dimanche 28 juin 2020

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Ne confondons pas identitaires et individualistes



La montée identitaire est une des conséquences de la montée de l’autonomisation irresponsable, égocentrique, assistée, insatisfaite, irrespectueuse et revendicative de l’individu – celle qui demande une sur-égalité, un sur-respect et une sur-dignité par rapport aux autres – tout autant qu’elle en est une des causes.
Mais elle n’est certainement pas, comme on entend certains le dire, une excroissance de l’individualisme, elle en est plutôt le dévoiement extrême ainsi que celui de son concept central, l’individualité.
Si les revendications identitaires veulent séparer et opposer, l’individualisme, lui, veut garantir à l’individu responsable la protection de son individualité dans un monde où nous vivons ensemble, donc où nous respectons l’autre autant que nous-mêmes, où nous sommes semblables dans nos différences ontologiques et non de communautés tout autant fantasmées que séparatistes dans leur essence et dont on ne peut trouver aucune légitimité dans la nature, n’étant que des constructions culturelles.
La notion de race est, par exemple, totalement liée au discours identitaire mais n’a pas sa place dans celui de l’individualisme.
De même, les cultures communautaires sont l’apanage des théories identitaires alors que seule la culture mondiale composée d’une myriade de cultures individuelles est celle de l’individualisme.
Et le respect de la personne trouve son point d’ancrage dans l’individualisme et certainement pas dans le communautarisme identitaire qui la réduit à n’être qu’un élément d’un tout qui doit allégeance à cette condition existentielle.
Quand les identitaires veulent séparer, les individualistes veulent associer.
Quant les identitaires veulent que certains groupes soient plus égaux que d’autres, les individualistes considèrent que tous sont également égaux dans leurs différences individuelles et non collectives.
Quand les identitaires instrumentalisent la liberté pour tenter de la bâillonner, les individualistes la réclament pour tous sans autre restriction que celle des autres.
L’individualisme parle à la personne quand le communautarisme la noie dans un groupe, pire l’emprisonne dans celui-ci, lui déniant sa réelle différence, son individualité qui n’est et ne peut jamais être réductible à l’identité d’une quelconque communauté.
C’est pourquoi l’individualisme est profondément humaniste en tant qu’il part de l’humain, de sa dignité, de son individualité irréductible, de son droit ontologique à la liberté alors que le communautarisme recèle en lui tous les interdits des idéologies totalitaires.
Les identitaires communautaristes, eux, se servent de revendications individualistes pour imposer leurs discours et leurs volontés alors même qu’ils tournent le dos à tout ce que l’individualisme défend.
C’est pourquoi, tout discours qui oppose est une attaque contre la dignité humaine alors que tout discours qui reconnait l’individualité de chacun et de tous porte haut les valeurs humanistes parce qu’à la base, il reconnait à chacun sa différence et le respect qui lui est du dans une égalité parfaite.
L’identité rattachée à un groupe quelconque n’est le plus souvent qu’une duperie alors que l’individualité est le fondement même de la substance ontologique de chacun, en définitive le lieu de sa vraie identité.


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