vendredi 18 septembre 2026

Propos centristes. France – Situation de la France / Protection de l’enfance / Budget: 54 milliards d’économies / Prix de l’essence / Bâtir les Etats-Unis d’Europe / Ne rien céder à Poutine…


Voici une sélection, ce 18 septembre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Propos à l’issue de la réunion des chefs de partis politiques en format Saint-Denis]
Cette réunion, nous avons souhaitée la faire avec le Premier ministre, en invitant l'ensemble des forces politiques représentées à l'Assemblée nationale et au Sénat et leurs candidats, pour évoquer la situation aujourd'hui que vit notre pays et les conséquences très directes sur la vie de nos compatriotes de la situation internationale. 
A ce titre, le directeur général de la Sécurité extérieure, la directrice générale de la Sécurité intérieure, le directeur du Renseignement militaire et le secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, ainsi que le directeur général de l'Énergie ont pu faire un point détaillé sur les deux grandes crises qui bousculent notre pays et l'ensemble des nations du monde. 
La première crise, les conséquences premières sont celles de la guerre d'agression russe en Ukraine. Nous connaissons cette situation dans sa phase la plus intense depuis février 2022, mais ces dernières semaines, la menace en particulier, la menace hybride russe à l'égard des Européens et de la France s'est intensifiée. En Ukraine, vous le savez, la guerre est, chaque mois, très meurtrière, avec des pertes de part et d'autre qui sont considérables et avec aucun équivalent contemporain. Vous connaissez évidemment, je n'y reviens pas, la position de la France et des Européens en soutien à l'Ukraine, sanctionnant la Russie. Mais depuis cet été, la Russie a multiplié les attaques contre les intérêts européens. J'ai pu ici, à plusieurs reprises, rappelez-vous l'alerte sonnée en février 2024 en appelant les Européens à gagner en ambiguïté stratégique, annonçant ce que nous allions faire un an plus tard avec la coalition des volontaires. Je veux ici dire que la nature de l'agressivité russe et de ces menaces en Europe change. L'attaque de drones sur un train de passagers depuis Kiev, il y a quelques jours, la tentative d'attaque à l'aéroport de Leipzig, qui a échoué, mais c'est parce qu'elle a échoué qu'il y a eu si peu de conséquences, attribuée par les services allemands aux GRU, le tir de fusée éclairante à proximité d'une frégate danoise, des incursions dans l'espace aérien dans plusieurs pays européens et la multiplication d'actes hostiles dans la plupart de nos pays. 
Le DRM et le SGDSN ainsi que la DGSI ont pu faire l'état des attaques hybrides dont notre pays a fait l'objet ces dernières semaines face à ces situations. Notre position est claire, le soutien à l'Ukraine est plus que jamais indispensable parce qu'il est la condition de notre sécurité et d'un retour à une paix juste et durable. C'est la position qui demeure, c'est celle aussi qui nous conduit avec le Royaume-Uni à piloter cette coalition des volontaires, et d'ailleurs à avoir dans quelques semaines des exercices qui seront menés sur le sol européen pour consolider celle-ci. C'est aussi ce qui a justifié la réunion du 13 juillet dernier, la coalition nouvelle et les composantes nouvelles que la France livre, comme d'autres pays, aux Ukrainiens. 
Sur la menace intérieure, nous avons tenu un Conseil de Défense et de Sécurité nationale mercredi dernier, à l'issue duquel le Premier ministre a pu donner un ensemble d'instructions à ses ministres et ses services. À notre demande, le ministre de l'Intérieur a réuni hier l'ensemble des préfets de zone pour monter la posture et la vigilance à l'égard des attaques hybrides russes, et a demandé au gouvernement de préparer un plan de protection de nos infrastructures critiques, ainsi que des sites les plus sensibles de notre base industrielle et technologique de défense, contre les attaques de drones et les attaques cyber. Au-delà de ce rehaussement légitime de notre posture, sur lequel nous avons informé les forces politiques et donné les détails, nous poursuivons aussi le travail enclenché depuis plusieurs mois afin d'améliorer notre protection contre les ingérences étrangères et les attaques cyber. La France a été l'un des premiers pays d'Europe à s'organiser en la matière, créant VIGINUM il y a maintenant cinq ans, développant ses pratiques, venant en aide à la Roumanie ou la Moldavie, pour ne citer que quelques exemples lorsqu’elles furent attaquées. Nous avons bâti de nouveaux textes sur les ingérences étrangères comme le cyber, qui continueront aussi vite que nous le pouvons leur chemin législatif pour pouvoir être pleinement applicables dans les semaines qui viennent. Au-delà de ça, plusieurs mesures réglementaires ont été prises et continueront d'être prises en la matière. Il y a eu un long débat et beaucoup de questions et réponses sur la question des ingérences lors de l'échange avec les forces politiques. 
La deuxième crise que nous vivons, ce sont les conséquences de la guerre au Proche et Moyen-Orient et, en particulier, les conséquences sur le prix de l'énergie et sur la vie de nos compatriotes. Nul n'ignore ici ce que vivent tant et tant de nos compatriotes, de familles, depuis ces dernières semaines, où le prix des carburants a fortement augmenté. Les prix à la pompe atteignent des niveaux historiques qui font aujourd'hui beaucoup souffrir, qui accroissent les problèmes de pouvoir d'achat, l'inquiétude monte sur les prix du gaz et la situation énergétique. Cette situation est due intégralement aux guerres et à la situation internationale. C'est aussi l'objectif de cette réunion. Et elle est en particulier due, puisque la guerre en Ukraine dure depuis quatre ans, à la fermeture du détroit d'Ormuz et aux conséquences des attaques qui ont été lancées par les États-Unis d'Amérique et Israël en Iran. Vous le savez, cette guerre, la France ne l'a pas choisie. Elle n'y a d'ailleurs pas participé. Mais, comme beaucoup d'autres pays, nous vivons les conséquences de ce qu'elle a déclenché. Le détroit d'Ormuz reste quasiment bloqué. En tout cas, il n'y a pas d'accord qui permettent de réouvrir les choses et, aujourd'hui, le transit s'est dégradé par rapport à ce qui était la situation il y a quelques semaines. Des voies de contournement avaient pu être trouvées, comme le pipeline en Arabie saoudite débouchant sur Yanbou, en mer Rouge, qui avait permis de transférer plusieurs millions de barils par jour, l'équivalent. Aujourd'hui, après les attaques des houthis sur Yanbou, ces volumes ont aussi fortement diminué. 
Cette situation, à laquelle s'ajoute la destruction des infrastructures énergétiques en Russie et en Ukraine, conséquence de la guerre d'agression russe, a conduit à une explosion des prix de l'énergie partout dans le monde. Le brut, le diesel, l'ensemble des produits raffinés et transformés, donc diesel ou jet fuel, mais aussi une tension sur le gaz pour aujourd'hui et pour demain. Cette situation est évidemment celle que nous connaissons et que connaissent nos compatriotes, mais celle aussi qui va continuer dans les prochaines semaines de rythmer la vie du pays. Donc, nous avons pu partager notre analyse, mais aussi les actions que nous menons. Aujourd'hui, la France fait tout pour faciliter la réouverture pacifique du détroit d'Ormuz. C'est l'action que, dès le mois d'avril dernier, nous avons conduite ici même, en réunissant pour la première fois cette mission internationale défensive avec l'Organisation internationale maritime, pour permettre, dès qu'un accord serait trouvé, d'escorter les tankers et les porte-conteneurs, qui permettraient de réouvrir de manière pacifique Ormuz. Ceci dépend de la capacité à finaliser un accord qui nous paraît peu probable entre l'Iran et les États-Unis d'Amérique à court terme. Néanmoins, des discussions que nous accompagnons existent entre Oman et l'Iran, et il existe là aussi des chemins diplomatiques qui permettraient la réouverture de ce détroit, et nous sommes donc disposés à accompagner celle-ci et à sécuriser le trafic. 
Deuxième action que nous sommes en train de mener, c'est de sécuriser nos volumes et nos approvisionnements sur les catégories les plus sensibles, où il y a pu y avoir des tensions dès cet été, je pense au jet fuel qui a touché beaucoup de pays dépendants, et le gaz qui peut toucher les Européens cet hiver, même si la France, elle, est au bon niveau de stockage attendu et obtiendra pour cet hiver le remplissage des cuves comme nous devons le faire selon les critères européens, c'est-à-dire nous serons à 80 %, mais l'Europe en tant que telle reste dépendante du gaz plus que la France elle-même, et donc nous devons agir pour qu'il n'y ait pas de tensions sur ce marché. Et donc diesel, jet fuel et gaz sont notre priorité. 
À ce titre, ça a été le cœur de l'action diplomatique que j'ai pu conduire ces dernières semaines, en recevant ici le Premier ministre d'Arabie saoudite, le Prince héritier, Mohamed Ben Salmane, qui est évidemment un grand fournisseur, en travaillant ensemble sur les solutions pour sécuriser extraction, production et sortie des hydrocarbures fossiles et notre approvisionnement. C'est aussi à ce titre que j'ai reçu il y a quelques jours le Premier ministre irakien, avec lequel nous avons signé des accords pour sécuriser nos volumes et nos approvisionnements pour aujourd'hui et pour les années à venir, et avec lesquels aussi nous avons travaillé sur plusieurs projets de pétrole et de gaz. C'est ce qui a été au cœur de mes échanges avec l'émir du Qatar ou avec le président des Émirats arabes unis, deux grands fournisseurs. C'est aussi ce dont j'ai pu parler hier avec le président du Nigeria, qui est également un de nos grands fournisseurs sur les hydrocarbures. Toutes ces initiatives ayant vocation à sécuriser à court terme nos approvisionnements dans les catégories les plus critiques que j'évoquais. 
À côté de cela, nous avons accéléré les travaux lancés par la France avec quelques autres depuis plusieurs mois, même plusieurs années, pour multiplier les corridors énergétiques et réduire nos dépendances. C'est ce que nous avions lancé avec l'Inde dès son G20 et ce que nous avons accéléré ces derniers mois, en particulier dans le cadre du G7 que la France a organisé, en invitant les pays qui étaient concernés. Donc nous avons des travaux qui sont en cours pour organiser des pipelines depuis l'Irak jusqu'à la Méditerranée orientale, afin de sécuriser la sortie de ce gaz. Nos acteurs énergétiques font partie de ces coalitions et nous avons pu y revenir avec le Premier ministre irakien lundi, et hier avec le roi de Jordanie et avec le président Aoun, la Jordanie et le Liban faisant partie, aux côtés de la Syrie, des pays critiques pour sécuriser cette sortie du gaz irakien. C'est aussi ce qui nous conduit à travailler avec l'Arabie saoudite et l'Égypte pour permettre l'acheminement d'autres capacités de gaz ou de produits raffinés depuis les pays du Golfe vers la Méditerranée orientale. L'ensemble de ces projets, nous continuerons évidemment de les accélérer, mais ça a été aussi au cœur de notre action diplomatique des derniers jours et des dernières semaines. Dès dimanche, je rencontrerai aussi le Premier ministre du Canada, Marc Carney à Saint-Pierre-et-Miquelon, pour renforcer nos échanges commerciaux en matière de produits pétroliers et de gaz naturels liquéfiés. Vous le voyez donc, au-delà de tout faire pour rouvrir Hormuz et participer aux efforts diplomatiques, le deuxième axe d'effort international, c'est sécuriser nos approvisionnements pour préparer les semaines et les mois qui viennent, faire le maximum pour essayer de faire baisser les prix et travailler à des voies alternatives pour réduire notre dépendance à Ormuz. 
Au-delà de ces travaux, la France, présidant le G7, aura à prendre plusieurs initiatives et je convoquerai un G7 pour avancer sur une meilleure coordination sur les niveaux de stock, avec une plus grande coopération aussi sur les exportations et les capacités de production. Nous aurons dans les prochaines semaines un G7 qui sera consacré à ces sujets énergétiques, à la fois pour accroître la coopération et éviter des tensions inutiles entre les pays du G7 et nos principaux partenaires, pour aussi considérer les options de libération potentielle de stocks stratégiques ou de déblocage, comme nous l'avions fait d'ailleurs il y a quelques mois avec nos partenaires, en lien étroit avec l'Agence internationale de l'énergie. 
À période exceptionnelle, mesures exceptionnelles, nous voulons aussi agir au niveau européen. C'est pourquoi, dès aujourd'hui, je vais saisir la présidente de la Commission européenne, d'abord pour accélérer les travaux sur les stockages de gaz au niveau européen, ensuite pour pouvoir accélérer toutes les flexibilités possibles pour baisser nos prix et la structure de nos prix de l'énergie, et tout faire pour évidemment maintenir nos capacités et d'importation et de raffinerie. À cet égard, j'adresserai donc dans cette saisine plusieurs axes d'efforts pour libérer nos capacités de production, travailler sur toutes les flexibilités possibles, faciliter le recours au biocarburant lorsque c'est techniquement possible, une série de mesures très concrètes et activables rapidement qui doivent nous permettre de raffiner plus vite et davantage, en européen de consolider davantage de volume et d'activer des flexibilités qui nous permettront de réduire à très court terme nos dépendances aux hydrocarbures devenues plus chères et faire baisser les prix pour l'ensemble de nos compatriotes. Cette action européenne est urgente et, dans les prochaines semaines, elle sera au cœur de notre travail avec nos partenaires européens. 
Enfin, au niveau national, nous voulons, avec Monsieur le Premier ministre, évidemment nous assurer de l'ensemble de nos capacités à la fois d'apport, d'import et de production. Le Premier ministre, dans les prochaines heures et en particulier lundi, à travers une série de réunions et un séminaire gouvernemental, aura à coordonner les actions nationales au-delà de ce qui a déjà été fait sur plusieurs domaines. Sécuriser tous nos approvisionnements sur la base des efforts diplomatiques que nous venons de construire, donner de la visibilité sur les semaines et les mois qui viennent à toutes les mesures justement de gestion de nos stocks et de fluidité pour éviter les ruptures de charges, qu'il s'agisse à la fois du pétrole, des produits raffinés ou du gaz, et donc sécuriser nos chaînes logistiques et nos approvisionnements. 
Le deuxième axe d'effort, ce sera aussi d'accélérer et d'optimiser tous les efforts en matière d'électrification et de réduction de nos dépendances à ces hydrocarbures. Le troisième axe d'effort, ce sera de consolider nos mesures d'accompagnement de nos compatriotes et des grandes filières économiques. Comme vous le savez, il y a déjà eu des plans de filières qui ont été pris pour nos pêcheurs, nos agriculteurs et plusieurs autres. Ceux-ci seront évalués, si nécessaire, adaptés. Ils pourront aussi être, dans cette évaluation, modulés sur leurs composantes et la rapidité des aides données. Le Premier ministre évaluera avec ses ministres cela, ainsi que les mesures d'accompagnement de nos compatriotes. Là aussi, vous avez plusieurs mécanismes qui existent, mais ces travaux permettront d'en tirer des conclusions provisoires et de pouvoir les adapter et d'en tirer les conséquences pour la vie de nos compatriotes, pour les accompagner dans cette période. 
Voilà ce que je souhaitais dire pour rendre compte de cette réunion. Elle était importante parce que la situation que nous traversons est grave. Elle est grave du fait de la situation internationale et des conséquences des guerres que nous subissons. Et dans un tel contexte, nous devons d'abord rester unis, mobilisés. Nous devons essayer de traiter les problèmes à leur racine, c'est-à-dire tout faire pour que les causes premières soient résolues et donc essayer de bâtir la paix, réduire nos dépendances et nous protéger et protéger nos compatriotes pour l'hiver. C'est exactement ce que nous faisons. Et puis, nous avons les mesures d'accompagnement parce que la situation est dure pour beaucoup de familles françaises et pour aussi beaucoup de professions. Et donc, le gouvernement et moi-même, avons à cœur d'accompagner nos compatriotes dans cette période que je sais si dure. Je veux leur dire ici que nous sommes à leurs côtés et que nous nous mobiliserons. Je l'ai dit, le Premier ministre, dans les heures et jours à venir aura à mener ses travaux. 
Pour ma part, dès dimanche, je verrai le Premier ministre du Canada, je verrai plusieurs autres dirigeants à New York lundi et mardi et j'aurai l'occasion de revenir à l'issue de ces déplacements devant les Françaises et les Français, à la fois pour leur rendre compte de nos actions et revenir aussi sur les prochains mois.

> Tout mérite d'être analysé, tout doit être analysé et expérimenté parce que c'est ce que nous devons faire pour accompagner nos compatriotes. La situation est très dure. Elle est angoissante pour beaucoup de familles et elle impose que nous soyons pleinement mobilisés. Donc, évidemment, tous les efforts sont faits, on ira au bout. J'appelle simplement l'attention collective sur plusieurs éléments.
Le premier, j'entends beaucoup de gens qui nous disent faites ceci, faites cela, bloquez les prix, dépensez plus. Ce sont les mêmes qui, il y a 15 jours, nous disaient vous avez beaucoup trop fait de manière irresponsable ces dernières années, entre 2022 et 2024, ou pendant le Covid, pour nous mettre dans ces situations de finances publiques. Donc, il y a un moment donné, il faut juste être cohérent et honnête avec les Français. Moi, je veux être honnête avec eux. Nous avons énormément protégé les Français, beaucoup plus qu'ailleurs en Europe, face à la crise du Covid, comme face à la crise énergétique que nous avons subie et qui, elle, était aussi importée, qui étaient les conséquences de la guerre russe en Ukraine. Aujourd'hui, on a une responsabilité aussi de finances publiques. Vous avez, à juste titre, largement relayé. Donc, il ne faut pas que les mêmes qui ont déploré les conséquences de mesures naguère viennent nous redemander de faire la même chose. 
Ensuite, je veux attirer l'attention collective. La France a parfois été en colère face à des décisions prises par nous ou nos prédécesseurs, qui avaient eu vocation à monter les prix du carburant. J'en ai quelques souvenirs. J'étais au contact des Français, on a pris des mesures. La situation que nous vivons aujourd'hui sur les prix à la pompe, comme sur l'ensemble des prix des hydrocarbures fossiles, n'est pas la conséquence de décisions gouvernementales, elle est la conséquence de la situation géopolitique. Il faut avoir l'honnêteté de le rappeler. Face à ça, avant de dépenser le maximum d'argent, qui est l'argent des Français, et qui se traduira soit en déficit accru, soit en impôts, il faut surtout que nous soyons mobilisés pour essayer d'en traiter les causes. C'est ce que nous faisons. Dans l'ordre que je viens de rappeler, nous mobiliser pour obtenir la paix et la réouverture des voies. C'est ce qu'on veut faire sur Ormuz, y compris en facilitant ce petit accord et en ressortant des volumes. C'est aussi pour ça que ce travail, y compris ce qu'on veut faire pour aider à sécuriser la sortie en mer rouge du pipeline de Yanbou, est très important parce qu'il y a un mois, la situation était moins tendue. Donc on a des voies et moyens diplomatiques de le faire. 
Deuxièmement, nous mobiliser pour sécuriser les approvisionnements, comme je l'ai rappelé. C'est très important parce qu'on doit, face à ces situations risquées, la vérité et donc c'est par cette action diplomatique qu'on pourra pleinement sécuriser ces volumes pour nos compatriotes. Et puis c'est la mobilisation européenne pour agir ensemble et faire baisser ces prix. Au-delà de ça, une fois qu'on a activé tous ces leviers, une fois qu'on a été au maximum, il y aura en effet des mesures d'accompagnement et il y en a déjà. Donc ces mesures d'accompagnement, ce sera le fruit du travail du gouvernement, soit pour des secteurs qui sont très dépendants, qui ne peuvent pas faire autrement, et qui, à court terme, ne peuvent pas subir, malgré tous nos efforts, toute notre action, l'évolution de ces prix, soit auprès de nos compatriotes. On connaît les mesures, elles sont en cours, ce qu'on appelle la mesure gros rouleur, qui touche environ 3 millions de nos compatriotes. Donc tout ça fera l'objet d'une analyse et d'une action. Nous agirons sur l'ensemble de ces leviers. Mais on agira en étant lucides. Cette flambée des prix n'est pas la conséquence de décisions gouvernementales ou de mesures nationales, mais de la situation géopolitique. Nous avons des contraintes de finances publiques et nous sommes mobilisés pour être aux côtés des Français. 

> Sur la crise sociale, nos compatriotes vivent dans leur chair les conséquences de cette situation. D'une part, les conséquences d'une guerre lancée par la Russie contre l'Ukraine, qui crée ces tensions multiples, et d'autre part, les conséquences de la guerre lancée par d'autres en Iran. Nous sommes actifs, diplomatiquement, et très actifs, depuis plusieurs années, pour essayer de les résoudre, et nous continuerons de le faire. Mais je suis solidaire à l'égard de nos compatriotes, mobilisés, mais je les appelle aussi à rester unis, et nous devons tous rester unis, parce que dans cette situation, la division nous rendra moins forts pour affronter ces crises. Les mobilisations sociales sont toujours légitimes, mais elles sont efficaces lorsqu'elles ont un débouché qui est à la main du gouvernement. Lorsqu'elles protestent contre les conséquences de phénomènes qui ne sont pas le résultat d'actions gouvernementales, elles disent une souffrance, mais elles produisent moins une solution. Donc restons unis, concentrés. Vous avez un gouvernement qui est à la tâche, conscient de ce que vit le pays, qui prendra les meilleures décisions possibles avec les contraintes qui sont les nôtres. Je crois qu'il y a des forces politiques qui ont compris cela, et j'espère toutes, et il y aura ensuite le débat parlementaire qui se doit. Je pense qu'on a aujourd'hui besoin de rester très unis et d'avoir conscience que la situation que nous vivons, elle est la conséquence des crises internationales. 

> Les propos du Premier ministre Donald Tusk sont solides, documentés, et c'est un Premier ministre qui a toujours été responsable, et je crois qu'il tire les conséquences légitimes de ce qui s'est passé ces dernières semaines et que je rappelais. Ce qui s'est passé en Allemagne à Leipzig, ne le sous-estimez pas, a échoué parce que le dispositif prévu par le GRU n'a pas fonctionné. Mais les conséquences auraient été tragiques avec des pertes humaines, des conséquences matérielles massives. Donc ça veut dire que l'intention des services secrets militaires russes était celle-là. Si ce qui se passe à Leipzig peut se passer dans toute autre ville européenne, les intrusions de drones dans l'espace aérien de plusieurs pays, d'ailleurs avec une réelle profondeur dans l'action russe, nous montrent que nul n'est à l'abri. 
Donc face à cela, on agit. On agit à travers la mobilisation que nous avons décidée, mobilisation de nos préfets de zone, mobilisation de l'ensemble du dispositif français pour mieux protéger nos emprises les plus stratégiques et notre base industrielle et technologique de défense, et posture collective de grande vigilance. Nous sommes dans un moment de vigilance. Nos amis suédois ont appelé ça la défense totale pour appeler aussi leur peuple à la vigilance. C'est très cohérent avec ce que nous avons bâti tous ensemble et la stratégie nationale de résilience qui a été présentée par le SGDSN il y a plusieurs mois. C'est aujourd'hui une réalité et donc nous devons tous être vigilants, en action, conscients que de telles manœuvres et de telles attaques sont possibles dans nos villes et nos capitales et sur les emprises les plus sensibles, et donc tout faire pour prévoir, planifier, nous protéger et rester extrêmement vigilants. Et c'est en européen que nous allons continuer de le faire.
Ensuite, sur la riposte, le propre de la dissuasion, c'est de ne pas donner de la visibilité sur ce qu'on fera, mais ça ne restera pas sans réponse. Je pense que ce serait une erreur de la part de la Russie de continuer d'agir à l'égard des Européens de cette manière. La volonté qu'il y a derrière, c'est de nous intimider et c'est de casser l'effort de soutien aux Ukrainiens. La conséquence sera le contraire. Nous ne sommes pas intimidés parce que nous savons que se joue en Ukraine notre sécurité d'aujourd'hui et de demain. Et tous ceux qui pensaient que la Russie était prête à trouver des compromis faciles et de court terme, savent très clairement ce que c'est que d'avoir une puissance désinhibée à nos frontières. Donc si on veut une paix et une sécurité durable, il faut faire ce qu'on est en train de faire en Ukraine, continuer nos efforts de défense et de sécurité comme nous l'avons fait avec nos lois de programmation militaire successives, et accroître notre résilience nationale, y compris civile, sur nos emprises. Je vais prendre une dernière question. 

> Les contacts avec la Russie ont toujours été maintenus au niveau des services. Tout ce qui s'est passé et les attaques hybrides des dernières semaines n'ont jamais donné lieu à des messages de prévention ou d'alerte. Donc, ce que je veux dire par là, c'est que nous avons subi des attaques informationnelles, nous avons subi des attaques cyber, elles ont été documentées, attribuées et nous savons, là aussi, elles ont été attribuées, qu'il y a eu plusieurs attaques très claires, physiques, dans l'espace européen. Le jour où on sera attaqué physiquement, on ne nous préviendra pas. Je préfère vous le dire, ça ne marchera pas comme ça. Il n'y a pas eu de message d'alerte pour dire qu'ils allaient attaquer à Leipzig. Donc, c'est pour ça qu'il faut de la vigilance. Mais oui, nous avons déjà été l'objet d'attaques hybrides, je vous en ai déjà rendu compte, plusieurs d'entre elles ont été attribuées et oui, ce risque, il existe, il est réel. Et la menace a été rehaussée. Donc, face à ça, on agit.
Pour ce qui est des prix, nous sommes mobilisés et nous agissons. Vraiment, c'est l'inverse qu'il faut comprendre de ce que j'ai dit. On agit, ces derniers mois, par les actions diplomatiques qu'on conduit pour pouvoir rouvrir. Nous ne sommes pas des parties prenantes à ce conflit. Ce n'est pas une action française ou européenne qui a conduit à fermer Ormuz. Donc, à cet égard-là, on n'est pas au premier rang d'une action possible. On ne va pas arrêter un conflit qu'on a mené, nous ne sommes pas ceux qui ont attaqué. Mais nous, on agit en proposant des solutions de déminage ou d'escorte, premier point. On agit en multipliant les approvisionnements et les accords de sécurisation et ça, c'est très important, parce qu'il y a des pays, cet été, l'été dernier qui ont manqué de jet fuel et qui ont dû réguler leur trafic aérien. Nous, nous arrivons à les sécuriser et donc cette action, elle est très importante pour que, justement, tout au long de l'hiver, on ait une sécurité d'approvisionnement. Cette sécurité d'approvisionnement ne se fera pas toute seule sur les produits les plus sensibles. Donc là, on agit. 
Ensuite, on agit en européen pour pouvoir produire plus, sécuriser davantage et trouver les flexibilités. Ça, c'est de l'action avec, là aussi, un impact qui aura sur les prix. Et ce qu'on est en train de faire, à la fois à Ormuz et aux côtés de nos partenaires saoudiens, sur Yanbou, pour aider à ce que ça rouvre, ça a un impact. Parce que, comme je le disais, la guerre a commencé fin février dernier, il y a eu tout de suite un impact sur les prix. Mais on a réussi, quand le trafic avait repris ou qu'on avait trouvé des voies de contournement, à ce que les prix soient plus bas qu'aujourd'hui. Donc c'est ces efforts-là qui ne sont pas le règlement complet de la guerre, mais l'accompagnement de ces efforts qui vont nous permettre de faire rebaisser les prix à la pompe. Donc ce qui est important de comprendre, c'est que nous sommes mobilisés, on aura des résultats sur la sécurité d'approvisionnement, comme les prix dans les semaines et les mois qui viennent, mais on n'a pas la totalité du problème en main, parce que ce n'est pas nous qui détenons la clé d'Ormuz. Mais là-dessus, on agit. La France et l'Europe sont à la manœuvre et nous pouvons faire des choses, et nous en avons fait ces dernières semaines. Parce qu'aussi, on est plutôt des vecteurs de paix et qu'on a des partenaires qu'on a beaucoup engagés ces dernières années, qui sont aussi nos fournisseurs. 
Et comment on peut sécuriser les approvisionnements ? C'est parce qu'on a été aux côtés de l'Irak dès qu'il est sortie de la guerre, en étant les premiers à faire la conférence de Bagdad. C'est parce que nous, on a mis des systèmes et qu'on a défendu les Émirats et le Qatar quand ils ont été attaqués il y a quelques mois. C'est parce qu'on avait ici l'Arabie saoudite et qu'on est aussi des partenaires. C'est grâce à ça qu'on sécurise nos approvisionnements. Donc ça, c'est notre action internationale et européenne. 
Et puis le gouvernement, il agit aujourd'hui aussi pour accompagner les filières et les ménages, et il continuera de le faire dans les semaines et les mois qui viennent, mais en analysant la situation. Mais il ne faut pas que le débat public vienne tout de suite se concentrer en quelque sorte comme si la flambée des prix n'était que le résultat de décisions intérieures nationales. Ce n'est pas vrai. Si on fait ça, on fera des erreurs extrêmement importantes et on va dépenser énormément d'argent public que nous n'avons pas pour régler une situation que nous subissons et que nous importons. Donc vous voyez bien que ce n'est pas la meilleure réponse. Donc, face à cette émotion, face à la colère, face parfois au désespoir qu'ont certaines familles et que je ressens avec eux parce que cette situation est intenable, je veux leur dire qu'on agit et qu'on peut avoir des résultats. Mais on agit avec méthode, en analysant la situation et en le faisant de la manière la plus efficace possible. 

> Quand le pétrole est sous pression, les prix à la pompe grimpent. Je sais ce que cela représente pour les Français. Ce qui se passe à des milliers de kilomètres de chez nous finit toujours par peser sur notre quotidien. Alors j’agis pour réduire les tensions, sécuriser nos approvisionnements et faire baisser la pression sur les prix. Après mes échanges avec le Premier ministre irakien en début de semaine, je me suis entretenu aujourd’hui avec le Prince héritier d’Arabie saoudite et l’Émir du Qatar. La priorité : rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, artère vitale pour le passage du pétrole, protéger les infrastructures énergétiques de nos partenaires et sécuriser la production. C’est indispensable pour garantir nos approvisionnements. Nous y travaillons avec nos partenaires de la coalition pour la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Nous travaillons aussi à ouvrir des routes alternatives pour réduire notre dépendance à ce passage stratégique et pour sécuriser nos approvisionnements. Plus de routes pour le pétrole, c’est moins de dépendance. Moins de dépendance, c’est plus de sécurité. Et plus de sécurité, c’est moins de pression sur les prix. Faire reculer les tensions. Sécuriser le pétrole. Faire baisser la pression sur les prix à la pompe. C’est aussi cela, protéger les Français.

> Paris est aujourd’hui le lieu où nos partenaires se réunissent pour renforcer la souveraineté du Liban et lui permettre d’assurer pleinement sa sécurité. Un Liban en paix, c’est un espoir qui renaît pour tout le Moyen-Orient. Un Liban souverain et stable, c’est un pas décisif vers la paix et la stabilité de toute la région. Avec le Président libanais et le Roi de Jordanie, et en étroite coordination avec les États-Unis, l’Arabie saoudite et nos partenaires internationaux, nous soutenons les Forces armées libanaises, indispensables pour affirmer l’autorité de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire. Face aux tensions persistantes au Moyen-Orient, seuls la diplomatie et le dialogue peuvent mettre fin à une escalade sans issue. J’ai notamment réaffirmé notre solidarité avec la Jordanie et condamné les attaques iraniennes. Nous avons souligné l’importance de garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, en mer Rouge et dans le détroit de Bab-el-Mandeb. Les blocages ont des conséquences directes sur notre quotidien. Les Français les subissent à la pompe, avec des prix devenus insupportables. Je le disais hier, cela reste ma priorité : nous œuvrons sans relâche pour réduire les tensions, sécuriser nos approvisionnements en pétrole et faire baisser la pression sur les prix. Autre grand enjeu qui ne doit pas être oublié : il nous faut continuer à agir pour la solution des deux États. Israël et Palestine, en paix et en sécurité. Un an après la Déclaration de New York, il ne faut relâcher aucun de nos efforts, car il en va là aussi de la stabilité de toute la région. Mobiliser tous nos partenaires, prendre ses responsabilités pour la stabilité du monde, c’est agir pour protéger les Français.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Le Budget 2027 contiendra un effort d’environ 54 milliards d’euros, dans la stabilité fiscale. C’est une copie offensive sur la réduction de la dépense publique. Mais nous sommes très loin de l’austérité : si les choix que nous prenons sont difficiles, ils ne sont pas brutaux. Sans mesures correctives, le déficit 2027 tutoierait les 6,5 % du PIB. Ces efforts, aujourd’hui, permettent d’éviter d’avoir à faire des sacrifices demain pour ramener le déficit à 4,8% du PIB (hors défense).

> Plus nous attendons, moins nous choisissons. Redresser nos comptes en protégeant les plus fragiles ainsi que celles et ceux qui travaillent : c’est le sens du budget 2027. Prendre des décisions difficiles aujourd’hui, c’est éviter la brutalité budgétaire demain.

> Les dépenses sanitaires et sociales continueront à augmenter plus vite que l’inflation, notamment avec le vieillissement de la population. Les économies que nous proposons visent à maîtriser cette hausse. Environ 2 milliards d’euros d’économie à terme en réformant les arrêts maladie. 100 millions d’euros dès 2027 grâce à l’accord trouvé par les partenaires sociaux pour mieux réguler les ruptures conventionnelles, puis 800 millions en année pleine. La loi contre la fraude fiscale et sociale et de nouveaux moyens avec de l’IA permettront de détecter et récupérer 1 milliard d’euros supplémentaires. Nous allons aussi offrir la possibilité à des contribuables repentis de se mettre en règle avec l’administration pendant l’année 2027.

> Le ministère du Travail devra réaliser 2,5 milliards d’euros d’effort, en réformant les outils renforcés pendant la crise du Covid et en ciblant mieux le Compte Professionnel de Formation. L’Apprentissage sera préservé. Les opérateurs et agences verront aussi leurs enveloppes diminuer. Le point d’indice des fonctionnaires sera gelé, et les enveloppes dédiées aux ministres et aux cabinets ministériels diminueront. Nous ouvrirons des discussions avec les syndicats pour éviter que les fonctionnaires ayant les salaires les plus bas ne soient exposés à l’inflation. C’est un effort important, mais pas brutal.

> Stabilité fiscale : nous n'augmenterons pas les impôts. Nous refusons de geler le barème de l’impôt sur le revenu : les Français qui travaillent ne verront pas leurs impôts augmenter. Les niches fiscales les plus importantes seront sanctuarisées, notamment pour les services à la personne. D’autres pourront être revues lors du débat parlementaire. Pour les entreprises, la surtaxe exceptionnelle d’impôt sur les sociétés des grandes entreprises baissera de 2,5 milliards d’euros. Il faut envoyer un message aux investisseurs et tenir notre croissance. Le «Pacte Dutreil» est lui sanctuarisé, il est essentiel pour permettre de préserver les entreprises et l’emploi en cas de transmission générationnelle. Nous proposons même le "pacte Papin" pour faciliter et multiplier les reprises par les salariés. Un seul objectif : protéger et dynamiser notre tissu économique.

> L’État doit être exemplaire : les économies commenceront par lui-même. Il fournit le plus gros de l’effort. Si on exclut la hausse de la charge de la dette et celle du budget des Armées, le budget de l’État sera pour la première fois depuis longtemps stable en valeur par rapport à l’année dernière. Mais on ne renonce pas à nos priorités : le budget des Armées augmentera de nouveau de 6,4 milliards d’euros. Les crédits de la Justice, de l’Intérieur, de la Recherche et de l’Écologie augmenteront également. C’est un choix : le régalien, l’avenir et la croissance.

> Il y a huit mois, nous avons réuni les partenaires sociaux pour travailler ensemble sur trois sujets majeurs : le travail, l’emploi et les retraites. Pour la première fois, ces sujets ont été traités dans une même enceinte, secteurs public et privé réunis. Le rapport final de cette conférence m’a été remis aujourd’hui par Jean-Denis Combrexelle, Anne-Marie Couderc et Pierre Ferracci. Il ne masque aucun désaccord. Mais il montre aussi que des convergences existent. Nous devons maintenant les faire avancer. Sur les arrêts de travail, face à la hausse de l’absentéisme, une réforme structurelle doit être engagée. Des propositions seront soumises aux partenaires sociaux dans les prochaines semaines pour ouvrir rapidement une négociation et permettre au Gouvernement d’en tirer les conséquences dès le début de l’année prochaine. Sur l’emploi des jeunes et l’intelligence artificielle, le Gouvernement soutient l’ouverture de deux négociations nationales interprofessionnelles. Sur l’IA, elles devront notamment traiter de ses conséquences sur l’économie, l’emploi et les conditions de travail. Sur les retraites, une conviction est partagée : préserver notre système par répartition. Les désaccords demeurent sur les moyens de revenir à l’équilibre, mais une convergence nouvelle s’est dégagée pour renforcer le rôle des partenaires sociaux dans sa gouvernance. Le Gouvernement est ouvert à leurs propositions. Ces huit mois de dialogue ont permis d’avancer. Il faut maintenant poursuivre ce travail et le traduire en résultats concrets.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> La montée en puissance des menaces hybrides partout en Europe – attaques cyber, atteintes à nos infrastructures critiques, actes de déstabilisation, campagnes de désinformation, etc. – nous obligent à resserrer les rangs À la demande du Président de la République et du Premier Ministre, j’ai réuni ce matin avec la ministre des Armées le comité des préfets de zone en y associant les hauts fonctionnaires de défense et de sécurité des ministères, le SGDSN et les officiers généraux des zones de défense et de sécurité. J’ai demandé à chaque préfet de département de réunir sous l’autorité de chaque préfet de zone dans les prochaines semaines un état-major de sécurité consacré aux enjeux de défense et de sécurité nationale L’objectif est clair : mobiliser tous les services de l’État et les acteurs locaux pour être prêts à affronter ces nouvelles menaces.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Nous visons un déficit public inférieur à 5,5%. On fait tout pour être à 5,4% du PIB.

> Nous avons un effort de 54 milliards d’euros à fournir pour le budget 2027.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> 2,30 euros le gazole à la pompe, c'est évidemment un étranglement. Ça concerne bien sûr les pêcheurs, les agriculteurs, les aides-soignantes qui utilisent leur voiture quotidiennement, mais aussi des millions de Français qui dépendent très largement du carburant et qui voient leur pouvoir d'achat impacté. Et c'est pourquoi depuis le début de cette crise, de cette guerre en Iran, qui n'est pas la nôtre, à laquelle nous n'avons pas participé, le gouvernement a pris des mesures d'urgence. Le Premier ministre a dit hier qu'elles seraient prolongées jusqu'au 31 décembre, et que s'agissant des pêcheurs, elles seraient relevées au niveau maximal qu’autorise l'Union européenne. (…)
Il faut aller traiter le problème à la racine. C'est pourquoi nous nous déployons, président de la République, ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, toute notre diplomatie, d'abord pour que le calme revienne dans la région, pour que la circulation maritime puisse reprendre et au-delà, pour qu'on se défasse de nos dépendances aux hydrocarbures qui nous empoisonnent la vie et pour qu'on diversifie nos routes commerciales. (…)
Nous avons la charge de tout faire pour que plus jamais à l'avenir, nous nous retrouvions piégés, c'est-à-dire que nous nous retrouvions victimes à payer le prix de guerres que nous n'avons pas choisies. Ce qui est clair, c'est que nous ne savons pas jusqu'à quand cette tension dans le détroit d'Ormuz et désormais en mer Rouge va durer. Et donc nous mettons tout en œuvre pour que le calme revienne, pour faire passer les messages, pour exercer des pressions sur les parties prenantes, pour qu'elles parviennent par la négociation à trouver des accords. Nous nous sommes mis en ordre de marche avec nos moyens militaires pour que dans le détroit d'Ormuz comme en mer Rouge, nous puissions, le moment, venu faciliter la circulation des navires avec des escortes, du déminage. (…)
La situation peut s'aggraver. Pourquoi ? Si on dézoome quelques instants parce que les conséquences dévastatrices du dérèglement climatique se font de plus en plus pressantes. On se souvient des incendies monstres de cet été et de la canicule, avec toutes les conséquences que ça a pour le monde agricole qui est aujourd'hui en crise. On a parlé du prix des hydrocarbures liés aux tensions dans le détroit d'Ormuz et dans la mer Rouge. Mais on peut ajouter à ça le niveau des taux d'intérêt qui, partout dans le monde et singulièrement en France, alourdit la charge du remboursement. Bref, tout ça crée pour nous des contraintes extrêmement fortes et réduit nos marges. (…)
La situation, elle est déjà insoutenable. Et il est hors de question qu'elle s'aggrave encore, puisqu’une nouvelle fois, elle est due directement et exclusivement à une guerre à laquelle nous n'avons pas participé, que nous n'avons en aucun cas soutenue. (…)
Ce qui est clair, c'est que nous sommes entrés dans un monde où ce type de catastrophes, de crises et de conflits sont amenés à se multiplier. Et donc, bien sûr qu'il y a une réponse d'urgence à amener. Bien sûr qu'il faut alléger la dureté de ce que tout cela provoque dans le quotidien des Français. Mais il faut aussi se projeter sur l'avenir et nous prémunir durablement contre ce type d'événements qui vont se multiplier. Aucune parenthèse ne va venir se refermer ni sur la Covid-19, ni sur les catastrophes naturelles liées au dérèglement climatique, ni sur les conflits tout autour du monde.

> Depuis deux ans, nous sommes en mer Rouge pour protéger la circulation des navires contre les attaques des Houthis, puisque les Houthis, ça fait un moment maintenant qu'ils menacent les bateaux qui circulent dans la mer Rouge. (…)
Plusieurs bâtiments militaires depuis deux ans qui assurent cette sécurisation. Et ça marche, puisque plusieurs centaines de navires ont été littéralement escortés par des moyens militaires français et aucun d'entre eux n'a eu à subir des pertes ou des dommages liés aux attaques pourtant très régulières et très fréquentes des Houthis. Et donc on va continuer sur place à assurer la sécurisation de cette circulation. (…)
Nous sommes en contact étroit avec les autorités d'Arabie saoudite, avec lesquelles nous avons des liens très étroits, que nous avons soutenues, y compris lorsqu'elles étaient prises pour cibles, soit par l'Iran, soit par les milices qui sont les soutiens de l'Iran. Et quant aux Français qui sont sur place, je les invite à consulter le plus régulièrement possible le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour qu'ils puissent y trouver toutes les réponses à leurs questions.

> Si nous avons doublé le budget de nos armées, nos dépenses militaires en dix ans, malgré toutes les contraintes budgétaires qui s'exercent sur nous, ce n'est pas pour le plaisir, c'est précisément pour nous protéger contre la menace et même pour la dissuader.

> Bien sûr, nous sommes agressés régulièrement par la Russie de Vladimir Poutine. Et pas depuis cet été, depuis cinq ans. Pourquoi ? Parce que nous soutenons l'Ukraine. Comment ? Par des campagnes de désinformation, des tentatives d'attaques cyber. Nous avons eu, souvenez-vous, en 2024, une tentative d'incendie provoquée par un ressortissant russo-ukrainien. Bref, nous avons, nous aussi, peut-être un peu moins que d'autres pays européens, subi ces manœuvres d'intimidation par lesquelles, en réalité, Vladimir Poutine cherche à atteindre la détermination et l'unité des Européens.

> La Russie régulièrement signale, teste, montre ses muscles et ce que nous faisons en réponse, c'est de montrer les nôtres, en envoyant, comme ça a été le cas, les avions de chasse de l’OTAN qui escortent très simplement les avions bombardiers russes vers leur espace aérien. (…)
Il y a une accélération d'un phénomène qui, je le disais, a commencé il y a à peu près cinq ans. Une accélération qu'on prend très au sérieux et les services de l'État sont pleinement mobilisés dans toutes les dimensions de leurs activités, mais nous ne nous laissons pas intimider, parce que qui va mal aujourd'hui ? C'est la Russie. Les pénuries de carburant, c'est en Russie. Le mécontentement, c'est en Russie. L'échec militaire, c'est en Russie. Et c'est précisément parce qu'il est en échec, et parce qu'il a des élections dans quelques jours, que Vladimir Poutine veut tenter, par des intimidations vis-à-vis de l'Europe, de nous décourager, de nous désunir, parce qu'au fond, et chacun le sait, ce qui est visé, ce n'est pas le Danemark ou la Lituanie ou la France. Ce qui est visé, c'est l'Europe. Parce que quand nous sommes tous ensemble, nous sommes forts et nous sommes incontournables.

> Depuis le début de cette guerre d'agression, de cette invasion, ce que la Russie a réussi à provoquer, c'est une unité plus grande des Européens. On parlait de la Finlande, on pourrait parler de la Suède aussi, deux pays qui étaient neutres et qui sont rentrés dans l'OTAN à cause de l'attitude de Vladimir Poutine. Échec diplomatique de Vladimir Poutine. 
Et s'agissant de la dissuasion avancée, c'est-à-dire cette opérationnalisation de la dimension européenne de nos intérêts vitaux, pardon pour ce jargon de diplomate, mais quand on parle de dissuasion, on essaye d'utiliser des mots précis. Justement pour éviter de faire ce que la Russie a tendance à faire régulièrement, c'est-à-dire de l'intimidation nucléaire avec une rhétorique dangereuse et irresponsable s'agissant d'un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies qui est supposé parler de ces sujets avec toutes les précautions nécessaires. Notre dissuasion nucléaire, elle est strictement défensive, elle est strictement responsable et elle le restera, quoi qu'en pense Vladimir Poutine.

> La décision d'emploi de l'arme nucléaire, l'exercice de la dissuasion française, elle repose sur l'analyse de l'atteinte portée aux intérêts vitaux de la France et elle revient exclusivement au chef de l'État.

> Attention à ne pas tomber dans le piège dans lequel Vladimir Poutine voudrait que nous nous trouvions. C'est-à-dire que nous ayons peur, que nous soyons intimidés, que nous acceptions que la Russie de Vladimir Poutine subjugue l'Ukraine et que nous soyons interdits d'apporter notre soutien à la résistance ukrainienne héroïque qui défend sa sécurité et au passage la sécurité de l'Europe.

> Sur le terme d'hybride, je suis un peu d'accord avec ceux qui considèrent que ça ne décrit pas tout à fait la situation. Il s'agit d'agressions. Elles ne franchissent pas le seuil de l'agression armée, de l'agression militaire, mais ce sont des agressions que nous devons prendre au sérieux, face auxquelles nous devons prendre les mesures qui s'imposent pour que nous nous fassions respecter, qu'il faut parer comme l'OTAN l'a fait avec les drones avec les bombardiers. 

> Nous ne sommes pas en paix, mais nous ne sommes pas en guerre avec la Russie. Il ne faut pas se laisser entraîner dans cette escalade dans laquelle Vladimir Poutine serait si content de voir les Européens s'engouffrer. Nous ne sommes pas en situation de paix, mais nous ne sommes pas en guerre avec la Russie, mais rien ne nous fera dévier de notre stratégie de soutien à la résistance ukrainienne, de pression sur la Russie de Vladimir Poutine et de préparation de la paix. Et la préparation de la paix, ce n'est pas sur des plateaux de télévision d'annoncer une grande conférence sur la paix comme Mme Le Pen l'a fait hier à la télévision, pardonnez-moi, mais ce serait risible si ce n'était pas un peu triste d'entendre un responsable français s'exprimer avec une telle naïveté.

> Dès lors que nous serions, à notre tour, pris pour cible par la Russie de Vladimir Poutine, à la manière dont l'aéroport de Leipzig a été pris pour cible, nous n'écartons aucune mesure de représailles. Dans le cas précis, ce que je retiens pour l'Allemagne, c'est que la solidarité européenne a joué à plein. Tous les pays européens ont condamné immédiatement, tous ont convoqué les ambassadeurs pour protester vivement contre ce qui s'était passé. Et aucun pays européen ne s'est dit « tiens, peut-être que je vais ralentir ou peut-être que je vais lever le pied sur la pression contre la Russie ». Et nous allons continuer à empiler des sanctions de plus en plus lourdes comme les États-Unis en ont décidé hier, puisqu'un texte majeur de pression sur la Russie a été adopté par le Congrès américain pour que Vladimir Poutine change de calcul.

> Nous avons vocation à créer des liens toujours plus étroits avec le Canada. D'ailleurs, c'est à Saint-Pierre-et-Miquelon, premier territoire libéré de la France libre, que le président de la République retrouvera le Premier ministre canadien dimanche. Ensuite, sur le terme exact, comme souvent, lorsque la Commission fait une proposition, il faudra que ce soit débattu, décortiqué, analysé avant que nous puissions prendre position. 

> Si Marine Le Pen avait été élue en 2022, l'Ukraine aurait sans doute été contrainte de capituler et nous aurions une Russie surarmée et menaçante à nos frontières. Voilà ce que ça veut dire. Et donc, a-t-on vraiment les moyens d'envoyer encore des milliards à l'Ukraine ? D'abord, vous avez vu que ce sont par des mécanismes européens, principalement, que nous avons soutenu financièrement l'Ukraine. Et d'autre part, ne pas le faire aujourd'hui, ce serait prendre le risque de payer beaucoup plus cher demain.

> La contribution nette à l'Union européenne, c'est notre ticket d'entrée. Ticket d'entrée à quoi ? Eh bien, l'appartenance à un groupe qui nous permet d'être forts, qui nous permet de nous protéger, de ne pas être le jouet de ces superpuissances et surtout qui nous enrichit. Regardez ce qui s'est passé au Royaume-Uni. Quand les Anglais sont sortis de l'Union européenne, ils se sont appauvris. Ils ont perdu 15% de leur pouvoir d'achat. 3.000 euros par tête ont été perdus par les Britanniques quand ils sont sortis de l'Union européenne. Donc, quand on refuse de payer le billet d'entrée, soit on sort, soit on sort, soit on dit qu'on fait baisser le budget commun de l'Union européenne. Et si on fait baisser le budget commun, qui est-ce qui en pâtit ? Ce sont les agriculteurs et les pêcheurs. 

> Ce n'est pas nouveau que les relations entre Vladimir Poutine, Marine Le Pen et le Rassemblement national sont étroites, que les déclarations récentes sur le soutien à l'Ukraine font tomber les masques, qu'au fond, c'est « non à l'Union européenne », même si on ne le dit pas comme ça, parce que ça n'est pas très à la mode, et « oui à la relation avec les grandes puissances ». Ce que Marine Le Pen a dit hier, c'est que la France doit se situer à équidistance, comme si elle mettait un signe égal entre la Russie et l'Ukraine. C'est totalement irresponsable et c'est méconnaître ce qui a garanti à l'Europe huit décennies de paix et de prospérité depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, c'est-à-dire la construction d'une Europe unie, souveraine et démocratique. 

> [Discours lors de la remise du Prix franco-allemand du journalisme] C'est un grand plaisir de vous accueillir ce soir au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères à l'occasion de la cérémonie de remise du prix franco-allemand au journalisme. 
En plus de 40 ans d'existence, cette cérémonie s'est imposée comme un rendez-vous majeur du calendrier franco-allemand. Et l'accueillir ce soir au Quai d'Orsay revêt évidemment une signification particulière. En entrant dans cette salle, que la plupart d'entre vous connaissent, vous êtes passés à quelques mètres du Salon de l'Horloge. C'est là, le 9 mai 1950, que Robert Schuman prononça la déclaration qui allait poser l'une des premières pierres de la construction européenne. 
C'est aussi cette histoire que nous célébrons ce soir, celle d'une amitié franco-allemande bâtie par la volonté, le courage et la lucidité de ceux qui nous ont précédés, et notamment Robert Schuman et Konrad Adenauer. 
Le prix franco-allemand du journalisme en est lui-même l'un des héritages, puisqu'il a été créé en 1983, à l'occasion du 20e anniversaire du traité de l'Élysée, c'est-à-dire l'année de ma naissance. 
Dans un monde qui se brutalise, notre amitié nous rappelle le chemin parcouru et cette vérité essentielle, la guerre n'est jamais une fatalité. La réconciliation franco-allemande en est peut-être la plus belle démonstration.  
Et ça n’est d’ailleurs pas tout à fait un hasard si Sa Sainteté Léon XIV a décidé de consacrer une partie de sa visite dans notre pays, dans quelques jours, à Robert Schuman, puisqu’il ira symboliquement lui rendre visite à Metz. J'avais essayé de le faire venir dans le Salon de l’Horloge, je n'ai pas réussi, ce sera pour une prochaine fois.
Faire vivre cette paix, c'est l'œuvre des diplomates que nous sommes, mais c'est aussi l'œuvre des journalistes que vous êtes. Et je veux ici saluer votre travail indispensable. En l’accomplissant, vous êtes tout à la fois un révélateur, un antidote et une vigie. 
Un révélateur d'abord puisque vous éclairez, vous expliquez, vous contextualisez avec pédagogie et avec rigueur. Vous rendez intelligible un monde dont la complexité ne cesse de croître. 
Vous êtes aussi un antidote contre cette pandémie de désinformation qui menace nos démocraties et s'insinue partout dans l'espace public. Elle met quotidiennement à l'épreuve notre esprit critique. Face à elle, nous avons besoin plus que jamais d'une presse libre, indépendante et pluraliste. 
Et puis, enfin, vous êtes des vigies. Des vigies de notre politique étrangère par vos enquêtes, par vos analyses. Vous obligez les autorités à expliquer leurs choix, à rendre compte de leurs décisions, à exposer les fondements de leurs actions. 
Certains régimes y voient une entrave, nous y voyons une exigence démocratique. Et c'est précisément parce que votre travail est indispensable que vous devez pouvoir l'exercer sans craindre pour votre liberté ou pour votre vie. 
Je n'ignore pas que dans certaines régions du monde, comme sur certaines plateformes, vous êtes devenus des cibles. J'ai une pensée pour vos collègues victimes de pression, d'intimidation, d'emprisonnement pour la seule raison qu'ils informent. 
Je pense notamment à notre compatriote, Christophe Gleizes, détenu depuis plus de deux ans en Algérie pour des motifs injustifiables et injustifiées. En contact avec sa famille, avec les initiatives citoyennes, nous sommes mobilisés pour obtenir sa libération. 
Je pense aussi au photojournaliste français Antoni Lallican, tué en Ukraine le 3 octobre 2025 par une attaque de drones russes alors qu'il portait un gilet marqué du mot « presse ». Sa mort nous rappelle tragiquement le prix que certains paient pour nous informer.
Face à ces menaces, la France ne se résigne pas. Notre diplomatie est à l'œuvre pour que vous puissiez accomplir votre travail librement et en sécurité. Vous avez pu voir combien nous nous sommes mobilisés pour la libération de vos confrères il y a deux semaines au Togo. 
Voilà pourquoi nous sommes si honorés d'accueillir au Quai d'Orsay, comme lors de l'édition 2022, cette remise de prix. En récompensant le meilleur du journalisme franco-allemand, ce prix célèbre ainsi l'amitié entre nos deux pays et à travers elle un attachement à la démocratie et une certaine idée de l'Europe.
Je sais d'ailleurs que depuis quelques années, ce prix a évolué pour distinguer de nouveaux formats, faire la part belle aux documentaires, à l'investigation, mais aussi à la jeunesse. 
En témoigne la récompense décernée aujourd'hui à HugoDécrypte, qui montre combien les usages peuvent changer sans qu'on change l'exigence fondamentale, celle d'informer avec rigueur le plus grand nombre. 

À l'heure où certains voudraient faire prospérer les manipulations de l'information, le climato-scepticisme ou tout simplement parier sur la division entre Européens, célébrons et remercions les gardiens d'une information plurielle, fiable et vérifiée. 
C'est un honneur d'accueillir tous ces talents, ces esprits engagés au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères. Je ne serai pas plus long. J'ai comme vous hâte de découvrir les lauréates et les lauréats de cette année 2026. 
Longue vie au prix franco-allemand du journalisme et vive l'amitié entre l'Allemagne et la France !

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> À l’Institut du Cerveau, nous avons annoncé la poursuite du soutien de l’État aux Instituts hospitalo-universitaires, à hauteur de 45 M€ pour les trois prochaines années, ainsi qu’un plan pour renforcer la compétitivité et l’attractivité de la recherche clinique en France. Autorisations plus rapides, contractualisation facilitée, recrutement des patients simplifié, nouvelles méthodes d’analyse des données grâce notamment à l’intelligence artificielle. Sur la recherche clinique, la mise en œuvre de ces mesures sera notamment portée par notre nouvelle Direction générale de la recherche, de l’innovation et du numérique en santé (DGRINES). Une même ambition, accélérer la recherche pour faire bénéficier plus rapidement les patients des innovations en santé.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> La réduction des déficits est urgente et possible.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> 1,5 milliard d'euros face aux violences faites aux femmes. 2,6 milliards d'euros pour la protection de l'enfance. C'est un socle. Un point de départ. Pas un point final ! Nous irons encore plus loin en 2027. Et je présenterai une programmation budgétaire. Les moyens seront au rendez-vous de la loi intégrale.

> Je ne laisserai pas dire que nous partons de rien. Parce que c'est faux ! Et parce que c'est insulter celles et ceux qui chaque jour s'engagent : policiers, gendarmes, intervenants et assistants sociaux, magistrats, médecins légistes, psychologues, spécialistes du psycho trauma... 1,5 milliard pour les violences faites aux femmes. 2,6 pour la protection de l'enfance. C'est un socle. Un point de départ. Pas un point d'arrivée. Les moyens augmenteront.

> Les victimes ne nous demandent pas de quelle formation politique viendra la disposition qui les protégera. Elles nous demandent de les protéger. Ici et maintenant.

> L’égalité salariale est un principe. Elle doit une réalité pour toutes les femmes. Les écarts de rémunération entre femmes et hommes, c’est moins de pouvoir d’achat aujourd’hui, moins de patrimoine demain et moins de retraite après demain. En cette Journée internationale de l’égalité de rémunération, nous le réaffirmons : la transparence n’est pas le problème. Le problème, ce sont les inégalités qui persistent et l’arbitraire qui les entretient. Nous voulons donner les moyens de les mesurer pour mieux les corriger. C’est tout l’enjeu de notre projet de loi sur la transparence salariale.

> Pour augmenter les effectifs de police, gendarmerie et justice, renforcer les moyens des associations et lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants, il faut un budget ! Une loi spéciale n'est pas un budget.

> Ce ne sont pas des regrets mais des excuses qu'Anne Hidalgo aurait dû présenter. A Paris, on parle d'une école maternelle sur 3 où des faits de violences sexuelles sur des enfants ont été révélés. C'était systémique, massif.

> Plus jamais la justice ne doit répondre à une victime d’inceste : « Il fallait parler plus tôt. » La parole des victimes ne peut pas avoir de date de péremption. On ne peut pas leur imposer un délai pour parler. L’imprescriptibilité doit devenir la règle pour les crimes sexuels commis sur les mineurs.

> Isoler. Surveiller. Humilier. Contrôler. Ce sont des violences. Et elles ont un nom : le contrôle coercitif. Je proposerai au nom du gouvernement de l'inscrire dans la loi intégrale.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> 25 ans du Conseil national de la sécurité routière : regarder le chemin parcouru, mais surtout regarder devant nous. À l’occasion des 25 ans du CNSR, j’ai voulu rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui, depuis sa création, œuvrent avec conviction pour une même exigence : sauver des vies sur nos routes. Derrière les chiffres, il y a des visages, des familles, des vies bouleversées. En 2025, 3 515 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine et des outre-mer, et plus de 251 000 ont été blessées. Nous ne pouvons jamais nous résigner. La sécurité routière est une responsabilité collective. Elle repose sur nos comportements, mais aussi sur l’action de l’État, des collectivités, des forces de sécurité, des associations, des professionnels et de tous les acteurs qui contribuent, chaque jour, à rendre nos routes plus sûres. Prévenir, éduquer, protéger, contrôler, sanctionner lorsque c’est nécessaire, accompagner les victimes : nous devons agir sur tous les fronts. Et surtout, ne jamais opposer les usagers entre eux. La route doit rester un espace de liberté, mais une liberté qui s’exerce avec responsabilité et dans le respect de la vie des autres. Notre ambition doit rester intacte : tendre vers le « zéro tué, zéro blessé grave » dans un maximum de départements à l’horizon 2050. Chaque vie sauvée compte. Chaque accident évité compte. Chaque comportement qui change compte. La sécurité routière n’est pas une bataille entre les uns et les autres. C’est une conquête collective pour protéger, mieux vivre ensemble et, surtout, sauver des vies. Merci à toutes celles et ceux qui font vivre cette ambition au quotidien.

> 30 tonnes de protoxyde d’azote saisies pour une valeur de 665 000 euros Non, le protoxyde d’azote, ce n’est pas quelques « ballons ». Ce sont aussi de véritables trafics qui s’enrichissent au détriment de votre santé. Merci à nos forces de l'ordre qui ont collaboré sur cette grosse saisie. Avec la loi RIPOST, nous irons encore plus loin pour lutter contre ce fléau. Le protoxyde n’est pas un jeu. Nous ne laisserons pas ceux qui en tirent profit continuer à mettre en danger nos jeunes.

 

Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Face aux dépenses douteuses et aux informations trompeuses sur les formations, j’ai fait le choix de la régulation par la qualité. Avec le décret Qualiopi, qui rentrera en vigueur le 1er novembre, les critères de certification seront durcis drastiquement.

> Aux jeunes qui cherchent une alternance : vous n'êtes pas seuls et on ne vous lâchera pas. J’ai tenu à ce que le Grand RDV de l’alternance soit organisé aujourd’hui pour vous soutenir et vous proposer un maximum d'opportunités. Avec plus de 3000 offres sur la table, les entreprises ont répondu à l'appel.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> Fibre excellence à Tarascon. Depuis plusieurs semaines, l’incurie des liquidateurs fait obstacle à la mise en œuvre des arrêtés de mesures d’urgence puis de mise en demeure et de réquisition. Face à cette délinquance environnementale, notre priorité est la protection des personnes et de la nature. L’Ademe va être mobilisée en urgence dans les prochaines heures pour y faire face

> À la tête d'un gouvernement de mission, Sébastien Lecornu met sa personne et son sens du dialogue au service de la stabilité politique et financière du pays. Sa priorité : faire aboutir ce budget par l’intérêt général et pour préparer dans les meilleures conditions le débat démocratique de l'an prochain.

> Entre le déni climatique et la violence de l’écologie politique, il existe une troisième voie : celle de l’écologie productive menée par Emmanuel Macron depuis 2017, qui n’oppose pas écologie et économie. Et qui considère que la transition écologique est une opportunité pour la prospérité du pays et sa reindustrialisation.

> Vouloir censurer le budget par principe, avant même d'en avoir lu la première ligne, comme le fait La France Insoumise, est une posture irresponsable. L'essence même du Parlement, c'est de débattre ! Le projet du gouvernement est un point de départ pour échanger, amender et bâtir des compromis.

> Stabilité fiscale. Réduction inédite de la dépense publique sans coupes aveugles. Préserver les dépenses d’avenir dont la transition écologique. Tel est le projet de responsabilité du Premier ministre sur la base duquel le débat s’engagera.

> Publication ce jour du Plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes. La poursuite de la mobilisation des collectivités territoriales et des parties prenantes impliquées sera essentielle pour en assurer la réussite.

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Supprimer l'aide au développement : c’est la fausse bonne idée de l'extrême droite. C’est une proposition dangereuse qui menace directement notre influence, notre économie et notre sécurité.

 

● Autres ministres

Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
> Nos forêts changent. Nous devons changer notre manière de les protéger.
Cet été, près de 100 000 hectares de forêts ont été dévorés par les flammes. Des incendies plus intenses, plus nombreux, plus longs, et l’apparition de pyrocumulonimbus : nous entrons dans une nouvelle ère du risque incendie.
Mais le changement climatique ne menace pas nos forêts uniquement par le feu. La sécheresse fragilise leur régénération, comme pour le hêtre dans le Sud et le Centre de la France. Les parasites progressent, à l’image du nématode du pin qui menace la forêt des Landes. En Guyane aussi, des milliers d’hectares sont touchés par des dépérissements.
Face à cette réalité, nous devons accélérer l’adaptation de nos forêts. C’est le sens du groupe de travail que j’ai réuni aujourd’hui avec l’ensemble des acteurs concernés : État, collectivités, filière forestière, ONF (Office National des Forêts), CNPF (Centre national de la propriété forestière), associations et experts.
Pour accélérer l'adaptation de nos forêts nous devons agir sur trois axes.
- Mieux planifier
Pour reconstruire des forêts plus résilientes : diversification des essences, développement de la sylviculture mélangée à couvert continu, adaptation du cahier des charges du renouvellement forestier.
- Mieux prévenir
Pour faciliter la création des équipements de défense des forêts contre l’incendie, renforcer les obligations légales de débroussaillement et accélérer les procédures lorsqu’elles sont nécessaires à la protection des massifs.
- Mieux décider et mieux financer
En renforçant la gouvernance locale, en donnant davantage de place aux collectivités et en mobilisant de nouveaux financements publics et privés.
Plusieurs décisions sont déjà engagées.
- Un nouveau cahier des charges du renouvellement forestier entrera en vigueur en janvier prochain, avec notamment une meilleure prise en compte du nématode du pin.
- Débroussailler, entretenir les pistes DFCI qui permettent la circulation rapide des véhicules de secours, c'est protéger les vies et la nature. Je demande aux préfets d'accompagner concrètement celles et ceux qui réalisent ces travaux : des consignes claires, des interlocuteurs identifiés, des réponses rapides.
- 100 millions d’euros du Fonds vert seront dédiés aux forêts en 2027.
- 20 millions d’euros viennent d’être attribués à 23 projets industriels pour renforcer la résilience de la filière bois, notamment face au nématode du pin.
- Enfin, j’ai nommé Tristan Barrès coordonnateur de France Forêts 2100, pour mieux mobiliser les financements privés en faveur de la reconstruction et de l’adaptation de nos forêts.
L’enjeu est de ne pas attendre le prochain incendie pour agir et de préparer dès aujourd’hui les forêts de demain : des forêts plus résilientes, mieux protégées et capables de continuer à rendre les services essentiels dont dépendent nos territoires et nos concitoyens.
C’est aussi cela adapter la France au changement climatique : anticiper plutôt que subir.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> L’objectif des questionnaires sur les violences sexuelles est de libérer la parole des élèves. Ils s’inscrivent dans un processus global de prévention et de protection, dont ils ne sont qu'une étape :
- Leur passation s’appuiera sur les séances d’éducation à la vie affective et relationnelle
- Les élèves qui le souhaitent pourront ensuite rencontrer des professionnels, qui les accompagneront et engageront les démarches nécessaires, y compris par des signalements à la justice
Le travail autour de ces questionnaires, élaborés par un comité d’experts, se poursuit en concertation avec les organisations syndicales, les associations de parents d’élèves et de protection de l’enfance.

> L’École est un sujet de campagne : elle n’en est pas le décor. Les candidats à la présidentielle pourront rencontrer les personnels volontaires en dehors des cours, mais naturellement pas faire campagne dans les classes ni se photographier aux côtés d’élèves dans un cadre scolaire. Une circulaire publiée aujourd’hui vient poser clairement ces règles. C’est une question de bon sens et de neutralité du service public.

> Sur le niveau d’expression écrite aux examens, j’ai une ligne constante : la maîtrise de la langue est un élément essentiel pour l’obtention du baccalauréat et une condition pour poursuivre des études supérieures. Le cadre avait besoin d’être clarifié et connu de tous. C’est pourquoi pour la première fois, un barème précis pour chaque épreuve du brevet et du baccalauréat est publié aujourd’hui. Concrètement, la qualité de l’expression sera prise en compte à hauteur de deux points minimum, quelle que soit la matière. Dans celles où la rédaction est centrale, comme le français ou l’histoire-géographie, il ne sera pas possible d’obtenir la moyenne sans maîtriser l’essentiel des règles.

> Aujourd’hui, c’était la Journée nationale du sport scolaire ! Dans les écoles, les collèges et les lycées, le sport scolaire rassemble plus de 3 millions d’élèves licenciés, grâce à l’engagement de milliers d’associations sportives et de professeurs. Cette journée est l’occasion de découvrir de nouvelles disciplines, de partager les valeurs du sport et de donner à chacun le goût de la pratique sportive. À la halle Carpentier de Paris, plus de 1 200 élèves ont ainsi participé à des ateliers sportifs tout au long de la journée. Merci aux fédérations sportives scolaires, aux professeurs et à tous les partenaires qui font vivre le sport scolaire au quotidien.

> La lecture est à la base de tous les savoirs : elle permet de s'instruire, de s'évader, de grandir, de s'épanouir. Elle donne le goût des mots et de la langue, de l'histoire et de la géographie. Elle fait voyager dans l'espace et dans le temps.
Pourtant, elle régresse, concurrencée notamment par les écrans. Mais quand chacun renonce un peu à lire, quand le livre s'efface des foyers ou des vies, c'est une société qui s'oublie.
Renouer le fil du livre est possible. Avec tous les partenaires de CetEtéJeLis, nous partageons la même conviction : pour redonner le goût de la lecture aux enfants, il faut envahir leur vie de livres et de journaux, mais aussi celle de leurs parents. Rendre le livre accessible, partout, tout le temps.
Après le succès de la deuxième édition de CetEtéJeLis, nous allons changer d'échelle : dans quelques semaines, tous les élèves et leurs familles recevront des recommandations de lecture, pour chaque période de vacances. Ces recommandations seront partagées avec les libraires et les bibliothèques, comme avec toutes celles et ceux qui veulent servir la lecture.
Le livre n'a pas dit son dernier mot !
Merci à tous les partenaires de "cet été je lis", avec lesquels j'ai pu échanger aujourd'hui. Pour aller plus loin et changer d'échelle : cette année, je lis !

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Arrêtons les mensonges : si la France remettait en question sa contribution à l’UE, ce sont nos agriculteurs à travers la PAC qui seraient sacrifiés. Nous sommes les premiers bénéficiaires des fonds européens. Notre pays bénéficie de son appartenance à l’UE. Le RN va devoir expliquer à nos entreprises, nos régions, nos étudiants où ils veulent couper. Oui le budget européen ne peut reposer uniquement les contributions nationales. L’Union Européenne a besoin de ressources propres pour se financer. C’est ce que nous défendons dans le débat budgétaire.

> Les nouvelles recettes de l’Union Européenne doivent faire baisser les contributions nationales des États membres. C’est le cas de l’amende infligée à Google cette année. C’est le sens de la lettre de Sébastien Lecornu à Ursula von der Leyen. La création de ressources propres de l’Union Européenne est une priorité de la France : elle permet de continuer à répondre aux besoins d’investissements de l’Union sans peser sur les États membres.

> Cela fait quatre ans que la Russie échoue à intimider les Européens. Cessons de sous-estimer nos forces ou celles des Ukrainiens. La faiblesse ne mènera qu’à l’escalade.

> Aujourd’hui, les priorités françaises sont au cœur de l’agenda européen : défense, protection face à la Chine, réductions des dépendances, protection des mineurs dans l’espace numérique. Le discours de la présidente de la commission hier le démontre.

> Le discours sur l’état de l’Union d’Ursula von der Leyen confirme l’agenda porté par notre pays : face aux tensions géopolitiques, aux dépendances technologiques et aux nouvelles menaces, l’enjeu est désormais de renforcer la capacité de l’Europe à décider et à agir.
Cinq priorités doivent structurer notre ambition commune :
- Souveraineté, matières premières critiques, énergie, industrie, commerce, technologies…
L’objectif est clair pour les mois à venir : réduire nos dépendances stratégiques. C’est cette vision que nous poussons, pour réagir face à des puissances comme les États-Unis et la Chine. Nous devons prendre en main notre destin, avec une Europe forte et souveraine.
- Défense. Dans un monde où la guerre est de retour sur notre territoire, l’Europe doit être capable d’assurer sa propre sécurité. Coalition des volontaires, aide à l’Ukraine, renforcement des coopérations entre Européens… La défense doit être pensée comme l'axe central de l’action européenne.
- Numérique C’est un sujet central défendu depuis des années par Emmanuel Macron: l’espace numérique doit être mieux encadré pour protéger les plus vulnérables, à commencer par les mineurs. Mettre en place un système de majorité numérique est un des combats que nous défendrons ces prochains mois.
- Intelligence artificielle Nous le savons, l’IA est à la fois une opportunité industrielle et un enjeu de sécurité. Nous ne pouvons pas rester spectateurs et passifs. Nous avons les pépites européennes, à commencer par Mistral, à nous de leur permettre de peser dans l’écosystème tout en les protégeant.
- Immigration Comme nous l’avons toujours défendu, la question migratoire ne peut se régler qu’au niveau européen. C’est ce que nous obtenons avec le règlement Retour et le Pacte asile immigration. Protéger nos frontières extérieures doit être une priorité menée à 27.
C’est autour de ces cinq piliers que se joue le futur de l’Europe. Elle ne peut plus seulement être un marché ou un espace réglementaire. Elle doit être capable de protéger ses frontières, maîtriser ses technologies, défendre ses intérêts et sécuriser ses dépendances stratégiques. C’est ce que nous continuerons de défendre, dans l’intérêt des Français.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Interdire le voile comme le propose Marine Le Pen est une mesure inconstitutionnelle, discriminatoire et contraire à toutes nos valeurs. En France on a le droit de croire ou de ne pas croire et d'exercer son culte comme on le souhaite.

> Mettre la France dans une situation économique catastrophique ce n'est pas avoir le sens de l’État. Avec un budget raisonnable et responsable présenté par le Gouvernement, il serait irresponsable de ne pas doter rapidement la France d'un budget !

> Il faut aider davantage les Français qui travaillent et qui utilisent leur voiture. J'appelle à ce que l'aide ciblée aux grands rouleurs soit prolongée au-delà du 30 septembre. C'est indispensable pour soutenir les Français face à la crise du carburant.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> L’Europe actuelle, à 27, a atteint ses limites. L’unanimité, qui permet à un seul gouvernement de retenir tous les autres, nous a mis face à une véritable vétocratie européenne. (…)
Je propose de bâtir les États-Unis d’Europe.
Bâtir les États-Unis d’Europe, ce n’est pas effacer notre pays, c’est lui donner une force économique nouvelle pour faire vivre notre souveraineté, notre histoire et notre liberté. Les compétences régaliennes resteront aux mains des États. Le commandement de nos armées, la décision d’engager nos forces, notre diplomatie, notre sécurité intérieure et notre justice nationale : chaque État les conservera. Et la dissuasion française restera française. (…)
La gouvernance des États-Unis d’Europe doit trouver sa légitimité dans les urnes. Je propose d’élire au suffrage universel direct le premier président de l’Europe, pour qu’il dispose d’un mandat clair et fort pour agir. (…)
Les peuples européens sont maîtres et libres de leur destin. Chaque pays, chaque nation qui souhaite intégrer les États-Unis d’Europe pourra le faire après l’avoir décidé par référendum. (…)
Ensemble, avec les États-Unis d’Europe, nous partirons à la conquête des frontières économiques, technologiques et écologiques qui feront la prospérité du XXIe siècle. Nous partirons à la conquête de l’espace, de l’intelligence artificielle, de l’énergie décarbonée et de la défense de demain. Nous inventerons le premier vaccin contre le cancer. Les États-Unis d’Europe deviendront la première puissance au monde. (…)
L’Europe a construit la paix. L’Union européenne a créé des normes. Les États-Unis d’Europe bâtiront notre puissance. La plus grande puissance économique, technologique et écologique de notre époque.

> Je propose de mettre fin au doute français et européen. Je n’imagine la France que grande et l’Europe que forte.

> Souveraineté européenne, défense commune, taxe carbone aux frontières… Si tous ces sujets d’indépendance stratégique ne sont plus tabous aujourd’hui, l’Europe le doit à la vision et à l’action du président Emmanuel Macron.

> De la PAC à l’euro, de la stratégie vaccinale au soutien à l’Ukraine face à la Russie : à chaque fois que l’Europe a été en crise, elle a su assumer sa puissance et réussir. L’unité est notre plus grande force.

> Face à la vision étriquée de l’éco-région de Jean-Luc Mélenchon, j’oppose celle de l’éco-continent. C’est la seule échelle possible pour réussir la transition énergétique et relever le défi du siècle.

> La Chine mène une guerre sans règles contre notre économie et notre industrie. Elle inonde nos marchés. Elle attaque l'intelligence cognitive de notre jeunesse.

> La Russie attaque notre sécurité. Ses ingérences et ses cyberattaques cherchent à désorganiser nos sociétés, nos élections.

> Bonjour Marine Le Pen, Toutes les limites de l’indécence sont franchies. C'est vous qui « ne parlez que rarement » de l’Ukraine, sans doute de peur qu'on vous rappelle votre lâcheté. Personne n’oublie que vous voulez « couper le robinet à l’Ukraine ». Personne n’oublie que vous vouliez en 2022 « une alliance militaire avec la Russie ». Personne n’oublie que vous n’avez pas voté l’accord de sécurité pour l’Ukraine que j’ai présenté au Parlement comme Premier ministre en 2024. Personne n’oublie vos mensonges. La guerre ne s'arrêtera que lorsque votre allié, Vladimir Poutine, cessera de bombarder l’Ukraine. Et cela, vous êtes incapable de le dire.

 

Elisabeth Borne (députée)
> Je constate que le centre n’est pas représenté dans cette élection. Je souhaite que ses valeurs et sa vision soient portées dans la campagne. C’est sur cette base que nous pourrons répondre aux défis du pays et rassembler pour éviter un second tour RN-LFI.

> La hausse du prix des carburants ne peut pas être comprise sans regarder ce qui se passe au-delà de nos frontières. Les tensions au Moyen-Orient et les perturbations qu’elles entraînent ont un impact direct sur le quotidien et le pouvoir d’achat des Français.

> La maîtrise de notre dette est devenue un enjeu majeur. Ramener le déficit public à 5 % du PIB constitue une étape essentielle pour retrouver une trajectoire budgétaire soutenable. Cela suppose d’agir sur tous les fronts, avec vigilance et équité.

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> [Opinion: « Je reviens d’Ukraine avec trois convictions »]
Nous venons de traverser l’Ukraine avec huit députés Démocrates, vingt-deux ans après la révolution orange qui a donné sa couleur à notre Mouvement. Récit et convictions pour l’Europe et la France.
Du 29 août au 4 septembre, à l’initiative de notre collègue Frédéric Petit, nous étions neuf députés Démocrates à traverser l’Ukraine, de Lviv à Odessa en passant par Drohobytch, Tchernihiv, Yahidne, les environs de Boutcha et de Mykolaïv, jusqu’en Moldavie.
Nous sommes entrés de nuit, par la route, depuis la Pologne, avant de rejoindre Kyiv par le train de nuit. Qu’une délégation entière de notre groupe se rende ainsi dans un pays en guerre, au moment où les frappes russes redoublent, n’allait pas de soi. Nous l’avons voulu ensemble.
Au son des alarmes et au fil de récits endeuillés, ce voyage fut une succession de visages, d’histoires et de situations qui sont autant de leçons pour notre vieux et, quoi qu’on en dise, paisible pays. De trop loin, on ne voit jamais d’une situation que l’image que l’on s’en faisait déjà. Nous sommes donc allés voir de près et nous en revenons avec trois convictions que je veux porter publiquement.
I. La première est que la place de l’Ukraine est dans l’Union européenne
Celui qui a un jour foulé le sol d’Odessa ne peut en douter. Celui qui a vu son architecture, senti son atmosphère et éprouvé cet amour omniprésent de la musique et de la beauté sait qu’Odessa est au cœur de l’Europe, au même titre que Vienne, Milan, Copenhague, Cracovie ou Marseille.
D’ailleurs, l’Ukraine n’est pas seulement européenne par sa culture, elle l’est aussi parce que les Ukrainiens éprouvent dans leur chair ce qui fut à l’origine même de notre construction européenne. Ils savent, comme nous savions en 1945, ce que signifie la guerre et combien l’intégration de notre continent constitue l’une des plus grandes entreprises de paix de l’histoire.
Mais sa place est aussi parmi nous parce que nous avons besoin d’elle. Avec huit cent mille soldats et des millions de drones sortis de ses ateliers, l’Ukraine est devenue l’une des meilleures armées d’Europe. Cette société mobilisée, efficace et travailleuse a appris sous la contrainte à surmonter beaucoup des limites que nous dénonçons quotidiennement chez nous. La guerre n’offre ni le luxe de la lenteur ni celui de la déconnexion avec le réel.
Camus l’a écrit très justement : « On ne nie pas la guerre, il faut en vivre ou en mourir. »
Des soldats reviennent du front avec des amputations multiples, conséquence des évolutions du champ de bataille ? En trois mois, l’hôpital Saint-Panteleimon de Lviv bâtit le centre Unbroken pour les accueillir et les soigner.
Le toit de verre de la Rada expose les députés aux frappes russes ? Un système de vote sécurisé est développé pour que les sessions se poursuivent depuis l’abri.
Des centaines d’entreprises ont été détruites lors de l’invasion ? Des mécanismes de prêts et de contreparties sont organisés, suivis avec rigueur et orientés selon les priorités nationales.
Partout, nous avons retrouvé le même réflexe : un problème apparaît, il faut le résoudre. Cette agilité, cette capacité à décider et à agir, ce rapport presque brutal au réel nous bousculent, car nous avons besoin nous aussi de retrouver cette culture de l’action pour redresser notre pays et affronter les transformations qui viennent. L’Ukraine a tant à nous apprendre.
II. La deuxième conviction est que la Russie ne s’arrêtera pas d’elle-même
Au-delà de l’ampleur des destructions et de la logique d’annexion territoriale, il est une réalité que les cartes et les chiffres ne rendent pas : la cruauté.
À Yahidne, quelques jours après le début de l’invasion, les forces russes ont fait prisonniers environ 350 des 380 habitants du village pour en faire des boucliers humains et les ont enfermés dans le sous-sol de l’école. Des femmes, des hommes, des enfants et des vieillards y ont passé vingt-sept jours entassés dans cent cinquante mètres carrés, sans lumière, sans toilettes, avec presque rien à manger et sans l’espace nécessaire pour s’allonger. Onze personnes y sont mortes et leurs corps n’ont pu être retirés qu’avec l’autorisation de leurs geôliers, si bien que des enfants ont vécu plusieurs jours à quelques mètres des cadavres.
À Kherson, la torture et le meurtre ont été institutionnalisés et les habitants vivent aujourd’hui encore sous la menace de drones chargés d’explosifs qui les traquent dans leur quotidien à la manière d’un « safari humain ».
Après avoir vu cela, une conviction s’impose et elle n’est pas dictée par l’émotion. Depuis plus de vingt-cinq ans, le régime russe a fait de la violence et de la guerre des instruments ordinaires de sa politique, au point que la guerre n’est plus pour lui une anomalie mais un mode d’action et, progressivement, un mode de gouvernement.
Croire que notre lassitude produira la paix serait donc une erreur tragique et stratégique. Notre fatigue n’arrêtera pas la guerre. Notre faiblesse non plus. La paix ne viendra pas de notre renoncement, elle suppose que la Russie soit convaincue qu’elle ne peut obtenir par la force ce qu’elle n’a pu obtenir autrement.
Les Ukrainiens, eux, tiennent. À Drohobytch, le maire, dont le fils est au front, prépare sa ville au rude hiver qui s’annonce en rendant autonomes ses réseaux d’énergie. Il nous a quittés sur ces mots : « Tenez bon face à la propagande moscovite. »
À Kyiv, le président de la Rada, Ruslan Stefanchuk, nous a remerciés de la constance du soutien français, puis il a ajouté très justement que cette aide protège l’Europe autant que l’Ukraine.
C’est pourquoi, quand le Rassemblement national propose, par la voix de Louis Aliot, de « couper le robinet » de l’aide à l’Ukraine, il ne parle pas de paix, il parle de lâcheté. Il parle d’abandon, un abandon dont nous finirons par payer le prix.
III. La troisième conviction est que nous devons nous unir, car rien n’est impossible au peuple français lorsqu’il est soudé
Ce combat de David contre Goliath nous rappelle une chose que notre pays a hélas oubliée. Lorsqu’un peuple sait ce qu’il veut, qu’il accepte de regarder la réalité en face et qu’il mobilise ses forces dans une même direction, il accomplit ce qui paraissait impossible. C’est peut-être la principale leçon que je rapporte d’Ukraine.
Il serait indécent de comparer nos difficultés à celles d’un peuple en guerre. Mais il serait irresponsable d’en revenir sans comprendre que nous ne sommes plus au temps des avertissements. La guerre est de retour en Europe, la Russie s’est réarmée et nous désigne comme adversaires, notre dette réduit déjà nos marges de souveraineté, notre industrie a reculé, notre agriculture doute de son avenir et nos dépendances accumulées nous rendent plus vulnérables. Ce ne sont pas les menaces de demain, c’est notre réalité d’aujourd’hui.
La question n’est donc plus de savoir si nous devrons faire des efforts, puisque nous en faisons déjà et que nous devrons en faire davantage. La seule question qui vaille est de savoir si nous choisirons nous-mêmes, collectivement, les efforts nécessaires à notre redressement ou si, à force d’attendre, ils nous seront imposés par les événements, par nos créanciers ou par ceux qui veulent notre affaiblissement.
Depuis trop longtemps, nous traitons chaque difficulté comme si nous pouvions encore gagner du temps. Mais demain est arrivé.
Nos divisions, nos procrastinations et nos égoïsmes ne sont plus seulement des faiblesses intérieures, ils deviennent des vulnérabilités stratégiques. Poutine le sait et il fait le pari de notre fatigue. Il ne sera tenu en échec que par la démonstration inverse, celle d’Européens capables de se mobiliser, au premier rang desquels des Français déterminés à demeurer libres.
Je ne doute pas une seconde que nous en soyons capables. La France, forte de mille ans d’histoire, ne sera durablement soumise par aucune force, ni par ses créanciers ni par Moscou. Mais l’histoire ne garantit rien à ceux qui se contentent de l’invoquer. Elle oblige.
Enfin, ces convictions, notre famille politique ne les découvre pas. Dès 2004, la révolution orange, ce soulèvement pacifique d’un peuple qui refusait une élection truquée sous la pression de Moscou, avait marqué Marielle de Sarnez au point qu’elle proposa d’en faire la couleur de notre Mouvement lors de sa fondation.
Si le Mouvement démocrate est orange, c’est en hommage à ces Ukrainiens qui réclamaient, place de l’Indépendance, la démocratie et l’Europe. Loin d’être un détail, j’y vois le symbole de notre attachement à cet idéal européen, celui que portent tous les militants de notre mouvement.
Quand Maïdan s’est levé, Marielle était sur la place dès décembre 2013, à la tribune, devant des centaines de milliers de manifestants. « Nous sommes tous ici des Européens », leur a-t-elle lancé. La foule lui a répondu « Merci », en français.
Depuis, notre député Frédéric Petit, qui vit en Pologne et a travaillé en Ukraine avant d’être élu, n’a jamais cessé ce compagnonnage. Vice-président du groupe d’amitié France-Ukraine et décoré par le ministre ukrainien de la Défense, il porte avec détermination la protection du ciel ukrainien grâce à l’initiative SkyShield, que je soutiens.
Voilà, au fond, ce que nous avons vu. Les Ukrainiens ne nous demandent pas de nous battre à leur place, ils nous demandent de ne pas les lâcher et nous ne les lâcherons pas. L’histoire ne retiendra pas l’émotion que cette guerre nous inspire, elle retiendra la constance dont nous aurons su faire preuve. L’heure est à l’union et à la mobilisation. Tel est notre devoir et tel est aussi notre pouvoir, protéger l’Europe, la République et la France. »

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Le Canada est le bienvenu dans l’Union européenne. Parce que nous partageons les mêmes valeurs et que nos intérêts sont convergents. Alors allons plus loin. Commençons par tous ratifier le CETA. Mettons en place un pacte de sécurité économique contre la coercition commerciale : si Trump nous met des tarifs, on répond collectivement par des tarifs. Même chose pour la Chine et n’importe qui d’autre.   Mettons à profit nos atouts réciproques. Cultivons les échanges universitaires. Et continuons le rapprochement stratégique entre l’Europe et le Canada, sur les terres rares, sur la défense, sur l’arctique, sur l’énergie ou encore la recherche.

> Ce n’est pas normal que ce soit le Pape et le Vatican qui soient les premiers à poser une limite philosophique au développement de l’IA ! Il faut que l’Europe prenne le leadership mondial pour un cadre légal sur l’IA.

> Le niveau de vie des Européens pour les prochaines années dépend de notre capacité à innover dans les technologies de rupture. L’enjeu c’est celui de notre souveraineté. On doit investir massivement ; on doit protéger, c’est-à-dire défendre nos entreprises innovantes face à la concurrence déloyale. Faire de notre commande publique européenne une véritable arme industrielle comme le font la Chine ou les Etats-Unis.

> Discours historique du Premier ministre Mark Carney aujourd’hui au Parlement européen. Union européenne et Canada posent les bases d’un partenariat global unique pour nos deux espaces politiques. La brutalité du monde et les nouvelles menaces rendent nécessaire cette alliance des démocraties. Continuons sur cette voie avec tous les pays qui partagent avec nous les mêmes valeurs.

> Face aux États-Unis et à la Chine, nous devons changer d’échelle. Gabriel Attal propose de bâtir les « États-Unis d’Europe » sur une dizaine de grands projets communs. Ce n’est pas un slogan mais une idée concrète : rassembler un noyau de pays européens prêts à aller plus loin et à faire converger leurs économies.
- Développer une IA européenne et nos propres semi-conducteurs ;
- Construire une constellation européenne de satellites ; • Investir ensemble dans le nucléaire et la fusion ;
- Créer un système de paiement souverain ;
- Achever l’union des marchés de capitaux pour financer nos entreprises et faire émerger des géants européens.
Bref : mettre en commun nos forces là où, seuls, nous n’avons plus la taille critique. Et dépasser les blocages actuels de l’Union européenne. Les « États-Unis d’Europe », c’est faire de notre unité un instrument de puissance, d’innovation et de prospérité.

> Les idées fumeuses comme l’euro, Schengen, le plan de relance, l’achat groupé de vaccins, le mécanisme carbone aux frontières ou celui anti coercition ? Tout ce qui a renforcé l’Union européenne depuis 30 ans ? Monsieur Bruno Retailleau, ne soyez pas inutilement caricatural : votre parti européen soutient beaucoup des grands projets avancés par Gabriel Attal. Votre volonté de concurrencer l’extrême droite europhobe ne vous fera gagner aucune voix. Bien au contraire.

 

Pascal Canfin (député)
> L'Europe se mobilise contre l’impunité des plateformes de e-commerce !
Aujourd’hui, le Parlement européen a voté l’accord trouvé en trilogue en mars sur la réforme de l’union douanière.
Concrètement, avec cette réforme la responsabilité change de camp. Lorsque vous commandez un produit sur Shein ou Temu, légalement aujourd’hui vous êtes l’importateur et non la plateforme. Cela signifie qu’en cas de produits non conformes, par exemple avec des substances toxiques, vous ne pouvez pas vous retourner contre Shein ou Temu.
Or, l’Europe fait face à une vague de produits illégaux et non-conformes.
Il fallait donc agir et l’Europe le fait : grâce à cet accord, dès le 1er janvier 2028 les plateformes devront endosser la responsabilité des produits qu’elles importent dans l’UE – ou nommer un responsable légal. Des amendes sont prévues en cas de manquements répétés et d’importations de produits interdits en Europe.
Ce n’est pas tout : comme vous l’avez constaté, les droits de douane sur les petits colis sont entrés en vigueur cet été à l’échelle européenne, pour éviter le contournement constaté lorsque la France avait légiféré seule sur le sujet. Ces frais de 3€ par produit vont être accompagnés par des frais de traitement d’autour de 2€ par paquet d’ici novembre.
L’action européenne marche : le ministère de l’Economie en France a annoncé début septembre qu’il y avait une baisse du nombre d’importations de petits colis entre 30 et 40% dans l’UE. Les prix augmentent et c’est ainsi qu’une concurrence plus saine s'installe dans l’Union européenne.
L’Europe a les moyens de riposter face à l'érosion de sa base industrielle. Contre la Chine et la concurrence déloyale, il n’y a pas de fatalité, seulement du courage politique.

> En ce moment à Bruxelles se joue un démantèlement inédit de vingt-cinq ans de règles encadrant la mise sur le marché des pesticides en Europe. Le texte est en cours de négociation ces prochaines semaines, et il nous faut à tout prix éviter les régressions organisées par l’alliance de la droite et de l’extrême droite
Aujourd'hui, chaque substance pesticide doit être autorisée au niveau européen et ne peut l'être que pour une période de dix ou quinze ans. Ce système de réévaluation périodique est précisément ce que ce texte menace de faire disparaître en autorisant les pesticides "pour toujours".
Si l’on se focalise sur le sujet des pesticides, la loi Duplomb portait sur un seul produit : l’acétamipride. Là, nous sommes face à un changement systémique : il ne s’agit pas de revenir sur une substance active mais de revenir sur l’entièreté du système d’autorisation. À côté, la loi Duplomb est un travail d’enfant de chœur !
L'alliance entre la droite et l'extrême droite, majoritaire pour la première fois dans l'histoire du Parlement européen depuis 2024, prépare une véritable bombe sanitaire.
J'alerte et je suis mobilisé depuis des mois sur ce sujet fondamental pour la santé des Européens.

 

● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)

> L’enfance doit être au cœur de la présidentielle, jamais les enfants au service de la campagne !

> [Tribune co-écrite avec Sira Rego, ministre espagnole de la Jeunesse et de l’Enfance, et Najat Maalla M’jid, représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question de la violence contre les enfants : « Protéger les enfants à l’ère numérique »)
Le numérique n’est plus un espace à part dans la vie des enfants. Il est devenu l’un des environnements dans lesquels ils grandissent, apprennent, jouent, nouent des relations et construisent une partie de leur identité.
L’intelligence artificielle ouvre une nouvelle étape. Des systèmes capables de converser, conseiller, recommander, créer des images ou entretenir une relation continue avec leurs utilisateurs entrent progressivement dans le quotidien des enfants. Ils offrent des possibilités considérables pour l’apprentissage, la créativité et l’accès au savoir. Mais ils modifient également la nature des risques auxquels les enfants sont exposés.
Après l’économie de l’attention apparaît une économie de l’attachement, dans laquelle certains services numériques peuvent établir avec leurs utilisateurs des interactions toujours plus personnalisées, permanentes et parfois émotionnelles. Pour un enfant dont les capacités de discernement et l’autonomie sont encore en développement, cette évolution appelle une responsabilité particulière.
Parallèlement, les violences faites aux enfants ont elles aussi changé d’échelle et de forme. Grooming (1), sextorsion, cyberharcèlement, diffusion d’images d’abus sexuels, deepfakes à caractère sexuel, mécanismes de recommandation exposant les enfants à des contenus inadaptés : les technologies peuvent amplifier des violences anciennes et en faire apparaître de nouvelles.
Notre réponse doit dépasser les frontières
Ces phénomènes traversent les frontières. Notre réponse doit donc, elle aussi, dépasser les frontières. Nous défendons un principe simple : ce ne doit pas être à l’enfant de s’adapter à des technologies qui n’ont pas été conçues pour lui. Les technologies auxquelles les enfants peuvent accéder doivent être conçues en tenant compte, dès l’origine, de leurs droits, de leur sécurité et de leur développement. C’est le principe du Child Safety by Design.
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Cette approche marque un changement de méthode. Pendant trop longtemps, la protection des enfants a principalement été envisagée après la conception des produits : contrôle parental, modération, signalement, réparation des dommages. Ces instruments restent indispensables. Mais ils interviennent souvent lorsque le risque existe déjà, voire lorsque le dommage est survenu.
Nous devons désormais agir en amont. De la même manière que la protection des données ou la cybersécurité sont progressivement devenues des paramètres de conception des technologies, la protection de l’enfant doit devenir une exigence de conception par défaut. Cela signifie notamment concevoir des services adaptés à l’âge et au développement de l’enfant, réduire les mécanismes susceptibles de favoriser des usages compulsifs, prévenir les contacts dangereux, protéger les données personnelles, limiter l’exposition aux contenus préjudiciables, assurer des mécanismes accessibles de signalement et intégrer des garanties particulières aux systèmes d’intelligence artificielle susceptibles d’interagir avec des enfants.
Mais le Child Safety by Design ne doit pas devenir une nouvelle liste de conformité. Il doit devenir un principe de gouvernance. Car la protection des enfants dans l’environnement numérique n’est pas seulement une question de modération ou de contrôle parental. Elle concerne les choix de conception, les modèles économiques, les systèmes de recommandation, l’utilisation des données et, désormais, les modèles d’intelligence artificielle. Elle concerne donc directement les dirigeants des entreprises qui les développent, les conseils d’administration qui en supervisent les risques, les investisseurs qui les financent, les régulateurs qui établissent les règles et les pouvoirs publics qui ont la responsabilité de protéger les droits des enfants.
Le risque pour l’enfant doit devenir un risque que les organisations savent identifier, mesurer, prévenir et gouverner. Cette évolution ne signifie pas opposer innovation et protection. Au contraire. L’histoire des grandes transformations technologiques montre que la confiance est une condition de leur développement durable. Les entreprises capables d’intégrer la protection des enfants dès la conception de leurs produits contribueront à construire un environnement numérique plus sûr, mais aussi une innovation plus robuste et plus responsable.
L’Europe a commencé à poser des jalons importants. D’autres États et institutions internationales avancent également. Mais les enfants utilisent les mêmes plateformes, les mêmes applications et, de plus en plus, les mêmes systèmes d’intelligence artificielle, indépendamment des frontières nationales. Une protection fragmentée ne peut donc constituer notre horizon.
Passer d’une logique de réparation à une logique de prévention
Nous proposons d’engager une nouvelle étape : faire émerger progressivement un socle international de principes communs pour les technologies accessibles aux enfants. États, organisations internationales, régulateurs, entreprises technologiques, chercheurs, société civile, enfants et jeunes eux-mêmes doivent pouvoir contribuer à sa définition. Ce socle pourrait reposer sur quelques principes universels : l’intérêt supérieur de l’enfant comme considération primordiale ; la protection par défaut ; la proportionnalité au regard de l’âge et du développement ; la prévention des risques dès la conception ; la transparence et la responsabilité ; l’évaluation régulière de l’impact des technologies sur les enfants ; ainsi que la participation des enfants conformément aux standards internationaux.
L’objectif n’est pas d’imposer partout une réglementation identique. Il est de faire émerger une exigence commune. Demain, avant de mettre sur le marché une technologie susceptible d’être utilisée massivement par des enfants, une question devrait devenir aussi naturelle que celles que nous posons déjà en matière de sécurité, de données ou de cybersécurité : quel sera son impact sur les droits, la sécurité et le développement des enfants ? Cette question doit être posée dans les laboratoires qui développent l’intelligence artificielle, dans les entreprises technologiques, dans les administrations publiques, mais aussi dans les conseils d’administration et dans les décisions d’investissement.
C’est ainsi que nous passerons d’une logique de réparation à une logique de prévention. Et c’est probablement l’un des grands choix collectifs que nous devons faire face à l’accélération technologique : décider que le progrès ne sera pleinement un progrès que s’il respecte aussi les droits et les besoins de ceux qui grandiront avec lui.
Les enfants n’ont qu’une enfance. Nous avons désormais la capacité de faire de leur protection non pas une correction apportée après l’innovation, mais l’un de ses principes fondateurs. »

> Il y a 4 ans, Mahsa Amini était tuée par la police des mœurs iranienne pour avoir « mal porté » le voile. 4 ans après, son nom ne doit pas être oublié, pas plus que le courage de celles qui continuent de réclamer leurs droits et leur dignité. Femme, Vie, Liberté.

> Une jeunesse qui choisit de servir son pays et qui nous rend fiers. Les premiers volontaires du Service national ont fait le choix de l’engagement et du dépassement de soi. À eux d’ouvrir la voie. À nous de faire vivre l’envie de servir la France partout chez nos enfants.

> Et si la protection de l’enfance devenait un chantier franco-européen, au même titre que l’énergie & la défense ?

> Lancement de Safe Cyber Space, un programme de prévention des risques en ligne chez les jeunes. Nous avons besoin des entreprises pour prévenir, proteger, mais aussi changer les règles du jeu et construire un monde numérique digne de nos enfants !