mardi 2 août 2011

Vues du Centre. L'expérience centriste, une dynamique locale à l'épreuve du national.


Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.

Les auteurs de ce texte sont Bernadette Caillard-Humeau Première adjointe au Maire d'Angers, Alexis Blanc, Vice-président du Conseil Régional de Poitou-Charentes, Jean Malapert, Président de Coglais Communauté

Aujourd'hui, en France une double dynamique centriste est en marche. L'une, dont l'actualité se fait l'écho, est marquée par la création récente d'une confédération des centres. L'autre, se caractérise par l'émergence de forces locales. Loin de s'opposer, il s'agit de deux mouvements, certes différents, mais complémentaires dans l'action politique.
«Rassembler dans la diversité», c'est le credo des partis centristes lorsqu'ils décident de créer la confédération des centres. Ainsi, le Parti Radical, le Nouveau Centre, Gauche Moderne ou encore Alliance Centriste mettent dans un pot commun leurs forces et leur avenir proche. Chacun porté par une histoire, un certain regard sur le monde mais sans l’expression de valeurs partagées. Ce sont des organisations satellites qui se reconnaissent d'un centre droit. Il s'agit là d'un mouvement institutionnalisé, parisien et dont la discussion se fait entre hiérarques des partis.
Cette démarche est institutionnelle, idéologique et n'épouse pas véritablement un idéal. Il s’agit d’un centrisme plutôt envisagé comme une perspective nationale à vocation électorale et s'illustre, à ce jour, par un regroupement des partis existants.
Ce qui se dégage de ce mouvement ressemble plutôt à une ambition électorale, sans fondement ni vision durable. Encore moins, à l’expression d’un idéal.
Il est pourtant vrai que cette procédure de rassemblement constitue, à coup sûr, un atout maître dans la perspective des prochaines échéances électorales. S’unir politiquement pour mieux «faire société» est déjà plus qu’un symbole: c'est un acte. Cependant, si la réunion des forces en présence existe, la fusion des idées à travers un idéal commun se heurte, trop souvent, aux individualités. De ce fait, on sent poindre, avant l’heure, la fragilité d’une union difficilement durable. Si l'ambition est nécessaire dans l'action politique, il faut qu'elle soit d'emblée partagée, collective et au service de tous. Rassembler dans la diversité c'est une condition sine qua non, mais sur la base d'un idéal partagé.
Les valeurs comme fondement de l'engagement
Pour porter un message juste, une organisation politique doit parler vrai. Et pour ce faire, la première des sincérités consiste à affirmer d'où l'on parle. C'est la raison pour laquelle, en tant qu'élus centristes, nous avons fait le choix de participer à l'exercice du pouvoir au sein des exécutifs locaux afin de faire vivre la transformation de l'intérieur du système.
Localement, nous traduisons par des actes nos idéaux. Pour les élus que nous sommes, les quatre valeurs qui fondent notre action sont les suivantes : l'espoir européen comme horizon, la justice au service du vivre ensemble, la responsabilité citoyenne (tant individuelle que collective) et le respect de l'environnement à travers une «écologie positive», c'est à dire non seulement compatible mais moteur du développement local. Ce sont autant de valeurs incontournables de notre engagement politique.
Un centrisme moteur
Est-il encore possible d’envisager un mouvement centriste, non seulement indépendant, mais porteur d'un message cosmopolite, juste et responsable. Ou bien cette idée est-elle condamnée à demeurer un vœu pieux? Et à ce titre seulement le fruit d'expériences locales.
En cette période incertaine, où l’élaboration de repères est le premier devoir des élus, le centrisme, tel que nous le portons dans l'exercice de notre fonction, nourrit les projets. Il incarne, à lui seul, des valeurs d'ouverture, la marque d'une responsabilité et le symbole de la justice. C'est pourquoi nous voulons, à travers cette tribune nous en faire l'écho.
Nous revendiquons l'expérience centriste comme une réalité et le fruit de notre implication. Engagés au sein d'exécutifs pluriels, nous participons à l'exercice de la gouvernance. En tant qu'élus, signataires de la tribune, nous côtoyons chaque jour les réalités de la vie de la cité, maîtrisons les enjeux du développement local, et mettons en œuvre des projets. C'est le moteur de notre action.
Sur la base de ces valeurs, nous appelons de nos vœux la création d'un arc républicain ouvert, multiple et rassembleur.

Bernadette Caillard-Humeau
Alexis Blanc
Jean Malapert

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