dimanche 14 avril 2019

Vues du Centre. Assange, un ennemi de la démocratie qui utilise ses armes pour l’abattre

Par Jean-François Borrou & Alexandre Vatimbella

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes.
Alexandre Vatimbella est le directeur du CREC

Le soi-disant «lanceur d’alertes», Julian Assange, a enfin été arrêté par la police britannique.
Si son avenir est encore en suspens, on doit s’en féliciter et voici pourquoi.
Monsieur Assange s'est fait, à l’instar de nombreux trublions ennemis de la démocratie républicaine libérale – en France, on pense, entre autres, au sulfureux avocat Jacques Vergès, grand maître dans le genre jusqu'à la nausée –, une spécialité d’attaquer sans cesse celle-ci ainsi que ses valeurs et ses principes par la liberté que ceux-ci lui donnent en les instrumentalisant au profit d’une idéologie totalitaire et la recherche d’une gloire personnelle.
En s’alliant ouvertement avec Vladimir Poutine lors de l’élection présidentielle américaine, il a publié des emails et autres documents volés par les hackers russes travaillant sur ordre pour le Kremlin sur son site Wikileaks afin de faire perdre la démocrate Hillary Clinton – qu’il exécrait politiquement mais aussi personnellement – et faire élire le populiste démagogue, raciste, menteur pathologique, Donald Trump.
Accusé de viol par des jeunes femmes (histoire sans lien avec ses démêlés avec les Etats-Unis) – l’une d’entre elles s’est d’ailleurs réjouit de son arrestation en espérant que cela allait relancer une procédure abandonnée de manière inexplicable par les autorités suédoises (Assange est australien mais les faits se sont déroulées en Suède) – il a prétexté une menace sur sa personne pour se réfugier à l’ambassade londonienne de l’Equateur, pays dirigé par un radical de gauche à l’anti-américanisme primaire qui y a vu un moyen de faire parler de lui.
Après plusieurs années où il a vécu reclus, il vient d’être expulsé de cette ambassade par les autorités équatoriennes pour des faits aussi sordides et scabreux que le personnage l’est.
Toujours est-il qu’il va peut-être enfin devoir rendre des comptes sur ses agissements devant des tribunaux et peut-être aux Etats-Unis s’il est extradé dans le pays (où il ne risque a priori qu’une peine maximale de cinq ans de prison et non d’être «torturé et exécuté» comme l’a prétendu Amnesty internationale de plus en plus inaudible).
Le problème ici n’a jamais été la liberté de la presse ou d’expression malgré les tentatives de monsieur Assange de le faire croire et à ses soutiens de faire des campagnes éhontées de propagande montrant les Etats-Unis (alors dirigés par Barack Obama!) comme un pays totalitaire et la Russie (soutien d’Assange mais aussi pays qui a donné l’asile à un autre personnage controversé, Snowden, voleurs de secrets d’Etat américains) comme un pays… de la liberté d’expression, ce qui fera certainement rire jaune tous les journalistes indépendants persécutés voire assassinés par les sbires poutiniens...
Le Centre et le Centrisme sont des ardents défenseurs de la liberté de la presse quels que soient ses inconvénients.
Ils font sienne cette forte maxime d’Alexis de Tocqueville:
«L’indépendance de la presse est l’élément capital et pour ainsi dire constitutif de la liberté. (…) Un peuple qui veut rester libre a le droit d’exiger qu’à tout prix on la respecte. (…) Pour recueillir les biens inestimables qu’assure la liberté de la presse, il faut savoir se soumettre aux maux inévitables qu’elle fait naître.»
Mais ils sont également des ardents défenseurs de la démocratie républicaine libérale.
Et si les centristes ne disent pas à l’instar de Saint-Just, «pas de liberté pour les ennemis de la liberté», ils affirment qu’ils lutteront sans cesse et sans faiblesse contre eux par tous les moyens légaux offerts par la démocratie républicaine.
Et, concernant monsieur Assange, il s’agit bien de cela malgré ses affirmations et ses mensonges.
Ils font leur, cette analyse clairvoyante du Washington Post – le quotidien qui porta haut la liberté de la presse avec l’affaire du Watergate qui amena à la démission de Richard Nixon en 1974:
«Un vrai journaliste n’aurait pas participé au complot des services de renseignement d’un régime autoritaire visant à nuire à un candidat à la présidence des Etats-Unis et à en faire profiter un autre.»
Et comme le rappelle le Wall Street journal:
«Ses cibles semblent toujours être des institutions ou des gouvernements démocratiques, pas les autoritaires. S’il est vraiment un défenseur de la transparence, il ne devrait pas craindre un procès pour défendre ses méthodes.»
Et nous, Français, nous serions très intéressés qu’il vienne nous expliquer sa volonté de faire battre Emmanuel Macron et élire Marine Le Pen puisqu’il nous avait promis pendant la campagne présidentielle de 2017, la publication de mails soi-disant terriblement compromettant contre l'actuel président de la république, un mensonge de plus, venant de l’équipe de campagne du candidat d’En marche!, mails bien évidemment hackés par les mêmes sbires poutiniens …
Ah! un mot de Donald Trump, l'heureux destinataire des cadeaux de Wikileaks, qui, pendant la campagne présidentielle de 2016 a fait moult déclarations sur tout le bien qu'il pensait de monsieur Assange, expliquant qu'il lisait avec joie ses publications sur le web et qui, après l'arrestation de l'Asutralien a dit à la presse qu'«il ne connaissait pas bien Wikileaks»!
Il faut dire que monsieur Trump est aussi celui qui répète dans cesse que les journalistes sont les «ennemis du peuple».

Jean-François Borrou
Alexandre Vatimbella


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