36 529 communes en métropole et 218 dans les départements et territoires d’Outre-mer, voilà qui permet à tout parti qui a remporté quelques dizaines ou centaines de mairies lors des municipales dont le second tour a eu lieu hier, de se déclarer vainqueur!
Mais, au-delà de cette autosatisfaction générale et quelque peu mensongères voire très mensongère pour les extrêmes – LFI et RN, par exemple –, cette simple arithmétique cache des défaites amères voire des camouflets qui permettent de discerner les vrais résultats derrière le paravent des célébrations.
Alors, oui, le PS, sans LFI voire contre lui, a remporté Paris, Marseille, Lille et se trouve dans les futures majorités à Lyon (victoire des écologistes à la mairie mais défaite à la métropole), entre autres, villes auxquelles on peut rajouter Montpellier, Nantes, Rouen ou Rennes et où l’on aurait pu mettre également Strasbourg si sa candidate et ancienne maire, Catherine Trautman, n’avait pas été exclue pour une alliance avec Horizons.
Alors, oui, LR a quelques belles victoires comme à Clermont-Ferrand, Brest, Besançon ou Cherbourg et fait partie des coalitions victorieuses à Bordeaux, Toulouse ou Le Havre.
Alors oui, les partis centristes (comme Renaissance et MoDem) et de centre-droit ou de droite modérée (Horizons) peuvent se targuer de victoires notables comme Bordeaux, Mulhouse et Annecy (Renaissance), Le Havre (Horizons) ou La Rochelle (MoDem).
Alors, oui, LFI a conquis quelques villes (Saint-Denis, Roubaix) et se retrouve dans les majorités municipales à Lyon et le RN peut se réjouir de quelques victoires (comme à Perpignan, Carcassonne ou Liévin) et de son association victorieuse avec l’UDR à Nice.
Mais les échecs sont tout aussi nombreux.
A titre d’exemple emblématiques, la Gauche à Toulouse ou Clermont-Ferrand, celui de la Droite à Paris ou Nice, Lyon ou Paris pour Renaissance, Pau ou Nantes pour le MoDem, Marseille ou Toulon pour le RN, Limoges pour LFI, Bordeaux pour Les écologistes.
A un an de la présidentielle et des législatives, quelle sont les enseignements que l’on peut tirer.
D’abord qu’il est difficile d’extrapoler des élections locales sur des élections nationales où les enjeux politiques, économiques et sociétaux ne sont pas les mêmes.
Ensuite, malgré tout, que les accords entre le PS et LFI ont plombé la Gauche et ont empêché les socialistes de gagner dans un certain nombre de villes, ce qui pourrait à nouveau se produire en 2027, une partie de son électorat ne pouvant accepter de s’allier avec une extrême-gauche antidémocratique, antisémite et dont la seule politique est de créer le chaos.
Pour ce qui est de LR, c’est vrai que le refus des accords avec la droite radicale (UDR) et l’extrême-droite (RN) a dans doute coûté quelques mairies mais il ne l’a pas empêché de remporter de belles victoires alors que le RN a largement pâti d’être seul avec son excroissance UDR.
Ce qui signifie que l’extrême-droite seule ne peut dépasser les 50%, ce qui envoie un message pour la présidentielle.
Quant aux partis centraux, de Renaissance à Horizons en passant par le MoDem, les constats sont diamétralement opposés.
Si Renaissance n’a pas remporté de victoires éclatantes dans des grandes villes hormis Bordeaux, le parti macroniste, néanmoins et à l’inverse de ce que lui prédisaient les experts médiatiques, s’est ancré nettement mieux qu’en 2020 dans la vie locale avec la gestion de plusieurs villes comme Annecy et la participation dans de nombreuses majorités dans des conseils municipaux comme à Toulouse.
Evidemment l’échec complet de sa stratégie à Paris et de la division de ses troupes – une partie soutenant Bournazel, une autre Dati – est un camouflet, tout comme la défaite de Jean-Michel Aulas à Lyon même si ce dernier parle d’irrégularités dans le scrutin et va déposer une demande en annulation de celui-ci.
Mais, globalement, Gabriel Attal peut se montrer satisfait des résultats.
Tout autre est le bilan du Modem qui a essuyé de nombreux échecs dont le plus emblématiques est évidemment celui de son leader et ancien premier ministre, François Bayrou, à Pau mais également les défaites des coalitions dans lesquelles il s’était associé, notamment à Paris et Nantes, bilan qui fait du parti centriste, sans doute, un vrai perdant même si quelques succès notables comme à La Rochelle amoindrissent ce constat sans pour autant l’inverser.
De son côté Horizons peut se montrer satisfait de la victoire de son leader, Edouard Philippe, au Havre malgré la claque de Christian Estrosi à Nice, qui permet à l’ancien premier ministre de demeurer dans la course à la présidentielle de l’année prochaine.
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