lundi 4 mai 2020

Propos centristes. France – Spécial guerre contre le coronavirus: un combat mondial; déconfinement à partir du 11mai; télétravail doit rester la norme; masques; transports en commun; retour à l’école; l’après crise…

Voici une sélection, ce 4 mai 2020, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de l’épidémie de coronavirus et de ses conséquences.

● Emmanuel Macron (Président de la République)
- C’est un moment déterminant pour la communauté mondiale. En nous mobilisant aujourd’hui autour de la science et de la solidarité, nous semons les graines d’une plus grande unité demain.
- La liberté de la presse est garante de la vie démocratique. L'accès à une information libre et transparente, permettant le débat, est clé en cette période. Je salue les journalistes qui, de par le monde, assurent ce travail essentiel dans des conditions parfois difficiles.
- Aux artistes qui se sont exprimés, je veux dire que je les entends. L’État continuera de les accompagner, protègera les plus fragiles, soutiendra la création. L’avenir ne peut s’inventer sans votre pouvoir d’imagination. Mercredi j'annoncerai des premières décisions en ce sens.
- [Déclaration commun de Giuseppe Conte, Président du Conseil de la République italienne, Emmanuel Macron, Président de la République française, Angela Merkel, Chancelière d’Allemagne, Charles Michel, Président du Conseil européen, Erna Solberg, Premier Ministre de la Norvège et Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne]
«La chance ne sourit qu’aux esprits bien préparés». Ces mots sont ceux de Louis Pasteur, l'un des plus grands scientifiques au monde, à l’origine de découvertes et avancées majeures qui ont sauvé des millions de vies au cours des trois derniers siècles.
Aujourd’hui encore, nous sommes confrontés à un virus qui se propage dans tous les pays et sur tous les continents, s'introduisant dans nos foyers et dans nos cœurs. Ce virus a causé ravages et souffrances aux quatre coins du monde, nous privant du contact des personnes que nous aimons, de la joie associée aux moments de convivialité simples, de la fréquentation des lieux que nous affectionnons. 
Ce sacrifice, ainsi que les efforts héroïques du personnel médical et soignant ont contribué à stopper l’évolution de la pandémie dans de nombreuses régions du monde. Alors que certains sortent prudemment du confinement, d'autres restent encore isolés et voient leur vie sociale et économique sévèrement impactées. Les conséquences pourraient être particulièrement dramatiques en Afrique et dans les pays du Sud.
Ce que nous partageons tous en commun en revanche, c’est la certitude qu’aucun d’entre nous ne peut vraiment penser ou planifier quel sera l'avenir de la pandémie.
Aucun de nous n'est à l’abri du virus, aucun de nous ne peut le vaincre seul. Nous partageons donc un intérêt commun dans la lutte contre le virus. Nous ne serons vraiment en sécurité que lorsque nous le serons totalement tous – dans tous les villages, villes, régions et pays du monde. Dans notre monde interconnecté, le système de santé mondial est aussi fort que sa partie la plus faible. Nous devrons nous protéger les uns les autres pour nous protéger nous-mêmes.
Cela pose un défi unique et résolument mondial. Et il est impératif que nous nous donnions les meilleures chances de le relever. Il faut se rassembler pour obtenir les vaccins, les traitements et les thérapies dont nous avons besoin pour rendre notre monde sûr à nouveau, tout en renforçant les systèmes de santé qui les rendront disponibles pour tous, avec une attention particulière pour l'Afrique.
Nous mettons donc en œuvre l’engagement des dirigeants du G20 à organiser une riposte massive et coordonnée contre le virus. Nous soutenons l’appel à l’action de l’OMS et des autres acteurs de la santé mondiale, avec lesquels nous avons créé une plateforme de coopération mondiale (Access to COVID-19 Tools – ACT) pour accélérer et intensifier la recherche, le développement, l'accès et la distribution équitable du vaccin et d'autres traitements thérapeutiques et diagnostiques vitaux. Nous posons ensemble les bases d'une véritable alliance internationale pour lutter contre le COVID-19.
Nous sommes déterminés à travailler ensemble, avec tous ceux qui partagent notre attachement à la coopération internationale. Nous sommes prêts à mener et à soutenir la réponse mondiale.
Notre objectif est simple : le 4 mai, nous souhaitons lever, via une grande conférence en ligne d’appel aux dons, un montant initial de 7,5 milliards d'euros (8 milliards de dollars) pour combler le déficit de financement mondial estimé par le Conseil mondial de suivi de la préparation et d'autres acteurs.
Nous mettrons tous nos engagements respectifs sur la table et serons heureux d'être rejoints par des partenaires du monde entier. Les fonds collectés donneront le coup d'envoi d'une coopération mondiale sans précédent entre les scientifiques et les régulateurs, l'industrie et les gouvernements, les organisations internationales, les fondations et les professionnels de la santé. Nous soutenons l'Organisation mondiale de la santé et nous sommes ravis de nous associer à des organisations expérimentées telles que la Fondation Bill et Melinda Gates, le Wellcome Trust.
Chaque euro sera acheminé principalement par le biais d'organisations de santé mondiales reconnues telles que la coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), l'alliance GAVI (Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination), le Fonds mondial ou UNITAID et ce, afin de développer et déployer le plus rapidement possible, pour le plus grand nombre possible, les diagnostics, les traitements et vaccins qui aideront la planète à surmonter la pandémie. Si nous arrivons ensemble à développer un vaccin produit par le monde entier, pour le monde entier, on pourra alors véritablement parler d’un bien public mondial d’une importance unique pour notre siècle. Avec nos partenaires, nous nous engageons à le rendre disponible, accessible et abordable pour tous.
C’est le devoir de notre génération et nous sommes convaincus d’atteindre notre objectif. Les technologies de santé de haute qualité et à faible coût ne sont pas un rêve. Nous avons vu comment les partenariats public-privé ont réussi à mettre de nombreux vaccins vitaux à disposition des personnes les plus pauvres de la planète au cours des deux dernières décennies.
Nous savons que cette course sera longue. À partir d'aujourd'hui, nous sprinterons vers notre premier objectif mais nous serons prêts pour un marathon. L'objectif actuel ne couvre que les besoins initiaux. La fabrication et la livraison de médicaments à l'échelle mondiale nécessiteront des ressources bien supérieures à cet objectif.
Ensemble, nous devons nous assurer que toutes les ressources continueront d'être mobilisées et que des progrès seront réalisés pour parvenir à l'accès universel à la vaccination, au traitement et au dépistage.
C'est un moment déterminant pour la communauté mondiale. En nous mobilisant aujourd'hui autour de la science et de la solidarité, nous semons les graines d'une plus grande unité demain. Guidés par les objectifs de développement durable, nous pouvons repenser le pouvoir de la communauté, de la société et de la collaboration mondiale, afin de nous assurer que personne ne soit laissé pour compte.
Le monde se bat contre le Covid-19. Et ensemble, nous gagnerons.

● Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Christophe Castaner (ministre de l’Intérieur)
- Notre objectif, c’est le déconfinement à partir du 11mai. Il sera nécessairement progressif et suppose que nous fassions collectivement preuve dans les semaines qui viennent du même civisme et du même esprit de responsabilité.
- Le 11 mai, nous entrerons dans une nouvelle étape de notre combat contre le COVID19. Le moment sera venu de reprendre nos vies progressivement, patiemment, prudemment avec le même esprit de civisme et de responsabilité dont ont fait preuve les Français pendant le confinement.
- Le projet de loi prolongeant l’état d’urgence sanitaire adapte notre cadre législatif dans la perspective du déconfinement, notamment en matière de déplacements, d’ouverture des lieux publics. Ce texte élargit par ailleurs la liste des personnes habilitées à constater les infractions aux règles de l’état d’urgence sanitaire. Je veux saluer l’engagement et le dévouement de toutes celles et tous ceux qui concourent à la protection de leurs concitoyens depuis le 17 mars.
- Mon rôle n'est pas de contredire les maires qui prendraient des arrêtés sur le port du masque : le juge des référés du Conseil d’État a rendu sa décision. Ma volonté est de travailler main dans la main avec les élus locaux et d'être à leurs côtés pour protéger leurs administrés.
- Le 23 mai, nous rendrons compte au Parlement de la situation sanitaire du pays : c'est en fonction de ces données que nous pourrons nous prononcer sur le scrutin municipal dans les communes où le premier tour n’a pas été décisif. Mes services travaillent à toutes les éventualités.

Bruno Le Maire (ministre de l’Economie et des Finances)
- Il faut que nous soyons prêts pour le 11mai. Il est indispensable que le plus grand nombre de Français puissent reprendre le chemin du travail et retrouver une vie la plus normale possible.
- Le Fonds de solidarité sera maintenu jusqu’au 31 mai pour toutes les entreprises. Après le 1er juin, il sera maintenu pour les activités qui ne pourront pas redémarrer lors du déconfinement, comme les restaurants ou les bars. Le deuxième étage d'aide du Fonds de solidarité allant jusqu’à 5000€ versé par les Régions est désormais élargi aux entreprises sans salariés et aux indépendants qui ont été obligés de fermer sur décision administrative. Cet argent peut contribuer à payer les loyers

Elisabeth Borne (ministre de la Transition écologique et solidaire)
Il faut baisser drastiquement les flux, c'est ce qui rendra possible le respect de la distanciation dans les transports. Dans certains cas, nous n'excluons pas de fermer certaines stations pour pouvoir s'assurer que le flux d'entrée dans les transports en commun est bien maîtrisé.

Olivier Véran (ministre de la Solidarité et de la Santé)
- J'annonce 100 millions de masques chirurgicaux et FFP2 par semaine pour permettre à tous les professionnels de santé de reprendre une activité normale. Médecins, sages-femmes, dentistes, pharmaciens, infirmiers, kinés, orthophonistes, podologues, orthoptistes, etc.
- C'est par le respect du confinement que les Français ont réussi à faire reculer le COVID19 et sauver des dizaines de milliers de vies. C'est en tenant encore jusqu'au 11mai qu'ils rendront possible le retour progressif à une vie sans confinement.

Gérald Darmanin (ministre de l'Action et des Comptes publics)
- Les possibilités de report des charges sociales seront reconduites au mois de mai pour les entreprises confrontées à des difficultés. Depuis mars, ce sont déjà 17 milliards d’euros de charges sociales qui ont été reportées.
- Je tiens à rendre hommage aux douaniers qui font un travail exceptionnel dans cette période difficile. Grâce à eux, nous arrêtons tous les jours des cargaisons de masques qui ne respectent pas les normes, c’est-à-dire des masques qui ne protègent pas efficacement contre le virus.

Muriel Pénicaud (ministre du Travail)
- La reprise de l’activité économique va de pair avec la protection de la santé des salariés. C’est LA condition nécessaire pour le retour au travail. Nous publions des guides par métiers et un protocole national de déconfinement pour aider les entreprises.
- Le télétravail doit rester la norme pour toutes les activités qui le permettent pour les prochaines semaines. Ceux qui le peuvent doivent continuer à télétravailler pour un déconfinement plus serein et progressif.
- Il y a aujourd'hui 5 millions de Français qui travaillent en télétravail, et dans le contexte de déconfinement progressif, c'est important qu'ils continuent à télétravailler.

Agnès Pannier-Runacher (secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances)
- [Masques] Il n'y a pas de stocks cachés dans la grande distribution. Nous avons travaillé main dans la main avec les enseignes, comme avec l'ensemble des circuits de distribution, pour préparer le déconfinement.
- Le premier importateur français de masques, c’est l’Etat et plus particulièrement Santé publique France qui a commandé près de 3 milliards de masques pour les personnels de santé. Plus de 100 millions de masques sont importés chaque semaine pour eux.
- C'est très largement le public qui importe le plus de masques en France mais on ne peut pas se passer de l'appui du privé.
- Le décret plafonnant le prix de vente des masques à usage unique de type chirurgical à 95 centimes est paru dimanche au Journal officiel. Il est d’application immédiate.

Emmanuelle Wargon (secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire)
- Les plus pauvres auront besoin de nous en France comme partout dans le monde. Ne les oublions pas dans la construction du monde d’après.
- Préparer l’avenir, pour une économie solide, avec une exigence écologique forte, une volonté de justice sociale et une attention particulière à porter aux plus pauvres. C’est notre responsabilité, à tous.

Jean-Baptiste Djebbari (secrétaire d’Etat aux Transports)
Avec mes homologues allemand, italien et espagnol, j’ai demandé à la commission européenne: l’harmonisation des mesures sanitaires de déconfinement dans les transports; un soutien aux opérateurs qui seront essentiels à la relance économique et écologique.

Marlène Schiappa (secrétaire d’Etat à l’Egalité hommes-femmes et à la Lutte contre les discriminations)
Texas, Pologne: les droits sexuels et reproductifs des femmes sont menacés par la pandémie Ailleurs, l’école est un bouclier: en éloigner les filles risque comme au temps d’Ebola d’augmenter mariages forcés et grossesses précoces!

Sibeth Ndiaye (porte-parole)
- Notre objectif est que le déconfinement puisse avoir lieu de manière progressive, prudente [à partir du 11 mai]. Il ne sera possible que lorsque nous aurons maîtrisé la situation épidémique.
- Je comprends la frustration qu’on peut avoir lorsque l’on est contraint dans beaucoup de domaines. Mais notre objectif reste d’assurer la sécurité sanitaire et cette priorité implique que nous fassions des choix.
- La bonne tenue de nos comptes publics en début de quinquennat nous donne aujourd'hui des moyens supplémentaires pour affronter la crise du COVID19. Grâce aux efforts réalisés par le passé, nous sommes plus forts aujourd'hui pour résister face à la crise.

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]

Stanislas Guerini (délégué général)
- Il nous faut penser l’après. Cette crise nous invite à revisiter beaucoup de choses avec humilité. Il faut mener un projet plus social et orienté sur la transition écologique. L’idée est de mettre la priorité dans cette seconde partie de quinquennat sur ce qui nous rassemble, ce qui unit les Français.
- [L’après crise] Ce qui est important c’est de mettre un projet sur la table. Il faut fixer une direction et voir celles et ceux qui sont en accord avec cette direction. Je ne crois pas à l’union nationale pour l’union nationale. Le Président a rassemblé en 2017 des gens d’horizons politiques très différents et c’est comme ça qu’il faut continuer à faire mais sur la base d’un projet clair et partagé.
- [Déconfinement] Il y a une part de risque. Le Premier ministre ne l’a pas caché, c’est une opération risquée. J’adhère à sa philosophie prudente et à ce déconfinement progressif. Je pense que cela permet de créer de la confiance autour de cette stratégie. Il faut aussi faire confiance aux élus locaux et appuyer nos décisions sur la situation sanitaire. Le Premier ministre a été très clair, si le 7 mai la situation sanitaire n’est pas améliorée alors il sera difficile de commencer le déconfinement. Jour après jour, la carte des départements verts et des départements rouges permettra de donner corps à une approche territorialisée et c’est la bonne manière d’avancer.
- Il faut que toutes les populations les plus fragiles aient accès aux masques gratuitement. C’est extrêmement important. Le gouvernement va accompagner les collectivités et 50% sera pris en charge par l’État. Il faut aussi que tous ceux qui vont travailler aient accès à des masques fournis par leurs employeurs, c’est le plus important à ce stade.
- Si l’école doit rouvrir, c’est en priorité pour les familles dont les enfants n’ont pas la chance d’avoir accès à un ordinateur à la maison et qui ont été durablement coupé de l’école et cela peut laisser des traces profondes. Les règles seront d’avoir de petits groupes en classe et cela permettra de donner justement la priorité aux classes que l’on a dédoublées dans les zones d’éducation prioritaire. Je crois que c’est extrêmement important. Ensuite, la situation doit être appréciée ville par ville en fonction de la situation sanitaire. Il faut que les parents suivent les recommandations des directeurs d’établissements en lien avec les mairies. Quand il est question de nos enfants, c’est évidemment l’acte de confiance le plus absolu et rien ne doit être laissé au hasard pour les remettre à l’école. Cette confiance se fait au niveau local. Si les maires décident de laisser des écoles fermées, je ne crois pas qu’ils devront être  sanctionnés. La publication des données sanitaires département par département doit conditionner l’approche que l’on doit avoir.
- [Traçage numérique] Il y a un débat sur cette question et les interrogations sont légitimes. Je suis le premier à être attaché à nos libertés individuelles. Ceci dit, je crois que nous avons mieux compris de quoi on parlait désormais. Ce n’est pas une application qui va nous géolocaliser à tout moment mais une application qui permettra de repérer des points de contact avec des personnes infectées. C’est un outil qui peut être utile à la stratégie de déconfinement mais ce ne sera qu’une seule brique d’un plan global. La stratégie est de pouvoir casser les chaînes pandémiques avec les enquêtes sanitaires et avec un outil numérique s’il respecte bien nos libertés individuelles. Il y a tellement de questions pratiques qui se posent, que je pense qu’il ne faut pas se concentrer sur cette question qui n’est encore que théorique. Le jour où cette application sera prête, alors débattons-en à l’Assemblée. Avec les précisions apportées ces derniers jours, je crois qu’une grande majorité de nos députés LREM sont convaincus. Je comprends qu’il y ait des préventions et je les respecte. Nous sommes face à une crise sans précédent et les Français attendent de l’efficacité et de la responsabilité.

Aurore Bergé (porte-parole)
La reprise de l’école est notre exigence, la protection juridique des maires également. Nous proposerons une adaptation de la législation pour effectivement protéger les maires pénalement mais aussi toutes les personnes dépositaires d’une mission de service public dans le cadre des opérations de déconfinement.

Laurent Saint-Martin (député)
[Tribune: S'endetter, c'est s'obliger à faire mieux]
Trop longtemps, réformer a été synonyme exclusif d'économiser sans pour autant améliorer durablement la qualité de nos services publics. Depuis 2017 cependant, notre majorité a fait rimer transformer avec investir. En trois ans, nous avons augmenté les budgets de l'hôpital, de l'Education nationale, de la justice, de l'écologie… Nous y sommes parvenus tout en baissant les impôts des Français plus vite et plus fort que jamais auparavant. Compte tenu de la situation dégradée des finances publiques dont nous avons hérité, nous avons dû composer avec les moyens du bord. Les efforts de maîtrise du déficit que nous avons fournis ont certes rendu à l'Etat une certaine marge de manoeuvre, mais il est évident qu'à la sortie de cette crise, les besoins des services publics dépasseront les recettes fiscales.
Que faire ? Augmenter à nouveau les impôts, au risque de reproduire les erreurs d'avant et d'après 2012, de retarder le retour de la croissance et de décourager l'emploi ? Rappelons-le, avant que l'impact économique de la crise ne plonge notre pays dans la récession, le retour des beaux jours disparus lors de la crise financière de 2008 commençait tout juste à se faire sentir. Le chômage, en diminution continue depuis 2017, venait de passer sous la barre des 8 %, la croissance se maintenait parmi les plus élevées de la zone euro, et les carnets de commandes des entreprises étaient plus remplis qu'ils ne l'avaient été en dix ans. Voulons-nous retarder l'embellie de dix années supplémentaires ? Certes non. Être responsable, c'est savoir s'adapter aux circonstances lorsqu'elles le commandent. La seule option réaliste qui s'offre à nous, si nous ne voulons pas foncer tête baissée vers un précipice sans retour, est d'emprunter massivement tant il est devenu évident que le tocsin du confinement doit sonner le réveil de l'investissement.
Mais qu'est-ce qu'un investissement ? On considère souvent que l'emprunt n'est vertueux que s'il finance des dépenses de long terme, destinées à accélérer l'avènement d'un avenir meilleur relevant presque de la science-fiction. A défaut de satisfaire à cette exigence, la dette d'aujourd'hui serait l'impôt de demain, et recourir à l'emprunt reviendrait à promettre aux Français qu'après le temps de la peste, viendra celui du fisc. L'impérieuse nécessité où nous nous trouvons, aujourd'hui, de parer à l'urgence et de redresser la puissance publique, n'en illustre que plus clairement l'obsolescence de ce schéma de pensée.
Investir, c'est préparer l'avenir, certes. C'est relancer notre économie secteur par secteur, afin de juguler les effets destructeurs que l'inévitable récession aurait, si nous ne faisions rien, sur les entreprises, sur les emplois qui en dépendent, sur la protection sociale que financent les actifs, et sur les recettes fiscales qui permettent aux services publics de tourner. Mais préparer l'avenir, c'est aussi en même temps investir dans le présent.
Il nous faut réarmer fortement la puissance publique dans ce qu'elle a de plus essentiel pour la vie de la nation. Il faut se donner les moyens d'une réflexion globale sur l'efficacité et l'organisation des services publics, car s'endetter, c'est s'obliger à faire mieux. C'est repenser la notion même d'investissement, car on le voit clairement en prenant l'exemple de l'hôpital : augmenter les rémunérations du personnel soignant, développer le nombre de lits en réanimation, reconstituer et entretenir un stock stratégique de masques de protection… autant de dépenses que l'on aurait pu considérer comme « courantes », mais dont on voit bien, aujourd'hui, qu'elles contribuent à préparer l'avenir et à faire face aux risques futurs. L'hôpital n'est cependant que le plus évident - et le plus urgent - des domaines, où améliorer la qualité du service rendu imposera de ne pas se brider sur la quantité des moyens. Et qu'est-ce, par exemple, que mieux soigner, mieux former, mieux nourrir, mieux juger, mieux protéger l'environnement, sinon investir ? La crise que nous vivons n'est pas une opportunité, mais une injonction. L'injonction de redéfinir, de resituer et de se réapproprier les priorités collectives qui assurent notre cohésion.

Pieyre-Alexandre Anglade (député)
Pour vaincre le COVID19, il nous faut coopérer avec nos voisins européens. Placer en quarantaine des Français et des Européens en provenance d’un pays de l’espace Schengen n’était ni juste, ni efficace. Le repli nationaliste ne protège pas du virus.


●UDI
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ne sont pas retranscrits]

Déconfinement: aucune différence entre les départements où le virus circule très peu et les autres, à l'exception des collèges et des parcs. L'UDI regrette qu'il n'y ait pas de réelle territorialisation de déconfinement avec des adaptations locales.


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