mardi 23 juin 2026

Propos centristes. Union européenne – UE: lutte contre les abus sexuels sur enfants / UE: plus de naïveté face à la Chine / Espagne: lutte contre la corruption / Allemagne: défense de la liberté d’expression / Italie: Trump n’est pas notre ami / Belgique: réformer l’IVG…


Voici une sélection, ce 23 juin 2026, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux dans l’Union européenne.

► Institutions européennes
● Commission européenne (commissaires centristes)
[Nota: les propos tenus par les commissaires européens français sont à lire dans Propos centristes France]  
Kaja Kallas (vice-présidente, haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité)
> C’était un plaisir de revenir à Amman pour des entretiens avec mes homologues de la Ligue des États arabes. La Jordanie est un pilier de stabilité et l’un des partenaires les plus proches et les plus fiables de l’UE au Moyen-Orient. Avec le ministre des Affaires étrangères, M. Ayman Hsafadi, j’ai évoqué les pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran et la manière dont la trêve actuelle pourrait se transformer en une paix plus durable. Au Liban, Israël et le Hezbollah sont pris dans un dangereux cycle d’attaques, de contre-attaques et de cessez-le-feu fragiles. Avec le ministre des Affaires étrangères, M. Youssef Raggi, j’ai passé en revue le soutien de l’UE aux Forces armées libanaises et les travaux en cours pour la mise en place d’une nouvelle mission de l’UE dans le pays. L’opération navale Aspides de l’UE joue un rôle essentiel dans la protection de la navigation dans la région. Avec le ministre des Affaires étrangères de Djibouti j’ai discuté de la sécurité maritime et de l’importance de la liberté de navigation. Avec le ministre syrien des Affaires étrangères j’ai échangé des points de vue sur la sécurité régionale et la voie du pays vers une transition politique inclusive, en m’appuyant sur les échanges de notre premier dialogue ministériel. J’ai également passé en revue l’approfondissement des relations bilatérales et la trajectoire positive de la coopération UE-Algérie avec le ministre algérien des Affaires étrangères.

> [Sanctions contre l’Iran] Nous avons établi des conditions claires. Différentes sanctions sont imposées à l'Iran. Celles liées au nucléaire seront examinées par les États membres si les conditions le permettent, notamment en cas d'accord nucléaire. Il existe également des sanctions pour violations des droits de l'homme, et nous constatons que la situation en la matière est plus grave que jamais. Enfin, des sanctions sont prévues pour toute atteinte à la liberté de navigation. Dès que les conditions seront réunies, les États membres discuteront de la levée des sanctions, mais nous n'en sommes pas encore là.
> (Désaccord avec Israël] Tout d'abord, vous avez des dizaines, voire des centaines de déclarations officielles de ma part concernant Israël et Gaza, et vous pouvez constater mes propos. Je représentais l'Union européenne, et il est vrai que nous ne partageons pas toujours le même point de vue que les Israéliens, par exemple au sujet des colons violents et de l'expansion des colonies en Cisjordanie. Nous avons été très critiques. J'ai eu des discussions très constructives, ouvertes et franches, parfois difficiles, avec le ministre Sa'ar. Nous souhaitons poursuivre ce dialogue, mais nous ne pouvons nier les critiques, et ces échanges doivent rester transparents. (…)
Nous soutenons la solution à deux États. Nous demandons instamment que l'aide humanitaire parvienne à Gaza pour aider la population, et nous condamnons les colons violents en Cisjordanie, car leur présence rend cette solution à deux États impossible.

> L'opération ASPIDES, actuellement déployée en mer Rouge, compte désormais un nombre record de navires. La Coalition des volontaires franco-britannique est également disposée à intervenir dans le détroit d'Ormuz. Je pense que ces deux coalitions peuvent collaborer étroitement. L'opération ASPIDES est prête à travailler de concert, et je crois que la Coalition des volontaires est également en bonne voie de finaliser son déploiement.

> [Syrie] Nous sommes en contact permanent avec les autorités syriennes afin de souligner que les droits de tous les groupes représentés en Syrie doivent être pris en compte. Nous savons que la Syrie est une société très diverse. Lors du Dialogue politique de haut niveau, nous avons soulevé la question de savoir comment nous pouvons contribuer à ce que la Constitution reflète le traitement réservé aux minorités et aux groupes en Syrie, et comment ils peuvent réellement participer au renforcement des institutions. En effet, la protection passe aussi par un système judiciaire et une police efficaces, ainsi que par une obligation de rendre des comptes. Nous collaborons également avec les acteurs régionaux qui peuvent contribuer à la stabilisation de la Syrie. 

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Quelles sont les principales demandes de l'Union européenne à la Russie dans ces pourparlers ? Il est clair que l'UE ne peut pas jouer le rôle de médiateur, car nous avons clairement pris parti pour l'Ukraine et nous avons également nos propres intérêts de sécurité, que nous avons évoqués avec les ministres des Affaires étrangères. Par conséquent, après la dernière réunion, j'ai mis à jour le document où nous avons recensé différents intérêts fondamentaux, et je pense qu'il est important que ces demandes soient également formulées à l'égard de la Russie.  

 

Michael McGrath (commissaire à la démocratie, à la justice et à l’état de droit)
> En 2024, le rapport Letta recommandait la création d'un Code européen du droit des affaires, incluant une structure d'entreprise européenne simplifiée fondée sur un droit des sociétés harmonisé. En 2026, nous avons concrétisé cette recommandation avec notre proposition EU Inc.

J'ai eu le plaisir de rencontrer aujourd'hui Enrico Letta, ancien Premier ministre italien et président de l'Institut Jacques Delors, pour discuter de notre proposition EU Inc., récemment adoptée, et de l'avenir de la compétitivité européenne.
M. Letta défend depuis longtemps une Europe plus forte et plus compétitive. Nous sommes convaincus qu'EU Inc. peut contribuer significativement à cette ambition en participant à la création d'une économie européenne plus compétitive, plus sûre et plus innovante.
Grâce à un cadre juridique unique et harmonisé pour les sociétés, des processus numériques par défaut et une mise en place rapide et accessible, EU Inc. a le potentiel de libérer tout le potentiel du marché unique pour les entrepreneurs et les entreprises de toute l'Union.
Ce fut un plaisir de faire le point avec M. Letta sur l'avancement de cette initiative et d'entendre ses précieux commentaires et idées.

> J'étais à Ljubljana cette semaine et, dès mon arrivée, les montagnes, les champs verdoyants et les paysages bordés d'arbres m'ont rappelé l'Irlande.
Mais la Slovénie possède un caractère bien à elle : un pays riche en culture et en histoire. Ma première visite en Slovénie en tant que commissaire européen m'a permis d'échanger avec des représentants du gouvernement, des responsables judiciaires et des instances anticorruption sur l'une des valeurs fondamentales de l'Union européenne : l'État de droit.
J'ai eu le plaisir de rencontrer le ministre des Affaires étrangères et européennes, Tone Kajzer, le ministre de la Justice, Mihael Zupancic, et des membres de l'Assemblée nationale. Nos discussions m'ont permis de féliciter les ministres nouvellement nommés, de passer en revue les recommandations du rapport sur l'État de droit de l'année dernière et d'évoquer l'édition 2026, que je présenterai en juillet. Ces échanges se sont poursuivis avec le président de la Cour suprême, Damjan Orož, des membres du Conseil judiciaire et des représentants de la Commission slovène pour la prévention de la corruption. Le dialogue demeure notre principal outil de collaboration avec les États membres de l'UE pour renforcer l'État de droit, améliorer les systèmes judiciaires, lutter contre la corruption et préserver la liberté des médias. Les discussions de cette semaine ont marqué le début de ce dialogue avec le nouveau gouvernement slovène, et je me réjouis de poursuivre notre coopération dans les mois à venir.

> 28 jeunes. 22 pays. Un dialogue jeunesse passionnant sur les politiques publiques à Ljubljana.
Les dialogues jeunesse sur les politiques publiques mettent directement en relation les jeunes Européens et les décideurs de l'UE, transformant ainsi la parole des jeunes en un dialogue constructif qui contribue à façonner les politiques européennes. La discussion a porté sur la future loi sur l'équité numérique, que je présenterai plus tard cette année.
Les jeunes sont souvent parmi les premiers à adopter les nouvelles technologies, ce qui rend leurs points de vue précieux pour l'élaboration de cette législation.
La loi sur l'équité numérique vise à mieux protéger les consommateurs dans le monde numérique et à lutter contre de nombreuses pratiques auxquelles nous sommes confrontés quotidiennement :

- Les pièges des abonnements – cela vous dit quelque chose ?
- Les comptes à rebours et les fausses allégations de rareté
- La tarification dynamique trompeuse
Deux mots pour décrire ce dialogue jeunesse sur les politiques publiques : passionnant et instructif.

 

Hadja Lahbib (commissaire à l’égalité et à la gestion des crises)
> Pour la première fois en dix ans, le nombre de personnes déplacées dans le monde a diminué en 2025. Preuve que la protection, l'aide humanitaire et les solutions durables fonctionnent. À l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, l'UE est solidaire des 117 millions de personnes contraintes de quitter leur foyer, ainsi que de celles et ceux qui les accueillent.

> Infrastructures de santé détruites. Des familles contraintes de tout abandonner. Malgré le cessez-le-feu, la situation humanitaire demeure catastrophique. Plus de 32 tonnes de matériel médical ont été acheminées par pont aérien humanitaire grâce à l’OMS, MSF et l’UNFPA.

 

Marta Kos (commissaire à l'élargissement)
> Un premier lot symbolique d'abricots arméniens est arrivé dans l'Union européenne. Nous remercions Davit Khudatyan, ministre arménien de l'Administration territoriale et des Infrastructures, pour ce don et pour notre entretien très fructueux. Notre rencontre a eu lieu en amont du lancement, demain, de la Plateforme de l'Agenda de la connectivité, où nous poursuivrons nos efforts pour renforcer les liens entre l'Arménie, ses voisins et l'Europe. Ce projet permettra aux producteurs arméniens de diversifier leurs exportations et d'accéder à de nouveaux marchés pour leurs produits de haute qualité.

 

♦ Renew Europe (groupe centriste et libéral au Parlement européen) 
[Nota: les propos tenus par les députés européens français sont à lire dans Propos centristes France]  

Dan Barna (vice-président)
> Après quatre ans, l’USR [Parti roumain] retourne en Ukraine, à Tchernivtsi, avec quasiment la même équipe. Il y a plus de quatre ans, le 28 février 2022, quatre jours seulement après le début de l'agression russe contre l'Ukraine, j'étais là, aux côtés de ma collègue Corina Atanasiu, devenant ainsi le premier parlementaire roumain à franchir la frontière pour Tchernivtsi avec un camion chargé d'aide humanitaire (médicaments, nourriture, deux générateurs, vêtements d'hiver, etc.) pour le peuple ukrainien. À cette époque, Vasile Cărare, le maire de Milișăuți, qui est également parmi nous aujourd'hui, posait les fondations d'un centre d'accueil et de soutien aux réfugiés, devenu depuis une institution emblématique, ayant fait l'objet de reportages dans les médias internationaux, de la BBC à Al Jazeera. Ces jours, les 19 et 20 juin 2026, je suis retourné à Tchernivtsi pour participer au Forum sur la résilience économique. Nous nous trouvons dans un contexte différent, mais tout aussi crucial pour l'avenir de notre continent.

> Notre présence ici, aux côtés de nos collègues de l'USR, de l’ALDE et de Renew Europe , témoigne de l'unité des libéraux européens quant à l'avenir de l'Ukraine. Lors de l'inauguration officielle, j'ai remercié le gouverneur Ruslan Osypenko et l'ensemble de la communauté pour leur accueil chaleureux, car la région de Tchernivtsi est aujourd'hui un carrefour logistique et économique essentiel pour l'Ukraine et l'Europe. Outre le volet militaire, la stabilité économique de l'Ukraine est la pierre angulaire de l'architecture de sécurité européenne. Investir dans la coopération transfrontalière (comme le programme Interreg NEXT Roumanie-Ukraine) et dans le renforcement des capacités administratives locales, c'est investir directement dans la sécurité et la stabilité de tout le continent.

> Plus de fonds pour l'élargissement de l'UE ! Nous avons adressé un message clair aux dirigeants des États membres : les promesses ne suffisent plus ! Il nous faut des mesures concrètes, des ressources réelles et une vision audacieuse. On ne peut bâtir une Europe plus grande et plus unie avec des budgets réduits. L'élargissement de l'UE est crucial pour notre sécurité !

 

Gerben-Jan Gerbrandy (vice-président)
> À la veille du dixième anniversaire du référendum sur le Brexit, Starmer annonce sa démission. Nous avons donc le septième Premier ministre en dix ans. L'instabilité est la conséquence du Brexit.

 

Petras Austrevicius (député)
> Nous poursuivrons les négociations afin de faire des investissements dans les infrastructures à double usage — nos routes, ponts, ports et réseaux ferroviaires — un véritable outil de dissuasion. Les infrastructures constituent le système cardiovasculaire de l'Europe et, aujourd'hui, elles entravent encore notre capacité de préparation opérationnelle. Dans un contexte d'incertitude géopolitique croissante, supprimer les obstacles à la circulation rapide et fluide des équipements militaires et du personnel n'est plus une option. C'est une nécessité. 

 

Engin Eroglu (député)
> Assez de naïveté : l’Europe doit enfin réagir au choc chinois pour pouvoir se maintenir dans ce nouvel ordre mondial. Le récent sommet européen à Bruxelles a mis en lumière un point essentiel : le soi-disant « choc chinois 2.0 » n’est plus une vision abstraite de l’avenir, mais une dure réalité sur notre marché intérieur européen.
Au lieu d’une thérapie de choc audacieuse, on plonge l’Europe dans un état végétatif persistant, avec la certitude d’une mort économique à terme. Au lieu de nommer clairement les problèmes, on se réfugie derrière des euphémismes bureaucratiques tels que « déséquilibres macroéconomiques mondiaux ». Il est temps d’arrêter de nous voiler la face. Une concurrence loyale avec la Chine ne peut exister que si des conditions structurelles comparables sont mises en place de part et d’autre.
Tant que Pékin subventionnera massivement ses entreprises d’État et refusera aux entreprises européennes un accès égal à son marché, nous devons créer nous-mêmes les conditions nécessaires pour protéger le nôtre.
Exiger la réciprocité et l’égalité de traitement pour les entreprises européennes en Chine doit être un pilier central de toutes les négociations avec Pékin. Bien entendu, nous soutenons l’approche de la Commission qui privilégie le dialogue.
La visite prochaine du ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, à Bruxelles est importante. Mais une chose est claire : ce dialogue doit enfin aboutir à des résultats concrets. Il ne doit pas devenir une fin diplomatique en soi, servant à reporter les décisions nécessaires.
Tout en dialoguant, nous devons rester capables d’agir et perfectionner nos instruments. Pour être compétitifs dans ce nouvel ordre mondial, nous devons également mener à bien deux tâches au niveau national.
Premièrement : nous devons faire un examen de conscience et corriger les erreurs du précédent mandat de la Commission. La surréglementation et la bureaucratie entravent nos entreprises. Nous devons nous libérer de ces entraves pour que l’Europe puisse à nouveau innover, être résiliente et compétitive par ses propres forces.
Deuxièmement : nous devons renforcer notre collaboration avec nos partenaires fiables dans le monde entier, avec les pays qui partagent nos valeurs et les principes du commerce équitable.
Parallèlement, nous ne devons pas perdre de vue la réalité. Lorsque le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, parle de la Chine comme d’un « allié potentiel » à Bruxelles, il se méprend sur la situation stratégique. Nous devons aborder la Chine avec pragmatisme. Or, la Chine décide par ses propres actions si elle souhaite être un partenaire, un concurrent ou un rival systémique.
Nos alliés soutiennent activement la défense de l'Ukraine et ne restent pas neutres face à la guerre d'agression menée par la Russie. La Chine, en revanche, n'a même pas soutenu les sanctions les plus élémentaires. Au contraire : il est clairement établi que les biens à double usage dont la Russie a besoin pour sa guerre proviennent de Chine.
Heureusement, la plupart des chefs d'État et de gouvernement européens ont désormais pris conscience de la gravité de la situation. Un consensus se dessine quant à la nécessité d'instruments de défense commerciale plus précis et plus efficaces. La réponse européenne à cette concurrence déloyale doit être unie, déterminée et cohérente.
La Commission européenne a désormais le devoir non seulement d'utiliser plus efficacement les outils existants, mais aussi de proposer de nouveaux instruments commerciaux puissants pour lutter contre les pratiques de subventions déloyales de la Chine.

 

Michal Kobosko (député)
> Nous, en tant qu'Union européenne, ne pouvons pas nous fier aux gestes vides de Loukachenko !

> C'est fait ! Ma résolution sur le régime biélorusse et Loukachenko vient d'être adoptée à une large majorité. L'UE doit adopter une vision mesurée de la situation réelle au Bélarus, plutôt que de se contenter de quelques gestes symboliques. C'est d'autant plus important pour toutes les personnes emprisonnées à tort et leurs familles.

 

Hilde Vautmans (députée)
> [Lutte contre les abus sexuels sur enfants] Il s’agissait d’une demande ferme du Parlement, et nous avons obtenu gain de cause. Des milliers de pages contenant des «instructions» sur la manière et le moment de commettre des abus sur un enfant: aujourd’hui, nous mettons un terme à cette pratique. (…)
Cet accord va au-delà de la répression : nous exigeons désormais des États membres qu’ils investissent dans la prévention, tant pour protéger les enfants que pour accompagner les personnes risquant de passer à l’acte. Des lignes d’assistance comme Stop It Now, des programmes d’intervention anonymes, des lignes directrices obligatoires pour les enseignants et les professionnels de la protection de l’enfance. Car la lutte contre les abus sexuels sur les enfants commence bien avant le tribunal. (…)
Les victimes ont attendu bien trop longtemps avant d’être reconnues : la loi en tient désormais compte. En moyenne, une victime n’ose parler des faits qu’une fois plus âgée, arrivée dans la cinquantaine. Il était inacceptable que les auteurs puissent tirer profit de cette réalité. Cet accord garantit que la justice pourra encore être rendue, même de nombreuses années plus tard. »

> Le crime organisé a déclaré la guerre à nos enfants. Pendant que les chefs de gangs se cachent dans l’ombre, ils recrutent des enfants âgés d’à peine 12 ans pour faire leur sale boulot. Les mineurs sont désormais impliqués dans plus de 70 % des activités commerciales illégales, alimentées par 821 réseaux criminels à haut risque opérant dans toute l’Europe. Chaque fois qu’un enfant exploité se retrouve devant un tribunal alors que le chef du gang est en liberté, le crime organisé gagne.

 

Barry Andrews (député)
> Pour celles et ceux d'entre nous qui vivent sur l'île d'Irlande, le Brexit n'a jamais été un débat politique abstrait. Il a eu des conséquences bien réelles pour les citoyens, les entreprises et la coopération transfrontalière. Dix ans après le vote sur le Brexit, nous avons besoin de beaucoup plus d'ambition. Alors que le Royaume-Uni entame un nouveau chapitre politique, il est temps de regarder vers l'avenir plutôt que vers le passé. J'espère que le prochain gouvernement fera le choix d'une relation plus ambitieuse avec l'Union européenne, en s'appuyant sur les progrès déjà accomplis et en reconnaissant que notre sécurité et notre prospérité communes dépendent d'une coopération plus étroite. Le Sommet de juillet doit marquer le début d'un partenariat à long terme plus ambitieux.

 

Marjan Šarec (député)
> Les progrès du Monténégro démontrent que l'élargissement est un investissement stratégique dans la sécurité, la stabilité et la résilience européennes, non seulement pour ce pays, mais pour l'Europe dans son ensemble. Le pays demeure le premier de la classe dans le processus d'élargissement et a accompli des progrès substantiels au cours de l'année écoulée, sans qu'aucun autre pays soit aussi avancé dans ce processus. Avec 16 chapitres clôturés, l'adhésion du Monténégro à l'UE n'est plus une aspiration lointaine, mais un objectif réaliste et atteignable. (…)
L'Union européenne doit également assumer sa part de responsabilité. Elle doit rester crédible, cohérente et prête à reconnaître les véritables progrès lorsqu'ils sont accomplis. Si le Monténégro tient ses engagements, l'Union européenne doit être prête à tenir les siens également.

 

Abir Al-Sahlani (députée)
> Partout dans le monde, nous voyons des acteurs autoritaires remettre en cause les institutions démocratiques, saper le droit international et alimenter les divisions au sein de nos sociétés. La défense des droits des femmes, des droits des personnes LGBTQI+ et des libertés fondamentales fait partie de la réponse de l’Europe à ce défi. Il n’y a pas de démocratie sans égalité pour toutes et tous, maintenant et tout de suite. En fin de compte, la force de nos démocraties ne se mesurera pas à ce que nous affirmons défendre, mais aux droits que nous choisissons de protéger lorsqu’ils sont mis sous pression.

 

Valérie Devaux (députée)
> Par cet accord, le Parlement européen démontre qu'il a pleinement pris la mesure des défis géopolitiques auxquels nous sommes confrontés, en permettant aux troupes et aux équipements militaires de circuler beaucoup plus facilement à travers l'Europe. Il marque également la fin d'une certaine forme de naïveté en excluant les fournisseurs issus de pays tiers à haut risque des infrastructures stratégiques.

 

► Pays membres de l’Union européenne
● Allemagne 
♦ FDP 
> Supprimer les mini-emplois, pourtant essentiels à la flexibilité du marché du travail, serait une mesure désastreuse qui nuirait durablement à de nombreuses personnes et à l'ensemble de notre économie. Il faut absolument l'empêcher !

> L'assurance retraite obligatoire pour les travailleurs indépendants rendrait la création d'entreprise en Allemagne encore moins attractive. Un refus catégorique de cette proposition !

> Les recommandations de la commission des retraites présentent des aspects positifs et négatifs. La mise en place ambitieuse de retraites entièrement par capitalisation doit être au cœur de la réforme. La CDU/CSU doit l'emporter face à ceux du SPD qui, jusqu'à présent, ont dénigré les retraites par actions, les qualifiant de « pari risqué sur les retraites ».

 

Wolfgang Kubicki (président)
> [Opinion : La démocratie a besoin de défis] La liberté d'expression est le fondement de la démocratie, et non un « discours d'extrême droite ». La tolérance, même à l'égard des opinions dérangeantes, est la base d'une société libre. Toute tentative de museler les opposants politiques ou les médias met en péril la démocratie elle-même.
Il y a quelques semaines, on m'a accusé de céder aux « discours de droite » en défendant la liberté d'expression. J'ai fermement réfuté cette accusation à plusieurs reprises et j'ai reçu un soutien considérable de l'ensemble du spectre politique et médiatique. Cela m'a rassuré. Ce qui m'a troublé, en revanche, c'est l'absence de réaction générale malgré ce soutien personnel. Non pas contre moi personnellement, mais contre l'affirmation scandaleuse selon laquelle défendre les droits fondamentaux serait répréhensible.
Je ne saurais trop insister sur la sagesse des propos de la Cour constitutionnelle fédérale concernant la liberté d'expression. Ce passage étant l'un des plus importants de la jurisprudence allemande, je me permets de citer à nouveau les termes de la Cour qui, non sans raison, renvoient aux valeurs de la Révolution française et à la tradition juridique anglo-américaine :
« Le droit fondamental à la liberté d’expression, en tant qu’expression la plus directe de la personnalité humaine dans la société, est l’un des droits humains les plus précieux (l’un des droits les plus précieux de l’homme selon l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789). Pour un ordre constitutionnel libre et démocratique, il est absolument constitutif, car il rend possible le débat intellectuel constant, la confrontation des opinions, qui en est l’essence même. Il est, en un certain sens, le fondement de toute liberté, « la matrice, la condition indispensable de presque toutes les autres formes de liberté » (Cardozo).
Le débat constant, la confrontation des opinions, est un élément essentiel de la démocratie ! Je n'ai guère besoin de préciser aux lecteurs de cette chronique que cet « élément essentiel » résonne profondément avec mes convictions politiques et personnelles. Bien sûr, il est tout à fait normal que chacun n'aborde pas la vie avec le même enthousiasme pour le débat. Les hommes politiques et les avocats de la défense, comme moi, devraient toutefois en être dotés. Ces derniers ont pour profession l'État de droit, les premiers la démocratie.
Défendre la liberté d'expression ne signifie pas défendre des opinions spécifiques.
Malheureusement, dans le contexte de la compétition politique, l'élément essentiel de la démocratie perd progressivement de sa valeur. L'un des problèmes récurrents est celui des insultes proférées à l'encontre des hommes et femmes politiques, un problème que je ne peux ignorer. L'hypersensibilité de toute une génération de politiciens, conjuguée à un carriérisme malavisé au sein des parquets, érode le climat de liberté d'expression en Allemagne. Le fait que la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la liberté d'expression ait une fois de plus employé des termes très forts cette semaine pour décrire l'état de la liberté d'expression en Allemagne a suscité étonnamment peu de réactions. Il en va de même pour son appel à l'abrogation de l'article 188 du Code pénal.
Certains peuvent se satisfaire intérieurement, voire même se réjouir, du fait que certaines opinions soient trop facilement prises pour cible par les forces de l'ordre. Cependant, la situation devient préoccupante lorsque cette attitude se répand. Car qui, dans une république, peut assurer la vitalité de la démocratie sinon ses citoyens – c'est-à-dire nous tous ?
Une idée fausse très répandue est de croire que défendre la liberté d'expression revient à défendre des opinions spécifiques. C'est évidemment absurde. On peut – et même on doit – défendre la liberté d'expression, même lorsque cela implique d'exprimer des opinions que l'on rejette, condamne ou auxquelles on s'oppose dans le débat démocratique.
Ceux qui menacent les médias œuvrent contre la démocratie.
C’est pourquoi il est si déconcertant que ceux qui veulent empêcher le congrès de l’AfD soient précisément ceux qui se considèrent comme de fervents défenseurs de la démocratie. Chacun peut, devrait et peut manifester contre l’AfD comme bon lui semble. Les manifestations sont, après tout, un élément essentiel de la démocratie. Que les protestations soient bruyantes et désagréables pour tous les participants est tout à fait normal. Cependant, ceux qui ne s’appuient pas sur la protestation mais sur l’empêchement actif du congrès du parti, entravant ainsi délibérément le processus décisionnel interne du parti garanti par la Constitution, ne veulent pas de débat, mais le silence – et ne sont donc pas du côté de la démocratie.
Quiconque croit que participer à des menaces ou à des perturbations autour des nouveaux bureaux d'Apollo News a une quelconque valeur démocratique se trompe tout autant. Ceux qui menacent les médias, qui veulent les évincer, qui, au nom d'une justification constitutionnelle, s'érigent en juges du contenu admissible et inadmissible, ne travaillent pas pour la démocratie, mais bien contre elle.
Tolérer les opinions divergentes peut parfois s'avérer difficile. Et c'est précisément là l'essentiel. Car sans confrontation, il n'y a ni contradiction, ni débat, ni démocratie.  
Dans cet esprit, j'espère que certains d'entre vous trouveront ces lignes insupportables. À vous d'en tirer quelque chose ! 

> Après un week-end marqué par une rhétorique anti-israélienne, anti-occidentale et anti-marché, Daniel Günther semble considérer cette sortie comme un incident isolé. Même la démission de Pantisano ne rendrait pas le parti de gauche plus respectable. Il est consternant que le ministre-président du Schleswig-Holstein ne semble toujours pas l'avoir compris.

> Die Linke (Parti d’extrême-gauche] est gouvernée par la haine. Une CDU qui flirte ouvertement avec elle en tant que partenaire politique manque non seulement de respect pour elle-même, mais abandonne également le centre politique.

 

Martin Hagen (secrétaire général)
> Il est important que nous nous concentrions désormais sur un régime de retraite ambitieux fondé sur l'actionnariat. Or, la vérité est la suivante : avec la proposition actuelle, les cotisations n'augmenteront pas (+2 %). Les sceptiques pourraient accuser le Chancelier de mentir.

> Les recommandations de la commission des pensions présentent des aspects positifs et négatifs. Il est essentiel, notamment, de mettre en place une politique ambitieuse de régimes de retraite par capitalisation. La commission a adopté l'idée du FDP d'une pension légale basée sur l'équité ; il ne faut en aucun cas la dénaturer !

> On part avec l'objectif d'« une plus grande flexibilité » et on se retrouve avec plus de bureaucratie, de nouvelles conventions collectives et un suivi du temps de travail obligatoire. Si la ministre du Travail considère que son rôle est de rendre le travail plus difficile plutôt que plus facile, alors la stagnation de la croissance est une erreur stratégique.

 

● Belgique 
♦ Gouvernement
Maxime Prévot (vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement de la Belgique) 

> Ce fut un réel plaisir d’accueillir ce matin Yermek Kosherbayev, ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan et sa délégation au Palais d’Egmont. Cette année marque un anniversaire important. Il y a vingt ans, la Belgique ouvrait son ambassade à Astana. Depuis lors, le Kazakhstan s’est imposé comme un partenaire vital pour l’Europe en Asie centrale : un pays de vingt millions d’habitants, reliant l’Europe et l’Asie, et une force stable dans une région d’une importance stratégique croissante. L’an dernier, le commerce entre la Belgique et le Kazakhstan a dépassé 750 millions d’euros. Des entreprises belges sont déjà actives à travers le pays. Mais il y a bien plus que nous pouvons faire. De nouvelles routes de transport et d’énergie rapprochent l’Asie centrale et l’Europe. Elles offrent des opportunités concrètes en logistique, biopharma, agriculture et recherche. La Belgique possède l’expertise. Le Kazakhstan a l’ambition et la position stratégique. Mettre ces atouts en commun a du sens. Nos liens sont également visibles bien au-delà des chiffres commerciaux. Chaque printemps, l’équipe cycliste d’Astana fait partie du paysage cycliste belge. Peu de choses relient nos pays aussi naturellement, ou aussi visiblement, qu’une course cycliste sur les routes belges. Notre conversation de ce matin s’est tournée résolument vers l’avenir : sur les projets que nous pouvons développer ensemble, mais aussi sur les crises qui façonnent notre monde, de la guerre de la Russie contre l’Ukraine à la recherche urgente de la paix au Moyen-Orient.

> Un déjeuner aujourd'hui avec les ambassadeurs des États membres de l'ASEAN, organisé par l'ambassade de Thaïlande ici à Bruxelles. C'était une conversation ouverte sur la manière dont la Belgique et l'Asie du Sud-Est peuvent travailler plus étroitement ensemble. L'ASEAN est la cinquième plus grande économie mondiale, abritant 700 millions de personnes, et une région qui croît à près de 5 % par an. Pour la Belgique, cela compte à la fois comme partenaire pour diversifier notre commerce et comme partenaire pour défendre un ordre international fondé sur des règles. Nous avons discuté des étapes concrètes qui nous rapprochent. La Belgique est en train d'adhérer au Traité d'amitié et de coopération de l'ASEAN. Le projet de loi est actuellement devant notre Parlement. L'Union européenne approfondit ses liens commerciaux dans toute la région, avec des accords conclus ou en négociation avec plusieurs pays de l'ASEAN. Et en 2027, l'UE et l'ASEAN célébreront cinquante ans de partenariat, un anniversaire auquel nous voulons donner un sens réel. Ces liens nécessitent aussi des contacts personnels. Je me rendrai à Manille et à Kuala Lumpur dans les prochains jours, et en Thaïlande et au Cambodge plus tard cette année, pour approfondir cette coopération

> Ravi d'être avec mes collègues de Renew Europe avant le Conseil européen. Nous avons échangé nos points de vue à un moment où les décisions relatives au budget de l'UE et aux grands défis (élargissement, compétitivité…) détermineront notre capacité d'action pour les années à venir. Dans un monde marqué par de profondes turbulences géopolitiques, l'Europe doit investir dans son autonomie stratégique.

 

♦ Les Engagés 
Yvan Verougstraete (président, député européen)

> Eaux usées : faire payer uniquement les producteurs européens est une impasse Le principe du pollueur-payeur est un principe juste. Une entreprise qui pollue doit assumer les coûts liés à cette pollution. Mais ce principe doit s'appliquer à tous les producteurs qui souhaitent vendre sur le marché européen, pas uniquement à ceux qui produisent en Europe.

 

♦ DéFI 
Sophie Rohonyi (présidente)

> Depuis octobre 2025, le gouvernement pousse l’UE à négocier avec les talibans. Et aujourd’hui, Maxime Prévot pleure ses larmes de crocodile en prétendant être contraint de leur délivrer des visas. Cette normalisation des talibans est une grave faute politique et morale!

 

François de Smet (député)
> [Blocage de la réforme de l'IVG par l'Arizona]
Madame la Ministre,
Nous connaissons tous par cœur la formule de l'accord de gouvernement Arizona: «Nous modifions la législation actuelle sur l'avortement après consensus au sein des partis de la majorité. » Deux lignes pour un droit fondamental, deux lignes pour ce que des centaines de femmes vivent chaque année comme un parcours du combattant, deux lignes qui sont, comme nous l’avions prévu, non pas une ouverture mais un cadenas. Au début du mois de juin, vous avez annoncé à plusieurs médias et sans aucune concertation avec vos partenaires de majorité votre intention de porter le délai légal d'IVG de 12 à 14 semaines, avec une exception portant le délai à 18 semaines pour les seules femmes victimes de viol ; une réduction, de six à deux jours, du délai de réflexion obligatoire. Réduire le délai de réflexion, renforcer l'anonymat, sécuriser l'accès des femmes vulnérables : ce sont des avancées. Mais elles restent des demi-mesures, et la principale d'entre elles — le délai de 14 semaines — consacre un recul par rapport à ce que la science, les instances d'évaluation et désormais la recherche de terrain établissent comme nécessaire. D'une part, un groupe d'experts indépendants a conclu, en 2023, que l'avortement devait être autorisé jusqu'à 18 semaines. Ce seuil n'est pas une revendication militante : c'est la traduction d'un consensus scientifique et médical. Vous proposez 14 semaines — non pas parce que la science l'indique, mais parce que ce chiffre correspond au programme électoral de votre formation politique. Autrement dit, vous substituez une limite partisane à une recommandation scientifique. D'autre part, la Commission nationale d'évaluation de la loi relative à l'interruption de grossesse a recommandé, en 2025, d'allonger le délai légal, aujourd'hui fixé à 12 semaines, et de supprimer le délai d'attente de six jours entre la première consultation et l'intervention. Vous ne supprimez pas ce délai : vous le ramenez à deux jours. Vous reconnaissez donc qu'il pose problème — sinon pourquoi le réduire ? — mais vous refusez d'en tirer la conséquence logique, qui est son abolition. Madame la Ministre, le débat ne peut plus se mener à l'aveugle. Une recherche doctorale de l'Université d'Anvers, menée par Anna Wallays et publiée cette semaine, constitue la première enquête de cette nature en Belgique sur les trajectoires de soins en matière d'avortement. Près de 500 femmes ayant traversé un parcours d'IVG y ont répondu. Ses résultats devraient, à eux seuls, recentrer entièrement le débat. Le premier enseignement est accablant pour la logique du délai de réflexion : 93,3 % des femmes interrogées étaient déjà certaines de leur décision au moment où elles se sont présentées au centre d'avortement. Plus de neuf femmes sur dix. La décision n'est pas prise dans le bureau d'un soignant ; elle est mûrie bien avant, au terme d'un cheminement personnel que l'étude documente précisément. Dès lors, à quoi sert un délai d'attente imposé par la loi ? À rien, sinon à prolonger l'inconfort et à envoyer un message : que cette décision exigerait, par nature, qu'on la « pèse » davantage. La chercheuse le formule clairement : le délai obligatoire, aussi court soit-il, demeure une expression sociale du stigmate qui entoure l'avortement, le signal qu'il faudrait y réfléchir longuement et profondément. Or ce stigmate n'est pas une abstraction. L'étude en mesure les effets concrets : quatre femmes sur dix se disent déçues d'elles-mêmes d'envisager l'intervention ; autant éprouvent de la honte et doivent d'abord la surmonter ; un quart hésitent plus longtemps précisément à cause de ce poids social. Le délai de réflexion ne « protège » donc pas les femmes : il aggrave une charge émotionnelle qui pousse certaines à retarder, et donc à se présenter plus tard. L'enquête détaille un parcours bien plus semé d'obstacles qu'on ne l'imagine, et ce avant même la première consultation : Un quart des femmes peinent à trouver le bon moment pour faire un test de grossesse ; certaines le commandent en ligne faute de pouvoir l'acheter en pharmacie. Près d'une femme sur cinq traverse une phase de déni, et 13 % repoussent le test par crainte de la réaction de leur partenaire. Un quart des femmes ne savent pas immédiatement où s'adresser pour obtenir des soins d'avortement ; une sur trois consulte d'abord son médecin généraliste. À ces obstacles personnels s'ajoutent des obstacles administratifs que la loi elle-même engendre. Certaines femmes subissent le délai de réflexion deux fois, parce que leur généraliste ou leur gynécologue croit, à tort, que ce délai court à partir de leur consultation — alors qu'il ne débute qu'à l'entretien d'accueil au centre d'avortement. De même, l'exigence selon laquelle la première consultation et l'intervention doivent avoir lieu dans le même centre pour ouvrir droit au remboursement décourage et retarde. Le résultat est implacable, et il vise directement le cœur de votre proposition : tous ces obstacles cumulés retardent l'intervention de plusieurs jours. Pour certaines femmes, ce retard signifie qu'elles ne sont plus à temps pour un avortement médicamenteux, plus doux. Pour d'autres, cela signifie franchir la frontière. Dans tous les cas, comme le souligne la chercheuse, c'est une restriction de leur liberté de choix. Madame la Ministre, voilà l'argument décisif : un délai de 14 semaines, assorti d'un délai de réflexion résiduel de deux jours, ne tient aucun compte du fait que les femmes arrivent déjà tard, non par indécision, mais parce que le système accumule les freins. Repousser le seuil à 18 semaines et abolir le délai de réflexion, ce n'est pas « banaliser » l'avortement : c'est tenir compte de la réalité documentée de ces trajectoires, et cesser de pénaliser les femmes pour des retards que la loi organise elle-même. Je ne peux clore cet exposé sans rappeler deux réalités que votre proposition n'aborde pas suffisamment. Premièrement, l'IVG n'est toujours pas sortie du code pénal, ni pour les femmes ni pour les professionnels de santé. La Belgique conserve un régime de dépénalisation conditionnelle, là où le consensus scientifique et sociétal plaide depuis des années pour achever ce travail. Deuxièmement, l'accès demeure profondément inégal sur le territoire. Un sondage d'Amnesty International révèle que près de 30 % des femmes ayant déjà avorté disent ne pas avoir pu le faire légalement en Belgique. Chaque année, des centaines de femmes franchissent la frontière vers les Pays-Bas pour y subir un avortement plus tardif et plus coûteux — exactement le type d'intervention que, paradoxalement, certains opposants à l'allongement disent vouloir éviter. La carte européenne établie par le Centre d'action laïque situe la Belgique en retard, qu'il s'agisse de la durée légale, de la pénalisation ou du délai de réflexion, le deuxième plus long d'Europe. En conséquence, Madame la Ministre, je vous remercie de bien vouloir répondre aux questions suivantes : Cet allongement du délai à 14 semaines constitue-t-il une initiative qui fait réellement consensus au sein de la majorité Arizona, comme l'exige l'accord de gouvernement, ou s'agit-il d'une démarche exploratoire encore soumise à des arbitrages internes ? Confirmez-vous qu'aucune concertation gouvernementale formelle n'avait eu lieu au 11 juin ? Pour quelles raisons votre proposition ne rejoint-elle pas le délai de 18 semaines recommandé par le groupe d'experts indépendants de 2023 et largement partagé au sein de la communauté scientifique ? Reconnaissez-vous que le seuil de 14 semaines procède d'un choix politique et non d'une évaluation scientifique ? La Commission nationale d'évaluation a recommandé, en 2025, la suppression du délai de réflexion de six jours. À la lumière de l'étude de l'Université d'Anvers, qui établit que 93,3 % des femmes sont déjà certaines de leur décision lors de leur premier contact, comment justifiez-vous le maintien d'un délai de réflexion, fût-il ramené à deux jours, plutôt que sa suppression pure et simple ? Pouvez-vous démentir formellement que l'aboutissement de cette réforme soit conditionné à l'adoption d'autres textes — qu'il s'agisse de la proposition relative au remboursement de la contraception ou des autres dossiers éthiques en discussion ? Acceptez-vous le principe selon lequel le droit des femmes ne saurait constituer une variable d'ajustement dans un marchandage de coalition ?

 

● Danemark
♦ Moderaterne
> Et quand le Dansk folkeparti [extrême-droite nationaliste] promet des prix dérisoires à la pompe, il oublie de vous parler de la facture ! Car on ne peut pas se contenter de baisser la TVA sur l'essence et le diesel ; il faut aussi la baisser globalement. Ce qui crée un déficit de plus de 80 milliards de couronnes danoises. Nous ne ferons pas payer cette facture aux Danois.

 

♦ Venstre liberale parti
> Les agressions à motivation politique ne sont pas une zone grise ! Voici Anna Bjerre. Nouvelle députée du parti Alternative, elle estime que l'agression d'Anders Fogh Rasmussen à la peinture rouge par des militants de gauche, en désaccord avec sa politique, relevait d'une « zone grise ». Mais il n'en est rien. La violence contre les opposants politiques est inacceptable ! 

 

● Espagne 
♦ Ciudadanos 
> Ciudadanos réaffirme son engagement contre la corruption et manifeste son respect pour la condamnation de l'ancien ministre Ábalos.
Carlos Pérez-Nievas souligne les garanties du processus, la coopération avec le système judiciaire de ceux qui ont contribué à clarifier les faits, et le travail accompli par le ministère public.
Ciudadanos a salué la décision de la Cour suprême dans l'affaire contre José Luis Ábalos, Koldo García et Víctor de Aldama, une décision qui confirme l'existence d'un système de corruption lié à l'exercice de responsabilités publiques de la plus haute importance institutionnelle.
Le secrétaire général de Ciudadanos, Carlos Pérez-Nievas, a déclaré que  « cette décision démontre que l'État de droit fonctionne lorsque les garanties procédurales sont respectées et que les tribunaux peuvent travailler en toute indépendance jusqu'au bout » . À cet égard, il a réaffirmé que  « chacun a droit à un procès équitable, mais aussi que nul ne peut se placer au-dessus des lois, quelles que soient ses fonctions ou ses fonctions passées »
Pérez-Nievas a également souligné  « l’importance de la coopération avec le système judiciaire de la part de ceux qui décident de fournir des informations pertinentes pour clarifier les faits ». Selon lui,  « dans les cas de corruption complexe, les actions de ceux qui brisent le silence et contribuent à faire éclater la vérité sont fondamentales pour que les responsables puissent être tenus responsables devant les tribunaux » .
Ciudadanos a également salué le travail accompli par le ministère public tout au long de la procédure.  « Nous nous sommes joints à cette affaire car nous comprenions que l'enjeu dépassait la simple responsabilité individuelle de l'accusé : c'était la confiance du public dans ses institutions qui était en jeu », ont-ils déclaré.
Le chef du parti a expressément remercié les avocats qui ont représenté Ciudadanos lors de la procédure, Carlos Carrizosa et Mamen Peris, ainsi que tous les professionnels de l'Administration de la Justice qui sont intervenus dans l'affaire.
« Les poursuites publiques jouent un rôle essentiel dans notre système démocratique. Aujourd’hui, il est clair que défendre l’intérêt public contre la corruption est une démarche louable et que la persévérance dans la recherche de la vérité finit toujours par porter ses fruits », a conclu Pérez-Nievas.
Ciudadanos réaffirme son engagement en faveur de la régénération démocratique, de la transparence institutionnelle et de la lutte contre toute forme de corruption, quels que soient les individus impliqués.

> Les tribunaux ont confirmé un système de corruption au sein du gouvernement PSOE. Aujourd'hui démontre l'importance d'une justice indépendante et des poursuites privées, comme celle intentée par Ciudadanos. Car nul n'est au-dessus des lois.

> L'inculpation des filles et de la secrétaire de Zapatero était prévisible. De plus en plus de personnes font l'objet d'enquêtes et de plus en plus d'éléments font surface concernant un système de corruption présumé impliquant l'ancien président. Nul ne doit se cacher derrière sa fonction. La corruption doit être étudiée avec la plus grande rigueur.

 

● Hongrie
♦ Momentum Mozgalom

> Momentum lance un référendum national pour garantir aux couples de même sexe et aux personnes célibataires les mêmes chances d'adopter un enfant, uniquement sur la base de leur aptitude, car chaque enfant a le droit de grandir au sein d'une famille aimante ! Vestige de la politique familiale inhumaine de l'ancien système, l'adoption est aujourd'hui si difficile qu'elle en devient impossible pour beaucoup. Des familles financièrement stables, capables d'offrir amour et sécurité, désirent des enfants, tandis que des bébés laissés à l'hôpital ou placés en foyer attendent des années avant d'être accueillis dans un environnement familial aimant. Pour changer leur destin, il suffirait d'une volonté politique forte pour garantir l'égalité des chances. Un enfant a sa place au sein d'une famille : c'est là qu'il peut recevoir l'amour, les soins et la sécurité affective nécessaires à une enfance heureuse et à un âge adulte épanoui. C'est pourquoi le mouvement Momentum soumet une initiative référendaire afin que l'adoption ne soit plus réservée aux couples mariés. Notre objectif est de garantir aux personnes célibataires et aux couples de même sexe une chance égale d'adopter un enfant, en fonction de leur aptitude, afin que les enfants placés sous la tutelle de l'État en Hongrie puissent trouver une famille aimante plus rapidement. Chaque jour compte pour ces enfants. C'est pourquoi nous demandons au Premier ministre Péter Magyar de ne pas attendre la certification de notre proposition par la Commission électorale nationale. L'expérience de ces dernières années a montré qu'une telle procédure peut s'éterniser pendant des mois. Nous demandons donc au gouvernement d'organiser un référendum sur la question que nous avons soumise dans les plus brefs délais.

> Pourquoi un référendum sur le droit à l'adoption pour les couples de même sexe et les personnes célibataires est-il nécessaire maintenant ? Parce que 100 jours ne suffisent pas ! Pour les enfants vivant dans les hôpitaux, les orphelinats et les institutions de protection de l'enfance, même une seule journée sans famille aimante est une épreuve. C'est pourquoi nous ne pouvons plus patienter et nous ne voulons pas perdre 100 jours, ni même un seul. Aujourd'hui, Momentum a déposé sa proposition de référendum sur ce sujet, mais nous demandons au gouvernement de ne pas attendre la fin de la longue procédure administrative et d'organiser un référendum immédiatement !

 

● Italie 
♦ Azione 
Carlo Calenda (secrétaire général) 

> Il n'y a qu'une seule leçon que Giorgia Meloni devrait tirer de son affrontement avec Trump. Les partisans de Trump ne sont pas nos alliés. De concert avec Poutine et Xi, ils veulent détruire l'Union européenne et nos démocraties. Être patriote aujourd'hui, c'est stopper ce plan en construisant les États-Unis d'Europe et en contenant les mouvements antisystème, italiens et européens, soutenus par les Russes, les Chinois et les Américains. Je reconnais que cette position marque une rupture radicale avec le parcours politique de Meloni. Mais savoir changer de cap lorsque l'histoire l'exige est une qualité essentielle pour un homme d'État.

> Un pays qui incarnait le modèle des démocraties libérales s'est infligé une blessure mortelle avec le Brexit, qu'il a par la suite regrettée, tout en continuant de voter pour celui qui en était à l'origine (Farage).
Ce qui se passe en Grande-Bretagne illustre une trajectoire dont la droite comme la gauche devraient tirer des leçons.
1) L'identité est l'un de nos atouts les plus précieux. Si la gauche semble l'ignorer, elle y perd.
2) Si la droite attise le ressentiment, elle finit par perdre le contrôle de la situation et de nouveaux leaders, toujours plus extrémistes, émergent.
Nous devons renforcer nos liens, et non les détruire pour militariser l'électorat.

> « S’unir ou périr. » C’était vrai alors pour les treize colonies américaines, et ça l’est encore aujourd’hui pour nous, Européens, confrontés à la Russie, à la Chine et aux États-Unis : soit nous nous unissons, soit nous perdrons l’Europe à jamais. C’est pourquoi nous œuvrerons à la construction d’États-Unis d’Europe dotés d’un centre libéral et réformiste, avec des principes clairs et indiscutables : pas de droit de veto, réarmement, Ukraine, un véritable plan énergétique et industriel. Le reste ? Cela n’a aucune importance et n’en aura jamais.

> Pour sortir de cette impasse, l'Europe a besoin d'une action forte qui détrône la Russie, les États-Unis et la Chine et nous permette de nous attaquer à nos trois problèmes fondamentaux : énergie défense technologie.

> Quand on est patriote, on l'est toujours. Ce que j'ai dit en 2019 lorsque Conte, Premier ministre du gouvernement jaune-vert, a été insulté, reste valable aujourd'hui pour Giorgia Meloni, insultée par Trump. Le Premier ministre italien représente la nation tout entière. Et notre honneur doit être défendu sans relâche. Sans exception.

> Si le Conseil européen n'était pas composé de dirigeants incompétents, uniquement préoccupés par les douze prochaines heures, il devrait, suite à l'annonce de nouveaux retraits américains d'Europe, autoriser l'UE à émettre 1 000 milliards d'euros de dette (soit 5 % du PIB), couverts par un droit de douane croisé de 10 % sur les produits chinois (générant environ 50 milliards d'euros de recettes par an contre 30 milliards d'euros d'intérêts), afin de financer un plan exceptionnel de défense et d'énergie (construction de centrales nucléaires et réductions pour les producteurs), ainsi qu'un plan de développement de l'innovation et de l'industrie. Aujourd'hui, la dette fédérale américaine représente à elle seule 100 % du PIB, tandis que ses ressources propres s'élèvent à 23 %. La dette « fédérale » de l'Europe représente 4,5 % (issue du NRRP, qui atteindrait 10 % avec ce montant de 1 000 milliards d'euros), et le budget de l'UE équivaut à 0,85 % du PIB. Le reste des discussions ne porte que sur des mesures temporaires sans impact concret.

 

● Pays-Bas
♦ Gouvernement
Rob Jetten (premier ministre)

> Merci, Keir Starmer Pour votre soutien indéfectible à l'Ukraine. Pour notre coopération en matière de sécurité et d'énergie européennes. Et pour le renforcement des liens entre le Royaume-Uni et l'UE.

> Deuxième jour du Conseil européen : à l’ordre du jour figurent des sujets qui touchent à la prospérité, au bien-être et à la sécurité de tous les Européens, ainsi qu’à leur financement dans les années à venir. Dans la proposition de négociation actuelle pour le nouveau cadre financier pluriannuel, nos priorités essentielles d’aujourd’hui – telles que la compétitivité, l’innovation et la défense – sont négligées. Pour les Pays-Bas, c’est un monde à l’envers : un budget est fait pour l’avenir, pas pour le passé. Les Pays-Bas refusent une facture plus élevée pour des résultats moindres. Nous voulons un budget moderne et réaliste, qui exige plus d’équilibre et une attention particulière aux priorités essentielles.

> L'Europe doit faire preuve d'ambition. Elle doit être économiquement forte, militairement résiliente et politiquement déterminée. Je suis aujourd'hui et demain à Bruxelles pour le sommet européen. À l'ordre du jour de ce soir : comment maintenir la compétitivité de l'économie européenne dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, le prix élevé de l'énergie et une concurrence économique féroce ? Nous devons renforcer notre résilience et nouer de nouveaux partenariats stratégiques avec les pays amis, diversifier les échanges commerciaux et conclure des accords commerciaux qui rendent l'Europe plus forte et moins vulnérable. Mais, parallèlement, nous devons être prêts à moderniser nos instruments commerciaux et à les déployer en cas de besoin. Nous nous entretiendrons également avec le président ukrainien @ZelenskyyUa . L'Ukraine oppose une défense admirable. Malgré l'agression russe, l'Ukraine reste disposée à dialoguer et à mettre fin à ce conflit. Mais cela ne dépend pas de l'Ukraine ; il appartient à la Russie de faire enfin un pas dans la bonne direction. D'ici là, nous devons continuer à tout mettre en œuvre, au niveau européen, pour soutenir au mieux l'Ukraine et exercer une pression maximale sur la Russie.

 

● Pologne
♦ Polska 2050
> Le vieux principe politique reste d'actualité : quand on ne peut se défendre, on s'attaque à celui qui a révélé la vérité. Le PiS l'a fait avec des juges. Aujourd'hui, le député Arłukowicz s'en prend à un médecin qui a eu le courage de dénoncer le népotisme à l'hôpital du Sud. Le vice-ministre Jan Szyszko s'exprime sans détour : honteux hier, honteux aujourd'hui. Cette affaire doit faire l'objet d'une enquête approfondie. Point final.

> Waouh ! Les premiers kilowattheures d'électricité produits par les éoliennes polonaises de la mer Baltique devraient arriver début juillet. Au total, 378 éoliennes y seront installées, soit l'équivalent de la puissance de la centrale de Bełchatów. Ce projet est rendu possible grâce à KPO. On croise les doigts !

> On vous informe que vous avez enfreint les règles. Personne ne précise lesquelles. Ce n'est pas un cas isolé. De plus en plus d'utilisateurs reçoivent cet avertissement, sans aucune explication claire. Nous avons besoin d'une loi sur les services de données (DSA) qui protège véritablement les droits des utilisateurs et oblige les plateformes à la transparence.

> Le Conseil national de Polska 2050 est clos. Des discussions de fond et constructives ont porté sur les enjeux cruciaux d'aujourd'hui : une fiscalité équitable, un développement durable et un véritable changement pour les Polonais. Voilà précisément le type de débats dont la vie politique polonaise a besoin. Ensemble, œuvrons pour une Pologne meilleure !

> La liste des ennemis du cercle de Braun [extrême-droite] est constamment mise à jour. Cette fois-ci, elle inclut des enfants étrangers scolarisés en Pologne. Qui sera le prochain demain ?

> « Veuillez laisser votre numéro et nous vous rappellerons pour vous communiquer le prix. » Plus de SMS de ce genre. Les prix des appartements doivent être disponibles immédiatement. La Pologne renforce sa réglementation sur la transparence des prix des appartements en 2050.

 

Szymon Hołownia (vice-président de la Diète)
> [Retrait de décorations polonaises au président ukrainien] La décision du président Nawrocki en défense de l'histoire, de la mémoire et des symboles polonais ravira les Allemands. Parallèlement, la récente escalade des relations polono-ukrainiennes leur permettra de s'emparer de davantage de contrats pour la reconstruction de l'Ukraine. Nous saurons probablement bientôt si la visite du président Zelensky à Gdańsk, sera finalement rétablie. L'atmosphère parmi les milieux d'affaires et les parlementaires (la conférence se déroule en parallèle d'un sommet parlementaire) sera certainement favorable à la planification de la coopération et à une vision commune de l'avenir. Le sang des martyrs polonais assassinés par les criminels de l'UPA a-t-il un prix ? Non. Mais il est indéniable que les décisions concernant la vengeance symbolique du passé ont des conséquences très concrètes pour le présent et l'avenir. L'UPA est-elle criminelle ? Oui. Zelensky a-t-il commis une erreur ? Une grave erreur. Et il en fera probablement d'autres, même si tant de personnes (moi y compris) lui ont dit : quand tu feras la queue pour la reconstruction, souviens-toi de qui était le premier à vouloir aider ton peuple et ton armée. La logique du « coup pour coup » est-elle toujours bénéfique ? Non. J'ai écrit à ce sujet : il y avait mille façons de faire comprendre aux Ukrainiens ce que nous ressentons. Se montrer ferme et affirmé ne signifie pas s'en prendre violemment à autrui. Car s'en prendre violemment à autrui prive non seulement la cible de l'attaque, mais aussi soi-même de la possibilité d'agir – après tout, l'escalade s'arrête là.

 

● Portugal
♦ Iniciativa liberal
> À l'occasion du neuvième anniversaire de la tragédie de Pedrógão, l'Initiative libérale annonce une proposition de loi-cadre pour la protection civile. La tragédie de Pedrógão a suscité des rapports, des recommandations et des promesses de changement, mais pas la réforme fondamentale dont le pays avait besoin. La loi-cadre relative à la protection civile est restée, pour l'essentiel, inchangée : un cadre conçu pour une réalité qui n'existe plus. Les risques du XXIe siècle, avec leurs phénomènes météorologiques extrêmes et l'interdépendance des infrastructures critiques, ne s'inscrivent pas dans un modèle conçu pour réagir aux catastrophes après coup, au lieu de les anticiper et de donner aux populations sur le terrain les moyens d'agir. L'année écoulée a confirmé qu'il ne s'agit pas d'un échec ponctuel. La panne d'électricité du 28 avril a mis en lumière des faiblesses critiques et l'absence de réponse coordonnée face à l'effondrement de la normalité. La série de tempêtes qui a balayé le pays, avec une violence particulière dans la région Centre, a une fois de plus révélé un système trop réactif, centralisé et déconnecté des citoyens. De Pedrógão à la panne d'électricité, de la panne d'électricité aux tempêtes, le même schéma se répète : nous réagissons à la prochaine urgence avec les outils de la précédente. La modernisation de la loi-cadre sur la protection civile est urgente. Le pays a besoin d'un système adapté aux risques actuels, et chaque année de retard nous expose davantage aux menaces du XXIe siècle avec un cadre du siècle dernier.

 

● Roumanie
♦ Gouvernement
Nicosur Dan (président)

> Lors des consultations d'aujourd'hui, j'inviterai les partis à renouer le dialogue et à adopter une attitude raisonnable. Je leur demande de s'entendre sur une majorité parlementaire, et non de se justifier en expliquant pourquoi ils ne parviennent pas à l'obtenir. La Roumanie a besoin d'un gouvernement. Le maintien d'une orientation pro-occidentale est une condition essentielle à laquelle nous ne dérogerons pas.

> Nouvelle étape importante pour les forces navales roumaines, la corvette « Contre-amiral August Roman » - 261 a hissé le pavillon national hier. Ce navire renforcera la contribution de la Roumanie à la sécurité régionale et au respect des engagements pris au sein de l'Alliance atlantique. Quatre autres navires similaires seront construits à Mangalia dans le cadre du programme SAFE. J'ai remercié la Turquie à cette occasion pour le solide partenariat que nous entretenons dans le domaine de la sécurité et pour sa participation aux missions de l'OTAN dans la région. J'ai également eu une réunion bilatérale avec le président Recep Tayyip Erdoğan, axée sur le partenariat stratégique et la préparation du sommet de l'OTAN qui se tiendra à Ankara les 7 et 8 juillet. Dans ce cadre, la Roumanie, la Turquie et la Bulgarie renforceront leur coopération au sein de l'OTAN afin de protéger les infrastructures gazières sous-marines en mer Noire. Il est également prévu de transférer le Centre de rotation de l'OTAN à Constanta à partir de 2028.

> J'ai eu aujourd'hui à Istanbul un excellent entretien avec le président Recep Tayyip Erdoğan, consacré au développement de la coopération bilatérale entre la Roumanie et la Turquie. Nos pays entretiennent d'excellentes relations traditionnelles et une amitié qui n'a cessé de se renforcer au fil des ans. Depuis l'établissement du partenariat stratégique en 2011, pierre angulaire du développement de nos relations, notre coopération s'est approfondie dans tous les domaines essentiels et la Turquie est devenue un partenaire incontournable pour la Roumanie. Nous avons convenu de renforcer davantage nos liens bilatéraux par des mesures concrètes dans les domaines de la sécurité, de l'économie, de l'énergie et des infrastructures. Nous poursuivrons le développement de notre coopération en matière de défense, tout en œuvrant ensemble pour garantir la liberté de navigation et la sécurité en mer Noire, notamment en luttant contre les drones maritimes grâce au programme MCM BLACK SEA et en sensibilisant le public à la sécurité maritime. De cette manière, nous contribuons à renforcer la dissuasion et la posture de défense de l'OTAN sur son flanc oriental. Au-delà de nos relations bilatérales, la Turquie est un partenaire essentiel pour l'Union européenne dans son ensemble. Acteur central de l'architecture de sécurité de la mer Noire, la Turquie joue un rôle indispensable dans la défense de l'Europe, et une relation UE-Turquie solide sert nos intérêts stratégiques communs. En amont du sommet de l'OTAN à Ankara, nous avons également convenu d'approfondir notre coopération en matière de sécurité, en mettant l'accent sur l'Ukraine, la sécurité en mer Noire et la protection de nos infrastructures critiques. Nous avons également exprimé notre intérêt commun pour le soutien d'un processus de paix durable au Moyen-Orient.

> Nous avons conclu deux journées intenses d'activité et de discussions stratégiques au Conseil européen de Bruxelles. Parmi les principales conclusions, une nouvelle très importante, dont nous nous réjouissons particulièrement, est la reconnaissance du lancement officiel du processus d'adhésion de la République de Moldavie à l'Union européenne, aux côtés de l'Ukraine. Nous avons également mené un débat approfondi sur le futur cadre financier pluriannuel, c'est-à-dire le budget de l'UE pour les sept prochaines années, à compter de 2028. La Roumanie a coordonné le groupe des 16 États « Amis de la cohésion » afin de parvenir à une position de négociation commune sur les points qui nous concernent. Nos enjeux sont clairs et portent sur deux chapitres importants : la politique agricole commune (PAC), la cohésion et les affaires intérieures, ainsi que la compétitivité. Notre principal intérêt est que le premier chapitre bénéficie du volume financier le plus important possible, indispensable pour combler les écarts de développement par rapport aux pays occidentaux. Nous demandons une plus grande flexibilité pour les États membres dans la gestion des fonds de cohésion et agricoles, des délais d'accès aux fonds européens plus longs et une plus grande liberté pour chaque pays dans la définition de ses programmes nationaux. En matière de compétitivité, suite à des négociations coordonnées par la Roumanie, nous sommes parvenus à introduire le principe d'inclusion dans la réglementation de ce chapitre, afin que les fonds européens destinés à la compétitivité puissent effectivement bénéficier aux entreprises et aux groupes de recherche de notre pays.

> Au Conseil européen d'été de Bruxelles, nous examinons les progrès concrets accomplis en matière de renforcement des capacités de défense de l'Union européenne, en accordant une attention particulière au flanc oriental et à la mise en œuvre du projet de surveillance du flanc oriental. Parallèlement, je souligne l'importance d'assurer une forte complémentarité entre les efforts de l'Union européenne et ceux de l'OTAN. Un point particulièrement important à l'ordre du jour de la réunion est le futur cadre financier pluriannuel 2028-2034. Nous procéderons à une première analyse du cadre de négociation, qui comprend, pour la première fois depuis la publication du paquet budgétaire par la Commission européenne, des propositions concrètes d'allocations financières.

> Excellente nouvelle de Bruxelles pour le renforcement de la sécurité roumaine ! Grâce aux efforts déployés par notre pays, les conclusions du Conseil européen aborderont la question des drones ayant pénétré notre territoire. Cela se traduira par une attention accrue portée au flanc est et un renforcement des projets dédiés, tels que la surveillance du flanc est. Par ailleurs, lors de la réunion des ministres de la Défense des États membres de l’OTAN, qui s’est tenue ce matin, deux autres pays, la Slovaquie et le Portugal, ont exprimé leur volonté de déployer du matériel supplémentaire en Roumanie pour la défense contre les drones. Ils rejoignent ainsi les États-Unis, la France, l’Italie et l’Espagne, pays qui contribuent ou ont déjà annoncé leur contribution en matière de matériel et d’expertise à nos efforts de protection contre les incursions de drones.

 

● Suède
♦ Liberalerna
Simona Mohamsson (première secrétaire et ministre de l’Education)

> Nous sommes confrontés à une crise de la lecture dans les écoles suédoises. Un jeune de quinze ans sur quatre ne sait pas lire correctement. Il est désormais nécessaire de privilégier les livres au détriment des écrans. C'est pourquoi les libéraux souhaitent instaurer une garantie de manuels scolaires : un livre par élève et par matière. Cela correspond à 15 millions de nouveaux manuels pour la prochaine rentrée scolaire.

> Je tiens à vous avertir que la Suède s'apprête à connaître un débat désastreux sur la politique migratoire. Lors des élections de cet automne, il semble de plus en plus évident que l'immigration de masse sera opposée à l'émigration de masse. Je m'engage à mettre en œuvre une politique pour une société plus forte, indépendamment de votre lieu de naissance. Le débat sur l'immigration doit dépasser les extrêmes ; nous devons garder la tête froide et faire preuve de compassion : privilégier le bon sens et une communauté plus unie. 2026 devrait être l'année où nous tournerons la page des anciens confinements et réaliserons qu'une politique migratoire modérée est la meilleure solution. Nous ne devons pas retomber dans le chaos de 2015. Mais nous ne devons pas non plus reproduire l'expérience de l'ICE de Trump. Nous devons nous concentrer sur l'éradication de la société parallèle. Garantir la réussite scolaire de davantage d'enfants. Faire émerger davantage de jeunes talents comme Yasin Ayari, capables de marquer des buts. Encourager les enfants à voir leurs parents travailler et apprendre le suédois. C'est là que doit se situer le débat sur l'intégration ; il ne doit pas s'agir d'expulser des personnes qui ont fait de la Suède leur pays d'adoption.

> Merci la Suède, un pays où l'on peut lutter contre la Tunisie ou devenir ministre, quelles que soient ses origines. Aujourd'hui, nous célébrons la Saint-Jean, la fête nationale non officielle de la Suède. Je m'appelle Mohamsson. Un nom qui témoigne du fait que mes ancêtres n'ont pas célébré la Saint-Jean depuis des générations. C'est pourquoi je suis si reconnaissant d'avoir grandi en Suède, où filles et garçons ont le même droit de danser autour du mât de la Saint-Jean. Où l'éducation ouvre des portes. Où l'on devrait pouvoir dire ce que l'on pense, aimer qui l'on veut et façonner sa vie. Où chaque enfant a accès à tout ce que la Suède a à offrir. En tant que militant social, j'ai rencontré des filles et des garçons qui ont grandi dans des régions où des clans radicalisés ont pu consolider leur pouvoir. Pour eux, les traditions suédoises menacent la cohésion du clan. Danser en public peut « souiller » l'honneur d'une jeune fille. Pour inverser cette tendance, chacun doit s'approprier la Suède dans laquelle j'ai grandi. Nous devons défendre les valeurs suédoises qui font de la Suède l'un des pays les plus libres au monde. La Suède n'est pas un pays parfait, certes, mais elle figure parmi les pays les plus libres au monde. Un pays où, génération après génération, on a eu la possibilité de bâtir une vie meilleure. À la Saint-Jean, je ressens à la fois de la fierté et une responsabilité. Fierté d'un pays qui m'a permis, ainsi qu'à tant d'autres, de m'épanouir. Responsabilité de veiller à ce que cette même liberté perdure pour les générations futures. C'est pourquoi je porte des fleurs dans les cheveux. Pour célébrer la Suède.

> La menace que représente l'islamisme menace l'ensemble de la société suédoise et notre démocratie. Nous ne devrions pas tolérer des imams qui prêchent qu'il est acceptable de battre sa femme, de mutiler des filles ou que la charia prime sur le droit suédois. C'est pourquoi, pour la première fois, le gouvernement va cartographier l'islamisme en Suède, afin de mettre un terme à l'oppression. Nous agissons ainsi pour préserver votre liberté. Cette mesure risque de toucher particulièrement les personnes ayant fui l'oppression islamiste dans leur pays d'origine. Ne pas s'opposer à l'islamisme serait trahir celles et ceux qui ont choisi la Suède précisément parce que nous sommes une démocratie laïque garantissant la liberté d'expression et la liberté de religion.