vendredi 14 novembre 2014

Actualités du Centre. UDI: Lagarde et Morin se disent prêts à cohabiter

Suite à l’élection de Jean-Christophe Lagarde à la présidence de l’UDI, le vainqueur mais aussi le vaincu, Hervé Morin, ont déclaré vouloir continuer à renforcer le parti centriste ensemble.
Dans une intervention juste après la proclamation des résultats, Jean-Christophe Lagarde adresse son «salut fraternel» et «tends la main» à Hervé Morin, ajoutant, «je sais que comme il l’a dit lui-même que ‘ce que nous avons construit ensemble est trop précieux pour être défait à cause d’une déception’».
Puis d’expliquer que «dans la campagne, j’ai dit n’avoir que des concurrents et non des ennemis. A compter de cette heure, je n’ai que des partenaires pour conduire l’UDI au succès (…). Ma première responsabilité consiste à créer après les frictions occasionnées par toute campagne interne, les conditions de l’unité. Les militants ont fait un choix. Ils se sont prononcés majoritairement et largement. Ils ont tranché mais tous veulent aussi unanimement l’unité du parti. Je le dis solennellement ce soir, comme je m’y suis engagé : je gouvernerai avec tous et pour tous. La collégialité sera la règle. (…) Dès demain, matin je serai au travail pour constituer une direction plurielle, unie et rassemblée».
Réagissant à sa défaite, Hervé Morin affirme dans un communiqué prendre «acte du résultat même si les manœuvres décrites par la presse ont altéré la sincérité du processus électoral». Mais il précise aussi qu’il demeurera dans le parti: «j’entends poursuive mon action en tant que responsable de l’UDI, avec tous les bâtisseurs qui m’ont accompagné durant cette campagne. Je veux leur dire que ce résultat m’engage et m’incite plus que jamais à porter le message qu’ils ont été si nombreux à soutenir».
Au-delà du congrès du parti du 15 novembre qui avalisera les résultats et intronisera Jean-Christophe Lagarde à a tête de l’UDI, il faudra attendre les semaines qui viennent pour voir si ces déclarations auront une vraie traduction concrète alors que les deux hommes ont nombre de litiges entre eux.
De même, il faudra voir ce que feront les soutiens d’Hervé Morin au premier rang desquels Jean-Christophe Fromantin.
Le député-maire de Neuilly-sur-Seine n’a pas eu de mots assez durs durant toute la campagne pour critiquer son organisation et la sincérité des votes, tant au premier qu’au second tour.
Il a également attaqué durement Jean-Christophe Lagarde, ce qui n’augure pas d’une relation apaisée entre les deux hommes.
Du coup, il pourrait contester la légitimité du nouveau président, peut-être même devant les tribunaux, ou quitter le parti comme il a laissé entendre l’une et l’autre de ces éventualités.
Dans un communiqué de presse publié après les résultats du scrutin, il affirme émettre «de sérieux doutes sur la sincérité de ce scrutin» et «estime que Jean-Christophe Lagarde ne sera pleinement président de l’UDI que lorsque la CNAT (Ndlr: l’autorité chargée de contrôler les élections) aura levé les doutes qui ont pesé et continuent de peser sur le déroulement de cette élection.»

Et de lancer une accusation grave à l’encontre de Jean-Christophe Lagarde: «avant les résultats du premier tour, un huissier a déclaré, en présence des quatre candidats, qu’il avait des éléments de nature à alerter TRACFIN (l’instance de traitement du renseignement et de l’action contre les circuits financiers clandestins). Je n’ai pas reçu les explications demandées suite à ces propos plus qu’inquiétants prononcés par un officier ministériel.»


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