Voici une sélection, ce 2 février 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du premier ministre.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans
cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de
Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un
homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du
fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> La France a enfin un budget. Un budget qui assume des choix clairs et des
priorités essentielles. Un budget qui contient la dépense publique, qui
n’augmente pas les impôts pour les ménages et les entreprises. Ce texte n’est
pas le texte du Gouvernement, il est le résultat d’un compromis parlementaire,
intégrant des amendements de tous les groupes. C’est pourquoi je saisis le
Conseil constitutionnel, afin de m’assurer que la loi de finances est
pleinement conforme à notre Constitution.
> Chaque année, l’État dépense près de 900 M€ pour ses cantines sans savoir d’où viennent les produits. C’est un non-sens. La commande publique doit devenir un outil de souveraineté agricole : plus aucun produit hors France ou hors UE dans nos cantines. Avec les contrats d’avenir agricoles, État, collectivités et filières s’engagent : production planifiée, volumes sécurisés, débouchés garantis. La souveraineté commence dans l’assiette. C’est aussi la responsabilité du consommateur. Et l’achat public doit être exemplaire.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Je me suis rendu cet après-midi à Nantes, pour témoigner de tout mon
soutien aux policiers blessés cette nuit lors d’un refus d’obtempérer comme à
ceux qui interviennent chaque jour avec détermination, et sans résignation,
pour lutter contre les criminels et délinquants qui n’hésitent pas à les mettre
en danger.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et
des Anciens combattants)
> Rencontres à Athènes avec le Premier ministre grec et le ministre de la
Défense. Dans un contexte international troublé, nous allons renouveler cette
année notre partenariat stratégique fondé sur la confiance, l’intimité
opérationnelle entre nos Armées et la coopération industrielle. La France et la
Grèce avancent ensemble pour une Europe plus sûre.
> La confiance de la Grèce envers nos entreprises illustre l’excellence de la Base industrielle et technologique de défense française. Avec Naval group et les commandes engagées, nous bâtissons un partenariat industriel stratégique : produire plus en Europe, assumer une préférence européenne et renforcer notre souveraineté.
Roland Lescure (ministre de l’Economie,
des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> La France dispose désormais d’un budget pour l’année à venir. Un budget
qui reflète pleinement le travail du Parlement et notre capacité à bâtir
sereinement des compromis utiles.
Il nous permettra de renforcer durablement nos finances publiques, de tenir
notre objectif d’un déficit à 5%, tout en soutenant efficacement nos PME, en
protégeant solidement notre défense et en investissant résolument dans
l’industrie du futur.
Construisons désormais une année utile pour notre indépendance et notre
souveraineté.
> La France a l'un des dispositifs de
contrôle des investissements étrangers les plus rigoureux en Europe et dans le
monde.
Il faut arriver à séparer le bon grain des intérêts stratégiques de l'ivraie de
la polémique politicienne.
Ma vision, ce sont la puissance, l'indépendance et l'ordre économique. Et ce,
dans toutes mes décisions.
Les investissements, cela va dans les deux sens.
Mais toujours avec un leitmotiv : protéger nos intérêts, attirer les capitaux
et préserver notre souveraineté.
> Ma vision, ce sont la puissance, l'indépendance et l'ordre économique. Et ce, dans toutes mes décisions.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> [Iran] Les Etats-Unis se sont
mis en situation de lancer une opération militaire contre l'Iran. Ils ont
proposé en parallèle des négociations au régime qui doit impérativement s'en
saisir, se résoudre à des concessions majeures et à un changement radical de
posture. (…)
L'Iran doit cesser d'être une menace pour
son environnement régional et pour nos intérêts de sécurité, et le peuple
iranien doit retrouver sa liberté.
La répression et les violences d'Etat qui
se sont abattues aveuglément sur les manifestants pacifiques constituent un
crime de masse qui ne peut rester impuni.
C'est la raison pour laquelle nous avons
décidé, jeudi, de sanctionner 21 individus et entités responsables de cette
répression et soutenu l'inscription du corps des Gardiens de la révolution dans
son ensemble sur la liste européenne des organisations terroristes. Nous
exigeons que le régime mette fin à l'oppression, libère les prisonniers, cesse
les exécutions, rétablisse Internet et rende au peuple iranien les clés de son
propre avenir. (…)
Depuis que j'ai pris mes fonctions, j'ai
eu de nombreux échanges avec mon homologue iranien pour obtenir la libération
de nos ressortissants et pour tenter d'aboutir à un règlement négocié des
problèmes de sécurité soulevés par le programme nucléaire iranien, son
programme balistique et son soutien aux groupes terroristes dans la région. Faute
d'être parvenu à un tel accord, à la fin du mois de septembre, nous avons
décidé de réappliquer les embargos des Nations unies sur les armes, les
équipements nucléaires et les banques qui avaient été levés il y a dix ans au
moment de l'accord sur le nucléaire iranien. Je lui ai parlé le 12 janvier pour
lui exprimer notre condamnation la plus ferme de la répression et lui enjoindre
de garantir la sécurité des ressortissants en Iran. (…)
Cécile Kohler et Jacques Paris sont en
sécurité à l'ambassade de France à Téhéran. Nous exigeons que l'Iran permette
leur retour en France.
Nos efforts pour la libération des
ressortissants français détenus en Iran ne nous ont jamais empêchés de prendre
des mesures très fermes contre le régime. Nous l'avons fait tout au long de
l'année dernière. (…)
J'évoquais le rétablissement des
embargos. J'aurais pu citer aussi les sanctions européennes dont j'ai été à
l'initiative à l'encontre des individus responsables de la politique d'otages
d'Etat et celles qui ont visé les responsables du transfert par l'Iran à la
Russie de drones et de missiles.
> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Aujourd'hui, 100 % de l'aide financière à
l'Ukraine est apportée par l'Europe. L'essentiel du renseignement et du soutien
militaires le sont également. C'est encore à l'initiative de la France et du
Royaume-Uni qu'un travail de planification militaire, inédit dans notre
histoire récente, a été réalisé en lien étroit avec le président Zelensky, pour
que la paix une fois conclue soit assortie de garanties solides.
L'Ukraine sait pouvoir compter sur le
soutien indéfectible des Européens. (…)
J'ai moins entendu d'ingratitude que de
regrets, que je partage, que l'Europe n'aille pas assez vite dans sa montée en
puissance, notamment celle de son outil de défense. Je vous renvoie aux
nombreuses déclarations du président Zelensky qui salue systématiquement la
posture très ferme et la hauteur de vue de la France depuis le début de ce
conflit. (…)
Alors que l'Ukraine traverse un hiver
extrêmement rigoureux avec des températures qui atteignent les - 30 degrés,
Vladimir Poutine cherche à provoquer une crise humanitaire par des frappes
incessantes sur les infrastructures énergétiques.
Si les Etats-Unis ont obtenu que ces
frappes puissent cesser, même temporairement, et si la Russie se conforme à
cette demande, c'est évidemment une bonne nouvelle.
Dans tous les cas, nous ne ménageons
aucun effort pour répondre à l'état d'urgence énergétique en Ukraine. J'ai
réuni les pays du G7 vendredi 23 janvier et annoncé l'envoi de cent premiers
générateurs d'électricité. Cinquante autres seront expédiés prochainement et
nous mobilisons entreprises et collectivités territoriales qui le souhaitent en
facilitant l'acheminement de leur aide matérielle sur place. (…)
Pour la première fois la semaine
dernière, ses drones [de Poutine]
ont délibérément ciblé un train de voyageurs, tuant cinq passagers. Cela porte
un nom, c'est un crime de guerre. Il s'ajoute aux viols, aux déportations
d'enfants, aux massacres et aux exactions. Autant de crimes qui ne pourront
rester impunis.
Quatre ans après son lancement, force est
de constater que « l'opération spéciale » du Kremlin est un échec
catastrophique pour la Russie : 1,25 million de pertes humaines, ce qui est
supérieur à l'ensemble des pertes humaines soviétiques et russes depuis 1945 ;
mille morts chaque jour sur le front ; une récession en Russie annoncée en
2026. Chaque jour qui passe, l'obsession coloniale de Vladimir Poutine épuise
son peuple et discrédite la nation russe, au risque de la faire sortir de
l'histoire. Il est grand temps que Vladimir Poutine renonce à ses prétentions
et accepte enfin un cessez-le-feu. (…)
La France n'a jamais exclu par principe
d'échanger avec la Russie, en toute transparence avec l'Ukraine et avec ses
partenaires européens, et à condition, bien sûr, que cela soit utile.
Les Européens, qui sont désormais les
principaux soutiens de l'Ukraine sur les plans financier et militaire, doivent
pouvoir disposer d'un canal pour faire valoir leurs intérêts, sans déléguer la
responsabilité à qui que ce soit.
En matière de soutien financier, à
l'initiative de la France, l'Union européenne a débloqué pour l'Ukraine un prêt
de 90 milliards d'euros, en lançant un emprunt commun pour la deuxième fois
dans son histoire.
Par ailleurs, en mobilisant ses moyens
militaires pour arraisonner et dérouter des navires pétroliers de la flotte
fantôme russe, la France a une nouvelle fois marqué son intention d'accentuer
la pression sur la Russie et son appui à la résistance héroïque du peuple
ukrainien contre l'envahisseur.
> La libération de nos compatriotes, détenus arbitraires ou otages à l'étranger, est une priorité pour la France. L'année dernière, nous avons réussi à faire sortir de prison dix d'entre eux grâce à la mobilisation des agents du Quai d'Orsay à Paris et dans nos postes diplomatiques. C'est un résultat remarquable et je veux les en féliciter.
> L'Europe doit
dire non à toute intimidation et toute coercition, d'où qu'elles proviennent. Elle
doit pour cela accélérer la mise en œuvre d'une idée que nous avons défendue
depuis bientôt dix ans : celle de l'autonomie stratégique. Cela suppose
qu'elle se renforce pour n'être pas une proie livrée aux appétits prédateurs
des nouveaux empires.
Après le covid19, la guerre en Ukraine avait démontré l'étendue de nos dépendances en
matières énergétique, alimentaire, médicale – qui se sont réduites depuis, mais
demeurent trop importantes. Les prétentions des Etats-Unis sur le Groenland,
territoire européen placé sous la protection de l'Otan, ont révélé les
dépendances de l'Europe en matière de sécurité.
L'Europe doit donc continuer de se
réarmer et de se durcir pour prendre en charge elle-même sa sécurité.
En parallèle, et tirant les leçons de ce
qui s'est passé ces dernières semaines, la Commission européenne doit exprimer
clairement et fermement qu'elle se tient prête à activer tous les instruments à
sa disposition, y compris les plus puissants, si les intérêts essentiels de
l'Europe comme son intégrité territoriale, l'intégrité de ses processus
électoraux, ou son autonomie de décision, étaient à nouveau menacés à l'avenir.
(…)
Par la clarté de ses messages et par son
unité, l'Europe a conduit l'administration américaine à revoir sa position sur
le Groenland.
Je constate que dans
beaucoup de pays européens, on s'est aperçu que l'Europe est beaucoup plus
forte que certains ne le croyaient.
Le tournant qu'elle doit prendre, c'est
de s'assumer comme une grande puissance capable de dissuader toute atteinte à
ses intérêts.
> Mon rôle n'est
pas de m'immiscer dans les affaires des autres. Mais comme beaucoup de
Français, j'ai été profondément heurté par les images terribles provenant de
Minneapolis.
La brutalité des méthodes employées est
incompatible avec la conception française de l'Etat de droit. Dans ce contexte,
ma priorité va à la sécurité de nos ressortissants sur place.
> [Gaza] Nous
n'avons pas signé la charte du « Board of Peace » [de Trump] car à ce stade elle semble entrer en
concurrence avec celle des Nations unies. Pour autant, nous soutenons le plan
de paix et accueillons positivement les résultats qu'il produit.
Si la situation à Gaza reste difficile,
le cessez-le-feu en vigueur est une avancée majeure. Il doit être respecté par
toutes les parties. La restitution de la dernière dépouille d'otage israélien
est un immense soulagement. L'ouverture du point de passage de Rafah ce
dimanche est une bonne nouvelle, qui doit permettre notamment aux 400 tonnes
d'aide humanitaire que nous avons envoyées il y a huit jours de parvenir aux
populations auxquelles elles sont destinées. Le comité palestinien est
installé. Il doit désormais prendre en charge l'administration de Gaza et le
désarmement du Hamas.
Rien de tout cela n'aurait été possible
sans la mobilisation de la France tout au long de l'année dernière, qui a
conduit à l'adoption par les Nations unies de la déclaration de New York et à
la reconnaissance de l'Etat de Palestine.
Notre objectif reste inchangé : la
solution à deux Etats, Israël et Palestine, vivant côte à côte, en paix et en
sécurité.
> [Syrie] La France
n'abandonne pas ses frères et ses sœurs d'armes. Lorsque nous avons observé
qu'une escalade dangereuse menaçait à la fois nos partenaires kurdes, la
stabilité de la Syrie et nos intérêts de sécurité, nous nous sommes mobilisés à
tous les niveaux. Le président de la République s'est impliqué personnellement.
L'accord qui a été obtenu donne des
garanties sécuritaires et politiques aux Kurdes et reconnaît leur identité au
sein d'une nation syrienne unifiée. Il doit permettre aussi de contenir toute
résurgence de Daech. Il doit maintenant être mis en œuvre. C'est la raison pour
laquelle je me déplacerai dans la région en fin de semaine prochaine.
> La lutte contre
Daech est et restera notre priorité absolue. Nous suivons très attentivement la
situation sur le terrain. L'accord qui vient d'être trouvé permet d'assurer la
sécurité des prisons dans lesquelles les combattants terroristes de Daech sont
retenus.
Quant aux ressortissants français, notre
position est inchangée. Les adultes doivent être jugés là où leurs crimes ont
été commis. Les enfants n'étant pas responsables des crimes de leurs parents,
lorsque cela a été possible, nous les avons rapatriés.
> [Mercosur] La
France assume parfois de dire non, et souvent l'histoire lui donne raison.
Si aujourd'hui la France est écoutée en
Europe, c'est parce que bien avant tous les autres, elle a appelé à une Europe
indépendante, qui se libère de ses servitudes et s'affirme comme une grande
puissance démocratique et souveraine, plutôt que de risquer de devenir un
continent-musée vieillissant et vassalisé.
Dans le cas du Mercosur, difficile de
parler d'isolement quand la France a été suivie par d'autres pays, et quand on
voit que le Parlement européen a manifestement lui aussi des préoccupations sur
cet accord.
> Dans le monde entier, les propos du président de la République refusant la soumission et le chantage ont été salués et applaudis. Ils ont été accueillis en France dans une unité nationale qui est suffisamment rare pour être soulignée.
> [Budget] Le
Premier ministre a réussi à obtenir les compromis nécessaires pour donner à la
France un budget. C'est la condition indispensable de notre influence à
l'étranger.
L'aide au développement a été mise à
contribution pour y parvenir. Je souhaite que ses moyens soient renforcés dès
que cela sera à nouveau possible.
Contrairement à ce que j'entends trop
souvent, l'aide au développement est un puissant levier de promotion des
intérêts de la France et des Français.
> [Chine] Le défi
géopolitique de notre siècle, c'est la tension grandissante menant à une
confrontation possible entre les Etats-Unis et la Chine.
Dans cette équation il y a une variable
qui peut tout changer, c'est l'attitude de l'Europe qui, sans chercher la
confrontation ni avec l'un ni avec l'autre, peut résister à la brutalisation du
monde et tracer une voie singulière, une troisième voie. Celle de
l'indépendance, de la coopération et du multilatéralisme.
> De l'Asie du Sud-Est à l'Amérique latine en passant par l'Afrique, la plupart des pays du monde attendent que l'Europe se lève et montre la voie, car ils entendent rester libres.
> Cherche colonne vertébrale pour Jordan Bardella. L’homme aux slogans n’est constant que dans ses revirements. Il saluait l’élection de Donald Trump comme « un vent de liberté sur les démocraties occidentales » après avoir vanté les mérites du vaccin russe et pris l'argent de Poutine. Avec lui, l'Ukraine aurait capitulé, l'Union européenne serait un lointain souvenir et la voix de la France aurait disparu derrière les injonctions de ses maîtres à penser.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des
Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Budget] Le PLF 2026 a été adopté à l’Assemblée nationale ! Un budget
qui permettra en 2026 de renforcer la solidité et l’innovation de notre système
de santé. Il pérennise le financement pour la création de 5 000 places dans les
centres de formation pour infirmières et poursuit la rénovation des
établissements sanitaires médico-sociaux grâce au plan de relance européen. Un
budget qui permettra également l’accroissement des moyens pour la prévention
contre le cancer et pour la santé dans nos Outre-mer !
> J’ai rencontré aujourd’hui Jan Christian Vestre, ministre de la Santé et des Services de soins du Royaume de Norvège. Nous avons échangé sur les grands défis communs à nos systèmes de santé : accès aux soins, attractivité des métiers, prévention, santé mentale des enfants et des adolescents, usage des écrans, préparation aux crises sanitaires et numérique en santé. Cette rencontre s’est conclue par la signature d’une déclaration d’intention pour renforcer la coopération franco-norvégienne en santé, en lien étroit avec les travaux européens. Un partenariat fondé sur des valeurs partagées : solidarité, prévention et confiance dans la science.
Amélie de Montchalin (ministre de l’Action
et des Comptes publics)
> Nous n’avons aucune leçon à recevoir de Jordan Bardella qui clame son
amour pour les entreprises mais dont les députés ont voté, main dans la main
avec LFI, 34 milliards d’euros de hausses d’impôts que nous avons dû
retirer.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la
Lutte contre les discriminations)
> [Proposition de loi sur l’antisémitisme] Le gouvernement a fait le choix
de la procédure accélérée : ce texte sera examiné dans les prochaines
semaines. Cette proposition de loi est essentielle car l’antisémitisme a
profondément muté. Aujourd’hui, il se dissimule derrière l’antisionisme, qui
est devenu le nouvel eldorado pour ceux qui veulent continuer à s’en prendre
aux juifs sans employer les mots d’hier. Les termes ont changé, mais pas les
cibles : ce sont toujours les Français juifs, ou ceux que l’on pense
juifs, qui sont visés.
La loi permettra enfin de caractériser juridiquement ces nouvelles formes
d’antisémitisme, de faire tomber les masques et de permettre des sanctions
claires. Elle a aussi une portée pédagogique forte : le droit dit ce qui
est permis et ce qui est interdit et il fixe une frontière commune à toute la
société. (…)
L’antisionisme consiste à nier la légitimité même de l’existence d’Israël. Il
ne s’agit pas de critiquer la politique d’un gouvernement, ce qui est
parfaitement légitime en démocratie, mais de remettre en cause le droit à
l’existence d’un État. Or, Israël est le seul État au monde – une démocratie
qui plus est – dont on réclame de façon obsessionnelle la destruction. On
n’appelle pas à la destruction d’autres États ou régimes qui eux asservissent
et tuent leur population. Cette obsession est révélatrice. Elle conduit aussi à
une inversion historique, où l’on ose parler de nazification d’Israël et où
l’on traite des juifs de génocidaires. Ce sont des mots d’une violence extrême,
chargés d’histoire, et leur usage n’est pas anodin. Ils finissent par
s’installer dans l’espace public et par légitimer des passages à l’acte.
La suite après cette publicité
> L’État protège les Français juifs, sans ambiguïté. Dans les heures qui ont suivi le 7-Octobre, des consignes claires ont été données pour sécuriser les lieux de culte, les écoles, les centres communautaires. La justice a été mobilisée pour garantir des procédures rapides et l’enseignement supérieur a reçu des instructions très fermes. Mais au-delà de la protection matérielle, il y a un climat. Certains se sentent aujourd’hui autorisés à cibler des Français juifs, à les intimider, à les insulter. Cet antisémitisme d’atmosphère doit être combattu avec la plus grande fermeté, car il mine l’idée même de fraternité.
> La France insoumise ne peut plus se cacher derrière l’argument du dérapage. Quand c’est constant, répété, obsessionnel, c’est une stratégie. Leur obsession sur Israël relève d’un calcul électoral cynique. Il existe une complaisance dangereuse vis-à-vis de l’islamisme, et cela a des conséquences directes sur la diffusion de l’antisémitisme et les attaques contre nos principes républicains et laïques. Le LFIsme est la maladie de la gauche. La gauche républicaine doit rompre définitivement avec LFI.
> [Méconnaissance de l’histoire de la Shoah chez les jeunes] Ce qui est inquiétant, c’est que cette histoire est bien dans les programmes scolaires. Le problème, c’est la concurrence des sources d’information. Les réseaux sociaux, les plateformes, certains pseudo-médias mettent sur le même plan le savoir scientifique et l’opinion. Le professeur n’est plus forcément perçu comme une autorité. On assiste de plus en plus à la contestation des faits établis, à la négation de l’existence des chambres à gaz, à la relativisation de la Shoah. Cette banalisation de la falsification historique est extrêmement dangereuse. Elle impose une vigilance permanente, mais aussi un renforcement de l’éducation civique et historique.
> [Stratégies de défense dans le procès en appel des complices du djihadiste qui a assassiné Samuel Paty] Jusque dans sa tombe on le piétine, on le diffame. Attaquer sa mémoire, remettre en cause son intégrité, c’est insupportable. Il avait un seul tort : être un professeur de la République. La lutte contre l’antisémitisme et la lutte contre l’islamisme sont liées, car elles posent la même question : qu’acceptons-nous ou non dans notre société ? Ce n’est pas seulement un débat sécuritaire, c’est un débat civilisationnel. En l’occurrence, cet avocat oublie que la mort de Samuel Paty est d’abord due à un mensonge, et profère lui-même des mensonges.
> [Municipales] L’unité [entre la Droite et le Centre] est la condition de la victoire. Ce qui compte, c’est un socle commun de valeurs et un projet crédible pour les habitants. Face aux difficultés de nombreuses grandes villes, notamment en matière de sécurité, nous avons besoin de coalitions solides et cohérentes.
> Je crois profondément au destin de la France. Cela suppose d’assumer une ambition de puissance, notamment au niveau européen. Si nous acceptons l’idée que le rapport de force compte plus qu’hier, alors nous devons nous donner les moyens d’exister dans ce rapport de force, tout en continuant à défendre le droit international. La France ne doit ni se résigner, ni s’effacer.
> Beaucoup a été fait. Il faut regarder le bilan d’Emmanuel Macron avec lucidité, sans reniement. Se détourner de ces années d’action serait une faute politique. On devra faire différemment demain car le monde a changé en dix ans, mais sans renier ce qui a été accompli hier.
> [Présidentielle] Je suis favorable à une primaire, car c’est le seul moyen crédible de garantir l’unité et la victoire. Aujourd’hui, ma priorité est de réussir dans mes fonctions et de créer les conditions de cette unité. Le reste viendra en temps voulu, et dans le bon ordre. Il faut se garder de toute agitation.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès
de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la
Transition écologique)
> Grâce à l’abnégation de Sébastien Lecornu et des parlementaires qui ont
l’intérêt général à cœur, la France s’est dotée d’un budget. Pour investir dans
l’avenir, pour se défendre dans un monde incertain, pour financer les missions
essentielles de la Nation. L’esprit de responsabilité.
Eléonore Caroit (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la
Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Dans le prolongement de la conférence de Paris pour la paix et la
prospérité dans les Grands Lacs organisée à Paris en octobre, j’ai rencontré
des représentants d’ONG humanitaires congolaises pour saluer leur action et
redire combien leur mobilisation est essentielle pour protéger les populations
éprouvées par des années de conflit, et en particulier les femmes et les
enfants.
La France se tiendra durablement aux côtés des victimes des violences sexuelles
et sexistes en période de conflit.
● Autres ministres
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> L'irruption de l'intelligence artificielle appelle une réponse
pédagogique, pour permettre à nos élèves de comprendre les processus à
l'oeuvre, maîtriser les outils et par conséquent leur propre destinée.
Vendredi 30 janvier, je me suis rendu au lycée François-Villon de Beaugency,
puis au collège Max Jacob de Saint-Jean-de-la-Ruelle, dans le Loiret.
Ces deux établissements sont en avance en matière d'éducation à l'IA. L’académie
d'Orléans-Tours a en effet mis en place une « option IA » en classe
de seconde, grâce à laquelle les élèves peuvent mieux comprendre les mécanismes
des IA génératives. C’est aussi l’objectif du parcours de formation à l’IA
« Pix IA », qui sera accessible à tous les collégiens et lycéens
volontaires dès le 5 février.
Benjamin Haddad (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de
l’Europe)
> Pro Poutine avant d’être pro Ukraine, trumpiste s’invitant au CPAC avant
de le fuir et de demander maintenant l’utilisation de l’instrument anti
coercition contre les US, Jordan Bardella nous donne des leçons de cohérence
diplomatique. Non merci. (…)
C'est votre réponse, monsieur Bardella ? Une casquette portée en second degré à
une soirée potache entre amis il y a 10 ans ? Soyons sérieux. Ma position est
sans ambiguïté, connue et constante. Vous êtes l'ennemi des intérêts de la
France. J’ai toujours défendu notre indépendance. vous voulez parler de
constance ? Quand vos députés validaient le référendum bidon de Poutine pour
annexer la Crimée en 2014, j’étais sur la place Maïdan pour soutenir les jeunes
ukrainiens épris de liberté. Pendant que vous invitiez Steve Bannon dans vos
meetings, j’écrivais que les Européens devaient développer leur autonomie
stratégique et ne plus dépendre des Américains, position tenue sous les
démocrates comme les républicains. Pendant que Marine Le Pen patientait dans le
vestibule de la Trump Tower, je rappelais que le désengagement américain était
durable, que l’Europe était seule et que nous devions parler le langage de la
puissance. Quand vous vous couchiez devant les hommes forts et appeliez au
Frexit, j’écrivais en 2019 un livre appelant à la souveraineté européenne face
à Trump. Si vous voulez, on continuera cette conversation au parlement européen
mais malheureusement je ne vous y ai jamais croisé.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Ce soir, la France est définitivement dotée d’un budget. Ce budget
s’inscrit dans un cadre de responsabilité budgétaire, avec des mesures
d’efficacité et d’économies, des choix de justice fiscale et sociale, un
soutien à l’innovation et des investissements tournés vers l’avenir. Son
adoption garantit la continuité de l’action publique, dans un contexte
politique marqué par l’absence de majorité à l’Assemblée nationale. Mais je le
dis clairement : le débat budgétaire n’est pas allé à son terme. Cette situation
ne peut devenir une habitude. Je plaide pour que ce budget soit le dernier
examiné dans ces conditions. Un budget est un acte démocratique majeur. Il doit
pouvoir être débattu, amendé et voté par la représentation nationale. Depuis
l’automne, je porte des propositions concrètes pour faire évoluer nos règles
budgétaires. Notre démocratie doit s’en donner les moyens. Désormais, avançons.
2026 doit être une année d’action. Le Parlement devra être au rendez-vous.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
> Vous voulez quelqu'un qui fait des saluts fascistes comme maire ?
Ou quelqu'un qui tient des propos racistes sur les réseaux sociaux ? (…)
Le Rassemblement national investit (encore) ses brebis galeuses dans vos
communes avec des candidats racistes, antisémites, misogynes ou complotistes
qui s'engagent près de chez vous.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> J’appelle le Premier ministre à sortir la
Stratégie nationale alimentation climat, qui est prête, et à assumer de réduire
la nourriture ultra-transformée. Il faut commencer par les cantines et y
réduire drastiquement la nourriture ultra transformée. Nous n’avons pas besoin
de demander aux parents de faire des efforts insurmontables, parfois compliqués
avec leur pouvoir d’achat. Et nous devons donner l’information au consommateur,
avec le nutri-score, par exemple. Le consommateur fait son choix en toute liberté,
mais on ne lui ment pas. Nous avons un atout énorme en France, c’est d’avoir
une véritable culture de la cuisine.
> En 2027, je veux pouvoir peser, en m’assurant qu’un candidat porte la vision que j’ai pour la France : de la gauche responsable à la droite humaniste. Nous devons nous rassembler autour d’un projet clair : pro-européen sans naïveté, plus offensif sur la réindustrialisation et sur les politiques environnementales.
> Pour 2027, il faut un mécanisme de sélection qui permette d’avoir un seul candidat, allant de la gauche responsable à la droite pro-européenne. Manifestement, Bruno Retailleau n’est pas dedans. Nous n’avons pas le même logiciel politique. Aujourd’hui, il y a un espace de gens raisonnables, responsables. Il faut le rassembler.
> Si le Medef nous explique qu’il faut payer moins les jeunes que des salariés plus âgés pour le même travail, c’est inacceptable. Si le sujet est de trouver des contrats donnant-donnant entre formation et rémunération, pourquoi pas. Il y a l’alternance, l’apprentissage et les contrats de professionnalisation : discutons de la manière dont nous pouvons les améliorer. Mais non aux mesures au rabais pour les jeunes !
> Jean-Luc Mélenchon veut rouvrir les gazoducs Nord Stream : nous avions compris qu’il était très proche des Russes, aujourd’hui c’est une confirmation. On ne doit pas créer une dépendance supplémentaire à un pays qui est un ennemi. Et je ne suis pas plus enthousiaste d’être dépendante de Donald Trump. Notre priorité, c’est de développer notre production énergétique française. Nous sommes parmi les meilleurs au monde : nous sommes bons en nucléaire, bons en renouvelables, nous produisons plus d’électricité que nous n’en consommons. Il est urgent de baisser les taxes sur l’électricité et de faire en sorte que les Français consomment moins de gaz et moins de pétrole en utilisant plus d’électricité.
Marc Ferracci (député)
> L’Europe ne peut plus être la seule puissance industrielle à croire que la
naïveté protège. Merci à Stéphane Sejourné pour cette tribune forte et lucide,
cosignée par 1 141 dirigeants d’entreprise européens. Dès septembre 2024, j’ai
défendu, au nom du gouvernement, une ligne claire : sortir l’Europe de sa
naïveté face à des concurrents aux pratiques déloyales — subventions massives,
dumping, restrictions à l’exportation, captation de technologies. Le rapport de
force est revenu. Faire comme s’il n’existait pas serait une faute stratégique.
« Buy European » n’est pas un slogan. C’est une exigence de souveraineté
économique, de sécurité industrielle et de cohérence politique. Quand l’argent
public européen est engagé, il doit soutenir :
- la production en Europe,
- des emplois européens de qualité,
- nos chaînes de valeur stratégiques.
Les États-Unis assument le «Buy American». La Chine assume le «Made in China».
L’Europe doit désormais assumer le «Made in Europe», sans bureaucratie
excessive et sans naïveté. Produire en Europe n’est pas une option idéologique.
C’est une condition de notre indépendance industrielle.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> [Tribune: « Buy
European »] L'année 2026 s'est ouverte sur un monde que nous pensions révolu. Un
monde gouverné par le rapport de force.
Droits de douane, subventions massives, restrictions à
l'exportation, violations de la propriété intellectuelle : la concurrence
internationale n'a jamais été aussi déloyale. Alors que les règles du commerce
sont en train d'être redéfinies, nous n'avons plus le choix.
Sans une politique industrielle ambitieuse, efficace
et pragmatique, l'économie européenne est condamnée à n'être qu'un terrain de
jeu pour ses concurrents. Les risques sont imminents : mise en péril de
nos industries phares et de notre savoir-faire, réduction de notre empreinte
industrielle mondiale. En un mot, nous risquons de laisser notre continent
dégénérer progressivement en une simple chaîne de montage pour puissances
extérieures.
Nous ne pouvons pas laisser cela se produire.
Un déficit commercial record de 350 milliards
d'euros
C'est pourquoi, depuis plus d'un an maintenant, la
Commission européenne, en collaboration avec les chefs d'entreprise européens, a
replacé la compétitivité au cœur de l'agenda géopolitique européen. Ensemble,
nous faisons tout notre possible pour améliorer l'accès de nos industries à
l'énergie, aux matières premières, aux investissements, aux compétences et,
bien sûr, à notre marché de 450 millions de consommateurs.
Et pourtant, cela ne suffit pas. Ou plus. Les chiffres
parlent d'eux-mêmes. Rien que l'année dernière, par exemple, l'Union européenne
a enregistré un déficit commercial record de 350 milliards d'euros
vis-à-vis de la Chine.
Que pouvons-nous faire ?
Notre réponse peut se résumer en trois mots, qui ont
l'avantage d'être compris dans toutes les langues du monde : « made
in Europe ». Les Chinois ont le « made in China », les
Américains ont le « buy american », et la plupart des autres
puissances économiques ont des programmes similaires, qui donnent la préférence
à leurs propres atouts stratégiques. Alors pourquoi pas nous ?
Il est temps pour l'Europe de produire plus, et
surtout, plus stratégiquement. Pour garantir notre sécurité économique, nous
devons soutenir et sécuriser nos chaînes de valeur clés.
Chaque fois que l'argent public européen est utilisé,
celui-ci doit contribuer à la production et aux emplois européens de qualité.
En tant que dirigeants économiques et politiques, nous
devons collectivement faire ce que nous n'avons jamais osé faire auparavant -
par peur, par idéologie ou par habitude. Nous devons établir, une fois pour
toutes, une véritable préférence européenne dans nos secteurs les plus
stratégiques. Elle repose sur un principe très simple : chaque fois que
l'argent public européen est utilisé, celui-ci doit contribuer à la production
et aux emplois européens de qualité.
Qu'il s'agisse d'un marché public, d'une aide d'Etat
ou de toute autre forme de soutien financier, l'entreprise bénéficiaire devra
produire une partie substantielle de sa production sur le sol européen. Nous
devons bien sûr appliquer cette logique également aux investissements directs
étrangers.
Sans bureaucratie
Et nous l'appliquerons « à la façon
européenne ». Cela signifie sans bureaucratie. En prenant soin de tester
au préalable les impacts économiques, d'impliquer nos partenaires
internationaux, et de respecter le droit international.
Fidèles à notre ADN, nous veillerons à maintenir
l'équilibre nécessaire entre la préservation de notre ouverture internationale,
et la promotion de nos intérêts stratégiques. En garantissant des conditions de
concurrence équitables avec nos concurrents, en soutenant et en protégeant
notre industrie, notre capital intellectuel, notre main-d'oeuvre et nos
valeurs.
C'est cette logique que nous défendrons dans chaque
initiative.
C'est un acte d'indépendance économique. C'est la mise en oeuvre directe du rapport Draghi. C'est un appel à une préférence claire et assumée pour tous ceux qui choisissent l'Europe.
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Le constat posé par le vice-président de la Commission européenne Stéphane
Séjourné dans sa tribune est le bon : il nous faut de la préférence européenne
dans nos achats publics. 1.141 chefs d'entreprises de toute l'Europe et de tous
les secteurs (Air France KLM, Continental, Ineos, Pirelli, etc.) cosignent ce
véritable appel à l'indépendance européenne économique.
Bernard Guetta (député)
> [Opinion : Unie face à
Trump et à Poutine, l’Europe doit échafauder une politique industrielle commune
face à la Chine] Cette ruée vers
Pékin, en ordre dispersé et totalement irréfléchie, c’est exactement ce qu’il
ne faudrait pas faire. Ce fut d’abord le chef du gouvernement australien. Le
président français et les Premiers ministres irlandais, canadien et britannique
ont suivi. Ce sera bientôt le chancelier allemand avant bien d’autres encore
car ce qui se passe est clair.
Avec la Chine, les Européens ont
enregistré en 2024 un déficit commercial de plus de 300 milliards d’euros. Cela
ne s’est pas arrangé l’année dernière et n’est nullement parti pour s’améliorer
cette année. L’Union aurait aujourd’hui toutes les raisons d’entraver au plus
vite cette déferlante chinoise mais ses Etats craignent des mesures de
représailles alors qu’ils ont tous un besoin vital de développer leurs
exportations vers Pékin. Comme l’Australie et le Canada, chacun d’entre eux
essaie donc de placer ses pions avant les autres dans ce qui devient une
bataille fratricide.
Tapis rouge et grands sourires, Xi
Jinping n’en cache plus sa joie. On en viendrait presque à croire ce qui se dit
des Européens – « divisés », « naïfs », « grands perdants du changement d’ère »
– mais c’est pourtant bien eux qui avaient su torpiller le plan américano-russe
de reddition de l’Ukraine et qui ont fait reculer Trump sur le Groënland.
Comment comprendre alors qu’ils soient unis face à Trump et Poutine mais si
désunis face à Xi qu’ils lui épargnent la peine d’avoir à les diviser pour
régner ?
La réponse est qu’il suffit de se
coordonner pour contrer une agression mais qu’il faudrait avoir déjà fait de
l’Union une puissance politique pour négocier d’égal à égal avec la Chine. Il
n’était pas évident de trouver armes et argent pour soutenir l’Ukraine mais il
n’était pas impossible d’y arriver, même trop tard et trop peu. Il n’était pas
donné de dire « non » à Trump sur le Groënland mais même Viktor Orban n’a pas
osé lui dire « oui » tandis que face à Xi, l’Union souffre de l’Himalaya de ses
faiblesses.
Sans politique industrielle commune, nous
ne sommes pas en situation de négocier un compromis commercial avec la Chine
qui préserverait nos secteurs prioritaires tout en soutenant nos exportations
essentielles.
Sans promotion commune de géants
industriels à opposer à ceux que la puissance publique et la politique
monétaire chinoises soutiennent, nous sommes en position de faiblesse et nous
affaiblissons toujours plus.
Sans recherche commune, ce n’est plus sur
le prix des T-shirts mais sur l’innovation technologique que la Chine nous
concurrence comme on le voit déjà avec ses véhicules électriques.
Sans marché commun des capitaux, nous ne
sommes pas en capacité d’investir ensemble et à long terme autant que la
direction chinoise le peut.
Nous ne sommes qu’un puzzle alors que la
Chine est un Etat. Bien que notre PIB soit supérieur au sien, il n’est en
conséquence pas faux de dire que la deuxième puissance économique du monde
n’est pas l’Union mais la Chine car elle est à même de conduire une seule et
même politique économique alors que nous sommes encore structurellement
incapables de lui parler d’une seule voix.
Tout nous le commanderait pourtant,
l’économie parce que le déséquilibre de nos relations commerciales est
intenable et la politique car, face à Trump, nous aurions besoin d’affirmer la
possibilité d’un autre partenariat.
C’est ce que De Gaulle avait fait avec
l’URSS pour échapper à la tutelle américaine. C’est ce que Nixon avait fait
avec Mao pour prendre le Kremlin à revers. C’est ce que nous devrions faire à
notre tour mais il nous faudrait pour cela cesser de paniquer. Avant de sauter
dans le premier vol pour Pékin, il nous faudrait définir une base de
négociations commune avec la Chine et le faire sans perdre de temps,
c’est-à-dire non pas à 27 mais à quelques-uns, les principaux partenaires
commerciaux de Pékin.
La nécessité l’impose et nous ferons
faire par-là leurs premiers vrais pas à une politique industrielle commune et à
la politique étrangère de l’Union.
Pascal Canfin (député)
> Appel pour une véritable politique « Made in Europe » dans nos secteurs
stratégiques
Par cet appel, le Vice-président de la Commission Stéphane Séjourné et 1.141
dirigeants d'entreprises et représentants de fédérations professionnelles
implantées dans toute l’Europe confirment l’urgence d’établir une véritable
préférence européenne pour soutenir et sécuriser nos chaînes de valeur
stratégiques.
Cette préférence européenne doit ainsi permettre d’orienter le financement et
les achats publics en faveur des entreprises qui produisent et créent de
l’emploi en Europe.
Il s’agit là d’un enjeu majeur pour marquer la fin de la naïveté européenne et
le sursaut d’une Europe puissance souveraine qui se fait respecter dans la
compétition internationale.
J’appelais dès le 26 janvier dernier à mener cette bataille
pour que l’Industrial Accelerator Act comporte une définition claire du « Made in Europe » et des critères d’accès aux financements publics favorisant la production industrielle européenne. C’est en effet une nécessité absolue pour renforcer
notre compétitivité et notre indépendance stratégique.
Encore faut-il que ce tournant doctrinal ne soit pas d’emblée dévoyé par une
définition du « Made in Europe » étendue à tous les pays ayant conclu un accord
commercial avec l’UE, comme certains le souhaitent.
La mobilisation continue !
> Faire croire que la transition
écologique est responsable de la destruction des emplois chez les
équipementiers - alors que les problèmes qu’ils rencontrent sont ailleurs - est
suicidaire !
Cela empêche de voir la réalité en face : face à la concurrence chinoise, les
constructeurs européens ont imposé aux équipementiers de réduire drastiquement
leurs prix, ce qui entrainé une perte de rentabilité des sites et la
délocalisation de la production.
Tout ceux qui souhaitent une industrie forte en Europe devraient soutenir des
critères de contenu local !
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> [Lancement d’un label pro-enfants avec 50 lauréats] Nous pleurons du matin au soir sur les
fermetures d’écoles, le fait que nous ayons moins d’enfants… et d’un autre
côté, on s’autorise à vivre avec des lieux qui excluent les enfants ! C’est
absurde. Nous ne sommes pas obligés de subir l’arrivée de cette tendance du «no kids» dans nos restaurants, nos espaces culturels ou nos hôtels en restant
commentateurs. Le choix des familles, c’est la volonté de mettre en valeur
toutes les initiatives magnifiques qui font une place aux familles et à leurs
enfants !
Il s’agit d’une riposte assumée aux
militants du « no kids ». Nous sommes «pro kids». Et parce que nous voulions
que les familles parlent aux familles, nous avons opté pour une méthode de
plébiscite : sur notre plateforme, ce sont les familles elles-mêmes qui
recommandent des établissements pour leurs tarifs adaptés, leur accueil chaleureux,
leur réelle bienveillance à l’égard des enfants… C’est très simple, populaire,
cela vient du terrain et la France entière est représentée. Cela ne veut pas
dire que les enfants ne doivent pas être correctement accueillis partout. Mais
en attendant, on récompense les meilleurs ! (…)
Célébrer ainsi les enfants et leurs
familles est un signal, en effet. La dénatalité a plusieurs ressorts, et les
réponses doivent être multiples. Mais elle interroge d’abord notre manière de
nous projeter dans l’avenir. Cela concerne le logement, les salaires, les
solutions de garde, le travail, l’international même. Mais cela interroge
également la société elle-même. Plus les pressions sont fortes, moins les
enfants sont accueillis et plus la parentalité est difficile à envisager.
(…)
Entre un commerçant qui soupire à la vue
d’un enfant et celui qui a immédiatement un petit geste amical, le choix d’un
jeune parent est rapide… C’est pareil à l’échelle de la société. D’autant que
la solidarité familiale s’est affaiblie, que l’éclatement géographique des
familles est réel… Il faut signifier aux parents qu’ils ne sont pas seuls.
(…)
Certaines fédérations professionnelles
ont minimisé la tendance «no kids». Elle est pourtant bien réelle. Il y a des établissements qui veulent
carrément interdire les enfants, et je tiens à rappeler la loi. Mais d’autres
se contentent d’un rejet insidieux, qui est beaucoup plus difficile à
quantifier. La vigilance et la réaction sont donc nécessaires. En revanche, les
associations familiales et celles qui défendent les enfants ont accueilli la
nouvelle avec chaleur. Et les propositions ont afflué. J’étais fière, voilà ma
France ! Nous sommes parfois fatigués de dénoncer, même si c’est nécessaire.
Alors nous récompensons, ça fait du bien ! (…)
[Concernant les 50 lauréats de cette année] Nous avons regardé les plus proposées parmi les 2 792 contributions, et
avons choisi 50 lauréats avec des critères précis de bien-être familial tels
que la tarification enfant, des aménagements adaptés… Ils recevront demain, au
ministère, un diplôme et un sticker à coller sur leur vitrine pour signifier
aux familles qu’elles sont bienvenues. Dès l’an prochain, nous élargirons
au-delà des secteurs de la restauration, de l’hôtellerie et du tourisme pour
nous pencher vers les transports ou les commerces… Vous verrez, dans quelques
années, les « no kids » seront has been !
