jeudi 7 janvier 2016

Actualités du Centre. Bayrou défend Juppé mais en désaccord avec Lagarde sur la déchéance de nationalité

François Bayrou, qui a avoué n’avoir pas lu le livre d’Alain Juppé «Pour un Etat fort», est pourtant venu à sa rescousse sur le plateau d’iTélé à propos du supposé virage à droite de l’ancien premier ministre de Jacques Chirac et candidat à la candidature de LR pour les présidentielles.
Selon le président du Mouvement démocrate, «Je ne sais pas ce que vous appelez de droite. Je vous ai dit que j’étais pour la fermeté. Pour moi, la sécurité est la première des libertés. Si on se met dans la tête que l’on a besoin de sécurité pour que la liberté s’exerce, alors on ne voit aucune difficulté à un positionnement de fermeté. Deuxièmement, il y a des propositions – celles que j’ai lues dans la presse – qui sont tout à fait intéressantes et tout à fait justes: par exemple l’idée que l’on puisse mettre en place une police à l’intérieur des prisons pour savoir quels sont les réseaux qui agissent. Une autre question se pose: pourquoi y a-t-il autant de téléphones portables dans les prisons? C’est une question que l’on a le droit de se poser et de regarder. De ce point de vue, j’approuve ce que dit Alain Juppé et je le soutiens. Et l’idée que nous avons défendue depuis longtemps qu’il fallait décharger les policiers et les gendarmes de tâches administratives est très bonne. Pour moi les idées justes ne sont ni de droite, ni de gauche, ni du centre. Elles sont des idées fédératrices. C’est autour d’elles que l’on peut bâtir l’unité nationale dont on a si profondément besoin. J’ai vu cette affirmation de droitisation. Moi en tout cas, je ne vois pas cela comme un esprit partisan, je vois cela comme un esprit de sécurité et de justice».
On constatera que dans sa défense d’Alain Juppé, François Bayrou n’a pas soutenu les mesures les plus à droite prônées par le maire de Bordeaux concernant la rétention administrative des mineurs immigrés illégaux, le rétablissement des peines planchers ou la suppression des allocations familiales pour les familles dont les enfants ne vont plus à l’école.
Par ailleurs, on avait déjà constaté que les présidents du Mouvement démocrate et de l’UDI avaient de nombreuses divergences lors de l’année 2015 et que leurs vœux respectifs pour 2016 ne les rapprochaient guère, voici une nouvelle illustration de leurs différences à propos de la mesure ô combien difficile de la déchéance de nationalité pour les terroristes condamnés par la justice.
Jean-Christophe Lagarde (UDI) est pour la déchéance de nationalité pour tous les terroristes français qu’ils soient binationaux ou non: «Qu'ils soient nés Français ou qu'ils ne le soient pas, qu'ils soient binationaux ou mononationaux, a-t-il déclaré sur Public Sénat, ces gens-là doivent pouvoir être déchus de la nationalité française. En tout cas, nous Français, nous n'avons pas à nous voir imposer des gens qui ne veulent plus de nous et qui combattent tout ce que nous sommes, tout ce à quoi nous croyons, tout ce que nous représentons».
François Bayrou, lui, toujours sur iTélé, s’est déclaré pour la déchéance de nationalité pour les binationaux mais s’abrite derrière le droit international pour refuser la déchéance pour ceux qui n’ont que la nationalité française: «J’ai l’impression, sur ce sujet, que la vie politique française marche sur la tête. Il y a des jours et des jours que l'on a bâti une polémique sur un sujet qui, à mon avis, est un sujet de bon sens: qu'un ressortissant français binational qui attaque son pays se voit privé de sa carte d’identité, franchement, je ne vois pas quelle polémique on peut nourrir sur ce sujet. Ou alors c’est que l’on veut défendre les droits, les privilèges ou les acquis, de ceux qui tuent nos concitoyens. Moi, en tout cas, je n’ai pas l’intention d’avoir ce genre de faiblesse. Mais vous voyez bien que là aussi on marche sur la tête! (ndlr: pour la déchéance des mononationaux) Pour que le gouvernement échappe au piège de la gauche, qu’il s’est tendu à lui-même en mettant la déchéance de la nationalité sur la table, alors on envisage maintenant la déchéance de la nationalité pour tous les Français. C'est une absurdité complète parce qu’il y a une règle juridique internationale absolue – et juridique française –, on ne peut pas expulser quelqu’un qui n’a plus de nationalité s’il n’y a pas un pays pour l’accueillir. Donc, on envisage de fabriquer des sans-papiers.»



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