mardi 20 octobre 2020

Propos centristes. France – Assassinat de Samuel Paty; lutte contre le terrorisme; laïcité; covid19; plan de relance; emploi des jeunes; Europe…


Voici une sélection, ce 19 octobre 2020, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

Emmanuel Macron (Président de la République)

Lutter contre le terrorisme islamiste, c'est combattre l'ennemi à la racine, sur les théâtres d'opérations. C'est aussi garantir une stabilité qui passe par la souveraineté de l'Irak. J'ai reçu le Premier ministre irakien pour faire le point sur l'initiative engagée ensemble.

 

Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Jean Castex (Premier ministre)

Dès mon arrivée à Matignon, j’ai souhaité travailler main dans la main avec les Régions. Cette relation de confiance dans laquelle chacun assume le rôle qui est le sien est la seule clé d’un succès collectif. Notre pays l’attend et, plus que jamais, la situation l’exige.

 

Barbara Pompili (ministre de la Transition écologique)

- Oui l'éolien en mer a mis du temps à démarrer en France. Désormais, la dynamique est lancée. Au large des côtes normandes et bretonnes, comme en Méditerranée : d'ici 2028, plus de 6 gigawatts d’éolien en mer seront installés en France soit la puissance de 6 réacteurs nucléaires.

- Ça prend forme! J’ai présenté l’architecture du projet de loi d’application des propositions de la Convention citoyenne, lors de la 1ère réunion du groupe de travail réunissant parlementaires et citoyens.

 

Florence Parly (ministre des Armées)

L'opération Chammal maintient la pression sur Daech, affaibli mais bien actif. Avec nos Alliés, les armées françaises combattent le terrorisme à sa racine, loin de nos frontières, pour la sécurité de nos concitoyens.

 

Gérald Darmanin (ministre de l'Intérieur)

- Nous devons aux Français que la peur et la sidération changent de camp.

- Il n’y a qu’une communauté en France : c’est la communauté nationale.

Il faut arrêter d’être naïfs et voir la vérité en face : il n’y a aucun accommodement possible avec l’islamisme radical. Tout compromis est une compromission.

- Pas une minute de répit pour les ennemis de la République. Plus de 80 enquêtes ouvertes pour haine en ligne suite à l’attentat de vendredi. 51 structures associatives verront toute la semaine des visites des services de l’Etat et plusieurs d’entres elles seront dissoutes.

- Jamais la lutte contre l’islamisme radical n’a été aussi intense. Aucun Président de la République n’a autant agi. Depuis 2017: 356 lieux de radicalisation ont été fermés dans notre pays, 428 étrangers fichés pour radicalisation ont été expulsés.

- Le gouvernement va continuer de consacrer des moyens très importants aux services de renseignement dans le Budget 2021. 330 créations d’emplois supplémentaires sont prévues l’an prochain dans les services de renseignement. Soit 1136 emplois créés depuis le début du quinquennat.

 

Elisabeth Borne (ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion)

Bravo aux artisans qui communiquent avec fierté leur engagement en faveur de l’apprentissage en affichant sur leurs vitrines un macaron «Ici je forme un apprenti». Tous mobilisés pour la jeunesse!

 

Eric Dupond-Moretti (Garde des Sceaux, ministre de la Justice)

M. Paty est mort pour avoir exercé sa mission de professeur, pour avoir expliqué dans le cadre de l'enseignement moral et civique que la liberté d'expression ne va pas sans la liberté de déplaire et parfois de choquer.

 

Amélie de Montchalin (ministre de la Transformation et de la fonction publique)

- Nous ne sommes pas le gouvernement qui met les réformes sous couvre-feu. Nous poursuivons le déploiement des réformes votées depuis 2017. À la demande d'Emmanuel Macron je publierai un baromètre des résultats pour que nos actions soient mesurées dans les faits par les Français.

- Le télétravail est préconisé 2 à 3 jours par semaine pour les agents publics qui peuvent exercer leurs missions à distance tout comme dans le privé. Cessons de les opposer. Ils sont tous mobilisés pour assurer la continuité du service public et la relance de notre pays.

 

Elisabeth Moreno (ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l'égalité des chances)

Partout, la France a rendu hommage aujourd'hui à Samuel Paty. La République, dont il était l'un des hussards, est unie à son chevet. Nous devons continuer, sans relâche, à défendre la liberté d'expression qu'il transmettait à ses élèves.

 

Franck Riester (ministre chargé du commerce extérieur et de l'attractivité)

- Avec le Chèque VIE de France relance, nous incitons les entreprises à recourir aux jeunes issus de formations courtes & des quartiers prioritaires de la politique de la ville.

- Le commerce est un levier pour affirmer nos ambitions en matière de climat.

- La France rend hommage à Samuel Paty, sauvagement assassiné pour avoir enseigné. L’éducation est et sera toujours le premier rempart de la République contre l’obscurantisme. Nous ne céderons pas devant l’islamisme et nous défendrons nos valeurs.

 

Jean-Baptiste Djebbari (ministre chargé des Transports)

Pour une publication massive et nationale des caricatures de tous ordres. Et un grand débat sur nos libertés, notamment celle de croire, de ne pas croire, de ne plus croire.

 

Olivier Dussopt (ministre chargé des Comptes publics)

Par la bonne gestion de son immobilier l’année passée, l’État encaisse 625 M d’€. Ces profits nous permettent notamment de réinvestir pour les Français, parmi lesquels les plus modestes, avec la construction de 11.000 logements, dont 8.500 sociaux.

 

Agnès Pannier-Runacher (ministre chargée de l'Industrie)

- Je me suis entretenue avec les représentants des 18 filières industrielles pour faire le point sur le couvre-feu et leur dire le total investissement de Bercy à leurs côtés. Il faut continuer à travailler en appliquant les protocoles et en protégeant au maximum les salariés.

- Les gens qui travaillent peuvent circuler pendant le couvre-feu. C'est une règle intangible.

- Bercy est mobilisé dans la lutte contre le financement du terrorisme (...) tous les flux dont on ne connait pas l'origine qui permettent de financer les actions ou les équipements des terroristes.

 

Marlène Schiappa (ministre chargée de la Citoyenneté)

- [Samuel Paty] Il a été dit lors du rassemblement en son hommage que lui, ne pourrait plus jamais assurer son cours mais que maintenant c'est la responsabilité de toute la République que d'assurer partout son cours à sa place.

- On a remplacé le débat des idées par le débat de l'identité. Avant de vous demander 'que pensez-vous ?', on vous demande 'qui êtes-vous ?'. Le mépris pour la pensée est à combattre.

- Nous voulons étendre l'obligation de neutralité dans les services publics aux délégations de services publics.

- Il faut un réveil général et collectif, il faut que toutes les petites compromissions s'arrêtent. On ne peut plus tolérer des gens qui ne veulent pas serrer la main à des femmes...

- Les services déjouent des attentats en permanence. Depuis 2017, ce sont plus de 300 lieux qui ont été faits fermer. Oui, il faut encore aller plus loin.

- [Expulsions d'imams] Les actes doivent primer, le président de la République l'a dit (...) La France entend mettre fin à la pratique dite des 'imams détachés.

- Depuis le début de l'année, 3.000 contenus islamistes à visée terroriste ont été retirés" des réseaux "et 1.000 sites ont été déréférencés.

- On a une génération de jeunes qui se sont radicalisés devant leurs écrans: c'est ce cyber-islamisme qu'il nous faut combattre.

 

Nadia Hai (ministre chargée de la Ville)

- «La laïcité c’est le ciment de la France unie» a rappelé Emmanuel Macron Sa compréhension est un enjeu essentiel : j’annonce aujourd’hui le doublement du financement à la formation «Valeurs de la République et laïcité» pour les acteurs de terrain notamment dans les QPV.

- Plus que jamais la République doit être présente pour tous, partout. Éducation, accès à l’emploi, sécurité, laïcité.

 

Clément Beaune (secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes)

- Nous devons agir ensemble, notamment pour lutter contre les contenus terroristes en ligne.

- Deux outils européens de relance sont directement affectés aux régions : ReactEu : près de 4 Md€ pour la France; Fonds de transition juste : 1 Md€ supplémentaire pour la moitié des régions.

- Une relance industrielle, sociale, environnementale... mais territoriale d’abord. Les 40 Md€ de l’Europe qui soutiendront les 100 Md€ français seront concertés avec les régions. 

 

Nathalie Elimas (secrétaire d’Etat chargée de l’Education prioritaire)

- [Assassinat de Samuel Paty] Comme tous nos concitoyens, je suis horrifiée. En tant que mère de famille, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale, et de surcroit professeure, je suis meurtrie par cet acte barbare. Je veux tout d’abord dire toute ma solidarité avec la famille de Samuel Paty et avec la communauté éducative. Ensuite dire que notre réponse doit être d’une fermeté totale, que nous ne céderons rien.  L’école est parfois le dernier lieu pour éveiller les consciences. C’est le cœur battant de notre République. Nous ne renoncerons jamais. L’Etat ne part pas de rien, beaucoup a été fait ces dernières années sur les sujets de laïcité et de lutte contre le radicalisme islamiste, notamment à l'Education nationale. Le Conseil des sages de la laïcité a été créé, et il a donné des normes de référence à l'ensemble du système scolaire, pour traiter ces sujets. Un Vademecum  "La laïcité à l'école" est aussi à la disposition des enseignants depuis 2019, et contient des fiches pratiques qui abordent le respect de la laïcité par les élèves, les personnels, les parents d'élèves et les intervenants extérieurs, ainsi qu’une analyse juridique et des conseils éducatifs et pédagogiques. Des équipes "valeurs de la République" interviennent également sur le terrain, elles se sont d’ailleurs rendues dans le collège où enseignait Monsieur Paty, à la suite du signalement de l’incident lié à son cours sur la liberté d'expression. Face à cet assassinat, nous allons réagir collectivement et aller encore plus loin pour protéger nos professeurs, en ne transigeant jamais sur nos valeurs.

- Ceux qui sont à l’origine de l’assassinat de Samuel Paty sont extérieurs à l’école. Ce sont des activistes, des militants islamistes qui ont exploité la polémique autour de ce cours sur la liberté d’expression, jusqu’à ce drame. Nous voyons bien que la menace terroriste est présente sur la République dans son ensemble. Et, oui, dans certains territoires, des groupes radicaux sont dans une forme de conquête, inacceptable.  C’est par l’école, notamment, par la liberté que procure l’instruction, que nous réussirons à reprendre ce terrain perdu depuis de trop longues années.  Depuis 2017, Jean-Michel Blanquer s’est attaqué frontalement au sujet, il faut continuer toujours et encore plus fort. Nous allons également encadrer de manière beaucoup plus stricte les écoles hors contrat et l’instruction à domicile, qui deviendra exceptionnelle, afin que le plus grand nombre d’enfants puisse bénéficier de l’enseignement de nos valeurs dans le cadre de l’école de la République.

- Les cours d'enseignement moral et civique (EMC) sont plus que jamais nécessaires pour transmettre des savoirs et des valeurs aux élèves.  Nous devons avoir un discours uni pour réaffirmer que la laïcité n’est pas négociable dans notre République, qu’elle fait partie de nos valeurs cardinales, indissociable des valeurs de fraternité et de solidarité.  En ce qui concerne les parents, nous avons, là encore, les équipes "Valeurs de la République", qui interviennent dans les établissements scolaires lorsque des situations de tensions apparaissent. Elles sont là, aux côtés du rectorat, pour instaurer un dialogue entre l’équipe enseignante et les parents d’élèves. Elles veillent à ce que les valeurs de la République soient toujours celles qui triomphent. Nous travaillons également depuis plusieurs années pour associer de manière la plus étroite possible les parents d’élèves, pour les faire participer à l’école. C’est une des clefs pour atteindre une véritable convergence des valeurs entre les parents et l’école.

- Au sein de l’école, des mesures fortes sont en place : le sujet de principes de laïcité et des valeurs de la République fait partie de la formation initiale des professeurs, et nous faisons également preuve de volontarisme sur la formation continue en la matière. Nous devons encore pousser les choses sur le cyber-harcèlement, car il est également une des sources de la pression islamiste sur les élèves. Cela appelle des évolutions de notre droit, pour gagner en efficacité et pour s’assurer d’une coopération totale des plateformes de réseaux sociaux avec nos institutions. 

- [Assassinat de Samuel Paty] Ce qui s’est passé est extrêmement choquant et le retour en classe doit évidemment être accompagné, qu’il s’agisse des élèves, de leur famille mais également des professeurs. Un temps d’écoute et de dialogue sera nécessaire pour expliquer aux élèves, avec beaucoup de solennité, ce qu’il s’est passé. Leur redire que la liberté d’expression et la liberté de conscience sont les piliers de notre démocratie, et que nous devons tous être unis pour la défendre, adultes et plus jeunes. Je tiens à rappeler que le drame que nous venons de vivre est le fait d'individus minoritaires, des terroristes qui veulent nous faire peur et nous abattre.  Nous devons rester soudés face à la menace, et montrer que la République est la plus forte. Rappeler également la notion fondamentale de respect d’autrui, en particulier celui qui est dû aux professeurs et qui fait partie des savoirs fondamentaux. Aux enseignants, dire que l’institution est et sera à leurs côtés, dès qu’ils en ressentiront le besoin et dès qu’ils feront face à une difficulté.  Je leur dis d’ailleurs mon soutien avec émotion et ma fierté d’appartenir à cette grande famille. Leur mission est essentielle, car c’est par l’éducation que nous combattrons l’obscurantisme. Une adresse email dédiée est en place, pour que chaque professeur puisse signaler une atteinte à la laïcité, et obtenir du soutien et de l’aide. Un numéro vert, le 0 805 500 005, leur permet désormais d’avoir une écoute directe. Enfin, le Président de la République vient d’annoncer le renforcement de la sécurité des établissements scolaires à la rentrée, ainsi que des actions concrètes contre les associations ou les individus tenant un discours de haine. Vendredi 16 octobre, Samuel Paty est mort, assassiné par des ennemis de la liberté pour avoir exercé sa mission : celle d’instruire, celle de faire de nos jeunes des citoyens libres et éclairés. Il incarnait notre République dans ce qu’elle a de plus noble: son école. La nation toute entière est professeure.

 

Sarah El Hairy (secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de l’Engagement)

- Le SNU est une réponse, un rite de passage républicain. Il permettra aux jeunes d'avoir ce sentiment d'appartenance à la Nation et de s'engager dans la société. C'est de l'espoir pour notre pays qui a tant besoin de se retrouver autour de ses valeurs de fraternité.

- C'est le combat d'une Nation. Quand la République est attaquée, nous devons nous unir. Il ne doit plus y avoir d'espace de compromission. Les valeurs de la République doivent être défendues partout et en tous lieux : maison, école, travail, dans les associations.

- Notre action sera forte, rapide et ferme. Les ennemis de la République ne doivent avoir aucun répit.

 

Cédric O (secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques)

La France et le Canada partagent la même ambition pour une IA respectueuse de nos valeurs.

 

Olivia Grégoire (secrétaire d’Etat chargée de l’Economie sociale, solidaire et responsable)

- « Être inerte, c’est être battu » disait Charles de Gaulle. Merci à Gérald Darmanin d’agir. Nous mènerons ce combat. Nous n’avons pas peur.

- Soutenir | Renforcer | Relancer, c’est améliorer les fonds propres des entreprises et des associations sera la condition de la réussite de notre relance. L'Etat apporte son total soutien avec la mise en place de prêts participatifs pour générer 20Mds€ de fonds propres.

- Le label Relance c'est un outil pour que chaque citoyen puisse orienter son épargne vers la relance de notre économie nationale, un cahier des charges pour que les investisseurs s'engagent sur des critères ESG.

 

Gabriel Attal (porte-parole du gouvernement)

- On déjoue en moyenne un projet d’attentat par mois en France depuis 3 ans. Nos services de renseignement ont été renforcés dans leurs moyens et leur coordination.

- On prend nos responsabilités contre l’ingérence de pays étrangers. Par exemple : on met progressivement fin à la pratique des imams détachés. Les imams seront formés en France, dans le respect des valeurs de la République.

- Sur le séparatisme, on agit depuis 2017, notamment en fermant des mosquées où l'on prêche la radicalisation et la haine de la France. Avec les mesures annoncées début octobre par le Président, on va aller encore plus loin.

 

Haut Commissariat au Plan

François Bayrou (Commissaire, président du Mouvement démocrate)

- [L’assassinat de Samuel Paty] s'est traduit hier par des dizaines de milliers de personnes présentes dans des manifestations spontanées, dans des appels simplement à une présence, à une minute de silence, à entendre une déclaration, simplement pour manifester l'horreur insupportable que chacun a ressentie, est d'autant plus insupportable qu'il s'agit de l'école, qu'il s'agit d'un professeur, qu'il s'agit de jeunes élèves et que tout cela est devenu, pour les Français, un moment d'horreur intime, pas seulement d'émotion publique, mais d’horreur intime. (…) Il y avait des femmes des hommes qui pleuraient simplement parce que c'est comme si on leur avait fait quelque chose, si on avait porté atteinte à leur famille ou a quelque chose de très cher pour eux.

- Je ne veux pas employer des expressions de cet ordre parce que le « Ils sont déjà là », cela désigne des groupes qui d'abord sont heureusement ultra-minoritaires et c'est aussi une manière de baisser les bras. Je ne crois pas du tout que ce soit irrémédiable. Je ne crois pas du tout que l'on ne puisse rien faire. Je ne crois pas du tout que l'on doive se servir de cela pour les fins électorales que vous imaginez. Ce qui s'est passé doit être analysé. Ce qui s'est passé en cours, c'est une chose. Ce qui s'est passé avec les parents d'élèves soutenus par des mouvements, en effet, qui sont des mouvements radicaux islamistes, c'est une deuxième chose. Et il y a une troisième chose : ce jeune assassin, ce garçon qui a d'ailleurs été abattu, il vient de 100 Km plus loin. Il n'était pas du tout membre, d'une manière ou d'une autre, ni de la communauté éducative, ni des élèves, ni des parents d'élèves, c'est que des réseaux ont fait naître et ont mobilisé la folie de ce garçon et le passage à l'acte. Vous voyez que ce sont trois problèmes différents ou trois questions différentes qui méritent que l'on ne les globalise pas, que l'on n'en tire pas des conclusions qui ne seraient pas des conclusions qui nous permettent d'aller de l'avant.

- [Culture du «pas de vague»] Bien sûr que, lorsque vous êtes ministre, à la tête d'une administration importante, vous préférez toujours qu'il n'y ait pas de vague d'abord parce que vous n'avez pas les réponses qu'il faudrait. Bien sûr, il y a une partie de cette culture. Vous avez rappelé, c'est beaucoup plus ancien que cela, que j'ai pris la décision d'interdire ou de faire interdire le voile à l'école, simplement pour montrer qu'il y avait un lieu sacré dans la société française, un lieu préservé dans lequel chacun venait pour accepter la loi commune qui est la loi de l'éducation et des principes qui nous font vivre ensemble. Cette décision a été prise, j'ai à l'époque écrit un livre qui prend à l'avance un certain nombre des conclusions du rapport Obin qui s'appelait Le droit au sens. Il y a des dérives, ces dérives doivent être combattues, elles doivent être interdites et, en même temps, on doit faire en sorte qu'elles ne se reproduisent plus. Les deux choses doivent aller de pair. De ce point de vue, vous voyez bien ce qui se heurte, ce sont deux cultures : il y a une culture de la religion au-dessus des règles communes, les règles les plus importantes ce sont les règles de la religion pour un certain nombre de cultures et il y a une deuxième culture qui dit : « la religion, c'est important, c'est protégé, mais il y a au-dessus de cela les règles qui nous font vivre ensemble, les principes qui nous font vivre ensemble. » Quand on respecte ces deux approches, à ce moment-là, on arrive ou on peut arriver à un point d'équilibre. Ce ne sont pas les élèves qui choisissent.

- Ce n'est pas aux élèves de choisir les programmes, ce n'est pas aux parents d'élèves de venir faire pression sur les enseignants. La communauté éducative doit avoir la force et la tranquillité, la force tranquille de dire : « ceci appartient aux règles de l'Éducation nationale, c'est l'Éducation nationale qui choisit les programmes, c'est l'Éducation nationale qui impose les règles qui sont à l'intérieur des établissements et de ce point de vue, les enseignants ont une protection.

- On peut parfaitement durcir les règles ; encore faut-il les faire appliquer. Un certain nombre des textes que l'on prend et que l'on annonce à chaque événement tragique existent. La question est qu'ils ne sont pas appliqués. Pourquoi ? Je trouve qu'il est heureux que le gouvernement vienne de décider un certain nombre d'expulsions, plus de 200, vienne de s'attaquer aux réseaux dont on parle. Le discours que le Président de la République a fait contre les séparatismes pour la défense de nos principes il y a deux semaines à peine, c'est un discours qui est une première dans l'histoire de la République. C'est la première fois qu'un responsable, et le plus éminent d'entre eux, le Président, dit : Voilà ce que nous n'accepterons plus. Heureusement que ce discours a été tenu et heureusement que le gouvernement l’applique et décide de le mettre en valeur.

- Il y a des réseaux qui sont identifiés. La plate-forme que le gouvernement a mise en place a détecté 80 messages de soutien fous à ce qui s'est passé. Ces 80 messages vont être identifiés et vont donner lieu à des perquisitions. Ce ne sont plus des mots. Et vous avez raison de dire que tout le monde est lassé des mots, que, des mots, on a le sentiment qu'il y en a trop et que ce sont les actes dont on a besoin et des réalités qu'il faut changer, mais ce que le gouvernement est précisément en train de le faire, c'est cela : actes et changement des réalités pour que tout le monde comprenne bien que notre manière de vivre ensemble n'est pas négociable, que c'est nous, France, avec notre histoire et notre histoire républicaine et notre histoire de Laïcité, c'est nous France qui, de cette manière, sur ce sujet, décidons de la manière dont nous devons vivre ensemble. Cela n'empêche pas la compréhension.

- On voit bien l’immense émotion, mais l’émotion que l'on ne voit pas, et qui est désespérée d'une certaine manière, c'est l'émotion de nos compatriotes musulmans qui vivent une vie tout à fait normale, tout à fait intégrée, tout à fait respectueuse, tout à fait ouverte souvent, et ceux-là, il n'y a personne pour leur parler ou pour les défendre si l’on n'est pas là pour faire respecter les principes. Donc d'une certaine manière, ils sont victimes aussi, bien sûr. Les petites filles, les petits garçons à l'école, les mères de famille dans les supermarchés que l'on regarde d'un œil soupçonneux, tous ceux-là sont des victimes collatérales de l'horreur que l'on a vécue il y a 48 heures.

 

Partis politiques

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]

Stanislas Guerini (délégué général)

- Depuis 3 ans, 32 attentats terroristes ont été déjoués en France par nos services de renseignements. Les moyens qui leur sont alloués ont été renforcés, nous sommes totalement mobilisés. Cette lutte doit et va se poursuivre.

- Face à l'islamisme radical, la République doit faire bloc. Notre tristesse est immense pour Samuel Paty, pour ses proches, et pour tous les enseignants de France.

 

Aurore Bergé (présidente déléguée du groupe à l’Assemblée nationale)

- [Hassen Chalghoumi, imam de Drancy] Le courage de dire et d'agir depuis des années. Trop longtemps dans le vide "ça fait 15 ans qu'on en parle. Personne ne m'a cru." Maintenant, que chacun l'écoute. Que chacun prenne - enfin- ses responsabilités.

- Capitulation, déni, naïveté ou complaisance coupable. Ou tout cela à la fois. La gauche portait auparavant un idéal laïc et émancipateur. Elle ne transigeait pas.

- Les cibles dans le dos des laïcs et des républicains, c'est vous [CCIF (Collectif Contre l'Islamophobie en France)] qui les posez depuis trop d'années. Le harcèlement ciblé, méthodique contre les laïcs et les républicains, c'est vous qui l'organisez. La République est une, indivisible et laïque.

 

Laetitia Avia (porte parole)

- On ne peut utiliser les réseaux sociaux pour mener une opération de lynchage, d’intimidation et porter atteinte à l’intégrité de quelqu’un. Nous restons fermement déterminés à lutter contre les discours de haine sur internet!

- «Il va falloir reprendre le travail sur la haine en ligne. Nous ne pouvons continuer de laisser faire.» Avec Gérald Darmanin, déterminés à agir pour que internet soit un lieu de respect de l’ordre public et de protection de tous les internautes.

- Les plateformes doivent mettre en œuvre des moyens pour assurer une modération des contenus plus efficace et plus protectrice.

- [Contenu haineux sur les réseaux sociaux] En décembre un texte sera proposé, à l'échelle européenne.

- Nous devons nommer l’ennemi, le terrorisme islamiste, et prendre des mesures fermes.

- Aujourd’hui si on veut porter atteinte à quelqu’un il suffit de poster sur les réseaux sociaux et de rendre viral.C’est une dérive contre laquelle nous devons lutter pour refaire des réseaux sociaux un lieu de communication, de partage mais non de déferlement de haine. Depuis la censure de juin, je n’ai pas cessé de travailler car le problème n’a pas disparu. Je travaille à l'échelle UE pour que le DSA porte des mesures exigeantes envers les plateformes et sur des dispositions nationales, en protégeant notre liberté d’expression. Il faut agir sur chaque maillon de la chaine : les réseaux sociaux doivent davantage investir dans la modération, et les pouvoirs publics doivent prendre le relais pour mieux identifier ceux qui commettent ces délits, les poursuivre et les condamner. 

- Les réseaux sociaux ne peuvent être un outil d’appel à la haine et au lynchage public. Il nous faut décupler les moyens pour mieux identifier ceux qui véhiculent ces messages et commettent des délits !

 

●MoDem

 

[Assassinat de Samuel Paty] La République a été prise pour cible par le terrorisme islamiste à travers l'un de ses plus beaux symboles : un enseignant, Samuel Paty, qui éveillait la conscience de ses élèves et leur enseignait l'esprit critique.
Aujourd'hui nous manifesterons notre soutien à toute la communauté éducative, et rappellerons notre attachement aux principes de laïcité et de liberté. 
Plusieurs rassemblements se tiennent en France à l'initiative des syndicats enseignants, de Charlie Hebdo et de plusieurs associations. Nous vous invitons naturellement à vous y rendre dans le plus strict respect des consignes sanitaires. 
Jean-Noël Barrot, Secrétaire général du Mouvement Démocrate et député des Yvelines, sera présent au rassemblement prévu ce dimanche 18 octobre à Paris, place de la République, à partir de 15h00. Il sera accompagné de membres du bureau exécutif et d'élus franciliens.
Pour ceux qui le souhaitent, un point de rendez-vous a été fixé sur le boulevard Saint-Martin à l’angle de la rue de Lancry, pour un départ à 14h45 au plus tard vers la place de la République.

 

Jean-Noël Barrot (secrétaire général)

[Assassinat de Samuel Paty] Il s’appelait Samuel Paty. Il était professeur d’histoire géographie dans un collège des Yvelines. Pour avoir enseigné l’esprit critique, éveillé les consciences de ses élèves et transmis les valeurs de la laïcité, il a été lâchement assassiné. « Tout le monde se sent touché, atteint, heurté », comme l’a dit François Bayrou. Et la Nation, touchée en plein cœur, pleure Samuel Paty. 
Il y a l’homme, le père de famille, victime de la violence barbare, qui laisse derrière lui une famille et des proches en deuil. Il y a l’enseignant tombé au combat pour la liberté, après avoir consacré sa vie au service de ses élèves et œuvré avec courage à leur émancipation. Il y a l’islamisme radical qui, à travers Samuel Paty, s’est attaqué au plus beau symbole de ce que la France a apporté au monde : l'humanisme des Lumières.
Lors de l’hommage national qui lui sera rendu mercredi, nous réaffirmerons collectivement notre attachement absolu à la liberté d’expression et à la laïcité qui sont au fondement de notre pacte républicain. Nous dirons toute notre affection et notre soutien à la communauté éducative, à ces femmes et ces hommes qui luttent pied à pied contre l’obscurantisme. Nous réaffirmerons avec force que nous ne céderons pas devant une idéologie qui conteste ces principes, et qui les utilise trop souvent pour mieux les affaiblir. Nous redirons à l’ennemi que nous continuerons de le combattre sans relâche, en France et dans le monde. 
Mais les mots ne suffiront pas. « La peur doit changer de camp », comme l’a rappelé le Président de la République. Pour que l’Ecole, sanctuaire républicain, ne soit plus jamais la cible du fanatisme, pour que les enseignants continuent de transmettre les valeurs de tolérance et de respect, ils doivent être mieux protégés et mieux accompagnés. Nous devons reprendre la main sur les réseaux sociaux qui ont joué un rôle funeste dans le destin tragique de Samuel Paty. Nous devons exercer un contrôle plus ferme des organisations qui prennent prétexte des libertés publiques pour mieux en saper les fondements.
Dans l’esprit du discours prononcé par le Président de la République aux Mureaux, nous devons faire démonstration d’unité, car c’est notre arme la plus puissante pour faire échec à ceux qui veulent s’en prendre aux trois principes que nous chérissons par-dessus tout : liberté, égalité, fraternité.

 

●UDI
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ne sont pas retranscrits]

Jean-Christophe Lagarde (président)

- Les musulmans de France ne demandent pas qu’on soit indulgents avec la dérive islamique. Ils veulent qu’on soit débarrassés des personnes comme Abdelhakim Sefrioui qui déversent leur haine depuis 15 ans et qui devraient être expulsés.

- La question, ce n’est pas de changer les lois, c’est qu’elles soient appliquées par les juges ! Ces gens dont l’État a demandé l’expulsion continuent de répandre leur haine. Il faut des juridictions spécialisées où les magistrats agissent pour protéger la société.

- Il faut s’attaquer à ce qu’il se passe à cause de l’anonymat des réseaux sociaux. On a besoin de relever les identités des auteurs de propos délictueux. Ces gens-là qui arment le bras des assassins doivent être poursuivis.

 

●Mouvement radical

 

[Communiqué de presse: Le Mouvement Radical participera à l’hommage national rendu à Samuel Paty]
Le Mouvement Radical a été profondément choqué par l’assassinat barbare de Samuel Paty, professeur d’histoire géographie au collège du Bois-d’Aulne de Conflans Saint Honorine le vendredi 16 octobre. Cet acte odieux démontre, s’il en était encore besoin, qu’il existe bel et bien un projet de radicalisation islamiste dans notre pays.
Comme le souligne Laurent Hénart, Président du Mouvement Radical : « Nous sommes en guerre et nous devons nous donner les moyens légaux, humains et matériels de la gagner ».
Delattre, Secrétaire générale du Mouvement, vice-présidente du Sénat, qui a présidé la commission d’enquête sénatoriale sur la radicalisation islamiste ajoute : « Il ne faut plus qu’on soit dans le déni politique (…). Après les propos, il nous faut des actes forts. L’arsenal juridique, mais aussi des réponses pénales fortes ».
Le pays tout entier a été sidéré par la violence de cet acte, c’est pourquoi il est essentiel de rester unis pour lutter ensemble contre ces ennemis de la République et de la démocratie.
Afin de montrer notre détermination sans faille dans ce combat, nous, Radicaux, à l’origine de la loi de 1905 de séparation des églises et de l’Etat, appelons tous les défenseurs de la République, des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, tous les enseignants, élus et citoyens réunis dans leurs différences, à participer nombreux à l’hommage national qui sera rendu mercredi 21 octobre à Samuel Paty.
Pour que plus jamais la terreur et la violence ne bafouent nos libertés, liberté de croire ou de ne pas croire, liberté de penser, liberté de s’exprimer.

 

Nathalie Delattre (sénatrice)

Il ne faut plus qu’on soit dans le déni politique. Il existe un projet de radicalisation islamiste au sein du pays. Après les propos, il nous faut des actes forts. L’arsenal juridique, mais aussi des réponses pénales fortes.

 

Autres

● Organisations centristes
♦ Renaissance
(Députés français du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen)

 

Stéphane Séjourné

Le drame que nous avons vécu en France, avec la décapitation de Samuel Paty qui avait été lynché sur les réseaux sociaux pendant des semaines, nous montre à quel point nous devons réfléchir collectivement à leur régulation.

 

Christophe Grudler

- Dans un contexte de crise sanitaire, économique et environnementale, les industries européennes vont devoir plus que jamais se transformer en profondeur. C’est pourquoi nous avons souhaité adopter un texte au Parlement européen, qui donne un nouveau cap à nos politiques industrielles. Ce rapport insiste notamment sur 3 aspects majeurs : la transition écologique dans nos industries, l’accompagnement de la numérisation et le renforcement de notre autonomie stratégique européenne. Les industries ont besoin d’une telle vision à long terme, car leurs cycles de vie sont longs. Ce que nous décidons aujourd’hui aura un impact à 10, 20, 30 ans !

- L’autonomie stratégique européenne c’est l’idée que l’Union européenne doit être maître de son destin. Nous ne devons pas dépendre d’autres acteurs dans des secteurs aussi stratégiques que la santé, l’énergie, le numérique ou la défense. Cela est particulièrement important en cas de crise : pouvoir nous approvisionner et être autonomes lorsqu’une crise survient est crucial. L’autonomie stratégique est une idée que je défends depuis le début de mon mandat et dont on a vu toute la pertinence lors de la crise sanitaire. Lorsque nous manquions d’une capacité de production en masques ou en blouses, beaucoup ont réalisé l’importance de cette autonomie. Renforcer l’autonomie stratégique européenne passe par de multiples actions. Quelques exemples concrets : cela veut dire produire davantage de médicaments en Europe, recycler davantage pour être moins dépendant de matières premières extérieures, ou encore produire notre propre énergie en Europe, au lieu d’en importer de grandes quantités (pétrole et gaz notamment).

 

● Personnalités centristes
Jean-Pierre Raffarin (ancien premier ministre)

- Tous ceux qui refusent de condamner cette horreur en sont complices et n’ont pas leur place dans la République.

- Les Présidents de Région ont raison: il faut leur confier les aides aux entreprises et la politique de l’emploi. La décentralisation c’est plus que le partenariat, c’est le partage des responsabilités en échange de plus de liberté.

 

 

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