Voici une sélection, ce 9 janvier 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du premier ministre.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> La France est
favorable au commerce international, mais l’accord UE-Mercosur est un accord
d’un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes
(mandat de 1999).
Si la diversification commerciale est
nécessaire, le gain économique de l’accord UE-Mercosur sera limité pour la
croissance française et européenne (+0,05% sur le PIB de l’UE à l’horizon 2040
selon la Commission).
Il ne justifie pas d’exposer des filières
agricoles sensibles et essentielles à notre souveraineté alimentaire.
Depuis l’annonce de la fin de la
négociation en décembre 2024, je n’ai cessé de me mobiliser pour un accord plus
juste afin de protéger nos agriculteurs. Nous avons, sur cette base, obtenu des
avancées concrètes dont il faut donner acte à la Commission européenne.
Nous avions formulé 3 demandes, qui ont
évolué dans le bon sens :
1. Nous avons obtenu une clause de
sauvegarde spécifique, un « frein d’urgence » sur les importations agricoles
des pays du Mercosur en cas de déstabilisations de marché en Europe, qui pourra
être activé en cas de variation de seulement 5% des prix et des volumes des
produits agricoles importés, à la demande d‘un seul Etat membre ou de
représentants de filières.
C’était une demande forte des syndicats
agricoles. Des mesures de sauvegarde, y compris de suspension des importations,
pourront être imposées très rapidement.
2. Nous avons obtenu des mesures de
réciprocité sur les conditions de production (mesures miroirs).
Nos producteurs respectent les normes les
plus ambitieuses au monde en matière de santé, d’environnement et de bien-être
animal. Les produits importés doivent être soumis aux mêmes conditions en
matière de pesticides, d’alimentation animale ou d’usage d’antibiotiques, pour
ne pas concurrencer déloyalement nos agriculteurs.
La Commission a annoncé la mise en place
de cette réciprocité pour plusieurs des substances pesticides que nous venons
d’interdire sur notre territoire national. Cet effort devra être poursuivi sur
tous les pesticides et l’alimentation animale.
Ces avancées répondent à une demande de
longue date de nos agriculteurs.
3. Pas de sécurité alimentaire sans
contrôles : nous avons obtenu un renforcement des contrôles sanitaires en
Europe et des audits vétérinaires et phytosanitaires dans les pays tiers, afin
de garantir que les producteurs, notamment du Mercosur, respectent nos
règles.
La mise en place d’une task force à la
Commission européenne sur l’effectivité de ces contrôles préfigure la force
européenne de contrôle sanitaire que la France demande de longue date.
Plusieurs de ces progrès doivent encore
être finalisés, la France y veillera.
Nous avons par ailleurs obtenu des
engagements majeurs de la Commission européenne, confirmés lors de la réunion
sur l’agriculture le 7 janvier à Bruxelles :
D’abord sur le montant des aides directes
de la PAC dans le prochain budget pluriannuel de l’Union européenne. Un
complément de 45 milliards d’euros sera accessible dès 2028, au-delà des près
de 294 milliards d’euros sanctuarisés pour les aides directes au revenu
agricole.
Sur cette base, la France aura les moyens
de garantir le maintien de l’enveloppe actuelle des aides dans son plan
national agricole jusqu’en 2034.
Ensuite sur les engrais, il n’y aura pas
de hausse de prix liée à la taxe carbone aux frontières de l’Union.
Malgré ces avancées incontestables, le
constat doit être dressé d’un rejet politique unanime de l’accord, comme l’ont
clairement montré les récents débats à l’Assemblée nationale et au Sénat.
Dans ce contexte, la France votera contre
la signature de l’accord.
L’étape de la signature de l’accord ne
constitue pas la fin de l’histoire.
Je continuerai de me battre pour la pleine
mise en œuvre concrète des engagements obtenus de la Commission européenne et
pour protéger nos agriculteurs.
Au niveau européen, la priorité demeure
aujourd’hui d’accélérer notre agenda de protection, de compétitivité et
d’investissement.
> [Intervention du Président de la
République devant les Ambassadrices et Ambassadeurs de France.] (…) Je voulais
vous livrer ce matin quelques convictions. Je ne vais pas traiter tous les
sujets, toutes les géographies, mais je pense que c'était nécessaire de pouvoir
partager quelques convictions dans le moment que nous vivons.
Les constats, nous les connaissons. Je les ai faits longuement, l'année
dernière, l'année d'avant. Et en particulier, ce que j'ai dit l'année dernière,
je pense, reste totalement valide. Nous sommes dans un monde qui se dérègle,
les instances du multilatéralisme fonctionnent de moins en moins bien, nous
évoluons dans un monde de grandes puissances avec une vraie tentation de se
partager le monde. Je crois que ce qui s'est passé durant les derniers mois ou
parfois les derniers jours n'a rien enlevé à ce constat. Et donc c'est le grand
risque de l'ordre international dans lequel nous vivons. Les États-Unis sont
une puissance établie, mais qui se détourne progressivement de certains de ses
alliés et s'affranchit de règles internationales qu'elle promouvait encore
récemment, qu'il s'agisse du commerce, de certains éléments de sécurité ou de
certaines enceintes. Et la Chine est une puissance toujours montante, qui doit
faire le choix de partenariats diversifiés, mais qui témoigne d'une agressivité
commerciale de plus en plus désinhibée, et surtout depuis la période de sortie
Covid, et qui met à mal aujourd'hui l'économie européenne. Et puis nous
continuons d'avoir des puissances de déstabilisation, la Russie, avec l'Ukraine
et d'autres géographies, et les ingérences informationnelles et autres, et je
pourrais citer l'Iran et plusieurs autres.
Et donc, dans ce monde-là, le grand risque que nous avons face à nous, et ce
qui est en train de se passer, c'est un affaiblissement de toutes les instances
dans lesquelles nous pouvons régler les questions communes, de toutes les
instances de coopération. C'est un risque d'affaiblissement de notre Europe
qui, face à cette brutalité et la loi du plus fort, serait le dernier espace où
on continue de rappeler les règles du jeu que les autres n'appliquent plus. Ce
serait ce risque d'effacement que certains voient venir ou dénoncent. Ce que je
disais l'année dernière sur l'internationale réactionnaire reste vrai. Et je
crois même qu'il y a aujourd'hui un processus, pour certains assumé, de
recolonisation.
Au fond, nous nous sommes pris dans un espace du jeu très étonnant où nous,
Français et Européens, nous subissons des discours anticoloniaux qui ne
correspondent plus à des réalités, à notre pratique, et nous subissons une
agressivité néocoloniale de certains. Mauvaise situation, pourrait-on dire. Je
crois que si nous montrons de la constance, de la détermination et de l'action,
elle peut être féconde. Mais il va falloir beaucoup d'endurance. Dans ce
contexte, je pense qu'il y a deux comportements qui ne nous correspondent pas.
C'est-à-dire, face à ceux qui voudraient voir revenir la loi du plus fort,
désinhibés, les suivre bêtement, ce n'est pas notre intérêt, ça c'est le choix
de la vassalisation heureuse, ce n'est pas le nôtre. Il ne correspond pas ni aux
intérêts, ni aux valeurs de la France et de l'Europe. De l'autre, il y a un
choix aussi qui pourrait être tentant, qui est celui de dire, qui est le choix
moral, de dire on n'y peut plus rien, mais on va continuer de dire ce qui est
bon. C'est le choix de l'impuissance, ça n'est pas non plus le nôtre.
Le seul qui me semble tenable, possible, c'est d'assumer que nous sommes dans
un moment très difficile de l'ordre du monde, qui se dérégule, la loi du plus
fort cherche à s'imposer, où les règles d'hier sont de plus en plus
fragilisées, mais au fond de se dire que nous sommes bien plus forts que
beaucoup ne le croient, si nous savons nous unir davantage, et que le cœur de
notre action, c'est de continuer à nous renforcer, c'est d'avoir plus de
logique de puissance pour la France et pour l'Europe, c'est d'assumer de
défendre complètement nos intérêts, et c'est de continuer à défendre notre
influence partout où le multilatéralisme efficace peut être défendu, et
d'assumer cette ligne totalement.
Ma conviction, en vous livrant juste ces quelques axes en ce début d'année,
c'est de vous dire que nous ne sommes pas là, nous, ni vous en tant
qu'ambassadrice, ambassadeur ou directrice et directeur ou ministre et votre
serviteur, nous ne sommes pas là pour nous lamenter sur l'état du monde ou pour
le commenter. Nous sommes là pour agir. Et il y a un chemin d'action dans le
monde tel qu'il est en train de se jouer. Nous avons énormément d'atouts dans
celui-ci, parce que nous avons continué de nous réarmer bien avant les autres,
parce que nous avons une indépendance stratégique militaire bien supérieure à
beaucoup, et c'est une force, parce que nous avons une culture stratégique qui
est là et qui est forte, et parce que notre agenda européen, je vais y revenir,
s'est imposé ces dernières années, et parce que nous avons aussi un statut
diplomatique dans ces instances un peu particuliers, qui est une opportunité
unique pour nous. Simplement, il faut peut-être bousculer quelques-unes de nos
habitudes, améliorer quelques-uns de nos points, je vais y revenir, mais agir
de manière pragmatique dans cet environnement.
Au fond, il faut assumer pleinement notre ambition diplomatique dans la partie
qui se joue aujourd'hui, qui doit être de défendre nos intérêts, notre
influence, et de ne rien céder ni à la vassalisation d'un côté, ni en quelque
sorte à l'idée que nous devrions devenir une puissance morale impuissante.
Non.
Alors, pour tout ça, les quelques points que je voulais faire et développer,
d'abord, c'est se dire comment on développe et on renforce nos intérêts. Le
premier de nos intérêts, c'est la paix, la sécurité, et au fond, ces dernières
années ont été mis à risque par l'agression russe en Ukraine. C'est quand même
le sujet le plus fondamental pour nous, aujourd'hui, Français et Européens.
Donc je vous remercie de l'action collective. La démonstration qui a été faite
il y a 48 heures à Paris avec la coalition des volontaires, l'Ukraine et les
États-Unis d'Amérique, montre qu'il y a la possibilité d'une action utile. Donc
nous avons raison d'aider l'Ukraine, nous continuerons de le faire et nous
avons pris des décisions importantes en Europe en fin d'année dernière. Nous
continuerons de renforcer cela et, là aussi, réveillons-nous. Aujourd'hui, la
totalité de l'aide financière à la résistance ukrainienne, elle est fournie par
les membres de la coalition des volontaires. La totalité. Il y a des
dépendances qui existent, capacitaires, à l'égard de certains, dont les
États-Unis d'Amérique, mais plus financiers.
Ce que nous avons fait, regardez d'où nous venons, dans ce monde qui paraît en
désordre, où il y a cette culture de l'événement de chaque jour. Il y a un an,
au moment où je vous parlais, on se disait : on ne sait pas si les
Américains ne vont pas nous lâcher, ils disent qu'ils vont régler cette guerre
en un quart d'heure, on ne saura pas aider l'Ukraine sans eux, on ne peut pas
faire la paix. En février, la réunion au Bureau ovale dont tout le monde se
souvient, on lance en février la coalition des volontaires. Elle s'est réunie à
Paris. On a consolidé quelque chose d'inédit, donc c'est possible. Et à travers
cette coalition, on défend nos intérêts, c'est-à-dire nous, Européens et alliés
qui nous rejoignent — et je veux saluer le rôle de la Norvège, évidemment, du
Royaume-Uni et du Canada, présents au niveau primo-ministériel à Paris il y a 2
jours — on apporte toute l'aide aujourd'hui et on a bâti les garanties de
sécurité pour le jour d'après la paix. C'est une vraie révolution de la culture
stratégique européenne. Et nous devons continuer cet effort patiemment. Nul ne
sait dire quand la guerre finira. Nous accompagnons les efforts diplomatiques
américains et je salue ces efforts et ce que fait la diplomatie américaine.
Mais nous avons réussi à ce que ces efforts soient recentrés et que nos
intérêts soient pris en compte. Ça ne peut pas être la capitulation de
l'Ukraine. Ça ne peut pas être le sacrifice d’intérêts européens. Notre
sécurité, elle est prise en compte par cette coalition des volontaires. C'est une
véritable révolution stratégique, capacitaire, et d'organisation commune que
nous avons menée dans l'année qui vient de s'écouler.
Ceci, on va le consolider parce qu'il faut, sur ce sujet, avoir de la patience
stratégique. Il faut souhaiter chaque jour la paix, tout faire pour la bâtir,
mais force est de constater que là aussi, depuis que les États-Unis ont relancé
ces initiatives diplomatiques depuis un an, il apparaît que la Russie ne veut
pas véritablement la paix tout de même. Alors on peut essayer de s'en
convaincre, mais ils n'ont pas apporté toutes les preuves. Donc il faut
continuer l'effort de guerre, et jusqu'au bout. Ça, c'est pour moi le pilier
fondamental. Défendre nos intérêts, c’est ça, ce que la diplomatie française et
les armées françaises ont fait avec la coalition des volontaires, un état-major
conjoint à Paris, copiloté en franco-britannique, un rôle du E3 assumé en
pilotage stratégique, c'est un vrai réveil. C'est une consolidation. C'est
notre action commune. C'est très loin de l'avis de tous les commentateurs. Ce
n'est pas notre boulot de commenter, je le redis. Ça, c'est très bon.
Deuxième chose, c'est l'Europe de la défense qui vient consolider cela.
Rappelez-vous, quand on a commencé à parler d'Europe de la défense, c'était un
mot interdit. Les gens nous disaient : oh là là, vous allez casser l'OTAN.
Pilier européen de la défense, il fallait négocier des semaines pour obtenir
cette mention. Depuis 2022, on a réussi une révolution, là aussi stratégique.
L'autonomie stratégique européenne est assumée depuis la présidence française
de l'Union européenne. Elle se décline en actes et l'Europe de la défense est
une réalité. Elle a été consacrée par le sommet exceptionnel en mars dernier.
Elle s'est traduite par des livres blancs, un travail de la Commission
européenne, une remobilisation, un réveil de l'Agence européenne de défense, et
puis aussi des instruments de financement qui ont été conçus par les Européens,
avec une préférence européenne que nous avons défendue, assumée. Formidable
avancée des dernières années, et tout particulièrement de la dernière année. Ce
réveil de l'Europe de la défense est fondamental
Maintenant, j'attends de nous, collectivement, qu'on fasse deux choses. 1)
Qu'on le décline sur le plan capacitaire. Que nos armées, la DGA, nos
industriels de défense se disent « comment je pense en européen », là où nous
continuons, nous, à penser trop souvent en français. 2) Que partout dans les
ambassades, vous alliez essayer de trouver les partenaires possibles et qu'on
développe vraiment les prospects dans l'industrie de défense. On a mis de la
préférence européenne, on a mis des instruments, on a été aux avant-postes de
cette ambition. Il faut que ce soit une formidable opportunité pour plus
d'innovation, de technologies de défense, de création européenne pour nous
dérisquer des Américains et être plus autonomes. La deuxième chose, pour avoir
plus de gains commerciaux pour nos entreprises. L'Europe de la défense doit
être une terre aussi de conquête et de création de valeur.
La deuxième chose, ce sont nos intérêts économiques qu'on veut défendre. Et là,
on a un double problème : l'agressivité chinoise et les tarifs américains
— j'ai dit que je ne ferais pas un long discours, donc je vais plutôt droit au
but — et c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps. Ce problème n'a
pas été assez pris en compte, en réalité, par beaucoup. La réalité, c'est que
même les pays qui avaient un excédent commercial avec la Chine sont en déficit
commercial avec elle. La réalité, c'est que même notre partenaire allemand qui
a formidablement réussi ces dernières années, depuis cette année, est en
déficit commercial avec la Chine. Que l'année dernière, 50 000 emplois
industriels en Allemagne ont été détruits, largement par cette agressivité
chinoise.
Alors, c'est le fruit de leur travail, de certains déséquilibres, j'y
reviendrai. Au fond, le rapport Draghi que nous n'avons pas tout à fait
appliqué, il est déjà caduc, pour partie, parce qu'il n'avait pas pris en
compte cette accélération du monde. Depuis les rapports Draghi et Letta, il y a
deux choses qui se sont passées. La Chine va beaucoup plus vite et plus fort.
Elle nous taille des croupières dans la machine-outil, dans l'industrie, y
compris en Europe. La deuxième chose, c'est que face à cette situation, les
Américains ont décidé de mettre les tarifs, y compris aux Européens. Ce n'était
pas attendu, mais ça a été l'approche.
Face à ça, notre agenda économique pour défendre notre intérêt doit être très
simple. Le premier, c'est la protection. Ça n'est pas le protectionnisme, la
protection. Mais c'est assumer que nous ne sommes pas simplement un marché qui
doit s'intégrer, mais une puissance industrielle, commerciale, douanière, qui
doit aussi se protéger face aux règles déloyales. C'est un vrai changement de
logiciel. Il a commencé à être à l'œuvre. Ce que je décrivais comme des succès
européens en matière d'Europe de la défense, nous les avons aussi sur cet
agenda. On commence à les avoir. Là où on était totalement isolé quand on
parlait de protection, de préférence européenne, ces derniers mois, la
Commission européenne a commencé à changer son agenda. Regardez sur l'acier, regardez
sur l'automobile. C'est une vraie petite révolution conceptuelle qui est en
train de se faire. Il faut l'accélérer en actes.
Au fond, nous, Européens, il nous faut accepter de mieux protéger nos
frontières pour favoriser les acteurs avant tout. Quand on a, et c'est donc
très simple, des mesures de sauvegarde, des clauses miroirs, quand on impose à
nos producteurs des règles, que va-t-on, dans le même temps où on accroît leurs
règles, ouvrir à des marchés qui ne les respectent pas ? On n'obtient pas
l'adhésion massive de nos producteurs en faisant ça. Et le bon sens conduit
plutôt à les écouter quand même sur ces sujets. Donc nous sommes aujourd'hui,
en Europe, une puissance qui régule trop ses propres acteurs et qui ne protège
pas suffisamment son économie des acteurs étrangers, surtout quand il y a une
concurrence déloyale.
Donc l'Europe qui protège, c'est le premier pilier de la stratégie. C’est la
préférence européenne, c'est des clauses de sauvegarde et c'est des vrais
mécanismes de protection de nos intérêts. C'est de penser l'Europe, pas
simplement comme un marché pour lui-même, mais une puissance commerciale de 450
millions d'habitants et de consommateurs qui veut bâtir des accords et des bons
accords. L'Inde est un bon exemple de ce qu'on veut continuer de faire sur
beaucoup de sujets. Mais on veut respecter les autres et être respecté. Ce que
je dis n'est rien d'autre, par exemple, que ce que font ensemble le Canada, le
Mexique et les États-Unis pour eux-mêmes. Ce n'est pas un gros mot. Mais
faisons-le. Si on ne le fait pas très rapidement, la désindustrialisation européenne
sera massive. Elle est en cours et elle s'est accélérée depuis l'année
dernière.
Donc la clé, les constats étant posés, c'est d'accélérer cet agenda. Une des
priorités européennes pour nous, c'est évidemment la construction d'un budget
qui tienne ça en compte, mais le déploiement d'une politique de protection et
de préférence européenne accélérée dans cette année. Ce qui va avec aussi,
c'est une plus grande simplification et compétitivité des Européens. Donc
continuer l'agenda de simplification, de marché unique, marché unique des
capitaux, parce qu'il faut vraiment que cette Europe à 450 millions, elle
existe, elle soit plus réelle. Aujourd'hui, il y a encore trop de divisions
dans cette Europe. Et tout cet agenda — merci Monsieur le vice-président de le
porter — c'est un agenda de simplification, de compétitivité de notre Europe,
qui est essentiel, surtout si on veut se réaligner avec les États-Unis. Donc
là, il faut sans relâche le faire. Nous l'avons porté, nous continuerons de le
porter.
Le troisième pilier, c'est un pilier d'investissement dans l'innovation. Dans
nos budgets nationaux, mais surtout le budget européen, on doit investir
beaucoup plus dans l'innovation : l'IA, le quantique, le spatial, les
green tech. Dans ces verticales, l'Europe a des cartes en main. Mais elle est
fragilisée par un sous-investissement public et privé. Nous devons investir
beaucoup plus vite et beaucoup plus fort pour défendre nos intérêts. Face à ça,
ce que je vous demande, c'est de porter cet agenda à Bruxelles, de le porter
dans les capitales, mais, là aussi, de le décliner en actes. Nous avons besoin
de relancer massivement nos diplomaties économiques et commerciales en Europe,
pour ce faire. Parce qu'à mesure qu'on bâtit une Europe qui protège mieux son
marché, il faut pousser nos acteurs industriels et économiques à faire encore
davantage dans le marché européen. Et aujourd'hui, en particulier dans
certaines régions de l'Europe ou dans certains pays, il y a un
sous-investissement qui s'était installé. On l'a réveillé dans plusieurs pays
où les partenariats bilatéraux ont été relancés. Il est fondamental d'aller
beaucoup plus vite et beaucoup plus fort. En tout cas, nos intérêts
technologiques, économiques, stratégiques sont une priorité de notre diplomatie,
en Européens, dans le contexte que je viens d'évoquer.
Troisième élément, c'est évidemment notre agenda démocratique, intellectuel.
Face à ce désordre du monde, le risque pour les Européens, c'est d'être sous
les coups de boutoir : d'un côté, de régimes autoritaires, et de l'autre
côté, des algorithmes de quelques-uns, si je puis m'exprimer ainsi. J'avais
longuement développé l'année dernière, je ne vais pas y revenir. Nous allons
continuer de poursuivre un agenda, à la fois de protection de nos enfants et de
nos jeunes, le Gouvernement aura présenté un texte et des initiatives en la
matière, mais aussi de protection de ce que sont les valeurs et l'espace
démocratique européen. C’est-à-dire l'indépendance académique, la liberté de la
science et la possibilité d'avoir un espace informationnel maîtrisé où les avis
peuvent s'échanger totalement librement, mais où les choix ne sont pas faits
par les algorithmes de quelques-uns. Donc le DSA et le DMA sont deux
régulations à défendre, à consolider. Le Bouclier démocratique européen que
prépare la Commission européenne aussi, et nous continuerons, en France, de
prendre des initiatives sur cet agenda qui est clé.
Je ne veux pas aller plus loin, mais vous le comprenez donc, le premier axe,
c'est vraiment celui de nos intérêts sécuritaires et militaires, économiques,
technologiques, et donc démocratiques et intellectuelles. Dans ce contexte-là,
d'agir en Européen, d'assumer ce discours de puissance et d'assumer les
résultats qu'on a eus.
Je le dis avec force, ces dernières années, l'agenda français a réussi à
s'imposer en Europe. Les textes changent, les méthodes changent. On a
maintenant deux défis : que ça accélère, que ça soit beaucoup plus rapide
et que nous en tirions le maximum de bénéfices possibles en étant beaucoup plus
actifs, en particulier nos acteurs industriels, nos acteurs économiques et
notre diplomatie économique pour relayer tout cela.
Deuxième élément que je voulais souligner, c'est celui de notre influence dans
ce contexte. Au fond, dans ce monde en désordre que j'évoquais, face à des
puissances très agressives, nous, nous croyons dans la consolidation de
partenariats, on l'a plusieurs fois dit. Mais on n'a pas fait que le dire, on
l'a fait en acte. Je veux ici les défendre, en défendre la philosophie et
l'efficacité.
La coalition des volontaires, c'est un partenariat en matière stratégique et de
défense, pertinent, qui aura de l'avenir, qui, au fond, fait que notre sécurité
et notre défense n'est pas que de l'OTAN, et qui a acté un partenariat
stratégique et de défense pour la France et les Européens à nouveau.
On a bâti un autre grand partenariat géographique ces dernières années, qui est
l'Indo-Pacifique, qui a été lancé en 2018 en Inde et aujourd'hui on a consolidé
des partenaires, l'Inde, l'Indonésie, l'Australie, plusieurs autres, qui sont
des partenaires inédits en termes de défense, de sécurité, en termes
d'intelligence artificielle, en termes d'économie, en termes de climat et de
transition climatique, solides. Ce partenariat canado-pacifique, c'est une
certaine lecture du monde, la nôtre. C'est celle d'ailleurs qui, avant même ces
dérèglements, a dit aux uns et aux autres : nous ne voulons ni être les
vassaux des uns, ni être en confrontation avec les autres. Mais on croit, au
fond, à cette troisième voie respectueuse des souverainetés et des équilibres
dans laquelle on construit des alliances nouvelles. Regardez les chiffres, ça
marche. Engagez-vous à plein dans cette stratégie, et il nous faut la
consolider.
Troisième élément, on a à bâtir, à consolider un nouveau partenariat, on le
voit bien, autour de la Méditerranée. Les difficultés, je n'y reviendrai pas,
des uns avec les autres, ont rendu plus compliquée cette tâche, mais les
formats sont restés. Je veux dire la solidité aujourd'hui de l'amitié avec
l'Égypte, la force de notre politique avec le Liban, et nous continuerons en
organisant les conférences pour les Forces armées libanaises et pour la reprise
aussi économique du cher Liban, la remontada formidable de notre diplomatie
avec le Maroc et la construction aujourd'hui d'un lien extrêmement fort. Et
donc on a des axes très solides. Le choix diplomatique de la France l'année
dernière de reconnaître l'État de Palestine, de lancer une initiative qui a entraîné
une dizaine de partenaires derrière nous, d'assumer ce choix malgré les
tensions et cette loi du plus fort, de le porter avec la déclaration de New
York, nous a redonné une crédibilité au Proche et Moyen-Orient et dans la
Méditerranée, et même au-delà, inédite ; et qui correspond à l'image
historique de la France. Nous avons, en termes de partenariat, à réinvestir
cette région dans les mois et l'année qui vient, et c'est pour moi un des axes
forts que j'attends de vous.
Il y a des situations qui restent très instables, j'ai promis de ne pas être
trop long, mais je crois à la solidité et au potentiel de celles-ci, y compris
avec plusieurs partenaires du Golfe, qui sont aujourd'hui des partenaires
stratégiques, économiques et militaires solides.
Quatrième grand partenariat qui est le nôtre et qu'il faut consolider, c'est
celui avec l'Afrique. Je viens d'avoir une réunion de travail, et donc je ne
serai pas long. On a complètement changé le logiciel depuis le discours de
Ouagadougou. C'est un partenariat d'égal à égal. On a revu, et on a eu raison
de le faire, nos bases militaires. Ça a été vu comme un abandon.
Détrompez-vous. On a fait avec constance les choses. On a rééquilibré le
partenariat. On a enlevé la composante militaire qui n'était plus comprise par
les pays et les jeunesses. On a rebâti un partenariat militaire qui est
pertinent et qui a montré sa force et sa pertinence au Bénin et qu'on est en
train de construire avec plusieurs autres pays.
Nous l'avons fait sur des nouvelles thématiques, l'entrepreneuriat, la
jeunesse, les industries culturelles et créatives, le sport. On a un agenda
mémoriel et culturel totalement inédit qui a permis de rééquilibrer totalement
les choses. On veut mobiliser nos diasporas encore davantage. Le partenariat
africain est clé. Il faut en 2026 qu'on aille au bout de ce travail, avec une
politique beaucoup plus ambitieuse sur nos diasporas, ça fait partie des
objectifs que j'ai donnés, avec le sommet de Nairobi qui se tiendra au mois de
mai prochain, et qui est un rendez-vous très important, qui permettra
d'incarner cette véritable révolution de l'approche, de mettre au cœur nos
partenariats justement dans l'économie, l'entrepreneuriat et les ICC, de mettre
au cœur les acteurs africains, et qui se tiendra pour la première fois, non
seulement à Nairobi, mais j'y ai invité le Premier ministre Modi à mes côtés,
et le chancelier Merz. Ce qui montre aussi le changement de l'approche et de
logiciel.
Sur l'Afrique, allons au bout de la logique, montrons l'efficacité, consolidons
nos partenariats. Je ne suis pas évidemment exhaustif, j'ai cité le Maroc,
j'aurais pu évoquer la force de la relation aujourd'hui avec le Nigéria ou
l'Afrique du Sud, et celle avec le Kenya, telle qu'elle est incarnée, et nous
continuerons de suivre évidemment les grandes crises du Soudan et de la Corne
de l'Afrique, aux Grands Lacs. Mais cette stratégie et ce partenariat africain,
c'est une des priorités de 2026 parce que nous avons à y tirer nos intérêts,
notre influence, notre crédibilité, grâce là aussi aux choix diplomatiques que
nous avons faits et à cet investissement des dernières années. Je vous demande
de le relayer dans toutes les ambassades en Afrique et ailleurs.
Et là où nous avons besoin d'améliorer les choses, c'est dans l'implication du
monde économique en Afrique. Nous faisons méthodiquement, pour ce qui est de
l'économie, l'exact contraire de ce que je viens de dire. C'est-à-dire, à
mesure que nous avons complètement réinventé la relation diplomatique pour la
rendre plus intelligible, trop de nos groupes se sont désinvestis du continent
africain. Je demande à ce qu'on apporte des réponses sur les sujets financiers.
Il y a 15 ans, nous étions une puissance bancaire et financière en Afrique.
Tout le monde a vendu. La faute à qui, à quoi ? Les régulations, nous
dit-on. Très bien, c'est qu'elles sont idiotes. Parce que la vérité, c'est que
c'est repris par d'autres. Il y a une pusillanimité de beaucoup qui n'est plus
compréhensible.
µJ'ai demandé là-dessus au ministre de vraiment revoir les choses en profondeur
et au fond, amenons des groupes français de plus en plus nombreux en Afrique,
mais amenons ceux qui ont faim. Ceux qui ne se comportent pas bien et ceux qui
n'ont pas faim, il ne faut plus les emmener. Par contre, il y en a beaucoup,
des PME, des startups, des ETI qui ont envie de bien travailler de manière
respectueuse dans cet esprit de partenariat, il faut y aller à fond. En tout
cas, c'est un partenariat auquel je crois, dans lequel on a démontré
l'efficacité, sur lequel il y a une bataille des narratifs, il est fondamental.
Et donc là, il faut continuer d'avancer. Je ne suis pas exhaustif sur les
partenariats, mais c'est ceux sur lesquels je voulais tout particulièrement insister.
µLe troisième élément, après nos intérêts, nos partenariats d'influence, c'est
évidemment les instruments de cette influence et de nos intérêts. Il y a deux
points que je voulais ici mentionner de manière extrêmement rapide, sur
lesquels je demande aux ministres d'avancer. C'est d'abord consolider tout ce
que nous avons fait sur l'influence, justement, la lutte contre la
désinformation, sous l'autorité du Premier ministre, et je le remercie, il y a
un très gros travail qui est fait. Il est d'ailleurs diplomatique, il peut être
militaire, il est très interministériel. On ne doit pas perdre cette bataille
des narratifs. Les intérêts de la France, son influence se défendent aussi dans
les récits qui sont faits, dans la lutte contre la désinformation partout et
dans la défense de ce que nous faisons. Et au fond, on s'interdit de défendre
ce qu'on fait. L’honnêteté m'oblige à constater que beaucoup d'acteurs français
se sentent interdits, parce qu'ils sont Français, de défendre la France, ses
intérêts, ou la bonne action des Français. Ça me surprend toujours, mais enfin,
voilà, je constate que c'est comme ça.
µDe l'autre côté, on est massivement attaqué par des gens qui nous reprochent
d'être des anticoloniaux, au moment où on fait tout ce que je suis en train de
raconter, pardon, d’être des nouvelles puissances coloniales, et s'appuient sur
un discours très anticolonial, et du coup très anti-européen, anti-occidental,
anti-français, en mélangeant tout. On doit absolument mener cette bataille. On
a construit les instruments. Il y a un très gros investissement qui a été fait.
Je souhaite qu'on aille beaucoup plus loin.
La deuxième chose, c'est que je demande vraiment aux ministres, aux ministres
délégués de renforcer la diplomatie économique. J'ai parlé de l'Europe et de
l'Afrique, mais plus largement, je souhaite qu'on puisse avoir et bâtir un
agenda beaucoup plus volontariste de souveraineté, de production, de
diversification de nos débouchés, de nos approvisionnements, et donc, au-delà
de la réforme de la direction de la diplomatie économique, qu'on bâtisse une
stratégie pays-secteur beaucoup plus claire et offensive sur ce volet-là, dans
le contexte nouveau que nous sommes en train de connaître. Et plus largement,
je souhaite que sur nos partenariats, on revisite aussi les méthodes et moyens
et parfois les instruments qui sont à bâtir, même si je veux ici saluer le travail
de Business France, de tous ses partenaires et des acteurs auprès d'elle, qui
est absolument remarquable en la matière et a permis d'avoir des résultats, et
en termes d'attractivité, et en termes d'export, tout à fait remarquables ces
dernières années. J'y suis beaucoup revenu ces derniers temps, donc je n'irai
pas plus loin.
µLe dernier point que je voudrais faire, c'est celui sur la coopération
internationale, et au fond, dans ce temps de retour de la loi du plus fort,
qu'est-ce qu'on fait du multilatéralisme ? J'ai ici constamment été
l'avocat à vos côtés, et vous avez été constamment les acteurs de ce
multilatéralisme efficace. Il se trouve que j'y crois, je continue d'y croire,
et je pense que ce qui est en train de se passer valide plutôt cette approche.
Et je vais essayer ici de dire quelques convictions et quelques rendez-vous de
l'année qui vient. En effet, je pense que notre intérêt et la maximisation de
notre influence passent par aussi la défense du multilatéralisme.
µQuand je défends le multilatéralisme, ce n'est pas pour défendre une idée que
je trouve bonne, intelligente, c'est aussi le cas. C'est parce que je pense que
la place qu'on y tient, le rôle qu'on y a historiquement et qu'on y a eu ces
derniers temps, est bon pour nous et donc que c'est notre intérêt de défendre
ce multilatéralisme efficace. Là aussi, face au discours ambiant complètement
défaitiste ou sidéré par le choc du monde chaque jour, enfin, regardons ce
qu'on a réussi à faire tous ensemble, les succès de la diplomatie française
l'année dernière. Un sommet de l'Intelligence artificielle, le monde entier est
venu à Paris. On a avancé là-dessus et on l'a co-présidé avec le Premier
ministre Modi. Et le mois prochain, je serai en Inde pour faire la suite. On a
bâti, justement, dans ce rapport franco-indien, un agenda international qui est
la structure d'un multilatéralisme efficace sur l'intelligence artificielle,
qui croit dans l'innovation, mais qui veut aussi des justes régulations et qui
ne veut pas déléguer aux grandes puissances un peu gloutonnes la totalité de
cet agenda. C'est une réussite de notre diplomatie, du travail avec nos grands
partenaires. Nous avons tenu le sommet des Océans. Mais ne sous-estimez pas le
succès pour la diplomatie française que c'est. Le traité sur la régulation de
la haute mer était attendu depuis des décennies. Il a été signé grâce à votre
travail collectif, et je vous en remercie, il y a presque deux ans. Mais la
dernière fois, on avait mis douze ans à ratifier un tel traité. Il a été
ratifié grâce à la diplomatie française et grâce à Nice. Surtout, on a
construit, là aussi, des alliances pour les aires marines protégées, pour
protéger les fonds marins et donc pour consolider ce fameux traité dit
BBNJ.
Donc, il y a un chemin pour le multilatéralisme. Juste, il faut s'engager. Il
faut trouver des alliés. Et au fond, il faut respecter tout le monde et se dire
que ceux qui sont un peu écrasés par ce duopole ont envie de retrouver des
voies respectueuses qui leur donnent une place. Ce qu'on a fait pour
l'intelligence artificielle, comme ce qu'on a fait pour les océans, c'est
justement d'être cette puissance d'équilibre qui bâtit un multilatéralisme
efficace et qui va rattraper beaucoup de pays qui veulent être respectés, qui
veulent une mondialisation avec des règles du jeu claires, qui ne veulent pas
subir la loi du plus fort et qui partagent certains de nos intérêts et
certaines de nos valeurs, même si on n'est pas d'accord sur tout. Donc, ça
fonctionne. Et je vais le dire ici en défendant l'action qui a été la vôtre ces
dernières années.
Donc, nous allons continuer de faire cela. D'abord, en continuant de consolider
certains instruments de notre agenda et de ce multilatéralisme efficace dans
quelques domaines. On va continuer de le faire sur les questions climatiques,
et de biodiversité, en parachevant le travail qui a été fait sur la
biodiversité en franco-britannique avec beaucoup de partenaires, en avançant
sur l'agenda de la lutte contre le plastique, qui est pour moi une des
priorités de l'année 2026, il ne faut pas lâcher cela, et en continuant de
consolider, comme on l'a constamment fait ces dernières années, l'agenda
climat-biodiversité, y compris avec ces initiatives concrètes que sont les One
Planet Summit, qui sont ce multilatéralisme efficace, multi-acteurs.
Deuxième chose, on va le faire sur la santé, qui est un élément clé de notre
stratégie, parce que nous avons contribué à bâtir cette approche One Health, et
au moment où l'OMS est bousculée, menacée, la consolider et rassembler tous les
fonds verticaux de tous les pays. Au sommet de Lyon en avril sera un moment
très clé et très important de cette défense du multilatéralisme efficace sur
les questions de santé, à Lyon en avril. On va le faire, je le disais, sur
l'intelligence artificielle avec l'Inde en février, et on va continuer de le
faire sur les minerais critiques, terres rares et matériaux, là aussi pour
essayer de bâtir des alliances concrètes, coopératives. On a commencé à le
faire en G7. Nous sommes dotés d'une stratégie européenne, mais il faut être
beaucoup plus inclusif et essayer, là aussi, progressivement, de la
mondialiser.
Et puis, à côté de ça, on a des rendez-vous qui vont imposer un agenda et une
certaine lecture des choses. Et évidemment, la présidence française du G7 va
nous mettre au cœur de ce rapport au multilatéralisme et donner un rôle
singulier. Et je veux juste vous dire en deux mots comment je vois cela. Elle
se tiendra donc à Evian en juin prochain. Je veux remercier toute l'équipe, son
secrétaire général et toutes les équipes qui le font, mais aussi toutes les
ambassades qui pilotent ce travail. Le cœur de notre objectif pour la
présidence du G7, ce sont précisément les déséquilibres mondiaux, et c'est de
démontrer qu'on a une réponse face à ces déséquilibres macro-économiques
internationaux. C'est retrouver d'ailleurs l'essence de ce qu'est le G7, mais
le cœur aussi de ce que sont nos problèmes. Parce que toute cette
conflictualité que j'évoque, tout ce que nous subissons aujourd'hui, c'est lié
à quoi ? Des États-Unis qui ont des déficits jumeaux, commerciaux et
budgétaires. Une Europe qui n'investit pas assez et qui a un problème de niveau
d'innovation et de croissance. Et une Chine qui produit beaucoup, mais qui
sous-consomme localement.
La seule manière de répondre à ces déséquilibres, elle est coopérative. Si on y
répond par une guerre tarifaire et une guerre de la surproduction, on n'a
aucune chance de régler ces sujets. Et donc, ce que nous sommes en train de
faire, c'est d'abord de bâtir de la convergence intellectuelle et politique
entre les partenaires, et d'essayer de trouver les réponses coopératives. Et
donc de réengager les Chinois vers plus de consommation intérieure, mais aussi
des investissements directs en Europe sur des technologies clés où on peut
faire du transfert de manière plus coopérative, de réengager les États-Unis
vers un démantèlement de leur politique tarifaire en leur montrant qu'ils ont
intérêt aussi à cette logique d'investissement direct étranger, et d'engager
les Européens vers une politique d'investissement.
La deuxième priorité, en même temps qu'on gère les déséquilibres mondiaux de ce
G7, c'est de tout faire pour éviter la fragmentation du monde, et de ne pas
faire du G7 un club anti-Chine ou un club de la fracture du monde, ou un club
anti-BRICS, et de laisser les BRICS devenir un club anti-G7. Ça, c'est le
schéma du pire. Et donc nous allons mettre toute notre énergie – et c'est pour
ça aussi que vous êtes là, Monsieur le ministre, et je vous en remercie, l'Inde
assumant la présidence des BRICS – pour avoir un agenda commun et essayer de
trouver les bonnes convergences et d'être en quelque sorte des passerelles, les
uns et les autres, en la matière, et de bâtir de la coopération entre nous, des
capacités à trouver de la résilience.
Et j'ai beaucoup aimé votre capacité à renommer les BRICS de manière, là aussi,
plus inclusive, à travers des priorités. Au fond, les priorités que vous donnez
aux BRICS sont exactement celles qu'on pourrait assigner au G7. Et donc on va
essayer de rassembler, si je puis dire, ce club, ce qui est, je crois, aussi
notre intérêt, compte tenu de la force démographique et économique des grands
émergents. Et donc notre intérêt, c'est d'essayer de réunifier ces clubs de
manière concrète. Et donc ça, ce sera au-delà des thématiques et des objets
plus identifiés, on aura l'occasion d'y revenir, mais c’est pour moi
l'importance de ce G7. C'est vraiment d'en faire un instrument pour saisir
ensemble et recréer de la coopération sur ces déséquilibres macro-économiques
globaux.
J'aurais pu citer les sujets des paiements, les sujets monétaires et autres,
mais je ne veux pas être encore plus long. Et la deuxième question, c'est de
réussir à refaire le pont avec les BRICS et d'éviter cette grande divergence,
sinon, qui serait à l'œuvre.
µEt puis ensuite, il y a trois chantiers sur le multilatéralisme qu'on va
prendre cette année et qui me paraissent clés.
L'un, c'est la crise sur les instruments de sécurité. On l'évoquait tout à
l'heure avec certains d'entre vous. Au fond, nous avons un multilatéralisme de
la sécurité à reprendre et je pense que la France et les Européens peuvent le
faire. D'abord, nous avons la crédibilité, la culture, l'histoire. Nous avons
défendu il y a quelques mois la FINUL qui joue un rôle clé au Liban, mais on
voit bien une fatigue et une crise d'être à l'œuvre des grandes opérations de
maintien de la paix. Ce moment doit être une opportunité pour nous, Français et
Européens, de proposer des instruments nouveaux, de proposer de retravailler
avec les organisations régionales des nouvelles structures de maintien de la
paix et d'être des opérateurs de nouvelles initiatives.
La deuxième chose, c'est évidemment la crise de l'aide publique au
développement. Nous avons formidablement, jusqu'à il y a 18 mois, relevé
celle-ci, réinvesti. Je défends cette politique qui est l'objet d'attaques
indignes et contraires aux intérêts mêmes de la France aujourd'hui. Mais force
est de constater qu'il y a une crise de ce financement. Le retrait massif
américain et les difficultés financières de beaucoup d'Occidentaux créent une
situation de stress. Ne la regardons pas, simplement. Nous avons posé ces
dernières années tous les jalons : 2021, le sommet sur le financement des
économies africaines ; 2023, le sommet de Paris pour la prospérité des
peuples et de la planète avec le 4P. On a créé tous les instruments qui ont
permis de repenser cela. On doit repenser et aller au bout de ce qu'on a fait
avec l'AFD ces dernières années, qui est de penser l'investissement solidaire
et durable, et aussi de repenser les mécanismes, de faire davantage avec le
secteur privé, d'utiliser davantage les leviers, de réformer la gouvernance des
grands acteurs comme on a commencé à le faire mais pas suffisamment vite, mais
de ne pas simplement constater le retrait massif de certains grands acteurs de
l'aide publique au développement pour considérer que tout serait fini. Nous
devons nous réinvestir y compris pour proposer des solutions plus innovantes,
pour proposer des partenariats nouveaux, comme je viens de le dire, sur la
question de la défense.
Puis le dernier point, c'est celui de la gouvernance internationale. Alors,
vaste sujet, et au fond, il pourrait y avoir un côté complètement naïf,
irénique, à vous dire qu'on va s'occuper de la gouvernance internationale au
moment où je suis en train de vous dire que c'est le désordre le plus grand, la
loi du plus fort, et que chaque jour, les gens se demandent si le Groenland va
être envahi, si le Canada sera soumis à la menace de devenir le 51e État ou
autre, ou si Taïwan sera encerclé davantage. Plusieurs d'entre vous l'ont
évoqué dans les échanges qu'on a eus ce matin. Je pense qu'au contraire, c'est
le bon moment. Et en vrai, c'est peut-être le seul moment. Et c'est peut-être
le bon moment pour réinvestir en effet pleinement l'Organisation des Nations
unies en constatant que le premier actionnaire n'y croit plus, que le deuxième
actionnaire ne se désengage pas totalement, mais enfin, est un peu inquiétant
pour certains, et que personne ne sait nous dire quelle est l'instance qui est
plus respectueuse quand même de l'ordre international des nations et de tout ce
qu'on défend chaque jour. Et on serait drôle de ne pas le faire, parce qu'on
deviendrait un pays de vestales d'un ordre, d'un temple qu'on est en train de
laisser disparaître.
Moi, je ne peux pas m'habituer à ce qu'on est en train de vivre. Chaque jour,
il y a des gens qui nous disent : « vous ne faites pas bien parce que vous
n'avez pas assez dénoncé ce qui était mauvais là ». Donc on voudrait condamner
la diplomatie française à être le commentateur chaque jour de ce que font tous
les autres. Mais en même temps, être les spectateurs de ce qui se détricote.
Faites l'inverse ! On n'est pas là pour commenter, on est là pour agir.
Quelqu'un fait mal, on apporte une réponse. On a une réponse intelligente à
apporter, on le fait. On n'a pas de réponse à intelligence à apporter, on
regarde ailleurs. On défend dans les instances compétentes ce qu'on a toujours
fait, le droit international, la souveraineté des États, ce en quoi nous croyons.
Et le fait qu'il n'y a pas deux standards. Et la France fait partie des rares
États qui peuvent le dire, de ce que nous faisons en Ukraine, à ce que nous
avons fait avec la Palestine, et ce qu'on fait dans tous les pays du monde.
Mais dans le même temps, on fait ça. Ressaisissons-nous. Et l'une des choses
que nous voulons faire avec les pays du G7 qui voudront y participer, mais
surtout avec tous les grands émergents qui veulent le faire et qui sont au fond
les perdants actuels de la gouvernance internationale et du fonctionnement de
l'ONU, c'est d'ensemble essayer enfin de faire cette réforme de la gouvernance
mondiale que nous devons bâtir, sinon, ce sera la fragmentation du monde. Et
donc, à l'occasion de ce G7, mais je dirais au-delà simplement du sommet, nous
devons être les acteurs et prendre l'initiative de la réforme de la gouvernance
internationale et de cet ordre, et s'y engager avec force, avec détermination,
aux côtés de tous les grands pays qui voudront le faire avec nous.
Voilà, mesdames et messieurs, je ne serai pas plus long, ces quelques mots que
je voulais, au fond, partager avec vous. Mais mon message, c'est d'abord merci
et reconnaissance pour le travail de chaque jour. Merci tout particulièrement
aux ambassadrices et ambassadeurs qui opèrent dans des théâtres de guerre ou
sous des très grandes pressions diplomatiques ou dans des pays très instables.
Merci à vous, à vos équipes. Et c'est de vous dire : ayez confiance dans
ce que nous sommes en train de faire. Ne cédez pas à la mode du commentaire, ne
cédez pas au défaitisme. Au contraire, tous les constats que nous avons faits
ces dernières années, je crois pouvoir le dire, ils étaient les bons. Ce que
nous avons réussi à faire pour la France et en Europe est allé dans le bon
sens : plus d'autonomie stratégique, moins de dépendance à l'égard des
États-Unis comme de la Chine, réassumer un discours de puissance militaire,
technologique, économique, scientifique, défendre nos intérêts dans tous ces
chapitres, mais être un acteur fiable, inclusive, d'une mondialisation qui doit
construire des solutions avec les autres et des partenariats nouveaux. Tout ça
a été validé à travers le temps.
Mais face à l'accélération de la loi du plus fort et de la brutalisation du
monde, on ne doit pas être dans la consternation, l'atermoiement. On doit être
dans l'accélération de notre agenda. Donc, soyez fiers de ce que vous avez
fait. Vous avez des résultats. Soyez fiers et déterminés de tout ce qu'il nous
reste à faire, parce que la seule réponse à ce qui est en train de se jouer,
c'est de redoubler d'efforts. Ce qu'on a fait avec la coalition des
volontaires, ce qu'on va continuer de bâtir et ce qu'on va faire sur chacun des
points que j'ai évoqués, parce que la France est un pays qui est respecté,
parce que la France tient sa parole, parce que la France ne menace pas ses
alliés ou ses partenaires, parce que la France respecte tous ses partenaires.
Et parce qu'à travers ce que nous avons bâti, nous avons montré aussi une
chose, c'est que nous avions de la constance, que nous étions fiables et qu'on
pouvait s'appuyer sur nous.
Parfois, on n'est pas les plus forts. Souvent, on n'est pas les plus grands.
Mais là où on s'engage, on le fait. Et ça, défendez-le dans les capitales où
vous servez le pays, parce que cette valeur est inédite. Nous, nous refusons le
nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme, mais nous, nous refusons aussi
la vassalisation et le défaitisme. Nous voulons être des partenaires forts,
faire le maximum de ce qu'on peut, mais quand on s'engage, on est là. Ça a
beaucoup de valeur pour notre diplomatie, pour nos entreprises, pour nos
intérêts stratégiques partout à travers le monde.
Merci à tous et toutes.
Vive la République et vive la France !
> Il n’y aura pas de hausse de prix des engrais liée à la taxe carbone aux frontières. Celle-ci sera révisée pour permettre la suspension de son application aux engrais, tandis que les droits de douane sur les engrais et intrants seront abaissés rapidement. Après le renforcement du budget de la PAC annoncé hier, nous venons d’obtenir pour nos agriculteurs ces nouveaux engagements de la Commission européenne. C’était indispensable. Nous restons mobilisés pour soutenir nos agriculteurs et protéger notre souveraineté alimentaire.
> Le 8 janvier 1996 s’éteignait François Mitterrand. Il fut l’ardent défenseur d’une France souveraine, indépendante et le bâtisseur d’une Union européenne libre, en paix et prospère. Cette ambition demeure celle de la France.
> Notre compatriote Laurent Vinatier est libre et de retour en France. Je partage le soulagement de sa famille et de ses proches. Ma gratitude à nos agents diplomatiques pour leur mobilisation.
> Je salue les annonces encourageantes des autorités libanaises pour recouvrer le monopole de l’État sur les armes. Ce processus doit être poursuivi résolument. La seconde phase du plan sera une étape décisive. L’accord de cessation des hostilités doit être strictement respecté par toutes les parties. La souveraineté du Liban doit être pleinement restaurée. Le Président de la République libanaise et le Premier ministre libanais ont tout mon soutien. Le peuple libanais peut compter sur nous. Aux côtés de ses partenaires, la France restera pleinement engagée aux côtés du Liban et de ses Forces armées. Une conférence internationale se tiendra prochainement à Paris pour leur donner les moyens concrets de garantir cette souveraineté.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans
cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de
Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un
homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du
fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre,
sans surprise. Déposer une motion de censure dans ce contexte, c’est choisir
délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes. C’est choisir
d’affaiblir la voix de la France plutôt que de montrer l’unité nationale dans
la défense de notre agriculture. Le moment devrait être à la mobilisation au
sein de chaque groupe politique au Parlement européen, pour construire une
majorité contre cet accord. L’influence française est l’affaire de tous les
partis, et ce n’est pas par coup politicien que nous parviendrons à faire
rejeter cet accord. Cette motion de censure retarde encore les discussions
budgétaires, déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d'agenda
électoral, et envoie un très mauvais signal à l'étranger, alors que les
tensions internationales exigent sérieux et cohésion et que la crise agricole
rend urgente l’adoption d’un budget. La France mérite mieux que ces postures
cyniques partisanes.
> La France votera contre l’accord UE-Mercosur. Aucune surprise : nous avons été transparents du début à la fin. La mobilisation conduite par le Président de la République a permis des avancées sérieuses, mais certaines garanties précises restent insuffisantes pour notre agriculture. La France assume de dire non quand il le faut. Ce n'est pas un non de posture. C'est un non d'exigence. Au nom de l'idée que la France, pays fondateur, se fait de l'Europe mais aussi de sa souveraineté agricole. Le Parlement européen doit désormais se prononcer.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
Catherine Vautrin (ministre des Armées et
des Anciens combattants)
Roland Lescure (ministre de l’Economie,
des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> La France a tranché, le
président de la République l’a annoncé : nous voterons contre l'accord du
Mercosur. Malgré les garanties fortes que la France a pu obtenir, ce texte
n’est pas acceptable en l’état. L’Europe que nous voulons doit être ouverte au
monde tout en protégeant ses citoyens et son marché.
> [Cybersécurité / Intervention à
l’Assemblée] La cybersécurité, c’est à la fois un enjeu régalien, économique et
financier, mais aussi un enjeu démocratique. Il y a eu d’autres attaques en
Europe, à propos desquelles je souhaiterais alerter la représentation
nationale : je pense en particulier à celle qui, à l’occasion des
élections aux Pays-Bas, a touché juste avant Noël l’ensemble des sites des
partis politiques. On fait donc face à un enjeu majeur.
La transposition de la directive NIS 2 est évidemment importante et nous
devons y travailler. Vous avez rappelé la navette en première lecture, l’examen
du texte par une commission spéciale ; le changement d’équipe
gouvernementale a conduit à reprendre les consultations avec les parlementaires
– je crois que vous-même avez été reçu hier par ma collègue Anne Le Hénanff dans ce cadre. On
allons poursuivre évidemment le travail de transposition.
Au-delà de cette directive, il
faut prendre conscience que la stratégie cyber est un vrai sujet, dont on doit se saisir
collectivement. Le gouvernement s’engage à travailler sur l’ensemble des mesures qui doivent nous permettre de
faire face à ce risque considérable.
> Le 7 janvier 2015, la France était
frappée au cœur avec l’attentat contre Charlie Hebdo. Ce terrorisme islamiste a
visé nos valeurs, notre liberté d’expression et notre vivre-ensemble.
Le 7 janvier 2015, la France perdait Jean Cabut, Georges Wolinski, Stéphane
Charbonnier, Bernard Verlhac, Philippe Honoré, Bernard Maris, Elsa Cayat,
Franck Brinsolaro, Ahmed Merabet, Frédéric Boisseau, Michel Renaud et Mustapha
Ourrad.
Ces noms restent gravés dans notre mémoire, symboles de notre combat pour nos
valeurs républicaines et contre l’obscurantisme. Aujourd’hui, nous honorons
leur courage et réaffirmons notre unité face à la barbarie.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> Que l'Europe se redresse. Qu'elle se lève. Qu'elle s'affirme comme une
grande puissance démocratique et indépendante avec la même force et la même
détermination qu'un empire.
> Face à la brutalisation du monde, une exigence s’impose. Refuser la résignation qui nous réduirait aux spectateurs des impuissances. Refuser aussi le reniement de nos principes au nom de la loi du plus fort. Telle n’est pas la morale de la France.
> Dans un monde qui se brutalise, la diplomatie française se tient debout. Fidèle à ses principes. Engagée pour le droit, la paix et la souveraineté des nations.
> Heureux et soulagé d’accueillir Laurent Vinatier au Quai d’Orsay à son retour en France après 581 jours de détention en Russie. Mes félicitations vont aux agents du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères qui ont assuré sa protection consulaire et œuvré à sa libération tout en accompagnant sa famille dans cette épreuve.
> [Réunion de la coalition des volontaires]
C’était un grand jour pour la paix, pour l’Ukraine et pour l’Europe. Parce que
c’est la première fois depuis des décennies qu’une trentaine de pays, de
l’Europe, mais aussi de l’Amérique du Nord et de l’Asie mettent en commun leur
force militaire pour que la paix en Ukraine, une fois conclue, puisse être
garantie. C’est totalement inédit, c’est une initiative française et il y a
donc de quoi être fiers. Et contrairement à ce que disait Pierre Haski à
l’instant, ce n’est pas un miracle : c’est le fruit de mois et de mois de
négociations. Et effectivement, les États-Unis, puisque vous m’interrogez
là-dessus, qui poursuivent leur médiation entre l’Ukraine et la Russie, ont
hier, à Paris, pris leurs responsabilités. Ils ont dit qu’ils prendraient en
charge le suivi et la vérification du cessez-le-feu, ce qui est absolument
majeur puisque, vous savez qu’une fois que l’on conclut un cessez-le-feu,
encore faut-il vérifier qu’il n’est pas violé. Mais ils sont allés plus loin et
ils ont dit qu’ils apporteraient leur soutien à la force multinationale pour
l’Ukraine qui, comme vous l’avez dit, en deuxième rideau, à l’arrière de la
ligne de front, viendra soutenir la première ligne, qui est l’armée
ukrainienne.
Cela veut dire, d’abord, apporter un certain nombre de capacités militaires en
soutien des capacités militaires de cette Coalition des volontaires, qui
eux-mêmes, en arrière de la ligne de front, soutiennent cette armée ukrainienne
qui va, avec 800.000 militaires être, je dirais, la première ligne de défense
de l’Ukraine. Et puis effectivement, se pose la question du cas où, même si ces
garanties de sécurité ont vocation à dissuader toutes nouvelles agressions,
mais pour qu’elles soient dissuasives, il faut pouvoir dire qu’en cas de
nouvelle agression, il y aura une réponse. Et cela aussi, les États-Unis se
sont engagés à le faire. (…)
Il est normal que dans des déclarations diplomatiques, on fasse une certaine
économie des mots et des propositions. Mais ce que je peux vous dire, c’est que
par rapport à là où nous en étions, il y a encore neuf mois, au moment de
l’altercation entre le président Trump et le président Zelensky, nous avons
franchi un nombre considérable d’étapes et que désormais, bien que poursuivant
leur médiation entre la Russie et l’Ukraine, les États-Unis ont pris leurs
responsabilités. (…)
Il y a plus de trente pays qui sont impliqués. Impliqués pour faire quoi ?
D’abord, régénérer l’armée ukrainienne. L’armée ukrainienne, avant l’agression
et l’invasion de la Russie, c’était moins de 400.000 soldats. L’objectif, c’est
de les maintenir à 800.000. Donc il va falloir leur donner des capacités.
Premier élément. Deuxième élément, cette force multinationale pour l’Ukraine,
qui, en arrière de la ligne de front, dans les airs, en mer et sur terre, va
exercer un soutien, et donc une présence dissuasive. (…)
La balle est désormais dans le camp de la Russie, qui doit accepter de mettre
fin à cette guerre d’agression, qui épuise les ressources du peuple russe, etc.
Mais je veux quand même souligner qu’au-delà de l’Ukraine, qui est une priorité
absolue pour nous, pour la sécurité de l’Europe, cet exercice inédit qui a
conduit des chefs militaires venant de plus de 30 pays, à l’initiative du
Président de la République, à partager une planification militaire en commun,
c’est un gage pour notre capacité à nous défendre à l’avenir contre toutes les
menaces, contre d’autres menaces.
> [Groenland] Nous l’avons dit
clairement, le Président de la République l’a dit sur place au Groenland, je
l’ai dit moi-même sur place, à Nuuk : le Groenland n’est pas à vendre. Il
appartient aux Groenlandais et son avenir se définira dans l’accord entre les
autorités du Groenland et du Danemark. Quant à une éventuelle intervention par
la force, même si je ne fais plus de politique ou de diplomatie-fiction, elle
n’aurait absolument aucun sens. Pour un pays de l’OTAN, s’en prendre à un autre
pays de l’OTAN, cela n’aurait aucun sens, et surtout cela serait absolument
contraire aux intérêts des États-Unis d’Amérique. (…)
Je crois que les États-Unis d’Amérique, jusqu’à nouvel ordre, sont très
attachés à l’Alliance transatlantique, à l’OTAN, à laquelle ils ont apporté
leur concours avec la sécurité de l’Europe, mais dont ils ont retiré des
dividendes, des bénéfices exceptionnels. Et je crois qu’il faut faire
attention, tout en les prenant au sérieux, à ne pas surinterpréter certaines
voix qui s’expriment. Puisque moi-même, j’étais hier au téléphone avec le
secrétaire d’État, le responsable de la diplomatie des États-Unis d’Amérique. (…)
Je crois que nous ne manquons d’aucune forme de fermeté. D’ailleurs, regardez,
nous n’avons pas attendu les déclarations récentes que vous avez mises au menu
de cet entretien ce matin pour nous préoccuper du Groenland. Le Président de la
République, je le disais, s’y est rendu. Je m’y suis rendu moi-même. J’y ai
annoncé la création d’un consulat. J’y ai séjourné sur un bâtiment militaire
français qui participait à des exercices militaires en lien avec la marine
danoise, les autorités groenlandaises. Donc, nous sommes présents. Nous avons
même renforcé notre présence depuis que cette question a été posée. Quant à la
situation plus générale du monde dans lequel nous sommes, notre position, cela
n’est ni de nous lamenter comme des spectateurs des violations du droit
international, ni de jeter le droit international avec l’eau du bain. La
position, c’est de défendre ces grands principes parce qu’ils sont justes, mais
en même temps de nous renforcer et de nous réarmer pour pouvoir nous défendre
contre la loi du plus fort.
> Entre les pays du monde, il n’y a pas tellement d’amitié. Il y a des intérêts, il peut y avoir des valeurs partagées. Donc, je n’irai pas jusqu’à qualifier d’amitié les relations entre les pays. Ensuite, la France n’a pas de patron. La France est indépendante, c’est une grande nation qui est souveraine. Qu’est-ce que l’on fait ? Eh bien, dans un moment où le monde, de toute évidence est désormais soumis à la loi du plus fort, même si nous le regrettons et que nous ne pouvons pas nous y résoudre, parce que la loi du plus fort conduit à l’instabilité et à la guerre, nous nous renforçons, nous nous réarmons. Nous nous réarmons sur le plan militaire, sur le plan économique et sur le plan moral. Et c’est la raison pour laquelle, Frédéric, il est si important que nous puissions donner à la France un budget le plus rapidement possible, à nos armées, un budget le plus rapidement possible, pour que nous puissions nous défendre contre ceux qui pourraient, d’une manière ou d’une autre, porter atteinte à nos intérêts.
> Le peuple américain et le peuple français ont une longue histoire commune de défense de la liberté qui a commencé avec, vous savez, cette aventure extraordinaire du jeune Lafayette qui, à 19 ans, est allé prêter secours à ces Américains qui voulaient obtenir leur indépendance. Et au XXe siècle, je dirais les jeunes marines américains qui ont débarqué sur les plages de Normandie au péril de leur vie, au sacrifice de leur vie pour libérer la France. Donc il y a cette amitié ancrée dans l’histoire.
> [Venezuela] La France parle d’une
seule voix. Elle a d’abord dit, par une communication du Quai d’Orsay, les
crimes de Nicolás Maduro, dictateur sans scrupules qui a confisqué les libertés
à son peuple et qui lui a volé les élections. Elle a dit, dans le même élan, que
la méthode employée contrevenait au droit international. Et elle a même été
jusqu’à dire que la multiplication des violations par des membres permanents du
Conseil de sécurité, quels qu’ils soient, du droit international, aurait de
lourdes conséquences sur la sécurité du monde. Et ce faisant, la France a eu
sans doute le propos le plus tranché, le plus dur sur cette question.
Troisième élément de la réaction française, nous avons dit, par la voix du
Président de la République, que nous appelions à une transition démocratique,
pacifique, qui respecte la souveraineté du peuple vénézuélien et le choix du
peuple vénézuélien. Cette voix de la France, elle est une, unique, et elle est
cohérente. Le reste, c’est de la littérature et cela n’intéresse personne. (…)
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des
Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> À la suite du rapport de la commission d’enquête, la protection de
l’enfance est ce soir au cœur des échanges à l’Assemblée nationale. Le
diagnostic est sévère et partagé : un système fortement sollicité, marqué par
des réalités territoriales diverses et des défis persistants pour garantir à
chaque enfant une protection à la hauteur de ses besoins. Les départements, en
première ligne, agissent chaque jour avec engagement aux côtés des
professionnels et des acteurs associatifs. L’État entend pleinement prendre sa
part, dans un esprit de coopération renforcée : investir davantage dans la
prévention dès le plus jeune âge, soutenir et accompagner l’action
départementale, améliorer les parcours de prise en charge notamment en termes
de soins et lutter sans relâche contre toutes les formes de violences faites
aux enfants. Une ambition commune nous rassemble : placer, partout et toujours,
l’intérêt supérieur de l’enfant, la prise en compte de ses besoins fondamentaux
au cœur de nos décisions et de notre action.
> [Protections de l’enfance / Intervention à l’Assemblée]
La commission d’enquête dont vous avez été
la rapporteure, madame Santiago, a dressé un constat sévère, mais lucide et
largement partagé, sur la protection de l’enfance. Avec la hausse du nombre de
placements, le système connaît une tension extrême ; il est marqué par de
profondes inégalités territoriales ; la prévention est trop faible ;
les conditions de prise en charge sont parfois indignes au regard des besoins
fondamentaux des enfants ; les métiers du secteur affrontent une crise
durable en matière d’attractivité. Je salue la qualité des travaux de la
commission, leur caractère inédit, leur ampleur et, surtout, la clarté du
diagnostic. Dans votre rapport, rien n’est minimisé, rien n’est contourné.
Oui, pendant des décennies, décisions et non-décisions ont cohabité. Oui, trop
longtemps, et jusqu’à récemment, la protection de l’enfance a constitué un
impensé des politiques publiques, pour reprendre vos mots. Toutefois, je ne
suis pas devant vous pour porter un jugement sur ce qui a été fait ou sur ce
qui n’aurait pas été fait, mais pour vous dire une chose simple : nous ne
détournerons plus le regard et l’État agira là où il le faut, au côté des
départements.
Depuis la remise de votre rapport et grâce à l’action résolue de ma
prédécesseure, Catherine Vautrin, le gouvernement s’est engagé dans une
dynamique d’action claire et structurée, autour de quatre priorités.
Premièrement, réaffirmer le rôle stratégique de l’État dans ses compétences
auprès des enfants de l’ASE. Deuxièmement, sécuriser affectivement et matériellement
les enfants et les jeunes majeurs en faisant toujours passer leur intérêt avant
le reste. Troisièmement, agir sur la prévention dès le plus jeune âge et auprès
des familles. Quatrièmement, lutter contre toutes les formes de maltraitance, d’exploitation
ou de violence envers les enfants. Ce qui est arrivé dernièrement dans un foyer
de l’enfance est inadmissible, comme l’est l’augmentation de la prostitution
des mineurs.
Pour accompagner cette démarche, nous présenterons, le garde des sceaux et
moi-même, un projet de loi de réforme de l’ASE. Justice et ministères sociaux
avancent ensemble, main dans la main, comme jamais auparavant. Ce projet de loi
a pour seule boussole l’intérêt supérieur de l’enfant. Nos objectifs sont
clairs : replacer le parcours de vie de l’enfant au cœur du système,
limiter les placements, développer autant que possible les solutions à
caractère familial et toujours faire primer la sécurité de l’enfant.
J’ai déjà eu l’occasion de rencontrer un certain nombre d’entre vous depuis ma
prise de fonctions. Je pense notamment à vous, madame Santiago, et à Perrine
Goulet. Nous menons avec vous deux un travail constructif et j’assure aux
députés que je serai toujours à leur disposition pour avancer de concert. Je
répondrai évidemment à toutes les questions, mais permettez-moi d’abord de
revenir sur cinq axes de votre rapport qui m’apparaissent déterminants et sur
lesquels nous agissons.
Le premier est celui de la gouvernance et du pilotage. Par nature, la
protection de l’enfance est une politique à la fois partenariale,
interministérielle et de proximité. Elle se vit sur le terrain, au plus près
des réalités des familles et des enfants. Elle ne peut donc se décider ou se
piloter uniquement depuis le niveau central. Toutefois, la proximité ne saurait
justifier des inégalités en matière de respect des besoins fondamentaux de
l’enfant. Les écarts territoriaux ne se corrigent ni par le désengagement de
l’État ni par la confusion des responsabilités, mais par des normes claires,
des contrôles effectifs et des moyens assumés.
C’est le sens des deux leviers que nous avons activés. Le premier passe par des
contrôles conjoints entre État et départements. Le second tient dans la
contractualisation, avec 130 millions d’euros prévus dans le projet de loi
de finances pour 2026. Elle a pour but d’assurer le dialogue entre les services
sur le terrain, avec trois objectifs clairs : harmoniser les pratiques,
engager une démarche de renforcement des interventions à domicile et des
accueils à dimension familiale, mettre à niveau les systèmes d’information.
Au fond, l’enjeu est de garantir à chaque enfant, avec les départements et sur
l’ensemble du territoire, un niveau socle de protection. C’est notamment pour
cela que, conformément à la recommandation du rapport de la commission
d’enquête, le projet de loi sur la protection de l’enfance prévoira la
généralisation des comités départementaux pour la protection de l’enfance.
C’est également pour cela que, conformément à l’engagement pris avec le garde
des sceaux, nous venons de signer un décret intégrant les acteurs de la
protection de l’enfance aux commissions départementales de lutte contre la
prostitution. J’ai pu mesurer, lors d’un déplacement dans les Yvelines, à quel
point un travail rapproché entre les services de police, le département, l’ARS,
les associations et la justice permet d’assurer que des enfants ne passent pas
entre les mailles du filet.
Le deuxième axe est celui de la prévention et du repérage. On ne répare pas un
système de protection de l’enfance en aval si on renonce à le refonder en
amont. Le véritable changement de paradigme est là, je crois que cette
conviction est partagée par le gouvernement et le Parlement.
Pour le repérage, nous renforçons progressivement les cellules départementales
de recueil, de traitement et d’évaluation des informations préoccupantes, les
Crip. Formation, réduction des délais de traitement et coordination avec la
justice sont des engagements déjà concrétisés grâce à la contractualisation
avec les départements. Il faut aussi améliorer l’évaluation de ces informations
préoccupantes. Nous le faisons en créant des indicateurs spécifiques. Un
meilleur repérage passera aussi par le soutien au numéro 119. Les
objectifs sont de refonder l’écoute pour améliorer le taux de décrochage et
d’augmenter le nombre d’écoutants, sujet sur lequel Florence Dabin, présidente
du groupement d’intérêt public France enfance protégée, est fortement engagée.
Par ailleurs, nous consolidons la prévention précoce. Il y a beaucoup à dire
sur le sujet, mais je serai brève puisque je répondrai ensuite à vos questions.
Ce renforcement intervient sur trois champs : PMI, périnatalité,
parentalité. Une nouvelle stratégie des 1 000 premiers jours vise à
renforcer les interventions à domicile, à outiller parents et professionnels en
matière de développement des enfants et à mailler le territoire de maisons des
1 000 premiers jours, pour accompagner en proximité. Il est également
nécessaire de mieux soutenir la parentalité, pour donner suite aux travaux des
parlementaires et d’une commission d’experts dédiés. Après concertation, une
nouvelle stratégie sera publiée et mise en œuvre dès cette année, avec des
réponses aux besoins concrets et actuels des familles, notamment sur le
numérique.
Le troisième axe est celui de la prise en charge. Il recouvre trois enjeux. Le
premier concerne les conditions d’accueil. Il faut revenir sur les placements
hôteliers, qui ne devraient plus exister puisqu’ils sont interdits depuis
l’adoption de la loi Taquet, en 2022. Là où ils persistent, c’est en raison
d’une insuffisance de l’offre. C’est pourquoi nous développons d’autres
solutions : le projet de loi en préparation entend améliorer
l’attractivité du métier d’assistant familial et renforcer le recours aux tiers
dignes de confiance et aux accueillants durables et bénévoles.
Au cours des trois prochaines années, nous prévoyons également de consacrer
350 millions d’euros à la rénovation ou à la construction de
7 000 places en structures grâce à l’appui de la Banque des territoires.
Il nous faut aussi réfléchir collectivement à un renforcement des contrôles,
qui doit être discuté en tenant compte des mesures inscrites dans la
proposition de loi sur l’intérêt de l’enfant de Perrine Goulet et des
conclusions de la mission que j’ai confiée à l’Igas après de récents événements
de maltraitance.
Le deuxième enjeu est celui la santé des enfants. Nous devons absolument
renforcer la prise en charge de la santé somatique et psychique des enfants de
l’ASE, pour repérer au plus tôt leurs besoins et assurer les soins nécessaires.
Les expérimentations Santé protégée et Pégase (protocole de santé standardisé
appliqué aux enfants ayant bénéficié avant l’âge de 5 ans d’une mesure de
protection de l’enfance) ont permis d’évaluer des dispositifs spécifiques
d’organisation des soins pour les tout-petits et pour les jeunes ainsi que de
structurer un parcours coordonné et renforcé de soins dédiés qui sera déployé
en début d’année pour concerner l’ensemble des enfants et des jeunes majeurs de
l’ASE.
Le troisième enjeu est celui des pouponnières. Votre rapport souligne à juste
titre les sureffectifs qu’elles connaissent. Au-delà des rénovations que j’ai
annoncées, il faut se rendre compte que la réglementation n’avait pas évolué
depuis le décret et l’arrêté pris en 1974 par Simone Veil. Devenus obsolètes,
ces textes ne correspondaient plus à la réalité des besoins des enfants ni aux
conditions concrètes de leur prise en charge.
Le gouvernement a donc pris en septembre 2025 un décret qui comporte plusieurs avancées
majeures. Les taux d’encadrement pour les auxiliaires de puériculture passent
ainsi à un professionnel pour cinq enfants le jour, contre un pour six
auparavant, et à un professionnel pour quinze la nuit, contre un pour trente
actuellement. La capacité maximale d’accueil est abaissée à trente places,
contre cinquante jusque-là. Enfin, la durée de l’accueil est désormais limitée
à quatre mois. Ces dispositions entrent en vigueur de manière progressive, afin
de garantir leur bonne mise en œuvre opérationnelle. Nous accompagnons les
départements dans cet effort, avec près de 35 millions d’euros
supplémentaires prévus dans le projet de loi de finances pour 2026.
J’en viens au quatrième axe : celui des mineurs non accompagnés. Je le
redis avec force, ils sont avant tout des enfants relevant de la protection de
l’enfance. Ils doivent donc être accompagnés comme des enfants protégés. Là
aussi, nous travaillons principalement sur deux champs : l’harmonisation
des procédures d’évaluation de leur minorité et l’accès à la santé, notamment
mentale, ce qui est fondamental pour ces enfants.
Le cinquième axe concerne les jeunes majeurs. Les avancées sont réelles, mais
il faut consolider leur mise en œuvre. On ne prépare pas l’autonomie en rompant
brutalement l’accompagnement à 18 ans. La prise en charge jusqu’à
21 ans est désormais une obligation légale, issue de la loi du
7 février 2022. Cette extension de compétence a été reconnue comme telle
et accompagnée financièrement par l’État à hauteur de 50 millions d’euros par
an, financement pérennisé depuis 2022.
Si la question du coût réel est posée, celle de l’efficacité de la dépense
l’est aussi. Ces jeunes doivent pouvoir accéder à l’insertion professionnelle,
à un logement, à des études supérieures. C’est pourquoi nous travaillons à
l’élaboration d’une feuille de route interministérielle pour les jeunes
majeurs. J’en fais une priorité. Elle doit permettre de sortir d’une logique de
contractualisation précaire pour aller vers un accompagnement réel à
l’insertion.
Pour conclure, je veux dire les choses simplement sur un sujet complexe :
personne ne peut dire que rien n’est entrepris, mais personne ne peut se
satisfaire de l’existant. La protection de l’enfance appelle une refondation
globale, exigeante et surtout collective. Je sais pouvoir compter sur votre
engagement, en tant que parlementaires, pour réaliser ensemble cette ambition.
> [Protection de l’enfance /
Intervention à l’Assemblée] Si je comprends bien, votre question porte sur la
non-séparation du social et du sanitaire. Comme je l’ai dit, dès mon arrivée au
ministère, j’ai souhaité généraliser les parcours coordonnés renforcés afin que
tous les enfants protégés puissent bénéficier d’un bilan de santé et surtout
d’une prise en charge de leur santé tant somatique que psychique – examens, consultations d’ergothérapie, de psychologie,
etc. Il s’agit d’un engagement important. Les expérimentations qui ont été conduites auparavant ont montré l’efficacité d’un tel parcours. Cette
généralisation interviendra dès 2026. Comme je l’ai précisé dans mon propos
liminaire, elle concernera tous les enfants et débouchera sur une prise en
charge globale et durable. Il ne s’agit pas de faire un bilan lors de l’entrée
en protection, puis de laisser de côté les enfants par la suite.
Fruit d’une coordination indispensable, ces parcours seront financés et nous
soutiendrons les différentes structures qui offrent des réponses graduées – je pense notamment au
centre Asterya du professeur Céline Greco, qui a montré son efficacité dans la
prise en charge des cas les plus graves. C’est la seule façon de parvenir à
rassembler les secteurs sanitaire et social. Il a été scientifiquement établi
que l’espérance de vie de ces enfants était diminuée. Nous ne pouvons rester
sans rien faire et nous agirons dès cette année en déployant une prise en charge
d’ensemble.
> [Protection de l’enfance /
Intervention à l’Assemblée] Votre prise de parole appelle plusieurs remarques,
dont la première est que le futur projet de loi fait évidemment l’objet d’une
concertation avec les acteurs de la protection de l’enfance. L’Uniopss
participe d’ailleurs aux groupes de travail qui se penchent sur le projet de
loi, que le garde des sceaux et moi-même espérons vous présenter très
prochainement.
Rétablir une certaine stabilité pour ces enfants, notamment à travers celle des
professionnels, constitue le fil directeur de ce texte. Nous essaierons de
faire en sorte que les parcours soient aussi peu hachés que possible et que
l’enfant passe le plus de temps possible avec les mêmes professionnels ou dans
des lieux familiaux qui lui offrent cette stabilité. C’est tout l’enjeu du
projet de loi.
Quant à l’éducation nationale, nous travaillons main dans la main avec son
ministre de tutelle, Édouard Geffray, sur les scolarités protégées. Outre le
garde des sceaux, le ministre de l’Education est associé, comme l’ensemble du
gouvernement, à ce projet de loi. La protection de l’enfance ne peut relever du
seul ministère des familles et de la santé.
Vous avez également évoqué le renouvellement du bâti. Vous savez les
investissements qui sont consentis, notamment par la Banque des territoires, en
faveur de la rénovation de nombreuses places afin que les lieux de vie de ces
enfants leur garantissent la meilleure qualité de vie possible. Nous
poursuivrons ces investissements.
> [Protection de l’enfance /
Intervention à l’Assemblée] Vous soulevez la question de la prévention.
Nécessaire pour tous les enfants, elle l’est d’autant plus pour les enfants
protégés, deux fois plus exposés à des conséquences graves. Il importe
néanmoins de rappeler qu’elle doit concerner tous les enfants.
La prévention concerne de multiples aspects : aussi bien la santé, tant
physique que psychique – c’est tout l’objet du parcours de soins spécifique pour les enfants
protégés –, que la parentalité – aux côtés de la Haute-commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, je proposerai une
nouvelle, et indispensable, stratégie de soutien à la parentalité – ou
encore l’exposition aux écrans, qui concerne tous les enfants, mais à plus
forte raison les enfants protégés.
Vous avez évoqué les mesures de lutte contre les addictions et de prévention
des violences sexuelles, auxquelles tous les enfants sont exposés, mais plus
particulièrement, là encore, les enfants protégés. Le phénomène de la
prostitution des mineurs est un fléau : les chiffres ont de quoi nous
affoler, tous autant que nous sommes. Reste à chercher des moyens de lutte
efficaces. Il est facile de dire « ce n’est pas bien » et de nous
affoler chaque semaine, lors des séances de questions – j’ai encore eu l’occasion de le rappeler
récemment –, mais il faut avoir le
courage de regarder en face cette réalité pour rechercher l’efficacité. Nous n’avons pas de baguette magique permettant de supprimer cette prostitution du
jour au lendemain. Même si nous disposions de milliards, cela ne réglerait pas tous les problèmes. Il existe en
revanche des protocoles efficaces. J’ai par exemple pu observer le travail de
lutte contre la prostitution des mineurs conduit dans les Yvelines. Nous
essayons d’élaborer de tels protocoles avec les acteurs de terrain qui, forts
de leur contact avec la réalité, expérimentent différentes solutions pour
identifier celles qui sont efficaces.
La démarche pragmatique que nous adoptons pour lutter contre ce fléau consiste
à soutenir ces acteurs qui travaillent au plus près des jeunes.
> Ce soir, j’étais à l’hôpital Saint-Antoine pour échanger avec des équipes pleinement mobilisées, alors que la période hivernale et la grève des médecins exercent une forte pression sur le système de soins. Dans ce contexte, le SAMU a été particulièrement sollicité : +24 % d’appels enregistrés cette semaine par rapport à la semaine du 8 décembre, en lien avec les épidémies hivernales et les intempéries. La baisse d’activité constatée mardi a été de 19 % chez les médecins généralistes et de 12 % chez les spécialistes. Ma porte reste ouverte, nous avons de nombreux défis à relever ensemble. Cette situation a été anticipée. Des dispositifs sont activés pour garantir la continuité des soins et accompagner les établissements.
Amélie de Montchalin (ministre de l’Action
et des Comptes publics)
> [Budget / Intervention à l’Assemblée] Au préalable, je tiens à vous dire
que le gouvernement partage pleinement votre conviction de l’urgence de donner
à la France un budget ainsi que l’objectif de ramener le déficit à 5 %.
Comme vous l’avez dit, les discussions reprennent. Elles ont d’abord repris
entre groupes politiques et je vous remercie de votre présence hier à une
réunion. J’ai entendu Jean-Luc Mélenchon dire que nous cherchions des combines…
Je crois que tous les députés qui étaient présents ont bien vu que nous
cherchions non pas des combines, mais des convergences et des solutions.
Ensuite, les discussions reprendront en commission des finances jeudi matin. Je
vous rappelle que le gouvernement n’y sera pas. Roland Lescure et moi avons
proposé de nous rendre disponibles, mais le président de la commission des
finances ne semble pas souhaiter notre présence.
Il n’empêche qu’un énorme travail nous attend, vous le savez, un travail de
convergence, de rapprochement. Le gouvernement a toujours été constant dans son
engagement à faire des économies. Je rappelle que nous avons fait
collectivement, en 2025, le plus grand effort de réduction des dépenses de
fonctionnement de l’État depuis vingt-cinq ans. Pour 2026, ce même engagement
est pris dans la seconde partie du budget, soit une baisse de 1,5 milliard
d’euros des crédits des ministères, hors ministère de la défense.
Nous nous engageons bien sûr à tout faire pour que la réduction du déficit que
nous visons en 2026 se fasse pour moitié au plus par de la fiscalité, par des
baisses de dépenses pour moitié au moins.
S’agissant de l’AME, la santé publique et le respect des droits fondamentaux
doivent primer, ainsi évidemment que la lutte contre la fraude. Je souhaite que
sur ce sujet comme sur les autres, nous trouvions des compromis plutôt que de
nous perdre dans des polémiques – je sais que ce n’est pas votre état d’esprit. Continuons donc à travailler dans l’objectif de soigner les
Français en disposant des
moyens adaptés à ce but.
Le compromis, comme vous le savez, ce n’est ni la compromission ni l’unanimisme, mais de la méthode et le fruit de
rapprochements. Il s’agit au fond de remettre les Français, la politique
publique qui les concernent et les services publics au cœur des discussions
pour mieux organiser l’action publique et la rendre plus efficace.
> [Budget] Le gouvernement considère que la France doit être forte et pour que la France soit forte, il ne faut pas qu'on laisse indéfiniment le pays être en régime minimal.
> [Budget] Si vous n'avez pas d'accord politique (...) vous pouvez brandir tous les articles de la Constitution, si à la fin vous n'avez toujours pas de budget et un gouvernement qui tombe, je ne vois pas très bien en quoi ça aide le pays.
> [Budget] Nous souhaitons aussi faire un peu «bas les masques» sur les positions des uns et des autres.
> [Budget] Quand vous n'êtes pas dans une réunion où on cherche des convergences, votre voix n'est pas entendue.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée
auprès du ministre de l’Intérieur)
> Clarissa Jean-Philippe, policière municipale, a été lâchement assassinée
il y a onze ans à Montrouge. Elle avait 26 ans. Elle incarnait l’engagement et
la jeunesse. Nous lui rendons hommage aujourd’hui. Le terrorisme islamiste
frappe aveuglément et aussi symboliquement. Il s’attaque à ce que nous sommes :
une société libre, démocratique, laïque, fondée sur le droit et la dignité
humaine. Toutes nos pensées vont d’abord à sa famille et à ses proches. Aucune
parole ne peut combler l’absence. Aucun hommage ne peut réparer l’injustice.
Mais la République n’oublie pas. L’État reste debout et lutte impitoyablement
face au terrorisme. Cet hommage n’est pas seulement un moment de recueillement,
aussi un moment de vérité et de responsabilité. Cette fermeté est une nécessité,
et une exigence vis-à-vis de chacun de nos concitoyens et de celles et ceux
qui, comme Clarissa, portent l’uniforme.
Eléonore Caroit (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la
Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> La France Insoumise est incapable de qualifier Nicolás Maduro de dictateur
et a une indignation à géométrie variable !
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> La réduction des accidents du travail graves et mortels est pour moi une
priorité absolue.
> Les accidents au travail diminuent, mais la mortalité est toujours présente. Je ne veux pas m’y résoudre. Je félicite l’INRS que j’ai visité et qui s’engage pour lutter contre ces accidents et protéger nos travailleurs grâce à ses actions de prévention au travail.
> État, entreprises, collègues… les accidents du travail sont l’affaire de tous. En ce sens, France Élévateurs développe de nombreuses actions de prévention. Je visiterai chaque mois des entreprises engagées et récompenserai en fin d’année celle avec les meilleurs résultats.
Gérald Darmanin (garde des sceaux,
ministre de la Justice)
> La lutte contre la surpopulation carcérale est à la fois un objectif
d’humanité, d’ordre, de lutte contre la récidive et de bien-être au travail des
agents pénitentiaires : pour y remédier, nous allons fixer des objectifs clairs
de numerus clausus gradués dans les maisons d’arrêt dans la prochaine loi que
je vais porter. La fermeté n’est pas l’ennemi de la dignité.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture,
de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Fidèle à sa parole, la France votera contre l’accord avec le Mercosur. Cet
accord, qui demeure déséquilibré, ne répond pas à nos exigences de justice,
d’équité et de réciprocité pour nos agriculteurs. Il fait peser des risques
économiques sur nos filières, des risques sanitaires pour les consommateurs
français ainsi que des risques environnementaux. La France restera pleinement
engagée pour défendre une politique commerciale cohérente avec nos engagements,
protectrice de nos filières et de la souveraineté alimentaire européenne. Vous
pouvez compter sur moi pour poursuivre ce combat que je mène avec force depuis
la première minute.
> Des manifestations d’agriculteurs ont lieu dans plusieurs villes, dont Paris. Les inquiétudes et revendications exprimées sont légitimes, dans un contexte international particulièrement troublé. Avec le Premier ministre, nous échangeons depuis plusieurs jours avec l’ensemble des syndicats agricoles. Le dialogue est constant et il se poursuit. Le combat que je mène pour protéger nos agriculteurs continue. Des avancées importantes ont été obtenues cette semaine au niveau européen, mais le travail n’est pas terminé. J’en appelle au maintien du calme, au sens des responsabilités, et au dialogue.
> [Assurance récolte / Intervention à
l’Assemblée] Dans la longue histoire des sociétés humaines, l’agriculture a
évolué dans un cadre climatique qui a bien sûr toujours connu ses caprices – un agriculteur a un jour
résumé pour moi cette réalité par cette formule : le ciel s’impose –, mais demeurait
globalement stable, à tout le moins prévisible. Cette relative régularité a permis d’organiser les systèmes de production, de structurer les filières et de bâtir des outils de protection adaptés à un monde où l’aléa demeurait l’exception.
Ce cadre est aujourd’hui rompu. Le changement climatique n’introduit pas seulement davantage de
risques mais transforme aussi la nature même du risque agricole. Il le rend
plus fréquent, plus diffus, plus difficile à anticiper et surtout plus
systémique. Les événements météorologiques d’ampleur exceptionnelle ne se
concentrent plus sur certains territoires précis ni sur certaines périodes
données : ils s’étendent, se répètent et s’installent durablement dans le
paysage productif.
Les faits récents en témoignent. Au printemps dernier, des épisodes de grêle
d’une intensité exceptionnelle ont frappé l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine.
En juin, la Normandie a, elle aussi, été durement touchée. L’été a vu des
incendies ravager plusieurs territoires, notamment dans l’Aude, détruisant en
quelques heures le travail de générations d’exploitants.
Dans ce contexte nouveau, continuer à protéger nos exploitations avec des
outils conçus pour le monde d’hier serait un contresens historique. C’est
pourquoi l’assurance récolte est devenue un élément structurant de l’adaptation
de notre agriculture au dérèglement climatique. Elle doit permettre aux
exploitations de tenir dans la durée et de préserver leurs capacités
d’investissement, de transmission et in fine de production. C’est
précisément sa vocation, même si – je dois le dire à cette étape de mon développement – elle ne constitue pas,
parmi les facteurs de résilience des exploitations, la seule réponse au dérèglement climatique. Je pense aux pratiques culturales, dont a parlé Mme la ministre Agnès Pannier-Runacher, et
aux investissements, évoqués par nombre d’entre vous. C’est d’ailleurs, en matière de prévention, l’une des préconisations du rapport fort intéressant que vous avez rendu, messieurs les
rapporteurs.
La réforme engagée en 2021 à l’issue du Varenne de l’eau et du changement
climatique constitue à cet égard une réforme majeure, par son ambition, par sa
portée et par la rupture qu’elle opère avec des dispositifs hérités d’un autre
temps. Vous avez été plusieurs à le noter : la réforme a été engagée en
2021, la loi votée en 2022 et nous sommes au début de l’année 2026. C’est bien
court pour dresser un bilan et imaginer une remise à plat voire une refonte
totale ! J’observe de ce point de vue que les rapporteurs ne parlent pas
d’échec mais d’une nécessité d’évolution et, en tout état de cause,
d’appréciation. En effet, il est question ici d’une démarche d’évaluation et je
voulais vous dire qu’une évaluation complète du dispositif serait conduite à
partir de mars 2026.
Pendant des décennies, notre système a reposé sur une coexistence imparfaite.
D’un côté, le régime des calamités agricoles, né dans les années 1960, au
cœur des grandes lois de modernisation agricole – dans notre système, ce régime s’applique d’ailleurs
encore aux pertes de fonds ; de l’autre, l’assurance récolte, développée
progressivement à partir des années 2000, d’abord autour de la grêle, puis
étendue à l’ensemble des aléas climatiques.
Ce double système avait fini par perdre en cohérence et en lisibilité. Il
n’incitait pas suffisamment à la mutualisation du risque – sujet cher au cœur des députés Biteau et Feld –, créait de l’incompréhension et de l’injustice et ne
permettait plus de répondre efficacement à l’ampleur des chocs
climatiques. Pire, il pouvait arriver que des exploitants non assurés soient
mieux indemnisés que des exploitants assurés.
La réforme de 2022 a mis fin à cet empilement assurantiel en posant les bases
d’un cadre unifié, lisible et incitatif, fondé sur un principe simple : le
partage du risque, adossé à la solidarité nationale. Et elle a consacré une
idée très forte : une couverture universelle des risques climatiques
accessible à tous les agriculteurs, quelle que soit leur filière. Vous avez été
nombreux à signaler que certaines productions n’étaient toujours pas assurées,
mais le système actuel, à propos duquel nous débattons aujourd’hui, permet de
prendre en compte certaines productions qui jusqu’alors ne l’étaient pas, comme
le maraîchage ou l’horticulture.
La réforme de 2022 n’a pas été pensée in abstracto. Elle a été
construite dans le dialogue avec les filières, avec les assureurs, avec
l’ensemble des parties prenantes, et je tiens à souligner ici que les
parlementaires y ont pleinement trouvé leur place : par le débat, par voie
d’amendement et par le contrôle, vous avez contribué à façonner un dispositif
plus robuste, plus équilibré et plus protecteur même si j’entends, et c’est une
demande universelle de votre part, qu’il appelle des améliorations – ce qui est à mon avis tout à fait légitime.
Vous savez que l’architecture retenue pour la réforme repose sur un système à
trois étages : les aléas courants relèvent de la responsabilité directe
des exploitants ; les aléas significatifs sont couverts par des contrats
d’assurance multirisques climatiques librement souscrits mais fortement
soutenus par la puissance publique – 70 % du coût est pris en charge par
l’État et par les fonds européens, soit le plus haut niveau de subvention de la
cotisation d’assurance permise par l’Union européenne – ; enfin, les aléas exceptionnels
déclenchent l’intervention de l’État via la solidarité nationale, y compris
pour les exploitants non assurés, notamment sous la forme de l’indemnité de
solidarité nationale, activée lorsque des pertes d’ampleur exceptionnelle,
au-delà des seuils assurantiels, surgissent. L’État a assumé son rôle en
soutenant massivement les primes d’assurance et en garantissant l’équilibre
financier du dispositif sur la durée, prévoyant à cette fin une enveloppe
stabilisée à 600 millions d’euros par an, et en affirmant que dans un
monde plus instable, la protection des exploitations agricoles relève d’un
choix politique.
Trois années après l’entrée en vigueur de la réforme, il est légitime d’en
dresser le bilan. Je remercie donc le groupe LIOT pour avoir pris l’initiative
de ce débat ainsi que les trois rapporteurs, Thierry Benoît, David Taupiac et
Julien Brugerolles, pour leur travail. Je note avec satisfaction que leur
rapport ne remet pas en cause le principe de l’assurance récolte, bien qu’il
souligne certains points à améliorer, et j’en profite également pour remercier
Pascal Lecamp qui avait publié, en 2024, un rapport instructif sur la refonte
du système assurantiel agricole.
J’ai noté dans les interventions deux types de positionnement : celui du
groupe LFI et du groupe écologiste, qui proposent une refonte totale du système
puisqu’ils considèrent que c’est un échec ; et puis le positionnement de
tous les autres groupes qui considèrent qu’il s’agit plutôt de corriger le
système existant pour l’améliorer. Je prends acte de ces deux positionnements,
mais comme cela a été dit par l’un d’entre vous, ils appellent en tout état de
cause au dialogue et à un travail collaboratif.
Le bilan, comme je l’ai dit, est prévu pour mars 2026, mais notons déjà
que la réforme a profondément amélioré les choses sur le plan de la lisibilité
et de la cohérence du système : le cadre est clair dorénavant puisque les
exploitants qui font le choix de l’assurance sont mieux protégés, mieux
indemnisés et de manière plus prévisible. Ce point est essentiel car il
restaure une hiérarchie logique entre responsabilité individuelle – le premier étage –, mutualisation
assurantielle – le deuxième étage – et solidarité nationale – le troisième. Sur le plan de la diffusion de l’assurance, les résultats ont été très encourageants au démarrage : plus 38 % d’assurés, notamment dans des
filières historiquement peu
couvertes, comme l’arboriculture ou les prairies. Cette dynamique a ensuite marqué le pas, force est de le
reconnaître. Non pas que l’outil soit inadapté dans son principe, mais parce qu’il se heurte à un
plafond. N’en tirons pas la conclusion que c’est un échec. Cette situation
montre seulement qu’après l’élan initial, nous devons lever les freins qui
demeurent.
Plusieurs facteurs expliquent en effet le ralentissement de la diffusion de
l’assurance récolte. Certains sont conjoncturels : des années climatiques
moins sévères ont pu conduire à une sous-estimation du risque, et des contextes
économiques difficiles dans certaines filières, comme à la fin de
l’année 2024, ont également pesé sur les décisions de souscription quand
les exploitants agricoles ont eu des arbitrages financiers à faire. D’autres
facteurs sont plus structurels et tiennent à la perception du coût de
l’assurance, à des complexités persistantes dans le dispositif, à une
compréhension parfois imparfaite de ses mécanismes ou encore à des
interrogations sur les références de rendement. Il ne faut pas les ignorer,
mais ces facteurs structurels ne doivent pas non plus conduire à disqualifier
l’ensemble du dispositif. Car ce n’est pas la perfection immédiate d’un outil
qui est en jeu ici, mais sa capacité à s’installer durablement dans les
pratiques en répondant correctement aux besoins des agriculteurs.
C’est dans cet esprit que j’ai souhaité consolider le cadre existant. J’ai
d’abord obtenu la reconduction à l’identique du dispositif pour la période
2026-2028, à savoir un engagement financier stable de l’État et un niveau de
soutien maximal aux primes d’assurance. Cette stabilité est une condition
indispensable de la confiance, et l’État maintiendra donc l’enveloppe de
600 millions et le taux de subvention de 70 % sur toute cette
période.
J’ai également obtenu des avancées concrètes au niveau européen, à savoir la
possibilité d’allongement de la moyenne olympique. Beaucoup d’entre vous ont
évoqué cette question – les rapporteurs David Taupiac et Julien
Brugerolles ainsi que Mme Laporte, Mme Feld et M. Biteau. Cette ouverture, obtenue dans le paquet simplification adopté en décembre par le Conseil et
par le Parlement européen, permet dorénavant d’aller jusqu’à un calcul de la
moyenne olympique sur huit ans. C’est une évolution attendue qui permettra de
mieux prendre en compte la réalité des rendements, dans un contexte climatique
de plus en plus heurté. Les travaux avec les assureurs sont d’ores et déjà
engagés pour décliner cette possibilité dans les contrats commercialisés à
compter de l’été 2026, qui couvriront la campagne 2027.
En outre, je rappelle que la loi d’août 2025 visant à lever les entraves à
l’exercice du métier d’agriculteur a déjà permis de renforcer la lisibilité et
la réactivité du dispositif pour les prairies, en améliorant notamment le
dispositif d’examen des recours par la mobilisation de comités départementaux
pour rapprocher la décision du terrain, et j’ai également noté que vous avez
été nombreux à évoquer la question des assurances prairie : je pense entre
autres au rapporteur Thierry Benoît ainsi qu’à M. Bruneau et à
Mme Laporte. Et c’est en effet un point crucial que l’assurance en matière
d’élevage et sur lequel j’attends vos questions pour avoir l’occasion d’y
revenir. En tout cas, ces avancées ne règlent pas tout bien sûr, mais elles
montrent que le dispositif n’est ni figé ni fermé aux évolutions.
Ce qui reste à faire est désormais clair : il faut d’abord continuer à
agir sur le coût perçu de l’assurance, en particulier sur les enjeux de
trésorerie car c’est un point central pour de nombreux exploitants. En effet,
ils payent leur cotisation plein pot en fin d’année, en octobre ou en novembre…
et touchent la subvention de 70 % en février de l’année suivante. C’est
donc une avance de trésorerie très conséquente et que tous les exploitants ne
peuvent pas honorer. Des pistes sont à l’étude pour alléger l’effort initial et
mieux articuler le calendrier des paiements. Le ministère examine ainsi la
faisabilité d’un paiement de la cotisation nette de subvention, c’est-à-dire
défalquée de celle-ci, afin que l’effort de trésorerie soit moins important.
Il faut ensuite renforcer la transparence et la confiance dans la durée. La
mise en place du groupement de coréassurance constitue à cet égard une étape
clé car elle permettra un meilleur partage des données, sous contrôle public,
et une meilleure compréhension du fonctionnement global du système. Attendue
courant 2026, elle répond à une exigence simple : objectiver, dans la
durée, les équilibres techniques du dispositif, notamment les rapports
sinistres sur primes, pour consolider la confiance. Il faut en effet que les
agriculteurs puissent évaluer s’il y a intérêt à s’assurer par rapport aux
risques de sinistre. Le rapport sinistres sur primes est donc une donnée tout à
fait importante.
Il faut également poursuivre l’adaptation du dispositif aux réalités des
filières, notamment pour les prairies, mais aussi pour des productions
aujourd’hui encore insuffisamment couvertes. L’objectif d’universalité reste
pleinement d’actualité. Je pense à cet égard au maraîchage diversifié, à
l’horticulture et aux pépinières. Des travaux méthodologiques sont engagés pour
lever les blocages techniques afin d’élargir progressivement l’offre
assurantielle.
Toutes les mesures que je viens d’évoquer s’accompagnent d’un renforcement du
suivi territorial des données et d’un plan de communication national
opérationnel depuis novembre 2025 sous la forme d’une brochure sur
l’assurance récolte, qui récapitule un certain nombre d’éléments et que je vous
remets, monsieur le rapporteur Taupiac.
Il faut assumer cet effort de pédagogie car l’assurance récolte souffre encore
d’idées reçues. Elle n’est pourtant ni un pari ni un calcul à courte vue :
elle est un outil de continuité. On ne s’assure pas pour se prémunir du risque
du sinistre, mais pour pouvoir rebondir lorsqu’il survient, et sur le temps
long. Les ordres de grandeur sont clairs : pour un euro de cotisation
nette de subvention, l’assurance peut générer en moyenne 3 euros
d’indemnisation en grande culture et en viticulture – je réponds ainsi à
Mme Laporte qui évoquait particulièrement la question viticole –, et
jusqu’à 5 euros en prairie et en arboriculture.
L’assurance récolte est un pilier de la résilience agricole. Elle est aussi un
outil de responsabilité partagé entre les exploitants, les assureurs et la
nation. Certes, elle n’est ni parfaite ni complètement achevée, mais constitue
un socle solide qu’il nous appartient de renforcer davantage encore. Face au
dérèglement climatique, nous n’avons pas le luxe de l’improvisation : nous
avons besoin de stabilité, de confiance et de progrès continu, et c’est dans
cet esprit que je souhaite poursuivre ce travail avec vous, au service de
l’agriculture française et de son avenir.
Je souhaite maintenant revenir sur un certain nombre de sujets que vous avez
évoqués, à commencer par celui de la moyenne olympique, monsieur le rapporteur
David Taupiac. Je fonde beaucoup d’espoir, vous l’imaginez bien, sur la prise
en compte d’une période élargie. L’extension de cette période est tout à fait
importante car tous les agriculteurs que je rencontre la jugent trop courte,
inadaptée aux aléas de plus en plus fréquents et au dérèglement climatique, qui
peuvent frapper trois ans de suite. Même élargie à cinq ans, cette moyenne
olympique n’est opérationnelle quand il y a eu trois années d’accidents
météorologiques durant la période.
S’agissant de la question de l’assurance prairies, monsieur le rapporteur
Benoît, j’attends vos questions pour y revenir de façon approfondie. C’est en
effet un véritable point de fixation parmi tous les reproches qui sont faits au
système assurantiel actuel.
S’agissant du manque de pédagogie, monsieur le rapporteur Brugerolles, j’ai
noté qu’il figure parmi les quatre points d’amélioration mentionnés dans votre
rapport. Je pense que vous avez raison, et il est absolument indispensable d’y
revenir. Quant au besoin d’évaluation approfondie, je le dis clairement :
il faut mener ce travail très rapidement dès le premier trimestre 2026.
Edouard Geffray (ministre de l’Education
nationale)
> Le temps de l’École, c’est le temps de l’apprentissage, pas celui du
portable.
Alors que les jeunes passent plus de 4h par jour devant les écrans, interdire
l’usage du téléphone au lycée, c’est répondre à des enjeux majeurs :
- de santé publique ;
- sociaux ;
- intellectuels ;
- civiques.
Les chefs d'établissements pourront, dans les
règlements intérieurs, apporter les dérogations nécessaires pour s'adapter aux
réalités locales.
Limiter l'usage des écrans ne suffira bien sûr pas : il faut, dans le même
temps, éduquer nos enfants et jeunes à leur bon usage. C'est un enjeu
collectif.
> S’est réuni le comité de suivi de la Voie
professionnelle, qui associe l’ensemble des acteurs concernés sous la
présidence de Daniel Auverlot.
J’ai souhaité mettre en place ce comité afin d’avoir un lieu de dialogue utile
et fécond pour accompagner à long terme l’évolution du lycée professionnel,
avec un objectif à court terme : procéder aux ajustements nécessaires du
parcours différencié (dit parcours « en Y ») pour offrir à nos élèves
un accompagnement personnalisé.
La voie professionnelle est de nouveau attractive, avec un nombre croissant
d’élèves qui la choisissent en fin de 3ème, à rebours du mouvement de baisse
régulière que nous connaissions depuis le début des années 2000. Evolution de
la carte des formations, nouveaux diplômes attractifs (bac pro cyber, etc.),
gratification des stages : c’est aussi cela, la voie pro!
Maud Bregeon (porte-parole du
Gouvernement)
> Il y aura un budget en janvier.
> Le président de la République et le gouvernement ne lâcheront pas les agriculteurs.
> [Réunion de la coalition des volontaires] Ensemble, nous avons réussi à dessiner les premières lignes de ce que seraient les garanties de paix nécessaires pour l'Ukraine et le rôle des uns et des autres.
> Les accords commerciaux, lorsqu'ils
sont mis en place, doivent être justes et équitables. Or le Mercosur n'est ni
juste ni équitable. (...) Sur les mesures miroir, le compte n'y est pas. (…)
Il existe encore des étapes. Le Parlement européen a la possibilité de saisir
la Cour de justice de l'UE. Si le Parlement européen le fait, alors cette
procédure d'adoption est suspendue.
> [Arrestation de Maduro] Ce qu'il s'est passé contrevient évidemment au droit international et la France défend le droit international.
Benjamin Haddad (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de
l’Europe)
> Nous défendons la fin de la naïveté commerciale. Face aux tarifs
américains, à l’agressivité commerciale chinoise, l’Europe ne peut pas rester
la dernière zone ouverte à tous les vents. Réciprocité des normes, Made in
Europe, simplification de nos règles : soutenons nos filières agricoles et
industriels.
> La libération de Laurent Vinatier est un grand soulagement. Toutes mes pensées vont à lui et à ses proches, qui ont vécu des mois d’épreuve. C’est aussi le fruit du travail de nos diplomates que je veux saluer.
> On suit avec beaucoup d'attention et de vigilance ce qui se passe en Iran. Les violences contre les manifestants sont inacceptables.
> La France dira non au Mercosur. La mobilisation de la France a permis des avancées réelles pour protéger nos agriculteurs : clauses de sauvegarde, réciprocité sur les normes, reconstitution des enveloppes de la PAC, pas de hausse des prix pour les engrais.
> Pendant que Jordan Bardella séchait les séances du parlement européen, nous nous sommes battus à Bruxelles pour protéger nos agriculteurs et obtenir une clause de sauvegarde sans précédent, la réciprocité sur les normes, des contrôles renforcés, un complément de 45Mds pour la PAC, la stabilité des prix pour les engrais. Vous commentez, vous instrumentalisez avec cynisme, nous agissons.
> La mobilisation de la France a payé. À Bruxelles, nous venons d’obtenir un engagement de Maros Sefcovic: la taxe carbone aux frontières sur les engrais pourra être suspendue, rétroactivement au 1er janvier 2026. Pas de hausse de prix pour nos agriculteurs: c’était une attente forte. Une seconde victoire après celle d’hier sur la reconstitution de l’enveloppe de la PAC. Nous continuerons de nous battre pour la souveraineté alimentaire de notre continent.
> Il y un an, on nous prédisait une capitulation forcée de l’Ukraine en 24h et des Européens exclus des négociations. Hier à Paris autour d’Emmanuel Macron, Européens, Américains et Ukrainiens s’engageaient pour des garanties de sécurité. Les Européens prennent en charge leur sécurité.
> La France se bat à Bruxelles pour défendre nos agriculteurs. Reconstitution des enveloppes de la PAC, clause de sauvegarde: notre mobilisation paye. Nous continuerons le combat pour notre souveraineté alimentaire.
Nicolas Forissier (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé du
Commerce extérieur et de l'Attractivité)
> [Politique étrangère / Intervention à l’Assemblée] Votre question dresse
un vaste panorama des enjeux et des défis posés, sur le plan des relations
internationales, à notre pays comme à l’Union européenne et à bien d’autres
États. Je vous répondrai sur trois points. Premièrement, à propos de ce qui
s’est passé au Venezuela, la France a été extrêmement claire. Elle a rappelé
que la priorité absolue était de respecter le droit international et le droit
des peuples à disposer d’eux-mêmes.
La position de la France est extrêmement claire et a été réaffirmée au Conseil
de sécurité pas plus tard qu’hier. Nous continuerons à la défendre, même s’il
est évident qu’il y a une situation de fait et qu’il faut que nous
accompagnions la transition démocratique, de façon que le peuple vénézuélien
puisse déterminer son avenir. La position de la France n’est pas d’attendre une
décision venue de l’extérieur mais d’aboutir à une situation permettant au
peuple vénézuélien de décider. C’est un point vers lequel je pense que nos
opinions convergent.
Deuxièmement, si j’ai bien compris, vous avez évoqué la surveillance sous
contrainte américaine de l’Ukraine. Or la coalition des volontaires, réunie
hier à l’Élysée en présence de nombreux chefs d’État et en battant le record de
pays représentés, a réaffirmé la volonté des Européens de soutenir l’Ukraine et
de contribuer de façon très concrète à sa défense. Cela est lié à l’existence
de l’Otan, dont les États-Unis sont membres. Nous avons donc évidemment intérêt
à faire appel aux États-Unis pour nous accompagner dans cette surveillance et
pour y participer, même s’ils demandent à la France et à l’Union européenne
plus d’implication. Vous connaissez bien le sujet et ne pouvez nier ce qui se
passe.
Troisièmement, nous serons d’accord pour dire que le droit international et le
multilatéralisme doivent l’emporter. Leur défense constitue la position
constante de la France, même si certains de nos alliés, comme vous l’avez dit,
ne sont pas tout à fait sur la même ligne.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Je salue la décision du Président de la République de s’opposer au traité
avec le Mercosur, conformément aux votes constants à l’Assemblée nationale. Sur
le terrain et encore aujourd’hui lors de mes rencontres avec les organisations
syndicales agricoles, la demande a été unanime. Cette décision est celle qu’il
fallait pour nos agriculteurs, pour notre agriculture. Continuons à nous
battre, ensemble.
> Laurent Vinatier est libre et est en France. Quel soulagement immense ! Mes pensées vont à sa famille. Je veux exprimer ma reconnaissance à l’ensemble des équipes diplomatiques mobilisées pour parvenir à cette issue.
> Je choisis toujours le dialogue. Et je suis aussi là pour entendre la colère. C'est mon rôle. Je suis allée rencontrer les manifestants pour leur dire que j'ai entendu leur demande : je rencontrerai les organisations syndicales cet après-midi. Nous tenons à notre agriculture et nous continuerons à nous battre pour elle.
> Face au mouvement de sortie de l’ordre mondial, au Venezuela comme ailleurs, le multilatéralisme est notre boussole. L’Europe et la France doivent porter une parole claire et forte : souveraineté, droit international, coopération.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> En Iran, une fois de plus, le peuple se soulève contre l’obscurantisme et
l’oppression. Une fois de plus, le régime des mollahs est prêt à tout pour le
faire taire, y compris dans le sang. Plusieurs dizaines de manifestants sont
déjà tombés sous les balles et les coups. La répression aveugle est chaque jour
plus violente. Nous sommes aux côtés des peuples qui se battent pour briser les
chaînes de l’obscurantisme. Aux côtés des femmes opprimées. Aux côtés des
Iraniens qui se battent pour arracher leur liberté. Pleine solidarité avec tous
ceux qui, en Iran, se battent pour leur liberté. Tous nos regards doivent être
tournés vers l’Iran.
> Immense soulagement. Après 18 mois de détention arbitraire par le régime du Kremlin, notre compatriote Laurent Vinatier est enfin délivré des geôles russes. Je pense avec émotion à lui et à ses proches qui peuvent enfin se retrouver.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> [Assurance récolte / Intervention à l’Assemblée]
La loi relative à l’assurance récolte de
2022 constitue une réforme structurelle très importante de la politique
agricole de ces dernières années alors que les agriculteurs sont les premiers
témoins – et les premières victimes – du dérèglement climatique. Ils sont confrontés à des aléas de plus en plus intenses qui ont un impact direct sur leurs revenus.
Avant 2022, la logique de l’assurance récolte reposait sur deux jambes, d’une part le système assurantiel pour les cultures assurables, c’est-à-dire celles pour
lesquelles il existait une offre d’assurance, et d’autre part le régime des
calamités agricoles pour les cultures réputées non assurables, sans qu’il soit
réellement possible de cumuler les deux, sauf décision exceptionnelle de la
puissance publique. Ce régime, difficilement lisible, n’incitait pas, par
ailleurs, les agriculteurs à s’assurer.
La réforme de 2022 a remplacé ce système inefficace par une nouvelle logique,
dans laquelle solidarité nationale et assurances deviennent complémentaires,
les agriculteurs assurés bénéficiant de bonus d’indemnisation en cas de perte
de production significative. L’État s’est engagé financièrement pour rendre ce
système plus attractif, avec un niveau de subvention des primes plus important,
des franchises revues à la baisse et des indemnisations de pertes
quasi-intégrales au-delà d’un certain seuil. Cette nouvelle philosophie peut se
résumer ainsi : aide-toi et l’État t’aidera.
La réforme a également permis de simplifier la vie des agriculteurs grâce à la
création d’un guichet unique. Les entreprises d’assurance, désignées comme
interlocutrices agréées, effectuent les versements pour le compte de l’État.
Universalité du dispositif, renforcement du soutien financier, simplification
administrative et solidarité nationale sanctuarisée : telles sont les
avancées majeures de ce système.
À l’heure de dresser le bilan de cette réforme, les trois rapporteurs notent
qu’en 2023, les souscriptions à l’assurance récolte ont connu une nette
croissance, avec une hausse de 38 % des surfaces couvertes, passant de
17 % à 23 %. Les secteurs qui ont enregistré la dynamique la plus
marquée sont l’arboriculture et les prairies – dans les deux cas, l’assurance récolte était très peu diffusée avant la réforme. Les surfaces
assurées sont ainsi passées de 1,5 % en 2022 à 14 % en 2024 pour l’arboriculture et de 0,5 % à 9 % pour les prairies.
Toutefois, les années 2024 et 2025 ont été marquées par un ralentissement
de la diffusion de l’assurance récolte, en raison de deux facteurs principaux. Tout d’abord, une météo
favorable dans certaines régions agricoles en 2023 et 2024 a pu atténuer la
perception du risque chez les agriculteurs. Ensuite, le contexte économique
difficile, notamment pour la filière viticole et pour les grandes cultures, a
conduit de nombreux exploitants à réduire leurs charges et, partant,
malheureusement, leur couverture assurantielle. Par conséquent, la progression
des surfaces assurées a stagné, voire légèrement reculé, en 2025.
Ainsi, si la réforme n’a pas permis la très large diffusion de l’assurance
récolte initialement escomptée, elle a incontestablement amélioré le taux de
couverture des agriculteurs et redonné de l’intérêt à un dispositif qui pouvait
sembler jusqu’alors anecdotique.
Nos rapporteurs proposent de poursuivre cette évaluation en constituant une
mission ad hoc. Voilà une excellente idée, d’autant plus qu’une période
de deux ans apparaît comme trop courte pour avoir le recul suffisant. Une telle
mission permettrait notamment de se demander comment mieux adapter le
dispositif actuel aux petites cultures – maraîchage, apiculture – qui restent peu assurées par rapport aux plus
grandes cultures. Ce serait aussi l’occasion de revenir sur les causes de l’échec de l’instauration du pool de
réassurance prévue par le projet de
loi.
Par ailleurs, alors que les modalités de calcul des pertes dans le cadre de l’assurance
prairies continuent à faire débat chez nos éleveurs en raison de la
décorrélation entre l’indice de production des prairies, dit IPP, et la réalité
agronomique, il est important que le gouvernement nous éclaire s’agissant de
l’application de l’article 4 de la loi visant à lever les contraintes à
l’exercice du métier d’agriculteur, qui prévoit l’élaboration d’une procédure
de contestation de l’indice IPP ainsi qu’un plan pluriannuel de renforcement de
l’offre en matière d’assurance prairies. Huit mois après le vote de cette loi,
quelles sont les avancées concernant ces dispositifs mais aussi les réflexions
en cours du gouvernement sur ces questions ?
En conclusion, si cette réforme n’a pas encore atteint sa pleine maturité, elle
a, à l’évidence, permis de poser les fondations d’un système plus juste, plus
lisible et plus protecteur qui marque une rupture nécessaire avec le statu
quo ante et constitue une avancée incontestable face au défi climatique.
Il convient de continuer à améliorer ce dispositif pour mieux protéger les
agriculteurs. Cependant, cette approche doit nécessairement être complétée par
une véritable politique structurelle d’accompagnement de la transition des
agriculteurs face au dérèglement climatique. Nous savons tous que les
rendements agricoles ont baissé tendanciellement ces dernières années – et nous pouvons
regretter que la moyenne olympique qui en résulte connaisse la même évolution – mais, au-delà
de ce phénomène exogène, nous devons surtout nous attaquer à la cause racine
des difficultés rencontrées par les agriculteurs pour assurer leurs récoltes.
Nous devons donc accompagner nos agriculteurs avec des dispositifs de
transition et des budgets significatifs. Nous avons, par exemple, expérimenté
en 2023 et 2024 des dispositifs particulièrement efficaces tels que le Praam – la prise de risque amont
aval et massification de pratiques visant à réduire l’usage des produits phytopharmaceutiques.
Je sais que des efforts budgétaires importants sont consentis mais il serait
intéressant que le gouvernement nous éclaire sur sa stratégie en matière
d’accompagnement de la transition agricole.
Elisabeth Borne (députée)
Marc Ferracci (député)
> Les souffrances du peuple et surtout des femmes iraniennes n’ont que trop
duré. Le régime des mollahs doit tomber.
> La nuit du 31 décembre devait être
une nuit de fête. À Crans-Montana, elle s’est transformée en un cauchemar
absolu. 40 morts, dont de nombreux mineurs. Parmi eux, 9 Français. Plus de 80
blessés, dont certains luttent encore aujourd’hui. Derrière ces chiffres, ce
sont des vies brisées, des familles endeuillées, toute une génération marquée à
jamais. À elles, j’adresse une pensée de profonde tristesse et de solidarité. (…)
Je veux saluer le courage des secours, la mobilisation exceptionnelle des
soignants, et la coopération immédiate entre la France et la Suisse, à la
hauteur de l’amitié qui lie nos deux pays. 35 patients ont été transférés hors
de Suisse, dont 19 blessés graves pris en charge en France, grâce à
l’engagement total de nos services de santé, de nos armées et de nos équipes
consulaires, au plus près des familles. Après l’urgence vient désormais le
temps douloureux des questions, de la reconstruction et de l’accompagnement.
J’ai interrogé le Gouvernement sur la poursuite de la coopération
franco-suisse, le soutien judiciaire aux familles françaises et la prise en
charge durable, médicale et psychologique, des victimes.
Paul Midy (député)
> Depuis 2017, nous avons baissé de manière
significative les impôts. En rapprochant la fiscalité française de la moyenne
de l’OCDE, nous avons renforcé l’attractivité économique du pays et créé un
environnement plus favorable à l’investissement, à l’innovation et à l’emploi.
Le résultat : davantage de croissance, moins de chômage, plus d’entreprises qui
investissent en France et, in fine, des recettes fiscales plus élevées pour
financer durablement nos services publics. Les débats budgétaires reprennent en commission des finances et je
continuerai à porter cette vision !
Daniel Labaronne (député)
> Je me réjouis de la libération de notre
compatriote Laurent Vinatier, détenu injustement en Russie depuis plus d’un an
et demi. Soulagement pour sa famille et ses proches. Reconnaissance envers
l’action déterminée de nos autorités diplomatiques.
Liliana Tanguy (députée)
> [Protection de l’enfance / Intervention à
l’Assemblée] Je remercie les personnalités invitées pour leurs interventions
très éclairantes. En tant que membre de la commission d’enquête sur les
manquements des politiques publiques de protection de l’enfance, j’ai souhaité
donner suite au rapport qui en est issu et dont l’utilité fait consensus.
Les auditions que nous avons menées ont mis en lumière des dysfonctionnements
structurels persistants. J’ai rencontré des assistantes familiales de ma
circonscription du Finistère, qui m’ont fait part de nombreuses difficultés,
notamment liées à des jeunes souffrant de troubles du comportement.
J’ai étudié de manière plus approfondie la question de la prostitution des
mineurs accompagnés par la protection de l’enfance et j’ai interpellé, lors de
son audition, Michèle Créoff, vice-présidente de l’Union pour l’enfance, qui a
rappelé avec force que si des outils juridiques existaient bel et bien, leur
application demeurait insuffisante.
Je tiens à rappeler qu’encore trop de jeunes sortent de l’Aide sociale à
l’enfance sans accompagnement réel et sans situation stable – parfois même sans logement ni
ressources. Cependant, cette rupture n’est pas une fatalité : elle résulte d’un défaut de coordination institutionnelle et d’un accompagnement trop fragile pour permettre à des jeunes profondément vulnérables de devenir
autonomes du jour au lendemain.
Je me réjouis de l’adoption d’un amendement au PLF pour 2026, défendu par Laure Miller, présidente de la commission
d’enquête. Il tend à créer un fonds de
mobilisation départementale doté de 800 millions d’euros, qui permettra l’application
concrète de la loi Taquet par les départements et la garantie d’un
accompagnement effectif jusqu’à l’âge de 21 ans. C’est un signal politique
fort qu’envoie ainsi notre groupe politique.
Toutefois, les sorties sèches demeurent une réalité. Avez-vous constaté des
avancées réelles dans l’application de la loi Taquet depuis la publication de
notre rapport ? Faut-il aller plus loin, conformément à sa
soixante-dix-septième recommandation, en portant l’âge limite de
l’accompagnement à 25 ans ? Enfin, le contrat jeune majeur ne
devrait-il pas devenir automatique et être prolongé, afin de sécuriser
réellement le parcours de ces jeunes privés de soutien familial ?
● MoDem
Perrine Goulet (députée)
> [Protection de l’enfance] La prise en charge des enfants sous protection
doit absolument évoluer : - chercher dans les familles des personnes capables
d’accueillir ces enfants et éviter le placement - soigner les enfants victimes
pour qu’ils ne reproduisent pas ce qu’ils ont subi.
Bruno Fuchs (député)
> Sans l’Europe et sans la mobilisation de la France, l’avenir de l’Ukraine
se serait certainement déjà décidé sans elle. La coalition des volontaires
montre sa capacité à agir, à peser, et à acter des garanties de sécurité
robustes dans la perspective de l’après-cessez-le-feu.
● Parti radical
> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Lors de la réunion à
l’Elysée avec les chefs des principaux partis politiques sur les
« garanties de sécurité » en Ukraine, la sénatrice Nathalie Delattre,
présidente du Parti radical, a apporté son soutien à la position du chef de
l’Etat sur les garanties de sécurité et sur la participation active de la
France dans la coalition des volontaires.
« Le Parti radical souhaite un débat parlementaire sur la
situation de l’Ukraine et sur la participation de la France à une force
multilatérale pour l’Ukraine après le cessez le feu. Nous avons besoin d’une
définition claire de nos engagements militaires éventuels, assortis de mandats
transparents et d’un cadre démocratique » a ajouté Nathalie Delattre.
Le Parti radical a défendu, depuis le début du conflit en 2022, une politique de
soutien actif à l’Ukraine victime d’une agression invasive. C’est pourquoi il
salue la volonté affichée par les 35 pays de la Coalition des Volontaires de
bâtir des garanties de sécurité robustes pour l’Ukraine visant à construire une
paix juste, durable et stable en Europe dans le cadre d’une signature d’un
traité de paix.
« Nous estimons indispensable que
ces garanties soient politiquement et juridiquement contraignantes avec une
véritable lisibilité sur leurs modalités. La sécurité ne doit pas être laissée
à l’arbitraire ou à des interprétations divergentes », précise Nathalie Delattre.
La France, par son action diplomatique et
son engagement multilatéral, doit continuer de promouvoir une politique de paix
fondée sur la fermeté, la solidarité et la responsabilité dans le cadre du
droit international.
Le Parti Radical estime que le soutien à l’Ukraine passe aussi par une approche européenne renforcée, intégrant la Grande-Bretagne, en complément de la relation transatlantique. L’Europe doit faire preuve d’une politique stratégique propre tout en travaillant en partenariat avec ses alliés pour garantir la sécurité collective.
> Commémoration des attentats de janvier 2015 : le Parti radical propose d’inscrire la Laïcité dans notre devise nationale
En ce jour de commémoration, le Parti
Radical s’incline avec une profonde émotion devant la mémoire des victimes des
attentats de janvier 2015. Onze ans après, notre détermination à défendre la
liberté d’expression, en France et dans le monde, doit être plus forte que
jamais.
Le constat dressé par
Nathalie Delattre, sénatrice,
Présidente du Parti radical, qui
présidait alors la commission d’enquête du Sénat sur la radicalisation
islamiste en 2020 reste hélas d’actualité malgré les mesures prises depuis : le
radicalisme islamiste qui veut faire prévaloir une norme prétendue religieuse
sur les lois de la République reste une menace pour notre cohésion nationale et
continue de sévir dans le monde.
« Face à ce danger, la Laïcité n’est
pas une option ; elle est le bouclier qui protège notre droit de croire ou de
ne pas croire, de débattre et de caricaturer » souligne Catherine Michaud,
conseillère spéciale du Parti radical
égalité femmes hommes, laïcité, lutte contre les discriminations, conseillère
régionale déléguée d’Ile-de-France.
Pour que « l’esprit Charlie »
continue d’être une force pour l’avenir, le Parti radical rappelle ses principales propositions
visant à promouvoir la laïcité :
- Inscrire la Laïcité dans notre devise
nationale : ce principe fondateur doit s’afficher au fronton de nos mairies
pour réaffirmer notre identité républicaine.
- Développer une nouvelle charte commune
de la laïcité par une Convention citoyenne afin d’aboutir à une définition
consentie.
- Renforcer l’enseignement de la laïcité
à l’école : l’éducation est la clé. Il faut armer nos enfants de sens critique
et de tolérance dès le plus jeune âge pour construire les citoyens libres de
demain.
« La liberté d’expression
conditionne la liberté de pensée, la laïcité en est la garantie absolue. Ne
laissons pas la peur gagner : choisissons la République » affirme Nathalie
Delattre.
> Le Parti radical apporte son soutien aux médecins
généralistes et à l’ensemble des acteurs du système de soins mobilisés du 5 au
15 janvier. Par son ampleur exceptionnelle, cette grève révèle une inquiétude
profonde face à une approche purement comptable de la santé.
Le Parti radical dénonce un ONDAM (Objectif national des dépenses d’assurance maladie) insuffisant et la remise en cause du système conventionnel,
fondement du dialogue entre les soignants et l’Assurance maladie. La santé ne peut être une simple
variable d’ajustement budgétaire.
Au-delà du PLFSS (Projet de loi de financement de la Sécurité sociale),
c’est le socle même de notre modèle de santé — solidarité nationale, accès
équitable aux soins, responsabilité médicale et place du médecin — qui est
aujourd’hui fragilisé.
« La médecine ne se gouverne pas par
la contrainte et les indicateurs, mais par le dialogue, la confiance et le
respect du temps médical » précise Véronique Guillotin, énatrice de
Meurthe-et-Moselle, vice-présidente de la commission des Affaires sociales du
Sénat.
« Fidèle à ses valeurs humanistes,
le Parti radical appelle à une
concertation immédiate avec les professionnels de santé afin de garantir
l’avenir de notre système de soins et l’égalité d’accès à la santé pour tous »
conclut Nathalie Delattre, présidente
du Parti radical.
Nathalie Delattre (présidente)
> À l’Élysée j’ai réaffirmé le soutien indéfectible
du Parti radical à l’Ukraine. J’ai demandé en urgence un débat parlementaire
sur des garanties de sécurité juridiquement contraignantes fondées sur le droit
international portées par l’Europe pour une paix durable.
> Le défi pour la filière française de l’animation est la capitalisation des studios. Il manque un fonds d’investissement dédié pour renforcer les fonds propres et préserver la propriété intellectuelle des œuvres.
► Autres
● Commission européenne
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
> Mercosur : déni démocratique en cours ! Alors qu’il occupe la présidence
tournante de l’UE, l’État chypriote choisit une manœuvre inacceptable en amont
du vote sur l’accord Mercosur, qui se tiendra demain au Conseil. Chypre aurait
retiré la déclaration liant l’entrée en vigueur de l’accord Mercosur au vote du
Parlement européen. Cela signifie que l’accord pourrait entrer en vigueur de
manière provisoire, avant le vote du Parlement européen. Dans un contexte de
crise agricole qui frappe toute l’Europe, les États membres pro-Mercosur se
livrent à un déni de démocratie flagrant, par crainte du vote des députés
européens. C’est une faute politique majeure. C’est une honte pour la
démocratie européenne. C’est une trahison pour les agriculteurs européens. Si
cette tentative indigne de passage en force est confirmée, une chose reste
claire et les États membres devront l’accepter : le Parlement européen aura le
dernier mot, quoiqu’il arrive. La bataille continue.
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Le peuple iranien est courageux. Le peuple iranien est grand alors qu’il
se soulève contre ses bourreaux. Les manifestations monstres à Téhéran et dans
tout le pays préfigurent peut-être, enfin, un changement de régime. L’Europe
est aux côtés des Iraniennes et des Iraniens dans leur combat pour la liberté !
> La position exprimée par la France sur le Mercosur est conforme à ce qu’Emmanuel Macron a toujours déclaré sur cet accord depuis sa première élection en 2017. Et quand certains commentaires et les réactions de certaines de nos oppositions politiques laissent croire le contraire, ils mentent. Le président de la République a été constant dans sa position car la France l’est elle-même depuis 1999 ! Nous avons toujours exprimé des réserves sur le Mercosur, toujours. Parce que cet accord est celui d’un autre temps et parce qu’il expose nos agriculteurs à une concurrence déloyale. Nous sommes attachés à notre souveraineté alimentaire et nous avons raison de l’être. C’est une composante essentielle de notre puissance politique dont nous voyons aujourd’hui toute l’importance dans ce nouveau monde de la brutalité. Alors on dit que la France serait minoritaire en Europe sur le Mercosur. De fait, oui. Et alors ? Elle l’est sur ce sujet depuis 1999 et c’est bien le seul quand on voit à quel point le chef de l’État a réveillé l’Union européenne sur l’affirmation de sa souveraineté (plan de relance, défense européenne, taxe carbone aux frontières, DSA-DMA, etc.). Mais à la différence de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, Emmanuel Macron est le seul qui a réussi à obtenir les fameuses mesures miroirs, une clause de sauvegarde et des contrôles renforcés pour veiller à leur bonne application. L’extrême droite et une partie de la droite a loué l’action de Giorgia Meloni. Mais… laquelle ? Elle n’a rien obtenu pour les agriculteurs, c’est la France qui l’a fait. Et pire, elle les a trahis la veille du vote en changeant d’avis. Voilà la vraie hypocrisie. J’ai vu hier nos élus d’extrême droite à la rencontre des agriculteurs en colère à Paris. Je les entends depuis longtemps sur le sujet. Mais dans les faits, les seuls qui ont défendu la ferme France depuis 2017, c’est nous ! La loi Egalim, le maintien du budget de la PAC, les mesures de soutien lors des crises, les protections dans les accords de commerce, c’est nous ! Alors stop à l’hypocrisie, stop aux postures. Et soutien à nos agriculteurs : nous ne les lâcherons jamais.
Pascal Canfin (député)
> [Mercosur] Ce n'est pas la fin de l'histoire. Pour qu'un accord commercial
entre en vigueur de manière définitive, il faut non seulement qu'une majorité
d'États membres le soutienne mais que le Parlement européen le ratifie. Or, le
Parlement européen est aujourd'hui vraiment partagé. Ça va se jouer à 10 ou 15
voix sur plus de 700 eurodéputés. Donc bien malin celui qui dit que le Mercosur
sera, de manière certaine, ratifié. Nous pouvons encore gagner cette bataille.
> Décider de mettre en œuvre l’accord du Mercosur de façon provisoire, sans attendre le vote du Parlement européen alors qu’il s’annonce très serré est inédit pour un accord de cette ampleur. Le Conseil et la Commission passent en force. Le Parlement européen ne peut pas l’accepter !
Jérémy Decerle (député)
> Contrairement à ce que colportent l'extrême
droite et l'extrême gauche, c'est grâce à la France, ses agriculteurs, ses
ministres, ses présidents successifs qu’il existe, encore aujourd’hui, une voix
forte d’opposition au Mercosur. Si le Conseil
valide l’accord dans les prochains jours, nous serons en ordre de marche au
Parlement européen, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, d’Annie Genevard et de Benjamin
Haddad, pour mettre fin à ces négociations d’un autre temps.
> Comment Giorgia Meloni et l'extrême droite italienne peuvent-elles justifier ce changement de position sur le Mercosur en quelques jours ? Qu’ont-elles bien à offrir de nouveau et de vraiment rassurant aux agriculteurs européens? Je ne vois pas. À tous les commentateurs politiques qui incriminent la France sur le sujet, vous feriez bien de plutôt vous préoccuper et interpeller ceux (parfois même vos amis) qui sont en train de changer d'avis et cachent leur jeu. Quel que soit le résultat au Conseil, le Parlement européen aura encore son mot à dire et pourra bloquer cet accord.
Fabienne Keller (députée)
> Sur les plateaux télé, l’extrême droite passe son
temps à se plaindre de la faiblesse de l’Europe. Mais au Parlement européen
quand il s’agit de la renforcer, Jordan Bardella et
ses députés se planquent et votent contre. Arrêtez de vous moquer des Français!
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Depuis 80 ans, le Plan est l’outil de prospective voulu par le général De
Gaulle et Jean Monnet pour penser le long terme. Devant l’Assemblée, j’ai
présenté notre programme de travail ambitieux avec 3 axes prioritaires :
- le système productif et notre modèle social
- la transition écologique et l’aménagement du territoire
- les reconfigurations démocratiques
Au service du débat public et du Parlement.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à
l’Enfance)
> La santé mentale des enfants engage l’avenir de la Nation. Rencontre avec
des élèves de primaire pour échanger, sensibiliser et prévenir dès le plus
jeune âge. Libérer l’écoute, encourager la parole, favoriser le bien être.
> Échanges avec le Collectif des Nés sous X d’ici et d’ailleurs. Accès aux origines, accouchement sous X, encadrement des tests ADN : des enjeux profondément humains. Construire des réponses équilibrées, protectrices et responsables est indispensable.
