Un candidat centriste ou de la centralité a été présent lors des cinq dernières présidentielles (trois fois avec François Bayrou et deux fois avec Emmanuel Macron) et il faut remonter à 1995 pour voir le Centre absent et se regrouper majoritairement derrière la candidature d’un candidat de droite, Edouard Balladur.
C’était d’ailleurs la première fois que le Centre ne participait pas à cette élection principale de la Ve République puisqu’il y avait eu Jean Lecanuet en 1965, Alain Pohze en 1969, Valéry Giscard d’Estaing en 1974 et 1981 et Raymond Barre en 1988.
Pour l’instant, le seul centriste qui semble vouloir faire acte de candidature à un peu plus d’un an du scrutin est Gabriel Attal.
Mais il pourrait renoncer si le principe d’une candidature unique était décidée par le camp présidentiel et qu’il soit battu lors d’une primaire par Edouard Philippe.
Qu’est-ce que cela dit du Centre et du Centrisme en France en 2026?
D’abord qu’il manque une incarnation.
Aujourd’hui, aucune personnalité centriste crève l’écran, ni ne fait l’unanimité pour être le représenter le Centre l’année prochaine.
Et si l’on cherche qui pourrait émerger, force est de constater qu’il n’y a pas de noms qui viennent immédiatement à l’esprit.
Cela ne veut pas dire qu’il ne pourrait pas y avoir, dans les mois qui viennent, un candidat qui s’impose.
Au-delà de la personne providentielle, les centristes doivent avoir, au moins, s’atteler à proposer aux Français un programme et que celui-ci fasse partie du socle d’un candidat qu’ils pourraient adouber.
Car, le Centrisme doit absolument exister en 2027 d’une façon ou d’une autre s’il veut demeurer une pensée vivante qui existe dans le débat politique français.
Comme le dit François Bayrou:
«Le Centre n'est pas un sous-produit de quelque chose. Nous avons en France,
allez, cinq ou six familles politiques. Il y a l'extrême gauche, on voit
qu'elle l'est avec LFI, il y a la gauche de gouvernement avec le PS, il y a
l'extrême droite, il y a la droite de gouvernement… Et puis il y a le centre
démocrate et républicain.»
Et Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères d’affirmer:
«Je souhaite que le Centre, le centre démocrate, présente pour 2027 un projet
devant les Français.»
Quant à Marc Fesneau, il dresse un portrait d’un possible candidat
commun de l’axe central:
«La Droite c'est la Droite, le Centre
c'est le Centre et la Gauche c'est la Gauche. Il faut arrêter cette confusion
des esprits. La question n'est pas d'avoir un candidat unique de la Droite et du
Centre, la question c'est d'avoir un candidat qui soit capable, modéré, du camp
de ceux qui peuvent gouverner sans mettre le pays en ébullition, en chaos.»
Et de poursuivre:
«On parle beaucoup des personnalités, mais quel est le projet et le
programme ? Là on teste ce que les gens perçoivent des qualités d’une
personnalité. Edouard Philippe est l’un de ceux qui sont placés, il a été
Premier ministre, on sait les qualités qui sont les siennes. (…)
J’ai l’impression que sur plein de sujets nous ne sommes pas d’accord avec
Bruno Retailleau, qu’il fasse son projet avec les LR, que nous fassions notre
projet et nous verrons les convergences que nous pourrons proposer aux
Français. (…)
La pire des choses serait de dire que de Knafo à Glucksmann, c’est pareil. Vous
ouvrez un boulevard à Mélenchon et Le Pen. (…)
Une primaire d’Edouard Philippe à Sarah Knafo, ça sera sans nous.»
Selon lui:
«L'union ne se décrète pas, elle se construit autour d'un projet. En 2017,
Macron n'a pas gagné en obéissant aux appels à se ranger, il a gagné parce
qu'il proposait une offre nouvelle. Le ni-ni n'est pas un programme.»
Toujours est-il que pour l’instant, le Centre n’a ni programme, ni candidat pour 2027 alors même qu’il demeure une force politique dans le pays, surtout, qu’il gouverne la France.
Jean-Louis Pommery
Alexandre Vatimbella
