Qu’ont en commun le Modem de François Bayrou, l’UDI d’Hervé Marseille et Bâtissons ensemble d’Elisabeth Borne?
Si tous font partie de l’axe central, c’est avant tout la volonté d’exister, voire de peser en 2027.
Pour cela, ils ont décidé de mettre sur pied une entente qu’ils sont en train de formaliser en vue de la présidentielle puis des législatives qui ne manqueront pas de suivre.
Selon leurs déclarations, il s’agit d’abord de soutenir un même candidat central lors de la présidentielle.
Actuellement, deux anciens premiers ministre d’Emmanuel Macron sont en lice et répondent aux critères centristes/centraux, Gabreil Attal de Renaissance et Edouard Philippe d’Horizons avec un avantage certain à ce dernier.
Deux personnalités politiques qui clivent ce trio sachant que François Bayrou apprécie peu Edouard Philippe qui est le préféré d’Hervé Marseille et qu’Elisabeth Borne est en dissidence affichée vis-à-vis de Gabriel Attal.
Si la désignation d’un candidat unique de l’axe central se fera sans doute entre Attal et Philippe n’en déplaise à Bayrou et Borne même s’ils sont en train de chercher d’éventuels remplaçants, la président du MoDem ayant évoqué Thierry Breton qui n’a pas manifesté l’envie de se présenter et Hervé Marseille rêvant de Jean-Louis Borloo dont les envies de présidentielle ont, pour l’instant, trouvé peu d’échos chez les électeurs.
En réalité cette entente ne choisira pas son candidat mais se le verra imposer par les faits et les sondages.
Sans doute que le trio auquel s’est joint l’ancien ministre de l’Economie, Eric Lombard, se positionnent pour l’après-présidentielle, pour la formation d’un gouvernement si le candidat de l’axe central l’emporte et pour les législatives pour bénéficier alors d’une dynamique ou, en cas de défaite, afin de faire front en essayant de limiter une défaite trop cuisante.
Car l’après-Macron risque d’être compliqué pour le MoDem, l’UDI et Elisabeth Borne.
Pour le premier, il ne faut pas oublier que son existence actuelle est due à son ralliement forcée à Emmanuel Macron et qu’il s’agit pour lui de ne pas s’effondrer en cas de défaite à la présidentielle de l’axe central.
Pour le second qui est devenu un parti de droite et qui a toujours soutenu LR, notamment Hervé Marseille qui n’a cessé d’affirmer que l’Union centriste qu’il préside au Sénat faisait partie de la majorité de la haute-chambre avec le parti de droite dont le chef est Bruno Retailleau, lui-même candidat, il s’agit de stopper son effacement programmé en tant que force politique ayant du poids.
Pour la troisième, sa marginalisation dans Renaissance due à Gabriel Attal, lui impose de contourner l’appareil du parti pour s’assurer un avenir politique après les échéances électorales de 2027.
Cette entente peut-elle se transformer en parti?
A priori non sachant que l’UDI s’est créée avec majoritairement des dissidents de l’UDF qui avaient refusé de rejoindre le MoDem de Bayrou ou l’avaient quitté peu après sa fondation même si une alliance électorale eut lieu lors des élections européennes de 2014.
Reste que les réunions-séparations de formations centristes sont assez nombreuses et que la situation politique des prochains mois et post-2027 imposeront peut-être plus qu’une simple entente.
