mardi 29 août 2017

Actualités du Centre. Bayrou ambitionne-t-il de devenir le co-leader de la majorité présidentielle?

François Bayrou
Si l’on regroupe les déclarations de François Bayrou depuis une quinzaine de jours, force est de constater qu’il n’a pas l’intention de laisser la voie libre à Emmanuel Macron et compte revendiquer sa place au cœur, voire au sommet, de la majorité présidentielle.
On l’avait compris dans les mises en garde et les critiques rapportées par le magazine Le Point.
Sans oublier qu’il estimait que le Mouvement démocrate pourrait bien récupérer à terme plusieurs dizaines de députés de La République en marche et qu’il voulait bâtir une grande formation du Centre.
On le comprend également dans les quelques phrases qu’il a échangé avec un journaliste de Franceinfo.
Il se déclare ainsi, lui et le MoDem, «co-responsable» de la majorité présidentielle et que «tout ne peut pas venir du sommet», c’est-à-dire qu’«il faut des sources de proposition et d'action pour le pays» qui ne viennent pas uniquement du président de la république, de son gouvernement et de LREM.
Et de redire que le Centre doit se réunir: «on a besoin de sortir de cet éclatement du Centre, et de permettre au Centre de retrouver son unité et son indépendance, sa liberté de penser».
Les deux axes de travail de François Bayrou seront donc dans les mois qui viennent de se construire une stature de leader pour lui permettre d’être incontournable pour Macron mais aussi pour une possible réunification des centristes.
S’il réussissait dans cette entreprise, il deviendrait, de facto, une sorte de co-leader de la majorité présidentielle (le rôle de leader est généralement tenu par le premier ministre, poste qu’il a attendu en vain que Macron lui propose).
Mais cette ambition est loin d’être à sa portée actuellement et malgré les difficultés politico-médiatiques du chef de l’Etat.
En outre, cela nécessite d’être à la fois dans et à côté de la majorité.
Si cette posture a été expérimentée par Bayrou dans le passé, elle a toujours abouti in fine à un fiasco de ses espérances.
D’autant qu’à l’inverse de ce que croit le président du MoDerm, il n’est pas aujourd’hui une personnalité consensuelle, ni dans la majorité présidentielle, ni au centre de l’échiquier politique.


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