vendredi 31 janvier 2014

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Le courage politique est dans l’équilibre et le compromis

Dans l’extrémisme, on ne défend que son camp et sa clientèle alors que dans l’équilibre on défend tous les camps et tous les citoyens, non pas en prenant un peu de chaque côté mais en faisant en sorte que chacun puisse obtenir le plus possible en regard d’une société libre et sûre composée de personnes égales et différentes par une politique responsable et consensuelle faite de réformes qui adaptent la société continuellement par rapport aux progrès et au développement des facultés humaines, le tout dans la référence constante à un humanisme intégral, c’est-à-dire dans le respect de l’être humain.
C’est là que se trouve le courage politique.
Le parcours extraordinaire de Nelson Mandela est là pour le démontrer de manière éclatante.
Tout comme les efforts sans cesse renouvelés de Barack Obama, même si ceux-ci n’ont malheureusement pas obtenu les résultats escomptés devant la volonté manifeste des extrémistes du Parti républicain de les torpiller systématiquement.
N’oublions pas que l’un et l’autre ont été vertement critiqués par les radicaux de droite et de gauche pour leur mollesse ainsi que pour leur recherche du compromis.
Car cette démarche centriste, la vraie, celle qui consiste à proposer un juste équilibre, a toujours été combattue férocement par tous les clientélismes politiques.
Et comme elle refuse les pratiques de ces derniers, c’est-à-dire la diabolisation de l’autre, l’invective, la critique systématique, les rumeurs et les dénigrements sans fondement, elle est considérée comme une faiblesse.
Combien de fois n’a-t-on pas demandé à Nelson Mandela d’être plus agressif? Combien de fois s’est-on étonné de voir Barack Obama proposer toujours et encore de travailler avec des républicains qui lui claquent la porte au nez, ce qu’il a, une nouvelle fois fait lors de son discours sur l’état de l’union du 29 janvier dernier?
Le vrai courage politique est de tenir bon, de ne pas se décourager car la bonne voie pour gouverner un pays ou le monde est bien ce juste équilibre et la construction d’un compromis quand cela est possible et nécessaire.
Au moment où dans le monde les extrémismes semblent en résurgence avec le Tea Party aux Etats-Unis, le nationalisme débridé en Chine, le rejet de l’autre en Inde, les mouvements factieux en France, l’Ukip en Grande Bretagne, les néo-nazis de l’Aube dorée en Grèce, l’important est de se rassembler derrière des valeurs communes à la démocratie républicaine.
Et le Centre est le mieux placé pour proposer cette alternative à la violence des mots, des actes et des arrière-pensées.

Non pas dans une union nationale improbable ou un unanimisme introuvable mais dans la capacité de gouverner pour tous et de bâtir des compromis.

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