mardi 23 avril 2019

Vues du Centre. Monsieur Lagarde, arrêtez de discréditer le Centre!

Par Jean-François Borrou

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes.

Jean-Christophe Lagarde
Lentement mais sûrement, Jean-Christophe Lagarde, poursuivant sa descente aux enfers, est en train de mener son parti à une bérézina électorale aux européennes de mai prochain.
C’est lui et lui seul, dans un parti désormais totalement à sa botte (ses opposants sont tous partis ou ont été exclus…) qui a décidé de présenter une liste aux élections européennes, espérant surfer sur l’impopularité d’Emmanuel Macron et sur le fait que ce scrutin à la proportionnelle pouvait être une sorte de prime aux petits partis.
Mais, ce qu’il avait totalement oublié, c’est que l’UDI n’est en réalité qu’un simple appendice de LR (et avant de l’UMP) car tous ses élus, sans exception, doivent leur élection à un accord avec le parti de Droite.
Du coup, les 2% en moyenne que donne les sondages à la liste qu’il conduit (Les Européens) sont exactement ce que représente électoralement l’UDI à l’échelon national.
Peut être qu’un miracle se produira avant le 26 mai prochain mais l’analyse politique sérieuse dit plutôt que ce ne sera pas le cas.
Du coup, pour éviter la catastrophe qui s’annonce, le président de l’UDI – connu pour ses sautes d’humeur, sa haute estime de lui-même et ses dérapages incontrôlés dans ses propos ainsi que ses «approximations» qui sont souvent des mensonges –, s’en donne à cœur joie, en particulier contre sa propre famille politique, le Centre qui présente la liste Renaissance (LREM, MoDem, Alliance centriste) mais aussi contre ceux qu’il affirme vouloir représenter, la droite libérale (Agir et les juppéistes présents sur cette liste).
Cette dérive pathétique a encore connu de nouveaux développements.
Ainsi, reprenant une information du site d’extrême-gauche Médiapart dirigée par le trublion trotskyste (et ancien maoïste), Edwy Plenel, voilà qu’il attaque Nathalie Loiseau, une proche de Juppé (que soi-disant il a soutenu) pour un soi-disant passé d’extrême-droite.
Son tweet est scandaleux:
«Si je comprends bien elle ne savait pas ce qu’était l’ultra droite...Savait-elle qu’elle était sur une liste contre Simone Veil en 1989? Sait-elle qu’elle est candidate de la liste LREM cette année? Bizarre de débuter si à droite, d’habitude les jeunes commencent plus à gauche...»
Veut-il discréditer madame Loiseau afin que la liste du RN de Marine Le Pen passe en tête et, qu’à la marge, comme l’a dit avec humour un tweet, il récupère 0,001% de voix aux européennes?!
Rappelons, au passage, à la mauvaise mémoire de monsieur Lagarde que l'UDF, parti qui a été le premier de son engagement politique comptait de nombreux anciens vrais militants d'extrême-droite dont certains avaient un passé violent, ce qui ne l'a pas empêché d'y adhérer...
Mais ce n’est pas tout.
Lors d’une interview sur France Inter, il a eu le toupet de prétendre que «s'il y avait eu un projet chez Emmanuel Macron, nous aurions pu faire liste commune».
C’est un mensonge éhonté et un foutage de gueule total!!
D’abord parce qu’Emmanuel Macron a toujours eu un programme européen qu’il a développé pendant la campagne présidentielle puis après (dont le fameux «discours de la Sorbonne»).
Ensuite, parce que, pendant des mois, le principal argument de Lagarde contre Macron et sa liste aux européennes était qu’ils n’avaient pas le même programme et la même vision européenne…
Ainsi, sans cesse, Lagarde a accusé Macron d’avoir un projet européen «ultralibéral» qui n’était pas celui de l’UD!
Le président de l’UDI devrait se calmer et démontrer qu’il peut être un leader politique qui sait avoir un comportement digne et responsable.
Il lui reste un mois de campagne pour le prouver.
Malheureusement, il y a beaucoup plus de chances que ses dérapages se multiplient et fasse du tort au Centre dont il affirme pourtant qu’il est un militant sans en montrer beaucoup de preuves ces derniers temps.

Jean-François Borrou

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire