partout, ces liens disparaissent. La vulnérabilité augmente et a augmenté.
Certains de nos concitoyens sont éloignés de leur famille. D'autres en sont
parfois oubliés ou abandonnés. D'autres encore vivent au milieu de milliers de
personnes, sans que, pour autant, personne, précisément, ne remarque leur
absence ou leur silence. Mesdames et Messieurs les députés, c'est un sujet de
société. La puissance publique doit faire davantage. Elle doit mieux repérer
les personnes isolées, organiser les visites, ouvrir des lieux rafraîchis et
coordonner les communes, les CCAS, les professionnels de santé, les bailleurs,
les associations et les réseaux de proximité. C'est le sens de la mobilisation
du réseau des facteurs proposés aux communes. C'est également le sens des
travaux engagés pour faire évoluer la planification ORSEC face aux chaleurs
extrêmes et examiner les conditions dans lesquelles une personne en danger
pourrait être temporairement accompagnée vers un lieu sécurisé et rafraîchi.
Mais disons là aussi des choses, franchement, la puissance publique ne pourra
jamais tout. Elle ne remplacera jamais une famille qui appelle, un enfant qui
rend visite à ses parents, un voisin qui frappe à une porte, un gardien qui
remarque une absence ou un commerçant qui donne l'alerte. Une société ne se
mesure pas seulement à la solidité de ses plans de crise ou au montant de ses
crédits budgétaires. Elle se mesure aussi à l'attention qu'elle porte à celles
et ceux que plus personne ne regarde. Ne nous trompons pas donc de diagnostic,
le gel de quelques millions d'euros sur un fonds public n'est pas la cause de
cette solitude. La rénovation d'une école ou d'une salle polyvalente est
indispensable, mais elle n'ouvrira jamais à elle seule la porte de
l'appartement d'une personne oubliée. L'adaptation au changement climatique est
une affaire de bâtiments, de réseaux, d'investissements. Elle est aussi une
affaire de liens humains, de responsabilité familiale, de solidarité de
voisinage et de vigilance collective, de fraternité républicaine, en somme.
C'est peut-être la leçon la plus exigeante de cette canicule. Nous devons
adapter nos infrastructures, mais nous devons aussi réparer ceux qui, dans
notre société, laissent parfois les plus fragiles seuls face au danger.
Mesdames et Messieurs les députés, nous devrons enfin simplifier. Tout le monde
appelle à la simplification, mais dès qu'il faut supprimer une procédure,
raccourcir un délai ou assumer une dérogation, les résistances réapparaissent
très vite. Certaines normes, y compris environnementales ou patrimoniales,
conçues pour protéger, peuvent parfois, aujourd'hui, retarder l'installation de
protections solaires, de systèmes de ventilation ou de dispositifs de
rafraîchissement. Nous ne pouvons pas laisser des règles conçues hier empêcher
l'adaptation au climat de demain. Simplifier ne signifie pas renoncer à
protéger. Cela signifie hiérarchiser les priorités, réduire les délais et faire
prévaloir la sécurité des personnes lorsqu'elle est en jeu. C'est aussi un rapport
nouveau à l'assurance. C'est pourquoi la proposition de loi votée ici de
manière transpartisane sera inscrite à l'ordre du jour du Sénat dès la rentrée
prochaine.
Mesdames et Messieurs les députés, au moment même où nous débattrons, des feux
importants frappent le sud de la France. Près de 14 500 hectares ont déjà brûlé
cette saison, soit près de trois fois plus qu'à la même date l'an dernier. Je
veux dire ici notre solidarité aux habitants évacués et remercier les
sapeurs-pompiers, la sécurité civile, les forces de l'ordre, les élus locaux,
les associations agréées et les moyens militaires engagés en appui. Le ministre
de l'Intérieur est actuellement sur place à leurs côtés. L'État est mobilisé, y
compris avec la solidarité européenne. La France a activé le mécanisme de
protection civile de l'Union pour obtenir des renforts aériens. Mais la
prévention compte aussi : le débroussaillement obligatoire, les nouveaux moyens
de la sécurité civile, le beauvau de la sécurité civile et la transformation de
nos armées doivent nous permettre de faire face à des saisons de feu plus
précoces, plus longues, mais aussi plus violentes.
Mesdames et Messieurs les députés, voilà ce que nous avons fait, voilà ce qu'il
reste à accomplir. Mais s'il s'agit en réalité d'autres choses, alors
parlons-nous franchement de politique. Je crois que cette motion n'a pas été
déposée pour obtenir un débat sur la canicule. Pour débattre, proposer des
crédits, modifier la loi ou contrôler l'action du Gouvernement, le Parlement
dispose de tous les instruments nécessaires par ailleurs. Cette motion vise, je
le crois, à éprouver les rapports de force à gauche, à exercer une pression sur
ses différentes composantes et à distribuer des brevets d'opposition avant
l'élection présidentielle. À peine la session extraordinaire ouverte et le
droit de déposer une motion retrouvée, la censure est redevenue l'horizon. Ce
n'est pas le fruit du hasard. C'est votre droit constitutionnel, je le
respecte, mais personne n'est dupe. Cette motion ne protégera pas une personne
âgée isolée, elle ne rafraîchira pas une chambre d'hôpital, elle ne modernisera
pas un réseau d'eau, elle ajouterait au contraire une crise politique aux
crises climatiques, sanitaires et internationales que le Gouvernement doit déjà
gérer. Depuis plusieurs mois, j'ai choisi une autre méthode. Le Gouvernement
propose, le Parlement débat, amende et vote. Cette méthode a permis de donner
un budget à la France, de préserver les moyens de la santé, de la protection
sociale et de faire avancer des textes utiles. Elle doit maintenant nous
permettre d'aboutir sur le texte tant attendu, relatif à la protection de l'enfance
dans quelques jours et de poursuivre le travail engagé sur la loi intégrale
contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants.
Une actualité, Mesdames et Messieurs les députés, peut en chasser une autre.
Elle ne doit pour autant jamais effacer les engagements pris. Qui pourrait
croire qu'après avoir demandé ces textes avec autant d'insistance, leur examen
pourrait désormais attendre ? Une censure ne les accélèrerait pas, elle les
retarderait. Le compromis n'efface pas les convictions. Il permet à la
République d'avancer lorsque les Français nous ont donné ou n'ont pas donné
précisément de majorité absolue à personne. J'ai voulu un Gouvernement de
mission, pas un Gouvernement de campagne. Un Gouvernement tenu à distance de la
préparation de l'élection présidentielle est entièrement consacré aux affaires
du pays. Le temps de l'élection viendra bien assez vite. Chacun défendra son projet.
Les Français trancheront. D'ici là, nous avons des crises à gérer, des textes à
voter et des engagements à tenir. Vous avez beaucoup répété pour certains qu'il
n'était pas trop tard. Vous avez raison. Il n'est pas trop tard pour accélérer
l'adaptation de la France. Il n'est pas trop tard pour mieux protéger les
personnes isolées et les territoires les plus vulnérables. Il n'est pas trop
tard pour mener à leurs termes les engagements pris sur la protection de
l'enfance et les violences faites aux femmes et aux enfants. Il n'est pas trop
tard pour continuer à construire des compromis utiles. Et il n'est pas trop
tard pour ne pas ajouter une crise politique aux difficultés que notre pays
doit déjà affronter.
Mesdames et Messieurs les députés, une motion de censure n'est ni un communiqué
de presse ni un instrument de campagne électorale. C'est un acte grave. Vous
êtes libres de votre vote. Chacun devra néanmoins en répondre devant le peuple
français.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> J’ai ouvert aujourd’hui le séminaire de la direction générale de la Police
nationale, de la préfecture de police et de la direction générale de la
sécurité intérieure, consacré à la stratégie « Police nationale 2030 ». Le
fondement de la stratégie de la police nationale 2030 est une vision : plus
proche, plus agile, plus unifiée. À cette occasion, j’ai réaffirmé mon
attachement profond à notre police. Mon engagement est constant : je suis un
ministre de l’action et de la conviction. Ainsi, cette semaine, devant les
députés, je défendrai la proposition de loi sur la présomption d’usage légitime
de l’arme et je porterai le projet de loi RIPOST, qui apporte des réponses
concrètes aux attentes de sécurité de nos concitoyens et donne à nos policiers
les moyens juridiques et technologiques dont ils ont besoin pour agir plus
efficacement.
> On a une saison des feux qui a démarré avec un mois d'avance. On a un peu plus de 11 000 hectares brûlés.
> J’ai tenu à me rendre ce soir au Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (COGIC), avec Julien Marion, directeur général de la Sécurité civile, pour faire un point sur les nombreux incendies qui frappent notre pays. Plus de 3 000 sapeurs-pompiers, appuyés par d’importants moyens terrestres et aériens, sont engagés. Face à une vingtaine de feux simultanés dans le sud de la France, notre mobilisation est totale. Ma préoccupation est particulièrement forte pour les incendies de Trévillach, dans les Pyrénées-Orientales, et de Die, dans la Drôme. Dans les Pyrénées-Orientales, malgré plus de 700 sapeurs-pompiers et 9 avions bombardiers d’eau mobilisés, la situation demeure très préoccupante. Des évacuations préventives ont été décidées : j’appelle chacun à respecter strictement les consignes des autorités. Je me rendrai sur place dès demain ou mardi matin. Soutien et reconnaissance à l’ensemble des sapeurs-pompiers, des personnels de la sécurité civile, des forces de l’ordre, de l’Office national des forêts, des élus et de tous ceux qui sont engagés sans relâche pour protéger les Français.
> Depuis samedi soir, nos forces de sécurité civile sont pleinement mobilisées face à un important incendie de forêt qui touche les Pyrénées-Orientales. Près de 1 000 hectares ont été parcourus. Plusieurs plans communaux de sauvegarde ont été activés afin de coordonner l’action des services communaux en appui des sapeurs-pompiers. J’en remercie les maires très mobilisés. Des évacuations de familles isolées ont été réalisées tout au long de la nuit. Aucune victime n’est à déplorer à ce stade. Je salue l’engagement des 250 sapeurs-pompiers professionnels et volontaires du SDIS66, des 360 personnels des moyens extra-départementaux venus en renfort. Je remercie également les personnels engagés à leurs côtés sans relâche pour protéger les populations : les sapeurs-pompiers militaires, les personnels navigants des moyens aériens, les bénévoles, les associations agréées de sécurité civile ainsi que des sapeurs-pompiers roumains prépositionnés dans le cadre du mécanisme européen de protection civile, le tout coordonné sous l’autorité du préfet des Pyrénées-Orientales. A nouveau, j’appelle chacun à la plus grande vigilance et au strict respect des consignes des autorités.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Ce 4 juillet marque la réouverture du fort de Vaux, au cœur du Mémorial de
Verdun - Champ de Bataille, avec une nouvelle scénographie qui restitue avec
fidélité la réalité des combats de juin 1916. Chacun peut y mesurer l’intensité
des combats qui s’y sont déroulés, le courage exceptionnel de ses défenseurs et
l’abnégation de ces soldats qui ont tenu, jusqu’au bout, pour la France.
Préserver et valoriser notre patrimoine, et permettre la transmission aux
jeunes générations, c’est honorer ceux qui nous ont précédés et entretenir le
lien entre la Nation, son armée et son histoire.
> Face aux menaces d’attaques biologiques, nous devons toujours garder une longueur d’avance. Avec nos partenaires industriels, nous développons les capacités qui protégeront nos forces comme nos concitoyens. La Loi de programmation militaire votée cette semaine y contribuera en renforçant durablement nos moyens d’innovation et d’anticipation. Une illustration concrète du lien armée-Nation, au service de la souveraineté et de la sécurité des Français.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Il faut passer de
l’adolescence à l’âge adulte.
Aux rencontres économiques d’Aix organisées par Le Cercle des économistes, j’ai
pu échanger avec Philippe Aghion, prix Nobel d’économie sur la renaissance de
l’écosystème tech en France.
Le constat est simple : en 10 ans, l’écosystème tech de la France s’est
structuré et a pris une toute nouvelle dimension sous l’impulsion du président
de la République, Emmanuel Macron.
De 3 licornes en 2017 à 36 aujourd’hui, près de 18 000 startups et 450 000
emplois directs, les politiques publiques menées permettent de faire naitre des
pépites technologiques chez nous, en France. Soyons fier de notre Startup
Nation 🇫🇷
Nous avons les talents, les infrastructures, la recherche, les idées.
Notre prochain défi : faire en sorte que ces entreprises grandissent et restent
en Europe.
Nous devons accélérer sur le financement de l’innovation de rupture et surtout
prendre goût au risque !
6 600 milliards d’euros d’épargne rien qu’en France, 35 000 milliards en
Europe. Nous avons une épargne considérable qui doit aussi financer le risque
et l’innovation de rupture.
C’est une question de souveraineté, et de plus en plus d’acteurs économiques
ont décidé de suivre cet appel !
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Les missiles balistiques de Vladimir Poutine ont une nouvelle fois visé
des immeubles résidentiels en Ukraine, faisant au moins 14 morts la nuit
dernière, qui s'ajoutent au bilan meurtrier des frappes de la semaine dernière.
Le bain de sang doit cesser. Solidarité avec la résistance ukrainienne qui
tient l'armée russe en échec sur toute la ligne de front.
> [Intervention lors de la session d’ouverture
de la Conférence régionale de sécurité (CRS) consacrée à la lutte contre le
trafic de drogue) 0La sécurité de la Caraïbe ne concerne pas seulement les
États de la région, elle engage tous les pays des Amériques et d'Europe. Cette
conférence est la traduction concrète de l'engagement pris par les chefs d'État
et du gouvernement du G7, le 17 juin dernier, sur la lutte contre le trafic de
drogue. Notre objectif n'a pas varié, il est clair : éradiquer le mal à la
racine en déstabilisant et en démantelant les réseaux de trafiquants. Je sais
combien c'est un objectif que vous partagez, et l'engagement de vos
gouvernements pour y trouver des solutions.
Cette conférence intervient également à un moment important pour notre région,
alors que la Martinique et très probablement la Guyane s'apprêtent à rejoindre
l'organisation de la CARICOM. Nous y avons travaillé avec les présidents de ces
régions, et je me félicite de ce résultat.
La Caraïbe est un espace hautement stratégique, carrefour de nombreuses routes
maritimes et commerciales. Elle est un lieu d'échange. Cela constitue sa force,
mais cela l'expose aussi fortement aux routes de la criminalité internationale.
Et en particulier, aux deux fléaux que sont le narcotrafic et le trafic d’armes
à feu. En la matière, l'agilité des organisations criminelles et leurs
ramifications grandissantes nous imposent de changer d'échelle et d'agir de
manière toujours plus coordonnée. Car partout où la drogue circule, elle
alimente une consommation locale. Partout où les trafiquants vont, ils étendent
leur emprise, se procurent des armes et nourrissent les phénomènes de gangs qui
fragilisent nos sociétés.
La France est directement concernée, nation caribéenne et latino-américaine par
la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Elle
connaît les conséquences de ces trafics sur ses territoires et ses populations,
en outre-mer comme dans l’hexagone.
C'est pourquoi, le premier axe d'effort du plan de lutte contre le narcotrafic
impulsé par le Président de la République et que j'étais venu annoncer en
novembre dernier porte sur l'Amérique latine et les Caraïbes. C'est dans cette
région qu'est produite la cocaïne qui déferle dans les rues des villes et des
villages de France, où elle est consommée désormais par plus d'un million de
personnes. Demain, ensemble, nous lancerons l'Appel de la Martinique pour
affirmer une ambition commune : franchir un cap dans notre coopération
technique, opérationnelle, policière et judiciaire. Mieux protéger nos ports,
nos aéroports. Démanteler plus efficacement les réseaux criminels pour mieux
protéger nos populations. La France prendra toute sa part dans cet effort.
En matière de lutte contre le narcotrafic, nous plaçons la coopération
régionale et internationale au cœur de notre action. Nous y travaillons
activement avec le ministre de l'Intérieur et la ministre des Outre-mer. Et
pour être à la hauteur de cette ambition, nous avons d'ores et déjà commencé à
renforcer nos moyens. D'ici à la fin de l'année, les effectifs consacrés à la
lutte contre le crime organisé et le narcotrafic au sein de nos ambassades dans
la région auront augmenté de 50%. Les moyens financiers alloués à la
coopération de sécurité et de défense dans la région sont eux aussi en route et
progresseront de 45%.
Nous densifions également nos actions de coopération judiciaire, policière et
douanière depuis novembre 2025, c'est-à-dire depuis huit mois. 14 accords
bilatéraux ont été signés avec les pays de la région. 19 autres le seront
prochainement. Parce que la lutte contre le narcotrafic se joue aussi près des
populations des pays producteurs, nous réorientons notre investissement
solidaire et durable, notre aide au développement, vers des projets de réforme
rurale. Nous favorisons le développement de cultures alternatives. Ainsi, au
Pérou, la substitution des cultures de coca par le café, que nous avons engagée
avec l'entreprise Malongo et l’ONUDC, ouvre de nouveaux débouchés pour les
populations de ces pays.
Sur le plan opérationnel, les équipes communes d'enquête ont démontré leur
efficacité, notamment en Colombie. Nous travaillons aujourd'hui à reproduire ce
modèle dans l'ensemble des régions afin de mieux coordonner nos efforts. Nous
savons que la maîtrise des ports, des aéroports et des espaces maritimes est
une condition essentielle de la lutte contre le narcotrafic. Aujourd'hui, plus
de 60% de la cocaïne qui entre en Europe transite par les ports. C'est pourquoi
la France, avec ses partenaires européens et ceux du G7, a lancé la création
d'un réseau de ports, représentant un tiers de la capacité portuaire mondiale.
Il s'agit de partager entre tous les acteurs portuaires les bonnes pratiques en
matière de sécurité. Cette meilleure coordination nous permettra de faire échec
aux stratégies de plus en plus sophistiquées des narcotrafiquants. Et je suis
heureux d'annoncer aujourd'hui que le port de Fort-de-France rejoindra bientôt
le réseau des ports du G7.
Notre action se poursuit également en mer. En 2025, dans la zone maritime des
Antilles, les opérations conduites par la France ont permis l'interception de
40 tonnes de produits stupéfiants. Pour aller plus loin, nous appelons à la
pleine opérationnalisation de l'accord de San José ainsi qu'à son extension à
l'ensemble des États de l'arc caribéen, afin de prévoir la possibilité qu'un
État puisse intervenir dans les eaux territoriales d'un autre État pour
réprimer un trafic. Cette année, la France a signé avec les Pays-Bas un accord
permettant la poursuite de navires dans les eaux territoriales réciproques
autour de Saint-Martin. Nous souhaitons engager des discussions similaires avec
nos partenaires antillais, notamment Sainte-Lucie et (inaudible), que je salue
tout particulièrement.
La lutte contre le narcotrafic se joue aussi dans les aéroports. C'est la
raison pour laquelle la France contribue au programme de l’ONUDC, pour
renforcer les services de protection et d'interception des drogues illicites
dans la région. Et nous portons aussi le combat contre le narcotrafic au niveau
européen.
Avec nos partenaires, nous travaillons à la création d'une Académie régionale
de lutte contre la criminalité organisée. Elle sera basée en République
dominicaine, et sa première pierre sera posée en septembre prochain. Cette
académie s'appuiera sur le programme d'appui à la lutte contre la criminalité
organisée en région Caraïbe, ALCORCA, qui a déjà permis de former 1.500 membres
des forces de sécurité de plus de 11 nationalités. Elle offrira aux enquêteurs,
magistrats et douaniers de toute la Caraïbe un lieu commun de formation,
d'échange et de coopération. Sa mission est simple : rapprocher les pratiques,
harmoniser les procédures et créer les réseaux de confiance indispensables à
une action commune.
Et parce que les organisations criminelles investissent désormais dans le champ
numérique, nous renforçons également notre coopération dans le domaine cyber.
La France a rejoint le Centre régional de compétences cyber de l'Union
européenne LAC4. Dans ce cadre, avec nos partenaires dominicains et grâce au
soutien de l'Union européenne, nous avons organisé au début du mois de juin un
séminaire régional consacré à la cybersécurité.
Enfin, nous allons priver les organisations criminelles de ce qui fait leur
force, leurs ressources financières. La force travaille avec ses partenaires
européens à la création d'un nouveau régime de sanctions contre la criminalité
organisée et les narcotrafics. Le dispositif permettra de geler les avoirs des
principaux groupes criminels et de leurs responsables impliqués dans le trafic
de drogue et les autres formes de criminalité organisée, de leur interdire
l'accès au territoire de l'Union européenne et d’interdire toute forme de
transactions avec nous. Nous espérons son adoption très prochainement afin de
frapper les trafiquants au portefeuille, là où ça fait mal.
Toutes ces initiatives répondent à une même conviction : face à des réseaux
toujours plus intégrés, notre coopération doit l'être davantage encore. Je
forme donc le vœu que cette conférence marque une étape décisive vers une
coopération plus étroite, vers une action plus efficace, vers une réponse
toujours plus collective à un fléau devenu global. C'est, je crois, la volonté
du Président de la République et du Gouvernement, bien sûr, mais c'est la
volonté des élus de nos territoires ultramarins et de nos parlementaires, dont
je salue la présence aujourd'hui.
L'appel de la Martinique doit être le point de départ d'un engagement solide et
durable. La France prend aujourd'hui cet engagement et appelle chacun d'entre
nous à se tenir à ses côtés.
> [Narcotrafic] Il ne faut pas sous-estimer l'importance de cette première conférence régionale de sécurité, qui a été voulue par le Président de la République, qui s'inscrit plus largement dans la politique qui est menée sous l'autorité du Premier ministre pour faire échec à 360 degrés au narcotrafic et à la criminalité organisée. On ne peut pas la sous-estimer parce qu’une quarantaine de pays présents, ici en Martinique, et décidant collectivement de joindre leurs forces pour entraver l'activité de ces organisations transnationales spécialisées dans le trafic de drogue, d'armes à feu et dans la traite d'êtres humains, c'est tout simplement inédit. Et donc c’est une grande satisfaction pour nos trois ministères d'avoir travaillé activement pour le rendre possible.
S'agissant du ministère des Affaires étrangères, il faut relever que nous avons, pour la première fois dans notre histoire, à l'automne dernier, rédigé un volet international de ce plan de lutte contre le narcotrafic qui commence déjà à produire des effets dans la coopération internationale. Nous avions dit en novembre dernier que nous signerions 12 accords de coopération avec les pays de la région, Amérique latine et Caraïbes. Nous en avons déjà signé 18 et 23 autres sont en cours de signature, des accords de coopération douanière, militaire ou policière. Nous avions dit que nous allions augmenter de 20% les effectifs dans nos ambassades qui viennent du ministère de l'Intérieur, de la direction générale des douanes ou du ministère des Armées. Nous sommes déjà à près de 40% d'augmentation dans le renforcement des postes qui sont les nôtres. Nous avions dit que nous allions mettre en place une académie régionale pour la formation des experts qui, dans les pays de la région, concourent ou concourront à la lutte contre le narcotrafic. Cette académie régionale posera sa première pierre au mois de septembre en République dominicaine. Et puis nous avions dit que nous créerions un régime européen de sanctions contre les narcotrafiquants et le crime organisé. Ce régime de sanctions est en cours de finalisation à Bruxelles. Et donc, dans mon ministère, comme au ministère de l'Intérieur et au ministère des Outre-mer, nous changeons d'échelle dans cette guerre que nous menons contre le narcotrafic. Et c'est ainsi que nous obtiendrons des résultats, pour la sécurité de nos compatriotes, ici en Martinique, dans nos Outre-mer, mais aussi sur le territoire national, face à une déferlante des stupéfiants dans les rues de nos villes et de nos villages.
> [Narcotrafic] Les États-Unis sont représentés au cours de cette conférence, et dans le cadre de la présidence française du G7, la lutte contre le narcotrafic et la criminalité organisée a été discutée par l'ensemble des pays membres du G7, mais aussi par leurs partenaires qui étaient invités, car tous sont confrontés à ce fléau. Il a été acté la création d'un réseau de ports des pays du G7 et de leurs partenaires. Ce réseau va leur permettre de partager les bonnes pratiques pour à la fois se sécuriser, détecter l'activité des narcotrafiquants, faire échec, et ainsi mieux protéger nos pays et les ports représentant un tiers du trafic maritime mondial contre ce fléau. Est-ce qu'on va la gagner ? Jean-Didier Berger le disait à l’instant, si nous travaillons seuls au niveau national, nous aurons peu de chances d'y parvenir. Si au contraire, les États travaillent ensemble, alors nous aurons la possibilité de pouvoir effectivement l'emporter sur ces multinationales de la criminalité.
> La coopération internationale est capitale pour lutter contre ces groupes transnationaux, qui se livrent au trafic de drogue, au trafic d'armes à feu, à la traite d'êtres humains. Cette conférence régionale de sécurité qui s'est tenue aujourd'hui en Martinique, c'était la volonté du Président de la République, c'est une première et elle a permis une mobilisation inédite de 40 pays, qui se sont mis d'accord pour œuvrer de concert, pour faire échec à ces trafics qui empoisonnent la vie de toutes celles et ceux qui habitent dans cette région. Et ça s'inscrit parfaitement dans les efforts de la diplomatie française que j'ai l'honneur de conduire pour déployer tous nos efforts, tous nos moyens, en lien avec les pays de la région, pour lutter efficacement contre le narcotrafic et empêcher, entraver l'activité des narcotrafiquants.
> [Plan international de lutte contre le narcotrafic] D'ores et déjà, nous voyons les résultats. J'avais annoncé que nous signerions 12 accords de coopération. Nous en avons d'ores et déjà signé 18 avec les pays de la région et 23 autres sont en cours de discussion. J'avais annoncé que nous allions renforcer, dans nos ambassades, les effectifs de police, des douanes, des armées pour lutter en lien avec les pays de la région contre les narcotrafiquants. Nous avons d'ores et déjà augmenté ces effectifs de près de 40%. J'avais annoncé que nous allions créer une académie régionale qui serait installée en République dominicaine pour former les experts de tous ces pays à la lutte contre le narcotrafic. Nous allons poser la première pierre de cette académie au mois de septembre prochain. Et puis j'avais annoncé la création d'un régime européen pour sanctionner les narcotrafiquants, les taper au portefeuille. Ce régime de sanctions est en cours de finalisation à Bruxelles. Donc, nous avançons et nous obtenons de la part des pays de la région une coopération véritable. Pourquoi ? Parce que c'est aussi leur intérêt et leur volonté que de faire échec au narcotrafic et à la criminalité organisée.
> Nos forces armées, que ce soit les forces armées françaises aux Antilles ou en Guyane, participent de manière très régulière à des opérations d'arraisonnement, c'est-à-dire arrêter les navires, confisquer la marchandise, arrêter les narcotrafiquants. Nous le faisons dans le respect du droit international, du droit de la mer, avec une grande efficacité. J'étais tout à l'heure en Guyane, où j'ai pu saluer les militaires qui participent à ces efforts. On peut être fier de l'action qui est menée. Alors, évidemment, ça ne permet pas de tout résoudre, mais ça permet très largement de décourager les narcotrafiquants d'emprunter certaines routes.
> Merci à la Jamaïque et au Suriname qui se joignent à l'initiative franco-mexicaine visant à encadrer le droit de véto au Conseil de sécurité de l'ONU face aux atrocités de masse, portant le nombre de soutiens à 120 pays du monde. La mobilisation doit s'amplifier.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> En accord avec le Premier ministre, j'ai décidé de maintenir le niveau 3
du plan ORSAN EPI-CLIM. Si l'intensité de l'épisode caniculaire évolue
désormais différemment selon les territoires, le niveau de vigilance de notre
système de santé demeure maximal. Les agences régionales de santé poursuivent,
avec les établissements et les professionnels de santé, une adaptation
progressive des modalités de mobilisation en fonction de la situation locale.
Là où la chaleur reste la plus intense, tous les moyens nécessaires demeurent
pleinement engagés ; ailleurs, l'organisation peut être ajustée, sans jamais
compromettre la capacité de notre système de santé à répondre aux besoins des
Français.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> [Proposition de loi visant à moderniser la gestion du patrimoine
immobilier de l'État / Intervention au Sénat] Voici une réforme structurelle qui n'avait que trop tardé. Elle est
urgente, tant nous devons accélérer notre adaptation au dérèglement climatique.
Nos bâtiments publics méritent une politique publique à part entière.
La CMP est parvenue à un accord le 1er juillet dernier sur
cette proposition de loi déposée par Thomas Cazenave, alors député. Je salue le
travail de Claude Nougein et d'Emmanuel Capus. Grâce à la mobilisation du
Sénat, de l'Assemblée nationale et du Gouvernement, nous arrivons à un texte
commun, attendu depuis plus de vingt ans.
Faire aboutir des chantiers aussi structurels, alors que l'Assemblée
nationale est morcelée, est de bon augure pour les travaux à venir.
Cette proposition de loi est tout sauf technique ou accessoire : elle
donne le coup d'envoi d'une profonde réforme structurelle de l'État. Car les
bâtiments ne sauraient rester les parents pauvres de nos politiques
publiques : ils méritent une politique publique dédiée, à la hauteur des
enjeux.
Dès la promulgation de la loi, un préfigurateur sera nommé pour transformer
l'Agence de gestion de l'immobilier de l'État (Agile) en établissement public,
au plus tard au 1er janvier 2027. Nous ciblerons
prioritairement les bâtiments tertiaires, là où les besoins sont les plus
urgents. Un contrat pluriannuel d'objectifs et de performance sera conclu.
Le conseil d'administration associera deux députés et deux sénateurs,
garantie d'un contrôle parlementaire dans la durée. Le Gouvernement y est
pleinement favorable.
Bien sûr, cette proposition de loi ne réglera pas tout. Mais elle ouvre la
voie à un État propriétaire responsable, professionnel et durable, qui agit
dans le temps long, au bénéfice des agents publics et des usagers.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Depuis le Camp des Milles, nous réaffirmons notre engagement à ne jamais
accepter la banalisation du racisme, de l'antisémitisme et des discriminations.
La République est une promesse que l'on tient. Et nous la tiendrons ensemble.
> Face aux défis climatiques, technologiques, industriels, démographiques, la mère des batailles est celle des talents. C'est le message que j'ai porté aux Rencontres économiques d'Aix. Celui d'un pays qui ne renonce à aucun de ses talents, les fait émerger, se bat pour les garder et en attirer. C'est notre ambition avec Talents de France. Ce sont déjà 1 000 entreprises engagées en 5 jours : 8% de recrutements et 15% de stagiaires QPV et territoires ruraux, 1% des effectifs en mentorat. Ce n'est que le début.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> « Les efforts engagés ces dernières années pour nous adapter aux
chaleurs extrêmes n’ont pas été vains. La France est mieux préparée aux fortes
chaleurs qu’elle ne l’était en 2003. Mais elle ne l’est pas encore suffisamment
pour affronter le climat des prochaines décennies. » Face aux canicules,
le Premier ministre Sébastien Lecornu rappelle notre bilan et présente les
mesures concrètes de l'État pour protéger les Français et adapter le pays.
● Autres ministres
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> [Présidentielle 2027] Je pense qu’Édouard Philippe est le plus à même de
rassembler très largement des femmes et des hommes qui se sentent de droite,
centristes, qui se sentent peut-être de nulle part, qui hésitent un peu.
> [Présidentielle 2027] On embarque les Français quand on tient un discours de vérité. (…) L’ensemble des décisions que nous prenons doivent être vues, jugées au regard du bénéfice, ou pas, qu’elles apportent à nos enfants.
> Moi, je combats le RN de Jordan Bardella, de Madame Le Pen et de l’ensemble de ses élus, car j’estime qu’il porte un projet d’asphyxie pour le pays, un projet de rétrécissement, d’isolement.
> Le Fonds vert n’est qu’une petite partie de l’ensemble des moyens dédiés à la lutte contre le changement climatique (…) Le budget alloué à l’écologie a doublé depuis 2017.
> C’est une motion de censure [de Les écologistes] de posture politique. Je trouve que ce n’est pas très sérieux.
> [Canicule] Le plan Orsan3 est maintenu. (…) L’hôpital français tient. (...) Nos EHPAD aussi ont tenu. (…) En revanche, je pense à la question des personnes isolées où on constate une surmortalité.
> [Feux de forêts] Les moyens des forces
d’intervention ont augmenté ces dernières années. Le budget (…) a augmenté de
40 % sur la période 2023-2026 par rapport à ce que c’était entre 2019 et 2022.
(…)
Quatre Canadairs ont d’ores et déjà été commandés en 2024 et 2026 et seront
livrés dans les mois à venir (…) On forme aussi des militaires destinés à
intervenir sur ce type d’événements
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Face aux incendies qui touchent le Sud de la France, mes pensées vont aux
habitants touchés, ainsi qu'aux blessés. Je salue le courage remarquable des
sapeurs-pompiers, de l'ensemble des secours mobilisés et des élus locaux. La
vigilance de chacun est indispensable : respectons les consignes des autorités.
Vous avez mon entière solidarité.
> Et si je vous disais que l'intelligence
artificielle est déjà en train de transformer la façon dont nous faisons la loi
?
Comme Internet et le smartphone avant elle, l'intelligence artificielle est une
révolution qui nous concerne tous. Les citoyens, les entreprises, les acteurs
publics... et bien sûr nos institutions démocratiques.
Cette révolution doit être doit être comprise, encadrée, intégrée et
accompagnée. Car c'est à cette condition qu'elle deviendra un outil puissant,
placé au service de l'intérêt général.
C'est dans cet esprit que j'ai souhaité organiser le premier hackathon de
l'Assemblée nationale consacré au parcours de la loi à l'ère de l'intelligence
artificielle.
Pendant deux jours, développeurs, designers, chercheurs, juristes, étudiants,
citoyens et fonctionnaires parlementaires ont travaillé ensemble autour d'une
même question : comment intégrer une intelligence artificielle de confiance
dans notre parcours législatif ?
Je suis convaincue que la réponse ne peut être binaire. Ne soyons ni
techno-béats, ni techno-sceptiques. Soyons techno-lucides et techno-réalistes.
Fière d'avoir accueilli à l'Assemblée nationale ce premier hackathon sur l'IA.
Deux jours d'intelligence collective pour imaginer le Parlement de demain !
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
> Toute la gauche vient de s'allier pour refuser la perpétuité pour les
viols commis sur nos enfants ! Une honte alors que nous devons protéger les
enfants.
Gabriel Attal (député, secrétaire général de
Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée
nationale)
> L'histoire a montré que les
moments de rupture ne récompensent pas les plus puissants, ils récompensent
ceux qui ont compris avant les autres que les règles du jeu ont changé.
> la souveraineté ne se décrète pas, elle se finance.
Elisabeth Borne (députée)
> Aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, j’ai rappelé une
priorité : redonner confiance à notre jeunesse en l’écoutant, en lui parlant
avec respect et en lui ouvrant des perspectives. L’innovation, l’intelligence
artificielle, la formation et les talents sont des leviers essentiels pour
préparer l’avenir de la France.
● MoDem
François Bayrou (président)
> C’est la première fois, à ma connaissance, qu’un livre grand public
explique ce qu’est la dette française. Il y a cinquante ans qu’on n’a pas
voté un budget en équilibre. Quand on est en déficit, il faut emprunter pour
équilibrer le budget. Et on n’a jamais remboursé un euro de cette pyramide de
dettes. À chaque échéance, on réemprunte le même montant. Le problème c’est que
les intérêts, chaque année, il faut les payer, on ne peut pas y échapper. Et ce
montant est devenu hors contrôle.
> [Dette] Il y a deux autres pays, les États-Unis et le Japon, mais leurs créanciers sont américains ou japonais, c’est donc de l’argent qui est recyclé dans le pays. Notre dette à nous dépend pour 60 % de créanciers étrangers. C’est une hémorragie. Il y a quelques années, les intérêts de la dette représentaient entre 20 et 3 milliards d’euros. Ce sera 80 milliards cette année. 90 l’année prochaine. La totalité du montant de l’impôt sur le revenu payé par tous les Français ne suffira pas à ce montant. L’accident arrive. Le même qui a touché la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Suède, le Canada… Ce sera notre ordre du jour dans quelques mois.
> Quand j’ai été nommé à Matignon, le gouvernement précédent venait d’être renversé. Il n’y avait pas de majorité, pas de budget pour l’action de l’État, les collectivités locales… Tout était chaotique. Nous avons fait voter le budget de l’État, celui de la Sécurité sociale, puis la loi d’orientation agricole et la loi sur le narcotrafic. Nous avons aussi fait baisser le déficit du pays de presque 1 %, ça ne s’était jamais fait depuis dix ans. Ensuite, j’ai ouvert le chapitre des retraites avec le conclave. On était à un millimètre de réussir. L’ensemble des syndicats réformistes, CFDT, CFTC et CGC avaient accepté les 64 ans. Ce qui est inimaginable, c’est que l’accord n’a pas abouti parce que le Medef a refusé non pas la pénibilité, mais le constat de la pénibilité pour ceux qui en relevaient. Or il me paraissait absolument évident que si on reculait l’âge de la retraite, il fallait que les emplois les plus pénibles puissent partir plus tôt. La vérité, c’est que certains ne voulaient pas d’accord du tout.
> Parlons d’abord des victimes. Tout le monde les
oublie. Les violences, les brutalités et les atteintes sexuelles qui sont des
crimes. C’est la première affaire Bétharram. Ensuite, il y a la manœuvre
politique. Pour faire croire que j’aie quoi que ce soit à voir avec cette
affaire. Comme des milliers de familles de chez nous, nous avons été parents
d’élèves de cette école. Mais quand cette affaire éclate, mon dernier fils a
quitté l’établissement depuis vingt-trois ans et ma fille aînée depuis
trente-cinq ans. Oui, LFI a essayé de me mêler à cette affaire. Leur
entreprise a réussi jusqu’à ce que j’apporte les preuves à la commission
d’enquête. J’ai beaucoup réfléchi : est-ce que j’aurais pu me défendre
autrement ? Je n’ai pas trouvé.
J’ai eu une phrase incomplète. J’ai dit « je n’ai aucune
information ». J’aurais dû dire « je n’ai aucune autre information
que ce qui avait été écrit dans le journal ». Je n’ai pas pu me défendre
parce qu’on ne peut pas se défendre contre le pire du pire, c’est-à-dire
« il n’y a pas de fumée sans feu ». Là où il y a une blessure, c’est
que des gens qui me connaissent ont pu ajouter foi à ces accusations
scandaleuses.
> [Présidentielle] Quand on examine le profil des candidats actuels, on a le droit de penser qu’un grand nombre d’entre eux n’ont pas la structure pour être présidents de la République. L’heure n’est pas à une candidature de témoignage. Il faut répondre à la double menace de l’extrême droite et de l’extrême gauche en proposant un projet qui rassemble tout le camp démocratique, idéalement depuis le PS raisonnable jusqu’à LR. Nous appartenons au même fleuve.
> [Présidentielle] Il y a trois ou quatre problèmes dominants. Il y en a un qui domine tous les autres, c'est la dette. C'est-à-dire la charge qui va peser sur les générations actuelles qui sont au travail ou qui sont contribuables, puisque l'année prochaine — écoutez bien ce chiffre — la totalité de l'impôt sur le revenu payé par tous nos compatriotes ne suffira pas pour payer les intérêts de la dette. Pas pour rembourser le capital, pour payer les intérêts. C'est pourquoi je regarde ce point attentivement.
> [Ecole] Il y a beaucoup d'erreurs. Il y a une chose que je considère comme terrible et même comme insupportable, et cela s'incarne dans ce mécanisme qui s'appelle Parcoursup, que je considère sauvage. Je l'avais dit à la tribune de l'Assemblée nationale : « Les enfants, ce n'est pas comme des poireaux, cela ne pousse pas tous à la même vitesse. » Et faire une orientation ultra-précoce, en réalité, cela enlève toute chance à ceux qui ont un autre chemin, une autre maturation. Et donc cette espèce de ségrégation précoce est une injustice et une imposture. Parce que quand on regarde après, ce n'est pas comme cela que les vies se développent.
> La raison pour laquelle je suis contre les extrêmes, c'est parce que le Front national dit : « on va faire payer les immigrés. » La France insoumise dit : « on va faire payer les riches », et maintenant elle s'attaque directement aux Juifs en tant que Juifs, avec exactement les mêmes signaux que Jean-Marie Le Pen envoyait. Par exemple, c'est passé complètement inaperçu, mais Jean-Luc Mélenchon a fait un meeting il y a une quinzaine de jours dans lequel il a fait quelque chose que j'ai pris en pleine figure. Il a évoqué des groupes qui venaient protester contre ses meetings. C'est un groupe d'activistes juifs qui s'appelle « Nous Vivrons » et qui vient dans ses meetings. Et Jean-Luc Mélenchon a dit ceci, vous pourrez le vérifier, face au micro. Il a dit : « C'est un groupe, ce sont des imbéciles, nous savons que ce sont des imbéciles. Ils s'appellent : Nous vivrons, ou nous partirons. » Et quand on met dans la même phrase « Juifs » et « partir », cela dit quelque chose d'un rejet organisé, voulu, concerté d'une partie de l'identité des Français. Et donc, cette volonté de faire renaître, comme Jean-Marie Le Pen le faisait renaître, tous les réflexes souterrains, dissimulés, sous la table, qui ciblent une partie des Français — les uns ciblent les musulmans, les autres ciblent les Juifs — nous, nous sommes ceux qui voulons, qui exigeons qu'on puisse, chez nous, vivre ensemble en tant que Français, pas en tant qu'une autre identité.
> Jamais on n'a vu, dans l'histoire, des extrêmes
prenant le pouvoir dans un pays faire du bien à ce pays. Ils ont, par nature,
parce qu'ils sont dans cette vision du bouc émissaire, à dresser les gens les
uns contre les autres, à désigner des ennemis de l'intérieur et à laisser
croire que les citoyens n'auront pas d'efforts à faire : il suffira de cibler
ceux qu'on doit détruire. Il y a là quelque chose d'extrêmement dangereux des
deux côtés. Et donc, je dis autre chose : je ne dis pas égal, chacun porte une dangerosité.
La dangerosité de LFI, j'en ai parlé, elle est gravissime. La dangerosité de
l'extrême droite, elle est extrêmement puissante. (…)
Moi, je ne dis jamais avec l'un ni jamais avec l'autre. Et si vous me le
permettez, cela dessine un paysage politique que, pour l'instant, on ne voit
pas apparaître, mais qui devra apparaître un jour ou l'autre : ceux qui disent
jamais avec l'un, pas pour les mêmes raisons, mais parce que les deux sont
dangereux et, à mon avis, mortels pour le pays. Ceux qui ne disent jamais avec
l'un, jamais avec l'autre, doivent considérer qu'ils constituent ensemble ce
que j'appelle le fleuve central. C'est-à-dire des gens qui partagent des
principes qu'ils devraient considérer comme essentiels, au point qu'ils
devraient accepter de ne plus se considérer simplement comme des ennemis. Et
ceci est une structuration, une architecture de la prochaine élection
présidentielle. Parce que, si vous regardez bien, il n'y a pas grand monde qui
dit : « jamais avec l'un et jamais avec l'autre. » Il y en a qui disent jamais
avec l'un et se taisent sur l'autre, et réciproquement. Et donc, cette volonté
de faire que la France ne tombe pas dans le piège imminent de l'un des deux
extrêmes change évidemment le paysage de l'élection présidentielle.
> Un pays a droit à son identité, et en particulier à son identité culturelle. Un pays, vous savez, Renan disait : des vivants et des morts. Mais il n'y a pas seulement cela : c'est une langue, des principes, des principes culturels. Chez nous, la laïcité, par exemple. Je pense que l'intégration doit se faire par le travail. Or, il y a aujourd'hui des centaines de milliers de personnes interdites de travail, prises en charge par l'État, qui coûtent des millions et des millions. Le travail, la langue, et la vérification que les principes sont absolument respectés — notamment ce principe fondamental de notre pays, qui est que la religion ne fait pas la loi.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
> [Canicule] L'Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement,
avec un rythme deux fois supérieur à la moyenne mondiale. Deux vagues de
chaleur récentes ont fait grimper les températures jusqu'à 18 °C au-dessus des
normales saisonnières, et la dernière aurait causé environ 1 300 décès
supplémentaires. Nombre de logements, d'écoles et de lieux de travail européens
n'ont pas été construits pour de telles conditions.
Agir pour le climat, c'est donc à la fois prévenir le réchauffement futur et
protéger les Européens des impacts que nous subissons déjà.
À la demande de Renew Europe, les députés européens débattront de la
multiplication des vagues de chaleur qui touchent l'Europe, conséquence du
changement climatique.
Notre groupe appelle à l'action :
- S'attaquer aux causes. Nous devons réduire les émissions en mettant en œuvre
le Pacte vert pour l'Europe.
- S'adapter au climat actuel. L'Europe doit renforcer sa résilience face aux
vagues de chaleur en protégeant la santé publique et en adaptant ses
infrastructures à un avenir plus chaud.
- Logements économes en énergie : nous avons besoin de logements plus
abordables et économes en énergie, qui permettent de maintenir une température
agréable été comme hiver et de réduire les factures d'énergie.
- Villes plus vertes : Plus d'arbres, des espaces publics ombragés, des
bâtiments mieux isolés, des toitures fraîches et des écoles résilientes face au
changement climatique doivent devenir des infrastructures essentielles pour une
Europe plus chaude.
> Pendant les six prochains mois, un Premier
ministre issu du mouvement « Renouveler l'Europe » pilotera l'Europe. La
présidence irlandaise intervient à un moment décisif pour l'Europe. Face à
l'instabilité géopolitique croissante, à la concurrence économique et à la
transition climatique, l'UE doit obtenir des résultats concrets pour ses
citoyens et ses entrepreneurs. Nous travaillerons en étroite collaboration avec
le gouvernement irlandais pour bâtir un avenir meilleur pour les Européens.
Nous veillerons à ce que la présidence irlandaise tienne ses promesses :
renforcer la compétitivité de l'Europe ; réduire les coûts de l'énergie ;
approfondir le marché unique ; achever l'Union de l'épargne et de
l'investissement ; et consolider la sécurité européenne et soutenir l'Ukraine.
Nos priorités :
- Une Europe plus compétitive : Nous œuvrons activement à libérer le potentiel
de l'Europe et à lever les obstacles à l'innovation, à l'investissement et aux
échanges transfrontaliers au sein de notre Union.
- Une Europe plus forte et plus sûre : Nous mettons tout en œuvre pour que l'UE
renforce les capacités de défense de l'Europe, maintienne son soutien
indéfectible à l'Ukraine et réduise ses dépendances stratégiques.
> Renew Europe appelle les États membres à reprendre immédiatement les négociations, avec un mandat clair pour trouver une solution permanente. La priorité de Renew Europe est de conclure un cadre européen solide et pérenne pour lutter contre les abus sexuels sur enfants en ligne, dans le plein respect des droits fondamentaux. Une nouvelle dérogation risquerait fortement de retarder les négociations sur le dossier principal. Libéraux et Démocrates sont unanimes : rouvrir les discussions sur la dérogation provisoire la semaine prochaine, à ce stade, pourrait retarder les progrès sur la législation globale dont les victimes, les forces de l'ordre et les plateformes en ligne ont besoin. La voie vers un cadre juridique harmonisé pour prévenir et combattre l'exploitation sexuelle des enfants dans le monde numérique est ouverte et nous plaidons pour une solution pérenne.
> L'élargissement est l'un des atouts géopolitiques
les plus puissants de l'UE. Une Union plus forte et plus large sera mieux à
même de promouvoir la stabilité, de renforcer la sécurité européenne et de
défendre nos valeurs communes.
Renew Europe reste fermement attaché à l'avenir européen de l'Ukraine et de la
Moldavie, sujet qui sera débattu en séance plénière la semaine prochaine. Leur
adhésion est un investissement stratégique pour la paix, la sécurité et la
prospérité de l'Europe.
L'élargissement doit rester fondé sur le mérite, avec des réformes axées sur la
démocratie, l'État de droit et les droits fondamentaux.
Valérie Hayer (députée, présidente)
> L’Islande rejoindra demain peut-être l’Union européenne. Un référendum se
tient en août dans l’île sur la réouverture des négociations. Cette adhésion
serait du gagnant-gagnant. L’élargissement de l’UE ne doit pas être considéré
sous le seul prisme économique, mais comme un outil géopolitique.
Pascal Canfin (député)
> Avec l’explosion des usages dans le domaine du cloud et de l’intelligence
artificielle, le nombre des infrastructures numériques est voué à
considérablement augmenter dans les prochaines années.
C’est pour bien comprendre le fonctionnement d’un centre de données que je me
suis rendu à Marcoussis, à une heure de Paris, pour visiter un des campus de Data4,
le leader européen des data centers sur le continent.
De la souveraineté européenne sur nos données sensibles à l’impact local que
pose un data center sur la consommation d’énergie et leur impact
environnemental, nous avons pu discuter de nombreux sujets clés pour la France
et pour l’Europe.
Sans acteur sur notre territoire dans le cloud et l’IA, il est difficile de
peser sur la manière dont ces technologies se développent. La bonne nouvelle,
c’est que l’Union européenne est présente dans différents niveaux de la chaîne
de valeur et que sa place compte sur la scène mondiale. Mais nous devons
continuer à investir pour développer nos capacités et réduire nos dépendances
stratégiques.
Je remercie les équipes de Data 4 pour la transparence dont ils font preuve sur
leur activité.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Quelques priorités. De la stabilité. De la concertation. C’est l’esprit de
la planification à la française voulue par le général de Gaulle en 1946. Nous
devons renouer avec cette ambition, en faisant voter des « lois des
grandes options », quinquennales, par le Parlement.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> [«No kids»] Je me bats pour qu'on reconnaisse les droits des
enfants. Si il faut clarifier et renforcer la loi, on le fera. On fracture
notre société.
> Refuser les enfants dans un restaurant, un hôtel, un transport n'est pas une tendance : c'est un choix de société. J'ai voulu que la CNCDH s'en saisisse. Son avis est sans ambiguïté : les enfants ont toute leur place dans l'espace public !
> Accueillir un
enfant n'est jamais une contrainte : c'est un choix de société. Avec cette
deuxième édition du Choix des Familles, nous voulons continuer à faire entendre
la voix des parents et valoriser les milliers de professionnels qui, partout en
France, démontrent chaque jour qu'il est possible d'accueillir les familles
avec bienveillance, simplicité et respect.
Alors, cet été, ouvrez l'œil : si vous
voyez la vignette Choix des Familles, poussez la porte. Et si vous connaissez
un commerce qui mérite cette reconnaissance, recommandez-le. Les familles sont
les meilleures expertes de l'accueil des familles !
> Une société qui exclut ses enfants renonce à son avenir. L’avis de la CNCDH est sans ambiguïté : les espaces No kids portent atteinte aux droits des enfants. Continuons à faire reculer ces discriminations et à remettre l’enfant au cœur de notre société.
